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moment o˘ celui-ci sort justement de sa manche le trés beau «Her ghost (still in the room)» qui lui, justement, n’aurait certainement pas dépareillé sur A sky through the wall de part la mélancolie doucereuse et la tristesse fragile qui le parcourt de parts en parts.

Parce qu’au gré de ses compositions, organiques, flottant dans l’atmosphère comme autant de monolithes ambient/indus en lévitation inexpliquée (fabuleux «Floating»), Lambwool écrit la partition rêvée d’un long-métrage inexistant, enveloppant peu à peu l’auditeur d’un manteau de mystères, énigmes et autres chausses-trappes scénaristiques dont son auteur maîtrises les twists avec plusieurs coups d’avance sur son assistance («Agora»). Et pourtant ou peut-être parce que l’album est conçu ainsi, A sky through the wall est une oeuvre fascinante, captivante et ne demande (et ce n’est pas donné à tout le monde) absolument aucun effort d’immersion, peut-être parce qu’elle éclaircit peu à peu son horizon panoramique. Surtout lorsqu’il s’agit de livrer la pépite qu’est le sublime «Don’t fall asleep». Impossible alors de ne pas se laisser enivrer par ce dont est capable Cyril Laurent sur ce morceau qui restera définitivement comme LE sommet de cet album aux mille nuances et dégradés de couleurs malgré une tonalité résolument sombre... mais également parfois, paradoxe ultime, lumineuse. Une dernière scène en forme d’épilogue à tiroirs et voici que le rideau se ferme sur l’album que vient conclure avec classe son morceau-titre, une énième offrande extatique venant boucler la boucle de cette oeuvre magistrale et d’une classe... incomparable.

On se laisse alors porter par les travaux de Cyril qui pièce après pièce démontre qu’il a construit au fil des années une création à la cohérence irréprochable («Gone»), fait d’inventions sonores et expérimentations dark-ambient/drone/industrielles multiples («Daedalus», «This location»), l’ensemble étant régulièrement parsemé de petits bijoux du genre («Inferno») sur lesquels Lambwool nous offre quelques magnifiques plongées dans un univers aussi personnel qu’envoûtant. (Très) classe.

LES DISQUES DU MOIS

idéalement amenées («No man»), la trame cinématographique invisible du one-man band se déroule sous les yeux de l’auditeur et celui-ci se laisse doucement happer par cette histoire dont il ne connaît ni les tenants ni les aboutissants («Underground»). Pas encore...

Aurelio

En guise de bonus grandeur nature à ce quasi chefd’oeuvre ambient qu’est A sky through the wall, Lambwool et le label OPN Records ajoutent comme évoqué plus haut un deuxième disque réunissant une petite douzaine de raretés et inédits à considérer comme autant de chutes de studio et/ou ébauches de travaux plus ou moins affinés par un one-man-band qui n’atteint sur ces pistes-là que trés rarement le niveau de l’album chroniqué précédemment. Mais en même temps, il faut bien reconnaître que l’approche des premiers titres de ce second volume sobrement intitulé Dust est clairement plus expérimentale, rythmique, bruitiste également («Aftershow», «Insects», «Time (it doesn’t exist)»), avec au milieu un morceau-fleuve de quelques treize minutes d’une odyssée aux confins d’un ambient dronisant qui s’éternise un peu en longueur («Echine»). On est moins convaincu par ce qui ressemble à des pièces mineures et ou vagues expérimentations (toutes proportions gardées) du sculpteur de sons français jusqu’au

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W-Fenec Mag#3  

W-Fenec magazine novembre 2012 : Neurosis, Guns of Brixton, Birds in Row, Motörhead, Turbonegro, Lambwool, NoSwad, The Arrs, Down, Slash, Zo...

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