Page 1

BEL : 2,80 € - CH : 5,50 FS - CAN : 8 $C – A : 3,60 € - D : 3,60 € - ESP : 3,20 € – GR : 3,20 € - ITA : 3,20 € – LUX : 2,80 € – NL : 3,30 € - PORT.CONT. : 3,20 € –DOM : Avion : 4 € – Maroc : 30 DH – Tunisie : 4 200 TDU - Zone CFA Avion : 3 000 CFA - Zone CFP Avion : 950 CFP. photos :  jim bourg/reuters – gamma – abaca – max ppp

2,40e N° 1681 - Du 11 au 17 novembre 2009

vsd.fr

FOOT DES BLEUS EN DANGER LA GROSSE PRESSION DES SPONSORS

le premier hebdo d’information du week-end

Rocancourt

Le roi de l’arnaque est de retour Millionnaire au poker

le conte de fées d’un breton à Las Vegas

Rattrapé par les affaires

C’est quoi, être Français ?

D’Adjani à levy, ils répondent Trophée Jules-Verne

Dans les coulisses d’un duel de géants

LE CLAN CHIRAC SE BAT pOUR SON HONNEUR renvoyé en justice, menacé par pasqua, l’ancien président passe à l’attaque et appelle les siens à la rescousse


événementportrait

Une concentration à toute épreuve Au cours d’une partie qui a duré dix-sept heures, le jeune homme de 25 ans, qui affronte les meilleurs au monde, n’a exprimé qu’à une seule occasion son émotion. Son impassibilité, qui commence à être légendaire, est l’un de ses meilleurs atouts.

Ce Breton termine 3e des World Series of Poker

banco pour un as ! À Las Vegas, Antoine Saout a gagné 2,3 millions d’euros. Il y a trois ans, il ne connaissait pas les règles du jeu.Par Tugdual Denis. Photos : Emmanuel Pain/Fedephoto pour VSD

12

VSD n° 1681 du 11 au 17 novembre 2009


C’est la première fois qu’un Français accède à une finale aussi prestigieuse

L

e destin d’Antoine Saout semble se forger à coups de pieds de nez. Lorsqu’il s’est inscrit sur un site de poker, en avril 2007, il n’avait jamais joué. Ensuite, en moins de trois ans, il est devenu professionnel et a accédé au challenge suprême de la discipline : la finale des World Series Of Poker, la mieux dotée de la planète. Une table de neuf joueurs où le vainqueur empoche 8,5 millions de dollars (environ 5,7 Me). Enfin, ce Breton de 25 ans vit encore chez sa mère, dans la banlieue de Morlaix (29), en Bretagne, loin de ce monde qui aime les paillettes et le bluff. Ce 6 novembre, veille de la partie la plus importante de sa vie, Antoine Saout, sa sœur, qui l’a initié au jeu sur l’ordinateur familial, et des amis assistent à la soirée organisée en son honneur au Caesars Palace, à Las Vegas. Le jeune homme et ses proches pousseront la gageure à aller en boîte de nuit après la soirée. Antoine doit pourtant rencontrer, le lendemain, ce qui se fait de mieux à l’échelle mondiale. Dont celui qu’on surnomme le « Tiger Woods » du poker, Phil Ivey, joueur charismatique ayant déjà récolté plus de 10 millions de dollars (6,7 Me) en tournois officiels.

il a arrêté ses études d’ingénieur, en 2007 À côté, Antoine Saout fait figure de nourrisson. Avant juillet 2009, ce quasiinconnu des tournois « live », s’était fait remarquer sur Internet, sous le pseudo « tonio292 », en gagnant de quelques centaines d’euros à 10 000 dollars (6 670 e). Via le Web, il se qualifie alors pour des tournois « en réel ». Sa plus grosse performance fut longtemps une somme de 5 800 euros, glanée en 2008 en Espagne. Jusqu’à ce qu’il gagne un ticket pour Las Vegas, afin de prendre part, en juillet 2009, aux qualifications du World Series Of Poker, en terminant dans les neuf premiers sur six mille cinq cents personnes. « Je n’ai pas réalisé. J’étais crevé, je venais de jouer soixante heures en une semaine. » Un contrat de sponsoring lui est vite proposé. Par le même site sur lequel il avait créé son compte, de sa chambre VSD n° 1681 du 11 au 17 novembre 2009

débuts C’est dans sa chambre d’ado qu’Antoine a disputé ses premières parties, sur Internet, voici deux ans. Il est toujours domicilié dans ce petit pavillon de la banlieue de Morlaix. au sommet Désormais, le Breton voyage de tournoi en tournoi et, comme ici, à Las Vegas, séjourne dans des palaces. Ce qui ne lui fait pas tourner la tête, même la veille d’un tournoi capital.

mansardée de Saint-Martin-des-Champs. À la clé, une enveloppe de plusieurs centaines de milliers de dollars pour participer à des tournois, dont le droit d’entrée tourne autour de 10 000 euros. Pari réussi pour celui qui avait arrêté ses études d’ingénieur en 2007, sans savoir ce qu’il ferait ensuite. Son quotidien, désormais, ce sont des tournois à Londres, à Marrakech…

À la table, rien ne semble l’atteindre Et à Vegas, donc. Plus précisément au Penn & Teller Theater de l’hôtel-casino Rio. Dans un amphithéâtre, mille cinq cents personnes venues défendre leurs favoris s’invectivent. Il est 13 heures, samedi 7, lorsque la partie commence. Elle ne s’achèvera que le lendemain à 6 heures, avant le duel final du lundi. Malgré un mauvais départ, Antoine, dont le visage impassible est l’atout majeur, va durer. À son propos, Jeffrey Pollack, le commissaire du tournoi, confie : « Il n’a pas

‘‘

Il a tout le temps l’air fatigué, renfermé sur luimême, presque mal à l’aise

’’

Léonard Truche, joueur de poker

un bon visage de joueur de poker. Il a le nec plus ultra du visage du joueur. » À 23 heures, après dix heures de jeu, il montre sa première émotion : une légère inclinaison de la tête vers l’arrière, le regard fixant un ciel imaginaire. Lui qui avait entamé la partie avec neuf millions de jetons vient d’en remporter vingtcinq. Les caméras de télévision, le monologue du speaker, l’enjeu financier, les déstabilisations des adversaires ne semblent l’atteindre. Son ami et « collègue » français, Léonard Truche, dit : « Il a tout le temps l’air fatigué, renfermé sur luimême, presque mal à l’aise. Mais au fond, c’est un mathématicien doublé d’un hyper-concentré. » En Bretagne, à l’avant-veille de son départ pour Vegas, Antoine faisait déjà preuve du même calme. « Je ne vais pas là-bas avec une stratégie particulière. Personne ne me fait peur à la table. » Chez lui, à SaintMartin-desChamps, sa chambre n’a pas changé depuis son adolescence. Un lit simple, un ordinateur, l’affiche de 8 Mile, le film d’Eminem. Seul signe de son succès : au milieu des bibelots et des BD, le fascicule de Porsche. Mordu d’automobile, le jeune homme compte s’en offrir une dès qu’il en aura la temps. À ce jour, aucun symptôme de flambe. Il a simplement offert une Peugeot 207 à sa mère, claviste au quotidien local Le Télégramme. Ce jour-là, Antoine s’excuse de ne pouvoir nous réserver la journée entière. Il doit notamment s’acheter une nouvelle valise. À l’hypermarché du coin. Le 8 novembre, à 6 heures, sur une estrade de Las Vegas, Saout, qui a vu six joueurs être éliminés, se fait sortir à son tour par le benjamin du tournoi. Un Américain de 21 ans, Joseph « Joe » Cada. Antoine regarde les écrans géants. Blême. Ses fans lui parlent dans son dos. Sa sœur lui caresse l’épaule. Les amis de Joe exultent. L’un d’eux, plus incrédule que railleur, scande, en guise d’épilogue : « Destiny, baby ! Destiny. » J 13


EN COUVERTURE INSÉPARABLES La famille est descendue de Paris à la Foire du livre de Brive-la-Gaillarde, où l’ancien président a dédicacé son livre. Ils n’ont pas logé dans leur château de Bity, mais dans un hôtel où ils ont leurs habitudes.

FACE À L’ADVERSITÉ, L’ANCIEN PRÉSIDENT RESSERRE LES RANGS AUTOUR DE LUI

LE CLAN CHIRAC PLUS UNI QUE JAMAIS Après l’annonce de son renvoi en correctionnelle, Jacques Chirac fait sa première apparition publique sur ses terres en Corrèze, suivi de près par sa femme et sa fille. VSD les a suivis, côté cour et côté jardin. Reportage de Pascale Tournier. Photos : Jacques Langevin pour VSD

14

VSD1681D014.indd 14-15

VSD N° 1681 DU 11 AU 17 NOVEMBRE 2009

VSD N° 1681 DU 11 AU 17 NOVEMBRE 2009

15

9/11/09 17:00:24


Face à l’adversité, l’ancien Président resserre les rangs autour de lui

le clan chirac plus uni que jamais Après l’annonce de son renvoi en correctionnelle, Jacques Chirac fait sa première apparition publique sur ses terres en Corrèze, suivi de près par sa femme et sa fille. VSD les a suivis, côté cour et côté jardin. Reportage de Pascale Tournier. Photos : Jacques Langevin pour VSD

VSD N° 1681 DU 11 AU 17 NOVEMBRE 2009

15


ÉVÉNEMENTSPORT

PHOTOS : YVAN ZEDDA/STUDIO ZEDDA/SEA AND CO - BENOIT STICHELBAUT/SEA AND CO

UNE COURSE CONTRE LA MONTRE Pour faire mieux que Bruno Peyron en 2005 – 50 jours, 16 h, 20 min et 4 s –, Franck Cammas sur Groupama 3 n’a pas perdu de temps en jouant la surprise d’un départ le 5 novembre.

TROPHÉE JULES-VERNE

DUEL DE TITANS POUR UN RECORD GROUPAMA 3 ET SON CONCURRENT BANQUE POPULAIRE V VONT TENTER DE BATTRE LE RECORD 20

VSD1681D.indd 20-21

VSD N° 1681 DU 11 AU 17 NOVEMBRE 2009

DU TOUR DU MONDE EN ÉQUIPAGE, DÉTENU PAR BRUNO PEYRON. VSD N° 1681 DU 11 AU 17 NOVEMBRE 2009

Par Patricia Oudit 21

9/11/09 15:14:11


ÉVÉNEMENTSPORT

PHOTOS : YVAN ZEDDA/STUDIO ZEDDA/SEA AND CO - BENOIT STICHELBAUT/SEA AND CO

UNE COURSE CONTRE LA MONTRE Pour faire mieux que Bruno Peyron en 2005 – 50 jours, 16 h, 20 min et 4 s –, Franck Cammas sur Groupama 3 n’a pas perdu de temps en jouant la surprise d’un départ le 5 novembre.

TROPHÉE JULES-VERNE

DUEL DE TITANS POUR UN RECORD GROUPAMA 3 ET SON CONCURRENT BANQUE POPULAIRE V VONT TENTER DE BATTRE LE RECORD 20

VSD1681D.indd 20-21

VSD N° 1681 DU 11 AU 17 NOVEMBRE 2009

DU TOUR DU MONDE EN ÉQUIPAGE, DÉTENU PAR BRUNO PEYRON. VSD N° 1681 DU 11 AU 17 NOVEMBRE 2009

Par Patricia Oudit 21

9/11/09 15:14:11


ÉpOquerévélations

xavier lambours pour vsd

le bad

Énigmatique L’ex-détrousseur de stars, âgé de 42 ans, est diffi­ cilement joignable et ­parle de lui souvent à la troisième personne. Face aux accusations de la réalisatrice d’Ana­ tomie de l’enfer, il se montre imperturbable et répond qu’il va bientôt publier trois livres.

24

VSD n° 1681 du 11 au 17 novembre 2009


Christophe Rocancourt et Catherine Breillat à l’heure du Règlements de comptes

mauvais polar entre boy et la cinéaste Dans son nouveau livre, la réalisatrice se dit ruinée et accuse l’ex-escroc de l’avoir arnaquée de 800 000 euros. Celui-ci lui répond et parle d’un simple prêt.  Par Sébastien Le Délézir

’homme est injoignable. On le dit à l’étranger, entre Milan et Lugano, ou bien caché chez un ami, à Paris. Il ne répond jamais au téléphone, sa messagerie est ­saturée, ou sa ligne coupée. Il bouge beaucoup, ne se montre plus dans les ­soirées. Depuis plus d’un an, il est ­séparé ­de ­l’ex-miss France Sonia Rolland, mère de sa fille Tess, 2 ans et demi. On murmure qu’il ne verserait aucune pension alimentaire, ce que ­Sonia Rolland confirme : « Je n’ai plus de contacts avec lui et je ne veux plus ­jamais en avoir. Ma fille est équilibrée, je veux la laisser en ­dehors de tout ça. » À son sujet, les langues se délient peu : ferait-il peur ? Des bruits courent : il ne se déplacerait qu’entouré de gardes du corps, posséderait deux 4x4, un train de vie de millionnaire ; il serait pourtant ­insolvable, interdit bancaire, et accumulerait les ardoises.

« Elle cite mon nom  ? Elle est folle » On finit par le trouver grâce à un de ses amis, boxeur. Christophe Rocancourt nous donne rendez-vous dans la demiheure qui suit, en homme pressé, dans un institut de soins, avenue George-V à ­Paris. Conduit par une hôtesse, nous le trouvons allongé, une serviette autour de la taille. Détendu. Comme il l’était déjà en 2006, à sa sortie de prison, après cinq ans VSD n° 1681 du 11 au 17 novembre 2009

jean-christian bourcart/rapho

L

cher en clamant haut et fort sur toutes les télés que j’étais l’homme avec un grand H, le nouveau Gabin. Elle était déjà amoureuse de Rocancourt. » Il parle souvent de lui à la troisième personne. Catherine Breillat lui propose donc un rôle dans Bad Love, le film qu’elle compte réaliser. « La montée des marches à Cannes, avec Naomi Campbell qui devait être ma partenaire, je ne l’ai pas inventée, la dédicace de son livre Bad Love* à Christophe Rocancourt, non plus. » Jouer la comédie, il connaît. Il signe alors un contrat avec la société CB Films (société de production de Catherine Breillat) pour un montant de 250 000 euros.

le grand ratage Elle voulait faire de l’arnaqueur le ­héros de son ­prochain long­métrage, un drame passionnel. Aujour­ d’hui, Catherine Breillat attaque Christophe Rocancourt pour abus de faiblesse et lui réclame plus de 800  000 euros.

de détention en Amérique du Nord. Une histoire qui commence en 1995, dès son arrivée sur le sol américain. Pendant ­quatre ans, George Mueller, chef du ­bureau d’investigation du procureur de Los ­Angeles, est sur les traces du petit « frenchy » qui se fait passer pour un Rockefeller ou le neveu de Dino de Laurentiis, pour mieux « emprunter » de grosses sommes à Polnareff, son « gros coup », et à une vingtaine de victimes, figurants, vendeurs, petits ­entrepreneurs… Fin 1998, il tombe pour trafic de passeports. Il ne se départira jamais de son flegme. Même aujourd’hui, à l’évocation du livre de Catherine Breillat, il demeure ­imperturbable : « Vous êtes sûr qu’elle cite mon nom dans ce bouquin ? Elle est folle. » Le ton est donné. « Pour bien comprendre cette histoire, il faut revenir à l’origine. C’est elle qui est ­venue me cher-

« Elle savait à qui elle avait affaire » « Au début, elle m’a fait un chèque de 250 000 euros que prévoyait le contrat du film. Les autres chèques, c’était de ­l’argent qu’elle m’avançait. En tout, ça ­représente la somme de 650 000 euros. » Il refuse de parler d’escroquerie. Explique qu’il s’agit simplement d’un prêt qu’il n’a pas encore remboursé. « J’ai déposé les chèques qu’elle m’a faits sur mon propre compte en banque. Si j’avais voulu ­l’escroquer, j’aurais procédé différemment. Elle savait très bien à qui elle avait affaire. Le mot ­escroc est marqué en gros sur mon front. Tout le monde me connaît. Quand elle a su qu’elle ne pourrait pas faire le film faute de financement, elle s’est servie de mon passé en jouant sur ma réputation. Elle n’a pas respecté nos ­accords et elle a déposé les chèques que je lui avait remis, pour la rembourser du prêt, à la banque sans me ­prévenir. Maintenant, elle en fait un livre et peut-être demain un film. Je suis une marque de fabrique. » 25


photos : keystone - coll. perso.

ÉpOquesaga

38

VSD n° 1681 du 11 au 17 novembre 2009


 la famille officielle…

En 1947, le champion embarque pour New York avec Marcel junior, dans les bras de sa mère, et René, le cadet. Le 28 octobre 1949, le boxeur meurt, à 33 ans, dans un accident d’avion.

 … et la famille recomposée

Après que Marinette eut accepté de rencontrer Édith Piaf, l’amour fou de son mari, elles sympathisèrent et la première n’hésitait pas à se rendre à Paris, chez la chanteuse, que les enfants, René, Marcel (au centre) et Paul, appelaient « tata Édith ».

il y a soixante ans disparaissait le mythique boxeur

le pacte secret des femmes de cerdan Après la mort du champion, son épouse, Marinette, et édith Piaf, sa maîtresse, ont su dépasser leur rivalité et s’entraider. Une histoire moderne.Par Maryvonne Ollivry

VSD n° 1681 du 11 au 17 novembre 2009

39


WEEK-ENDmusique

Remerciements à Castel, Paris

L’équipée sauvage De bas en haut, de gauche à droite. Assis : Johan Gentile (bassiste Mustang), Béatrice Martin (Cœur de Pirate), et Bérald (bassiste BB Brunes). Debout : Rémi Faure (lunettes noires, batteur de Mustang), Jean Felzine (chanteur des Mustang), Karim (batteur des BB Brunes). Sur et derrière le bar : Louise (bassiste Plastiscines), Marine (guitariste Plastiscines), Félix (guitariste BB Brunes), Anaïs (batteuse Plastiscines), Adrien (chanteur BB Brunes) et Katty (chanteuse Plastiscines).

BB Brunes, Plastiscines, Mustang et Cœur de Pirate

cŒURS DE rockers

ILS ONT en moyenne 20 ans ET FONT TREMBLER LA SCÈNE ROCK française. NOUS LES AVONS RÉUNIS.

52

VSD n° 1681 Du 11 au 17 novembre 2009


D

epuis quelques années, les groupes de rock français poussent comme des champignons, telle une génération spontanée. Fait nouveau, nombre d’entre eux parviennent à trouver leur public. Nous en avons sélectionné quatre, nos chouchous et, quoi qu’il en soit, les plus représentatifs de ce bouillonnement musical. Nous les avons réunis, le temps d’une séance de photos, là même où toute l’aristocratie du rock, de passage à Paris, a toujours fini ses nuits, chez Castel.

Par Christian Eudeline et Nora Sahli. Photos : Jean Picard/VSD

VSD n° 1681 Du 11 au 17 novembre 2009

histoires d’amour Issus de la vague des bébés rockers, BB Brunes et Plastiscines sortent au même moment un deuxième album. Trois ans après leurs débuts, ils ont mûri, et se réfèrent à l’amour dans le titre de leur CD. Ce n’est pas un hasard, car le rock est avant tout une histoire de passion. Les Mustang, eux, partent à l’assaut du pays avec un premier CD surf et « sixties » à souhait, lookés, bananés et prêts à en découdre. Francophone, québécoise et tatouée, Cœur de Pirate démontre, elle, que sous le cuir froufroute le velours, celui de sa voix troublante et de ses ballades sentimentales. J

53


WEEK-ENDTENDANCES

L

es stylistes ont l’habitude de désigner comme authentiques les vêtements intemporels que l’on peut reconduire d’une saison à l’autre. Ces pièces sont souvent riches d’une histoire qui s’étoffe au fil des années. C’est le cas de l’imperméable trench, de la basket Stan Smith ou du Levi’s 501. Indémodables, ils trônent dans le dressing masculin aux côtés des indispensables basiques. De l’art de bien les associer, aux trucs pour adopter le bon look, mode d’emploi pour réviser ses classiques avec élégance.

l

d

Par Hervé Borne. Illustrations : Cécile Perrin pour VSD

64

VSD n° 1681 Du 11 au 17 novembre 2009


S

on coton léger, ses épaulettes rajoutées et ses boucles permettant d’attacher l’équipement militaire séduisirent d’emblée les officiers de l’armée britannique, lors de la Première Guerre mondiale. Copié par de nombreuses armées, il est aujourd’hui largement adopté par les civils comme le vêtement de pluie idéal. Décliné en bleu marine ou en noir, il n’est jamais aussi chic qu’en beige, comme l’icône Burberry. Ne pas le choisir trop long, il est parfait au-dessus du genou, ouvert avec la martingale nouée dans le dos. En version fermée, col relevé et ceinturé, il prend vite des allures d’uniforme. L’impair ? porter une copie de Burberry avec sa fausse doublure à carreaux !

e premier « blue jean » L 1873 par Levi Straus a été créé en s et Jacob Davis qui, deux

ans plus tôt, consolider les poches avait eu l’idée de av premier 501 voit le jo ec des rivets. Le ur en 1890. Vendu à l’époque 75 cents, c’e talon de travail des m st d’abord le panin cherons, avant de de eurs et des bûvenir celui des cowboys. Aujourd’hui, si to porte, nombreux so ut le monde en nt les impairs à éviter. Trop serré, c’e st inconfortable mais rid non seulement homme ; idem s’il es icule pour un t tro Ne jamais faire un ou p court. rle rigueur on peut le co t à un jean, à la uper et le laisser s’effilocher. Le denim do it ment, mais attention s’user naturelleaux trous. Enfin, bannissez à jamais le pl une manie de mère po i de repassage, les plus zen d’entre no ule qui rend fous us.

leçon

de mode C

ette pièce essentielle obéit à différents codes, dictés notamment par son col. Morceaux choisis avec deux extrêmes. En version sportswear, une oxford « button down » (à col boutonné) ne se portera jamais avec une cravate. D’une coupe confortable sans être trop large, elle s’endosse à même la peau et se combine parfaitement à un jean ou un pantalon chino. À condition qu’elle ne soit pas trop longue, on peut même la faire dépasser d’un pull, en veillant à ce que les poignets, négligemment déboutonnés, sortent des manches. En version ville, avec un costume, le col italien s’impose. Taillée dans une belle popeline ou un twill pur coton, elle se complète d’une cravate et est toujours rentrée dans le pantalon. Côté coloris, vous ne vous tromperez jamais avec les valeurs sûres : le blanc et le rose pâle, deux succès depuis des années. VSD n° 1681 Du 11 au 17 novembre 2009

65


WEEK-ENDVOYAGES barack à frites À l’entrée de la ville, sur Connecticut Avenue, le fast-food de ­Jeffrey Gildenhorn, un élu local démocrate, affiche son soutien. odyssée ­souterraine Le métro est ­monumental. Il est interdit d’y manger ou d’y boire, sous peine d’amende.

washington réveillée par l’Obamania mémorial Cet obélisque (de 168 m) édifié en l’honneur de George Washing­ ton est dans la perspective de la Maison-Blanche. rendez-vous branché Les cafés de U-Street, au cœur du quartier noir, rassemblent la jeunesse.

74

Vsd n° 1681 du 11 au 17 novembre 2009


Renaissance de Black Broadway Café-théâtre, resto­librairie, le Busboys And Poets illustre le renouveau du quartier de U Street. On y ­revendique la mixité raciale et un soutien aux démocrates.

haute ­vigilance FBI, CIA, brigade finan­ cière, patrouil­ les à cheval ou à rollers… La capitale compte dix-sept polices différentes. Sans parler du Pentagone, avec ses 20 000 ­militaires.

Avec la nouvelle présidence, la capitale fédérale connaît un véritable réveil, et les barrières entre quartiers blancs et noirs s’estompent.  Par Sébastien Desurmont.



Photos : Jean-Claude Figenwald pour VSD

Vsd n° 1681 du 11 au 17 novembre 2009

L

e chef Michel Richard jubile. Il passe de table en table, serre des mains, étreint une chroniqueuse du Washington Post, grignote quelques tempuras de crabe avant de recommander à une tablée ses « fabulous cochonnailles ». « Vous imaginez, mes clients craquent pour le saucisson, le foie gras et les ril­ lettes, rigole-t-il dans sa barbe blanche de Père Noël. Décidément, cette ville est en train de changer ! » Et il sait de quoi il parle : ce Guingampais vit aux ÉtatsUnis depuis trente-cinq ans, dont dixsept passés à Washington. Élu meilleur cuisinier du pays en 2007, meilleur nouveau restaurant de la ville en 2008 pour son établissement Central, un fast-food chic, c’est dans son autre res­ taurant, le Citronelle, qu’est tombée en mai dernier la plus belle des distinctions de l’année 2009 : le premier dîner en tête à tête entre Barack et Michelle depuis leur installation dans la capitale fédérale. « En­ fin, en tête à tête, c’est beaucoup dire… Ils sont arrivés vers 18 heures, accompa­ gnés de quarante policiers », se souvientil. Et pendant dix jours, le maître-queux a passé ses journées à détailler le menu pour les télés du monde entier : « Crabe du Mary­land et burger de homard pour la first lady, côte de bœuf avec des frites

au beurre clarifié pour le président. En ­dessert, les amoureux ont partagé un mille-feuille de crème brûlée. »

51 % de touristes en   plus depuis un an De mémoire de Washingtonien, cela faisait des lustres que la ville n’avait pas connu une telle euphorie. Depuis l’élec­ tion d’Obama, il y a un an, le soufflé n’est pas retombé. En dépit de la crise et de la baisse de popularité du président, la très bureaucratique Washington donne l’impression de vivre – enfin ! – son renouveau. Bien sûr, avec 250 000 employés fédéraux, 100 000 lobbyistes, 40 000 avocats et 17 corps de ­police dif­ férents, elle n’affichera jamais la folie de New York (à moins de trois heures de train). Mais la fréquentation touristique a augmenté de 51 % en un an, et le New York Times l’a classée en tête des desti­ nations glamour, à (re)découvrir. À la National Gallery Of Art, l’un des plus ­riches musées du monde (entrée gra­ tuite), on vient même de retrouver les niveaux de fréquentation d’avant le 11 septembre 2001, date à partir de laquelle la capitale s’était cloîtrée dans la para­ noïa sécuritaire. Quant aux cafés, terras­ ses avec vue sur le fleuve ­Potomac et  75


WEEK-ENDTVSD

FOCUS

‘‘

suis allé Grâce au « Quiz », jen-Rouge uli Mo du dans les loges es de costuremplies de centain Très impress. ou -fr mes, de frous ses sont sionnant ! Les danseune d’entre l’u et super-rigolotes ée. elles a été sélectionn

PHOTOS : CHRISTOPHE CHEVALLIN/TF1

’’

FEUGIAM FEUGIAM VELIT A matisis senbh exstie mollut ad dl ulluptate min henismo lot ad dl ullu ptatel ullu ptate min h min henismo lorperit.

82

VSD1681D082_S084.indd

VSD N° 1681 DU 11 AU 17 NOVEMBRE 2009

82-83

VSD N° 1681 DU 11 AU 17 NOVEMBRE 2009

UN JEU DE PANEUROPÉEN Adapté de « People’s Quiz », un format britannique de la BBC, ce jeu est un gigantesque test de culture générale. Pour sélectionner les candidats, un jury, composé d’Alexia Laroche-Joubert, de Jean-Pierre Foucault et de Christophe Dechavanne, s’est donc rendu en septembre à Marseille, Brest, Lille, Metz et Paris. Plus de deux mille personnes (à partir de 16 ans) ont ainsi été interrogées. Pour décrocher son ticket pour les demi-finales, chaque impétrant devait répondre correctement à dix questions du genre : « Qui fut le premier président des États-Unis ? Quelle est la monnaie de l’Allemagne ? Quelle mer borde l’Algérie ? » Au total, 14 800 questions ont été préparées et, fait inédit, mises en ligne, dès cet été, sur le site TF1.fr afin de permettre aux intéressés de bachoter. À la clé pour le vainqueur ? 250 000 euros. C’est 쐌쐌쐌

83

5/11/09

21:08:53


WEEK-ENDTVSD

FOCUS

‘‘

suis allé Grâce au « Quiz », jen-Rouge uli Mo du dans les loges es de costuremplies de centain Très impress. ou -fr mes, de frous ses sont sionnant ! Les danseune d’entre l’u et super-rigolotes ée. elles a été sélectionn

PHOTOS : CHRISTOPHE CHEVALLIN/TF1

’’

FEUGIAM FEUGIAM VELIT A matisis senbh exstie mollut ad dl ulluptate min henismo lot ad dl ullu ptatel ullu ptate min h min henismo lorperit.

82

VSD1681D082_S084.indd

VSD N° 1681 DU 11 AU 17 NOVEMBRE 2009

82-83

VSD N° 1681 DU 11 AU 17 NOVEMBRE 2009

UN JEU DE PANEUROPÉEN Adapté de « People’s Quiz », un format britannique de la BBC, ce jeu est un gigantesque test de culture générale. Pour sélectionner les candidats, un jury, composé d’Alexia Laroche-Joubert, de Jean-Pierre Foucault et de Christophe Dechavanne, s’est donc rendu en septembre à Marseille, Brest, Lille, Metz et Paris. Plus de deux mille personnes (à partir de 16 ans) ont ainsi été interrogées. Pour décrocher son ticket pour les demi-finales, chaque impétrant devait répondre correctement à dix questions du genre : « Qui fut le premier président des États-Unis ? Quelle est la monnaie de l’Allemagne ? Quelle mer borde l’Algérie ? » Au total, 14 800 questions ont été préparées et, fait inédit, mises en ligne, dès cet été, sur le site TF1.fr afin de permettre aux intéressés de bachoter. À la clé pour le vainqueur ? 250 000 euros. C’est 쐌쐌쐌

83

5/11/09

21:08:53


la griffe du chat Par Philippe Geluck

98

VSD N째 1681 du 11 au 17 novembre 2009

VSD 1681 du 11 au 17 novembre 2009  

le premier hebdo d'information du week-end

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you