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La Première nation Kwikwetlem

les oreillons, la tuberculose et la malaria.9 Les historiens ne s’entendent pas sur ce qui a causé cette diminution, mais il est clair que beaucoup de personnes perdirent la vie et que la population autochtone de certains endroits fut réduite aux deux tiers de ce qu’elle était à l’origine.10 À compter de la fin du XIXe siècle, des gouvernements sont formés. Leurs leurs décisions vont changer la vie des Kwikwetlem, et ce, pendant des décennies. Le chef des Kwikwetlem est alors Kwikwetlem William. Déjà chef à l’arrivée des premiers Européens, il observe bien des changements au cours de sa vie, car il vit près de 110 années.11 Une bonne partie des changements qu’il observe ont des effets néfastes sur son peuple. Les changements imposés par le gouvernement colonial rendent la vie des autochtones continuellement plus difficile. Le gouvernement veut affermir la souveraineté dans les régions alors habitées par les Européens. Lorsque la colonie de la Colombie-Britannique est instituée en 1858, le rythme des changements augmente de manière spectaculaire. Pour les Kwikwetlem, cela débute en 1861, lorsque le gouvernement établit les réserves indiennes Coquitlam no 1 et no 2, auxquelles le gouverneur Douglas accorde une superficie totale de 208,5 acres. Chaque famille de cinq personnes reçoit dix acres de terres, ce qui était nettement insuffisant pour des gens habitués à se déplacer à différents endroits pour chasser, pêcher et survivre. Plus tard, le gouvernement fédéral demandera à la C.-B. de renverser cette décision et d’accorder 80 acres à chaque famiile de cinq personnes. La décision est débattue, mais n’est pas modifiée. En 1870, le gouvernement colonial de la

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C.-B. nie unilatéralement l’existence du titre ancestral, alléguant que les autochtones sont trop primitifs pour comprendre le concept ou la notion de la propriété des terres. En 1878, le gouvernement fédéral du Canada commence à restreindre les droits de pêche ancestraux, établissant une nouvelle distinction entre la pêche de subsistance et la pêche commerciale. En 1884, le gouvernement du Canada modifie la Loi sur les Indiens afin de rendre illégales des cérémonies culturelles et religieuses comme le potlatch, une institution sociale, économique et politique considérable chez les Premières nations côtières de la C.-B. Peu après, le gouvernement met sur pied un système de permis pour réglementer la pêche commerciale au Canada, excluant de ce fait les droits ancestraux de ce type de pêche.

pour aller frayer dans les cours d’eau qui l’alimentent. Avant la construction du barrage, cinq espèces frayent à profusion dans le lac Coquitlam, soit les saumons rouge, coho, kéta et arc-en-ciel, ainsi qu’une espèce exclusive à ce lac, désormais extincte. À un moment donné, il y a tellement de saumons que la rivière semble noire. Voici ce qu’écrit le chef Johnny à ce sujet : « Si on nous enlève le ruisseau, ce sera très dur pour nous. C’est comme si un homme enlevons [sic] de la nourriture de mon armoire – le ruisseau est notre entrepôt. C’est pour cette seule raison que nous ne voulons pas perdre le ruisseau.  »12 Comme le saumon ne remonte plus la rivière Coquitlam en direction du lac, les Kwikwetlem perdent leur principale source de nourriture, dont ils dépendent depuis des siècles. À nouveau, les autochtones perdent une bataille sur la préservation de leur mode de vie.

En 1899, le chef Johnny devient le chef des Kwikwetlem. Il occupe cette fonction lorsque la BC Electric Railway Company bâtit le premier barrage hydroélectrique de la province sur le lac Coquitlam en 1913. Le barrage s’avère nécessaire, notamment pour approvisionner New Westminster en eau potable. La construction du barrage empêche pratiquement tous les saumons Coquitlam River Below The First Dam Circa 1910. Clearing Of m i g r a t e u r s Old Growth Forest For Second Dam Has Begun. d’atteindre le lac

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