Issuu on Google+

FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

19-06-2010

09:41

Pagina 1

België - Belgique P.B. - P.P. Gent X 3/1751 Afgiftekantoor Gent X ISSN=1370-5814

Don Bosco Nord-Sud

P 602489

ENSEMBLE 2

DEUXIEME TRIMESTRE 2010

Revue trimestrielle: Année 18, nr. 2


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

19-06-2010

09:41

Pagina 2

BALLON ROND ET DÉVELOPPEMENT Dans ce numéro de Faire Route Ensemble:

3 SUD

Afrique occidentale DMOS-COMIDE publie une série d’articles à l’occasion du vingtième anniversaire de la Convention des droits de l’enfant. Nous parlerons aujourd’hui de l’esclavage des enfants en Afrique occidentale et de leur droit à la protection contre l’exploitation.

6 Mesurer, c’est savoir Chaque année, nous recevons d’importantes sommes d’argent grâce à votre générosité. Nous montrons ici à quoi ces fonds sont consacrés, dans une totale transparence.

8 Haïti Les salésiens aident Haïti depuis 1935. Aujourd’hui encore, nous n’abandonnons pas la population sinistrée. C’est pourquoi DMOSCOMIDE organise la solidarité avec les œuvres salésiennes en Haïti. Etat des lieux.

NORD

10 Projet « une école pour une école » Deux écoles ont choisi de renforcer leur formation mondiale en organisant un échange avec une école du Sud. Un parcours marqué d’espoirs, de réussites et de déceptions.

12

Il y a toujours deux gagnants dans une coupe du monde de football : le pays vainqueur sur le plan sportif et le pays organisateur sur le plan économique. Dit-on. S’il est peu probable que l’Afrique du Sud termine la coupe du monde couronnée de lauriers, on peut aussi se demander dans quelle mesure elle en retirera les bénéfices économiques escomptés… Le gouvernement sud africain a consenti un investissement total de 3 milliards d’euros pour les infrastructures liées au Mondial mais il est peu probable que l’afflux de touristes attendus parvienne à équilibrer ce budget, même si l’évènement est censé créer environ 150 000 emplois. Un secteur finit par tirer des dividendes durables d’une victoire en coupe du monde : le football lui-même ainsi que la Fédération internationale de football (FIFA) en charge du football mondial. Ses missions incluent l’organisation et la gestion de la coupe du monde. 94% de ses revenus sont générés par les droits TV, le marketing et le sponsoring. En 2008, la FIFA a affiché un bénéfice net de 184 M$ pour des revenus de 957 M$. Est-ce pour se donner bonne conscience que la FIFA lance une campagne officielle “20 Centres pour 2010″, qui a pour objectif de construire 20 centres communautaires du football pour l’espoir en Afrique du Sud, au Mali, au Ghana, au Kenya, au Rwanda, en Namibie et dans d’autres pays d’Afrique qui n’ont pas encore été déterminés.

« Ces centres vont servir de plateformes aux communautés pour promouvoir les droits de l’enfant, l’éducation, la santé, la prévention du VIH/SIDA, l’intégration sociale et le respect de l’environnement et ils vont laisser à l’Afrique un héritage qui va durer bien longtemps après le dernier coup de sifflet de la Coupe du Monde 2010 », a déclaré le président de la FIFA, Sepp Blatter. Allez, tous les espoirs sont permis !

Françoise Léonard, Directrice

Bénévoles Témoignage de deux bénévoles enthousiastes qui se sont engagés pendant six mois au Centre des Jeunes de Gatenga à Kigali (Rwanda).

14 La base Confrontation avec la grave pénurie d’eau à Madagascar.

15 LEMONDE.BE 2

Le label FSC permet au consommateur final d’identifier les produits du bois et du papier, de façon à ce que celui-ci puisse avoir la garantie que ces produits proviennent bel et bien de forêts gérées durablement. Chaque produit est suivi par le FSC tout au long de la chaîne de transformation et de commercialisation, tant au niveau de la gestion forestière que de la chaîne commerciale. www.fsc.be


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

19-06-2010

09:41

Pagina 3

ESCLAVAGE AU 21E SIÈCLE 20 ANS DE DROITS DE L’ENFANT

LA SAVEUR DU CHOCOLAT

En 1989, l’Assemblée générale des Nations Unies a ratifié la Convention des droits de l’enfant. Pour célébrer l’anniversaire de la Convention des droits de l’enfant, éclairer le travail de nos partenaires mais aussi et surtout s’obstiner à faire entendre le cri de détresse des enfants concernés, chaque numéro de Faire route ensemble en 2010 comportera un article sur ce thème. Nous nous pencherons dans ce numéro sur l’article 32, qui traite du droit à la protection contre l’exploitation.

Du chocolat... fondant... ou au lait, aux éclats de noix... ou encore de délicieuses truffes au chocolat. Aucun compatriote, jeune ou vieux, et aucun touriste étranger ne peut résister à la tentation de notre délicieux chocolat belge. Le petit chocolat pour accompagner le café, le choco sur la tartine, l’œuf de Pâques déposé par les cloches de Rome, la succulente prâline : tous font le bonheur de nos papilles. Un Belge moyen consomme 9,69 kilos de chocolat par an. Et chaque gramme est apprécié. Pour nos partenaires en Afrique occidentale et pour des milliers d’enfants de cette région, le chocolat a un goût exécrable. Pour eux, le chocolat a un arrière-goût amer de sueur, de sang et de larmes, beaucoup de larmes. Pour eux, le chocolat signifie des années d’esclavage.

FA I R E R O U T E E N S E M B L E

2/2010

SUD AFRIQUE OCCIDENTALE

Droits des enfants : Inspirée par la philosophie de Don Bosco, DMOS-COMIDE lutte contre la pauvreté dans le Sud en proposant une formation et un enseignement aux jeunes défavorisés. 3


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

19-06-2010

09:41

Pagina 4

« Pour nos partenaires en Afrique occidentale et pour des milliers d’enfants de cette région, le chocolat a un goût exécrable. Pour eux, le chocolat a un arrière-goût amer de sueur, de sang et de larmes, beaucoup de larmes. »

La Côte d’Ivoire est le premier producteur de cacao. Quelque 800.000 paysans travaillent dans ce secteur. Selon les chiffres les plus prudents, plus de 280.000 enfants travaillent dans les plantations de cacao. Parmi eux, plus de 10.000 sont des esclaves. Acheter un enfant esclave vous coûtera environ 200 euros. Ensuite, vous en faites ce que vous voulez. Il vous faut éviter deux choses : que l’enfant ne s’échappe et qu’il meure prématurément. Car, dans les deux cas, vous perdez votre investissement.

UN PROBLÈME BEAUCOUP PLUS LARGE Nos partenaires en Afrique occidentale sont confrontés quotidiennement à la réalité de l’esclavage des enfants. Une large proportion des enfants de la rue accueillis dans les centres salésiens de Kara (Togo), Cotonou et Porto Novo (Benin) sont des enfants esclaves qui ont réussi à s’échapper ou qui ont été arrachés aux griffes de trafiquants d’êtres humains. Selon Human Rights Watch, le phénomène s’observe dans tous les pays de la région. Au demeurant, l’esclavage des enfants ne se limite pas à la culture du cacao. Nos partenaires estiment qu’il touche pratiquement tous les secteurs de l’économie. Le travail infantile et l’esclavage des enfants existent dans l’extraction de gravier et de sable (où ils doivent souvent soulever des charges excessivement lourdes), l’agriculture (où ils sont entre autres exposés aux pesticides), l’industrie de traitement du bois et du cuir (où ils doivent manipuler des machines dangereuses) et bon nombre d’autres secteurs industriels, agricoles ou commerciaux. Naturellement, les enfants qui travaillent dans les bars et l’industrie du sexe sont aussi des proies faciles. L’univers des travailleurs domestiques est l’une des formes d’esclavage les plus déguisées. Les enfants ont non seulement des journées de travail éreintantes mais sont aussi victimes d’abus psychologiques, physiques et sexuels. Les témoignages des victimes parlent de journées de travail de cinq heures du matin à minuit, d’enfermement, de privation de nourriture et de maltraitances.

COMMENT PEUT-ON EN ARRIVER LÀ ? L’on peut se demander comment ces enfants deviennent esclaves. L’ignorance et la pauvreté sont ici des mots clés. Les parents de ces enfants sont trop pauvres pour pouvoir vraiment subvenir aux besoins de leur famille. Les trafiquants d’enfants le savent et font miroiter aux parents qu’ils peuvent offrir une formation (professionnelle) aux enfants et ultérieurement leur trouver du travail dans un pays voisin ou dans la capitale. Pour les parents, c’est un rêve qui devient réalité. Leur enfant va pouvoir suivre une formation professionnelle, subvenir à ses besoins et peut-être pourra-t-il même aider financièrement le reste de la famille. Et comme tous les parents du monde veulent ce qu’il y a de mieux pour leur progéniture, ils acceptent souvent les propositions des trafiquants d’enfants qui viennent leur rendre visite. Les enfants plus âgés sont généralement abordés directement par les trafiquants. Ceux-ci leur promettent une radio ou un vélo s’ils les suivent. Bien entendu, toutes ces promesses et faveurs qu’on leur fait miroiter sont toujours un leurre.

4

L’esclavage des enfants fait partie d’un débat très complexe sur le travail des enfants. Il est essentiel de distinguer le travail des enfants de l’exploitation des enfants. En effet, il est tout à fait courant, surtout en Afrique, que des enfants travaillent (très dur) avec leurs parents pour subvenir aux besoins de la famille. Il s’agit d’un phénomène culturellement enraciné, surtout dans l’agriculture et donc aussi la culture du cacao. Nos partenaires respectent le fait que les enfants travaillent avec leurs parents, entre autres parce qu’ils apprennent souvent des techniques (agricoles) qui pourront leur être utiles plus tard. Le travail des enfants devient inacceptable lorsqu’il nuit à la santé ou au développement de l’enfant. Ou lorsqu’il porte atteinte à la sécurité, à l’amour-propre ou à l’intégrité physique de l’enfant. Il faut protéger les enfants des formes de travail qui

« Il faut protéger les enfants des formes de travail qui empêchent leur développement personnel. » empêchent leur développement personnel. L’esclavage, qui considère les enfants comme des marchandises et des objets, est tout à fait inadmissible. Le travail des enfants mais aussi les flux migratoires incessants entre les pays d’Afrique occidentale entravent le contrôle de l’esclavage des enfants. Depuis toujours, les habitants de la région prennent la route pour aller tenter leur chance ailleurs, et les enfants suivent ces flux migratoires. De plus, il est tout à fait normal d’envoyer son enfant en ville, où il sera accueilli et logé par la famille et pourra suivre une formation. Beaucoup d’esclaves domestiques sont ainsi présentées comme un «parent éloigné vivant à demeure», une donnée souvent difficile à contrôler.

LE RÔLE DE NOS PARTENAIRES DANS LE SUD Les centres salésiens s’efforcent de lutter contre l’esclavage des enfants. Nous avons déjà mentionné plus haut que ces centres s’efforcent d’offrir un avenir aux enfants en les accueillant et en leur proposant un accompagnement (psychologique) et une formation professionnelle.


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

19-06-2010

09:41

Pagina 5

SUD AFRIQUE OCCIDENTALE

Ils privilégient, dans la mesure du possible, la réinsertion des enfants dans leur famille d’origine ou chez d’autres membres de la famille. Les Salésiens et leurs collaborateurs réalisent toutefois que ces projets (certes nécessaires) sont menés lorsque le mal est déjà fait. Aussi essayent-ils de jouer un rôle plus actif dans la prévention de l’esclavage des enfants. Dans la région de Kara (au Togo), les Salésiens sont par exemple les cofondateurs de Resope. Resope est un réseau fondé en 2006 qui regroupe des ONG, des syndicats et des organisations de la société civile au sens large. Son objectif est de protéger les enfants dans la région et de déceler et prévenir les violations des droits de l’enfant. Resope se rend compte que la victoire contre l’esclavage des enfants ne pourra être remportée qu’en étroite collaboration avec la justice, la police et les services publics. En effet, on a trop souvent constaté dans le passé que les services de police jouaient un rôle négatif dans les trafics d’enfants. Un accord de coopération avec les différents services publics est donc incontournable pour stopper les trafiquants d’enfants.

ainsi de convaincre les parents et les victimes potentielles du fait que les trafiquants d’enfants n’ont pas de bonnes intentions.

NOTRE RESPONSABILITÉ Nos partenaires dans le Sud s’efforcent ainsi de faire barrage à l’esclavage des enfants. Et nous… que pouvons-nous faire ? Nous sommes impuissants face à de nombreuses formes d’esclavage infantile. Citons l’esclavage domestique, que seules les autorités locales peuvent combattre. Pourtant, nous pouvons jouer un rôle. En continuant bien sûr de soutenir nos partenaires de différentes manières. Mais aussi en modifiant notre modèle de consommation. On trouve par exemple du chocolat qui n’a pas le goût de l’exploitation infantile : Fair Trade travaille directement avec les agriculteurs et leur paie un prix équitable. En choisissant ce produit, nous pouvons vraiment savourer le chocolat avec nos partenaires dans le Sud, du chocolat bon pour les enfants consommateurs, mais aussi et surtout pour les enfants producteurs.

FA I R E R O U T E E N S E M B L E

2/2010

La sensibilisation des parents, des enfants et des jeunes est une autre priorité de Resope. Les collaborateurs de Resope (et donc les centres Eric Joris salésiens également) vont à la rencontre des gens des villages ; ils donnent des ateliers dans les écoles et projettent « Un accord de coopération avec les différents services publics est des courts-métrages dans les petits cinémas incontournable pour stopper les trafiquants d’enfants. » de quartier. Ils essayent

DMOS-COMIDE est l’ONG belge de Don Bosco. Nous donnons aux jeunes défavorisés les moyens d’œuvrer eux-mêmes à leur développement et à celui de leur entourage en leur offrant une formation et un enseignement professionnel. 5


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

SUD

19-06-2010

09:42

Pagina 6

MESURER, C’EST SAVOIR

MESURER, C’EST SAVOIR Depuis 1999, notre service de comptabilité peut produire une liste reprenant tous les montants versés au Sud. Les chiffres que vous avez sous les yeux représentent, par pays, la somme des montants versés au profit du Sud au départ de nos comptes bancaires entre le 1er janvier et le 31 décembre 2009.

Le type d’affectation est également indiqué sous forme de graphique. Conformément à la philosophie des écoles Don Bosco, la majeure partie va à l’enseignement informel. Regardez et comparez ! Nos bilan et compte de résultats peuvent être consultés sur notre site web, sur www.donorinfo.be et bientôt sur www.coprogram.be .

Il s’agit d’une somme importante, que nous devons en partie à votre générosité, et ce malgré le contexte de crise économique et financière. La crise permet de réfléchir à ce qui compte vraiment dans la vie.

Pour les projets non cofinancés, 98 % des dons sont versés au Sud ; quant aux projets cofinancés par les autorités belges ou européennes, nous ne gardons que l’indemnité administrative prévue contractuellement. DMOS-COMIDE n’est pas un acteur des plus connus sur le marché. Vous ne verrez pas très souvent notre nom au supermarché, dans les journaux ou à la télévision, mais nous nous efforçons d’utiliser nos ressources de façon optimale dans le Sud. Nous sommes également membres de l’Association pour une Ethique dans les Récoltes de Fonds (AERF) et devons lui soumettre nos chiffres chaque année. Vous souhaitez de plus amples informations? Adressez-vous aux soussignés. Vous désirez faire un legs ? Prenez contact avec notre président Omer Bossuyt. Pour votre soutien au Sud, merci d’avance !

Jan DE BROECK et Peter GOOSSENS

AFRIQUE Afrique Centrale République Centrafricaine Congo - Brazzaville Congo - Kinshasa Gabon Cameroun Afrique Orientale Burundi Ethiopie Kenya Rwanda Tanzanie Uganda Afrique Occidentale Bénin Burkina Faso Côte d’Ivoire Mali Sénégal Togo Afrique du Sud Afrique du Sud Océan Indien Madagascar Total Afrique

dépenses 329.291,69 10.000,00 883.210,85 4.500,00 451.656,92 12.960,52 14.694,20 489.838,58 99.436,41 11.244,60 10.104,33 36.291,44 25.851,98 452.247,99 28.000,00 15.000,00 14.484,20

fonds publics

activités propres

225.359,23

329.291,69 10.000,00 657.851,62 4.500,00 16.100,00

435.556,92

454.909,79 18.216,56

411.759,58

36.291,44 25.851,98 40.488,41 28.000,00 15.000,00 14.484,20

68.612,33

51.410,57

17.201,76

438.852,22 3.396.278,26

411.750,98 2.008.963,63

27.101,24 1.387.314,63

DMOS-COMIDE a à cœur de vous informer en toute transparence sur l’affectation des fonds.

6

12.960,52 14.694,20 34.928,79 81.219,85 11.244,60 10.104,33


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

19-06-2010

09:42

Pagina 7

S€PA : l’avenir des systèmes de paiement en Europe

Amérique Andine Bolivie Colombie Equateur Pérou Amérique Centrale Guatemala Mexique Grandes Antilles République Dominicaine Haïti Amérique du Sud Argentine Brésil Chile Uruguay Total Amérique

Tant que vous effectuez vos paiements avec l’ancien système, vous continuez à faire vos versements sur notre numéro de compte 435-8034101-59. Dès que vous opterez pour le système IBAN, tous vos paiements s’effectueront avec des numéros de compte bancaire IBAN : votre ordre de paiement et le compte du bénéficiaire seront alors libellés dans le format IBAN. Pour DMOS-COMIDE, il s’agit de BE84 4358 0341 0159 et le code BIC est KREDBEBB. Lorsque la conversion au format IBAN deviendra la norme, nous adapterons également notre formulaire de virement en annexe.

Des négociations sont en cours pour que le montant minimum fiscalement déductible pour les dons effectués à partir du 1er janvier 2011 soit fixé à € 35,00 ou € 40,00. Une fois que la loi sera votée, nous ne manquerons pas de vous en informer dans nos publications et sur notre site Internet www.dmos-comide.org Dans le contexte actuel d’économie stagnante et de formation laborieuse du gouvernement, l’adaptation nous semble peu probable, mais nous y sommes néanmoins préparés.

En cas de doute, n’hésitez pas à contacter la comptabilité de DMOS-COMIDE par e-mail à l’adresse dmos.comide@skynet.be ou à appeler Jan De Broeck ou Peter Goossens.

2/2010

Aujourd’hui déjà, le numéro de compte bancaire IBAN et le BIC (Bank Identifier Code) sont indiqués sur l’extrait de compte émis par votre banque. Les talons de virement seront également adaptés. DMOS-COMIDE ne sera ni le premier, ni le dernier. Nous mentionons déjà notre numéro de compte IBAN et notre code BIC sur notre site web et

dans notre colophon. Vous décidez vous-même QUEL MONTANT FISCALEMENT du moment où vous passez au nouveau DÉDUCTIBLE EN 2011 ? € 35 OU € 40 ? système.

dépenses

fonds publics

activités propres

405.416,74 802.543,40 373.326,60 437.485,99

404.727,09 779.846,80 356.206,60 367.725,70

689,65 22.696,60 17.120,00 69.760,29

21.295,00 16.912,03

21.295,00

14.500,00 81.340,31

14.500,00

16.912,03

81.340,31

10.000,00 62.246,74 13.674,92 20.255,56 2.258.997,29

1.944.301,19

10.000,00 62.246,74 13.674,92 20.255,56 314.696,10

dépenses

fonds publics

activités propres

Moyen-Orient Liban Inde et périphérie Inde Népal Péninsule Indochinoise Cambodge Thaïlande Asie du Sud-Est Insulaire Philippines Timor Oriental Total Asie

45.641,15 33.463,37

45.641,15 33.463,37

232.253,85 9.109,60 2.733.441,31

1.983.194,90

232.253,85 9.109,60 750.246,41

TOTAL

8.388.716,86

5.936.459,72

2.452.257,14

10.814,20 2.397.525,88 4.633,26

FA I R E R O U T E E N S E M B L E

Entre le 28 janvier 2008 et le 31 décembre 2010, toutes les banques européennes auront migré vers un "Single Euro Payments Area" (espace unique de paiements en euros). Cela signifie qu’à compter du 1er janvier 2011, tous les paiements au sein de cette zone seront considérés comme des paiements internes, sans supplément de frais. Dans tous les pays, les numéros de compte bancaire doivent dès lors être adaptés à un système unique avec des caractères de vérification, à savoir le système IBAN (International Bank Account Number).

10.814,20 1.983.194,90

414.330,98 4.633,26

7


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

SUD

19-06-2010

09:42

Pagina 8

HAÎTI

RECONSTRUIRE HAÏTI ENSEMBLE

En avril, toutes les ONG salésiennes d’Europe et des Etats-Unis se sont réunies en Haïti, avec DMOS-COMIDE entre autres, pour une conférence-table ronde. Des accords concrets ont été

conclus avec les salésiens en vue de coordonner la reconstruction de ce pays profondément dévasté.

Les participants ont d’abord visité les écoles sinistrées dans et autour de la capitale Port-au-Prince. Ils ont pu constater les immenses ravages causés par le tremblement de terre, qui a duré 32 secondes : au moins 230.000 morts, 316.000 blessés soignés dans les hôpitaux ou postes médicaux mobiles, 1,5 million de personnes vivant dans des camps de réfugiés. Le palais présidentiel, la cathédrale et 90 % des écoles de la capitale et des alentours ont été détruits, symboles du pouvoir politique, religieux et éducatif en ruine. On voit encore partout les décombres de bâtiments effondrés, sous lesquels des corps sont toujours enfouis. Ici et là, on nettoie les décombres… armés d’un balai et d’une pelle. Le gouvernement est incapable de fournir une aide efficace et de coordonner la reconstruction. Le pays reste tributaire de l’aide étrangère. Le grand défi sera d’aider les habitants d’Haïti en leur donnant les moyens de reconstruire eux-mêmes leur pays et de prendre en mains leur propre destin.

« Le grand défi sera d’aider les habitants d’Haïti en leur donnant les moyens de reconstruire eux-mêmes leur pays et de prendre en mains leur propre destin. »

DMOS-COMIDE veut y contribuer. Comme dans les autres pays où nous opérons, nous travaillons avec des partenaires locaux, sous la coordination du bureau de développement. Ce bureau dirigé par des Haïtiens gère la reconstruction et assure le suivi financier. Il a été

8

renforcé par une équipe d’ingénieurs, d’architectes et de responsables de projet et est coordonné par des collaborateurs expérimentés de l’étranger. Une de leurs principales missions est de construire des écoles qui résisteront à de nouvelles secousses et aux ouragans qui ravagent l’île chaque année la presqu’île. Un de leurs projets est la reconstruction de l’école et de l’internat de Gressier, une petite ville située à 20 km de la capitale dans une zone agricole fertile, tout près de l’épicentre du tremblement de terre. Cette école sera la première à être reconstruite et agrandie car elle est bien située et aisément accessible depuis les quartiers populaires de la capitale. Avec DMOS-COMIDE, nous voulons aider à reconstruire et à rouvrir l’école fondamentale pour les élèves de 6 à 15 ans. L’école technique ENAM et les bâtiments de l’OPEPB et Lakay au centre de la ville ont été très endommagés et seront également reconstruits. La première étape consiste à chercher un site plus adapté pour l’ENAM. Les terrains libérés par le déménagement pourront alors être utilisés pour les écoles de l’OPEPB et offrir plus d’espace au projet des enfants de la rue. Les traces du tremblement de terre sont encore visibles partout. Mais la reconstruction est de plus en plus apparente, ce qui rend espoir aux populations. La réouverture des écoles a été une étape importante. A nous d’offrir aux Haïtiens dans les années à venir les moyens et le soutien qui leur permettront de reconstruire leur pays et de prendre en mains leur propre destin.


09:42

Pagina 9

MERCREDI 17 MARS Lentement, l’avion approche de l’aéroport de Port-au-Prince. Nous apercevons immédiatement les toiles bleues et blanches des nombreux camps. Il y a des tentes et des bâches partout, dans chaque jardin, sur chaque espace ouvert. En Haïti, la nuit tombe à 18 heures. Après avoir récupéré nos bagages dans le hall de réception provisoire (l’ancienne soute cargo) nous avons découvert à l’extérieur l’agitation de la capitale. Le tremblement de terre a eu lieu il y a un mois, nous entreprendrons demain un voyage dans le pays pour mesurer les dégâts et voir ce que nous pouvons faire. VENDREDI 19 MARS Après avoir visité le bureau de développement hier, nous visitons aujourd’hui les écoles salésiennes très endommagées de Port-au-Prince et des alentours. Premier arrêt prévu à Gressier. L’internat est en ruine, le réfectoire et la salle polyvalente ont été déplacés de 10 cm sous l’impact du choc. Les internes qui ne peuvent pas rentrer chez eux vivent sous tente. Les cours et l’étude se font sous une bâche. Ensuite, retour en 4x4 vers le centre de Port-au-Prince. Sur la berme centrale de la route qui longe la côte, des gens s’affairent à construire des tentes avec des débris. Sur des kilomètres. Le moindre espace libre est couvert de toiles, de bâches et de tentes. Notre destination, Thorland, était autrefois une oasis dans la ville : un centre pour jeunes abritant quelques terrains de sport, une aire de jeu verte et des espaces ouverts. Aujourd’hui, 12.000 personnes y vivent sous tente. C’est la saison des pluies. Les terrains de sport se sont transformés en bourbiers. Nous apercevons sur le côté quelques tentes plus grandes où des mères et leurs bébés attendent une aide médicale. L’on se presse autour de l’unique pompe, certains pour se laver, d’autres pour prendre de l’eau. Partout, des enfants jouent. Une tente de quelques mètres carrés abrite une famille entière ; une bâche au-dessus de la tête, quelques vêtements et couvertures, c’est tout ce qu’ils ont. L’armée mexicaine est postée à l’entrée du domaine. 9.000 repas sont préparés dans une cuisine militaire et distribués chaque jour. Tout se déroule dans le calme. Cela vaut d’ailleurs pour toute la vie du camp. La malaria, le typhus, les complications de grossesse et la diarrhée sont les problèmes médicaux les plus fréquents. Lorsque nous quittons le terrain, nous nous lavons les mains avec du savon désinfectant Nous espérons nous être débarrassés de toutes les bactéries, mais certaines images resteront gravées dans nos mémoires. A jamais. Nous poursuivons jusqu’à l’ENAM. Elle était l’école modèle du pays pour l’enseignement technique. Un tout nouveau bâtiment principal avait été inauguré en septembre. Aujourd’hui, il ne reste que des ruines. 250 élèves ont trouvé la mort ici. Ils ont été enterrés dans une fosse commune au milieu de la cour de récréation. Ceux qui ont vécu le tremblement de terre, ont besoin de parler. Chacun veut raconter son histoire. Nous ne pouvons que les écouter, interdits.

DIMANCHE 21 MARS Une visite de deux écoles des Sœurs de Don Bosco est prévue l’après-midi. Il ne reste rien de l’école de Pétionville. Elle s’est entièrement effondrée et les débris ont été évacués par la protection civile italienne. Heureusement, il n’y a pas eu de victimes. Les cours venaient de se terminer et tous les élèves étaient dans la cour de récréation. Les sœurs vivent dans des tentes : une tente leur sert de chapelle, l’autre de living. Une des sœurs montre un crucifix dont le Christ a été cassé : « Même Jésus a perdu ses mains lors du tremblement de terre », raconte-t-elle. En attendant que les écoles reprennent, les sœurs ont recommencé les activités de la plaine de jeux. Histoire d’occuper les enfants. Des centaines d’enfants jouent, rient et s’amusent. A l’arrière, plus de dix grandes tentes blanches serviront bientôt de salle de cours et trois sont déjà montées. Pour encourager les parents, les sœurs ont déjà commencé les inscriptions. Elles ont reçu plus de 1.800 demandes en deux jours…. Nous rentrons chez nous le lendemain, la tête pleine de souvenirs poignants. Il reste beaucoup de choses à faire ici. Luk Delft

2/2010

19-06-2010

FA I R E R O U T E E N S E M B L E

FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

Les Salésiens aident Haïti depuis 1935. Aujourd’hui encore, nous n’abandonnons pas la population sinistrée. C’est pourquoi DMOS-COMIDE organise la solidarité avec les œuvres salésiennes en Haïti.

9


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

NORD

19-06-2010

09:42

Pagina 10

UNE ÉCOLE POUR UNE ÉCOLE

PROJET «UNE ÉCOLE POUR UN PROCESSUS DE CROISSANCE PROGRESSIF. Tout projet pilote comporte une phase de tâtonnement

expérimental. Cette rétrospective présente « l’énorme

travail de recherche » de deux groupes de travail « formation mondiale ». Ils ont tenté de lancer leur activité dans le domaine de la formation mondiale par le biais d’un projet « une école pour une école ». ACCOMPAGNEMENT EN MATIÈRE DE FORMATION MONDIALE

« En tant qu’ONG, nous voulons assumer notre responsabilité sociale Le groupe de travail avait défini les lignes et aider les écoles à former des citoyens directrices du projet avec l’accompagnatrice de DMOS-COMIDE. Ils voulaient surtout créer du monde actifs. »

Lorsque le tout nouveau programme pour le Service Nord a été lancé en 2008, nous avons cherché des écoles qui souhaitaient un accompagnement dans le domaine de la formation mondiale. En tant qu’ONG, nous voulions assumer notre responsabilité sociale et aider les écoles à former des citoyens du monde actifs. Nous voulions, avec un groupe d’enseignants, éventuellement accompagnés d’un membre de la direction, élargir la prise en charge des activités en matière de formation mondiale.

PROJET « UNE ÉCOLE POUR UNE ÉCOLE » Quatre écoles ont répondu à notre appel. Deux d’entre elles ont choisi d’emblée de s’engager dans la formation mondiale via un projet « une école pour une école ». Nous avons tenté de rapprocher Don Bosco Halle BUSO et Don Bosco Ebolowa Cameroun, ainsi que Don Bosco Helchteren et Don Bosco Gatenga au Rwanda. Tous les partenaires étaient prêts à faire connaissance, mais on n’avait pas encore décidé de la manière de le faire.

un échange autour des similitudes et des différences. L’idée était de rendre une « culture étrangère » moins étrangère et d’emmener ces jeunes souffrant d’un léger handicap mental au-delà de leur univers familier. Un objectif caractéristique de la formation mondiale. On n’a pas demandé ce que l’école camerounaise attendait au juste. L’on imaginait qu’elle se présenterait à son tour et pourrait envoyer quelque chose de similaire. COMMUNICATION Initialement, la communication se faisait de directeur à directeur. Des courriels ont été rédigés avec l’aide des enseignants. Le lien du film sur le site Internet a été envoyé en formulant le souhait de recevoir des nouvelles de leur part. DÉCEPTION Il a fallu attendre cinq mois pour obtenir une réponse et cinq petites photos en annexe, d’où une certaine déception. La dynamique du groupe de travail a été ralentie et la motivation d’initier les élèves à la formation mondiale a baissé.

DON BOSCO HALLE BUSO ET DON BOSCO EBOLOWA ATTENTES L’école spéciale Don Bosco Halle (enseignement secondaire spécial) voulait démarrer pour ses élèves un projet de formation mondiale adapté. L’idée d’un échange avec une école technique et professionnelle au Cameroun leur plaisait. L’idée a mûri de travailler essentiellement avec la cinquième année ébénisterie. Ils ont réalisé un petit film dont le personnage central est un élève en ébénisterie. La caméra l’a suivi pendant une journée d’école, zoomant sur lui dans l’atelier et dans la cour de récréation. L’école camerounaise a été invitée à visionner le film diffusé sur un site Internet.

Ecoles : DMOS-COMIDE soutient les écoles dans leur projet de préparer les élèves à être des citoyens du monde responsables, conscients de notre impact dans le Sud. 10


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

19-06-2010

09:42

Pagina 11

R UNE ÉCOLE » PAS À PAS La marche à suivre a pu être ajustée à l’issue d’une sérieuse évaluation. Indépendamment des réactions du Cameroun, Ebolowa serait mise en vedette pour les élèves et les enseignants. La priorité était d’élargir la prise en charge des activités en matière de formation mondiale dans l’école. La première étape fut la journée de projet « Saved by the bell ». La journée internationale des enseignants fut l’occasion de rappeler l’importance de l’enseignement : toute personne a droit à l’éducation !

« La journée internationale des enseignants fut l’occasion de rappeler l’importance de l’enseignement : toute personne a droit à l’éducation ! » AVENIR Notre collaborateur du Service Sud a organisé une rencontre entre le préfet, un Salésien polonais d’Ebolowa et l’école de Halle. Ce contact direct réconfortant appelle certainement une suite.

DON BOSCO HELCHTEREN ET DON BOSCO GATENGA ATTENTES Pendant des années, Don Bosco Helchteren TSO/BSO (enseignement secondaire technique et professionnel) avait soutenu un projet en Roumanie. Pendant des années, le matériel a pu être acheté grâce à des marches parrainées ou était offert par des entreprises sympathisantes de la région. Pendant les vacances, quelques professeurs et élèves partaient sur le terrain pour construire ou pour rénover. Les énormes progrès enregistrés et l’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne ont fait que l’on a cherché un autre défi. L’on voulut entrer en contact avec le Centre des Jeunes Don Bosco à Gatenga (Rwanda) et commencer par faire plus ample connaissance. COMMUNICATION Comme le directeur du centre est un Salésien flamand et qu’une bénévole wallonne habite là depuis plusieurs années, la communi-

PAS DE DÉCEPTION Les attentes ne sont pas trop ambitieuses et la communication se déroule sans problèmes, si bien que ce projet « une école pour une école » n’est pas source de frustration. PAS À PAS L’an dernier, le directeur de Gatenga a pu assister à la fête de la fin de l’année scolaire, et y a reçu les recettes de la marche parrainée. Il a donné un conseil en or : investissez une partie de vos recettes dans un billet d’avion pour le Rwanda, car nous aussi tenons à vous rencontrer et à échanger nos expériences mutuelles !

Lut VAN DAELE SCREENING D’UN PROJE T « UNE ÉCOL E POUR UN E ÉCOLE » QUELS OBSTA CLE • Communiquer daS ? ns une langue que les deux pa ne maîtrisent pa rtenaires s bien, peut crée r des malentend • Nous avons beso us. in d’un planni ng et de date tandis qu’ils so s butoirs, nt • Nous demandonshabitués à la flexibilité. ce que nous vo ulons sans déto n’osent pas refu urs. Ils ser et disent ou i, même s’ils ne peuvent pas vr veulent/ aiment accepter . • Nous voulons élar gir notre horizon et devenir des ci du monde. Ils so toyens nt surtout inté ressés par l’éch professeurs. ange entre • L’aide financière crée une situatio n inégale. QUELLES OPPO RTUNITÉS ? • Une opportunité • Une opportunité rêvée de donner un visage au Sud. rêvée d’apporter une vision plus des relations N nuancée /S • Une opportunité rêvée d’appren dre l’un de l’aut CONSEILS re • Laissez au proces • Faites appel à des sus le temps nécessaire • Ne laissez pas vo professeurs de langues pour communiq tre activité scol uer aire dans le dom formation mon aine de la diale dépendre du succès ou de projet « une éc l'échec d'un ol • Une rencontre ef e pour une école » • Evoluez l’un vers fective facilite la collaboration l’autre, en répo ndant aux atte deux partenaire ntes des s. Plus d'infos: ka trien.dewilde@ dmos-comide. org

2/2010

Fait très positif : l’école d’Ebolowa a organisé le même jour des activités pour insister auprès de ses propres élèves et de son personnel sur l’importance de l’enseignement. La communication était relancée avec l’aide de DMOS-COMIDE. Le fait que nous avons pu envoyer les kits éducatifs mis à disposition par Studio Globo pour cette journée parce qu’ils étaient disponibles en français, a également été très constructif. L’école d’Ebolowa se voyait proposer un soutien éducatif, une offre qu’elle s’empressa d’accepter. Ce fut un premier moment fort de cohésion.

cation s’est déroulée sans trop de malentendus. DMOS-COMIDE prenait généralement les devants.

FA I R E R O U T E E N S E M B L E

Marc Van Laere de notre Service Sud a présenté avec enthousiasme l’école d’Ebolowa dans son large contexte. Elèves et enseignants ont ainsi découvert leur « école sœur » et ont pu identifier les ressemblances et les différences entre les jeunes élèves flamands et camerounais. La deuxième activité était une session de brainstorming entre élèves et professeurs sur la motivation à fréquenter l’école. Ils ont écrit leur motivation dans de grandes bulles de texte. Souvent, ils disaient ne pas être très motivés, mais trouvaient malgré tout très important de pouvoir aller à l'école.

11


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

NORD

22-06-2010

22:09

Pagina 12

BÉNÉVOLETS

UNE EXPÉRIENCE ENRICHISSANTE AU RWANDA En 2008, Liesbeth et Wouter décident de partir à l’étranger et ils trouvent en DMOS-COMIDE le partenaire idéal pour réaliser leur rêve. Après une période de préparation relativement brève mais intense, ils partent au Centre des Jeunes de Gatenga à Kigali (Rwanda).

LE CENTRE DES JEUNES DE GATENGA Ce centre salésien, fondé et dirigé par les frères Salésiens de Don Bosco, est situé sur un vaste domaine d’une dizaine d’hectares aux confins de la ville et entouré par les nombreuses collines si caractéristiques du Rwanda. La première chose que l’on aperçoit lorsqu’on arrive au centre est l’immense statue de Don Bosco. Plus loin sur le terrain, on trouve les bâtiments de la communauté, les bâtiments de formation professionnelle (soudure, couture, menuiserie, secrétariat, construction, électricité et agri-cuisine), l’internat, la chapelle, les bâtiments réservés aux activités agricoles et les terrains de sport. L’endroit était très marécageux, mais a été asséché il y a peu. Les terrains ainsi récupérés sont à présent cultivés pour nourrir les élèves et la communauté. La plupart des élèves sont des jeunes défavorisés qui n’ont parfois pas pu achever l’école primaire et pour qui le Centre de Gatenga est la dernière chance de suivre une formation. Les formations proposées sont des formations professionnelles avec un stage en dernière année, si bien que la majorité des élèves (+/- 85%) trouvent immédiatement du travail. Le centre compte environ 600 élèves, internes et externes, et grouille de vie. Les enfants se réunissent tôt le matin devant la statue de Don Bosco pour le petit mot de bienvenue, avant de se rendre aux cours.

12

Les enfants travaillent aussi aux champs, dans le cadre de leur formation ou pour payer leurs études. Toutes sortes d’activités sont organisées l’après-midi (il y a un groupe d’acrobates, de tambourineurs, un chœur, du football, ...). Les gens des alentours se retrouvent aux célébrations données dans la grande chapelle du domaine.

TÂCHES UTILES Il n’a pas été facile de trouver notre place dans ce centre pour jeunes vaste et animé, et nous étions un peu perdus au début, au propre comme au figuré. Le directeur – le frère Frans – nous a heureusement laissé le temps et le loisir de découvrir Gatenga et de chercher des activités dans lesquelles nous pourrions nous rendre utiles. Wouter a établi un calendrier annuel pour l’entretien des terrains et des parcelles agricoles. Tout le monde était censé participer, mais quand et quoi au juste…cela semblait être un détail. Les élèves devaient en principe aider aux champs, mais aux dites heures, ils étaient le plus souvent introuvables ou avaient soudain autre chose à faire, de plus urgent bien entendu! Le rythme africain existe… Yes we can... but when ??? C’était très gratifiant de voir qu’à la fin de notre séjour, les champs étaient mieux entretenus et que les récoltes étaient plus diversifiées et plus abondantes qu’au début.


22:10

Pagina 13

Liesbeth a travaillé au bureau social, qui offre Il est parfois difficile de discuter ouvertement et « Le rythme africain existe… une écoute aux enfants et cherche à soluspontanément en raison des barrières linguisYes we can... but when ??? » tionner leurs problèmes (le plus souvent tiques et des différences culturelles. Nous avons matériels, comme le fait de ne pas avoir de pourtant fait la connaissance d’un tas de gens : logement ou de les pères et les frères de la communauté, les nourriture, ne pas pouvoir payer les frais collègues, le tenancier du café du coin (qui préparait notre commande de scolarité,…). Nous faisions parfois des dès qu’il nous voyait arriver) ainsi que quelques Belges expatriés. visites à domicile pour intervenir dans Nous avons visité beaucoup d’endroits où les gens donnaient des problèmes familiaux. Il y a beaucoup l’impression de n’avoir jamais vu un blanc (“muzungu”). Les enfants de pauvreté, mais c’était émouvant voulaient sentir nos cheveux et retrousser nos manches pour voir si de voir combien les gens sont solila peau de nos bras était aussi blanche. Toutes ces expériences et daires. Liesbeth a également travaillé rencontres nous ont beaucoup marqués et nous attendions avec dans un centre psychothérapeutique, impatience la visite de notre famille pour les partager avec eux. Mais parfois pour voir des patients, mais aussi pour pouvoir parler notre langue, avec des gens que nous surtout pour superviser et former le connaissons bien. Car nous nous sommes parfois sentis seuls, même personnel infirmier. à deux. C’était un travail passionnant et Nous avons parcouru tout le pays avec la famille : nous avons vu des varié, mais pas toujours facile paysages de toute beauté, escaladé un volcan (et sommes tombés à cause des différences culturelles nez à nez avec un groupe de gorilles), vu le lac Kivu, nous nous et du rythme de travail. Cela ne sommes promenés dans la forêt tropicale, avons vu des tas d’animaux se fait pas de se fâcher. Cela ne dans la réserve naturelle… vous vaudra que des regards compatissants et des appels à la patience. La patience est une vraie vertu « Les enfants voulaient sentir nos cheveux et ! Mais nous nous sommes habitués au rythme de vie africain retrousser nos manches pour voir si la peau de nos et aux frustrations qui l’accompagnent. Nous ne nous inquiétions bras était aussi blanche. » plus de voir nos collègues rwandais arriver au travail à 11 heures (au lieu de 7h30 !) parce qu’il pleuvait trop fort. Les horaires de travail au Rwanda sont apparemment plus flexibles qu’en Belgique. RELATIVISER UN PASSÉ BIEN PRÉSENT En avril, nous avons assisté à la « semaine de deuil national », qui commémore le génocide de 1994 . L’ambiance était à la morosité et la vie semblait s’être arrêtée : on ne pouvait pas écouter de musique joyeuse, les magasins n’ouvraient que quelques heures, les gens étaient obligés de se rendre aux cérémonies commémoratives et le soir, la police venait chercher les récalcitrants au café… Beaucoup de survivants venaient témoigner à la radio, à la télévision et aux nombreuses veillées. Nous avons assisté à une de ces veillées. L’atmosphère reste tendue et les anciennes blessures ne sont manifestement pas cicatrisées. Les Européens sont eux aussi en position délicate, puisque le gouvernement les considère comme complices du génocide. Notre quotidien se déroulait au sein de la communauté salésienne, si bien qu'il était parfois difficile pour nous de nous familiariser avec la culture locale. Le soir, nous sortions régulièrement et allions nous asseoir sur un banc, boire une bière, regarder les gens et - surtout être regardés. Nous avons ainsi observé que les Rwandais ne sont pas aussi ouverts que l’image que nous avons des Africains. Le passé et la situation actuelle créent apparemment un climat de méfiance.

Le rythme de vie au Rwanda est beaucoup plus lent qu’en Occident. On prend les choses comme elles viennent. Résignation ? L’esthétique a peu d’importance. Survie plus que vie ? Pourtant, nous nous sentions de plus en plus chez nous et nous nous sommes habitués au rythme et aux usages africains. Les douches froides, les geckos dans la salle de bain, les toilettes hors d’usage, les pannes de courant etc. nous sont devenus coutumiers. Notre séjour au Rwanda fut une expérience merveilleuse et le départ fut difficile. Nous sommes très reconnaissants d’avoir eu cette opportunité et sommes ravis de l’expérience. C’était très enrichissant !

2/2010

22-06-2010

FA I R E R O U T E E N S E M B L E

FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

Liesbeth Santermans en Wouter Gijsenbergs

Bénévolat dans le Sud Si l’envie vous démange de partir en Afrique, en Inde ou en Amérique du Sud pour une période d’au moins six mois, naviguez sur www.dmos-comide.org 13


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

NORD

22-06-2010

22:10

Pagina 14

LA BASE

RÉPARTITION INÉQUITABLE Une des actions vues à la télévision à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau montrait 400 étudiants immobiles pendant trois minutes sur la Grand-Place de Saint-Trond, afin d’attirer l’attention sur la problématique de l’eau. J’espère qu’au-delà du coup médiatique, cette action de sensibilisation a marqué chaque téléspectateur et chaque participant. Il y a un peu plus de six mois, j’ai été confrontée, à plus de 9000 km de chez moi, à un manque total d’eau et j’ai compris combien l’eau était vitale pour les habitants de Madagascar. Plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de diarrhée en raison du manque d’infrastructures sanitaires. Quand ils ont soif, ils puisent l'eau d'une petite rivière qui passe près de leur maison, une eau qui est loin d’être propre. Toutes ces sources d’eau polluée entraînent des infections cutanées et des affections respiratoires. Nous avons visité une tribu de nomades au sud-ouest de l’ « île rouge ». Les hommes creusaient depuis de nombreuses semaines. Ils étaient déjà à vingt mètres de profondeur mais ne trouvaient toujours pas d’eau. Je n’oublierai jamais la joie sur leurs visages lorsque nous avons vidé nos jerrycans dans leurs bidons. Les enfants, toujours souriants, étaient en haillons, sales et poussiéreux, ils avaient des blessures aux pieds et des chandelles au nez. Mais il émanait d’eux une chaleur que nous ne connaissons pas ici en Occident.

« Comment leur expliquer que nous gaspillons neuf litres d’eau potable après chaque passage aux toilettes? »

J’ai alors ressenti un malaise : comment pourrions-nous leur expliquer que nous gaspillons neuf litres d’eau potable après chaque passage aux toilettes ? Comprendraient-ils que pour débarrasser le sel et la boue de notre voiture sacrée, nous utilisons des seaux de bonne eau potable ? Et que dire de notre « bonne douche » après une petite heure de course à pied, où nous utilisons des litres d’eau potable pour quelques gouttes de sueur ? Ne pouvons-nous vraiment pas adapter et réduire notre consommation ? Il faut avoir accompagné ces familles entières qui marchent pieds nus pendant des heures à travers chardons et herbes de savane, trimballant toutes sortes de récipients et de réservoirs, pour aller chercher de l’eau. Comparé à notre paradis, la situation là-bas est non seulement pénible, mais aussi révoltante. Nous faisons un problème de futilités alors que ces gens luttent chaque jour pour survivre. Pourquoi une répartition tellement inéquitable ? Qui a dit que la Troisième Guerre mondiale serait la guerre de l’eau ? La Cellule d’animation d’Ostende soutient actuellement un projet d’accueil de jeunes filles de la rue au Gabon. Les Sœurs de Don Bosco veulent offrir une bourse d’étude à plusieurs de ces filles, aider financièrement les jeunes diplômés et permettre à des filles de monter un petit commerce après leur formation grâce à des microcrédits. Frits entamera en juillet un pèlerinage d’Ostende jusqu’au Mont-SaintMichel pour soutenir ce projet. Vous pouvez effectuer un virement sur le numéro de compte 435-8034101-59. Merci d’indiquer en communication : Frits Gabon. Besoin d’un orateur pour votre association ? Composez le 059/80.25.17 et Frits ouvrira son sac à dos plein d’histoires : regard ludique sur le sac à dos d’un pèlerin.

Miet Provoost

14


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

19-06-2010

09:42

Pagina 15

EN MEMORIAME

IN MEMORIAM

LEMONDE.BE

DEWERELD.BE UNE BÉNÉVOLE DEVENUE COLLABORATRICE

De 1964 à 1968, il a réalisé l’œuvre de sa vie en fondant la célèbre Cité des jeunes de Lubumbashi. Il a cherché luimême les fonds, à Lubumbashi et en Europe et il a personnellement mené les travaux de construction avec des jeunes de la rue, passant ses nuits à dessiner les plans et à rédiger les rapports pour les sponsors. Fin 1968, il est rentré en Belgique et a fondé avec le Père Rik Renckens un petit bureau chargé de trouver des fonds pour financer les activités éducatives des salésiens au Congo. Au fil des années, ce bureau a grandi pour devenir la solide ONG que nous sommes aujourd’hui.

Katrien De Wilde 2/2010

Né le 27 décembre 1925, il est parti au Congo en 1955. A Lubumbashi, il a ouvert la section « construction » de l’école technique de Salama. De 1961 à 1964, il a enseigné la philosophie dans la maison de formation salésienne de Kansebula.

Du 1er octobre au 2 avril, je suis partie comme bénévole au Togo. Je suis entrée en contact avec Marc Van Laere de DMOS-COMIDE, qui m’a proposé un projet concret dans lequel je pourrais me rendre utile. Sur place, la coopération au développement m’a complètement absorbée. J’ai senti que c’était la voie que je voulais suivre. Dès mon retour en Belgique, je me suis mise à chercher du travail dans ce secteur. J’ai vu que DMOS-COMIDE avait un poste vacant de collaborateur éducatif. Mon expérience en tant qu’accompagnatrice dans l’enseignement intégré (GON) allait certainement me servir. J’ai tenté ma chance et j’ai été engagée. J’ai commencé le 10 mai. Je découvre un nouveau monde. Jusqu’ici, tout m’intéresse et me passionne. Vous entendrez encore certainement parler de moi.

Fin des années 80, il a pris sa pension mais… il est resté impliqué dans plusieurs activités de développement au Sud. Le conseil d’administration, la direction et le personnel de DMOS-COMIDE tiennent à exprimer à Gerrit Van Asperdt leur énorme reconnaissance pour la très belle œuvre qu’il nous a laissée et que nous pouvons continuer à développer, jour après jour.

VOIX FÉMININE À LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL 2010 Kick it up ! est un projet sud-africain monté par Global Girl Media, une organisation créée aux Etats-Unis début 2009 dont l’objectif est de donner une voix aux jeunes femmes en leur apprenant à utiliser les médias numériques. Des journalistes, commentateurs sportifs et autres personnalités du sport féminin sud-africains ont dispensé à 20 adolescentes défavorisées une formation spéciale abordant tous les aspects de l’information, sans oublier la création de blogs et le montage de vidéos. Les filles couvriront la Coupe du Monde de football, mais pourront également raconter des anecdotes personnelles. L’information sera diffusée par différents canaux médiatiques comme la chaîne sportive américaine ESPN, l’un des partenaires de Global Girl, le site de partage de vidéos YouTube et différents blogs.

FA I R E R O U T E E N S E M B L E

Le 28 mai à l’aube, Gerrit Van Asperdt, le fondateur de DMOS-COMIDE, s’est éteint dans la maison de repos de Bladel (Pays-Bas).

15


FRE2-2010_DEF:Opmaak 1

Revue trimestr trimestrielle, ielle, Editeur responsable: responsable:

19-06-2010

09:42

Pagina 16

Année 18, n° 2 Omer Bossuyt Bd Léopold II 195 B 1080 Brux Bruxelles elles Tél.: (02) 427 47 20 fax fax (02) 425 90 31 E-mail: inf info@dmos-comide.or o@dmos-comide.orgg Internet: www www.dmos-comide.or .dmos-comide.orgg Compte bancaire: bancaire: 435-8034101-59 IBAN IB AN : BE84 4358 0341 0159 BIC : KREDBEBB

FA I R E ROUTE ENSEMBLE België - Belgique P.B. - P.P. Gent X 3/1751 Afgiftekantoor Gent X ISSN=1370-5814

Françoise Léonard / Katrien De Wilde / Broeck, Luk Delft, Wouter Gijsenbergs, Liesbeth Santermans, Miet Provoost et Lut Van Daele / et Peter Goossens / Anderz, Evergem / Geers Offset, Oostakker / / troisième trimestre 2010 /

Françoise Léonard, Eric Joris, Jan De Jan De Broeck ‘Samen op Weg’

Don Bosco Nord-Sud

Suivant les dispostions de la loi du 8 décembre 1992 concernant la protection de la vie privée, vos coordonnées sont insérées dans notre fichier d’adresses. Nous les utilisons uniquement pour la publication d’informations relatives à nos activités.Vous avez pleinement le droit de consulter notre fichier et d’y corriger vos coordonnées. DEUXIEME TRIMESTRE 2010

www.kbc.be Association pour une Ethique dans la Récolte de Fonds 16

P 602489

FA I R E ROUTE ENSEMBLE 2

Revue trimestrielle: Année 18, nr. 2


Faire Route Ensemble 2010 n°2