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Les immigrants japonais, asiatiques du Sud, chinois et l’histoire d’une famille 68

d’école, elle n’a pas eu d’autre choix que de continuer. Habituellement, Julie et sa sœur se rendaient à l’école dans le camion de leur oncle, mais elles marchaient de l’école Millside jusqu’à leur maison à Fraser Mills, une promenade de 45 minutes, tous les jours.

Ils étaient la seule famille chinoise de la ville et Julie se sentait un peu comme une « nouveauté » pour les voisins très amicaux. Julie et sa sœur firent partie des célébrations du premier mai et Julie reçut les encouragements de beaucoup de ses enseignants.

Chaque famille visait à être autosuffisante. Pour augmenter le revenu familial, les Chan faisaient pousser de l’ail pour le vendre ensuite. Ils avaient de l’espace pour des poulets et des canards et faisaient aussi pousser leurs légumes.

Julie se souvient que tous les enfants à l’école étaient traités de la même façon. Il n’y avait pas de discrimination. Par contre, à l’extérieur de l’école, les différents groupes ethniques ne socialisaient pas. Les adultes ne se mêlaient pas facilement aux autres et ils n’étaient pas très ouverts ou sociaux. Ils étaient à l’aise avec leur propre groupe culturel. Il y avait les sujets dont on pouvait parler, et encore plus de sujet dont on ne parlait pas. Les gens étaient plus réservés à cette époque-là. Très peu parlaient l’anglais. Et ils travaillaient fort. Ils étaient autonomes et débrouillards, dans l’espoir d’une vie meilleure ou plus facile.

Julie a fini par fréquenter l’école primaire Winslow et l’école secondaire Como Lake. Elle a travaillé comme commis d’épicerie et caissière au Royal City Market à New Westminster. Elle gagnait 1 $/heure. Elle a ensuite postulé et décroché un emploi à l’usine de contreplaqué de la scierie à 2,08  $/heure. C’était un bon salaire, car elle économisait son argent pour étudier à l’université. Julie est devenue enseignante et bibliothécaire scolaire. Elle a travaillé pour le district scolaire de Coquitlam jusqu’à sa retraite en 2001.

Quand Julie a commencé à l’école élémentaire Millside, elle ne parlait pas l’anglais. Même si elle a pleuré pendant toute la première semaine

En 1956, les Chan ont déménagé à la « Frenchtown  », nom donné à l’époque à Maillardville.

nombre de Japonais vivaient en ville, près du poste d’essence original de Fraser Mills. En 1942, après l’internement des Japonais dans l’intérieur de la C.-B., le couple Chan a emménagé dans la maison no 12, parce que la famille japonaise qui y habitait avait été forcée d’en déménager. La plupart des meubles dans la maison avait appartenu à cette famille japonaise. La société louait la maison, qui comprenait beaucoup de bois à chauffer, l’électricité gratuite et des ampoules électriques. Julie se souvient d’une hausse de loyer passant de 3 $ à 5 $ par mois au début des années 1950. Cela représentait une énorme augmentation.

Julie affirme que « La vie nous dote de quantités variables d’intelligence, de beauté ou d’argent. Ce qui importe pour la survie est la façon dont nous maximisons le potentiel de chacune de ces ressources limitées. »

« La vie nous dote de quantités variables d’intelligence, de beauté ou d’argent. Ce qui importe pour la survie est la façon dont nous maximisons le potentiel de chacune de ces ressources limitées. »

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