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Supplément au Palazzi A Venezia Juin 2023

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runo Walpoth est né en 1959 à Bressanone, en Italie, a fait ses études à Ortisei, dans le Trentin-HautAdige, où il vit actuellement, dans une maison vieille de 350 ans qui appartenait à ses parents. Walpoth a été élevé dans une culture de sculpture sur bois renommée et a continué sur les traces des membres de sa famille qui étaient euxmêmes des maîtres artisans. Il écrit : « Dans notre vallée il y a une tradition de 400 ans de culture de la sculpture sur bois. Mon grandpère et mon oncle étaient sculpteurs sur bois, j’ai donc grandi dans ce milieu ». À l’âge de 14 ans, Bruno a commencé son apprentissage de la sculpture sur bois, sous la direction de Vincenzo Mussner, lorsqu’il a travaillé avec lui à Ortisei à partir de 1973, embrassant les anciennes traditions de sculpture sur bois de la région des Dolomites célèbres pour les statues et les autels en bois ainsi que les poupées en bois produites par des artisans locaux. En 1978, il s’installe à Munich pour fréquenter l’académie Der Bildende Künste

jusqu’en 1984, étudiant avec le professeur Hans Ladner. Walpoth combine l’éducation reçue dans les studios Ortisei et leurs 400 ans d’histoire de la sculpture sur bois avec les techniques et les formes de la sculpture contemporaine. Une partie de ses sculptures sont souvent peintes dans des couleurs typiquement douces ; il utilise ces couleurs pour créer des vêtements, des cheveux et parfois la peau de ses personnages. Plus que de raconter une histoire à travers ses œuvres, Walpoth vise à capturer un moment d’isolement et d’introspection. Ses sujets sont rigides, plongés dans leurs propres pensées, et leurs yeux évitent souvent ceux de l’observateur. Généralement mieux connu pour ses sculptures en bois, Walpoth a également réalisé récemment des sculptures en carton et en bronze. Avec de nombreuses apparitions dans des expositions personnelles et muséales à travers le monde, le travail de Walpoth fait partie de nombreuses collections internationales. En 2015, l’artiste a participé à Personal Structure – Cros-

sing Borders, dans le cadre de la 56e Biennale de Venise. Bruno Walpoth est représenté par de nombreuses galeries en Europe et en Asie et a participé à des expositions individuelles et collectives à travers le monde. Son travail possède aujourd’hui une qualité à la fois animée et profondément intemporelle: «ses statues ne sont pas des objets, plutôt des créations presque animées avec des âmes, leurs sentiments nus pour le spectateur.» S’écartant de la tradition religieuse de la sculpture sur bois de sa terre natale, il emprunte un nouveau chemin, donnant vie à la matière ; le bois entre ses mains transcende les frontières de l’inanimé, devient vivant et le spectateur, tel un Pygmalion moderne, est fasciné par la chaleur et l’intimité du bois. Dans ce contexte, alors qu’il était lui-même un modèle très approprié pour le sculpteur Geppetto du conte de Pinocchio de Carlo Collodi, Walpoth a créé la sculpture en bois utilisée dans la version cinématographique de l’histoire de Matteo Garrone en 2019, avec Roberto Benigni comme sculpteur. www.walpoth.com PALAZZI 15 VENEZIA

L’OEIL DE LA FEMME A BARBE

Photo brunowalpoth

BRUNO WALPOTH

lexandra Fontaine est peintre, sculpteur, graveur et calligraphe. Quasi autodidacte, elle aime détourner le fait poétique et le mettre au service de son art. Ce sont les mots des autres qui donnent forme à sa peinture et sens à sa création. « Quand je peins, je ne sais jamais à l’avance ce que je vais faire. Je ne me demande pas ce que je vais peindre. Je peins d’ailleurs sans savoir ce que je peins, j’essaye d’oublier que je peins. Je me suis même demandée ces derniers temps : Qu’est ce peindre ? Peindre, c’est donner à lire l’invisible, c’est faire remonter à la surface des choses inconnues, et les rendre plus inconnues encore : mystérieuses. Alors, sur une feuille, une toile, un bout de bois… je jette de l’encre, de l’acrylique, du sable, de l’huile, et parfois même de l’acide… Je crée des coulures, des biffures et des taches. A partir de ces matières qui s’attirent ou se détournent, des paysages se forment, des chemins s’entrelacent, des gouffres se creusent, l’horizon se met en place. Ce sont des paysages qui n’existent pas, des paysages qui existent en moi, des territoires inconnus. » Que ce soit sous forme de sculptures, de peintures, d’installations ou de land art, l’inspiration d’Alexandra Fontaine s’enracine dans la nature, mais aussi dans la puissance de textes poétiques. À partir de paysages parcourus ou imaginés, de formes animales et végétales, elle s’approche au plus près du mystère de la vie et aussi de celui de la mort. маска – les Cent masques d’Alexandra Fontaine, Artcité (Fontenay-sous-Bois, 94), galerie LabelFriche (Nogentle-Rotrou, 28), La maison de l’Arbre (Montreuil, 93) En avril 1986, les premiers liquidateurs de Tchernobyl portaient des masques de la seconde guerre mondiale, totalement inutiles pour se protéger des radiations. Un raccourci saisissant de l’absence de considération pour des habitants plongés dans une catastrophe écologique sans précédent. (suit page 16)


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