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1886 - 1914

« Le comte A. se déplaçait à cheval et s’attendait à ce que les gens qui travaillaient là portent la main à leur chapeau pour le saluer. Cela n’avait pas été bien accueilli. » du lotissement Eagle Ridge. L’avenue Walton et la rue Johnson commémorent leurs noms. Née en 1910, Alice Johnson Lefebvre décrit la construction de la ferme de manière vivante.30 « Tous les hivers, quand les hommes n’avaient pas de travail, ils partaient de Sunnyside, à Port Moody, où la famille habitait, en chariots tirés par des chevaux, pour défricher la terre et construire la maison. » Ils transportaient des rondins à une scierie, où le propriétaire les débitait pour Fred, le père d’Alice, se payant en nature avec des rondins. Lorsque la famille emménage dans son nouveau foyer, le « ranch Mountain View », Fred travaille pour le CFCP, près du pont de la rivière Pitt. Il fait l’aller-retour entre son foyer et le site de travail du CFCP à pied tous les jours. Le frère de Fred, Tom, plante des fraises, des légumes et des arbres fruitiers. La famille échange des fruits et des légumes à Port Moody contre des provisions. Les poissons morts tirés d’un ruisseau servent à fertiliser le jardin. La ferme possède un cheval, une vache, trois cochons et des poulets; un fumoir; et un caveau à légumes. On garde la crème, le lait et le beurre au frais dans un grand trou creusé dans le sol. La famille transporte son eau dans des seaux remplis à une source et se sert d’une toilette extérieure. Autre exemple des premiers agriculteurs à petite échelle, la famille Pickton construit sa maison sur un terrain près de l’hôpital Riverview d’aujourd’hui. Comme bon nombre de colons,

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Pickton émigre de la Grande-Bretagne. Il habite d’abord Winnipeg et déménage vers l’ouest plus tard. Son déménagement dans la vallée du BasFraser de la Colombie-Britannique entraîne une séparation de quatre années avec sa famille. Pickton achète sa propriété de dix acres en 1904 et planifie le déménagement de sa famille dans l’ouest, tout en travaillant pour le CFCP. Sa fille, Lillian Pickton Emerton, naît à l’hôpital Royal Columbian en 1904. Selon ses souvenirs, ces premiers colons travaillent dur et se débrouillent avec très peu d’argent, ce qui ne les empêchent pas de vivre de nombreux moments de bonheur ensemble.31 La mère de Lillian confectionne la plupart des vêtements de la famille avec des sacs de farine et de sucre. « Maman décolorait les sacs jusqu’à ce qu’ils soient beaux et blancs. Si vous aviez de la chance, les caractères imprimés se trouvaient au bas de votre pantalon ou étaient complètement décolorés.  » 32 Il y a des rencontres nocturnes occasionnelles avec des ours lorsqu’on ouvre la porte arrière. Les vendredis, la famille faisait monter des cochons et des poulets dans un chariot tiré par des chevaux pour aller les vendre à New Westminster, où elle achetait aussi ses provisions. Et les enfants attendent Noël avec impatience : « Il fallait toujours attendre Noël pendant si longtemps. Tout le monde chantait des chansons. Nous n’avions pas de piano, mais mon père avait un accordéon et nous avions aussi un de ces tourne-disques avec un grand cornet,

et des disques. À Noël, nous faisions jouer des disques et chantions en même jusqu’à en tomber d’épuisement. »33 Lillian fréquente l’école Millside, en faisant l’aller-retour à pied chaque jour. Mais lorsqu’elle est en 4e ou en 5e année, ses frères et sœurs plus jeunes vont à une «  minuscule  » école, à Essondale. Durant l’été, les enfants sont nu-pieds chaque jour, ne remettant leurs chaussures qu’au début de l’école en septembre. Les serres et les pépinières font aussi leurs débuts à Coquitlam durant les deux premières décennies du XXe siècle. Elles sont situées sur les avenues Rochester, Cottonwood et Como Lake.34 Les concombres et les tomates sont les légumes les plus importants, mais on fait aussi pousser des fleurs et des plantes à massif. Les fruits, les légumes et les fleurs sont principalement vendus à New Westminster et à Vancouver, bien que les chrysanthèmes et les autres fleurs soient expédiés vers l’est jusqu’en Saskatchewan. Parmi les familles qui font de la serriculture, mentionnons les Whiting, les Pollard et les Gatensbury. Ernest Gatensbury est un exemple particulièrement haut en couleurs de ces serriculteurs. Né en Angleterre et ayant fait un apprentissage de serriculteur, il émigre au Canada en passant par les États-Unis. Au Canada, il abandonne temporairement sa formation

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