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V.O.S.T magazine

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Nov-Dec 2011 Mode & Culture

Š


V.O.S.T

©

magazine

numéro 1 nov-dec 2011 direction artistique Alexis Robardet

alexis.robardet@gmail.com

Fanny Sauvet fanny.redden@gmail.com

Lara Abdessalem lara.abdessalem@yahoo.fr

Rédacteur en chef Alexis Robardet

RédacteurS

Sarah Barbier, Manon Feldmann, Solène Morillas, Margaux Palvini, Leslie Poisson, Alexis Robardet, Fanny Sauvet

Contact

vostmagazine@gmail.com

MISE EN PAGE

Lara Abdessalem

remerciements

Julie Thébaut, Romain Laniel, Auriane Villemey - Dur à Cuir, Pascal Lièvre, Equipe Manoukian Factory Store - Plan de Campagne, Margaux Geray-Linci et à nos tout premiers lecteurs.

V.O.S.T Magazine / Marseille - Lyon - Paris 2 - V.O.S.T magazine #1


Pa r i s m o d e r o m a n o p a l k a ly o n c u lt u r e pascal lièvre beauté

é g é r i e sixties

c i n é m a musique marseillelittle dragonduràcuir

m i x t a p e v. o . s . t littérature interview

trumancapotelush

l o n g t e r m pa r k i n g d e s s o u s p h il os op h i q u e s p o o r

littlerichgirl

V.O.S.T magazine #1 - 3


4 - V.O.S.T magazine #1


EDITO

Version Originale Sous-Titrée

La génération actuelle s’inspire d’un nombre important d’éléments, de livres, de chansons, de films, de vêtements et d’arts issus de tout temps et de tout lieux. Tout se mélange, se transforme, mute, pour créer une confusion des genres propre à notre ère. Une ère singulière. Le vintage est devenu normalité, le présent s’inspire du passé et se mélange pour créer l’innovation, l’actualité, la nouveauté. Qui ne pique pas un manteau poussiéreux dans l’armoire de grandmère, ou réécoute les vieux vinyles trouvés dans un carton abandonné par Papa ? Une jupe devient une écharpe, une chemise d’homme une robe d’été et tout ça au son d’une reprise, comme « Heart of Glass » chantée par le groupe « Nouvelle Vague ».

L’Original est totalement revisité pour devenir nouveauté, une traduction propre à soi, une transformation... dans le but de rajeunir une idée, de lui redonner vie. La génération redonne vie à l’ancien, regarde en arrière pour aller de l’avant, danse le hip-hop sur un air d’opéra... V.O.S.T est une traduction de cette génération qui s’inspire de tout, scrute tous les horizons, lointains et jeunes, vieux et proches pour créer un présent rassurant et armé, face au futur flou et chaotique qui s’offre à nous. V.O.S.T rend les choses simples et accessibles. V.O.S.T nous traduit. V.O.S.T nous ressemble.

Alexis Robardet

rédacteur en chef

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PHILO Par Leslie Poisson

L a cl assification des arts et l a mode Il est certain que l’art de la mode est un domaine riche d’expression qui peut supposer une réflexion philosophique et artistique. En philosophie de l’art se pose les questions relatives à ce qui fonde les oeuvres en soi, ce qui fait qu’elles deviennent des chefs-d’oeuvre; on s’interroge sur le statut de l’artiste, on réfléchit sur ce qu’est l’art en général. Dans l’intérêt d’ériger la mode au niveau de la classification des arts tel qu’en parle les académies, nous pouvons nous interroger sur sa structure et son évolution, en somme, sa définition. Nous ne sommes pas ici pour voir la mode comme un fait de société, mais plutôt dresser le portrait artistique de la mode, loin du déterministe social. Le phénomène social de la mode comme on en trouve une définition chez Bourdieu, insisterait sur le problème de l’identité et de l’appartenance. Ainsi dans une première définition il apparaît que le domaine de la mode s’apparente au domaine des arts en général. En effet il comporte des artistes (des créateurs), un lieu d’expression (le podium est un musée), des oeuvres d’art (vêtements, accessoires), des genres (des tendances), des styles, etc. Le vocabulaire de la mode est un vocabulaire artistique, qui comporte des termes qui sont spécifiques à ce domaine. De la même façon que nous ne parlons pas d’oeuvre picturale en sculpture. Il est facile d’observer que nous émettons les mêmes jugements de goût que se soit à l’égard d’une peinture ou d’un vêtement. L’art de la mode comporte en lui la structure d’une catégorie. Il possède une forme, une matière, des outils de création et des créateurs. 6 - V.O.S.T magazine #1

C’est Hegel qui entre 1818 et 1829 dans ces Cours d’Esthétique rédige une première classification des arts modernes. Les cinq premiers arts qui en découlent sont dans un ordre hiérarchique classés selon deux critères : La matérialité et l’expressivité, allant du degré le moins expressif et le plus matérialiste au degré le plus expressif mais moins matérialiste. Ainsi nous obtenons le système suivant : architecture, sculpture, peinture, musique et poésie. Selon Hegel ces arts forment « le système déterminé et organisé des arts réels. » Le 6ème art sera quant à lui inclut dans la liste à la fin du XIXè siècle et comprendra les arts scéniques de la danse et du théâtre comme nouveau mode d’expression. Et c’est Ricciotto Canudo, critique italien qui donnera sa place au cinéma comme septième et dernier art de la classification officielle au début du XXè siècle. Depuis que le septième art fût érigé comme la synthèse des arts qui lui précède, débats et polémiques dureront jusqu’à la fin du XXè siècle pour établir et organiser les nouvelles formes d’art dans la classification. Les grandes interrogations qui en découlent porteront sur la lutte que se sont livrés l’art photographique, la télévision et la radio.


Ceux-ci se trouveront finalement regroupés en un seul et même domaine d’expression : les arts médiatiques. Quelques années plus tard les mêmes problèmes porterons sur la création de la neuvième catégorie d’art qui sera influencée par Francis Lacassin sur la bande-dessinée. Officieusement ce neuvième art est posé comme tel dans la liste, mais du point de vue de la synthèse des arts par le cinema et l’évolution des arts médiatiques comme suite logique du processus de toutes les autres formes d’expression, la bandedessinée pose problème. Effectivement l’interrogation ici porte plus sur la trace synthétique du mouvement de l’histoire de l’art que sur les domaines de création en tant que tel. Comment retrouver dans d’autre forme d’expression de la créativité la synthèse des arts de la première classification d’Hegel ? Faut-il s’en contenter ? La question de l’art total se pose. Ne fautil pas s’interroger sur la catégorie en tant que domaine achevé et accompli, plutôt que comme l’évolution d’un art à un autre par la synthèse de ce qui lui est antérieur ? Car les prétendants au titre de 10ème art ne se fondent pas eux-même sur cette combinaison des arts en général. L’art culinaire, le modélisme ferroviaire et le graphisme par exemple, s’ils représentent des domaines potentiels pour conclure la liste des arts, ne proviennent pas eux-même de cette synthèse. C’est donc bien sur la structure du domaine dans sa globalité qu’il faudra chercher les critères d’une catégorie d’art. Esthétiquement parlant ce seront les concepts de mode de création et d’évolution de l’art en lui-même qu’il faudra interroger, et non pas porter un regard trop attentif à l’historicité des

arts entre eux. Il faut plutôt porter un intérêt particulier sur sa composition et sa manière d’être une forme d’art en soi. La mode est un art du présent pouvant prétendre atteindre la classification. Nous participons tous de la mode, nous ne sommes que l’expression de notre goût, de notre personnalité. La mode est un art de tous les jours. Et Hegel ne pouvait pas encore y voir la synthèse la plus complète de tous les domaines de l’art. L’habillement traduit la sensibilité de certains artistes, il est leur domaine de créativité. Et si nous nous mettions en quête de signification de la création, il y aurait tout autant à dire sur La robe de chair pour albinos anorexique de Jana Sterbak que sur la Joconde de De Vinci. La mode dresse le portrait des générations du temps qui passe, elle réactualise toujours ce qui a été. Alors pourquoi ne pas faire de la mode une catégorie de la classification ? Car il existe tout autant de matière qu’en peinture. Les défilés sont des mises en scène de tableaux en mouvement, les musiques qui accompagnent les créations sont parties intégrantes de celles-ci. Les prestations sont des danses et performances d’acteurs tout autant que celles des comédiens alliés aux planches du théâtre. Les médiums de la photographie, de la télévision et du cinéma sont les facteurs de son développement. Ainsi la mode est le nouvel art de notre synthèse hégélienne; la mode est l’art de la majorité, car qui n’a jamais voulu créer sa propre mode?

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« Hallucination Schopenhauer » - Pascal Lièvre 2008 - 140 x 110 cm - tirage numérique


INTERVIEW Par Leslie Poisson et Alexis Robardet

Dessous philosophiques :

Pascal Lièvre met le paquet !

« Plutôt que d’afficher les marques des fabricants de vêtements, remplacer Prada, Dim ou Diesel par Heidegger, Nietzsche ou Derrida. Je me suis dit que cela aurait une autre allure et je l’ai fait » Depuis Octobre dernier, une ligne de dessous philosophique est disponible sur internet. Idée originale de Pascal Lièvre, artiste plasticien, passionné de philosophie.

V.O.S.T : La philosophie est parfois

qualifiée comme une discipline rigide et austère. Ton travail se rapportant à une certaine caricature de l’esprit philosophique, cherches-tu à désacraliser une sorte de philosophie élitiste en la rendant plus populaire, et plus intime ?

Pascal Lièvre : La philosophie est surtout l’école de la précision, elle a la réputation d’être austère ce qui est certainement vrai d’une certaine façon, mais ce n’est pas pour autant qu’elle doit être mise a l’écart. Je ne cherche pas à désacraliser la philosophie tout simplement car elle n’est pas sacrée. J’essaie de la travailler comme un médium, je suis plasticien, d’autres travaillent la peinture, moi j’envisage la philosophie comme un médium en soi à l’instar d’une palette de couleurs. Pour la peindre je crée des formes avec elle. Je la sors aussi du placard. Faire des cours d’aérobic philosophique ou des défilés philosophiques, voila en effet des nouveaux territoires inexplorés à ce jour pour la philosophie, c’est clair ! Et tant mieux si ca donne envie a des non-initiés de la lire ! Au delà de ta volonté de détruire le dualisme cartésien âme/corps, souhaitestu en fait faire émerger une nouvelle forme de réflexion autour du sexe, alliant sexologie et philosophie ?

corps/esprit, c’est fait depuis longtemps, la pensée est organique c’est un fait et vivre sans âme, sans esprit et sans tout ce charabia hérité de la métaphysique nous rend bien plus léger. Le corps est le grand inconnu, on a passé deux mille ans à analyser l’âme, ce truc inutile qui empoisonne la vie, découvrons notre corps, Spinoza disait « Nul ne sait ce que peut un corps».  En bref quelle est ta vision philosophique de la sexualité ? Sexe et philosophie ! Derrida disait qu’on ne savait pas grand chose de la sexualité des philosophes, comme si c’était un peu tabou. En effet, la sexualité est une affaire privée parait-il mais privé de quoi ? Elle sert surtout de curseur pour définir l’espace privé et l’espace public. Je pense que la définition d’espace privé est la grande question philosophique. Pour moi que ce qui est privé nous sépare des autres. Je rêve de l’abolition de la sphère privée, de la propriété privée, de la sexualité privée etc... Je rêve d’un monde où l’on aurait des relations sexuelles partout avec qui on veut, où l’on veut dans un espace public, devant les autres ou non. Un monde où le sexe n’aurait pas plus d’importance que manger, parler ou lire. C’est pas pour demain, je le crains !

Je ne cherche pas à détruire le dualisme

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J’ai lu dans une précédente interview que la philosophie t’avait sauvée la vie. Quels ont été pour toi les lectures les plus enrichissantes ? Affectionnes-tu un auteur en particulier ? C’est vrai ça m’a sauvé la vie. Le monde tel qu’il est m’horrifie, la bêtise semble être la norme, la pensée l’exception. J’ai cru un moment que l’art serait un terrain suffisamment passionnant, mais quelle illusion. Si je n’avais pas découvert la philosophie, je me serai suicidé je pense. Dans ce sens elle m’a sauvé la vie, elle a rendu ma vie plus intéressante. Je pense qu’elle peut sauver l’art de son obscurantisme réactionnaire et financier, je le souhaite vraiment. J’ai d’abord commencé à lire des philosophes contemporains, Agamben, Sloterdijk, puis Deleuze, Foucault et Derrida. J’ai suivi le séminaire de Derrida pendant trois ans, aux Hautes études à Paris. C’était magique ! Pendant des années j’étais absolument habité par la pensée de Heidegger, avant de découvrir Nietzsche. Tu as déjà rendu hommage à Nietzsche, et tu penses qu’il est le philosophe de la rupture, qu’il marque la fin de la métaphysique émanant de la séparation de l’âme et du corps. Qu’est ce que tu retiens de sa pensée dans ta démarche des slips philosophiques ? Lire Nietzsche est la grande expérience de ma vie, il est le premier plasticien qui travaille la philosophie comme un sculpteur. Il transforme la philosophie, tente de sortir de la métaphysique d’une manière héroïque, et en meurs. Pour revenir à mes slips philosophiques, disons avant tout que l’idée est née en lisant « la compétition des bonnes nouvelles» de Peter Sloterdijk, à un moment il parle de la marque Nietzsche, 10 - V.O.S.T magazine #1

à propos de l’appropriation et du détournement qu’en on fait les nazis. Je me suis mis à rêver d’un monde où l’on pourrait porter des vêtements avec des marques philosophiques, plutôt que d’afficher les marques des fabricants de vêtements. Remplacer Prada, Dim ou Diesel par Heidegger, Nietzsche ou Derrida. Je me suis dit que cela aurait une autre allure et je l’ai fait. J’ai toujours détesté les vêtements qui transforment ceux qui les portent en hommes ou femmes sandwich. Que pourrais-tu répondre à Voltaire qui pensait que le sexe était «une matière peu philosophique» dans son dictionnaire ? Je ne connais pas bien Voltaire, mais je crois que c’est avant tout un moraliste. Cette phrase est idiote, tout est matière à philosopher ! Penses-tu que ces slips sont un langage plus réaliste que la parole en elle-même pour exprimer ta vision de la sexualité ? J’ai dit tout à l’heure que je pensais de la sexualité dans ce monde qui territorialise l’espace en public et privé, comme autrefois en sacré et profane. Une vision schizophrénique de l’espace qui renvoie à la métaphysique, et qui avant tout est un monde qui sépare les corps. Nous pensons avec notre corps entier, avec notre cerveau bien entendu mais aussi avec nos pieds nos viscères et notre sexe. On entend dire que tu fais défiler des hommes en talons aiguilles, vêtus simplement de tes slips philosophiques, avec des pancartes comportant des citations. Pourquoi de telles performances ? 


Mes défiles racontent à travers douze phrases de philosophes de Descartes à Butler, comment le corps apparait dans la philosophie. Je pars de Descartes qui nous parle d’un corps qu’il décrit comme une machine à Judith Butler qui envisage le corps comme un lieu où l’on performe un genre. C’est en fait un cours de philosophie sur le corps montré d’une manière ludique. Envisages-tu de créer des slips philosophiques pour la gente féminine ? Avec des noms de femmes ? Si oui, qu’elles seront telles ? Évidemment les femmes arrivent bientôt, Simone de Beauvoir, Monique Wittig, Olympre de Gouges, Judith Butler, ce sera pour Noël, la mère Noël viendra vous les porter dans vos petits souliers...

www.lievre.fr www.dessousphilosophiques.com

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culture Par Margaux Palvini

Le temps a rattrapé Roman Matérialiser le temps. C’est le défi que Roman Opalka s’était lancé. Combien de chiffres, combien de dates et autres nombres significatifs nous accompagnent tout au long de notre vie ? Le temps peut-il prendre une forme concrète ? Tels sont les thèmes qui ont inspiré et accompagné Opalka tout au long de sa vie et de ses chefs d’œuvres. Roman Opalka, l’artiste polonais, « maître du temps et de l’éternité » s’est arrêté de compter le 6 août dernier à 79 ans.

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C’est à partir de 1965 que l’artiste polonais décide d’immortaliser le temps sur des toiles noires, à chaque fois de même format, en inscrivant une suite de nombre de un à l’infini en blanc. A partir de 1972, il ajoute à chaque fond d’une nouvelle toile 1% de blanc, si bien que les nombres se fondent et s’intègrent progressivement à la peinture ellemême. Opalka, n’est pas un artiste pour rien et possède une méthode de travail qui lui est propre. À la fin de chacune de ses séances, il réalise son autoportrait photographique. Ce pourquoi il a été largement reconnu par un public plus populaire. Ses autoportraits semblaient défier le temps. Mais pas seulement, le thème de la mort était aussi largement abordé. Regard fixe, expression morne, Opalka redonne à l’humain son caractère instable. Une humanité précaire avec sa dimension dérisoire à travers ses autoportraits. Face à cet enchainement photographique le spectateur ne peut que se rendre compte de la dégradation progressive auquel il fait lui-même l’exercice au quotidien. Une prise de conscience effrayante ? Roman Opalka n’était pas de ces sombres prophètes, pour lui la mort «  comble le manque auquel fait face l’être humain  » et la considère comme une « réelle dimension de la vie ». «La mort est à la fois une mauvaise et une bonne nouvelle  », avait dit l’artiste polonais dans une interview de Libération du 21 aout 2004, «  mauvaise, parce qu’elle n’est pas une pensée agréable. Une bonne, parce que c’est fantastique de se dire que, grâce à elle, vous avez défini un concept et crée une œuvre qu’elle seule peut achever»...

Les amateurs du talentueux artiste pourront dors et déjà lui rendre un dernier hommage du 3 novembre à début janvier 2012 au Mans durant l’exposition « le vertige de l’infini » .

www.opalka1965.com

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MUSIQUE Par Sarah Barbier

The Rapture – In The Grace Of Your Love - Sortie > 05.09 Après six ans d'absence, Luke Jenner et ses camarades nous livrent un condensé d'électro pop aux multiples influences. Un virage a 90° pour le groupe qui nous avait habitué à un son plutôt post-punk. Avec In The Grace Of Your Love, The Rapture nous assène de sons à la fois puissant et pleins de légèreté. Des morceaux dansants et festifs tel que "Come Back To Me", du néodisco avec "How Deep Is Your Love", ou encore des ballades rythmiques comme "It Takes Time To Be A Man" où l'introduction au piano et à la guitare nous transporte instantanément. In The Grace of Your Love, titre éponyme, reste quant à lui une pépite surfant sur une vague groovy, tel la pochette de l'album.

Little Dragon - Ritual Union - Sortie > 05.09 Entre soul tendance électro et pop vaporeuse, le groupe suédois Little Dragon délivre un troisième opus qui confirme tout son talent. La voix envoûtante de Yumiki Nagano est portée par des compositions électro toujours bien fichues, et une rythmique souvent prédominante. La plupart des morceaux sont posés, on y retrouve le son caractéristique du groupe, son ambiance inimitable mais certains morceaux comme «Please Turn» ou «NightLight» bougent plutôt bien et sont assez entraînants. Au final, Ritual Union de Little Dragon est un album à savourer pleinement, idéal pour les longues soirées d’hivers qui nous attendent, sous la couette, bien au chaud, avec un bon bouquin.

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Hanni El Khatib – Will The Guns Come Out - sortie > 03.10 Hanni El Khatib est encore un quasiinconnu en France, mais cela ne durera probablement pas. Originaire de San Francisco et issu d’une famille palestinienne, il distille un rock dépouillé, brut où la guitare est reine. Son 1er album, Will The Gun Come Out est décrit par l’artiste comme un disque fait «pour tous ceux qui se sont déjà pris une balle ou ont été renversés par un train.» Et c’est tout à fait ça. Il ne vous reste plus qu’à enfiler votre perfecto, ouvrir une bière, allumer une cigarette et lancer l’album pour transformer votre ordinateur en véritable jukebox. Mention spéciale pour «Dead Wrong» dont le clip nous met immédiatement dans l’ambiance des fifties. Rock’n roll baby.

Camo & Krooked

- Cross The Line - sortie > 03.10 Le duo Camo & Krooked est de retour après avoir sorti une EP assez décevante. L’album Cross The Line, est composé de 14 titres : De la drum & bass légèrement électro comme avec «Far Away» ou «Anubis», des sons plutôt lourd, lent, savant mélange de dubstep et de rap tel que «The Lesson» ou encore des morceaux bien gras comme «Run Riot», trompeur au début avec sa petite mélodie douce dont le rythme s’intensifie au fur à mesure jusqu’à ce que la dubstep nous explose les tympans au moment où l’on s’attend le moins. Le tout est puissant, beau, varié et structuré à la fois et il est impossible de ne pas remarquer dès la première écoute le travail accompli par le duo durant 2 ans.

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MUSIQUE

Mixtape de la Rédac’

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1 -

The Black Keys - Lonely Boy

2 -

Paul Kalkbrenner - Plätscher

3 -

Patrice - Imagine

4 -

Peggy Lee - Fever

5 -

Marianne Faithfull - Broken English

6 -

Neon Indian - Era Estraña

7 -

Clubfeet - Edges of extremes

8 -

Kavinsky - Nightcall

9 -

Depeche Mode - Enjoy the silence

10 -

Yodelice - Talk to me

11 -

Lil Wayne - I’m single

12 -

Pixies - Where is my mind

13 -

Sage Francis - The Best of times

14 -

Bon Iver & James Blake - Fall Creek boys Choir

15 -

Woodkid - Iron

16 -

Noir & Haze - Around

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BEAuTE Par Solène Morillas

les Produits luSH

Lush, c’est une nouvelle marque de cosmétiques à la fois bio et écolo, venue tout droit du Sud de l’Angleterre. Les ingrédients utilisés sont naturels et frais (fruits, légumes et plantes aux propriétés reconnues). Parfums enivrants, textures inédites, couleurs et formes inattendues : place aux sensations ! Voici quelques exemples que nous avons testés . Lush est aussi à découvrir dans 17 boutiques en France ou sur le site : www.lush.fr

CoPaCabana : beurre pour la peau

Ce beurre corporel est à utiliser sous la douche : appliquez sur le corps puis massez pour une exfoliation tout en douceur. Ses ingrédients (du beurre de karité, du beurre de cacao, des amandes et du riz moulus) vous garantissent une peau souple, satinée et parfumée. Pause gourmande à l’heure du bain! Prix : 10,25 € - la pièce 90g

CrÈMe de raSage pour Monsieur

Les hommes aussi ont droit à une peau douce et parfumée! Le principal ingrédient de Prince, le mucilage de graine de lin, est connu pour ses propriétés adoucissantes et apaisantes ; associé à du beurre de karité et de la cire d’abeilles (entre autres !), il remplace à la fois votre mousse à raser et votre crème hydratante après-rasage. Son odeur d’agrumes peut néanmoins surprendre, surtout si vous êtes habitué aux parfums de synthèse... Prix : 10,25 € - le pot de 100g

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dirtY : gel douche so viril !

Si tous les gels douches de la marque sont mixtes, celui-ci en revanche plaira bien exclusivement aux hommes. Un seul mot d’ordre : rafraîchir. Une odeur de menthe très intense (la formule contient même des cristaux de menthol, comme pour les chewing-gums) pour un réveil tonique. Frissons garantis ! Seul bémol : un prix un peu élevé pour un gel douche… Prix : 7,95 € - le flacon de 100g

leS FéeS déMoniaQueS : savon envoûtant

Les savons, ça existe depuis 4500 ans : on ne peut donc pas vraiment parler d’innovation… en revanche, ceux de Lush (près de 30 modèles différents disponibles) ont la particularité de parfumer toute votre salle de bain ! Les fées démoniaques est un savon tout rose, presque banal (comparé à d’autres) à l’irrésistible odeur sucrée et fruitée… Il contient de l’huile de noix de coco, nourrissante, pour une peau à la fois propre et douce. Prix : 4,45 € - les 100g à la coupe

Jonnie JuniPer : pour cheveux gras

Dans la famille des innovations cosmétiques, je voudrais… le shampoing solide ! Ce galet violet remplace l’équivalent de trois bouteilles de shampoing. Et comme il est solide, pas besoin de conservateur (ce qui plaira sans doute aux militants « antiparabens ! »). Bref, il respecte votre cuir chevelu, mais il l’assainit aussi parfaitement, avec ses extraits de lavande, de romarin et de citron (pour la brillance). Prix : 8,75 € - la pièce V.O.S.T magazine #1 - 19


LITTERATURE Par Manon Feldmann

Haruki Murakami « Sommeil » édition 10/18

Dix-sept nuits avec Elle. On ne sait rien d’Elle. Simplement que depuis dix-sept nuits, elle ne dort plus. Le jour elle poursuit son train-train quotidien, vacant aux activités qu’impliquent la vie d’une mère au foyer. La nuit elle redécouvre ses amours de jeunesse, la littérature russe, le whisky et le chocolat.

La première chose qui frappe en ouvrant ce livre, c’est sa beauté graphique. Une couverture à rabat bleue nuit, des pages épaisses et glacées, des illustrations sombres aux détails argentés signées Kat Menschik. Un visuel en parfaite adéquation avec la plume d’Haruki Murakami, un des auteurs japonais contemporains les plus célèbres du monde occidental. Ce sont ses nouvelles qui l’ont fait connaître et « Sommeil » initialement éditée en 1996, fait partie intégrante des deux nouveaux recueils parus cette année. Une plume incisive, envoutante, qui mélange à la perfection onirisme et réalité. Elle, le personnage principal, estelle folle ? Comment expliquer sinon ce détachement presque cynique qu’Elle montre face à son entourage? Sa vie quotidienne défile sous nos yeux, entre les lignes, comme un rêve fugace.

Elle ne montre aucune attache, aucune émotion. Elle s’anime seulement la nuit, sous l’égide de Tolstoï et du whisky. C’est donc l’histoire nocturne d’une femme, une japonaise, qui grignote des moments de littérature sur son temps de sommeil. Un joli conte qui dénonce de façon poétique cet empilement d’obligations qui nous empêche de vivre et ces plaisirs égoïstes que l’on s’interdit. Au fil des quatre-vingt-douze pages de cette nouvelle on est happé par l’univers sombre et épais d’Haruki Murakami, un livre qui se traverse comme un rêve, on en ressort étrangement calme et serein, la tête dans un brouillard rempli d’énigmes. En somme, un livre à lire absolument, tranquillement assis dans son coin puis à faire partager.

BIBLIOTHEQUE de la rédaction « Mes illusions donnent sur la cours » Sacha Sperling, 2009 « Lorsque j'étais une oeuvre d'art » Eric-Emmanuel Schmitt, 2002 « Mrs Dalloway » Virginia Woolf, 1925 20 - V.O.S.T magazine #1


Truman Capote « La traversée de l’été » publiée en 2006 probablement écrit en 1949

Un été avec Capote. Sous l’étau terrible de la chaleur d’un été New-Yorkais se lie le destin de Grady et Clide. Grady belle jeune fille née riche et effrontée. Clide garçon de parking au cœur blessé par une sœur disparue trop tôt.

On connaît Truman Capote, enfant terrible de la littérature américaine, on connaît également sa plume faite de détails et de description. Ici encore, il ne fait pas tort à sa réputation. Quand New-York dégouline sous la chaleur, on suffoque avec elle. Pourtant c’est bien le premier roman de l’auteur que l’on lit. Truman l’aurait écrit en 1949, alors qu’il n’avait que dix-neuf ans. Le jugeant insatisfaisant, il l’a abandonné sur ses cahiers d’écoliers. Ce n’est qu’à la suite d’une vente aux enchères que les manuscrits ont été trouvés. Ils ont finalement été publiés en 2006, vingtdeux ans après la mort de l’écrivain. On tient donc entre ses mains un récit d’adolescent au destin flamboyant qui raconte la vie d’adolescents aux destins foudroyants. Grady et Clide sont tombés amoureux. Follement amoureux. Le hic, puisqu’il en fallait un,

c’est qu’ils viennent de deux mondes totalement différents pour ne pas dire incompatibles. Grady a la témérité des gens riches. Elle sait ce qu’elle veut, l’obtient très souvent. Elle refuse pourtant de se glisser dans le moule que sa mère lui a forgé. Clyde garçon de parking, ne parle pas de sa vie de tous les jours. Il préfère jouer les gros durs. Entre eux deux ce sera le coup de foudre, un amour fou, une passion avec tout ce qu’elle a de dangereux. Emmerdant le monde ils se détruisent à petit feu. C’est Peter qui soutient Grady quand tout s’effondre. Peter est son meilleur ami, un peu loufoque, il lui redonne des couleurs. Un seul été suffira pour les lier tous à jamais. Ce court roman est l’occasion de découvrir un des auteurs phare du XXème siècle ou bien de vivre une passion écrite avec la fougue du génie qui éclot.

« Les milles et une nuits » Recueil anonyme « L’amour dure trois ans » Frédéric Beigbeder, 1997 « Women » Charles Bukowski, 1978

V.O.S.T magazine #1 - 21


CINEMA

Par Alexis Robardet

THE ARTIST Michel Hazanavicius, 2011 22 - V.O.S.T magazine #1


Un Hommage au cinéma

Culotté de faire un film muet en noir et blanc, surtout lorsque démarre la grande révolution du cinéma numérique en 3D ! Directement inspiré de l’esthétique et de l’histoire du cinéma hollywoodien des années 30, Michel Hazanavicius ose avec son film «  The Artist » ! Expérience étrange que de se retrouver dans un cinéma au XXIème siècle et de regarder un film muet en noir et blanc, fait à notre époque. Evidemment les amateurs de cinéma d’art et d’essais vont souvent voir des films muets, des grands classiques, mais ici c’est différent. Pas de grain de pellicule, pas de parole, et la présence d’un grand acteur français de notre temps, Jean Dujardin. Il y a quelque chose en plus ou quelque chose en moins, mais la magie opère. Passées les cinq premières minutes où la question du problème technique sonore du cinéma se pose (pourtant tout le monde à lu le programme, les critiques et sait que le film est muet, mais n’y croit pas entièrement), il devient vite évidemment que Jean Dujardin, à qui on attribue des rôles souvent comiques et parlants, ne parlera pas. On entre rapidement dans l’époque, dans le noir et blanc, dans le muet. Il y a quelques années le Studio Harcourt avait vu

juste en photographiant Jean Dujardin en véritable héros de film noir et blanc, cigarette à la main. Le rôle et l’époque lui vont comme un gant. Il est donc aisé de plonger dans cette histoire qui relate celle du début du cinéma hollywoodien, le passage brutal du cinéma muet au cinéma parlant, vécu par un grand acteur George Valentin (incarné avec brio par Jean Dujardin, qui méritait bien sa récompense à Cannes). Cette histoire, soulignée par une émouvante et attachante histoire d’amour, devient très vite une traduction de notre génération. La mutation du cinéma, la crise économique, la décadence de la richesse, sont des sujets qui font toujours sens de nos jours, et c’est aussi en ça que le film est intéressant. Un culot et une grande virtuosité technique, tant par les contrastes que par la lumière fidèles à l’esthétique de l’époque, ainsi qu’une histoire actuelle font qu’il ne faut pas passer à côté de ce grand film. Seul les vingt dernières secondes cassent légèrement le charme de ce film du 21eme siècle. Le duo final, entre un Jean Dujardin brillant danseur de claquettes et une Bérénice Bejo rayonnante, suffisait amplement à clore l’histoire, en silence...

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CINEMA

V.O.S.T fait son cinéma

« Adieu à Cemetery junction » Ricky Gervais, 2010

« Les amours imaginaires » Xavier Dolan, 2010

« La vie est belle » Roberto Benigni, 1998

« The Hours » Stephen Daldry, 2001

« La guerre est déclarée » Valérie Donzelli, 2011

« Tintin » Steven Speilberg, 2011

« Lola » Jacques Demy, 1961

« Tétro » Francis Ford Coppola, 2009

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Manteau et Chaussures ZARA, Collants DIM, Bague ASOS


L ON G TER M PAR K IN G

Réalisé par Alexis Robardet assisté de Solène Morillas Modèles : Julie Thebault et Romain Laniel


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Romain : Slim LEVIS, Bottines ALDO, Chemise MEXX, Cravate H&M, Pince Cravate MEXX Julie : Chemise COMPTOIR des COTONNIERS, Collier ASOS, Culotte PETIT BATEAU, Collants DIM, Chaussure ZARA, Ecarteurs TIMOMO


Romain : Slim H&M, Chemise MEXX, Gilet LA REDOUTE, Chaussures FRED PERRY, Bracelet asos Julie : Chaussure JACQUELINE RIU Veste, Robe, Collants et Pendentif H&M

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Slim H&M, Chemise MEXX, Gilet LA REDOUTE, Chaussures FRED PERRY, Bracelet asos

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Collants DIM, Bottines BCBG MAXAZRIA, Body ALAIN MANOUKIAN, Ceinture BCBG MAXAZRIA, Gilet Fausse Fourrure H&M Maquillage : Vernis Ă  Ongles O.P.I

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INTERVIEW Par Alexis Robardet

Un «  Dur

à Cuir  »

s'installe à Lyon

Derrière ce petit nom rebelle se cache une jeune artisane en maroquinerie, pour qui le cuir n'a plus de secret. Ses créations séduisent, en mélangeant style et pratique. Elle livre ici ses projets, son amour pour le cuir et pour les objets.

V.O.S.T : Pour commencer quel a été ton parcours scolaire et professionnel ?

Dur à Cuir : J’ai fait toute ma scolarité à Lyon. D’abord un bac scientifique puis un an à la fac en anthropologie et histoire de l’art pour finir par trois ans aux beaux arts de Lyon. Ensuite, j’ai fais un voyage de sept mois au Maroc et en revenant j’ai créé mon auto-entreprise en maroquinerie en mai 2010. D’où te vient cet amour du cuir ?

Lorsque je suis partie au Maroc, je quittais délibérément l’art conceptuel et partais à la recherche de l’artisanat. 36 - V.O.S.T magazine #1

L’Afrique m’attirait plus que n’importe quel autre continent et le Maroc s’est imposé assez vite, car ma grand mère et ma mère sont nées à Casablanca. Et puis le Maroc est un pays réputé pour la qualité de son artisanat ! Tout au long de mon voyage, mes rencontres m’ont naturellement mené vers le cuir. A Tétouan, dans la médina, j’ai rencontré un maitre d’une technique ancestrale de broderie de lanières de cuir dans du cuir. En rentrant en France, j’ai eu envie d’approfondir le travail du cuir en me tournant vers la maroquinerie.


Les quelques artisans de Lyon, comme Art Peaux dans le vieux Lyon, m’ont donné le temps et les connaissances qui me manquaient au fur et à mesure. Mais j’ai toujours eu un coup de cœur pour le cuir en général. C’est durable, résistant, ça vieillit si joliment et qui plus est, ça a une odeur si formidable ! J’ai voulu, dès le départ, créer des objets que j’aurais aimé trouver moi-même en tant que cliente. Où te procures-tu le cuir ? Quels sont tes démarches de fabrication ?

Il y a Sofevac à Brignais, Cuirtex et La Vieille Usine vers Roman et pour le reste il y évidement internet. Les cuirs sont souvent uniques ou en série limitée. C’est eux qui souvent choisissent l’objet qu’ils seront, selon leurs qualités, couleurs, épaisseurs etc.. Par exemple: un cuir d’agneau plongé donnera plus des bijoux ou de la maroquinerie fine, de part sa finesse et sa souplesse ! Je crée à la demande, sur mesure, à l’inspiration et parfois un objet sur mesure finit décliné en série limitée ! Tout est possible! Sac, trousses, blagues à tabac, bijoux ? pourquoi ce choix d’accessoires ? D’où te viennent ces idées ?

Les accessoires, les sacs et les bijoux sont des objets que j’aime car je les trouve à ma taille, envisageables. J’aime ce rapport entre l’objet et la main ; à notre échelle! Les idées me viennent assez simplement… Je peux faire un objet que je voudrais pour moi, un que j’ai vu dans la main d’une passante, un rêve, une commande, un type de cuir, .. tout est bon pour la création ! Pourquoi rester dans les accessoires... bouderais-tu les vêtements ?

Les vêtements en cuir, c’est un autre métier et j’aime beaucoup trop les « objets » !

J’aurais pu, à la limite, me tourner vers la Botterie mais le hasard a fait que ... Quelles sont tes pièces favorites ?

Mes objets fétiches sont les pochettes; toutes les pochettes, les blagues à tabac, les trousses, les simples poches en cuir qui compartimentent un sac. Et je suis autant attirée par les cuirs très colorés que par ceux «  naturels  » ; ils composent juste des collections différentes … Tes créations ont un côté vintage, un peu retro. L’ancien est-il une source d’inspiration ? Penses-tu que le vintage séduit de plus en plus d’étudiant ? 

L’ancien m’a toujours inspiré, surtout concernant le cuir, puisque c’est durable. Les objets, les pochettes, les dentelles de ma grand mère m’ont toujours paru terriblement précieux. Je pense effectivement que le vintage séduit de plus en plus et je souhaite que l’on se tourne vers des objets de qualités, durables,… Cesser de consommer et jeter ! Tout est cyclique, le vieux revient à la mode.

Bientôt ton atelier ouvrira ses portes au 26, rue René leynaud à Lyon, quels seront tes prochains projets ?  

Déjà mettre en place la boutique, créer des événements de temps à autre, avec des ventes privées , des expos etc.. Et puis arriver à faire partie d’un réseau client et pro. Les autres projets viendront à leur tour, naturellement … Peut être ouvrir l’atelier à des cours d’initiation à la maroquinerie … qui sait !

www.duracuir.blogspot.com 26, rue RenÈ Leynaud 69001 Lyon

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culture Par Fanny Sauvet

E X

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FAN


DES

SIXTIES

Après un été à Woodstock, cet hiver la mode fait renaitre les sixties… Les créateurs puisent leurs sources d’inspiration dans cette époque révolutionnaire « stylistement » parlant : les années 60 ! A grands coups de manteaux ou de robes trapèzes, de silhouettes graphiques à la Mondrian ou de cols Claudine, ils invoquent aussi ces femmes qui ont marqué la planète mode de Françoise Hardy, en passant par Twiggy ou encore Brigitte Bardot… Une allure d’un chic ultime dont les baby dolls d’aujourd’hui risquent d’être ravies… Cinquante ans déjà et leur modernité ont dépassés les décennies, des femmes, qui devinrent des égéries, qui marquèrent la mode qui perdure encore aujourd’hui. Leur style c’est aussi leur histoire et la notre, qu’elles écrivent par bribes, comme des étoiles filantes, des « météores foudroyées », des planètes durablement inscrites dans le panthéon des créateurs d’hier à aujourd’hui. Elles furent mannequins, actrices, chanteuses… et contribuèrent à façonner le monde qui les créa : les sixties, tout en gardant cette modernité qui leur est si propre... Mais qu’ontelles réellement apporté à nos gardes

robes? Entre basiques révolutionnaires, et styles intemporels… Décryptage. L’instigatrice des sixties est sans nul doute Catherine Harlé, dont l’agence de mannequins, particulièrement active dans les années 60 a révélé de nombreuses idoles de l’époque, telles que Nico, Anita Pallenberg, ou Anna Karina… On découvre alors un nouveau type de femmes qui n’aura de cesse d’influencer le féminisme déjà à son paroxysme. Outre leur beauté, elles semblent libres, extravagantes, culottées. Mais le chic «made in France», est loin d’être le seul à avoir fait parler de lui, en effet, les sixties c’est aussi Londres, qui devient des 1964 la capitale incontestée de la culture pop et de la mode. Le Swinging London, dont l’expression fut inventée par le Times, révèle nombre de celles qui ont marqué ce style. On pouvait alors croiser en faisant son shopping entre Soho et Carnaby Street, ces prêtresses du style telles que Mary Quant, Jane Birkin ou encore Twiggy… Elles incarnent dès lors, plus qu’une bande des belles femmes, mais une allure, un état d’esprit. Elles laissent une trace impérissable d’un style qui même aujourd’hui n’a pas pris une ride…

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Les sixties marque une étape révolutionnaire dans l’histoire de la création, qui met alors en exergue une mode inconstante et protéiforme, inspirée non plus seulement des grands créateurs mais aussi de la rue (Le début du street style en somme). L’image à la limite archaïque de la femme très apprêtée, aux formes voluptueuses et dessinées des années 50 laisse petit à petit la place à une silhouette bien plus fine, et moins en rondeur, plus géométrique. C’est alors un vent de liberté, de nouveauté, mais aussi de jeunesse qui souffle sur les garde-robes et fait s’envoler les conventions… Jamais aucune n’époque n’aura autant marquée de sa griffe son aspect socioculturel que celle-ci, et ce dans sa création vestimentaire. C’est alors une vague de progrès et de protestation qui déferle dans ce bouleversement du genre, avec pour porte-parole ces égéries nouvelles et avant-gardistes. Il n’est plus une mode, mais bien plusieurs styles comme c’est encore le cas aujourd’hui, la jeunesse se revendique une appartenance à une culture vestimentaire. C’est là que débarquent alors les « yéyés », les « blousons noirs » ou encore les « rockers » devenant les emblèmes absolus d’une contre-culture issue directement de la société de consommation. Les vêtements s’accommodent alors au quotidien, la place des femmes ayant largement évoluée. Celles-ci revendiquent une liberté de mouvement, qui va largement s’exprimer dans ce qu’elles portent, répondant ainsi parfaitement à leurs attentes. C’est ainsi que progressivement les jupes se raccourcissent et que l’ensemble classique tailleur-jupe devient obsolète. Suivant cette tendance, à Londres, Mary Quant, crée au début des 60’s 40 - V.O.S.T magazine #1

la « mini skirt ». Ce bouleversement grandit outre atlantique et arrive en France avec un succès peu égalé depuis. Ce vêtement devient l’emblème même de la femme indépendante. C’est André Courrèges qui sera le premier à se saisir de ce phénomène révolutionnaire, qui deviendra alors la pièce phare de sa collection 1965. On la porte été comme hiver, et c’est bientôt l’apparition du collant qui vient remplacer sans peine le bas. Pierre Cardin et André Courrèges triomphent alors avec leurs robes trapèzes ou chasuble (robe sans manches ayant une forme évasée) qui est encore largement démocratisée. C’est notamment avec l’aide de personnages comme Twiggy ou encore Edie Sedgwick, la muse d’Andy Warhol, que ces vêtements comme ces femmes deviendront les icônes de toute une génération. On entre alors dans le phénomène de la copie de la star, une imitation qui ne cesse bien évidemment de perdurer et qui est désormais intrinsèque à la mode que nous connaissons. Outre la mini jupe, le pantalon et même le jean deviennent un terrain d’audace pour les jeunes filles qui se réjouissent de ce changement. Ainsi la silhouette féminine se rajeunit. L’icône de la libération de la femme, Brigitte Bardot, inspire une mode plus sexy qui met en valeur les formes. L’exposition ne devient plus alors source de provocation mais bien d’indépendance. Rarement une mode n’aura tant marqué les esprits, au point que ses codes constituent aujourd’hui une référence qui jouit encore d’un vif succès sur les podiums. C’est ainsi que des les années 60, le dictat cyclique des tendances est lancée. Une génération qui puise dans une nouveauté et des idoles qui continuent de nous faire rêver, en exfan des sixties.


Photos Twiggy issues du livre A life in photographs, National Portrait Gallery Publications. Photos Edie Sedgwick issues du livre Girl on fire, Chronicle Books

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Robe ZARA, Casquette en FRIPERIE, Bracelet H&M


Poor

L ittle

Réalisé par Alexis Robardet Modèle : Femke Redden

Ri c h

Girl


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Collants MONOPRIX, Pull zara, Bracelet et Boucles d’Oreilles H&M, Montre CASIO


Blouse H&M, Jupe H&M, Bottes friperie episode Bracelet et collier H&M, Sac Friperie

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Robe ZARA, Casquette en FRIPERIE, Chaussures au MARCHE AU PUCE, Bracelet H&M

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Collants eurodif, Culotte H&M, Soutien-Gorge Women secret, Ballerine Cendrillon REPETTO Maquillage : bobby brown

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JANVIER 2012

w w w .vo s t m a ga zine. wor dpr es s . com


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