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L’EURYDICE

Nouveau temple des Muses Estaminet littéraire & artistique jusqu’au 31 Dècembre 2018

Oeuvres de

Sophie Sainrapt

Boissons rares et féérie spectaculaires https://www.facebook.com/ EurydiceCabaret/ 79, rue Cardinal Lemoine 75005 Paris

armi les festivités humaines, celle qui a surement les origines les plus anciennes est celle qui se célèbre le 25 décembre. Et peut être, es-celle avec laquelle chacun d’entre nous entretient un rapport très personnel. Chaque année et maintenant de plus en plus avec les social media, se lèvent les protestation de tous ceux qui abhorrent Noël et toutes ces festivités récurrentes qu’ils estiment porteraient atteinte à leur liberté (sic). Pour ma part et comme pour tout un chacun, j’ai mis un certain temps avant de m’approprier cette festivité et à la faire mienne avec des manifestations et des attitudes qui m’appartiennent. J’ai néanmoins la nostalgie des crèches que, durant mon enfance et mon adolescence, nous organisions à la maison. Véritables chefs d’oeuvres de reconstitution en miniature d’un paysage imaginaire, notre crèche gagna plusieurs fois le premier prix, lors de compétitions organisées chaque année par notre paroisse. Plus tard, redevenu célibataire, j’ai eu plaisir à réunir tous les parisiens. parmi mes amis et connaissances qui étaient privés de famille par la distance ou par le destin. Mon séjour new-yorkais fut aussi l’occasion de Noëls inoubliables avec ma fille Stéphanie qui nous déguisa, ma compagne et moi même, en cadeau de Noël king size. Je sais qu’en décembre il n’y a pas seulement Noël qui arrive d’ailleurs à la toute fin du mois; pourtant tout est tendu vers cet épilogue et la nuit de Saint Sylvestre la termine avec élégance ou tragique fracas. Ce troisième numéro, pour la vingt neuvième année de la revue, est encore une fois la proposition d’un choix très éclectique d’artistes et de manifestations artistiques que nous aimons et que nous avons envie de vous faire découvrir et aimer. Nombre de ces artistes ont été filmés et/ou interviewés par nos soins en différentes occasions ; vous pouvez consulter sur le site vimeo.com ces documents à partir de l’adresse qui est indiquée à chaque fois, sur leur page. Récentes ou plus anciennes, ces images, que pour l’occasion j’ai consultées à nouveau pour vérifier leur pertinence, vous donnerons un aperçu de l’activité, de la production, de l’engagement de toutes ces personnes qui opèrent avec passion dans le monde de l’art. Je crois que nous avons de plus en plus besoin de cette production artistique, à chaque fois unique, de par son genre et de par son auteur, à l’encontre de toute autre production industrielle répétitive et absconse qui essaye de nous submerger à chaque instant et peut-être encore plus en ces moments festifs où le désir de faire plaisir à nos proches peut se satisfaire d’achats compulsifs. Offrir une oeuvre d’art à Noël, si petite soit elle, est un cadeau qui se perpétue dans le temps et, qui chaque jour, saura apporter quelque chose de nouveau à celui qui le reçoit. Offrir une oeuvre d’art, c’est faire découvrir un univers à ceux que l’on aime ou que l’on veut chérir, l’univers d’un artiste tout entier contenu dans son oeuvre si minuscule et intimiste soit elle. Offrir une oeuvre d’art est aussi la manière de soutenir nos artistes et de leur témoigner que leur production et leur effort à continuer dans cette voie ne sont pas vains. S’offrir une oeuvre d’art est aussi la garantie de pouvoir chaque jour se confronter à la beauté, dans un monde qui en a terriblement besoin et que nous pouvons dés lors aider à s’embellir et à changer pour le mieux. V.E.P. PALAZZI 2 VENEZIA

DOMINIQUE ALBERTELLI ominique Albertelli décrit une société “clonesque” faite d’attente, d’incommunicabilité, de silences... On ne se remet jamais tout à fait de son passé. En tout cas, il fabrique l’aiguillage qui nous guidera dans un présent où chaque jour nous réinvente. Dominique Albertelli, alors ethnologue et trentenaire, a passé une poignée d’années à la frontière de l’Amazonie et de la Guyane Française. Elle en est revenue pour ne plus y retourner. Elle fera l’Ecole Boulle « sur le tard », diraiton et se consacrera à l’art pour tout le reste de sa vie. Mais le constat qu’elle a dressé à son retour a impacté son travail d’artiste. «  Quand je suis revenue en France, j’ai trouvé que les Occidentaux avaient perdu beaucoup de leur instinct. J’ai eu beaucoup de mal à me réadapter. J’ai trouvé les gens très formatés, manquant de spontanéité, ayant peur de parler de leur émotions, peur du dialogue ayant des difficultés à dire, à accepter les autres... » Comment ne pas mesurer la coupure

entre ces deux mondes, celui de l’ultraréalité et celui qui se veut de plus en plus virtualisé, celui où l’emprise de la nature et de ses éléments est Constante, bien différent d’une société où les postures, les ambitions, les objectifs tiennent lieu de ligne de vie ? Les œuvres de Dominique Albertelli interrogent cette société-là, à travers un travail de figuration énigmatique. L’identité, l’humain, les relations entre les individus, le temps qui les sépare et les rapproche sont au coeur de la galerie de portrait anonymes qu’elle a composée durant toutes ces années. Quand ils ne sont pas en costume, ils ou elles sont parés de beaux habits nets, ils marchent ou sont assis, vont par deux ou trois, comme des clones, mais des clones ratés, car il n’ont pas pu échapper à la fatalité de l’altérité, comme en témoignent les légères différences dans leurs visages. Voire à la part d’animalité qu’ils aimeraient tant refouler. Ils ont alors des têtes de chiens, comme ils pourraient avoir celles de perroquets. «  Les chiens de Dominique Albertelli portent nos vêtures et singent nos attitudes et nos manies. », fait remarquer-

Christian Kroutzos qui expose l’artiste dans sa galerie clermontoise, »ils sont circonscrits très souvent dans des salles de conférence, prisonniers de leurs fantasmes et des délimitations qui leur tiennent lieu d’univers ». Françoise Monnin, rédactrice en chef de Artension, a cette très belle formule inspirée par ces êtres « qui savent prendre des forces en équilibre instable » : »des hommages à la margelle des puits ». Et puis tout d’un coup, l’un d’eux s’échappe, un homme mur à l’allure hitchcockienne, avec son crayon à la main (dessinateur?architecte?) et sa chemise déboutonnée. Il « travaille tant du chapeau » qu’il se met à l’ôter pour laisser respirer sa pensée et, furieuse audace, la laisser partir ailleurs. Autour de lui flottent des formes abstraites, organiques. Sans doute des rêves avortés... «  L’homme avec un grand H m’a toujours séduite, horrifiée, explique Dominique Albertelli. Je lis de la philosophie, je ne suis pas enfermée dans mon atelier. L’exclusion, la maladie, les discrimination me touchent  ». L’ethnologue révoltée n’a jamais vraiment disparu derrière l’artiste.

PALAZZI 3 VENEZIA

ominique Albertelli est née en France. Dès son enfance, elle voyage beaucoup notamment dans l’Océan Indien et plus tard en Amérique du Sud et en Amazonie. Elle vit plusieurs années avec deux tribus amérindiennes sur le fleuve Oyapok. De retour à Paris, elle suit les cours de l’Ecole Boulle de 1986 à 1990. Actuellement elle vit et travaille à Paris. Artiste peintre contemporaine elle présente une nouvelle peinture figurative forte, poétique et porteuse d’un certain mystère. Dominique Albertelli s’appuie sur ses couleurs pour renforcer l’impact de ses pensées. Son travail se présente comme une galerie de portraits d’anonymes mettant en avant l’intérêt qu’elle porte à la problématique de l’identité. Elle interroge la figure humaine dans toute sa complexité. Entre humain et animalité s’élaborent des questions de contradictions intérieures, d’absence et de présence. La notion du temps est constamment présente. Ses œuvres montrent les passages successifs de l’individuel à l’universel. Cette thématique est, d’ailleurs, alimentée en référence à Arthur Rimbaud: «Je est un autre». Soi et autrui, identité et différence: l’altérité reste au centre de ses préoccupations. www.albertelli.dominique.com

Photo Dominique Albertelli

métophile ami, non, ne sois pas morose, Car si l’été finit, nous autres, escargots, Avons de grands projets pour toi. Les parigots Enfin auront un lieu pour mêler leur chlorose. Viens avec nous, ribaud, mérite ta cirrhose, Franchis le seuil du bouge, écrase tes mégots, Et parle et joue avec manants, pachas, magots, Gouges, cocus, marlous… et n’écris pas en prose ! Panaméen gueusard, rejoins-nous mirliton, Viens te bâfrer fissa et gagner ton ulcère Sans oublier d’aimer Géronte ou Harpagon. Soudards, pousseursde-bois, gobeurs de brachycère, Larrons, castrats beuglant tous les Dies Irae, Nous vivrons tous ensemble avec nos chlamydiae.

Voir Dominique Albertelli 34 Bonaparte https://vimeo.com/261045790 avec Christian Noorbergen

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Palazzi A Venezia n. 3 Décembre 2018  

La mythique revue vous présente son numéro de Décembre ainsi que tous ses voux pour les festivités de fin d'année et vous attends l'année pr...

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