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L’argent, le pouvoir, les privilèges L’auteur Thierry Pech est directeur de la rédaction d’Alternatives Économiques. Il a été Directeur général des Éditions du Seuil après avoir créé et animé avec Pierre Rosanvallon la « République des Idées ». Il a notamment publié Les Multinationales du cœur et contribué à La Nouvelle critique sociale (Seuil, 2006). Son dernier livre, Le Temps des riches, anatomie d’une sécession, tente de percer le paradoxe d’une société contemporaine à laquelle les plus riches – ceux qui ont réussi, donc – n’appartiennent plus vraiment.

Thierry Pech

France

Le Temps des riches, anatomie d’une sécession (Seuil, 2011) (180 p.)

Thierry Pech parle de son dernier livre, Le Temps des riches : http://www.seuil.com/video-72.htm http://www.dailymotion.com/video/xmrwjj_thierry-pech-le-temps-desriches-anatomie-d-une-secession_news?ralg=meta2-only#from=embedplayreloff

Les riches ont largué les amarres : ils ont fait sécession du reste de la société. Leurs gains sont désormais sans commune mesure avec ceux de leurs contemporains et ils échappent toujours davantage aux filets de la solidarité. Cette situation n’est pas seulement moralement discutable et politiquement dangereuse. Elle est aussi économiquement absurde : aucune des théories échafaudées pour la justifier ne résiste à l’examen. Mais les raisons qui nous y ont conduits ne peuvent être cantonnées à la cupidité des individus, ni même aux décisions de telle ou telle majorité politique. Elles plongent leurs racines beaucoup plus profondément dans un compromis social et idéologique auquel nos sociétés ont collectivement consenti. Ont ainsi été réunies les conditions historiques pour que des élites désamarrées ressuscitent les clivages d’une société de rentiers et d’héritiers comparable à celle de la fin du XIXe siècle. C’est ce paradoxe que ce livre tente de percer : comment des sociétés envahies par un individualisme vidé de toute consistance morale ont organisé et finalement justifié la sécession de ceux qu’elles regardent à la fois comme l’accomplissement ultime de leur idéal et comme un symbole d’injustice majeur.

L’œuvre

La presse

Le Temps des riches, anatomie d’une sécession (Seuil, 2011) (180 p.) Rénover la gauche en Europe, Collectif (Renaissance du livre, 2009) (122 p.) La Nouvelle critique sociale, ouvrage collectif (Seuil, 2006) (122 p.) Les Multinationales du coeur, avec Marc-Olivier Padis (Seuil, 2004) (96 p.) Et ce sera justice, Collectif (Odile Jacob, 2001) (330 p.)

« Le souci de situer la problématique des riches en dehors du champ de l’idéologie donne tout son sérieux à cet ouvrage étayé, agréable à lire, lumineux. » Les Échos

Ressources

© Jean-Luc Vallet

Zoom

« Thierry Pech analyse pourquoi les riches ont fait sécession du reste de la société. Un essai passionnant. » Le Nouvel Observateur

6es Assises Internationales du Roman / Un événement conçu et réalisé par Le Monde et la Villa Gillet / Du 28 mai au 3 juin 2012 aux Subsistances (Lyon) / www.villagillet.net

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Rénover la gauche en Europe, Collectif (Renaissance du livre, 2009) (122 p.)

La Nouvelle critique sociale, ouvrage collectif (Seuil, 2006) (122 p.)

Les Multinationales du cœur, avec Marc-Olivier Padis (Seuil, 2004) (96 p.)

Et ce sera justice, Collectif (Odile Jacob, 2001) (330 p.)

En 1999, parmi les gouvernements des 15 Etats membres de l’Union Européenne de l’époque, 12 étaient présidés par des socialistes ou des sociaux-démocrates. En 2008, ils ne sont plus que 4 (et 7 au sein de l’Europe des 27). Une vingtaine de personnalités politiques, syndicales et académiques, belges et européennes s’interrogent dans ce livre sur les raisons de cette désaffection électorale de la gauche mais aussi sur les pistes à suivre pour que celle-ci redevienne la protagoniste politique des temps nouveaux. Un ouvrage « sur la gauche, par la gauche et pour la gauche  », comme l’écrit Bruno Liebhaberg, à la base de cette initiative. Loin des divisions, des courants ou des clans, il met en lumière la diversité des perspectives, et quelquefois même les contradictions sur des enjeux cruciaux tels que la régulation, la « flexicurité », la protection sociale, la croissance et la redistribution, la réforme et, enfin, l’Europe, objet de notre quête toujours inachevée de maison commune. Il relate également, parfois sous la forme de vibrants plaidoyers, les expériences du SPD en Allemagne, du PSOE en Espagne, ou encore des sociaux-démocrates suédois, signes d’une vitalité incontestable en ce début de XXIe siècle. L’exercice du pouvoir est historiquement un trait dominant de la gauche socialiste et socialedémocrate. À charge pour elle, maintenant, de rassembler ses compétences et ses concepts, et d’oser les changements nécessaires pour se renouveler et se relancer. Cet ouvrage y participe.

La société française a profondément changé depuis la fin des Trente Glorieuses, mais tout se passe comme si elle ne le savait pas encore. Elle en distingue sourdement les symptômes et en éprouve les manifestations les plus douloureuses (chômage, exclusion, insécurité sociale, ségrégation territoriale, sentiments de déclassement...). Mais elle peine à se représenter clairement les causes et les ressorts de ce bouleversement. Et, faute de se comprendre elle-même, elle manque des ressources nécessaires pour retrouver le goût de l’avenir et se gouverner collectivement de manière efficace. D’où l’urgence de fonder une « nouvelle critique sociale » pour donner à voir les antagonismes qui la structurent et lui rendre la force et la capacité d’évoluer.

Les grandes organisations non gouvernementales (ONG) comme Greenpeace,  Médecins sans frontières ou Oxfam ne forment pas un monde à part à l’abri du pouvoir et des eaux glacées du marché. Au contraire, elles s’inscrivent bien souvent dans un large réseau de relations avec les États, les institutions internationales et les grandes entreprises. Autrement dit, les lignes de démarcation d’hier sont devenues des espaces mitoyens où les «  multinationales du cœur » nouent volontiers des collaborations avec leurs nouveaux voisins. Cette face cachée de leur travail est le laboratoire d’une vaste redistribution des rôles entre les acteurs publics, la sphère marchande et la société civile. À l’écart des oppositions routinières et des procès faciles, cet essai tente de penser la complexité et la fécondité de ces relations. Car les grandes ONG y œuvrent de concert à la redéfinition des stratégies d’action publique, à la recherche d’une légitimité internationale et à l’expérimentation de nouvelles régulations du capitalisme. Un jeu où les adversaires supposés sont parfois les meilleurs alliés. Et inversement.

De la punition ou de l’impunité, quel est le plus grand scandale  ? D’un côté, nous nous émouvons des conditions dans lesquelles sont maintenus ceux qui peuplent nos prisons ; de l’autre, une évasion spectaculaire ou un odieux assassinat nous font réclamer plus de dureté à l’égard de ceux qui faillissent. Comment concilier équité et respect de la personne humaine ? Faut-il mieux prendre en compte l’intérêt et la souffrance des victimes ? Quelle différence alors entre punition et vengeance ? Une réflexion audacieuse et profonde sur ce que doit être le sens de la peine dans les sociétés qui se veulent « évoluées ».

6es Assises Internationales du Roman / Un événement conçu et réalisé par Le Monde et la Villa Gillet / Du 28 mai au 3 juin 2012 aux Subsistances (Lyon) / www.villagillet.net

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Thierry Pech