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BEL : 2,80 € - CH : 5,50 FS - CAN : 8 $C – A : 3,60 € - D : 3,60 € - ESP : 3,20 € – GR : 3,20 € - ITA : 3,20 € – LUX : 2,80 € – NL : 3,30 € - PORT.CONT. : 3,20 € –DOM : Avion : 4 € – Maroc : 30 DH – Tunisie : 4,200 TDU - Zone CFA Avion : 3 000 CFA - Zone CFP Avion : 950 CFP. photos : elliott press - benjamin thouard

l’actu en

PHOTOS

Nadal couronné / LAgerfeld épinglé / Pélican mazouté

le premier hebdo d’information du week-end Après le drame de l’A4

les Nouveaux

braqueurs Armes de guerre,

Thierry Henry et sa fiancée Andrea... à portée de main.

mitraillages... Ils font peur. Enquête Tyler, 15 ans

Il a surfé LA plus grosse vague du monde

Andrea, Estelle, Wahiba et les autres...

Femmes des bleus Elles, au moins, elles y croient !

vsd.fr 2,40e N° 1711 - Du 9 au 15 juin 2010


ÉpOqueREportage

bilderberg

la réunion secrète

P

La station balnéaire de Sitges, près de Barcelone, a accueilli, du 3 au 7 juin, le groupe Bilderberg, qui conviait l’élite de la politique et de la finance mondiale. Par Antoine de Tournemire

our un peu, Bilderberg ferait ­passer Davos pour une réunion Tupperware. Ce sommet, qui ­réunit des responsables de multinationales, des ministres, des têtes couronnées et des économistes, exclusivement sur invitation, est si sélect que, malgré son demi-siècle d’histoire, le grand public ignore jusqu’à son nom. D’aucuns mettent en doute son existence même tandis que d’autres l’imaginent comme un hybride du G20, de la World Company et du Spectre, la société criminelle secrète que combat James Bond. Pourtant, Bilderberg existe bel et bien, malgré tous les efforts déployés pour qu’il ne soit pas connu. Pour en avoir le cœur net, direction ­Sitges, près de Barcelone, où s’est tenue l’édition 2010. En ce jeudi 3 juin au matin baigné du ­soleil méditerranéen, l’imposante présence des Mossos d’Esquadra – les gardes mobiles ­espagnols – qui veillent sur l’entrée de l’allée de l’hôtel Dolce est bien réelle. Camions et 18

­hélicoptères de la police, inspecteurs en civil et, au large, des vedettes de la Guardia civil et des douanes escortées de Zodiac noirs chargés de commandos de marine, sont autant de preuves qu’il se passe quelque chose d’exceptionnel dans cette petite ville. Et ce n’est pas le ballet des ­limousines noires autour du complexe aux ­allures de ­bunker blanc qui dissipera les doutes.

créé en 1954, en pleine guerre froide Au loin, l’hôtel Dolce, doté de cinq cents chambres, a été intégralement réservé pour les cent vingt participants du Bilderberg. Un nom ­emprunté à l’hôtel néerlandais où s’est tenue la première réunion, en 1954. À l’époque, en pleine guerre froide, il s’agissait de rapprocher l’Amérique du nord et l’Europe pour ­lutter contre l’Union soviétique. Depuis, une fois par an, le prince ­Bernhard des Pays-Bas – remplacé depuis par sa fille, la reine Béatrix – et le banquier milliar-

daire David Rockefeller, épaulé par l’ancien ­ministre des Affaires étrangères de Nixon, Henry Kissinger, réunissent les pontes des multinationales des secteurs de l’énergie à l’assurance, des ministres, des patrons d’organisations internationales comme l’Otan, etc. On compte même des hommes de médias. Pourtant, aucune information ne sort de ces réunions ­secrètes, ni sur les ­participants ni sur les débats. Pour en savoir plus, mieux vaut s’adresser à ­Daniel Estulin, l’auteur du best-seller sur ­Bilderberg *, qui enquête depuis dix ans, et disposerait de taupes parmi les participants et le personnel des hôtels. Il croit savoir que Bill Gates et la reine Sofia d’Espagne sont à Sitges. D’autres noms circulent : ceux de José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, Herman van ­Rompuy, le président du Conseil européen ou la chancelière allemande Angela Merkel. Jean-Claude Trichet, le directeur de la Banque centrale européenne (BCE), était là aussi, en VSD N° 1711 DU 9 AU 15 JUIN 2010




Zapatero a fait un discours ‘‘ politique plat. Des bilderbergs l’auraient pris de haut…» ’’ Daniel Estulin, auteur

Le choc des cultures Une centaine d’altermondialistes mani­festaient à l’entrée de ­l’hôtel Dolce pour ­dénoncer le « complot » Bilderberg. Dans une des limousines, serait-ce Jean-Claude Trichet, le directeur de la Banque centrale européenne ?

­ abitué. De ­dignes successeurs de Bill Clinton, de h Tony Blair ou de David Cameron ­venus lors des ­sessions précédentes. Christine Lagarde, ministre de l’éco­nomie, et Dominique Strauss-Kahn, patron du FMI, présents l’an dernier, n’ont pas pu venir. Et ces dernières années, des Français tels que ­Bernard Kouchner, Pascal Lamy (OMC), Jean-François Copé, Xavier Bertrand ou le ­directeur général du Nouvel Observateur, Denis Olivennes, ont participé à ce sommet.

une certaine liberté de ton Pour ouvrir les débats, le Premier ministre ­espagnol, José Luis Zapatero, est venu souhaiter la bienvenue aux participants, comme le fit le président Chirac lors de l’édition 2003, à ­Versailles. Hélas, « Zapatero a fait un discours politique plat, déplore Estulin. Certains l’auraient même pris de haut. » Si les bilderbergs se réunissent à huis clos, c’est, semble-t-il, justement pour éviter radicalement ces grands discours politiques et la langue de bois. C’est également dans ce but que les intervenants parlent en leur nom propre et non en celui de leur ­organisation ou de leur pays. Une liberté de ton qui ­permet, sans doute, des analyses plus fines VSD N° 1711 DU 9 AU 15 JUIN 2010

et de dégager des solutions. D’ailleurs, selon l’usage, les interventions sont elles-mêmes minutées, afin de préserver l’intensité des débats. Selon la rumeur, les débats portèrent cette ­année sur la Grèce, l’avenir de l’euro, la stratégie européenne de « sortie de crise ». Mais aussi sur le programme de l’Otan en Afghanistan, les rapports entre l’Iran et la Russie, le bilan de la « guerre contre le terrorisme ». Ou encore, les perspectives de l’économie japonaise, l’avenir du dollar et les « scénarios alternatifs ». Des questions tellement ambitieuses qu’elles font dire à Daniel Estulin que « Bilderberg est une réunion d’esprits potentiellement dangereuse, dont le but serait de centraliser le pouvoir économique ­global aux mains des multinationales ». Bilderberg serait aussi le lieu où sont choisis les futurs présidents américains et Premiers ministres britanniques. Ce que confirmerait la participation à la conférence de Bill Clinton en 1991, de Tony Blair en 1993 et celle, plus récemment, de James Cameron. En 2004, le magazine Time révélait que John Kerry avait choisi son colistier John Edwards parce qu’il avait brillé lors de la session Bilderberg en Italie. Jadis, le président John Kennedy a largement recruté les membres de son administration parmi d’anciens

photoS : ARNAUD BACH/vsd

des puissants Opacité totale. Loin de la foule, les bilderbergs arrivent à la réunion. Et s’engagent à ne rien dévoiler des débats sous peine d’exclusion.

participants de Bilderberg, et le président Carter prenait part aux réunions annuelles du groupe. Dans l’avion du retour vers Paris, un sexagénaire roux aux allures de professeur de Yale tire une valise à l’étiquette marquée d’un « B » ­majuscule – l’emblème des bilderbergs. Comment a-t-il trouvé l’édition 2010 ? D’un ton ­enjoué et avec un brin de cynisme, il répond avant de ­disparaître : « Le mieux, cette ­année, c’était la cuisine. La cuisine était fabuleuse. » J (*) La Véritable Histoire des Bilderbergers, éd. Nouvelle Terre, 2009.

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confiance. Au stade du 7-Novembre, à Radès, en Tunisie, le 30 mai, les Bleues s’enthousiasment pour leurs hommes : de g. à dr., Wahiba Ribéry, Barbara Anelka, Hayet Abidal, Jude Cissé, Sandra Evra, Aurélie Toulalan, Caroline Réveillère et ­Nadège Gallas. Sur le terrain, les équipes se neutralisent (1-1).

photos : presse sport - fife/afp - d. r.

Mondial 2010

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femmes l’autre


en couverture

des bleus équipe de france Pas encore célèbres, mais déjà très motivées, elles vont enflammer les tribunes. Jusqu’en finale ? Par Silvère Beau

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D. R.

ÉpOqueenquête

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maxppp

20 mai 2010, villiers-sur-Marne (94)

Dans cette affaire qui a coûté la vie à la jeune policière Aurélie Fouquet, Malek Khider (grande photo) est le seul membre du commando à avoir été arrêté. Ses complices restent introuvables.

Villiers-sur-Marne, Marseille…

Qui sont ces nouveaux Braqueurs ? Très bien organisés, lourdement armés et prêts à l’affrontement avec la police, ces malfaiteurs agissent comme des commandos paramilitaires.  Par Jérôme Pierrat

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WEEK-ENDcinéma

jessica biel

le bonus sexy

de l’agence tous risques

L’ADAPTATION DE LA SÉRIE CULTE LANCE LA SAISON DES BLOCKBUSTERS ESTIVAUX. RENCONTRE AVEC 46


CELLE QUI A MIS LE FEU À HOLLYWOOD. De notre correspondant à Los Angeles, Hervé Tropéa

corbis outline

DE LA SUITE DANS LES IDÉES Enfant, Jessica Biel voulait être chanteuse. Si, à 28 ans, elle n’a toujours pas concrétisé son rêve, elle se console en ­devenant l’une des ­actrices les plus prisées ­du moment.

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WEEK-ENDL’INTERVIEW CINÉMA

Richard

Gere ‘‘JE N’AI

JAMAIS EU PEUR DE VIELLIR’’

L’ACTEUR ET PRODUCTEUR D’HATCHI EST ENTRÉ

50

VSD101711_ITV CULTURE.indd 50-51

PHOTOS : PRINCE/JBG PHOTO/STARFACE – J. ANGELILLO/NEWSCOM/SIPA – BCA/RUE DES ARCHIVES – D.R.

L’EXPÉRIENCE DU CHAOS En 1984, Coppola tente de recréer l’atmosphère d’un club de jazz durant la prohibition, dans Cotton Club. Miné par les problèmes, le film est un désastre financier.

HATCHI Tous les soirs, un chien accueille son maître à sa descente du train. Lorsque le maître meurt, le chien continue de l’attendre. Inspiré d’une histoire vraie (en salles).

OBAMA EN CHINE En novembre, Barack Obama a rencontré le président chinois Hu Jintao. Un événement qui n’a pas échappé à Richard Gere, fervent partisan de la cause tibétaine.

> J’ai produit Hatchi parce que l’histoire me

> Je suis né en 1949. Quatre ans après la fin de la

fascinait. Je savais comment la traiter. Peu m’importait que mon personnage soit secondaire. Depuis Faussaire, l’un de mes films préférés, je suis ami avec Lasse Hallström. J’aime son oreille. Il sait trouver la musique idéale pour qu’un film sonne juste. > Avec Terrence Malick, j’ai été à rude école. Dans Les Moissons du ciel *, il m’a donné mon premier grand rôle. L’expérience fut délicate, car il n’arrivait jamais à expliquer ce qu’il voulait. Même si les choses étaient très claires dans son esprit. Il n’était pas un grand communicant, il fallait donc s’abandonner à lui. J’ai vécu une autre expérience très formatrice, bien plus tard, avec Robert Altman sur Docteur T et les femmes. Il nous donnait l’illusion de travailler dans un chaos total alors que tout était réglé. > Le vrai chaos, je l’ai connu sur Cotton Club. À l’époque, Francis Ford Coppola allait très mal. Comme il n’écrivait plus, on n’avait même pas de scénario ! Donc, tous les jours, il improvisait entre deux crises avec des producteurs récalcitrants. On se demandait comment toutes ces scènes allaient faire un film montrable. Quand j’ai vu le résultat, je me suis rendu compte à quel point Coppola était un génie. Récemment, j’ai revu quelques extraits du film sur YouTube. Il a plutôt bien vieilli. > J’essaie de prendre chaque journée comme si c’était la dernière. Comme nous sommes supposés vivre centenaires, la plupart des gens pensent avoir le temps de faire les choses. Il faut engager dans le moindre de nos actes la réalité de la vie. Tout ce qui est né doit mourir. Qui sait ce qu’il va m’arriver après notre rencontre ? Vais-je me faire écraser par une voiture en sortant de l’hôtel ? > Je n’ai jamais eu peur de vieillir. Je suis à l’aise dans ma soixantaine. Je suis toujours étonné par l’angoisse qu’éprouvent certains à passer le cap des 50 ans. Comme s’ils ne pouvaient plus rien changer à leur vie. Or, justement, l’essence de celleci réside dans l’expérimentation, quel que soit l’âge.

Seconde Guerre mondiale, Dachau et Auschwitz. Toute cette folie… Je ne suis pas sûr que le monde ait radicalement changé. L’homme est toujours aussi dangereux pour lui-même. Il se produit des horreurs sur cette planète, et nous détournons les yeux. En 2004, le tsunami en Asie a suscité un immense élan de générosité, à travers le monde. Pourquoi ne se mobilise-t-on pas autant pour l’Afrique ? > Nous devons nous mobiliser contre le sida. Nous ne prenons pas la mesure de ses ravages en Afrique. Il ne suffit pas Le d’éradiquer la maladie en pessimisme acheminant des médicaet le ments, mais de changer des cynisme cultures, des sociétés. sont mes > Je n’ai jamais perdu pires courage. Mes engagements ennemis sont trop profonds. Le pessimisme et le cynisme sont mes pires ennemis car ils sont fondés sur l’ignorance de l’autre. > Barack Obama est admirable. Depuis sa prise de fonction, il privilégie le dialogue, sans ostracisme. La non-violence est un long chemin parsemé d’embûches. Mais les changements qu’elle engendre sont durables. Le jour où les rapports humains cesseront d’être soumis à la domination, le monde ira mieux. > Lorsque Obama est allé en Chine l’année dernière, j’ai d’abord été surpris. Puis, comme le dalaï-lama, j’ai compris son point de vue. Obama veut nouer des relations les plus saines possibles avec tout le monde. Lors de sa visite, il a eu le courage d’évoquer les droits de l’homme. Je pense que ce voyage a été très instructif pour lui. Il lui a permis de comprendre à quel point le Parti Communiste chinois n’accepte ni compromis ni dialogue. À présent, ses yeux sont ouverts. 쐍

‘‘

’’

(*) Le film ressort en salles, le 16 juin.

DANS LA SOIXANTAINE AVEC DÉTERMINATION ET DES CONVICTIONS INTACTES.

Par Olivier Bousquet 51

2/06/10 12:57:54


WEEK-ENDL’INTERVIEW CINÉMA

Richard

Gere ‘‘JE N’AI

JAMAIS EU PEUR DE VIELLIR’’

L’ACTEUR ET PRODUCTEUR D’HATCHI EST ENTRÉ

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PHOTOS : PRINCE/JBG PHOTO/STARFACE – J. ANGELILLO/NEWSCOM/SIPA – BCA/RUE DES ARCHIVES – D.R.

L’EXPÉRIENCE DU CHAOS En 1984, Coppola tente de recréer l’atmosphère d’un club de jazz durant la prohibition, dans Cotton Club. Miné par les problèmes, le film est un désastre financier.

HATCHI Tous les soirs, un chien accueille son maître à sa descente du train. Lorsque le maître meurt, le chien continue de l’attendre. Inspiré d’une histoire vraie (en salles).

OBAMA EN CHINE En novembre, Barack Obama a rencontré le président chinois Hu Jintao. Un événement qui n’a pas échappé à Richard Gere, fervent partisan de la cause tibétaine.

> J’ai produit Hatchi parce que l’histoire me

> Je suis né en 1949. Quatre ans après la fin de la

fascinait. Je savais comment la traiter. Peu m’importait que mon personnage soit secondaire. Depuis Faussaire, l’un de mes films préférés, je suis ami avec Lasse Hallström. J’aime son oreille. Il sait trouver la musique idéale pour qu’un film sonne juste. > Avec Terrence Malick, j’ai été à rude école. Dans Les Moissons du ciel *, il m’a donné mon premier grand rôle. L’expérience fut délicate, car il n’arrivait jamais à expliquer ce qu’il voulait. Même si les choses étaient très claires dans son esprit. Il n’était pas un grand communicant, il fallait donc s’abandonner à lui. J’ai vécu une autre expérience très formatrice, bien plus tard, avec Robert Altman sur Docteur T et les femmes. Il nous donnait l’illusion de travailler dans un chaos total alors que tout était réglé. > Le vrai chaos, je l’ai connu sur Cotton Club. À l’époque, Francis Ford Coppola allait très mal. Comme il n’écrivait plus, on n’avait même pas de scénario ! Donc, tous les jours, il improvisait entre deux crises avec des producteurs récalcitrants. On se demandait comment toutes ces scènes allaient faire un film montrable. Quand j’ai vu le résultat, je me suis rendu compte à quel point Coppola était un génie. Récemment, j’ai revu quelques extraits du film sur YouTube. Il a plutôt bien vieilli. > J’essaie de prendre chaque journée comme si c’était la dernière. Comme nous sommes supposés vivre centenaires, la plupart des gens pensent avoir le temps de faire les choses. Il faut engager dans le moindre de nos actes la réalité de la vie. Tout ce qui est né doit mourir. Qui sait ce qu’il va m’arriver après notre rencontre ? Vais-je me faire écraser par une voiture en sortant de l’hôtel ? > Je n’ai jamais eu peur de vieillir. Je suis à l’aise dans ma soixantaine. Je suis toujours étonné par l’angoisse qu’éprouvent certains à passer le cap des 50 ans. Comme s’ils ne pouvaient plus rien changer à leur vie. Or, justement, l’essence de celleci réside dans l’expérimentation, quel que soit l’âge.

Seconde Guerre mondiale, Dachau et Auschwitz. Toute cette folie… Je ne suis pas sûr que le monde ait radicalement changé. L’homme est toujours aussi dangereux pour lui-même. Il se produit des horreurs sur cette planète, et nous détournons les yeux. En 2004, le tsunami en Asie a suscité un immense élan de générosité, à travers le monde. Pourquoi ne se mobilise-t-on pas autant pour l’Afrique ? > Nous devons nous mobiliser contre le sida. Nous ne prenons pas la mesure de ses ravages en Afrique. Il ne suffit pas Le d’éradiquer la maladie en pessimisme acheminant des médicaet le ments, mais de changer des cynisme cultures, des sociétés. sont mes > Je n’ai jamais perdu pires courage. Mes engagements ennemis sont trop profonds. Le pessimisme et le cynisme sont mes pires ennemis car ils sont fondés sur l’ignorance de l’autre. > Barack Obama est admirable. Depuis sa prise de fonction, il privilégie le dialogue, sans ostracisme. La non-violence est un long chemin parsemé d’embûches. Mais les changements qu’elle engendre sont durables. Le jour où les rapports humains cesseront d’être soumis à la domination, le monde ira mieux. > Lorsque Obama est allé en Chine l’année dernière, j’ai d’abord été surpris. Puis, comme le dalaï-lama, j’ai compris son point de vue. Obama veut nouer des relations les plus saines possibles avec tout le monde. Lors de sa visite, il a eu le courage d’évoquer les droits de l’homme. Je pense que ce voyage a été très instructif pour lui. Il lui a permis de comprendre à quel point le Parti Communiste chinois n’accepte ni compromis ni dialogue. À présent, ses yeux sont ouverts. 쐍

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(*) Le film ressort en salles, le 16 juin.

DANS LA SOIXANTAINE AVEC DÉTERMINATION ET DES CONVICTIONS INTACTES.

Par Olivier Bousquet 51

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1/ VIVIFIANT After Eight en sucettes, servies à – 12 °C. 2/ FONDANT Roulé de carpaccio de bœuf et parmesan, vinaigrette au Viandox. 3/ PéTILLANT Gelée de Ricqlès au siphon et carpaccio de fraises. 4/ MOELLEUX Cœur de saumon confit à la réglisse et aux zestes d’orange. Recettes de Pierre Augé

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WEEK-ENDÀ TABLE

Mangez DE L’ENTRÉE AU DESSERT

À l’approche de l’été, rien de tel que des sensations de fraîcheur pour exalter les saveurs et booster le goût. à vous de choisir la bonne technique. Par Philippe Boé

VSD n° 1711 du 9 au 15 juin 2010

photos : Mathilde de l’écotais/Pôle nord/Éd. Minerva

L

e froid a cette incroyable faculté de rehausser les saveurs d’un plat et d’en décupler les arômes. Ainsi, un gaspacho ou un ceviche (poisson cru mariné) doivent impérativement être dégustés très frais pour en apprécier le caractère tonique. La température doit descendre suffisamment bas, en dessous de 5 °C (froid positif). Mais, attention, les températures glacées (froid négatif) peuvent tout aussi bien anesthésier ces mêmes parfums. Dans certains cas, cependant, servir des préparations entre – 12 °C et – 14 °C, comme une glace ou un sorbet, permet d’accroître l’intensité des parfums. Voilà toute la difficulté de l’exercice : connaître avec précision les bonnes températures pour faire de cette sensation de fraîcheur un formidable atout, et non une faute de goût. Un défi que Pierre Augé vient de relever dans son premier livre, Pôle nord*. Révélé au grand public grâce à l’émission « Top chefs », diffusée en mars dernier sur M6, ce jeune chef, installé désormais sous le soleil du Languedoc, à Béziers (Au pauvre Jacques, 04.67.30.23.71), a d’abord œuvré au Murano, puis à l’Ice Kube Hotel, à Paris. C’est ici, dans le fameux « igloo » Ice Kube, où les clients boivent leur vodka dans des verres eux aussi en glace naturelle, que Pierre Augé a conçu sa première carte polaire. Une expérience que cet ancien disciple d’Yves Camdeborde et de Pierre Gagnaire nous livre, aujourd’hui, à travers quarante-huit recettes, toutes plus givrées les unes que les autres. Comme ce cocktail d’orange sanguine et de carotte au vinaigre de

LUDIQUE Gambas en persillade et trio coloré de pipettes au jus de bouillabaisse, huile de basilic et coulis de tomates.

xérès, dans lequel on glisse des glaçons de betterave-cassis, qui apportent une note fruitée à l’ensemble. Dans les cubes de lentilles en gelée de lard fumé, le principe du glaçon est repris mais, cette fois, c’est directement sur la langue que les graines glacées fondent. Dans les lollipops de bœuf, Pierre Augé propose une version carnée de l’esquimau, avec des bâtonnets de filet de bœuf préalablement badigeonnés de chutney au piment d’Espelette et placés au congélateur pendant trente minutes.

foie gras, huître, caillé de brebis ou avocat Plus au sud, à 160 kilomètres de là, dans son restaurant El Bulli, Ferran Adria réduit du parmesan en une poudre cristallisée et glacée qui, à la façon d’un flocon de neige, fond et s’évanouit sur la langue. Dans son quinoa de foie gras, ce dernier est mixé à cru dans un Pacojet (mixer) pendant douze secondes, très précisément. Juste avant qu’il ne se transforme en glace. Des petites particules glacées de foie gras, excessivement légères et aériennes, reconstituent en bouche le goût, sans aucune sensation de gras. Dans la glace au piquillos ou le sorbet au caviar du très inventif artisan glacier ariégeois Philippe Faur (à Saint-Girons, 05.61.04.88.60), comme dans le désormais célèbre sorbet à l’huître ou dans la glace au caillé de brebis de Claude Colliot (à Paris 4e, 01.42.71.55.45), les produits révèlent des arômes beaucoup plus puissants et plus nets que s’ils étaient servis chauds. Parce qu’ils donnent un véritable coup de fouet aux plats qu’ils accompagnent, sorbets et glaces ne sont plus cantonnés à la carte des desserts des restaurants, mais cuisinés comme des compositions salées à part entière. Célèbre à Deauville, l’artisan glacier Martine Lambert ne s’y prend pas autrement. Dans son dernier livre, Délices glacés, écrit avec David Batty (éd. Solar), elle dévoile des sorbets à l’avocat, au concombre ou à la courgette et au parmesan. Des glaces ou des sorbets que l’on peut désormais confectionner à la maison, grâce à la dernière turbine à glace fabriquée par l’italien De’Longhi, avec sa double cuve réfrigérée qui permet de préparer simultanément un sorbet salé et une glace sucrée. J (*) Pôle nord, 48 recettes givrées de Pierre Augé, Minerva, 29 e.

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WEEK-ENDSPORT

Tyler Larronde, 15 ans

‘‘J’AI SURFÉ LE MONSTRE’’

PHOTOS : FRANCK BERTHUOT - BENJAMIN THOUARD - JULIEN CHATELIN/FEDEPHOTO

D

ébut décembre 2009, à Maui, le monstre Jaws sort de sa léthargie. La vague mythique d’Hawaii retrouve sa férocité légendaire en alignant des murs d’eau à un rythme métronomique. Pour Michel Larronde, pionnier du « tow in » (surf tracté) et premier Européen à surfer Jaws, en 1995, l’occasion est trop belle d’aller voir de plus près, avec son fils Tyler et quelques amis. « Ça faisait trois ans qu’on n’avait pas vu ça. On s’est fait quelques vagues et, quand j’ai demandé “à qui le tour ?”, Tyler a levé le bras. On s’est tous regardés, stupéfaits. Quand il s’est lancé, on était morts de trouille. Il était à l’aise, mais il avait vraiment l’air d’un enfant. J’étais très ému. À chaque fois que j’y pense, j’ai une boule en travers de la gorge. » Pour le surfeur de 15 ans, 50 kilos tout mouillé, c’est une entrée dans la cour des grands : « C’était ma première fois en tow in dans le gros, c’était super-intense. Mais j’ai quand même un peu paniqué quand j’ai cru me prendre la vague de derrière. » Des sensations fortes que Tyler s’empresse de retrouver. Le jour de Noël, l’ado est prêt à tester son nouveau joujou, une planche « spéciale Jaws » que son père vient de fabriquer. Ça tombe bien, un gros « swell » (houle) s’annonce. À midi, Tyler dévale du 20 pieds (soit 7 mètres) avec une aisance qui hallucine les pros du spot. Dès le lendemain, la vidéo de l’exploit tourne en boucle sur Internet. « Il ne voulait plus s’arrêter, comme ces gamins qui courent à la récré. Cet hiver, il a shooté comme un “ouf”, il a fait 120-140 vagues à Jaws et ridé au-delà des 20 pieds, commente fièrement Michel. Le seul problème, c’est sa cage thoracique, moins developpée que celle d’un adulte. De ce fait, il a moins de réserve de souffle s’il tombe. Mais il a l’avantage du poids, car les gars lourds ont plus de mal à remonter malgré le gilet de sauvetage que l’on doit tous porter. » Vu le petit gabarit de Tyler, la prouesse fait des envieux. « Après, tous mes potes voulaient surfer à Jaws », s’amuse-t-il. Un engouement

AUSSI DOUÉ QUE SON PÈRE, LE FILS DU SURFEUR MICHEL LARRONDE AIME LES SENSATIONS FORTES. ET LES VAGUES GÉANTES.

Par Myriam André

LES LARRONDE En haut : Le fils Tyler surfe Teahupoo, à Tahiti, une des plus grosses vagues de la planète. C’est la préférée du jeune athlète. Ci-contre, le père, Michel, dans son atelier de Maui, où il fabrique les planches de sa propre marque, Makila.

qui ne fait pas l’unanimité chez les surfeurs. Son père, accusé d’inconscience, se défend : « C’est un appel de l’océan qui s’est fait naturellement. » Le Biarrot, qui a passé la moitié de sa vie à Hawaii avant de se réinstaller au Pays basque, sait pourtant de quoi il parle. Quant à Tyler, c’est comme s’il était né sur une planche de surf, avoue son père : « Avec sa maman, qui est aussi surfeuse, on allait se baigner dans le lagon. Ici, l’école a lieu le matin, donc à 15 heures, on se retrouvait à la plage pour s’entraîner. » Contrairement à une idée reçue, il n’y a pas que des grosses vagues, à Hawaii, chacun peut choisir leur taille en fonction de son niveau. Tyler participe à 6 ans à de petites compétitions locales à Maui, ce qui lui vaut d’être remarqué par quelques sponsors, comme Rip Curl. Cette année, il a remporté le championnat junior de Maui.

SON RÊVE : DEVENIR PRO Derrière ses airs d’ado timide, Tyler sait ce qu’il veut. Ce qu’il aime ? Vivre en osmose avec la nature. Quand il ne surfe pas, il pêche le long de la côte, ou en mer. Passionné par les fonds sous-marins, il connaît tous les poissons et les recoins du reef. Quand il avait 9 ans, « Thalassa » a même réalisé un reportage sur ce gamin singulier. À l’époque, il était dans une école tenue par un Hawaiien, dont toute l’éducation portait sur la préservation de l’environnement. Il passait ainsi le cours de sciences naturelles en pirogue, à ramasser des échantillons de corail, qu’il observait ensuite au microscope. Pas étonnant qu’aujourd’hui il protège son île et fasse partie des « chiens de garde » de l’environnement. Cet été, il devra faire ses preuves face à des « vieux » de 18 ans lors de deux compétitions junior, en France et en Espagne. « Ces gamins ont les dents longues et le niveau francais devient super-bon », constate Michel. Tyler a peut-être encore beaucoup à apprendre mais il n’a qu’un but : devenir professionnel. Entre les compétitions, il retrouvera son clan à Biarritz, ses cousins et sa bande de potes pour s’éclater. Et surfer, évidemment. 쐍

C’était ma première ‘‘ fois. Et j’ai quand même un peu paniqué ’’ Tyler

ENFANT DE LA VAGUE. Tyler, sur Jaws, suit les traces de son père. En 1995, Michel Larronde avait été le premier Européen à surfer la grosse vague d’Hawaii en tow in.

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WEEK-ENDSPORT

Tyler Larronde, 15 ans

‘‘J’AI SURFÉ LE MONSTRE’’

PHOTOS : FRANCK BERTHUOT - BENJAMIN THOUARD - JULIEN CHATELIN/FEDEPHOTO

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ébut décembre 2009, à Maui, le monstre Jaws sort de sa léthargie. La vague mythique d’Hawaii retrouve sa férocité légendaire en alignant des murs d’eau à un rythme métronomique. Pour Michel Larronde, pionnier du « tow in » (surf tracté) et premier Européen à surfer Jaws, en 1995, l’occasion est trop belle d’aller voir de plus près, avec son fils Tyler et quelques amis. « Ça faisait trois ans qu’on n’avait pas vu ça. On s’est fait quelques vagues et, quand j’ai demandé “à qui le tour ?”, Tyler a levé le bras. On s’est tous regardés, stupéfaits. Quand il s’est lancé, on était morts de trouille. Il était à l’aise, mais il avait vraiment l’air d’un enfant. J’étais très ému. À chaque fois que j’y pense, j’ai une boule en travers de la gorge. » Pour le surfeur de 15 ans, 50 kilos tout mouillé, c’est une entrée dans la cour des grands : « C’était ma première fois en tow in dans le gros, c’était super-intense. Mais j’ai quand même un peu paniqué quand j’ai cru me prendre la vague de derrière. » Des sensations fortes que Tyler s’empresse de retrouver. Le jour de Noël, l’ado est prêt à tester son nouveau joujou, une planche « spéciale Jaws » que son père vient de fabriquer. Ça tombe bien, un gros « swell » (houle) s’annonce. À midi, Tyler dévale du 20 pieds (soit 7 mètres) avec une aisance qui hallucine les pros du spot. Dès le lendemain, la vidéo de l’exploit tourne en boucle sur Internet. « Il ne voulait plus s’arrêter, comme ces gamins qui courent à la récré. Cet hiver, il a shooté comme un “ouf”, il a fait 120-140 vagues à Jaws et ridé au-delà des 20 pieds, commente fièrement Michel. Le seul problème, c’est sa cage thoracique, moins developpée que celle d’un adulte. De ce fait, il a moins de réserve de souffle s’il tombe. Mais il a l’avantage du poids, car les gars lourds ont plus de mal à remonter malgré le gilet de sauvetage que l’on doit tous porter. » Vu le petit gabarit de Tyler, la prouesse fait des envieux. « Après, tous mes potes voulaient surfer à Jaws », s’amuse-t-il. Un engouement

AUSSI DOUÉ QUE SON PÈRE, LE FILS DU SURFEUR MICHEL LARRONDE AIME LES SENSATIONS FORTES. ET LES VAGUES GÉANTES.

Par Myriam André

LES LARRONDE En haut : Le fils Tyler surfe Teahupoo, à Tahiti, une des plus grosses vagues de la planète. C’est la préférée du jeune athlète. Ci-contre, le père, Michel, dans son atelier de Maui, où il fabrique les planches de sa propre marque, Makila.

qui ne fait pas l’unanimité chez les surfeurs. Son père, accusé d’inconscience, se défend : « C’est un appel de l’océan qui s’est fait naturellement. » Le Biarrot, qui a passé la moitié de sa vie à Hawaii avant de se réinstaller au Pays basque, sait pourtant de quoi il parle. Quant à Tyler, c’est comme s’il était né sur une planche de surf, avoue son père : « Avec sa maman, qui est aussi surfeuse, on allait se baigner dans le lagon. Ici, l’école a lieu le matin, donc à 15 heures, on se retrouvait à la plage pour s’entraîner. » Contrairement à une idée reçue, il n’y a pas que des grosses vagues, à Hawaii, chacun peut choisir leur taille en fonction de son niveau. Tyler participe à 6 ans à de petites compétitions locales à Maui, ce qui lui vaut d’être remarqué par quelques sponsors, comme Rip Curl. Cette année, il a remporté le championnat junior de Maui.

SON RÊVE : DEVENIR PRO Derrière ses airs d’ado timide, Tyler sait ce qu’il veut. Ce qu’il aime ? Vivre en osmose avec la nature. Quand il ne surfe pas, il pêche le long de la côte, ou en mer. Passionné par les fonds sous-marins, il connaît tous les poissons et les recoins du reef. Quand il avait 9 ans, « Thalassa » a même réalisé un reportage sur ce gamin singulier. À l’époque, il était dans une école tenue par un Hawaiien, dont toute l’éducation portait sur la préservation de l’environnement. Il passait ainsi le cours de sciences naturelles en pirogue, à ramasser des échantillons de corail, qu’il observait ensuite au microscope. Pas étonnant qu’aujourd’hui il protège son île et fasse partie des « chiens de garde » de l’environnement. Cet été, il devra faire ses preuves face à des « vieux » de 18 ans lors de deux compétitions junior, en France et en Espagne. « Ces gamins ont les dents longues et le niveau francais devient super-bon », constate Michel. Tyler a peut-être encore beaucoup à apprendre mais il n’a qu’un but : devenir professionnel. Entre les compétitions, il retrouvera son clan à Biarritz, ses cousins et sa bande de potes pour s’éclater. Et surfer, évidemment. 쐍

C’était ma première ‘‘ fois. Et j’ai quand même un peu paniqué ’’ Tyler

ENFANT DE LA VAGUE. Tyler, sur Jaws, suit les traces de son père. En 1995, Michel Larronde avait été le premier Européen à surfer la grosse vague d’Hawaii en tow in.

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WEEK-ENDVOYAGES

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saisissant, secret et reposant  La terrasse du 230 Fifth (1), où se côtoient top models et businessmen, offre une vue ­extraordinaire sur l’Empire State Building. La Soho House (2) est un club privé dans le Meat Packing District. Calme et volupté au bar lobby de l’hôtel Mandarin (3), avec vue plongeante sur Central Park.

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w york au sommet Aux beaux jours, la Grosse Pomme se met au vert et ouvre ses terrasses en plein ciel. ItinĂŠraire pour une surprenante balade dans les hauteurs de la ville.

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VSD n° 1711 du 9 au 15 juin 2010

Photos et textes : Michel Seitboun, avec Delphine Sampic Berger

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WEEK-ENDMOTEUR

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LA TRACTION LA PLUS PUISSANTE DU MONDE Forte de 305 ch, la Focus RS ridiculisait déjà la concurrence. La RS 500 affiche 45 ch de plus. En modifiant l’échangeur air/air, le boîtier d’admission, l’échappement et l’électronique, les motoristes ont réussi à pousser le 5-cylindres de 2,5 l turbo à 350 ch à 6000 tr/min. La RS 500 établit ainsi deux nouveaux records en devenant la traction la plus puissante du monde, mais aussi la berline compacte la plus performante jamais fabriquée. Cet « avion furtif » dévore en effet le 0 à 100 km/h en 5,6 s et atteint 265 km/h (sur circuit), des chiffres pas si éloignés de ceux de la Focus WRC du Championnat du monde. On comprend mieux l’enthousiasme des amateurs de voitures de sport, d’autant que seuls cinq cents modèles seront produits ; ou plutôt cinq cent douze, puisque douze voitures supplémentaires sont destinées aux essais de la presse automobile internationale. 68

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BATMOBILE

Ford Focus RS 500 Avec son look décalé, ses

performances hors du commun et sa production en série très limitée, cette compacte musclée fascine. L’engouement est tel qu’il a fallu tirer au sort pour départager les clients ! Par Jean-Luc Moreau

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3 CÔTÉ OBSCUR La parure de la RS 500 est exclusivement noir mat, la couleur étant celle des étriers de freins, peints en rouge (1). Une plaque portant le numéro de l’exemplaire est apposée sur la console centrale (2). Malgré un traitement très sportif de l’habitacle, l’équipement est complet (climatisation, radio CD, etc.) (3).

Ces cinq cents exemplaires, numérotés, font donc l’objet de toutes les convoitises. À l’annonce du projet, avant même que le prix ne soit connu, le carnet de commandes était déjà plein. En Angleterre, où la voiture est fabriquée, huit cents demandes ont été enregistrées la première semaine, alors que le pays ne se verra allouer que cent un exemplaires. Et la situation n’est pas plus confortable en France. Cinquante-six modèles seulement sont destinés à l’Hexagone pour… huit cent cinquante clients qui se sont manifestés. Afin de ne pas faire de jaloux, Ford France a décidé de tirer au sort les futurs propriétaires. Il n’y a que deux exceptions. Une des voitures a été réservée au club Ford Cosworth (charge à lui de l’attribuer) et, enfin, l’ultime RS 500, le modèle n° 500/500, sera vendue aux enchères lors du Mondial de l’automobile, à Paris, en septembre, et le bénéfice de cette vente sera versé à une association caritative. Les autres clients se sont inscrits sur un site Internet dédié et le tirage, sous contrôle d’huissier, a eu lieu le 7 juin. Dès l’annonce des résultats, le 8 juin, les heureux élus pouvaient se rendre dans la concession Ford de leur choix pour concrétiser leur commande. En cas de défection, Ford a prévu une liste de « remplaçants », mais il y a fort à parier que même ceux qui n’ont pas l’intention de rouler en RS 500 n’abandonneront pas leur bon de commande. La rumeur prétend déjà que certains mordus seraient prêts à débourser 50 000 euros, voire plus, au lieu des 42 600 euros du prix initial, pour posséder cet obscur objet du désir. 

PHOTOS : WIECK/FORD MOTOR COMPANY

vec sa livrée noir mat, cette Ford ferait un parfait véhicule pour l’homme chauve-souris. Pourtant, la plus méchante des Focus n’a pas pour vocation de faire du cinéma. Malgré ses courbes spectaculaires, il s’agit bien d’une voiture de série, ou plus exactement de très petite série. Le constructeur américain a créé ce « monstre » pour célébrer la fin de la production de la Focus RS, la version sportive de sa berline compacte. Celleci étant directement inspirée de la voiture qui défend les couleurs de la marque en Championnat du monde des rallyes. Pour ce baroud d’honneur, il fallait donc un modèle exceptionnel et rare. Le design (y compris la peinture) a donc été développé en partenariat avec la société 3M, l’évolution mécanique a été confiée aux bons soins de Revolve Technologies, une société britannique spécialisée dans les kits hautes performances.

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LA TRACTION LA PLUS PUISSANTE DU MONDE Forte de 305 ch, la Focus RS ridiculisait déjà la concurrence. La RS 500 affiche 45 ch de plus. En modifiant l’échangeur air/air, le boîtier d’admission, l’échappement et l’électronique, les motoristes ont réussi à pousser le 5-cylindres de 2,5 l turbo à 350 ch à 6000 tr/min. La RS 500 établit ainsi deux nouveaux records en devenant la traction la plus puissante du monde, mais aussi la berline compacte la plus performante jamais fabriquée. Cet « avion furtif » dévore en effet le 0 à 100 km/h en 5,6 s et atteint 265 km/h (sur circuit), des chiffres pas si éloignés de ceux de la Focus WRC du Championnat du monde. On comprend mieux l’enthousiasme des amateurs de voitures de sport, d’autant que seuls cinq cents modèles seront produits ; ou plutôt cinq cent douze, puisque douze voitures supplémentaires sont destinées aux essais de la presse automobile internationale. 68

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Ford Focus RS 500 Avec son look décalé, ses

performances hors du commun et sa production en série très limitée, cette compacte musclée fascine. L’engouement est tel qu’il a fallu tirer au sort pour départager les clients ! Par Jean-Luc Moreau

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3 CÔTÉ OBSCUR La parure de la RS 500 est exclusivement noir mat, la couleur étant celle des étriers de freins, peints en rouge (1). Une plaque portant le numéro de l’exemplaire est apposée sur la console centrale (2). Malgré un traitement très sportif de l’habitacle, l’équipement est complet (climatisation, radio CD, etc.) (3).

Ces cinq cents exemplaires, numérotés, font donc l’objet de toutes les convoitises. À l’annonce du projet, avant même que le prix ne soit connu, le carnet de commandes était déjà plein. En Angleterre, où la voiture est fabriquée, huit cents demandes ont été enregistrées la première semaine, alors que le pays ne se verra allouer que cent un exemplaires. Et la situation n’est pas plus confortable en France. Cinquante-six modèles seulement sont destinés à l’Hexagone pour… huit cent cinquante clients qui se sont manifestés. Afin de ne pas faire de jaloux, Ford France a décidé de tirer au sort les futurs propriétaires. Il n’y a que deux exceptions. Une des voitures a été réservée au club Ford Cosworth (charge à lui de l’attribuer) et, enfin, l’ultime RS 500, le modèle n° 500/500, sera vendue aux enchères lors du Mondial de l’automobile, à Paris, en septembre, et le bénéfice de cette vente sera versé à une association caritative. Les autres clients se sont inscrits sur un site Internet dédié et le tirage, sous contrôle d’huissier, a eu lieu le 7 juin. Dès l’annonce des résultats, le 8 juin, les heureux élus pouvaient se rendre dans la concession Ford de leur choix pour concrétiser leur commande. En cas de défection, Ford a prévu une liste de « remplaçants », mais il y a fort à parier que même ceux qui n’ont pas l’intention de rouler en RS 500 n’abandonneront pas leur bon de commande. La rumeur prétend déjà que certains mordus seraient prêts à débourser 50 000 euros, voire plus, au lieu des 42 600 euros du prix initial, pour posséder cet obscur objet du désir. 

PHOTOS : WIECK/FORD MOTOR COMPANY

vec sa livrée noir mat, cette Ford ferait un parfait véhicule pour l’homme chauve-souris. Pourtant, la plus méchante des Focus n’a pas pour vocation de faire du cinéma. Malgré ses courbes spectaculaires, il s’agit bien d’une voiture de série, ou plus exactement de très petite série. Le constructeur américain a créé ce « monstre » pour célébrer la fin de la production de la Focus RS, la version sportive de sa berline compacte. Celleci étant directement inspirée de la voiture qui défend les couleurs de la marque en Championnat du monde des rallyes. Pour ce baroud d’honneur, il fallait donc un modèle exceptionnel et rare. Le design (y compris la peinture) a donc été développé en partenariat avec la société 3M, l’évolution mécanique a été confiée aux bons soins de Revolve Technologies, une société britannique spécialisée dans les kits hautes performances.

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WEEK-ENDplanète

Tag 100 % naturel Dansle quartier de la Bastille, à Paris (12e), Gabe et Jérémie ­« habillent » un mur de béton d’un tag ­naturel composé de mousse récoltée  dans un bois de la périphérie, et fixée au moyen d’une colle à base de farine, de ­bière et de sucre. « Ces actions sont ­illégales, concède Jérémie, mais je ne suis pas sûr  qu’on puisse avoir une amende pour ça… »

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les commandos

jardiniers dans la ville

Armés de bêches et de jeunes pousses, les adeptes du Guerilla Gardening s’enracinent en France. Leur objectif : mener des actions pour reverdir le paysage urbain, en toute illégalité. Par Judith Bregmann. Photos : Pierre Morel

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es marguerites qui lancent leurs pétales entre deux pavés, des tournesols qui colonisent les plates-bandes laissées à l’abandon, des violettes qui prennent le soleil dans l’interstice d’un mur, et des mousses sauvages qui dessinent des fleurs géantes sur les murs du quartier Notre-Dame, à Paris… Vous les avez peut-être croisés sur votre chemin sans y faire attention, mais ces petits morceaux de nature qui jaillissent au cœur de votre ville ne sont pas là par hasard. Les petites mains de la biodiversité sont passées par-là. Gabe, Florian, Jérémie, Cerise, Vincent et les autres sont étudiants, infirmier, ­entrepreneur, retraitée, etc. Ils vivent à Nantes, à Lyon, à Paris, à Toulouse. Ce sont les nouveaux guérilleros verts. Inspirés par le Guerilla gardening 1, le mouvement déjà ancré dans les pays anglosaxons depuis plusieurs années, ces activistes écologistes semblent bien 



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WEEK-ENDTVSD

mainmise Aprèsavoir ­« remercié » une quinzaine de voix de la station, le patron d’Europe 1 a réussi à créer, en deux ans,  une identité éditoriale, à rajeunir l’audience et à retisser des liens avec un ­public populaire.

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Focus

L

’Ena mène à tout, à condition d’en sortir, dans la « botte », si possible, c’est-à-dire parmi les quinze meilleurs. Alexandre Bompard l’a bien compris ­puisque, en 1999, il sort de la promotion ­Cyrano de Bergerac avec panache : ­quatrième. Rien ne prédestinait pourtant ce petit Savoyard à faire une grande école ; mais, très vite, il a des facilités pour les ­études. « Il était déjà brillant et travailleur, toujours premier de la classe. Il ne lâchait rien, comme au tennis », ­témoigne son ami Mickaël Bozon, chargé du partenariat et des études à la direction des sports d’Europe 1, qui l’a connu à l’âge de 5 ans, à Megève. Bertrand Meheut, le ­patron de Canal+ où Bompard est entré en 2004, surenchérit : « Alexandre a ­toujours été très déterminé. » Fort en thème, passionné par la ­Renaissance italienne et la Résistance, le jeune homme préfère étudier plutôt que de dévaler les pistes comme tous les gamins de son âge. Il suit un parcours sans faute : lycée Bertholet à ­Annecy, Sciences-Po à Paris puis l’ENA. En 2002, il choisit l’inspection générale des Finances et ­travaille au côté de JeanPierre Jouyet, futur secrétaire d’état aux Affaires européennes de Nicolas

A ex Bompard

discret tycoon

facelly/sipa

À 37 ans, le patron d’Europe 1 est pressenti pour prendre la tête de France Télévisions. Un itinéraire fulgurant pour ce surdoué du PAF, réservé et déterminé. Par Yves Quitté



Sarkozy. François Fillon, alors ministre des Affaires sociales, l’engage en 2003 comme conseiller ­technique. L’année suivante, il est repéré par Bertrand ­Meheut qui le débauche pour en faire son directeur de cabinet. Très vite, le trentenaire fait part de sa ­volonté d’« occuper une fonction opérationnelle ». Il est propulsé à la tête du pôle sports, où il renégocie les droits de la Ligue 1 de foot et contribue au ­rachat de TPS. En plus d’un solide ­réseau tissé dans les couloirs de Canal+, ce « dingue de sports » y gagne aussi le surnom de « Pentium 12 ». « Parce qu’il percute tout de suite et qu’il a toujours un temps d’avance », rapporte un proche, le tennisman Fabrice Santoro. Les journalistes qui ont travaillé sous ses ordres à ­Canal+, dont Alexandre Ruiz, aujour­d’hui M. Foot à Europe 1, ­retiennent aussi 

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la griffe du chat Par Philippe Geluck

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VSD N째 1711 du 9 au 15 juin 2010


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