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BEL : 2,80 € - CH : 5,50 FS - CAN : 8 $C – A : 3,60 € - D : 3,60 € - ESP : 3,20 € – GR : 3,20 € - ITA : 3,20 € – LUX : 2,80 € – NL : 3,30 € - PORT.CONT. : 3,20 € –DOM : AVION : 4 € – MAROC : 30 DH – TUNISIE : 4,200 TDU - ZONE CFA AVION : 3 000 CFA - ZONE CFP AVION : 950 CFP.

NOUVEAU

Week-end

★ Tous à Berlin, reine de la nuit ! ★ Denzel Washington, l’antistar ★ Le bolide à turbines selon Jaguar ★ Le top de la photo numérique

Il se bat contre le cancer

MICHAEL DOUGLAS

Les photos

qui font peur ILS CROIENT VOIR LE DIABLE ET SAUTENT PAR LA FENETRE Contre-enquête sur les défenestrés des Yvelines

Halal Superstar

ARGENT, CLIENTS, ARNAQUES...

Les dessous d’un business en plein boom ! T 01713 - 1732 - F: 2,40 E

VSD.FR

2,40€ N° 1732 - DU 4 AU 11 NOVEMBRE 2010

COUV-VSD1732S001.indd 1

3:HIKLRB=XUWYU[:?l@h@d@c@k; 1/11/10 14:10:16


Époque Les gens

Michael

Douglas

Il se

bat!

ATTEINT D’UN CANCER AVANCÉ DE LA GORGE, L’ACTEUR COMPTE SUR SES PROCHES POUR LE SOUTENIR. MAIS IL EST APPARU TRÈS AFFAIBLI. Un homme en lutte

KCS

Le comédien de 66 ans a perdu de nombreux kilos, à la suite de son traitement. « À cause de lui, la gorge brûle. Il devient difficile d’avaler », explique-t-il.

VSD1732D014.indd 14-15

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Époque Les gens

Michael

Douglas

Il se

bat!

ATTEINT D’UN CANCER AVANCÉ DE LA GORGE, L’ACTEUR COMPTE SUR SES PROCHES POUR LE SOUTENIR. MAIS IL EST APPARU TRÈS AFFAIBLI. Un homme en lutte

KCS

Le comédien de 66 ans a perdu de nombreux kilos, à la suite de son traitement. « À cause de lui, la gorge brûle. Il devient difficile d’avaler », explique-t-il.

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Époque Enquête Une famille défaite

« Je suis Jésus de Nazareth. Je dois chasser les démons qui sont en nous », disait Eurydice (première, à g.) à sa mère, la veille du drame. La nuit suivante, avec son frère Benjamin (appuyé sur elle), ses sœurs Christelle (en rouge) et Huguette (en blanc), elle partait chez sa sœur Agnès (accroupie) en emmenant ses deux enfants et celui d’une de ses sœurs. Six de ces derniers (en bas ; il manque celui d’Huguette) et les cinq adultes sont blessés.

Le 23 octobre, cinq adultes et sept enfants se défenestrent d’un immeuble. Un bébé décède. Querelle familiale, conclut la police. La vérité semble plus complexe. Révélations.

LES DÉFENESTRÉS DES YVELINES

PHOTOS : D. R.

PAR MARIE LE BLÉ/CREDO, AVEC SÉBASTIEN BARDOS

VSD1732D018.indd 18-19

Diabolisé ? Francisco Constantin (32 ans) a été mis en examen pour violences volontaires avec arme.

1/11/10 12:56:33


Époque Enquête Une famille défaite

« Je suis Jésus de Nazareth. Je dois chasser les démons qui sont en nous », disait Eurydice (première, à g.) à sa mère, la veille du drame. La nuit suivante, avec son frère Benjamin (appuyé sur elle), ses sœurs Christelle (en rouge) et Huguette (en blanc), elle partait chez sa sœur Agnès (accroupie) en emmenant ses deux enfants et celui d’une de ses sœurs. Six de ces derniers (en bas ; il manque celui d’Huguette) et les cinq adultes sont blessés.

Le 23 octobre, cinq adultes et sept enfants se défenestrent d’un immeuble. Un bébé décède. Querelle familiale, conclut la police. La vérité semble plus complexe. Révélations.

LES DÉFENESTRÉS DES YVELINES

PHOTOS : D. R.

PAR MARIE LE BLÉ/CREDO, AVEC SÉBASTIEN BARDOS

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Diabolisé ? Francisco Constantin (32 ans) a été mis en examen pour violences volontaires avec arme.

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Halal SUPERSTAR FERNANDES/MAXPPP

Époque Enquête

Un marché de 5,5 milliards d’euros, des industriels aux abois et des normes floues... Voyage au cœur d’un business en pleine ébullition. PAR SYLVAIN MONIER

La vie halal, mode d’emploi

À l’Isla Burger, dans le centre-ville de Nice. Ici, le bœuf et le poulet répondent aux critères d’abattage de la religion musulmane. Quant au bacon et au jambon, ils sont fabriqués sans porc, à base de volaille.

VSD1732D022.indd 22-23

1/11/10 14:45:40


Halal SUPERSTAR FERNANDES/MAXPPP

Époque Enquête

Un marché de 5,5 milliards d’euros, des industriels aux abois et des normes floues... Voyage au cœur d’un business en pleine ébullition. PAR SYLVAIN MONIER

La vie halal, mode d’emploi

À l’Isla Burger, dans le centre-ville de Nice. Ici, le bœuf et le poulet répondent aux critères d’abattage de la religion musulmane. Quant au bacon et au jambon, ils sont fabriqués sans porc, à base de volaille.

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Époque Interview

N’ayez pas peur ! Depuis le 10 octobre, l’étudiante en criminologie veut restaurer la confiance de ses concitoyens. Pour les rassurer, la nouvelle patronne de la police de Praxedis G. Guerrero se laisse courageusement photographier à visage découvert dans ses nouvelles fonctions.

UNE GAMINE

CONTRE LES CARTELS MARISOL VALLES, 20 ANS, A ÉTÉ NOMMÉE À LA TÊTE DE LA POLICE DE PRAXEDIS G. GUERRERO, DANS LE NORD DU MEXIQUE. FACE À L’ULTRAVIOLENCE DES NARCOTRAFIQUANTS, ELLE VEUT FAIRE… DE LA PRÉVENTION. PAR ANTOINE DE TOURNEMIRE

U

ne atmosphère d’abandon règne dans le « comisaría » aux murs défraîchis de Praxedis G. Guerrero. Du sang neuf vient pourtant d’arriver dans cette poussiéreuse bourgade au bord du Rio Grande. Marisol Valles, 20 ans, mariée et fraîchement mère d’un enfant, vient d’y accepter le job le plus dangereux du monde : chef de la police municipale. Faute d’autre candidat, a reconnu le maire. Elle a promis de ramener la loi et l’ordre dans ce qui était autrefois une communauté d’agriculteurs sans problème, jusqu’à ce que les cartels sanguinaires de Juarez et de Sinaloa la transforment en champ de bataille. L’objectif des gangs : contrôler la seule autoroute des environs et le réseau de sentiers par où les trafiquants passent la drogue au Texas. Marisol Valles est encore étudiante en criminologie à l’université de Ciudad Juarez. Depuis le 10 octobre, elle exerce sa nouvelle fonction sur une population de 3 400 âmes et aura sous ses ordres dix-neuf agents sans expérience, dont neuf femmes. Un luxe car, à son arrivée, la ville ne comptait plus que trois policiers. Huit officiers avaient déserté, ces deux dernières années ; deux chefs de la police ont été abattus et trois policiers ont été décapités ces derniers mois. La semaine dernière, encore, le commissaire municipal du village voisin d’El Porvenir (l’avenir) et son fils ont été tués. On ne connaît de l’assassinat que le nombre de douilles (vingt-deux) de fusil d’assaut AK-47 retrouvées… Qui a tiré ? L’un des mille sicarios (tueurs à gages) de Vicente Carrillo, le chef du cartel de Juarez ? Ou l’un de ceux d’El Chapo Guzman, chef du cartel de Sinaloa ? Car Praxedis n’est qu’à 70 km au sud-est de Ciudad Juarez, la ville la plus violente du Mexique, où, chaque année, 2 600 personnes sont assassinées, sans que la police fédérale ni l’armée se donnent la peine de vérifier d’où viennent les coups de feu. Pour avoir tenté de le savoir, quatre-vingt-deux policiers ont été abattus depuis le début de l’année, dans le Chihuahua. Marisol Valles est sans doute « la femme la plus courageuse du Mexique », comme le dit le quotidien espagnol El Pais. Même si, à l’entendre (lire l’interview p. 30), elle ne compte pas mettre les cartels au pas. Son credo ? La prévention. En clair, empêcher les jeunes de céder aux sirènes des narcos et de l’argent facile. Pas de quoi affoler les cartels, sur le papier. Mais, dans ce pays de soleil et de sang, on ne jurera de rien. 쐍

ALCAZAR/MAXPPP

Deux chefs abattus et trois agents décapités ces derniers mois

VSD1732D028.indd 28-29

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Époque Interview

N’ayez pas peur ! Depuis le 10 octobre, l’étudiante en criminologie veut restaurer la confiance de ses concitoyens. Pour les rassurer, la nouvelle patronne de la police de Praxedis G. Guerrero se laisse courageusement photographier à visage découvert dans ses nouvelles fonctions.

UNE GAMINE

CONTRE LES CARTELS MARISOL VALLES, 20 ANS, A ÉTÉ NOMMÉE À LA TÊTE DE LA POLICE DE PRAXEDIS G. GUERRERO, DANS LE NORD DU MEXIQUE. FACE À L’ULTRAVIOLENCE DES NARCOTRAFIQUANTS, ELLE VEUT FAIRE… DE LA PRÉVENTION. PAR ANTOINE DE TOURNEMIRE

U

ne atmosphère d’abandon règne dans le « comisaría » aux murs défraîchis de Praxedis G. Guerrero. Du sang neuf vient pourtant d’arriver dans cette poussiéreuse bourgade au bord du Rio Grande. Marisol Valles, 20 ans, mariée et fraîchement mère d’un enfant, vient d’y accepter le job le plus dangereux du monde : chef de la police municipale. Faute d’autre candidat, a reconnu le maire. Elle a promis de ramener la loi et l’ordre dans ce qui était autrefois une communauté d’agriculteurs sans problème, jusqu’à ce que les cartels sanguinaires de Juarez et de Sinaloa la transforment en champ de bataille. L’objectif des gangs : contrôler la seule autoroute des environs et le réseau de sentiers par où les trafiquants passent la drogue au Texas. Marisol Valles est encore étudiante en criminologie à l’université de Ciudad Juarez. Depuis le 10 octobre, elle exerce sa nouvelle fonction sur une population de 3 400 âmes et aura sous ses ordres dix-neuf agents sans expérience, dont neuf femmes. Un luxe car, à son arrivée, la ville ne comptait plus que trois policiers. Huit officiers avaient déserté, ces deux dernières années ; deux chefs de la police ont été abattus et trois policiers ont été décapités ces derniers mois. La semaine dernière, encore, le commissaire municipal du village voisin d’El Porvenir (l’avenir) et son fils ont été tués. On ne connaît de l’assassinat que le nombre de douilles (vingt-deux) de fusil d’assaut AK-47 retrouvées… Qui a tiré ? L’un des mille sicarios (tueurs à gages) de Vicente Carrillo, le chef du cartel de Juarez ? Ou l’un de ceux d’El Chapo Guzman, chef du cartel de Sinaloa ? Car Praxedis n’est qu’à 70 km au sud-est de Ciudad Juarez, la ville la plus violente du Mexique, où, chaque année, 2 600 personnes sont assassinées, sans que la police fédérale ni l’armée se donnent la peine de vérifier d’où viennent les coups de feu. Pour avoir tenté de le savoir, quatre-vingt-deux policiers ont été abattus depuis le début de l’année, dans le Chihuahua. Marisol Valles est sans doute « la femme la plus courageuse du Mexique », comme le dit le quotidien espagnol El Pais. Même si, à l’entendre (lire l’interview p. 30), elle ne compte pas mettre les cartels au pas. Son credo ? La prévention. En clair, empêcher les jeunes de céder aux sirènes des narcos et de l’argent facile. Pas de quoi affoler les cartels, sur le papier. Mais, dans ce pays de soleil et de sang, on ne jurera de rien. 쐍

ALCAZAR/MAXPPP

Deux chefs abattus et trois agents décapités ces derniers mois

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Indonésie

Tout en images Cataclysme

AU-DESSOUS DU VOLCAN

SUR L’ÎLE DE JAVA, L’ÉRUPTION MEURTRIÈRE DU MERAPI A TRANSFORMÉ SES FLANCS TRÈS PEUPLÉS EN PAYSAGE D’APOCALYPSE

D

PAR ISABELLE SPAAK

es cendres propulsées à plus de 1,5 kilomètre d’altitude. La colère du Merapi fut si violente, le 26 octobre, qu’elle a tué 34 personnes, dont Mbah Marijan, le « gardien spirituel » du volcan, considéré comme une montagne sacrée par les Javanais. Un journaliste, deux secouristes et un bébé de 3 mois ont également péri, brûlés par la lave ou asphyxiés par les gaz toxiques. Ceci malgré l’ordre d’évacuation des 50 000 habitants dans un périmètre de 10 kilomètres promulgué, la veille, par les autorités indonésiennes. En majorité des enfants et des personnes âgées ont quitté les lieux. Alors que de nombreux adultes ont choisi de rester pour veiller sur leur bétail et leurs demeures. Situé à 26 kilomètres au nord de la grande ville de Yogyakarta, sur l’île très peuplée de Java, le Merapi est le plus actif des volcans d’Indonésie. Il se réveille en moyenne tous les quatre ans. La dernière fois, en juin 2006, il a tué deux personnes, quelques jours après le séisme du 27 mai 2006, qui avait frappé Yogyakarta et ses environs en faisant près de 5 800 morts. Cette année, c’est un chapelet d’îles, les Mentawaï, isolées dans l’océan Indien, à plus de 1 000 kilomètres du Merapi, qui a été frappé la veille de l’explosion par un séisme de magnitude 7,7 suivi d’un puissant tsunami. Selon un bilan provisoire, au moins 408 personnes ont trouvé la mort et 303 sont portées disparues. Ravagés, les alentours du cratère sont désormais recouverts d’une épaisse couche de poussière blanche. Les forêts, les routes et plus de 80 % des maisons du village de Kinaredjo sont détruites. L’éruption la plus meurtrière du Merapi remonte à 1930. Bilan : 1 300 victimes. Les Indonésiens ont appris à vivre avec ce risque car leur archipel est la première zone volcanique au monde, avec quelque 130 cratères actifs. Au total, plus de 1 million de personnes vivent quotidiennement sous la menace d’une éruption brutale, de nuées ardentes et de lahars (coulées de boues). Quatre jours après la catastrophe, le Merapi a recommencé à cracher. 쐍

DÉVASTÉ

Un masque dérisoire sur le visage pour se protéger des émanations toxiques et des cendres, un habitant de Kinaredjo contemple son village, détruit la veille à plus de 80 % par l’éruption du Merapi, qui s’est réveillé mardi 26 octobre juste avant le crépuscule.

VSD1732D038.indd 38-39

PHOTOS : WEDA/EPA/MAXPPP – DEMOTIX/ABACA – EPA/MAXPPP

Une région sous la menace d’une éruption tous les quatre ans

30/10/10 6:21:35


Indonésie

Tout en images Cataclysme

AU-DESSOUS DU VOLCAN

SUR L’ÎLE DE JAVA, L’ÉRUPTION MEURTRIÈRE DU MERAPI A TRANSFORMÉ SES FLANCS TRÈS PEUPLÉS EN PAYSAGE D’APOCALYPSE

D

PAR ISABELLE SPAAK

es cendres propulsées à plus de 1,5 kilomètre d’altitude. La colère du Merapi fut si violente, le 26 octobre, qu’elle a tué 34 personnes, dont Mbah Marijan, le « gardien spirituel » du volcan, considéré comme une montagne sacrée par les Javanais. Un journaliste, deux secouristes et un bébé de 3 mois ont également péri, brûlés par la lave ou asphyxiés par les gaz toxiques. Ceci malgré l’ordre d’évacuation des 50 000 habitants dans un périmètre de 10 kilomètres promulgué, la veille, par les autorités indonésiennes. En majorité des enfants et des personnes âgées ont quitté les lieux. Alors que de nombreux adultes ont choisi de rester pour veiller sur leur bétail et leurs demeures. Situé à 26 kilomètres au nord de la grande ville de Yogyakarta, sur l’île très peuplée de Java, le Merapi est le plus actif des volcans d’Indonésie. Il se réveille en moyenne tous les quatre ans. La dernière fois, en juin 2006, il a tué deux personnes, quelques jours après le séisme du 27 mai 2006, qui avait frappé Yogyakarta et ses environs en faisant près de 5 800 morts. Cette année, c’est un chapelet d’îles, les Mentawaï, isolées dans l’océan Indien, à plus de 1 000 kilomètres du Merapi, qui a été frappé la veille de l’explosion par un séisme de magnitude 7,7 suivi d’un puissant tsunami. Selon un bilan provisoire, au moins 408 personnes ont trouvé la mort et 303 sont portées disparues. Ravagés, les alentours du cratère sont désormais recouverts d’une épaisse couche de poussière blanche. Les forêts, les routes et plus de 80 % des maisons du village de Kinaredjo sont détruites. L’éruption la plus meurtrière du Merapi remonte à 1930. Bilan : 1 300 victimes. Les Indonésiens ont appris à vivre avec ce risque car leur archipel est la première zone volcanique au monde, avec quelque 130 cratères actifs. Au total, plus de 1 million de personnes vivent quotidiennement sous la menace d’une éruption brutale, de nuées ardentes et de lahars (coulées de boues). Quatre jours après la catastrophe, le Merapi a recommencé à cracher. 쐍

DÉVASTÉ

Un masque dérisoire sur le visage pour se protéger des émanations toxiques et des cendres, un habitant de Kinaredjo contemple son village, détruit la veille à plus de 80 % par l’éruption du Merapi, qui s’est réveillé mardi 26 octobre juste avant le crépuscule.

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PHOTOS : WEDA/EPA/MAXPPP – DEMOTIX/ABACA – EPA/MAXPPP

Une région sous la menace d’une éruption tous les quatre ans

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L’aventure Moteur

Jaguar C-X75

GRÂCE À QUATRE MOTEURS ÉLECTRIQUES ET DEUX TURBINES À GAZ, CETTE SUPER-GT SERAIT CAPABLE D’ATTEINDRE 330 KM/H EN NE CONSOMMANT QUE 1,068 L/100 KM. RÉVOLUTION OU SCIENCE-FICTION ?

Aérodynamique active Comme sur un avion de chasse, la C-X75 dispose d’un système de contrôle directionnel des gaz d’échappement. À grande vitesse, le flux des turbines est dirigé vers le haut, pour plaquer la voiture au sol.

VAISSEAU

à réaction

PAR JEAN-LUC MOREAU

VSD1732D052-S054.indd 52-53

29/10/10 1:23:48


L’aventure Moteur

Jaguar C-X75

GRÂCE À QUATRE MOTEURS ÉLECTRIQUES ET DEUX TURBINES À GAZ, CETTE SUPER-GT SERAIT CAPABLE D’ATTEINDRE 330 KM/H EN NE CONSOMMANT QUE 1,068 L/100 KM. RÉVOLUTION OU SCIENCE-FICTION ?

Aérodynamique active Comme sur un avion de chasse, la C-X75 dispose d’un système de contrôle directionnel des gaz d’échappement. À grande vitesse, le flux des turbines est dirigé vers le haut, pour plaquer la voiture au sol.

VAISSEAU

à réaction

PAR JEAN-LUC MOREAU

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L’aventure Sport

LES ÉTOILES

DU SPORT

Pour la gagne

Double championne olympique, six fois championne du monde, la Française née en Guadeloupe aligne un palmarès impressionnant. Seul regret pour cette passionnée, son élimination en quarts de finale, aux JO de Pékin, par la Chinoise Li Na.

Drôles de lames Laura Flessel parrainait GAUTHIER GRUMIER aux Étoiles du sport 2002. À l’occasion des Championnats du monde d’escrime, VSD leur a demandé de recroiser le fer.

T

ata est en retard, comme d’habitude ! » Gauthier Grumier, en tête de la Coupe du monde 2010 d’escrime, immense dans sa veste d’épéiste, attend Laura Flessel, double championne olympique en 1996. Et quand Tata, son ex-marraine des Étoiles du sport, débarque, le grand gamin, pince-sans-rire, la chambre franco. « T’es à la bourre, Flessel ! » À peine le temps pour la championne olympique d’enfiler sa tenue qu’une autre vanne fuse : «T’as vu ta veste ? C’est pas le blanc réglementaire… Remarque, c’est comme toi, vintage ! » Flessel éclate de rire : « Là, tu fais ton malin, mais quand je t’ai connu, t’en menais pas large, hein, le petit jeune, tout timide… » Taquinerie mise à part sur le fossé des générations (26 ans pour lui, 39 ans pour elle), on sent le binôme de fines lames Étoiles du sport cru 2002 (lire p. 56) prêt à en découdre.

PAR PATRICIA OUDIT

Complices

VSD1732D056-D060.indd 56-57

RD/VSD - MILLEREAU

national du sport, de l’expertise et de la performance, NDLR), en septembre 2002, j’étais tout jeune. J’avais seulement 18 ans et je ne connaissais vraiment pas grand monde. Les filles s’entraînaient parfois avec nous et c’est de cette façon que je me suis retrouvé à tirer contre Laura, madame Laura Flessel. Quand elle m’a demandé, quelques semaines plus tard, de devenir son espoir pour les Étoiles, ça m’a fait plaisir d’être reconnu en tant que jeune plein d’avenir. Laura Flessel. Pour moi, Gauthier, c’était un vrai choix. Pendant sa première année à l’Insep, il était très introverti, dans sa bulle, effacé. C’était le seul nouveau de l’équipe. Je me suis dit : je vais aller le chercher, ce petit, et mieux le connaître, parce qu’intuitivement je sentais qu’il avait quelque chose. Je le voyais, à l’entraînement, se donner

PHOTOS : JEAN PICA

VSD. Racontez-nous votre rencontre. Gauthier Grumier. Quand je suis arrivé à l’Insep (Institut

, KEMPINAIRE/DPPI

Depuis que Laura Flessel a épaulé Gauthier Grumier (ci-dessus), le jeune espoir a largement tenu ses promesses. En 2009, il a été sacré numéro un mondial de sa discipline.

29/10/10 1:37:16


L’aventure Sport

LES ÉTOILES

DU SPORT

Pour la gagne

Double championne olympique, six fois championne du monde, la Française née en Guadeloupe aligne un palmarès impressionnant. Seul regret pour cette passionnée, son élimination en quarts de finale, aux JO de Pékin, par la Chinoise Li Na.

Drôles de lames Laura Flessel parrainait GAUTHIER GRUMIER aux Étoiles du sport 2002. À l’occasion des Championnats du monde d’escrime, VSD leur a demandé de recroiser le fer.

T

ata est en retard, comme d’habitude ! » Gauthier Grumier, en tête de la Coupe du monde 2010 d’escrime, immense dans sa veste d’épéiste, attend Laura Flessel, double championne olympique en 1996. Et quand Tata, son ex-marraine des Étoiles du sport, débarque, le grand gamin, pince-sans-rire, la chambre franco. « T’es à la bourre, Flessel ! » À peine le temps pour la championne olympique d’enfiler sa tenue qu’une autre vanne fuse : «T’as vu ta veste ? C’est pas le blanc réglementaire… Remarque, c’est comme toi, vintage ! » Flessel éclate de rire : « Là, tu fais ton malin, mais quand je t’ai connu, t’en menais pas large, hein, le petit jeune, tout timide… » Taquinerie mise à part sur le fossé des générations (26 ans pour lui, 39 ans pour elle), on sent le binôme de fines lames Étoiles du sport cru 2002 (lire p. 56) prêt à en découdre.

PAR PATRICIA OUDIT

Complices

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RD/VSD - MILLEREAU

national du sport, de l’expertise et de la performance, NDLR), en septembre 2002, j’étais tout jeune. J’avais seulement 18 ans et je ne connaissais vraiment pas grand monde. Les filles s’entraînaient parfois avec nous et c’est de cette façon que je me suis retrouvé à tirer contre Laura, madame Laura Flessel. Quand elle m’a demandé, quelques semaines plus tard, de devenir son espoir pour les Étoiles, ça m’a fait plaisir d’être reconnu en tant que jeune plein d’avenir. Laura Flessel. Pour moi, Gauthier, c’était un vrai choix. Pendant sa première année à l’Insep, il était très introverti, dans sa bulle, effacé. C’était le seul nouveau de l’équipe. Je me suis dit : je vais aller le chercher, ce petit, et mieux le connaître, parce qu’intuitivement je sentais qu’il avait quelque chose. Je le voyais, à l’entraînement, se donner

PHOTOS : JEAN PICA

VSD. Racontez-nous votre rencontre. Gauthier Grumier. Quand je suis arrivé à l’Insep (Institut

, KEMPINAIRE/DPPI

Depuis que Laura Flessel a épaulé Gauthier Grumier (ci-dessus), le jeune espoir a largement tenu ses promesses. En 2009, il a été sacré numéro un mondial de sa discipline.

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SYLVIE BOREL

‘‘MON PÈRE, FRANCIS LE BELGE’’ Dix ans après la mort du parrain marseillais, Canal+ diffuse un téléfilm adapté de la biographie écrite par sa fille. Rencontre avec « l’héritière ». PAR JULIE GARDETT VSD. On décrit votre père

Une vie de parloir

PHOTOS : D. R. COLOMBIER/AFP - PATRICK GERDOUSSI

Incarcéré une quatrième fois en 1977, Francis Le Belge envoie cette photo à sa fille de 10 ans. Jusqu’à ses 16 ans, avant les parloirs libres, Sylvie ne verra son père que derrière une vitre.

‘‘Il me disait : « Quand on est Francis Le Belge, on ne pointe pas au chômage »’’

VSD1732D074.indd 74-75

La mort du caïd

« Je vois à la télé mon père sous ce drap blanc avec ces sangles rouges qui sort de ce bar et là, je réalise que c’est fini», se souvient Sylvie (à dr.). Dix ans après, le meurtrier court toujours.

L

e 27 septembre 2000, Francis Vanverberghe, dit Le Belge est abattu par un motard dans un café PMU de standing rue d’Artois, à deux pas de son domicile parisien des ChampsÉlysées. La mort du petit proxénète marseillais, devenu grand caïd de la French Connection dans les années soixantedix, signe, d’une certaine manière, le déclin du milieu traditionnel et de son fameux code de l’honneur. Arrêté pour proxénétisme aggravé et trafic d’héroïne, Francis Le Belge aura pas-

sé près de vingt ans derrière les barreaux. Une longue vie de parloir pour sa fille, Sylvie Borel, 43 ans, qui devra écrire une autobiographie exutoire, Mon père, Francis Le Belge1, adaptée aujourd’hui à la télévision2, pour arriver à lui pardonner et se risquer à l’aimer.

N° 1732

comme cruel et manipulateur. Comment était-il avec vous ? Sylvie Borel. On me dit que mon père a été un grand homme. Je réponds : non, c’était un grand voyou. Il n’a jamais donné personne. En revanche, ce n’était pas un bon père, c’est évident, et certainement pas un bon mari pour ma mère. Sa vie publique a pris le dessus et l’a rendu violent. Quand j’avais 4 ans, il m’a demandé de m’agenouiller pour lui embrasser les pieds. Lorsque j’étais adolescente, il m’a lancé : « Tu as un beau visage, mais tu es trop grosse. » Pendant des années, j’ai souffert d’anorexie et de boulimie. Mon père a été mon premier amour. J’aimais sa façon de parler et sa prestance. Je l’ai aimé autant que je l’ai détesté. VSD. C’est difficile d’être la fille de Francis Le Belge ? S. B. Quand il y a une tuerie à Marseille, je suis sollicitée par la presse. Quoi que je fasse, je ne serai jamais comme tout le monde. Je suis allée à son enterrement et, là, tout le monde a su qu’il avait une fille. Tout ce que j’avais construit s’est écroulé. J’ai perdu mon cabinet d’orthopédie car les gens avaient peur de moi. J’ai fait une tentative de suicide. D’autres me regardaient avec des dollars dans les yeux. Je ne suis l’héritière de rien, sauf du nom, Vanverberghe. Je n’en ai

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SYLVIE BOREL

‘‘MON PÈRE, FRANCIS LE BELGE’’ Dix ans après la mort du parrain marseillais, Canal+ diffuse un téléfilm adapté de la biographie écrite par sa fille. Rencontre avec « l’héritière ». PAR JULIE GARDETT VSD. On décrit votre père

Une vie de parloir

PHOTOS : D. R. COLOMBIER/AFP - PATRICK GERDOUSSI

Incarcéré une quatrième fois en 1977, Francis Le Belge envoie cette photo à sa fille de 10 ans. Jusqu’à ses 16 ans, avant les parloirs libres, Sylvie ne verra son père que derrière une vitre.

‘‘Il me disait : « Quand on est Francis Le Belge, on ne pointe pas au chômage »’’

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La mort du caïd

« Je vois à la télé mon père sous ce drap blanc avec ces sangles rouges qui sort de ce bar et là, je réalise que c’est fini», se souvient Sylvie (à dr.). Dix ans après, le meurtrier court toujours.

L

e 27 septembre 2000, Francis Vanverberghe, dit Le Belge est abattu par un motard dans un café PMU de standing rue d’Artois, à deux pas de son domicile parisien des ChampsÉlysées. La mort du petit proxénète marseillais, devenu grand caïd de la French Connection dans les années soixantedix, signe, d’une certaine manière, le déclin du milieu traditionnel et de son fameux code de l’honneur. Arrêté pour proxénétisme aggravé et trafic d’héroïne, Francis Le Belge aura pas-

sé près de vingt ans derrière les barreaux. Une longue vie de parloir pour sa fille, Sylvie Borel, 43 ans, qui devra écrire une autobiographie exutoire, Mon père, Francis Le Belge1, adaptée aujourd’hui à la télévision2, pour arriver à lui pardonner et se risquer à l’aimer.

N° 1732

comme cruel et manipulateur. Comment était-il avec vous ? Sylvie Borel. On me dit que mon père a été un grand homme. Je réponds : non, c’était un grand voyou. Il n’a jamais donné personne. En revanche, ce n’était pas un bon père, c’est évident, et certainement pas un bon mari pour ma mère. Sa vie publique a pris le dessus et l’a rendu violent. Quand j’avais 4 ans, il m’a demandé de m’agenouiller pour lui embrasser les pieds. Lorsque j’étais adolescente, il m’a lancé : « Tu as un beau visage, mais tu es trop grosse. » Pendant des années, j’ai souffert d’anorexie et de boulimie. Mon père a été mon premier amour. J’aimais sa façon de parler et sa prestance. Je l’ai aimé autant que je l’ai détesté. VSD. C’est difficile d’être la fille de Francis Le Belge ? S. B. Quand il y a une tuerie à Marseille, je suis sollicitée par la presse. Quoi que je fasse, je ne serai jamais comme tout le monde. Je suis allée à son enterrement et, là, tout le monde a su qu’il avait une fille. Tout ce que j’avais construit s’est écroulé. J’ai perdu mon cabinet d’orthopédie car les gens avaient peur de moi. J’ai fait une tentative de suicide. D’autres me regardaient avec des dollars dans les yeux. Je ne suis l’héritière de rien, sauf du nom, Vanverberghe. Je n’en ai

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VSD 1732 du 4 au 10 novembre 2010