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EXPLORIMENTATIONS GRAPHIQUES

ET

Valentine Živanović

PLASTIQUES

Esbama

2014


Croquis

personnel

d’un

intérieur


EXPLORIMENTATIONS


Ce néologisme définit ma ligne directive en terme de méthodologie de recherche. Il est le point de jonction entre mes - explorations du sensible; par l’observation du monde qui m’entoure et en particulier à travers mes balades urbaines qui donnent naissance à des carnets de croquis et d’écrits, et par mes - expériences graphiques et plastiques qui en découlent. Le résultat donne forme à une multitudes d’épreuves plastiques faites à la main, ressemblant à des cadavres exquis solitaires, et qui tendent à libérer la main et l’esprit de tout préjugé esthétique. Il s’agit donc de jeter toutes ces idées sur le papier.

Détail de recherches sur une ville utopique

Il est important pour moi de faire le maximum de chose à la main dans la mesure du possible, à la manière d’un artisan de l’image, car je pense qu’il n’y a rien de plus personnel, et que c’est le meilleur outil ma à portée.


Les

Cette méthode donne évidemment lieu à des erreurs.

Hommes

qui

dansent,

acrylique

sur

papier

Et c’est l’étude de ces accidents qui sont à l’origine de nombre de mes travaux, dans le sens où je les travaille et les détourne afin qu’ils ne soient plus des contraintes mais des réponses plastiques.


LE GESTE GRAPHIQUE


Trame d’Ennui, encre de chine sur papier

Je ne peux nier l’importance que je porte à l’aléatoire; une fascination. Il est quasi omniprésent dans mes réalisations, sous diverses formes et intentions, bien qu’il reste sous forme de recherche, car la main est toujours guidée par le cerveau, ce qui ne permetd’en faire aléa.

Alighiero e Boetti, Mettere al mondo il mondo, 1981

Si je laisse autant de place aux heureux hasards, c’est parce qu’ils apportent une nouvelle dynamique, une force vitale dans la spontanéité du geste. Ils me permettent aussi de ne pas me lasser.


Au cours de divers projets, j’ai tenté d’apprivoiser, de protocoliser cet aspect de l’aléatoire, en utilisant notamment la répétition d’un geste dont découle des variations, pour former quelque chose qui tient plus de la sculpture graphique, avec des plein et des vides, de la profondeur et des contrastes. Cette répétition peut se traduire par de grands mouvements corporels lâchés sur un support, presque violents, pour garder une trace, à la manière d’une gravure profonde ou encore d’un effleurement.

Abdelkader Benchamma, Sculpture #1, 2009

Dans Mirage Urbain, les coups de pinceaux résultes de grands gestes verticaux et en diagonale, pour donner la sensations d’une structure urbaine. Ce tableau me rappel les dessins d’Abdelkader Benchamma qui utilise de fins traits horizontaux dans sa série nommée Sculpture.

Mirage

Urbain,

acrylique

sur

toile


J’ai été très impressionnée par l’exposition Banditi Dell’Arte cette année à la Halle St Pierre. Après des recherches sur le sujet de l’art et la folie, j’ai notamment pu découvrir le plancher de Jeannot, Aloïse Corbaze ainsi que le mur gravé par Fernando Oreste Nannetti en 1980.

Détail, bois assemblé peint et gravé

Ce qui me plait particulièrement dans la répétition c’est cet état de transe et d’introspection qu’elle engendre. Le calme. J’aimerais poursuivre ces recherches et approfondir mes connaissances sur l’art brut.

Le mur de Jeannot, 1993


L’URBAIN ET L’IDENTITÉ


Le travail sur l’identité et la mémoire marque mes projets de manière sensible et émotionnelle. Une recherche perpétuelle. Une grande partie de mon héritage familial est Serbe, marqué principalement par mon grand père qui était architecte de son vivant. Mon père étant lui aussi architecte, cette discipline me touche depuis la plus tendre enfance. Ne connaissant que très peu son pays et sa culture, je me suis créé un imaginaire propre qui se nourrit de l’architecture urbaine, et se construit, déconstruit, reconstruit tout comme ces terres d’où viennent mes origines.

J’anticipais beaucoup le premier semestre qui a été une véritable découverte. Il n’a pas toujours été facile à cause des contraintes techniques auxquels je me suis butée, mais m’a permis d’appréhender la partie image différemment, notamment sur la composition. J’ai hâte aujourd’hui de découvrir les autres ateliers, en particulier la sérigraphie et la gravure. Cette première année m’a permis d’expérimenter beaucoup de choses au niveau plastique et relationnel, et m’a aidé à trouver un fil d’Ariane à travers l’art en général, et surtout au travers de mes préoccupations plastiques. Bien que ces réflexions soient en construction constante, je compte bien les poursuivre l’année prochaine, notamment en continuant ma série “Trame d’Ennui“ à la manière de Romane Opalka, ainsi qu’en amorçant un projet avec mon frère aîné, qui serait une sorte de récit à la fois photographique et dessiné, sur notre imaginaire propre de la Serbie et de nos origines, avec un premier voyage très prochainement.

Bilan second semestre


Valentine Zivanovic Esbama 2014  

Si t'avais pas compris ce que je faisais cette année, la réponse en image (et texte, par ce que je sais écrire aussi, un peu quoi)

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