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Découvrir le théâtre contemporain A destination de la jeunesse

Théâtre de la Tête Noire Contact : Sylvie Gauduchon T : 02 38 73 14 14 / contact@theatre-tete-noire.com

Théâtre de la Tête Noire, Scène conventionnée pour les écritures contemporaines Le Théâtre de la Tête Noire est subventionné par la Ville de Saran, le Ministère de la Culture et de la Communication—DRAC Centre, le Conseil Régional du Centre et le Conseil Général du Loiret.


Sommaire

Valise théâtre—le dispositif

p.4

Liste des textes de la valise

p.5

1/Crocus et fracas de Catherine Anne, Editions le Bonhomme Vert

p.6

2/Les Orphelines de Marion Aubert, Editions Actes Sud-Papiers

p.10

3/Les Ours dorment enfin de Geneviève Billette, Editions Lansman

p.13

4/Jojo le récidiviste de Joseph Danan, Editions Actes Sud-Papiers

p.14

5/Bouge plus de Philippe Dorin, Les Solitaires Intempestifs

p.15

6/La Nuit MêmePasPeur de Claudine Galea, Editions Espaces 34

p.22

7/Venezuela de Guy Helminger, Editions Théâtrales

p.26

8/Costa le Rouge de Sylvain Levey, Editions Théâtrales

p.27

9/Alice pour le moment de Sylvain Levey, Editions Théâtrales

p.28

10/Bouli Miro de Fabrice Melquiot, l'Arche Editeur

p.31

11/Les Enfants de Médée de Suzanne Osten, Editions Théâtrales

p.34

12/Mon fantôme de Pascal Rambert, Les Solitaires Intempestifs

p.36

13/Le Journal de Grosse Patate de Dominique Richard, Editions Théâtrales

p.38

14/Louise/les ours de Karin Serres, Editions l'Ecole des Loisirs

p.40

15/S'embrasent de Luc Tartar, Lansman Editeur

p.46

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Parcours - Le Petit Poucet Poucet pour les grands de Gilles Granouillet, inédit

p.50

En attendant le Petit Poucet de Philippe Dorin, L'Ecole des Loisirs

p.52

Petite Poucet de Claudine Galea, Editions Espaces 34

p.53

Bibliographie

p.54

Les actions du Théâtre de la Tête Noire à destination du jeune public p.55

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LE DISPOSITIF Disponible de novembre 2011 à avril 2012 - Prêt de la valise théâtre qui comporte 16 pièces de théâtre sélectionnées par le comité de lecture du LABOO7*, accompagnées d’un livret de présentation. Prêt pour une durée de six semaines.

- Rencontre en amont avec l’enseignant/référent pour une présentation des textes, des auteurs, et une mise en lien avec le projet pédagogique de la classe.

- En amont ou à la fin du prêt de la valise : Lecture- mise en espace dans la classe ou l’établissement d'extraits des textes de la valise par des jeunes comédiens du théâtre (avril 2012), suivie d’un échange (durée : 1h). deux niveaux de lecture proposés : collège ou primaire.

- Accès à la Théâtrothèque du théâtre dont le fonds comporte toutes les autres oeuvres des auteurs présents dans la valise.

- Pour la classe : visite du théâtre et de ses coulisses.

- un rendez-vous bilan avec l'équipe du Théâtre de la Tête Noire.

LABOO7 est un réseau européen de théâtre contemporain pour l’enfance et la jeunesse, dont le Théâtre de la Tête Noire est l’un des représentants en France.

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Présentation des textes par niveaux

Pour la primaire 1/Crocus et fracas de Catherine Anne, Editions le Bonhomme Vert 2/La Nuit MêmePasPeur de Claudine Galea, Editions Espaces 34 3/Louise/les ours de Karin Serres, Editions l'Ecole des Loisirs 4/Bouli Miro de Fabrice Melquiot, l'Arche Editeur 5/Costa le Rouge de Sylvain Levey, Editions Théâtrales 6/Bouge plus de Philippe Dorin, Les Solitaires Intempestifs 7/Les Ours dorment enfin de Geneviève Billette, 8/Jojo le récidiviste de Joseph Danan, Editions Actes Sud-Papiers 9/Mon fantôme de Pascal Rambert, Les Solitaires Intempestifs 10/Les Orphelines de Marion Aubert, Editions Actes Sud-Papiers 11/ Petite Poucet de Claudine Galea, Editions Espaces 34 12/ En attendant le Petit Poucet de Philippe Dorin, L'Ecole des Loisirs 13/ Poucet pour les grands de Gilles Granouillet, inédit

Pour le collège 1/Les Enfants de Médée de Suzanne Osten, Editions Théâtrales 2/Costa le Rouge de Sylvain Levey, Editions Théâtrales 3/Alice pour le moment de Sylvain Levey, Editions Théâtrales 4/Le Journal de Grosse Patate de Dominique Richard, Editions Théâtrales 5/S'embrasent de Luc Tartar, Lansman Editeur 6/Bouge plus de Philippe Dorin, Les Solitaires Intempestifs 7/Les Ours dorment enfin de Geneviève Billette, inédit en France - Québec (manuscrit) 8/Jojo le récidiviste de Joseph Danan, Editions Actes Sud-Papiers 9/Venezuela de Guy Helminger, Editions Théâtrales

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CROCUS ET FRACAS de Catherine Anne Editions le Bonhomme Vert A partir de 3 ans

Résumé : “Elle aime le calme, elle se sent tranquille quand tout est immobile. Il aime le tumulte, crier, danser, bondir. Rien faire, ça le panique. Que vont-ils inventer, ces deux ensemble ? Entre le tourbillon des mots et le silence de la neige.” (C. Anne) Distribution : 1 garçon, 1 fille. Informations complémentaires : Texte écrit en 2005. Création par l’auteure en 2005 au Théâtre de l’Est parisien, Paris. Deuxième version créée en octobre 2010.

Catherine Anne, née à Saint-Etienne en 1960, est auteure, comédienne et metteur en scène. Elle dirige depuis 2002 le Théâtre de l’Est Parisien. Elle met en scène ses propres textes et d’autres pièces (Copi, Michaux, Fréchette, Papin) ou adaptations (Golding, Rilke). Ses textes ont été traduits en allemand, anglais, espagnol, grec, italien, néerlandais, polonais, suédois et sont presque tous publiés aux éditions Actes Sud-Papiers.

Bibliographie. Editions Actes Sud-Papiers : Une année sans été (1987 et 1999), Combien de nuits faudra-t-il marcher dans la ville (1988 et 1999), Éclats (1989), Tita-Lou (1991 et 2009), Le Temps turbulent (1993), Agnès, suivi de Ah ! Anabelle (1994), Ah là là ! quelle histoire (1995), Surprise (1996), Le crocodile de Paris (1998), Trois femmes (1999), Le bonheur du vent (2003), Du même ventre (2006), Fort (2009), Le Ciel est pour Tous (2010), Comédies Tragiques (2011). Editions L'Ecole des Loisirs : Ah ! Anabelle (1995), Nuit pâle au Palais (1996), Petit (2001), Une petite sirène (2006), Pièce africaine, suivi de Aseta Ed. L’Avant-Scène Théâtre, coll. « Quatre Vents » (2007), Crocus et fracas, Ed. Le Bonhomme vert (2010).

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ne nuit particulière. Dehors il neige. Dedans le silence donne des frissons.

Elle aime le calme, elle se sent tranquille quand tout est immobile. Il aime le tumulte, crier, danser, bondir. Rien faire, ça le panique. Que vont-ils inventer, ces deux-là ensemble ? Entre le tourbillon des mots et le silence de la neige. Et qu’apportera l’aube ? Deux lits, une grande fenêtre fermée sur la nuit, comme un écran entre dedans et dehors. L’ensemble forme un tout, comme si la fenêtre était tendue entre les deux lits. Les lits sont des mondes, des îles, des territoires ; chacun le sien. Le lit de Crocus. Le lit de Franck. Sous les lits, il y a des trésors, des cachettes, des peurs aussi. Partir de l’éveil de chacun sur son lit, sur son île. Crocus et Fracas, deux solitaires, deux effrayés, deux aux yeux écarquillés. Ils se réveillent dans un monde inconnu, celui de la nuit. D’habitude, la nuit, ils dorment, mais cette nuit-ci, ils écoutent le silence. Le silence apaise Crocus. Le silence angoisse Franck. Le jeu du clown, comme premier élément de travail. L’angoisse du clown, sa poésie, sa fantaisie. L’agilité de Franck, son corps en pirouettes. La grâce immobile de Crocus. Leur duo, comme un miracle suspendu. La lumière tendue. Faire sentir la nuit tout autour d’eux. Et derrière la fenêtre, la magie de la neige, sur laquelle d’autres magies peuvent apparaître ». Catherine Anne

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LES ORPHELINES de Marion Aubert Editions Actes Sud-Papiers, collection Heyoka jeunesse A partir de 8 ans

Résumé : Dans l’un de ces pays où l’on tue les fillettes dès la naissance parce qu’elles coutent trop cher en dot, Monsieur part mener l’enquête. Pendant trente jours et trente nuits, il va demeurer prisonnier-invité d’une bande de ces petites filles disparues avant d’avoir eu le droit d’exister. Violaine est la chef de ce pays imaginaire où elle recueille ses semblables, imaginaires également. Ce conte est entrecoupé d'intermèdes où le diablon et la diablonne raconte comment les brindilles peuvent faire des enfants et comment supprimer les filles, puis le royaume du Zizi d'Or où les zizis dominent tout, à tous les âges. Monsieur apprend d’elle de petites leçons sur les réalités dérangeantes d’un monde voisin dont il ignore tout. Un conte cruel et lucide.

Distribution : 1 femme /deux hommes et des marionnettes : la diablonne, le diablon, Monsieur, et les Brindilles, Violaine, La petite Sonia, Léopold, Madeleine. Informations complémentaires : Les Orphelines a été créé en mars 2009 par Johanny Bert, Théâtre de Romette.

Marion Aubert, née en 1977 à Aurillac, est comédienne et auteure dramatique. Formée au Conservatoire national de Région de Montpellier, elle fonde la Compagnie Tire pas la Nappe avec Capucine Ducastelle. Après avoir été en résidence au Centre dramatique de Montpellier, la Cie Tire pas la Nappe est actuellement associée au centre dramatique de St Etienne. En dehors de sa compagnie, elle répond aux commandes de différents metteurs en scène, dont Philippe Delaigue, Philippe Goudard, Guillaume Delaveau, Babette Masson, Pierre Guillois,... et interprète de nombreux rôles dans différentes pièces contemporaines. Depuis 2005, Marion Aubert participe au Club des Auteurs du CDDB-Théâtre de Lorient, Centre Dramatique National et fait découvrir au public l’écriture dramatique contemporaine en compagnie de Rémi De Vos, Nathalie Fillion, David Lescot, Fabrice Melquiot et Christophe Pellet. Bibliographie. Editions Actes Sud-Papiers : Les Pousse-pions (2002), Les Trublions (2006), Voyage en pays berlinois (2007) Les Histrions (détail) (2006), Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole suivie de Voyage en pays herblinois, (2007), Phaéton (2008), Les Orphelines (collection Heyoka jeunesse, 2009), Orgueil, poursuite et décapitation - comédie hystérique et familiale (2010), Saga des habitants du val de Moldavie suivi de Conseils pour une jeune épouse / Advice to a young bride (ou préparation collective à la vie conjugale, bilingue), (2010), Le Brame des biches (2011). Textes pour un clown (Éditions Espace 34, 2001), Saga des habitants du val de Moldavie (Les Solitaires Intempestifs, 2004), Scène d’horreur familiale (co-éditions l’Avant-Scène Théâtre/La Comédie française, 2007).

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LES OURS DORMENT ENFIN de Geneviève Billette (Québec) Editions Lansman A partir de 8 ans

Sacha se dévoue sans compter pour tenter de faire oublier aux ours polaires dont il a la charge que l'hiver tarde à venir. À force d'attendre le froid, les animaux refusent de s'endormir et finissent par dépérir. Survient Marcus, un enfant porté par les vents de la vie. Il compte bien trouver chez Sacha un refuge qu'il espère définitif. Mais comment ce brave homme pourrait-il lui consacrer une part de son temps alors que sa compagne est partie en voyage depuis près d'un an et que ses ours ont tant besoin de lui ? Marcus va pourtant tout faire pour s'accrocher à ce havre de bonheur et de tendresse, quitte à brusquer Sacha pour tenter de lui ouvrir les yeux. Une belle et dense histoire d’amour entre un père dépressif et son fils. Un texte fort plein de poésie, d’humour et de fantaisie. Distribution : 1 homme / 1 enfant + 3 ours Informations complémentaires : Les Ours dorment enfin a obtenu le Prix Annick Lansman.

Geneviève Billette, née à Québec en 1971, se consacre à l'écriture, à la traduction et à l'enseignement. Bénéficiaire de nombreuses résidences d'écriture (Limoges, Mexico, Anvers, New York), elle a reçu le Prix Littéraire du Gouverneur général, le Prix Paul Gilson des radios de langue française et le Prix Gratien-Gélinas pour Le Pays des genoux en 2004 et 2005. Plusieurs de ses pièces ont été montées en Suisse, au Canada, en France et au Mexique. Elles sont également pour la plupart traduites et publiées notamment par Léméac. Bibliographie. Le Goûteur (éditions Leméac, 2002), Crime contre l'humanité (éditions Leméac, 1999 et Actes Sud-Papiers, 2004), Le Pays des genoux (Actes Sud-Papiers, 2004), Les Ours dorment enfin (éditions Lansman, 2010).

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JOJO LE RECIDIVISTE de Joseph Danan Editions Actes Sud-Papiers, collection Heyoka jeunesse A partir de 7 ans

Résumé : Jojo fait des bêtises. Il veut la parole. Sa mère le gifle. Il empile des chaises. Sa mère le gifle. Il torture des fruits. Sa mère le gifle. Il démonte l’aspirateur avec ses copains, fait sa valise pour tenter une sortie, boit du sirop, drague une fille, enterre son nounours, fantasme une conférence de presse, joue au fantôme, se tire une balle dans le pied, joue au pompier, meurt, met le feu, manque de tomber par la fenêtre, accouche sa femme d’un traversin, mange un livre, fait rôtir une pantoufle, fait enfin sa valise, cette fois c’est la bonne. Adieu torgnoles, bonjour soleil ! Un texte jubilatoire presque entièrement didascalique. Un théâtre sans paroles, très court, très ténu, très éloquent qui tient de la BD, du film muet, du gag. Distribution : Jojo, sa mère, ses copains, la petite fille (Delphine), deux policiers. Informations complémentaires : texte créé en 2007, dans une mise en scène de Joël Jouanneau.

Joseph Danan, né en 1951 à Oran, est auteur dramatique, romancier, essayiste, poète et maître de conférence à l'Institut d'Etudes Théâtrales (Université Paris II Sorbonne Nouvelle). Ses pièces ont été créées par Alain Bézu, Jacques Kraemer, Julien Bouffier, Jean Deloche, Jean-Frédéric Chevalier, Jacques Bonnaffé, Joël Jouanneau, Frédéric Bocquet... Bibliographie. Cinéma (éditions Lansman, 2001), Prologue et Disco (éditions Gare au Théâtre, 2001), Sous l’écran silencieux (éditions Lansman, 2002), R. S/Z. Impromptu Spectre (Tapuscrit Théâtre Ouvert, 2002), Enquêtes du désir, trois pièces (éditions Lansman, 2003), L’Art de la fuite, in La Baignoire et les deux chaises (éditions de l’Amandier, 2005), Roaming monde (éditions Gare au théâtre, 2005), Les Aventures d’Auren, le petit serial killer (Actes Sud Junior, 2007), De la Révolution (Actes Sud-Papiers, 2007), Jojo le récidiviste (Actes Sud-Papiers, collection Heyoka Jeunesse, 2007), A la poursuite de l'oiseau du sommeil (Actes Sud -Papiers, collection Heyoka Jeunesse, 2010).

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BOUGE PLUS ! de Philippe Dorin Editions les solitaires intempestifs A partir de 6 ans

Résumé : Bouge plus ! n’est pas une pièce destinée à la jeunesse. « C’est une suite de scènes courtes et modulables avec pour personnages le père, la mère et l'enfant, et pour cadres le noir et la lumière. Et puis ont été convoquées les fleurs, la chaise et la table, et tout s'est mis en ordre. Bouge plus ! ça me fait penser à la vie qui est une tentative désespérée de tout faire tenir debout mais ça ne dure jamais longtemps. Ça bouge tout le temps.(P. Dorin) Le père, la mère, l’enfant. Nous n’en finissons pas de nous nommer. Tout ne tient que par quelques mots. Nous n’en finissons pas de bouger. Les fleurs, la chaise, la table. Les choses, elles, ne disent rien. C’est pour ça qu’elles restent immobiles. La famille c’est là où tout commence, où tout se met en place. Quand on parle d’origine, de commencement, ça fait air de famille. L’air de « trouver où se mettre » sous forme de chaises musicales. Donc ça serait comme un jeu. On dit qu’on jouerait à la famille, sa place, ses places. Et donc, parce qu’on jouerait, ça ferait du théâtre, comme une attitude, une réponse, une position à l’obscénité époustouflante, que revêt parfois la réalité.« Pour qu’il y ait du théâtre, il faut d’abord qu’il y ait du noir et du silence. C’est pour ça que toutes les pièces de théâtre commencent par « Allume ! » et « Qui parle ? » Le théâtre, c’est toujours ce qui sera dit demain. Il est 20h29 et je n’ai toujours rien écrit. Dans les loges, les comédiens maquillés attendent leur texte. Dans la salle, le public attend que le rideau se lève. » Philippe Dorin Distribution : 1 homme, 1 femme, 1 enfant. Informations complémentaires :Texte écrit en 2004. Création en 2007 par la Compagnie L’heure du loup, mise en scène Michel Froehly, au Théâtre de l’Est parisien. Philippe DORIN, né à Cluny en 1956, écrit des pièces de théâtre depuis plus de 25 ans. En 1994, il rencontre Sylviane Fortuny avec qui il fonde la compagnie “Pour Ainsi Dire”. A travers la recherche d'espaces scénographiques au pouvoir d'évocation poétique fort, on entre dans leurs spectacles comme dans un livre, où plutôt comme dans un manuscrit, ou plutôt comme dans une page blanche. Bibliographie. Villa Esseling Monde (La Fontaine, 1990), Sacré silence ! (L’Ecole des Loisirs 1997), En attendant le Petit Poucet (L’Ecole des loisirs, 2000), Un œil jeté par la fenêtre (L’Ecole des Loisirs 2001) Dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu (L’Ecole des loisirs 2002 ), Ils se marièrent et eurent beaucoup (2004), Le Monde point à la ligne (L’Ecole des loisirs 2005), Bouge plus !, Christ sans hache (Les Solitaires Intempestifs 2006), Les enchaînés (L’Ecole des Loisirs 2006), L’Hiver quatre chiens mordent mes pieds et mes mains (L’Ecole des Loisirs, 2008), Abeilles, habillez moi de vous (L’Ecole des Loisirs, 2010)

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Rencontre avec Philippe Dorin Philippe Dorin construit une oeuvre théâtrale exigeante, intelligente, excitante. Est-ce du théâtre jeune public ? C’est du théâtre pour tout le monde. Avec beaucoup d’humanité dedans. Avec des mots concis qui zèbrent l’atmosphère comme des éclairs. Des phrases qui se terminent soudain, des ellipses. C’est souvent drôle, pourtant il ne s’agit pas de « bons mots », mais de situations nées d’une observation attentive. Écrivain entomologiste, écrivain patient, écrivain qui remet sur le métier, cette saison Philippe Dorin est auteur associé au Théâtre de l’Est parisien (TEP), dans le vingtième arrondissement. Il mène des actions dans tout le quartier : au théâtre, bien sûr, mais aussi dans les écoles, à la bibliothèque municipale. Écrivain public, jamais dans sa tour d’ivoire. © L’ÉCOLE DES LETTRES. – Dans « Les Trésors du petit matin », un conte publié en 1999, on lit qu’en 1994 vous avez commencé par écrire des histoires à partir de boulettes de papier tirées de la poubelle d’écrivains imaginaires. Je voudrais que l’on commence par ces boulettes de papier qui sont un peu une marque, une signature pour ceux qui vous connaissent. PHILIPPE DORIN. – 1994 a été pour moi une renaissance ; il y a eu un changement fondamental dans ma vie mais aussi dans mon parcours d’écrivain. Avant cela, j’avais écrit quelques contes que j’aime toujours beaucoup et que je revendique entièrement, et beaucoup de pièces de théâtre dont très peu sont restées` Sacré Silence et Villa Esseling Monde sont sorties du lot, mais l’écriture n’en était pas encore vraiment le centre. En 1994, j’ai commencé à écrire un manuscrit qui se présentait sous la forme d’une corbeille à papier dans laquelle j’avais mis des fragments, de petites histoires, des notes, des pensées : une soixantaine de boulettes de papier que j’ai commencé à exposer dans des bibliothèques. Les textes étaient destinés à être lus de façon hasardeuse : on tire une première boulette, puis une deuxième, une troisième` Puis j’ai commencé à faire des portraits d’écrivains imaginaires avec Sylviane Fortuny, ma compagne metteur en scène. Ils se présentaient sous forme de fragments de textes, puis sous forme d’exposition, de travaux visuels en atelier, avec des enfants` Le premier portrait a été celui d’un écrivain qui n’était jamais allé à la ligne et n’avait jamais levé la plume de la page, et dont on aurait retrouvé vingt fragments de l’oeuvre sous forme de boulettes de papier` Le deuxième, celui d’un écrivain-jardinier, qui plantait ses boulettes de papier dans la terre, les arrosait d’encre, les faisait pousser pour en faire des fruits, et ensuite des conserves. La troisième histoire était celle d’un écrivain qui voulait savoir comment le monde était né en trempant des boulettes de papier dans sa bouteille d’encre. Cela a donné lieu à l’invention de cartes imaginaires. C’était une autre forme d’écriture, très ludique, très plastique. L’ÉCOLE DES LETTRES. – Tout cela fait penser au travail des oulipiens et aux contraintes que se donnait notamment Georges Perec qui fut l’écrivain emblématique de ce mouvement. PHILIPPE DORIN. – Oui, c’est vrai, cela se situait dans cette lignée, mais les oulipiens prennent uniquement les mots en compte, tandis que pour nous c’était aussi l’encre, le papier, puis les cailloux qui faisaient penser à des boulettes de papier fossilisées. Quand la Compagnie « Pour ainsi dire» a été fondée avec Sylviane Fortuny, mon écriture s’est vraiment beaucoup épurée. L’ÉCOLE DES LETTRES. – C’est une une écriture qui suggère et n’impose pas. PHILIPPE DORIN. – J’essaie de ne rien dire. Le texte, c’est quand il n’y a pas autre chose à faire : on parle` Les personnages de théâtre, ce serait ça : les gens sont là, mais comme il n’y a rien à faire, ils parlent. L’ÉCOLE DES LETTRES. – Comme dans « Un oeil jeté par la fenêtre » ? 16


PHILIPPE DORIN. – Oui c’est cela, l’histoire n’est pas importante. Je prends toujours l’exemple des enfants qui jouent dans les cours de récréation. Ils disent plus les jeux qu’ils ne les jouent vraiment. Ils parlent beaucoup, ils énoncent des situations :« On dirait qu’on est dans un château, toi tu es le prince, moi je défends le château, et tu m’attaques` » Ils jouent quelques instants, mais très vite l’un d’entre eux dit : « Oui, mais alors là, y aurait quelqu’un qui viendraitI ». Et quand la fin de la récréation sonne, finalement ils n’ont pas joué beaucoup, parce qu’ils ont passé beaucoup de temps à parler` Je voudrais que mes pièces ce soit ça, non pas des histoires jouées, mais uniquement dites. L’ÉCOLE DES LETTRES. – Dites ou sous-entendues, comme des didascalies qui seraient énoncées par les personnages. Les personnages de « Dans ma maison de papier » disent par exemple « Éteins » ou « Allume », et sur scène on allume ou l’on éteint= PHILIPPE DORIN. – Oui, les personnages n’oublient jamais qu’ils ne sont que des acteurs` Ce n’est que du théâtre. On peut dire «Allume », « Éteins », « C’est la nuit », « Il fait jour ». Les personnages inventent leur propre histoire, ils ne sont pas vraiment des personnages. La première question qu’ils se posent généralement, c’est : «Toi, comment tu t’appelles ? » et l’autre répond ce qui lui vient sur le moment. Dans Ils se marièrent..., le personnage dit : « Comment tu t’appelles ? », elle répond : « Je m’appelle Juliette Béquette»` «Béquette ? c’est un nom d’écrivain », et elle : « Juliette aussi, les deux sont des noms d’écrivain. » Mais en fait ce n’est pas quelqu’un qui s’appellerait Juliette et qui viendrait jouer son histoire : elle invente cela à ce moment-là. L’ÉCOLE DES LETTRES. – Est-ce la même situation avec « Aimée et Emma »? PHILIPPE DORIN. – C’est un peu pareil. Ce qui est dit influe sur les choses, par exemple : « Tu t’appelles Aimé Emma, c’est presque le même nom », « Oui, c’est juste le temps qui change, tiens il neige. » Voilà, ce ne sont que de petits jeux de mots. L’ÉCOLE DES LETTRES. – Des mots qui changent les situations= PHILIPPE DORIN. – Voilà ! qui les dévient... L’ÉCOLE DES LETTRES. – Quand on vous lit, on vous voit écrire en même temps. On voit le processus d’écriture en marche. On vous voit presque penser= PHILIPPE DORIN. – Oui, c’est cela. Je vais par exemple rajouter une scène dans Ils se marièrent..., parce que Juliette Béquette disparaît. Mais qu’est ce qu’elle va devenir ? En fait, cette question je vais la faire poser par un personnage. Dans Dans ma maison de papier, il y a aussi cela. La vieille dame, une fois que le promeneur va lui ordonner de mourir, lui demande : « Mais toi, qu’est ce que tu vas faire maintenant ? » et cette question est aussi bien posée au personnage qu’à la pièce de théâtre. Qu’est ce que ça va devenir ? Que va-t-on faire maintenant ? Beckett dit toujours cela` Dans En attendant Godot, par exemple, la première réplique c’est : « Rien à faire. » Estragon dit cela parce qu’il n’arrive pas à lacer ses chaussures, mais on entend en même temps l’auteur qui fait venir des personnages qui n’ont rien à dire. C’est beau parce que cela renvoie l’histoire, les questions, aux spectateurs` L’ÉCOLE DES LETTRES. – On a l’impression que dans vos pièces les personnages se posent des questions d’enfants, des questions d’êtres en devenir. PHILIPPE DORIN. – Les enfants se posent toujours des questions fondamentales, de façon philosophique mais pas abstraite. Comment trouver une situation extrêmement concrète qui pose à chaque fois une question fondamentale, ce sont les enfants qui nous l’apprennent parce qu’ils disent des choses très imagées et concrètes` Nous, nous pensons que c’est le terrain privilégié de l’imaginaire, mais ça l’est parce qu’ils n’ont pas toutes les clés, les tenants et les aboutissants` Quand ils disent : « Mais pourquoi la lune a été mangée par quelqu’un cette nuit ? », ils n’ont pas conscience de faire de la poésie. Nous trouvons l’expression très poétique, mais elle pose en fait une question fondamentale, avec toujours en perspective cette problématique de grandir. 17


Dans mes pièces, j’essaie de trouver des situations extrêmement simples, mais qui posent des questions fondamentales` Ce qui fait qu’elles intéressent et concernent finalement autant les enfants que les adultes. Il y a toujours une question dans mes pièces : « Pourquoi ça ? » Le texte n’est qu’une démonstration par a + b. J’aime bien dire que les mots ne construisent pas les histoires : ils les défont. Au fur et à mesure que l’on écrit, les mots éliminent toutes les situations possibles pour n’en garder qu’une, et un seul mot est juste à ce moment-là. Comme si écrire une histoire c’était faire une soustraction et qu’avec le mot « Fin » on tire le trait de la soustraction : il n’y a plus d’histoire à raconter, il n’y a plus rien à dire. Finalement, ça a détruit quelque chose plus que ça ne l’a construit. L’ÉCOLE DES LETTRES. – Est-ce facile de tirer ce trait à la fin ? PHILIPPE DORIN. – Non, c’est assez dur parce qu’il faut rester très simple, jamais démonstratif et léger en même temps. Du coup, les scènes que j’écris sont souvent assez radicales et en éliminent des centaines d’autres. Dans Bouge plus, l’enfant décompte le reste des mots que le père a à dire : après ça, quoi écrire? C’est tellement radical, cela fait mourir un personnage. Des centaines d’autres possibilités sont éliminées parce qu’une scène en résume plein d’autres. Il faut donc radicalement commencer ailleurs ou retrouver quelque chose de fondamental. L’ÉCOLE DES LETTRES. – On revient à cette idée de contraintes= PHILIPPE DORIN. – Non, ce ne sont pas des contraintes, simplement, il n’y a pas trente-six solutions, il faut trouver la bonne. Tant que ce n’est pas résolu en très peu de mots et dans une situation très concrète, ça ne m’intéresse pas. J’aime beaucoup la scène du décompte des mots qui restent à dire parce qu’elle raconte beaucoup de choses d’une façon très simple. Un personnage parle, l’autre décompte` Ce n’est qu’un jeu, et en même temps cela raconte l’histoire d’une vie, et cela raconte aussi l’histoire du théâtre` Le comédien peut savoir combien de répliques il lui reste` L’ÉCOLE DES LETTRES. – Comment en êtes-vous venu à publier vos pièces à l’École des loisirs ? PHILIPPE DORIN. – J’avais publié une première pièce, Villa Esseling Monde, en 1989. J’aimais beaucoup cette pièce, mais elle était encore en deux parties. Il y avait à la fois l’histoire de parents qui attendent leur enfant et l’histoire d’un enfant qui voyage dans une villa. L’histoire du voyage de l’enfant dans la villa est très imaginaire, proche de la littérature enfantine classique – on est dans le merveilleux. L’histoire des parents, au contraire, est absurde : on les retrouve dans la même situation attendant leur enfant chaque soir devant la télévision. Au début, il y a une heure que l’enfant est parti, ensuite un jour, une semaine, puis un mois, un an, dix ans, cent ans` et finalement les parents le voient réapparaître à la télévision. Quand j’ai rencontré Brigitte Smadja, cette pièce avait été publiée et était souvent montée, notamment par des classes. J’avais une autre pièce que j’aimais beaucoup, Sacré Silence, qui présentait une grande économie de situations, avec deux personnages, dont l’un ne fait que répéter ce que l’autre dit. C’est extrêmement simple, très enfantin et puis c’est une façon de jouer sur les rapports entre les gens qui est assez riche. Brigitte Smadja l’a publiée en 1997. Elle trouvait que En attendant le Petit Poucet, que j’avais écrit avec Sylviane Fortuny pour la Compagnie, n’avait pas assez d’« autonomie »` Je l’ai retravaillée et elle l’a publiée. C’est là où j’ai le mieux réussi à écrire une pièce dont je me dise : « C’est du théâtre, et il faut le publier ». Les pièces que j’écrivais jusqu’alors racontaient des histoires, et il était naturel qu’elles disparaissent en même temps que le spectacle. Brigitte Smadja est quelqu’un d’extrêmement précieux parce que c’est un vrai directeur littéraire. Dans le domaine de la littérature pour enfants, les directeurs littéraires sont souvent des censeurs car ils font rentrer les auteurs dans un moule` Avec Brigitte Smadja, c’est le contraire. Les discussions qu’on a eues ensemble devaient m’aider à trouver ma singularité à moi, à l’intérieur de sa collection

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À la limite, la manière dont la pièce est montée ne l’intéresse pas. Vraiment, ce qui compte pour elle, ce sont les mots. Pour l’auteur, tout le théâtre est contenu dans les mots. Brigitte Smadja a aussi ce rapport-là au théâtre ; elle le dit elle-même : elle a un rapport de lecteur et non de spectateur et cela aide beaucoup à trouver sa singularité. L’ÉCOLE DES LETTRES. – Vos pièces sont pleines d’humour. Un humour presque absurde. Vous citiez Beckett tout à l’heure. PHILIPPE DORIN. – J’aime beaucoup Beckett. Je me reconnais dans cet auteur, parce qu’il y a dans ses pièces quelque chose de terrible` un peu comme avec les clowns dont on rit pour ne pas pleurer. L’ÉCOLE DES LETTRES. –Au Théâtre de l’Est parisien, lors de la dernière présentation de saison, vous avez dit ne pas aimer les ateliers d’écriture= PHILIPPE DORIN. – J’ai le sentiment de n’avoir de leçons à donner à personne` et moi-même j’ai du mal à penser que je suis un vrai écrivain. L’ÉCOLE DES LETTRES. – C’est quoi, un « vrai écrivain » ? PHILIPPE DORIN. – En tout cas ce n’est pas moi` J’ai une certaine image de ce que doit être un écrivain et je trouve que mon travail est vraiment loin de cette image. Je sais bien sûr que je suis publié, que l’on me reconnaît en tant qu’écrivain, mais c’est quand même pour moi dérisoire` Si les gens me voyaient travailler, recopier sans cesse ce que j’ai écris la veille pour simplement changer une réplique, écrire deux mots et jouer avec pendant toute une matinée` Il s’agit vraiment plus de bricolage que d’écriture ou de l’idée qu’on peut se faire de l’écriture. C’est pour cela que je n’ai pas de leçon, de recette à donner aux gens. Je pense que ce qui est le plus dur dans le fait de devenir écrivain, c’est d’assumer d’être seul derrière un bureau et d’écrire. Tant qu’on n’a pas assumé cette solitude, on n’est pas vraiment un écrivain. Et cela est complètement à l’inverse de l’atelier d’écriture où plusieurs personnes, dans un même lieu, au même moment, font de l’écriture, mais ça ne peut pas être de la littérature` Ce n’est pas possible parce qu’un écrivain, c’est quelqu’un qui est seul. Dans un atelier d’écriture, en groupe, on peut faire de très jolies choses, mais on ne sera jamais un écrivain. Je ne fais pas d’atelier d’écriture, mais par contre je veux bien témoigner auprès des enfants de ce qu’est un écrivain en faisant des résidences à l’école. Quand ça se passe bien, on en sort extrêmement fort. C’est aussi un paradoxe : pendant un mois j’ai installé mon bureau dans une classe de CM2, je suis allé y travailler. J’écrivais mon histoire et les enfants continuaient à étudier. Je devais oublier que j’étais dans une école et eux qu’il y avait un écrivain dans leur classe. J’ai certainement écrit moins rapidement, mais je l’ai fait ! Des enfants ont pu voir que j’étais tous les jours sur mon travail, que ce travail avançait, que parfois il piétinait, qu’il y avait des ratures. Ils ont vu que les histoires ne sortent pas comme ça, que cela met du temps. La première semaine, j’ai rassemblé de petites scènes qui composeraient la pièce que j’étais en train d’écrire et ils n’ont rien compris. La deuxième semaine, j’ai mis un peu d’ordre, ajouté deux trois scènes, cela s’est beaucoup clarifié et alors ils ont compris. La troisième et la quatrième semaine, je n’ai rien écrit et ils n’ont fait que lire` Ils ont vu comme cela avançait très peu en un mois et ont compris que c’était un vrai travail. Dans cette classe, y a eu deux exemples très représentatifs de ce qu’est un écrivain. J’avais dit aux enfants que je travaillais sur des petites scènes entre une vieille dame et une petite fille que l’on retrouve Dans ma maison de papier et que je serai à mon tour leur lecteur, s’ils voulaient écrire autre chose. Tous les enfants ont écrit à leur manière` Le premier jour, une gamine a écrit un poème magnifique que j’ai repris dans la pièce. Je lui ai dit de continuer et que l’on garderait les plus beaux de ses textes. Au bout d’une semaine, elle avait abandonné après avoir eu la fulgurance et la grâce de l’écriture.

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Une autre enfant, une petite Africaine, a commencé par faire relier son cahier par sa mère, elle a écrit la première page et a même marqué son nom sur la quatrième de couverture. Elle a commencé son histoire à la page 1 et a dit : « Moi, je veux faire une histoire, mais qui se termine. » Pour elle, écrire, c’était aller jusqu’au bout, pour faire un vrai livre. Alors, je l’ai aidée de temps en temps parce qu’elle perdait courage, mais elle a tenu bon jusqu’à la dernière phrase. Son travail aussi était exemplaire par sa ténacité. Je crois que la grâce ne suffit pas et que l’écriture exige de la ténacité. Ces deux enfants sont assez exemplaires de ce que c’est qu’un écrivain, entre la grâce et la ténacité. Si l’on n’a pas la ténacité, la grâce ne peut pas venir. Écrire, c’est comme lorsqu’on espère voir une biche dans la forêt : on se lève tôt, on s’habille, on prend un peu à manger, à boire, et on va attendre dans les bois. Il fait froid, parfois il pleut, il ne faut pas bouger. On attend les yeux grand ouverts et à la fin de la journée` elle n’est pas passée. Pourtant on se dit : « J’ai réuni toutes les conditions et elle n’est pas passée. » Il faut revenir le lendemain. Et faire la même chose. Et revenir le surlendemain si elle n’est toujours pas passée, et ce n’est peut-être qu’au bout de six mois qu’on l’apercevra. Et bien l’écriture, c’est pareil : si on n’est pas là au rendez-vous tous les jours, il ne se passera pas grand-chose. L’ÉCOLE DES LETTRES. – L’écriture, c’est de la solitude, mais c’est aussi une relation. On s’adresse toujours à quelqu’un. PHILIPPE DORIN. – Oui, cette dimension est très importante. On s’adresse à quelqu’un ou à un groupe. Pendant le temps où j’étais dans cette classe, j’écrivais pour les élèves. Eux-mêmes, du fait de ma présence, essayaient d’être très calmes et ils ont ainsi mieux étudié. Ils m’ont aussi renvoyé à mon travail d’écrivain. Leur silence me disait : « Écris, écris, on essaye d’être le plus calme possible, écris, écris... » J’étais face à ma réalité` J’en parle maintenant avec beaucoup de bonheur, mais je me souviens que je prenais le métro le matin avec angoisse pour retrouver la classe... L’ÉCOLE DES LETTRES. – Un détail technique m’intrigue. Pourquoi aimez-vous tant écrire sur du papier pelure ? PHILIPPE DORIN. – On m’a souvent demandé : « Est-ce que tu écrivais quand tu étais petit ? » et je réponds toujours « Non. » « Est-ce tu lisais ? – Non. »J’avais un rapport à la littérature vraiment très lointain. Jusqu’à dix-neuf, vingt ans, je ne lisais pas ; j’ai écrit des poèmes, mais j’étais loin de devenir un écrivain ! Mes parents ne soupçonnaient pas cela de moi. Par contre, il y a une chose dont je me souviens, c’est que j’adorais prendre les vieux journaux et les découper pour en faire des piles. Je les posais sur les coins du bureau où je faisais mes devoirs. Quand j’avais du papier blanc, des chutes de papier, c’était un régal pour moi, non pas pour écrire dessus, mais pour les empiler. Je trouvais que c’était beau. Un peu comme dans Les Saisons, de Maurice Pons. Quelqu’un traverse un pays où il pleut tout le temps avec dans son sac une ramette de papier blanc. Il veut écrire une histoire et ne peut la poser nulle part parce qu’il pleut toujours, et qu’elle va être souillée très vite. J’aime bien le début de cette histoire parce que dans le papier il y a quelque chose de précieux. Plus tard, j’ai utilisé du papier pelure, qui est très agréable. Mon plaisir d’écrire est autant d’inventer des histoires, de travailler sur les mots, que de travailler sur le papier, que de recopier. Par exemple, faire quatre cents verres en papier en recopiant des extraits de ce que j’ai fait, ça fait partie de mon travail d’écrivain, j’aime bien ça, j’aime bien ce côté manuel ; cela tient à mes origines un peu paysannes. Même si je perds du temps, même si c’est long, c’est important. Quand je recopie, cela me permet de changer des choses, et le changement d’un mot peut provoquer un très grand tremblement de terre dans une histoire` Le fait de recopier m’aide, et puis c’est reposant, c’est sécurisant : ce qui est écrit tient, alors que sur ordinateur tout est effacé. Quand on travaille pour les enfants, il est important de leur montrer que les brouillons comportent des ratures, des blessures.

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Quand on écrit, c’est comme quand on apprend à faire du vélo : le gars qui n’est jamais tombé n’apprendra jamais à tenir sur un vélo. Il faut tomber pour apprendre à tenir debout. L’écriture c’est pareil : il faut barrer. Parfois, dans les classes, les enfants veulent que ce soit propre tout de suite. Mais non ; il faut vraiment barrer, faire des cicatrices, des blessures. Je dis aux gosses : «Vous avez sûrement des cicatrices », alors les enfants racontent : « Oh oui ! oula ! je suis tombé ! », et bien les brouillons d’écrivains, ça marque les blessures, les moments où ça n’a pas marché. Mon travail est beaucoup dans le négatif : c’est créer du silence, créer la page blanche, ne pas faire du bruit. Écrire c’est fait pour créer du silence et le théâtre est fait pour créer de la place, du vide. Les théâtres sont en fait des lieux qui n’ont pas été finis. Les gens ont mis des rideaux autour et le monde est partout sauf là ! Et les hommes le recréent chaque jour pour qu’ils puissent quand même rentrer dans le monde. C’est pour cela que j’aime les spectacles de Claude Régy, parce que ce sont les seuls endroits au monde où on peut avoir le noir total, en pleine ville. Et le silence aussi. C’est précieux dans une société agitée.

L’ÉCOLE DES LETTRES. – La mort et la mémoire sont aussi très présentes dans vos pièces.

PHILIPPE DORIN. – Oui, dans Dans ma maison de papier, la mémoire c’est le rapport de la petite fille avec la femme qu’elle est devenue, la mémoire ou le souvenir. Ou le passé. Le temps de la mort, le temps passé. « Passé » est mon mot préféré parce que c’est à la fois hier et quelque chose qui filtre. Je fonctionne beaucoup sur la nostalgie. Je ne me rappelle pas beaucoup des choses, mais en même temps les souvenirs sont chez moi très puissants : une chanson, un lieu, une photo... Mais ce que j’aime aussi, c’est le fait de compter ; les chiffres. Et le passé, c’est cela, ce rapport aux chiffres, les années, les énumérations.

Propos recueillis par OLIVIER BAILLY. 76 L’École des lettres des collèges 2004-2005, n° 8 © L’École des lettres

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LA NUIT MEMEPASPEUR de Claudine GALEA Editions Espaces 34, collection jeunesse A partir de 5 ans

Résumé : A travers deux personnages principaux, MêmePasPeur et TouteVieille, La Nuit MêmePasPeur raconte la découverte de la mort, l’amour qui dure toujours, le lien magique qui unit les êtres, les mondes mystérieux et fabuleux de la nuit et de l’au-delà. Dans un univers à transformations, onirique et burlesque, ponctué de sons et de mélodies, l’enfant plonge dans un monde familier, celui de ses peurs, de ses émerveillements et de ses questions autour de ceux qui ne sont plus. Distribution : 2 femmes, 1 homme, des voix /2 femmes au minimum. Informations complémentaires : 1ère version du texte écrite en 2002. Publication en album pour enfants sous le titre “Même Pas Peur” avec des illustrations de Marjorie Pourchet aux éditions du Rouergue en 2005. Création de la pièce par le Théâtre de la Tête Noire, mise en scène de Patrice Douchet en 2010. Claudine GALEA, née à Marseille en 1960, est écrivain, journaliste au quotidien La Marseillaise, et pour la revue CCP (Centre international de poésie Marseille) et appartient au comité de rédaction de la revue Ubu, Scènes d'Europe depuis 1996. Auteure de théâtre, elle a reçu des bourses CNL, Beaumarchais, DMDTS et bénéficié de résidences d’écriture à la Villa Mont Noir, à La Chartreuse (Villeneuve-lez-Avignon), au CICV Pierre Schaeffer (Montbéliard), à l'International Summer School du Royal Court Theatre (Londres). Elle écrit aussi des pièces radiophoniques, des romans, jeunesse et adultes, des albums, un livret d’opéra et travaille avec des chorégraphes et réalisateurs.

Bibliographie. Les Idiots (éditions Espaces 34, 2004), Je reviens de loin (éditions Espaces 34, 2003), Jusqu’aux os (éditions du Rouergue, 2003), Le monde est mon potager in Fantaisies microscopiques de Stéphanie Tesson, éditions de L’Avant-Scène, 2004), MêmePasPeur (éditions du Rouergue 2005), Sans toi (éditions du Rouergue, 2005), Le bel échange (éditions du Rouergue, 2005), La Règle du changement (éditions de l’Amourier, 2006), Un été différent (éditions du Rouergue, 2006), Entre les vagues (éditions du Rouergue, 2006), Morphoses (éditions du Rouergue 2006), L’amour d’une femme (éditions du Seuil, 2007) Rouge métro (éditions du Rouergue, 2007) A mes amoures (éditions du Rouergue 2007), Les chants du silence rouge (éditions Espaces 34, 2007), La Nuit MêmePasPeur et Petite Poucet (éditions espaces 34, 2009), L’heure blanche et Toutes leurs robes noires (éditions espaces 34), Au bord (éditions Espaces 34, 2010), Le corps plein d’un rêve (éditions du Rouergue, 2011).

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« Tous les enfants posent la question "Où on va quand on meurt ?". Veulent-ils vraiment une réponse ? Je crois que les enfants veulent rêver et en même temps nommer l'indicible. Les enfants aiment faire ce qui ne se fait pas, dire ce qui ne se dit pas. Quand on écrit on fait un peu pareil, non ? On peut tout dire quand on écrit. On est relié à l'enfant en nous quand on écrit. MêmePasPeur est mon premier texte pour les enfants. Mais je ne fais pas vraiment de différence. J'écris pour les enfants et pour les adultes qui n'ont pas perdu leur enfant à l'intérieur. J'écris pour réveiller les démons et les merveilles. MêmePasPeur et TouteVieille s'aiment fort. Aiment fort. Est-ce qu'on cesse d'aimer ceux qui disparaissent ? Non. L'amour est plus fort que la mort. L'amour c'est ce qu'on peut toujours donner, toujours ».

Claudine Galea

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VENEZUELA de Guy Helminger (Luxembourg) Traduit de l’allemand par Anne Monfort Editions Théâtrales A partir de 14 ans

Résumé : La nuit, dans les stations du centre-ville de Berlin, un gang d’adolescents « surfe » sur les trains, ils s’accrochent à une fenêtre et doivent tenir de gare en gare, de tram en train. Une vie de héros... Confrontés à la mort violente « du plus grand », ils choisissent de la dissimuler au plus fragile du groupe. Ils lui racontent qu’il a changé de vie, qu’il est parti pour se rendre au` Venezuela, pays du soleil rêvé. Finiront-ils par croire à leur propre simulacre ou se convaincront-ils pour oublier que « demain, y pleut » ? Derrière des échanges parfois violents, se tissent progressivement une amitié et une solidarité entre chacun de ces écorchés vifs qui s’amusaient à regarder la mort en face. Distribution : 5 personnages Informations complémentaires : Ce texte « coup de cœur » du comité de lecture du Théâtre de la Tête Noire a été mis en espace lors de Text’Avril 2010 par Patrice Douchet. Ce texte a également été repéré par les comités de lecture du TNG de Lyon, l'Espace 600 de Grenoble, La Mousson d'été.

Guy Helminger est né au Luxembourg en 1963 et a étudié l’allemand et la philosophie. Il a publié plusieurs recueils de poésie et écrit aussi des pièces et des romans. Site de l’auteur (en allemand) : http://www.guyhelminger.de

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COSTA LE ROUGE de Sylvain Levey Editions Théâtrales A partir de 9 ans

Résumé : Costa est un garçon de douze ans collé à son grand-père. Il écoute ses histoires, ses chansons pour changer le monde, sa genèse revisitée : l’utopie communiste, le dilemne du choix entre l'utopie ou manger à sa fin` Costa le Rouge, c'est l'histoire de la transmission d'une génération: une certaine idée de la classe paysanne et ouvrière... C'est encore le renoncement des luttes remplacées par une consommation abîmant les êtres. Sylvain Levey tisse une fable sur la banlieue présumée récente, bitumée et violente. Violente, elle peut l'être, les combats le sont bien parfois, mais l'auteur préfère parler de fraternité et d'espoir pour casser des clichés tenaces. Distribution : Costa, Pape, Mum, Pa Informations complémentaires : Costa le Rouge a été créé en 2011 dans une mise en scène de Julien Bouffier. Sylvain Levey, né en 1973 à Maisons-Laffitte, est auteur et comédien. Il travaille régulièrement en résidence et répond à des commandes d'écriture. Ouasmok ? et Pour rire pour passer le temps ont été finalistes du Grand Prix de littérature dramatique. Depuis 2004, Sylvain Levey a publié une quinzaine de pièces la plupart pour la jeunesse, certaines ont été crées par Laurent Maindon, Anne Courel, Julien Bouffier... Bibliographie : Ed. théâtrales : Il pleut suivi de Le Son du cor in Les 120 Voyages du fou (2008), Pour rire pour passer le temps (2007) ; Petites pauses poétiques (2007) ; Dis moi que tu m’aimes, dans le recueil « 25 petites pièces d’auteur » (2007) ; Enfants de la middle class : Ô ciel la procréation est plus aisée que l’éducation ; Journal de la middle class occidentale ; Juliette (suite et fin trop précoce), (2005). Ed. théâtrales, collection jeunesse : Costa la rouge (2011) ; Cent culotte et sans papiers (2010) ; Viktor Lamouche in théâtre en court 3 (2008). ; Alice pour le moment (2008) ; Quelques pages du journal de la middle class occidentale in théâtre en court 1 (2005) ; Instantanés in court au théâtre 1 (2005) ; Ouasmok ? (2004). Autres éditeurs : L’Extraordinaire tranquillité des choses, en collaboration avec L. Hamelin, P. Malone et M. Simonot, Ed. Espaces 34 (2006) ; Par les temps qui courent, in la scène aux ados volume 1, Ed. Lansman (2004).

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Alice pour le moment de Sylvain Levey Editions Théâtrales A partir de 12 ans Résumé : Alice est une adolescente de treize ans, fille de réfugiés politiques. Elle passe son temps à déménager, suit ses parents, de boulot en boulot, de village en village. Elle raconte ses passages dans les écoles, les relations souvent difficiles avec les autres, les disputes dans la voiture qui les transporte à chaque déménagement, elle, ses parents et tout leur « matériel». Elle est seule, forcément, alors elle raconte et le récit l’ancre dans une vie, la sienne, ancre sa réalité dans le monde. Elle porte sur lui un regard lucide et comme détaché, comme si elle n’en faisait pas vraiment partie. La pièce, composée de huit scènes titrées où alternent des dialogues et des monologues d’Alice, est écrite comme un récit où s’animent des dialogues vifs. Alice y raconte les petites histoires de tous les jours en les habillant d'un regard tendre et en invitant la poésie au quotidien pour supporter la violence du monde.

Distribution : 1 femme (extensible à une quinzaine de comédiens dont 3 femmes, 9 hommes). Informations complémentaires : Ce texte a été écrit puis créé dans le cadre d’un projet intitulé « Mon Alice en ville » imaginé par Anne Courel et l’équipe de la compagnie Ariadne de Bourgoin-Jallieu.

Sylvain Levey, né en 1973 à Maisons-Laffitte, est auteur et comédien. Il travaille régulièrement en résidence et répond à des commandes d'écriture. Ouasmok ? et Pour rire pour passer le temps ont été finalistes du Grand Prix de littérature dramatique. Depuis 2004, Sylvain Levey a publié une quinzaine de pièces la plupart pour la jeunesse, certaines ont été crées par Laurent Maindon, Anne Courel, Julien Bouffier... Bibliographie : Ed. théâtrales : Il pleut suivi de Le Son du cor in Les 120 Voyages du fou (2008), Pour rire pour passer le temps (2007) ; Petites pauses poétiques (2007) ; Dis moi que tu m’aimes, dans le recueil « 25 petites pièces d’auteur » (2007) ; Enfants de la middle class : Ô ciel la procréation est plus aisée que l’éducation ; Journal de la middle class occidentale ; Juliette (suite et fin trop précoce), (2005). Ed. théâtrales, collection jeunesse : Costa la rouge (2011) ; Cent culotte et sans papiers (2010) ; Viktor Lamouche in théâtre en court 3 (2008). ; Alice pour le moment (2008) ; Quelques pages du journal de la middle class occidentale in théâtre en court 1 (2005) ; Instantanés in court au théâtre 1 (2005) ; Ouasmok ? (2004). Autres éditeurs : L’Extraordinaire tranquillité des choses, en collaboration avec L. Hamelin, P. Malone et M. Simonot, Ed. Espaces 34 (2006) ; Par les temps qui courent, in la scène aux ados volume 1, Ed. Lansman (2004).

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BOULI MIRO de Fabrice Melquiot L’Arche Editeur A partir de 8 ans Résumé Bouli Miro est un bébé gros comme son père Daddi Rotondo et miro comme sa mère Mama Binocla. Il grossit avec une rapidité effrayante, ce qui n’empêche pas sa cousine Petula de tomber amoureuse de lui. Bouli, gros de toutes ses peurs, prend encore plus de poids lorsque sa bien-aimée part pour l’Espagne avec ses parents. Vient le jour où Bouli écrase presque ses parents et se met enfin à la gymnastique. Une nouvelle vie commence ! Mais quelle vie !

Distribution : 6 hommes / 5 femmes Informations complémentaires : Bouli Miro a été créé en 2003 par Patrice Douchet, Théâtre de la Tête Noire. La pièce est entrée au répertoire de la Comédie Française en 2005.

Fabrice Melquiot, né en 1972 à Modane, a d’abord été acteur avant de se consacrer exclusivement à l’écriture. À partir de 2001, ses pièces sont publiées chez L’Arche Éditeur : Perlino Comment inaugure la collection théâtre jeunesse de l’Arche. En 2002/2003, pour sa première saison à la tête de La Comédie de Reins, Emmanuel Demarcy-Motta invite Fabrice Melquiot à le rejoindre comme auteur associé et membre du collectif artistique de la Comédie. Après le grand prix Paul-Gilson de la Communauté des radios publiques de langue française (Montréal, 1998) et le prix européen de la meilleure œuvre radiophonique pour adolescents à Brastislava (2000) pour Perlino Comment, il reçoit en 2003 le prix du Nouveau Talent Radio de la SACD pour Le Diable en partage ainsi que la prix Jean-Jacques Gauthier du Figaro et deux prix du Syndicat Nationale de la Critique : meilleure création d’une pièce en langue française et révélation de l’année. Si l’essentiel de son écriture est tournée vers le théâtre, une autre passion l’habite : la poésie. Bibliographie. L'Arche Éditeur : Youri et Quand j’étais Charles (2011), Guitou (2011), 399 secondes / Hart Emily/Le cabinet de curiosités (2010), Bouli Année zéro (2010), Modane—Tarzan Boy, M’man, Miss Electricity (2010), Blanches (2010), Pollock (2009), Eileen Shakespeare (2009), Wanted Petula (2008), Faire l’amour est une maladie mentale qui gaspille du temps (2008), Alice et autres merveilles (2007), Tasmanie (2007), 33 derniers soupirs (206), Marcia Hesse (2005), Sâlat Al-Janâza (2005), Je peindrai des étoiles filantes et mon tableau n'aura pas le temps (2005), Faxxman (2005), Exeat (2005), Je rien te deum (2005), Catalina in fine (2005), Bouli redéboule (2005), Albatros (2004), Veux-tu ? (2004), Ma vie de chandelle (2004), C'est ainsi mon amour que j'appris ma blessure (2004), Le Laveur de visages (2004), L'Actrice empruntée (2004), Le Gardeur de silences (2003), Autour de ma pierre il ne fera pas nuit (2002), The Ballad of Lucy Jordan (2002), Bouli Miro (2002), Le Diable en partage (2002 ), Kids (2002), L'Inattendu (2001), Percolateur Blues (2001), La Semeuse (2001), Perlino Comment (2001)L’Ecole des Loisirs : Les Petits mélancoliques, Le Jardin de Beamon, L'enfant dieu.

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LES ENFANTS DE MEDEE de Suzanne Osten Traduit du suédois par Marianne Ségol Editions Théâtrales A partir de 8 ans

Résumé Adaptée de la tragédie d’Euripide, la pièce traite avec beaucoup d’intelligence du divorce du point de vue des enfants. L’espace scénique est défini avec précision : une première partie du plateau figure la chambre des enfants, la seconde un décor antique dédié aux parents. La tragédie est vécue par les parents, avec les accents tragiques que l'on connaît chez Euripide, puis mimée par les enfants à l'aide des jouets qui peuplent leur univers, avec leur langage à eux. L'auteure dépasse l'évocation du mythe tragique pour l'appliquer aux tragédies quotidiennes : les disputes des parents, la culpabilité éprouvée par les enfants, ... Distribution : 5 personnages—Médée, Jason, la Nourrice, Petite Médée, Petit Jason.

Informations complémentaires Le théâtre pour enfants en Suède est une véritable branche artistique reconnue, institutionnalisée et qui bénéficie d’un réseau de diffusion national. Cette reconnaissance débute à la fin des années 60. Le changement commence à s’accomplir grâce à des personnalités à la tête de compagnies théâtrales indépendantes comme Suzanne Osten, Staffan Westerberg` Ils révolutionnent le théâtre jeune public et lui donnent peu à peu un véritable statut dans la vie culturelle suédoise. Soucieuse de divertir en abordant par le vecteur artistique les problématiques de l’enfant, Suzanne Osten adapte en 1975 «Médée» d’Euripide. La tragédie grecque devient celle de l’enfance. «Les enfants de Médée» reste une date importante dans ce grand virage.

Suzanne Osten est directrice artistique de Unga Klara, département jeune public du Théâtre de la Ville de Stockholm depuis sa fondation en 1975. Elle est également professeur à l’Institut d’art dramatique de Stockholm et réalisatrice de films.

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Suzanne Osten met la jeunesse en scène au festival Reims Scènes d'Europe 02/12/2011 | 15H45

Emancipée de l’institution mais toujours à l’avant-garde des questions de société, Suzanne Osten approfondit son travail autour de la jeunesse au festival Reims Scènes d’Europe. Suzanne Osten est de celles qui ne baissent jamais les bras et pensent que la vie est un éternel recommencement. "Ma mère était critique de cinéma mais aussi schizophrène. C'est presque une blague de commencer comme ça ! Je ne sais pas quand est venue pour moi l'idée de travailler avec le jeune public mais je suis sûre que cela correspond à une revanche." Pour la Suédoise, le théâtre a toujours été le lieu du débat, principalement celui centré sur les rapports entre les générations et les équilibres sociaux qu'ils bousculent. Baignée par la contre-culture de la fin des sixties, influencée par le travail de la fameuse école parisienne dirigée par Jacques Lecoq, celle qui fut la première à inventer avec Babydrama un théâtre spécifiquement destiné aux bébés n'a pas craint d'entrer en conflit avec le dernier directeur du Stockholms Stadsteater (trop occupé à programmer des spectacles au succès garanti) pour faire sécession de l'institution où elle travaillait depuis plus de trente ans et obtenir, à 65 ans, la direction de son propre lieu, baptisé du nom de sa compagnie Unga Klara. A l'heure où d'autres sont poussés vers la retraite, une nouvelle vie s'ouvre pour Suzanne Osten, dédiée plus que jamais aux questions et aux problèmes liés à la jeunesse. Dans le cadre de l'édition 2011 de Reims Scènes d'Europe consacrée à la découverte du théâtre suédois, elle présente Les Inéducables, où un cours sur l'art du masque dans la commedia dell'arte sera le prétexte à la plus folle des comédies, avec un professeur débordé par ses élèves et des parents paraissant sortir d'une telenovela pornosoft avec leurs coupes de champagne à la main. Celle qui affirme n'arriver à travailler qu'avec des personnes qui partagent ses idées a institué pour ses créations la notion d'un "public référent", des groupes de spectateurs qui assistent aux répétitions et comptent dans le travail, au même titre que les membres de l'équipe artistique. Selon Erik Uddenberg, auteur et dramaturge d'Unga Klara, "depuis 1979 et la loi qui interdit de battre, même légèrement, un enfant, l'éducation est aujourd'hui en Suède un sujet réellement saignant. Ici, être un bon parent est très important, on est jugé en tant que personne en fonction du comportement de nos enfants." C'est aussi la raison pour laquelle Unga Klara travaille avec Ann-Sofie Bárány, auteur de Babydrama, psychanalyste durant vingt ans avant de se dédier à l'écriture dramatique et aux liens entre théâtre et psychanalyse. Dans une mise en scène de Suzanne Osten, son texte Je te console là ? questionne les notions de survie dans la société d'aujourd'hui et la valeur des principes de consolation. Sans être ouvertement politique, ce théâtre suédois, à l'avant-garde des problèmes sociétaux, ose se mettre les mains dans le cambouis et faire des théâtres les lieux d'une parole ouverte. Fabienne Arvers et Patrick Sourd

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MON FANTOME DE Pascal Rambert Editions les Solitaires Intempestifs A partir de 5 ans

Résumé : Un enfant s’invente, pour s’endormir, un personnage imaginaire avec lequel il discute. Il l’appelle Mon fantôme. Sous la forme d’une parole à double voix, l’enfant et son fantôme nous emportent dans le monde de l’imaginaire, à travers la peinture, dans ce moment où tout bascule vers le rêve. Distribution : deux voix Informations complémentaires : Commande de France Culture. La pièce a été créée par Pascal Rambert en 2006.

Pascal Rambert, né en 1962 à Nice, est auteur et metteur en scène. Il a d'abord été marqué par Pina Bausch et Claude Régy. Après un passage à l'école de Chaillot avec Antoine Vitez, il alterne l'écriture et la mise en scène, et devient metteur en scène de ses propres pièces. Il travaille aux États-Unis et au Japon. Il a enseigné dans plusieurs universités américaines et à l'Institut dramatique de Damas. Il a en outre réalisé plusieurs courts-métrages. Ses spectacles tournent en France, aux Etats-Unis et au Japon. Il est directeur du Théâtre de Gennevilliers depuis janvier 2007.

Bibliographie. Editions Les Solitaires Intempestifs : De mes propres mains (1997), Race (1997), Long Island (1998), Asservissement Sexuel Volontaire (2000), Récit de la préparation de Gilgamesh jusqu’à la première répétition en Avignon (2000), Le Début de L’A. (2001), Paradis, Un temps à déplier (2004), Mon Fantôme, Cantate (2004), GENNEVILLIERSroman 0708 (2007), Toute la vie suivi de L'art du théâtre, 2007. Editions Actes Sud-Papiers : Le Réveil (1988), Les Parisiens ou l’Eté de la mémoire des abeilles (1989),John & Mary suivi de Les Dialogues (1992).

Sur Pascal Rambert Rambert en temps réel, 2005, Laurent Goumarre, Les Solitaires Intempestifs

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Notes de Pascal Rambert

Mon Fantôme est né d’une commande de France Culture. J’avais déjà réalisé dans le cadre de leur programmation jeune public une adaptation du Magicien d’Oz et je trouvais intéressant de renouveler l’expérience en écrivant un texte destiné aux enfants. L’idée de Mon Fantôme m’est venue en observant mon fils, lorsque je le mettais au lit, il préférait les histoires que j’inventais à celles que je lui lisais. Un jour, il m’a dit « le soir, j’ai l’impression d’avoir un petit fantôme à l’intérieur de moi et il me parle ». J’ai trouvé dans cette parole une référence à ce que je fais moi-même – ce que tous les adultes font – m’endormir en laissant aller mon imaginaire et ma création. C’est comme ça que Mon Fantôme est né. France Culture proposait différents sujets autour de cette commande, j’ai choisi la peinture. J’avais envie de travailler sur la peinture, le cadre ; qu’est-ce qu’on voit ?, qu’est-ce qu’on regarde ? Avec mon fils, quand je lui inventais des histoires pour qu’il s’endorme, nous nous servions souvent de la fenêtre de sa chambre, comme le cadre d’un tableau. Les histoires prenaient naissance dans ce cadre. L’endormissement est pour tous un état particulier, proche de celui de l’artiste, du poète, qui se laisse envahir par son imaginaire et laisse affleurer tout ce qui ne maîtrise pas pour aller vers l’inconscient. S’endormir c’est peindre ses rêves avec nouvelles histoires. Entre la réalité et le rêve, il y a un endroit de l’art, un endroit où l’on peut passer de l’imaginaire à l’acte de création ». pascal rambert

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LE JOURNAL DE GROSSE PATATE de Dominique Richard Editions Théâtrales A partir de 12 ans Résumé Le Journal de Grosse Patate porte un regard sensible sur la cruauté de l'enfance. Grosse Patate est le surnom que l'on donne à l'école à l'héroïne de cette histoire. Commence alors un journal intime, entre le monde de l'école, souvent cruel et les rêveries ou le discours à la lune. Dans ce monde d'écolier, il y a Rosemarie la timide, Rémi le souffre-douleur, Hubert dont tout le monde est amoureux. Entre tristesse, désespoir et petits bonheurs, les interrogations sensibles d'une petite fille. Distribution : 1 homme / 1 enfant Informations complémentaires lauréat 2008 du Prix Collidram Dominique Richard a suivi des études de philosophie avant d’entrer à l'École Supérieure d'Art Dramatique du TNS. Comédien, il travaille au théâtre avec de nombreux metteurs en scène, ainsi qu'au cinéma et à la télévision. En 1998, il écrit et met en scène sa première pièce, Le Journal de Grosse Patate, qui sera ensuite montée par de nombreuses compagnies et sera sélectionnée en 2004 pour figurer dans les nouveaux programmes de l’école primaire en tant qu’ « œuvre de référence pour une première culture littéraire et artistique ». La suite de l’histoire de Grosse Patate, Les Saisons de Rosemarie, sera créée par la Compagnie du Réfectoire à Toulouse en 2005. Viendront ensuite Les Ombres de Rémi, Le Temps des vacances, Les Rêves de Bilfou, Hubert au miroir et Une journée de Paul. Son texte Mille Femmes, mille chemins naît d’une rencontre avec un groupe de femmes en alphabétisation au centre social de Villepinte. Dominique Richard est également membre du collectif théâtral Exileros qui réalise des spectacles musicaux dans les cafés parisiens, les foyers de jeunes travailleurs ou les centres sociaux. Bibliographie. Le garçon de passage (éditions théâtrales, 2010), Hubert au miroir (éditions Théâtrales, coll. Jeunesse, 2008), Une journée de Paul in Théâtre en court 2 (éditions Théâtrales, coll. Jeunesse, 2007), Les Ombres de Rémi in Court au Théâtre 1 (éditions Théâtrales, coll. Jeunesse, 2005), Les Saisons de Rosemarie (éditions Théâtrales, coll. Jeunesse, 2004), Le Journal de Grosse Patate (éditions Théâtrales, coll. Jeunesse, 2002).

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Autour de Dominique Richard Dès son premier texte, Le Journal de Grosse Patate, Dominique Richard convoque les souvenirs d’enfance, ce mélange de faits insignifiants et de « grands événements », qui nous marquent de manière parfois si inattendue` Il y a l’école bien sûr, lieu de toutes les premières rencontres, des premiers grands projets, des premières grandes désillusions, et qui rythme cette tranche de vie où le temps se rétracte et se dilate tour à tour : « Je crois, au final, que ce texte ne parle que du temps. Du temps qui passe, de ses accélérations et de ses vides, des souvenirs qui se transforment, des espoirs et des déceptions. Et de ce temps qu’on nous vole, de ces réveils qui sonnent sans arrêt et vous hurlent d’aller plus vite, toujours plus vite quand on voudrait simplement se poser quelques instants pour parler à la lune. » C’est dans cette première pièce que l’on découvre les héros des opus suivants : Rosemarie la timide, Rémi le souffre-douleur, Hubert le petit garçon dont tout le monde est amoureux et Paul, celui dont la mort est entourée de mystère` Les blessures de l’enfance et la difficile construction de l’identité seront dès lors au cœur de l’œuvre de Dominique Richard. Sous des angles différents, il s’attachera à évoquer cet âge intermédiaire, celui de tous les doutes et de tous les possibles, qui verra naître l’adulte certes en devenir mais déjà pleinement conscient de son évolution intime : « Je n’écris pas pour les enfants, mais sur l’enfance. Ma seule question est celle de la constitution de l’identité personnelle. Comment arrive-t-on à pouvoir dire « moi » ? La prise de conscience de l’identité se joue dans l’enfance, pendant cette période complexe, dans les doutes, les crises, les errements, les échecs, les moments de solitude. » C’est sans doute Hubert au miroir qui s’intéresse au plus près à ce moment où l’enfance bascule et se mue en une adolescence intense, douloureuse parfois, effrayante souvent. Au moment où le regard de l’autre devient si important, c’est le regard sur soi qui change : qui suis-je vraiment ? Pourquoi l’image renvoyée par les miroirs (celui de la salle de bains ou celui du regard de l’autre) me semble-t-elle si étrangement étrangère ? Peut-être parce que « la naissance de l’identité est le retrait, retrait des autres et des mondes, repli secret au plus profond de nous-mêmes, mensonge, cachotterie, fable, mystère` pour nous rendre compte que nous ne sommes pas celui que nous pensions, toujours et sans cesse dans l’inégalité à nous-mêmes, bernés à nouveau par ce miroir déformant dissimulé dans les plis de notre être` » Alors Hubert s’endort et cherche les réponses à ses questions dans ses rêves` Avec Rémi, c’est le temps de l’apprentissage de l’Autre et la surprise de la découverte d’une attirance entre petits garçons. Ces sujets sont abordés sans concession mais toujours avec une grande sensibilité. Une journée de Paul est à la fois le texte le plus sombre et le plus porteur d’espoir : il y est question d’un enfant disparu dont le souvenir est vivace, un enfant mort de sa différence, tué par le regard des autres et la dénégation de son homosexualité ; mais on y parle aussi des rêves de l’enfance, de ces utopies collectives dont l’adulte gardera pour toujours au fond de lui la trace` Si le monde de Dominique Richard est parfois brutal, il n’est jamais noir. C’est un univers profondément poétique et résolument ludique évoqué par petites touches, avec une écriture très maîtrisée et d’une grande musicalité, dans une langue inventive, drôle et émouvante` Pour retrouver en soi la part de rêve et cultiver son «enfant intérieur»`

Sources - postface du Journal de Grosse Patate, éditions Théâtrales, coll. Jeunesse, 2002 - postface des Saisons de Rosemarie, éditions Théâtrales, coll. Jeunesse, 2004 - postface des Ombres de Rémi in Court au Théâtre 1, éditions Théâtrales, coll. Jeunesse, 2005 - postface d’Une journée de Paul in Théâtre en court 2, éditions Théâtrales, coll. Jeunesse, 2007

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LOUISE/LES OURS de Karin Serres L’Ecole des Loisirs A partir de 7 ans Résumé : Dans une petite ville du Canada, rentrant de la piscine, un soir, Louise découvre soudain un immense ours blanc transparent derrière elle. Puis elle en voit un autre derrière son père, un autre derrière sa sœur. Puis elle se met à en voir un derrière chaque humain de la ville où elle habite. Entre rêve adolescent et psychose urbaine, jusqu’où cette invasion d’ours va-t-elle les entraîner ? Que faire de ce pan du monde secret ? (K. Serres)

Distribution : 3 femmes, 2 hommes. Informations complémentaires : Texte achevé en 2005, dans le cadre d’une résidence à la Banff playRites Colony, Alberta, Canada. Création au Théâtre de la Tête Noire, dans une mise en scène de Patrice Douchet, le 4 mars 2008. Finaliste du Grand Prix de littérature Dramatique 2007. Sélectionné pour le prix Collidram 2008. Traduction allemande, traductions anglaise et suédoise.

Karin SERRES, née à Paris en 1967, est auteur, metteur en scène, décoratrice et traductrice de théâtre. Elle a écrit une quarantaine de pièces dont la moitié ont été créées, certaines par elle-même, ainsi que des pièces radiophoniques, des romans et des albums. Elle travaille souvent en lien avec différents lieux et théâtres. Tout ce qui peut s'inventer mettant en lien l'écriture théâtrale et le public l'intéresse. Le vivant de l'écriture et son infinie diversité sensorielle la passionnent et elle n'a de cesse d'inventer des projets pour les partager. Bibliographie. Katak suivi de Luniq (éditions Très Tôt Théâtre, 1995), Fleur de vache, Lou la brebis, le voyage de Lou (albums Flammarion, 1998 et 2001), Chlore (éditions Monical Companys 2000), Toute la vie in Embouteillages (éditions Théâtrales, 2002), Anne Droïde in Théâtre à lire et à jouer n°3 (éditions Lansman, 2001), Colza (L’Ecole des Loisirs (2003), Marguerite, reine des prés (L’Ecole des Loisirs, 2004), Mongol (l’Ecole des Loisirs, roman), Un tigre dans le crâne (éditions Théâtrales, 2005), Dans la forêt profonde (éditions L’Ecole des Loisirs, 2004), Thomas Hawk (L’Ecole des Loisirs, 2006), Louise/les ours (L’Ecole des Loisirs 2008), Frigomonde (2010), Mongol (2011).

Site personnel : www.karinserres.com

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Le jour où j’ai rencontré Louise par Karin Serres (2008)

« J’ai quarante ans et depuis trente quatre ans à peu près, j’écris ce que j’entends dans ma tête. D’abord des débuts d’histoires, dans des cahiers de brouillon, puis des histoires entières, des poèmes, des nouvelles, mes premiers romans et, depuis plus de vingt ans, beaucoup de de théâtre, parce que c’est là que j’ai trouvé les mots les lus vivants. Au théâtre, les mots sont des paroles, portées sur scène par toute une équipe vivante, incarnées par des comédiens vivants, reçues en direct par des spectateurs vivants` J’écris du théâtre comme autant de passerelles lancées de vivante à vivants. Un jour, Louise a débarqué dans mon hall de gare intérieur, avec son ours derrière elle, et j’ai travaillé à l’écouter. A force d’écrire, son histoire a commencé à sortir du brouillard mais j’ai dû travailler ailleurs et j’en ai perdu le fil, la porte d’entrée. Deux ans plus tard, au Canada, nageant sur le dos dans la piscine de Banff, je regardais les nuages défiler derrière la verrière, au-dessus de moi, et quand je me suis cognée dans le mur d’arrivée, Louise a recommencé à me parler. J’avais retrouvé le fil, la porte, l’endroit où m’asseoir pour l’écouter dans toute la poussière ensoleillée du hall de gare de ma tête, et nourrie d’une infinité de nouveaux détails sensoriels concrets, j’ai pu finir son histoire, cette pièce ».

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Entretien avec Karin Serres (réalisé par Claire Derouin, Regards n°4, Nova Villa)

Couleur Je suis sensible aux couleurs électriques. Leurs reflets infinis, je suis fascinée par les citrons. Je peux regarder un citron pendant des heures. Pas les couleurs qui décorent, la fine couche qui recouvre, non : la matière couleur. Pour l'édition de mes textes dans la collection Théâtre à l'école des loisirs, j'ai choisi la couleur de chaque couverture : jaune colza pour... « Colza », jaune bouton d'or pour « Marguerite reine des prés », puis vert, un vert gorgé de jaune pour « Dans la forêt profonde », puis bleu ciel de Normandie pour « Thomas Hawk »... Mais quand j'écris, je ne vois rien, pas de couleur, pas d'image, je ne fais qu'entendre. Je ne vois pas le visage de mes personnages, comment ils sont habillés, rien. Tout est voix, tout ce qu'ils sont est dans leur voix et chaque voix possède sa propre couleur, électrique elle aussi.

Vision (champ de) Je peux passer des heures à regarder par la fenêtre ou à prendre des photos. Je suis très contemplative. Un de mes proverbes préférés, découvert adolescente, est « Assieds-toi, ne fais rien, le printemps vient et l'herbe pousse seule ». C'est de Zenin Kushu, dont je ne sais rien d'autre. Oui, j'aime m'asseoir dans mon champ de vision. Quand tu regardes, tu n'es pas dans le raisonnement. Je crois que je suis au même endroit quand j'écris, quand je regarde par la fenêtre de ma cuisine ou du train, quand je dessine, quand je bricole des fils de pêche ramassés sur la plage ou quand j'écoute de la musique. J'adore aussi voyager en train, le paysage change sans arrêt derrière la vitre, comme si tu étais assis derrière ta fenêtre et que le temps passe en accéléré. C'est un plaisir. Tu te nourris. Tu ne t'oublies pas, au contraire, tu te remplis. De la fenêtre de ma cuisine, tournée vers l'Ouest, je vois les plus beaux couchers de soleil de la Terre. C'est une chance de pouvoir voir le beau dans la vie (ça s'éveille, et ça se re-décide chaque matin) même s'il est différent pour chacun. Ressentir du beau chaque jour rééquilibre la balance, même en avance. J'aime beaucoup les couleurs et les motifs de mon enfance. C'était joyeux. L'éducation que tu reçois t'influence, mais l'époque dans laquelle tu grandis, aussi.

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Allumage Au départ d'un texte, il y a souvent une seule phrase. Un bout de phrase, même, qui me tourne dans la tête, dit par une voix précise, avec une certaine façon de parler, une musique chaque fois différente. Ce n'est jamais un élément du réel ou de ma vie privée, mais lorsque la pièce est achevée, je fais parfois le lien avec un livre que j'avais lu ou un paysage traversé, une odeur ou un reportage, jadis regardé. Alors qu'au moment où j'écris, je les ai complètement oubliés. Pour ma première pièce, « Katak », c'est un livre trouvé par hasard, « L'homme de Neandertal est toujours vivant ». L'ouvrage est divisé en deux parties. La première est consacrée au mythe de l'homme sauvage partout sur terre (le Yeti, Bigfoot...etc.), aux gens qui l'ont croisé, aux autres qui sont partis à sa recherche. La seconde raconte l'histoire d'un Belge — fervent défenseur de la théorie selon laquelle il existerait encore aujourd'hui, dissimulées dans la profondeur des forêts, des souches de vie néandertaliennes qui se reproduiraient toujours — qui a eu le bonheur de découvrir par hasard un homme-singe congelé, dans une foire. Et l'aventure qui s'en suit, entre canular, étude scientifique et mystère absurde. Aucun rapport direct avec ma lutte entre Cromagnon et Néandertal, mais la première belle étincelle... Ce yéti que j'aime tant est réapparu « Dans la forêt profonde ». Pour « Marguerite, reine des prés », c'est peut-être un reportage sur les concours de vaches de combat en Suisse, et l'amour avec lequel un éleveur parlait de sa championne toute fleurie. Et le choc de la visite du cimetière américain d'Omaha Beach en Normandie, entre autres, pour « Thomas Hawk », le son de la cloche du mémorial dans le vent, la met toute proche et le vertige des croix tapissant l'herbe infiniment... Longtemps, je me suis représentée l'endroit où travaillait mon écriture comme un long couloir dans ma tête, vu en coupe, peuplé de tous mes personnages en attente. Au milieu du couloir, une porte, de profil elle aussi, derrière laquelle je travaillais calmement avec juste les personnages de la pièce en chantier. Au fil du temps, les personnages des futures pièces en attente faisaient de plus en plus pression derrière la porte pour que j'en termine avec le texte en cours et que je m'occupe d'eux à leur tour ! Aujourd'hui, un grand hall de gare a remplacé le couloir où je m'assois, aussi souvent que je le peux, pour écouter tous ces humains venus me parler, et travailler, comme le scribe accroupi du musée. Un jour, j'espère, cet endroit en moi d'où j'écris sera un univers infini.

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qu'on soit touché par ce qui va se jouer. C'est ce qui caractérise tous les endroits artistiques : un espace, un instant où tu peux ressentir des émotions avec d'autres humains. Dans notre vie, il n'y a pas assez d'endroits où exprimer ses émotions. Notre société vénère le raisonnement. Oui, c'est bien mais ce n'est pas tout. Quand je mène des ateliers d'écriture, c'est la première chose que je dis : « on arrête de réfléchir, surtout on arrête de réfléchir, aujourd'hui on va ressentir les choses. » Je n'en mène pas régulièrement. Lorsque j'accepte, c'est pour une vraie rencontre. Jamais un « enseignement ».

Non Comme auteur, je me positionne personnellement contre trois clichés : le raisonnement, la déesse-inspiration et la souffrance. Il ne faut pas confondre réflexion et raisonnement. Ce qui me bloque, c'est le raisonnement, la logique. Parce que personne n'est logique, les comportements humains ne sont pas logiques. La logique réduit: la possibilité existentielle des personnages, elle les bride. Ne pas préjuger, ne pas déduire. Ce qui me touche le plus chez les humains, ce sont leurs contradictions, les retournements. Personne ne peut être réduit à une fiche psychologique. Et c'est de cette complexité que peut se nourrir un auteur de théâtre, de cette richesse intuitive, sensible, non construite. À la complexité et l'illogisme du personnage créé par l'auteur, le metteur en scène va rajouter sa propre complexité, puis le comédien qui va l'incarner... Et c'est la somme de toutes ces complexités qui fait qu'on peut espérer se rapprocher de la complexité humaine, et qu'alors le personnage semblera vrai et nous touchera. Le théâtre superpose un nombre de couches de vie incroyable. C'est une richesse rare que j'ai découverte lentement, à travers mes allers et retours de travail comme auteur, metteur en scène ou scénographe... L'idée d'inspiration est une connerie. Du genre : si tu as de l'imagination, tu peux devenir écrivain, si tu n'en as pas, tant pis pour toi ! La déesse-inspiration est une imposture. Il n'y a rien de plus simple qu'écrire. Tu veux écrire ? Tout le monde a le droit. Prends un stylo et note simplement ce que tu entends dans ta tête, ou ce que tu vois... Après, tout dépend du temps et de l'attention que tu y consacres, c'est un choix. Quant à la souffrance, je ne veux pas souffrir pour écrire, pas plus qu'on ne doit « souffrir pour être belle ». Ce n'est pas vrai. Je n'en ai pas besoin. Je n'écris pas pour me psychanalyser. Il n'y a pas de voie directe. Je ne raconte pas ma vie, même déguisée. Quand j'écris, je ne souffre pas, mais je m'énerve, parfois, quand je n'arrive pas à aller où je sens que je devrais aller, quand je n'écris pas « pile ». Je ne me dis jamais : « Je vais vous raconter ma souffrance, ou le drame d'untel. » Mais la vie est un drôle de cocktail mi-bonheur, mi-douleur, et si l'on tente d'écrire juste, ça ne peur pas être qu'en rose...

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Louise / les ours de Karin Serres

Les symboles du texte : D’un monde à l’autre Par Malika Person, Le Matricule des anges

Louise vit difficilement la transition de l’enfance à l’adolescence. Une tragi-comédie humaine où la figure symbolique de l’ours joue un rôle central. Dans le premier des 28 chapitres qui composent ce récit, Ian, le père, décrit leur situation : « Au bord du trottoir (`), ils attendent que le flot cesse, que la main rouge disparaisse en lançant son compte à rebours lumineux, walk, don’t walk, muette, ils traversent la quatre voies, lui et elle en une seule fois ». Cette phrase-clé détermine la problématique de la pièce, autrement dit, décrire le processus douloureux du deuil à l’enfance. C’est à ce moment crucial au bord de la route, que la jeune fille a sa première vision : celle d’un ours transparent qui se tient derrière elle. Le choix de cet animal n’est pas fortuit bien entendu. Il est rattaché au monde enfantin, à l’ours en peluche, au doudou protecteur, objet transitionnel par excellence. La porosité entre la réalité et le monde imaginaire fait basculer le texte dans une dimension fantastique, dans une atmosphère étrange, proche de l’irrationnel.

Le lecteur se trouve être sur le fil du rasoir hésitant à croire, à l’instar de la sœur, que Louise devient folle ou à suivre Ian, père intuitif, qui écoute les histoires de plus en plus étranges de sa cadette avec intérêt et se prend au jeu de parler aux ours qu’il ne voit pas. Ces partis pris visent vraisemblablement à brouiller le lecteur, à le forcer à une lecture intuitive...

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S’EMBRASENT de Luc Tartar Editions Lansman A partir de 14 ans Résumé : Jonathan embrasse Latifa dans la cour du lycée. C’est un coup de foudre qui bouleverse les témoins de la scène -les filles, les garçons, les profs, les parents, la voisine d’en face et même le directeur. Jonathan et Latifa ouvrent une brèche dans le quotidien et leurs cœurs s’embrasent jusqu’à les faire disparaître aux yeux du monde` « Un Éveil du printemps d’aujourd’hui, dans une langue très musicale, pleine d’assonances et d’allitérations, une belle matière à jouer par des adolescents, notamment. » Aux Nouvelles Ecritures Théâtrales. Distribution : des adolescents, une rescapée de la canicule, des adultes Informations complémentaires : S’embrasent a été écrit en résidence d’écriture à Clermont-Ferrand, Théâtre du Pélican, bourse du CNL. Création par le Théâtre Bluff (Montréal), mise en scène d'Eric Jean

Luc

Tartar est boursier du Ministère de la Culture, du Centre National du Livre et de la Région Ile de France. Il est l’auteur de deux romans, Le marteau d’Alfred, et Sauvez Régine, parus aux Editions de l’Amandier, ainsi que d’une vingtaine de pièces de théâtre, parues pour la plupart aux Editions Lansman . Il a été auteur associé au Théâtre d’Arras de 1996 à 2006.

Bibliographie. Romans : Sauvez Régine (Editions de l'Amandier, 2010), Le Marteau d’Alfred (Editions de l’Amandier, 2005). Théâtre. Chez Lansman : En découdre (2011), Les yeux d'Anna (2010), S’embrasent et Roulez jeunesse (2009), Mademoiselle J’affabule et les chasseurs de rêves (2007), Parti chercher (2006), En voiture Simone (2006), Estafette-Adieu Bert (2005), Petites Comédies de la vie, L’Abécédaire ou les compléments de temps / Starting-blocks/ Monsieur André Madame Annick (2004), Terres arables (2000), Les Arabes à Poitiers (1999), Lucie ou le fin mot de l’histoire (1998) La Dame blanche (Editions Théâtrales, 2002), Zéro ( - Editions Domens, 1997) Site de l’auteur : luc-tartar.net

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NOTE DE LECTURE DE MARIE BERNANOCE Au centre de la pièce, une scène de baiser entre deux jeunes, Latifa et Jonathan, ce Jonathan qui semble attirer et fasciner tout le monde. Le baiser se joue dans la cour de leur lycée, sous les yeux de tous, y compris ceux du proviseur uniquement soucieux de son règlement mais cependant fasciné, et il se joue aussi, en forme de contrepoint, sous les yeux de la vieille dame de 80 ans qui met des préservatifs dans une assiette, sur sa fenêtre` Cette scène du baiser fonctionne alors comme une sorte de leitmotiv, un point non pas obscur mais lumineux qui irradie la totalité de la parole proférée. C’est un centre de regard, une prunelle toujours ouverte dans laquelle le regard des autres trouve en quelque sorte sa propre prunelle, et l’on s’y brûle dans une partition éclatée et néanmoins tenue. Les différentes paroles ne sont pas originées, nous ne savons pas toujours clairement qui les prononce. Il faudra que le lecteur et le metteur en scène se laissent porter par les différents airs qui se croisent, se doublent ou se dédoublent. Le monologue ne l’est pas toujours, il interfère aussi par endroits avec des dialogues à reconstruire, et des phrases reviennent comme des refrains qui caractérisent des personnages. De là naît l’impression d’éclatement, qui peut surprendre le lecteur non averti. Il semble alors évident que cette écriture devra se faire entendre, résonner dans l’espace d’une classe ou d’un atelier de pratique théâtrale. On y sentira alors comment des sortes de reptations (c’est une des caractéristiques de la pièce paysage selon Michel Vinaver) où s’incarnent puis se désincarnent les personnages au travers de ces paroles à la première ou troisième personne qui expriment toujours un je. Mais cette partition est également très tenue, en quelque sorte resserrée, car elle s’inscrit dans l’espace selon une construction géométrique revenant sans cesse au couple du baiser. Nous sommes ainsi, à la fin de la pièce, dans un tableau à la Chagall qui pourrait nourrir un riche travail de plateau : Leurs corps s’embrasent secoués par un désir qui déferle et désarme. On entend nettement une page sui se déchire. La vitre vole en éclats. Les amants passent dedans. Par la fenêtre. Comme de l’autre côté d’un miroir. Et disparaissent. Bouffés par la maison. Et il y a d’autres passages qui pourraient s’offrir à un travail de théâtre-image. Le mélange d’une esthétique musicale et d’une esthétique du tableau se retrouve dans les choix qui ont présidé aux « sous-titres » des différentes séquences de la pièce, comme on en voit dans les films muets aussi bien que dans les titres des toiles présentés sur les cartels des musées. Ces différents titres délimitent en quelque sorte des fragments de parole, jouant tous sur une homophonie dont le titre est le révélateur, S’embrasent: Nous avons ainsi, après le Prologue, « S’embrassent », « S’envolent », « S’empiffrent », « S’enferme », « Sang froid », « S’embrouillent », « Sentinelle »` jusqu’au sous-titre final qui est aussi celui de la pièce et qui explicite en quelque sorte l’évolution de la partition en réécrivant le premier sous-titre : « S’embrasent ». On remarquera que les sons mis au cœur de la pièce [sã] révèlent le manque (sans), le sang, la sensation au double sens psychologique et physique (sent, sens), et le nombre (cent). Tout y semble dit des thématiques de la pièce : le manque d’amour ou le manque au cœur de l’amour ; le sang des menstruations féminines ou le passage de l’âge adolescent à l’âge adulte, la sexualité, le flux vital` ; les sentiments et les sensations, le cœur et le corps ; et pour finir je et les autres, le rapport aux autres, deux, cent ou mille` Toute la langue de cette pièce a des vertus contagieuses : poétique sans être trop éloignée de la langue des jeunes pour lesquels elle a été écrite en résidence au Pélican, proche de la langue des jeunes mais sans être démagogique, mise à la portée du lecteur/acteur sans refuser la complexité et la difficulté, élitaire sans être élitiste. On y trouve tout ce qu’un enseignant ou un comédien en situation de travailler avec des jeunes peut apprécier et sur quoi il peut s’appuyer avec bonheur. C’est ainsi que le jeu homophonique au cœur de la pièce pourrait devenir facilement consigne d’écriture ou d’improvisation théâtrale, ou comment construire des fragments portant chacun un titre jouant sur des sons initiaux communs. On comprend aussi que ce principe d’homophonie, au-delà du jeu sur les mots, est révélateur d’un principe éthique au cœur de la pièce et que l’on pourrait nommer « principe d’harmonie ». Tout peut rimer à quelque chose, pour peu que l’on s’en montre capable` Tout et chacun peut trouver son écho ou son double, et il semble bien que les pouvoirs de la langue y aident. Cela n’exclut pas les notes plus sombres, parfois assez tragiques, mais cela empêche la pièce de sombrer dans un néantisme que rejette le théâtre en direction des jeunes. Marie Bernanoce, Maître de conférences à l'université Stendhal (Grenoble 3). 47


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Poucet pour les grands de Gilles Granouillet Inédit A partir de 7 ans Résumé : Chacun se souvient de l’histoire de poucet et de sa rencontre avec les filles de l’ogre. Le projet Poucet, pour les grands s’inspire de ce moment précis. Il évoque pour chacun la possibilité d’échapper à son destin. Il parle aussi de pères « dont on ne sait pas tout », de mères soumises ou complices... et surtout de petites filles qui tracent leur chemin pour grandir et réussir à s’envoler. Distribution : 1 homme / 3 femmes Informations complémentaires : Poucet pour les Grands sera créé en 2012 par l’auteur. Gilles GRANOUILLET, né à Saint-Étienne en 1963, est auteur et metteur en scène. Dans la compagnie Travelling théâtre qu’il fonde en 1989, il se tourne très vite vers l’écriture théâtrale. Auteur associé à la Comédie de Saint-Étienne depuis 1999, il y mène un travail autour de l’écriture contemporaine à dimension européenne. Il est lauréat des journées d’auteur de Lyon pour Ma mère qui chantait sur un phare. France Culture diffuse plusieurs de ses pièces sous forme de dramatique radiophonique. Bibliographie. Les Anges de Massilia (éditions Espaces 34 1996), Vodou (Actes Sud-Papiers 1999), Chroniques des oubliés du Tour (Actes Sud-Papiers 1999), Nuit d’automne à Paris (éditions de L’AvantScène, 1999), L’Incroyable Voyage (Actes Sud-Papiers 2000), Maman in Embouteillages, éditions Théâtrales), Six hommes grimpent sur la colline (Actes Sud-Papiers, 2003), Lorène dans l’escalier (éditions Espaces 34, 2003), Le Saut de l’ange (éditions Lansman, 2004). Ralph et Panini (Actes Sud-Papiers 2004), Une saison chez les cigales suivi de 3 femmes descendent vers la mer (Actes Sud-Papiers, 2006) Vesna suivi de La Maman du petit soldat (Actes Sud-Papiers 2007), Ma mère qui chantait sur un phare (Actes Sud-Papiers, 2009), Zoom (Editions Lansman, 2009), Nos écrans bleutés (Actes Sud Papiers, 2010), Combat (L’Avant-scène théâtre, 2011).

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EN ATTENDANT LE PETIT POUCET de Philippe Dorin Editions L’Ecole des Loisirs A partir de 7 ans

Résumé : Il s'appelle Le Grand, elle s'appelle La Petite. Ils sont seuls au monde. Il ne leur reste plus qu'à se rencontrer, à s'inventer des fables. Pourquoi, le jour, les étoiles disparaissent ? Comment faire réapparaître le fantôme de leur mère ? Comment traverser des villes et frapper aux portes des maisons ? Ils sèment des cailloux sur les chemins et l'un d'entre eux les accompagne. Lorsqu'ils ont fait le tour du monde, ils s'interrogent. Comment donner un sens à leur histoire? Distribution : 1 garçon / 1 fille

Philippe DORIN, né à Cluny en 1956, écrit des pièces de théâtre depuis plus de 25 ans. En 1994, il rencontre Sylviane Fortuny avec qui il fonde la compagnie “Pour Ainsi Dire”. A travers la recherche d'espaces scénographiques au pouvoir d'évocation poétique fort, on entre dans leurs spectacles comme dans un livre, où plutôt comme dans un manuscrit, ou plutôt comme dans une page blanche. Bibliographie. Villa Esseling Monde (La Fontaine, 1990), Sacré silence ! (L’Ecole des Loisirs 1997), En attendant le Petit Poucet (L’Ecole des loisirs, 2000), Un œil jeté par la fenêtre (L’Ecole des Loisirs 2001) Dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu (L’Ecole des loisirs 2002 ), Ils se marièrent et eurent beaucoup (2004), Le Monde point à la ligne (L’Ecole des loisirs 2005), Bouge plus !, Christ sans hache (Les Solitaires Intempestifs 2006), Les enchaînés (L’Ecole des Loisirs 2006), L’Hiver quatre chiens mordent mes pieds et mes mains (L’Ecole des Loisirs, 2008), Abeilles, habillez moi de vous (L’Ecole des Loisirs, 2010)

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PETITE POUCET de Claudine Galea Editions Espaces 34 A partir de 5 ans

Résumé : Une petite fille offre un cadeau à une autre, blessée. Elle invente une histoire, celle d’une Petite Poucet qui a besoin d’échapper à l’emprise trop aimante de ses parents. Petite Poucet voyage en compagnie de ses six sœurs et rencontre un merveilleux Monsieur Logre. Ses sept cailloux magiques l’emmènent loin, très loin. Distribution (pièce pour acteurs mais aussi marionnettes) : la mère, la petite fille, le père. Petite Poucet, les six sœurs, le Docteur Logre, des voix d’enfants. Informations complémentaires : texte sélectionné par le festival de la Mousson d’hiver en 2010.

Claudine GALEA, née à Marseille en 1960, est écrivain, journaliste au quotidien La Marseillaise, et pour la revue CCP (Centre international de poésie Marseille) et appartient au comité de rédaction de la revue Ubu, Scènes d'Europe depuis 1996. Auteure de théâtre, elle a reçu des bourses CNL, Beaumarchais, DMDTS et bénéficié de résidences d’écriture à la Villa Mont Noir, à La Chartreuse (Villeneuve-lez-Avignon), au CICV Pierre Schaeffer (Montbéliard), à l'International Summer School du Royal Court Theatre (Londres). Elle écrit aussi des pièces radiophoniques, des romans, jeunesse et adultes, des albums, un livret d’opéra et travaille avec des chorégraphes et réalisateurs.

Bibliographie. Les Idiots (éditions Espaces 34, 2004), Je reviens de loin (éditions Espaces 34, 2003), Jusqu’aux os (éditions du Rouergue, 2003), Le monde est mon potager in Fantaisies microscopiques de Stéphanie Tesson, éditions de L’Avant-Scène, 2004), MêmePasPeur (éditions du Rouergue 2005), Sans toi (éditions du Rouergue, 2005), Le bel échange (éditions du Rouergue, 2005), La Règle du changement (éditions de l’Amourier, 2006), Un été différent (éditions du Rouergue, 2006), Entre les vagues (éditions du Rouergue, 2006), Morphoses (éditions du Rouergue 2006), L’amour d’une femme (éditions du Seuil, 2007) Rouge métro (éditions du Rouergue, 2007) A mes amoures (éditions du Rouergue 2007), Les chants du silence rouge (éditions Espaces 34, 2007), La Nuit MêmePasPeur et Petite Poucet (éditions espaces 34, 2009), L’heure blanche et Toutes leurs robes noires (éditions espaces 34), Au bord (éditions Espaces 34, 2010), Le corps plein d’un rêve (éditions du Rouergue, 2011).

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Bibliographie* Le petit spectateur, manuel illustré à l’usage des enfants qui aimeraient bien aller au théâtre un dimanche après-midi ou même un mercredi après-midi de printemps, Editions du Théâtre Jeune Public de Strasbourg Théâtre aujourd’hui n°9, théâtres et enfance : l’émergence d’un répertoire, Editions du CNDP Le répertoire jeune public en question, Editions Théâtrales l’association A la découverte de cent et une pièces, Répertoire critique du théâtre contemporain pour la jeunesse de Marie Bernanoce, Editions Théâtrales Accompagner l’enfant dans sa découverte du spectacle de Cyrille Planson, Editions La Scène Le théâtre et l’école, histoire et perspectives d’une relation passionnée, Editions Actes Sud-Papiers, Cahiers 11 de l’ANRAT Le théâtre raconté aux jeunes de André Degaine, Editions Nizet Histoire du théâtre dessinée de André Degaine, Editions Nizet

Ecritures dramatiques, essais d’analyse de textes de théâtre de Michel Vinaver, Editions Actes Sud Babel Les termes clés de l’analyse de théâtre de Anne Ubersfeld, Editions Seuil Lire le théâtre 1 de Anne Ubersfeld, Editions Belin Ecrire pour le théâtre, les enjeux de l’écriture dramatique, sous la direction de Marie-Christine Autant-Mathieu, CNRS Editions

La culture pour qui ? de Jean-Claude Wallach, Editions de l’Attribut Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture, Editions de l’Attribut

*Tous les textes cités (bibliographie des auteurs de la valise, bibliographie générale) sont empruntables à la théâtrothèque du Théâtre de la Tête Noire.

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Les actions du Théâtre de la Tête Noire à destination du jeune public

Programmation du théâtre de la Tête Noire disponible sur www.theatre-tete-noire.com

Sensibilisation auprès du jeune public Rencontre avec les équipes artistiques La rencontre avant le spectacle propose aux jeunes spectateurs des repères pour mieux appréhender le spectacle, susciter leur envie, éveiller leur curiosité. Après le spectacle, elle favorise l’échange et les réactions « à chaud » entre le public et les comédiens. Les répétitions publiques Ce sont des moments précieux qui préparent les jeunes à la représentation et leur permettent de comprendre les enjeux d’une création. Dossier d’accompagnement Un dossier pédagogique est envoyé aux enseignants pour présenter chaque spectacle : l’auteur, le texte, le metteur en scène et son travail et autres pistes de réflexion` Affiches et photos abordent l’univers esthétique de la création. Visite accompagnée du théâtre Une heure pour parcourir les endroits « secrets » et mieux saisir le fonctionnement d’un théâtre` Du plateau aux coulisses` De la régie aux loges.

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Théâtrothèque Marie Landais Un fond unique de textes de théâtre comprenant une collection pour l’enfance et la jeunesse, des ouvrages théoriques qui peuvent être consultés sur place ou empruntés. LABOO7, un projet européen pour l’enfance et la jeunesse Le Théâtre de la Tête Noire est un des partenaires en France du LABOO7 aux côtés de la Sacd, de l’Institut culturel suédois, d’auteurs ou traducteurs. L’association LABOO7 a pour but la constitution d’un réseau de travail, d´invention et de réflexion dans le théâtre contemporain européen et international pour l’enfance et la jeunesse.

Théâtre de la Tête Noire Contact : Sylvie Gauduchon T : 02 38 73 14 14 / contact@theatre-tete-noire.com www.theatre-tete-noire.com

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Valise Théâtre  

Cette opération nommée "La Valise théâtre" consiste en une sélection d'une quinzaine de pièces écrites par des auteurs vivants, sélection qu...