Issuu on Google+

Graines de lecteurs RĂŠcits

École Montaigne-Ferry - Classe de CM2


Histoire écrite par une classe de CM2 de l’école élémentaire Montaigne-Ferry (Lyon 6) Sofiane, Younès, Elizaveta, Dania, Lina, Cyrine, Mathias, Djallel, Anna, Yécine, Wysseme, Racem, Yohanna, Salomé, Lenny, Bélinda, Ambre, Pierre, Ludivine, Voltaire, Aglaé, Yoann, Kassandra Enseignante : Laurence Michel-Tchoukriel Avec l’aimable collaboration de François Place


Melting - Potes Tome 1


L’appartement que nous avions fini par louer à Lyon, et rénover tous ensemble était assez grand pour fêter notre réconciliation et notre emménagement. Nous avions réaménagé la cuisine pour agrandir l’espace. Nous avions décoré chaque pièce avec des objets rapportés de notre voyage. Chacune des pièces avait une particularité correspondant aux pays que nous avions visités. Nous avions invité tous nos copains et nos voisins à cette soirée où tout le monde devait venir déguisé. Nous attendions avec impatience les retrouvailles de nos deux « grands-pères ». J’avais prêté à Kimiko une longue djellabah blanche et rose ainsi qu’un grand foulard assorti. Jordan était déguisé en basketteur. Jessie portait une robe en madras que Jordan lui avait cousue pour l’occasion, ses cheveux bruns étaient entourés par un foulard du même tissu noué sur sa tête. Moi j’avais demandé à Kimiko de me prêter une robe rouge à grosses fleurs. Je portais un chignon que j’avais fait tenir avec des baguettes. Elle m’avait maquillée : fond de teint blanc et rouge à lèvres écarlate. Ludovic avait enfilé un poncho chilien et Stéfano était là aussi, bien sûr, déguisé en


Cette soirée avait failli ne jamais avoir eu lieu….Voilà comment tout avait commencé. « Moi je trouve cet appartement trop petit pour cinq ! s’exclama Kimiko devant ses futurs colocataires. - Mais ça fait au moins trois mois qu’on cherche. Celui-là est le moins cher et le plus grand ! dit Jordan. - Moi, je trouve qu’il est trop loin de la fac, » ajouta Ludovic. Je connais Kimiko depuis longtemps ; nous nous sommes connues à l’école primaire au moment où elle est arrivée en France avec ses parents. Elle est chinoise et la maîtresse m’avait demandé de travailler avec elle le plus souvent possible pour qu’elle apprenne le français. Ses yeux et ses cheveux noirs mettent en valeur sa peau blanche comme la neige. Passionnée par son pays, elle porte souvent des vêtements colorés et fleuris que je n’aime pas. Son caractère peut changer d’une minute à l’autre. Nous sommes restées très amies au collège puis au lycée. C’est elle qui nous a proposé à tous de vivre ensemble afin d’économiser de l’argent le temps de nos études. - Bon dans quel restaurant on va ? J’ai trop faim ! demanda Jordan. Jordan, je ne le connais que depuis le lycée. Il a les yeux noirs comme du charbon tout comme ses cheveux, coupés très courts. Il est métis, son papa est martiniquais et sa maman russe. C’est drôle, il ne pense qu’à manger, il adore le colombo de poulet et les choux à la crème ! Il cuisine presque comme un chef. C’est aussi un vrai moulin à paroles, il parle du matin au soir. Il adore le sport, surtout le basket, d’ailleurs c’est le meilleur joueur de l’équipe universitaire. Il aimerait bien rencontrer son idole Tony Parker. C’est aussi le plus beau gosse de la fac… et gentil avec ça. Je l’appelle mon petit chou à la crème. Le meilleur ami de Jordan, c’est Ludovic. Ils sont complètement différents. Ludovic est petit et maigre, ses yeux bleus et ses cheveux châtains bouclés lui donnent un air malicieux. Il porte de petites lunettes rondes qui cachent ses beaux yeux et le font passer pour un intello ce qu’il n’est pas ! Le voir affalé sur le canapé au lieu de réviser, ça m’énerve! Ludo n’aime pas le sport, ses loisirs se résument à regarder la télé, jouer à la console, iPhone, dodo et piano !


« J’appelle Jessie et Saphira, On se retrouve où au restau ? s’impatienta Jordan. -On n’a qu’à aller au Chinois, proposa Kimiko -Ah non, j’ai pas envie d’aller dans ce restau! répondit Ludovic -Bah alors choisis si t’es plus malin que moi ! ajouta Kimiko. - On va chez Stéfano manger des pizzas ! » décida Jordan qui y était déjà allé plusieurs fois avec Ludovic et Jessie. Chez Stefano midi et demie ! signé Jo. C’est à ce moment-là que je reçus le SMS de Jordan .Je n’étais pas venue à la visite de l’appartement ni Jessie d’ailleurs car nous avions toutes les deux un petit job d’étudiant que nos finances ne nous permettaient pas d’abandonner ! Le restaurant était petit et sombre. Au fond à gauche se trouvait la cuisine. Les murs étaient recouverts d’une vieille tapisserie déchirée. Le bar était proche des six vieilles tables en bois cachées sous des nappes multicolores. La salle était agrandie par une terrasse verdoyante, allumée le soir par des lampions qui lui donnaient un air de fête. Les serveurs portaient des vêtements chics : jupe noire et chemisier blanc pour les femmes et costume cravate pour les hommes. « Alors cet appartement, ça avance ? demanda Jessie, notre amie chilienne. Jessie était une belle brune à la peau mate et aux grands yeux bleus. C’était une fille un peu stricte, élevée par un papa très autoritaire. - On n’est pas d’accord, moi je trouve que c’est trop petit, Ludo que c’est trop loin de la fac et il n’y a que Jordan qui le trouve bien, expliqua Kimiko. - Ecoute Kimiko, t’as qu’à trouver un appartement plus grand et toi Ludo débrouille-toi pour en trouver un plus près de la fac ! Moi j’ai passé des heures à chercher des annonces alors que je bosse ! Ca suffit maintenant ! J’espère que vous trouverez un appartement, mais sans moi ! cria Jessie. Je la vis prendre ses affaires et partir en bousculant le serveur qui venait prendre la commande. - C’est ça laisse-nous Jessie la commandante en chef ! rajouta Ludovic. - Non mais vous vous croyez où jeune fille ? lança le serveur, surpris. Ce dernier s’approcha de notre table : - Qu’est-ce qu’il s’est passé ? demanda-t-il. -…


Melting - Potes Tome 2


- Vous avez réfléchi ? Qu’est- ce qu’il vous ferait plaisir ? - Sushi pour tout le monde, s’il vous plaît, commanda Kimiko. - Oh non ! Tu nous énerves avec tes sushis ! Se mit en colère Ludovic. - On est dans une pizzeria, quand même ! Tu délires ! ajouta Ludovic. - Tu vois, moi je propose, répondit Kimiko. - Non, tu rigoles, tu ne proposes pas, TU IMPOSES ! rétorqua Jordan. Moi je veux du Colombo de poulet avec du riz collant. - Et pourquoi on mangerait tous le plat traditionnel de ton pays ? questionna Ludovic - Arrête Ludo ! intervint Kimiko. - Stop avec vos spécialités, on est quand même dans une pizzeria, intervins-je. - Ludo, retourne à ton IPhone et toi Saphira la médiatrice, merci ! cria Jordan. -  Garçon ! Servez-nous des nouilles et qu’on en finisse, ordonna Kimiko. De toutes façons, les spécialités sont trop chères, moi je n’ai pas assez d’argent. Et si on partage la note…. Je pris la parole : - À quoi ça sert d’essayer de vivre ensemble si on n’est pas d’accord sur l’appart, si on s’embrouille pour choisir ce qu’on va manger au lieu de passer un bon moment ensemble, si on n’est pas capable de s’entendre sur l’addition du restau ? J’étais rouge de colère et prête à quitter moi aussi la pizzeria. À ces cris, le serveur s’approcha : - Quels cris ! Quelle ambiance ! Calmez-vous un peu les jeunes ! S’adressant au patron du restaurant : -Chef, il y a une bande d’étudiants qui est au centre d’un conflit ! Le patron s’approcha de la table, c’était un vieux bougre grassouillet, haut comme trois pommes et chauve, surmonté d’une toque de chef. Son visage ovale était troué de deux petits yeux noirs perçants de part et d’autre d’un nez crochu. Il portait des vêtements démodés, en partie cachés par un grand tablier blanc de cuisinier, ce qui le grandissait. Il prit la parole avec une voix douce et bienveillante. - Alors les gones, qu’est-ce qu’il se passe ? -  Ces jeunes n’arrêtent pas de se disputer, expliqua le serveur impatient. - Ca ne vous regarde en rien, dit Kimiko. -  Peut-être, mais moi aussi, j’ai été jeune, répondit Stefano.


-C’est cool, on s’en doute un peu mais… Jordan reçut un petit coup de pied sous la table. - Reste poli Jordan ! intervint Ludo - Voilà un jeune homme bien élevé, admit Stéfano. - Calmez-vous les gars, il me rappelle quelqu’un ! dis-je en chuchotant - Monsieur où avez-vous trouvé ce bracelet ? demandais-je en m’adressant au chef - C’est une jeune fille qui me l’a fabriqué et donné il y quelques années, répondit Stéphano - J’ai déjà entendu votre voix quelque part ! s’écria Kimiko. - J’ai déjà aperçu ces garçons et vous aussi mademoiselle, en regardant Jessie, mais vous je ne crois pas vous avoir déjà vue ! répliqua Stéfano. - Mais si ! C’est ça ! Souvenez-vous ! Vous étiez le cuisinier du self du collège et nous vous avions surnommé « Cuistodingo », C’est moi qui vous ai tressé ce bracelet ! On vous aimait beaucoup, dis-je. - Hahahahahaha « le cuistodingo » hein chef ! se moqua le serveur. - Tais-toi et retourne en cuisine ! s’énerva Stéfano. Mais bien sûr, comme vous avez grandi ! Ca y est ça me revient, vous étiez toujours ensemble Saphira et…. Ko..Ko miko, c’est bien ça ? Tout le monde éclata de rire. - Kimiko ! Pas Komiko ! - Mais pourquoi ne travaillez-vous plus là-bas ? Vous avez démissionné du collège ? questionna Ludo. - J’ai démissionné car je voulais ouvrir mon propre restaurant. - Et vous alors les filles, qu’est-ce-que vous êtes devenues ? demanda Stefano - Nous continuons nos études, répondit Kimiko On est tous ensemble à la fac… Soudain, une forte odeur de brûlé s’échappa de fond du restaurant, Stéfano nous laissa sans prendre la commande et partit précipitamment en cuisine. - Au feu ! Au feu ! hurlèrent en chœur les serveurs. En une seconde, paniqués, les clients évacuèrent la salle tandis que Ludovic composa le 18 sur son i-phone. Les pompiers arrivèrent très vite sur les lieux et déroulèrent les lances à incendie. Nous étions déjà dehors loin de l’incendie. - Je n’ai pas vu sortir Stéfano ! dis-je à mes amis. - Faut prévenir les pompiers qu’il y a encore quelqu’un à l’intérieur ! hurlèrent Jordan et Kimiko. Le capitaine, prévenu, envoya une partie de son équipe au milieu des flammes qui commençaient à faiblir sous l’action des lances. Nous étions très inquiets de ne pas revoir Stefano ressortir vivant de son restaurant. Heureusement, il ressortit, certes sur un brancard, mais vivant. Quel soulagement de revoir Stéfano. Il était sonné, mais conscient et nous fit appeler à son chevet. C’est à ce moment-là que Jessie, alertée par les sirènes des camions de pompiers, réapparut terrorisée. Nous étions tous un peu honteux de notre dispute en comparaison de la gravité de la situation et vraiment soulagés que Stefano puisse nous parler.


Melting - Potes Tome 3


« Quand j’avais votre âge, commença-t-il en chuchotant, j’ai eu presque les mêmes problèmes que vous, avec mes copains, sans arrêt des…. Il avait du mal à parler, mais il continua. On sentait qu’il avait vraiment quelque chose d’important à nous dire. - Des disputes. On n’arrêtait pas de se critiquer, de critiquer nos origines, nos façons de vivre et un jour, j’ai rencontré un homme qui a changé ma vie. Il s’appelait Si Xiang Jia , c’était un homme sage qui vivait la plupart du temps en Chine. Vous savez ce qu’il m’a dit ? « Tu ne connais jamais vraiment tes amis. Pour les connaître, il faut que tu découvres leur pays et ses paysages, leurs coutumes, leur manière de vivre, leurs croyances, leur religion…Pars découvrir le pays de chacun et tu reviendras, riche d’expériences qui te permettront de mieux comprendre ceux qui t’entourent. » - Alors, vous avez beaucoup voyagé ? questionna Jessie qui avait les larmes aux yeux. - Oui beaucoup ! J’ai beaucoup appris en voyageant et en écoutant les anciens. N’oubliez jamais cette phrase de celui que j’appelle le Sage : « Il faut que les plus jeunes apprennent de leurs aînés sans perdre leur audace ni le goût d’inventer. » - Est-il encore en vie ? Avez-vous gardé contact avec lui ? - Je ne sais pas s’il vit encore aujourd’hui, il doit avoir environ 80 ans mais l’année dernière il a pensé à me souhaiter mon anniversaire. - Savez-vous où il habite ? -La carte d’anniversaire venait de Shangaï, j’ai gardé son adresse. - À quoi ressemble-t-il ? - La dernière fois que je l’ai vu, il devait avoir cinquante ans… Par contre j’ai une photo de nous deux, il y a déjà une trentaine d’années, lorsque je l’ai rejoint en Chine au cours d’un de mes voyages. » Stefano sortit une vieille photo jaunie de son portefeuille. Si Xiang Jia était à peu près de la taille de Stefano. Son crâne était rasé et il avait une barbichette. Une de ses joues était barrée d’une cicatrice et un splendide dragon était tatoué sur son bras gauche. Nous avions atterri tous les cinq à Tlemcem en Algérie un beau matin de Juillet, fatigués mais heureux d’être à nouveau réunis et unis par un beau voyage qui nous avait été offert par Stéfano. Après l’incendie du restaurant, il avait fallu tout reconstruire, refaire la décoration et tout remettre en place. Nous avions fini de passer nos examens fin avril et nous avions du temps devant nous. Nous nous sommes retroussés les manches et avons travaillé dur pour remettre le restaurant d’aplomb. Fin juin, lors de la réouverture, Stefano, pour nous remercier de tout ce travail nous a offert des billets d’avion… Chacun d’entre nous devait trouver de la famille ou des amis pour tous nous accueillir : moi en Algérie, Kimiko en Chine, Jessie au Chili et Jordan en Martinique.


Il faisait une chaleur étouffante à Tlemcem, nous étions attendus chez ma grand-mère, Zaïa. Celle-ci possédait une grande maison suffisamment grande pour tous nous accueillir. Bien sûr, elle nous fit du couscous, des légumes gorgés de soleil et des pâtisseries délicieuses. Je fis visiter ma ville, à mes amis, le port et nous fîmes de belles excursions en montagne. Un jour, alors que nous dégustions des merguez au barbecue en compagnie de mes cousins, Jessie leur demanda pourquoi les femmes ici portaient des foulards, Ludo et Jordan ce que signifiait le ramadan. Un autre jour, nous partîmes en bateau nous baigner au large avec un de mes oncles. Les deux semaines prévues passèrent très vite et après avoir remercié ma grand-mère et tous ceux qui nous avaient si gentiment parlé et fait découvrir à mes amis notre façon de vivre, nous nous retrouvâmes à l’aéroport pour notre deuxième étape : Shangaï où nous avions bien l’intention et l’espoir de retrouver Si Xiang Jia. 20 heures de vol ! Une escale à Hong-Kong et devant nous, une vue étonnante. Nous étions au quinzième étage d’un building de Shangaï, dans l’appartement de la cousine de Kimiko. Nous surplombions une forêt de gratte-ciel toute illuminée ! C’était vraiment étrange ; le jour, la ville grouillait de monde et le soir tombé, plus personne. Nous avons beaucoup visité : la grande muraille de Chine, le jardin de Yu, la perle de l’Orient. Un jour, nous sommes allés pique-niquer au bord du Yangzi Jiang, le fleuve qui traverse Shangaï. Au restaurant, nous avons goûté au niangao, une sorte de galette de riz gluant et de poulet ou de poisson. La grand-mère de Kimiko nous a aussi appris à confectionner des raviolis. Il y a une quantité incroyable de mets et des spécialités différentes. « Tout est coupé en petits morceaux, baguettes obligent, et les mélanges donnent lieu à d’innombrables soupes, plats en sauces, grillades, etc. Partout dans les rues, des vendeurs tirent une petite carriole derrière leur vélo pour cuire et vendre toutes sortes de beignets, galettes, grillades, fruits, gâteaux… et tellement d’autres choses ! » avions nous lu dans les guides de voyages. Les gens étaient gentils et accueillants : les jeunes s’occupaient des gens plus âgés. La sœur de Kimiko nous a expliqué que la religion en Chine était plutôt une philosophie : le taoïsme qui voue un culte aux ancêtres. Un jour, en rentrant chez la cousine de Kimiko nous en avions profité pour chercher le vieux sage. Il n’habitait plus à l’adresse que nous avait donnée Stéfano. Les gens à qui il avait laissé son appartement nous avaient indiqué qu’il habitait à l’autre bout de la ville. Nous prîmes un taxi jusqu’à sa maison. Kimiko sonna. La porte s’ouvrit et nous découvrîmes Si Xiang Jia. Il ne ressemblait plus beaucoup à la photo. La peau de son visage ressemblait un peu à celle d’une tortue, mais on voyait toujours sa cicatrice. Il portait un hanfu rouge dont les manches assez courtes permettaient de voir son tatouage. Nous avions appris que le hanfu était porté lors de cérémonies en hommage aux ancêtres.


Melting - Potes Tome 4


- Ninhao ! Que puis-je faire pour vous ? nous demanda Si Xiang Jia. - Ninhao !, Nous sommes ici pour vous retrouver. C’est Stéfano… Si Xiang Jia coupa Kimiko. Kimiko était la seule à parler le chinois. - Stéfano !! lança-t-il. Comment va mon vieil ami ? Que devient-il ? - Stéfano va bien… malgré ses blessures.. suite à l’incendie de son restaurant ! expliqua Kimiko en lui détaillant les évènements. - Quelle histoire ! J’ai rêvé de lui, il n’y a pas si longtemps! dit Si Xiang Jia. Entrez les enfants. Comment vous appelez vous ? demanda le vieux sage. - Voici, Jordan, Jessie, Ludovic, Saphira et moi, je m’appelle Kimiko. - Nous aimerions que vous nous disiez ce que vous avez expliqué à Stéfano lorsqu’il avait notre âge. Il vous admire beaucoup parce que vous lui avez appris tellement de choses sur la vie, ajouta Kimiko. - Bien sûr, mais entrez que je vous offre une tasse de thé. Stéfano avait à peu près votre âge lorsque je l’ai connu. Il est Italien, vit en France et avait des copains marocains et anglais .Un vrai melting-pot ! Nous nous assîmes puis Si Xiang Jia reprit la parole. - Il est très difficile de vivre ensemble avec des gens de cultures différentes car déjà, au départ chacun est différent, a son caractère. Heureusement, d’ailleurs car ce serait un vrai cauchemar. Mais sachez que si les cultures, les religions, les couleurs de peau sont différentes, nous sommes tous des êtres humains. Nous appartenons au genre humain, constitué d’un mélange de personnes dissemblables et uniques. Le racisme est intolérable puisque les races n’existent que chez les animaux. Je me suis battu longtemps et je me bats encore pour que ça s’arrête, mais…..Il y a tellement de gens égoïstes, intolérants, violents et ignorants. Il faut que vous soyez curieux de tout et surtout, apprenez le plus possible et le plus longtemps possible. Je l’ai moi-même appris en lisant le grand Kipling qui dit que dès qu’on a appris une chose, il faut en apprendre une autre. « On commence à vieillir quand on finit d’apprendre » Méditez ce proverbe chinois les enfants ! Et maintenant à table ! Si Xiang Jia nous garda à manger ; le repas fut joyeux .En le quittant, il nous promit de venir à notre crémaillère. Nous avions retrouvé Si Xiang Jia et déjà appris beaucoup, découvert deux pays, deux façons de vivre, des coutumes différentes, des religions différentes, des manières de s’habiller différentes et chacun d’entre nous était en apprentissage de la différence, objectif de ce périple autour du monde. Étape 3, 24 heures de vol, direction le Chili, Youpi ! Santiago est la capitale du Chili. Grande ville et surtout très belle. De l’appartement du grand frère de Jessie, nous apercevions les buildings, puis au loin les montagnes enneigées de la Cordillère des Andes. Nous sommes restés quelques jours à Santiago, puis Jessie nous a emmenés chez ses parents en plein milieu du désert d ‘Atacama. Ce désert chilien ne ressemble en rien à celui du Sahara : c’était une plaine sans sable, aride, sèche. Nous avons croisé des lamas et des chiens du désert.


C’était très drôle quand Jordan et Ludovic leur ont tiré la langue, les lamas leur ont craché dessus comme sur le capitaine Haddock dans Tintin et le temple du soleil ! Nous avons aussi rencontré des amis d’enfance de Jessie et leurs parents qui nous ont fait découvrir les empanadas, petits chaussons farcis à la viande et nous avons fait comme en Algérie, un asado (c’est un barbecue) en montagne au cours duquel les chiliens qui ont connu la dictature et ses horreurs nous ont dit la chance que l’on avait de vivre dans une démocratie. Encore une fois, ces deux semaines sont passées très vite. Jamais nous ne nous étions disputés…. La fin de notre périple approchait : il nous restait à découvrir l’île de Jordan, la Martinique. Whaouh ! Quel paysage inouï ! À l’horizon, des collines verdoyantes, à nos pieds un village aux toits multicolores et à gauche, la mer des Antilles ! Nous étions époustouflés par la beauté de Case Pilote, petite ville située au nord de Fort de France où nous avions atterri la veille après un très long voyage ponctué d’une escale à Miami en Floride. Nous avons passé deux semaines chez les parents de Jordan. Après plus d’un mois de voyage et de découvertes, nous nous sommes beaucoup reposés sur les très belles plages de l’île. Nous avons dégusté les spécialités culinaires : le poulet boucané, le colombo, le flan coco et bu d’excellents jus de fruits. Un jour de pluie, nous avons décidé d’écrire une lettre à Stefano. Nous lui avions déjà envoyé chacun des cartes postales de tous les endroits que nous avions visités, mais sans lui dire que nous avions retrouvé son ami Si Xiang Jia et nous savions qu’il serait très heureux de le revoir et surtout de savoir que c’était lui, Stéfano qui l’avait mis sur notre route.


8

19- 25 mai 2014

17 classes primaires du département du Rhône ont lu, rencontré et écrit avec : Timothée de Fombelle, Colas Gutman, François Place, Anne Vantal Avec les Éditions Célestines : http://petits livres.free.fr


École Montaigne-Ferry (Lyon 6)