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LES DISQUES DU MOIS

FAMILY

Portrait (Pelagic records) autant la caillasse dans les conduits auditifs qu’ils proposent de lignes de guitares volubiles et variations rythmiques aussi soutenues que joliment impromptues. Le but ici, outre le concept initial, est clairement de poser le style d’un groupe qui sait parfaitement où il va. Entre une puissance hargneuse assumée et la vélocité technique que lui confère son aisance formelle, Family évolue dans un registre détonnant avec un... étonnant sens de l’équilibre artistique («Illegal women»).

Crossover stylistique hautement évolué pratiquant une hybridation transgenre pour un mix de rock aux effluves stoner et de prog-metal hargneux à fugitives transgressions hardcore, Portrait, premier effort long-format des New-Yorkais de Family est «LA» surprise du mois sortie de quasi nulle-part. Enfin, «nulle-part», c’est vite dit parce que celle-ci nous vient tout droit du toujours excellent Pelagic Records (God is an Astronaut, Khoma, The Ocean...), spécialiste européen en offrandes de qualité supérieure qui est ici allé chercher l’excellence de l’autre côté de l’Atlantique. Et on le comprend... quitte à froisser les âmes chagrines se demandant pourquoi ne pas privilégier les groupes du vieux continent. Rappelons que la qualité n’a ni couleur, ni papier d’identité. Dont acte.

Tout à la fois rock classieux sous stéroïdes (eux citent volontiers Led Zep’) et prog-metal lumineux façon «Baroness meets Mastodon meets Tool», avec un petit zeste de The Mars Volta pour le côté alambiqué (mais pas trop), le groupe de Brooklyn a le bon goût de ne jamais s’enfermer dans les clichés inhérents au genre («Delphonika»). Metal ne veut pas dire sombre et dépression, même s’il se veut colérique. Complexe ne veut pas dire insaisissable et incompréhensible. Positif ne veut pas dire bêtement mainstream et sans âme. L’inverse étant tout aussi vrai d’ailleurs. Family, le sait et en fait la parfaite démonstration («The wonder years») en variant ses plaisirs de composition sans jamais dériver d’un iota de ce qui fait sa ligne de conduite. Une sorte de trame scénaristique à la cohérence créative idéale («Othermother»), flirtant avec la mouvance old-school d’un «classic progrock» élégant pour mieux se laisser aller à ses penchants les plus «hargne-core» sur les passages métalliques de l’album («Exploding baby»). Pour un résultat aussi rafraichissant artistiquement que puissamment addictif dans l’effet qu’il produit. Aurelio

Toujours est-il que tout au long des huit titres que proposent les Américains, le choix du label se révèle d’autant plus pertinent que l’album, au concept basé sur les turpitudes d’une famille dysfonctionnelle développant des facultés surnaturelles, fait passer l’auditeur du calme à la tempête, de la sérénité de façade à la colère éruptive, de la réflexion mesurée au caprice explosif, le tout sur une première poignée de titres («Bridge & tunnel», «Daddy wronglegs», «Bopsky») qui envoient

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W-Fenec Mag#3  

W-Fenec magazine novembre 2012 : Neurosis, Guns of Brixton, Birds in Row, Motörhead, Turbonegro, Lambwool, NoSwad, The Arrs, Down, Slash, Zo...

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