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NumĂŠro 127

vendredi 30 mars 2010


LIVE

SHAKA PONK SHOW DEVANT! Cinq gars, une fille et un singe...Vendredi soir, le groupe était au Liberté. Et on y était!

Shaka Ponk, c’est quatre musiciens, un chanteur, une chanteuse et un singe. Ajoutez à cela un cameraman-ninja et vous avez la troupe au complet. La saga Shaka Ponk débute au début des années 2000 depuis l’Allemagne où, via le label Edel Music, le groupe prépare son putsch hexagonal, avec à ce jour trois offensives : les albums Loco con Da Frenchy Talkin’ (2006), Bad Porn Movie Trax (2009) et, surtout The Geeks and the Jerkin’ Socks (2011). C’est cependant sur scène que Shaka Ponk n’en finit plus de se forger une solide réputation d’artificier : public chauffé à blanc, concerts survoltés, débauche de décibels et orgie d’images (faites maison) vérifiant la vocation multimédia du projet. Au Liberté, ce vendredi 30 mars, il est 21 heures quand les lumières s’éteignent et laisse place aux hurlements d’un public plus qu’impatient. Au centre, un grand écran circulaire, place attitrée de Goz, le singe virtuel qui sert de mascotte au groupe. Mais c’est surtout la place du véritable show : effets spéciaux, ombres chinoises, animation… On en prend plein les mirettes ! Frah et Samaha Sam arrivent sur scène, des chaussures jaunes aux pieds. Ils bouffent l’espace, dansent, sautent, s’amusent. Frah roule littéralement sur les mains des gens qui le transportent d’un bout à l’autre de la fosse, saute d’un caisson de basse de plus de deux mètres dans le public, puis bondit à nouveau… du haut d’un gradin. Aucun des membres du groupe, du

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Une « battle » s’engage entre Goz et le batteur. Une dernière fois, Frah se jette dans les bras de son public qui, déchaîné, le portera à bout de bras jusqu’au balcon face à la scéne. Il traverse toute la salle en roulant littéralement sur les bras tendus. Les fans de Shaka Ponk ont accès à une « Monkey TV » sur YouTube : chaque concert est filmé, avant, pendant et après, pour au final offrir des courts-métrages de 4 à 5 minutes sur chaque date de concert. Le succès de Shaka Ponk suit une courbe exponentielle notamment grâce à la dimension artistique du projet. Pour les membres du groupe l’image doit occuper une place essentielle. Le mélange d’énergies musicales (métal, dubstep, hardcore mêlés à du chant) participe également au succès singe jusqu’au pianiste en kilt, ne semble capable de du groupe. garder son tee shirt très longtemps. Il faut dire que Mais c’est surtout l’attitude l’ambiance est surchauffée ! scénique du groupe qui les rends incontournables: ils se donnent Je sais qu’on est supposé être des rockers avec complètement à chacun de leurs un cœur de pierre, mais quand je vous ai entendus sets et offrent des moments dingues crier au tout début, on était tous derrière le rideau à leur public. là-bas, et j’ai pleuré. FRAH

«

»

La très jouissive I’m Picky débride la voix de Frah, monté sur ressort. Les instruments prennent petit à petit le pas sur l’électro et sur les samples, obligeant les musiciens à sortir du cadre et à montrer qu’ils en ont dans les doigts et dans les baguettes. Dans ce tonnerre sonore, les effets graphiques se succèdent. De la jungle urbaine, on passe au domaine du cirque, avant de se jeter dans l’espace. La recette est efficace. Tout d’un coup, une évidence s’impose : on n’a pas vraiment entendu Shaka Ponk tant qu’on n’a pas vu Shaka Ponk.

Critique de Yo Phamtom


INTERVIEW

LADYLIKE LILY Rencontre avec une jeune femme qui défend une folk mélancolique et pleine d’âme, seule, avec sa voix et sa guitare.

Quelles sont musicales ?

vos

influences

Il y en a tellement !... Tout ce que j’ai écouté jusqu’à aujourd’hui. Beaucoup de musique celtique, à la maison, on en écoutait beaucoup. Ma mère était harpiste, j’ai donc baigné dans la culture traditionnelle irlandaise. Et ça s’entend, apparemment, quand je chante (rires) ! Et puis de la chanson française, de la folk, un peu de rock, un peu de pop... J’ai plutôt des coups de cœur pour des artistes, que pour des styles en particulier. En ce moment, c’est Baxter Dury. Quand je découvre un artiste que j’aime, je l’écoute à fond pendant quelques semaines ; ensuite, ça change. Mais ces derniers temps – je viens de passer 4 mois, enfermée, à enregistrer toute la journée pour mon nouvel album –, je n’ai pas franchement eu le temps d’écouter beaucoup de musique ! Dans l’album Get Your Soul Washed, une chanson vous touche-t-elle concert, à Paris, et cette fois-là justement, c’était particulièrement plus particulièrement ? fort. Après avoir raconté l’histoire du morceau au public, je l’ai C’est difficile !... Je les aime toutes, ce joué au piano – alors que je ne joue jamais mes chansons au sont toutes mes bébés et chacune d’elles a piano ! –, et j’ai senti que c’était très intense. Periods a donc une une histoire particulière. Par exemple, le histoire tout à fait particulière ; et il est plutôt joyeux et ensoleillé, morceau Periods qui parle de la grossesse contrairement au reste de l’album qui peut paraître assez sombre. de ma sœur est chargé d’émotions. Un jour C’est qu’au fond, il est annonciateur d’une bonne nouvelle ! – elle voulait un bébé avec son mari –, elle m’a annoncé qu’elle était enceinte. Comme Pouvez-vous nous parler de la création de nous sommes très proches toutes les deux votre album ? et que c’était la première fois, j’ai voulu J’ai commencé à écrire en août, après avoir pas mal tourné. J’ai lui écrire un morceau. Mais une dizaine de jours plus tard, elle m’a dit : « ben ressorti quelques morceaux que j’avais de côté, des morceaux que non, en fait, j’ai mes règles ! » (rires). Du je n’avais pas osé mettre sur l’EP parce que justement, ils étaient coup, le morceau est resté en construction trop dark. Ce 5 titres, c’était ma première signature et ce n’est pas – il n’y avait pas refrain, de fin, etc. –, et ce que je voulais présenter en premier lieu. Et puis j’ai composé de je l’ai appelé Periods, ce qui a fait rire nouveaux titres. Pendant plusieurs mois, j’en avais joué certains en tout le monde ! Je l’ai quand même joué, tournée ; j’avais vraiment envie de les mettre sur l’album ! Ça s’est tel quel, pendant quelque temps, jusqu’à donc fait assez rapidement sauf qu’après, l’enregistrement en luila naissance de ma nièce. Il a fallu que même a été très long. J’ai enregistré plein de sons moi-même ; Loïc, j’attende cet événement pour le terminer mon ingénieur son, en a enregistré pas mal aussi. Ensuite, je suis (rires) ! Et ce qui est très drôle, c’est que le allée en studio et c’est Damien Tillaut qui s’est occupé d’enregistrer soir où ma sœur a accouché, je le chantais en les voix, les batteries et de finaliser les arrangements. Quand je

A n m lbum y s so « Ge own ul t y wa ou Ep » sh r ed » «O

dis que l’enregistrement a duré 4 mois, ces 4 mois comprennent le moment où je me suis enfermée, celui où l’on s’est tous enfermés en studio, le mix et le master. Tout s’est enchaîné rapidement même si pendant deux mois, j’ai fait une vingtaine de dates en tournée. J’en ai d’ailleurs profité pour jouer de nouveaux morceaux, pour les tester un peu ; j’avais besoin de les sentir avant de les mettre sur le disque. Malgré tout, près de la moitié de l’album n’a jamais été jouée avant l’enregistrement et c’est toujours stressant de pas savoir comment le public va réagir. Pouvez-vous nous de votre premier Prickling ?

parler single,

Prickling est l’un des morceaux les plus anciens de l’album – quand je l’ai composé, j’étais encore en groupe ! – et il parle de cette excitation, de cette envie de partir en tournée et d’avoir des images plein la tête. Des images qui défilent au fil des kilomètres et qui se nourrissent des rencontres que l’on fait sur la route, et de cet espèce d’état d’ivresse où l’on est lorsque l’on voyage, comme ça, d’un pays à l’autre. A l’époque, je n’avais jamais ressenti tout ça, ce n’était qu’un fantasme. Aujourd’hui, je suis heureuse de chanter ce morceau parce qu’entre-temps, je suis partie en tournée – et je vais repartir en tournée ! – et ça y est, ce que j’attendais depuis toute petite, je suis en train de le vivre ! J’avais laissé ce titre de côté parce que toute seule, à la guitare, ce n’était pas pareil. Mais là, en retrouvant mes copains musiciens, j’en ai profité ! J’avais envie que ce soit une aventure commune, avec eux – on part bientôt en tournée ensemble ! –, alors on l’a enregistré. Je suis contente qu’ils figurent sur l’album parce que sur la route, tout ça, on va le partager. Propos recueillis par Sam Shaka

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du bruit dans vos oreilles

Mosquito  

Publishing_ Réalisation de la maquette d'un magazine musical (presse quotidienne régionale). © Violaine Papillon

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