Page 1

INTRODUCTION

L’ATTRACTIVITÉ COMME RÉVÉLATEUR DE LA DYNAMIQUE TERRITORIALE DE LIBOURNE Libourne est aujourd’hui une ville moyenne de 24 000 habitants située à 35 kilomètres de Bordeaux dans son cadran nord-est. Créée à l’époque gallo-romaine, elle s’est progressivement structurée pour devenir à l’aube du 18ème siècle une polarité urbaine tout à fait notable. Stratégiquement située à la confluence de deux rivières de renoms - l’Isle et la Dordogne – la ville est effectivement devenue au Moyen-âge une bastide fluviale de premier ordre, notamment symbolisée par le rôle central joué par son port dans l’activité commerciale départementale. La sphère d’influence de Libourne s’étendait alors bien au-delà de son arrièrepays rural, avec un rapport de force sur Bordeaux relativement équilibré. L’établissement par la suite d’un hôpital, d’une gare ferroviaire, d’une caserne militaire et d’établissements scolaires ainsi que sa fonction administrative de sous-préfecture de Gironde ont permis à la ville de conforter son statut de polarité majeure dans le système territorial départemental. La période allant de la seconde moitié du 19ème siècle jusqu’à l’aube du 21ème siècle marque une rupture dans l’influence de Libourne sur l’échiquier départemental. La montée en gamme des réseaux de transports ferroviaires mais surtout routiers ont marginalisé le système commercial fluvial par lequel rayonnait la ville de Libourne. L’évolution des modes de transports a

Système territorial ancien

inexorablement et proportionnellement beaucoup plus profité à Bordeaux et son agglomération proche qu’au territoire Libournais. Cette tendance ne constitue pas une fatalité en soi. Libourne, de par son histoire et sa position géographique dispose effectivement d’une multitude de ressources territoriales potentiellement activables et facteurs de développement. Tout l’enjeu est ainsi de définir l’entrée la plus pertinente, celle sur qui, via un diagnostic orienté, reposera un projet novateur moteur à même d’impulser une nouvelle dynamique territoriale. Parce que nous considérons avec certitude qu’un regain d’attractivité est la condition sine qua none pour permettre de redéfinir un système territorial dans lequel Libourne constituera de nouveau une véritable polarité, OU afin d’inverser la dynamique territoriale en déclin dans laquelle elle est ancrée, nous avons l’ambition de proposer un projet orienté sur cette thématique. Dans l’optique d’atteindre cette finalité, il est primordial de comprendre la dynamique territoriale récente de Libourne, ce qui nous conduit vers notre problématique central : Quels potentiels à exploiter l’attractivité à Libourne ?

pour

redonner

Configuration territoriale contemporraine

de


PARTIE 1 UNE VILLE AU DEGRE D’ATTRACTIVITE MINORE POUVANT NEANMOINS COMPTER SUR LA PRESENCE DE DYNAMIQUES TERRITORIALES POSITIVES Analyse de l’attractivité de Libourne par grandes thématiques territoriales Déterminer le degré d’attractivité territorial d’une commune n’est pas chose aisée. Sémantiquement parlant, l’attractivité est effectivement une notion éminemment riche, dont la compréhension implique le croisement et la compréhension de dynamiques et tendances de natures très diverses. De la sorte, entre données chaudes et froides, c’est sous l’angle de cinq thématiques territoriales analysées sous diverses strates territoriales que nous vous proposons de révéler une première idée de l’attractivité de la ville de Libourne. DYNAMIQUES SOCIO-DEMO L’analyse de l’attractivité socio-démographique fait apparaître une situation contrastée mais relativement négatif par rapport aux échelles territoriales supérieures . Malgré un gain de population et une augmentation des revenus, on remarque que l’attractivité démographique de la CALI est surtout portée par les autres communes de l’EPCI, que les revenus restent bas au regard de la dynamique métropolitaine bordelaise et que la population vieillit plus rapidement que sur le reste du territoire. IMMOBILIER De la même manière, une dynamique contrastée s’observe dans le secteur de l’immobilier. A la situation très distendue de l’immobilier et un parc de logement vieillissent du centre ville, s’oppose une dynamique de construction neuve attractive dans les quartiers périphériques. EMPLOIS L’attractivité en terme d’emploi présente un niveau plutôt satisfaisant, Libourne restant un pôle d’emploi majeur au niveau départemental et à l’échelle de son bassin de vie. Elle bénéficie par ailleurs d’emplois stables et spécialisés notamment portés par une forte concentration d’emplois public mais subit une certaine concurrence avec la métropole bordelaise pour l’implantation et le maintien d’activités exportatrices et innovantes ainsi que pour l’offre de formations supérieurs. EQUIPEMENTS TOURISME Libourne est particulièrement bien dotée en terme d’infrastructure et Enfin, malgré un potentiel important lié à son patrimoine et son cadre de vie, d’équipement sportif, éducatif ou de santé, ce qui lui offre un potentiel l’attractivité touristique de Libourne subit la concurrence de sa voisine St Emilion. d’attractivité conséquent et ce, de l’échelle communale à internationnale.


N

PARTIE 2 : UNE VILLE OÙ L’ATTRACTIVITÉ SE DÉCLINE À DIFFÉRENTS DEGRÉS SELON LES QUARTIERS

Identification des dynamiques urbaines et des attracteurs communaux Fixer le degré d’attractivité d’une ville comme Libourne passe obligatoirement par une analyse des dynamiques territoriales qui l’entourent. Mais, pour comprendre les tenants de cette attractivité et agir positivement sur cette dernière, il est impératif de plonger au cœur des différentes dynamiques territoriales communales. Ce deuxième volet du diagnostic se pose ainsi comme objectif de comprendre, le plus concisément possible, les ressorts de l’attractivité : ses origines, ses lieux de déploiement mais aussi les écueils limitant sa diffusion. L’analyse spatialisée de l’attractivité, évaluée par le prisme d’une série d’indicateurs spécifiquement pensée, offre un regard plus approfondi sur les dynamiques territoriales infracommunales. Loin d’être homogènement répartie, chaque quartier possède son propre degré d’attractivité, matérialisé par des attracteurs, des dynamiques sociodémographiques et immobilières, des investissements publics et des potentiels latents, qui lui sont propres. Il en ressort une grande disparité entre les quartiers dans la dynamique attractive communale. Certains quartiers disposent ainsi d’une concentration plus forte d’attracteurs d’envergure, là où d’autre en ont peu, ou possèdent des attracteurs “flottants” qui ne parviennent pas, malgré leur potentialité, à participer à l’attractivité du quartier. De la même manière, l’effort d’investissement public n’est pas réparti de manière homogène dans l’espace communal, mais semble se concentrer sur les quartiers centraux et les berges fluviales. Par ailleurs, les contextes spécifiques de chaque quartier en termes d’opportunité foncière et de parc de logement, induisent des niveaux d’attractivités immobilières et sociodémographiques contrastées.

0

250

500 m

Zoom quartier de la bastide

0

0

0,5

1 km

Zoom quartier de la gare et de montaudon

0,5

1 km


PARTIE 3 : UNE VILLE, UN REGAIN D’ATTRACTIVITÉ PORTÉ PAR DES QUARTIERS CIBLÉS Hiérarchisation des quartiers selon leur degré d’attractivité

LES QUARTIERS AUX DYNAMIQUES POSITIVES CHARRAUD LE PENTEY

0

0,5

Fort d’une polarité écnomique dynamique, d’un équipement sportif et de loisir d’envergure et d’un habitat et cadre de vie attractif, il est de plus porté par un investissement public. Néanmoins, le diagnostic fait également ressortir un manque de complémentarité entre les fonctions, ainsi qu’un manque de connectivité avec le restant de la ville. Il semble essentiel de réussir à reconfigurer le quartier en son sein même, de manière à ce que les espaces habités, travaillés et de loisirs soient reliés, mais aussi à le reconnecter au reste de la ville de manière à diffuser cette dynamique.

1 km

LAMBERT-HOPITAL

0

0,5

Juissant d’une attractivité résidentielle positive, il profite d’une disponibilité foncière lui permettant de proposer une offre de logement répondant à la demande actuelle. De plus, l’hôpital, premier employeur de la commune est aujourd’hui l’objet du premier chantier hospitalier de France, pour devenir en 2018 le second centre hospitalier de Gironde. Ce projet public est une aubaine en terme d’attractivité d’emplois qualifiés qu’il s’agira de capter sur la commune, mais est aussi un potentiel à saisir pour repenser les franges de cet équipement majeur avec son tissu environnant et les connexions avec le centre et les quartiers voisins plus défavorisés.

1 km

MONTAUDON

0

0,5

1 km

Prenant en considération son attractivité résidentielle, sa localisation stratégique ainsi que la présence de projets politiques moteurs, Montaudon s’affirme comme un quartier important de Libourne dont il conviendra d’accompagner les dynamiques positives entrevues. Tout l’enjeu réside à rendre ce quartier plus poreux afin que les fruits du futur développement puissent s’externaliser en dehors de ces frontières.


PARTIE 3 : UNE VILLE, UN REGAIN D’ATTRACTIVITÉ PORTÉ PAR DES QUARTIERS CIBLÉS Hiérarchisation des quartiers selon leur degré d’attractivité

LES QUARTIERS AUX DYNAMIQUES INTERMÉDIAIRES LA BASTIDE

0

250

Si le quartier est aujourd’hui entré dans une phase d’amélioration de son urbanité et de son cadre vécu, il offre l’image d’un pan de ville lourdement accidenté dans le passé, actuellement sous perfusion et prêt à entamer dans un futur proche un processus de rééducation interne. C’est pourquoi, en complément avec la stratégie publique aujourd’hui appliquée, l’enjeu de La Bastide est avant tout de panser ses handicaps tout en arrivant à capter, comme une réelle centralité affirmée, les flux positifs des autres secteurs libournais portés par une dynamique attractive approuvée.

500 m

LA GARE

0

Le quartier de la gare n’est pas engagé dans une dynamique particulièrement porteuse. Plutôt que de connecter le quartier de la gare aux autres quartiers de la ville, les axes rayonnants, les boulevards et la voie ferrée ont tendance à isoler le quartier qui ne devient alors qu’un espace de passage. La gare va bientôt revêtir une attractivité métropolitaine et nationale en accueillant un nouveau cadencement des TER et l’arrivée de la LGV. Mais ce projet ne fera pas du quartier une polarité sans prendre en compte les autres attracteurs flottants alentours. A savoir le pôle multimodal et le cinéma aujourd’hui totalement isolés de toute dynamique urbaine.

250 500 m

LA PLANTE

0

0,5

1 km

Outre un tissu urbain lâche et mal structuré, le quartier ne possède pas d’attracteurs polarisants. La polarité commerciale permet de générer de l’emploi dans un quartier essentiellement résidentiel, mais amorce par ailleurs la concurrence commerciale périphérique vis à vis de la bastide. L’absence de projet public sur ce secteur ne permet pas d’enclencher une dynamique particulière ; d’autant que la collectivité ne semble pas maîtriser le développement pavillonnaire.


PARTIE 3 : UNE VILLE, UN REGAIN D’ATTRACTIVITÉ PORTÉ PAR DES QUARTIERS CIBLÉS Hiérarchisation des quartiers selon leur degré d’attractivité 0,5

0

LES QUARTIERS AUX DYNAMIQUES NEGATIVES

1 km

CARRE LE VERDET

Si ce quartier se distingue par une dynamique imobilière positive et par de gros attracteurs en terme d’emplois, les potentiels de développement sont cependant très limités. Par ailleurs, ce quartier périphérique est à l’écart des investissements publics en cours. De plus, traversé par la rocade, et accueillant une offre commerciale de grande distribution, sa relation à la centralité est limitée.

CONDAT

0

0,5

1 km

Au regard des dynamiques immobilières, Condat possède un indicateur plutôt positif avec une vacance faible et un parc de logement renouvelé. Cet offre immobilière, son cadre de vie de qualité, sa proximité avec le centre ville et la présence de services de proximité lui permet d’attirer des CSP +. Mais l’attractivité démographique générale reste négative. Les attracteurs en présence sont surtout des équipements scolaires. La Maison des Associations est enclavée au sein du tissu pavillonnaire et les châteaux, potentiels attracteurs touristiques sont peu valorisés. Par ailleurs, le quartier ne propose aucun attracteur économique, affirmant une dynamique peu favorable, auquel s’ajoute l’absence de projet public porté spécifiquement sur le quartier.

AVENUE FOCH

0

0,5

1 km

Spatialement entre deux quartiers majeurs, possédant des attracteurs flottants en son sein, ce quartier a un rôle de connexion à jouer dans le futur projet urbain de Libourne mais ne constitue pas pour autant une réelle polarité au sein du tissu urbain. Il est de plus l’un des quartiers les moins attractifs de Libourne en termes de dynamique socio-démographique et de dynamique immobilière. Ceci s’explique en partie par un parc de logement ancien peu adapté à la demande et d’un tissu très morcelé par les infrastructures de transports.


PARTIE 3 : UNE VILLE, UN REGAIN D’ATTRACTIVITÉ PORTÉ PAR DES QUARTIERS CIBLÉS Hiérarchisation des quartiers selon leur degré d’attractivité N

C’est bien la superposition de l’ensemble d’indicateurs positifs qui révèle des dynamiques favorables autour desquels des polarités sont capables d’émerger. Ainsi, la comparaison des diagrammes d’attractivité de chaque quartier permet de révéler un portrait de Libourne en dynamiques. Les quartiers de Charraud le Pentey, de l’hôpital et de Montaudon se positionnent aujourd’hui comme les quartiers porteurs de l’attractivité de Libourne. En effet, la combinaison de la présence d’investissements publics, d’une attractivité résidentielle affirmée, d’attracteurs d’envergure et d’un potentiel d’affirmation de leur positionnement, place ces quartiers dans la catégorie des quartiers en dynamique favorable.

0

0,5

1 km

Les centralités historiques de la Bastide et de la Gare ainsi que le quartier de la Plante ne combinent qu’une partie des indicateurs d’attractivité. En effet, les deux premiers possèdent un potentiel latent important, découlant de la présence de nombreux attracteurs aujourd’hui mal valorisés comme la gare ou le cinéma, ainsi qu’un portage public sur des projets de requalification. Mais ils se révèlent très peu attractifs au regard des dynamiques socio-démographiques et immobilière, notamment dû à un parc de logement vieillissant et inadapté à la demande. Dans une logique inverse, les indicateurs socio-démographiques et immobiliers du quartier de la Plante sont en bonne position. Mais il est aujourd’hui totalement absent des quartiers dans lesquels les pouvoirs publics investissent,

et ses attracteurs en présence portent peu de potentiel latent, en particulier par l’incapacité d’extension de la zone commerciale qui de plus participe à déstabiliser le tissu commercial du centre ville. En position d’entre deux, ces quartiers possède donc une dynamique intermédiaire. Enfin, les quartiers de Carre le Verdet, Condat et Avenue Foch, possède de manière générale des indicateurs en position plutôt défavorable. La majorité de ces indicateurs dépassent rarement la moyenne. Le quartier de Carre le Verdet se distingue cependant par une dynamique immobilière assez importante dûe à une disponibilité foncière et un cadre de vie agréable, mais qui s’accompagne d’une dynamique socio-démographique plutôt négative. De plus, comme pour le quartier de la Plante, les attracteurs en présence ne sont pas porteurs de fort potentiel et aucun projet public n’est aujourd’hui porté pour améliorer la situation. La distribution des indicateurs d’attractivité pour ces trois quartiers les positionnent donc dans une dynamique défavorable.


PARTIE 3 : UNE VILLE, UN REGAIN D’ATTRACTIVITÉ PORTÉ PAR DES QUARTIERS CIBLÉS Dégagement des enjeux territoriaux

De cette lecture du territoire en dynamique nous pouvons en déduire des enjeux de développement urbain sur lesquels s’appuyer pour un projet urbain fédérateur et équilibré.

Des polarités émergentes à conforter pour affirmer les dynamiques territoriales positives Les quartiers combinants l’ensemble des indicateurs sur des positions positives expriment l’amorce de la constitution de polarités attractives. Il s’agit de se saisir de cette dynamique pour ne pas laisser à l’écart des politiques publiques, des potentialités de développement et des facteurs d’attractivités qui permettraient de diffuser la richesse sur le reste de l’espace communal.

Des centralités à révéler pour une ville dynamique et attractive

Les quartiers identifiés en dynamiques intermédiaires possèdent une position centrale et portent des potentialités d’attractivité fortes. Ne pas considérer les efforts sur les indicateurs peu favorables c’est prendre le risque de priver Libourne de centralités capables de porter une structure urbaine fédératrice.

Des connexions à concevoir pour diffuser les dynamiques territoriales

La configuration des différents quartiers et la qualité des axes de circulation conduit aujourd’hui à une organisation spatiale fragmentée dans laquelle l’attractivité effective de certains espaces n’agit pas nécessairement sur l’essor des autres quartiers et en particulier du centre.

Repenser le réseau de connexion inter quartier c’est permettre de valoriser les dynamiques en cours dans un système en synergie.

Des perméabilités à repenser pour un territoire habité et harmonieux

De fortes ruptures urbaines ont été identifiées dans la ville de Libourne. Cellesci aggravent la concision des dynamiques au sein de leurs espaces d’implantation et accentuent la fragmentation du tissu urbain dans une centralité peu lisible et mal reliée au reste de la ville. Il s’agit donc de repenser des perméabilités pour assurer un espace urbain continu et unifié.

Des attracteurs isolés à valoriser et à reconnecter

De nombreux attracteurs Libournais sont implantés de manière orpheline dans des espaces urbains qui ne dialoguent pas avec le reste de la ville. Valoriser et reconnecter ces attracteurs c’est saisir l’opportunité de mettre en synergie des potentialités d’attractivité et de dynamisme sur l’ensemble du territoire communal.

Projet de territoire - LIBOURNE PHASE 1: Diagnostic orienté et définition des enjeux territoriaux  

Note de synthèse de la première phase de l'atelier long de Master 2 USPMO en partenariat avec la ville de Libourne. La 1ere phase consiste e...

Projet de territoire - LIBOURNE PHASE 1: Diagnostic orienté et définition des enjeux territoriaux  

Note de synthèse de la première phase de l'atelier long de Master 2 USPMO en partenariat avec la ville de Libourne. La 1ere phase consiste e...

Advertisement