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La dépression économique

légumes. Les hommes peuvent gagner de l’argent en démarrant des petites entreprises forestières dans la région. Le crime est rare. Les résidents se souviennent qu’ils ne fermaient jamais les portes à clé.

ne pourraient trouver du travail dans les autres scieries). La direction craint que ces syndicalistes soient des communistes, une crainte courante durant les années 1930 au sein des travailleurs et des gens au pouvoir.

La grève de 1931

Le 17 septembre 1931, les travailleurs de la scierie font la grève et forment des lignes de piquetage. Les deux côtés se livrent à des actes violents. Des agents de la GRC à cheval repoussent les grévistes loin de la propriété de la scierie. Les grévistes envoient un groupe pour battre les agents de police. Des grévistes sont arrêtés. Malgré la grève, les liens dans la communauté demeurent forts. Une soupe populaire est organisée pour nourrir les grévistes. Albert Pett mentionne que « des voisins et des fermiers venaient d’aussi loin que Langley font don de légumes aux grévistes ».

Dans les années 1930, le travail se fait rare, comparativement aux dix années précédentes. À l’énorme scierie de Fraser Mills, la Canadian Western Lumber Company réduit le salaire horaire de 25 sous à 20 sous, déclarant que la dépression mondiale ne lui laisse pas le choix. Plusieurs travailleurs sont déjà mécontents des conditions de travail médiocres : peu de pauses et pas de toilettes avec l’eau courante. Certaines personnes doivent payer leur patrons juste pour garder leur emploi; d’autres leur offrent des pots-de-vin en retour de services spéciaux. La plupart des travailleurs sont prêts à répondre à l’appel d’Harold Pritchett et d’autres membres du Lumber Worker’s Industrial Union [N.d.l.t. : Syndicat industriel des travailleurs forestiers] les invitant à devenir membre d’un syndicat. La direction de la scierie réagit en congédiant les dirigeants du syndicat et en inscrivant leurs noms sur une liste noire (s’assurant ainsi qu’ils

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Le niveau de coopération interraciale est très élevé. Les Japonais, les Chinois, les Asiatiques du sud et les Finlandais contribuent tous à nourrir les grévistes. La grève se règle le 1er décembre 1931. Les acquis des travailleurs sont petits mais importants. « Nous avons obtenu des toilettes avec l’eau courante et une salle pour les repas », se rappelle Joseph Chabot. Les salaires

augmentent de deux à trois sous l’heure.

Le meurtre de Thomas Douglas Le 12 juillet 1934, la communauté est sous le choc en apprenant le meurtre brutal du populaire Thomas Douglas, bénévole communautaire et conseiller de quartier. Il est tué d’un coup de fusil dans sa station-service près des routes Austin et North. Robert McFadden, un homme de l’endroit, est arrêté pour le crime. Il est déclaré fou et enfermé dans un hôpital psychiatrique dont il s’échappe un peu plus tard. Roy La Vigne, un résident, se souvient : « Les gens ont essayé de lier le meurtre à la grande grève de Fraser Mills en 1931, mais il n’y avait aucune raison de croire que c’était le cas ». En 1990, Nan Douglas Nixon se souvient : « La GRC m’a dit, beaucoup beaucoup d’années plus tard, que l’affaire n’a jamais été résolue. »

La reprise et les nouveaux défis Vers la fin des années 1930, l’économie reprend graduellement de la vigueur. Mais la communauté ne profitera pas longtemps de cette prospérité. En 1939, Coquitlam et le Canada font face à une autre guerre mondiale.

« Les gens ont essayé de lier le meurtre à la grande grève de Fraser Mills en 1931, mais il n’y avait aucune raison de croire que c’était le cas ». En 1990, Nan Douglas Nixon se souvient : « La GRC m’a dit, beaucoup beaucoup d’années plus tard, que l’affaire n’a jamais été résolue. »

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