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2.3 - La bazadaise : de l’outil agricole à l’amorce d’une fierté patrimoniale locale.

Même s’il est vrai que la fête des Boeufs gras se déroule à Bazas depuis 1283, c’est surtout durant les deux derniers siècles que la fierté locale pour ce patrimoine rural qu’est la Bazadaise s’est développée. Mais la transition effectuée par la Bazadaise d’un état d’outil agricole à une fierté patrimoniale s’est principalement impulsée sur la période de la moitié du XIX°siècle à la moitié du XX°siècle. Fête des Boeufs Gras de 1914

Source : Cahiers du Bazadais n°127

Utilisation de la Bazadaise pour le transport de bois.

Attelage revenant du champ.

Source : Archives municipales de Bazas

Source : Archives municipales de Bazas

Avant d’être une race à viande, la bazadaise était utilisé comme un animal de trait dans toutes les métaieries du Bazadais et même dans d’autres départements. Leurs qualités , robustesse, endurance et énergie permettaient à ces animaux d’effectuer de nombreux travaux à la fois dans les champs (labours, hersages...) mais aussi, de transport de marchandises (le bois dans les Landes, les vins et eaux-devie dans le Bas-Armagnac ou encore la pierre dans la vallée de l’Adour). Mais, au-delà de l’outil de travail ou du moyen de transport, la Bazadaise représentait déjà à cette époque un bien important et avait une place importante dans la société rurale, notamment par son commerce avec les départements cités précédemment.

«Depuis le moment de leur appareillage, les jeunes boeufs commencent à travailler. Ils font les labours légers, les hersages, et quand le dressage paraît suffisant (vers 18mois), ils sont conduits en foire. Là, ils trouvent un débouché dans le département des Landes ou du Gers, où ils vont aider aux travaux de la culture des terres légères de ces départements. Ou bien ils restent dans le pays, entre les mains d’un nouvel acheteur qui les gardera jusqu’à l’âge de trois ans. Ils seront de nouveau vendus, et vers l’âge de quatre ans, ils sont vendus soit pour labourer la vigne, soit encore pour travailler à l’exploitation des forêts dans les parties boisées du département […]. Vers l’âge de cinq ans, après avoir accompli une période de travail dans les conditions que nous venons d’exposer, les boeufs reviennent dans les contrées riches du Bazadais pour être engraissés. Ils sont achetés au début du printemps afin de leur faire consommer les fourrages de première saison»  M. Courrègelongue août 1893 36

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100 ans de Paysage - LE BAZADAIS - Vincent COLLARD  

Du développement d'une filière bovine "La Bazadaise", au paysage de son berceau _ 2016

100 ans de Paysage - LE BAZADAIS - Vincent COLLARD  

Du développement d'une filière bovine "La Bazadaise", au paysage de son berceau _ 2016

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