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Bienvenue dans Super. Un espace de création qui rassemble chacun d’entre vous: experts, étudiants, amateurs... L’idée est de donner la possibilité à chacun de s’exprimer de manière super libre sur un thème donné. Pour cette première édition: la Bagarre. L’objectif a été que l’on expose vos différents points de vue: tant au niveau du support utilisé que de l’interprétation du sujet. Grâce au compte Instagram @super__corp, vous pouvez découvrir toutes les productions au fur et à mesure et suivre les différents ateliers collectifs mis en place tout au long de l’année. Ce premier numéro est créé grâce à votre participation. Vous avez été nombreux à montrer de l‘intérêt et a envoyer vos productions merci à tous. Comme ça a bien marché, on vous attend tout aussi motivés pour la prochaine édition.

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PARTICIPANTS Gaëlle Mwamba (p.6, 16, 55)

Auguste Fenez @renarkonexion (p.7,8,9)

Debbie Alagen @neptune_art (p.10)

Clémence Faure & Léa Sefsaf -(p.11, 91)

Simon Raguin @_e.r.e.s (p.14, 41, 54, 60, 65, 80, 85)

Hugo Messiant @jeune__b (p.18, 50, 98)

Clara Juku @clarabunai (p.19)

Jawad Chraibi @raptor .77 (p.20)

Maxence Gobert @maitregob (p.22, 113)

Thibaut Chouabe

Robin Dacquin

Perinane

Léa Penninck

Sophie Mil

Aliyah Paton

Antoine Geismar

Tabea Von Vivis

@_poushka (p.24, 40, 64, 74, 102)

@perinane (p.26)

@robyynstagram (p.47)

@vierge_marie (p. 49, 109)

@ezuthe1st (p.27)

@aliyahpaton (p.56)

@papipaaps (p.28)

Maxime Vey

@taabtoub (p.58)

Manu Moon

(p.33)

@ssweetm0on_ (p.59)

Kusco

Valentin Sauvêtre

Louise Robert

Douglas Cavanna

@six.neuf.stuff

@_vesau (p.61)

@radikalcuistot (p.36)

@pastisprincess (p.38)

Michael Van Wilder @vanwildermichael (p.39)

Thibault Leboucher @e.l.i.p.s (p.46)

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@douglascavanna (p.66)

Pierre Poux @pierrepoux (p.68)

Florence Roman @florence_roman (p.69)


Julienne Girard (p.70)

Auriane Delannoy @aurianedelannoy (p.73)

James Hoar @jameshoar (p.74)

Sebastien Pastor @jeune_woof (p.75)

Jeanne de Bergevin @jnedeb (p.76)

Victor de Ladonchamps @chillycharle (p.78)

Baptiste Juin @baptistejuin (p.86)

Florent Lucchesi @maudit_francais (p.87)

Chloé Ménard @chloeneophyte (p.88)

Maxtoun @maxtoun (p.90)

Edouard Chamblay & Jeanne Sorrin @ledougcorleone @raw_jeanne (p.92)

Maina Pandukar @m_pan (p.100, 105)

Loic Bouchet

@loicbouchetillustration (p.104)

Pierre Ponxe @ponx_e (p.106)

Floriane Lingat @fl0ppiz) (p.107)

Claire Meinhard @clairemeinhard (p.108)

Anaïs Chevret @zebluebunny (p.111)

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BAGARRE

FACES Le premier atelier workshop « Bagarre faces » a été réalisé lors des portes ouvertes du 75. Des têtes sans visages étaient mises à disposition des visiteurs avec des consignes très simples: 1. «choisis une tête» 2. «dessine une gueule de Bagarre» 3. « colle la sur le mur» Tout le monde a pu découvrir le projet grâce cet atelier interactif au sein de l’exposition. J’ai ainsi pu récolter une centaine de visages très différents On peut donc découvrir des visages très enfantin, d’autres bien plus détaillées, les styles se mélangent pour former une fresque de visages.

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BASTON BASTON BASTON BASTON BASTON Je me suis vraiment battu qu'une seule fois. 22


Très vite mon pote arrive, le soulève et essaye de le raisonner. Moi je me lève et là j’étais lancer, fallait que je le tue. Je lui met une énorme balayette. Je revois encore la scène au ralenti, sa tête s’est éclaté au sol, il est resté par terre et on l’a tabassé avec mon pote pendant pendant que mon deuxième pote retenait l’autre mec. C’est une des soirées les plus bizarre de ma vie, franchement pas de quoi être fier mais de quoi s’en rappeler longtemps. Cette expérience nous a soudé, il s’est passé un truc ce soir là. C’est un sentiment incroyable de se faire sauver par ses potes. C’est devenue plus que des potes. Alors ouais, la bagarre c’est peut-être une connerie, mais quand c’est bien fait et avec une bonne équipe c’est juste mémorable.

BASTON

MAXENCE GOBERT

Histoire plutôt classique, je me fais virer de boite parce que je suis trop bourré et on croise deux mecs. Je leur gratte un joint ce qui énerve un des deux mecs. Très vite il me dit que j’ai une sale gueule et qu’il a envie de me foutre une droite. J’étais vraiment bourré. J’étais tellement bourré que j’ai été assez con pour lui proposer d’essayer. Dit comme ça, face a un tel abus de confiance on pourrait croire que je sais me battre. Pas du tout. Mais mon moi bourré doit être persuadé d’avoir déjà pris des cours de boxe. Une seconde après je suis a terre avec un mec sur moi qui n’a qu’une parole et me fout vraiment des droites. Je l’agrippe avec les jambes et les bras pour l’immobiliser, j’ai vu ça sur youtube dans les matchs de MMA et bordel ça marche.

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STYLE

2. Pavé en pierre, vous pourrez casser une vitrine, une fenêtre, ou bien un crâne, à votre guise.

1. Stanley. Pointes biseautées pour plus d’efficacité, idéal pour arracher des clous, démonter des palettes ou toutes sortes d’activités manuelles ordinaires.

3. Dr Martens Church Vintage, cette chaussure vous emmenera au bout du monde grâce à ses semelles en cuir antidérapante. La technologie Air Wair vous assurera un confort maximal.

4. Lame de rasoir Feather, pour un rasage comme une caresse, idéale pour retoucher les zones difficiles, testées cliniquement pour les peaux sensibles.

5. Batte de Baseball en aluminum. Devenez le nouveau Jackie Robinson, grâce à cette batte à la fois légére et résistante.

6. Poing américain, pas très pratique pour coudre, ou manger, mais n’hésitez pas à vous en servir comme presse-papier lorsqu’il y a un coup de vent sur la table du jardin.

7. Deux bon gros toutous, parceque un seul ça suffit pas. Eux au moins il vont lâcherons pas, mais pensez quand même à les nourrirs sinon ils finiront par vous bouffer.

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9. Tondeuse multifonctions 12 en 1, pour une précision maximale avec 2 fois plus de lames, idéal pour avoir un crâne rasé à blanc.

8. Couteau automatique, vous permettra de découper votre steak haché, votre entrecôte, ou votre côte de porc.

11. Bouteille cassée, elle ne peut plus contenir de liquide mais peu très bien servir comme cure-dent.

12. Bouteille d’essence Rislone. Pour vous éviter de tomber en panne. Attention produit extrêmement inflammable

10. Bombers Schott reversible. Facile d’entretien Lavage en machine, 30° max. ne pas repasser.

13. Kit de tatouage, grâce auquel vous pourrez jouer a l’apprenti tatoueur en dessinant des licornes, des ancres et des arcs en ciel sur votre avant bras.

14. Cagoule. Sortez couvert et n’oubliez pas votre cagoule. Elle vous protgera intégralement, le cou, les oreilles, le nez et même les sourcils !

15. Chaine en or Plaqué or et oxyde de zirconium. Maille forçat, fermoir mousqueton. Cadeau idéal pour la Fête des Mères.

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QUATRES

MAINS Le deuxième atelier workshop « 4mains » a été réalisé avec deux participantes: Marie et Floriane. Super a réuni ces deux illustratrices au style très différent dans le but de laisser leur imagination s’exprimer et leur genre se mélanger. Sur des supports de grands formats, elles avaient à disposition tous types de matériau: feutres crayons, encre de chine... Il était recommander de repasser par dessus le dessin de l’autre, leur mains et leur créativité se sont mêlées sur la feuille pour un résultat détonnant.

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BXL ROCK J’ai passé la seconde moitié des années 80 complétement immergé dans la scène rock underground de Bruxelles. Assez confidentielle mais dynamique, elle comprenait une aristocratie intellectuelle de musiciens et de producteurs visionnaires qui entretenaient des liens étroits avec le vivier culturel new-yorkais et par exemple suivaient le sillage d’Arthur Baker lorsqu’il mixait du hip hop au Roxy. Elle se concentrait autour de quelques lieux emblématiques: des bars, des disquaires, des salles de concert... Dont l’Electric Ballroom de l’Ancienne Belgique, et le mythique Plan K rue de Manchester à Molenbeek. La naissance du Plan K avait généré un bouillonnement créatif dont naquit le label Les Disques du Crépuscule, connecté à Factory Records (Joy Division, New Order...) de Manchester.

La plupart des membres de ce milieu alternatif gardaient les yeux (et les oreilles) rivés en permanence sur les USA, l’Angleterre et surtout Londres, qui donnait le ton en matière de styles et de tendances. Mais au niveau de la rue c’était une toute autre affaire. Il y régnait un tribalisme farouche, conformément aux règles de stricte obédience édictées par les sous-cultures et cliques urbaines britanniques. A l’instar d’un biotope, ces castes se divisaient entre prédateurs et victimes (toujours les mêmes).

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Il faut souligner que les caméras de surveillance n’existaient pas et que la police, beaucoup moins présente que maintenant, n’intervenait pratiquement jamais. Ou alors débarquait sur les lieux des heures après les faits. Le bas de cette « chaîne alimentaire » était occupé par la horde la plus nombreuse : les hard rockers (ou « hardos »). Amateurs de heavy metal, ils arboraient cheveux très longs et battle jackets (vestes en denim décorées d’une multitude de badges et de patches à l’effigie de leurs groupes préférés). Malgré leur aspect intimidant, il s’agissait en général de braves garçons pacifiques ouvertement méprisés par la totalité des autres groupes.

Ensuite on trouvait les Batcave, du nom d’un célèbre club londonien de Soho. Fans de groupes coldwave et de l’expressionnisme allemand des années 30, ils s’habillaient uniquement en noir, portaient des chaussures pointues, de longs manteaux, des coiffures ébouriffées et de longues mèches. Parfois maquillés avec de la poudre de riz, ils adoraient se prendre pour des descendants de Dracula. Incapables de se défendre, ils étaient la cible d’un harcèlement quotidien. Au même niveau se plaçaient les Mods. Avec leurs souliers italiens, leurs costumes étroits impreccablement taillés, leurs scooters soigneusement entretenus et leurs collections de 45 Tours rares de Northern Soul, ils suscitaient l’hostilité (et la jalousie...) des tribus rivales qui les trouvaient «prétentieux» et «arrogants». Ils vivaient donc cachés, à l’instar d’une société secrète, et organisaient leurs soirées dansantes clandestinement. Puis venaient les punks, qui se donnaient un mal fou pour ressembler à leurs redoutables homologues anglais. Ils se rassemblaient constamment devant la Gare Centrale, autour d’une fontaine, comme une tribu de babouins campant dans les vestiges d’un temple abandonné. Flash, Coco, Kleenex, L’Anglais, Canari, Clochard, La Sorcière... Ces pseudos portaient à sourire mais l’ombre du crime atroce de « La Champignonnière » en février 1984 planait sur cette tribu dépenaillée dévastée par l’héroïne : la mort de Christine Van Hees, 16 ans, retrouvée violée, brûlée vive et ligotée sur une chaise avec des barbelés. Une affaire jamais résolue, une enquête finalement abandonnée par la police après 30 ans d’investigations...

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Au-dessus se situaient les Rockers (ou « Rockys »), amoureux d’une Amérique fantasmée figée dans les années 50, bercée par les chansons d’Elvis. La plupart ne parlaient pas un mot d’anglais. Ils avaient le coup de poing facile. Un gang en particulier, issu du quartier du Germoir à la frontière d’Etterbeek et d’Ixelles, semait la terreur à Bruxelles, ruinant les concerts et les soirées dansantes. Des castagneurs du lumpenprolétariat qui vivaient de cambriolages et de petits trafics. Little Dee. Le gros Béru. Tino la Bite, un géant de deux mètres membré comme un âne et intarrissable sur ses exploits sexuels. Sergio, plus tard maqué avec la mafia chinoise et gérant d’un bordel à Phuket. Banane, fille d’un décorateur de cinéma réputé, amoureuse de la Bête, recouvert de bouzilles jusqu’aux yeux, atteint par le sida en prison et aujourd’hui sacristain dans une église... Tout ce beau monde gravitait autour de Wild Dee, le chanteur des Wild Ones, un band rockabilly aux concerts chaotiques qui décrocha même un tube en 1987, « The Best Way to Jive ». Son premier contrebassiste, Dirk Schoufs, devint un des fondateurs de Vaya Con Dios en 1986, auteur et compositeur de deux albums vendus à des millions d’exemplaires. Avec son interminable silhouette imposante et sa dégaine de corsaire maltais, Dirk adorait « foutre la merde » partout où il mettait les pieds. Une longue cicatrice lui traversait la gorge, tranchée par un cran d’arrêt. Il se promenait toujours avec un coup de poing américain ou un couteau en poche. Ses succès musicaux lui avaient procuré une rente de 15.000 euros par mois, dont une bonne partie disparaissait en cocaine. Il décéda d’overdose médicamenteuse en 1991, à 27 ans.

Après trônaient les infâmes, les réprouvés, autant craints que détestés, brandissant leur bêtise comme un étendard effrayant : les skinheads. Avec leurs crânes rasés, leurs blousons militaires, leurs tatouages et leurs chaussures à coque cirées, ils rôdaient en meute comme des soudards, toujours prêts à tabasser, à lyncher et à racketter un peu n’importe qui. Cette violence autant gratuite qu’omniprésente constituait la pierre angulaire de ce culte urbain radical et nihiliste. Les filles qui traînaient avec eux suintaient la haine, elles provoquaient les bagarres puis adoraient regarder leurs mecs se battre. Leur chef, Toff (aujourd’hui hooligan white power), portait une croix tatouée sur le front et fêtait chaque année la date de la naissance de Hitler. Il avait engrossé une skingirl flamande de 17 ans, qui garda son enfant et l’appela Siegfried.

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Au sommet de la pyramide régnait la bande des Lords. Elle comprenait une poignée d’individus très soudés formés dans les commandos. A l’instar de l’esprit des corps d’élite militaires, ils se considéraient différents et supérieurs au reste de l’humanité. D’ailleurs ils réservaient un traitement identique (un tabassage en règle) à quiconque se dressait sur leur chemin : macs vindicatifs, hooligans du OSide d’Anderlecht, gangs de Turcs ou d’Albanais, bandes de skins néonazis... Ils portaient tous les tempes rasées et une coupe de cheveux aérodynamique en brosse/tremplin comme les GI’s américains, confectionnée par Jozef, un coiffeur serbe qui utilisait également une pommade de son invention. Les Lords affectionnaient le psychobilly, un sous-genre rock’n’roll particulièrement teigneux venu d’Angleterre. Durant la semaine, ils s’entraînaient dans un club de boxe thaï et travaillaient dur en tant qu’électriciens, menuisiers, assembleurs de charpentes métalliques... Le week-end, ils se lâchaient et descendaient sur le centre-ville. Ils rackettaient les dealers. Certains cédaient, d’autres se rebiffaient. Comme les frères Timour. Les Lords menaient depuis des années une guerre ouverte contre leur grosse bande. Lors d’un concert de GBH à Louvain, ils avaient affronté à 7 une petite armée de 200 punks flamands. Leurs faits d’armes se chuchotaient à voix basse comme des légendes médiévales.

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POSTERS

WEB Le site web que j’ai mis en place est un atelier en ligne permettant de créer des poster collaboratifs en ajoutant des textes ou des images sur la plateforme. Il est possible de superposer son image avec celle postée précédemment et de déplacer chaque images ou texte dans la page afin d’harmoniser le résultat final.

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Tu me reproches toujours le fait que je m’énerves et que je vais trop loin. Mais tu comprends rien et eux aussi ne comprennent rien. Tu les vois pas ces petits bonhommes dans ma tête qui tapent, tapent tapent tapent au point que j’aimerais m’en arracher la tête. Mais je suis pas con, je sais que c’est pas possible et toi t’es là à faire semblant de comprendre mais tu piges rien comme d’habitude. Tu sais pas que tu me demandes trop. Je dois me retenir sans cesse de peur de te faire du mal. Mais jamais t’as voulu envisager le fait que te faire du mal me faisait du bien ? Taper ça me fait du bien. Me battre c’est avant tout extérioriser tout ce que je garde. Les larmes c’étaient pas assez, ça n’a jamais été assez. Les paroles c’est du bullshit, c’est un concept que les gens ont mis en place pour qu’on soit bien vu mais en vrai on est des animaux. Et des animaux ça s’affrontent. On se montre ce qu’on vaut. On ne fait pas semblant, on arrête toutes ces conneries pour enfin être vrais les uns avec les autres. Mais ça toi tu comprends pas, tu veux vraiment pas comprendre. Tu sais pas à quel point ça m’emmerde de bien me comporter parce qu’un connard à décider que taper c’était pas bien. Finalement je vie et j’exprime des choses. On m’à donné des mains, des muscles qui pour te caresser et te montrer mon amour devraient être au summum de leur force mais qui devraient aussi savoir s’abstenir de cette force en cas de colère.. comprends bien que je ne comprend rien non plus. Je peux plus tenir, je peux plus faire semblant, je te l’ai dit ça fait beaucoup trop longtemps. Laisse moi faire s’il te plaît, laisse moi frapper. Laisse moi aller mieux. J’ai pas cette force moi, celle de me retenir. Je dois le faire de peur de me perdre et si je me perd, tu me perds. Et si tu me perds, il n’y aura aucune autre raison d’être sur terre. Ma seule issue c’est la bagarre, alors, laisse moi faire.

GAÊLLE MWAMBA

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TABEA VON VIVIS

TU LA VOIS LA BAGARRE TU LA VEUX LA BAGARR BAGAARRE BAGARE TU VEUX TU VEUX VAASI LA VIENS BAGARER VIENS LA BAGARRE VIENS ON S’BAT ARRRGG TU LA VEUX LA BAGARRE, Je crois qu’il faut que je vide ce que j’ai dans le bide, j’ai envie de vomir, j’ai pas envie de ce qui m’arrive et j’ai mal mais je veux passer outre mais je veux au mieux; les choses; les gens me rattachent ou m’attrapent; de l’amour de l’amour j’ai que de la colère; une personne peut te créer tant de colère pourquoi je réagis ainsi c’est pas moi ça fait mal je veux des chose douce / je veux des choses qui passent pourquoi m’avoir fait autant de mal ou est l’intérêt ? Qu’est ce que je peux en faire de cette violence que j’encaisse et encaisse ben rien seulement la digérer la chier et continuer a donner amour et bonté mais ça m’énerve d’avoir mal car je le souhaite à personne pourquoi m’en a tu fais pourquoi tu te fais mal tu cherche à comprendre quoi ?

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Moi c’est pas là que je trouve de l’amour ça rend fou cette vie et on en est pas loin de la folie là oui rien n’est censé dans se monde hormis que moi je sais que je veux continue à en donner et à partager de l’amour même si je me fais bouffer mais faux faire gaffe à l’abus c’est pas là qu’on construit les plus belle choses elles sont à coté, je t’aime.


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IVAR WIGAN

IVAR WIGAN - THE GODS La dernière exposition du photographe britannique Ivar Wigan, The Gods, nous emmène dans un voyage à travers les parties les plus effervescentes de Dirty South. Il s’agit d’un regard sombre et glamour dans un monde perçu par les étrangers comme un univers de crime, de pauvreté et de rêves brisés. En réalité, Miami, Atlanta et la Nouvelle-Orléans prospèrent grâce à des sous-cultures qui développent leurs propres styles, musique et coutumes, où les clubs de striptease ne sont pas stigmatisés et où les «danseurs» sont respectés.

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LE POIDS DE LA DÉCISON Je suis ce genre de fille qui a tendance à vivre sa vie dans le fantasme de ce qu’elle pourrait être, à la limite d’une vie par procuration, pas au point d’être associable, juste une honnête et légère flemme de prendre part.

à volonté, non parce que je peux manger autant que je veux (ce qui n’enlève rien) mais pour l’absence de choix ou du moins l’accessibilité de l’absence de choix et du contentement. Je me rends compte que c’est un peu triste à dire mais ne vous inquiétez pas ce n’est pas triste à vivre. Je suis quelqu’un qui travaille très bien le début des choses mais qui n’arrive que très rarement à l’occasion d’un miracle, un alignement centenaire des planètes etc. à les finir.

Je suis la reine des actes manqués et des fausses décisions. Réussir à me convaincre de m’engager sur une voie complètement excentrique et inattendue, je le fait tous les jours. Je fais la course des grandes idées et j’en suis sa championne. Toutefois, pour ce qui est de poser une action concrète pour réaliser une infime partie du rêve, je suis dramatiquement nulle. Ma technique à moi : la fuite et rebelote… J’ai le choix et la décision en horreur. C’est une des raisons pour laquelle j’adore le restaurant chinois et son buffet

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Pour le autres je suis constante, toujours présente je trouve ça important et y a pas de problème je trouve même ça facile. Mais quand cela me concerne alors la CIAO BELLO y a plus personne… peut-être parce que je pense que je me pardonnerai toujours d’avoir fait foirer ça…Je ne sais pas… ou alors, je me dis que ce n’est pas bien grave. J’aurais toujours demain. Mon année de fac a été catastrophique pour mon moral : pas facile pour moi de passer d’être humain à feuille de copie en moins de deux mois. C’est la première fois de ma vie où j’ai ressenti une attraction pour mon lit aussi forte. Envie de tout remettre au lendemain. Je ne sais pas ce que c’était mais je n’ai vraiment pas aimé. Je me rappelle m’être dit : « il faut que je trouve une solution je ne peux pas enchaîner encore deux ans dans cette situation. » Et je sais que dans ma famille l’année de césure est bien vue que si tu as un plan … les plans ce n’est vraiment pas pour moi. Pour la première fois je me suis vu paniquer sans pouvoir trouver le courage de faire un choix. Si je dois pointer un moment dans ma vie ou quelque chose à changer je dirais que c’est mon passage du Bafa scout.

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En une semaine le monde a bougé pour moi. J’ai tout remis en perspective. Je savais ce qui était important de ce qui ne l’était pas vraiment. A chaque action sa conséquence. Une conséquence visible. C’est à ce moment-là que je me suis dit que le concret, même si j’en ai peur, est valorisant et nécessaire. C’est à cet instant que j’ai pris la décision de me forcer à faire ce que je dis et à ne pas me laisser m’enfuir. Pourtant, après ce déclic je n’ai rien fait de plus que de rejoindre mon quotidien et le stress des partiels... Je me retrouve après les partiels plus sûre de rien, je ne sais pas si j’ai validé mon année. Je me demande comment je vais pouvoir supporter de refaire deux fois la même chose si jamais j’échoue. Comment je vais pouvoir supporter mon échec. Je n’ai jamais échoué et je trouve misérable qu’en entrant dans l’âge adulte ma première action eut été de fuir la seule chose qu’on me demandait de faire bien.Je sais parfaitement que ce que je viens de dire est exagéré mais c’est exactement le sentiment que j’avais. Ce n’était pas de la honte, c’était la première fois que je me décevais.


JULIENNE GIRARD

Mon immobilisme me terrifiait, je me rappelle m’être donné une claque comme pour me réveiller … puis j’ai fait une liste pour m’obliger à faire avancer les choses, à les rayer une à une. Durant les semaines qui ont suivi ce premier acte, j’ai rayé les choses sur ma liste jusqu’à tomber sur le dernier item : « faire démarche service civique chez les Scouts et Guides de France ». Agissant comme un bon soldat, je me suis rendue au siège, le cœur en bandoulière, consciente de jouer ma dernière carte avant de paniquer à nouveau et de refaire une liste. Arrivée au secrétariat, j’ai demandé à parler au responsable des services civiques, bien sûre, je n’ai pas de rendez-vous. Durant les quelques minutes d’attentes, je me suis préparée à entendre « revenez plus tard avec un rendez-vous »… ce qui me connaissant allait rendre les choses plus compliquées, je ne sais pas pourquoi, mais la discussion devait avoir lieu aujourd’hui. A l’instar de cela, une femme est venue me chercher, après quelques minutes d’entretien dans une cage d’escalier, elle me fait savoir que ma candidature lui plait et me demande de choisir entre deux pays : la Roumanie ou la Croatie. Hallucinée par tant de facilité, je répondis, sans savoir pourquoi, la Croatie. Après une poignée de main et une promesse d’entretien formel pour fixer les modalités, nous nous séparons et je me suis retrouvée sur le trottoir, un sourire ahuri sur les lèvres et une rengaine qui ne cesse de tourner dans ma tête « je viens de faire quelque chose de ma vie », « est-ce que c’est le bon truc à faire de sa vie ? ». Je décide de rentrer chez mes parents et de dire à ma mère que j’ai enfin un plan.

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CADAVRE

EXQUIS Ce troisième workshop, a réuni six étudiants en graphisme du 75 à Bruxellles. Assis autour d’une table ronde, chacun une feuille A3 devant lui, les règles du jeu sont simples: De multiples outils sont à disposition au centre de la table, peinture, crayon, feutres, ainsi que quelques phtos imprimées, chacun compose avec pendant deux minutes et puis ça tourne. Les feuilles s’échangent, passe de mains en mains, et le résultat offre un rendu très hétérogène et graphiquement intéressant.

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JEANMICHEL, ANDY ET LE NOBLE ART

Toutes les bagarres ne se ressemblent pas. Il y a les altercations entre CRS et zadistes, les duels de nobles à l’épée, les bastons de rue entre Creeps et Bloods, les batailles d’eau d’été. Notre bagarre, c’est l’histoire de JeanMichel Basquiat et Andy Warhol, une confusion féconde mais dramatique de deux mondes et deux âges apparemment incompatibles. C’est un échange de coups de pinceaux, une lutte contre la drogue, un conflit avec les critiques d’art et une ultime dispute.

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RISING STAR VS SUPERNOVA 1980. A peine vingt ans, Jean-Michel Basquiat se débarrasse de sa peau de SAMO, son identité de grapheur. Il gagne en notoriété. Du dehors au dedans des murs, il s’associe pour la première fois aux expositions collectives du Times Square Show et de New York / New Wave. La même année, il joue son propre rôle dans Downtown 81, écrit et produit par son ami Glenn O’Brien. Andy Warhol est plus âgé. Après un succès fulgurant à coups de canettes de soupe et de portraits de sex symbols, il est sur la pente descendante. Il ne peint plus beaucoup, propose de grandes séries rétrospectives qui reprennent ses célèbres motifs. Presque plus de production pure. Pour subsister, il dévore les artistes qu’il enfante via son utopique Factory, antre hybride mêlant atelier, studio de cinéma et lieu de vie alternatif. C’est là-bas, par l’intermédiaire du susnommé Glenn O’Brien, qu’il rencontre Jean-Michel pour la première fois. Jean-Michel idolâtre Andy, au point qu’il a accroché une photo de lui au-dessus de son lit. Mais Jean-Michel est très particulier. Les deux monstres s’arrangent un rendez-vous, l’aîné est troublé par la fougue démesurée, l’instabilité et l’invasivité de son benjamin. Mission avortée.

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Une ville, deux génies de la création. Ils ne peuvent échapper l’un à l’autre. Ils finissent par se croiser deux ans plus tard. Bruno Bischofberger, marchand d’art exclusif de Jean-Michel, planifie un déjeuner pour que les deux artistes se retrouvent. Cette fois-ci, l’alchimie opère sous les yeux du magnat suisse. Andy immortalise l’énergie de ce moment via un cliché de Polaroid. Il est enthousiaste. Il faut retrouver se retrouver, vite. Deux heures plus tard, Basquiat laisse un cadeau devant la porte de son nouveau Pygmalion. Andy raconte ce moment dans son journal intime, dans un style télégraphique qui dit tout de l’intensité de l’impression qui lui reste : “Had lunch with them and then I took a Polaroid and he went back home and within two hours a painting was back, still wet, of him and me together. And I mean, just getting to Christie Street must have taken an hour.” Flatté par l’admiration de ce jeune étalon aussi fascinant qu’incontrôlable, Andy pressent qu’ils doivent collaborer.


COLLISION Bruno Bischofberger, flairant l’affaire, leur soumet justement un projet de collaboration. Les deux talents acceptent pour de multiples raisons. Bien entendu, Jean-Michel et Andy ont conscience de la fécondité et de l’aura qu’engagerait cette association entre l’art underground et celui de la consommation. D’autres stratégies les motivent, consciemment ou non. Derrière l’intention artistique, le pacte tacite, un échange de bons procédés entre un jeune prodige voulant sa place l’histoire (de l’art), et son idole mythique mais déclinante qui tient à sa place et à son image d’avant-gardiste. Andy sera le mentor qui propulsera Jean-Michel vers la gloire, Jean-Michel sera la cure de jouvence. Big Bang, leur union est scellée. C’est le début d’une frénésie artistique qui accouchera d’une centaine de fresques monumentales et œuvres en tous genres. Au début, ils sont inséparables, l’influence artistique est réciproque. Le processus de création, bien que chaotique, est encadré par un esprit de compétition plutôt sain. Les deux artistes combinent leurs visions au point de les brouiller. C’est positif selon Andy, qui écrit : “Paintings we’re doing together are better when you can’t tell who did which parts. Jean-Michel got me into painting differently, and that’s a good thing.” La satire d’Andy et la nature rebelle de Jean-Michel transparaissent parfaitement dans leurs œuvres. Le premier entame la toile, le second intervient. Droite, gauche, l’aérographe sur le tampon, ces sparring partners d’un nouveau genre se lancent dans une itération sans fin.

Avec humilité, Andy dépose son logo et le soumet aux gribouillis impulsifs de Jean-Michel. Dans ce travail à quatre mains, l’un sublime l’autre ou le détruit pour créer autre chose. Binômes ou adversaires ? Euxmêmes semblent douter de la réponse, mais la certitude est là : une bromance est née et elle dépasse les murs de l’atelier. 1985, Michael Halsband photographie le couple en tenue de combattant dans une série inspirée par le thème du pugilat. Leur amour est figé par l’appareil. Ce que raconte Michael : “This one was Jean (Michel, ndlr)’s idea. He said, “Wait I have an idea. Let me try something here.” He posed Andy and then he laid his head on the glove and made that expression. As he was doing that, I tilted the camera. It was on a tripod. I undid the lock on it, tilted the camera as far as it could and shot the picture like, as fast as I could do it because I saw this happening, but it didn’t last. It wasn’t in motion, but it still didn’t last.”

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Un tirage de cette série sert d’affiche pour leur exposition Paintings à la Tony Shafrazi Gallery dans le quartier de Soho. Big hit, seize toiles non intitulées y sont dévoilées.

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SUN OR SATELLITE ? Peu de temps après l’inauguration de cette exposition, une polémique vient foudroyer son succès. Vivien Raynor livre un article corrosif pour le New York Times. La journaliste se fait Cassandre et écrit qu’Andy transformera Jean-Michel en marionnette : “Art historians may be able to relate this manifestation to the automatist poetry that certain Surrealists wrote collectively. They may even invoke Robert Rauschenberg’s erasure of a de Kooning drawing and the mustache Duchamp added to a Mona Lisa reproduction. Anything is possible. But here and now, the collaboration looks like one of Warhol’s manipulations, which increasingly seem based on the Mencken theory about nobody going broke underestimating the public’s intelligence. Basquiat, meanwhile, comes across as the all too willing accessory.” Couple factice. Happening orchestré. Faux semblants pour vrai argent. On fait passer Andy pour l’ogre, les motivations de Jean-Michel sont beaucoup moins mises en doute. On dépeint le premier comme un vampire artistique, froid et calculateur. Le deuxième comme un généreux candide. Puis les critiques s’affinent. Certains prétendent que Jean-Michel est une sangsue affamée de la réputation d’Andy, tandis que d’autres avancent que l’ainé est un opportuniste qui utilise le talent du jeune OVNI à ses propres fins. 1986, ils montent ensemble sur le ring pour créer Ten Punching Bags (Last Supper), résultat de leur fascination mutuelle pour la boxe et de leur aversion pour les critiques d’art. Cette œuvre intervient au moment où leurs détracteurs vilipendent leurs inspirations et leurs façons communes de créer. Evidemment, il ne faut pas laisser passer l’occasion de prendre le contre-pied.

Le duo délivre une interprétation littérale de leur situation et fait de ses œuvres l’objet même qui doit être battu : un sac de frappe qui reçoit les jabs et les uppercuts. « Eh bien! moi je vous dis de ne pas riposter au méchant; mais si quelqu’un te giffle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. » (Matthieu 5, 38-42). Spoiler alert. Cette relation est plus ambigüe qu’elle n’y paraît et on tranche davantage pour l’exploitation mutuelle de deux personnages en nuances que pour la fiction d’une instrumentalisation unilatérale. Car on ne peut pas soupçonner le vieux maître de manipulation préméditée. A y regarder de près, Jean-Michel joue de son image de marque tout autant qu’Andy. Une symbiose. Pour Ronnie Cutrone, un ami du duo, “It was like some crazy Art-world marriage and they were the odd couple. The relationship was symbiotic. Jean-Michel thought he needed Andy’s fame and Andy thought he needed Jean-Michel’s new blood. Jean-Michel gave Andy a rebellious image.” Quoi qu’il en soit, la critique et leurs caractères respectifs mettent un coup de canif à leur relation sur tous les plans. Seuls dans l’arène contre mille toreros, les jours sont comptés.

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STARDUST Au-delà de leurs pratiques artistiques divergentes, c’est la routine qui pose un problème. Même s’ils entretiennent une relation réciproquement bénéfique, il leur est impossible de masquer leurs différends. Par-dessus le marché, l’un comme l’autre souffrent d’une longue et profonde addiction à la drogue. Le pop-artiste est rongé par plusieurs maux. Il soulage régulièrement un trouble neurologique appelé « Saint Vitus’ dance » pour limiter des mouvements saccadés et non coordonnés, touchant principalement le visage, les mains et les pieds. Il fait les frais d’un vagabondage entre les différents stupéfiants et d’une grande fidélité à l’alcool. L’obétrol, une amphétamine légère, lui permet de réduire son sommeil, et la consommation de produits anorexigènes lui fait perdre du poids. Jean-Michel, à vingtsix ans, est déjà un toxicomane de longue date et une véritable psychose s’empare de lui. Problème pour lui : plus d’argent, plus de cocaïne et d’héroïne. Il développe une paranoïa, recouvrant les fenêtres de son loft de panneaux noirs afin de ne plus distinguer le jour de la nuit. Il a peur d’être repéré par la CIA. Empoisonnés, leur collaboration/combat s’étiole. L’acharnement des journalistes les tourmente, les dispute, les isole et finalement les sépare. A ce moment-là, Andy sait que c’est fini. Le mariage se solde par un divorce. Basquiat n’adressera plus jamais la parole à Warhol. Le jeune homme retourne à ses amours funestes, la dépression et la mélancolie, qu’il arrose de drogues diverses.

BLACK HOLE Après avoir longtemps repoussé une opération de la vésicule biliaire qui avait été à l’origine de la mort de son père, Andy Warhol subit cette intervention banale le 21 février 1987. Il semble bien s’en remettre. Il meurt dans son sommeil d’une attaque cardiaque le jour suivant au New York Hospital. La mort sera la trêve. Basquiat est profondément affecté par la mort de Warhol. Commence alors pour lui une existence recluse et une baisse drastique de sa créativité. 1988, après une année et demie d’absence, il expose à nouveau. Malgré le succès de ses créations, il s’isole à Hawaï au mois de juillet. Il souhaite se défaire de la drogue. C’est généralement là qu’il allait se sevrer, se contentant d’alcool et de marijuana dans un ranch qu’il louait sur l’île de Maui. Il rentre à New York le 2 août et déclare être guéri de son addiction. En pleine forme, il s’apprête à repartir avec quelques amis, en Afrique cette fois. Il livre alors son dernier combat, contre lui-même. Celui de l’artiste accablé par la solitude et la dépression. Il a vingt-sept ans quand, dix jours plus tard il est retrouvé mort dans son appartement de Great Jones Street. Overdose d’héro et de coke. Il n’aura survécu qu’un an sans Warhol. Le premier aspire le second dans sa chute. L’arbitre siffle la fin du combat, plus personne sur le ring.

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Chaque jour, j’ai peur... comme une forme qui disparaît, comme un abîme sur le bord, comme l’envers d’un film de Gaspard Noé. J’ai les doigts qui fourmillent, crépitent d’une impatience morte née, se décomposent... PEUR Alors je lève ma garde, prête à en découdre. Quelle s’amène la peur, j’ai la rage... pas comme une lueur au plus profond de la mine mais comme si un fauve était sur le point de fracasservotre cage thoracique pour planter ses crocs. Comme la terreur dans les yeux de ce condamné, le roi a décidé qu’il serait enterré vivant, on lui laissé les yeux ouverts, les fourmis se rapprochent du corps enduit de miel, qu’il est terrible le regard de l’homme devant sa mort. Quand on comprend, les premières fourmies attaquent la peau. Je n’ai pas de temps, si peu de temps pour ma peur panique à moi, Phèdre balance une patate à Valjean qui lui rend son pain en pleine figure, deux pièces se jouent sur la même scène, il faudrait que j’y pense et je n’y pense pas. On continue. On continue. On continue. Je finirai par lui faire grincer des dents à cette fichue terreur. MAINA PANDUKAR

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Loïc Wacquant, Corps et âme. Notes ethnographiques d'un apprenti boxeur. Actes de la recherche en sciences sociales

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