Page 1

Bats-toi pour les filles ! Participe et travaille pour les droits des filles – Filles et garçons ont les mêmes droits ! C’est injuste que nous ne puissions aller à l’école et devons tout faire à la maison, alors que les garçons peuvent étudier et jouer, dit Sanjukta, 12 ans en Inde. Elle est l’une des millions d’enfant dans le monde qui compte moins parce qu’elle est une fille.

L

es droits de l’enfant valent pour tous les enfants, filles et garçons. Pourtant les filles sont souvent moins bien traitées. La moitié des enfants du monde sont des filles, mais plus de garçons que de filles vont à l’école. Les filles sont plus pauvres, plus souvent malades et souffrent plus de la faim que les garçons. Elles travaillent durement, subissent souvent des violences et sont obligées de se marier alors qu’elles sont encore des enfants. Partout les filles ont aussi plus de peine à faire entendre leur voix et à décider de leur vie.

Des filles à vendre

L’une des pires atteintes aux droits de l’enfant est le commerce sexuel impliquant des enfants. Des enfants dans le monde entier sont utilisés comme esclaves sexuels et dans la pornographie. La plupart d’entre eux sont des filles. Mais à présent, les filles du monde entier se défendent avec l’aide du Prix des Enfants du Monde ! Et beaucoup de garçons les soutiennent ! Se battre ensemble

À partir de cette année des centaines de filles du Prix des Enfants du Monde deviennent ambassadrices des droits de l’enfant. Beaucoup d’entre elles ont subi des violences, abus et graves injustices. Elles apprennent quels sont leurs droits et la situation des filles dans leur pays et dans le monde. Puis elles aident les enfants à créer leur club des droits de l’enfant du Prix des Enfants du Monde. Dans un club des droits de l’enfant, les enfants ont la possibilité de travailler ensemble pour : • Répandre la connaissance sur les droits de l’enfant. • Expliquer la situation des filles. • Faire entendre leur voix. • Exiger le respect des droits de l’enfant aussi bien pour les garçons que pour les filles ! Et bien plus ! Aux pages 17–39 tu peux te renseigner sur les droits des filles et sur le commerce sexuel impliquant des enfants. Svenska PostkodLotteriet a rendu possible pour le Prix des Enfants du Monde en collaboration avec ECPAT Suède, de travailler pour les droits des filles et contre le commerce sexuel impliquant des enfants.

16

J’exige le respect des Droits de l’Enfant


Ambassadrice des Droits de l’Enfant

pour les droits des filles À onze ans, Alisha rôdait seule et perdue dans les rues de Katmandou, la capitale du Népal. Aujourd’hui, elle a 15 ans et elle va dans les villages de montagne du Népal pour instruire et encourager les enfants qui veulent se battre pour les droits des filles et contre le trafic sexuel des enfants. – Je sais que j’ai eu de la chance de ne pas avoir été enlevée et amenée en Inde où on m’aurait forcée à l’esclavage sexuel, dit Alisha. Aujourd’hui, je vis dans le foyer de l’organisation Maiti Nepal, pour filles vulnérables. En tant qu’ambassadrice des Droits de l’Enfant pour le Prix des Enfants du Monde, j’ai une occasion unique de me battre pour les droits des filles et empêcher que les filles népalaises soient soumises au trafic sexuel.

17


Alisha, 15 Habite : À Katmandou, au foyer de Maiti Nepal, qui accueille les filles victimes de trafic de personnes ou qui risquent de l’être. Aime : Le basket! Déteste : Qu’on maltraite les enfants pauvres. Le meilleur : Être reçue à Maiti Nepal, qui est devenu ma nouvelle famille. Le pire : Quand maman a disparu. Veut être : Hôtesse de l’air et voir le monde. Rêve : De devenir quelqu’un de bon qui aide les autres.

A

lisha et son amie Poonam, se trouvent devant le tableau noir dans une petite classe de l’école du village de montagne du nom de Chhap. Avec neuf autres amies, elles ont voyagé pendant des heures pour s’y rendre. Dès l’aube, elles ont rempli leur sac à dos de revues et d’affiches qu’elles ont faites elles-mêmes, sur les droits des

Une histoire horrible

filles et le Prix des Enfants du Monde. D’abord, elles ont roulé en jeep sur les chemins poussiéreux, pour ensuite marcher pendant des heures. Personne ne peut les arrêter. Elles sont les ambassadrices du Prix des Enfants du Monde et elles sont là pour parler de ce qu’il y a, à leurs yeux, de plus important au monde: les droits de l’enfant. Elles veulent surtout

expliquer comment on peut renforcer les droits des filles au Népal. Une histoire horrible

Quand Poonam parle de sa vie, un grand silence se fait dans la classe. – À 14 ans, j’étais orpheline et pauvre. Un garçon plus âgé de mon village, m’a dit qu’il m’aimait, qu’il voulait m’épouser et que nous

Nous nous préparons En vue de la tâche dans la montagne, les ambassadrices des droits de l’enfant s’informent encore plus sur les droits de l’enfant. Elles discutent, planifient, font leurs propres affiches et apprennent à connaître, par Le Globe, les enfants et les héros des enfants partout dans le monde.

Ce que je n’ai jamais eu – Chez Maiti nous sommes comme une grande famille. Toutes les filles qui vivent ici sont comme des sœurs et nous prenons soin les unes des autres. Je partage ma chambre avec Rabina qui a cinq ans. Je lave ses vêtements, je la peigne et le matin, je l’aide à se préparer pour la crèche. J’aime ça. J’essaie de donner à Rabina tout ce que je n’ai pas eu de ma mère, dit Alisha.

18

C’est dur pour Poonam de raconter et de se souvenir de l’horreur qu’elle a vécue quand elle était esclave dans un bordel en Inde. Mais elle le fait pour mettre en garde les autres filles afin qu’elles ne tombent pas dans le piège. Son amie Alisha sait que l’histoire de Poonam aurait pu être la sienne. Poonam est membre du jury international des enfants pour le Prix des Enfants du Monde. Elle y représente les filles victimes de trafic sexuel des enfants, l’esclavage et l’abus et se bat pour elles.

aurions une belle vie, dans la grande ville indienne de Bombay. J’étais seule et j’avais envie d’avoir une famille, alors j’ai décidé de le suivre. Mais il m’a trompée. Il m’a vendue à un bordel. Quand j’ai refusé de me laisser abuser par les hommes du bordel, ils m’ont fouettée avec des câbles électriques et m’ont brûlée avec des cigarettes jusqu’à ce que je n’en puisse plus. Poonam a été abusée par plus de quinze hommes par jour pendant près d’une année. Mais, finalement elle a été libérée et protégée par


Sur des sentiers de montagne tortueux Les ambassadeurs des droits de l’enfant circulent sur une jeep remplie d’affiches et de revues Le Globe, sur d’étroits et tortueux sentiers de montagne.

l’organisation Maiti Nepal. – À présent, je fais partie du jury international des enfants pour le Prix des Enfants du Monde. J’y représente les filles victimes de trafic sexuel des enfants, de l’esclavage et d’abus et me bats pour elles, dit Poonam. Elle prend la revue Le Globe et montre aux élèves les photos qui la représentent, elle et les autres enfants du jury. Battue

Chaque fois qu’Alisha entend le récit de Poonam, elle souffre. Elles sont comme des sœurs. – Je sais que cela aurait pu m’arriver à moi. Que j’ai eu de la chance, dit Alisha. Elle a grandi dans une famille très pauvre de Katmandou. Ses parents travaillaient de temps à autre sur des chantiers mais ne gagnaient jamais assez pour qu’Alisha et sa petite sœur puissent aller à l’école ou avoir assez à manger. – Maman et papa avaient en plus des problèmes d’alcool. L’argent qui était prévu pour la scolarité de ma

sœur et la mienne, servait à payer l’alcool. Ils revenaient souvent saouls à la maison et se disputaient. Papa battait maman et quand je lui criais d’arrêter et me mettais entre les deux, il me battait aussi. Plutôt que d’aller à l’école comme les autres enfants du quartier, Alisha devait s’occuper du ménage et de sa petite sœur. Elle faisait la cuisine s’il y avait quelque chose, lavait et repassait les vêtements. – Je suis devenue une « maman » alors que je n’avais que six ans. Quand personne ne me voyait, je pleurais. Maman a disparu

Alisha avait dix ans quand tout a empiré. – Un soir, maman n’est

Des ponts suspendus pour aller à l’école Pour atteindre certaines écoles, les filles doivent traverser des ponts suspendus ! – Il faut compter environ trois heures de marche par des sentiers tortueux pour arriver aux écoles. Puis trois heures de marche pour le retour !

19


La formation pour les Droits de l’Enfant Dans la petite école Shree Borlang Bhumi dans le village montagnard de Chhap les filles de Maiti parlent des droits de l’enfant, surtout des droits des filles, du trafic de personnes et du programme du Prix des Enfants du Monde. Les enfants sont curieux et posent des questions.

pas rentrée du travail. Pendant deux semaines, papa, ma petite sœur et moi, l’avons cherchée, mais nous ne l’avons pas trouvée. J’étais inquiète et je ne comprenais pas ce qui s’était passé. Étaitelle morte ? Ou, nous avaitelle abandonnés ? Le soir, dans mon lit, en cherchant le sommeil, je regardais une photo de maman et je me sentais tout à la fois fâchée et triste. Après la disparition de maman, le père d’Alisha s’est

mis à boire à tel point qu’il n’a plus pu s’occuper de ses filles. – Pour que nous puissions survivre, moi et ma sœur, j’ai dû travailler comme bonne chez le propriétaire de notre maison. Je travaillais de six heures du matin jusqu’à tard le soir, je lavais les vêtements, faisais la vaisselle, le ménage et cuisinais. À la moindre faute, si par exemple, je laissais tomber une assiette, l’homme se mettait en colère. Il criait que papa était un alcoolo et que moi, j’étais si mauvaise que même ma mère m’avait abandonnée. Un jour j’en ai eu assez et je suis partie.

d’arriver chez Maiti ! Ma sœur et moi-même avons trouvé une maison, des amis, à manger, la sécurité et on a enfin pu commencer l’école. J’ai compris très vite que Maiti m’avait en fait sauvée la vie. Beaucoup de mes amies avaient été vendues comme esclaves à des bordels en Inde. Elles avaient été comme moi,

seules et abandonnées et des victimes faciles pour les trafiquants d’êtres humains. J’aurais pu être l’une d’elles, dit Alisha. Alisha vit depuis quatre ans dans le foyer pour filles de Maiti. Elle et les autres filles apprennent beaucoup sur les droits de l’enfant, les droits des filles et le trafic de

Seule à la rue

Alisha a rôdé longtemps, seule et perdue dans les rues Katmandou, pour essayer de trouver les moyens d’améliorer sa vie et celle de sa sœur. Finalement, alors qu’elle était sur le point d’abandonner, quelqu’un lui a montré le chemin de Maiti Nepal et leur foyer pour filles. – C’était fantastique 20

Enfin une pause ! Les filles s’accordent une bonne pause rafraîchissante au bord du fleuve Shivalaya. Elles ont emporté des nouilles, du pain chapati et quelques sucreries pour affronter les dures marches. Sur le sac d’Alisha est écrit : « Stop au trafic de personnes ! »


Le club des Droits de l’Enfant continue le travail ! Les ambassadrices des droits de l’enfant aident les enfants dans les villages à créer leurs clubs des droits de l’enfant. Ainsi, ils pourront continuer le travail pour les droits de l’enfant après le départ des filles de Maiti. Les clubs orga­nisent le programme du Prix des Enfants du Monde dans leurs écoles, s’instruisent sur les droits des filles et sur le trafic de personnes et trans­mettent la connaissance à d’autres enfants. Les clubs des droits de l’enfant sont aussi attentifs à ce qui se passe et signalent les cas de filles qui ont des problèmes.

bordels. Si on nous voyait comme des êtres humains, cela ne pourrait pas arriver. L’aventure des Droits de l’Enfant

personnes. La connaissance leur donne la force d’aider les autres enfants. Elles s’inspirent du programme du Prix des Enfants du Monde et de la revue Le Globe. Heureuse d’être ambassadrice des Droits de l’Enfant

– J’aurais toujours voulu partager ce que j’ai appris avec les autres enfants, mais je ne savais pas comment faire. Alors, quand on m’a demandé de devenir ambassadrice des droits de l’enfant pour le Prix des Enfants du Monde, j’étais très heureuse ! dit Alisha. Les filles de Maiti se sont bien préparées. Elles ont approfondi leurs connaissances sur les droits de l’enfant et sur les différentes tâches des héros des droits de l’enfant. Ensemble elles ont décidé de consacrer plus de temps à parler des droits des filles quand elles vont dans les écoles. – Les filles souffrent plus que les garçons, au Népal, surtout dans les villages,

explique Alisha. Alors que les fils vont à l’école, on oblige les filles à travailler. On les donne en mariage très tôt. On pense que les filles sont faites pour un rude travail physique et pas pour l’instruction. Si les familles sont pauvres, c’est toujours le rôle des filles de travailler et aider. Alors quand quelqu’un vient au village et offre aux filles du travail, par exemple dans un restaurant de la ville, pour qu’elles puissent envoyer de l’argent à la maison, il est très facile que les parents acceptent. Comme ils ne connaissent souvent pas les droits des filles et le trafic de personnes, ils sont facilement trompés. Leurs filles

n’arrivent jamais à gagner de l’argent pour leur famille. Au lieu de ça, on les vend comme esclaves à des bordels en Inde ou à Dubaï. – Je crois que c’est la vision qu’on a de nous, les filles - à savoir que nous sommes plus des bêtes de travail ou des « choses » utiles qui font gagner de l’argent, plutôt que des êtres humains – qui rend possible de nous vendre comme des esclaves à des

La visite au village de Chhap est l’une parmi les nombreuses visites qu’Alisha et ses amies font dans la région pauvre de Nuwakot. Le trafic de jeunes filles y est très courant. – Nous sommes très motivées ! La première fois que nous sommes allées dans la montagne, nous avons visité cinq écoles. Il fallait compter trois heures pour chaque trajet depuis le centre de Maiti jusqu’à la zone des

C’est l’heure du Vote Mondial ! Les ambassadrices des droits de l’enfant sont sur place quand l’école Chhap organise sa journée du Vote Mondial – une fête pour les droits de l’enfant.

21


Libre comme un oiseau

TE X Te: andre as lönn phOTO: JOHAN B JERKE

Alisha s’entraîne avec Sabina qui est aussi ambassadrice des droits de l’enfant : – J’adore jouer au basket ! C’est super d’être avec les copines et, quand je joue, je me sens libre. Je n’avais pas le temps de jouer quand j’étais petite, c’est peut-être pour ça que j’aime autant le jeu maintenant. Mais plus tard j’aimerais être hôtesse de l’air. Pouvoir voler très haut dans le ciel et voir le monde d’en haut ! Sur le maillot des filles est écrit: Teresa Academy, le nom de l’école de Maiti.

écoles. Puis trois heures de marche pour revenir dans l’après-midi. C’était éprouvant car nous étions très chargées. L’effort nous causait parfois de la fièvre, mais on continuait. Notre tâche est trop importante, on ne peut pas l’annuler à cause d’une montée de fièvre. Une journée annulée est une journée de perdue dans le combat pour les droits des filles ! dit Alisha. Dans chaque école, Alisha, Poonam et leurs amies ambassadrices parlent des droits des filles. Elles expliquent qu’il est très facile que les filles pauvres soient trompées et vendues à des bordels. Elles racontent leur propre parcours, ainsi que celui d’autres enfants à travers la revue Le Globe. Elles expliquent aussi comment les enfants peuvent participer au programme du prix des Enfants du Monde afin de renforcer leur voix et leurs droits. – C’est formidable de voir 22

que les élèves nous comprennent. De les voir prendre conscience de choses qu’ils ne connaissaient pas. Aller dans les montagnes en tant qu’ambassadrice des droits de l’enfant est une aventure magnifique ! Une tâche importante

Alisha et Poonam terminent leur leçon sur les droits de l’enfant dans l’école de Chhap en incitant chacun à continuer de se renseigner sur ses droits avec l’aide de la revue Le Globe. Bientôt, les écoliers de Chhap et des autres villages, organiseront leurs journées du Vote Mondial. Les enfants votent pour le héros des enfants qu’ils estiment le plus et célèbrent ensuite les droits de l’enfant en chantant et en dansant ! Beaucoup de filles qui ont rencontré Alisha et Poonam sont heureuses et pleines d’espoir. Kalpana, 14 ans, est l’une d’entre elles : – Avant que les ambas­sa­

drices des droits de l’enfant viennent ici, je ne savais pas que filles et garçons ont les mêmes droits. Maintenant je le sais et j’en suis contente ! Alisha aussi en est contente. – J’ai toujours eu une énorme reconnaissance pour ce que Maiti m’a donné et parce que j’ai pu échapper aux bordels de l’Inde. J’ai toujours voulu le leur montrer. En tant qu’ambassadrice je peux enfin le faire. C’est une chance

énorme de pouvoir faire quelque chose pour les autres. Je renforce les droits des filles et essaie de sauver d’autres filles du trafic de personnes, comme j’ai moi-même été sauvée, en répandant la connaissance ! 


Nous sommes les ambassadrices du Prix des Enfants du Monde !

Les ambassadrices des droits de l’enfant, sont des filles fières qui vivent dans le foyer de l’organisation Maiti Nepal, à Katmandou. Leur but est d’accueillir les filles qui ont été victimes de trafic de personnes ou qui risquent de l’être. Le jour du Vote Mondial, dans le village de Chhap, elles revêtent quelques-uns des plus beaux costumes traditionnels du Népal. Mais pas uniquement parce qu’ils sont beaux ... – Au Népal et dans le monde, il y a beaucoup d’ethnies différentes qui ont chacune des costumes traditionnels différents, dit Sabitri, 17 ans, qui aujourd’hui est vêtue en costume de l’ethnie Tamang. – Mais quel que soit le pays d’où tu viens, ton ethnie ou ta religion, nous devons toutes nous battre ensemble pour ce que nous avons de plus important : Les Droits de l’Enfant ! C’est pourquoi nous revêtons aujourd’hui quelques-uns des nombreux costumes traditionnels du Népal. Nous voulons montrer que nous sommes différents et en même temps pareils. Que nous sommes « un ». De plus, les vêtements sont beaux et hauts en couleurs et vont très bien pour le jour du Vote Mondial qui est une fête pour les Droits de l’Enfant !

Sukumaya, 18 en costume Bhojpuri

Alisha, 15 en costume Newar Sabina, 16 en costume Sherpa

Nishu, 16 en costume du Népal

Sabitri, 17 en costume Tamang

Poonam, 16 en costume Maroni

Dilmaya, 17 en costume Gurung Laxmi, 17 uniforme scolaire

Maya, 18 en costume Rai

Priya, 17 uniforme scolaire

Samjhana, 18 uniforme scolaire

23


Kalpana Kalpana parle avec Alisha de la façon dont elle et ses amies peuvent créer un club des droits de l’enfant dans l’école, en lisant la revue Le Globe, laquelle travaillera avec le club.

Les conseils d’Alisha à Kalpana Le jour après la visite des ambassadrices du Prix des Enfants du Monde à l’école du village de Chhap, Alisha boit le thé chez l’une des élèves. Kalpana, 14 ans, veut savoir ce qu’elle doit faire pour renforcer les droits des filles dans le village.

Outre à informer les enfants sur les droits de l’enfant dans les écoles des villages montagnards, les ambassadrices ont une autre tâche importante. Elles aident les filles dans les villages à créer des clubs pour les droits de l’enfant. – Toi et d’autres filles de l’école pouvez aussi vous réunir et continuer à apprendre plus sur les droits des filles et sur le trafic des enfants, dit Alisha à Kalpana. Ensuite, vous pouvez raconter ce que vous avez appris aux autres filles quand vous gardez les chèvres ensemble ou quand vous travaillez dans les champs. Parler, par exemple des différentes façons dont les filles pauvres sont victimes du trafic de personnes et deviennent esclaves dans des bordels à l’étranger. Alisha et Kalpana pensent que les filles du village de Chhap doivent créer leur propre club des droits de l’enfant. Elles se soutiendront et organiseront le travail avec le programme du Prix des Enfants du Monde. – Vous pouvez aussi être alertes et avertir Maiti si certaines filles du village se trouvent dans des situations à risques, explique Alisha, qui promet d’aider les filles de Chhap à créer le club. Peut-être des garçons seront aussi intéressés à participer ? 24

06h00 – J’emmène les chèvres dans le pré. Parfois j’emporte mes manuels scolaires et je fais mes leçons. En ce moment, j’emporte la revue Le Globe et je me prépare pour la Journée du Vote Mondial.

10h00 – J’aime l’école et ma matière préférée c’est le népali!


nouvelle combattante des Droits de l’Enfant ! – Au Népal les filles sont moins bien traitées que les garçons. Pourquoi, je ne sais pas, mais ce n’est pas juste. C’est la raison pour laquelle, il est important pour moi de chercher à améliorer la vie des filles, dit Kalpana.

U

«

n fils ou une fille devraient avoir la même valeur. Ils doivent aider aux tâches de la maison et être traités de la même façon. Mais ici, ce n’est pas le cas. Les filles doivent

travailler durement. Mon petit frère qui a onze ans et les garçons de mon âge, ne travaillent pas autant que nous. Ce n’est pas juste et je ne sais pas pourquoi. Peut-être que les parents pensent que les filles vont être données en mariage à une autre famille, alors que les garçons restent dans leur famille et il faut alors en prendre soin. C’est pourquoi il est bon qu’Alisha et les autres ambassadrices viennent chez nous et parlent des droits des filles et du programme du Prix des Enfants du Monde. J’ai appris beaucoup de choses nouvelles et maintenant, je comprends mieux.

trouver un travail, alors je mise sur les études. Je veux être assistante pour me battre contre le trafic de personnes. C’est une région pauvre et la vie est dure pour les filles. Avant, je ne savais pas C’est pour cela que beaucoup que filles et garçons ont les de filles sont flouées par ces mêmes droits. Que nous personnes qui viennent ici et valons autant que les garçons offrent du travail en ville, un et avons le droit à une vie travail moins dur que celui décente. Nous avons le droit des villages. Les familles d’être enregistrées à notre pauvres reçoivent de l’argent naissance et à apprendre à lire. quand les filles sont emmenées. C’est pour cela que les filles ne Les parents croient que leur doivent pas être mariées si fille va gagner de l’argent et vite ou être vendues. Nous améliorer la vie de la famille. avons le droit d’aller à l’école Mais la vie ne s’améliore pas tout comme les garçons ! et elles n’ont pas de salaire. Les filles deviennent des esclaves. Quand j’aurai fini Veut se battre pour les filles ma formation, je veux me battre contre cela. En créant Ici au village, presque toutes les filles vont à l’école, mais ce un club des Droits de l’Enfant, je peux commencer n’est pas le cas partout au déjà maintenant à me battre Népal. Je sais que j’ai de la chance et j’adore l’école! Sans pour une vie meilleure pour nous, les filles ! »  éducation, c’est difficile de Pour en savoir plus sur Kalpana

18h30 – Je prépare le dîner avec maman.

 TE X Te: andre as lönn phOTO: JOHAN B JERKE

16h30 – Je vais dans les champs pour couper l’herbe pour le bétail.

19h45 – D’abord, je fais la vaisselle et range après le dîner. Si j’ai le temps, je fais mes leçons avant d’aller me coucher.

25


Pasang, le camarade d’école de Kalpana pense que filles et garçons doivent être traités pareil. Chaque jour, il aide sa sœur à garder le bétail de la famille. – C’est évident, dit Pasang, aujourd’hui gardien de l’ordre pendant le Vote Mondial.

Maiti Nepal

Kalpana, 14 Habite : Avec sa famille dans le village de Chhap, Nuwakot. Aime : Aller à l’école. Déteste : Les disputes. Le meilleur : Participer au programme du Prix des Enfants du Monde et au Vote Mondial ! Veut être : Assistante sociale. Rêve : D’une vie heureuse.

En 2002 Maiti Nepal et sa fondatrice Anuradha Koirala ont reçu le Prix des Enfants du Monde pour leur combat contre le trafic des filles du Népal, vendues comme esclaves à des bordels en Inde. Maiti empêche que les filles pauvres soient victimes par l’information et la protection. Maiti procure des soins, soutient les filles libérées et a un foyer spécial pour les filles infectées par le VIH. Certaines filles devenues gardes-frontières au nom de Maiti, arrêtent les trafiquants-passeurs de personnes lorsque ceux-ci essaient de faire passer clandestinement des filles en Inde. Maiti travaille avec des organisations à Bombay en Inde, qui, au péril la vie de leur personnel, libèrent les filles enfermées dans les bordels. Près de 200.000 filles et femmes du Népal sont esclaves dans des bordels en Inde. Chaque année 12.000 filles y sont emmenées, beaucoup d’entre elles ont moins de 16 ans. Maiti Nepal travaille avec le Prix des Enfants du Monde et ECPAT Suède dans le but de renforcer les droits des filles, dans un projet qui atteindra plus d’un million de filles d’ici 2014 ! Pour en savoir plus sur Maiti et le trafic de personnes visitez : www.worldschildrensprize.org

Le Vote Mondial – le plus beau jour ! – C’était formidable de participer! Toute la journée a porté sur nos droits et en quoi ils sont si importants. Peut-être le plus important pour nous les filles. On sent que le programme du Prix des Enfants du Monde nous soutient et c’est fantastique. Nous, les filles, nous devons apprendre quels sont nos droits pour pourvoir les défendre ! dit Kalpana.

26

C

’est ma tâche de faire respecter l’ordre dans les queues pour voter et cela c’est très bien passé. C’est un jour important. On nous a donné la chance de célébrer des personnes qui se battent pour le bien des enfants. Ils ont montré à tout le village que les droits de l’enfant sont importants. Que les enfants ont des droits c’est quelque chose qu’il faut tout le temps rappeler aux enfants et aux adultes. Quand les ambassadrices des droits de l’enfant sont venues à l’école, elles ont distribué la revue Le Globe aux élèves. Pasang l’a emportée chez lui et l’a lue chaque soir après l’école. – Mes parents étaient curieux, mais ils ne savent pas lire, alors je lisais à haute voix. Ainsi, mes parents aussi ont beaucoup appris sur les droits de l’enfant. Je crois que beaucoup de mes camarades ont fait comme moi. Pasang pense que la Journée du Vote Mondial c’est bien parce que ça se voit et éveille un grand intérêt. – Beaucoup de parents intéressés et


« Le Prix des Enfants du Monde

peut faire cesser l’esclavage des filles ! » d’autres adultes sont venus aujourd’hui et ont beaucoup appris sur les droits de l’enfant ! Les droits des filles

Les filles sont enlevées

– La pire des choses c’est que beaucoup les filles au Népal sont enlevées et vendues comme esclaves. Une fille est aussi un être humain, tout comme moi. Je ne comprends pas qu’on puisse agir ainsi contre un être humain. Cela me fait mal. Comme le trafic de personnes est si commun, il est important que les enfants aussi bien que les adultes s’instruisent mieux sur les droits des filles. Si toutes les écoles du Népal participaient chaque année au programme du Prix des Enfants du Monde, nous pourrions arrêter l’esclavage moderne qui frappe les filles dans notre pays ! 

 TE X Te: andre as lönn phOTO: JOHAN B JERKE

– Le plus important de tout c’est le fait que tout le monde a appris que les filles aussi ont des droits. D’après moi il n’y a aucune différence entre garçons et filles. Nous avons la même valeur et les mêmes droits. Mais, ici dans les villages du Népal, on ne voit pas les choses ainsi. Ici, les filles travaillent bien plus que nous, les garçons. Même si elles vont à l’école, elles doivent faire la vaisselle, la lessive, cuisiner, travailler dans les champs, mener le bétail au pâturage et bien d’autres choses. Les garçons ont plus de temps libre, ils peuvent s’amuser et se reposer. Ce n’est pas juste. – J’aide toujours ma sœur à s’occuper des animaux, avant d’aller à l’école et je travaille avec elle dans les champs. Cela va de soi. Ce ne serait pas juste qu’elle fasse tout. Si les garçons les aidaient, la vie des filles serait bien meilleure.

– Un autre grand problème c’est qu’on marie les filles trop tôt à des adultes, parfois elles n’ont que 14 ans. Les maris ne permettent souvent pas que les filles continuent d’aller à l’école. Au lieu de cela, ils les obligent à travailler et ils décident de tout. Si les filles avaient pu terminer l’école, elles auraient plus de connaissances. Il n’aurait pas été si facile pour les hommes de toujours décider.

– Je ne comprends pas qu'on puisse vendre les filles comme des esclaves et traiter les autres de la sorte, dit Pasang. Ici, il surveille que tout se passe bien dans la queue pour le Vote Mondial.

27


Adelia et Bomkazi d'Afrique du Sud à la cérémonie du Prix des Enfants du Monde 2012.

Les droits des filles La Convention de l’ONU relative aux Droits de l’Enfant, spécifie clairement qu’il faut reconnaître à tous les enfants la même valeur et les mêmes possibilités. Malgré cela, les filles sont souvent moins bien traitées que les garçons. Elles sont discriminées deux fois: en tant qu’enfants et en tant que filles !

.......................................

 TE X Te: CARMILL A FLOYD

Survivre et se développer Tous les enfants ont droit à la sécurité d’un foyer et à une nourriture quotidienne. Mais la vie et le développement des filles sont fortement influencés par la pauvreté. Le plus souvent, elles souffrent plus de la faim et de la maladie que les garçons. Parmi les 1,4 milliards de personnes dans le monde qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour, 70% sont des filles ou des femmes. Les filles sont discriminées déjà dans le ventre de leur mère. Selon l'ONU, il manquerait 100 millions de filles dans le monde à cause d’avortement de fœtus de filles ou de meurtres de filles nouveaunées, car on considère que les fils valent plus que les filles. 28

Janice, 10 ans, est l’une des 1,6 millions d’enfants SDF aux États-Unis. Elle a été SDF presque toute sa vie avec sa mère et sa grande sœur. – Nous faisons la queue tous les soirs pour une place dans un foyer d’hébergement où ils ont des chambres pour des familles. Sinon, nous devons dormir dans le grand dortoir, parmi tous les SDF adultes, qui souvent se droguent. C’est dangereux de vivre dans la rue, surtout pour les filles.

Droit à l’instruction Miser sur l’éducation des filles est l’une des meilleures façons de combattre la pauvreté. Une fille qui va à l’école se marie plus tard, a moins d’enfants et ils sont en meilleure santé. En sachant lire et écrire, elle sait mieux faire valoir ses droits. Pour chaque année scolaire supplémentaire, le futur salaire d’une fille

Janice, 10, États-Unis

augmente de 20% ! Mais beaucoup de parents ne pensent pas que cela vaut la peine que leurs filles aillent à l’école puisqu’elles se marieront et iront vivre dans une autre famille. Parmi les 125 millions d’enfants qui dans le monde ne vont pas à l’école, 75 millions sont des filles.

....................................... Nouria, 14 ans, habite en Afghanistan, le pays le plus dangereux pour les filles et les femmes. Quand elle avait onze ans, les talibans ont interdit aux filles d’aller à l’école. Nouria a dû suivre une école clandestine. - Nous avions leçon dans la cuisine ou le salon de quelqu’un d’entre nous. Pour s’y rendre sans éveiller de soupçons, nous cachions nos livres sous nos burqas. Ensuite, nous rentrions l’une après l’autre, pas en groupe. Nous ne pouvions pas faire confiance à tout le monde dans le village, certains de nos voisins pensaient que les filles ne devaient pas aller à l’école. Les filles n’ont pas les mêmes possibilités que les garçons en Afghanistan. Il ne devrait pas y avoir de différence. Nous sommes égaux. Nouria, 14, Afghanistan


....................................... Doris, 15 ans est orpheline. Elle a créé, au Ghana, une école pour les mères adolescentes. – Sans éducation, elles ne pourront jamais avoir une vie décente. Beaucoup d’adultes pensent que ce n’est pas important que les filles aillent à l’école, pourtant c’est notre droit. Sans éducation, tu n’es rien. L’éducation est la clé du succès. Si tu es instruite, tu peux même être députée et parler avec le président !

Santé et soins Les filles ont moins de possibilités que les garçons d’aller chez le médecin et décider de leur corps. Beaucoup de filles ont des enfants trop jeunes et les blessures de l’accouchement sont les causes les plus fréquentes de décès parmi les filles pauvres entre 15 et 19 ans. Les traditions discriminatoires comme l’incision causent aussi de graves blessures. Dans le monde riche, les filles sont aussi victimes de violences sexuelles et sont plus touchées que les garçons par les maladies psychiques et les troubles de l’alimentation.

Violence et abus Les filles sont aussi souvent victimes de violences à la maison et à l’école, les endroits qui devraient être les plus sûrs. Dans le monde entier, presque la moitié des violences sexuelles survenues à la maison, touchent des filles de moins de 15 ans. Les filles qui doivent se marier avant l’âge de 18 ans, sont plus souvent maltraitées par leur mari que celles qui se marient à l’âge adulte. Pendant les guerres et les conflits, les filles sont particulièrement touchées. Beaucoup sont enlevées et exploitées comme enfants soldats ou esclaves sexuelles.

Doris, 15 ans, du Ghana, a créé sa propre école !

dats m’ont violée et m’ont laissée toute seule dans la forêt. À l’école j’ai été victime de mobbing parce que les soldats m’avaient utilisée. Ils disaient : « Tu n’es plus une jeune fille, tu es une femme. Mais même si tu es une femme, aucun homme ne voudra se marier avec toi ! » J’ai mal au ventre et au cœur.

....................................... Felicia, 15 ans, du Kenya, est orpheline. – Je vais en septième et je vis dans un orphelinat. Notre père nourricier entraîne chez lui les filles la nuit. J’ai si peur que ce soit bientôt mon tour. Si je refuse d’aller avec lui, il dira partout que je suis une mauvaise fille et me renverra. Je ne sais pas quoi faire. Mais parler des droits de l’enfant et d’autres filles qui ont eu les mêmes expériences que moi, me rend plus forte. Cela m’a aidée à demander de l’aide.

.......................................

Gloria, 11 ans, du Congo, raconte: – J’avais sept ans quand les soldats m’ont dit de me déshabiller complètement. Cinq sol-

Neela au Bangladesh avait 15 ans quand on l’a obligée à se marier avec un homme de 20 ans plus âgé. Quand elle a refusé de coucher avec lui, il est devenu furieux. – Je ne savais pas ce qu’il avait l’intention de faire. Il s’est approché du lit et m’a jeté de l’acide en plein visage. La douleur était épou-

Neela, Bangladesh

Reyna, 11, Pérou

.......................................

vantable. Je me souviens avoir entendu une voix qui criait : «Voici ta punition ! » Aujourd’hui j’ose montrer mon visage sans avoir honte. J’ose parler en public et diriger des manifestations. J’exige des prises de positions de la part des autorités et je fais des visites d’écoles pour qu’aucun élève ne jette jamais de l’acide.

Travail nuisible pour les enfants Des millions de filles doivent commencer à travailler plutôt que d’aller à l’école. Elles travaillent à la maison et à l’extérieur. Près de 88 millions des enfants qui travaillent dans le monde sont des filles. Beaucoup font les travaux les plus dangereux et les moins bien payés, dans les fabriques, à la campagne ou sur des chantiers. Millions d’entre elles sont bonnes chez des privés et sont particulièrement exposées à la violence et aux abus. D’autres sont esclaves pour dettes. Les filles sont aussi exploitées dans le commerce sexuel impliquant des enfants.

....................................... Reyna, 11 ans, est employée domestique auPérou.

Nandini, 13, Inde


Ly, 13 ans, du Cambodge, veut jouer comme les garçons.

Jetu, 14 ans, de l'Inde, travaille le jour et étudie la nuit.

– Je reste à la cuisine et je mange les restes, comme un chien. Parfois on ne me donne rien à manger. Une fois j’avais si faim que j’ai fouillé dans la poubelle derrière la maison pour chercher quelque chose à manger. Alors, j’ai pensé que j’aurais préféré ne pas exister du tout.

aider les filles. Si nous nous entraidions tout irait plus vite et les filles aussi auraient plus de loisirs. Nous aimons aussi jouer.

....................................... Nandini, 13 ans, de l'Inde, raconte: – J’ai dû arrêter l’école à 12 ans pour polir des pierres afin de payer la dette de mon père à un homme d’affaires. Le propriétaire me battait avec un bâton et ne me donnait qu’un bol de riz par jour. Il prenait tout ce que je gagnais comme remboursement du prêt, mais la dette ne faisait qu’augmenter, parce que je devais payer le riz. Finalement maman a guéri et a pu gagner assez pour me libérer. Le gouvernement, pas plus que la police n’aident les enfants. C’est pour cela que nous devons nous entraider.

Jeux et loisirs Du moment que les filles souvent doivent aider à la maison, elles ont moins le temps de jouer avec leurs copines. Parfois, les vieilles traditions défendent aux filles de faire du vélo, courir ou danser. Où que ce soit, les filles ont moins de temps que les garçons pour, par exemple, faire du sport.

....................................... Ly, 13 ans, raconte: – Ici au Cambodge, les filles doivent travailler beaucoup plus à la maison que les garçons. Dès l’âge de 5 ans, nous devons faire la vaisselle, les repas, le ménage, travailler dans les rizières et nous occuper de nos petits frères et sœurs. Si des parents pauvres doivent choisir entre envoyer leur fils ou leur fille à l’école, ils choisissent presque toujours le garçon. Les garçons devraient 30

Pouvoir et influence Pour les filles c’est plus difficile de faire entendre leur voix et décider de leur vie. Leurs avis et leurs idées sont considérés avec moins de respect soit par les jeunes du même âge que par les adultes, comme enseignants, parents et politiciens. Beaucoup se sentent aussi influencés stressés par des idées dépassées sur les filles. Les images des publicités et des médias sapent l’assurance des filles.

....................................... Jetu Devi, 14 ans, vit dans une famille pauvre d’un village du Rajasthan en Inde. – Les filles, nous travaillons au moins dix heures par jour. Mes deux frères ne sont jamais là. Nous n’avons pas les mêmes possibilités dans la vie. Ici ce sont les garçons qui vont à l’école car les parents espèrent qu’ils auront un bon travail et pourront entretenir la famille. Alors ils ne pensent pas à nous les filles puisque nous allons être données en mariage à une autre famille. Dans mes rêves, il est tout à fait naturel que les filles vont à

l’école comme les garçons. Si les hommes et les femmes s'entraidaient dans les foyers dans tous les travaux, cela nous rendrait la vie bien plus facile à nous les filles. Il y a encore du chemin à faire, mais petit à petit on arrivera à une égalité entre garçons et filles. Jetu fréquente l’école du soir et a été élue au parlement des enfants ! – J’étais si heureuse quand on m’a choisie car je voulais me battre pour nos droits ! Lis plus sur le parlement des enfants au Rajasthan sur worldschildrensprize.org

....................................... Lisa du Zimbabwe avait douze ans et elle adorait sa poupée, Jennifer. Mais elle pensait que les filles aurient bien pu jouer aussi avec de petites voitures. – Je crois qu’on donne aux filles des poupées pour les préparer à leur rôle de mère. Les garçons s’entraînent à des métiers techniques. Je ne comprends pas du tout cela. C’est si stupide ! Mon rêve est que les filles du monde entier se préparent à des métiers que seuls les garçons ont pour le moment. Nous devons être médecins, pilotes, ingénieurs et même présidentes ! Aujourd’hui, Lisa est membre du jury des enfants du Prix des enfants du Monde !

Célèbre le jour des filles ! L’ONU a décrété une journée spéciale pour les filles : « The International Day of the Girl Child » (La Journée Internationale des Filles) Elle est célébrée chaque année le 11 octobre pour rappeler au monde que les droits des filles doivent être respectés ! Les médias parlent de la situation des filles. Adultes et Enfants organisent des fêtes et des spectacles pour les droits des filles. Que fait ton école ?


Exploitation sexuelle des enfants

Esclavage moderne ! – On m’a enlevée et vendue à des étrangers. J’étais une morte vivante, dit Mary des Philippines, qui à 13 ans a subi l’une des pires formes de violations des droits de l’enfant. L’exploitation sexuelle des enfants, la plupart des filles, touche plus de 1,8 millions d’enfants chaque année. Qu’est-ce que l’exploitation sexuelle des enfants ?

L’exploitation sexuelle des enfants c’est lorsqu’un mal­ faiteur abuse sexuelle­ment d’un enfant et paie avec de l’argent, un cadeau ou des services. Les cadeaux sont par exemple de la nourriture ou des vêtements. Un service peut être une promesse de protection ou une meilleure note. L’exploitation sexuelle des enfants se différencie des autres abus sexuels parce qu’il y a une contrepartie. On l’ap­ pelle aussi « exploita­tion sexuelle des enfants à des fins commerciales » Où sévit l’exploitation sexuelle des enfants ?

L’exploitation sexuelle des enfants existe partout dans le

monde. Les enfants sont abu­ sés dans la rue, les bordels, mais aussi les maisons pri­ vées, les écoles et les foyers d’enfants. Des exemples d’ex­ ploitation sexuelle sont : • quand une personne voyage à l’intérieur de son pays ou a l’étranger pour avoir des relations sexuelles avec des enfants (tourisme sexuel impliquant des enfants) • quand des enfants sont achetés ou vendus pour que le malfaiteur puisse avoir des relations sexuelles avec eux (traite des enfants à des fins sexuelles) • quand les malfaiteurs pho­ tographient ou filment des actes d’abus sexuels (pornographie infantile) Traite des enfants

Chaque année des centaines des milliers d’enfants sont emmenés d’un endroit à un autre, dans leur pays ou à l’étranger, pour que les mal­ faiteurs puissent profiter d’eux sexuellement. La traite de personnes est aujourd’hui, le troisième commerce illégal le plus rentable du monde, après la drogue et les armes. Les enfants sont plus avantageux comparés par

exemple à la drogue, car ils peuvent être vendus plusieurs fois. Tourisme sexuel impliquant des enfants

Les personnes qui se déplacent dans leur pays ou à l’étranger pour abuser sexuellement des enfants s’appellent des tou­ ristes sexuels. Certains sont en vacances, d’autres en voyage d’affaires. L’exploitation sexuelle des enfants est illégale partout dans le monde, mais dans certains pays, le risque de sanctions pénales est moindre et le corps des enfants est moins cher. Mais selon la Convention de l’ONU relative aux Droits de l’Enfant, tous les états doivent arrêter leurs concitoyens s’ils abusent sexuellement des enfants, même si le délit a eu lieu à l’étranger. Pornographie infantile

Le fait de filmer ou de photo­ graphier les actes d’abus sexuels sur les enfants s’appelle pornographie infantile. Les malfaiteurs changent, achètent ou vendent les photos et les films vis Internet, sur les sites web, par des logiciels d’échange de liens ou par cour­ riel. La pornographie infantile se répand aussi par téléphones portables, livres, journaux et DVD. Pour les enfants abusés, les photos et les films sont de constants rappels de l’agres­ sion. Chaque fois qu’on les dif­ fuse, on viole les Droits de l’Enfant.

la famille soit protégé. Il s’agit aussi d’exploitation sexuelle, puisque on oblige ensuite les filles à avoir des relations sexuelles. Pourquoi l’exploitation sexuelle des enfants existe ?

Une des raisons de l’exploita­ tion sexuelle des enfants est la pauvreté. Les filles pauvres et leurs parents se laissent facile­ ment attirer dans la traite de personnes. Mais le fond du problème est le fait qu’il existe des gens qui sont acheteurs de sexe avec les enfants. Leur demande permet, aux personnes qui veulent gagner de l’argent, de rechercher continuellement des enfants à vendre. Plus il y d’acheteurs, plus de jeunes sont abusés. Sans l’argent de l’ache­ teur, les trafiquants ne pour­ raient pas faire de bénéfices. Ils se tourneraient vers une activi­ té plus rentable. Les enfants n’ont pas le choix

Quand un enfant est abusé sexuellement contre rémunéra­ tion, certains croient que l’en­ fant a été d’accord de se vendre. Mais un enfant ne choisit jamais d’être vendu ou abusé sexuellement. C’est toujours le malfaiteur qui trompe, oblige, menace ou force les enfants et parfois leurs parents et les amène à faire ce qu’il veut. Blessés pour la vie

Les enfants exploités dans le commerce du sexe sont forte­ ment meurtris, physiquement et psychiquement. Les agres­ Mariage des enfants sions influencent leur santé e le Tous les jours, près de 25.000 reste de leur vie. Les enfants filles de moins de 18 ans, se soumis à la violence, risquent marient. Un tiers d’entre elles d’être contaminés par des a entre 10 et 15 ans. Beaucoup maladies comme le VIH/sida. de parents arrangent le Ils souffrent de perte de mariage de leurs enfants, sou­ confiance, cauchemars, dépres­ vent avec des hommes plus sion, culpabilité, troubles du âgés, contre quelque chose sommeil et idées de suicide. comme terre, argent ou bétail. Ceux qui arrivent à s’en sortir, Dans les régions en guerre, les sont souvent rejetés par leur filles sont obligées d’épouser famille et ne savent pas vers qui des soldats pour que le reste de se tourner. 

31


Vendue plusieurs fois

Vendue par maman

Obligée de se marier

Katja venait de terminer l’école en Moldavie, quand elle a vu dans une annonce qu’on recherchait des femmes de ménage en Allemagne. Elle a téléphoné à ce qu’elle croyait être une agence de placement. – Je ne savais rien de la traite de personnes. Personne n’en parlait ouvertement. Personne ne m’a mise en garde. Une semaine plus tard, on a fait passer illégalement Katja et quatre autre adolescentes dans un pays voisin. On les a enfermées dans la chambre d’un motel. Le soir quatre hommes sont venus et leur ont dit de se déshabiller. – J’ai refusé et on m’a giflée. Je me suis mise à pleurer mais je ne pouvais rien faire d’autre que me déshabiller. Le jour suivant, d’autres hommes sont venus chercher Katja. Après des heures de voiture ils sont arrivés dans un village plein de bars. – On est entrés et j’ai vu des filles qui dansaient en faisant du striptease. Les hommes ont donné de l’argent au propriétaire du bar et on dit : « tu travailleras ici » Des gardes vérifiaient chaque sortie. Si un client voulait acheter du sexe, Katja devait l’amener dans sa chambre. Le client payait le propriétaire du bar. Les filles ne recevaient rien. – Le propriétaire du bar a dit que j’avais une dette envers lui, puisqu’il avait payé pour moi. Deux mois plus tard, Katja a été revendue et amenée dans une autre ville. On l’a achetée et vendue encore plusieurs fois. Seulement trois ans plus tard, détruite à l’intérieur, elle a pu s’enfuir et retourner à la maison. Personne en Moldavie ne sait ce qui lui est arrivé, même pas ses parents.

Sreypao du Cambodge avait sept ans quand sa famille a reçu la visite d’un couple d’étrangers. Ils disaient qu’ils avaient besoin d’une femme de ménage et ont payé la mère pour pouvoir amener Sreypao. Mais, c’est dsns un bordel qu’ils l’ont amenée. – Ils m’ont jetée dans une petite chambre et ont fermé la porte. Une semaine plus tard, un homme est venu et a dit : « Occupe-toi d’un client » J’ai dit que je ne savais pas ce que cela voulait dire. L’homme s’est mis en colère. Il a appelé quatre hommes qui ont battu Sreypao aves des ceintures et des câbles électriques. – Puis ils m’ont fait horriblement mal. Alors, je ne savais pas ce que c’était. Maintenant je sais qu’ils m’ont violée. Quatre ans plus tard, Sreypao a enfin réussi à s’enfuir. À présent, elle veut se battre pour les droits des filles. – Pour que cela s’arrête, il faut que les garçons changent et voient les filles d’une autre façon. Ils doivent comprendre que nous avons la même valeur et que nous devons être traitées avec respect !

Esther au Zimbabwe été obligée de se marier à onze ans avec un viel homme. C’était une règle de sa religion de donner de jeunes filles en mariage à des hommes âgés. Un dimanche est arrivé le tour d’Esther. – J’étais paniquée et j’ai essayé de m’enfuir, mais les adultes m’ont attrapée. Je criais et pleurais, mais personne ne s’en souciais. Ils m’ont jetée dans une voiture. On est arrivés devant une maison. Ils m’ont dit que c’était la maison de mon mari et ils m’ont laissée là. Je n’osais rien faire d’autre et je suis restée. Il couchait avec moi et j’avais peur de tomber enceinte. Comment aurais-je pu à onze ans, m’occuper d’un enfant ? Finalement on a aidé Esther à s’enfuir. – Aucune fille ne doit vivre cela ! Je pense me marier vers 28 ans. Mais avant j’aurai terminé l’école et commencé à travailler pour aider les filles.

32

Stop à la traite des enfants ! Beaucoup de gens courageux, femmes et hommes, se battent pour arrêter l’exploitation sexuelle des enfants et protéger les enfants qui en ont été victimes. En 2002, l’ONU a élaboré un protocole additionnel à la Convention relative aux Droits de l’Enfant, concernant l’exploitation sexuelle des enfants. Elle exige que les pays du monde protègent les enfants touchés et fassent appliquer les lois. Tu peux rencontrer beaucoup de ces personnes qui se battent pour arrêter l’exploitation sexuelle des enfants dans la revue Le Globe et sur worldschildrensprize.org. Svenska PostkodLotteriet assume les frais pour Les droits et la démocratie pour un million de filles: Il s’agit d’une collaboration entre La Fondation Le Prix des Enfants du Monde et ECPAT Suède afin de renforcer les droits des filles et combattre l’exploitation sexuelle des enfants.

MOT BARNSEXHANDEL

www.ecpat.se

www.postkodlotteriet.se

www.worldschildrensprize.org


Parmi les ambassadrices des Droits de l’Enfant du Prix des Enfants du Monde, se trouvent plusieurs filles qui ont été enlevées par différents groupes armés. À présent, elles se préparent à défendre les droits des filles en RD Congo.

D’esclave à ambassadrice des Droits de l’Enfant À l’âge de cinq ans, Bora a été abandonnée par son père parce qu’elle était une fille. À l’âge de 13 ans, un des nombreux groupes armés congolais l’a faite prisonnière et l’a utilisée comme esclave sexuelle. – Aujourd’hui je suis l’ambassadrice des Droits de l’Enfant pour le Prix des Enfants du Monde et je me bats pour les droits des filles, dit Bora.

D

ans une petite classe sur une colline de Bukavu, au Congo oriental, dix filles lisent la revue Le Globe et parlent des droits des filles. Elles sont les ambassadrices des Droits de l’Enfant et se préparent pour les visites des écoles. – Expliquez pourquoi vous voulez promouvoir les droits des filles ? Quelle est votre

idée ? demande Bora, 16 ans, qui instruit les ambassadrices des Droits de l’Enfant. Olive, son amie, lève la main et dit : – Parce que, au Congo, la vie est bien plus dure pour les filles que pour les garçons. Si dans une famille il y a un garçon et une fille, on fera d’abord étudier le fils. La fille s’occupera de la maison. Ce n’est pas juste ! Nous avons le

droit aux mêmes chances dans la vie que les garçons ! Amunazo est d’accord : – Absolument ! Et puis c’est nous, les filles, qui souffrons le plus dans la guerre qu’il y a en ce moment. Les divers groupes armés utilisent les filles comme esclaves sexuelles. Dans ce pays les filles sont tout le temps victimes d’agressions ! Bora prend consciencieusement des notes. Elle sait que ce dit son amie est vrai. Presque toute sa vie, elle a eu des difficultés parce qu’elle est née fille plutôt que garçon. – J’ai grandi dans une famille avec trois sœurs. Quand papa a réalisé qu’il n’aurait peut-être pas de garçons, il est devenu fou de rage.

Bora, 16 Habite : Au foyer du BVSE pour filles abusées. Aime : Être enfin en sécurité. Déteste : La guerre et la violence. Le meilleur : Avoir été sauvée de l’esclavage sexuel. Le pire : Être exploitée par les adultes. Veut être : Combattante pour les droits de l’enfant. Rêve : Que tous les enfants qui souffrent aient une vie meilleure.

33


Nouvelle famille – Depuis que les soldats les ont emmenées, je n’ai plus revu ni ma mère ni mes sœurs. Nous cherchons toujours et j’espère qu’un jour on les retrouvera. Mais, depuis que j’ai perdu maman, c’est le fait de vivre ici au foyer du BVSE, qui me donne le plus le sentiment de vivre dans une vraie famille. Nous, les plus âgées aidons les plus jeunes. Nous faisons la vaisselle, le ménage, la lessive et la cuisine. Comme une vraie famille. Et nous jouons beaucoup ensemble, dit Bora, qui saute à la corde avec Awa et Aime.

Il nous battait maman et nous. Il nous menaçait de nous quitter et de trouver une autre femme qui pourrait lui donner un fils. Et quand j’avais cinq ans, il nous a quittées, raconte Bora. - Papa a pris toute notre terre. Maman mendiait auprès des voisins pour avoir un peu de nourriture et travaillait dans les champs des autres pour que nous puis34

sions survivre, nous les enfants. Même si ce n’était guère mieux quand papa vivait avec nous. Il ne dépensait pas beaucoup d’argent pour ses filles. Il n’était pas question d’école pour nous, dit Bora. Enfin l’école !

– J’ai dû travailler dur pour aller à l’école. Chaque jour après l’école, je devais travailler avec maman dans les champs pour gagner l’argent pour mon éducation. Comme nous avions très peu à manger, j’étais souvent très fatiguée, aussi bien à l’école que dans les champs. Mais j’aimais l’école et je savais que sans formation je n’aurais jamais une bonne vie, que je resterais pauvre et que j’aurais tout le temps faim. Bora rêvait d’une belle vie et se battait pour cela. Mais, un soir, alors qu’elle avait treize ans son rêve s’est brisé. – J’ai été réveillée par des coups de feu. Nous nous tenions les unes contre les

autres, mais nous n’avions nulle part où aller quand les soldats sont arrivés. Ils nous ont fait sortir de la maison, nous ont arraché nos vêtements et ont lié les mains de maman derrière son dos. On nous a forcées à aller dans la forêt. Je croyais que nous allions mourir dans cette obscurité. Bora, qui marchait derrière les autres, a trébuché et est tombée. – Personne ne s’est aperçu que j’étais tombée, alors je me suis mise à ramper en silence dans les buissons et je me suis cachée. C’était horrible de penser que maman et mes sœurs étaient avec les soldats, mais je ne pouvais rien faire. A mangé de la terre

Une fois les soldats partis, Bora est sortie de sa cachette en rampant et a couru terrorisée dans le sens opposé. Il faisait nuit et elle s’est perdue dans la forêt tropicale. La nuit elle dormait sous les arbres ou les buissons. Après trois jours,

elle avait si faim qu’elle a mangé de la terre. Un matin très tôt, Bora s’est réveillée entourée par des chasseurs. Elle était nue et sale, recroquevillée sous un buisson. – Les chasseurs ont cru d’abord que j’étais un animal. Mais quand je me suis mise à pleurer et qu’ils ont vu mon visage, ils ont compris que j’étais un être humain. Bora a pu suivre les hommes au village où on lui a donné à manger et des vêtements. Un des hommes a offert à Bora de vivre dans sa famille. Il a aussi promis de chercher à savoir ce qui était arrivé à sa mère et à ses sœurs. Bora travaillait sur les terres de la famille, comme elle le faisait auparavant. Mais il n’y avait aucune possibilité d’aller à l’école. La vie était dure, mais Bora ne savait pas où aller. Devient esclave

Une année plus tard, en pleine nuit, des soldats sont


Pouvoir faire entendre sa voix venus frapper à la porte de la maison. – Il y avait des soldats partout dans le village qui se battaient et volaient de la nourriture, des vaches et des chèvres. Les soldats ont reçu l’ordre d’emmener toutes les filles qui se trouvaient dans le

village. Je me suis mise à pleurer en disant que je n’étais qu’une enfant, alors un soldat s’est mis en colère et m’a enfoncé son couteau dans les côtés si fort que le sang a jailli. Les soldats ont forcé Bora et les autres filles à marcher dans la forêt. Celles qui

Forte grâce au Globe – J’ai appris énormément sur les Droits de l’Enfant par les récits du Globe. Cela m’a rendue heureuse et forte, dit Bora.

Les ambassadrices des Droits de l’Enfant visitent deux par deux les classes de l’école pour filles du BVSE, ici Faida et Lidia. – Au Congo, on n’écoute jamais les filles. Que ce soit à l’école, dans les familles ou dans la société. Ce que nous pensons ou disons n’a aucune importance. C’est différent si on est ambassadrice des Droits de l’Enfant et c’est formidable ! Nous sommes ici pour dire des choses essentielles concernant les Droits de l’Enfant. Même en présence des garçons et ils écoutent ! Cela me donne une énorme confiance en moi. Le Prix des Enfants du Monde, nous donne à nous, les filles la possibilité de faire entendre notre voix ! dit Bora.

criaient ou pleuraient étaient battues. Pour Bora c’était comme de retourner dans le même cauchemar quand les soldats avaient emmené sa famille dans la forêt. Après plusieurs heures, ils sont arrivés au camp de base des soldats, au cœur de la forêt. Les filles y étaient attendues par d’autres soldats. – On a aussitôt été encerclées. Les soldats nous ont arraché les vêtements et nous ont jeté par terre. Quelqu’un tenait continuellement son arme pointée sur nous. Puis tout a commencé. Beaucoup de soldats nous ont violées à tour de rôle. J’étais leur

Enfin l’école – Comme je suis arrivée au milieu du semestre, j’ai commencé le cours de couture du BVSE et suis devenue couturière. Mais il me tarde de reprendre l’école régulière, le semestre prochain, dit Bora.

35


– Puisque je suis porte-parole et responsable du Prix des Enfants du Monde, il est important que tout fonctionne bien. C’est formidable que nos camarades d’école aient compris ce que nous enseignons. Et c’est aussi formidable de voter et de montrer mon soutien aux personnes qui se battent pour nous, les enfants. Notre soutien leur apporte le courage de continuer à se battre et mener à bien leur importante tâche, dit Bora.

Bienvenue au Vote Mondial du Congo ! Bora et les autres ambassadrices ont rendu visite à tous les enfants de l’école pour filles du BVSE. Elles ont parlé des droits des filles et du programme du Prix des Enfants du Monde. Le moment du Vote Mondial est arrivé.

esclave et j’avais si peur que je voulais mourir.

TE X Te: andre as lönn phOTO: JOHAN B JERKE

Sauvée

Quatre jours plus tard, Bora se réveilla dans un hôpital. Un autre groupe armé avait attaqué les soldats qui l’avaient kidnappée et fait en sorte que tous les blessés soient hospitalisés. – Je ne sais pas si les soldats continuaient à m’abuser quand j’étais évanouie, mais je le crois car j’étais très blessée. Je ne pouvais ni me tenir debout, ni marcher et les médecins m’ont gardée à l’hôpital plus de trois mois. Au début, je voulais mourir, puis 36

j’ai décidé de prendre le dessus et de vivre. Peu de temps après, Bora arriva à l’organisation BVSE qui s’occupe des enfants meurtris par la guerre. – C’était fantastique ! C’était comme de trouver une maison. Ici, il y a beaucoup de filles avec les mêmes expériences et nous nous entraidons. J’ai enfin pu retourner à l’école ! On apprend aussi beaucoup sur les Droits de l’Enfant, surtout en travaillant avec le programme du Prix des Enfants du Monde.

Prix des Enfants du Monde. – Les autres filles m’ont choisie comme porte-parole. J’étais contente car je pense que tout ceci est si important ! Grâce au Globe, j’ai appris que mes droits étaient violés aussi bien quand papa n’a pas voulu s’occuper de moi simplement parce que je suis une fille, que quand les soldats ont profité de moi. Mes expériences m’ont amenée à vouloir me battre en faveur des droits des filles. En tant qu’ambassadrice du Prix des Enfants du Monde je peux vraiment le réaliser. – En parlant dans les écoles, nous espérons que les autres filles n'auront pas à vivre ce

que nous avons vécu. Alors, il est important que nous disions quels sont les droits des filles pour leur propre bien comme pour celui des garçons. Si les garçons apprennent maintenant quels sont les droits des filles, le risque est moins grand qu’ils traitent leurs filles ou d’autres filles comme m’ont traitée mon père et les soldats. Lors des visites d’écoles, nous rencontrons des garçons qui ont été enfants soldats, mais je n’ai pas peur de raconter mon histoire. Le Prix des Enfants du Monde m’en a donné le courage et c’est trop important pour qu’on en ait peur ! 

Ambassadrice des Droits de l’Enfant

Bora et neuf autres filles se sont formées et sont devenues ambassadrices des Droits de l’Enfant afin de présenter dans les écoles, les droits de l’enfant et en particulier les droits des filles ainsi que le

Tampon encreur contre la fraude électorale Chaque votant doit montrer le petit doigt. La couleur du tampon encreur ne permet pas de voter deux fois.


Une voix pour les Droits de l'Enfant avec Le Globe comme protection contre le soleil et le logo du WCP sur le ventre.

Je ne savais pas cela avant ! La liste de Bora des choses nouvelles qu’elle a apprises par les récits du Globe et par sa tâche d’ambassadrice des Droits de l’Enfant : Même valeur

Que tous les enfants, garçons ou filles, noirs ou blancs, chrétiens ou musulmans, handicapés ou non, ont la même valeur.

toire is h l’ e d s e r r e s gu sont restés Une des pire ille. Beaucoup m fa ur le is

re depu s armés. RD Congo du dans les groupe 0.000 viols de , ée • La guerre en gn si t or té 20 3, la paix fu • Il a été rapp 1998. En 200 ipuis le début nt co ts de femmes de s comba et le , s ur le jo fil ce à s mai , où n pense que le régions de l’est guerre, mais l’o s la le de ns 2009, da t en nu Le plus élevé. En rle en pa bi t nt es do e s br nt nom vivent les enfa étaient des tié des victimes oi m la . be lo G rsonnes millions de pe enfants. • Plus de cinq 1,5 millions les de coms ur co au time à plus de it es so n s, O te • or m nt so ies, fuite. im ou de malad personnes en bats, soit de fa d’enfants au . re er de cinq millions es de la gu s ct lu P re di • es us lca s so à l’école. 30.000 enfant go ne vont pas de on C us pl eu s a y ce de • Il ys. Des milliers dats dans le pa vé ou tr re s ujours pa enfants n’ont to

Droit à l’école

Que tous les enfants, garçons ou filles, ont droit à aller à l’école. Droit à la parole

Que tous les enfants, garçons ou filles, ont le droit à s’exprimer et qui plus est, à être écoutés. Pas d’agression

Qu’aucun enfant ne doit être soumis à des agressions sexuelles ni obligé à être soldat. Jeu

Sauve les en fants soldats

Murhaba zi Nam egabe a obtenu le Prix des Enf Monde pour le ants du s Droits de l’E nfant en 2011 et dangereux co pour son long mbat de plus de enfants de la R 20 ans en fave ur des épublique dém ocratique du C ravagé par la gu ongo, pays erre. Depuis 19 89 par l’organ BVSE , Murha isation ba zi a sauvé de s milliers d’enfa enfants réfugi nts soldats, és livrés à euxmêmes et fille sexuellement s abusées par les groupe s armés. Pour en savoir plus : w w w.wor ldschildrenspr ize.org

Que tous les enfants ont le droit de jouer. Sécurité

Que tous les enfants ont le droit de se sentir en sécurité.

37


Nous sommes les ambassadr Les Droits de l’Enfant rendent le Congo meilleur

Papa a été tué à la guerre « Être ambassadrice des Droits de l’Enfant, m’a appris tellement de choses que j’ignorais. Dans Le Globe, j’ai appris qu’on ne peut pas obliger les enfants à un dur travail et que chaque enfant a droit à une famille. Ce qui n’est pas du tout la réalité d’ici. La guerre a fait beaucoup d’orphelins et il n’y a personne qui s’occupe de nous. Mon père a été tué à la guerre, je n’ai plus que maman. Je veux de tout cœur aider les enfants orphelins ici au Congo. Ils ont besoin d’un endroit pour vivre, d’aller à l’école, de vêtements et de soins et d’apprendre quels sont leurs droits. Peut-être pourrais-je travailler pour une organisation d’enfants quand je serai plus grande. Ce qui me plairait le plus ce serait d’être ambassadrice des Droits de l’Enfant à plein temps ! Je participe et j’apprends plein de choses importantes. J’en suis si fière ! » Amunazo, 17

38

pouvoir arrêter au Cogo, ce sont les viols des filles. C’est très courant. Ici au BVSE, il y a beaucoup de filles qui ont été violées. Ce sont les hommes et les garçons de différents groupes armés en guerre entre eux, qui font du mal aux filles. Les garçons doivent aussi apprendre les Droits de l’Enfant. Ils doivent savoir que c’est une violation des Droits de l’Enfant d’agir comme ils le font. Si les garçons savent cela, il y a une chance qu’ils se comportent mieux envers les filles et les femmes que les hommes d’aujourd’hui. C’est pourquoi le programme du Prix des Enfants du Monde est si efficace et si important précisément ici ! En tant qu’ambassadrices, nous passons dans les écoles et parlons des Droits de l’Enfant. Il me tarde de pouvoir parler aux garçons des droits des filles. Si je réussis à expliquer que garçons et filles ont la même valeur et que nous devons être traités de la même façon, le Congo sera un bien meilleur pays à l’avenir ! » Riziki, 14

« Ce que j’aimerais

Veut être présidente « Si l’on sait que tout le monde a des

droits, il est difficile de faire du mal aux autres. Ainsi la vie de tout le monde s’améliore. C’est pourquoi, c’était si passionnant d’être part du Prix des Enfants du Monde et en tant qu’ambassadrice, apprendre leurs droits à d’autres enfants. Plus tard, je veux être présidente et me battre pour les Droits de l’Enfant au Congo. Je veux me battre pour que tous les enfants se sentent bien » Furaha, 15

Le Vote Mondial c’est la fête des examens ! tous les droits qu’un enfant peut avoir sont violés. Beaucoup d’enfants ne peuvent pas aller à l’école, au lieu de cela, on les oblige à travailler ou à aller à la guerre. Les filles sont constamment abusées sexuellement. Par les récits du Globe, on apprend quels sont nos droits, ce qui fait que nous savons pourquoi nous devons nous battre. C’est plus facile aussi de prévoir la vie qu’un enfant a le droit de vivre. En tant qu’ambassadrice des Droits de l’Enfant, nous apprenons avec les autres enfants quels sont nos droits ! Le Vote Mondial c’est comme la fête des examens, après avoir réussi la formation sur les Droits de l’Enfant ! » Noela, 17

« Au Congo,

fra_filles_globe2013  
Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you