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Jours de CHASSE BEL/LUX 9,50 € - SUISSE 15 FS - CAN 15 $CAN - DOM 9,50 € - ALL/ESP/ITA/GR/POR (CONT) 9,50 €

Jours

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HASSE N° 48

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Lisières d’été


Sommaire N° 48 été 2012

CHASSE Jours

de

TRIMESTRIEL JUIN JUILLET AOÛT 2012 ●

M 02515 - 48 - F: 9,50 E - RD

3:HIKMPB=ZU^ZUX:?a@k@o@i@a;

88 Reportage

Lisières d’été

Président-Fondateur Olivier Dassault

Reportages : Guillaume Beau de Loménie Armurerie et optique : Alain de l’Hermite Tentations-Enchères : Virginie Jacoberger-Lavoué (11.34) Visite privée et saveurs : Véronique André Secrétaire général de la rédaction : Éric Lerouge (11.91) Maquette : Fabrice Fournier (premier rédacteur-graphiste 11.83), Nicolas Lemay (11.84) Directeur de l’iconographie : Marc Charuel (11.94) assisté de Patrick Iafrate (11.92) et Patrick Rousset (11.93) Infographiste : Florence Binoche-Giboreau (11.67) Responsable production : Nicolas Gigaud (11.87) Photogravure : Denis de Amorin (11.48)

ADMINISTRATION GESTION DÉVELOPPEMENT

1, rue Lulli - 75002 Paris Tél. : 01.40.54.11.00 - Fax : 01.40.54.11.81 Secrétaire général, directeur de la diffusion : Antoine Broutin (11.62)

PUBLICITÉ

Directeur commercial : Jérôme Pinel (Tél. : 06.08.77.99.89 ; jerome.pinel@valmonde.fr) Maquette-planning : Gill Haag (Tél. : 01.56.52.21.67 ; ghaag@figaromedias.fr) DIFFUSION ET ABONNEMENTS Service diffusion : Valérie Dubuy (1159), Corinne Landry (1158) Ventes au numéro – Inspection des ventes : Sordiap : Gilles Marti (Tél. : 01.42.36.80.82 ; gmarti@mercuri-presse.com ) ADMINISTRATION Directeur administratif et financier : Éric Baracassa (11.30) Services généraux : Catherine Delange (11.13)

SERVICE ABONNEMENT

17, route des Boulangers 78926 Yvelines Cedex 9 Tél. : 01.55.56.70.94. Fax : 01.40.54.11.81. Imprimé par Assistance Printing en CEE.

GROUPE VALMONDE Président: Pierre-Yves Revol

Vice-président : Olivier Dassault Directeur général : Guillaume Roquette Conseiller du président : Jean-Jacques Schardner Valmonde et Cie, SA au capital de 14 373 463,41 euros Actionnaire majoritaire : Sud Communication RCS : Paris B 775 658 412. Siret : 77565841200157. Directeur de la publication : Guillaume Roquette Photo du bandeau : Olivier Dassault, les Rivaudières. Photo de couverture : Terry Whittaker/Alamy Copyright 2012 - Jours de Chasse. Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus. Sauf dans les cas où elle est autorisée expressément par la loi et les conventions internationales, toute reproduction totale ou partielle du présent numéro est interdite et constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du code pénal. ADAGP, Paris 2012, pour les œuvres de ses membres.

62 Aventure

144

Exposition

Jours de fournaise au Cameroun

GUILLAUME BEAU DE LOMÉNIE

RÉDACTION

Rédacteurs en chef : Bruno de Cessole (11.35) Humbert Rambaud (11.56)

Des fauves et des lapins

ALAIN DE L’LHERMITE

1, rue Lulli 75002 Paris Tél. : 01.40.54.11.00 - Fax : 01.40.54.11.61 www.joursdechasse.com

Numéro de commission paritaire : 0613 K 79921 - ISSN 1622-8979

PRESSE RMN/RÉUNION DES MUSÉES NATIONAUX

Jours de CHASSE

BEL/LUX 9,50 € - SUISSE 15 FS - CAN 15 $CAN - DOM 9,50 € - ALL/ESP/ITA/GR/POR (CONT) 9,50 €

N° 48

Beauté animale, le bestiaire magnifique

le terrain 102 Sur Tout savoir sur… 102 À la conquête du petit gibier

005 L’Éditorial d’Olivier Dassault Point de mire 008 L’actualité de la chasse Chic et choke 020 Le monde de la chasse À l’affût 028 Expositions et salons 030 LaLucarne chasse en DVD Tentations 032 Équipements de saison… 32 … pour elle 34 … pour lui 36 Accessoires 40 Automobile

044 Enchères De jolis succès de printemps 050 LaSignets chasse en librairie Confidences 058 Steve Robinson Aventure 062 Jours de fournaise au Cameroun 075 Tourisme La “Petite Afrique” 078 Découverte Les seigneurs de Guth Reportage 088 Des fauves et des lapins

110 114 120 122 128

du Val Dunois Choisir un chien ou une chienne ? Mareuil, le goût de l’exigence Essai, Chapuis Super-Orion Le domaine de la Maisonnette Nouvelle batterie législative

Portrait 130 Félix Faure, pour l’éclat de la République 144 L’exposition Beauté animale, le bestiaire magnifique Chasseur de légende 156 Karamojo Bell : “L’Afrique ! L’Afrique !” et la chasse 170 L’art Piero di Cossimo privée 172 Visite Invitation à Las Loberuelas chez María et Gonzalo Madariaga 180 Saveurs Notre chef entre en cuisine 186 Tentations 186 Douceurs d’été 190 La maison et sa déco 192 La maison et le jardin

194 Flacons 194 Millésime 2011, question de temps

196 Domaine d’En Ségur

198 Volutes Fragrances estivales 202 Forum Les lecteurs ont la parole

Ce numéro comprend un encart broché Abonnement entre les pages 66 et 67, deux encarts jetés Réabonnement et Départ de chasse Rungis et deux aquarelles.

Parution du n° 49-automne 2012, septembre Jours de Chasse sur Internet : www.joursdechasse.com


Éditorial par Olivier Dassault

L

déposé un projet d’avis en ce sens, validé par le bureau oin d’être un divertissement comme un autre, la duCESE(Conseiléconomique,socialetenvironnemental) chasse s’impose – et de plus en plus – comme un enjeu puis rejeté à une voix près par la section environnement politique et social qu’on ne saurait traiter avec légèreté. du CESE à la suite de la mobilisation des représentants Particulièrement en France, où ses adeptes constituent des chasseurs, pêcheurs et agriculteurs. À l’Assemblée de forts bataillons électoraux, et n’ont garde d’oublier nationale,une proposition de loi,demandant à ce que les qu’elle fut une conquête imprescriptible de la Révoluanimauxsoientreconnusjuridiquementcommedes«êtres tion et de la démocratie. Dans mon précédent éditorial, vivants, doués de sensibilité », avait été déposée, dans le je soulignais la touchante unanimité dont elle fut l’objet même temps, par un député UMP. durant la campagne présidentielle. Du Front de gauche Depuis plusieurs années,on voit s’affirmer,et gagner au Front national,de l’UMP au Parti socialiste,sans oudu terrain, un mouvement d’opinion en faveur de la reblier les Verts, pas un candidat qui n’ait reconnu la légiconnaissance des droits de l’animal. Aux États-Unis, au timité de sa pratique et l’importance de son rôle dans la Canada, en Australie, le droit animal est enseigné dans préservation de la biodiversité et la sauvegarde des mides centaines d’universités,et l’université Lewis & Clark, lieuxnaturels.Pasunefaussenotedansleursbienveillants dans l’État de l’Oregon, a lancé, cette année, le premier ou prudents propos… master au monde sur ce thème. En EuMais voilà, l’élection appartient au ropemême,enGrande-BretagneetenEspassé, un nouveau président et un autre pagne entre autres, cette nouvelle discipartiexercentdésormaislepouvoir,etl’on SI L’ANIMAL pline a gagné droit de cité, et quelques sait combien les déclarations de prinACQUIERT LE STATUT juristes français plaident pour que notre cipe énoncées lors d’une campagne suuniversitéetnotredroitprennentenconsibissent, parfois, de sérieuses altérations DE PERSONNE, dération cette modification du statut de quand il faut composer avec le principe LA LÉGITIMITÉ l’animal,considéré depuis le code Napode réalité ou transiger avec tel ou tel alléon comme « un bien meuble ». lié. En d’autres termes, c’est maintenant DE LA CHASSE ET Il est clair que si l’animal, domestique quelemondedelachassevadevoirveiller SON AVENIR SERONT ousauvage,acquiertlestatutdepersonne, au grain. REMIS EN QUESTION. lalégitimitémêmedelachasseetsonaveCertes, le ministère de l’Environnenirserontremisenquestion.Ilsuffitd’une ment n’a pas échu à Mme Cécile Duflot, avancée – sur un point précis, comme et l’on peut supposer que certains social’existence du gibier d’élevage – pour que l’ensemble de listes chasseurs ont agi en coulisses pour qu’il en soit l’édifice bascule.Aussi nous faut-il non seulement rester ainsi.Femme d’expérience,Mme Nicole Bricq,nommée à vigilants, mais mettre en place des contre-feux, et dévece poste, paraît plus pondérée que sa jeune et fougueuse lopper une argumentation susceptible de résister à l’ofcollègue de l’Égalité des territoires et du Logement. Le fensive de ceux qui entendent mettre fin à la pratique ministre,qui entend porter la“social-écologie”au sein du ancestrale, nécessaire, et légitime de la chasse. gouvernement,aprogrammépourlemoisdejuilletlaconféJe vous laisse le plaisir de découvrir ce quaranterence environnementale promise par le président, après huitième numéro de Jours de Chasse et vous souhaite un avoir élargi aux parlementaires les acteurs du Grenelle de très bel été, sans nuages, ni soucis. l’environnement. Sur son agenda, la chasse ne figure pas parmi les priorités, la loi de programmation sur l’énergie figurant au premier plan, mais nul doute qu’elle ne soit abordée d’ici quelques mois. C’est alors que les groupes de pression écologistes s’efforceront de faire adopter certaines de leurs propositions. Parmi celles-ci, la réforme du statut juridique de l’animal,tel qu’il est inscrit dans le code civil, est inquiétante pour la chasse. En avril 2011,Allain Bougrain-Dubourg,figure médiatique de l’écologie,avait

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Pointdemire REGARD SUR L’ACTUALITÉ DE LA CHASSE par la rédaction

FLPA/ALAMY

PHÉNOMÈNE

DES SANGLIERS EN VILLE

◆ Des sangliers dans la ville :

UNE SAISON MITIGÉE

◆ La saison bécassière qui s’est

achevéeresteramitigée.Elles’annonçait pourtant sous de bien meilleurs auspices que l’année précédente, en raison d’une reproduction “normale” en Russie. En effet,comme nous l’avait annoncéYvesFerrand,ingénieur à l’ONCFS et l’un des plus grands spécialistes de notre migratrice, la saison a été « plutôt bonne»,avecundébutd’hivertrès doux et une répartition équilibrée des oiseaux sur l’ensemble du territoire. Toutefois,lestroissemainesde froid du mois de février ont entamé ce relatif optimisme. Non pas en raison de l’attitude des chasseurs(eneffet,dèsle2février, envertudelaprocédure“gelprolongé”, la chasse de la bécasse a étélogiquementsuspenduedans tous les départements),mais sur les conséquences du gel sur les oiseaux. En effet, le mois de février est le plus dangereux pour la bécasse,car se sentant près de la migration de retour,elle se déplace beaucoup moins pour fuir le froid. Ainsi, l’ONCFS a observé que nombre de bécasses

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présentaient des «comportements anormaux » (comme ces groupes d’oiseaux vus en plein jour en traindesenourrir),quandcen’est pas de nombreux oiseaux retrouvésmortsavecdespoidstrès faibles. « Cette situation ne signifie pas pourautantquelasaisonprochaine sera mauvaise.Tout va dépendre de la qualité de la reproduction », affirme Yves Ferrand. Cet épisode démontre une fois encore que la bécasse reste un capital fragile, et que la mise en place d’un PMA (prélèvement maximum autorisé) national (qui a institué un seuil maximal de 30 oiseaux par chasseur) était une nécessité (rappelons d’ailleurs que le carnet de prélèvement doit être retourné à votre fédération sous peine de ne pas obtenir sa validation pour la prochaine saison). D’ailleurs l’analyse de l’ensemble des carnets permettra de faire une estimation plus précise du tableau total de bécasses chassées en France (les derniers chiffresdatentde1998etfaisaient étatde1,2milliond’oiseauxtués, cequimontraitquelaFranceétait le pays d’Europe où l’on tuait le plus de bécasses).

Jours de C HASSE ◆

LANTENOIS/L’UNION DE REIMS/MAXPPP

BÉCASSE

l’image est devenue aujourd’hui commune.C’estcettefoisunelaie quierraitdanslabanlieuedeToulouse ; c’est une autre bête noire qui a semé la panique dans une grandesurface ;oucetteautrequi afaitunepetitevisitechezuncoiffeur en Bretagne… Ces intrusions de plus en plus fréquentes d’animaux sauvages en ville n’ont rien de surprenant. Comme le souligne justementPierredeBoisguilbertdans lederniernumérodelarevueVénerie (« L’église au milieu du village »), « la faune sauvage en zone périurbaine, voilà bien le sujet du jour ! Nouveau ? Sociétal ? Sensible ? Inquiétant ? Tout cela à la fois ». En effet,le nombre de grands animaux a explosé – grâce à la gestion des chasseurs – (aujourd’hui, les chasseurs tirent plus de 500 000 bêtes noires, contre àpeineplusde60 000ilyatrente ans), mais dans le même temps, les villes n’ont cessé de s’agrandir,rejoignantpeuàpeul’espace vital des sangliers. D’où des incursions de plus en plus fréquentes dans les parcs, les jardins, les… magasins. Certes, sous l’impulsion de l’État avec le plan sanglier,relayé

par les fédérations de chasseurs, la pression sur les prélèvements a été plus importante lors de la saison2010-2011(prèsde70 000 animaux supplémentaires tués), mais il est bien délicat de chasser en zone quasi urbaine. Plus encore,remarque Pierre de Boisguilbert,cequiestfrappant,«c’est laperceptionduphénomèneparl’opinion publique ». Et d’égrener les questions les plus fréquemment posées qui montrent la coupure presquetotaleentrelemonderural et le monde urbain : «Y a-t-il dessangliersdanslesbois ?Quelssont lesrisquespourlespopulationsetnotamment les enfants ? S’attaquentils aux promeneurs ? » Ces questions d’une naïveté confondante montrent le paradoxe entre ces urbains qui veulent tous les avantages des campagnessanslesinconvénients,qui nesupportentguèreleschasseurs, mais qui ne veulent pas qu’on touche aux animaux sauvages saufquandilsdérangentleurquotidien. Les chasseurs ont-ils un rôle à jouer ? Sûrement. À la condition que nos hommes politiques n’en aient pas honte et n’encouragent pas une situation comme celle du canton de Genève où la chasse est interdite depuis 1974 et où les tirs de régulation sont réalisés par des administratifs. Hypocrisie de notre époque…

ÉTÉ 2012


Jean-Jacques

ROUSSEAU

et les Arts

Exposition au Panthéon

Renseignements : 01 44 32 18 00

www.monuments-nationaux.fr

Sous le haut patronage de M. Jean-Pierre Bel, Président du Sénat Exposition réalisée avec le concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France et de la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel.

Crédits photogra r phiques © RMN (musée de Louvre) Houdon,Jean-Jacques Rousseau (Sculptures) © BnF Jean-Jacques Rousseau,Discours sur les sciences et t ,premier éta t t de la préface avec ra r tures et suppressions, manuscrit dans les arts volume relié (f. 531) BNF, département des Manuscrits, N.A.F. 5215. © CMN - Paris Conception graphique Nicolas Adet

29 Juin - 30 Septembre 2012


Pointdemire REGARD SUR L’ACTUALITÉ DE LA CHASSE

ÉTUDE

DE PLUS EN PLUS DE RAMIERS

◆ C’est une confirmation :le pigeonramier(ColumbaPalumbus) reste l’une des espèces les plus chassées par les chasseurs français selon l’ONCFS dans sa revue Faune sauvage, dont la dernière livraison a été entièrement consacrée aux colombidés. Ainsi,letableaunationalderamiersseraitdel’ordrede4,4millions d’oiseaux (pour la saison 2007-2008, dernière connue), soit un chiffre légèrement supérieur aux analyses du CPU (carnet de prélèvement universel, proposé – mais non obliga-

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nidification privilégié »,à moins de dix mètres de la bordure,ou près d’un chemin (ces chiffres montrent une fois encore le rôle clé jouéparles“effetsdelisière” :plus

toire–àtousleschasseursdepuis 2005), qui donne, lui, un chiffre légèrementinférieurà4millions, une différence qui peut s’expliquer par le fait que nombre de chasseurs du Sud-Ouest n’aient pas renvoyé leur CPU (à titre de comparaison, le tableau annuel du pigeon colombin, de la tourterelle turque et de la tourterelle des bois est respectivement de 100 000, de 400 000 et d’un peu plus de 60 000). Quoi qu’il en soit,ces chiffres confirment la précédente étude datant de 1997-1998 qui faisait état d’un tableau de 5,1 millions deramiers.Letableauannuelpar chasseur serait entre 9 et 10 ra-

miers, mais seulement un peu plus d’un tiers des chasseurs français en auraient tiré.Ces tableaux qui peuvent paraître im-

BLICKWINKEL/ALAMY

◆ Àplusieursreprises,nousnous sommes fait l’écho du plan Pégase. Mené par plusieurs fédérations de chasse (avec en tête, celle de Seine-et-Marne),il consiste à équiper d’émetteurs plusieurs dizaines de perdrix grises pour tenter de comprendre les mœurs de ce gibier emblématique des grandes plaines, et les raisons de son déclin,et donc de tenter de l’enrayer. Au terme de deuxansd’étude,(en2011,cesont encore 269 poules et 45 coqs qui ont été suivis), nous avons des confirmations sur les causes de mortalité,car,comme en 2010,la moitié des oiseaux ont été retrouvés morts. C’est bel et bien la prédation qui est « la cause principale de disparition » (l’agriculture ne représente que 4 % des cas, les maladies à peine 7 %), en particulier en mars et avril,et de mai à juillet. Là encore, cette nouvelle étude met à mal bien des idées reçues. En effet, ce ne sont pas les rapaces qui sont responsables de la majorité de la prédation (ils

de ponte » ; quant aux pratiques agricoles, elles n’interviennent qu’à hauteur de 7 % des échecs des premières pontes,mais 27 % pour celles de remplacement. C’est ainsi le cas de la mécanisation (son impact est variable d’une année à l’autre et d’un terrain à l’autre en fonction de la météo) ; par exemple, en 2011, «lespluiesdejuinontpermisderetarderunemoisson qui s’annonçait précoce et donc destructrice pour les nids ». En revanche, il faudra attendre encore pour en savoir un peu plus sur l’impact des produits phytosanitaires, toujours en cours d’étude SELON LE PLAN PÉGASE MENÉ PAR PLUSIEURS FÉDÉRATIONS DE CHASSE, (elleaétélancéeauprès 42 % DE LA PRÉDATION SUR LES PERDRIX GRISES SONT IMPUTABLES AU SEUL RENARD. decentquatorzeexploipiégeageresteindispensableàune leparcellaireestmorcelée,plusles tantsagricoles,représentantplus perdrix ont des possibilités de de 1 000 parcelles pour une surbonne gestion. Autre enseignefacecultivéedeplusde7 000hecment de l’étude : l’analyse de la nicher). En outre, Pégase signale que tares, et sur 207 substances acreproduction (160 pontes ont pu tives différentes). Les résultats seulement « 50 % des nids arriêtresuiviesdemanièrequasiquovent à terme, la prédation étant seront connus en principe dans tidienne) confirme que les céréales à paille restent un « lieu de responsabledesdeuxtiersdeséchecs le courant de l’automne. représententmoinsde20%),mais les carnivores, notamment le renard (42 % à lui tout seul). On comprend mieux, n’en déplaise aux âmes sensibles, pourquoi le

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NIGEL DOWSETT/ALAMY

PERDRIX GRISE

LE BILAN PÉGASE

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portants sont à mettre en relationavecl’excellentedynamique des populations de ramiers. Cette mêmeétudedel’ONCFS montre en effet que,depuis plus de vingt ans, en termes d’effectifs nicheurs, « le ramier a continué son entreprise de colonisation du territoire national… avec des densités les plus fortes enregistrées dans la moitié nord de la France ». Même constat, mais cette fois entermesd’effectifshivernant… Celadémontreunefoisencore saparfaitecapacitéd’adaptation à la grande culture et à l’urbanisation,car,faut-illerappeler,le pigeon ramier est d’origine forestière.


aneas Bagagerie passionnément française

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Pointdemire REGARD SUR L’ACTUALITÉ DE LA CHASSE

LES CHIFFRES DE L’IVOIRE

◆ Ce sont des chiffres à la fois effrayants

de l’Afrique australe vers la Chine et le Japon. Des autorisations qui ont encouragé la demande. Le phénomène concerne d’ailleurs les 38 pays d’Afrique qui abritent des populationsd’éléphants.Ainsi,audébutdumois d’avril,les douanes kenyanes ont saisi dans le port de Mombasa,des centaines de défenses.Quatremoisplustôt,danscemême port,2 500 kilos d’ivoire avaient été inter-

victime à la fois du braconnage et d’une réduction de leur biotope (d’où un conflit d’intérêts avec les populations locales). Que faire ? « Le problème,c’est que la répression du trafic n’est pas la priorité des gouvernements »,constate l’IFAW.Au vrai,audelà des déclarations d’intention,les États n’ont souvent ni les moyens,ni la volonté. CesontsouventdesONGquiépaulentces mêmes gouvernements, par des appuis

etd’unetristesseinfinie :aprèsleséléphants delaRépubliquecentrafricaine,c’estautour deceuxduCameround’êtrevictimesd’un braconnageàtrèsgrandeéchelle.Bienqu’il failleresterprudent,650animauxauraient été abattus depuis le début de l’année, en particulier dans le parc de Bouba Ndjida(220 000hectares),dansle nord du pays. À la fin du mois de mars,douze braconniersontétéarrêtésdansun autre parc du Cameroun,celui de Boumba Bek, en possession de quatorze défenses d’éléphants. Comme en RCA,c’est une armée de braconniers qui se livrent à ces massacres.Venant duTchad et du Soudan,ils sont parfaitement organisés, n’hésitent pas à ouvrir le feu, et massacrent des troupeaux entiers(femellesetpetitscompris) afin de ne pas retomber sur un troupeau qui a déjà été“visité”,et donc de perdre du temps. Tout porte à croire que ces bandes vendent l’ivoire (dont le commerce est interdit depuis 1989)àdesThaïlandaisetdesChinois, qui le revendent après l’avoir travaillé, avec, au passage, des béÉLÉPHANT D’AFRIQUE. L’ANNÉE DERNIÈRE, 24 TONNES D’IVOIRE (110 TONNES EN DIX ANS) néfices plus que substantiels,à de ONT ÉTÉ SAISIES. LES PRINCIPALES DESTINATIONS DE L’IVOIRE SONT LA THAÏLANDE ET LA CHINE. “nouveaux riches” friands d’objets et de bijoux de cette matière. ceptés.D’ailleurs,l’annéedernière,prèsde logistiques (formation et équipement de Autre raison de la recrudescence du 24 tonnes d’ivoire ont été saisies (ce qui rangers),et“éduquant”lesconsommateurs trafic : l’ivoire est devenu, avec la crise, porte à 110 tonnes en dix ans le total). d’ivoire. Ainsi selon un sondage près de une “valeur refuge”. « Sans compter que ce Cela correspondrait à plus de 2 500 pa- 70%desChinois(lesFrançaisseraientprès type d’exactions est bien moins réprimé que le chydermesmassacrés.Cechiffreestenréa- de 50 % !) pensent que les défenses d’élétrafic d’armes ou de drogue,avec des profits litéàmajorer,carbeaucoupd’animauxsont phants tombent chaque année et qu’elles toutaussiconséquents.Nombredetrafiquants abattus, dépecés, et échappent par consé- repoussent,etqu’ainsileséléphantsnesont pas massacrés. se sont donc diversifiés », explique-t-on du quent à tout recensement. Plus encore,certaines autorités,comme « En fait,d’après les douaniers,soulignecôté de l’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux). Un trafic fa- t-on à l’IFAW,seulement 10 % du trafic sont le Pr Pierre Pfeffer,directeur de recherche cilité aussi par la réouverture partielle en saisis.» Le nombre d’éléphants massacrés honoraire au CNRS et au Muséum na2000, du commerce de l’ivoire, avec ce s’élevait donc à 25 000. En un plus de trois tional d’Histoire naturelle,souhaitent que qu’onappellelesventesexceptionnellesde générations,leurpopulations’esteffondrée, le commerce de l’ivoire soit à nouveau tostocks (dûment répertoriés provenant passant de 5 millions en 1930 à une four- talement interdit (cela vise les ventes exd’animaux morts naturellement) de pays chette comprise entre 470 000 et 630 000, ceptionnelles de stocks).

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DESIGN PICS INC./ALAMY

BRACONNAGE


Pointdemire REGARD SUR L’ACTUALITÉ DE LA CHASSE

CHASSE AU VOL

DERYCK DILLON/ALAMY

◆ Ceux qui ont eu la chance de voir un faucon pèlerin en piqué, au cours d’une chasse au vol ou –beaucoup plus rare – à l’état sauvage, restent toujours admiratifs des possibilités de cette merveille animale,véritable avion de chasse en miniature (ce n’est pas sans raison que l’armée américaine ait baptisé le F16,General Dynamics F-16 Fighting Falcon). Il y a d’abord le vol d’attaque, l’amorce du piqué,puis le piqué où l’oiseau fait la“goutte”, c’est-à-dire qu’il a les ailes totalement repliées sur lui,piqué qui se termine quelquefois dans un sifflement,et enfin le“buffetage” mortel du gibier (dans ce cas,l’oiseau frappe sa proie de tout son poids).

Unedesinterrogationsestjustement la vitesse même du piqué.Depuisdesdécennies,scientifiquesetornithologuesestiment que le faucon pèlerin est l’un des oiseauxlesplusrapidesaumonde,

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sinon le plus rapide.Qu’en est-il vraiment ? On en sait un peu plus aujourd’hui grâce à la télémétrie. Certains fauconniers, notamment espagnols, équipent leurs faucons de petits émetteurs permettant de mesurer à la fois l’altitudeetlavitessedeleursoiseaux. Et les résultats sont impressionnants, puisque certains d’entre eux atteignent des plafonds de 900 mètres, et des vitesses qui dépassent 350 kilomètres-heure, à certains moments. Eneffet,lavitesseenpiquén’est jamaisconstante,etvarieselonles changements d’angle – plus il estouvert,moinslavitesseestélevée–, et selon les mouvements d’ailes. Une étude américaine avait même calculé que la vitesse théoriquedupèlerinpouvait atteindre à basse altitude 400 kilomètres-heure. Un chiffre confirmé parleFrançaisRenéJean Monneret, qui a passé une grande partie de sa vie à étudier les faucons pèlerins ;sefondantsur la masse de l’oiseau, son volume,son coefficient aérodynamique,l’angledetrajectoire avec le sol,et la longueur de cette même trajectoire, il est arrivé à la conclusion qu’un pèlerin pouvaitatteindredes vitesses supérieures à 400 kilomètres-heureavecdesanglestrès verticaux et lors de piqués prolongés. En dehors de ce chiffre extrême,lavitessevarieentre130 et 180 kilomètres-heure.

PATRICK IAFRATE

LE FAUCON PÈLERIN PEUT APPROCHER LES 400 KILOMÈTRES-HEURE

PATRIMOINE

CHAPUIS ENTRE DANS L’EXCELLENCE

◆ C’est une importante et juste

reconnaissance que vient d’obtenir l’armurier Chapuis.En effet, aux côtés du sellier Antarès et du fabricant de lames d’épées Blaise Frères,notre arquebusier nationalaétéreconnuEntreprise du patrimoine vivant par l’ancien ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. Celabel,décernépourcinqans, a été créé en 2005 pour favoriser les PME.Pour en bénéficier, les entreprises doivent répondre à au moins un de ces trois critères indiquant soit « la détention d’un patrimoine économique spécifique », soit « un savoir-faire rare reposantsurlamaîtrisedetechniques traditionnelles ou de haute technicité »,soit encore « l’ancienneté de l’implantation géographique ou la notoriété de l’entreprise ». Au vrai, Chapuis est l’un des trois armuriers à avoir su échapper à la crise des années 1970 qui a englouti tant de fabricants stéphanois.Lasociétédirigéeaujourd’hui de main de maître par René Chapuis et ses deux fils, David et Vincent (photo), a fait

Jours de C HASSE ◆

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mieux que résister grâce à une stratégievisionnaire :devenirindépendant, fabriquer les armes de A à Z et “qu’elles plaisent”. L’arquebusier a su faire des acquisitions judicieuses (comme celleducanonnierClaudeBreuil), et proposer des armes intégralement fabriquées à Saint-Bonnet-le-Château, petit village de la Loire, qui ont connu un succès qui ne s’est pas démenti.On songe bien sûr à sa gamme de juxtaposés – avec le célèbre Progress, arme élégante et très bien conçue – et – coup de génie – à sa carabine express et son système à double crochet. En une vingtaine d’années,la manufacturefamilialedeviendra le premier fabricant mondial d’express. Des succès et des innovations, il y en aura d’autres, commel’éléganteKipplaufOural (un condensé du savoir-faire Chapuis), la bascule ronde, le “challenger”(unecarabineàverrouentièrementdémontableàla main)… Bref, une savante alliance entre l’artisanat et la modernité (avec l’usinage sur des machines à commandes numériques). Chapuis ou la passion du savoir-faire.

www.chapuis-armes.com


Vous envisagez de vendre un bien immobilier haut de gamme ? De gré à gré et en toute discrétion ? Harold Parisot Conseils est la 1ère société d’intermédiation en France dédiée à la clientèle privée. Harold Parisot Conseils détient un vaste réseau d’acquéreurs et d’investisseurs internationaux : Brésil, Hong Kong, Moyen-Orient, Russie, USA… – Immobilier d’investissement (immeubles occupés ou vides) – Résidentiel (hôtels particuliers ou appartements de standing)

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Pointdemire REGARD SUR L’ACTUALITÉ DE LA CHASSE

LYNX, L’ALLIÉ DES CHASSEURS

◆ Les animaux les plus dangereux que les chasseurs aient à affronter ne sont pas ceux qu’imagine le profane, le léopard, le buffle ou le lion.Ce sont les plus petits qui sont les plus redoutables : moustiques, tiques, vers, et autres bestioles par qui se transmettent le paludisme,la bilharziose ou la maladie de Lyme. Jusqu’à présent, le seul viatique consistait en produits répulsifs dont il fallait s’asperger copieusement, et ne pas oublier dans ses bagages ou au camp… Distribuée par une société du Bénélux, une nouvelle ligne de vêtements, Lynx Pro Outdoor Wear offre désormais une protection de longue durée,inodore et incolore, incorporée dans le tissu.Avec ce type de vêtements, moustiques,tiques,moucherons, fourmis, sont tenus à distance.

DVD

DES “FÉLINS” DANS SON SALON

◆ Dans les plaines du Kenya,les animaux mènent une lutte quotidienne pour leur survie.Parmi eux,deux meutes de lions et une femelle guépard s’affrontent… Réalisé par deux zoologues britanniquespourlecomptedeDisneynature, qui a déjà produit deux longs métrages, les Ailes pourpres et Pollen, Félins tourné dans la réserve naturelle de Masai Mara a bénéficié de moyens considérables qui ont permis de rassembler des images spectaculairesdesmajestueusesplaines, mais aussi des félins que l’on voit évoluer au plus près,souvent en gros plan, comme si les réalisateurs nous plongeaient dans leur intimité.

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Pantalons,chemises,vestes,ponchos, cagoules, ainsi traités, sont proposés soit en couleur kaki soit en version camouflée“realtree”. Une deuxième ligne de vêtements allie le confort à une autre qualité révolutionnaire : la neutralisation des odeurs du corps

humain,si souvent préjudiciables à une approche ou un affût réussis. Grâce à l’utilisation de charSi l’on s’en était tenu là, nous aurions un excellent documentaire animalier. Malheureusement, on n’échappera donc pas ici à un anthropomorphisme déplacé,àunefictionnalisationabusive de l’histoire qui tend à organiser les images suivant un scénario simpliste dont les protagonistes sont mus par une psychologiequi,pourêtresommaire,

bon actif,les odeurs sont piégées, tout en laissant passer l’air. La gamme de sous-vêtements anti-odeurs comprend une collection mi-saison et une autre hiver. Ces deux lignes ont été conçues par le directeur de la société, Jean-Pierre Lebon, et son équipe qui ont travaillé deux ans sur la mise au point de ces procédés. Une troisième ligne propose des vêtements de chasse pour temps froids utilisant une matière légère, perméable à l’air et déperlant, permettant de rester au sec et au chaud dans les conditions les plus éprouvantes. Avec Lynx,il va maintenant être difficile au chasseur malchanceux d’expliquer sa bredouille par une émanation corporelle malencontreuse ou l’attaque intempestive de moustiques agressifs. Lynx Pro Outdoor Wear Rens. : 00.32.58.24.20.20 et www.lynxoutdoor.eu

n’en est pas moins envahissante, comme du reste la musique de Nicholas Hooper. Le tout asséné par un commentaireemphatiqueluavecune sobriététouterelativeparSamuel LeeJackson.Pourunefois,onpréféreralaversionfrançaiseditepar PascalElbé,quifaitpreuvedeplus de mesure. Félins,un DVD ou Blu-ray Disney.

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VÊTEMENTS

Jours de C HASSE ◆

ÉTÉ 2012

CD

CHŒUR MONTJOIE CHANTE LA VÈNERIE

◆ «Latrompeestl’âmedelachasse. Elleémeutparlapuissanceetl’éclat des sons.À ce bruit,le chasseur se réjouit et s’anime,le cheval frémit d’impatience,le cerf s’arrête pour écouter », écrivait le sonneur et compositeur Thiberge dans son Manuelcompletdetrompede1848. Quant aux chansons de chasse, elles animent dîners et veillées des veneurs, sans qu’ils sachent toujoursquienfurentlesauteurs. Lacune comblée avec ce CD du Chœur Montjoie Saint-Denis qui rendhonneuraux compositeurs et auteurs de fanfares et de chants dumondedesveneurs et des sonneurs : Gaston Chalmel (le Nouveau Départ), Christian Delval (le Printemps à Novel), Edmond Duplan (le Refuge), le RP Doncœur (la SaintHubert), Gustave Rochard (la Mort du vieux limier)… Vingt-trois chants sont ici interprétés par le Chœur Montjoie, dirigé par Jacques Arnould, avec la participation de Bruno de Castelet, Mathieu Doliveux, Aymeric de Gassard, tandis que treize sonneurs, parmi lesquels Nicolas Dromer, Maxime Dupuis,RolandDuthoit,FranckVéron, rassemblés par Géraud de Rudelle, prêtent leur talent aux fanfares de chasse. Un CD qui fera plaisir à tous les chasseurs. CD de 23 chants et 9 fanfares, accompagné d’un livret de 32 pages (20 € + 3 € de port). Commandez à SDCMSD, 266,avenue Daumesnil,Paris XIIe, www.choeur-montjoie.com


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1839, Vacheron Constantin crée de nombreuses machines dont le célèbre pantographe, un outil mécanique permettant pour la première fois de reproduire d’une façon parfaitement fidèle les principaux composants horlogers, augmentant encore le niveau de qualité de ses garde-temps. Cette invention propulse la marque dans l’avenir et révolutionnera l’horlogerie suisse.

Fidèle à l’histoire qui a fait sa renommée, Vacheron Constantin s’engage à entretenir, réparer et restaurer toutes les montres produites depuis sa fondation, un gage d’excellence, et de confiance qui fait encore aujourd’hui la réputation de la manufacture.

Patrimony Contemporaine Quantième Perpétuel Poinçon de Genève, boîtier en or rose, mouvement mécanique extra-plat à remontage automatique, calibre 1120 QP, Phase de lune. Référence : 43175/000R -9687


Pointdemire REGARD SUR L’ACTUALITÉ DE LA CHASSE

firmant que cette chasse n’avait rien d’un quelconque braconnage. Il a expliqué avec raison que les licences de tir sont accordées en fonction des densités de populations, et que tout cela était encadré et très réglementé (« C’est ce qu’on appelle des tirs de sélection.On a raison de préserver, mais à un moment [quand les populations commencent à être trop importantes], on est obligé d’intervenir »). En outre,il a expliqué que les taxes de tir ne servaient pas « à acheter du chewing-gum », mais à fairevivrelespopulationslocales, et à participer à la préservation des éléphants.Et d’ajouter :« Ce n’est pas parce qu’une espèce risque de disparaître en certains points que celaestvraipartout.»Voilà le courage d’avoir été dit…

sur deux ans, ce qui en fait de loin le meilleur placement financier. Ce prix cache cependant de grandes disparités. Les transactions les moins chères s’établissent autour de 640 euros, dans les régions montagneuses, lorsquelesforêtssontpeuaccessibles, difficilementexploitablesetpeuplées d’essences peu nobles. À l’inverse, dans le Bassin parisien et le Nord, là où les terres agricolessontbienvalorisées,lespeuplements constitués principalement de feuillus et où l’activité chasse est importante, le prix à l’hectarepeutatteindre12 180euros. « Les investisseurs estiment que le bois a une valeur d’avenir »,préciseLaurentPiermont,présidentdirecteurgénéraldelaSociétéforestière.Àsesyeux,labiodiversité favorise une meilleure valorisation du bois dans ses différentes utilisations,qu’il s’agisse des débouchés dans la construction ou dans l’énergie alternative.

L’engouement des forêts s’explique aussi par la crise de l’euro. Laterreétantunactifdéconnecté des marchés financiers, les investisseurs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers la forêt.Près d’un tiers des surfaces de plus de 100 hectares a été acquis l’an dernier par des personnes morales privées non agricoles, banques ou compagnies d’assurances soucieuses de diversifierleursactifs.Élémentnou-

veau, l’arrivée des étrangers, notamment des Allemands, Belges et Luxembourgeois sur le marché français. La poursuite de la crise de l’euro pourrait bien attirer d’autres investisseurs. Pour 2012,lepremiertrimestreestresté actif et les prix bien orientés. Néanmoins,lesincertitudesliées à la prochaine loi de finances et lerisquedemodificationsfiscales pourraientralentirledynamisme du marché.

ALF/TARGET PRESS/SIPA

◆ L’imageafaitletourdumonde : celle du roi d’Espagne aux côtés d’un éléphant qu’il avait chassé en Afrique. La photo ressortie à pointnommé–elledatede2006– dans plusieurs quotidiens espagnols pour évoquer l’accident dont a été victime Juan Carlos auBotswana.Eneffet,ils’estfracturé la hanche lors d’une chasse à l’éléphant,et a dû être rapatrié en urgence. Cetaccidentafaitcoulerbeaucoupd’encre.D’abord,parceque l’Espagnetraverseunegravecrise et que chasser l’éléphant dont la taxe de tir varie entre 15 000 et 30 000 euros n’est sans doute pas le meilleur exemple que l’on puisse donner à son peuple. « Je

FORÊT

UN MARCHÉ DE PLUS EN PLUS CHER

◆ Forte hausse des prix et du nombre de transactions : selon laSociétéforestière,lemarchédes forêts a retrouvé son dynamisme en 2011. Au total, 14 120 transactions ont été enregistrées l’an dernier, « à une centaine de transactions près du record absolu de 2008 », selon Michel de Warren, le directeur des investissements de cette filiale de la Caisse des dépôts spécialisée dans la gestion et l’achat de forêts. La valeur globale de ces opérations a atteint 1,23 milliard d’euros pour une surface totale de112 700hectares.Selonlenouvel indice mis au point conjointement par la Société forestière et la Fédération nationale des Safer (FNSafer), le prix moyen d’un hectare atteint 3 960 euros, en hausse de 10,8 % par rapport à 2010 et en progression de 19 %

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DUNCAN PHILLIPS/ALAMY

mesuistrompé.Celanesereproduira pas » : Juan Carlos a fait son mea culpa. En réalité, ce qu’on reproche au roi d’Espagne ce n’est pas tellement sa dépense peutêtre somptuaire mais davantage

qu’elleaitpourorigineunechasse àl’éléphant.Carsicepéripleavait un but tout autre que la chasse, les réactions auraient été certainementbeaucoupplusnuancées. En France,Brigitte Bardot est montée au créneau (« c’est indécent, écœurant et indigne »).Seule notediscordantedansceconcert d’indignations,le marin au long cours Olivier de Kersauson, sur Europe 1, à l’émission quotidienne On va s’gêner animée par Laurent Ruquier, diffusée dans la seconde partie de l’après-midi dont le principe est le commentaire libre de l’actualité, avec comme animateurs Claude Sarraute,ValérieMairesseouencore Gérard Miller. Olivier de Kersauson, avec la verve et le sens de la répartie qu’on lui connaît, a défendu le roi d’Espagne, af-

ROI D’ESPAGNE

FAUSSE POLÉMIQUE

Jours de C HASSE ◆

ÉTÉ 2012


DISCOVERY 4 ÉDITION LUXURY

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Aux cimes de l’efficacité, le Discovery 4 offre ses talents à tous les partisans de l’action. 7 places, une capacité de remorquage exceptionnelle, un plancher plat jusqu’à 2 mètres, tout devient chaque jour possible. L’Édition Luxury SDV6 de 256 chevaux ajoute à l’aventure l’extrême raffinement. Les finitions extérieures chromées sont l’annonce d’un espace intérieur tendu de cuir jusqu’au sommet de la planche de bord, baigné par la lumière du toit ouvrant et réservant par exemple le rare confort d’un volant chauffant. Seuls 100 d'entre vous partiront vers les sommets du luxe.

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Chicetchoke PHOTOS : HUMBERT RAMBAUD

LES VOIX ET LES VISAGES DU MONDE DE LA CHASSE par Daphné Gossip

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14. Jacques Ravel. 15. Julien Rigoreau. 16. Bernard Prévost.

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Réunion de l’Association nationale des autoursiers et fauconniers français (Anfa) à Mivoisin (Loiret)

1.“Photo de famille” à l’entrée du château de Bellecour. 2. Jamie et Patrice Pellé, Étienne Fougeron et Richard Percheron. 3

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3. Karine Troudard,Annie et Serge Prévost. 4. Loïc Poulain.

12. Philippe Justeau, président de l’Anfa. 13. Thomas Darrigo.

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en partenariat avec

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5. Jürgen Niklaus et Fran Bolinches. 6. Rémy Gruet et Patrick Landon, garde en chef de Mivoisin.

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7. Annie Charlez (ONCFS). 8. Julien Dubois.

Jours de C HASSE ◆

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9. Patrick Morel. 10. Jean-Louis Liégeois, visiblement pas très réchauffé. 11. Alain Conesa et Brigitte Courjaret.


Fidèle à sa volonté de croiser les répertoires et les artistes pour donner à entendre les meilleurs interprètes dans le cadre exceptionnel du Domaine, le Festival présentera cette année de nouvelles propositions comme les concerts lectures et les concerts promenades. Du 10 au 27 juillet. Tarifs : de 12 à 50€. Pass Festival : 150 € Chaque place donne droit pour son détenteur à l’entrée gratuite dans le monument le jour du concert ou le lendemain.

Votre été à Chambord Première grande exposition Rebeyrolle à proximité de Paris depuis 1979, cette manifestation présentera une des œuvres majeures de la seconde moitié du XXe siècle, portée par la violence chromatique, la sauvagerie de la nature et les travers de la société. Du 10 juin au 23 septembre 2012 L’accès aux expositions est compris dans le droit d’entrée.

Réservation : 02 54 50 50 40 / 41 / 42 www.chambord.org reservations@chambord.org


Chicetchoke LES VOIX ET LES VISAGES DU MONDE DE LA CHASSE

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Une dégustation de malleret et l’exposition Laroche-Joubert organisées par So Chasse

1. Antoine Ménillet (Domaine de Malleret) et Thibault Guinard. 2. Antoinette Rochot, Pierre Thomas et Adeline Poulain. 3. Jean Grabowski (Anéas) et Alexandre Grabowski.

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10. Laetitia Dupeyrat et Caroline Matti. 11. Louise Groux Laroche-Joubert et Baudouin de Saint Léger (So Chasse). 2

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PHOTOS : SO CHASSE

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4. Jean-Christophe Barbou des Places. 5. Caroline Camus, Jean-Philippe Jacquet, Bernard Gérand et sa fille Emmanuelle Gérand.

8. VictoireMarie Rochette, Thomas Halphen (Armurerie de l’Élysées) et Alexis Rochette. 9. Barbara Dautin et Auriane de Lacoste Lareymondie.

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Quelques exposants français du Safari Club International 2012 (salon de la chasse) de Las Vegas

1. Vincent Chapuis. 2. Jérôme Latrive (Voyages GP Chasse et Pêche).

6. Xavier de Saint Péreuse et Antoine Nicolas (Mediana). 7. Julien Tournoux.

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PHOTOS : GUILLAUME BEAU DE LOMÉNIE

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3. Jérôme Lanoue (L’Atelier Verney-Carron).

6. M. et Mme Jacques Lemaux (Jacques Lemaux Safaris). 4

en partenariat avec 3

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7. Vince et Lisa Cocciolo (Total Outdoor Adventures).

4. À gauche, Jean-Pierre Bernon (Club Faune) en pleine négociation. 5. Éric Pasanisi (Tanganyika Wildlife Safari). 5

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Chicetchoke LES VOIX ET LES VISAGES DU MONDE DE LA CHASSE

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L’assemblée générale de la Fédération nationale des chasseurs à Paris

1. Pierre de Boisguilbert (FNC), Yves Lecocq (Face) et Jacky Desbrosse (FDC de la Marne). 2. Jean-Pierre Poly (ONCFS). 3. Philippe Waguet et Christiane Baroche (ONF). 4. Jean-Pierre Picard (FDC du Cantal). 3

PHOTOS : PATRICK IAFRATE

20. Charlette Chandosné (FRC de FrancheComté) et Jean-Marie Huguenin (FDC de la Haute-Marne). 4

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5. Benoît Chevron (FDC de Seine-etMarne) et Patrick Massenet (FDC de la Meurthe et Moselle).

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18. Gérard Larcher et Bernard Baudin, président de la FNC. 19. Bernard Mathieu (FDC du Vaucluse) et Jocelyne Koe (ONCFS). 16 6

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6. Bruno Mollot (FDC de la Seine-et-Marne). 7. Laetitia Letellier, Marc Meissel et Malika Dupré. 8. Didier Béteille (FDC de l’Aveyron) et Thomas Goussard (Seasons). 9. Laurent Charbonnier, Jean-Louis Courseau (FDC du Cher) et Christian Lagalice (FDC du Jura). 8

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14. Étienne Guillaumat (ONCFS) et Philippe Dulac (Fondation de la Maison de la Chasse et de la Nature).

16. Frédérique Enéléda, Didier Gavens (FIC Paris-Ficevy) et Christine AndréMignon (FNC). 17. Gilles Douillard (FDC de la Vendée).

15. Jean-Pierre Gaillard (FDC de l’Hérault) et Frédérique Longobardi (FDC de l’Hérault).

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en partenariat avec

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10. PaulJoseph Ettori (FDC de Corsedu-Sud) et Bernard Lozé (CIC).

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11. Jean-Paul Besson (FDC du Rhône).

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12. Éva Faure (FRC du Languedoc-Roussillon) et Christophe Urbaniak (FDC Champagne-Ardennes). 13. Véronique Mathieu (député européen) et Alain-Édouard Bidault (FDC Maine-et-Loire).


RIO GRANDE - Photo FOCALE 3 Studios Reims

La seule œuvre d’art qui disparaît au vernissage L ’ A B U S D ’ A L C O O L E S T D A N G E R E U X P O U R L A S A N T É - À C O N S O M M E R AV E C M O D É R AT I O N


Chicetchoke LES VOIX ET LES VISAGES DU MONDE DE LA CHASSE

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Des nemrods au vernissage de l’exposition d’Hervé Half à l’“Hôtel Icône” (Paris IIe)

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6. Alain Foglia, Laurent Dides et Patrick McKay. 7. L’artiste Hervé Half. 8. Gilles Roccia (Nobel Sport).

4. Bénédicte Half. 5. Gabriel Libert (Lagardère Active).

1. Nicolas Melin (STDupont), Fabrice de Cazanove et Anne-Sophie Rolland (Hôtel Icône). 2. M. et Mme Philippe Boulay. 3. Brigitte Carrant.

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PHOTOS : PATRICK IAFRATE

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Soirée écossaise au “Restaurant de l’Hôtel de Ville“ à Crissier (Suisse)

1. L’artiste Walter Arlaud et le taxidermiste Raphaël Coudourey. 2. Albert Mudry et Christian Pilloud.

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PHOTOS : ANDRÉ LAUDRA

5. Yvan Ueltschi. 6. Le chef Philippe Rochat.

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3. Owen Beardsmore et Peter Greinig. 4. Le chef Benoît Violier, désormais aux commandes du Restaurant de l’Hôtel deVille.

en partenariat avec

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Àl’affût

LES EXPOSITIONS ET LES SALONS D’ÉTÉ par la rédaction

DU 7 AU 9 JUILLET

JUSQU’AU 28 OCTOBRE

LE GRAND SALON ENTRE SABLE ET BRUYÈRE

100 SCULPTURES ANIMALIÈRES À BOULOGNE ◆ Il y a des folies qui

LE 26 AOÛT

FÊTE DE LA CHASSE ET DE LA NATURE À MONTPOUPON

◆ Il manquait à Montpoupon

une fête de la chasse et de la nature (photo ci-dessus). “L’offense” est réparée : le 26 août, sous l’égide de l’équipage Vénerie du Berry, ce haut lieu de la vénerie accueillera une manifestation cynégétique et campagnarde. Au programme : présentation d’équipage (300 chiens et 600 chevaux ), démonstration de fauconnerie, de retrievers, concours de trompes, tir à l’arc, spectacles équestres, messe de saint Hubert…

Rens. :02.47.94.21.15 et www.montpoupon.fr

DU 7 AU 10 SEPTEMBRE

de solide facture. On retrouvera entre autres Blaise Prud’hon, Frédérique Lavergne, Thierry et Antoine Faure, Maryse de May. Quant à la présidence du salon, elle sera assurée par Jean d’Harcourt.

Salle Robert-Souesme, 45730 Saint-Benoît-sur-Loire. Tél. : 06.88.08.80.71 ou 06.86.44.42.74.

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DÉPART DE CHASSE À RUNGIS ◆ La date est désormais

arrêtée : ce sera le deuxième week-end de septembre. La chasse aura son salon à Rungis, salon dont Jours de Chasse est partenaire.Un lieu qui n’a rien de surréaliste, à la fois par sa situation géographique (près de Paris et d’Orly), par ses possibilités de parking, par sa clientèle déjà présente sur les lieux (faut-il rappeler que le marché de Rungis

accueille chaque jour 24 000 acheteurs ?)… Cette manifestation se déroulera sur 6 000 mètres carrés et accueillera 200 exposants, tournée vers le haut de gamme, pour éviter la grande foire impersonnelle. www.departdechassearungis.com JUSQU’AU 2 SEPTEMBRE

MARC COUTURIER, LE TROISIÈME JOUR ◆ “De l’audace, de l’audace

quitte à déstabiliser les esprits épris de classicisme” : telle semble être la devise du musée de la Chasse et de la Nature en matière d’expositions temporaires. En effet, pour quelques semaines, l’artiste contemporain Marc Couturier investit les salles du musée avec son exposition d’une centaine de ses œuvres sur le “Troisième jour”, fondée sur le récit du livre de la Genèse, avec l’évocation, entre autres, d’un « état antérieur à la ville,la métaphore des origines ».

Musée de la Chasse et de la Nature,62,rue des Archives,Paris IIIe. Rens. :01.53.01.92.40 et www.chassenature.org

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se propagent comme des maladies contagieuses… On ne se plaindra pas de celle autour de l’art animalier. La Beauté animale a jeté son dévolu au Grand Palais jusqu’au 16 juillet (lire page 144), et la sculpture animalière est à Boulogne, au musée des Années 30. Un choix sculptural forcément arbitraire tant la matière s’étend sur des siècles. Cette fois, le visiteur pourra admirer les artistes du début du XXe siècle à aujourd’hui, à travers une centaine d’œuvres, de Bourdelle à Bugatti, de Calder à Giacometti, en passant par Arp, Orloff, Pompon (Sanglier,photo ci-dessous) ou encore Picasso. Un voyage entre l’Art déco, le réalisme, l’impressionnisme, l’expressionnisme. Et qui montre une fois encore que cet art, qui fut longtemps considéré comme mineur, figure aux premières places des beaux-arts.

Espace Landowski, 28,avenue André-Morizet, 92100 Boulogne-Billancourt. www.boulognebillancourt.com et www.annees30.com

ALAIN BASSET

douze ans, et c’est toujours un rendezvous à ne pas manquer. La galerie Entre Sable et Bruyère, sous la direction de Patricia OrblinMoreau, change de lieu et s’installe à Saint-Benoîtsur-Loire, salle RobertSouesme. Cette belle manifestation devrait rassembler près de 200 œuvres d’une petite dizaine d’artistes –dont la moitié seront des animaliers–, toujours

CHÂTEAU DE MONTPOUPON

◆ Cela fait maintenant


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Lucarne

SÉLECTION DE DVD par Humbert Rambaud

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Chiens aux grands gibiers ◆◆ « La chasse sans chien…

Peut-on considérer vraiment cela comme de la chasse ? », écrivait Paul Vialar, un brin provocateur, dans son irremplaçable encyclopédie de la Chasse (Flammarion, 1973). Pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir leurs propres chiens, par contraintes professionnelles,urbaines ou familiales, pour ceux qui sont des adeptes de la battue, la phrase de l’auteur de la Grande Meute peut heurter. N’est-ce pas pourtant la plus forte des évidences ? Car sans chien, la chasse au chien d’arrêt ou au chien courant n’existeraient pas.Aussi, il faut féliciter Seasons de s’être attardé pendant près d’une heure sur les Chiens aux grands gibiers, ces acteurs qui sont l’âme même de cette chasse. En effet, la chasse aux chiens courants est très proche de la chasse instinctive pratiquée par les premiers hommes. Au jugement et au savoir-faire de l’homme doit s’allier la valeur des chiens ; et entre eux et le gibier, c’est un combat presque à armes égales qui se livre, et dont le spectacle est d’une sauvage grandeur. Témoin, cette première scène qui nous est proposée près de Loches avec une meute peu commune, composée à la fois de fox et de welsh terrier (vieille race originaire du pays de Galles, spécialisée dans la chasse du renard, du blaireau et de la loutre). On comprend très vite pourquoi ces chiens-là font merveille sur les sangliers : ils ont du mordant – on sent que rien ne peut les impressionner ! – et d’une intelligence canine visiblement au-dessus de la moyenne, avec

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Le welsh terrier est une vieille race originaire du pays de Galles, spécialisée au départ dans la chasse du renard et du blaireau.

l’avantage d’être moins enclins à s’élancer dans des poursuites inutiles sur des animaux manqués ou blessés. Dans de jolies images de sousbois, on apprécie leur travail sur des bêtes noires toujours redoutables, et la passion que mettent leurs conducteurs à bien mener leurs chiens, de vrais bas-de-cuir qui auraient fait les délices d’un d’Houdetot. Seul regret de ces premières scènes, les chiens ne se récrient pas ou peu, ce qui nous prive d’un des charmes d’une chasse au chien courant. Changement de musique et de décor, dans l’Eure-et-Loir, mais qui,là,ne peuvent qu’agacer les chasseurs dignes de ce nom. Le spectateur découvre, en effet,

avec surprise, une meute… d’épagneuls bretons. Son propriétaire explique que n’ayant plus de petit gibier à leur faire chasser, il les a mis sur les grands animaux. Il vante leur sagesse, leur endurance, leur intelligence – ce qui est vrai –, mais il n’en demeure pas moins que chasser avec des bretons le grand gibier reste une hérésie. Cette race a été sélectionnée au début du XXe siècle pour ses qualités de chien d’arrêt, où il excelle, pas pour ses qualités de chien courant. Il y a d’autres races pour cela et bien meilleures ! Cela dit,les séquences de chasse sont bien filmées, en particulier celles dans des paysages de neige

Jours de C HASSE ◆

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– où l’on reconnaîtra d’ailleurs notre ami Pierre de Boisguilbert–,où l’apparition de sangliers et de cervidés provoque toujours la même émotion. Heureusement, avec le troisième reportage, le réalisateur revient à des choses un peu plus classiques. Cette fois, nous nous retrouvons dans les Yvelines avec une meute qui reste tout de même très éclectique, entre fauves de Bretagne, drahthaars, bâtards des deux, bâtards de jack russell et de teckel… Une fine équipe tout de même assez déconcertante faisant visiblement la joie de leurs conducteurs,quant à leur ténacité et à leur courage. À cet égard, la scène de l’hallali dans l’eau est assez impressionnante, avec ces chiens qui ne s’avouent jamais vaincus. Émotion encore, avec l’aide d’une caméra fixe, où l’on voit des sangliers s’arrêter, s’interroger sur la marche à suivre… Le film terminé, on reste indubitablement sur notre faim, tant l’ensemble apparaît un peu décousu,sans réelle distance. Car les Chiens aux grands gibiers méritaient sans doute un autre traitement, avec des chiens de même pied, bien ameutés, et pour certains d’entre eux bien gorgés, car la joie des oreilles vaut bien celle des yeux. Sans oublier que ce film ne montre pas du tout les particularités cynégétiques des chiens courants de chaque province française, et Dieu sait si elles sont nombreuses. En effet, si des races de chiens ont été dûment et patiemment sélectionnées en fonction de paramètres précis, ce n’est pas pour en faire un orchestre mal accordé. Seasons,52 minutes,20 €.


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Tentations

MODE, PARFUMS ET ACCESSOIRES POUR ELLE par Diane Cernay Retrouvez toutes nos adresses en page 202

PULL DE CLUB INTERCHASSE

CHEMISE ANTIMOUSTIQUE LAFUMA

◆ Remarquable

de singularité, ce pull Eleona col en V de Club Interchasse est une ode à la douceur (95 % coton et 5 % cachemire) pour que vos soirées d’été soient des plus agréables.

◆ Déclinée pour elle et lui,

cette chemise antimoustique est aussi hypoallergénique. Son efficacité est assurée même après vingt-cinq lavages. Elle comprend deux poches et des manches roll-up et dans sa déclinaison femme, elle est légèrement cintrée. 60 €.

POLO TOM JOULE

99 €, tailles XS à XXL, disponible en août.

◆ Col officier, galons, boutons dorés, finitions velours et broderies dorées, Tom Joule épouse les formes de celles qui défendent l’esprit polo toujours avec distinction, dans des couleurs originales et subtiles.

SAC MARCELLO CARTIER

◆ En cuir de veau couleur mordorée et élaphe bronze,

ce sac Marcello de Cartier se glisse sous l’épaule ou se saisit d’une main. Il comprend deux compartiments et une poche à soufflet. 1330 €.

109 €, tailles XS à XXL.

EAU D’ORANGE VERTE D’HERMÈS

◆ La plus culte des eaux de Cologne créée en 1979 par Françoise Caron imposera sa délicate fraîcheur cet été.

PARKA AIGLE

◆ Imperméable et respirante,

à porter droite ou coulissée à la taille, la parka SixtyFourty est légère et résistante. Sa doublure en taffetas est contrastée bleu saillant pour une couleur sable à l’extérieur.

90 €, 200 ml.

220 €, tailles 36 à 48.

SOLEIL TAN ET ROUGE À LÈVRES COCO SHINE DE CHANEL ◆ Un été en beauté avec Chanel qui propose une

nouvelle poudre Soleil Tan (sable beige ou sable rose) et deux rouges à lèvres Coco Shine, un beige doux et un autre aux nuances vermillon. 50 €, la poudre compacte Soleil Tan ; 29,50 €, le rouge Coco Shine.

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Tentations MODE, PARFUMS ET ACCESSOIRES POUR

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LES POLYSIANES DE KLORANE

◆ 100 % coton, coupe droite

broderie assortie au revers du col, ce polo a juste ce qu’il faut de fantaisie pour que la distinction soit une réalité.

◆ La célèbre gamme

Les Polysianes de Klorane présente en édition limitée une huile de beauté “corps et cheveux” au monoï, réparatrice après la journée au soleil.

85 €, tailles XS à XXL.

11,50 €, 125 ml.

SAHARIENNE HUMBERT BERETTA ◆ Inutile d’insister, Humbert

Beretta a bel et bien la fibre safari. Cette saharienne beige (existe aussi en vert) 100 % coton en est la preuve vivante. 144 €,

tailles S à XXXL.

DOVER DE CROCKETT & JONES

◆ Cette richelieu veau velours est signée Crockett &

CEINTURE VICOMTE A

Jones. Une finesse, une élégance et un savoir-faire toujours britanniques. 430 €.

◆ Vicomte A invente le chic réversible avec des ceintures orange-marron, violet-taupe, bleu-beige, fauve-noir… 99 €.

HOMMAGE À L’HOMME DE LALIQUE

◆ La cristallerie a joliment nommé son parfum masculin, Hommage à l’homme. Sobre et géométrique, le flacon Art déco est signé Thierry de Baschmakoff. Le jus très floral mais musqué doit son originalité à la violette.

56 €, 50 ml ; 75 €, 100 ml ; et 1200 €, pour l’édition limitée en cristal.

CONSTANT D’AUBERCY

◆ Cette superbe richelieu

à bout droit ne déroge pas à la règle d’or d’Aubercy à propos du luxe,“tout ce qui ne se voit pas”. 895 €, disponible en marron chocolat mélèze.

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CHEMISE NAGANO DE CLUB INTERCHASSE

◆ Sobre et décontractée, cette nouvelle chemise

bleu azur est issue de la nouvelle collection CI Sport. Un style et un esprit assortis aux couleurs de l’été. 79 €, tailles S à XXXL, disponible en août.


Tentations ACCESSOIRES

CHAPEAU ENDMOOR ADVENTURE SEELAND

◆ Taillé dans les plus belles matières et bénéficiant d’une membrane Seetex (imperméable et respirable), ce chapeau que propose Chapuis se pliera au style que vous vous voudrez bien lui donner. 89 €, tailles 57 à 60.

CARTOUCHIÈRE MINI D’ANÉAS ◆ En cuir de veau pleine fleur, double tannage

COUTEAU FÄLLKNIVEN PAR AGORA TEC

◆ Idun, c’est le nom de cet

excellent couteau (manche cuir, lame acier VG10 laminé de 100 millimètres). Le fabricant Fällkniven est suédois et Agora Tec l’a sélectionné pour Jours de Chasse. 376,40 €.

pour 20 à 30 cartouches suivant les calibres, cette cartouchière se porte en bandoulière ou sur la ceinture. La distinction sur tous les terrains. 350 €.

POINT ROUGE BUSHNELL FIRST STRIKE

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CORNE RONDE DE TUNET

◆ Cette corne à pavillon en cuivre est gainée de cuir et

livrée avec un sautoir. Elle alliera efficacité et élégance à chacune de vos chasses. 59,90 €, la 50 centimètres ; 41,90 €, la 40 centimètres.

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du soleil, de la pluie et… des moustiques, cette casquette a bénéficié d’un traitement de la matière par encapsulage d’essence naturelle de citronnelle qui repousse ainsi la voracité des petits insectes.

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19 €, en noir ou en kaki. Efficace au moins une vingtaine de lavages.

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System), repérer son chien n’offre plus aucune difficulté. Le récepteur vous indique dans quelle direction et à quelle distance son chien se trouve, ainsi que ses coordonnées GPS. 1 190 €.

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Tentations AUTOMOBILE par Julien Leclerc

Jaguar XF Sportbrake Ce break diesel à propulsion allie finesse et performances, quel que soit son niveau de chargement.

de caisse, une jupe arrière et un becquet exclusifs ; le second remplace les inserts extérieurs chromés par des inserts noirs brillants, le tout associé à des jantes en alliage très racées. À bord, une ambiance raffinée à l’anglaise a été composée pour cinq passagers, qui pourront profiter du paysage, confortablement installés dans un habitacle bien insonorisé. La banquette arrière intègre une trappe à skis. Fractionnable en 60/40, elle se rabat d’un geste et compose, une fois abaissée, une aire de chargement continue de près de deux mètres de long. Le hayon peut bénéficier d’une ouverture et d’une fermeture entièrement automatisées. Le poste de pilotage est calqué en tout point sur celui de la berline : ergonomie idéale des pédales, du volant,

◆ L’ère Tata chez Jaguar réserve de bien belles surprises, comme ce shooting brake délicieusement agressif. Le Sportbrake est dérivé de la berline XF, avec laquelle il fait d’ailleurs jeu égal en termes de traînée aérodynamique. On aime ses lignes tendues, ses finitions des commandes ; compteurs polies au-dessus des vitres lisibles ; finition premium. latérales, le profil ascendant Le cuir et la ronce de noyer de sa ceinture de caisse et pourront être préférés à des ses épaulements musclés matériaux plus contemporains : qui lui confèrent un caractère il y en a pour tous les goûts. La résolument dynamique. Ce qui technologie est omniprésente, se voit à l’extérieur se vérifie à à coups de système de l’intérieur, puisque son pavillon navigation, d’écran tactile géant, très étiré se conjugue avec une de commande vocale, garde de toit supérieure de près de dispositif Bluetooth et de cinqcentimètres à celle de pack audio haut de gamme, de la berline. De quoi se sentir comme la chaîne à 17 à l’aise lors des longs haut-parleurs signés voyages, sans parler des Jaguar XF Sportbrake 2.2 D Bower & Wilkins. capacités de chargement Atout précieux : le qui atteignent le volume Sportbrake dispose appréciable de Dimensions L : 4 966 mm ; l : 2 077 mm ; d’une suspension 1 675litres, soit H : 1 877 mm. pneumatique arrière un peu plus que dans Charges utiles qui s’adapte aux gros une BMW Série 5 Poids à vide : 1 790 kg. Capacité chargements. On peut Touring. Sensible au du coffre à bagages : 500 à 1 675 l. Réservoir : 69 l. aussi opter pour un désir de personnalisation Moteur tarage de conduite des véhicules exprimé de Quatre cylindres en ligne, turbo, 16 soupapes, sportive, la fonction injection directe. Bloc diesel : 2 179 cc, 190 ch nos jours par la clientèle, à 4 000 tr/mn, 450 Nm à 2 000 tr/mn. allant de pair avec Jaguar propose ici deux Boîte automatique à 8 rapports. un raccourcissement packs design : le pack Transmission : arrière. Performances du temps de réponse Aero (de série sur Vitesse maximale : 222 km/h. 0-100 km/h : de l’accélérateur. Côté la version S) et le pack 8,8 sec. Consommation moyenne (urbainextra-urbain-mixte): 6,8/4,9/5,5 l/100 km. moteurs, ce break à Black. Le premier CO2 : 183 gr. Autonomie : 1 049 km. propulsion sera équipé comprend un bouclier Prix À partir de 48 900 € en France de blocs avant plus imposant, diesels, même si des extensions de bas

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JAGUAR

Aisance sportive

un 5.0 V8 à essence existe dans d’autres contrées. Le quatre cylindres diesel 2,2litres de 190 chevaux sera couplé à une boîte à huit rapports ainsi qu’à un système Start & Stop contribuant à une meilleure maîtrise des consommations, qui ne dépassent pas 6 litres en moyenne en cycle mixte. Même“boîte huit”, à palettes au volant, pour le V6 3 litres 24soupapes, à peine plus gourmand et proposé en 240 et 275 chevaux. Sur le plus puissant de ces deux biturbo, le couple atteint le niveau respectable de 600 Newtonmètres. De quoi satisfaire les conducteurs les plus fougueux. Le Sportbrake peut aussi recevoir une barre d’attelage, son contrôle électronique de stabilité s’activant automatiquement pour éviter les louvoiements lors de la traction de la remorque. Un break de loisir“intelligent”, à l’esthétique séduisante et aux performances d’excellent niveau.


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Tentations AUTOMOBILE par Julien Leclerc

Kia Sportage Rageusement fiable Métamorphosé, ce SUV coréen part à la conquête du marché français avec une garantie étendue à sept ans ! peut-être fait sourire autrefois. Mais la production qui débarque, depuis quelques années sur le Vieux Continent, a fait perdre de leur superbe aux européens un peu trop goguenards. Habile, le constructeur du pays du Matin calme a d’abord débauché, pour définir sa nouvelle identité stylistique, (on ne présente plus Japauto, quasiment au pied de la tour l’un des tout meilleurs la concession de la GrandeEiffel.Un site rare de 5 000 designers allemands, Peter Armée !)–, ne cache pas ses mètres carrés au cœur de la Schreyer, à qui l’on doit ambitions avec Kia. Son capitale. Saab y avait installé notamment la première président,Ary Vilaséca, table autrefois son unique filiale Audi TT et la New Beetle. sur un volume annuel de vente dans l’Hexagone.Mais D’emblée, le Kia Sportage d’un bon millier de véhicules aujourd’hui, le groupe Chapat, entre dans la bataille du SUV neufs. Pour commencer… maître des lieux et déjà premier avec une garantie de sept ans ! La famille Kia,il est vrai, distributeur de la marque Ce qu’aucun constructeur s’est bien agrandie, de la petite Honda au plan national –aussi du Vieux Continent Picanto à la séduisante berline bien de voitures que de motos ne se risquerait Optima. Le Sportage à proposer… Les ventes demeure toutefois du groupe coréen une pièce maîtresse Kia Sportage 2.0 CRDI 4WD bénéficient à plein dans la gamme. de cette stratégie. Mêlée Son style audacieux Dimensions à l’attrait évident plaît.Avec ses vitres L : 4 400 mm ; l : 1 855 mm ; H : 1 635 mm. de ses produits, cette latérales haut placées, Charges utiles approche commerciale il évoque un peu Poids à vide : 1 610 kg. Capacité très offensive devrait celui de l’Audi Q5, du coffre à bagages : 564 à 1 353 l. lui permettre d’écouler sans le singer. Son Réservoir : 58 l. Moteur en France environ 38 000 habitacle se compose Quatre cylindres en ligne diesel, turbo, véhicules cette année de matériaux certes 16 soupapes, injection directe à rampe contre 28 000 en 2011. moins luxueux, mais commune, 1 995 cc. Puissance: 136 ch à 4 000 tr/mn. Couple : 319 Nm Depuis peu, la marque l’assemblage respire de 1 800 à 2 500 tr/mn. Freinage ABS a la chance de pouvoir la qualité. On apprécie à disques. Boîte manuelle ou auto (option) à 6 rapports. Transmission intégrale. s’appuyer à Paris sur un surtout le confort Performances point de vente premium à bord et puis Vitesse maximale : 182 km/h. 0-100 km/h : idéalement situé, cette belle luminosité 10,8 sec. Consommation moyenne : 5,5 l/100 km en cycle mixte. CO2 : 147 gr. au 76bis, avenue qu’apporte le toit Prix de Suffren, dans en verre panoramique À partir de 29 900 € le XVe arrondissement, ouvrant et basculant,

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KIA

◆ Les voitures coréennes ont

disponible en option et vivement conseillé. La position de conduite dominante offre une excellente visibilité dans le trafic. Sur le plan pratique, on regrettera que la banquette, une fois rabattue, ne dégage pas un espace de chargement parfaitement plat. Mais ce sera le seul reproche. Car le volume de chargement reste l’un des plus généreux de la catégorie (de 564 à 1 353 litres). Les équipements proposés se font très attrayants également. Outre l’ABS et l’ESP, le Sportage hérite ainsi, dès l’entrée de gamme, de la climatisation manuelle, d’une liaison Bluetooth avec commande au volant de l’autoradio USB/MP3. Les finitions supérieures complètent la dotation par une caméra de recul ou par l’allumage automatique des phares, sans oublier, sur le haut de gamme, le cuir et les sièges chauffants. Le modèle à quatre roues motrices est associé à un 2.0 CRDI de 136 chevaux tout à fait apte à mouvoir la plus que tonne et demie de l’engin. La consommation, inférieure à 6 -7 litres en moyenne, en cycle mixte, force le respect. La“boîte six”manuelle le disputera à une boîte auto “intelligente”à six rapports, qui gère des modes éco, sport ou manuel. En conclusion, un 4x4 bien étudié, abordable et dont la fiabilité pourrait se révéler à toute épreuve, à en juger par la formule d’assurance longue durée proposée dès le départ par le constructeur.


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Enchères par Virginie Jacoberger-Lavoué

De jolis succès de printemps Les trois dernières ventes d’art cynégétique ont illustré la diversité du marché français entre solides enchères des œuvres d’artistes de renom et envolée autour d’animaux naturalisés présentés notamment dans un inédit cabinet de curiosités. ◆ Organisée le 2 avril à l’hôtel Salomon de Rothschild dans le VIIIe arrondissement de Paris, la vacation de l’Étude Cornette de Saint Cyr conçue comme un cabinet de curiosités et intitulée ainsi présentait de ce fait un assemblage de lots pour le moins très hétéroclites, entre coquillages, morceaux de météorites, écorché humain et objets à vocation plus cynégétique et animalière. Disons-le tout net : un certain nombre de ces derniers n’a pas été adjugé, ce qui n’a pas empêché la vente d’afficher

quelques très jolis chiffres. On songe de prime abord aux animaux naturalisés tel ce tigre femelle couché sur le dos (190centimètres) présentée sans Cites mais avec un certificat CIC valable dans l’Union européenne : âprement disputée, elle a grimpé à 26 000 euros, soit toutefois dans la fourchette de son estimation ! 26 000 euros encore pour un jeune ours blanc naturalisé jouant et de dimensions honorables, 90 sur 80centimètres. Un autre ours blanc, naturalisé marchant, 190sur 98centimètres, de conservation

exceptionnelle a été disputé à 25 000 euros. Un peu plus abordables, un crâne d’hippopotame jeune a trouvé preneur à 3 500 euros, un vautour de Rüpell, 140centimètres, originaire d’Afrique centrale est parti à 3 000 euros (son estimation), une chouette harfang des neiges présentée sur socle et branche, et de belle qualité (76centimètres de hauteur, plumage blanchi…), a été adjugée sous le marteau à 2 600 euros (soit en dessous de son estimation la plus basse) ; un rare céphaloptère à ombrelle, originaire de Colombie et d’une taxidermie ancienne de qualité (début XXe) a grimpé jusqu’à 2 500 euros. Parmi les lots de taxidermie un peu plus accessibles, un aigle bateleur (76centimètres de haut) est parti à 1900 euros, deux ours bruns baridal (en fait l’ours noir d’Amérique du Nord) ont trouvé preneur à 1 300 et 2 400 euros (ce dernier lot avait été estimé entre 600 et 800 euros). Il y avait

Cette paire de défenses d’éléphant originaire de République centrafricaine s’est envolée à 24 225 euros pour une estimation à 6 000 euros.

aussi quelques lots d’animaux naturalisés pour les petits budgets, tels une tête de céphalophe de Grimm et une tête d’ourebi respectivement adjugées 500 et 450 euros (proches de leurs estimations), un pigeon capucin hollandais parti à 250 euros, un spréo à longue queue, assez majestueux adjugé à même hauteur d’enchères. ◆ La vacation de l’Étude Aguttes du 5 avril était davantage centrée sur l’art cynégétique avec 234 lots sur

Ce“Cerf et deux biches”d’après Barye sur terrasse signée en creux (avec Barbedienne comme fondeur) a été adjugé 2 423 euros pour une estimation à 200 euros. Ci-dessus,ce crâne d’un jeune hippopotame a trouvé preneur à 3 500 euros.


PHOTOS : ÉTUDE CLAUDE AGUTTES - ÉTUDE

CORNETTE DE SAINT CYR

Cette gravure en couleurs de Léon Danchin représentant un“Cocker et lapin”a fait un heureux à 225 euros pour une estimation de 80 euros.

ce thème (plus quelques autres représentants des armes anciennes). Une fois encore, c’est un trophée qui a remporté la palme de la plus belle enchère, en l’occurrence une paire de défenses d’éléphant : originaire de République centrafricaine, vendue avec Cites et d’un poids respectif de 19,5 et 19 kilos, elle s’est envolée jusqu’à 24 225 euros, pour une estimation haute à 6 000 euros. À rebours, ce fut la seule enchère vraiment remarquable de cette catégorie, les autres animaux oscillant entre 77 euros pour un corbeau et 370 euros pour une tête de daim en cape.

La sélection des armes a aussi connu de belles envolées. Comme ce lot de trois fusils Holland & Holland tous de calibres 12.70 disputé à 21 675 euros soit le double de son estimation la plus haute. Ou encore cette paire de fusils E.J.Churchill (calibre 12.70 ; crosse anglaise en noyer clair veiné) qui a trouvé preneur à 9 563 euros, soit la fourchette haute de son estimation. Un express calibre 450 Holland & Holland à chiens extérieurs, canons juxtaposés de 66centimètres avec crosse pistolet à joue en très beau

noyer veiné a grimpé jusqu’à 7 013 euros, soit plus de trois fois son estimation. À peine plus accessible une très belle carabine express Sauer & Sohn de calibre 9,3 à canons juxtaposés de 60centimètres a trouvé preneur à 4 590 euros (son estimation), une carabine de tir Mauser 71, calibre 11, canon octogonal et armoiries de la famille de Furstenberg, est partie à 1 721 euros, soit largement au-dessus de son estimation. Citons encore,

un lot de deux fusils Franchi à platine formant une paire, calibre 12.70, canons juxtaposés de 70centimètres, disputé jusqu’à 2 678 euros et un fusil Kerne à faux corps, calibre 20.75 à double détente et également canons juxtaposés a trouvé preneur à 1 658 euros. Parmi les bronzes, quelques jolis lots, comme ce Cerf et deux biches d’après Barye sur terrasse signée en creux (avec Barbedienne comme fondeur), hauteur 22,5centimètres, acquis à 2 423 euros pour une estimation à… 200 euros. Autre belle vente, avec une Chasse aux perdrix d’après Pierre-Jules Mêne de belle facture, bronze à patine brune nuancée, d’une hauteur de 22 sur 42,5centimètres, qui a

Cet ours blanc naturalisé (dans un état de conservation exceptionnel) est parti sous le marteau à 25 000 euros. À gauche,cette aquarelle (85 sur 71 centimètres) d’Hippolyte Gide intitulée “le Sanglier au ferme” a été adjugée 1 211 euros, soit le double de son estimation.

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trouvé preneur à 1 403 euros. Quelques surprises du côté des peintures et des gravures avec cette toile de l’École française du XVIIIe siècle, suiveur d’Oudry, représentant un Épagneul gardant sa proie (66 sur 79centimètres), estimée 800 euros, elle a été disputée à 1 275 euros. Une paire d’huiles signées Oradour, datées de 1888 et intitulées Nature morte aux fruits et perdrix, toutes deux 46 sur 55centimètres, a été adjugée 791 euros, son estimation. On ne peut passer sous silence un lot de treize lithographies numérotées intitulées Scènes de chasse (42 Ce bronze,“Chasseur africain”,haut de 47 centimètres de Pierre-Jules Mêne est parti à 2 800 euros.

sur 59,5centimètres) de Claude Weisbush (né en 1927) qui est parti à 893 euros, son prix d’estimation. Quant à la toile attribuée“suiveur de Carle Vernet”, intitulée Scène de chasse à courre au loup (38 par 46centimètres), elle a été adjugée 893 euros, pour une estimation à 600 euros. Danchin a toujours ses aficionados avec cette gravure en couleurs Cocker et lapin, qui a trouvé preneur à 255 euros pour une estimation de 80 euros. On peut signaler encore une huile sur toile (Nature morte aux oiseaux, perdrix,palombe,bécasse… 65 sur 53centimètres) de Dubois disputée à 918 euros, ou une paire d’œuvres (le Rapport aux canards) et une gravure (Vive M.le Maire) de l’humoriste O’Klein qui ont fait un heureux à 446 euros. On peut également

PHOTOS : ÉTUDE THIERRY DE MAIGRET

Enchères Cette huile de l’atelier de François Desportes (“Nature morte à la perdrix rouge et à la coupe de fruits”) a été disputée jusqu’à 28 000 euros.

noter une huile sur toile représentant un renard approchant un chevreuil mort signé Émile Gridel (1839-1901) de 55 sur 46,5centimètres : estimé 500 euros, elle est partie sous le marteau à 663 euros ; une huile de plus faible dimension (25,5 sur 33,5centimètres) d’Adolf Rheinert,représentant trois cervidés dans la neige a grimpé jusqu’à 765 euros. Signalons aussi une importante aquarelle (85 sur 71centimètres) d’Hippolyte Gide intitulée le Sanglier au ferme a été adjugée 1 211 euros, soit le double de son estimation. ◆ Le 18 avril, la vacation exclusivement dédiée à la chasse de l’Étude Thierry de Maigret a encore illustré le dynamisme du marché à Drouot. Elle totalise pour l’ensemble des adjudications, 178 210 euros. La plus forte enchère a été remportée par le passage sous le marteau d’une

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huile sur toile d’assez grand format (80 sur 54centimètres) de l’atelier Alexandre François Desportes,représentant une Nature morte à la perdrix rouge et à la coupe de fruits disputée jusqu’à 28 000 euros ; elle avait été estimée… 6 000 euros. Très originale, une huile sur toile, 42 sur 86centimètres, dédiée à l’Arche de Noé d’Henri Deluermoz (1876-1943) a trouvé preneur à 13 000 euros après avoir été disputée car cette huile avait été estimée entre 1 500 et 1 800 euros. Tout à la fois œuvre d’artiste et document d’époque, une aquarelle de Georges Busson (1859-1933) représentant l’Équipage Puységur avec les noms des participants, de 18,5 sur 27centimètres, a été adjugée 5 000 euros, pour une estimation à 1 500 euros. Pour une enchère un peu plus élevée, 5 500 euros, est partie sous le marteau une lithographie originale de Paul Jouve (18781975), 32 sur 50centimètres, intitulée les Deux Jaguars. L’artiste a confirmé sa bonne


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PHOTOS : ÉTUDE THIERRY DE MAIGRET

Enchères Paul Jouve a confirmé sa bonne cote avec cette lithographie (“Éléphant et python”) qui a trouvé preneur à 7 200 euros.Tandis que cette belle“Étude de chiens”de Jules-Bertrand Gélibert a été adjugé 3 000 euros.Ci-dessous,cette paire de fusils Gogswells & Harrison a été disputée jusqu’à 8 000 euros.

cote à travers l’adjudication de plusieurs lots dont une lithographie intitulée Éléphant et python, de même dimension, adjugée 7 200 euros (pour une estimation haute de 3 500 euros).Autre valeur sûre qui a confirmé une fois encore sa bonne cote, Charles de Condamy (1855-1913) avec notamment une aquarelle gouachée de belle dimension 47 sur 64centimètres intitulée Mail coach, adjugée 4 200 euros, soit son estimation.Très poétique, une huile sur toile d’Hippolyte Camille Delpy (1842-1910) représentant une Chasse aux canards (32 sur 60centimètres), a trouvé preneur à 2 100 euros, soit largement au-dessus de son estimation. Parmi les autres lots intéressants de la vacation, notons une huile intitulée le Départ (43,5 sur 71, 5 cm), de l’École française de XIXe siècle, qui a trouvé preneur à 2 100 euros

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pour une estimation haute à 1 200 euros. Du XIXe toujours, Édouard Mérite a remporté un solide succès puisque ses dix lots ont tous été adjugés entre 400 euros (pour Un coq faisan paradant) et 1 600 euros (pour le Lièvre).Jules-Bertrand Gélibert a fait un heureux à 3 000 euros avec une belle Étude de chiens (48 sur 59centimètres). Du côté des bronzes, un Chasseur africain de Pierre-Jules Mêne (1810-1879) haut de 47centimètres a été disputé à

2 800 euros. Moins délicat, un Sanglier d’Alfred Dubucand (1828-1894), haut de 11centimètres et long de 15,5, a grimpé plus haut à 3100 euros. Quant aux objets,c’est une canne à tête de carlin et poignée porcelaine qui a emporté la mise en étant disputée jusqu’à 3 200 euros. De belles affaires ont clos la vacation avec une série de belles armes. C’est cette paire de fusils Gogswells & Harrison de calibre 12.70 présentés dans

leur valise, les deux avec des gravures anglaises de bouquets et rinceaux, qui a été disputée jusqu’à 8 000 euros, soit son estimation basse. Plus accessible était un fusil à platine Callens et Mode calibre 12.70, canons juxtaposés de 76 centimètres, crosse anglaise en noyer qui a trouvé preneur à 2 800 euros et un fusil Ideal de même calibre gravé de bouquets et de rinceaux, adjugé 2 400 euros pour une haute estimation à 1 500 euros. Renseignements ◆ Étude Cornette de Saint Cyr 46, avenue Kléber Paris VIIIe. Tél. : 01.47.27.11.24. ◆ Étude Aguttes Hôtel des ventes de Neuilly, 164 bis, avenue Charles-deGaulle, 92200 Neuillysur-Seine.Tél. : 01.47.45.93.05. Expert : Guillaume Delon. ◆ Étude Thierry de Maigret 5, rue de Montholon Paris IXe. Tél. : 01.44.83.95.20.

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Signets par la rédaction

L’Écologie politique

de Stéphane François ◆◆ « L’écologie est devenue un paradigme central des discours politiques.Depuis 1980,la plupart des partis ont intégré dans leurs programmes respectifs des points concernant l’écologie,il est vrai un peu par opportunisme,un peu par conviction.Cela nous incite à réfléchir sur la place idéologique du discours écologique dans le champ politique.» Historien des idées et politologue, chercheur rattaché au centre Cultures et sociétés en Europe (CNRS-université de Strasbourg), Stéphane François s’attache à montrer que si, globalement,les écologistes se positionnent à gauche,certains thè-

mes écologiques sont plutôt de droite ou conservateurs – l’opposition à la technique ou à la modernité, notamment. Rythmé par des chapitres courts mais denses, l’ouvrage passe en revue les origines de l’écologie, détaille son pessimisme foncier, s’attarde sur la théorie de la décroissance, le mysticisme New Age ou l’écologie profonde,examine l’influence des droites radicales,évoque enfin les aspects ethniciste et antichrétien de l’écologie.Le lecteur se replonge dans le romantisme allemand de la fin du XIXe siècle, réfléchit à ce que signifie la nature « ce faux objet naturel »,croise les figures de Jacques Ellul,Hans

Passion cheval d’Hubert de Watrigant

◆◆◆ Dans le petit monde du sport painting, c’est un événement

que vient de nous livrer Hubert de Watrigant. En dépit d’une longue carrière, c’est la première fois, en effet, que l’artiste publie un ouvrage. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. En un peu plus de 160pages et une centaine d’œuvres,Watrigant nous offre ce qu’il a de meilleur, en particulier « son côté impressionniste,laissant libre choix aux observateurs d’interpréter son écriture », écrit, même, dans la préface Guillaume Macaire, homme de cheval passionné –il est l’un des meilleurs entraîneurs de chevaux d’obstacle de France–, et esthète accompli.Au fond, sa modestie dût-elle en souffrir, il y a à la fois du René Princeteau, du baron Finot, de Jean de La Verteville et de Karl Reille chez Hubert de Watrigant.Avoir grandi dans le sérail hippique n’a jamais fait d’un homme un artiste, il y faut ajouter le travail, un sens aigu de l’observation, soutenue par une infinie poésie, parachevée par le talent : ces qualités-là, Watrigant les possède à l’envi. En quelques traits, le cheval est là, plein de véracité, sorte de délicate alchimie de grâce, d’élégance et d’émotion, qu’il a senties, recueillies depuis des années dans les écuries, les élevages et les hippodromes du monde entier.Watrigant a cette force de nous offrir non un rendu même parfait, mais une impression qui ne se départit jamais du vrai, et c’est là où il excelle. Dans des fonds tourmentés, il nous

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Jonas, Ivan Illich ou Edward Goldsmith – avant Antoine Waechter,José Bové ou Alain de Benoist. De fait son ouvrage est riche de découvertes,qui surprendront plus d’un cynégète. On apprendra, par exemple, qu’au nom du refus de la manipulation technique du corps, certains libertaires allèrent jusqu’à soutenir le pape Paul VI dans sa condamnation de la pilule contraceptive, ou que d’anciens progressistes ont pu devenir des défenseurs acharnés du terroir et de l’enracinement. Ou que la chasse est rejetée par des écologistes au nom « d’une longue tradition de végétarisme » mais défendue par

d’autres écologistes au nom de « l’homme prédateur naturel ». Nourri de nombreuses références bibliographiques,ce livre apporte un éclairage bienvenu sur la généalogie de l’écologie politique et démontre que l’histoire de la pensée humaine est toujours plus complexe que ce qu’on pourrait en croire.

Cerf,162 pages,14 €.

emmène voir des pur-sang ou des chevaux de trait dans les écuries, comme un vibrant hommage à Géricault ; il s’arrête de longs instants sur des chevaux que des lads marchent en main,au rond de présentation ou sur la piste. Dans une élégance qui peut paraître un peu surannée, le cheval de course est là dans toute sa beauté.On y devine les caractères,les froids,sûrs d’eux, les chauds, les anxieux, sur l’œil en permanence, dans un ballet parfaitement orchestré des propriétaires, des entraîneurs et des jockeys. L’artiste nous livre des moments plus apaisés, avec des instantanés d’élevage, de“brouillard deauvillais”, de matins d’entraînement entre deux lots. Au passage, Hubert de Watrigant immortalise quelques grands champions et quelques grandes casaques. Sur chaque huile, gouache, aquarelle, le même sens du vrai se dégage toujours et encore, sous le soleil radieux d’un bel après-midi à Longchamp ou à Ascot, sous des trombes d’eau, dans un terrain qui s’annonce“collant” ; on admire ces chevaux tendus, avec leur poil de souris, vers la seule chose pour laquelle ils ont été patiemment sélectionnés depuis deux siècles et demi : la course. Ce bel ouvrage est étonnamment moderne et formidablement classique, car il n’a jamais oublié ce que trop d’artistes contemporains ont négligé : le sens du beau.

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Signets Des Carpates au Ritz

du comte Paul Pálffy ◆◆◆ Voilà un livre dont on ne sort pas vraiment indemne. Un livre qui laisse un immense sentiment de tristesse, de nostalgie d’un monde englouti, mais aussi de colère contre ceux qui l’ont anéanti. Il y a quelques années, grâce aux Éditions de Montbel qui avaient choisi de rééditer les Cinquante ans de chasse du comte Paul Pálffy, nous avions partagé l’existence cynégétique et mondaine d’un des représentants les plus illustres d’une des plus vieilles et plus illustres familles hongroises, aussi à l’aise avec les grands qu’avec les gardes. Le comte Pálffy n’avait en effet rien du fashionable de battue quand il se retirait pendant des semaines dans ses chères Carpates ! « Un formidable témoignage de l’Histoire tout court », avions-nous écrit. Nous ne croyions pas si bien dire car aujourd’hui pour la première fois ses Mémoires

Face aux géants de la brousse

ont été traduites (elles avaient été publiées en allemand), qui sont peut-être plus encore un témoignage hors du commun d’un monde qu’il a vu s’écrouler devant ses yeux, celui d’avant 1914, d’où l’auteur en sortira brisé. On a oublié combien cet Empire austro-hongrois fut un gage de stabilité et de paix. Pálffy vivait dans ce monde qu’il croyait immuable. Ce passionné de chasse, de chevaux, de musique tzigane avait tout, le nom illustre, de sérieux moyens. Mais une vie aussi faite de devoirs (« Il n’était pas question de ne pas venir en aide au plus pauvre ») dans cette société rurale parfaitement organisée, où le grand propriétaire terrien se devait d’être un protecteur. Les premiers“craquements” vinrent avec le traité de Trianon qui broie l’Empire austro-hongrois. « Le règne des bas instincts se substitua à celui de la tradition », écrit-il :

de Jean Dutey ◆◆ Étonnant personnage que ce Jean Dutey dont les Éditions de Montbel ont choisi de rééditerlesaventuresafricainesparuesen1954 aux Éditions de la Toison d’or. C’est en effet à 50 ans passés que ce fonctionnaire de la Coloniale se lancera à corps perdu,aulendemaindelaSecondeGuerremondiale,dans la grande chasse africaine, notamment au Tchad, en Oubangui –une partie de la République centrafricaine d’aujourd’hui– et au MoyenCongo. Plus encore, il le fera sans l’aide de personne,c’està-dire en montant une expédition et en chassant seul « ce

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sa propriété Pudmerice (aujourd’hui en Slovaquie) est confisquée à 85 %. Il reste, se bat, collectionne les aventures –son passage sur les Américaines est un monument du genre–, se remarie un nombre certain de fois (dont avec Louise de Vilmorin). Las. Ce n’était que le début d’une longue agonie. Durant de la Seconde Guerre mondiale, il affronte l’invasion allemande puis celle

qui est la meilleure manière d’acquérir la difficile expérience du métier de chasseur ». La raison ? « Par goût du risque et passion de la chasse » ou « lassés des mesquineries de la vie quotidienne ». Il sera servi au centuple. La première partie de son livre est la plus captivante –celle de ses récits de chasse–, la seconde n’étant qu’une assez longue énumérationdelafauned’Afrique, de l’armement et de l’équipement nécessaire – où il recommande tout de même d’emmener… une « paire de souliers noirs vernis et un spencer ». De ses chasses,il ne cache apparemment rien, surtout pas ses mésaventures. Il chasse beaucoup, et beaucoup de choses, de l’alouette à l’éléphant. Avec les buffles, il fait

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des Soviétiques qui lui donneront 24 heures pour tout quitter. Il abandonne sa propriété, sa maison se transforme en « un squelette fantomatique » : « j’ai l’impression d’être mort une première fois ce jour-là », écritil. Une longue vie d’exil, rongé par le mal du pays, commence. Il apprendra que sa demeure est devenue la « maison des écrivains et des journalistes slovaques » avec pour tout commentaire officiel du nouveau régime : « On ne verra plus de millionnaires américains fêter leurs orgies,ni de maharadjas venus des Indes fainéanter dans les salons en attendant de partir pour leurs divertissements capitalistes centrés sur la chasse.» Il erra de pays en pays, notamment en Italie, à Merano, finit par trouver, grâce au roi des Belges, un poste de conseiller cynégétique. Il s’éteindra à Munich en 1968 avec une plaie jamais refermée. Lacurne,384 pages,26 €.

preuve d’un grand courage ou d’une grande inconscience.Ilchassejusqu’àn’enpluspouvoir (on reste d’ailleurs toujours suffoqué par la densité d’animaux), manque de mourir de soif, se perd, souffre presque le martyre dans la forêt équatoriale. Que ne feraitil pas pour chasser l’éléphant ! Il en trouvera, beaucoupluiéchapperont,entireraquelquesuns, en blessera quelques autres dans une végétation inextricable,dans des pluies diluviennes,pendantdesjoursetdesjours.Cesera une obsession qui lui sera, hélas, fatale. « Au fond de moi-même,je ne suis pas tellement fier. Que diable,c’était lui ou moi », écrit-il en évoquant son premier éléphant. Quatre ans après la fin de ces récits,il sera mortellement blessé en juillet 1954 par un grand pachyderme près de Brazzaville. Le goût du risque jusqu’à satiété…

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Signets La Préparation du gibier

de Mike Robinson ◆◆◆ Un Anglais s’occuper de cuisine,voilà qui pourrait prêter à sourire, voilà aussi qui serait une vanité française mal placée. Car, ce Britannique,c’est Mike Robinson,grand chef anglais connu et reconnu sur ses terres et propriétaires de deux tables réputées,Pot Kiln et Harwood Arms. Il suffit de parcourir sa Préparation du gibier pour voir que cela n’a rien d’une incongruité. Ce bas-de-cuir passionné décortique étape par étape,image après image,légende à l’appui,commentsaigner,éviscérer,dépouillerou encore découper son gibier. La maîtrise du geste, il la transmet sans qu’on se demande un instant comment procéder avec tel fendoir, tel couteau à désosser ou encore tel couperet, par exemple avec ce daguet de Sika tout juste tiré en lisière de forêt. Tous

les gibiers, (à plumes, petit gibier à poil, bête noire, cervidé) passent sous les mains expertesdecegrandchef.Son livreàspiraleenfichédansune couverturecartonnéeépaisse s’ouvre sur la préparation d’un coq faisan. Photos accolées par deux,par trois,en panoramique,enquinconce, la mise en page appuie sa démarche pédagogique de simplification. Il s’agit d’abord de bien tenir l’oiseau avant de saisir les plûmes du bas de la poitrine entre pouce et index et d’arracher « en les tirant d’un coup sec », puis viendra le moment de sectionnerlecou,lespattes,lesailesjusteavant de passer à l’éviscération et à la découpe minutieuse de l’oiseau. Le sanglier sera, lui, au préalable lavé au jet haute pression, puis

La Chasse au chamois

d’Hector de Saint-Séverin ◆◆◆ La chasse est un plaisir et une passion. Saint-Séverin y ajoute le sacerdoce. Pourrait-il en être autrement lorsqu’on a arpenté les Alpes et chassé le chamois pendant très exactement quarante-huit ans ? On comprend mieux que, dans le milieu très fermé des chasseurs de montagne, son texte –réédité en intégralité par les Éditions de Montbel– paru en 1897 (et complété par une deuxième édition en 1925) soit resté un témoignage de premier ordre. Pour lui, il n’y a pas l’ombre d’un doute : comme Edmond de Poncins, rien n’est au-dessus de la chasse au chamois, en termes de beauté et de difficulté. D’abord parce qu’elle se déroule dans un cadre incomparable, qui vous écrase, vous pardonne peu, surtout lors d’une approche (la chasse la « plus simple,et la plus difficile, incontestablement aussi la plus belle », par comparaison à la battue, à l’époque autorisée). Du chamois, il en connaît presque tout, fasciné tout à la fois par une intelligence animale bien audessus de la moyenne, et une dextérité et une agilité ahurissante. Mais que d’efforts, que de peines, que

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vidé de ses entrailles selon une technique précise nécessitant du temps et de la méthode. Chaque préparation se distingue d’une autre par la nature des muscles, des peaux, destendons…dechaqueespèce chassée. C’est ainsi qu’on apprend que le sanglier n’a pas de membrane entre la peau et la chair comme le cerf et qu’il faut donc écorcher. Mike Robinson ose conclure ce petit traité de cuisine en images par la préparation du saumon et de la truite. Certainement s’adresse-t-il à ces chasseurspêcheurs foulant quelques territoires canadiens ou écossais où des rivières à la sauvagerie extrême n’ont pas encore été altérées par la main de l’homme sans scrupule. Gerfaut,130 pages,27€.

de patience, de risques pris pour réussir une approche, car comme il l’écrit si joliment « dans la pratique,elle se complique d’une foule de circonstances qui peuvent varier à l’infini ». Bref, dit-il en substance, ce n’est pas une chasse de gentleman car il faut de l’abnégation, du courage et un instinct de la montagne pour en vaincre les dangers. Mais que la victoire est belle, car « ce n’est pas seulement un trophée magnifique qu’il rapporte au logis, mais aussi une impression profonde des beautés ou des horreurs de la montagne ». Il n’en oublie pas moins le charme des battues avec des chiens courants, et sa cohorte de drames avec des chiens coincés sur des rochers et qu’il faut récupérer… quand ils ne dévissent pas. Saint-Séverin était très pessimiste sur l’avenir de la chasse au chamois, victime du braconnage : il prévoyait en certaines régions « la destruction complète », et ne voyait pas non plus une intervention de l’État (« il ne reste plus aux jeunes gens que le plaisir bien médiocre d’écouter des vieux,le récit d’exploits qui leur paraissent légendaires,à ceux qui parcourent ces mêmes montagnes,les trouvant toujours vides »). Heureusement Saint-Séverin s’est trompé, car l’État est intervenu avec la mise en place du plan de chasse en 1989. Que dire de plus, sinon de lire et savourer ces voyages dans les montagnes si chères à Alpinus.

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Signets Rosa Bonheur Liberté est son nom

de Gonzague Saint Bris ◆◆◆ Biographe des femmes affranchies, de George Sand aux égéries russes en passant par Marie d’Agoult et Maria Malibran,Gonzague Saint Bris ne pouvait passer à côté de la plus fameuse des artistes peintres du XIXe siècle : Rosa Bonheur, non-conformiste et rebelle dans sa vie –elle fera scandale en préférant vivre avec une femme plutôt que de se marier– comme dans son travail.Admirée par Delacroix, Géricault et Corot,collectionnée par l’impératrice Eugénie, le duc d’Aumale, la reine Victoria et beaucoup d’autres, mais plus attirée par les étables et les écuries que par les antichambres des grands,Rosa Bonheur fut considérée en Europe et aux États-Unis comme l’un des peintres majeurs de son temps. Née dans un milieu d’artistes, dès l’âge de 4 ans, elle commence à dessiner et découper des silhouettes d’animaux, l’amour de nos“frères inférieurs”compensant chez elle un désarroi affectif.Au Louvre, elle copie sans relâche les grands maîtres anciens,Salvator Rosa,Paulus Potter,Van de Velde,tout en tirant des leçons de Millet et de Courbet.Toute sa vie, elle se livrera à un labeur acharné, de 6 heures du matin à minuit, travaillant le trait, corrigeant les perspectives, améliorant les couleurs, à la recherche de la vérité et de l’authenticité.Pour le compositeur Robert Schumann, elle incarne « l’ascèse du travail

La Réintroduction de l’ours L’Histoire d’une manipulation de David Chétrit

◆◆ Qui ne se souvient du tohu-

bohu médiatique suscité par la mort de l’ourse Canelle, tuée dans les Pyrénées le 1er novembre 2004 par un chasseur contraint de se défendre sans provocation préalable ? Associations écologistes,médias,et jusqu’au sommet de l’État, on assista à surenchère de jugements moraux et de contrevérités jetant l’opprobre sur de prétendus « assassins ». Poursuivi par des associations de défense de la nature, relaxé en correctionnelle, le chasseur « coupable »

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et de la vertu ». En habit d’hommes, fumant la cigarette ou le cigare, elle court les marchés aux chevaux et aux bestiaux dessinant sur le motif chevaux, vaches, moutons, les étudiant avec passion « dans leurs mœurs » et cherchant à capter « l’expression de leur regard ».Très vite,malgré sa condition de femme qui la dessert, elle enchaîne les salons et récolte des médailles. Le Labourage nivernais fait sensation aux Tuileries en 1849, avant que le princeprésident ne le fasse exposer au musée du Luxembourg. Puis, c’est le Marché aux chevaux,dont un critique du temps dira : « La fougue de ces chevaux tourbillonnants écrasa de stupeur le jury,la panique gagna les critiques,le public cria au génie.Comment une femme pouvait-elle représenter une telle puissance ? » Après la France, Rosa Bonheur triomphe en Angleterre où elle est jugée supérieure à Edwin Landseer, puis aux États-Unis où Cornelius Vanderbilt achètera le Marché aux chevaux et l’offrira au Metropolitan Museum. Plus tard, elle nouera amitié avec Buffalo Bill dont elle fera le portrait, et se passionnera pour les Indiens. L’artiste partagera la seconde moitié de son existence féconde entre la Côte d’Azur et le château de By, près de Fontainebleau où elle installera un vaste atelier, et une ménagerie, et où elle finira ses jours auprès d’une jeune Américaine dont elle fera son héritière.

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fut condamné en appel à payer 11 000 euros de dommages et intérêt aux parties civiles, tandis qu���un second programme de réintégration était mis en œuvre dès 2006.Au mépris de toute raison. Espèce autochtone ? Nullement, car tous les individus réintroduits étaient ou sont originaires de Slovénie, où le biotope est radicalement différent. Espèce en danger ? Selon l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), la population d’ours brun compterait en Europe 50 000 individus et 250 000 spécimens dans le monde. Pas de seuil critique donc, ni de nécessité de plan de sauvetage.D’après les naturalistes,l’effectif minimal d’une

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population viable d’ours bruns est compris entre 120 et 250 individus.La réintroduction d’une poignée d’entre eux serait vouée à l’échec.Enfin,l’espace vital à l’ours ne saurait être assuré dans les Pyrénées. Reprenant l’enquête en amont, l’auteur, ingénieur écologue de formation,dévoile les enjeux économiques et politiques et met en lumière les manœuvres de lobbying des associations de défense de la nature et le déni de démocratie dont sont victimes les populations locales opposées à la réintroduction artificielle d’une espèce non autochtone et non menacée de disparition. Éditions Privat,274 pages,18 €.


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Steve Robinson

“Le chien d’arrêt, c’est la quintessence de l’émotion” A

ussi curieux que cela puisse paraître, on chasse excessivement peu au chien d’arrêt sur les îles britanniques, pourtant berceau du setter et du pointer.Aussi, avoir pu rencontrer Steve Robinson n’en prend que plus de relief. Cet acheteur de voitures sur le Net pour des garages, installé en pleine campagne dans le Northumberland à la limite de la frontière avec l’Écosse,est un homme de chasse etunhommedechiens,puisqu’ilaremporté à deux reprises le très relevé championnat britannique des chiens d’arrêt.Des chiens,de la conception et de l’évolution de la chasse en GrandeBretagne,desdifférencesaveclaFrance, il s’en ouvre à Jours de Chasse. La chasse est-elle chez vous un atavisme familial ? J’en suis à mille coudées.J’ai vécu,en effet, la plus grande partie de ma vie en ville,sur le bitume,et je n’avais aucune relation familiale avec le milieu de la chasse. C’était un monde qui m’était totalement étranger. J’avais cependant un point commun avec le monde des campagnes : l’amour des chiens.Alors que j’étais encore un jeune garçon, j’ai vu un setter irlandais issu d’une lignée d’exposition (et non pas de chasse) et qui était la propriété de nos voisins.Ce fut presque une révélation.Nous habitions à l’extrémité est de Newcastle upon Tyne, j’allais régulièrement voir ce chien marcher le long des quais,pourtant situés bien loin de chez moi. À la même époque, je reçus un roman de Jim Kjelgaard,Irish Red,l’histoire d’un jeune Américain qui chassait à la fois avec des setters anglais et irlandais. Cela a été un coup de foudre : j’avais attrapé le virus.Ce livre ne m’a plus jamais quitté. Et que s’est-il passé ensuite? J’ai commencé à chasser avec des setters irlandais en 1984. Puis j’ai acheté deux chiots de cette race.Mais je l’avoue humblement : c’étaient plus des chiens de compagnie que j’avais pris,par amour pour la race,qu’autre chose.En même temps, j’avais commencé à chasser avec un petit groupe d’amis.Puis

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peu à peu, j’ai donc décidé d’entraîner mes chiens, pour la chasse.J’y suis arrivé,et quelle joie de pouvoir profiter de ses propres chiens pour chasser la perdrix, le faisan, la bécassine et occasionnellement ce gibier fantastique qu’est le grouse,les jours où nous étions très chanceux ! Nous tirions à l’arrêt de ces deux chiens pendant de nombreuses années et tous deux m’ont laissé de grands souvenirs. Lorsqu’ils furent proches de la retraite, j’ai eu l’intention de regarder d’un peu plus près des compétitions de setters et de pointers. La première proposition qui me fut offerte fut d’aller regarder des setters irlandais“au travail”,ce pourquoi ils ont été sélectionnés, et je pus rencontrer les personnes qui partageaient la passion de cette race.Je rencontrai ainsi Colin Organ, un des derniers grands dresseurs professionnels de chiens d’arrêt des îles britanniques ;avec sa femme Julie, ils devinrent par la suite de grands amis.J’eus la bonne fortune qu’ils me prennent sous leur aile, m’indiquant toutes les astuces et les finesses du dressage des chiens. J’aimais beaucoup le style des setters irlandais.C’était ce que je souhaitais avoir.Je suivis la saison suivante les field trials d’été sur grouse. Et c’est à ce moment que Julie Organ me présenta Will Sloan (un fauconnier qui habitait sur l’île de Man,spécialiste des setters anglais et irlandais).Je fus subjugué notamment par une de ses petites chiennes setters irlandais : son nom était Moanruad Ali, un petit avion. C’est ainsi qu’au mois de juin 1991,j’achetais deux chiots setters irlandais auprès de Declan O’Rourke,ami irlandais de Sloan.Je voulais,moi aussi,concourir avec mes propres chiens ce qui me poussa à les entraîner pour atteindre un haut niveau. Le mois de juillet suivant, je les inscrivais dans des concours pour débutants, épreuves qui existent en GrandeBretagne. C’était le commencement d’une grande aventure, car mes deux chiens,Lusca Max et Lusca Perry,devinrent de grands chiens. Lusca Max remporta même le championnat irlandais en 1998 ce qui demeure une de mes plus grandes satisfactions. Je ne les remercierai jamais assez. DAVID HUDSON

propos recueillis par Humbert Rambaud

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STEVE ROBINSON EN ÉCOSSE DANS LES HIGHLANDS. CI-DESSOUS, EN 2009, LORS DE SA VICTOIRE AU CHAMPIONNAT BRITANNIQUE DES CHIENS PAGE DE GAUCHE, UN DE SES SETTERS, LUSCA FIZZ. “SUR LES ÎLES BRITANNIQUES, AVEC LES GROUSES, NOUS AVONS LA CHANCE DE POUVOIR ENTRAÎNER NOS CHIENS SUR DU GIBIER NATUREL, AVEC DES COUVERTS TOUTE L’ANNÉE.“

Avec ces concours,vous voulez dire que vos chiens vous ont permis de découvrir autre chose ? C’est grâce à ces compétitions de chiens de chasse que j’ai eu la chance d’accéder aux meilleurs moors à grouse d’Angleterre.Les Français ne le savent sans doute pas,mais c’est là –et non en Écosse– où se trouvent en effet les meilleures densités de grouses. En réalité, pour les domaines, j’organise des comptages de printemps et d’été (c’est-à-dire avant et après les naissances) de grouses au chien d’arrêt. En contrepartie, nous pouvons entraîner nos jeunes chiens sur ces mêmes territoires afin de les préparer aussi bien pour la compétition que pour la saison de chasse.Ainsi,par rapport à la France,nous avons l’immense avantage de pouvoir entraîner sur du gibier naturel, avec des couverts toute l’année. Qui plus est, autre différence avec votre pays,il n’y a pas de dresseurs professionnels,et il n’y a pas d’un côté le monde des field trials et de l’autre celui de la chasse. Chez nous, il n’y a que la chasse. Les comptages de printemps sont essentiels pour la gestion des domaines car ils donnent aux gardes le nombre de reproducteurs qui restent après la saison de chasse et le long hiver.Au milieu du mois de juillet, les comptages sont répétés sur les mêmes espaces (un kilomètre carré) que ceux du printemps.À partir des comptages d’été,les domaines savent le nombre de compagnies et leur importance.Ce sont sur ces chiffres que se dé-

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cidera le nombre de jours de battue de grouses qu’ils pourront organiser. Les chiffres y sont impressionnants. Quels sont-ils et que révèlent-ils? La plupart des moors du nord de l’Angleterre sont destinés à la battue et ils ont enregistré, sur un seul domaine par exemple,ces dernières années des tableaux pouvant atteindre 8 000 à 9 000 braces en une seule saison (soit 18 000 oiseaux), sur environ 4 000 hectares ! La contrepartie est qu’il est bien difficile d’organiser des chasses au chien d’arrêt sur ces domaines,tant ils sont pris par les battues.C’est l’une des raisons pour lesquelles le nombre de retrievers et de spaniels a augmenté de manière significative ces dernières années, pour le rabat et le ramassage.Non seulement pour le grouse, mais aussi pour les battues de faisans et de perdrix. Toutefois, il est tout de même possible de chasser au chien d’arrêt sur certains moors d’Angleterre et d’Écosse. Comment expliquez-vous cette situation ? Cela ne date pas d’hier,ni même d’avant-hier. En schématisant un peu, les races de chiens d’arrêt britanniques existent depuis 1650.Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle,les chiens étaient utilisés à la chasse au vol pour le plaisir et pour la capture au filet du gibier (les chiens arrêtaient par exemple une compagnie de perdrix, on jetait par-dessus un filet lesté de plomb, et le gibier était capturé) : autant le dire,c’était pour le gardemanger ! Après,et jusqu’aux années 1880-1890,avec l’arrivée

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PHOTOS : CHRISTINE BOYER-GRESSENS - JULIE ORGAN

D’ARRÊT.


Confidences CI-CONTRE, STEVE ROBINSON À LA CHASSE. CI-DESSOUS, ÉQUIPE DE RABATTEURS LORS D’UNE BATTUE DE FAISANS AVEC UN SPRINGER AU PREMIER PLAN.

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PHOTOS : FARLAP/ALAMY - ANDREW HARRINGTON/ALAMY - STEVE ROBINSON

des armes à feu,les Anglais ont chassé à tir, au chien d’arrêt. Mais dès la fin du XIXe, la battue va supplanter les autres formes de chasse. C’est-à-dire… Avec le perfectionnement des fusils,que cela soit en matière de poudre, de basculage des canons, on va pouvoir tirer à des cadences plus élevées. En outre, la reine Victoria va mettre l’Écosse à la mode : c’est de cette époque que date la ligne de train Londres-Perth. La prédominance de BATTUES DE FAISANS la battue est en marche et cela ne s’est EN ANGLETERRE. jamais arrêté. Dans son livre sur le DEPUIS LA FIN DU pointer, William Arkwright le déplo- XIXe SIÈCLE, DANS LES rait déjà en 1905 ! Logiquement, les ÎLES BRITANNIQUES, LA chiens ont eux-mêmes suivi cette tenBATTUE A SUPPLANTÉ dance. Les retrievers (et en premier LA CHASSE AU CHIEN lieu les labradors) sont devenus majoD’ARRÊT. D’OÙ ritaires.Les chiens d’arrêt continuent LE NOMBRE IMPORTANT d’exister,mais ils coexistent avec les reDE LABRADORS trievers.La Seconde Guerre mondiale ET DE SPRINGERS. sonnera le glas du chien d’arrêt. Le temps est révolu des chenils gérés par des dresseurs et conducteurs professionnels sur les grands domaines qui faisaient concourir et qui présentaient les chiens pour les propriétaires à la chasse (entre 30 et 300 !). Les domaines n’ont plus leur propre élevage (sauf la reine d’Angleterre avec son élevage de retrievers). Aujourd’hui,pour les chiens d’arrêt,ce monde est réduit à un groupe d’une quarantaine de passionnés (qui possèdent entre 4 et 20 chiens) qui vont des Highlands du Nord jusqu’aux moors de la Grande-Bretagne et aux cultures du Sud

pour les concours sur perdrix.On comprend que le nombre de chasseurs au chien d’arrêt soit en constante diminution chez nous. Vous arrivez encore à chasser ? Ma propre saison démarre par quelques jours de chasse au chien d’arrêt au grouse avec mes setters, avec des amis irlandais et français, qui emmènent leurs propres setters irlandais.Nous faisons aussi chasser nos chiens pour des clients qui n’en disposent pas et qui apprécient l’émotion de les regarder quêter sur les collines, prendre et remonter l’émanation des oiseaux tête haute,pour finir à l’arrêt.Les fusils arrivent,se placent avant que le conducteur ne commande de couler afin de mettre à l’essor les oiseaux. C’est une superbe expérience de voir votre chien accomplir le travail pour lequel il a été sélectionné et de les récompenser par le tir de quelques oiseaux. Le restant de la saison se passe toujours avec les mêmes amis avec qui j’ai débuté il y a près de trente ans quelques jours de chasse en battue de faisans et de perdrix. Le temps semble être passé rapidement, et je réalise que j’ai eu une chance inouïe de posséder parmi les meilleurs chiens des îles. Qu’avez-vous retenu de ces expériences fortes ? Il est probable que la chose la plus passionnante est l’élevage et l’entraînement des jeunes chiens.Vous pouvez reconnaître des petits détails que possèdent leurs parents en espérant que les qualités leur ont été transmises. Quelle émotion d’admirer leurs qualités de quête,de chasse,jusqu’à leur premier arrêt en tendant leur tête quand ils prennent l’émanation… On oublie tout.Jamais je n’aurais imaginé que le“petit livre rouge”de Kjelgaard eût pu changer ma vie. ◆

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Aventure â—†

Jours

fournaise de


C’EST AU CAMEROUN DANS UNE CHALEUR ÉTOUFFANTE QUE NOUS AVONS APPROCHÉ UN DES PLUS FURTIFS GRANDS GIBIERS AFRICAINS : L’ÉLAND DE

DERBY. LA CHASSE

DE PISTAGE PAR EXCELLENCE. reportage et photos Guillaume Beau de Loménie


ENTRE LE TCHAD ET LA RCA

LA VILNA COUVERTE PAR L’HARMATTAN, CE VENT QUI ENVELOPPE SOUVENT LA RÉGION D’UN VOILE SULFUREUX.

À GAUCHE, LE CHASSEUR AMÉRICAIN JARRY AVANT DE PARTIR SUR LA TRACE DES ÉLANDS. CI-DESSOUS, VINCENT ET LE GRAND D’JIM. PAGE DE DROITE, UNE VUE DU CAMP, L’UN DES PLUS BEAUX DE L’AFRIQUE DE L’OUEST. EN DESSOUS, PROGRESSION DANS LA BROUSSE.

◆ D

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ouala,32 °C… Le voyageur a beau s’y attendre,dès la descente de l’avion, la chaleur s’abat comme un coup de bâton sur la nuque du passagerengourdi,anesthésiéparprèsdehuitheuresd’avion,etqui,d’instinct, rentre la tête dans les épaules avant de plonger dans la moiteur de la nuit africaine que la mer toute proche rend plus lourde et poisseuse. S’il avait su ce qui l’attendait ! Quelques heures plus tard,plus au nord,c’est pire encore.Sur la route qui nous mène de Garoua à la zone de chasse,aux marches tchadiennes et centrafricainesduCameroun,chaquehaltesurlesbas-côtésd’uneroutedéfigurée par des nids de poule où disparaîtrait un buffle, se transforme en séance improvisée de cuisson à l’étouffée… L’asphalte surchauffé est comme une plaque brûlante sur laquelle on peine à tenir.Des ondes de chaleur sèche remontent le long des jambes et bientôt emprisonnent le reste du corps dans une sorte de camisole incandescente.En quête d’un air nouveau,à défaut d’être frais,le voyageur alors ouvre la bouche comme un poisson hors de l’eau.À cet instant précis,une bourrasque ardente chargée de poussière achève de consumer de l’intérieur l’imprudent qui,“à point”, n’a d’autre alternative que de rejoindre l’abri du véhicule et le réconfort d’une climatisation au maximum de sa puissance. L’harmattan qui chasse devant lui des nuées brûlantes de sable et de poussière ne tarde pas à recouvrir la région d’un voile sulfureux. Le paysage lentement s’affadit, s’estompe, et le contour des montagnes dans le lointain disparaît.Le regard bientôt se heurte à une barrière mouvante,menaçante.L’horizon, il y a peu encore aux confins de la terre, paraît soudain à portée de main. Nous sommes les hôtes de Jérôme Latrive et de sa société GP Voyages Chasse et Pêche, et le décor se met en place sous nos yeux pour ces chasses de mars auxquelles il nous convie : chasses d’éland et de buffle.Nous ne tardons pas à comprendre que dans le contexte climatique propre à la saison sèche qui s’installe, celles-ci vont revêtir un caractère inhabituel.Pour corser le tout,la lune,presque à son apogée, ne va pas manquer de pousser les animaux aux cours des prochaines nuits dans de longues déambulations dînatoires qui limiteront d’autant leurs déplacements diurnes. Rien ne va être simple…

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Nous roulons bon train en dépit de la route dévastée et ne tardons plus à aborder les montagnes de la chaîne de l’Adamaoua.La route jusqu’ici quasiment plate s’élève brusquement. Elle sinue péniblement vers des hauts plateaux où les températuresinfernalesquinousaccompagnent depuis Garoua semblent marquer une pause dans leur ascension diabolique vers le sommet du thermomètre. Le décor est superbe. De place en place, dans le fond de quelques ravins, ou couchées sur les bascôtés, des carcasses de camions d’ancienneté diverses et présentant les stigmates d’accidents plus ou moins dramatiques témoignent de la précarité et des dangers du métier de camionneur enAfrique.Nous croisons ou dépassons quelques-uns de cesenginssansâge,leurligneoriginelleamplifiée, déformée, torturée par des chargementsdantesquesdontlepoidsetlevolume dépassent maintes fois les limites tolérées et qui semblent ahaner vers le sommet, auxlimitesdespossibilitésd’unemécanique au supplice. Pour certains d’entre eux le voyage semble devoir s’arrêter là.Échoués


sur le bord de la route, les roues bloquées par quelques rochers arrachés aux talus proches, ils offrent le spectacle pitoyable de boîtes de vitesse,de trains de roulement,de ponts, d’essieux, de freins entièrement démontés, éparpillés sur l’asphalte en un puzzle cauchemardesque. Pourtant, avec uneingéniositéetuneabnégationquin’ontd’égalequelapauvretédeleursmoyens,leschauffeurs,seulslaplupartdutemps, aidés parfois d’un compagnon de voyage,voire de rencontre, s’acharnent sur la mécanique qui les trahit.Au terme d’heures

d’efforts, de jours plus souvent, ils repartent enfin,contre toute loi de la mécanique, jusqu’au prochain sursaut d’agonie du monstre à bout de souffle. Nous laissons maintenant derrière nous la ville de Ngaoundéré. Passée celle-ci, la route refaite il y a peu nous épargne enfin les cahots et les embardées que trous et ornières lors de la première partie du trajet nous ont imposé. Nous sommes soudain rattrapés par une réalité que, en cette heure vouée à la découverte de ce beau pays qu’est le Cameroun,nousavionssansdoutenégligée. Nousdépassonsuncamionmilitairequi arbore sur sa bâche verdâtre trois lettres à la peinture blanche : BIR. Le camion est stationné près d’un pick-up à l’arrière duquel, mal dissimulé sous une bâche plastique, nous devinons un cercueil. Postés de part et d’autre des véhicules, vêtus de tenues de combat impeccables, la poitrine barrée d’un fusil d’assaut Galil de fabrication israélienne flambant neuf, l’œil aux aguets, ce sont les hommes du Bataillon d’intervention rapide. Garde prétorienne du régime vouée initialement à un maintien de l’ordre sans état d’âme, le BIR est équipé, entraîné et encadré par Israël. Il se trouve aujourd’hui en première ligne de la lutte contre un fléau qui, après avoir ravagé le Centrafrique et le Tchad voisins,a commencé d’envahir le Cameroun : le braconnage des éléphants et son corollaire, le trafic d’ivoire à destination des pays asiatiques, notamment

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DES MARCHES ÉREINTANTES BOIRE TOUJOURS

ET ENCORE SERA UNE NÉCESSITÉ VITALE ; LES TROIS PREMIERS JOURS DE CHASSE SERONT ÉPROUVANTS POUR LES CHASSEURS (EN BAS) TOUT JUSTE ARRIVÉS DU

COLORADO OÙ IL GELAIT ENCORE FORTEMENT. CI-DESSOUS, LE GUIDE VINCENT CITERNE.

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vers la Chine mais aussi le Japon, pourtant moins connu pour son implication dans ce commerce odieux. Quelques semaines avant notre voyage, au mois de janvier, plus de quatre cents éléphants, dont des dizaines de très jeunes animaux, ont ainsi été massacrés tout au nord du pays dans le parc de Boubandjida par les braconniers soudanais qui ont à leur actif la quasi-extinctiondeséléphants de la RCA. Envoyés en renfort de la poignée de gardes du parc sous-équipés,sans entraînement, sans réelle motivation,sanslogistiquedignede cenompourfairefaceàdes“rezous” de plusieurs dizaines, parfois centaines d’hommes aguerris par des années de brousse, sans scrupule, puissamment armés, les hommes du BIR n’ont pas tardé à apprendre à leurs dépens la détermination de plus en plus aveugle des braconniers. Plusieurs accrochages ont rapidement eu lieu. Le cercueil que nous venons d’apercevoir en est le témoignage. Mais formés à des tâches de maintien de l’ordre, ces hommes du BIR sont mal préparés pour ce genre d’affrontements et, par là même, victimes de la terrible carence des pays africains face à la tragédie du braconnage organisé et financé par les mafias asiatiques.

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À la quasi-absence de matériel et de logistique de ces pays s’ajoute,hélas,une autre réalité à l’heure où Pékin envahit l’Afrique : l’importation croissante de dizaines de milliers de travailleurs chinois, faisant main basse sur les ressources et les richesses du continent qu’elles soient forestières, minières, halieutiques…Alorsdequelpoids pèse la survie des éléphants face à la manne financière que représentent pour les pays africains, mais également pour les intérêts personnels de nombre de dirigeants de ces mêmes pays, les silences et les compromissions de la “Chinafrique” ? Après six heures de route, nousparvenonsautermede notre voyage entamé quarante-huit heures plus tôt à Paris.Sur la berge escarpée de la Vina,se dresse l’un des plus jolis camps de chasse qu’il nous ait été donné de voir en Afrique de l’Ouest. Preuve qu’un camp de chasse ne se doit pas forcément de ressembler à un camp d’entraînement pour barbus tei-


LES POTAMOCHÈRES (CI-CONTRE) NE SONT PAS LES DERNIERS

EXCLUSIVITÉ

À SE RÉJOUIR DES POINTS D’EAU

(CI-DESSUS) NOMBREUX DANS CETTE ZONE, QUE L’ON RENCONTRE MÊME AU PLUS FORT DE LA SAISON SÈCHE.

QUELQUEFOIS

POUR LEUR MALHEUR…

gneux et complexés, nous découvrons de vastes bungalows individuels en dur construits sur le mode africain, ronds et couverts d’un toit de chaume. Largement espacés les uns des autres, érigés sous le couvert de nombreux arbres qui confèrent à l’ensemble des allures de parc arboré, desservies par de petites allées de pierres volcaniques que jalonnent de courtes haies d’un vert cru arroséesjalousementplusieursfoisparjourparunjardinierdévoluàcetteseuletâche, les“cases”sont peintes d’une jolie couleur qui oscille entre framboise écrasée et lie-de-vin. À l’intérieur le confort est à l’avenant. Mais le luxe suprême en ces lieux, et au regard des températures qui s’annoncent, réside dans les climatiseurs dont sont équipées les “boukarous”. Luxe rare, exagéré diront certains ? Nous ne bouderons pas notre plaisir, et les jours suivants au retour de la chasse et à l’heure bénie de la douche, nous savourerons pleinement la fraîcheur de notre gîte. Pour l’instant sur la vaste terrasse qui surplombe la rivière,nous rejoignons nos hôtes, ainsi que Jarry, chasseur américain natif de Denver au Colorado et son fils Josh que nous allons accompagner au cours des prochains jours.N’était le voile épais que l’harmattan jette sur toute chose, nous découvririons dans le lointain la chaîne de l’Adamaoua qui traverse le Cameroun d’ouest en est et va mourir aux portes de la Centrafrique voisine. Mais à cet instant et pour plusieurs jours encore, nous devons nous contenter des rôniers qui croissent sur l’autre rive toute proche. Dans le jour qui décline, seule leur cime grise émerge de la brume jaunâtre en faisant entendre le froissement métallique si caractéristique de leurs palmes acérées et coupantes. Vincent Citerne et Franck Bajard sont les guides de cette zone située presque à mi-chemin du Tchad et de la République centrafricaine et du point dejonctiondesfrontièresdecesdeuxpaysaveccelleduCameroun.Presqueidentiques au physique, longs et maigres comme il sied à des guides de chasse, l’un brun de poil, l’autre tirant sur le châtain “dégarni”, tout de gouaille pour celui-ci, celui-là donnant plus volontiers dans l’humour tranquille et pincesans-rire, les deux garçons ont en commun une vraie passion pour le métier

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Au cœur de la Camargue sauvage et secrète, magnifique propriété de 220 hectares destinée à la chasse et l’élevage (viande bio, cheptel bovins de 70 bêtes). Domaine classé en agriculture biologique composé de marais, praires et bois. Superbe mas camarguais avec demeure du propriétaire, logement du garde, 2 studios, dépendances, charmante cabane de gardian dans le marais. Très belle chasse au gibier d’eau et de terre. Prix nous consulter.

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DES BUFFLES INSAISISSABLES AU COURS DE NOTRE CHASSE À L’ÉLAND DE DERBY,

NOUS TENTERONS MAINTES APPROCHES SUR DES TROUPEAUX DE BUFFLES EN MARAUDE ENTRE DEUX POINTS D’EAU.

LE BUFFLE QUE NOUS CAMEROUN (“SYNCERUS NANUS SAVANENSIS” OU BUFFLE DE SAVANE) EST BEAUCOUP PLUS PETIT QUE LE CÉLÈBRE “CAFFER CAFFER” DE L’EST AFRICAIN.

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MY PAT BEN ETT /ALA

RENCONTRONS AU

qu’ils exercent.Atout combien précieux,ils partagent également une profonde connaissance de l’Afrique et des Africains et des mille ressorts et rouages, parfois si mystérieux, qui en font la trame. À l’heure où de plus enplusd’amateurs,auseuildelaretraite,etaumotifqu’ilscumulentquelques safaris en tant que client se découvrent une vocation de“guides de chasse”africains, l’expérience de ces guides confirmés et de ces authentiques “Africains” est une précieuse assurance pour les clients.Au cours des prochains jours,nous allons chasser en compagnie de Vincent. Depuis cinq ans, celui-ci arpente et chasse sur cette zone de plus de 130 000hectaresoùilfaittirerchaque année élands et buffles sans compterdenombreusesantilopesdontdes rouannes,des bubales et de superbes cobs de fassa. Lelendemaindanslanuitencorebien installée, nous nous retrouvons auprès du véhicule de chasse dans lequel nous ne tardons pas à prendre place. Outre Vincent, Jarry et Josh, nous sommes accompagnés des trois pisteurs dont la science est l’une des composantes essentielles de toute chasse africaine et sans nul doute plus qu’aucune autre de celle de l’éland de Derby.Cette chasse au pistage par excellence,sur le sol durci,desséché qu’offre en cette saison la brousse africaine relèverait du défi presque impossible à tenir sans ce don semble-t-il inné des chasseurs et des pisteurs africains. Avec nous, il y a le grand D’Jim, qui, quand il ne piste pas, traque les braconniers locaux,le Peul Abdou,timide et silencieux et que seules les hésitations de ses compagnons sur la trace des élands font parfois sortir de son calme, en

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de sourds mais virulents emportements ; Siria enfin, préposé à la lecture des traces sur la piste depuis le siège fixé sur le parebuffle du 4x4, s’installe à son poste en essuyant les blagues de ses camarades auxquelles nous ne comprenons goutte, mais qui déclenchent immanquablement l’hilarité du grand D’Jim. En dépit des températures torrides qui s’installerontdèsleleverdujour,lespremiers kilomètres dans la nuit justifient pleinement les vêtements chauds dont nous sommesrevêtus.Maiscettefraîcheurestune illusionvitedissipée,etilvanousfalloircompter rapidement avec une chaleur implacable. Pour nos chasseurs américains arrivés en droite ligne d’un Colorado encore en proie à des températures hivernales largement inférieures, le choc est brutal. Cette première journée se révèle rapidement éprouvante. D’autant plus éprouvante que les élands ne tardent pas à se signaler. Nous sommes rapidement lancés dans cette poursuite interminable qui est le lot de cette chasse parmi les plus diffi-


LIAM BUNCE/ALAMY

ciles, les plus improbables et les plus enthousiasmantes qui puissent être. Mais aussi l’une des plus incertaines. Sous le soleil implacable de ce début mars,nous progressons bientôt sur un terrain totalement défiguré par des millions de “turricules”. Ces petits monticules de terre semble-t-il, dont la taille peut atteindre une dizaine de centimètres, et dont l’abondance est l’une des particularités de cette région du nord du Cameroun, ne sont rien d’autres que les déjections végétales ou minérales de vers géants, parfois de plusieurs dizaines de centimètres eux-mêmes, qui peuplent les sols de nombreux pays africains. Ces “turricules” aussi dures que la pierre et qui ne cèdent pas sous le pied rendent la marche incroyablement pénible, mettant à rude épreuve chevilles et rotules. Elles tapissent littéralement le sol et rien ne permet d’y échapper. Elles couvrent parfois des dizaines d’hectares d’un seul tenant, transformant la poursuite des élands en un exercice d’autant plus pénible. La température à midi change la savane en fournaise. Elle a sans doute dépassé les 40 °C depuis un long moment déjà.Nos chasseurs accusent la fatigue, et leur marche se fait de plus en plus hésitante.Aussi Vincent décide-t-il d’une pause déjeuner dans un“bako”ombragé. La dernière bouchée avalée, le sol sablonneux et presque frais de l’étroite galerie végétale accueille la sieste réparatrice de notre groupe.Mais il faut bientôt repartir.Et tenter de recouper la trace des élands que nous avons perdue avant notre halte. Au fil des jours, nous découvrons une zone ÉLAND DE DERBY, LA PLUS CÉLÈBRE de chasse au paysage étonnamment varié. Aux grandes plaines ouvertes dépourvues DES ANTILOPES AFRICAINES PAR SA BEAUTÉ parfois de végétation ou bien encore planAVEC SES DEUX CORNES MASSIVES, téesd’arbresserrés,succèdentdecourtescolTORSADÉES QUI S’ÉCARTENT EN UN V TRÈS lines rapprochées et boisées.Le mimétisme RÉGULIER. C’EST L’UN DES PLUS avec certaines régions collinaires d’AndaMAGNIFIQUES TROPHÉES DONT lousie ou de l’Algarve portugais est parfait. UN CHASSEUR PUISSE S’ENORGUEILLIR. Ces variations de relief si modestes soientelles apportent une manière de diversion à notre chasse. Ces zones ombragées sont en outre les bienvenues. La chaleur de l’aprèsmidiestsuffocanteetleslitresd’eauquenous absorbons ne suffisent pas toujours à apaiser les effets du soleil brûlant. Quant aux élands,fidèles à leur réputation de fantômes de la brousse, ils se dérobent toujours. La chaleur et l’harmattan maintenant bien installé et dont le voile de poussière en suspend masque le soleil au point que celui-ci parfois n’est plus qu’un disque pâle au-dessus de nos têtes, n’incitent guère en outre les animaux à sortir des couverts. Pourtant nous croisons ici et là des groupes d’hippotragues que rien ne semble devoir émouvoir, ou encore des bandes de bubales qui détalent devant nous. Nous tentons parfois quelquesapproches,lorsquelescirconstances le permettent et ne risquent pas de compromettre notre quête des élands, sur des petits troupeaux de buffles en maraude entre deux points d’eau. Ce n’est pas en effet l’un des moindres attraits de cette zone que d’offrir aux animaux, tout au long de l’année, y compris au plus fort de la saison sèche, des“abreuvoirs”répartissurl’ensembleduterritoire.Simplestrousd’eauboueuse reliquat des dernières pluies, ou encore alimentés par quelque source mystérieuse,étangsprofondsjamaisasséchésouencorerivières,dontlaVinaquimarque les limites nord de la zone de chasse n’est pas la moindre d’entre elles, les animaux sont ainsi assurés de ne jamais manquer du précieux liquide source de

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ULTIME APPROCHE NOUS PROGRESSERONS PENDANT

DE LONGUES HEURES AU CONTACT D’UN TROUPEAU DE

80 À 100 DERBY

TÊTES D’ÉLANDS DE

OÙ SE DISSIMULAIT UN GRAND MÂLE QUE NOUS CONVOITERONS ET AUQUEL SE MÊLAIENT DE NOMBREUX JEUNES ANIMAUX.

Jours de fournaise

toute vie. Mais l’harmattan décidément chasse devant lui un vent du Nord qui complique singulièrement notre tâche,et nous avons toutes les difficultés du monde à nous trouver à bon vent sur des troupeaux de buffles qui ne tiennent pas en place et nous éventent avant même que nous ne les voyions nous-mêmes. Toutefois nous ne perdons pas de vue le but premier de notre présence sur cette zone de chasse. Et celle de l’éland reprend vite ses droits.Au troisième jour, nous nous lançons sur les traces d’un imposant troupeau que nous estimons réunir quatre-vingts à cent individus ! Nos pisteurs et Vincent, parmi l’invraisemblable embrouillamini de traces que constitue une telle quan-

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titéd’animauxontdécelédeuxoutroispieds debelletaille.Ilsdécidentdeprendrelatrace del’énormeconcentration.Aprèsdesheures depistage,nousremontonsenfinl’immense troupeau. Immédiatement, sur lesarrièresdecelui-ci,sedétache un Derby au corps massif et au poitrail presque noir coiffé d’un imposanttrophéereconnaissable à l’amplitude de l’écartement de ses deux cornes spiralées. Maislesélandseux-mêmessonnent la fin de partie. Entoutefind’après-midi,àlafaveurd’uneénièmedérobadedes grandesantilopesque,leventinstableaidant,nouspoussonsplus que nous ne les suivons ; profitant de la traversée d’une zone collinaire, le grand mâle, sans douteunsolitaireenquêtedefemellesmaisdontnotreinsistance semble contrarier les coupables intentions,fausse compagnie au troupeau,et à nous par la même occasion.


Nous sommes sur ses traces dès le lendemain au point du jour, bien décidés à ne pas nous laisserdictercettefois-cilesrèglesdujeu.Lepied que nous avons appris à reconnaître trahit la présence à nouveau du grand mâle au sein de la harde que nous n’avons pas eu de mal à localiser.Le soleil est déjà haut lorsque celle-ci apparaît, immense, étalée sur plusieurs centaines de mètres,soulevantdanssafuite,unnuagedepoussière qui reste en suspens dans l’air brûlant. Au début de notre traque, les élands maintiennent entre eux et nous une distance de sécurité qui,entredeuxtentativesd’approche,nouslesfait perdre totalement de vue.Il faut alors plusieurs dizainesdeminutespourlesremonter.UnedemiLE GUIDE VINCENT CITERNE. heure parfois. Le soleil est presque à son zénith DEPUIS CINQ ANS, IL ARPENTE etlachaleursefaitànouveauinsupportable.Mais ET CHASSE SUR CETTE ZONE le grand mâle est là.Parfois en serre-file,se détaDE PLUS DE 100 000 HECTARES chant de ses congénères, seul, mais toujours en OÙ IL FAIT TIRER CHAQUE ANNÉE mouvement, parfois mêlé au reste du troupeau, ÉLANDS ET BUFFLES SANS COMPTER presque indécelable en dépit de sa masse et de LES ANTILOPES ROUANNES, son trophée, inatteignable… Au fil de la matiLES BUBALES ET LES COBS DE FASSA. née pourtant, la fuite du troupeau se fait plus hésitante, moins déterminée. La chaleur, la soif, la fatigue n’épargnent pas non plus les élands de Derby. En outre, en cette saison, les tout jeunes animaux sont nombreux. Nous les avons aperçus à maintes reprises, mêlés aux adultes qui leur font une sorte de rempart. Mais cette présence les ralentit également. En fin de matinée, notre poursuite prend une tournure insolite. Nous progressons maintenant parallèlement et tout proche du troupeau qui ne nous quitte pas des yeux. Le grand éland se déplace constamment parmi les autres animaux. À plusieurs reprises pourtant,Vincent et Jarry tentent le tout pour le tout. Dix fois Vincent plante dans le sol le trépied sur lequel Jarry cale sa carabine.Dix fois l’éland se dérobe.Nous progressons de cette façon à travers la savane pendant plus d’une heure encore. Mais l’eau s’épuise, et bientôt nous courrons le risque de nous retrouver entraînés dans une de ces poursuites interminables qui sont la marque de cette chasse, et dont l’issue, toujours incertaine, peut nous attirer encore à des kilomètres de l’endroit où nous nous trouvons. Qui plus est, la fatigue à nouveau se fait sentir. Un bref conciliabule décide pourtant de la poursuite de la chasse jusqu’à la prochaine piste, quelque part devant nous. À cet instant précis, le destin du grand éland bascule… Nous avons laissé le troupeau nous distancer,mais nous sommes rapidement sur lui à nouveau. Et le même jeu de cache-cache semble prêt de se répéter entre les chasseurs et le mâle que nous traquons depuis les premières heures du jour. Mais il n’en est rien, et tout soudain s’accélère.A-t-il compris qu’il est le seul objet de notre poursuite infernale qui met en péril la résistance des plus jeunes au sein de la harde ? Il est là soudain,immobile,posté en travers de notre chemin comme pour mieux nous arrêter, nous retarder ? Pour mieux en finir ? À bout de souffle et de fatigue, Jarry se campe à nouveau derrière le trépied, et fébrile, presque en tremblant, prend sa visée. Bientôt, le nuage de poussière de l’immense troupeau qui détale une dernière fois, oublieux déjà du grand mâle, retombe lentement sur la brousse. ◆ Nous remercions Jérôme Latrive et l’équipe GP Voyages Chasse et Pêche de nous avoir accueilli et sans lesquels ce reportage n’aurait pu avoir lieu.Pour tous renseignements : GP Voyages, 9,rue de Saussure,Paris XVIIe.Tél. :01.47.64.47.47. Sur Internet :www.gpvoyages.com Email :gp.jlatrive@orange.fr

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TOURISME

To u r i s m e

Cameroun

La “Petite Afrique” par Guillaume Beau de Loménie

Par sa variété de paysages, le Cameroun est un concentré d’Afrique. De la brousse du Nord aux hauts plateaux de l’Ouest en passant

par le Sud-Ouest plus humide et les superbes plages de Kribi au Sud.

PHOTOS : TIM E. WHITE/ALAMY - ISIFA IMAGE SERVICE S.R.O/ALAMY

P

eu de pays africains offrent au chasseur après ou avant son périple cynégétique la possibilité de se lancer hors des sentiers battus, qui ne concernent pas la traque des“grosses bêtes”. Aussi le chasseur ne doit pas bouder son plaisir avec le Cameroun. Il lui faudra pourtant vite calmer son enthousiasme ! Les possibilités qui s’offrentsontsinombreuses,quel’onestcontraint de faire des choix drastiques. Pourrait-il en être autrement avec ce pays couramment appelé la “Petite Afrique” tant il est vrai qu’il possède une variété infinie de paysages que l’on retrouve sur tout le continent ? Le chasseur qui avait rejoint le nord du pays pour approcher buffles et antilopes,qui plus est au mois de mars synonyme de chaleurs parfois éprouvantes,peut être tenté de mettre le cap sur le sud-ouest et le sud. Pour ses hauts plateaux aux températures tempérées pour la première région, et ses plages pour la seconde. S’agissant du Sud-Ouest, ce sera l’occasion de visiter l’un des deux territoires qui constiEN HAUT À GAUCHE, UNE PLAGE À KRIBI, PARMI LES PLUS BELLES DE L’AFRIQUE DE L’OUEST. EN DESSOUS, UNE ÉGLISE, PUIS UN RESTAURANT DE POISSONS ET UNE PISTE MENANT AU MONT CAMEROUN, OU ENCORE MONGO-MO-NDEMI QUI SIGNIFIE LE”CHAR DES DIEUX” EN BAKWERI, LA LANGUE DE L’ETHNIE DOMINANTE DE CETTE RÉGION. À DROITE, PIROGUE SUR UNE RIVIÈRE AUX ENVIRONS DE KRIBI.

tuentuneparticularitéuniqueenAfrique.LeCameroun, pays francophone issu de l’empire colonial français, possède en effet deux zones exclusivement anglophones :les régions de l’Ouest et du Sud-Ouest. Elles résultent de la partition en 1919 du Kameroon,territoire sur lequel l’Allemagneavaitétablisonprotectoraten1884.Après la Grande Guerre, la colonie rebaptisée Cameroun est en effet attribuée par la Société des nations, l’ancêtre des Nations unies, à la France et à l’Angleterre. Ce n’est qu’en 1964 que les deux provinces rejoignirent finalement la République du Cameroun, après l’indépendance accordée par la France à sa colonie en 1960, mais elles conservent aujourd’hui encore leur particularisme linguistique. Cet ancrage dans la langue anglaise fut renforcé, voire encouragé par le Nigeria voisin : lui-même ancienne colonie anglaise et qui, jusqu’au début des années 2000 et un jugement de la Cour internationale de justice, a continué de revendiquer une portion de territoire came-


ROBERT HARDING PICTURE LIBRARY LTD/ALAMY

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Cameroun La “Petite Afrique”

UNE NATURE BRUTE

rounais, riche en hydrocarbure,la péninsule de Bakassi, allant même à certaines périodesàoccupermilitairement celle-ci. Ce n’est qu’en 2008 que le Nigeria rétrocéda définitivement cette péninsule au Cameroun. Aujourd’hui la paix est établie sur cette région comme partout au Cameroun,faisant de ce pays l’un des plus paisibles et propices au tourisme du continent africain. Aussi le moment est-il venu pour le voyageur de partir à la découverte d’une autrecuriositédecesuperbepays:lemont Cameroun. Ou Mongo-mo-Ndemi qui signifie le “Char des dieux” en bakweri, l’ethniedominantedecetterégionduCamerounquiencompte280 !LeCharsdes dieux ou encore parfois la montagne du Tonnerre,estconsidérécommeledixième sommet d’Afrique et culmine à près de 4 095mètres. C’est l’explorateur anglais Richard Burton qui en réussit le premier l’ascension en 1861. Le volcan est toujours actif et au XXe siècle, on dé-

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nombra neuf éruptions.L’une des toutes premières manifestations volcaniques observées semble l’avoir été au Ve siècle avant Jésus-Christ par Hannon,navigateur et explorateur carthaginois au cours del’unedesesnavigationslelongdescôtes africaines. Aujourd’hui,levoyageurpeutmettre ses pas dans ceux de Burton et entreprendre l’ascension de cette belle montagne sur les chemins de randonnées qui permettentd’atteindresonsommet.Ildevra obligatoirement passer par Buéa qui fut la capitale du protectorat allemand, et d’où partent la plupart des trecks jusqu’au sommet du volcan. Buéa est une ville au charme un peu mélancolique comme une très vieille photo de famille. Elle porte encore la marque ici et là de son passé colonial. Les Allemands en firent en 1901 et jus-

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qu’en 1914 la capitale de leur colonie. Le gouverneur du Kameroon d’alors,Jesko von Puttkamer,s’y fit construire un petit château dans le style bavarois,le Puttkamerschlößchen ! C’est l’un des vestiges les plus poignants de ce passé révolu. Il s’y rattachedenombreuseshistoires de fantômes dont celle qui prétend que la femme du gouverneur revient certains soirs hanterlepalaisplongédanslabrume, etsesappartements,pouryjouer du piano… L’ascensionjusqu’ausommetduvolcan prend de deux à trois jours en fonctiondel’entraînementdurandonneur.Le long du trajet,on trouve à différentes altitudesdesrefugesquipermettentdepasserlanuit,maisl’onserabieninspiréd’emporter sa propre tente… De la même façon, il est fortement déconseillé d’entreprendre l’ascension sans louer les services d’un guide recruté en ville auprès du bureau d’éco-tourisme du mont Cameroun.Lacourseprendsondépartdans la forêt dense qui couvre les flancs du volcan. À mi-parcours, la savane souvent plongée dans la brume la remplace, puis au sommet enfin un paysage plus aride,un peu lunaire d’où s’élèvent ici et là des fumerolles qui en renforcent le caractère désolé. Pourtant, si les nuages n’enveloppentpaslesommet,levoyageur découvrira alors dans le lointain l’océan


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Voici deux bons moyens de vous libérer l’esprit.

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PHOTOS : TIM E WHITE/ALAMY - SETH LAZAR/ALAMY

Cameroun La “Petite Afrique”

UNE DOUCEUR DE VIVRE

AtlantiqueetlegolfedeGuinéequiscintillent sous le soleil. Impossibledenepasrépondreàcette invitation : au départ de Buéa,les plages les plus proches sont celles de Limbé. Comme Buéa, Limbé porte elle aussi la marquedesesmaîtrespassés.Lavilleprésenteaussilaparticularitéd’avoirétéfondée en 1858 par un pasteur anglais bien avant que l’Allemagne en 1884 ne fasse du Cameroun un protectorat.

Carnet de voyage

Comment y aller ? De nombreuses compagnies assurent des liaisons quotidiennes entre Paris, Douala et Yaoundé, dont Air France (www.air-France.com). Quelles formalités ? Un visa est obligatoire pour se rendre au Cameroun. Quelle langue ? Le français et l’anglais sont les langues officielles. Elles sont parlées respectivement par 70 et 30 % de la population. Dans les grandes villes, la pratique de l’espagnol et de l’allemand est répandue. Quelle monnaie ? C’est le franc CFA qui est en vigueur. Pour mémoire, 1 000 CFA valent 1,50 euro. Quels vaccins ? Seule la vaccination

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Comme à Buéa, on trouve ici cette atmosphèresiparticulièredesanciennes villes coloniales où les bâtiments du temps jadis achèvent de se dégrader lentement faute d’entretien. Les plages de Limbé ont la particularité d’être composées d’un sable rendu noir au fil des siècles par les éruptions du mont Camerountoutproche.Lesplusbellesetles mieux entretenues d’entre elles appartiennent aux quelques hôtels qui se sont construits sur le littoral, mais on y accède facilement moyennant une petite cotisation. Elles sont souvent ourlées d’une intense végétation qui pousse jusqu’à quelques mètres de la mer. Lesamateursdesableblancetfindevrontpousser quant à eux jusqu’àKribi, chef-lieu du département de l’Océan et de la province voisine du Sud.Les plages contre la fièvre jaune est obligatoire (un livret de vaccination, qui vous sera alors délivré, est à présenter à votre arrivée au Cameroun). Il est cependant très recommandé de se faire également vacciner contre les hépatites A et B et la typhoïde (et faire les rappels usuels). À Paris, le centre de vaccination Air France (148, rue de l’université, Paris VIIe) est sans doute la meilleure adresse. Quel climat ? Le climat du Cameroun est tropical. Dans le Sud-Ouest, il est équatorial, chaud et humide, avec des pluies persistantes, mais vers le Nord, le climat devient plus sec. L’Ouest a un climat équatorial. Le long de la côte du golfe de Guinée, la saison des pluies

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de Kribi sont parmi les plus belles de l’Afrique de l’Ouest, et contrairement à nombred’entreellesnepossèdentpasces rouleaux qui les rendent si dangereuses. Elles s’étirent à perte de vue, et là aussi une végétation luxuriante pousse jusqu’au bord de l’eau. Ce sont les Pygmées qui ont été semble-t-il les premiershabitantsdecetterégionavantque d’être petit à petit refoulés par d’autres ethnies. On peut toutefois en rencontrerencorequelquespetitespopulations, en particulier le long de la rivière Lobé qui se jette dans le golf de Guinée à une dizaine de kilomètres au sud de Kribi. Outre de fort belles balades en pirogue en remontant le cours de la rivière,celleci offre également le spectacle d’une très jolie chute d’eau qui tombe non loin de l’océan. Kribi et ses hôtels du bord de mer ne sont à guère plus de deux heures deroutedeDouala.Ilsmettrontunpoint d’orguecombienagréableetfacileàcette échappée camerounaise. ◆ commence en avril et se termine en novembre. Le Centre-Sud et la zone des hauts plateaux centrale ont un type de climat équatorial. Le nord du Cameroun a une saison des pluies qui va de mai à septembre. Mars et mai sont très chauds, avec des températures qui atteignent 40 °C. Quelques adresses utiles Ambassade du Cameroun à Paris Tél. : 01.47.43.98.33. Consulat général du Cameroun à Paris Tél. : 01.46.51.89.00. Ambassade de France à Yaoundé Tél. : 00.237.22.22.79.08. (24 heures/24) Consulat général de France à Douala Tél. : 00.237.33.50.1700 (1717 ou 1722).


faire du ciel le plus bel endroit de la terre


Découverte ◆

LES SEIGNEURS DE GUTH reportage et photos Alain de l’Hermite

◆ I

DAIM DANS LA FORÊT GUTH, DANS L’EST DE LA HONGRIE, AU MOMENT DU BRAME, DE

QUI SE DÉROULE APPROXIMATIVEMENT

10 ET 25 OCTOBRE. CE MASSIF DE 20 000 HECTARES ENTRE LE

LE

ABRITE LES PLUS BEAUX TROPHÉES DE DAIMS AU MONDE.

l est à peine 6 heures et quart, et déjà le ciel blanchit. « Au moins une heure plus tôt qu’en France en cette mioctobre,iciàl’estdelaHongrie»,pensonsnous en notre for intérieur.Sous l’effet de l’aurore la piste sablonneuse où nous progressons semble s’être couverte de neige. Le silence est absolu.Les deux hommes qui nous précèdentprogressentàpasdeloup,masqués par les acacias.Ákos le guide et Bernard son chasseur évitent méticuleusement de minuscules obstacles sombres,des châtaignes et des glands qui semblent avoir été semés par les sylphes de la forêt.Si l’on n’y prenait garde ces pièges sonores alerteraient immédiatementlesanimauxsauvages de notre inopportune présence. Soudainunclaquementnoussurprend,mêmes’ilaiguiseaussitôtnotre instinctdechasse.C’étaitunbruittrès sec, un peu comme les rames d’une barque qui se seraient violemment heurtées. Ákos s’est aussitôt statufié ;comme une ombre,Bernard“patronne”derrièrelui.Dansl’espoird’un nouvel indice, le regard des deux hommes se dirige dans la même direction. Là-haut à droite dans la pénombre des chênes,il vient de se passer quelque chose. Le silence est toujours pesant. Moins d’une minute vient de s’écouler lorsqu’un nouveau choc nous parvient.Encoreplusviolent.Maintenant c’estsûr,unduelsedéroulelà,toutprès de nous à l’abri des frondaisons. Chaque année, c’est la même chose approximativement entre le 10 et le 25 octobre. Durant cette période, la

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forêtmagiquerésonneducombatdes Centaures. Des combats féroces au coursdesquelslesdaimsperdentdans le meilleur des cas le quart de leur poids, sinon la vie. Concentrés à l’extrême,nous espérons un autre choc.Sans qu’aucun indice ne nous permette d’anticiper le monstrueux télescopage entre les cimeterres des belligérants. Pas la moindre cavalcade ne nous parvient, pas moins de cri de douleur ni même l’encouragement d’un raire.Le mystère demeure entier. Rien à faire, même pour un chasseur rompu au brame du cerf, celui du daim offre quelque chose de supérieur, de fantasmagorique. Cette aventure nouvelle avait commencé quelques semaines avant notre départ. Quand un soir de début d’automne, le téléphone avait sonné. Philippe qui nous avait déjà conviés à chasser le petit gibier en Hongrie (Jours de Chasse n° 45) nous proposait de le retrouver à Budapest pour assister « au brame du daim en territoire ouvert, sur 20 000 hectares ». Il avaitdénichéauprèsdesautoritéscynégétiques hongroises « quelques très rares autorisations de tir dans l’Est, en forêt de Guth ». Une occasion unique de découvrir le comportement d’un animal si rarement rencontré en France en dehors des parcs,donc autant dire inconnu.Sans compter que lesdaimsdeGuth«portentlesplusbeaux trophées du monde », ajoutait Philippe sansqu’ileûtbesoind’argumentssupplémentaires pour nous décider. Au casoùnouspourrionsvenir,nousnous

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LES SEIGNEURS DE GUTH

LE RESPONSABLE DES GARDES DE LA FORÊT D’ÉTAT HONGROISE DE GUTH, MIHÁLY. À DROITE, PHILIPPE GIRARDET À CÔTÉ DU MOULAGE DU TROPHÉE DU RECORD DU MONDE QUI DATE DE 2002. CI-DESSOUS, CETTE PANCARTE INDIQUE LA DÉVOTION VOUÉE AU DAIM EN HONGRIE.

joindrions à un binôme de nemrods ardennais,BernardetClaude.Àpeinenotre communication terminée, nous imaginons retrouver bientôt la Hongrie. Là où les rives du Danube nous avaient réservé des passées aux canards d’anthologie… Voilà pourquoi,en ce début d’aprèsmidi ensoleillé d’octobre, nous roulons vers l’est en direction de la Roumanie. Depuis Budapest, l’Alföld ou la grande plaine hongroise (plus de la moitié de la superficie du pays) nous apparaît en robe d’été.Nous avions fait sa connaissance recouverte de neige,et laTisza,sa grande rivière, était totalement gelée. Philippe conduit. Épisodiquement ses yeux de chasseur quittent l’autoroute M3 en direction de la puszta,la steppe.Comme à chaque fois, Brigitta son épouse, notre vigilant copilote, découvre une bande de chevreuils à l’autre bout du regard. De perdreaux, point. Et dire qu’il y a quelques décennies,il y en avait des centaines qui faisaient courir les grands de ce monde à commencer par le célèbre comte Pálffy.À gauche,à l’horizon,voici « le Kékes,notre mont Blanc d’un peu plus de 1 000 mètres »,nous renseigne Brigitta,

avec une pointe d’humour.Ici dans cette région de la Haute Hongrie,un peu plus à l’Est,est élevé « le vin des rois et le roi des vins »,le célèbre tokaji.Comment ne pas penseràluiàcetteheure du déjeuner ? Mais il n’estpasquestionderalentirnotreprogression vers Guth pour assouvir les plaisirs de la gueule,lorsquenousattendent les plus beaux daimsdumonde.Nous laissonsderrièrenousle parc de l’Hortobágy ; également oubliée la morneDebrecenmême si son histoire a débuté au XIIe siècle avec les Magyars.Loin des touristes qui hantent la Transdanubie,nousentrons maintenant dans le cœur de la Hongrie traditionnelle.D’ailleurs il y a des siècles, cebergeràcheval,nousl’aurionsdéjàrencontré. Ce troupeau de moutons aux cornes torsadées,il était là aussi.La pancarte de sortie du village de Nyíradony

indiquelafinimminentedenotrevoyage, moins de trois heures après avoir quitté Budapest.Trois jours complets de chasse se profilent après avoir claqué derrière nous la porte de la“civilisation”. Nous logeons dans l’une des maisons forestièresdelaforêt“des acacias”,sans conteste la plus authentique. Elle nous rappelle trait pour trait l’une d’elles visitée en Pologne il y aquelquesannéessous un autre régime.Toujours le même nombreux personnel aux petits soins, le même décor avec tous ces massacres à la cimaise. Ilssonttousplusbeaux les uns que les autres et font envisager au chasseur de futures approches sous les meilleurs auspices. Surtout lorsque l’on découvre le moulage d’un trophée de daim de 5,8 kilos, et avant-dernier recorddumonde(233,11pointsCIC).Juste

CHASSER LE DAIM ICI, C’EST UNE CHANCE UNIQUE DE DÉCOUVRIR LE COMPORTEMENT D’UN ANIMAL RAREMENT RENCONTRÉ EN FRANCE, EN DEHORS DES PARCS BIEN SÛR. 80

Jours de C HASSE ◆

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LES SEIGNEURS DE GUTH

ZOLTÁN À GAUCHE, “COCO” AU CENTRE ET CLAUDE SON MARI. LA FACILITÉ À ARPENTER LE SOL SABLONNEUX EST INVERSEMENT PROPORTIONNELLE À LA DIFFICULTÉ DE L’APPROCHE DES DAIMS.

À DROITE, CI-DESSOUS, RÉGÉNÉRATION DE LA FORÊT APRÈS UNE COUPE D’ACACIAS DESTINÉS À LA FABRICATION DE PIQUETS. UN PETIT MIRADOR.

à côté,un diplôme encadré précise l’obtention du trophée Edmond-Blanc par leConseilinternationaldelachasseàcette occasion… Détail amusant en lisant,nousdécouvronsqu’après-demain nous fêterons le dixième anniversaire du tir de cet animal. Danslacour,lebassetdelamaison annonce une visite.En voiture BernardetClaudeaccompagnésde Marie-AngeetCocoleursépouses viennentd’accomplirlevoyagesans étape depuis les Ardennes. Dans moins d’une heure laissant le soin aux épouses de“ranger les valises” – les féministes hurleront certainement à la mort !–, les chasseurs vont prendre place sur un mirador.Pour deux heures,jusqu’à 20 heures avec le retour de la nuit complète, je me retrouve seul 10 mètres au-dessus du sol face à une plaine dégagée d’environ trois hectares. Sporadiquement

apparaissentlesreliefsdequelquespieds demaïsdestinésaugibier.Toutjusteinstallé et par manque de réactivité,je rate la photo d’un beau daim. Ce soir, je n’en verrai pas d’autres… Las, je me contenterai du cliché d’une jeune daine. Au-dessus de ma tête, j’admire la charpente, authentique œuvre d’art de mon mirador. Alentour, aucun raire ne se fait entendre, pas le moindre souffle de vent. On peut imaginer cette même

plaine il y a quelques semaines, théâtre defurieuxcombatdecerfs,dontlebrame est avancé d’un mois environ par rapport aux daims. D’ailleurs il n’y a aucun problème de cohabitation biolo-

gique entre les deux espèces.De même, selonuneétuderécenteetcontrairement àunelégendetenaceledaim,seraitmoins déprédateur pour les arbres. Soudain « Clac ! » : c’est le premier contact timide entre deux paires de bois de l’autre côté de la lisière des chênes. En guise des trois premiers coups d’un spectacle sonore dont le pic sera atteint vers 19 heures.À cette heure,ils sont des dizaines à se battre autour de la clairière. Selonlapuissancedeschocs,l’imagination va bon train et fantasme sur des trophées chimériques. Parallèlement au jour,s’estompe l’espoir d’une photo réussie,en même temps s’atténue la fureur des combattants. Maintenant avec la nuit les joutes ont cessé. Même en périodederut,ledaimagénéralement un comportement plus diurne que son cousin le cerf. Il est important de savoir que le cycle biologique annuel du daim (Dama Dama) est calqué sur celui du cerf élaphe mais retardé d’un mois.Ainsi la chute des bois commence en avril et le brame la seconde moitié d’octobre.La daine donne naissance en juin à un faon à l’issue de 230 jours de gestation. Les célèbres points

LES BÛCHERONS DE GUTH VOUENT UN CULTE À LA GESTION DE LEUR FORÊT.HORMIS LES ACACIAS, ON TROUVE AUSSI DES FRÊNES DE PLUS D’UN MÈTRE DE DIAMÈTRE. 82

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PHOTOS : FORÊT DOMANIALE DE NYIRERDO GUTH

blancs qui ornent la robe,surtout en été, du daim sont en quelque sorte sa carte d’identité : jusqu’à la fin de sa vie leur emplacement ne variera pas.Cette particularité permettra sûrement bientôt de mieux étudier l’évolution des populations de daims par classe d’âge pour mieux les gérer.En effet d’une année sur l’autre,laphysionomied’unmêmedaim peut énormément changer. Une chose est absolument certaine,lafindelacroissancecorporelle se situe seulement autour de sa“cinquième tête”.À cet âge, lesboisdeviennentvéritablement impressionnants. Face à un animal de cette classe d’âge, il faut toute l’expérience d’un chasseur aguerri pour ne pas commettre l’erreur de tir sur un daim d’avenir. En effet le trophée n’atteindra son apogée qu’entre la huitième et la onzième tête.D’aspect souvent différent au fil des repousses, à cet âge la plus grande largeur de la palette se situe au niveau du troisième tiers supérieur. Cette observation incontestable annonce l’heure de la récolte. Il faut le rappeler, chacun s’accorde à trouver le jugement d’un daim infiniment plus difficile que pour un cerf. Particulièrement à l’âge moyen c’est-à-dire entre la“quatrième et la septième têtes”. On l’a oublié mais le daim fut autrefois un animal de vénerie.En forêt de

Compiègnel’équipageducomtedeSongeons découplait encore au début du XXe siècle. Plus proche de nous, la duchesse de Luynes chassait le daim dans sonparcdeDampierreavecsonéquipage de cerfs. « C’est surtout au XVIIIe siècle que le daim a connu le destin des animaux devénerie,écrit FrançoisVidron.Lecourre le daim était le plaisir des dames.Le daim se couraitcommelecerf.»Àquelquesnuances

près. Par exemple, il était inutile de faire le bois avec un limier, car la harde de daim hante, dit-on, toujours les mêmes

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LES POINTS BLANCS SUR LA ROBE DES DAIMS ONT UNE DISPOSITION UNIQUE POUR CHAQUE ANIMAL TOUT AU LONG DE SA VIE. À GAUCHE SCÈNE D’APPROCHE DANS LA BRUME DU PETIT MATIN. CI-DESSOUS, L’UN DES PLUS BEAUX HABITANTS DE LA FORÊT DE GUTH.

cantons. Nous le constaterons à Guth, même si l’approche est différente de la vénerie.Toujours selon Vidron,le courre du daim était parmi les plus subtilsquisoient :undaimlancédonnaitfréquemmentlechange,serévélait un expert en toutes sortes deruses,lespiqueurss’arrachaient les cheveux à démêler ses voies. À Guth, nos journées se succéderont sur le même rythme ; chaque matin est consacré à l’approche depuis le lever du jour et jusqu’à midi. L’après-midi, nouveau départ aux alentours de 16heurespourdeuxheuresd’une nouvelle approche généralement conclue par les deux dernières heures au mirador jusqu’à la nuit noire.D’approche en affût,l’éternité s’écoule voluptueusement enforêt.Enplus,lanourritureterrestre mijotée par nos cuisinières est divine. Un détail, chacun des chasseursBernardetClaudeavait choisi son guide en fonction de sa taille… Ákos pour Bernard, Zoltán pour Claude plus grand de taille. Une affaire de stratégie. D’une part, un guidedemêmetaillevoiteneffetlamême

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LES SEIGNEURS DE GUTH

Sans tarder,la lisière des chênes qui ourle la piste absorbe les deux chasseurs. Maintenantnousdécouvronslapremière difficulté de l’approche du daim,son mimétisme. Si nous les chasseurs français avonsl’habitudebiensouventdepuisl’enfance de distinguer aussitôt en sous-bois la tache rouge du pelage d’un chevreuil, il en va tout autrement d’une nouvelle espèce. L’œil a alors besoin d’une période d’adaptation pour redevenir sélectif.Heureusement comme pour faciliter

aussitôt genoux à terre. Notre approche serait-elle déjà terminée ? Au contraire,cette nouvelle position en“contre-plongée”nous permet maintenantdedécouvrirlesdeuxcombattants. Quelle aubaine ! Ils sont là, têtes baissées face à face,sabres au clair et reprennentleursouffle.Del’indexàpeinepointé, le guide indique à Bernard une autre direction.Enobservantducoindel’œilavec uneattentionsoutenue,unemassesombre semble se détacher du rideau végétal. Il noussembledistinguerunmuseau, même si les palmes des bois semblentprolongerlesbranchesbasses. Quel mimétisme incroyable,car il est à cet instant impossible d’interpréter la direction du corps de l’animal. Une chose est évidente : c’est lui le mâle dominant, sans doute lui aussiquinousavaitindiquésaplace enbramantilyaquelquesminutes. Peut-être pour mieux arbitrer le combatquireprend,ilquittelaprotection de son repaire et semble s’approcher droit vers nous. Les troisanimauxsontseuls,sansdaine, alors pourquoi se battent-ils ? S’agit-il d’un rite initiatique en vue de futures batailles plus décisives ? Sans doute ne le saurons-nous jamais. Seule certitude, pourlapremièrefoisnosyeuxd��couvrent, FORÊT DOMANIALE DE NYIRERDO GUTH

chosequesonchasseur ;d’autrepart,lorsqu’il installe le trépied de tir,il le dispose instinctivement selon sa taille.Or,quand lechasseurestdemêmetailleilgagneainsi quelques précieuses secondes, d’autant plusaumomentleplusdélicatdeconclure une approche. “Chaque matin”… Pour nous, le premier aura été béni des dieux, une approcheféeriqueavecÁkosetBernard, et des animaux qu’on ne voit pas… Des chocs et le silence, dans cette aube que la nuit emprisonne encore pour quelques instants. Ákos vient de se retourner vers Bernard. Ses yeux pétillent,cerclés par ses petites lunettes d’intellectuel,entre un chapeau tyrolien et une barbichette soignée. Son apparence n’estpascelleducoureurdesbois tel qu’on l’imagine, et dont Bernard pourrait représenter le maître étalon. Pourtant la complicité semble parfaite entre les deux hommes malgré la barrière de la langue. Aucun mot n’est échangé ; Bernard vient de sortir de l’une de ses poches une sorte depulvérisateurnasalàl’usagedétourné. Le nuage de talc qui s’en échappe donne unedoubleindication.L’absencedevent, si néfaste à l’approche,est absolue ;l’ultime étape va pouvoir commencer.

notre progression, l’un des animaux fait entendre une sorte d’aboiement gutturald’unevoierauqueetpuissante.«Crac!» unebranchevientderompresouslespieds d’Ákos. Instinctivement, nous mettons

EN CONTRE-PLONGÉE, NOUS DÉCOUVRONS ENFIN LES DEUX COMBATTANTS. ILS SONT LÀ, TÊTES BAISSÉES, SABRES AU CLAIR ET REPRENNENT LEUR SOUFFLE. 84

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en totale liberté, « l’arrière-petit-fils de l’énorme cerf des tourbières d’Irlande,le mégacéros aux merrains de 1,80mètre ! » selon les mots de Jean Éblé, dans l’un de ses livres sur les gibiers d’Europe. S’il a perdu en dimension par rapport à son lointain ancêtre,le trophée de l’animalquinousfaitfacenepeutqu’impressionner.Aumoinsunequatrièmetête, un daim d’“âge moyen”.Typique parce qu’il a perdu l’aspect frêle présenté par lesmâlesjuvénilesjusqu’àleur“troisième tête”.Quelle distinction,quelle majesté ! On l’imagine toiser du regard ses deux congénères.Bienquenoussoyonsnovices nous repérons aussitôt une particularité située à la base de la palette gauche en forme de triangle pointe en bas. Elle est ornée d’un andouiller remarquable en forme de virgule. Ákos vient d’installer le trépied de tir et donne ainsi son“feu vert”au chasseur.LibreàBernardd’accepters’ilpense cetanimalcorrespondreàsaquête.Enréponse,le coup de foudre de sa 8x68S ne s’estpasfaitattendre.Dansletemplegrandiose de Guth,Bernard venait de renouveler sa profession d’homme de chasse. En prenant activement part au cycle naturel où la régénération des hardes d’animauxpasseparle“sacrifice”dequelquesuns. « Waidmanns Heil ! – Waidmanns Dank ». Dans la plus pure tradition germanique,Ákosaprèsavoirrenduleshonneurs à l’animal remettra au chasseur un rameau trempé dans le sang. Le premier matin,la cour a donc retenti des honneurs joués par les gardes de leurs drôles de petites trompes. Un

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LES SEIGNEURS DE GUTH

air vif et rapide pour le daim “médaille d’or”de Bernard ;aussi pour deux autres chasseurs allemands. Ce n’est un secret pour personne que les Germaniques vouent un culte à l’approche du daim (chaqueannéeleschasseursallemandstirent63000daimscontre1000enFrance). Comme bien souvent à l’issue d’une approche réussie la tension retombe, Bernard se confie. « Et dire que quand je pars avec un autre je lui déconseille de tirer tout de suite.Je lui fais la morale… Ce matin,ce n’est pas pareil.Je suis arrivé sur ce que je cherchais. L’animal qui te convient,la couleur,le poids du trophée,en plus avec ce petit crochet. Légèrement une tête bizarde.Je suis ravi. Quand nous avons cassé la branche,j’ai eu peur que ça se sauve. On s’est accroupis quelques secondes. On ne va pas s’arrêter là maintenant je vais chercher une tête bizarde.» Tout s’est déroulé si vite, avec cette première chasse réussie en moinsd’uneheure.Etsifinalement le daim était un gibier d’approche tropfacile.Commecesanimauxquiviennent quémander des quignons de pain à travers la clôture d’un parc.La suite des événementsdontClaude,lesecondchasseuretamideBernard,faillitfairelesfrais, nous prouvera le contraire. Pendant les

trois jours de chasse les daims seront de redoutablesadversaires.Contrairementà uneidéerépanduelesdaimsserévéleront d’abord plus méfiants que leurs cousins les cerfs. Difficulté supplémentaire le brame a toujours lieu à l’abri des regards en un endroit secret. Plus encore il est impossible de les faire venir, contrairement au brocard, en“appelant”. Si le spectacle du brame est époustouflant il n’a pas encore été en situation d’approcher l’animal important,c’est-à-

dire « un trophée représentatif entre trois et quatre kilos ».À ce propos les gardes sont capables d’estimer un trophée avec une surprenanteprécisioninférieureàlacentaine de grammes.Malicieusement nous nous sommes amusés à les tester en leur

demandantplusieursfoisdejugerlepoids du trophée d’un animal. Bien sûr sans qu’ils puissent se concerter à chaque fois, les réponses ont été similaires. Cematin,noussuivonsClaude,Coco sonépouse,tandisqueZoltánnousguide. Claudeestunpeuinquiet,unpeudérouté faceauxdaims,oùtoutétaitremisenquestion souvent jusqu’au dernier moment (« le problème c’est le vent.Tu pars à bon vent une demi-heure après il tourne, t’es cuit.Ce n’est pas pareil que chez nous… »). Avant le départ,Zoltán nous prescritenallemandsesconsignesd’approche.À la pointe du jour,en sortant,quelquechosed’indéfinissable achangé.Peut-êtresousl’effetd’un léger refroidissement, le temps sembles’êtrestabilisé.Lebramebat son plein.Impressionnant et puissant sous la voûte des arbres.Guidés par l’un de ces chants,nous finalisons une belle approche pour découvrir une harde d’une vingtaine d’animaux. Les premiers, quelquesdainesetleursfaons,sont à moins de quinze mètres.Quatre beaux mâles se battent sans répit sans doute des“cinquièmes têtes”. Nous découvrons une jolie tête bizarde, puis encore d’autres mâles mais plus chétifs. Les femelles poussent de

LES DAIMS SE RÉVÉLERONT PLUS MÉFIANTS QUE LEURS COUSINS, LES CERFS. DIFFICULTÉ SUPPLÉMENTAIRE, LE BRAME A TOUJOURS LIEU À L’ABRI DES REGARDS. 86

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Nous remercions Philippe Girardet de nous avoir accueilli et sans lequel ce reportage n’aurait pu avoir lieu.Pour tous renseignements joindre Hunting Pleasure (Rens. :01.39.58.26.67 et www.huntingpleasure.com),Philippe Girardet au 06.50.25.13.58 ou au 00.36.306.986.829 ou Brigitta Bertalan au 00.36.304.348.620. Entre le 1er octobre et le 31 janvier,Philippe Girardet propose aussi de chasser le daim en forêt de Labod sur 40 000 hectares au sud-ouest de la Hongrie.Si les trophées sont ici moins spectaculaires l’avantage est la proximité d’autres zones de chasses notamment de petits gibiers.

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petits cris stridents.En réponse,le brame terrible et unique des daims nous donne la chair de poule. Au début, c’est une sorte de chant à l’unisson semblable à celui des grenouilles pendant la reproduction.Ce son est suivi d’un roulement guttural, pour se terminer sur un rugissement de lion.À peine terminée,la partition est rejouée.Tous les quatre au cœur de l’action, nous sommes ensorcelés. Arrive alors le roi de la forêt, pectoraux en avant tellement développés qu’il nesemblesoutenuqueparsesantérieurs. Lapommed’Adamproéminente ;legarrot rond est musculeux semble un coussin pour supporter sa couronne de plus decinqkilosqu’ilportehorizontalement. Silencieusement, il parade calmement au milieu du harem et personne n’ose lui contester sa suprématie. Nulle part, aucun d’entre nous n’avait encore assisté à pareil spectacle.Voilà pourquoi ce matin Claude oublia de tirer… Cela se comprend. ◆

Photo :Alain de l’Hermite

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Reportage â—†

Des fauves et des lapins reportage et photos Alain de l’Hermite


AUJOURD’HUI LE TEMPS EST SEC “LA VOIE EST BONNE” SEMBLE CONSTATER CE LAPIN. PAGE DE GAUCHE, AVÈNE, SUPERBE FAUVE DE BRETAGNE : ELLE EST, EN MOYENNE, À L’ORIGINE DE 18 DES 20 LANCERS D’UNE JOURNÉE DE CHASSE DE L’ÉQUIPAGE. “IL N’Y A PAS DE GRANDE ÉQUIPE SANS GRANDS ÉLÉMENTS”, RAPPELLE LE MAÎTRE D’ÉQUIPAGE, LOÏC GESBERT. ET ENSOLEILLÉ,

LA VÉNERIE DU LAPIN EST TOUTE DE FINESSE ET D’ÉMOTION. LE RALLYE DES FALAISES EN EST L’ILLUSTRATION PARFAITE. SURTOUT QUAND ELLE S’ACCOMPAGNE DE FAUVES DE BRETAGNE REMARQUABLEMENT AMEUTÉS.


Des fauves et des lapins

◆ D

AVANT LA FANFARE errière nous la grève orientale du bel étang page du Rallye des Falaises :les lapins de La Grande dePort-Brilletn’estplusqu’unsouvenir.Nousnous Métairie.En sortant du redoutable bois,nous avons DU “DÉPART”, dirigeons vers le nord-est,vers Olivet.Bientôt,nous de bonnes raisons d’espérer qu’ils seront bien préLES SONNEURS allons franchir une frontière oubliée. C’est qu’ici, sents. Peut-être est-ce dû à ce bocage,pays de beau INTERPRÈTENT en 1793, les métallurgistes de Port-Brillet ralliés courre,qui se découvre sous l’effet des rayons d’un LE “RALLYE auxrévolutionnairespénétraientdansleboisdeMisoleilprintanier.Sansdouteparanthropomorphisme, DES FALAISES”. sedon. En ces temps troubles,ils tentaient de déloon imagine volontiers les lapins quitter leur repaire LE DÉCOUPLER EST ger les chouans de leur “garenne”, à commencer des garennes pour la prairie, et s’abandonner aux PROCHE ; LES 25 par le premier d’entre eux Jean Cottereau dit Jean FAUVES FONT BIENTÔT bonheurs du bain de soleil.Surtout après plusieurs Chouan,unanciencontrebandierconvertiàlacause semaines d’un gel terrible dû selon les spécialistes ENTENDRE LEUR VOIX royaliste. « à un courant d’air venu de Sibérie ». « Au croisement, À L’UNISSON. Quelle semble loin aussi l’époque du trafic du c’est tout droit,vous prenez l’allée,au calvaire vous êtes sel avec la Bretagne voisine ! Pourtant au plus profond des arrivé », avait indiqué Loïc la veille par téléphone… Sec et sans chemins creux du bois de Misedon,rien ne semble avoir vrai- appel.Il nous avait alors semblé que Loïc n’était pas un grand ment changé. Peut-être même depuis le Moyen Âge, quand diseux.Rapidement nous découvrons une ferme toute simple, les moines enjolivèrent la Mayenne de ses admirables étangs. La Grande Métairie. Au bout du chemin un crucifix milléDes mêmes chemins escarpés, caractéristiques, et tellement naire veille sur le territoire… tandis qu’un âne reluque une propices aux embuscades d’antan, s’élèvent toujours des vo- table dressée en plein air. lutes de sable à notre passage. Sans le savoir passons-nous Laurent nous accueille avec toute sa famille, son épouse, peut-être à côté de la tombe de Cottereau enterré secrète- sa fille, et surtout ses deux fils Adrien le plus jeune et Alexis. ment ici.Qui sait,au pied de ce chêne séculaire ? Au cœur du Deux sonneurs impénitents dont les qualités de l’aîné ont “labyrinthe féerique” de Misedon, nous n’apercevrons pas déjà été récompensées par des prix nationaux. Laurent et les “les bataillons invisibles”des chouans, où Hugo situe l’action siens appartiennent à la grande famille de la vénerie, plus desonromanQuatre-vingt-treize.Sansdoutesont-ilsterrésdans exactement à celle des “suiveurs”. Ce n’est un secret pour leurs“galeries de fées”… personne,ils sont légion ces passionnés à suivre chaque année Mais aujourd’hui d’autres habitants troglodytes de la à pied,à vélo,à cheval ou en voiture chacune des chasses.DeMayennenousattendent,parl’entremisedeLoïclemaîtred’équi- puis l’ouverture jusqu’à la fin du mois de mars, car les ve-

LOÏC GESBERT A UNE PASSION : SES CHIENS, DES FAUVES DE BRETAGNE.“EN NOMBRE INVERSEMENT PROPORTIONNEL À CELUI DES BOUTONS”, DIT-IL, UN BRIN AMUSÉ. 90

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Des fauves et des lapins

sion partagée avec l’un des “deux Michel”, qui neurs ont la joie indicible de pouvoir chasser un LOÏC SOUS LE REGARD l’accompagne.Piqueur de son état,selon sa propre mois de plus que les cousins à tir. D’ALEXIS EST ENTOURÉ façon de se présenter… mais là encore nous n’en Tout juste avions-nous fait connaissance que DE LA MEUTE saurons pas plus. Michel est un personnage saLaurent nous invite à rejoindre sa table familiale. QUI SE DÉLECTE voureux et intemporel et semble tout droit sorti À peine l’invitation à déjeuner acceptée, un atteDE LA PREMIÈRE PRISE. d’un roman de Foudras. lage se présente. À la lecture de l’immatriculation À DROITE, MICHEL Toutes affaires cessantes,je dois accompagner Loïc dans les Côtes-d’Armor, nous comprenons aussiLÂCHE LES FAUVES. visiter le territoire.Nous avons une heure avant de tôt qu’il s’agit de Loïc suivi de sa meute de fauves CI-DESSOUS, DEPUIS découpler « à 13 heures pétantes ! Avec ce temps sec de Bretagne.Sexagénaire alerte,aguerri par la praUNE HAIE VIVE, et ensoleillé,la voie devrait être bonne ». Le temps tique assidue de la chasse,et par l’entraînement de LE PREMIER DÉBUCHÉ. aussi à Philippe, notre hôte et propriétaire du tersa meute.Parfaitement élégant dans son gilet bou“TAÏAUT ! TAÏAUT !” ritoire, de nous rejoindre après son travail.À peine tonné sur une cravate de vénerie immaculée, on sent que notre maître d’équipage n’est pas homme à se livrer quittons-nous – un peu à regret – la table du déjeuner et “les facilement,et à accorder sa confiance au premier quidam.D’ail- herbages du haut”, qu’un premier lapin débuche des pins laleurs, son équipage ne comporte pas plus de quatre boutons ; ricios, suivi bientôt d’un deuxième,puis d’un troisième encore lui-même et son épouse et « les deux Michel », lâchera-t-il sans cette fois dérangé dans les feuillus vers le ruisseau du bas.Découvrant ma mine réjouie, Loïc ne peut retenir : « Ah,c’est un plus de précision.Pour l’instant,il faudra s’en contenter. Comme tous les veneurs, Loïc a une passion dans la vie : sacré territoire à lapins,chez Philippe,chez nous en baie de Saintses chiens,ses fauves de Bretagne.« En nombre inversement pro- Brieuc vous n’auriez rien pu photographier,c’est trop serré.Même si portionnel à celui des boutons… », s’amuse-t-il. La voilà la pas- la vénerie c’est d’abord la musique des chiens.La vue de l’animal de chasse,ça vient après… » On le comprend très vite : Philippe a façonné un biotope de 9 hectares exclusivement pour la chasse du lapin. À commencer par les 7 hectares d’arbres, et autant de garennes, « plantés pas trop serrés,afin de laisser passer la lumière pour permettreauxroncesdepousser».Despinslariciossurlessolspauvres, mais aussi des douglas,les chênes et charmes complètent l’essentiel des essences rencontrées. Et l’herbe ! Elle est entretenue comme un gazon anglais, car « les lapins ne mangent plus si elle grandit trop… » Un garde-manger qui permet de calmer la vengeance meurtrière des agriculteurs pour lesquels le lapin reste un éternel adversaire. Sans oublier quelques bouleaux au pied desquels depuis trois ans seulement des bécasses ont élu domicile. Il faut savoir que la Mayenne, notamment avec

GRANDE OU PETITE VÉNERIE ? QU’IMPORTE, ELLE EST PRATIQUÉE À PIED DEPUIS FRANÇOIS Ier “QUAND C’EST POSSIBLE” OU À CHEVAL “QUAND CELA EST NÉCESSAIRE”. 92

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Des fauves et des lapins

d’un acteur au regard ténébreux, et l’âme d’un une faible pression de chasse, reste une terre LA COHÉSION EST veneur sûrement intrépide. d’élection cynégétique, pour le gibier d’eau et PARFAITE ! MAÎTRE particulièrement les canards. Témoin, ces sif- D’ÉQUIPAGE ET “PIQUEUR” À l’entame de la fanfare “du nouveau départ”, depuis la roulotte, la meute fait pour la première fleursquidécollentdevantnousdel’unedestrois INDIQUENT LA MÊME fois entendre son chant à l’unisson. D’une gorge petites pièces d’eau, la seule partiellement libre DIRECTION D’UN MÊME légère et rapide comme si elle avait été exactede glace en milieu de journée, malgré le soleil. PAS. À GAUCHE, APRÈS ment calquée sur l’allure du fauve de Bretagne. Trois petits étangs pittoresques, alignés et aliLE “TERRÉ” DE L’ANIMAL Lesémotionsenfouiesdepuisdeuxlonguesannées mentésparunruisseauquidrainesur700mètres DE CHASSE, MICHEL ressurgissent, avec la découverte de la vénerie du le fond de La Grande Métairie. JOUE UN RIGAUDON. lapingrâceauRallyedel’Épine(voirJoursdeChasse Soudain,depuis le haut de notre petite valCI-DESSOUS, n° 40). Plus qu’une découverte, ce fut alors une lée nous parvient la fanfare d’un concert de UN INSTANTANÉ révélation.Aujourd’hui, le coup de foudre est ratrompes.Onsemblenousconvieràrallierlepoint DU “STEEPLE-CHASE” nimé, simplement en croisant le regard si comdedépartquittéunequarantainedeminutesplus DE L’APRÈS-MIDI. plice de tous ces bassets fauves de Bretagne. tôt.En débouchant sur le plateau du haut,nous Quel spectacle de les voir s’ameuter au simple ordre « Serdistinguons aussitôt les cuivres rutilants des trompes de sept sonneurs. Leur formation en V se détache agréablement du rer ! » prononcé par Loïc. L’expression“sous le fouet”devient fond vert des pins et donne l’impression d’une scène vivante alors une simple métaphore. Le fouet fera figure d’un accesdigne d’un tableau de Condamy. Des visages nouveaux com- soire silencieux annexe tout au long de trois heures de chasse plètent cet orchestre auquel a pris part une toute jeune fille. que nous suivrons. Plus encore, on saisit bien d’autres choses Au premier rang, se trouve Philippe, notre hôte au physique avec le Rallye des Falaises. Osons l’avouer, l’animal de chasse devient presque un prétexte aux veneurs à assouvir la passion du chien.Mais ce n’est un secret pour personne,depuis l’Antiquité, chaque veneur a chassé “pour la passion du chien”. Arrien n’écrivait-il pas au Ier siècle ? « Les Gaulois ne vont pas à la chasse pour prendre du gibier,mais pour voir leurs chiens rivaliser d’adresse et de vitesse.» Tous nous sommes partis,femmes,hommes et… chiens à la billebaude. Rapidement fidèle à son habitude, Avène ne tarde pas à « rencontrer », m’annonce Philippe, en entendant les premiers récris.Avène fait aujourd’hui partie aux côtés de Carrouges et Cannelle des chiennes de tête,fers de lance de la meute. Car, comme le rappelle Loïc à l’envi, « pas de grande équipe sans grands éléments ». >>

REQUÉRANT, INSENSIBLE AUX ÉPINES, LE BASSET FAUVE DE BRETAGNE POSSÈDE AUSSI DES QUALITÉS OLFACTIVES EXACTEMENT ADAPTÉES À SA VITESSE.C’EST ESSENTIEL. 94

Jours de C HASSE ◆

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Des fauves et des lapins

Un lapin vient d’être lancé en bas, dans les LA MEUTE AUX ORDRES. cris retombent.«Terré », précise aussitôt Philippe. Sans tarder Loïc joue un rigaudon de sa pibole, feuillusprèsduruisseaudontlecoursindiquel’abÀ DROITE, CES ponctuédequelques«Hop,hop,hop… !»,pourrapbaye de Clermont. Avec beaucoup d’initiative le BRANCHES SONT peler les chiens.Première Rosalie,la retraite manpaquet de chiens très requérant emmené comme ÉLAGUÉES DE SORTE quée… qu’importe le spectacle était vraiment là, toujours par Catia,Carrouges et Cannelle,rejoint QUE LA LUMIÈRE bientôt Avène : « Les trois C, apprécie Philippe PÉNÈTRE ET LES RONCES inoubliable. Je saisis pleinement la signification de la devise du Rallye des Falaises, tout à l’hondans un souffle. Des 4 ans,les filles d’Avène sont POUSSENT… POUR LES neurdeseschiens,“Grandslespetits”.PatrickVerro impressionnantes,fruits de dix générations de sélecLAPINS. CI-DESSOUS, avait bien raison quand il explique que la vénerie tion chez Loïc.» CET ANCIEN ABREUVOIR «Yrelance !Aucoute !Aucoute !»Loïcordonne SERVIRA D’ABRI INOPINÉ. est « une lutte loyale entre un gibier sauvage et un ensemble de chiens,seuls véritables acteurs ». aussitôt aux vingt et un autres fauves de rameuPAGE DE GAUCHE, Pour arriver à l’excellence de sa meute, on imater. Après le travail des lanceurs, selon les ordres ADRIEN, DÉJÀ HABITÉ gine la passion de Loïc mêlée de ténacité sans de Loïc, l’orchestre joue maintenant d’une seule PAR LE FEU SACRÉ. faille. Car même si, depuis 1975, il chasse le lapin voix “à répétition”, vive, légère, agile comme nos bassets.Lavoieestexcellente.D’ailleursuneautrevocalisetoute à tir en compagnie de quelques fauves de Bretagne,apparemféminine cette fois, mâtinée de surprise et d’émotion, an- ment rien ne le prédisposait à embrasser l’art de la vénerie. nonce le «Taïaut ! » Après le débucher,l’animal prend mainte- « Moi dont on ne retrouve aucune trace de chasseur dans la généanant son parti en filant dans les sapins. C’est cet arsenal de logie »,s’amuse-t-il à rappeler.C’est sans compter sur une renruses,de retours sur sa voie,de crochets… qui rend la vénerie contre qui va bouleverser sa vie, celle avec Daguet le piqueur du lapin si amusante et sur un territoire excédant rarement du célèbre équipage Breton de La Bourbansais, créé par madame de Gigou.« Il venait me prendre de la viande pour nourrir sa 10hectares. À condition d’avoir un minimum de sens de la chasse, c’est un régal de “s’écarter” pour se placer aux points stratégiques. Pour assister, toujours avec l’extrême attention de ne pas déranger la chasse, à la poursuite d’un lapin par un paquet constitué de vingt-cinq chiens. Car « plus les musiciens sont nombreux, plus belle est la chasse », constate avec raison Loïc. C’est la raison pour laquelle il découple à chaque fois « un joli poids de chiens »,selon son expression consacrée.«Vingt au moins ! » Pour l’instant,rien n’est fait et la chasse continue,lorsque l’animal suivi par la meute décide de redescendre à l’étang. Au saut d’une allée voici notre lapin au trot, il semble avoir l’un des postérieurs raidi par l’acide lactique. Les chiens sont déjà là.La chasse disparaît dans les douglas.D’un coup les ré-

C’EST CET ARSENAL DE RUSES, DE RETOURS SUR VOIE… QUI REND CETTE VÉNERIE SI AMUSANTE SUR UN TERRITOIRE EXCÉDANT RAREMENT UNE DIZAINE D’HECTARES. Jours de C HASSE ◆

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Des fauves et des lapins

fouet », Loïc crée en 2000, le Rallye des Falaises. meute, on parlait chiens… Alors en 1988, lorsque AVEC SAGACITÉ, Une passion autant qu’un sacerdoce ! j’organise une petite fête de la chasse,madame de GiCE LAPIN SE CARAPATE Aujourd’hui, la vie de Loïc est calquée sur celle gou accepte de venir présenter son équipage. LorsDANS LE DOS desquarantelocatairesduchenilmitoyendesamaiqu’elle voit que j’ai un cheval,elle me propose de suivre DES VENEURS. C’EST son de famille. Un exemple, pour montrer que le une chasse.» SANS COMPTER, PAGE “sacerdoce” n’est pas un vain mot, avec la soupe. Àpartirdecetinstantendevenant«suiveurpluDE DROITE, SUR LA sieurs années », Loïc scelle son destin. Même si PERSPICACITÉ DES DEUX Sapréparationduretroisheures,caricilesaliments industriels n’ont pas droit de cité.« Mais quel plai« parfois je me retrouvais au milieu de la chasse,sans CHIENS DE TÊTE. sir de presque partager avec les chiens une vraie bonne rien y comprendre.Sinon de découvrir quelques heures CI-DESSOUS, APRÈS soupe à base de viande,de céréales aplaties et de riz » : plustardunebelleprise !»Maisl’hallalinereprésente UN RALLYE DE DIX que la conclusion d’un plaisir qui commence dès MINUTES, CE LAPIN EST c’est tout juste s’il ne la goûte pas avec un bonheur non dissimulé ! Aussi quel plaisir de le voir le lancer sinon dès le découpler. « Presque l’opposé FOURBU ET SEMBLE contempler ces quarante chiens issus de dix géde la chasse à tir où tout s’arrête au coup de fusil », “PORTER LA HOTTE”. nérations où « la consanguinité joue un rôle majeur ». constate-t-il. Second élément initiateur à la création du Rallye des Fa- Car n’oublions jamais non plus, « les veneurs sont d’abord des laises… « Une maladie sur le lapin en 1991,perturbe la chasse car éleveurs de chiens », aime-t-il à répéter. Malgré la sélection il y a aussi des échecs. Ce n’est un seles effectifs diminuent », afin de « moins prélever je me tourne naturellement vers la vénerie ». Encouragé par madame de Gigou, cret pour personne,le fauve de Bretagne peut être un tantinet par l’exemple de Daguet avec « ses chiens parfaitement sous le têtu. Dans le cas où un chien fait preuve de trop d’indépendance pour s’ameuter, Loïc le conserve quand même, preuve de cet attachement charnel à ses chiens. De même, vers l’âge de 8 ans lorsque sonne l’heure de « transmettre la patte »,les retraités passeront ici une « belle vieillesse ». Ici même où tout a commencé. Philippe, bouton du fameux Vautrait Tad Koz (“grandpère” en breton), ne cache pas son admiration pour le travail quotidien de Loïc.Lorsque nous lui demandons son point de vue sur la vénerie du lapin. « Pratiquée correctement comme le fait Loïc,avec des chiens créancés,qui s’ameutent aux ordres en paquets,elle est une vraie vénerie »,répond-il sans la moindre hésitation. C’est beaucoup de travail, aussi compliqué sinon plus qu’avec les grands chiens.Tout commence au chenil,par l’obéissance.Ensuitesurleterrain,c’esttroptard,carsiunchien

L’ÉDUCATION DES CHIENS EST COMPLÉTÉE HORS PÉRIODE DE CHASSE PAR DES SORTIES SUR LA PLAGE, UNE FOIS PAR SEMAINE, DERRIÈRE LE VTT DU MAÎTRE D’ÉQUIPAGE. 98

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« vous prend la main le premier jour,il vous la prendra tout le temps.L’obéissance est primordiale ». « Parce que nos chiens ne sont pas des bœufs,ils ne doivent pas être attachés à la barre ! » Loïc a fait bonne usage de la réflexiondemadamedeGigou,lorsdel’unedesespremières présentations à l’occasion d’une fête de la chasse.Lui aussi se devait d’avoir des chiens bien tenus en ordre, sous le fouet, pas même couplés, juste présentés en meute. Voilà pourquoi,les chiots vivent dans les boxes du chenil les plus proches de la maison, afin qu’il y ait cette indispensable imprégnation à l’homme (« Ils doivent nous voir le plus souventpossible.Maisenfait,onvitenpermanenceavecleschiens»). C’est sans doute là l’un des secrets pour arriver au bon résultat d’une meute cohérente. Il faut voir chaque groupe de chiens rentrer dans l’un de ses six boxes après que Loïc a frappé deux fois dans les mains : c’est net et sans bavures. Si chacun connaît son nom,comme Loïc connaît la voix de chacun d’entre eux, le paquet s’exécute parfaitement aux ordres :«Arrêter ;monter ;serrer !»Impressionnant.Uneéducation complétée hors période de chasse à Morieux, avec des sorties de dix kilomètres sur la plage, chaque semaine, derrière le VTT du maître d’équipage, et « tous les troisquatre cents mètres,on arrête et on serre ! » Car la baie de Saint-Brieuc,et plus particulièrement la chasse communale de Morieux, est le théâtre habituel des exploits du Rallye des Falaises. Un territoire très exigeant avec beaucoup de ronces où un unique sentier douanier permet d’apercevoir la chasse. Sans parler du vent qui, s’il souffle de nord-est, rend encore plus fugace le sentiment du lapin.Ces jours-là,même avec la sagacité d’Avène et de ses trois filles, il faut retraiter vers l’intérieur plus abrité sous peine de faire“buisson creux”.Mais quand la voie est bonne comme aujourd’hui en Mayenne, l’équipage peut prendre trois lapins. Petite précision, les lapins gobés notamment sous les tas de bois ne sont jamais comptabilisés. Bon an, mal an, depuis le milieu des années 2000 et « notre pleinematurité»,leRallyedesFalaisescomptabiliseunesoixantaine de prises par an pour autant de sorties.Soixante-huit lapins précisément cette saison et trente gobés. >>

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deglace.Vingtminutesplustardlaglaceavaitfondu. Sans doute nulle part mieux qu’à Morieux, le AU MOMENT DE S’agit-il de prescience de la part de la meute ? En territoire dense et serré exige des chiens de qualité LA PRISE LE MAÎTRE supérieure. Avant tout requérant, c’est-à-dire ca- D’ÉQUIPAGE SERRE LES tout cas, la meute n’avait, une fois n’est pas coutume, pas suivi l’animal de chasse.Ou encore,cette pables de chasser seuls, sans avoir peur de se piCHIENS. CI-DESSOUS, foisoùdanscehallierinondé,leschienss’attardaient quer à la ronce. « Les mêmes qualités doivent être reLE LAPIN sansexplicationsrationnelles.Sinonl’utilisationpar trouvées chez nos fox-hounds et nos anglo-français du EST BOUSCULÉ. lelapincommeéchappatoireàsespoursuivantsd’un VautraitTad Koz », constate Philippe en grand spéFRÉQUEMMENT, tuyau aux trois quarts inondé. Quelle ne fut pas la cialiste. Bref un authentique chien de chasse breLES CHIENS surprise de Loïc en observant quelques vagueton doit se sentir aux ajoncs comme au chenil. LES ATTRAPENT lettes annonciatrices de l’animal de chasse ! Silavénerieenparticulierregorged’anecdotes, SANS LES OCCIRE. Onl’auracompris,lasuperficienécessaireaudéduit celle du lapin ne déroge pas à la règle. Comme ce jour à Port-Brillet où un lapin trouvera son salut par la tra- du lapin est inversement proportionnelle au plaisir qu’elle versée de l’un des trois étangs recouvert d’une fine pellicule engendre. Nous nous souviendrons toujours de ces trois heures de spectacle offert par Loïc et sa meute de petits fauves dorés. Ce soir Adrien, le plus jeune d’entre nous, reçoit les honneursdelapartdumaîtred’équipage.Unspectaclecomme les apprécie Loïc,avec « beaucoup de chiens,très peu de monde ! ». Un jour à Chambord quelqu’un lui a demandé de définir“sa” vénerie : « –Petits chiens,petits moyens,petits territoires… –Mais grand plaisir ! avait complété un maître d’équipage de grande vénerie. » Tout est dit.“Grands les petits”, le Rallye des Falaises n’a pas failli à sa devise. ◆ Nous remercions Loïc Gesbert de nous avoir invité à suivre l’une de ses chasses.Mais aussi Philippe Huneau et son épouse pour nous avoir si gentiment reçu.

LE COURRE DU LAPIN EST L’UNE DES CHASSES LES PLUS AMUSANTES QUI SOIENT. UNE SORTE DE CONDENSÉ AU PARFUM DE TOUTES LES AUTRES FAÇONS DE CHASSER. 100

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Sur le terrain Su r l e t e r r a i n

par Olivier Morel d’Arleux

Te r r i t o i r e

À la reconquête du petit gibier du Val Dunois

PHOTOS : BLICKWINKEL / ALAMY - OLIVIER MOREL D’ARLEUX

◆ Dans le département de la Meuse, un GIC représentant vingt communes et 18 000 hectares s’attelle depuis 2003 à la gestion du lièvre, de la perdrix grise, du faisan et du lapin. Neuf ans plus tard, les premiers succès sont là et ont fait naître un engouement à l’échelle de la Lorraine.

À prèsdetrentekilomètres au nord de Verdun, près de Varennes-en-Argonne dans laMeuse,touteslesroutesqui latraverseégrènentleurschapeletsdecimetièresmilitaires français, anglais, américains maisaussiallemands,témoins de la férocité des combats qui s’y déroulèrent pendant la Grande Guerre,il y a bientôt un siècle. Ces territoires si longtemps dévastés par la folie des hommes offrent désormais un aspect apaisé. Des collines verdoyantes, desplainesàlavégétationnaissante – réensemencées cette année après la vague de froid intense de février– succèdent 102

LE PRÉSIDENT DU GIC DU VAL DUNOIS, PATRICK VANDERESSE, ET UN LIÈVRE COMMUN. ON COMPTAIT 3,2 CAPUCINS AUX CENT HECTARES À LA CRÉATION DU

GIC LORS DE BATTUES

À BLANC RÉALISÉES EN MARS,

25 AUJOURD’HUI.

àdesboisdesapinsetdefeuillus laissant çà et là une large place à la culture des céréales. Des pays de grands animaux, des repaires de“grandes pattes”et de bêtes noires, diront d’une seule voix bien des cynégètes.Cesmêmeschasseurs penseront sûrement aux sangliersdeVerdun,gérésdemain de maître par François Ma-

gnien (voir Jours de Chasse n° 4). Tout cela est vrai,mais tout de même un peu réducteur. Car ce que l’on sait un peu moins, c’est que le départementdelaMeusecommence à redevenir un pays de petit gibier. L’expérienceestencoremodeste, récente et toujours en phase de développement. Certes, mais elle peut à bien des égards être un exemple pour la chasse française. Elle est due à la volonté et à l’énergie d’un enfant du pays, PatrickVanderesse,fils d’un éleveur établi à Brieulles-surMeuse. « Nous n’avions plus le

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choix,sesouvient-il.Lepetitgibier avait quasiment disparu.Il nerestaitplusquelesmigrateurs. C’étaitinsuffisantàmongoût.» Révolution agricole, remembrement,utilisation intensive de produits phytosanitaires, pressiondechasseexcessive… laMeuse,elleaussi,estvictime de l’effondrement des populationsdelièvresetdeperdrix. Patrick Vanderesse voit les chosesmodestementd’abord. C’est,en 1996,à la suite d’un stage cynégétique sur la première étude nationale sur la perdrix grise à la Fédération de chasseurs du département voisin de l’Aube,qu’il a l’idée de regrouper les amateurs de


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Sur le terrain PHOTOS : BLICKWINKEL / ALAMY - OLIVIER MOREL D’ARLEUX

Sur le terrain

chasse au lapin de son voisinage (« Parce que cela ne demande pas de grands territoires, on voit les résultats rapidement, etquecelaamusetoutlemonde»). Une action commune est entreprise sur deux domaines cette année-là, avec la constructiondegarennesartificielles. Pour limiter le stress, et permettre aux lapins de s’approprier les territoires,ces garennes seront clôturées près de neuf mois. En parallèle, les haies sont réaménagées et, pour éviter que les lapins ne se jettent sur les cultures, quelques prairies en bordure de champ sont régulièrement tondues « pour tenirlesrongeurs».C’est un succès. Ainsi, en moyenne, au cours des deux comptages annuels (à la fin de l’hiver et à l’automne), ce sont entre 180 et 250 lapins qui sont observés.Les prélèvements ? «Modestes,carnous n’en tirons qu’une trentaine ; notre objectif étant de laisser chaque année une centaine de

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reproducteurs ». Mais Patrick Vanderesse veut aller plus loin. « Je suis parti d’une feuille blanche », reconnaît-il. Avec l’aide de la Fédération des chasseurs de la Meuse – car plus aucune structure s’intéressantaupetitgibiern’existe

dansledépartement–,ilfonde en 2003 le GIC du Val Dunois,dontildevientprésident. L’affaire n’est a priori pas simple. La Meuse est en effet un département soumis auxassociationscommunales de chasse agréées (Acca),qui ont en principe leur propre

UNE VUE DU TERRITOIRE ET, CI-DESSOUS, UNE COMPAGNIE DE PERDRIX GRISES. 3000 PERDREAUX ONT ÉTÉ LÂCHÉS SUR LE

GIC. AUJOURD’HUI, 9 COUPLES

ON DÉCOMPTE PRÈS DE AUX CENT HECTARES

SUR LES MEILLEURS TERRITOIRES.

gestion. « Cela n’a pas été finalement un problème », souligne-t-il. À telle enseigne, qu’en cinq ans (de 2003 à 2008), ce sont 20 communes et près de 18 000 hectares qu’il a réussi à réunir, représentant un total de 140 chasseurs.

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Fort logiquement, le premier objectif fut de préserverlereliquat,mêmefaible,de petitgibierencoreexistantsur le territoire. Les comptages donnent une idée de la situation : seulement un lièvre selonlecomptageIKA(l’indice kilométrique d’abondance qui consiste à rapprocher le nombre d’animaux vus à celui de la distance parcourue) et pour le perdreau, moins d’uncoupleaux100hectares. Bref, un quasi-désert cynégétique. « Notre première priorité fut de mettre en place un piégeage constant. Avec, au départ, le concours de la fédération des chasseursquiprêteradespièges», explique-t-il. Cette politique de piégeage qui avait commencésurlesdeuxcommunes où avaient été installées les garennesartificielles,sepoursuit donc sur l’ensemble des territoires du groupement, chacundevantbénéficierd’au moins un piégeur agréé actif. Touteslestechniquessontutilisées :cages à corvidés,boîtes tombantes,déterrage,affût… Les résultats ne se font pas attendre ; les piégeurs éliminent en moyenne ,chaque saison, 50 mustélidés, 300 corneilles,100piesetquelque 250 renards. Le renard bénéficie d’un “soin” tout particulier.Onsait,eneffet,selon les études statistiques effectuées par de nombreuses fédérations (voir notre article page 10) que le renard figure toujoursenbonneplacepour laprédationdupetitgibiersédentaire. Sur le GIC du Val Dunois,touteslestechniques sontdoncpratiquéesquecela soit le collet, la cage avec appelantvivantouleplusutilisé le piège à lacet. >>


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La technique préférée de PatrickVanderesse consiste à disposerunpiègeàlacetdans le couloir d’accès d’un tas de fumier disposé en fer à cheval au fond duquel se trouve un appât carné. L’odeur du fumier masque bien celle de l’homme : le renard se fait prendre attiré par l’appât. EtPatrickVanderessed’ajouter que «lerenardsepiègetoute l’année mais c’est en hiver qu’il faut faire des prises car tout adulte éliminé avant les mises bas est un reproducteur hors d’étatdenuire.Ilfautàtoutprix en éviter la prolifération ». En tournéedenuit,lesgardesont puconstaterladiminutionde la présence du renard en huit ans : de 1,5 renard au kiloCOQ FAISAN ET, CI-DESSUS, AUTRE VUE DU TERRITOIRE. LA RÉINTRODUCTION DU FAISAN EST L’AUTRE DÉFI DU GIC : 5000 OISEAUX ONT ÉTÉ LÂCHÉS ENTRE 2004 ET 2010 APRÈS ÊTRE PASSÉS PAR DES VOLIÈRES DE PRÉ-LÂCHERS.

mètre parcouru à 0,5 sur un itinérairederéférence(IKA). Ce n’est pas pour autant que les aménagements sont négligés.Aucontraire.Dèsles années 2004-2005, l’ensemble des adhérents du GIC met en place des agrainoirs (passés de 100 à 500, sur l’ensemble des communes), d’abris antirapaces.Les haies sont préservées et entretenues. À rebours, le groupement a dû subir une baisse

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de la surface des jachères faune sauvage depuis 2008 à la suite des modifications de la Pac (de 20 à 7 hectares). Une baisse partiellement compensée par des contrats MAET (mesures agro-environnementales territorialisées) signés par une dizaine d’exploitations. Le principe estsimple :encontrepartiede « bonnes pratiques agricoles » (comme de semer des cultures intermédiaires, de la

moutarde par exemple,après la récolte des céréales) promulguées par la chambre d’agriculture,lesagriculteurs sont aidés pendant cinq ans à hauteur de la perte de rendement.Au total,ce sont environ 130 hectares de couverts si utiles pour le gibier qui vont être ensemencés dès cette année. Les résultats sont spectaculaires sur le lièvre.De 2003 à 2011,l’indice kilométrique d’abondance du lièvre passe de 0,15 lièvre à 4,3. Un indice confirmé par les comptageseffectuéslorsdebattues à blanc au mois de mars : 3,2 lièvres aux cent hectares lors de la constitution du GIC,

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25 capucins en 2010 (de plus, afin de mieux connaître la qualité de la reproduction, une analyse de pattes antérieures des lièvres prélevés permet d’établir la proportion de jeunes sujets à la chasse). « Sans aucun apport de reproducteurs extérieurs », aime à préciser Patrick Vanderesse.Danslemêmetemps, ces prélèvements sont passés de 42 animaux à 200. La question de la perdrix grise s’est révélée beaucoup plus délicate.À la création du GIC, les chasseurs ont décidé de stopper temporairement le tir des perdreaux vu le très faible niveau des populations, une suspension confirmée par un arrêté préfectoral en 2003. Cette très faible densité a conduit les dirigeants du GIC à se lancer dans une opération importante de repeuplement financé à hauteur de 50 % par la fédération ; une opération qui débutera en 2006 après


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trois ans d’effort pour réguler les prédateurs. Au total, ce sont 3 000 perdreaux qui seront introduits (sur treize communes) par groupe de dix à l’aide de boîtes de prélâchers où ils resteront une semaine. Le contrôle des densités de repeuplement se fait par des battues à blanc organisées en mars chaque année qui mobilisent 180 à 200 bénévoles sur 2 jours. Le résultat de la reproduction se fait ensuite paréchantillonnagedescompagnies après la moisson, c’est-à-dire qu’on détermine le nombre moyen de jeunes par couple, afin d’établir un éventuel plan de chasse. Aujourd’hui, les densités vont de 1,5 couple à 8,8 aux cent hectares,avec un objectif à plus de 10 d’ici deux ou trois saisons.La première attribution en plan de chasse perdrix s’est faite pour la saison 2010-2011 : avec 38 prélèvementsautorisés,ellereste symbolique, mais c’est un “encouragement” pour les meilleurs territoires. Le GIC ne s’est pas arrêté là.Pendant cette période a été lancé un repeuplement pour le faisan commun (sur huit puisonzecommunes)en2006 financé aussi à 50 % par la Fédération des chasseurs de la Meuse.Au total,5 000 faisandeauxontétélâchésentre2004 et 2010 après être passés par les volières de pré-lâchers (de

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PHOTOS : FLPA/ALAMY - OLIVIER D’ARLEUX

UN RENARD EN PLEINE ACTION ET, EN DESSOUS, PATRICK VANDERESSE PRÉPARANT UN PIÈGE POUR UN RENARD. TOUS LES ANS, LE GIC EN ÉLIMINE 250, CHIFFRE AUQUEL IL FAUT AJOUTER 50 MUSTÉLIDÉS, 300 CORNEILLES ET 100 PIES.

30mètrescarréschacune,pouvantaccueillir40oiseaux,pendant une semaine).Une opérationréaliséeendeuxétapes : d’abord, avec des faisans issus d’un élevage classique, puis pour 1 800 d’entre eux, venantdesouchesfourniespar l’ONCFS,àlasuited’unerencontre avec Pierre Mayot, un des meilleurs spécialistes du faisan en France.« Nous avons obtenu un bien meilleur rendement :moins de mortalité grâce àuncomportementplussauvage, et un meilleur taux de reproduction », constate Patrick Vanderesse. Bien entendu le tir du faisan a été interdit pour trois ans par arrêté préfectoral.

Cette interdiction s’adressaitàtouteslescommunesdu GIC y compris celles limitrophes pour limiter des prélèvements excessifs sur les périphéries eu égard au comportement souvent erratique de l’espèce. D’ailleurs, afin d’établirlarépartitiondesfaisans, une cartographie des coqs chanteurs est dressée chaque année en avril. L’opération prend une bonne tournure : 140 oiseaux recensés il y a trois ans,230 l’année dernière, et 300 sont attendus cette année. Qui plus est, ce système permet de travailler avec les exploitants agricoles pour modifier les techniques culturales des prairies,en vue

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delimiterlespertesdues auxfauchaisonsd’herbe tropprématuréesensaison.En effet,grâce à des financementsAgrifaune (donc des fonds européens),l’exploitantreçoit une indemnité financièrepourcompenserles inconvénientsd’unrecul des dates de fauchaison del’herbepourl’ensilage demars-avrilàlafinjuin ou mieux au 15 juillet très bénéfiques au sauvetage des nids qui s’y trouvent. On le voit bien l’action du GIC du Val Dunois, si elle n’est pas spectaculaire par rapport à des réussites de grandeenverguredansdesrégions plus riches, n’en demeure pas moins remarquable par l’engouement qu’elle a suscité à l’échelle de la région Lorraine. Elle a surtout modifié aux yeux du monde agricole sa perception du monde de la chasse. Mais, Patrick Vanderesse sait que leplusdifficileestdevantlui : «Noussommesactuellementune oasis dans le désert qui peut très viteêtrerecouvertedesable,plus l’oasis sera vaste plus elle résistera ». Il ne suffit pas d’être, il faut durer. ◆


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par Humbert Rambaud

Du côté des chiens…

Mâle ou femelle ?

◆ Il y a d’excellents chiens tout comme d’excellentes chiennes. Il faut bien avoir en tête que chaque sexe possède ses avantages et ses inconvénients… Alors choisir entre un mâle et une femelle est une affaire de circonstances, de nuances et de sensibilité.

C’est toujours très amusant

– et un rien sadique, il faut bien le reconnaître – de parler avec des chasseurs de toutes obédiences de leurs chiens et surtout de ceux des autres, car au bout de quelques minutes d’amabilités,les esprits s’échauffent, et les mots peuvent quelquefois devenir irréparables.La question de savoir s’il faut préférer un chien ou une chienne n’échappe pas, hélas, à la règle. Les avis sont tranchés et péremptoires. Pour les uns, il faut éviter les mâles à tout prix, étant tout à la fois brutaux, coureurs et bagarreurs. Pour les autres,ils ne veulent à aucun prix entendre parler d’une femelle,en raison des turbulences dues à son sexe, qui peuvent la rendre pénible dans sa propre demeure et inutilisable à la chasse. On le devine : c’est une affaire de nuances, de circonstances et de sensibilité… Curieusement,lalittérature cynophile et cynégétique n’évoquequasimentpaslesujet, comme s’il allait de soi, comme s’il n’avait pas d’importance. Ni William Arckwright, ni le colonel Dommanget ne l’abordent. Pas davantage qu’Ernest Bellecroix et Paul Caillard.L’abbé Godardpasseégalementl’affaire sous silence. Nombre

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d’encyclopédies spécialisées également.Sans doute parce quecen’étaitsimplementpas une de leurs préoccupations majeures car,à cette époque, il y avait peu ou pas de chiens à la maison (ils vivaient pour la quasi-totalité d’entre eux en chenil), ils élevaient euxmêmes leurs chiens (et, par définition, ils avaient besoin de mâles et de femelles !), et chassaient pour la plupart du temps seuls, ce qui limitait au maximum les problèmes de promiscuité entre chiens. Seul Max Carli dans son excellentouvrageJedressemon chien d’arrêt (Éditions du Sud-Ouest) – dans le genre, sans doute le meilleur paru ces dernières années – y consacre très exactement quatre paragraphes,quiauraientmérité certainement un développement un peu plus long. «Mâleoufemelle,écrit-il,jerépondrais :“Choisissez le bon chien.Il est difficile de comparer puisqu’il existe d’excellents chiensauseindechacundedeux sexes.Il faut bien avoir en tête que chaque sexe possède ses avantages et ses inconvénients. Dansl’attentedutroisièmesexe, il faut être conscient de ce qui nousattend.»Justementqu’en est-il ? Éliminons tout d’abord un préjugé comme le fait que les chiennes seraient plus précocesquelesmâlesàlachasse ;

Setter anglais à l’arrêt. “Dans l’attente du troisième sexe, il faut être conscient de ce qui nous attend”, écrit Max Carli.

qui, en effet, n’a jamais entendu certains chasseurs affirmer que leur chienne arrêtait et chassait presque parfaitement à six mois,tandis que le mâle de même race qu’il avait eu n’avait pas été

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vraimentprêtavantdeuxans, et encore. Cela peut arriver –dans certaines races de chiens d’arrêt continentales, la chienne peut être un peu plus précoce –, mais cela ne joue qu’à la marge lorsqu’on


PHOTOS : DANIEL DEMPSTER PHOTOGRAPHY/ALAMY - PRISMA BILDAGENTUR AG/ALAMY - ALAIN DAMPÉRAT

Chiots setters anglais ; ci-contre, épagneul breton avec sa portée. Au-delà de la question du sexe, le chasseur examinera les qualités de la lignée, en particulier ses capacités cynégétiques et la souplesse de son caractère.

sait que,quoi qu’il arrive,un chien de chasse – qu’il soit retriever, leveur de gibier ou d’arrêt– a besoin entre deux ettroisansdetravailpourêtre dresséetavoiruneexpérience de chasseur. Onlesait,lavraiedifférence estd’ordrephysiologique.Personne ne peut empêcher un mâle de lever la patte,presque à tout bout de champ, ce qui estsouventetsimplementune manière entre autres de marquer son territoire. Ce qu’il ne fait pas à la maison après une stricte éducation. En revanche,ce qui peut faire peur àdeschasseurs,cesontleschaleursdesfemelles.Enprincipe,

ellesinterviennentdeux fois par an.Des événements qui ne manqueront pas d’attirer tous lesmâlesdelarégion(et si vous avez un chien,il faudra le tenir“serré” ; et s’il sent une chienne en chaleur, il faudra «supportersesétatsd’âme qui iront de la plainte bruyante au régime jockey.Amoureux,il pourra perdre l’appétit,etdoncsontourdetaille habituel »,dit joliment Max Carli). Sans compter qu’audelà des risques liés à la fugue de votre chien, il y a égalementlerisquequ’ilsebagarre avec d’autres chiens.

Donc, au moins deux fois par an, ces trois semaines de chaleurs tomberont au cours de la saison de chasse.Si vous chassezseul,celan’estpastrop gênant,mais si,pour une raison ou une autre, vous êtes amené à côtoyer des chiens,

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ce sera tout bonnement impossible.Plusencore,pendant leurschaleurs,certaineschiennes peuvent être si perturbées qu’elles en « perdent leur latin,sont totalement désorientées»,expliqueunvétérinaire. C’estparexemplecettechien-

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Épagneul breton mâle. Ci-contre, setter anglais au dressage. Contrairement aux idées reçues, les femelles ne sont pas plus précoces à la chasse que les mâles, sauf à de très rares exceptions.

ne qui, à la chasse, semble avoir oublié toute notion de dressage :ellechassemal,sans entrain, ni enthousiasme, n’écoute rien, ni personne. C’est cette autre chienne encore,raconteMaxCarli,«belle etgrandechampionnedetravail, qui,deux fois,par an,devenait incontrôlable ».Et ce n’est pas fini.Car la montée de lait qui

suit les chaleurs peut perturber nombre de chiennes. Ce n’est pas rare qu’une femelle devienne possessive à l’extrême, quelquefois même à la limite de l’agressivité, se mettant à garder des vestes, des bottes… Existe-t-il des solutions pourlimiterleschaleurs ?«En l’état actuel de la science,il n’y a malheureusement rien », constate le vétérinaire Luc Gressens.Certes,onpeutempêcherparunepharmacopée appropriée les chaleurs d’arriver,« mais il ne faut en aucun cas le faire plus de deux ou trois

PHOTOS : IMAGEBROKER/ALAMY - ALAIN DAMPÉRAT - FOTOLINCS/ALAMY

Sur le terrain

fois dans la vie d’une chienne, sinonellerisqued’avoirdescomplicationsgraves–enparticulier unpyomètre,l’infectiondel’utérus – qui peuvent entraîner la mort ». L’immense majorité

des vétérinaires conseillent donc de stériliser la chienne. Si le chasseur veut garder un ou plusieurs chiots,il procédera à l’opération après cette portée ;s’il ne désire pas

Braques français et, page de droite, très belle chienne pointer. Il peut arriver que certaines femelles, au moment des chaleurs, soient si perturbées, qu’elles chassent mal, sans enthousiasme, n’écoutent rien ni personne.

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tée.Précisons que la stérilisation aura pour conséquence un poil plus terne sur le dos de la chienne, et souvent une prisedepoids(c’estpourcette raisonqueledosagedelanourriture sera très important). « Question des chaleurs résolues,quelles sont les qualités de la femelle ? » s’interroge Max Carli. Là encore, c’est une question de nuances. « Il y a une plus grande souplesse de caractère et davantage de soumis-

unchiendecesraces-là,ilvaut mieux choisir une femelle. Celan’empêchenullement de dire que, dans toutes les races,ilyadeschiennesaucaractère bien trempé, et qui sont des dominantes comme le pire des mâles.À l’inverse, vous avez des mâles très souples, faciles, peu dominants. Pour nombre de vétérinaires et de dresseurs professionnels,« c’est moins une question desexequ’unequestiondelignée

et de génétique ».Si les ascendantssontd’uneraceavecdu caractère,votrechienenaura aussi,et peu importe le sexe. À rebours, il y a des lignées connues pour être faciles. Quelquefois d’ailleurs, la questiondelacastrationd’un chien peut être envisagée quandilesttropagressifavec ses congénères ; c’est une opération encore classique, qui aura pour conséquence une prise de poids. Autre problème qui peut inquiéter des chasseurs :s’ils ont déjà des chiens, ils peuvent avoir peur de la cohabitation.S’ilsont déjà une femelle non stérilisée,un mâle est à éviter à moins de vouloir passer des nuits difficiles. S’ils ont déjà un mâle (ou une femelle),la cohabitationavecunchien dumêmesexeestloin d’être à proscrire,une hiérarchies’établira(il ne faut jamais oublier que le chien descend du loup !) : le maître laisserafaireleschiens (àconditionencorede prendredeschiensau caractère souple, au risque d’avoir de sévères bagarres) en ayant toujours en tête que leschiensdoiventsentirqu’il yaunmâledominantetseul, c’estvousetjamaispersonne d’autre. Au fond, mâle ou femelle, c’est une question de sensibilité, de goût personnel, certains chasseurs ayant l’impression de déroger s’il s’affichait avec un mâle et inversement.Letoutestsimplement de savoir à quoi s’attendre. ◆

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sur iPhone, iPad et autres tablettes

sion que chez le mâle », poursuit-il. C’est sans doute vrai en théorie, mais dans la pratique… En effet, il faut se garder de toute généralité. Si personne ne conteste que les mâles soient plus costauds, plus imposants que les femelles, ils ne sont pas forcément des brutes accomplies, sauf dans quelques races germaniques, comme chez certains braques allemands ou chez certains jagd-terriers. C’est pour cela que, dans ce cas,sil’onveutvraimentavoir

Retrouvez-nous

faire d’élevage, il la stérilisera le plus tôt possible. De fait, nombre de spécialistes conseillent de pratiquer cette opération avant l’âge d’unan,c’est-à-direavantl’arrivée des premières chaleurs. Et d’expliquer que plus on attend,pluslesproblèmes,parfois très graves, risquent de survenir. Dès l’âge de 4 ou 5 ans, des tumeurs aux mamellespeuventsedéclarer,des ovaireségalement(imputables à des grossesses nerveuses répétées), voire une infection del’utérusprécédemmentci-

mercijdc

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par Virginie Jacoberger-Lavoué photos Patric k Iafrate

Maroquinerie Alexandre Mareuil Le goût de l’exigence ◆ Grand nom des accessoires de chasse en cuir, Alexandre Mareuil œuvre également dans la maroquinerie haut de gamme. Visite à Bordeaux, dans son repaire, où son savoirfaire est aussi rigoureux que celui des maisons de luxe les plus courtisées…

DANS L’ATELIER À BORDEAUX, SOPHIE-CHARLOTTE VAN ROBAIS À LA TÊTE DU GROUPE ALEXANDRE MAREUIL DEPUIS 2006. “LA FORCE QUI NOUS POUSSE À PLUS D’AUDACES, C’EST LA QUALITÉ DE NOTRE SAVOIR-FAIRE.”

A

lexandre Mareuil. Voilà bien une signature que nul chasseur ne peut ignorer. Une référence sinon “la” référence en matière d’accessoires de chasse en cuir qui va fêter cette année ses quarante ans et qui a obtenu en 2006 le très convoité label d’Entreprise du patrimoine vivant. Au vrai, quel cynégéte n’a pas un jour rêver devant des cartouchières, fourreaux de fusil et autres sacs de battue… que cela soit dans des salons –comme celui de Rambouillet –, dans des armureries ou dans la toute nouvelle boutique parisienne, au 16, rue Vignon, dans le IXe arrondissement à Paris. Une belle maroquinerie diton, ce sont des mains et des peaux. Aussi, nous nous devions d’aller dans “le saint des saints”, l’atelier à Bordeaux. On imaginait volontiers un lieu un peu secret au cœur de cette ville louée par Stendhal comme

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« la plus belle ville de France par l’espace donné aux rues, aux places, aux boulevards ». On devinait un atelier intégré dans ce paysage architectural d’une si grande continuité qu’est celui de Bordeaux. Las. Nous n’aurons pas la chance de sillonner les rues anciennes des

paroisses de Saint-Pierre, de Saint-Éloi, ni même d’arpenter celles du splendide quartier de Sainte-Croix. À Bordeaux, l’atelier Alexandre Mareuil se découvre dans un périmètre très excentré. Direction la zone industrielle d’Artigues-prèsBordeaux.

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Une déception rapidement oubliée. D’abord parce qu’on a la surprise d’être accueilli par Sophie-Charlotte Van Robais à la tête du groupe depuis 2006, date du rachat de la marque par la Financière AVR, détenue par son père Arnaud Van Robais. Elle a quitté Paris pour s’installer à Bordeaux car elle ne pouvait imaginerdéciderlesnouveaux axes de développement de la marque sans se trouver à proximité de « ce qui fait son âme, sa richesse, l’atelier ». De l’histoire de cette maison, elle est discrèteethonnête. «Lamémoire vivante du groupe ce n’est pas moi, c’est M.Colombeix qui a géré pendant vingt ans le développementdugroupe, aconstruitsanotoriétéet a dessiné une grande partie de la collection chasse présente au catalogue ; c’est lui qui a considérablement renforcé la bonneréputationdelamarque, l’a hissée au premier rang des fabricants haut de gamme d’accessoires pour la chasse », af>> firme-t-elle.


Sur le terrain Sur le terrain

En effet, André Colombeix, passionné de chasse, eut l’idée de créer le groupe en novembre 1972. Autodidacte en maroquinerie, il dirigeait une entreprise de textile dans les Pyrénées spécialisée dans la fabrication de pulls en laine. Il partit d’un constat simple : si on trouvait sur le marché de très belles armes, il était plutôt rare de mettre la main sur des accessoires à la hauteur de celles-ci. Quid du nom de la maison?L’idéeétaitunesignature masculine, affirmée sans tapage. L’histoire a retenu que le fondateur aurait choisi Alexandre comme prénom universel puis accola Mareuil, après être passé dans le village de Mareuil-sur-Belle en Dordogne, lors de l’enregistrement de la marque à Paris… Sa force ? S’incarner d’emblée dans un savoirfaire unique dans l’univers de la chasse. Peu à peu apparaissent des fourreaux,

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des valises, des accessoires (au départtrèschassecommeletrépied ou la trompe gainée de cuir), des cartouchières. Toujoursdetrèsbellefactureettrès sobres, ils construisent la légendedelamaisonquidoittout « à l’expertise de ses compagnons artisans », rappelle Sophie-Charlotte Van Robais qui,

pour comprendre l’exigence de leur travail, nous entraîne pour commencer notre visite, dans son entrepôt de peausserie qui jouxte l’atelier : pas moins de 250mètres carrés de stocks ! La fortune est, semble-t-il avec nous, car une peau de girafe, trophée d’un client qui a passé une commande spéciale

Maïté, ouvrière maroquinière, un des pivots de la maison. À droite, un autre ouvrier maroquinier. Ci-dessus à gauche, l’entrepôt de peausserie. On notera les peaux couleur miel. À droite, piquage, assemblage : la signature d’une grande maison se retrouve dans le soin donné aux finitions.

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– avec un Cites en bonne et due forme–, vient d’y être réceptionnée. Deux apprentis la déploientàmêmelesoltantson envergure est importante. Un « colis » qui, visiblement, ne les impressionne guère. « Nous avons déjà travaillé le zèbre


pour une commande Le coffrage, un art spéciale, l’éléphant, le que maîtrise crocodile et le rhinoparfaitement Lionel céros »,reconnaissentils. Notre regard est Gastesoleil, chef aussi attiré par les cuirs d’atelier. “À partir couleur miel qui partid’un certain niveau cipent à la signature de de formation, l’artisan la maison tant dans la prend en charge réalisation de valise la réalisation de l’objet d’armes que de mode la première dèles de sacs. Ils proà la dernière étape”, viennent d’un tanneur souligne-t-il. C’est italien. le cas du gainage « La maison travaille d’une trompe deux types de cuirs. qu’effectue l’un D’unepartdescuirsbode ses apprentis vins lisses et à tannage (à gauche). Ci-dessous, végétal traditionnel et les derniers sacs sceau très écologique puisqui remportent un que notre fournisseur franc succès. utilisedel’écorce.D’autre part des cuirs grailourd, parfois épuisant à maninés, des plus souples et des puler et à trancher avec un emplus généreux », explique Lionel Gastesoleil, le chef d’atelier, porte-pièce. Rien que pour un un jeune trentenaire, autodifourreau, c’est déjà une peau dacte, formé chez Alexandre de 1,20 mètre qu’il faut choiMareuil après avoir tenté une sir, manier, découper. Tous les premièreexpérienceprofessionartisans ou presque sont polynelledanslesmétiersdebouche. valentsmaischacunestresponOn sera vite impressionné par sable d’un travail spécifique : son talent, sa dextérité, sa conUlysse Ribas, la teinte, Chriscentration et sa vision du métiane Blond l’emballe et la fatierentrel’artdetransmettredes çonneenqualitéd’ouvrièremagestes séculiers et le désir d’inroquinière… nover. Sur les établis de Cédric DeDavidFauroux,lecoupeur,est lage, également ouvrier maencore apprenti mais il comroquinier, et de Marie-Thérèse mence à participer à toutes les Lopez que tout le monde surétapes de la fabrication. « L’idée nomme“Maïté”,ouvrièremarode transmission est très forte quinière,pivotdelamaisonavec dans leurs métiers et chez Maplus de vingt ans d’ancienneté, reuil, nous veillons à ce que chaon retrouve les fameux cuirs nacunsoitpolyvalent ;àpartird’un turelsd’AlexandreMareuil,miel certainniveaudeformation,l’arou foncés. Comme un “kit d’outisan prend en charge la réalivrages”, les pièces sont disposation de l’objet de la première sées dans des bacs et le visià la dernière étape », précise teur a bien du mal à imaginer Sophie Van Robais. À la déce qui se trame. coupe, on reste frappé par la Desmodèlesquireposentsur difficultédumétier.Unepeaun’a l’assemblage de vingt pièces. rien d’une étoffe à manier ; c’est Le montage se construit par

étapes. La jeune femme est fascinante, elle connaît par cœur nombredemodèles «classiques de la maison ». Belle illustration de l’intelligence de la main, elletravaillesouventsanspatro-

que les commandes spéciales ne cessent d’augmenter, fruit d’un travail sans faille et parce que les amoureux de Mareuil font aussi réparer leurs valises à fusil ou leur vieille gibecière.

nage, gabarit ou fiche de réalisation. Au-delà de ces modèles récurrents, le travail se nourrit de nouveautés ne serait-ce que parce que la marque compte à soncatalogue8 000références,

C’est d’ailleurs l’un des axes de développement de Sophie-Charlotte Van Robais. Parce qu’elle est passionnée de chasse depuis toujours, elle a su décliner comme personne

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Sur le terrain Sur le terrain

INTÉRIEUR TRÈS ANGLAIS ET DEVANTURE DE LA BOUTIQUE PARISIENNE D’ALEXANDRE

MAREUIL. CI-DESSOUS, SOMPTUEUX ÉTUIS À FUSIL : AVEC LES VALISES POUR ARMES, LES SACS DE BATTUE ET LES CARTOUCHIÈRES, ILS ONT FAIT LA NOTORIÉTÉ DE LA MAISON. ne l’avait fait auparavant les lignes de maroquinerie, petite maroquinerie et de bagagerie tout en respectant un bel ancrage dans l’univers de la chasse. Un défi qui se poursuit chaque saison avec désormais denouvellesaudaces :l’intégration d’une couleur (comme le vert pistache), le travail d’une nouvelle matière (elle a fait un tabac avec des sacs utilisant de la peau de vache avec poil). «Onpeutsepermettrebeaucoupdechosestantquel’onrespecte les codes de la maison, qu’onvalorisel’imagedesonancragedansl’universdelachasse, souligne-t-elle. Il faut avancer avec la passion de la peau, du cuir,unematièrevivantequimérite une solide expertise. La force qui nous pousse a plus

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d’audaces, c’est la qualitédenotresavoir-faire. Notreactivitéestpetite comparée à celle de certaines maisons de luxe mais nous n’avons pas à rougir du travail de notre atelier. » Souvent la tension monte, pour une pièce sur-mesure, la manipulation s’orchestre autour d’une cinquantaine de morceaux. Le “fait main” a ses exigences ;ici,oncoude,onpique, oncolleetonassembleavecdes trésors d’inventivité, une richesse inouïe de détails. Avec desgestesaussiamplesqueminutieux, l’étape de la couture, dupiquéducuiresttoujoursfascinante. « Tout est dans les finitions », dit le chef d’atelier. Cartouchières, sacs de battue, sac de ville comme le Diligence… il sait tout faire mais sa spécialité, ce sont les valises pour armes.

Grâce à son travail sur les gabarits – intégrés aujourd’hui à un logiciel–, Alexandre Mareuil peut s’enorgueillir d’un savoirfairepourdescoffragesuniques et à l’exécution optimisée. Coffrage,aménagementsintérieurs parfois si complexes… grâce à luilacommanded’unevalisesur mesure (1 000 à 15 000 euros) est assurée dans un délai d’un à trois mois. On mesure la difficulté, rien qu’en assistant au gainage qui

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requiert 40 minutes de travailintense,plusd’une heure parfois. Du grand art,toutunsavoir-fairené delachassemaisdécliné aussi en coffrets à vin, à cigares… N’allez pas croire que ses artisans puristes du travail à la mainvoientd’unmauvais œil la fabrication de produitsdemaroquineriede ville. Donner naissance àunsacpourfemmetout droit inspiré d’une gibecière ou un modèle week-end conçu sous l’influence d’un sac de battue les amuse beaucoup. Dans l’atelier d’Alexandre Mareuil, on parle toujours de lapeauavecémotion,onditque chacune à sa difficulté et sa mémoire comme un ultime hom◆ mage au règne animal. Alexandre Mareuil, 16,rue Vignon,Paris IXe. Tél. : 01.44.56.99.32. Sur Internet : www.alexandremareuil.com


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44 30 82 30 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56, AVENUE DE VERSAILLES 40 53 71 53 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14, BOULEVARD PEREIRE 46 43 14 40 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58, AVENUE CHARLES DE GAULLE 56 47 06 60. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86, AVENUE DE L’EUROPE 39 17 12 00 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8, ROUTE DE ST GERMAIN 39 20 17 17 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45/47, RUE DES CHANTIERS 30 50 67 00 . . . . . . . . . . . . . . . ZA PARIWEST - 8 RUE ALFRED KASTLER 34 79 92 92 . . . . . . . . . ZI LES CLOSEAUX - 1 RUE DES GAMELINES

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Sur le terrain Su r l e t e r r a i n

par Alain de l’Hermite

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Moins de deux ans après

ARMES PHOTOS : CHAPUIS

avoir équipé le célèbre juxtaposé Progress d’une authentiquebascule28ronde, donc en proportion du calibre, c’est maintenant au tour du superposé SuperOrion Round Design. Ce joli fusil a été l’une des étoiles du dernier salon international de Nuremberg. Une vraie fierté qui témoigne,unefoisencore, de la créativité de l’industrie française de l’arme de chasse. À commencer par la célèbre maison Chapuis située à Saint-Bonnet-leChâteau dans la Loire. Ce nouveau Super-Orion estd’aborduneréussiteesthétique. Il est la preuve qu’une arme basculante devrait avant tout être construite autour d’une bascule en proportion du calibre de ses canons. Seulement voilà, tout le monde n’est pas capable d’accomplircetteprouesse. ◆ Crosse, bascule, canons…chacun des éléments est idéalement proportionné au calibre 28. À droite, détail de la bascule ronde.

En clair, il ne suffit pas d’affiner accrocdel’uneàl’autredétente. une bascule pour en diminuer Le devant de type chasse assole calibre. Il faut une solide excié à des canons de la bonne périence du “basculage” pour longueur complète harmonieuunir le plus intimement possible sement notre Super-Orion. un canon et une longuesse autourd’unebascule.Àméconnaîtrelesrèglesdel’art, Modèle testé C40RD (à contre-platines) on risque la rapide dislocaNouvelle bascule tion du fusil. Mais Chapuis ronde en acier forgé n’a pas oublié son métier calibre 28 ; entraxe d’origine:“basculeur”.Dès de 20 mm. lors,oncomprendpourquoi Crosse anglaise, double ilpeutsereinementprésendétente (mono ter le Super-Orion Round détente non sélective Design. en option). Noyer Notre modèle équipé de 3 étoiles poncé huilé, contre-platines permet au quadrillé main. créateur de cette gravure Batterie système Blitz. cynégétique en demi-fond Canon chambré 70 mm, creuxd’exprimerlamesure épreuve supérieure de son talent. Alors, depuis plomb, longueur 71 cm, les côtés et jusqu’au-desquart et trois quarts sous, la forme arrondie de de choke, ou chokes la bascule interdit toute amovibles, bande ventilée rupture disgracieuse de la de 6 mm, double scène représentée. La paverrouillage axial au niveau tinevieilleargentcomplète des éjecteurs, l’ensemble harmonieuseet portée de recul amovible en ment. fond de bascule. Poids 2,5 kg. De part et d’autre de ce Livré en mallette traitd’unionmatérialisépar de transport en ABS labascule,lesboissontmaet serrure à code. gnifiques. Fidèle à sa tradiPrix 4 400 euros tion, Chapuis a sélectionné (3 400 euros desébauchesremarquables. bascule entaillée). Le “jaspage” des veines Contact Chapuis Armes sombresettourmentéesse ZI La Gravoux marie à merveille à la cou42380 Saint-Bonnet-le-Château leur chaude et veloutée du Rens : 04.77.50.06.96 huilé. Le quadrillage maet www.chapuis-armes.com nueln’estpasdutoutabraEmail : info@chapuis-armes.com sifetpermetdepassersans

Fiche technique

Jours de C HASSE ◆

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Une fois en mains, ce SuperOrion est à la hauteur de nos espérances. En clair, les 2,5 kilos se répartissent parfaitement entre chaque main, c’est-à-dire au niveau de l’axe de basculage. S’ils équilibrent parfaitementl’ensemblelescanons de 71centimètres, permettent aussi une excellente visée. La balance est prompte. Pour un utilisateur d’un calibre 12, un certain temps d’adaptation est nécessaire afin de réduire son swing pour ne pas tirer devant les oiseaux. Balistiquement les 20grammesdeplombdu28 étonneront les plus perplexes des balisticiens lorsqu’ils découvriront ses possibilités… étonnantes. Mécaniquement les départsontunréglagechasse, c’est-à-dire pas trop sensibles, les éjecteurs ont du punch. Au fond de la bascule, on retrouve la spécificité du Chapuis superposé. La fameuse portée de recul amovible synonyme d’indestructibilité du Super-Orion ! Un jour René Chapuis nous avait dit sur le ton de la plaisanterie « le superposé,c’estpourla plume… » Il disait vrai, ce Super-Orion non seulementestuneréussite esthétique mais avant tout une arme de chasse.


LOIR ET CHER (41) 224 HA ENVIRON

INDRE ET LOIRE (37) 103 HA ENVIRON

DORDOGNE (24) 510 HA ENVIRON

Exceptionnelle propriété, proche de Châteaudun, comprenant une maison de maître et ses dépendances, un corps de ferme, une maison forestière, 134 ha environ de bois (feuillus et quelques résineux), 84 ha environ de terres libres bénéficiant de DPU, une pièce d’eau et un étang. La propriété est également traversée d’une rivière. Belle chasse de petits et grands gibiers. Prix : Nous contacter

Très belle propriété close pour partie, proche de Tours, comprenant une maison de maître de 350 m² environ et ses dépendances, 86 ha environ de bois, 14 ha environ de terres de cultures, 4.5 ha environ d’étang. Exceptionnelle chasse de cervidés.

Magnifique propriété agricole et forestière, proche de Périgueux, comprenant 4 corps de bâtiments, dont un pavillon Henri IV. La propriété est composée de 350 ha environ de forêt (feuillus et résineux), 150 ha environ de terres et prés. Exceptionnelle chasse de grands gibiers.

LOIRET YVONNE (45-89) 161 HA ENVIRON

GARD (30) 976 HA ENVIRON

CORRÈZE (19) 105 HA ENVIRON

Exceptionnelle propriété d’une contenance de 161 ha proche de Gien, comprenant un corps de ferme à restaurer, un rendez vous de chasse, 100 ha environ de forêt de chênes, 55 ha environ de terres louées.

976 ha environ en Camargue, proche Aigues Mortes comprenant étang, marais, vignes, landes, un mas en cours de rénovation. Très belle chasse d’anatidés.

La propriété est composée d'un château à rénover et de ses dépendances. Bel ensemble forestier de feuillus et résineux, chasse intéressante. Le biotope diversifié permet de chasser le grand gibier (cerf, sanglier et chevreuil).

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Sur le terrain

par François Fossat

Chasses à la journée

Domaine de la Maisonnette

Il y a presque deux ans – une éternité dans la presse ! –, nous avions traîné nos guêtres avec une immense satisfaction au domaine de la Maisonnette (Jours de Chasse n° 41). C’était en plein hiver, à la fin du mois de décembre, pour une chasse de bois au petit gibier. Mais lorsque nous avions quitté cette propriété, la satisfaction avait très vite laissé la place à un sentiment d’inachevé.De cette propriété,située à la limite des départements du Maine-et-Loire et des Deux-Sèvres,nous n’en avions arpenté qu’une petite partie sur les 500hectares de bois. Surtout, nous n’avions 122

rien vu des 250 hectares de plaine, vantés par bon nombre de chasseurs. Les occasions de pouvoir trouver des territoires où l’on peut chasser devant soi en toute tranquillité, dans de bonnes conditions, ne sont pas légion.Aussi, rendez-vous avait été pris dans les premiers jours d’octobre, dans cet automne qui dissipe encore ses lumières de fin d’été, toujours empreintes d’une certaine nostalgie.

◆ De l’Ouest parisien à la Maisonnette, les trois heures de route sont presque incompressibles entre les bouchons aux abords d’Angers et les radars qui calment les ardeurs. C’est toujours un plaisir de

trouver cette allée boisée, superbement percée qui mène àlademeureprincipaleetàses communs, même si nous sommesbienenretard.Etc’est un peu honteux et la mine basse que nous pensons à La Varende qui écrivait que « l’exactitude,c’est la liberté des autres ». Aussi, c’est avec une certainegênequenoussaluons la maîtresse des lieux,Sophie de Puineuf et son garde Loïc. Après un en-cas pris rapidementdansundescommuns superbement aménagé, et le contrôle des permis effectué, nous attaquons tout de suite le programme des festivités. Aujourd’hui, ce sera seulement la chasse devant soi, au chien d’arrêt. « Petit à petit,à côté des traditionnelles battues etdenoslignesmarchantes,nous proposons cette formule, car

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nousnoussommesrenducompte qu’il y avait une vraie demande deschasseursquivoulaientchasser tranquillement avec leurs chiens »,souligne Sophie de Puineuf qui gère de main de maître, avec son mari, le domaine de la Maisonnette. En ce début du mois d’octobre, le temps est avec nous. Il ne fera pas trop chaud, pas en tout cas ces chaleurs accablantes qui avaient ponctué une grande partie du mois de septembre, si dures pour les hommes et encore plus pour les chiens. Il y a même visiblement un léger vent,un peu frais, synonyme en principe d’unebonneémanation.Ilfaut ajouter que nous avons choisi une date assez tôt dans la saison, car dans le département des Deux-Sèvres, la chasse dupetitgibierenplaineferme,


PHOTOS : HUMBERT RAMBAUD - DOMAINE DE LA MAISONNETTE

hélas,invariablementle11novembre (toutefois cette date butoirestpeut-êtreentrainde changer car,en raison de nouvelles dispositions législatives sur la chasse,les chasses commercialesaurontledroitd’ouvrir jusqu’à la fermeture générale). C’est à pied que nous partons pour cette matinée,traversant ainsi une partie du massif boisé.En chemin,Sophie de Puineuf et son garde nous expliquent leur gestion cynégétiquedes250hectares de plaines. Chaque saison, au début du mois de juillet, ce sont environ 3 000 perdrix qui sont lâchées sur le territoire (et pour plus des deuxtiers,desperdrixgrises). Âgées de huit semaines, les perdrixrestentdansdesparcs de prélâchers environ une huitaine de jours pour les accoutumer à leur nouveau biotopeetfairediminuerleur

stress.Àcesoiseauxd’élevage se rajoute la reproductionnaturelle,puisqueleterritoireaccueille entre 15 et 25 couples. À telle enseigne qu’à l’ouverture,cesontplusde10oiseaux qui sont présents à l’hectare, c’est-à-dire une très importantedensité.Signalonsquele territoire est régulièrement

piégé par les deux gardes qui travaillent à plein temps à la Maisonnette. Comme de coutume, nous prenons bien soin de prendre le terrain à bon vent,faute de quoi,lechien–enl’occurrence ma petite chienne épagneul breton – ne pourrait rien arrêter, et le gibier,nous enten-

Sophie de Puineuf gère avec son mari le domaine de la Maisonnette. En haut à gauche, Loïc, un des deux gardes du domaine. Une vue de la salle de réception. Et page de gauche, départ pour la chasse. C’est à pied que nous démarrons cette matinée, traversant ainsi une partie du massif boisé.

Mémento de poche

Territoire 750 hectares (500 clos et 250 hectares ouverts en plaine). Départements Deux-Sèvres et Maine-et-Loire. Types de chasse Devant soi et battues de faisans, perdreauxgris et rouges ; envols d’étang. Approches et battues de grands animaux (sangliers et chevreuils). Prix Petit gibier : actions (10 chasses par an : 2 750 euros). À la journée : devant soi (faisan, perdrix, canard) 350 euros ; en battue jusqu’à 100 pièces (37 euros, l’oiseau). Grand gibier : sanglier ou chevreuil tiré, 750 euros (après, le tarif est dégressif). D’autres modules existent selon le nombre de journées et d’invités. Points forts Qualité du site, accueil familial et très professionnel ; oiseaux de qualité ; biotope intéressant pour chasser seul au chien d’arrêt. Les Puineuf parlent anglais et espagnol. Organisation à la carte. Points à améliorer Davantage de cultures à gibier. Contact M. et Mme Gilles de Puineuf. Domaine de la Maisonnette, 79150Étusson.Tél. : 05.49.80.29.10 et 06.87.11.77.01. Sur Internet : www.chasse-lamaisonnette.com Email : contact@chasselamaisonnette.com

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Sur le terrain PHOTOS : HUMBERT RAMBAUD - DOMAINE DE LA MAISONNETTE

Sur le terrain

dant,fuirait à toutes pattes,et se lèverait hors de portée. Devant nous, se trouvent de larges layons (entre 15 et 20mètres) aménagées en cultures à gibier (chou, blé noir, sorgho, moutarde…), avec tous les 200mètres des cages de rappel, avec de part et d’autre,desplantationsd’acacias. Ce type d’essence peut surprendre. Sophie de Puineuf nous explique que ces acacias sont plantés comme bois de chauffage et récoltés au bout de trois ou cinq ans. Une première impression se confirme : ce terrain va aussi bien pour un springer que pourunchiend’arrêt,àlaseule condition qu’ils soient bien mis. Le springer doit chasser sous le fusil, faute de quoi, il videra les parcelles en quelques minutes,

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sans que son maître n’ait pu tirer un oiseau.Avec un chien d’arrêt mal dressé,la sanction sera la même. Hors contrôle, il arrêterait et finirait par forcer les perdrix à grande distance. Dès les premiers lacets,ma petite chienne,douée mais au caractèreaffirmé,comprendra vite comment manœuvrer intelligemment, c’est-à-dire quêter à plat,calmement,tout en ne s’enfonçant pas trop dans les plantations d’acacias qui offrentpeu ou pasdecouverts au pied. Très vite, elle remonte une émanation, les perdrix se lèvent un peu loin, mais sans parvenir à les bloquer.Volontairement,jenetire pas, car je m’efforce de ne tirer qu’à l’arrêt du chien afin

d’éviter de lui donner la détestable habitude de bourrer et de courir sur l’aile. Rapidement,monépagneul remonteuneautreémanation et bloque des oiseaux à une vingtaine de mètres. Nous avons le temps de monter sur l’arrêtetdelaservir :unequinzainedeperdrixgrisespartent dans un froissement d’ailes que n’aurait pas renié Elzéar Blaze.Ici,les oiseaux ne sont pas lymphatiques et connaissent le territoire. Plus les minutes passent,plusnous nous rendons compte que les oiseaux sont

Une vue des cultures à gibier composées de chou, de blé noir, de sorgho, de moutarde : idéal pour faire travailler ses chiens dans de bonnes conditions. Ci-dessous, la demeure du domaine.

nombreux.Ma chienne multiplie les arrêts en bordure d’acacias, et il est bien difficile d’aller la servir, et nous n’entendonsqu’unlégerbruit d’ailes.Celafaitpartiedusport, quand les oiseaux ont su se jouerintelligemmentdenous. Question tir, il y en a vraimentpourtouslesgoûts :du plusfacile–encore qu’il n’y ait rien d’immanquable !–


AGENCE IMMOBILIÈRE CARACTÈRE

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Sur le terrain PHOTOS : HUMBERT RAMBAUD - DOMAINE DE LA MAISONNETTE

Sur le terrain

au plus délicat avec des perdreaux se levant à plus de trente mètres,et disparaissant en deux ou trois secondes.Ce qui est vraiment intéressant, c’est que la densité de gibier permet de pouvoir travailler avec un chien dans de bonnes conditions : le chasseur peut s’abstenirdetireràchaqueservicepourmieuxseconcentrer sur son compagnon, ou ne le servir que dans de parfaites conditions. Pour donner une idée de la densité des oiseaux, enunpeuplusdedeuxheures dechassepourcetteseulematinée,lachienneeffectueraune quinzaine d’arrêts (soit près d’une centaine d’oiseaux), dontlamoitiésera servie dans de très bonnes conditions. Au cours de cette matinée d’ailleurs, nous n’aurons pas

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vu de perdrix rouges,et nous n’aurons levé qu’un seul faisanàlalimited’unbois.Ilfaut signaler la parfaite discrétion du garde, qui vous demande toujours si cette manœuvre vous convient ou pas… La chienne montrant des signes defatigue,noussonnonslaretraite. Le déjeuner, aux dires des heureux qui fréquentent la Maisonnette,est presque une institution, et cela n’a rien d’une imposture. Les communs aménagés avec goût il y a une quinzaine d’années, sont très agréables,comme la cuisine. C’est roboratif mais sans bombance exagérée qui vous fatigue les jarrets, vous embrume le cerveau,vous fatigue la vue, et vous fait rater plus que de raison.

Pour l’après-midi,nous découvrons l’autre bout du territoire, cette fois,nous nous y rendonsenvoiture.Lebiotope est un peu différent. Si acacias et cultures à gibier alternent toujours, le terrain est enlégèrepente,etnousamène jusqu’à une jolie rivière, limited’ailleursdelachasse.Les oiseaux sont là, mais les perdrix rouges sont plus présentes,piétantcommedesenragées,biendifficilesàbloquer par la chienne (surtout si elles sont en compagnie), et se levantàlalimitedeportéedefusil. Pour être efficace,le chien devra contrôler ses instincts, sous peine de tout faire voler, qui risque de vous conduire à finir la journée aphone.

À gauche, Loïc le garde, une perdrix grise à la main. Ce territoire convient aussi bien à un springer qu’à un chien d’arrêt, à la seule condition qu’il soit bien mis.

Maisavecunchienbienmis, c’est un régal d’arpenter ce grandcoteau.Nousprendrons biensoind’éviterlesquelques maïs, et donc de tenter notre épagneulbreton…D’ailleurs, à plusieurs reprises, elle remontera des émanations sur des dizaines de mètres, sans parvenir à bloquer le ou les oiseaux.Enlevantlatête,nous apercevrons à plus de cent mètres un coq faisan piétant àtoutevitesse.J’aipréféréraccrocher ma chienne,cet exercice-là pouvant devenir contreproductif pour un chien d’arrêt… En marches et contremarches, nous comptabiliserons plusd’unequinzained’arrêts, en moins de deux heures de temps. Que dire de plus, sinon que nous avons été replongés, en l’espace d’une journée,dans la chasse de nos aïeuls,où le gibier était abondant, où les chiens pouvaient vraiment chasser, une chasse d’esthète, dans un cadre intemporel… ◆


DIVERSES FORETS Rhône (69), 51 ha, à moins d’une heure de Lyon, exceptionnelle forêt de production résineux (sapins et douglas). Aude (11), 218 ha, exceptionnelle chasse de sangliers. Nièvre (58), 98 ha clos, bonne forêt de production de chênes. Corrèze (19), 105 ha, forêt à bon potentiel feuillus et résineux. Meuse (55), 30 ha, forêt d’avenir, feuillue, chasse intéressante. Ain (01), 140 ha, à 40 minutes de Genève, de forêt résineuse. Loiret (45), 85 ha, proche Montargis, futaie de chênes.


Sur le terrain Su r l e t e r r a i n

par Philippe Le grand

Du côté de la loi…

Nouvelle batterie législative

◆ Les parlementaires ont voté une loi allant dans le sens d’une simplification, autour de plusieurs thèmes : la place de la chasse dans la société, des améliorations pratiques pour les chasseurs et les dégâts du gibier.

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DOMINIQUE GEST

L

eschasseursnepourrontpas dire que, dans la législature qui s’est achevée en mai,ils n’auront pas été soignés. Après la toute nouvelle loi sur les armes,les parlementaires ont voté à une quasiunanimité une proposition de loi « portant dispositions d’ordre cynégétique ». Dans les faits, ces multiplesarticles,quipeuventapparaître d’une effroyable complexité, vont dans le sens d’une simplification des textes, autour de plusieurs axes : la place de la chasse dans la société, le renforcement des institutions cynégétiques,lesaméliorationspratiques pourleschasseursetlesdégâtsdu gibier. Au vrai,la chasse est –enfin !– reconnue «commeinstrumentefficace de gestion de la biodiversité » ; plus encore, la gestion de cette mêmebiodiversitéfaitdésormais partie des attributions des fédérations départementales. En plus, si l’on met de côté certaines dispositions très spécifiques (comme la répression du braconnage en Guyane ou,pour les chasseurs de gibier d’eau, les horaires de la chasse à la passée), toute une série de mesures concerne les chasseurs en général.Enpremierlieu,lesjeunespermis.Ainsi,le jeune chasseur peut avec sa première validation annuelle départementale, « chasser surl’ensembleduterritoirenational», une façon efficace de l’inciter à chasser, pour un débours minimal. Dans le même esprit, toujours pour le premier permis, le montant de la redevance « est diminuédemoitiésicettevalidationintervientmoinsd’unanaprèsl’obten-

En aidant, avec une redevance allégée, les jeunes chasseurs, le législateur veut les encourager à assouvir leur passion à un prix décent.

tiondutitrepermanentduditpermis» (auparavant, cet avantage n’était accordé à la seule condition de prendre son permis pour la saison en cours même si le candidat l’avait obtenu au cœur de l’hiver). De même,le législateur a préciséquel’utilisationdugrandduc artificiel était strictement destinée « à la chasse des animaux nuisibles et à leur destruction »,et qu’a contrario,il ne pouvait servir à tirerd’autresoiseaux,classésgibier. Autre mesure qui intéresse les chasseurs de chasses commerciales : désormais, les territoires ouverts qui ne mettent à dispositionquedugibieràplumed’élevage sont autorisés à pratiquer la chasse de l’ouverture à la clôturegénéraledansledépartement

concerné (à la condition que faisans et perdrix soient identifiables)etnonplusenfonctionde clôtures spécifiques pour telle ou telle espèce qui varient selon lesdépartements.Demême,pour ces mêmes chasses, elles sont exonéréesdesplansdegestiondu gibier à poil (mesure qui ne concerne en réalité que le lièvre). Autre texte qui intéresse les chasseurs au premier chef,les associationscommunalesdechasse agréées;dorénavant,lesnouveaux propriétaires de petites parcelles voientfaciliterleuraccèsàl’Acca. Jusqu’à présent,source de nombreux contentieux, ces mêmes propriétairesn’étaientpasmembres de droit, en raison justement du manque d’intérêt cynégétique de leur propriété. Ce

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sera maintenant le cas à la condition toutefois d’avoir une superficie minimale, en l’occurrence 10 % des 20 hectares (donc deux hectares),seuilendessousduquel les terrains sont automatiquement incorporés à l’Acca. Dans le cas contraire, ce n’est pas un droitacquis(c’estlerèglementintérieur de l’Acca qui prévaudra). Lederniergrandvoletdutexte concerne les dégâts de gibier.La loi aborde en premier lieu la délicatequestiondesterritoiresnon chassés qui concentrent des populations de grands gibiers (sangliers notamment), populations responsables de dégâts agricoles. Or, d’après les enquêtes menées par la FNC, les animaux venant de territoires non chassés étaient responsables de près de 7 % du montant des dégâts – ce qui représenteenviron1,5milliond’euros. Aussi, le nouveau texte autorise le préfet du département à imposer aux propriétaires des territoires concernés un plan de tir ; si ce plan n’est pas respecté, la responsabilité financière du propriétaire peut être engagée. Autre réforme importante, le calcul des dégâts de gibier.Après de difficiles négociations avec le monde agricole,le calcul va dans un double sens : mieux indemniserlesvraisdégâts(l’abattement a été abaissé de 5 à 2 %),et en finir avec les dégâts peu significatifs.Ainsi, tout dégât inférieur à 3 % de la surface de la parcelle, ou inférieur à 250 euros, ne sera pas indemnisable. Reste à attendre maintenant les décrets d’application qui sont attendus pour l’automne. ◆


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FélixPour Faure l’éclat par Manfred de Boissieu

e tous les présidents de la IIIe République,Félix Faure est l’un des rares à revenir à la mode.D’éminents historiens – à commencer par Thierry Billard dans la monumentale biographiequ’illuiaconsacrée(FélixFaure,Juillard, 1995) – se sont penchés sur sa vie : leur regard est globalement et étonnamment bienveillant.Ils admettent volontiers que le personnage n’est pas L NE SERA RESTÉ sans envergure – faisant ainsitaireClemenceauqui PRÉSIDENT QUE avait dit, à la mort de FélixFaure :«Enentrantdans QUATRE ANS MAIS le néant,il s’est senti chez lui »–, et sa carrière, sans AURA MARQUÉ TOUS avoir–etdeloin–l’éclatde celle d’un “grand homLES ESPRITS. IL FUT me”, eut incontestablement le panache de celui UN CHASSEUR qui aurait aimé en être un. Cependant, comme PASSIONNÉ, souvent pour ne pas dire comme toujours, ces auREDORANT LE teurs ont passé sous silence,considérantsansnul BLASON DES CHASSES doutecelacommemineur, qu’ilfutunvraisportsman, PRÉSIDENTIELLES. un grand passionné de chasse et un excellent tireur. Il suffit de parcourir les lignes qui lui sont dédiées par Georges Benoist,dans Grandes chasses,grandsfusils(queviennentderééditerles éditions de Montbel), que cela ne relevait aucunementd’unequelconquefoucade. Ce côté méconnu apporte FÉLIX FAURE AVEC L’UN DE SES CHIENS. sans conteste un éclairage supCE “SPORTSMAN” AIMAIT LA CHASSE POUR plémentaire sur cette personnaLA CHASSE ET FUT UN EXCELLENT TIREUR. lité dont le flamboiement, qu’il UNE PASSION PERSONNELLE, QUASI INTIME imposa à sa fonction pour transQU’IL PRATIQUAIT DEPUIS TOUJOURS.

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cender ses faibles responsabilités constitutionnelles, n’a jamais entamé sa propre authenticité. FélixFaureestministredelaMarinequand le président Casimir-Perier démissionne, las des torrents d’injures, d’outrages et de vexations qu’essuie sa fonction depuis des mois ; à l’époque, la République sort difficilement de sa chrysalide et la vie politique est agitée par de violentssoubresautspassionnels. En fait, le fauteuil élyséen est assez inconfortable en particulier sur leplanpsychologique.FélixFaure,députédeSeineInférieure de la circonscription du Havre, lui, est peu connu du grand public ; ses pairs l’estiment pour son bon sens et ne le considèrentpascommeun exalté. C’est pour sa modération que ses amis le pressent de se présenter à la succession. Cédant à leurssollicitations,ilse«sacrifie»,dit-iletselaisse élire président de la République le 17 janvier 1895 par le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Par rapport à ses prédécesseurs,il tranche manifestement par ses origines, sa formation et son style : ni aristocrate, ni doctrinaire, ni héritier, il s’est fait tout seul et apparemment ne s’est pas trop raté.Fils d’ouvriers ébénistes, ilestleseulhommepolitiquedel’époqueàavoir appris un métier manuel, celui de tanneur. À PHOTOS : COLLECTION PARTICULIÈRE - DEAGOSTINI/LEEMAGE - AFP IMAGEFORUM

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de la République


PHOTOS : DE AGOSTINI/LEEMAGE - THE ART ARCHIVE/MUSÉE CHÂTEAU DE VERSAILLES/GIANNI DAGLI ORTI/AFP - RUE DES ARCHIVES/RDA

GRAVURE DE FÉLIX FAURE (MUSÉE CARNAVALET). CI-DESSUS, LE TSAR NICOLAS II ET FÉLIX FAURE LE 9 OCTOBRE 1896. CI-DESSOUS, FÉLIX FAURE DANS LE PARC DE L’ÉLYSÉE EN 1895, ET, EN DESSOUS, À SON CABINET DE TRAVAIL. SES ORIGINES, SA FORMATION ET SON STYLE TRANCHENT AVEC SES PRÉDÉCESSEURS. NI ARISTOCRATE, NI DOCTRINAIRE, NI HÉRITIER, IL EST EN PLUS LE SEUL HOMME POLITIQUE DE L’ÉPOQUE À AVOIR APPRIS UN MÉTIER MANUEL, CELUI DE TANNEUR.

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COLLECTION SIROT-ANGEL/LEEMAGE

Félix Faure

FÉLIX FAURE À SON BUREAU (DE MINISTRE DE LA MARINE). LA VOLONTÉ PREMIÈRE DE CELUI QU’ON ALLAIT APPELER LE “PRÉSIDENT SOLEIL”, CELLE QUI

GUIDERA SON ACTION, C’EST DE REPRÉSENTER LA FRANCE AVEC UN ÉCLAT SANS PAREIL. CETTE IDÉE LUI DONNERA UNE DÉTERMINATION SANS FAILLE.

22ansiltrouveuneplaced’employédans une entreprise de peausserie du Havre et adhère à la franc-maçonnerie. Puis il crée une entreprise de commerce en cuirs,laFaureetCie,qu’ilmènebrillamment à la prospérité. Il fonde, le 8 mai 1869, le premier consulat de Grèce au Havre et entre en politique “par la petiteporte”,ensefaisantélireconseiller municipalàlaveilledelaguerrede1870. Remarqué par Léon Gambetta pour ses convictions républicaines, il prend une part active à l’organisation de la défense de la ville et le commandement militaire qu’il exerce lui vaut la légion d’honneur.Il aurait pu en rester là,mais le vent de la réussite souffle dorénavant sur les braises encore discrètes de son ambition et il construit sa route avec

intelligence. En politique, quand on ne fait pas partie du sérail, les relations sont une priorité et il s’y consacre avec une rare constance en menant,avec l’aisance que lui donne sa situation, une vie d’élégant sportsman dans un milieu très élitiste à l’époque, comme celui du nautisme.SelonlebarondeVaux,célèbre chroniqueur sportif et mondain, Félix Faureestpassionnéd’avironetparticipe avec succès à de nombreuses compétitions. Quoi qu’il en soit, il est très apprécié de ses amis de la Société des régates du Havre, une des plus vieilles sociétés sportives de France qui brille en compétitions nationales et internationales (cette société participera d’ailleursàl’organisationdesjeuxOlympiques de 1900 et il en sera le président

pendant de nombreuses années). Il est aussi un fervent adepte d’escrime à telle enseigne qu’il est considéré comme une fine lame et pratiquera ce sport toute sa vie (plus tard, il aura sa salle d’armes et son maître d’armes à l’Élysée). Élu député, il mène une vie parisienneetonleverrabeaucoupfrayeravec la haute société, au Cercle de l’union artistique –dit familièrement“les Mirlitons”,puis“l’Épatant”,undesendroits les plus courus de la capitale.Commerçant ayant pignon sur rue, sportif reconnu, ami respecté de toute la bonne société, il est un “notable”. Cependantilyauneactivitéquin’est pas liée à l’ambition, une passion personnelle, quasi intime, qu’il pratique depuis toujours,et dont il fera un phare

SAIT-ON QU’OUTRE LA CHASSE, IL EST PASSIONNÉ D’AVIRON, QU’IL EST UN FERVENT ADEPTE D’ESCRIME À TELLE ENSEIGNE QU’IL SERA CONSIDÉRÉ COMME UNE FINE LAME. 132

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COLLECTION PARTICULIÈRE

Félix Faure

FÉLIX FAURE PARTANT POUR LA CHASSE À RAMBOUILLET. BIEN AVANT QU’IL N’ACCÈDE À LA PRÉSIDENCE, SIMPLE NÉGOCIANT EN CUIRS, IL ARPENTAIT DÉJÀ

AVEC SON CHIEN ET SES AMIS DU HAVRE, NEMRODS COMME LUI, LES PLAINES D’INGOUVILLE À LA RECHERCHE DES PERDREAUX ET DES FAISANS.

de sa présidence : la chasse. Félix Faure aime la chasse pour la chasse. Cela n’a rien d’une pose de fashionable. Simple négociant en cuirs, il arpente déjà avec son chien et ses amis du Havre, nemrods comme lui, les plaines d’Ingouville à la recherche des perdreaux et des faisans –en si grand nombre à l’époque ! – lors des belles journées d’automne quisuiventl’ouverture.Devenusous-secrétaired’État,sisesamissontdifférents, il préserve sa passion car c’est toujours aveclemêmefeusacréqu’ilaccompagne en Autriche des grands de ce monde comme le comte de Montebello, l’ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg, Camille Barrère, ministre plénipotentiaire à Munich ou James de Kerjégu député de Quimperlé. Selon PaulBluysendanslepetitopusculequ’il a consacré à Félix Faure (Félix Faure intime,1898),ils’yrendàplusieursreprises

en 1892 et 1893,notamment dans la région d’Efferdingen ou dans le massif duSalzkammergut.Quechasse-t-il ?On ne sait pas.Toujours est-il qu’il y prend un plaisir immense et il semble qu’une tradition soit établie. En septembre 1894, ses amis sont surplaceetl’attendentpourl’ouverture. Ce sera en vain, car, devenu ministre, ses nouvelles obligations l’y en empêchent.Pleind’espoir,cependant,ilconfie àKerjéguqu’ilpeutcomptersurluipour décembrecar«leministèreseraparterre !». Il n’en fut rien.En janvier,il ne fut plus questiond’allerchasserenAutrichepour celui qui vient d’être appelé par la représentation nationale à la magistraturesuprême.Ens’installantdanslefauteuil de président de la République, l’ancien apprenti tanneur perçoit instantanément et profondément à quel point le rôle que la nation vient de lui

confier est fait pour lui. En apprenant la nouvelle, Paul de Cassagnac, homme politiqueetférocepamphlétairequisoutenait l���un de ses concurrents à l’élection,écrit :« la présidence de la République ne permet pas un déploiement de génie mais elle nécessite, pour l’honneur et la dignité du pays,un certain décorum et un certain panache ; il ne s’y trouve même pas cela : c’est le rond-de-cuir vulgaire à la place où rayonnèrent d’un éclat sans pareil Henri, Louis et Napoléon ».L’avenir va lui prouver très vite la légèreté de son persiflage et la méconnaissance totale du personnage.Eneffet,lavolontépremière deceluiqu’onallaitappelerle“Président soleil”,cellequivaguidersonactionpendant toute sa présidence, c’est de représenterlaFranceavecunéclatsanspareil.C’estcetteidéequivaluidonnerune détermination sans faille pour que sa fonction rayonne comme jamais vu de-

PLÉBÉIEN, ÉLU PARCE QU’IL NE DÉRANGE PERSONNE, IL COMPREND QUE, POUR RENDRE LA FRANCE FRÉQUENTABLE DES COURS EUROPÉENNES, IL FAUT “ENSORCELER LES ROIS”. 134

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Félix Faure

À CHEVAL – C’EST UN EXCELLENT CAVALIER – ET LORS D’UNE BATTUE. “FÉLIX FAURE À QUI IL NE MANQUE QUE LA COURONNE POUR MARCHER DE PAIR

AVEC LES MONARQUES-CHASSEURS, AJOUTE DE SA BOURSE CE QUI MANQUE POUR CONSTITUER UNE CHASSE QU’IL VEUT GIBOYEUSE…” (GEORGES BENOIST).

puis le début de la République. C’est paradoxalementcelaquiluidonne,àl’intérieur du pays, la popularité et l’autoritéquesesprédécesseurs,engoncésdans leur faux col et leurs préjugés n’ont jamais obtenues.Plébéien,élu parce qu’il “ne dérange personne”, installé sur un trôneparlementairesanspouvoirnicouronne,conscient de l’ostracisme de l’environnementinternationalilcomprend, le premier, que pour rendre la République fréquentable par les cours européennes, il faut, selon la formule de Billard, « ensorceler les rois ». La dotation présidentielle est dépensée jusqu’aux derniers centimes :«je croirais m’avilir en achetant des maisons avec l’argent que me donne la France pour la représenter.Je dépense tout ! » confie-tilàunproche.Sonphysiqueest,enoutre, un atout : c’est un bel homme de haute taille, toujours vêtu impeccablement, d’un maintien parfait ; il a la mine as-

surée et le geste ample. C’est un excellent cavalier – à l’Élysée, il montera tous les jours – et son allure générale est le flegme et l’impassibilité ; il sait concilier distance et cordialité avec les uns,disponibilité et sympathie avec les autres tout en sachant être simple, jovial et plein d’humour avec ses amis.Il est aussi grand séducteur et homme à femmes, mais ça, c’est une autre histoire… Le faste et l’apparat s’installent à l’Élysée et le protocole s’introduit dans tous les actes de la vie quotidienne ; c’est une affaire importante. Il prend pour régler les détails l’ancien ambassadeur Philippe Crozier, que l’on dit « si chargé de décorations que seul le PèreLachaise peut avoir autant de croix… » : c’est simplement parce qu’il connaît par cœur les manuels d’étiquette d’autrefois. En effet le président exige de reprendre certains usages de la cour de

France : à table, par exemple, il est servi en premier, ce qui surprend parfois quelques dames de la haute société.Nul ne doit lui adresser la parole s’il n’en a pas été invité ; quand il se déplace, il marche seul devant et les personnes qui l’accompagnentdoiventrestertrèsenretrait. Son équipage personnel est une Daumont, attelée à quatre, avec postillons, toujours précédée d’un escadron de cuirassiers. Lors de la visite du tsar (les 5 et 6 octobre 1896), anecdote savoureuse,il rêve de revêtir un bel uniforme pour l’accueillir mais,à son grand regret,quandlecroquisduprojetestsoumisauConseildesministres,ilprovoque une telle hilarité que l’idée est abandonnée sur le champ. La chasse, elle, prend dès lors une importance capitale dans la gestuelle présidentielle.Lesprésidentschassaient jusqu’alorsdanslesvieuxtirésdelacouronne à la manière républicaine, sans

IL EXIGE DE REPRENDRE CERTAINS USAGES DE LA COUR DE FRANCE : À TABLE, FÉLIX FAURE EST SERVI EN PREMIER ; QUAND IL SE DÉPLACE, IL MARCHE SEUL, DEVANT… 136

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LA DUCHESSE D’UZÈS (1867-1933) QUI MENA DE MAIN DE MAÎTRE LE RALLYE BONNELLES APPRÉCIAIT FÉLIX FAURE. MAIS EN RAISON DE POSITIONS POLITIQUES DIFFÉRENTES – ELLE AVAIT SOUTENU LE GÉNÉRAL BOULANGER –, ILS SE RENCONTRAIENT AVEC UNE GRANDE DISCRÉTION EN FORÊT DE RAMBOUILLET.

grand apparat ; ils donnaient, de temps en temps, par obligation, quelques chasses officielles où étaient conviés les personnages importants du moment.Si SadiCarnotnechassaitplusdepuisqu’il avait plombé les fesses d’un général, le président Grévy avait un grand plaisir à tirer le lapin… C’est lui qui avait, en son temps, après le départ du duc de La Trémoille qui le louait depuis 1870, réintégré le domaine de Rambouillet dans le giron de l’État et l’avait ajouté à Marly. À l’arrivée de Félix Faure, le château n’est plus habité depuis 1883. On nesaitsi,levisitantpourlapremièrefois, il dit, comme Louis XVI, « il suffira à mon bonheur ». Toujours est-il que, dès son avènement, il ordonne des travaux pour en faire officiellement, le 23 février 1896, la résidence d’été et d’automne de la présidence. Le domaine

conservera ce statut jusqu’en 2009 et sera,pour la plupart de ses successeurs, un lieu de pouvoir et de villégiature. Son émerveillement est tel qu’il revendiquera un jour cette phrase extraordinaire de nostalgie et d’admiration :«l’intelligentepersonnalitéducomtedeGirardin, grandveneurdeNapoléonIer etdeCharlesX, plane et préside, dans la suite des règnes, aux ébats cynégétiques dont il a été le premier et intelligent machiniste ». Les premières chasses sont données dès l’automne 1895 :le 15 octobre, c’est en l’honneur du roi de Grèce,puis le 18 c’est le roi du Portugal qui arrive par train spécial. Les tableaux sont remarquables (signalons qu’il créa à la faisanderie de Rambouillet un élevage de faisans,ce qui mécaniquement,augmentera les tableaux) : on note, chaque fois, plus de 600 pièces pour les neufs participants, ce qui est magnifique.

Dès1896,toutsemetàalleràgrande allure : les réceptions cynégétiques se succèdent avec un faste extraordinaire, le château est illuminé tous les soirs : qui n’a pas vu le comte Potocki, arriver pour chasser avec son attelage à quatre, avec postillons, n’a rien vu ; toutes les têtes couronnées de passage à Paris participent aux battues à Rambouillet. On remarque que le grand-duc Wladimir le 6 novembre 1896 tue 178 pièces –Félix Faure 148– pour un total de 924.La plupartdesreprésentantsdetouslespays d’Europe sont reçus en grande pompe. Le nombre de chasses passe de douze à vingt, dont douze officielles ; les autres sont destinées aux amis particuliers du président. On chasse moins à Marly et pourtantl’endroitestmagnifique ;lestirés s’étendent sur près de douze kilomètres et forment un anneau de bois à demi rasés, tenus très bas, qui entoure

DANS LES CHASSES OFFICIELLES, VÊTU GÉNÉRALEMENT D’UN COSTUME DE TWEED ET DE GUÊTRES BLANCHES, IL PORTE UN PETIT TYROLIEN INCLINÉ SUR L’OREILLE. 138

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COLLECTION PARTICULIÈRE

Félix Faure

À RAMBOUILLET, FÉLIX FAURE PARTANT À LA CHASSE AVEC LE VICE-AMIRAL RIEUNIER. À DROITE, LE PRÉSIDENT EN PLEINE ACTION. DÈS SON AVÈNEMENT,

IL ORDONNERA UNE REMISE EN ÉTAT DU CHÂTEAU DE RAMBOUILLET ET EN FERA LA RÉSIDENCE D’ÉTÉ DES PRÉSIDENTS DE LA RÉPUBLIQUE EN 1896.

le Trou d’enfer (géré aujourd’hui par l’ONCFS).Faisans,lapins et chevreuils sont en abondance ; une douzaine de gardes en assure la surveillance, l’entretien et le repeuplement. GeorgesBenoistabienconnuleprésident et dresse dans ses souvenirs un panorama extraordinaire des grandes chasses de cette époque et de leurs acteurs. Pour rendre compte de la personnalité et des motivations profondes de ce personnage,il fait la réflexion suivante : « Félix Faure, à qui il ne manque que la couronne pour marcher de pair avec cesmonarqueschasseurs,ajoutedesabourse privée ce qui manque pour constituer une chasse qu’il veut giboyeuse pour sa satisfaction personnelle et montrer à ses invités et aux étrangers que la France,sous la République,sait conserver dans ses déduits les vieillesetnoblestraditionsdelamonarchie.» Toutestditetlaissesongeurcarquelprésident oserait faire cela aujourd’hui ?

On chasse comme sous la Restauration et le second Empire : les tireurs, au nombre de neuf,suivis de leurs chargeurs, marchent lentement devant eux dansleurspropreslayons,enrestantbien alignésetlesrabatteurs,placésentreeux, tapent sur les buissons avec des bâtons. Le layon du président est celui du milieu, le même qu’arpentaient jadis CharlesXouNapoléonIII.Cependant, la nécessité de faire un nombre de pièces de gibier en rapport avec l’importance des invités rend parfois indispensable le“rabat sur tête de battues”qui consiste à faire revenir sur la ligne des tireurs le gibier concentré en fin de layon ; on appelle cela le “bouquet”. Le président est un excellent fusil. Il se sert la plupartdutempsd’uncalibre16etmanque peu. Sauf quand il s’arrange pour laisser courtoisement ce titre à un invité de marque,il est généralement le“roi de la chasse”, c’est-à-dire celui qui fait le

meilleur score du tableau. Réglée minutieusement par le protocole, l’organisation est complexe car les gens à inviter sont nombreux et il ne faut oublier personne : les membres du bureau des Parlements,lesgénéraux,lesamiraux,les magistrats de la Cour de cassation, les conseillers d’État,les membres de l’Institut,touslespersonnagesimportantsde passage à Paris et les amis personnels du président. Son chef d’état-major, le général Tournier et son capitaine des chasses sont toujours à ses côtés. Le président n’aime pas particulièrement lestableauxgigantesquesàlamode,mais les chasses officielles doivent éblouir. Letableauestprésentéenfindejournée par les gardes,sur un lit de feuillage, devant le château.Comme aux grandes heuresdusecondEmpire,unebourriche de gibier est destinée à chacun des invités ainsi qu’aux hôpitaux. Les journaux doivent avoir une rubrique inti-

LES PREMIÈRES CHASSES À RAMBOUILLET SONT DONNÉES EN 1895 : EN L’HONNEUR DU ROI DE GRÈCE, LE 15 OCTOBRE ; LE ROI DU PORTUGAL S’Y REND EN TRAIN LE 18. 140

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PHOTOS : BIANCHETTI/LEEMAGE - JEAN-GUILAUME COURSAT/RAPHO

Félix Faure

tulée“L’histoire du président”,alimentée par l’agence Havas,qui rend compte des lieux de chasse, des noms et qualités de tous les invités et du tableau réalisé.Finalement,leschassesrépublicaines n’ont rien à envier à celles des princes illustres qui hantent tous ces lieux chargés d’histoire. Vêtu généralement d’un costume de tweed et de guêtres blanches qui resteront aussi célèbres que le parapluie de Louis-Philippe, le président porte un petit tyrolien incliné sur l’oreille,parfois remplacé par une casquette anglaise.En semaine, il lui arrive, quand il est libre, d’allerchasserchezdesamis,propriétaires degrandeschassesautourdePariscomme lecomteNicolasPotockiàlaCroix-SaintJacques ou Edmond de Fels à Voisin. Il y retrouve entre autre le comte Clary,un des plus grands fusils de l’époque (voir Jours de Chassen°44),sportsman comme lui, qu’il tient en très haute estime et

avec qui il plaisante volontiers.Une autre fois à Rambouillet,il tue un faisan : « –Il est un peu tôt pour tuer les faisans, lui fait observerl’officierquil’accompagne,dans deux mois ils seront bien plus beaux ! –Bah ! lui répondit le président,qui sait où je serais,dans deux mois ? » On le sait un peu moins, mais notre président aurait suivi quelques chasses à courreavecl’équipageBonnellesdeladuchesse d’Uzès, « mais pour préserver les convenances,expliqueMeAndréDamien, dans le texte qu’il a prononcé dans le colloquesur“L’Étatetlachasse”en2001, « il fallait qu’ils aient l’air de se rencontrer par hasard et,en fait,l’entrevue lors de ses chasses était soigneusement minutée » ! Pour laisser un souvenir de lui à ses invités, il fait publier un livre sur l’histoire cynégétique de Rambouillet qu’il écrit avec l’aide de l’inspecteur Leddet. Ce livre est presque introuvable. Les nombreuses illustrations sont, chose

extraordinaire, essentiellement consacrées à sa personne. À un ami qui lui fait remarquer qu’il y a peut-être un peutropdeportraitsdelui,ilrépondavec une grande simplicité : « C’est normal car ce livre n’est destiné qu’à mes amis : si je leur donnais des photos de quelqu’un d’autre,cela n’aurait aucun sens ! » C’est d’une logique implacable… Le président passe toutes ses vacancesd’étéàRambouillet ;ilchasseplusieurs fois par semaine, quel que soit le temps,du début septembre à la fin janvier. Mais ne nous y trompons pas, ce qu’il aime par-dessus tout c’est d’aller horsdeschassesofficielles,etloindetout protocole,surprendre,lefusilsouslebras, un canard égaré près d’une mare ou une bécasse de passage en lisière de bois,accompagné de ses deux chiens,le vieux Forsac,un setter gordon,et Dick, le nouveau, dont il dit « qu’il a juste ce qu’il faut de pointer… ».

IL CHASSE PLUSIEURS FOIS PAR SEMAINE, QUEL QUE SOIT LE TEMPS.MAIS CE QU’IL AIME PAR-DESSUS TOUT, C’EST POUVOIR CHASSER SEUL, LOIN DE TOUT PROTOCOLE. 142

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Hélas il ne peut jouir longtemps de cette félicité, car il meurt dans des circonstances aussi soudaines que surprenantes le 16 février 1899, dans les bras –ou en tout cas pas très loin – de sa “connaissance”. Le grand public n’en apprendra les détails que bien plus tard : on lit,cependant,dans l’Aurore du 22 février, quatre jours après, ce curieux article : « Pourquoi parle-t-on de nouveau beaucoup d’une divette ? Pourquoi,depuis quelques jours, lui prête-t-on dans l’histoire contemporaine un rôle important ? Pourquoi discute-t-on là-dessus à perte de vue dans les fumoirs, après dîner ? Pourquoi désigne-t-on cette inconnue sous ce nom : Pompes funèbres ? Pourquoi ? » Les médias, en ce temps-là, n’ont pas la réactivité qu’on leur connaît aujourd’hui. La foule se presse cinq jours à l’Élysée pour rendre hommage au disparu. L’honnêtehomme,simpleetauthentique, a plus marqué le cœur des gens que le « parvenu qui joue les si j’étais roi » comme l’appelle Rochefort.Finalement,c’est un enfant des faubourgs qui donne à sa manière une leçon de politique majeure à savoir que démagogie n’est mère de popularité. Hélas, peu l’ont entendu… ◆

NICOLAS II

ET FÉLIX FAURE.

PAGE DE GAUCHE, DÎNER À L’ÉLYSÉE OFFERT PAR FÉLIX FAURE AU GÉNÉRAL JACQUES-ACHILLE DUCHESNE, LE 8 MARS 1896. SOUS SA PRÉSIDENCE, LES CHASSES RÉPUBLICAINES N’AURONT RIEN À ENVIER À CELLES DES PRINCES ILLUSTRES QUI HANTENT TOUS LES LIEUX CHARGÉS D’HISTOIRE.

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Exposition ◆

Beauté animale par Fabrice Madouas

Le bestiaire magnifique

DES CHIENS D’OUDRY AUX CHEVAUX DE GÉRICAULT, DES TIGRES DE DESPORTES AUX LIONS DE BARYE, L’EXPOSITION “BEAUTÉ ANIMALE”, AU GRAND PALAIS, PROUVE QUE L’ART ANIMALIER POURRAIT FIGURER AU PREMIER RANG DE LA HIÉRARCHIE DES GENRES.

◆ L

PHOTOS : PRESSE/RMN/THIERRY LE MAGE - PATRICK IAFRATE

e lion est mort.Au galop ! Le temps qu’il fait doit nous activer.Ces mots sont de Delacroix à Barye quand il apprend,en 1828,la mort d’un des lions donnés au Muséum d’Histoire naturelle par l’amiral de Rigny. Les deux amis, le peintre et le sculpteur, qui entretinrentpendantplusieursannéesunecollaborationétroite,avaient pris l’habitude d’assister, voire de participer aux dissections des animaux sauvages qu’accueillait alors la ménagerie du Jardin des Plantes, à Paris : leur goût pour l’anatomie s’expliquait par leur souci de réalisme et la passion du mouvement dont témoignent leurs œuvres respectives. On peut voir au Grand Palais, de la main d’Eugène Delacroix,deux étonnantes études d’un lion écorché couché, sans doute celui qu’il évoque dans son courrier. Et, danslamêmesalle,unLionauserpentd’Antoine-LouisBarye,bronze monumentalcommandéparLouis-Philippe,dontlapuissanceadmirable vaut à elle seule la visite.Alfred de Musset le disait « effrayant comme la nature » : « Quelle vigueur et quelle vérité ! Ce lion rugit,ce serpent siffle… »,s’exclama le poète en découvrant ce bronze, qui orna le jardin des Tuileries jusqu’en 1911. >>

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“TÊTE DE CHEVAL BLANC”, DE THÉODORE GÉRICAULT (AVANT 1816). PAGE DE GAUCHE, “UN CHIEN”, DE GRÉGOIRE GIRAUD (1827). L’ŒUVRE EST SOUS-TITRÉE : “FIDÉLITÉ, COURAGE, VIGILANCE, AGILITÉ”.


Beauté animale

B

eauté animale. C’est le titre de cette exposition, exceptionnelle par son ambition et par la qualité des œuvres montrées : 120 seulement,de la Renaissancejusqu’ànosjours,maispresqueautant de chefs-d’œuvre qui n’avaient jamais été rapprochés et que l’on doit notamment,par ordre chronologique,à Dürer, Bassano, Rubens, Rembrandt, Oudry, Goya, Géricault, Courbet, Degas, Manet, Pompon, Bonnard, Picasso etd’autresmoinscélèbresmaisquin’ont pas volé leur place aux côtés de ces maîtres, comme Melchior d’Hondecoeter (1636-1695), surnommé le “Raphaël des oiseaux”. Après cette énumération, qui oserait encore reléguer l’art animalier au plus bas de la hiérarchie des genres, comme ce fut le cas au XVIIe siècle ? La peinture animalière ne figurait en effet qu’au cinquième rang de la hiérarchie établie par l’Académie royale de peinture,après

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“DEUX CHIENS DE CHASSE ATTACHÉS À UNE SOUCHE”, DE JACOPO BASSANO (1548-1549). CE PREMIER PORTRAIT DE CHIENS EST D’ORIGINE VÉNITIENNE. CI-DESSOUS, “CHEVAL CARACOLANT”, D’EDGAR DEGAS (1881-1890). PAGE DE DROITE, DEUX VISITEURS ADMIRANT L’ŒUVRE D’UN ANONYME ALLEMAND, “LES OISEAUX” (1619).

lapeintured’histoire,leportrait,la“scène de genre”(scènes de la vie quotidienne) et le paysage. Le peintre animalier est cependant plus prisé que celui de natures mortes,seul genre auquel étaient admises les femmes. « Celui qui peint desanimauxvivantsestplus estimablequeceuxquinereprésentent que des choses mortes et sans mouvement », écrit l’historiographeAndréFélibien,quicodifia cette hiérarchie en 1667. Celle-ci perdura si longtemps que l’art animalier sera quasiment absent des histoires de l’art jusqu’à la fin du XXe siècle.


PHOTOS : PRESSE/RMN - PATRICK IAFRATE - PRESSE RMN - HERVÉ LEWANDOWSKI

Les animaux sauvages ont pourtant fourni leur premier sujet aux “artistes” du paléolithique. « Jamais société humaine ne fit plus corps avec son milieu que les tribus de chasseurs de rennes»,remarqueÉlieFaure.L’écrivaind’artnousalégué,dans un style inimitable,des pages d’une grande sensibilité sur ces hommesdontlegestemaîtrisénousvautlesplusancienschefsd’œuvre :«Lafresqueapparaît,largespeinturessynthétiques,ocres, noires,sulfureuses,presque effrayantes à voir dans leurs ténèbres et par leur insondable antiquité,rennes et bisons,chevaux et mammouths,quelquefois monstres composites,hommes à tête d’animal. Parfois, comme à Altamira, toutes les bêtes en troupeau désordonné et,au milieu d’elles,des figures admirables qu’un grand artiste seul a pu réaliser,de par le dessin sûr,abrégé,volontaire,le modelé subtil et ondoyant comme une moire,les passages discrets, la vie violente,le prodigieux caractère » (Histoire de l’art). L’on prête aussi ces exclamations, peut-être apocryphes, à Picasso visitant Lascaux : « C’est moi qui l’ai fait ! » et, à Altamira :«Depuis,toutestdécadence !»Par-delàlestemps,lepeintre s’unissait au chasseur qui, « comme lui dans sa série des corridas,avait atteint la beauté simplement par son sens du mouvement et de l’attitude exacte », écrivait notre collaborateur Philippe Léobazel (« L’art et la chasse :une fresque plurimillénaire » – hors-série n° 1 de Jours de Chasse). >>

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PHOTOS : PATRICK IAFRATE - PRESSE RMN/BULLOZ

Beauté animale

“RHINOCÉROS”, DE JOHANN DIETRICH FINDORFF, D’APRÈS JEAN-BAPTISTE OUDRY (VERS 1752). L’ANIMAL, PRÉNOMMÉ CLARA, FUT EXHIBÉ EN FRANCE EN 1749. CI-DESSUS, “LION AU SERPENT”, D’ANTOINE-LOUIS BARYE (1835). ALFRED DE VIGNY A DIT DE CE BRONZE QU’IL ÉTAIT “EFFRAYANT COMME LA NATURE”. PAGE DE DROITE, “PAONS, MÂLE ET FEMELLE”, DE MELCHIOR D’HONDECOETER (1681), SURNOMMÉ LE “RAPHAËL DES OISEAUX”.

Or, curieusement, malgré la fascinationqu’ontexercéelesanimauxsauvages ou familiers sur les plus grands peintres et sculpteurs, très peu d’études, encore moins d’expositions,ont été consacrées à l’art animalier en tant que tel. C’est cette injustice que répare aujourd’hui

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EmmanuelleHéran,conservateurdupatrimoine et commissaire de cette exposition. « J’ai veillé à ne présenter que des œuvres d’une qualité très élevée,soulignet-elle. J’ai aussi essayé de trouver des artistesinsolitesouinattendusdansledomaine animalier,comme Van Gogh [de qui l’on

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voituneeffrayanteChauve-souris],et également des artistes peu connus du public français,comme Gabriel von Max [auteur, entre autres,d’une curieuse étude intitulée les Singes critiques d’art]. Le troisième critère a été géographique :jemesuislimitéeàlacréation européenne.» Sous les voûtes du Grand Palais,l’exposition s’ordonne autour de trois thèmes, qui lui donnent sa cohérence : « Observations », « Préjugés » et « Découvertes ». « Dans un premier temps, le visiteur mesure à quel point il est difficile pour les artistes de représenter les animaux, et combien il leur est nécessaire de les observer,expliqueEmmanuelleHéran.Ensuite,il est renvoyé à ses idées reçues sur la beauté – ou la laideur – animale.Dans la dernièrepartie[quiretracel’arrivéed’animaux exotiques en Occident], son regard peut retrouver une certaine virginité »,


un émerveillement dont les médias nous ont en partie privés tant nous avons pris l’habitude de voir des animaux à l’écran. L’exposition favorise cette “révolution” du regard par un parti pris original : les animaux y sont montrés seuls,hors de toute présence humaine. Sans doute cette absence confinet-elle à l’artifice car c’est bien à des hommes que l’on doit le souvenir des animaux représentés ici. Elle incite cependant le spectateur à s’interroger sur la place (jusque-là centrale) qu’occupe l’homme au sein du règne animal, sur celle qu’il a faite aux animaux et sur les rapports (jusque-là de domination) qu’il entretient avec eux. Nul ne soutient plus aujourd’hui qu’ils sont dépourvus de conscience et d’intelligence,commeDescartesdanssonDiscoursdelaméthode.Encore moins qu’ils « ne sentent ni plaisir ni douleur », comme Nicolas Malebranche.La Fontaine s’en offusquait déjà ! La réflexion sur la condition des animaux est donc utile à la protection des espèces – à condition cependant que la raison conserve

ses droits, c’est-à-dire que l’homme ne succombe pas aux thèses de l’écologie radicale, qui progressent dangereusement à mesure que les citadins s’éloignent de la nature… On pourra, poursuivant cette réflexion, regretter qu’aucuneœuvresurlachassenesoitmontréeauGrandPalaisalors qu’avec la religion, la guerre et l’amour, la cynégétique est l’un des quatre thèmes les plus représentés par l’homme depuis l’aube des temps. Mais ce n’était pas le propos de cette exposition : « Les amateurs pourront se rendre dans les musées spécialisés, comme celui – excellent – de Paris », écrit Emmanuelle Héran dans l’intéressant catalogue de l’exposition. Il n’y figure pas non plus de nature morte, à l’exception de la Truite de Courbet qui,prise à l’hameçon,symbolise le désespoir de l’artiste contraint à l’exil après la Commune. « L’animal éventré,devenu nourriture carnée,n’est pas notre sujet.» Si la chasse n’est pas abordée en soi, les auxiliaires du chasseursontlargementreprésentés,àcommencerparlechien, dont on peut admirer le plus ancien portrait connu : Deux chiens de chasse attachés à une souche, de Jacopo Bassano.

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Beauté animale

“DEUX TÊTES DE DROMADAIRE”, DE PIETER BOEL (16691671). CI-DESSUS, VUE D’UNE SALLE DE L’EXPOSITION, AU GRAND PALAIS. CI-DESSOUS, UN “TIGRE DÉVORANT UN GAVIAL”, DE BARYE (1831) : “JAMAIS LUTTE DE LA NATURE ET LES FATALITÉS DE LA DESTRUCTION NE FURENT RENDUES D’UNE MANIÈRE PLUS PUISSANTE”, ÉCRIRA

THÉOPHILE GAUTIER.

D’autres avaient peint des chiensavantlui(onpenseau griffonbruxelloisdesépoux Arnolfini,deVanEyck)mais jamais seuls. En revanche, certainsanimauxavaientété représentés seuls, mais il s’agissaitmoinsdeportraits que d’archétypes : en peignant son célèbre Lièvre (1502),visibleàl’Albertina,Dürernedécrit pas un individu particulier mais une espèce tout entière. L’intention de Bassano est différente. Son tableau, daté de 1548-1549, fut attribué successivement à Véronèse puis à Titien. Le genre est donc d’invention vénitienne.Ilreprésentedeuxchienscourants de type braque, l’un couché et fidèle, l’autre debout et agité. Bassano le peignit pour le comte Antonio Zantani dont la marque d’éditeur (il fit publier des ouvrages sur les monnaies antiques) portait un chien accompagné des devises Solus honor (“l’honneur avant tout”) et Malo mori quam transgredi (“plutôtmourirquefaillir”) :


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depuisleMoyenÂge,l’animalsymbolisel’honneuretlaloyauté. « Le chien est le seul animal dont la fidélité soit à l’épreuve »,écrira Buffon. Le comte Zantani poursuivait aussi un objectif ostentatoire,lesbraquesétantalorsunsigneextérieurderichesse et de noblesse. L’œuvre de Bassano eut tant de succès que Tintoret n’hésita pas à reproduire le chien couché dans un Lavement des pieds aujourd’hui au Prado, et que Titien le reprit aussi dans l’un de ses tableaux, l’Enfant avec des chiens. Braques et lévriers seront longtemps privilégiés par les artistes car ils servent à la chasse, passion royale par excellence. L’exposition ne pouvait pas ignorer l’œuvre de JeanBaptiste Oudry (1686-1755), peintre officiel des chasses de Louis XV, dont on admirera Misse et Turlu, daté de 1725. Le tableau réunit deux levrettes anglaises (dont les noms sont inscrits en lettres d’or sur la toile) offertes par le roi d’Angleterre à son cousin français.Les lévriers,dont l’étymologie dérive de “lièvre”, étaient depuis longtemps utilisés pour la chasse aux grands animaux (chassant à vue,son rôle était de forcer et de coiffer le gibier) et l’on en voit beaucoup représentés dans le Livre de chasse de Gaston Phébus (1389).« L’attention portée par Oudry à l’anatomie des animaux, l’élégance altière de leurs attitudes,l’aspect presque humanisé souvent souligné par les spécialistes du peintre […] en font un des chefsd’œuvre de la peinture animalière du XVIIIe siècle », souligne Xavier Salmon, directeur du patrimoine et des collections du château de Fontainebleau d’où provient ce tableau (dans le mensuel Dossier de l’art, mars 2012). >>

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Beauté animale

“LE SINGE PEINTRE”, D’ALEXANDREGABRIEL DECAMPS (1883). CI-DESSUS, TROIS ŒUVRES DE

GÉRICAULT : “CHEVAL EFFRAYÉ PAR L’ORAGE” (VERS 1813-1814), “CHEVAL GRIS” (VERS 1812) ET SA “TÊTE DE CHEVAL BLANC”. PAGE DE DROITE, “TÊTE D’ORANGOUTAN”, DE FRANÇOIS POMPON (1930).

Louis XV vint assister en personne au début du travail d’Oudry,dans l’atelier qu’il avait aux Tuileries, puis y retourna plusieurs fois,tenant parfois luimême le chien qui posait.Éprouvant la même passion pour la chasse et le même amour pour ses chiens que Louis XIV, leBien-Aimécontinuaitainsilapolitique de commandes inaugurée par son bisaïeulavecAlexandre-FrançoisDesportes (1661-1743), dont on peut s’étonner qu’aucune œuvre ne soit présentée, sinon un Tigre marchant de profil, dessin il est vrai superbe,exécuté à la ménagerie de Versailles. On dit que la renommée de Desportes et d’Oudry étaient si bien

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établiequeChardin,renonçantàpeindre des animaux vivants, préféra se consacrer aux natures mortes. Silechienadroit,lepremier,àsonportrait, le cheval, autre auxiliaire de l’homme,deviendratrèsvitel’undessujets de prédilection des artistes,au point d’être sans doute l’animal le plus représenté dans la peinture comme dans la sculpture – en tout cas jusqu’à la PremièreGuerremondiale :ilesteneffetassocié à la puissance de celui qui le monte et Buffon, en vantant sa noblesse, souligneaussicelledesoncavalier.C’estavec curiositéqu’onnoteralaprésencedetrois petits bronzes d’Edgar Degas, qui s’ai-

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dera de la photographie naissante pour fixer les attitudes des chevaux dans ses tableaux. Mais l’évocation du cheval appelle aussitôt celle de deux peintres qui lui rendirent le plus bel hommage : GeorgeStubbs(1724-1806)etThéodore Géricault (1791-1824). Peintre de la sporting life mais aussi deportraitsaristocratiquesetd’animaux exotiques, l’Anglais aborda la représentationdeschevauxparl’étudedeleur anatomie,desortequ’illesdessinaittoujours avec une extrême précision. Il procéda d’ailleurs à de nombreuses dissectionsetl’ouvragequ’ilpubliaen1766, The Anatomy of the Horse (d’où sont tirées des études exposées au Grand Palais),guidera des générations d’artistes, à commencer par Théodore Géricault, qui envisagea d’ailleurs de publier une anatomie du cheval dans le même esprit scientifique que Stubbs. « Géricault,c’est le cheval incarné,si je puis dire ainsi ; il semble que l’âme d’un cheval soit venue se loger dans le corps d’un homme»,écriraAntoineEtex,quisculpta le tombeau du peintre. C’est par son célèbre Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant (aujourd’hui auLouvre)queGéricaultsefitconnaître en 1812 : cette composition magistrale, d’un format inhabituel pour une scène d’actualité,révèleàsescontemporainsla


L’innovation par Tradition puissance et la fougue d’un peintre dont la carrière prolixe sera écourtée par une chute de cheval mal soignée… Les chevaux qu’il peint,souvent les étalons de la Grande Armée, sont parmi les plus beaux de son temps.Ayant accès à l’École des troupes à cheval de Versailles, il s’installait dans les écuries pour y faire de véritables portraits : « Par son cadrage serré,safrontalité,etsonéclairage,cettereprésentationestdesmoins conventionnelles.Le peintre représente son modèle comme l’on figurerait un général en buste : vigoureux, nerveux, et doué d’expression»,remarqueThierryLaugée,enseignantàlaSorbonne (Dossier de l’art, mars 2012). Plusieurs de ses œuvres sont présentées au public dans le cadre de cette exposition. Si l’attitude de son Cheval effrayé par l’orage est saisissante de vérité, c’est surtout sa Tête de cheval blanc qui captive l’attention. Géricault maîtrisait si bien l’anatomie qu’il pouvait s’en affranchir pour exprimer

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tout le caractère de ses sujets : « Un peu à l’instar d’Ingres qui rajoutaitdesvertèbresàsesnus,leschevauxdeGéricaultsontpresque plus vrais que nature,comme la Tête de cheval blanc du Louvre où le chanfrein est allongé », explique Emmanuelle Héran, en soulignant que le génie du grand artiste est dans l’interprétation.Par cet artifice,Géricault parvient à donner une étonnante acuité psychologique à son modèle, au point que certainsobservateursontcruydécelerunautoportraitdéguisé… C’est à lui que l’on doit aussi la magnifique Tête de lionne que les organisateurs ont choisie pour affiche. Car cette exposition fait la part belle aux animaux sauvages, depuis le

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Beauté animale

Rhinocéros que Dürer dessina sans jamais l’avoir vu – d’où certaines fantaisies, comme la corne de licorne dont il affuble l’animal – jusqu’à l’Ours blanc deFrançoisPompon(1929),en passantparlagirafeZarafa,que le pacha d’Égypte Mehemet Ali offrit à Charles X en 1827. Des félins, Rembrandt Bugatti (1884-1916), à la carrière aussiprodigieusequ’éphémère, sut rendre dans ses œuvres l’incroyablesouplesse,commel’attestesaPanthèremarchant,plâtre datant de 1904. Mais on sait moinsquesicesfauvessontsouvent représentés, ce n’est pas seulement parce qu’ils ont exercé sur l’homme une fascination que rien n’a jamais démenti –c’est aussi,plus prosaïquement, qu’ils prennent longtemps la pose, le temps de digérer leur proie… L’expositionrappelleavecraisonlerôle que les souverains européens,depuis les Médicis jusqu’aux Bourbons, eurent dans la diffusion de ces représentations,

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“TÊTE DE LIONNE”, DE THÉODORE GÉRICAULT (VERS 1819). À GAUCHE, “TÊTE DE TIGRE”, ANCIENNEMENT ATTRIBUÉ À EUGÈNE DELACROIX. EN HAUT À GAUCHE, “OURS BLANC”, DE FRANÇOIS POMPON (VERS 1928-1929) ET “PORTRAIT DE DIANE, LEVRETTE DE BERGERET DE GRANDCOURT”, DE FRANÇOIS ANDRÉ VINCENT (1774). L’EXPOSITION SE CLÔT PAR UNE INTERROGATION SUR LA PRÉSERVATION DES ESPÈCES.

enconstituantdesménageriesd’animaux exotiques auxquelles les peintres eurent accès.Dès1662,lejeuneLouisXIVcommanda à Louis Le Vau la construction de la ménagerie du château deVersailles, quiaccueillitnotammentdesfauves,surtout sous LouisXV – comme le tigre du Bengale dessiné par Desportes.Ce sont les animaux rescapés de Versailles que

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la ménagerie du Jardin des Plantes recueillit en 1794,en plein Paris.Là même où Delacroix et Barye se rendaient pour nous laisser les chefs-d’œuvre visibles au Grand Palais. ◆ Beauté animale, Grand Palais, Paris,VIIIe,jusqu’au 16 juillet.Catalogue sous la direction d’Emmanuelle Héran, RMN,240 pages,39 €.


CI-DESSUS, BEL ÉLÉPHANT D’AFRIQUE. CI-CONTRE, À GAUCHE, CARTE RETRAÇANT LE PÉRIPLE DE KARAMOJO BELL. À DROITE, UN GUERRIER KARAMOJAN, DESSINÉ PAR BELL. PAGE DE DROITE, BELL LORSQU’IL S’ENGAGEA DANS LA ROYAL AIR FORCE PENDANT LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE.


de légende ◆

Karamojo Bell “L’Afrique! L’Afrique!” par Guillaume Beau de Loménie

CAPTIVÉ PAR L’AFRIQUE, CET ÉCOSSAIS OCCUPE UNE PLACE À PART DANS LES CHASSEURS D’IVOIRE. PAR LE

HISTOIR

Chasseur

TABLEAU QU’IL RÉALISA, PAR LES EXCÈS QU’IL COMMIT ET PAR LES RISQUES QU’IL PRIT.

PHOTOS : GUILLAUME BEAU DE LOMÉNIE

P

armi tous les chasseurs d’ivoire qui écumèrent l’Afrique de la fin du XIXe siècle et au début du XXe,il en est un qui occupe une place à part et qui a profondémentmarquécette“profession” contestableàcertainségards,surtoutavec notre regard d’aujourd’hui sur la préservation et la conservation de la faune. Il faut bien le reconnaître,il y a cent ans, une grande majorité de cette catégorie de chasseurs était motivée bien souvent par le seul appât du gain et ne s’embarrassait pas d’états d’âme… « De l’ivoire à 24shillingslalivre…Voilàlatentationqu’offraitl’Afrique.Quin’auraitpassuccombé», écrira John A.Hunter,un chasseur blanc de la première moitié du XXe.C’est dans ce contexte qu’il faut observer Walter Maitland Dalrymple Bell (1880-1954). Plus connu sous le nom de“Karamojo” Bell, c’est indéniablement une personnalité intéressante à défaut d’être réellement attachante – comme peut l’être

Selous ou Bruneau de Laborie– s’agissant d’un homme qui compte à son actif 1 011 éléphants tirés pour leur ivoire, qui plus est avec de tout petits calibres. En matière de tableaux de chasse, d’autres ont, en effet, fait “mieux” ou “pire”, c’est selon… Ainsi de nos jours l’Espagnol Tony Sánchez Ariño affiche 1 300 éléphants abattus, sans compter –sans doute pour faire bonne mesure– 2 044buffleset332lions.Maisnulàcommencer par le flamboyant et ineffable matador ibère n’a eu le courage de rééditer les exploits de Bell en s’attaquant auplusgranddesmammifèresterrestres armé simplement de la petite carabine .275 Rigby (7x57) que celui-ci affectionnait plus particulièrement, « dont, souligne Dominique Venner,beaucoup de chasseurs d’aujourd’hui voudraient tout

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justepourtirerunchevreuil» ! W.M.D Bell est né en 1880 àÉdimbourgenÉcosse.Dernier d’une fratrie de dix enfants, il fut élevé par ses frères et sœurs après la disparition prématurée de leur mère alors qu’il n’avaitlui-mêmeque2ans,puisparcelle de leur père lorsqu’il eut atteint 6 ans. Rienneprédestinaitcefilsd’unriche propriétaire terrien qui avait fait fortune dans le commerce du bois à la vie d’aventures qui allait être la sienne.Rien moins encore ne le préparait semble-t-il à cette passion marquée dès son plus jeune âge pour la chasse. Et par-dessus tout pour cette fascination qu’il sembla très tôt éprouverpourl’Afrique.Passionnédelecture et de celle des romans d’aventures qui enchantaient alors l’imagination des jeunes garçons,Walter Bell rêve très tôt de partir sur les traces des chasseurs fameux… Mais ce fut vers l’Amérique, avantl’Afrique,qu’ilentreprendd’abord de s’évader pour se lancer sur la trace de ce qui constituait déjà alors les derniers survivants des millions de bisons qui avaient peuplé les plaines du Grand Ouest.Belln’apas8anslorsqu’ilfaitmain

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PHOTOS : “THE WANDERINGS OF AN ELEPHANT HUNTER”

Chasseur de légende

SUR CE DESSIN À GAUCHE, BELL INDIQUE L’ENDROIT PRÉCIS OÙ IL FAUT PLACER UNE BALLE DE CERVEAU, SI L’ON TIRE DE DERRIÈRE. SA THÉORIE ? “UNE BALLE DE 100 GRAINS AU BON ENDROIT TUE AUSSI SÛREMENT QU’UNE BALLE DE

900 GRAINS…” CI-DESSUS, AUX PRISES AVEC UN HIPPOPOTAME.

basse sur une paire de pistolets appartenant à l’un de ses frères aînés. Muni de quelque argent,d’un couteau de chasse, d’une montre et des fameux pistolets, il fugue pour rejoindre Glasgow d’où il espère s’embarquer pour l’Amérique.

L’aventure se termine au poste de police où ses aînés viennent le récupérer. Peudetempsaprès,lalecturedesrécits de chasses de Gordon Cummings, un autre Écossais, chasseur de fauves enAfriquequaranteansplustôt,marque le début de sa passion pour l’Afrique qui ne se démentira jamais. Oubliés les bisons nord-américains ! Seuls les éléphants comptent désormais pour l’enfant. Très vite, il se découvre une profonde aversion pour les études et l’école et collectionne les renvois des divers établissements où il est placé.Une nouvelle tentative de fugue et le projet qu’il forme cette fois-ci d’aller chasser les éléphants en Afrique ont raison de la patience de ses frères. Alors qu’il n’est âgé que de 13 ans, ceux-ci décident de l’envoyer comme mousse sur un navire marchandoù,l’espèrent-ils,ladiscipline

qui règne à l’époque à bord aura raison de sa rébellion et de ses rêves de chasse à l’éléphant.Comme l’écriraWalter Bell bien des années plus tard : « l’argument définitif en faveur de ce projet était qu’une fois à la mer je serais bien incapable de m’enfuir ». Vaincalcul.Uneannéedenavigation le conduit successivement en Tasmanie, puis en Nouvelle-Zélande.À son retour, Walter qui a maintenant 14ans n’a pas renoncéàsonrêve.Endésespoirdecause, ses frères l’expédient en Allemagne afin d’y apprendre la langue.Mais cette nouvelle tentative comme les précédentes sontunéchec,etladéterminationdeWalter est plus forte que jamais. « L’Afrique ! L’Afrique ! » ne cesse-til de répéter et cet inlassable leitmotiv finit par avoir raison de la résistance de ses aînés. Un jour, le destin de W.M.D. Bell bascule enfin : « J’étais presque âgé de 17 ans lorsque le plus âgé de mes frères m’accompagna chez un armurier afin d’y choisir une carabine. Cet épisode de mes aventures fut, on l’aura compris, le point de départ de toutes celles à venir.L’armuriernousproposaunsuperbemonocoupd’occasion en calibre .303,et l’affaire fut rapi-

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LECTURE DES RÉCITS DU CHASSEUR DE FAUVES DE GORDON CUMMINGS, IL N’AURA DE CESSE DE VOULOIR DÉCOUVRIR L’AFRIQUE ET D’Y CHASSER LES ÉLÉPHANTS.

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Chasseur de légende

Walter songe à se joindre à l’une des caravanes qui, depuis Mombassa, s’enfoncent dans l’intérieur des terres. Elles emportent avec elles jusqu’aux postes les plus reculés d’Ouganda les marchandiseslesplusdiverses.Ellesenrapportent de l’ivoire,mais aussi des esclaves en dé-

dement conclue.J’atteignais enfin les portes du paradis. » Il s’embarque sans autre bagage que sa carabine et une petite provision de munitions (« Rien d’autre ne me semblait nécessaire ») sur un petit vapeur allemand en partance pour Mombasa, en Afrique de l’Est, entre autres escales.

pitdel’abolitiondéjàanciennedelatraite. Le jeune homme intrépide offre aux caravanes la protection de sa carabine. L’Afrique de cette fin de XIXe siècle est encore souvent hostile et les tribus insoumises.Envain.Lescaravaniersnesongent guère à s’embarrasser d’un jeune Blanc dans lequel elles ne sont pas loin de voir en outre quelque espion de l’administration anglaise soucieuse de démasquer les trafics auxquels ils se livrent,et celui des esclaves en particulier. Maislachanceluisouritenfin.Àcette époque les Anglais ont entrepris la construction du chemin de fer qui doit relier Mombassa à l’Ouganda voisin. Surleschantiers,lesmilliersdecooliesindiens qui travaillent à la construction de la voie sont en but aux attaques des nombreux lions qui peuplent alors la savane. Walter est-il le précurseur ou le suiveur du colonel Patterson dont nous avons contéicilesaventures(voirJoursdeChasse n°28)faceàdeuxlionsmangeursd’hommes sur cette même ligne de chemin de fer en construction ? Difficile de le dire.

QUATRE DESSINS DE BELL. SA PARFAITE CONNAISSANCE DE L’ANATOMIE DES PACHYDERMES LE CONDUIRA À DÉVELOPPER ET À PRATIQUER PLUS QUE QUICONQUE LE

“BRAIN SHOT”, LE TIR AU CERVEAU,

ET CE AVEC DES TOUT PETITS CALIBRES.

“DE L’IVOIRE

À

24

SHILLINGS LA LIVRE. VOILÀ LA

TENTATION QU’OFFRAIT L’AFRIQUE. QUI N’AURAIT SUCCOMBÉ”, ÉCRIRA JOHN BLANC DE LA PREMIÈRE

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HUNTER, UN CHASSEUR MOITIÉ DU XX e SIÈCLE . Jours de C HASSE ◆

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“THE WANDERINGS OF AN ELEPHANT HUNTER”

Chasseur de légende

ÉLÉPHANT PRÊT

À CHARGER ET, CI-DESSUS, RÉCOLTE D’IVOIRE.

BELL ORGANISERA

SON PREMIER SAFARI DANS LE

KARAMOJO IGNORANT

LES TENTATIVES POUR GUILLAUME BEAU DE LOMÉNIE

L’EN DISSUADER DES TRAFIQUANTS ARABES QUI VOIENT D’UN MAUVAIS

ŒIL L’ARRIVÉE DE CE JEUNE HOMME QUI RISQUE DE SE MÊLER DE LEURS AFFAIRES.

Il n’en reste pas moins que le jeune homme est recruté pour protéger les caravanesdemulesquiconvoientjusqu’aux chantiers le ravitaillement et le matériel qui leur sont nécessaires. Mais, comme il le constate bientôt, les douilles des cartouches de sa carabine de calibre .303 ont la détestable propension,sous l’effet de la chaleur ambiante,à gonfler dans la chambre lors du tir, rendant l’extraction de celles-ci extrêmement difficile. Il espère que ses rencontres avec les fauves ne se produirontqu’aprèslecoucherdusoleilcar«dans la fraîcheur de la nuit,le .303 éjectait passablement,etmieuxencoresiuntroncd’arbre se trouvait à portée de main qui me permit de cogner sur le levier d’armement »…Aussi ne tarde-t-il pas à l’échanger à un trafiquant grec contre une arme plus conséquenteencalibre450 :«malheureusement, touteslescartouchesétaientpourvuesdecette

162

abomination : une balle non blindée à tête creuse ». Avec cette arme, Walter va tuer un lion dans des conditions rocambolesques. En dépit de ses blessures, dont une balle qui lui fracasse la mâchoire, le fauve charge le jeune chasseur et ses acolytes africains.De cette époque date son aversion profonde pour les munitions non-blindéesdontilbanniral’utilisation. Lesmoispassent.Walteràcourtd’argent se résout à rentrer en Écosse afin d’obtenir une aide supplémentaire de ses aînés. À cette époque, la Ruée vers l’or bat son plein en Amérique du Nord. Walter décide de rejoindre le Yukon, au Canada,afin espère-t-il d’y faire fortune et de pouvoir enfin réaliser son rêve. Il atteint Dawson, non loin de la frontière avec l’Alaska, où est exploité le métal précieux.Sans grande conviction,il s’essaie au métier de prospecteur, mais son goût de la chasse reprend vite le dessus.

Jours de C HASSE ◆

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Avecunassociéderencontre,ilentreprend de traquer élans et grizzlis pour fournir en viande les prospecteurs qui ne cessent d’affluer.Walter est à la tâche, pendant que son associé achemine les carcasses vers la ville en traîneaux à chiens. Les semaines passent.Mais un beau jour,l’associétardeàreveniraucamppour prendre possession d’un nouveau chargement et rapporter l’approvisionnement.Bell se résout à abandonner sa cabane de trappeur et les monceaux de viande qu’il y a accumulés et que le froid conserve en attendant d’être vendus. Son associé,il le découvre bientôt,a disparu avec l’argent récolté au fil des mois. Rien ne semble devoir l’abattre. À cette époque éclate en Afrique du Sud la seconde guerre des Boers (TweedeVryheidsoorlogenafrikaans).Partieintégrante de l’empire britannique, le Canada envoi un contingent.Bell n’en fait pas mystère :il tient là le moyen idéal de rejoindre à nouveau l’Afrique et il se soucie peu de savoir pour qui et pourquoi il va combattre. Cette guerre consiste, écrira-t-il, en de longues chevauchées qui usent les chevaux, entrecoupées de soudains échanges de tir à des distances si longues qu’ils sont inefficaces. « Une fois pourtant,le feu fut suffisamment efficace pour abattremoncheval.Démontéetàdécouvert, je fus fait prisonnier », écrit-il. Mais il réussit bientôt à tromper la vigilance des soldats-paysans boers, et à rejoindre les lignes anglaises. >>


PHOTOS : “THE WANDERINGS OF AN ELEPHANT HUNTER”

Chasseur de légende

ESCLAVES ABYSSINIENS QUE BELL CROISERA QUAND IL CHASSERA EN ABYSSINIE, LA FUTURE ÉTHIOPIE. ET, CI-DESSUS, À NOUVEAU DEUX CROQUIS DE KARAMOJO. DANS CETTE RÉGION DE MARÉCAGES OÙ PULLULENT LES MOUSTIQUES, IL CROISE ENFIN LE PREMIER TROUPEAU D’ÉLÉPHANTS EN SI GRAND NOMBRE QU’IL EST TOUT SIMPLEMENT INCAPABLE DE LES DÉNOMBRER.

En 1902, à la fin du conflit, Bell se trouve libre de nouveau. Plus rien ne semble devoir s’opposer à ses projets et à la réalisation de son rêve de toujours : devenir chasseur d’éléphant et d’ivoire. Plusquejamaisconvaincudelavaleurdes calibres militaires, il fait l’acquisition de deux fusils Lee-Enfield en calibre .303. IlserendenOugandaoùilessaiesesarmes au cours d’une chasse de buffle.Celle-ci le renforce dans l’idée qu’il se fait de la prééminencedesballesblindéessurtoute autre munition (« Comme toujours j’ai utilisé une balle blindée laquelle a pénétré à travers l’os de la hanche et fouaillé droit devant elle dans les parties vitales et,de fait, l’a tué.Se fût-il agi d’une balle non blindée, Dieu sait ce qui serait arrivé »).

Bell se rend ensuite dans le centre del’Ouganda,danslarégiondel’Unyoro, non loin du lac Albert, dont l’un de ses amis lui assure « qu’elle est infestée d’éléphants ».Il a 22 ans et ce voyage marque ledébutdesacarrièredechasseurd’ivoire. Elle durera près de quinze ans.Il va commencer à développer sa théorie et la mise enpratiquedecelle-ciqui,outreletableau qu’il affichera à la fin de sa carrière,vont le rendre fameux dans le monde fermé des chasseurs d’ivoire et contribuer à sa réputation. Sathéorie ?Elletientenpeudemots : « une balle de 100 grains au bon endroit tue aussisûrementqu’uneballede900grains…». S’agissant de sa mise en pratique,elle ne pouvait se concevoir sans une parfaite

maîtrise de soi et une grande habileté au tir.En complément de l’une et de l’autre, Bell va également s’attacher dès lors, comme aucun autre chasseur professionnel avant lui, à étudier l’anatomie des animaux, et en particulier celle des éléphants qui feront sa renommée et sa fortune. Cette connaissance parfaite de l’anatomie des pachydermes le conduira à développer et à pratiquer plus que quiconque le brain shot, le “tir au cerveau” et, plus difficile, le tir en diagonale au cerveau depuis l’arrière de l’animal. Les premiers éléphants abattus et dépecés, Bell fait scier en deux dans le sens de la longueur le crâne de l’un d’entre eux afin de localiser le cerveau. Il écrit : « Le réduit secret du cerveau fut une complète ré-

S ON

O UGANDA , PRÈS DU LAC A LBERT, MARQUE LE DÉBUT DE SA CARRIÈRE DE CHASSEUR D’IVOIRE, CAR LA RÉGION LUI DIRA UN DE SES AMIS EST “INFESTÉE D’ÉLÉPHANTS”. ELLE DURERA PRÈS DE QUINZE ANS. IL A JUSTE 22 ANS. 164

ARRIVÉE EN

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Chasseur de légende

vélation » et d’ajouter :« Je dirais que nul ne devraitêtreautoriséàdétenirunelicencepour tuer des éléphants avant qu’il n’ait étudié pareille coupe,comme nous le fîmes dans la brousse,environnés d’essaims de mouches bourdonnantes.» Quelque temps plus tard, un indigène indique à Bell l’existence d’une région pratiquement inexplorée où seules s’aventurent les caravanes de trafiquants arabesetquequasimentaucunEuropéen n’a encore visité. À telle enseigne que la plupart des tribus qui l’habitent n’ont jamaisrencontrédeBlancs.Situéaunordouestdel’Ouganda,leKaramojoempiète à l’époque sur une partie du territoire kenyan et soudanais au nord. Pour parvenir au statut d’homme et être autorisés à prendre femme, les Karamojans ontladéplorablecoutumed’occirelepremier venu (« Peu importe comment il le tue,il peut être endormi ou même désarmé, hommeoufemme,àl’exclusionbiensûrd’un autreKaramojan.Unefoisqu’ilenafiniavec sa victime,le jeune Karamojan est autorisé à tatouer le côté droit de son visage pour une

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W.M.D Bell organise son premier safari dans le Karamojo ignorant les tentatives pour l’en dissuaderdestrafiquantsarabes quivoientd’unmauvaisœill’arrivée de ce jeune homme intrépide et qui risque de se mêler deleursaffaires.Ildevientbientôt non seulement le premier Blanc à pénétrer dans cette région mystérieuse et sauvage, mais encore à y chasser. Il devra son surnom à l’aisance avec laquelle il sut se faire accepter et respecter des tribus qu’il rencontra et qui devinrent souvent de précieuses auxiliaires de ses chasses, mais encore aux formidablesquantitésd’ivoirequ’il y récolta. Ses premières rencontresaveclesKaramojanssont empreintesdecuriositéetdeméfiance de part et d’autre. Mais elles vont être déterminantes pour l’avenir de Bell dans la région. Les guerriers sont fascinés par ses armes auxquelles ils trouvent l’air bien fragile comparé aux antiques et bruyants fusils à poudre des trafiquants arabes et dont même ils doutent qu’ils puissent tuer un éléphant.Pour les Karamojans,seules les lances viennent à bout des pachydermes.Et lorsque Bell leur assure qu’il PHOTOS : “THE WANDERINGS OF AN ELEPHANT HUNTER”

MÉTHODE DE CHASSE, SANS DOUTE PLUS EFFICACE QUE LA CHASSE TRADITIONNELLE, CI-DESSUS, MAIS CERTAINEMENT TRÈS VACILLANTE ! LORSQUE BELL ASSURE AUX KARAMOJANS QU’IL PEUT TUER UN “ATOMI” (UN ÉLÉPHANT) D’UNE SEULE BALLE, C’EST L’HILARITÉ GÉNÉRALE CHEZ LES GUERRIERS.

victimemasculine,lecôtégauchepouruneféminine.Il peut dès lors demander ce que bon lui semble à n’importe quelle femme célibataire.Etaubesoinlafouettersiellerésiste…»). Mais en dépit d’une fréquentation qui peut s’avérer inconfortable, la région a pour elle, aux dires de l’indigène, d’être peupléed’innombrableséléphantset,qui plus est, de très gros porteurs.

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Chasseur de légende UN RETOUR DE SAFARI ET D’AUTRES CROQUIS. DE SA PREMIÈRE EXPÉDITION DANS LE KARAMOJO, BELL RAMÈNERA PRÈS DE SEPT TONNES D’IVOIRE. IL METTRA UN TERME À SA CARRIÈRE DE CHASSEUR D’ÉLÉPHANTS EN 1922, AVEC TRÈS EXACTEMENT 1 011 PACHYDERMES TIRÉS À SON ACTIF. IL CALCULERA QU’IL A MARCHÉ POUR CHAQUE ANIMAL ABATTU PRÈS DE 120 KILOMÈTRES !

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ensuite en pirogue l’enclave du Lado.Celle-ci,située aujourd’hui en territoire sudsoudanais et ougandais, est occupée alors par“l’État indépendantduCongo”,apanage de la couronne belge, etpropriétéprivéeduroides Belges Léopold II. Il deviendraparlasuiteleCongo belge, le Zaïre, et enfin la République démocratique du Congo. Bell fait l’acquisitiond’unpermisenbonne et due forme qui lui coûte la somme de 20 livres anglaises (500 francs belges de l’époque)etl’autoriseàchasser tous les éléphants qu’il veut.Ilutiliseàcetteépoque « une minuscule et magnifique petite arme » (« tiny and beautifullittleweapon»)encalibre 6.5x54 Mannlicher-Schoenauerquipèseàpeinemoins de trois kilos,ainsi que l’une de ses armes favorites en 7 millimètres Mauser. Les éléphantssontsinombreux, écrit-il, que le bruit de la harde dans la végétation couvreparfoisladétonation de ces petits calibres ! Seul obstacle,les herbes si hautes parfoisqu’ellesluimasquent les éléphants.Il lui suffit alors de se hisser sur le corps d’un éléphant déjà mort pour continuer à tirer… Cette chasse qui va durer neuf mois se solde par la récolte de 210 éléphants. BellvaencorechasserauLiberia,mais sans grand succès. En 1912 il se trouve en Afrique équatoriale française, à Bangui. Il est fasciné par la quantité d’éléPHOTOS : “THE WANDERINGS OF AN ELEPHANT HUNTER”

peut tuer un atomi (éléphant en karamojan) d’une seule balle, c’est l’hilarité chez les guerriers.En dépit d’un certain nombre de réticences, ceux-ci accepteront de le conduire vers les troupeaux. Dès lors Bell va s’employer à bâtir sa fortune et sa réputation. Les Karamojans l’ont adopté et le surnomment lungelli nyung (“homme rouge”) à cause de sa peau d’Anglo-Saxon blond rougie par le soleil. Il continue de perfectionner sa méthode de chasse et le tir au cerveau qu’il affectionne : « […] je découvris que si les éléphants sont tués raide sur place et s’affaissent à l’endroit où ils se tiennent,leurs compagnons ne sontpasalarmésetrestentoù ilssont,pourleplusgrandbénéficeduchasseur».Cepremier safari de plusieurs moisdansleKaramojolui permet de récolter près de sept tonnes d’ivoire. Bell pourtant ne se contentera pas de chasser dans le pays ou la région qui vont si largement concourir à sa célébrité.Il se rend bientôt en Abyssinie, la future Éthiopie, dans la région du fleuve Gelo,ausud-ouestdupays dont les frontières avec le Soudan et l’Ouganda voisins sont encore bien incertaines. Des marécages immenses recouvrentleseauxdesrivièresgonfléespar la saison des pluies.Mais les éléphants y vivent en si grand nombre que le sultan qui règne sur la région doit verser à son suzerain,l’empereur,outre de l’or et des esclaves, trois cents défenses d’ivoire chaqueannée !Lesmoustiquesyrègnent aussi en maîtres bien avant la tombée de

la nuit. « Sans les moustiquaires, aucun homme ne pourrait longtemps survivre aux ponctions de sang et au manque de sommeil » infligés par des insectes dont les nuées réussissent parfois à masquer la lumière de la lune. Lepremiertroupeaud’éléphantsque Walter aperçoit est si grand qu’il est incapable de les dénombrer. Bell rejoint

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phantsetenparticulierparceuxquipeuplentengrandsnombres les îles sur le fleuve Oubangui.Afin de mieux les chasser il fait venir d’Angleterre un petit bateau vapeur et traque ainsi les éléphants sur le fleuve jusqu’à ce que la saison des pluies et les crues ne les chassent dans la brousse.Il va rester en AEF jusqu’à la déclaration de la guerre. Bell retourne à Bangui où il vend tout ce qu’il possède et l’ivoire récolté Il s’embarque pour la France et de là rejoint l’Angleterre où il s’engage dans la Royal Air Force.Il va servir en Afrique de l’Est où il se rend célèbre en refusant de voler avec un observateur afin de pouvoir tirer plus confortablement à la carabine sur les avions ennemis qu’il rencontre. Il combat ensuite dans les Balkans, puis en France. Décoré à deux reprises, il termine la guerre aveclegradedecapitaine.Aprèscelle-ci,ilretourneraenAfrique et mènera quelques safaris jusqu’au début des années 1920 et en particulier en Côte d’Ivoire, au Niger et sur la Bénoué. Il met un terme à sa carrière de chasseur d’éléphants en 1922 et se retire en Écosse sur la propriété acquise avec les gains de l’ivoire. Il totalise 1 011 éléphants et calcule qu’il a marché pour chaque éléphant abattu près de 120 kilomètres ! Ilseconsacreàlagestiondesondomaine, à la peinture et à l’écriture de trois livres de souvenirs dont nousnoussommesinspiréspourla rédaction de cet article, mais qui restent à ce jour non traduits en français. Au début de la Seconde Guerre mondiale et lors de la bataille de Dunkerque,avec son bateau de plaisance, il traverse la Mancheavecplusde300autreslittle ship,nom sous lequel ils seront immortalisés,et réussit à évacuer une centaine de soldats anglais. “Karamojo” Bell meurt en 1954. Outresontableaudechasse,ilreste unchasseurhorsnormes.Sesthéoriesetseschoixenmatièred’armes et de munitions sont en contradiction avec ce que préconisent les tenants de la balistique et de l’armurerie moderne en matière de grandsgibiers.Calibrespuissants,munitionsexpansives,“champignonantes”… : nous sommes loin de la “minuscule et magnifique petite arme” aux munitions blindées avec laquelle il tua des centaines d’éléphants. Cela le rend-il plus sympathique ou respectable ? À l’heure où des populations d’éléphantsdisparaissentsouslecoupdubraconnageàgrandeéchelle (lire page 10),ses 1 011 mâles et femelles confondus ne pèsent certes pas lourds. Pourtant, avec tous ceux exterminés pendant des décennies par des hommes tels que lui pour leur seul profitetceluideleurscommanditaires,ceséléphantsmanquent aujourd’hui tristement à l’appel. ◆ Pour en savoir plus,“Karamojo”Bell a écrit trois ouvrages Bell of Africa, Karamojo Safari et The Wanderings of an Elephant Hunter (ces livres ne sont pas traduits en français et ne sont disponibles qu’aux États-Unis). En revanche,ils sont tous publiés au Safari Press et disponibles sur leur site : http://www.safaripress.com/home.php

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REGARD L’

Art

et la ◆

Chasse

Piero di Cosimo

Une scène de chasse par Antoine Briand

L’ARTISTE

ITALIEN LIVRE

ICI UNE CHASSE ÉTONNANTE

ET VIOLENTE : CELLE DU

PREMIER ÂGE DE L’HUMANITÉ.

◆ L

’œuvre du Metropolitan Museum de NewYorkestsansdoutel’unedesplusbellesmais aussi des plus intrigantes de la Renaissance italienne. Piero di Cosimo (1462-1522), dont on connaît les détails de la vie grâce à Vasari, est un créateur hors du commun,tant en raison de son mode de vie qu’au regard des peintres de son temps et de l’ensemble des peintres occidentaux.Lemotifqu’ilachoisidereprésenterestune scène de chasse des premiers temps de l’humanité. On est ici loin de la Genèse et du paradis terrestre ; la démarche de la Renaissance de se reporter aux écrits de l’Antiquité se révèle pleinement dans l’œuvre de Piero di Cosimo : loin d’unparadisrêvé,lespremierstempsdel’homme sont d’une violence sans pareille. Les êtres réels comme mythiques coexistent sans harmonie et semblent, dès le premier coup d’œil, combattre pour survivre dans une nature inhospitalière. DÉTAIL DU LION DÉVORANT UN OURS. ON REMARQUE DEUX HOMMES, OU PLUTÔT DEUX ÊTRES AYANT L’APPARENCE D’ÊTRES

HUMAINS, QUI TENTENT

D’EMPÊCHER CE MASSACRE

QUI LES PRIVE D’UNE

NOURRITURE SI CONVOITÉE.

ILS SONT AIDÉS PAR

UN SATYRE AUX PATTES DE BOUC QUI VA FRAPPER, DE SA MASSUE, LE FÉLIN.

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Les interprétations de cette scène sont nombreuses parmi les théoriciens de l’art. Ceux-ci semblentêtred’accordpourinscrirel’œuvredans uncycle.ErwinPanofskyfutlepremieràvoirdans ce tableau le premier élément d’un ensemble consacré au progrès humain ; celui-ci représenterait donc le premier âge de l’humanité, avant la découverte du feu, fondement de la civilisation selon Lucrèce, redécouvert à la Renaissance. Ce sont,de prime abord,les tons utilisés par le peintre qui impriment sur l’œil un sentiment demalaise.Lescouleurssombresrègnent,lejaune et l’ocre utilisés pour la peau des hommes, des faunes et des centaures rendent ceux-ci blafards. À cette tonalité générale, le peintre va ajouter le décor : une forêt aux arbres et aux rochers si sombres eux aussi qu’ils se confondent entre eux et avec le terrain du premier plan.Une seule lueursemblepouvoirdonnerespoiràl’humanité, c’est celle du soleil qui éclaire l’une des deux parties du tableau laissant percer la clarté du ciel. Ces morceaux de ciel occupent une place très limitée,celui de droite semble même mangé par les branches et les feuilles des arbres, telle une trouée n’ayant pour destin que de finir occultée. Le désordre apparent de la scène de chasse augmente encore le malaise dont on est saisi face à cette œuvre. L’œil ne peut se fixer sur aucun détailtantletableauenfourmille.Lascènegrouille de tant de protagonistes, de mouvements dans


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THE METROPOLITAN MUSEUM OF ART

qui traînent la dépouille de ce qui semble touteslesdirectionsetd’actionssimultanées, CETTE ŒUVRE, AUJOURD’HUI AU êtreunbœuf,cependantilneviendraitàl’idée qu’il est impossible de reposer le regard METROPOLITAN MUSEUM DE NEW d’aucun spectateur de s’en réjouir tant l’efmais aussi d’en apprécier l’ensemble et de YORK, EST L’UNE DES PLUS BELLES fort qu’ils sont en train de produire exprime comprendre ce qui est représenté. MAIS AUSSI L’UNE DES PLUS la peine et la douleur. Un arbre dont on ne La chasse est ici non pas un sport rafINTRIGANTES DE LA RENAISSANCE voit ni le commencement ni la fin, sépare finé aux règles savamment définies mais un ITALIENNE. EN RÉALITÉ, PIERO combat barbare,il y va de la survie de chaque DI COSIMO ÉVOQUE L’HOMME DANS verticalement la scène en deux parties. À la espèce,tant animale qu’humaine,voire mi- SA BARBARIE, UNE ÉPOQUE SOMBRE partie gauche dominée par les animaux, en plein air, succède la droite, dominée par les humaine. Les scènes cynégétiques sont toOÙ IL SE MÊLE À DES CRÉATURES talement surréalistes, inconcevables même HYBRIDES, OÙ IL AFFRONTE LA BÊTE êtres“pensants”qui sortent de la forêt qu’ils soient hommes ou centaures :ils ont terminé pour un non-chasseur.Les animaux se chasÀ MAINS NUES, CAR DÉPOURVU leur chasse, transportent tous une proie, un sent entre eux, ainsi que l’on peut le voir D’ARMES QUE LA MAÎTRISE DU FEU ourson a grimpé à un tronc d’arbre pour sur la gauche du tableau où un cerf se fait LUI PERMETTRA DE FABRIQUER. échapper aux chasseurs et une bête saute à attaquer à la fois par un ours et un chien, tandis que d’autres bêtes fuient devant leurs prédateurs.Un la gorge du cheval qui se cabre, attaqué également, plus que lion est coiffé par un chien tandis qu’un autre dévore un monté, par l’homme qui est assis sur son dos. La force brute qui émane de ce tableau traduit parfaiteours dont le sang apporte la seule tache de couleur vive au premier plan.Alors que le lion s’attaque à la chair de l’ours, ment le combat pour la survie, la nécessité impérieuse de se deux hommes,ou plutôt deux êtres ayant l’apparence d’êtres procurerdelanourriture :onparticipe,ici,auxpremierstemps humains, tentent d’empêcher ce massacre pour leur seul de la chasse. Le peintre nous offre un retour aux origines où profit. L’un d’eux tire le lion par la queue, l’autre retient, par l’homme fait face à la bête à mains nues ou presque.Il ne doune prise de lutte, un second ours qui s’apprête à attaquer nine pas encore le feu dont l’artiste fait également un élément important de son œuvre ; le feu, non maîtrisé, fruit de le lion. La promesse de nourriture est si forte qu’elle fait oublier la foudre, est en train de dévorer la forêt et c’est lui qui fait jusqu’à la moindre prudence. Ils reçoivent l’aide d’un satyre fuir les protagonistes de la partie droite du tableau mais aussi aux pattes de bouc qui va frapper, de sa massue, le félin les bêtes de la forêt au second plan et les oiseaux dans le ciel. L’artiste évoque donc l’homme dans sa barbarie, une – massue qui n’est en réalité qu’une branche d’arbre comme celles des autres satyres du tableau. Ce satyre est le person- époque sombre où il se mêle à des créatures hybrides, où il nage le plus imposant de la scène, il en occupe d’ailleurs le est l’égal de la bête car dépourvu des armes que la maîtrise centre : le mouvement qu’il est en train d’effectuer,les sabots du feu lui permettra de créer. Celle-ci lui permettra égalebien plantés dans le sol, exprime à lui seul la violence de la ment, en lui ouvrant la voie vers la civilisation, de se séparer scène. La chasse est fructueuse pour trois des intervenants de la nature et de faire de la chasse un art. ◆


V

isite privée ◆

Invitation

à Las Loberuelas chez María et Gonzalo

Madariaga

reportage de Véronique André, photos de Pierre Mendelssohn

DANS LE SUD DE L’ESPAGNE, EN PLEINE SIERRA,LAS LOBERUELAS EST UNE “FINCA” DE 2 900 HECTARES, SITUÉE AU NORD DE SÉVILLE.PROPRIÉTÉ DE MARÍA ET GONZALO MADARIAGA, CE TERRITOIRE NATUREL ET UNIQUE OÙ S’ENTRELACENT VALLÉES, COLLINES OLIVIER DASSAULT ENTOURÉ, DE GAUCHE À DROITE, DE JACQUES BEHERMAN, SYLVAIN COENCA, ALAIN SPEECKAERT, OUSSAMA KADDOURA, FRANÇOIS BICH ET JEAN-CLAUDE FABIANI. CETTE BELLE

ET GARRIGUES À L’INFINI CACHE UNE FAUNE SAUVAGE POUR DE MÉMORABLES

“MONTERÍAS”.

ÉQUIPE AVAIT ACCEPTÉ NON SANS JOIE L’INVITATION DE MARÍA ET GONZALO MADARIAGA, CIDESSUS, LES MAÎTRES DES LIEUX.

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Invitation à la finca de Las Loberuelas

◆ I

l y a d’abord les chênes verts,le romarin, le thym, les arbousiers, les cistes, les euphorbes, les genévriers,les pistachiers qui s’agrippent sur les flancs des collines pelées ou s’épanchent dans les vallées, puis un savant damier d’oliviers enracinés fièrement sur cette terre andalouse verdoyante après de timides averses et enfin, au bout de ce chemin caillouteux, poussiéreux, la finca ou mieux encore le cortijo Las Loberuelas. Il est reconnaissable entre mille avec sa couleur rouge accolée au blanc chaulé des murs, et sestuilesromainesquis’éparpillentaugrédestoits des différents bâtiments. La fondation de Las Loberuelas, composé de quatre ensembles entourant de petits patios aux fontaines colorées où jaillissent de colossaux palmiers,remonte à 1550. Construit à proximité de la Vía de la Plata (“la routedel’argent”)cettetrèsanciennevoiedecommunication, historique et culturelle, qui reliait l’Espagne du Nord à celle du Sud et qui empruntait le trajet d’une voie romaine,le cortijo est à l’origine un pressoir à huile.Et les quatre meules de granit exposées devant le portail de fer forgé sont les témoins de cette histoire que Valentín de Madariaga, le

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DU HAUT D’UNE COLLINE GONZALO EMBRASSE DU REGARD

LE TERRITOIRE, IL VA BIENTÔT DONNER SES ORDRES AUX RABATTEURS.

CI-DESSOUS, UN “GALGUERO” LÂCHE DES “REHALAS” DE “PODENCOS” ET DE “MASTINS” DEUX MEUTES REDOUTABLES QUI SAUTENT DE LA VOITURE AVANT DE S’ENFONCER DANS LA GARRIGUE.


UNE COMPAGNIE DE JEUNES SANGLIERS RUSÉS DÉJOUE TOUTES LES MEUTES EN TRAVERSANT UNE RIVIÈRE AVANT DE REJOINDRE LES SOMMETS.

LES CHIENS, EN

DESSOUS, SEMBLENT

BIEN AVOIR PERDU LA VOIE.

MAIS

LA CONNAISSANCE DU TERRAIN DES RABATTEURS VA VITE LES REMETTRE DANS LE DROIT CHEMIN.

DU HAUT DE L’UNE DES COLLINES, ON MESURE L’ÉTENDUE DU TERRITOIRE. UNE TRÈS JOLIE ET INSTRUCTIVE FAÇON DE DISTINGUER LES BATTUES “POSTERUELOS”, “DE LA VIPÈRE” ET “DU CHÂTEAU”.

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Invitation à la finca de Las Loberuelas

père de Gonzalo, avait tenue à préserver. Car c’est lui qui redessina il y a quelques années Las Loberuelas et en fit cette sublime villégiature. Une fois franchie la porte, que Valentín avait chinée chez unantiquairecommebeaucoupdemeublesici,nouspénétrons dansunsalonquilui-mêmedébouchesuruneenfiladedepièces. Au sol tomette et briques impeccablement alignées, au plafond du bois bruni par le temps et, entre les deux, d’impressionnantesvoûtesgothiquesdebriquespourcertaines,depierres du cru pour d’autres. Sur les murs ocre trônent les trophées (nombreux sont ceux de Valentín, grand chasseur dont nous avons déjà parlé–Jours de Chasse n° 45–, d’autres chassés ici sur ce territoire) ou de somptueuses toiles du XVIIe siècle à nos jours. Après une visite dispensée par María, la maîtresse de maison, la montería peut commencer. Les monterías sont une forme de chasse unique en Europe. Leur histoire remonte APRÈS L’EFFORT, LE RÉCONFORT À LA PETITE BERGERIE, TAPAS

EN TOUT GENRE.

EN HAUT, PEDRO

À GAUCHE

ÉVOQUE AVEC

OLIVIER DASSAULT LA PROCHAINE BATTUE, CELLE “DU NÉANT”. PUIS UNE “REHALA” ESSAYANT DE LANCER UN SANGLIER ;

EN DESSOUS, TROIS MOUFLONS DÉTALENT DANS LA GARRIGUE. PAGE DE GAUCHE, DEUX CERFS TENTENT DE SE FONDRE DANS LA VÉGÉTATION.

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Invitation à la finca de Las Loberuelas aux premiers rois de Castille et est intimement liée à celle de ces grandes propriétés espagnoles où,une à deux fois l’an au grand maximum,se retrouvaitlagentrylocalepourunejournéedechasse au protocole ancestral. À Las Loberuelas, les chasseurs ne sont conduits que quatre à cinq fois chaque année afin demieuxpréserverlegibiersauvagesur2 900hectares.Unsecretarioattribueàchaquetireurunposte etdéfinitlesanglesdetir,pendantqu’unetrentaine de galgueros (du nom des éleveurs des lévriers espagnols, les superbes galgos) lâchent dans la garrigue 600 chiens que nous entendrons à peine au loin. Ils sont dispersés en de nombreuses rehalas (une meute est constituée d’environ une vingtaine de chiens) et se chargent de rabattre le gibier en direction des postes.Ces rehalas sont composées de deux sortes de chiens : les podencos (variante du lévrier) et les mastins ou mastiffs (une race d’Estrémadure qui gardait les troupeaux et pouvait repousser les attaques des loups). Des meutes assez hétéroclites donc mais redoutables pour lever le gibier (cerfs,mouflons,sangliers…). Aprèscettejournéeriched’enseignementsetderencontres, c’est avec un plaisir non dissimulé que nous retrouvons María au piano, agile chef d’orchestre des cuisines pour la confection de délicieuses assiettes. Puis au salon, nous partagerons des tapas de jambon pata negra sur un verre de rioja avant le dîner andalou dans la salle à manger principale illuminée de mille feux. ◆ Las Loberuelas :contactez Gonzalo Madariaga au 00.34.954.630.562.

CONCOURS DE CHAPEAUX ENTRE

OLIVIER DASSAULT BICH. CI-DESSUS, OUSSAMA KADDOURA DEVANT UNE “CHARRETTE”

ET LE BARON

DE TROPHÉES DE CERFS ET,

AU-DESSUS,

DEUX SUPERBES REPRÉSENTANTS DES

“REHALAS”

QUI FONT DE LA MONTERÍA SA LÉGENDAIRE RENOMMÉE.

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UNE JOLIE COLLECTION DE MASSACRES DE CHEVREUILS HABILLENT LES MURS DE LA SALLE DE JEUX ET ENTOURENT UNE TÊTE DE LOUP.

CI-DESSUS, DANS LE SALON OÙ L’ON PEUT

ADMIRER LES VOÛTES GOTHIQUES EN BRIQUES.

CI-DESSOUS, AVANT LE DÎNER, NOS CHASSEURS.


Invitation à la finca de Las Loberuelas


Saveurs

Invitation à la finca de Las Loberuelas

par Véronique André photos de Donald van der Putten et Pierre Mendelsshon

HÉLÈNE DARROZE

LA TABLE

D’HÉLÈNE EST

DIRECTEMENT INFLUENCÉE PAR

Notre chef entre en cuisine

LA CUISINE LANDAISE AVEC QUELQUES

“ÉCARTS” EN TERRES IBÉRIQUES.

PREUVE

EN EST SON GAZPACHO DE PETITS-POIS À LA MENTHE, SES LANGOUSTINES

À LA PLANCHA-FÉVETTES AU CHORIZO OU SES CHULETITAS D’AGNEAU ENCORE À LA PLANCHA QU’ELLE SERT

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Restaurant Hélène Darroze, 4,rue d’Assas,Paris VIe. Tél. : 01.42.22.00.11.

Hélène Darroze s’est fait un plaisir de réinterpréter le dessert de notre dîner andalou.Car de sa terre landaise natale, l’Espagne n’est finalement que de l’autre côté de la chaîne des Pyrénées.À Las Loberuelas,tout a commencé par des langoustines avec leurs petits légumes sautés à la poêle,puis de la langouste en médaillon dans sa plus pure expression et, enfin en dessert, un gazpacho de pastèque et de framboises accompagné de verveine de citron.

Langoustines rôties petits légumes Pour 6 personnes 1,2 kilo de belles langoustines,150 g de champignons,150 g de céleri branche, 300 g de poireau,300 g de carotte,35 g de sel. ◆◆◆

Épluchez et taillez finement tous les légumes,plongez-les dans une marmite et mouillez avec 3 litres d’eau froide. Portez à ébullition.Faites cuire les légumes 10 minutes. ◆◆◆

Pendant ce temps,rincez les langoustines.Faites-les rôtir dans une poêle 3 minutes avec un peu d’huile d’olive.Si elles sont servies presque tièdes,les langoustines n’en seront que meilleures. ◆◆◆

Pour les accompagner,nous vous conseillons de faire sauter au wok après les avoir blanchis des petits légumes nouveaux comme des minicarottes jaunes ou des minifenouils,quelques oignons grelots et des tomates cerises concassées.

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Saveurs

Invitation à la finca de Las Loberuelas

Langouste en médaillon Pour 6 personnes 2 langoustes de un kilo, 2 oignons et 4 échalotes ciselées,2 gousses d’ail, quelques branches de céleri et de thym et de laurier. ◆◆◆

Faites cuire la langouste 13 minutes dans l’eau bouillante salée avec le court-bouillon. ◆◆◆

Une fois la queue refroidie, retirez-la en un seul morceau et prenez soin de ne pas abîmer la carapace qui servira à la présentation de la langouste.Découpez la queue en six médaillons au niveau des anneaux et cassez les pinces pour en sortir la chair.Retirez la poche pierreuse se trouvant en haut de la tête,puis avec une cuillère à soupe prélevez le corail au centre, il servira à faire la sauce. ◆◆◆

Pour le dressage, disposez les médaillons de la langouste sur la carapace. Mélangez le corail à une mayonnaise allégée.Servez avec une salade composée. ◆◆◆

Pour accompagner la langouste,María avait concocté une salade de laitue assaisonnée de vieux vinaigre de Xérès millésimé et d’huile d’olive pressée sur le domaine.

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Sa richesse est intérieure.

Les Single Malts Aberlour se distinguent par la richesse de leurs arômes, récompensés lors des compétitions internationales.

L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.


Saveurs

Invitation à la finca de Las Loberuelas

Gazpacho de pastèque et de framboises-verveine de citron Pour 6 personnes Pour le gazpacho 450 g de pastèque, 55 g de framboises. ◆◆◆

Mélangez les deux ingrédients, mixez et tamisez. Mettez au frais.

◆◆◆ Pour la pastèque marinée 16 morceaux de pastèque, poivre noir grossièrement moulu,gros sel. ◆◆◆

Assaisonnez les morceaux de pastèque avec du poivre noir grossièrement moulu. Parsemez de gros sel. Mettez 5 minutes au réfrigérateur. ◆◆◆ Dressage Quelques feuilles de verveine de citron ou de mélisse. ◆◆◆

Placez les morceaux de pastèque marinée et les framboises réservées dans une assiette creuse. Versez quelques cuillerées de gazpacho bien frais dans l’assiette. ◆◆◆

Pour la décoration, disposez sur chaque assiette une feuille de verveine de citron.Nous vous conseillons pour donner une note encore plus locale de disposer sur chaque bord d’assiette des petits carrés de turrón croquant.

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5,82 €, le pot de 180 g.

ABRICOTIER LA BAULE DE CHEZ FAUCHON

◆ La dernière gourmandise de chez Fauchon, un abricotier doucement acidulé. La Baule est un biscuit léger sans farine, garni d’une bavaroise à la pâte de nougat de Montélimar et au citron frais. Il renferme en son cœur un abricot entier de Bergeron. Un habit de pâte d’amandes enserre le tout. Part individuelle : 8 € ;

ABERLOUR 2001 WHITE OAK

◆ Ce nouveau single malt est un millésimé 2001, fidèle à la tradition Aberlour, grand nom des Highlands depuis 1879. Ce cru offre des notes fruitées d’orange, sucrées (caramel, réglisse) et un peu épicées. Un classique. 26 €.

MOUTARDES DE MEAUX POMMERY

4 parts : 30 € ; 6 parts : 45 € ; 8 parts : 60 €.

◆ Douce et suave, la gamme de moutardes de Meaux Pommery proposée par Les Assaisonnements Briards se décline en six variétés dont une au cognac Pommery et une au pain d’épices parfaites pour le gibier.

CIDRE LOÏC RAISON

◆ Plus besoin de crêpes pour déguster un cidre. Loïc Raison invente un apéritif 100 % breton en canette ou en bouteille pratique mais toujours en brut ou en doux.

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CHAMPAGNE VRANKEN ROSÉ

4,25 €, le pot de 250 g.

◆ Un champagne Diamant Rosé

CAPSULES NAORA DE NESPRESSO

taillé par Vranken est l’assurance de bulles longues en bouche, légèrement ambrées et aux arômes de fraises des bois et mûres.

◆ Les vendanges tardives

révèlent aussi dans le café, des saveurs puissantes. Grâce à l’assemblage de deux niveaux de torréfaction, Nespresso en fait son expertise avec une nouvelle capsule baptisée Naora, aux notes de fruits rouges et noisette.

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L’abus d’alcool est dangereux pour la santé,à consommer avec modération.

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Tentations LES DOUCEURS DE L’ÉTÉ

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d’un rose intense, un nez gourmand de fruits rouges et une bouche d’une belle ampleur, ce champagne accompagnera tout un repas, depuis l’apéritif jusqu’au dessert. 26,80 €.

verrines, demi-litre ou litre, de 3 à 25 €.

ROSÉ CHÂTEAU DE LA CLAPIÈRE

LE TUBE DE L’ÉTÉ DE LA MAISON DU CHOCOLAT

◆ Présenté dans sa bouteille emblématique inspirée de Gallé, cet élégant rosé côtes de Provence, à la robe étincelante, au nez aromatique très fruité, sera le compagnon idéal de vos plats de l’été. 7,50 €.

◆ Petite merveille de La Maison du Chocolat, ce tube de l’été est composé d’une mousse au chocolat noir, gelée de fruits rouges compotés (groseilles, fraises, fraises des bois et cranberries) parfumée à la fleur d’hibiscus. Sa base est un sablé breton au beurre.

6 €, l’entremets individuel.

COFFRET GLENFIDDICH

◆ Dans ce coffret, deux verres, un steeler inox

dessiné par Philippe Di Méo et un single malt Glenfiddich. Il suffira d’un zest de citron ou de pamplemousse rose pour révéler les notes d’agrumes insoupçonnées de ce 12 ans d’âge.

95 €, coffret avec le steeler.

SAKURA DE MARIAGE FRÈRES

COFFRET 6 SAUCES TABASCO ◆ Retrouvez les classiques de la sauce piquante

la plus connue au monde : Tabasco rouge, vert, doux et épicé, garlic pepper, habanero et chipotle. Et du même coup, embarquez pour un voyage en direction des Amériques. 49 €.

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◆ Le Sakura unit les intonations légères d’un thé blanc ou solaires d’un thé vert aux accents moelleux et intenses des fleurs de cerisier. Des créations tendres aériennnes et enivrantes.

22 €, les 90 g de thé vert et les 25 g de thé blanc.

Jours de C HASSE ◆

ÉTÉ 2012

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.


Tentations LA MAISON ET SA DÉCO

BUFFLE NAM DE LALIQUE

◆ Puissance et expression, le buffle Nam de Lalique est une prouesse artistique de la collection Carnet de Voyage. 4 500 €,

VERRES MULTICOLORES MAISONS DU MONDE

hauteur : 20,5 cm ; poids : 6,8 kg

◆ Orange abricot, rose fuchsia, vert anis, bleu lagon…, Maisons du monde vous donne rendez-vous avec la couleur cet été.

22,90 €, le coffret de 6 verres.

EMBRASES LE MONDE SAUVAGE ◆ Depuis 1970,

Le Monde Sauvage façonne votre décoration. Ces embrases pompons sont un avant-goût des pièces confectionnées dans un esprit “couture”. 72 €.

PLATS SONGE DE LA FAÏENCERIE DE GIEN

◆ Parmi les lignes incontournables de la Faïencerie de Gien, ce plat ovale de ligne bucolique et tout en rondeur Songe.

111,50 €, 37 sur 26 cm.

TABLE DE POKER CHEVILLOTTE

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COMMODE BUCOLIQUE GRANGE

◆ Parmi les nouveautés de Grange, cette commode en merisier massif, conçue tout en galbe avec une étagère réglable sur crémaillères. 2 897 €,

113 sur 50 et 88 cm de hauteur.

BRONZE DE DANCHIN PAR MONTAUT ◆ Léon Danchin savait aussi sculpter, mais certaines de ses

œuvres étaient restées au modèle de plâtre. Grâce à la Galerie Montaut, elles sont aujourd’hui en bronze, comme ce superbe couple de chiens Arrêt à patron, tiré à 25 exemplaires numérotés avec cachets fondeur et éditeur. 3 300 €, 37 cm de long, 15 cm de large sur 19 cm de hauteur.

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Tentations LA MAISON ET SON JARDIN

PARASOL DU CÈDRE ROUGE ◆ L’été en bleu, l’été avec Le Cèdre rouge

qui vous propose ce parasol décentré Ambiante, structure aluminium, toile Sunbrella, pour une protection efficace et sans danger. 4 875 €, 4 mètres sur 4,50.

LE VÉLO ÉLECTRIQUE DE COVIBE

L’ÉTAGÈRE DE JARDINIER MAISONS DU MONDE

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◆ Cette irrésistible étagère de fleuriste

de la collection La vie au vert de Maisons du Monde en manguier massif est proposée avec ses outils en métal et manche acacia. 189 €.

CHAISE EMPILABLE FERMOB

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COUSSINS MON JARDIN AU NATUREL

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Jardin privé a été conçue avec des textiles en coton issus de l’agriculture biologique pour que l’été soit plus doux. 51,90 €, les coussins

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de bain de dimension 186 cm sur 54 et 3 d’épaisseur.

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GRILLOIR BARBECUE & CO ◆ Barbecue & Co a fait appel aux Forges

de Rodez installées dans l’Aveyron pour un grilloir en fer forgé solide et astucieux au charbon de bois ou petit bois. Vous y ferez les meilleurs asados argentins dès cet été. 495 €.

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Millésime 2011

MARIE-CLAUDE FONDANAUX

Question de temps

UN ÉLEVAGE SOUS HAUTE SURVEILLANCE, COMME À CHÂTEAU CHEVAL BLANC, GOMMERA LES EFFETS D’UNE MÉTÉO CAPRICIEUSE ET PERMETTRA AU VIN DE FAIRE UN LONG VOYAGE DANS LE TEMPS.

◆ Un millésime sans printemps, unclimatcapricieux–auxconséquences imprévisibles– faisant basculer l’année de l’hiver à l’été… Des bourgeons qui éclosent à la fin mars ; une floraison à la mi-mai,exceptionnellement précoce ; une véraison précoce, courantjuillet,dansunesituation de forte contrainte hydrique… Une maturation lente et irrégulièrepourlesrouges,dansunmois d’aoûtquasimentautomnal,puis un mois de septembre particulièrement chaud et sec… Des vendanges précoces mais étalées dansletemps,aveclerisqued’une attaque de pourriture grise… Voici résumé ce qu’a traversé le millésime 2011, avant que son résultat arrive dans les verres des dégustateurs venus à Bordeaux pour tester, comme chaque année, les vins primeurs.

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Un millésime étrange et inédit, précédé par une trilogie finale – 2008, 2009 et 2010 – en apothéose d’une décennie de rêve… Baisse de rendement de 20 à 40 % (Margaux enregistre sa plus faible production depuis 2003)… Orages parfois dévastateurs (le 25 avril, la grêle détruit près de 500 hectares dans leSauternais ;audébutmai,c’est la région de Podensac, l’EntreDeux-MersetleBlayaisquisont touchés ; à la veille des vendanges,Saint-Estèpheestravagé en grande partie à son tour)… Alorspourquoilesblancssecs sont-ils souvent aussi étonnants de complexité et de fraîcheur ? Et pourquoi les rouges comptent-ils de nombreuses – et parfoismagnifiques–réussites,tant sur la rive droite que sur la rive gauche ? Enfin pourquoi la plu-

partdesvinsdeSauternesetBarsac sont-ils aussi séduisants, et parfois même grands ? Certains mettront cela sur le compte de la virtuosité des producteurs, d’autres sur la magie desterroirsbordelais.Beaucoup allieront les deux critères ! Non sans raison… Selon, Denis Dubourdieu, œnologue,professeuràlafaculté d’œnologie et à l’Institut des sciences de la vigne et du vin de Bordeaux « 2011 n’a pas été un millésime facile.Entre le déficit hydriquetrèsprécoce,lesépisodesorageux estivaux et la reprise du fonctionnement de la végétation à la véraison, la maturation lente des baies – bien que précoce – a occasionné une certaine hétérogénéité demandantauxviticulteursuneobservation accrue des parcelles,des vendanges en vert et des tris,travauxessentielsàlaréalisationd’un bon millésime en rouge. Le beau temps de septembre a permis,une fois de plus,aux cabernets sauvignons,d’atteindre le maximum de leur maturité.Cueillis à la fin septembre – ou au début d’octobre–, ils en étaient à plus de 70 jours de leur demi-véraison,ce qui,de mémoire,n’ajamaisétéaussilongdans le vignoble bordelais. Émile Peynaud lui-même pensait que 50 à 55 jours depuis la demi-véraison étaientuneduréedematurationoptimale à Bordeaux.Au-delà, on considéraitqueleraisinsubissaitune surmaturation préjudiciable à la complexité des arômes et à l’évolution du vin.Autres temps,autres mœurs… Il n’en sera pas moins intéressant de suivre le vieillissement des 2011 cueillis à des époques différentes.»

Jours de C HASSE ◆

Sur Internet : www.ugcb.net et www.cerclerivedroite.com

ÉTÉ 2012

Nous aimons… Les incontournables Rive droite Saint-Émilion : Châteaux Cheval Blanc, Ausone, Angélus ; Pomerol : Pétrus, La Conseillante. Rive gauche Pauillac : Châteaux Mouton Rothschild, Pichon Longueville Comtesse, Lynch Bages ; Margaux ; Saint-Julien : Ducru Beaucaillou, Léoville Barton ; Saint-Estèphe : Cos d’Estournel, Montrose ; Pessac-Léognan : Haut Brion ; Sauternes : Château d’Yquem. Et aussi En blanc sec Graves : Chantegrive, Ferrande ; Pessac-Léognan : Bouscaut, Carbonnieux, Fieuzal, France, La Louvière, Malartic-Lagravière, Smith Haut-Lafitte, Haut-Bergey, Domaine de Chevalier. En rouge. Rive droite Fronsac : Fontenil, Haut Carles, Les Trois Croix, Villars ; Pomerol : Beauregard, Bon Pasteur, Bourgneuf, Gazin, La Pointe, Petit Village ; Saint-Émilion : Canon La Gaffelière, Troplong Mondot, Dassault, Figeac, Fleur Cardinale, Franc-Mayne, Grand Mayne, La Dominique, La Tour Figeac, Villemaurine. Rive gauche Médoc : La Tour de By ; Haut Médoc : Citran, Lamarque ; Listrac : Clarke, Fonréaud, Fourcas-Dupré, Fourcas-Hosten ; Moulis : Chasse-Spleen, Maucaillou, Poujeaux ; Margaux : Brane-Cantenac, Dauzac, Giscours, Kirwan, Labégorce, Prieuré Lichine, Monbrison, Siran ; Pauillac : Armailhac, Clerc-Milon, Grand-Puy Ducasse, Grand-PuyLacoste ; Saint-Julien : Beychevelle, Branaire-Ducru, Gloria, Langoa-Barton, LéovillePoyferré, Talbot ; Saint-Estèphe : Cos Labory, Phélan Ségur ; Graves : Chantegrive, Ferrande ; Pessac-Léognan : Carbonnieux, Haut-Bailly, La Louvière, Malartic Lagravière, Olivier, Picque Caillou, Smith Haut-Lafitte, Domaine de Chevalier. Sauternes-Barsac : Bastor-Lamontagne, Doisy-Daëne, Fargues, Malle, Nairac, Rieussec.


Flacons

VINS ET ALCOOLS par Marie-Claude Fondanaux

Domaine d’En Ségur ◆ En 1989, Pierre Fabre se défait d’une propriété bordelaise pour reprendre un domaine viticole situé sur l’aire des côtes duTarn,àtrenteminutesdeToulouse. Que peut pousser un homme,pharmacienetcapitaine d’industrie,créateurdesmarques Avène,Galénic,Furterer…àune telle démarche ? L’amour du vin, certes.Legoûtduvin,aussi.Mais surtout un formidable attachement à sa terre natale. En effet, ledomaineétaleunepartiedeson vignoble – dont la parcelle des Cauquillous est plantée le long de l’ancienne Via Tolosana et d’autres à quarante mètres audessus de la rivière Agout – autour de la maison familiale. Les vignesnesontpasentrèsbonétat, qu’à cela ne tienne,d’autres parcelles sont acquises, une opération de réencépagement est mise en route. Des cépages locaux, peu qualitatifs, on ne garde que les plus représentatifs : la syrah, le duras et le braucol. D’autres, de notoriété mondiale – merlot et cabernets sauvignon et franc pour les rouges, sauvignon et chardonnaypourlesblancs–,plus adaptés à l’élaboration de vins de qualité, sont complantés et s’acclimatent avec succès.

DOMAINE D’EN SÉGUR

Pour l’amour du vin

QUE

C’EST AUTOUR DU BERCEAU FAMILIAL, DANS LE TARN, PIERRE FABRE A RÉUSSI À IMPLANTER UN VIGNOBLE DE QUALITÉ.

Parallèlement, cuvier et chai prennent la place de vieux hangars. Ils sont aménagés avec les installations techniques les plus modernes. La fin justifie les moyens,PierreFabremetenplace une logistique sans faille pour sesvins.C’estledébutd’unebelle aventure… Aujourd’hui, 36 hectares de vignes–28enrougeet8enblanc– fournissentdequoiproduireune gammedehuitvins :troisblancs, un rosé et quatre rouges,tous labellisés Vin de Pays IGP (Indication géographique protégée)

Côtes du Tarn. Les rendements restent d’un niveau très raisonnable (chaque pied porte en moyenne 6 à 8 grappes),comme la production : 45 000 bouteilles pour la cuvée la plus importante (Germain) et 3 000 pour une cuvée en production volontairement limitée (Grande Réserve). « Nous pratiquons la culture raisonnée,beaucoup de travaux sont réalisés manuellement,explique Caroline Schaller, œnologue issue de la faculté deToulouse,qui préside aux destinées du Domained’EnSégur.Nosblancssont

fins,élégants,d’une belle richesse. Nos rouges évoluent sur un registre allantdelarondeurfruitéeàlapuissance tannique,avec de belles palettesaromatiques.Ilssontlégers,épicésoucorsésselonleurassemblage.» Chaque semaine, Pierre Fabre ne manque pas de prendre le pouls de son domaine, il y vient pour chaque vendange et ne manque pas de goûter les jus… En hommage à ses parents, il a donné leur prénom à deux de ses cuvées. C’est ainsi que sont nées les Cuvées Madeleine, un blanc sec 100 % chardonnay ; et Germain,unassemblagedemerlot et de cabernet sauvignon. Desvinsqui,commelerestede la gamme, raflent chaque année de prestigieuses distinctions, citationsdansdenombreuxguides etjournauxspécialisés,médailles danslesconcoursinternationaux. Leur distribution est répartie à 40 % pour la vente aux particuliers (via le site), 20 % sur le circuit restauration, 20 % chez les cavistes et 20 % à l’export (Benelux, Allemagne, Grande Bretagne, mais aussi Canada et États-Unis). « Nous avons démarré dans de petits locaux, conclut Caroline Schaller,maisdèsledébut,nousnous sommesprioritairementengagésdans une démarche de qualité.Tous nos vinssontdesvinsdecaractère,d’une grande diversité ! » Sur Internet : www.ensegur.com

Nous avons aimé… Sauvignon blanc 100 %, 30 hl-ha, 10 000 bouteilles-an : aromatique, fruité et frais, idéal sur les fruits de mer et les poissons grillés.

196

Le Rosé, 50 % cabernet sauvignon-50 % cabernet franc, 50 hl-ha, 20 000 bouteilles/an : aromatique, floral (violette) et fruité (fraise), pour accompagner marinades et cuisine épicée.

Cuvée Germain, 60 % merlot-40 % cabernet sauvignon, 30 hl-ha, 45 000 bouteilles-an : nez puissant de fruits mûrs et de cacao, bouche ample aux tannins ronds. À associer à un confit de canard, une côte de bœuf ou, plus audacieusement, sur des desserts chocolatés.

Jours de C HASSE ◆

ÉTÉ 2012

Grande Réserve, 80 % merlot/20 % cabernet sauvignon, sélection rigoureuse des meilleures parcelles, 20 hl-ha, édition limitée à 3 000 bouteilles-an : arômes complexes et profonds, notes confiturées, belle maturité, ensemble élégant et soyeux. Un vin destiné à la belle gastronomie.


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Volutes par Jean-Claude Perrier

Fragrances estivales

Pour cet été, voici quelques havanes revisités, et quelques nouveautés de deux autres terroirs.

CUBA

FONSECA Amateur 2011, gordito, 9,30 €.

◆ Cette vieille marque cubaine

“populaire”, qui produisait des cigares“machine”, se voit aujourd’hui relancée avec des hechos a mano de moyenne gamme. Comme ce sympathique gordito, servi en boîte de 10. Il ne faut pas lui demander plus que ce qu’il promet, mais pourquoi pas, un soir, à l’apéritif ? HOYO DE MONTERREY Petit Robusto, 8,30 €.

◆ Idéal pour l’après-déjeuner,

quand on n’a pas

le temps de déguster un cigare plus ambitieux, ou bien pour un cocktail, ce petit bonhomme très tendance est un impétueux, pressé de donner tout ce qu’il a en matière d’arômes.Alors, bien sûr, il s’échauffe un peu.

EL REY DEL MUNDO Petit Compania, petit pirámide, 10,70 €. ◆ Dans une belle marque

cubaine connue pour son élégance, ce petit obus présenté en édition régionale pour la France est un cigare léger, subtil, aux arômes un peu herbacés, idéal pour l’été.

PARTAGAS Churchill de luxe, 12,70 €.

◆ Si vous en trouvez encore

dans votre civette habituelle, n’hésitez pas, car ce superbe cigare est devenu une rareté, un collector, depuis que sa fabrication a été arrêtée. Celui que nous avons dégusté était

vintage, puisque roulé en 2001. Grâce à ce cigare ample, aux fragrances un peu sauvages, aux arômes de terre, de cuir, de cacao, on passe un long moment de pur bonheur, par exemple après un bon dîner champêtre. Son prix est, de surcroît, tout à fait raisonnable pour son module. VEGA ROBAINA Unicos, pirámide, 13,10 €. ◆ Depuis la mort

du merveilleux Alejandro Robaina, la marque à qui il a donné son nom semble quelque peu somnolente. C’est l’occasion de redécouvrir certaines de ses vitoles, comme ce pirámide de belle facture, tout en finesse et en souplesse. Côté aromatique, il y a plus complexe et plus corsé, mais, dans son genre, ce peut être un bon cigare d’initiation.

H. UPMANN Monarcas, Churchill, 13,60 €. ◆ Servi sous tube, c’est un

excellent churchill à découvrir, parce que beaucoup moins connu (et bien moins cher) que son homologue de chez Romeo y Julieta. Ce beau géant tranquille peut surprendre et plaire, avec ses notes boisées, un peu terreuses, légèrement herbacées. Un must de l’été.

HONDURAS

FLOR DE SELVA Robusto Maduro, 7 €. ◆ Ce robusto vient

compléter la série“nerveuse” de la marque hondurienne. Grâce à sa cape Costa Rica brunie, il est moins vert, moins herbacé que ses compatriotes. Son module assez généreux lui permet de s’exprimer, tranquillement. Il a ses amateurs.

FLOR DE COPAN Short Robusto, 5,90 €.

◆ Tout le monde se met

à produire des cigares courts, comme massicotés, afin de satisfaire la demande des“hommes pressés”. Voici donc un petit hondurien emmailloté dans ses bagues et son sarcophage de cèdre, au souffle court et aux tonalités herbeuses. À griller juste avant de rentrer au bureau.

RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

PLÉIADES El Puro, édition limitée, Robusto especial, 9 €.

◆ Servi en boîte de 16, aussi

beau (et moins dispendieux) qu’un Davidoff, ce 100 % dominicain est l’un des fleurons haut de gamme de la marque. Les amateurs apprécieront, à froid, son odeur de foin coupé, puis, en cours de combustion, ses arômes herbacés, sa légère âcreté. Belle facture, prix raisonnable, facile à fumer. Rien à voir, bien sûr, avec un havane, même modeste.

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Forum

PAROLES DE LECTEURS Écrivez-nous à rambaud@valmonde.fr

Xavier de Poret, un artiste complet ◆ Je ne saurais trop vous remercier d’avoir rendu un hommage mille fois mérité à Xavier de Poret : un peintre vraiment complet. Les artistes qui savent allier le réalisme à une infinie poésie, tout à la fois capables de peindre les hommes,les animaux, les scènes de la vie d’extérieur et d’intérieur, sont rares.Votre superbe couverture résume à elle seule les talents de Xavier de Poret. Bertrand Fabret.

Voyager en Amérique avec Jim Fergus ◆ C’est avec une certaine circonspection que j’ai commencé à lire votre long reportage sur Jim Fergus. C’était bien présomptueux de ma part, tant cet écrivainvoyageur américain est réellement attachant et intelligent, et qu’il donne envie de s’échapper pendant quelques jours de la civilisation urbaine. Après avoir lu votre article,

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j’ai regardé, sur France5 l’émission littéraire la Grande librairie animé par François Busnel : ce jour-là, elle était consacrée aux écrivains voyageurs américains. Outre bien sûr Jim Harrison, dont je suis un inconditionnel,Jim Fergus était évoqué.Une façon de poursuivre le voyage. Thierry Labrosse.

Discrets lieutenants de louveterie ◆ Au nom de tous les lieutenants de louveterie, je tiens à vous remercier pour votre excellent article consacré à l’histoire de la louveterie sous la plume de Manfred de Boissieu. La charge de lieutenant de louveterie, fonctionnaire bénévole, semble à notre époque anachronique ; pourtant elle n’a jamais été autant impliquée dans la gestion du gibier, de la santé animale, de la faune sauvage, de la sécurité publique et du loup. Ce sont des articles comme les vôtres qui aident

à mieux faire connaître notre rôle, certes discret, mais encore, depuis Charlemagne, indispensable à la société. Bernard Collin, président de l’Association des lieutenants de louveterie de France.

L’âge du maître ◆ Votre article sur l’âge des chasseurs et leur chien m’a fait plaisir à plus d’un titre. Avoir, s’occuper et chasser avec un ou plusieurs chiens n’a rien d’anodin. C’est si vrai de dire que plus on est formé tôt à éduquer un chien, plus on peut se permettre d’avoir des chiens jusqu’à la fin de sa vie. C’est juste également d’écrire qu’avec les misères de l’âge, on est forcé de s’adapter : un labrador ou un springer est davantage recommandé qu’un pointer plein de gaz quand le souffle commence à faire défaut. Mais en tout état de cause,c’est une évidence de dire que, si on n’a jamais eu de chiens avant 50 ans,il faut s’abstenir. Christian Lanoué.

Jours de C HASSE ◆

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Carnet d’adresses des pages Tentations

Albert Ménés www.albertmenes.fr Aberlour www.aberlour.com Aigle www.aigle.com Agora Tec www.agora-tec.fr Anéas www.aneas.com Aubercy www.aubercy.com Ballistol www.ballistol.de Barbarac www.barbarac.fr Barbecue and co www.barbecue-co.com Brice www.champagne-brice.com Bushnell www.rivolier.com Cartier www.cartier.fr Chanel www.chanel.com Château de la Clapière www.chateau-la-clapiere.com Chevillotte www.chevillotte.com Comarth www.covibe-distributions.com Crockett & Jones www.crockettandjones.fr Faïencerie de Gien www.gien.com Fauchon www.fauchon.com Fermob www.fermob.com Glenfiddich www.glenfiddich.fr Grange www.grange.fr Hermès www.hermes.fr Humbert Beretta www.humbert.com Jardin privé Tél. : 02.41.53.52.52. Kahles www.ruag.fr Kite Optics www.kiteoptics.eu Klorane www.laboratoires-klorane.fr Lafuma www.lafuma-boutique.com Lalique www.lalique.com La Maison du Chocolat www.lamaisonduchocolat.fr Lancel www.lancel.com Le Cèdre rouge www.lecedrerouge.com Le Chameau www.lechameau.com Loïc Raison www.loicraison.fr Lynx www.lynxoutdoor.eu Maisons du monde www.maisonsdumonde.com Mariage Frères www.mariagefreres.com Martin System www.martinsystem.eu Montaut www.montaut.com Nespresso www.nespresso.com Reidl Imaging www.reidlimaging.com Seeland www.chapuis-armes.com ST Dupont www.st-dupont.com Tabasco www.tabasco.com Tom Joule www.tom-joule.fr Tunet www.nobelsport.fr Val Ganch www.valganch.com Vicomte A. www.vicomte-a.com Vranken www.pommery.com


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