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L’inoubliable aventure des enfants Patmos

Auteurs : les CM2 de Monsieur Vergeau Ecole des Géraniums Lyon 9ème


Chapitre 1 : - Je suis sûr de gagner. Je vais faire plus que toi. - On va voir ça. - Cinq ! Pas mal du tout. Il va être difficile pour toi de me battre. - Ne sois pas trop impatient. Et voilà : six ! Qu’est-ce que je t’avais dit ? - Les dieux sont avec toi, c’est tout. - Je gagne toujours aux dés et je ne suis pas certaine que les dieux soient responsables. - Les enfants ? Venez voir, j’ai une surprise. Ulysse Patmos était le père d’Arès et Antalia. Leur mère portait le doux nom de Rosana. Ils revenaient du marché où ils avaient acheté des fruits, des légumes et un nouveau compagnon pour leurs deux en-


fants. - Qu’est-ce que c’est que cette boule de poils ? demanda Arès. - Le vendeur m’a expliqué qu’il s’agissait d’un galago, un petit primate qui vient d’un pays lointain. Il peut tout à fait vivre dans nos contrées mais attention, c’est un animal nocturne. Il ne faut donc pas le déranger durant la journée. Les enfants furent ravis de ce présent. Le petit animal ressemblait à un lémurien. Il avait une fourrure grisâtre, de grandes oreilles pointues et une queue plus longue que son corps. Ce qui semblait étrange, c’était son regard fixe qui ne vous lâchait pas. Antalia le trouvait tellement adorable qu’elle décida de ne pas écou-


ter son père et dès que ce dernier eût le dos tourné, elle prit le galago dans ses bras. Il semblait dormir profondément mais, tout à coup... - Oh, père, il s’est enfui. - Allez le chercher. Il ne doit pas être bien loin, répondit Ulysse. Les enfants Patmos coururent dans la direction qu’avait prise le petit animal. Il s’était faufilé dans un coffre entrouvert situé dans le grenier. Antalia regarda à l’intérieur. Le galago était bien là, tapi dans un coin sombre. Elle le récupéra aussitôt et le rassura. De son côté, Arès remarqua un petit bout de tissu et ne résista pas à l’envie de le prendre. C’était un morceau de carte et au revers, un petit texte qui semblait difficile à comprendre. Les enfants, intrigués,


pressèrent le pas et redescendirent avec leur découverte. - Père, mère, nous avons quelque chose à vous dire. - Je parie qu’il s’agit du nom de votre nouveau compagnon. - Syra, nous l’avons appelé Syra. Mais ce n’est pas ça père. Regarde ce que nous avons trouvé. Ulysse déplia le tissu et lut à voix haute : Certains s’y perdent, d’autres y vivent, mais dans cet endroit sombre et inquiétant, tu chercheras l’arbre au visage. Chapitre 2 : Au même moment, deux brigands s’approchèrent des plaques de marbre où était inscrit le nom des


familles du village. - La famille Talos : non. La famille Mentos : non plus. La famille Patmos... Mais, oui, c’est bien la famille Patmos. Ce sont eux, les seuls du village à avoir des jumeaux. - Ah ! Oui, tu as raison. - Attends, je vais vérifier. Où est l’énigme, je vais la relire. Chez les enfants nés en même temps, le deuxième tu trouveras... Les enfants nés en même temps : mais oui, ce sont les jumeaux. Le nom du dieu de la guerre le garçon portera... Mais oui, le nom du dieu de la guerre, c’est Arès. Quant à la fille, comme l’une des Thries se prénommera... C’est logique. Arès et Antalia Patmos. La gamine porte le nom d’Antalia, la plus jeune des Thries. - Alors, nous y allons ? - Avant, il nous faut penser à un


plan. Les deux brigands réfléchirent un instant et après avoir trouvé, ils se dirigèrent vers la maison des Patmos. L’un d’eux contourna la maison et se cacha à l’arrière tandis que l’autre se présenta à la porte principale. - Bonjour Monsieur. Désirez-vous une de ces magnifiques poteries en provenance directe du dème du Céramique. Le brigand était très musclé et il n’eut pas de mal à attraper Ulysse et Rosana, les deux parents. Il les attacha avec une cordelette. Pendant ce temps, le second truand, entré par la porte arrière, cherchait, fouillait dans toute la maison. Arrivé dans le grenier, il découvrit le coffre


mais au moment de l’ouvrir, il fit tomber un vase entreposé à côté. Ce bruit réveilla les enfants brutalement. Ils montèrent rapidement au grenier. - Que se passe-t-il ? Qui êtes-vous ? S’inquiéta Arès. - Je sais pour l’énigme, ne me mentez pas. - Mais de quoi parlez-vous ? interrogea Arès. - Arrête tes bêtises. Nous savons que vous avez trouvé la deuxième énigme. La première nous a menés à vous. Nous détenons vos parents. Si vous ne nous dites pas où se trouve la deuxième énigme, nous les tuons. Lorsqu’il entendit son comparse hurler ces mots, le deuxième brigand eut une idée.


- Laisse-les faire ce sale boulot. Pourquoi nous fatiguerions-nous à partir à la recherche de ce satané trésor. - Mais tu as raison. Puisque ce trésor a l’air de vous intéresser aussi, vous irez le chercher à notre place. Nous vous laissons une semaine pour le trouver. Si vous échouez vos parents mourront. Au moment où ils descendaient, le deuxième truand entraînait les parents hors de la maison. - Père, mère, hurlèrent les deux enfants. - Nous nous revoyons dans une semaine. Il dépend de vous de les revoir vivants. - Les brigands donnèrent leur bout de carte aux enfants qui maintenant


en possédaient deux et sortirent en riant. - Que fait-on maintenant, Antalia ?

Chapitre 3 : Arès s’interrogeait beaucoup sur ce que pouvait dire ce texte. - A ton avis, que signifie l’énigme ? Un endroit sombre et inquiétant et un arbre. - On trouve les arbres dans les bois, il s’agit peut-être d’une forêt. Et pourquoi pas celle à l’orée du village. Plusieurs personnes s’y sont rendues et ne sont jamais revenues. Antalia faisait preuve de beaucoup de réflexion.


- Tu tiens peut-être une idée. Allons voir. Les enfants partirent immédiatement accompagnés de Syra. Quand les trois compagnons arrivèrent enfin dans la forêt, ils entendirent des bruits inquiétants. Une odeur forte leur prenait les narines. Les arbres étaient immenses et les aventuriers se sentaient tout petits. Les jumeaux avançaient avec difficulté à cause des branches mortes, des tas de feuilles et de la mousse humide et glissante. Après avoir marché pendant un long moment, ils s’aperçurent qu’ils tournaient en rond. - Tu ne crois pas que nous devrions nous séparer pour être plus efficaces, demanda Arès.


- Je ne sais pas, j’ai un peu peur de me perdre. Je préfère rester avec toi. Ils entendirent alors une branche craquer juste derrière eux. Sans se retourner, les enfants détalèrent à toute vitesse. Leur fuite s’arrêta net quand ils se cognèrent brutalement contre un arbre immense qui se dressait sur leur passage. Ils levèrent la tête et restèrent immobiles. Antalia s’écria : - Regarde cet arbre, il est gigantesque. - Oui et tu as remarqué tout en haut, les stries de son écorce prennent la forme d’un visage. - Il semble très vieux. - J’aperçois un petit bout de tissu accroché sur cette branche. At-


tends, je vais essayer de l’atteindre. Arès grimpa très facilement le long du tronc. Son entraînement quotidien au gymnase avec les autres garçons avait développé sa musculature. Ce fut un jeu d’enfant pour lui d’arriver sur la branche. Le morceau était la troisième partie de la carte. - Antalia, il y a un autre texte écrit au dos : Enfoncez-vous dans la bouche de Gaïa. Quand Hélios n’est plus là, gare aux sculptures de pierres. - Mais qu’est-ce que cela signifie ? Chapitre 4 : La troisième énigme en mains, Arès et Antalia commencèrent à réfléchir.


- La bouche de Gaïa... Quel est le rapport avec la bouche de Gaïa ? - Gaïa ! La déesse de la terre, dit Antalia. C’est un endroit qui se trouve au sol. - Une bouche, peut-être un terrier ! - Non, ce doit être plus grand, l’interrompit sa sœur. L’énigme dit que l’on peut s’y enfoncer... - Alors, une grotte peut-être ? - Mais pourquoi « Hélios n’est plus là » ? demanda Antalia. - Hélios, le dieu du soleil et de la lumière. Ca veut dire qu’il n’y a plus de lumière... - Une grotte très sombre... Je sais ! C’est la grotte du Tartare. - Ah oui, je la connais. Elle se trouve de l’autre côté de la forêt. Ils partirent rapidement en direction de la grotte. Syra les accompagnait


toujours. - La voici dit Antalia. Ils entrèrent à l’intérieur. Plus ils avançaient, plus la lumière diminuait. Antalia eut une idée de génie. - Syra, toi qui es un animal nocturne, tu vois certainement mieux que nous dans le noir. Guide-nous, tu seras nos yeux. Les enfants s’accrochèrent à la queue du galago et tous avancèrent dans l’obscurité. Ils progressèrent tout doucement jusqu’à devoir se mettre à quatre pattes car le tunnel se rétrécissait. Au bout d’un certain temps : - Aïe !


Antalia venait de se cogner la tête contre une forme allongée et très dure. De leurs doigts, ils tâtèrent cette forme. C’étaient des stalactites qui leur barraient le passage. - Nous ne pouvons plus avancer, nous sommes bloqués. - Mais nous n’avons pas trouvé les fameuses sculptures. - Mais attends Antalia, ces formes sont certainement les sculptures décrites dans l’énigme. Les jumeaux demandèrent à Syra de les aider à trouver le bout de carte comportant la quatrième énigme. Après quelques minutes, l’animal découvrit un petit trou creusé dans la colonne de pierre. A l’intérieur, était dissimulé le quatrième tissu qu’ils recherchaient. Une fois sortis


de la grotte, Arès et Antalia purent lire : « Approchez-vous du vaisseau et voguez sur les flots. Nissiros vous accueillera avec sa végétation de pierre. Votre bonheur se trouve dans son cratère ».

Chapitre 5 : Après avoir lu une première fois l’énigme, Arès et Antalia tentèrent de la résoudre. - Un vaisseau ! Mais quel vaisseau ? - C’est peut-être un bateau. - Il me semble que père nous a déjà parlé d’une île dont le nom est Nissiros. - Une île ? Mais comment allonsnous faire pour y accéder ? - Il nous faut forcément une embar-


cation. Suis-moi, nous allons au port. Arrivés au port, les enfants aperçurent un bateau de commerce accoster. Il faisait juste une courte escale et repartait en direction de l’île de Nissiros. Discrètement, ils se faufilèrent à l’intérieur. Antalia semblait inquiète : - Qu’est-ce qu’il fait sombre ici. - Tu as peur, avoue. - Non, pas du tout mais c’est qu’on s’apprête à faire une longue traversée. - De toute façon, Antalia, nous n’avons pas le choix. Si nous voulons retrouver nos parents, nous sommes obligés d’y aller. Nous n’allons pas les laisser mourir. - Oui, tu as raison, je ne pourrais


pas vivre sans eux. Il va falloir se faire tout petits pour ne pas se faire remarquer. - Cherchons un endroit pour nous reposer. Il y a une peau de chèvre juste ici. - Je crois que l’on va devoir se la partager. Les enfants s’endormirent rapidement et se réveillèrent en pleine mer. La nuit commençait à tomber et ils n’avaient toujours rien mangé depuis la veille. - J’ai faim, gémit Antalia. Comment allons-nous faire ? - Je te rappelle que nous sommes à bord d’un bateau de marchandises. Il y a forcément de la nourriture. - Cherchons alors, mais faisons attention au capitaine et aux marins. Ils sont nombreux, je les ai vus


avant de monter. - Ecoute, si tu renonces à manger, tant pis pour toi mais je n’ai juste pas envie de voir ma sœur mourir de faim. Je te demande de rester tranquille et silencieuse. Je vais y aller. Arès devait passer dans une autre soute. Pour cela, il fallait qu’il sorte sur le pont par une trappe. Au moment où il la soulevait, il vit le capitaine et ses matelots qui s’approchaient. Blam ! La trappe se referma d’un coup sec. Le capitaine tourna la tête mais ne vit rien. Une chance pour Arès. - Les gars, j’ai cru entendre quelque chose. - Ca doit être ton imagination qui te joue des tours.


Les enfants restèrent silencieux et attendirent de ne plus entendre aucun bruit. La deuxième tentative d’Arès fut une réussite. Il rapporta des fruits, du pain et de l’eau. Les enfants dévorèrent le tout en peu de temps. La traversée dura deux jours, deux jours interminables pour les enfants. Le surlendemain, ils arrivèrent donc sur l’île tant attendue. Ils grimpèrent sur un gros rocher mais tout se ressemblait : des roches et des pierres de tous côtés comme la végétation décrite dans l’énigme. En observant au loin, ils aperçurent que de la fumée sortait de derrière un pic rocheux. - Regarde Arès ! Des fumeroles ! Ca doit être le cratère. Allons-y.


- En route pour une longue marche. L’ascension du volcan dura plusieurs heures. Au sommet, le paysage était désertique et très angoissant. Une odeur de soufre se dégageait des fissures que l’on pouvait voir sur le sol. Dans l’une d’elles, les jumeaux découvrirent le cinquième et dernier morceau de tissu. Il n’y avait pas d’énigme au dos et les enfants en conclurent que la carte pouvait maintenant être reconstituée. Cependant, il fallait redescendre au plus vite : l’air, à cet endroit, était vraiment irrespirable. Chapitre 6 : Arrivés en bas du volcan, ils assemblèrent les cinq morceaux de tissu. La carte était incompréhensible.


- Toute cette aventure pour être bloqués si proches du but, se lamenta Arès. Comme la nuit tombait, Antalia décida de faire du feu avec le bois trouvé en chemin. Une fois le feu allumé, ils s’aperçurent qu’à la lueur du foyer apparaissait sur la carte, un chemin à suivre. Celui-ci aboutissait à une croix indiquant l’emplacement du trésor. Cette croix désignait un îlot situé juste à côté de Nissiros. Alors au petit matin, ils se mirent en chemin et arrivèrent sur la plage. Le sable était déjà chaud et leur brûlait les doigts de pieds. Ils sautèrent dans l’eau et commencèrent à nager en direction de l’îlot. Une grotte sous-marine les attendait au pied d’une falaise. Son entrée


scintillait. Cette couleur or émerveillait Antalia. Après avoir pris leur respiration, les jumeaux plongèrent et se retrouvèrent à l’intérieur de la caverne. Etonnamment elle était sombre et froide. Une ambiance étrange sortait de ces murs. Antalia et Arès regardèrent aux alentours. Il était là, juste devant eux : le trésor tant convoité. - Arès, tu penses à la même chose que moi ? Ce trésor est... est... - Le Foudre de Zeus. Oui, Antalia. Je le reconnaîtrais entre mille. Père nous a tellement souvent narré ce mythe. Comment Zeus a obtenu cette arme si puissante et comment il s’en est servi lors de sa conquête du pouvoir. La lumière qui s’en dégage ne peut être que divine. - Maintenant cette arme magique est en notre possession et nous


devons impérativement la rapporter au plus vite dans notre village. - Le temps presse, Antalia. Je ne suis pas certain que l’on arrive à temps. Chapitre 7 : Le retour sur le continent se fit de la même façon que l’aller, excepté la peur que ressentaient les enfants à l’idée de ne pas arriver à temps. Le village était en vue. Tout semblait calme. Ils s’approchèrent discrètement de la maison et se cachèrent derrière un arbre afin d’apercevoir les brigands. Ils avaient très peur et tremblaient. Ils se décidèrent à entrer dans la maison. Les deux hommes discutaient mais aucune trace de leurs parents. En les


voyant, les kidnappeurs s’exclamèrent : - Ah, juste à temps ! Vous avez le trésor ? - Nos parents d’abord ! Où sont-ils ? demanda Arès effrayé. - Qu’est-ce que vous leur avez fait ? ajouta Antalia. - En premier le trésor et ensuite nous vous dirons où sont vos parents. - Arès, donne-leur le Foudre qu’on en finisse. Je veux revoir Père et Mère. Les brigands étaient très heureux d’avoir enfin le trésor en mains. Ils savaient qu’avec cette arme, ils auraient un immense pouvoir et pourraient conquérir le monde. Tout excités, ils ne s’aperçurent pas que Syra, le galago, s’approchait. Le


petit animal saisit brusquement le foudre et s’élança violemment par l’ouverture de la fenêtre. Cependant Syra, très maladroit, se cogna contre le mur et fit tomber le Foudre sur le sol. A peine l’objet toucha-til terre, celle-ci se mit à trembler. Un gigantesque cataclysme causa beaucoup de dégâts dans tout le village. Le tremblement de terre dura de longues minutes. Les murs des maisons s’écroulèrent et mêmes les statues qui décoraient les rues de la place centrale ne résistèrent pas. Les deux brigands furent ensevelis sous les décombres. Par chance, les membres de la famille Patmos furent épargnés. Les enfants libérèrent leurs parents qui étaient attachés à un arbre à l’extérieur de la maison. Ils les embrassèrent longuement. Ulysse était très fier


de ses petits mais à présent, il fallait penser à toute autre chose : le Foudre ne pouvait rester à la merci de n’importe qui. Cette arme trop puissante devait être cachée pour toujours. Elle se trouve encore très certainement là où Ulysse l’a déposée. Mais cette fois-ci, il n’y a pas de carte permettant de la retrouver.


Epilogue : En janvier 2012 une équipe de chercheurs archéologues fouille les restes d’un village grec situé sur le continent. L’un d’entre eux s’exclame : -Je n’arrive pas à comprendre comment ce village a pu être réduit en miettes aussi vite. En plus, seul le village est détruit. Autour, tout est intact. Voilà un grand mystère. Vous chers lecteurs, vous savez. Et nous ne sommes que quelques-uns à connaître la vérité…


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