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Bridge- Builder BBB#8, May 2014

‘COMMON GOOD & UNITY IN DIVERSITY CONFLICTS & ALTERNATIVE TOOLS’ BRIDGE-BUILDERS: Margalit BERRIET | Patrick SCIARRATTA | World Public Forum Dialogue of Civilizations | The Youth Association for a Greater Europe THINKERS: Kimon VALASKAKIS | Muhammad ASIF NOOR A PRACTITIONER: Prince Wilondja WABILIMA INTRODUCTION: Charles ROJZMAN IN THE NEWS: Global Atlas of Environmental Conflicts | Prince Wilondja Wabilima

B-B | n°8 | 2014

EDITORIAL By Ms Violaine HACKER Common Good Forum

Violaine HACKER Common Good Forum Facebook: Twitter: Scoop it !: YouTube:

Managing Unity in Diversity in theory and practice supposes to consider Conflict and Self-Interest in Deliberation. From national defense, to public health, or ample fish populations through clean dishes in the cupboard, collective action problems - such like the self-interest of those who will benefit provides an incentive to ‘free ride’ on the contributions of others - are often solved by appealing for contributions to a basic ‘moral core’ within each individual. This consists both of cognitive commitments to principles of duty, fulfillment of promises, and the like and of more emotionally-based reasons for making the good of others one’s own. In that respect, democratic deliberation often just means forging the bonds of solidarity that help solve collective action problems. They are supposed to arise from the many goods humans need that must be supplied jointly but are ‘non-excludable’ in the sense that once provided, no one can be excluded from their benefits. In that capacity, - and although democratic theorists are usually comfortable with and even enthusiastic about conflicting opinions -, it remains harder, both in theory and practice, to integrate conflicting material interests with a focus on the common good. One may be tempted to slip either into the position of praising only the common good and whatever political transformations occur in that direction or, in a selfassumed ‘realist’ vein, praising conflict as necessary, while denigrating the search for commonality as unrealistic, soft, or even hegemonic.

In practice the problem is that the institutions and procedures that help individuals engage in conflict can also obscure the possibility of a common good. Indeed the institutions and procedures that help individuals discover or create a common good can also obscure underlying conflicts. At the same time, behind closed doors the political actors are engaged in more bargaining than in open assemblies. Sometimes, however, all the talk in the world will not produce agreement, even those of the negotiated and bargained kind. In the pluralist ideal EDITORIAL 3 of deliberation and democratic decision, concern for self-interest is INTRODUCTION 4 morally and politically legitimate. Indeed, to clarify conflict and to By Mr Charles ROJZMAN facilitate genuine consensus, deliberation must in some circumstances actively legitimate self-interest. I think in practice, bargains can also BRIDGE-BUILDERS 6 create a form of solidarity based on the mutual respect of individuals By Mrs Margalit BERRIET who know that their counterparts understand them and their own By Mr Patrick SCIARRATTA By World Public Forum Dialogue of Civilizations situation realistically. The French movement of Le Personnalisme By The Youth Association for a Greater Europe and the French NGO La Vie Nouvelle1 is an excellent reference. This Bridge-Builder also represents an excellent occasion to show initiatives THINKERS 18 and opinion on the process of the Common Good, and more exactly on By Mr Kimon VALASKAKIS Conflict and Self-Interest in Deliberation. By Mr Muhammad ASIF NOOR A PRACTITIONER By Prince Wilondja WABILIMA


IN THE NEWS 27 In the news, Global Atlas of Environmental Conflicts launched in Brussels! From our correspondant, Prince Wilondja Wabilima

1 See the article of La Vie Nouvelle, in the Bridge-Builder #3 November 2013 on the Common Good & Ubuntu.

Common Good Forum Contact: 3

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INTRODUCTION nos problèmes. « Martin Luther King et Gandhi savaient que le combat était nécessaire, mais ils combattaient des adversaires, non des monstres », c’est toute la différence entre le conflit et la violence.

Pour lui, nous sommes dans un monde où le conflit est nécessaire, car nous vivons ensemble avec nos différences. Tous n’ont pas les mêmes pouvoirs, les mêmes normes, les mêmes valeurs, etc. Le conflit est donc inévitable, incontournable et indispensable, mais la question qui se pose est de savoir comment être en conflit sans violence.

Sortir de la violence par le conflit

Il faut donc un certain degré de confiance pour pouvoir rentrer en conflit avec l’autre, et coopérer dans ce conflit. Com muniquer, mettre des mots sur ce que l’on ressent, sur nos souffrances, nos frustrations, nos blessures, nos peurs, nos faiblesses. De ces échanges naît un sentiment d’humanité partagé et de fraternité.

La violence, dit-il, est, toujours, l’expression d’un besoin de sortir de l’impuissance, et/ou la traduction d’un sentiment de persécution. L’enjeu est de parvenir à sortir du cercle vicieux de la violence pour rentrer dans celui, vertueux, de la coopération. La coopération n’exclut pas les rapports de forces et elle ne fait pas disparaître les conflits, mais elle exclut la violence. Nous sommes dans la coopération à partir du moment où l’on cesse de diaboliser l’autre, et de le voir comme source unique de

By Mr Charles ROJZMAN

L’autre, n’est plus un monstre, il n’est plus entièrement mauvais, il est un être comme tous les autres, un adversaire avec lequel il est possible de se confronter et de sortir de l’impuissance.

Ouvrages de Charles Rojzman publiés en français

LIVING SIDE BY SIDE. Ending violence through conflict.


His professional experience on the field makes Charles Rojzman particularly qualified to show how, by making it possible for people, groups and institutions who hate or ignore each other to meet, links can be established and a stronger democracy emerge. This book presents the ways and means to help the development of democrats, individuals able to resist indoctrination and collective psychosis and to help change institutional functioning so as to encourage critical thought, responsibility and sociability.

- « Passer de la violence au conflit », Entretien avec Charles Rojzman, index.php/fr/les-violences-urbaines/ textes-de-la-revue/93-passer-de-laviolence-au-conflit

Charles Rojzman has elaborated a transdisciplinary method of social therapy. For the past fifteen years, he has been active in the deprived French « banlieues » where he animates workshops on community living and trains mediators and social workers to act in situations of crisis. Abroad, and particularly in the US, he leads actions on conflict and cohabitation between ethnic groups.

Quand la peur et la violence s’imposent au quotidien, la tentation est grande de se poser en victime et de considérer l’« autre » comme un ennemi. Comment sortir de cette spirale ? Comment faire face autrement à la violence et au racisme ? C’est à ces questions que s’attelait Charles Rojzman en 1998 dans son ouvrage Savoir vivre ensemble (La Découverte/Poche, 2001). Fort des multiples expériences et rencontres effectuées depuis, il propose dans ce nouvel ouvrage de prolonger la réflexion sur cette « thérapie sociale » qu’il mène depuis de nombreuses années en France et à l’étranger, dans les banlieues et dans les milieux les plus divers, consistant à transformer la violence en conflit. Car pour sortir de la violence, il ne s’agit pas d’éviter le conflit, mais au contraire de lui donner un cadre d’expression pour qu’il ne dégénère pas en haine. À partir de nombreuses expériences de terrain, l’auteur nous montre comment, en suscitant la rencontre entre des personnes, des groupes ou des institutions qui se haïssent, se méprisent ou s’ignorent, il est possible de sortir du sentiment d’impuissance, de restaurer le lien social et de contribuer à l’émergence d’une démocratie forte. Les outils proposés visent à former des individus démocrates, capables de résister aux endoctrinements et aux psychoses collectives, et à modifier les fonctionnements institutionnels pour favoriser l’exercice de la raison critique, de la responsabilité et de la sociabilité.


Créateur d’une méthode transdisciplinaire de thérapie sociale, Charles Rojzman - psychosociologue, enseignant dans plusieurs universités en France et à l’étranger - intervient depuis les années 1990 dans les banlieues françaises, où il anime des groupes de confrontation sur les questions du vivre ensemble et forme des acteurs de terrain et des personnels des services publics à l’exercice de leur profession dans un contexte de crise. À l’étranger (en particulier aux ÉtatsUnis et dans les pays du Caucase), il mène des actions sur les conflits et les cohabitations interethniques. Sa méthode transdisciplinaire de « thérapie sociale » consiste à aider les gens qui ont un problème collectif à résoudre, à se rencontrer et à travailler ensemble à un projet collectif. Il intervient dans de nombreux pays autour des questions de violence et de démocratie.

- « Les mots du conflit », Charles Rojzman, watch?v=R9CnbulpJ0k - News ! : A venir en mai 2014 : Les Entretiens de Common Good Forum, interview de Charles Rojzman

- La peur, la haine et la démocratie, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Provocation », 1999 (1re éd. 1992) - Freud, un humanisme de l’avenir, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Témoins d’humanité », 1998 - Sortir de la violence par le conflit. Une thérapie sociale pour apprendre à vivre ensemble, Paris, La Découverte, 2008 - Bien vivre avec les autres. Une nouvelle approche : la Thérapie sociale, Paris, Larousse, coll. « L’univers psychologique », 2009 En collaboration - avec Véronique Le Goaziou, Comment ne pas devenir électeur du Front National, Paris, Desclée De Brouwer, coll. « Provocation », 1998 - avec Sophie Pillods, Savoir vivre ensemble. Agir autrement contre le racisme et la violence, Paris, La Découverte, coll. « Poche Essai », 2001 (1re éd. 1998) - avec Véronique Le Goaziou, Les banlieues, Paris, Le Cavalier Bleu, coll. « Idées reçues », 2006

Liens externes - Site officiel de l’Institut Charles Rojzman : - Blog actu de Charles Rojzman : - Graduate Certificate in Diversity Leadership : ideal/CertificateinDiversityLeadership.html

- avec Théa Rojzman, C’est pas moi, c’est lui. Ne plus être victime des autres, Paris, Jean-Claude Lattès, 2006 - avec Théa Rojzman, La réconciliation, Paris, Jean-Claude Lattès, 2007 Contributions à des ouvrages collectifs - Pierre-André Taguieff (dir.), Face au racisme, t. 1 : Les Moyens d’agir, Paris, Seuil, coll. « Points essais ». - Max Pagès (éd.), La violence politique : pour une clinique de la complexite, Ramonville Saint-Agne, Erès, coll. « Sociologie clinique »,‎ 2003.) - Armen Tarpinian (dir.), Laurence Baranski (dir.), Georges Hervé (dir.) et Bruno Mattéi (dir.), École, changer de cap... : contributions à une éducation humanisante, Lyon, Chronique sociale,‎ 2007. - Anne-Laure Schneider (éd.), Toi, mon frère, toi, ma sœur. Écrivains, artistes et anonymes évoquent leur fratrie, Paris, Albin Michel, 2013. 5

B-B | n°8 | 2014

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BRIDGE-BUILDERS Memory of the future Mémoire de l’Avenir

By Mrs Margalit BERRIET, France Bridge Builder

Memory of the Future (MOF), founded by the artist Margalit BERRIET, incorporates multi-disciplinary competences of artists and educators (fine arts, visual and performing arts, music, words, etc.) working towards a greater knowledge of cultures, promoting intercultural understanding and exchange, via the tools of the arts, patrimonies and education. An international workshop network in cultural places, schools and social centers, in France, Germany, Turkey, Israel Palestine and Senegal, etc. connecting citizens, who both learn to appreciate and attest to the richness of cultural diversities.

and sources of artistic creations. Mysterious as they can be, symbols are powerful tools of communication, both universal and individual, and talk to our intelligence and to our senses. Via a practical approach, participants learn to read and understand a repertoire of cultural references & symbols which they incorporate in their acceptance of cultural diversities & comprehension, as in their own creations.

nous avons effectué une étude des collections de plusieurs structures culturelles parisiennes (Musée du Quai Branly, Louvre, Institut du Monde Arabe, Centre Pompidou, etc.) et proposons des parcours thématiques originaux intégrés à chacun de nos ateliers pédagogiques et adaptés à la diversité de nos publics car basés sur les éléments communs à toutes les cultures : symboles porteurs de sens et unissant la diversité des personnes dans une lecture intuitive et sensible des objets et œuvres de tous temps.

En 2013, l’association à non lucrative, loi 1901, Mémoire de l’Avenir a fêté ses dix ans, l’occasion pour nous de faire un point sur ses actions, ses fondamentaux mais surtout de nous projeter dans les ambitieux projets que nous souhaitons mener à bien dans l’avenir. Mémoire de l’Avenir est née de la volonté de lutter contre toutes les formes d’inégalités, de stéréotypes et de préjugés envers la différence, qu’elle soit physique, psychique, de genre, d’origine ou culturelle. Nous avons développé un travail de questionnement et de recherche pour construire une méthodologie originale basée sur l’art comme vecteur de rencontre et de dialogue interculturel et inter-individuel. Le constat initial que la méconnaissance de l’autre, l’ignorance et le manque d’éducation sont à l’origine de ces préjugés nous a logiquement menés à vouloir favoriser l’accès à la culture et à la connaissance pour tous.

Ces dix années d’actions nous ont également permis de développer des outils pédagogiques spécifiques pour l’intervention artistique auprès de tous les publics et, plus particulièrement des publics en difficulté. Chaque année, nous formons des artistes-intervenants à ces méthodes et organisons des ateliers en milieu scolaire, centres sociaux, structures d’insertion avec des enfants en zone d’éducation prioritaire, avec des handicaps divers, des familles de secteurs politique de la ville, des migrants, etc. toutes personnes a priori éloignées des institutions culturelles et n’ayant pas accès aux pratiques artistiques et au savoir et avec de nombreuses difficultés à acquérir une place au sein de la société, un respect et une écoute de leur expression singulière.

En effet, de tous temps, l’art a permis à l’homme de s’exprimer et d’aborder toutes les questions de la vie humaine (scientifiques, religieuses, politiques), depuis l’art pariétal jusqu’aux artistes contemporains qui, dans toute leur subjectivité, témoignent, critiquent et nous proposent de faire un pas de côté pour changer notre regard sur le monde actuel.

Des binômes d’artistes de médiums différents (théâtre et photographie, musique et arts plastiques, etc.) amènent nos participants à créer une œuvre collective qui est présentée lors de l’exposition annuelle de restitution de l’ensemble des ateliers. Il nous est apparu indispensable de construire des outils d’évaluation qualitatifs pour mesurer les effets réels de ces actions dans une réflexion conjointe avec nos partenaires.

Les pratiques artistiques permettent à chacun de s’exprimer d’une manière singulière, d’accéder à une plus grande

In our approach, participants instinctively learn to decipher the message conveyed by symbols chosen along paths within museums (from primitive to today’s contemporary art), but also borrowed from architecture, literature, music, body languages, cooking and other domains, etc. and thus realize they can ‘read’ and understand various societies and cultures. This collective ‘grammar’ of symbols allows them to discover mutual universal values, and cross-cultural similarities & diversities at once, a fantastic tool to fight with ignorance, as the cause of stereotypes, prejudice and of all forms of racisms. With art we can bridge among differences.

Identities and Transmission MOF’s programs aim to formulate and contribute, in the spirit of respect and reconciliation, to new outlooks for all generations, confronted with questions of individual & collective identities, acceptance, and transmission of distinctive cultural & historical memories, etc. Seeking to transcend habitual references and ways of thinking, the various programs propose an interactive ‘dialogue’ between Cultures, histories and an artistic activity on personal and collective level as sensitive and intuitive means of expression & comprehension to develop critical knowledge & thinking, respectful communication, and better self-esteem .

Mémoire de l’Avenir a étendu son activité à l’international avec des partenariats en Allemagne, Turquie, et en particulier avec un travail approfondi d’ateliers de dialogue interculturels et intercommunautaires avec des femmes et des enfants en Israël et territoires palestiniens et mène par ailleurs un projet de bibliothèque et lieu de savoir et d’apprentissage au Sénégal Casamance dans la communauté rurale de Diembering.

Conflicts and Alternatives MOF’s workshops aims to fight violence, conflict with all forms of artistic expressions; the arts is a privileged medium that allow to overcome linguistic, religious & political borders, and offer an original grid of lecture of society, at time universal, while facilitates questions & exchange on plural identities, diversities.

The main emphasis of our approach is underlying the assumption that our intuitive and creative side are an essential part of our logical construction & capacities to understand the world, produce ideas and messages. As they are jointly stimulated the senses of observation and creation become powerful means of communication and comprehension.

MFO offer a platform of expression to Artists, engaged in social & political approach to take part in workshop training, become actively engaged in workshop with the civic society as take part in A yearly final exhibition, bringing together participants’ work as well as the leading artists: A way to pursue the dialogue and exchange between participants and the large public, in Israel, Palestine, France, Germany, Senegal, etc.

The language of Art and Symbols The ‘language’ of art and symbols are ideal, amusing and most instructive tools in order to recognize mutual values, as well as to reinforce one’s own individuality, and appreciation of our differences. Symbolic representations and metaphors are at the same time the trace & reflect of humanity; living images,

MOF keeps open an intercultural space in Paris, where artists monthly exchange & perform via all forms of arts on all questions related to Humanity, society & its environment. 6

Mémoire de l’Avenir soutient également la création contemporaine dans sa galerie, qui présente chaque mois les travaux d’artistes locaux et internationaux ainsi qu’une programmation de rencontres, performances et débats autour des thèmes sociopolitiques qui nous sont chers.

ouverture sur soi, sur les autres et, par là, apporte estime de soi, confiance en sa place au sein du collectif et en son droit de parole. Ainsi, dans le même mouvement, l’ouverture se crée envers l’expression de l’autre, par le passage de l’individuel au collectif, du subjectif à l’universel.

L’ensemble des activités de Mémoire de l’Avenir est présenté au grand public, à nos participants et à nos partenaires chaque année lors d’une exposition dans un lieu partenaire. Cet événement est l’occasion pour nous de rassembler les productions des ateliers réalisés en France et à l’international, de présenter les travaux d’artistes et d’organiser des performances, conférences et débats avec des invités

L’action de l’association se situe sur quatre niveaux : la recherche, la formation, les ateliers pédagogiques et la programmation artistique. Dans une volonté de relier les ateliers de pratique artistique au patrimoine artistique et culturel ancien comme contemporain,


B-B | n°8 | 2014

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Mémoire de l’Avenir, Bridge Builder

issus du monde de l’art mais aussi de l’université, du monde de l’entreprise, des médias, etc. Mémoire de l’Avenir a ainsi pu toucher plus de 4000 bénéficiaires directs dans près de 100 structures partenaires (établissements scolaires, centres sociaux et foyers) au travers d’ateliersrencontres et, bien davantage lors de ses expositions et manifestations publiques. Après dix années d’activités, Mémoire de l’Avenir, parallèlement à ses actions, souhaite valoriser son expérience acquise, ses compétences, savoirs et savoir-faire pour établir une transmission de ses pratiques, outils, méthodes, actions, ressources et artistes dans le cadre de partenariats durables. En 2014 Mémoire de l’Avenir développera le projet de création d’un centre de ressources en étroite collaboration avec la maison pour tous Youri Gagarine de Champigny sur Marne (94). Ce lieu nous permettra de : - renforcer les liens entre Paris et Banlieue, entre des populations très diversifiées, - présenter des expositions thématiques associant travaux réalisés dans nos ateliers et œuvres d’artistes contemporains, - organiser des débats et rencontres autour de ces thématiques sociopolitiques et, éducatives - développer des formations à destination des acteurs du secteur éducatif, associatif ou artistique et d’y réaliser des ateliers pédagogiques. Ce centre est amené dans l’avenir à rassembler les ressources pédagogiques que nous avons construites pendant ces dix années d’activités : fiches pédagogiques d’ateliers, parcours musées, outils d’évaluation, etc. en une plate-forme numérique consultable par Internet et sur place. Nous souhaitons en faire un véritable pôle de recherche sur les questions de l’inter-culturalité, des

actions artistiques auprès des publics en difficulté, de l’évaluation, un lieu rassemblant professionnels, artistes, chercheurs, enseignants et animateurs pour la création d’outils partagés. Mémoire de l’Avenir s’engage également dans un nouvel axe de développement avec la mise en place d’actions au sein de structures professionnelles, publiques ou privées : administrations, hôpitaux, prisons, entreprises de tous secteurs. En effet, nous sommes convaincus que les questions d’estime de soi et d’ouverture aux autres ne sont pas présentes uniquement dans les secteurs de l’éducation ou associatif, mais concernent l’ensemble des acteurs de la société et, en premier lieu, dans le cadre de cohabitation privilégié qu’est le lieu de travail. Pour le développement de ses activités en France et à l’international, Mémoire de l’Avenir a bénéficié de soutiens précieux, aussi bien de la part d’institutions publiques que de financeurs privés : Ministère de l’éducation nationale, Ministère de la culture et de la communication, Ministère de la Ville, Ministère des affaires étrangères (pour nos actions à Paris et au Moyen-Orient), Agence pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSE), Région Île-de-France, Ville de Paris (Direction des relations internationales, Direction de la politique de la ville et Direction des affaires scolaires), Unesco, Consulat de France à Haïfa et Nazareth, la Fondation HSBC, la Fondation Seligmann, la Fondation SNCF, la Fondation RATP, la Fondation de France, la Fondation Juive de France, la Fondation Abbé Pierre, la Fondation Carla Bruni-Sarkozy. Ces soutiens ont permis d’aboutir à un travail de qualité et de constituer une équipe de 4 salariés permanents et de 35 artistes impliqués dans l’association. Dans l’objectif de poursuivre et développer ses actions et projets, Mémoire de 8

l’Avenir a besoin d’acquérir un partenariat durable pour : - poursuivre le développement de la recherche et de la production d’outils pédagogiques, - développer notre rayon d’intervention pour la transmission de nos méthodes, savoirs et savoir-faire, - assurer une plus grande stabilité des actions, - acquérir des équipements et obtenir des financements, - établir une pérennité de son équipe, Après dix ans d’activités, nous souhaitons véritablement entrer dans une démarche plus globale, dans une collaboration durable et active avec des structures ou institutions dont les préoccupations trouvent écho dans nos actions pour des ressources artistiques permettant le respect des différences et favorisant le vivre-ensemble. « Mon travail d’artiste inclut une recherche sur les relations humaines, qui repose notamment sur la conscience de nos émotions, de leurs causes et de leurs conséquences. Ainsi, à mon sens le travail de l’artiste ne se limite pas à la dimension esthétique de son oeuvre, mais va bien au-delà par son message, sa provocation, sa proposition, sa critique, sa réflexion et la communication qu’il va susciter. Par mon travail j’aime offrir aux personnes, comme à moimême, la découverte de soi, de l’autre et le respect de la différence. L’art et la culture peuvent contribuer à mieux nous connaître et aider à ce que « l’autre » ne soit plus un étranger, pour essayer de comprendre, de vivre et partager un monde dans toutes ses différences. C’est dans ce même esprit que j’ai choisi de créer Mémoire de l’Avenir. » Margalit Berrier

MÉMOIRE DE L’AVENIR, 45/47, rue Ramponeau 75020 Paris.

L’observation des symboles

Ses objectifs sont, - au-delà de toutes considérations religieuses et politiques - , de sensibiliser et de développer, à travers un regard et une expression artistique pluridisciplinaires, des outils de réflexion, de respect et d’écoute propices à la reconnaissance de l’autre dans sa différence, qu’elle soit culturelle, sociale, générationnelle, ou de l’ordre du handicap, du genre, de l’apparence physique, ou encore de l’orientation sexuelle.

L’observation des symboles devient un voyage dans l’univers des hommes, propice à susciter la découverte de l’autre qui favorise le rapprochement des individus. Nous proposons une mise en perspective intuitive des signes et des symboles retrouvés sur l’ensemble des continents, en tenant compte du temps et du sens attribué par chaque culture individuelle et collective. Ce cheminement chronologique, géographique et culturel permet de mettre en relief une grammaire universelle et intuitive des symboles. Il permet aussi de voir de quelle façon la mobilité des hommes a influencé l’évolution de tous ces signes de communication et a créé la diversité.

L’association intervient au niveau national et international auprès d’un large public : jeunes issus de quartiers défavorisés, en partenariat avec les écoles, collèges et lycées, ou avec les centres sociaux. Ces publics sont souvent issus de l’immigration, comme par exemple les participants aux Ateliers Sociolinguistiques, qui permettent, par l’apprentissage du Français, d’aider les femmes à sortir d’un certain isolement social lié à leur situation.

Bridge-Builder Nos actions sont menées par des artistes pluridisciplinaires, toujours par deux et appartenant à des domaines différents. Ainsi les publics sont amenés à créer dans des domaines aussi divers que les arts plastiques, la photographie, la vidéo, le multimédia, le théâtre, la danse, la musique, le conte, l’écriture, la cuisine etc.

Méthodes Notre programme d’actions artistiques et culturelles, au sein duquel chacun peut s’exprimer librement, ambitionne d’éveiller la curiosité au profit d’une connaissance et d’une écoute sensible, et de favoriser un mode de communication transversal, qui soit à la fois constructif et créatif.

Notre méthodologie s’appuie notamment sur le dialogue interculturel et une écoute sensible axée sur les récits de vie croisés, la création artistique d’œuvres individuelles et/ou collectives et la conduite de visites aux musées du Quai Branly, du Centre George Pompidou, l’Institut du Monde Arabe, le Musée du Louvre etc. Les restitutions de ces activités sont valorisées par des expositions internationales, annuelles et biannuelles, au sein d’un site culturel parisien de référence et au centre culturel de Nazareth.

Nos dispositifs, à vocation pédagogique, se fondent sur l’identification des éléments culturels universels, à partir desquels les divergences, convergences, apports mutuels et modes de diffusion sont étudiés. Notre objectif est d’appréhender positivement l’autre -valoriser la diversité interculturelle, interindividuel et pluridiciplinaires.

Elle permet de développer la confiance en soi, de se situer dans son environnement, de mieux connaître les éléments qui constituent les cultures et de prendre conscience de la manière dont chacun d’entre nous est aussi producteur ou victime des préjugés et des stéréotypes.

Désireuse de fédérer les énergies et de mutualiser les expériences, l’association Mémoire de l’Avenir mobilise les compétences d’artistes contemporains et de chercheurs de l’espace euro- méditerranéen afin de créer des outils pédagogiques et des manifestations artistiques singulières.

L’Erreur ?! Dans l’expression artistique, il n’y a pas d’erreur, car il existe autant de regards que d’individus. Ce que l’on nomme erreur est en fait une composante de la personnalité et de la créativité de chacun ; c’est en cela que les œuvres sont toutes différentes, singulières et uniques. Dans cet esprit, de nombreuses manifestations pluridisciplinaires sont régulièrement organisées par l’association.

Nos recherches sur le patrimoine culturel nous ont amené à conclure, comme l’affirme Emmanuel Anati dans La religion des origines, que « les différentes expressions artistiques des phases les plus anciennes, dans le monde entier, illustrent une typologie similaire, le même choix thématique, les mêmes types d’associations. Même le style s’inscrit fondamentalement dans une même gamme limitée de variantes. Il semble donc justifié de parler d’un langage visuel unique, d’une même logique, d’une même structure d’association d’idées et d’un symbolisme universel qui constitueraient l’essence mentale même de l’Homme dont l’empreinte, sous la forme artistique, est gravée sur les parois rocheuses de toutes les terres atteintes par l’homme avant l’écriture.»

Les objectifs sont de valoriser l’image de tout un chacun - amateurs et professionnels - et de rendre compte de la diversité culturelle. Ces expositions, performances, concerts, débats se déroulent tout au long de l’année à Paris au sein de notre espace interculturel à Belleville, galerie chaleureuse et conviviale ouverte à tous, dédié aux arts contemporains et privilégiant une démarche innovante et originale ou engagée.


B-B | n°8 | 2014

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Joint Concerts & Intercultural Sharings for Global Development. Testimony

By Mr Patrick SCIARRATTA, Executive Director, Friendship Ambassadors Foundation, U.S.A.

The fear of the other melts before the arts. Even when we put up our strongest defenses, that song gets stuck in your head or that simile on the dancers’ faces - and their joy in sharing who their culture says that they are, will never leave you.

Celebrating 20 Years of Leadership at FAFs 40th Anniversary:

A Joint Concert despite Cultural Diversity?

Music and Cross-Cultural Communication

Perhaps the yearning to bring audiences together under a common theme began when I was in theatre. First as an actor, then a director, writer, and finally producer of live theatrical performances around New York City; that is where I began my work. I write ‘live performances’ because I always made my theatre, free to the people, out of doors: al fresco, in the parks around my fair City. You see, I always wanted to truly connect, directly, with my audience. Most of the time, I wrote very sociallyaware scripts; often I would ask the audience to stay and discuss the topics that ran throughout the plot and characters.

However, in fact, the key of E Flat was the same in both languages, and music from Mozart to Smetana to Dvorak all read the same, too. That is when it dawned upon me: music is the sole key to unadulterated, crosscultural communication.

All of my theatre company’s plays were musicals; all of them ended in the end of the world (we really wanted the audience to find alternative endings during our discussions).

Before my eyes, during rehearsals among classical musicians and singers, and later between dancers from very different parts of the world, I saw communication, exchange, and cooperation on a level almost impossible to achieve within the world of words.

So, when I saw a job posting in the New York Times (pre-internet, before was anything more then a potential Japanese horror film), I learned of a position at a foundation where the arts were used to advance global peace. Intriguing.

On my first cultural exchange, in then Czechoslovakia, two choral ensembles came together to sing in a beautiful old church, off the main square. in Prague. It amazed me that two large groups of people, from different communities, in different parts of the world, would try to make a joint concert, when they could not even speak the same language nor shared the same political system. In fact, I recall reading an inter-language dictionary that explained: ‘Some words in Czechoslovak are very different than English words, but some are similar, such as ‘chleb’ for ‘bread.’’ That was similar?! I thought: we are in trouble here.

Friendship & ‘Cultural Diplomacy’ Friendship Ambassadors Foundation was like string theory; a set of rules, including pitch, timbre, harmony, and vocal acuity, unknown to the common viewing audience but a virtual, vibrating code that unlocked a mystery of cooperation and friendship like I had never known it before. 10

Many of us know this as ‘cultural diplomacy’ and hardly marvel at it. Indeed, it was often used, when I was young, to intimidate rather than communicate.

our strongest defenses, that song gets stuck in your head or that simile on the dancers’ faces - and their joy in sharing who their culture says that they are, will never leave you.

I saw the Bolshoi in Hungry, ensuring that the Magyars never thought they could be as spectacular as their Muscovite comrades. I saw one of America’s most famous pop stars, a well-known black singer named Diana Ross, used as manipulation throughout Latin America in the 1960s, making the false case that all black women were equally respected back home.

Long-term Sharing of Mature Ideas for Global Development For twenty years, I have personally witnessed these arts exchanges turn into volunteer service projects, and later into long-term sharing of mature ideas that induce and improve global development. The Foundation I lead moved from concert and other music/dance exchanges, to FAFs Service Ambassadors, the Annual Youth Assembly at the United Nations, and the beloved Rhythms of One World Music Festival (now celebrated annually and worldwide as a way to recognize ‘We the Peoples’ and the very United Nations Charter, itself).

So, more than ever, I felt the need to ‘get it right.’ To ensure that cultural diplomacy meant intercultural sharing, mutual understanding, respect, and a cooperative style that could be replicated anywhere, by any two communities using music, dance - the arts - as their guide to translations, cultural relationships, and yes, eventually, peace-building among civilizations, especially where cultural strengthening was needed most.

My Personal Experience and Vision

The United Nations and the Art as a soft tool

I see its fruits everywhere, even in our tragically unstable, and hateful world. In fact, it always occurs to me that the worst of the hate, ignorance, fear, and pain, resides in the very places that lack the soulful exchange that the intercultural sharing of the arts engenders, each and every time, everywhere on the planet.

After years of making these programs, I remembered that the former Secretary General of the UN, Kofi Annan, went on our first exchange. He was followed by our US Senator Jay Rockefeller, on three programs; Romanian Ambassador to the UN, Her Excellency Simona Miculescu, who has reached a higher diplomatic post than any other Romanian woman in modern history, was a regular participant in our exchange concerts; then three astronauts; Mother Teresa – they all partook in FAF programming. Singing, volunteering, working together, sharing without language as a barrier, and making friendships that have lasted lifetimes.

It is hard to imagine the arts having a place in the scene that is currently taking place in the Baltics, over so-called Russian aggression - or populist uprising, depending on how you view the conflict. But remember back to Tallinn, Estonia, Ukraine’s other neighbor. In the 1980s, when told by the Soviets that they could not sing their national anthem, they gathered together, and with thousands of other international singers, in numbers close to half a million, to sing their national anthem and folk songs with pride. The Baltic Spring, an early Green one turned Orange in Ukraine, began with music as the only ammunition.

Many still denigrate and dismiss the arts as a soft tool, where in many cases harder ‘diplomatic’ arm-twisting is preferred. However, it is only by painstakingly clearing the cultural ‘brush’ before and between us that we can truly see the other in new ways. The fear of the other melts before the arts. Even when we put up

And so it shall occur again. And Again. The arts – and the truth – shall set us free.

After a full year of interviews, where 280 applicants were whittled down to one person, me, I learned that the company that was hiring me was nearly $1,000,000usd in debt. 11

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The Rhodes Forum and the formation of a multi-level system of relations

By World Public Forum Dialogue of Civilizations

The World Public Forum “Dialogue of Civilizations” (WPF DoC) is an international non-governmental European-based organization which supports and develops dialogue among civilizations since 2003 and en-

The initiative for the Forum initially came from representatives of civil society and members of nongovernment organizations from several countries and has a unique public legitimacy. Legally the WPF ‘Dialogue of Civilizations’ exists as an international non-governmental organization, registered in Vienna (Austria) in 2006. It is also a Russian public foundation of the same name, registered in Moscow in 2007, as well as a network community of dozens of international non-governmental organizations, representing every continent in the world, several friendly forums and several hundred independent intellectuals and public and religious figures. Dr Vladimir Yakunin (Russia) is the Founding President of the WPF DoC. The Co-chairmen of the Forum are federal Chancellor of Austria (2007–2008) Alfred Gusenbauer and Professor of Notre Dame University Fred Dallmayr (USA). World Public Forum ‘Dialogue of Civilizations’ - European Headquarters 4/11 Stubenring 1010, Vienna, Austria E-mail: Web-site: Russian Headquarters 42/5 Pokrovka Str. 105062, Moscow, Russia E-mail: Web-site: Facebook: The Forum works with different public institutions and organizations all over the world. Among them are: the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO); the Arab League Educational, Cultural and Scientific Organization (ALECSO); the Asia-Europe Foundation (ASEF); the International Progress Organization (IPO); and other nongovernmental organizations which form the WPF ‘Dialogue of Civilizations’ network.

joys the United Nations Economic and Social Council (ECOSOC) Special Consultative Status since 2013.

‘Today we have a unique opportunity to use our intellectual potential, our concerted positive efforts not to allow the world to be plunged into chaos of military catastrophes and destruction. What is needed in order to compile a picture of the contemporary world today is our joint competency based on valid ideas as to how to make the world a better place to live in, and with full confidence in the purposefulness of our actions. And it is in these conditions that the World Public Forum ‘Dialogue of Civilizations’ is launching its efforts in the format of an open and non-contradictory mechanism that will allow us to pool our efforts to shape the future and to work for the wellbeing of the whole of mankind.’ Dr Vladimir Yakunin – Founding President, WPF DoC.

‘The World Public Forum ‘Dialogue of Civilizations’ (WPF DoC) is a nongovernmental organization concerned with or committed to the cultivation of a global public forum in the context of a ‘dialogue of civilizations.’ The standard or goal of dialogue in the WPF DoC is not discussion for the sake of discussion, but the achievement or at least approximation of peace with justice. What the WPF founders and participants most intently are for is a world community in which societies and civilizations interact in the spirit of mutual respect and dialogical cooperation.’ Prof Fred Dallmayr – Co-chairman of WPF DoC and Packey J. Dee Professor in the Departments of Philosophy and Political Science at the University of Notre Dame (USA).


Objective of the WPFDC The objective of the World Public Forum ‘Dialogue of Civilizations’ is to combine the efforts of the international community in protecting humanity’s spiritual and cultural values, to organize constructive dialogue between the contemporary world’s major civilizations, and to promote multilateral relations in all spheres of public life. The Forum’s various activities are designed to develop, enhance and disseminate the culture of dialogue, bringing the spirit of cooperation and understanding into the daily lives of people from different cultures. In institutional terms, the Forum is a mechanism for involving civil society in the process of decision-making. According to the leading foreign experts on intercultural dialogues, the forum’s work over the last decade has made it possible to create a public, politically neutral mechanism to involve new non-governmental actors, as well as actors who are not registered from the perspective of traditional international law, in the interna-

formation of a multilateral system of relations within the space of a dialogue based on openness, pluralism of opinions, mutual respect and inclusion.

tional public system. First and foremost, this means international nongovernmental organizations (NGO’s), Trans-National Corporations (TNC’s), network communities and groups of civil society organizations and religious communities, transnational public movements and political parties, regional public institutes, international private foundations and separate personal initiatives.

If the existing, highly criticized model of international politics does not have enough resources to respond to the challenges that face the world community today, then the multilateral model of dialogue has all the necessary capabilities to seek and implement mechanisms and means to solve public problems on the international level.

It is precisely these actors, who have been excluded from international relations and politics, as the latest world events indicate, that have increasing influence in the international arena. If, in the process of the formation of a new world order, their interests were practically not considered or were’considered unworthy of serious attention, then now, during the formation of a multilateral world, the work of these very actors will become one of the decisive factors in the change in the existing international rules and institutions.

Pluralism of opinion and diversity The model of the dialogue of civilizations, which is used at the Forum as an alterna tive to globalization, is based on humanities cultural and spiritual connections and relations, unlike the neoliberal model (based on economic connections) and the cosmopolitan model (based on political and civil interactions) and the alter-globalization models (based on social connections).

A multilateral system of relations The Forum’s work is conducted in accordance with a set of principles that were affirmed in the first Rhodes declaration. From the very beginning, the Forum has based its work on the

Without excluding other aspects of human existence (economic, political and social) from the scope of its activities, the Forum


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interests. The dialogue of civilizations, directed towards creating and developing contacts between civilizations, builds up a new view of global interaction.

primarily focuses on the priority of humanitarian values in the interactions between people, communities and civilizations. In this way, the key object of political activity in the international arena become civilizations and cultural/political actors.

The work of the Forum is principally based on the idea that world civilizations have historically complemented one another. Now the time has come not only to call attention to their potential to complement one another, but to make that potential the decisive factor in global development.

Correspondingly, political power is also interpreted as the ability of intellectual and religious actors to make decisions and take distinct actions, based on the humanitarian values of the civilizations they represent.

The element of dialogue in the life of any community on Earth makes it necessary for dialogue to take precedence in the political and legal form taken by the interests of particular communities. Therefore, the world community is the sphere of intercultural and international cooperation, in which every citizen of the Earth can see their accomplishments truly realized and their rights legitimized by democratic means.

From the point of the view of the Forum participants, the humanitarian resources of civilization (contained in religion, culture, tradition, etc.) become the basis of the international political system, guaranteeing compliance with fundamental values: pluralism of opinion and diversity. In many ways, globalization furthers the development of processes of political and economic exclusion, and the mechanisms of dialogue make it possible to hold civilization back from sudden and contentious global transformations.

The dialogue of civilizations in contemporary circumstances is a unique public movement, covering the entire horizon of the global system to a level that enables discussion of every potential aspect of the primary international problems. Current World Public Forum ‘Dialogue of Civilizations’ activities focus on the reconstruction of a new image of the present-day multipolar world with the aim of transforming the existing social and political situation into the vision of future paths of development.

The element of dialogue in the life of any community on Earth In the circumstances of political conflict in recent years, states that are not included in the multilateral system of relations now lack the political space they need to maneuver and protect their

Programmes International Schools of Inter-Cultural Dialogue In 2010 the World Public Forum ‘Dialogue of Civilizations’ initiated the development and implementation of the international educational project ‘Schools of the Dialogue of Civilizations’. The UNESCO department of philosophy ‘Philosophy in the Dialogue of Cultures’ joined the project as a partner, and a series of non-governmental educational institutions became a tangible basis to implement the initial programs. The ‘Schools of the Dialogue of Civilizations’ project is intended to develop a culture of tolerance and respect, encouraging the students’ education in the spirit of the historical traditions of a multinational state. The project’s concept has already been developed and the Paris headquarters of UNESCO staged a session on intercultural dialogue and education; professors from the Russian Academy of Sciences Institute of Philosophy were involved in the running of teacher training courses for 40 schools from 16 regions of the Russian Federation. A detailed school curricular program was put together for the 9th and 10th grade classes; the aim of this program is to ensure that students learn about the values systems of the Chinese, Buddhist, Islamic, Western and Russian civilizations, examining them through the prism of a contemporary global cultural dialogue (justice, equality, freedom, human rights, rationality, faith, secularization, identity, etc). The WPF DoC Expert Publishing Project

The WPF DoC has been holding the Rhodes Forum annually since 2003. During the last decade the Rhodes Forum has become an effective mechanism of public involvement in the decision-making process. The main working principle of the Rhodes Forum is the formation of a multi-level system of relations based on dialogue, openness, freedom of speech and mutual respect. Over 600 people from more than 70 countries participate annually in the work of the Forum. The 11th annual Rhodes Forum held in 2013 was focused on the reconstruction of a new image of the present day multipolar world with the aim of transforming the existing social and political situation into the vision of future paths of development.


The project was launched in 2007 to unite the efforts of world-class intellectuals in production of a new concept of social development as an alternative to the existing neo-liberal model. At a time when the modern world was unequipped with any coherent ideological alternative, the WPF DoC jointly with the American Social Science Research Council had implemented the expert publishing project ‘Possible Futures’ book series by 2010. Three books were published under this project (‘Business as Usual’, ‘The Deepening Crisis’ and ‘The Aftermath: a New Global Economic Order’), presenting the key ‘big ideas’ capable of explaining from a new perspective the global changes occurring in the political economy, the social structure, ethics, and international law in more human terms. The latest book of the project, ‘22 Ideas to Fix the World: Conversations with the World’s Foremost Thinkers’, was published in the New York University Press in September 2013. In this book the most prominent scholars and practitioners of our day reflect on how the so-called Great Recession will influence the traditional understanding of how countries can and should function. With the help of expert interviews that turn into lively discussions, the book analyzes the geopolitical events of the past and offers forecasts for the future.


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BRIDGE-BUILDERS It also created a comparable project for the countries which are outside of the Erasmus space with the Erasmus Mundus Program. However, this program put often a lot of financial pressure on the students wishing to participate in this program. Erasmus Mundus is also designed to bring students to the EU and offer less possibility for EU students wishing to study outside of the Erasmus Space.

Toward a Common Space for Youth

An extension of Erasmus to the countries members of the Council of Europe and the CIS would have the effect of encouraging youth from across the continent to travel beyond the scope of the EU. The EU is arriving to the limits of its enlargement. It is time to decide to create programs which provide the advantages of a Common Higher Education Area with countries which are not destined to join the EU.

from the EU, CIS and Balkans

This potential program created by members States of the EU and the CIS will need the cooperation of governments through international organisations. The Council of Europe worked to create and develop common education areas in the region it covers. However, the Council of Europe is also an organisation working on political relations between States. Due to this role, the role of the Council of Europe on education and culture can be disturbed by political tensions in the organisation, like the recent events which took place in Ukraine.

By The Youth Association for a Greater Europe, Bridge Builder

This could open the way to the UNESCO as an International Organization working on Culture and Education, but there were also restrictions in UNESCO after it recognized the Palestinian Authority as a member of the organisation. Too often, education and culture are victims of the conflictive politics of States.

Fostering relations between Youth from the EU, the CIS and the Balkans. The Youth Association for a Greater Europe is an organisation created in 2012 to foster relations between youth from the EU, the CIS and the Balkans in the context of cultural exchange. This initiative is the first in its kind for exchange in the continent. Headed by Ms Lara Kaute, the Association supports projects where youth from the region work and collaborate together. It counts more than 30 full-time members based in France, Germany, Russia, Moldova, the United Kingdom and more. Cultural Exchange and Forum In addition to organising conferences the whole year with researchers and thinkers, the Association organises a week-long Forum with more than 200 participants between the 28th of July and the 3rd of August 2014 on ways to resolve the issues affecting the youth of the EU, CIS and Balkans. This forum is the opportunity for its participants to network and create projects together. These projects can take different forms, such as the Think Tank of the Youth Association for a Greater Europe which aims to inform youth and provides answer to the challenges of the Continent from the perspective of young people.

Toward a common approach More info on the Youth Association for a Greater Europe: Article written by Alejandro Marx, Public Relations Coordinator of the Youth Association for a Greater Europe. Alejandro Marx previously lived in Luxembourg, the United Kingdom, Czech Republic, Denmark and France while working for agencies of the OSCE and the EU. Lara Kaute, Head of The Youth Association for a Greater Europe, finishes her studies at Sciences Po in Paris. She speaks fluently several languages, in particular French, English and Russian.

Culture is also represented with the project ‘Journey of a Book’ which proposes youth from across the continent to contribute with short-stories on their countries to a book which will be later made into a short-film. Action with the support of international and institutional organisations Noticing that there are not enough programs to help youth from the EU, CIS and Balkans to meet together, the Youth Association for a Greater Europe decided to take action with the support of international and institutional organisations such as the Council of Europe, the French National Assembly and Senate. The Embassy of the Russian Federation also provides its help. The private sector is also supporting the Association with the presence of businesses of ‘Dialogue Franco-Russe’.

A common approach to the development of common area of higher education should also be the opportunity to give the means to education to not be dependent on tuitions fees paid by students. The development of Massive Open Online Courses is presented as a cheap alternative to courses carried out in the classroom. However, they do not provide the opportunity of exchange of ideas and common development that a classroom with students can. Often, new ideas are the result of the meeting of individuals with different ideas and background. The current policy of introducing high tuition fees and to cut financial support to students is affecting the opportunities of such exchange. In the EU, there is a huge gap between tuition fees paid by University students. Countries, such as the United Kingdom, rely on their international reputation to still attract students, despite the highest tuitions fees in the EU. Emerging countries have well understood that the attraction of foreign students to their universities will allow them to shape future international relations. When, their courses will be comparable to the ones in the European continent and if they maintain low tuitions fees, students from across the world will move to these emerging countries to enjoy a good education in economically growing States. Bridge-Builder The countries of the EU, CIS and the Balkans need to work together to create a common higher education area which will be able to provide education without high tuitions fees to the youth of the World. This common project is needed to unite youth in this time of tension in the European continent. A common project the Youth Association for a Greater Europe aims to make real.

Public policies and Education This initiative is taking place as a vanguard of the potential future policies that the countries of the EU and CIS could develop in particular in regard to higher education. The EU has created an amazing project with the Erasmus program for its members States.



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THINKERS truth from the marriage of opposites - an attempt to reach a golden mean from an avalanche of conflicting opinions. The desired outcome of the Triple S is a consensus or near consensus, acceptable to all or most of the participants.

The Triple ‘S’ Method: A New Tool for the Management of Complexity

If such a consensus proves unreachable, at least a short list of rival views should be arrived at, with key points of convergence and divergence. Quite often, apparent disagreements are actually misunderstandings, due to ambiguity and informatic ‘noise’. The Triple S is designed to reduce the informatic noise even when it does not achieve full agreement. Two or three alternative views are much more useful than a Tower of Babel of clichés.


Third, the method can prove to be an excellent teaching technique.The question and answer modes is much more enlightening than mere assertions. As Seneca once said: there is no such thing as a good answer to a bad question. We have to begin with good questions even if the early answers are just approximations. The Triple S method forces the participants to pose the right questions and eliminate the pseudo questions which so often plague trivial debates.

La Nouvelle Ecole d’Athènes / New School of Athens

In my latest book: BUFFETS AND BREADLINES, Is the World Really Broke or Just Grossly Mismanaged ? I propose a new-yet-old method for the resolution of complex issues: a contemporary version of the Socratic dialogues as immortalized in Plato’s works. It will be remembered that almost all of Plato’s contributions were written in dialogue format featuring characters with questions and answers, led by Socrates. In this article I will focus on an updated version of this method and its very promising potential as a strategic management tool . The actual thesis of Buffets and Breadlines, I will leave for a future post.

Dr Kimon Valaskakis is a former ambassador of Canada to the OECD and now president of the New School of Athens. He is the author of a new book: Buffets and Breadlines: Is the World Really Broke or Just Mismanaged ? available at and Amazon UK

ters to present ideas and thesis and, consequently, this last one, the eleventh, is more akin to a philosophical play. There were three reasons for this choice.

The intellectual metaphor underlying the book, itself the first volume of a trilogy, is what I call the Triple S Approach: Simulated Socratic Seminars. In this particular instance, I postulated that 20 eminent citizens have decided to meet in the island of Corfu with a self imposed mandate to change the world in three weeks !

First the advantage of confronting dialectical opposites. Dialectics comes from the Greek word for the debate of contrary positions and is central to the Socratic method. In my version, the fictitious Corfu seminar participants take on extreme roles and strive to defend them with eloquence. The Tea Party protagonist, for instance calls himself Earl Grey, like the popular tea. There is a Marxist, an ecologist, a historian etc. This allows me, as the author, to stay, nominally neutral and allow free reign to the exposition of all theories, even the most outlandish.

- Week One leading to Book One, Buffets and Breadlines is devoted to understanding the world as it is now. - Week Two / Book Two, not yet written, will describe one or more desirable worlds with the tentative title: Design Me A Better World.

Second, the battle is now between ideas and theories, not personalities and prejudices. In the Triple S, ad hominem attacks are superfluous. Indeed, the precondition for this type of seminar, is the willingness of participants to change their minds, if convinced of the opposite of their initial beliefs. Thus we are not in a must-win Oxford debating society mode or court case, where there must be a clear winner matched by a clear loser. More interestingly, the Triple S is a collective exploration of the

- Week Three / Book Three, will address the obvious question: how do we get from here to there, with the provisional title of The Odyssey Dialogues, in recognition of Ulysses long journey home to his beloved Ithaca after the Trojan War. Why did I choose this genre rather than the more classical ‘straight’ book? I have, so far, authored, 10 books and over 150 papers. But I have long been attracted by Plato’s use of charac-


An example of the pedaquestions approach, is the questions) found in most

gogical qualities of the good FAQ section, (frequently asked operating manuals.

These FAQ, anticipate questions and are often straight prose of the body users do not even bother to the FAQ.

and answer normal expected much more informative that the of the operating manual. Many with the main text and go directly

The superiority of the diaand ultimate resolution of issues is, in my view, so few authors have used it,

logue method in the unpacking complex, seemingly insoluble great, that it is surprising that so since Plato.

Aristotle, Plato’s student, used normal prose, instead, and only a handful of authors, in the history of world thought have been dialogue writers. Voltaire is one of them, but possibly the most famous one, using that genre, is William Shakespeare, Shakespeare’s plays are a treasure trove of advanced philosophy, spoken by his characters. Take one of his most famous plays Julius Caesar. Within in you have the opposition of basic political theories, the functions of governance, the dangers of tyranny and the rights and obligations of citizens. Applied to strategic management, the Triple S method has at least two huge uses. - First, it can be employed as a genuine ‘complexity buster’ reducing a thorny issue to a cogent ‘problématique’ - a series of questions which have to be answered in sequence, to arrive at conclusions. The technique can be used whenever decisions have to be made by a governing body, an evaluation committee or a group of scientists examining the validity of a theory. In fact, it can be used any time where there is genuine controversy. - Second is its potential as a teaching device. The Triple S can be used to jumpstart actual seminars between real people. For instance, the Buffet and Breadlines chapter on employment could initially, be play read collectively by the participants, in open session. On second reading new contributions by the seminar members can be proposed and the whole debate can be rewritten from scratch. The Triple S can also be used in pure teaching situations in regular university level courses, or in executive continuing education.

All told, the Triple S, is, in my view, a methodology ideally suited for our times and this is why we are making it the principal modus operandi of the New School of Athens Project (see But about the thesis of Buffets and Breadlines, the book ? This belongs to another article, but for the impatient, it is available on


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THINKERS Cultural pluralism in Pakistan

Cultural Diversity and Dynamics of Pakistan: Religion and Culture of ‘Mehmaan Nawazi’ By Mr Muhammad ASIF NOOR, Institute of Peace and Diplomacy, Pakistan

Pakistan, Politics and Perceptions on the Global Scene Pakistan is a land of thousands of faces; a country simply over flowing with cultural richness and traditional beauty. Whatever the preferences are, Pakistani culture and its people always use to display various colorful customs and traditions. However at present, post- 9/11 vagaries have ushered in an era of disruption of the world peace in general and distortion of socio-economic and cultural fabric of the region, wherein Pakistan lies; due to which the cultural diversity of Pakistan, its beautiful landscape, its rich cultural heritage is presented in a misguided way. Owing to its proximity to Afghanistan that was pinpointed to be the very hub of militant, terrorist organizations, Pakistan has borne and is still bearing the brunt of the so-called War on Terror. Despite its undaunted commitment to the cause of restoring peace in the whole world and its manifold though oft-ignored sacrifices for the very cause, its image, in the comity of nations, is often subjected to negative propaganda which ends up tarnishing the otherwise brighter, vivacious and peace-loving visage of Pakistani nation. Thus, this paper aims at bringing to light those very colors of the spectrum constituting culture of Pakistan that, otherwise, stand veiled in the dominant discourse of the world wherein Pakistan is dubbed to be one of the most insecure places on this planet earth, which is not the case. Pakistan: History and Geography

Mr. Muhammad Asif Noor is Founder, Editor-InChief of Pakistan’s First English/Arabic/Persian multi-lingual magazine with a theme objective of Peace Through Informed Dialogue. Mr. Asif is also Founder, Director of Institute of Peace and Diplomacy, Pakistan while he is also Pakistan’s country chapter coordinator for United Nations Alliance of Civilizations. In that respect, he is working with the Common Good Forum, French Champion of this international project: ‘Unity in Diversity – World Civil Society’. See the Closing Remarks by H.E. Mr. Nassir Abdul Aziz Al-Nasser, The UN High Representative for The Alliance Of Civilizations at UNAOC Informal Meeting: Unity in Diversity — World Civil Society:

Before proceeding further, a brief word must be said about the piece of land known as Pakistan that began its sojourn as an independent country of the world in 1947 after Great Britain partitioned the Indo-Pak subcontinent which it had ruled since mid 1800s. Spread over an area of 796,095 square kilometers, it is a land of fertile plateaus and snow-capped mountains; scorching hot deserts and mighty frozen glaciers and a country that is home to sixth largest population in the world. Geographically, Pakistan forms the northwestern part of the Indian subcontinent with India on its east, Iran on its west, and shares its northwestern border with Afghanistan and its northeastern border with China. The very dynamics of Pakistan’s geo-strategic location describes its prodigiously diverse and rich cultural legacy owing to its roots in the magnificent Indus valley civilization.


Asian tribes, is arguably the largest ethnic group in Pakistan accounting for 60% of the country’s population. Despite the fact Culture of any particular state encapsuthat Punjabis are concentrated mainly lates its language, lifestyles, folkways and in the region called Punjab (the land of mores, and acts as a lens through which five rivers), they are also present in other can be viewed the past, present and the provinces of the country as well. Simifuture of that area. larly Sindhis, the second largest ethnic group in Pakistan that makes up Edward Burnett Tylor, an eminent almost 20% of the total populaEnglish anthropologist known as Institute of Peace and Diplomacy tion of Pakistan, are said to have the father of cultural evolutionism, descended from Dravadians. defines culture as follows: Building Bridges Through an Informed Dialogue Muhajreens, another significant and mainly urban-centric Urdu‘Culture or Civilization, taken in Institute of Peace and Diplomacy (IPD) is an independent, speaking ethnic group making its ethnographic sense, is that non-governmental and not-for-profit think tank that aims up 6% of the total population, are complex whole which includes to provide strength to global peace through dialogue and descendants of refugees from knowledge, belief, art, morals, diplomacy by sharing knowledge, research, analysis and India that migrated to Pakistan law, customs, and any other policy development in the areas of, peace-diplomacy, after the partition of Indian subcapabilities and habits acquired peace-building, conflict resolution, conflict transformation continent. by man as a member of society.’ and conflict management. The main objective is to provide neutral space to stakeholders to share ideas, exchange Other eminent ethnic groups Cultural pluralism in Pakistan can views, experiences, understanding of the issues through include Pashtu-speaking people be studied in terms of three basic innovative research and practices worldwide. IPD aims called Pashtuns (constituting components put forth by Crawat connecting diverse groups and disciplines including about 12% of the total population) ford in his book The Politics of experts, researchers, academicians, non-government share their culture with Afghan Cultural Pluralism which states: organizations from across the globe working in conflict Pashtuns, and Balochi-speaking zones with the sole purpose of creating sustainable peace Baloch tribes, claiming their (1) Plurality is with relationship in countries and communities facing traditional and nontrakinship with Kurds, are present to an authoritative arena, the ditional security threats. mainly in the north-western part sovereign territorial state, of Pakistan. etc. Which provides sharply Peace Through Diplomacy, Education and Research demarcated boundaries within Each of the afore-mentioned ethwhich groups define themThe main objective is to provide neutral space to stakenic groups has its unique identity selves and each other, and holders to share ideas, exchange views, experiences, and has its own specific culture their interaction occurs; understanding of the issues through innovative research yet all of these are cemented toand practices worldwide. IPD aims at connecting diverse gether into one Pakistani nation. (2) Two or more socially and groups and disciplines including experts, researchers, Majority of them share the bond politically significant aggreacademicians, non-government organizations from across gates differentiated by cultural the globe working in conflict zones with the sole purpose of of common religion, that is, Islam which was, undoubtedly, the very criteria, etc.whose competicreating sustainable peace in countries and communities basis of freedom movement of Intion, interaction and conflict facing traditional and nontraditional security threats. dian Muslims that bore fruit in the constitute one important inform of an independent country gredient in the overall pattern for Indian Muslims known as Pakistan – include Urdu, Punjabi, Sindhi, Pashto, of political transaction in the polity, (3) the Land of the Pure. Therefore, religion, Balochi, Seraiki, Kashmiri, Brahui, Hindko The basis for these solidarity grouin particular context of Pakistan, secures and Potohari. Urdu is the national lanpings are commonalities or affinities some proportion of homogeneity in an guage and one of two official languages of ethnicity, language , race, caste, otherwise historically and culturally pluof Pakistan; the other being English. assumed blood ties, customs etc. ralistic society. Other religious minorities include Christians, Sikhs, Hindus, Parsis In the face of this enriching as well as By all three above-mentioned yardsor Animists and Buddhists. In regard potentially divisive cultural makeup of ticks, Pakistan is a culturally heteto Islam Sufism or mystical Islam plays Pakistani nation religion is doubtless a rogeneous country mainly divided into a significant role in the country and is cementing force that tends to unify cultufour provinces: Punjab, Sindh, Khyber known for its tolerance, and its numerous rally diverse aggregates of people into a Pakhtunkhwa and Balochistan, FATA rituals and mystical music. united nation. At large, five or six major (Federally Administered Tribal Areas), ethnic groups are distributed along whole PATA (Provincially Administered Tribal A society like that of Pakistan religion of the country that also maintain their Areas) and Gilgit-Baltistan. All these permeates into each and every aspect of majority in specific areas. For example, areas are territorially demarcated and are socio-economic and milieu so much so Punjabi ethnic group, that is believed to distinct from one another in many ways that it often ascribes uniform norms and have originated from Indian and West as regards various cultural symbols, that is, in terms of the languages and dialects the natives speak in, costumes they clad in, their rites of passage, climactic conditions, flora and fauna. It is said that, on a broader scale, almost 30 different ethnic groups, speaking almost 40 different languages and Dialects, reside in Pakistan. The languages claimed as mother tongue


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A PRACTITIONER traditions to the different sub-cultures thriving in Pakistan. In addition to celebrating Islamic rituals like 12th Rabi ul Awal, Eid ul Fitr, Eid ul Azha, Shab e Barat; other religions in Pakistan also have special festivals/rituals and holidays, with Christians rejoicing Christmas and Easter; Buddhist festivities include Baisakhi Purnima, Parsi revel New Year (Naoroz), and Hindus celebrate Diwali (Festival of Lights) and Holi (Festival of Colors). Hospitality in Pakistan Talking about the last sub-title of this paper i.e. Mehmaan Nawazi or hospitality in Pakistan; it is one such feature of Pakistani culture which is evident in the social interactions of all the Pakistanis irrespective of their affiliation to particular social strata, or to distinct and even divergent cultural backgrounds.

diverse social backgrounds and cultures charitably, socially or commercially, with kind and generous liberality into ones’s space to dine and/ or lodge temporarily. Although hospitality is one of the ancient and almost universal phenomena yet in different regions of the world the degree and the form of hospitality vary greatly and is dependent upon the immediate


context, however, in case of Pakistan the tradition and practice of Mehmaan Nawazi or hospitality is closely annexed to the religious as well as cultural legacy of the people of Pakistan. For instance, in tribal areas whose people are generally deemed to be rigid and orthodox individuals the tradition of Mehmaan Nawazi is the very part of their tribal culture so much so that hosts are supposed to sacrify even their own lives in order to ensure protection and safety of their guests against all odds.

Brotherton, Bob and Roy C. Wood. The SAGE Handbook of Hospitality Management. London: SAGE Publications, 2008. Print. Crawford, Young. The Politics of Cultural Pluralism. Wisconsin: University of Wisconsin Press, 1976. Print. Talbot, Ian. Pakistan: A New History. London: Hurst Publishers, 2012. Print. BIBLIOGRAPHY

Explaining Mehmaan Nawazi, Mehmaan means ‘guest’ and Nawazi means ‘to serve’. The equivalent word in English language is ‘hospitality’, which is essentially a phenomenon of human exchange, and hence plays its role in cultural assimilation particularly in the situations where hosts and guests belong to different cultural identities. Hospitality, as defined by Brotherton, is: ‘a contemporaneous human exchange which is voluntarily entered into and designed to enhance the mutual well-being of the parties concerned through the provision of accommodation and/or food and/or drink (90.)’ According to a modern and more comprehensive definition of hospitality given by Morrison and O’ Gormon: It (hospitality) represents a host’s cordial reception, welcome and entertainment of guests or strangers of

Anselmi, William and Kosta Gouliamos. Elusive Margins: Consuming Media, Ethnicity, and Culture. Montreal: Guernica Editions, 1998. Print. Blood, Peter R. Pakistan: A Country Study. Collingdale: DIANE Publishing, 1996. Print. Brooks, Stephen. The Challenge of Cultural Pluralism. Westport: Greenwood Publishing Group, 2002. Print. Crawford, Young. The Rising Tide of Cultural Pluralism: The Nation State at Bay. Wisconsin: University of Wisconsin Press, 1993. Print. Lashley, Conrad and Paul A. Lynch. Hospitality: A Social Lens. Amsterdam: Elsevier, 2007. Print. Malik, Iftikhar Haider. Culture and Customs of Pakistan. Westport: Greenwood Publishing Group, 2006. Print. Marriage, Sophia. Mediating Religion: Studies in Media, Religion and Culture. London: Continuum International Publishing Group, 2003. Print. Toffolo, Cris. Emancipating Cultural Pluralism. New York: SUNY Press, 2003. Print.

Moreover, there is a particular concept called ‘saughaat’ (speciality of a particular terrain) that is another corollary of mehmaan nawazi in Pakistan. Both hosts and guests entertain one another with the ‘saughaat’ of the area they have their abode in. For example, people who live in Multan present ‘sohan halwa’, that is considered to be the saughaat of Multan, to their guests. Likewise, people from northern areas are often seen sending dry fruit to their friends and relatives living in other provinces. This form of hospitality, characterized by exchange of ‘saughaat’ between hosts and guests, is not limited merely to food items and delicacies rather it extends to exchange of other cultural symbols as well. For example, people living in Sindh often present ‘ajrak’, a peculiarly-designed, shawl-type piece of cloth exclusive to Sindhi culture, as a souvenir to their guests. In this way, the very tradition of mehmaan nawazi becomes more than a mere commonplace social interaction a complex and enriching phenomena of cultural exchange whereby different subcultures mingle, and get acquainted with one another hence paving way for mutually-beneficial and peaceful co-existence of culturally diverse segments of the society.

Défis de l’expropriation des terres à l’Est de la République Démocratique du Congo : Le cas de l’entreprise minière Twangiza Mining By Prince Wilondja WABILIMA, RDC Africa

La province du Sud-Kivu constitue l’une des provinces minières de la République Démocratique du Congo. Les retombées financières de l’exploitation de ressources naturelles ne se font toutefois pas sentir aux plans du revenu et du quotidien de la population. Ces richesses naturelles ont même alimenté de nombreuses guerres dans la partie orientale du pays. Les gisements d’or semblent en effet être davantage rentables. Dans cet article, nous considérerons ainsi la mine d’or de Twangiza, l’une de quatre filiales appartenant à la multinationale canadienne BANRO Corporation. Celle-ci a acquis quatre propriétés exclusives de mines d’or le long de la ceinture aurifère de 210 km, de Twangiza à Namoya. La superficie totale des quatre propriétés va au delà de 2600 kilomètres carrés. Au Sud-Kivu, elles sont situées à Twangiza, Kamituga et Lugushwa et Namoya au Maniema. Cet article discutera des avantages potentiels, mais aussi des inconvénients notoires liés à l’expropriation de la société TWANGIZA Mining. des terres de populations de Luhwinja. Du contexte d’implantation de Twangiza Mining SARL à Luhwinja Bien qu’a priori zone agropastorale, la collectivité de Luhwinja constitue aussi une zone minière. En entrant à Luhwinja, on est impressionné par les nombres des personnes (hommes et enfants) avec bêches à la main, intensément occupés par l’extraction alluvionnaire de l’or. Le lit des rivières totalement défoncé ne forme plus que des petites rigoles discontinues où les eaux boueuses sont canalisées sur des morceaux d’étoffes en coton pour « piéger » l’or1. Plus de 5000 personnes (creuseurs, trafiquants, taxateurs, propriétaires des puits, femmes et enfants) vivent de cette activité sur le site « Gone » et « Mbwega », appelé communément « TWANGIZA ». Traditionnellement, ces sites appartenaient au pouvoir coutumier, et étaient gérés sous l’autorité du Mwami. Les lois en vigueur actuellement au pays stipulent que les sols et sous-sols appartiennent à l’Etat. A la faveur de cette législation, de vastes concessions ont été attribuées à la Société BANRO en vue de l’exploitation industrielle de l’or sur le site Mbwega, où la production prévue est estimée entre 4.000.000 à 7.000.000 d’once2.

1 Rapport OGP : Ressources Minières et Développement en RD Congo. 2 Rapport 2010 de l’Observatoire Gouvernance et Paix sur la Place de l’Or dans l’économie du Sud Kivu.



Prince Wilalonda Wabilima est expert agro-environnementaliste au Ministère de l’Environnement et de la Conservation de la Nature, RDC. Passionné par la gestion durable des ressources naturelles et par le développement durable, il propose aussi de consultance en matière du promotion de la jeunesse et du changement climatique. Il est membre de plusieurs organisations des Jeunes aux niveaux national, continental et international. Il est coordinateur à Jeunes Volontaires de Grands Lacs pour l’Environnement. Coordinateur à Jeunes Volontaires de Grands Lacs pour l’Environnement http://www.jevograleprojects.jimdo. com Co-fondateur Coalition Nationale de la Jeunesse Congolaise sur le Changement Climatique Founder Member of Youth4Results Network Voir aussi dans « News », ses activités actuelles.

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Conflictualité et conséquences pour les populations

b- La question du dédommagement

Depuis son arrivée à Twangiza en 2005, la Banro fut confrontée à un environnement hostile, compte tenu d’une partie de la population et des leaders locaux qui n’approuvaient pas cette irruption. La période de 2005 à 2009 a été donc caractérisée par de nombreuses confrontations, violences et manifestations. La population se voyait surtout privée de ses droits traditionnels, notamment le droit d’accès à la terre.

Avant le début de l’exploitation de l’or à Twangiza, Banro Corporation a commencé d’abord par chasser tous les exploitants artisanaux miniers, estimés à 450 personnes, dont les revenus provenaient de ce travail. Ensuite, Banro a délocalisé la population qui vivait depuis des siècles sur cette terre. Au moins 850 familles - estimées à plus ou moins 5.100 personnes - ont été délocalisées de leurs propriétés terriennes.

En dehors des creuseurs artisanaux, une grande partie de la population locale fut également confrontée au déplacement et à la dépossession. Après un recensement effectué en juillet 2008, 850 ménages habitaient dans le périmètre où l’industrie devait être installée. Souvent, des entreprises minières s’installent sans se préoccuper des réalités locales, ce qui constitue une source récurrente de conflits.

En guise de dédommagement, Banro Corporation a construit sur un autre site des maisonnettes en briques non cuites de 20m2 au profit de ces familles délocalisées. Ces maisonnettes sont exigües. Pourtant, comme cela est de coûtume, la famille de « BASHI », - communauté majoritaire de la province du Sud-Kivu, et tribu concernée -, se compose en moyenne de huit personnes. Une telle maisonnette se trouve donc bien trop exigüe pour la contenir. L’entreprise a certes construit des bornes fontaines pour l’alimentation en eau potable aux alentours de la concession minière en faveur de la population. Cependant, concernant les portions de terre à cultiver, chaque famille a dû se contenter d’exploiter un jardin potager dans la parcelle où a été bâtie sa maisonnette.

La délocalisation, - pour ne pas dire l’expropriation des terres des habitants de Twangiza -, a engendré des inconvénients notoires sur le quotidien des populations locales. Parallèlement, cette expropriation a aussi eu des avantages sur le développement socio-économique du terroir. 1° Quelques avantages de la délocalisation des habitants dans le site de Twangiza.

c- La question de l’économie favorable à l’emploi Au plan économique, notons un léger progrès favorisé par le développement du petit commerce, et la prolifération des activités génératrices de revenus (particulièrement les bars, hôtels, etc.). La prostitution aussi gagne du terrain, etc.

a- La RSE Dans bien de cas, les entreprises minières définissent les principes de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE) quant à leur impact sur l’environnement et le développement local. Le spécialiste Bonnie Campbell explique comment ce discours a émergé après la libéralisation du secteur minier, celui-ci qui a délégué un certain nombre de fonctions de l’Etat, comme la production des biens publics et la sécurité à des acteurs privés, - un processus qui a toujours davantage affaibli l’Etat3.

Il avait été promis, aux populations expropriées et aux creuseurs artisanaux miniers dépossédés, un emploi au sein de la filiale Twangiza Mining. Une partie de ces populations avait été embauchée en qualité de « manœuvriers» avec un contrat à durée déterminée. Selon l’entreprise, 875 anciens creuseurs artisanaux ont été employés pour des travaux variés en association avec la construction de la mine de Twangiza. Un autre lot de 400 anciens creuseurs artisanaux ont été formés dans différents métiers grâce à la participation de 5 ONG locales.

Souvent, des entreprises minières s’installent sans se préoccuper des réalités locales, ce qui constitue une source récurrente de conflits. La réglementation minière en vigueur en R.D.Congo (La loi N°007/2002 du 15 juillet 2002 portant Code minier de la RDC et le Décret présidentiel N°038 du 26 mars 2003 portant Règlement minier qui renferment l’essentiel des dispositions pertinentes en la matière encouragent les investisseurs étrangers) exige des entreprises minières la mise en place d’actions socio-économiques au bénéfice des communautés des milieux où elles sont installées. Banro Corporation a alors créé la « Banro Foundation » en charge des questions d’ordre social et philanthropique. Banro déclare prévoir dépenser 900.000 dollars américains annuellement pour des projets d’utilité communautaire. Une association à but non lucratif, dirigée par la « mwamikazi » [« mère-reine »], joue le rôle d’interface entre la Fondation BANRO et la population locale.

Malgré tous ces efforts, la faim et le chômage continuent à envahir cette communauté d’agriculteurs, et les éleveurs n’ont plus accès à leurs terres de culture, ni aux pâturages. d- La question des infrastructures La Fondation Banro a développé des infrastructures routières, tel le pont Ntianzo, près de Twangiza. La réalisation de la route BANRO est forte appréciée. Elle facilite la circulation de tous, y compris des gardiens de troupeaux de vaches et des exploitants et commerçants apprêtant la route Bukavu-Twangiza-Mwenga. Des marchés ont été construits en faveur du développement économique du terroir de Twangiza. Notons aussi la création d’hôpitaux (de Luhwinja), mais aussi d’écoles en faveur du bien-être de la population locale et l’éducation des jeunes. Le 22 août 2012, la communauté de Luhwinja, et la Fondation Banro ont procédé à l’ouverture de l’école élémentaire Bigaga. La nouvelle école, au service d’une population d’environ 240

3 B. Campbell, «Corporate social responsibility and development in Africa : redefining the roles and responsibilities of Public and Private Actors in the mining sector », Resources Policy, vol. 37, n° 2, juin 2012, p. 138-143.

élèves, compte six salles de classe, des bureaux d’administration et une bibliothèque4. La Fondation Banro a initié des cours d’anglais et d’informatique à Luhwinja, - ceci qui n’est pas inutile à la mise à disposition d’une main d’œuvre compétente. Dans ce même cadre, deux écoles avaient été dotées par cette même fondation d’ordinateurs. 2° Les inconvénients notoires de l’expropriation de terres à Twangiza a- La conflictualité mal gérée Sur le terrain, les relations entre les multinationales et les communautés locales se caractérisent souvent par différentes oppositions, voire des conflits violents, s’articulant autour de l’accès à la terre, la dépossession des communautés locales, le non-respect de leurs droits, leur exclusion dans la prise de décisions et enfin, la pollution environnementale causée par les activités extractives5. Souvent l’accès à la terre est disputé par des populations locales faisant état de leur « droit traditionnel » ou coutumier d’une part, face d’autre part aux entreprises minières se référant aux titres officiels6. Les entreprises sont souvent gagnantes à cause de leur accès aux ressources financières, matérielles et techniques7. Certains auteurs analysent les nouvelles résistances vis-à-vis des entreprises minières en termes de lutte contre la dépossession des populations locales8. Ces dernières ne s’opposent pas seulement à la dépossession de leurs terres, mais aussi à la perte de leurs moyens d’existence dans un sens plus large9. Par exemple, l’aspect de l’impact environnemental est présent dans la plupart des conflits opposant entreprises et communautés. b- Une longue histoire de lutte et de défense d’intérêts de la population locale L’expropriation de terres de population de Luhwinja par Banro Corporation, au travers de sa filiale Twangiza Mining SARL, a eu des effets aussi négatifs sur les populations habitants la périphérie de la mine d’or. D’abord la population a été dépossédée de ces terres héritées du pouvoir coutumier depuis de siècles et arrachées à leurs terres ancestrales. Cela a été à la base des différents conflits qui sévissent a Luhwinja jusqu’au moment de la rédaction de cet article. Autour de ces conflits, se cache une longue histoire de lutte et de défense d’intérêts de la population locale, dont nous ferons grâce de tous les détails. La période de 2005 à 2009 a été caractérisée par de très nombreuses confrontations, violences et manifestations.

Conflits entre la communauté et Banro Corporation Banro Corporation s’est lancée dans des processus de négociation afin de légitimer ses titres et se faire accepter par la population locale. S’est construite une alliance stratégique avec certains membres de l’élite locale, comme la mwamikazi, mais aussi le chef de poste, le représentant gouvernemental à Luhwinja. Banro Corporation s’est aussi appuyée sur sa « responsabilité sociale » qui, conformément aux principes de la RSE, stipule qu’une entreprise a l’obligation de contribuer au développement local et de réparer les effets négatifs de ses activités, afin de préserver la paix sociale dans la concession. En 2012, cette paix sociale semblait cependant menacée. En effet, il n’y eut pas de révolte violente, mais de plus en plus de doutes étaient émis concernant la légitimité de la mwamikazi. Repositionnement et enrichissement de l’élite locale Dans la concession de la Banro, les membres de l’élite locale se sont repositionnés afin de profiter de la présence de l’entreprise. Ils revendiquent la place d’intermédiaires entre entreprise et communauté. Ceci crée des sentiments de frustration au sein d’une partie 4 Source: website de Banro Corporation visite le 04/04/2014: 5 C. Ballard et G. Banks, “Resource Wars: the Anthropology of mining », Annual Review of Anthropology, vol. 32, 2003, pp. 287-313. 6 G. Hilson, « An overview of Land use Conflicts in mining Communities », Land Use Policy, vol. 19, n° 1, janvier 2002, pp. 65-73. 7 E. Fisher, « Occupying the margins: Labour integration and social exclusion in Artisanal mining in Tanzania », Development and Change, vol. 38, n° 4, Juillet 2007, pp. 735-760. 8 A. Bebbington, L. Hinojosa, D. H. Bebbington, M. L. Burneo, X. Warnaars, «Contention and Ambiguity: mining and the Possibilities of development », Development and Change, vol. 39, n° 6, 2008, pp. 887-914; A. Bebbington, D. H. Bebbington, J. Bury, J. Lingan, J.-P. Munoz et M. Scurrah, «Mining and social movements: struggles over Livelihood and rural territorial development in the Andes», World Development, vol. 36, n° 2, 2008, pp. 2888-2905. Bebbington et al font référence au concept d’« accumulation par la dépossession» qui a été introduit par David Harvey, The New Imperialism, Oxford, Blackwell, 2005. Voir également T. Gordon et J. R. Webber, « Imperialism and Resistance : Canadian mining Companies in Latin America », Third World Quarterly, vol. 29, n° 1, pp. 63-87. 9 R. Bush, «Soon there will be no-one Left to take the Corpses to the morgue»: Accumulation and Abjection in Ghana’s mining Communities », Resources Policy, vol. 34, n° 1-2, 2009, pp. 57-63, et J. Bury, «Livelihoods in transition: transnational gold mining operations and Local Change in

Cajamarca, Peru», The Geographical Journal, vol. 17, n° 1, 2004, pp. 78-91.



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IN THE NEWS puis le début de ses opérations, cette eau est devenue impropre à la consommation et à l’usage de la population utilisatrice.

de la population, qui nourrissait initialement de grandes attentes vis-à-vis de l’entreprise, et qui jusqu’ici n’en perçoit pas vraiment les retombées positives.


Au courant des plaidoiries au plan international, une ONG locale, APRODEPED (Action pour la promotion et la Défense des Droits des Personnes Défavorisées), a dénoncé la pollution de l’eau des sites de relocation des populations de Cinjira à Luwinja. Pour y remédier, Twangiza Mining SARL a procédé à la construction des bornes fontaines d’eau potable pour les populations environnant sa concession minière. Le problème environnemental persiste toujours. Des villages éloignés du rayon d’action de la mine de Twangiza, et qui utilisent l’eau de la rivière qui traverse la concession, continuent à subir des effets de la pollution. En conséquence, les populations villageoises concernées ne consomment plus l’eau de cette rivière, et n’y abreuvent plus leurs bêtes.

Licenciement prématuré des ouvriers manœuvriers Des centaines des manœuvriers ont été licenciés prématurément lors du passage de la construction à l’exploitation proprement dite. La situation a empiré avec la fin des activités d’exploration et de construction de l’usine, qui a provoqué la révocation de plusieurs creuseurs. L’exploitation industrielle, très mécanisée, n’offre en réalité que peu d’emplois à la population locale. Les creuseurs révoqués opposèrent alors une forme de résistance consistant à reprendre l’exploitation artisanale dans certains sites jadis fermés, comme Kadumwa et Lukungurhi. Pollution des eaux rivières

Ceci les contraints à aller à plus de 10 kilomètres pour trouver de l’eau potable. Il faut aussi signaler de cas d’arrestations et d’intimidations de certaines élites de la société civile locale, dont certains croupissent dans la prison proche de la ville de Bukavu, au motif qu’ils ont incités les populations de Luhwinja à refuser l’indemnisation proposées par Twangiza Mining.

Des Organisations Non Gouvernementales locales, ont dénoncé ces cas de pollutions des rivières aux abords de la mine d’or de Twangiza. Dans le processus d’extraction de l’or, la mine utilise du Cyanure, une substance nocive aux êtres vivants. Celle-ci est rejetée dans la rivière traversant la concession minière. De-

In fine, quel bilan retenir ? Cet article a permit de soulever les avantages et les inconvénients de l’expropriation de terres à l’Est de la République Démocratique du Congo. Il démontre comment l’arrivée d’une entreprise minière - via l’expropriation - contribue néanmoins au développement socio-économique du milieu d’installation. L’article démontre aussi les inconvénients de l’expropriation, ceux-ci qui priment largement sur les avantages. Malgré des améliorations au plan de l’infrastructure routière et sociale, une bonne partie de la population se confronte à la dépossession, ce qui engendre : le déplacement forcé, la perte d’un emploi, la perte des moyens d’existence traditionnels, et les lourdes conséquences socio-culturelles corrélatives.Il revient donc au gouvernement congolais de jouer son rôle de garant du développement de la nation et du bien-être socio-économique de la nation. L’entreprise Twangiza Mining avait en effet largement communiqué sur le respect des principes de Responsabilité Sociale et Environnementale qui la régit. Cela permettrait à la fois une cohabitation pacifique et le développement harmonieux et durable autour de la concession minière de Twangiza.

In the news, Global Atlas of Environmental Conflicts launched in Brussels! It allows users to search and filter across 100 fields and to browse by commodity, company, country and type of conflict. With one click ou can find a global snapshot of nuclear, waste or water conflicts, or the places where communities have an issue with a particular mining or chemical company. Click on any point to find the actors and a conflict description with the outcome and sources. Maps you create using the search and filter can be shared on your webpage or facebook. Featured maps will focus on issues ranging from fracking to conflicts over mega-infrastructure projects to maps on violent targeting of activists (and more). The Atlas is a product of the EU-funded EJOLT project. Over 100 people from 23 universities and environmental justice organisations in 18 countries plus dozens of independent collaborators from all around the world have joined forces to create this huge and valuable resource. The project is coordinated by Professor Joan Martinez-Alier and his team of ecological economists from the Autonomous University of Barcelona (ICTA-UAB). ‘The Atlas illustrates how ecological conflicts are increasing around the world, driven by material demands fed primarily by the rich and middle class subsections of the global population,’ says Martinez-Alier. ‘The most impacted are poor, marginalized and indigenous communities. They usually do not have the political power to ensure access to environmental justice and health.’ Over 2000 different corporations and financial institutions are involved. This includes many corporate and state actors from developed countries, but with growing participation from the emerging economies. While the map highlights disturbing trends, such as continuing corporate impunity for environmental crimes and the fact that 80% of the cases entail a loss of livelihood, it is also inspiring. Amidst the stories of environmental devastation, political repression and persecution of activists, many cases of environmental justice victories can be found. Court cases were won, projects were cancelled and sometimes, the commons were reclaimed. 17% of the cases in the map are considered environmental justice victories. The Atlas will make it easier to find information, connect with other groups working on related issues and increase the visibility of environmental conflicts. It can also be used for teaching and advocacy work. For the moment, the map is similar to ancient world maps, with good coverage of some areas and blanks spots. The goal now is to reach out to many new civil society organisations and researchers with specific areas of expertise and invite them to contribute to expanding the base of knowledge. A crucial feature of the project and the Atlas is that grassroots movements for environmental justice are the key for moving towards more just, equitable and less damaging forms of consumption and production. According to Atlas coordinator Leah Temper ‘Only once communities stand up and say we will no longer be polluted, will governments and companies change their behaviour.’



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In the EJOLT Atlas we can trace whether indigenous populations are involved or not in the one thousand conflicts we have collected so far. For Colombia, Mario A Perez showed that indigenous (pre-Hispanic origin) and Afo-Colombian communities are disproportionately affected by environmental injustices resulting in open conflicts. We guess the trend will be confirmed for Brazil and for indigenous populations in many other countries in Latin America, India and Africa.

From our correspondant, Prince Wilondja Wabilima, RDC, Afrique PROJET JEVOGRALE pour l’intérêt des jeunes autochtones et pour la protection de la forêt

Expert AgroEnvironnementaliste

Co-fondateur Coalition Nationale de la Jeunesse Congolaise sur le Changement Climatique Founder Member of Youth4Results Network

Coordinateur a Jeunes Volontaires de Grands Lacs pour l’Environnement

Parties prenantes au projet - La jeunesse autochtone pygmée - La population locale - L’autorité coutumière - Les services étatiques, Service de l’Environnement et Conservation de la Nature - La société civile locale, - Les bailleurs de fonds, agence de système des nations unies UNOPS. Le projet intègre une catégorie marginalisée, la jeunesse autochtone et cette jeunesse elle-même s’approprie le projet et la diriger toutes les activités du terrain et y apportent un soutien indéfectible pour sa réussite.

Photo 1. Distribution des plantules aux jeunes autochtones à Burhale

Statut et financement en faveur du bien commun de la communauté internationale

Le processus REDD+ (Réduction des Emissions dues à la Déforestation et la Dégradation Forestière et à l’augmentation du Carbone

Le projet a été financé par les jeunes membres de JEVOGRALE, pour l’intérêt des jeunes autochtones et pour la protection de la forêt congolaise. Pour sa durabilité et sa réplication dans d’autres milieux, il requiert un financement solide, en ce sens que le projet est financé par les fonds propres de membre de Jeunes Volontaires de Grands Lacs pour l’Environnement, qui sont en majorité des jeunes étudiants.

Le projet de l’implication des jeunes autochtones dans le processus REDD+ (Réduction des Emissions dues a la Déforestation et la Dégradation Forestière et à l’augmentation du Carbone) est né du souci de leur participation dans ce processus crucial, dont ils ne sont pourtant pas souvent intégrés.

Website of The Atlas: Website EJOLT team:

Notre cible en particulier a été les jeunes autochtones qui dépendent énormément de la forêt, tant pour leur survie que pour les activités quotidiennes, - mais aussi en tant qu’héritiers.

Page EJOLT: Facebook: Twitter: The Environmental Justice Organisations, Liabilities and Trade (EJOLT) project launched its Global Atlas of Environmental Justice:, a visually attractive and interactive online mapping platform detailing around 1000 environmental conflicts (and growing)


Par la suite, le projet renforcera son volet de coopérative pour permettre aux jeunes de s’autofinancer pour la protection des forêts congolaises, en tant que bien commun de la communauté internationale.

Grâce aux activités de reboisement, le projet consiste à impliquer les jeunes, et plus particulièrement ceux autochtones : dans le processus REDD+, et aussi via la création d’emplois en leur faveur, ainsi que la lutte contre le changement climatique.

Un projet mené par les jeunes autochtones au profit de la communauté Le projet est mené par les jeunes autochtones au profit de la communauté, pour la protection et la préservation des forêts, qui représentent le bien local et renvoie à l’intérêt mondial.

Différentes activités ont ainsi été mises en place et exécutées, dont la construction des pépinières, la production de plus de 5000 plantules, la formation et l’encadrement de 100 jeunes autochtones, sur les techniques agroforesteries, la gestion d’une pépinière mais aussi la production de plants. La création d’une coopérative de jeunes autochtones producteurs des plants a été mise en place. Notons aussi le reboisement dans différents sites de la région forestière de l’Est de la RD Congo, plus particulièrement au Sud-Kivu.

Ces jeunes interviennent dans toutes les activités, de la sensibilisation à la plantation, mais aussi dans le cadre du suivi et de l’évaluation du projet. Ils apportent leurs connaissances locales, en-sus de connaissances acquises au courant du développement du projet. 29

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La forêt congolaise, en tant qu’un bien commun pour l’humanité, contribue à l’équilibre écologique mondial, en absorbant une grande quantité de carbone, réduisant ainsi le changement climatique. Pour la durabilité cet action naturelle, ce projet apporte une valeur ajoutée certaine grâce à l’augmentation du couvert végétal dans cette région forestière, contribuant ainsi à la séquestration de gaz carbonique néfaste pour le climat mondial.

Common Good Forum Photo 2. Jeunes autochtones faisant le suivi des plantules dans la pépinière à Shabunda


Dans ce contexte, les jeunes ont-ils pu apporter les connaissances traditionnelles au niveau de la gestion des pépinières, cela dans la lutte contre les parasites qui attaquent les plantules en pleine croissance (pulvérisation de cendres produits par le bois forestier aux alentours du germoir), la combinaison des espèces forestières rares et les espèces exotiques. Perpétuer la culture pour les générations à venir Un aspect aussi plus important, au plan socioculturel, se situe dans la protection d’un site traditionnel, qui a été clôturé par des plantules de Grevillea Robusta. Cela permettra ainsi la durabilité de ce site, afin que les générations à venir puissent connaître leurs cultures, et vivifier le site en soi.

Chief Editor: Violaine Hacker Knowledge Manager and Graphic Design: Caroline Hacker Bauer

Credits Photos: Muhammad Asif Noor, Margalit Berriet, Global Atlas of Environmental Conflicts , Charles Rojzman, Patrick Sciarratta, The Youth Association for a Greater Europe, Kimon Valaskakis, Prince Wilondja Wabilima, World Public Forum Dialogue of Civilizations,

Photo 3. Démonstration des plantules à la communauté villageoise 30

Bridge-Builder #8  

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