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Antiz va se faire voir chez les grecques

Les gars d’Antiz, grands amateurs de philosophie et plus particulièrement des grands penseurs de l’Antiquité, sont allés à Athènes rendre visite à leur correspondant Grecque Thanos Panou, et débattre avec lui du glorieux passé de sa ville natale, berceau de la démocratie et d’un bon paquet de méchants spots de skate… Texte : Julien Bachelier Photos : Alberto Polo

Thanos Panou Frontside nosegrind.


out a commencé en ce équipe de douze (dont deux invalides, Rémi Taveira et début de soirée de l’été moi-même), débarquant à Athènes dans l’optique de pro2012 à Montpellier. longer notre été indien et de recharger nos batteries grâce Nous étions en plein à l’énergie débordante dont Thanos fait toujours preuve. « Marketing tour » et nous récupérions à la gare un certain Après avoir récupéré au compte-goutte l’intégralité de Thanos Panou débarquant directe- l’équipe, nous débarquons dans le skatepark DIY de ment d’Athènes. Un p’tit gars robuste Galaxy, où tous les locaux nous attendent de pied ferme. à qui on filait des boards par l’inter- Galaxy se situe en périphérie d’Athènes, c’est un peu le médiaire de notre distributeur Chelles de Paris ou le Badalone de Barcelone ou encore Grecque et qu’aucun d’entre nous le Sanssat de Saint-Gérand-Le-Puy, mais ce dernier n’avait encore rencontré. exemple est peut-être un peu moins parlant que les deux Nous avions décidé de l’envoyer au autres. Bref, à part se bourrer la gueule au Metal bar ou casse-pipe grâce à un judicieux pro- traîner dans le square du coin, à échanger les derniers gramme que nous lui avions concocté, à base de « ON RESSENT RAPIDEMENT SON démos sous un soleil de plomb et sans une goutte INQUIÉTUDE VOIRE UN LÉGER d’eau, de couchage à même le sol et d’une nour- MALAISE À LA VUE DE L’ÉQUIPE. » riture essentiellement composée de pain sec et de houblon. Il faut les mater un peu ces jeunes prétentieux potins du quartier entre deux pitbulls suspendus aux (les fl(h)obos comme on les appelle), pneus d’une balançoire, il est difficile de s’occuper dans leur montrer qui sont les patrons ! cette cité dortoir.

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Hé bien, c’est lui qui nous a pliés en deux... Non seulement il a skaté

comme un champion, mais il nous a fait poiler comme pas possible et c’est lui qui couchait les « vrais hobos » le soir. Il nous a même convaincus de venir lui rendre visite à Athènes : « MEC, you have to come in Athens, it is paradise ! There is everything for you guys, no joke ... I’ll show you, Skate Rock Baby ! »... Il avait su nous convaincre et ses gallons étaient gagnés ! Chose promise chose due. Nous voilà donc un an plus tard, en petite

La scène locale est une bande de potes qui a grandi en-

semble et qui se sont appropriés l‘ancien terrain de basket du parc public. C’est là, tous les jours, que se retrouve le Galaxy crew pour y boire un café frappé, y improviser une session sur la nouvelle extension ou encore chauffer la braise du barbecue. Nous prenons vite nos repères, en attendant Marisa qui

nous sous-loue son appartement pour les deux prochaines semaines. On ressent rapidement son inquiétude voire un léger malaise à la vue de l’équipe. Thanos nous avait averti que l’appartement était petit, mais on ne s’attendait pas à devoir s’entasser dans un studio... Par chance, nous sommes au dernier étage d’un immeuble qui nous offre une magnifique terrasse et surtout, un accès direct au toit qui domine toute la ville. Nous campons donc à la

Dallas Rockvam Nollie.

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Yoga du soir ...

... vs yoga du matin. Gabriel Engelke Frontside boneless.

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« CHAQUE JOUR NOUS DÉCOUVRONS UN NOUVEAU QUARTIER AVEC UNE MULTITUDE DE SPOTS ORIGINAUX, SOUVENT ENGAGÉS, VOIRE CARRÉMENT SUPER BALÈZES »

belle étoile jusqu’à l’arrivée de la propriétaire un beau matin, quelque peu surprise de constater que sa locataire initiale s’est démultipliée en douze joyeux lurons incapables de s’exprimer dans sa langue. Je ne sais pas si c’est l’habitude des situations improbables ou notre charme indéniable, mais nous réussissons à nous sortir de ce bourbier par un magnifique bobard improvisé, sauvant par là-même notre petit nid douillet et la pérennité du bail de Marisa. Thanos nous a concocté un programme intense. Était-ce pour se venger de notre accueil musclé un an plus tôt ? En tout cas, on n’a pas chômé. Chaque jour nous découvrons un nouveau quartier avec une multitude de spots originaux, souvent engagés, voire carrément super balèzes, faisant le bonheur de certains et la frustration des autres. Nous sommes nombreux et ça ne facilite pas les déplacements. Malgré ce petit désagrément, tout se déroule à merveille et tout le monde en prend pour son grade. Hirschi nous démontre sa facilité à rentrer ses tricks first try ou à glisser sur des ledges très longs et dangereux sous les yeux ébahis du Galaxy crew. Peter skate les rails en switch, Dallas saute tout ce qu’il voit, Gabeeb s’impose par son trop plein d’énergie et Rémy répertorie les meilleures adresses de Souvlaki (fast-food grecque) d’Athènes... Quand la nuit tombe et qu’une collation serait la bienvenue, notre hôte/guide/G.O. nous embrigade pour un dernier downhill sur les hauteurs de la ville afin de puiser dans les dernières ressources de Furones... À l’heure où Samu veut se coucher, il est temps d’improviser un barbecue chez les parents de Thanos puis de boire une dernière bière, généralement dans le square ou au Metal bar de Galaxy, tard dans la nuit. Fallait pas essayer de faire les mariolles avec Thanos à Barcelone, il est définitivement plus fort que nous…

Samu Karvonen Ollie.

On ne peut pas nier que l’exceptionnelle hospitalité grecque a contribué au succès de notre voyage. Nous étions invités quasiment tous les soirs à dîner dans la famille de quelqu’un, à partager les spécialités culinaires du pays et à débattre de nos opinions sur l’Europe et la situation de la Grèce en ces temps difficiles (après « le Marketing tour », voici donc le « Géopolitique Tour »…). Alors bien sûr, on n’a pas vraiment mis l’accent sur les visites de l’Acropole et autres sites antiques ; mais nous avons eu la chance de faire de belles rencontres avec des personnes de milieux divers, d’échanger des moments simples, humains et précieux, sortez les violons. En fait, et ce sera là la seule pointe sombre de ce récit, on s’est

tellement bien acclimaté à la douceur de la vie grecque, qu’on a fait preuve d’un excès de confiance qui nous aura coûté assez cher. Surtout à Gabeeb et Samuel qui ont cru bon de laisser leur matos photo dans les voitures… On a rapidement repris contact avec le sol en découvrant deux de nos bagnoles fracturées et les sacs photos

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envolés. C’est toujours terriblement frustrant, malgré notre part de responsabilité dans cette histoire. Nous avons donc passé notre dernière journée au commissariat du quartier. L’inspectrice, plutôt bien gaulée pour tout vous dire, tentait d’enregistrer notre déposition en essayant tant bien que mal de communiquer avec nous dans sa langue maternelle.


Peter Molec bs 50-50.

« FALLAIT PAS ESSAYER DE FAIRE LES MARIOLLES AVEC THANOS À BARCELONE, IL EST DÉFINITIVEMENT PLUS FORT QUE NOUS… »

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Samu Karvonen Frontside Nosegrind.

De notre côté, nous étions limités à quelques vulgarités, le genre de choses qu’on apprend très rapidement quand on débarque dans un pays, comme « Malaka » (Bâtard)… Elle nous répondait par des « voulez-vous coucher avec moi ce soir » qui ne nous laissait pas de glace... Bref, ça a duré six heures pour une déposition d’une page recto verso. Un instant de folklore dont on se souviendra un moment ! Pour conclure et pour en revenir un peu à ce qui nous préoccupe dans ce magazine, Athènes est une ville qui pourrait bien devenir incontournable pour le skateboard en Europe. Des spots à foison, des locaux adorables, une inspectrice de police qui connaît l’essentiel en Français… Et dans notre cas particulier, l’accueil de Thanos, de ses potes et sa famille nous ont démontré que la vie peut rester agréable malgré une situation économique et politique difficile. Les Grecques vivent sous tension, marqués par la crise. Mais malgré une forte amertume vis-à-vis du gouvernement et leur situation en général, les gens continuent leur routine et surtout à garder le sourire et la fierté de leurs origines en nous rappelant que cette capitale est le berceau de la démocratie et de la libre-pensée. Grâce au skateboard, attention ressortez les violons, encore une fois, nous avons vécu des moments intenses, riches en rencontres et il ne faudra pas nous pousser bien longtemps pour qu’on y retourne…

Ta lèmè ssidona !

Hirshi Boardslide.

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SOMA GREECE VNTIZ TOUR  

Vntiz team went in greece where gods and goddess rule the world.

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