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La vallée de Munster Comment les ressources locales et les éléments patrimoniaux peuvent redevenir le socle durable de la vallée de Munster?

Valentin BURDLOFF

Mémoire de fin d’études 2018-2019


Nota Bene: En l’absence de mentions ou de sources, toutes les productions graphiques sont personnelles. Toute reproduction totale ou partielle de ce document est soumise à l’autorisation de son auteur et propriétaires des droits. Pour tout informations : v.burdloff@gmail.com


Présidente de Jury : Lolita VOISIN Ingénieur Paysagiste Enseignante et directrice du département de l’école de la Nature et du Paysage de Blois Directeur de mémoire : Marc CLARAMUNT Paysagiste DPLG Enseignant de projet de paysage à l’école de la Nature et du Paysage de Blois Professeur encadrant : Fred MAILLARD Artiste Plasticien Enseignant en infographie et en dessin à l’école de la Nature et du Paysage de Blois


Préambule Pourquoi la Vallée de Munster? Le massif des Vosges a représenté une sorte de boussole pour moi dans mon enfance. De n’importe où dans la plaine d’Alsace, il me suffisait de lever le regard, d’apercevoir les Vosges et la Forêt-noire pour me situer en un instant. J’ai découvert mon attachement à cet horizon montagneux au moment où je l’ai perdu, au moment où j’ai découvert les paysages de plaine qui entourent Blois. Ce choix a été donc orienté par des souvenirs et des envies de reliefs, et alimenté par l’envie de redécouvrir, de prendre du recul sur un territoire dont j’avais une connaissance finalement assez sommaire. 4

Ce relief, cette montagne, cette vallée, reste un territoire enclavé et sûrement méconnu, au même titre que de nombreuses moyennes montagnes. Mais il représente aussi un espace clé pour des problématiques telles que l’exode rural, la déprise agricole, la fermeture des paysages, et plus récemment, le changement climatique qui perturbe déjà cet écosystème et s’accentuera dans les années à venir.


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Sommaire Préambule Sommaire Localisation

1 2

6 8 10

Immersion dans la vallée de Munster 12 De la plaine aux crêtes, premier aperçu de la vallée Immersion dans la vallée Une microtoponymie expressive Géologie

14 22 24 26

Cycle et mouvement 29 Climat et saisonnalité Une vallée animée et façonnée par ses ressources Typologie d’une vallée Le pastoralisme Le paysage forestier La forêt L’industrie du bois Le train

30 34 37 38 44 48 49 50


3

4

Des évolutions qui marquent le territoire 52 L’empreinte industrielle dans la vallée La guerre Le paysage social La fin d’un monde agricole Un habitat qui change de typologie La maison individuelle Des paysages qui se ferment Le tourisme Scénarios tendanciels

Vers le projet

54 57 60 61 63 66 70 74 78

84

Munster Metzeral Les Chaumes La forêt Conclusion Références

88 94 100 102 104 108

Bibliographie Remerciements

110 112


Localisation Mise en contexte L’Alsace est l’ancienne région administrative française la plus petite que comptait l’hexagone. Territoire frontalier de la Suisse et de l’Allemagne, la culture Alsace est un mélange de la culture francophone et germanophone. Le Rhin, fleuve qui a aussi permis cette porosité culturelle, prend sa source dans les Alpes suisses, s’assagit à partir du Lac de Constance, puis coule depuis Bâle vers le Nord, pour finir avec son large delta aux Pays-Bas.

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L’Alsace est densément peuplée et forte d’une importante industrie sur les berges du Rhin, fleuve qui a contribué à son développement. Plusieurs villes occupent le territoire, Mulhouse au Sud, Strasbourg au Nord et Colmar, à michemin des deux autres villes. Bâle en Suisse, qui touche la frontière française est aussi une métropole importante, tout comme Fribourg, Karlsruhe et Stuttgart à 1h30 de route de Strasbourg. Le territoire est maillé dans toute la plaine par de nombreux villages, qui réunissent environ la moitié de la population totale du territoire. Ces villages ont prospéré en cultivant la terre riche des alluvions rhénanes. Aujourd’hui, ces villages grandissent en population, mais leurs habitants travaillent de plus en plus dans les grandes agglomérations. Le piémont viticole est resté largement agricole, et est aussi devenu le socle touristique du territoire. Les deux reliefs marquant sont la Forêt-noire

en Allemagne, et les Vosges à l’Ouest coté Français. Ces deux reliefs présentent des typologies assez similaires, de même pour l’altitude, avec un sommet de 1 493 m en Allemagne et 1 423m pour le Grand Ballon dans les Vosges. Les Vosges ont aussi formé l’organisation du territoire, l’axe Nord Sud étant largement facilité et privilégié. Ainsi, en plus du Rhin comme voie de navigation fluviale, une autoroute en France, et une seconde en Allemagne sont aussi orientées Nord-sud. Pour rejoindre Paris, le train au départ de Colmar contourne les Vosges par le sud avec la lignes LGV Mulhouse - Gare de Lyon ou en contournant par le Nord avec la ligne LGV Strasbourg - Gare de l’Est, là encore, preuve que les Vosges enclave le territoire alsacien.


Allemagne

Alsace

Strasbourg

9

Vallée de Munster

Colmar

Vosges

Forêt Noire

Freiburg

Mulhouse Bâle N

0

10

20

30km

Jura

Suisse


1

10

Immersion dans la vallée de Munster

Chapitre A - l’histoire de la vallée


11

Chapitre A - l’histoire de la vallÊe


De la plaine aux crêtes, premier aperçu de la vallée Balade dans la vallée

12

Ce territoire avec une topographie marquée, ne pouvait pas se décrire simplement en deux dimensions. Les vues qu’offre presque systématiquement le site sont composées de plans successifs. Le médium du Pop-up est l’analogie de lecture que j’ai fait de la vallée de Munster. Les photographies sont issues de ce travail plastique et graphique, qui raconte la découverte du site, de la plaine d’Alsace vers les sommets Vosgiens, traversant la vallée dans toute sa longueur et à travers les différentes ambiances et paysage qu’elle donne à voir.

Chapitre A - l’histoire de la vallée


13

Nous nous éloignons de la ville de Colmar, nous quittons de la départementale pour rejoindre les sentiers viticoles. Ici, le vignoble s’étale et définit le relief du piémont, avec son empreinte verte claire en cette période estivale. La vallée ne se distingue que très peu, à cause du «coude» qu’elle forme juste après les premiers reliefs. La petite tour de l’ancien château du Pflixbourg marque la porte de la vallée.


14

La vallée nous entoure. Et derrière nous, la tour est encore visible, c’est d’ailleurs le relief sur laquelle elle se trouve qui ferme notre vue sur le plaine. La topographie porte notre regard vers cet axe linéaire où les villages se suivent. En entrant dans la vallée, le vignoble laisse sa place à des champs et des prairie en fond de vallée. Plus en hauteur, les vignes persistent pendant plusieurs kilomètres encore, en s’enfonçant dans la vallée. Le trafic routier est important, et des traces d’industries subsistent. Au loin, des sommets plus hauts se dévoilent.

Chapitre A - l’histoire de la vallée


15

La traversée de la ville de Munster est longue, après le passage d’une vaste zone commerciale et industrielle, le systématisme des maisons ouvrières est flagrant. L’arrivée dans le centre ville est insaisissable. La route borde tout à coup des bâtiments fastes, grands et nombreux, des nids de cigognes et des toits fait de petites tuiles de pierre cuite. Le regard se porte à droite, sur les ruines de l’abbaye, puis à gauche sur le linéaire d’une long bâtiment industriel. Une perspective s’ouvre alors sur notre droite avec une belle bâtisse et un porche sous lequel on devine l’animation d’une place vivante. Enfin derrière une haie végétale et grillagée, une haute cheminée se distingue de l’environnement bâti. Son sommet dépasse la forêt pentue derrière elle. Le grès rose des pierres, et le rouge lavé des briques industrielles forme le souvenir coloré du la traversé de Munster. Chapitre A - l’histoire de la vallée


La fermeture forestière est cloisonnante et oppressante à la fois. Sombre, elle nous détache complément du notre traversée, les troncs rectilignes autour de nous sont dirigés vers la lumière dont ils nous privent. Parfois, des espaces plus clairsemés nous rappellent que le soleil brille, en dessinant sur le sentier des ombres linéaires. La topographie est marquée, le changement d’altitude et le manque de soleil rafraîchissent l’air à odeur de sapin


En sortant de forêt dense, l’ouverture est spectaculaire. Le site s’unifie et se comprend, la diversité des ambiances traversées se retrouve ici depuis le sommet de la chaume. Au loin, plein Est, on aperçoit la plaine, et dans le flou bleuté du lointain, la Forêt Noire se distingue aussi. Le sol est mou, l’herbe forme des touffes irrégulières, le vent balaye ce paysage ouvert.


En se retournant vers Ouest, une deuxième chaume apparait. Le Hohneck, imposant, domine la crête abrupte. La ligne horizontale dessinée par les crêtes forme ainsi un cadre pour ce sommet. L’ouverture nous pousse à regarder le ciel, à embrasser ce paysage que seul le vent semble pouvoir dominer. Si la douceur de ce mois de novembre rend la ballade agréable, ce territoire semble bien moins hospitalier l’hiver venu.


Au sommet, le regard fuit dans un horizon forestier qui semble continu. La topographie est plus douce, et nous fait oublier que l’on se trouve déjà à plus de 1000 mètres d’altitude. Le contraste topographique est impressionnant.


Immersion dans la vallée PREMIÈRE DÉCOUVERTE

20

La carte et la coupe illustre le parcours de la ballade proposée par les pop up. La vallée de Munster est majoritairement orientée Est-Ouest, mais est légèrement inclinée vers le sud. C’est ce coude qui obstrue la vue entre la vallée et la plaine. La première partie de la vallée est en pente douce et régulière, on traverse plusieurs villages de typologie semblable. La largeur du fond de vallée se réduit doucement, et l’altitude des sommet adjacent augmente. La vue sur les chaumes se précise à chaque kilomètre parcouru. Il y a deux routes qui traversent le fond de vallée, une route départementale plus récente, et une ancienne route qui traverse chaque village. A partir de Munster, les deux routes se confondent. Mais la vallée se sépare en deux vallons, la suite de la vallée, et la «petite vallée»

1 - immersion dans la vallée de Munster


Hohlandsbourg

Munster Chaume

0

1

2

3km

N

OUEST

Chaumes 1350m

Munster

350m

Hohlandsbourg 620m

EST Colmar

200m


Une microtoponymie expressive Microtoponymie, traduction et étymologie des lieux

Orbey urro - bach «gravier ruisseau»

pente salée (sulz) «gorge ravin» Col de la Schlucht

Soultzeren montagne essartée (roden) Hohrod Stosswihr anciennement écrit Stozzovilare en 783 «La ferme de Stozzo» en Alémanique

22

Hohneck hohen-ac «pointu - escarpé»

Petit Hohneck

«village du moulin» 4 moulins existaient jusqu’en 1876

R I N I AF

Muhlbach-sur-Munster

Luttenbach près-Munster bruyant (lutten) ruisseau (bach) ou petit (lützel )ruisseau Breitenbach

Metzeral cité en 824 l’etymologie probable est celle de la racine latine «maceriolum» «clôture de pierre» Mittlach village fondé par des colons du Tyrol et de lorraine «Moyen ruisseau» (mittel)

Sondernach au près de la rivière (zur sundern Ach)

Chapitre A - l’histoire de la vallée

Petit ballon traduit littéralement de Kahlenwasen


Zimmerbach anciennement Zimberbach «la construction en bois auprès du ruisseau»

Wintzenheim

Walbach

Wihr-au-Val Le ruisseau (Bach) marécageux Gunsbach Issus du latin Monestarium, l’abbaye Munster

Soultzbach-les-Bains rivière salée (sulz)

Griesbach-au-Val Le ruisseau (Bach) Eschbach-au-Val sablonneux Le ruisseau (Bach) bordé de frênes(die Esche)

Wasserbourg Probablement dérivé de Wassenberg «la colline paturé»

N

Osenbach 0

Soultzmatt

500m

1km

1,5km


Géologie Des affleurements anciens D’UN RIFT À UN MASSIF

24

L’histoire des Vosges commence, il y a 35 millions d’années, à l’Oligocène, par la création d’un vaste Rift qui n’a pas atteint la croûte terrestre inférieure, et n’a donc pas abouti à la création d’un océan. Ce rift a une orientation Nord-sud, et est une conséquence indirecte de la collision des plaques Eurasienne et Africaine. À l’époque tertiaire, un effondrement continu du rift laisse la place à un large fossé. (Fossé Rhénan, ou Graben en Allemand). L’effondrement provoque une surélévation de ces côtés, qui ont formé la première esquisse de la configuration actuelle, c’est-à-dire, le massif des Vosges à l’ouest, la plaine du Rhin au centre, et la Forêt-Noire à l’Est en Allemagne. L’étendue de la plaine rhénane se poursuit aussi vers le Nord jusqu’à Francfort.

De multiples failles, parallèles au rift, viennent découper les massifs en escaliers. Ces failles ouvriront aussi quelques remontées de lave très localisées dans la plaine, c’est le cas à Ribeauvillé et Riquewihr, mais cela est sans proportion à côté du volcan qui se forme coté Allemand au tertiaire, le Kaiserstuhl. L’histoire se poursuit et l’érosion massive abrase les reliefs et permet à des formations rocheuses antérieures d’apparaître à la surface. C’est le cas des formations granitiques (granite et gneiss, issues d’un métamorphisme du granite) qui ont vu le jour au carbonifère (-350MA), les grès, issus du Permien (-290 MA). L’érosion Alpine a aussi charrié une quantité de sels minéraux qui ont formé le bassin potassique au sud la plaine. Les dépôts sédimentaires se sont répandus dans les fonds de vallées et dans la large plaine rhénane.

Ouest VOSGES

Est FORÊT-NOIRE

Kaisersthuhl Rhin

Représentation simplifiée en coupe de la géologie de la plaine rhénane

Quarternaire

Jurassique

Tertiaire

Permo-Trias

Socle

1 - immersion dans la vallée de Munster

failles


UNE MORPHOLOGIE Les failles ont découpé largement le massif des Vosges, des affleurements très localisés formant une riche diversité de sols. Cette diversité des sols se retrouve dans le piémont, où les viticulteurs s’efforcent de s’adapter au terroir qui se différencie parfois à 100 mètres près. Cependant, si l’on occulte la complexité du piémont, les données géologiques se lisent plus simplement. La moitié Nord des Vosges est majoritairement gréseuse, et la moitié Sud est globalement granitique. Les terrasses alluviales présentent aussi des dépôts de Loess, issus de sédiments aériens plus ou moins épais déposés par les vents lors des périodes froides du Quaternaire. L’endiguement du Rhin a permis une culture de la plaine rhénane, qui dispose aussi d’une terre fertile. Le Rhin était une vaste zone humide d’une trentaine de kilomètres, composé de dizaine de bras. Son endiguement a permis la navigation du fleuve jusqu’à Bâle, et cela profite aujourd’hui largement au développement de tout ce territoire rhénan.

Strasbourg

Séléstat

Munster

Colmar Fribourg

Vosges gréseuse Mulhouse Vosges granitique Bâle

0

10

20

30km

N

Carte géologique simplifiée de Vosges et de la Forêt-Noire, deux massifs liés par leur formation parallèle

1 - immersion dans la vallée de Munster

25


2

Cycles et mouvements


Climat et saisonnalité Un climat continental avec une forte saisonnalité. CLIMAT

28

La Vallée de Munster dispose d’un climat hérité par deux grandes influences. La première est sa localisation continentale. Munster se situe à environ 450 km de la Baltique, et un peu moins de la Méditerrannée à vol d’oiseau. Elle hérite donc d’un climat continental, se caractérisant par un été chaud, et orageux, et par un hiver long et froid. La deuxième influence est la topographie. Les Vosges, et leurs crêtes, de plus de 1000 m, contraignent les perturbations et particulièrement la pluviométrie. La hauteur des montagnes vosgiennes permet de capter une majorité des précipitations qui arrive de l’Ouest. Ainsi, à partir de la crête, la pluviométrie décroit très rapidement jusqu’à arriver à Colmar avec une pluviométrie de seulement 550mm/an. Ce principe est directement lié à l’effet de Foehn, qui explique aussi que ce phénomène météorologique a un vent plus froid et humide côté Ouest des crêtes, et devient plus sec et chaud du côté Est des crêtes. Les écarts de température ne sont cependant pas aussi significatifs que la pluviométrie faisant de la vallée de Munster, un territoire avec une différence pluviométrique d’environ 1000 millimètres. Selon Carbiener (1966) «le climat des HautesVosges est plus alpestre que ne le laisserait prévoir I’altitude et plus maritime que ne le laisserait prévoir sa distance à I’océan». Les crêtes présentent des analogies avec le climats du sud de l’Islande par exemple, avec un hiver très long et humide, peu froid. 2 - cycles et mouvements

Carte des pluviométrie sur l’Alsace. On voit la répartition en fort dégradé sur la vallée.

N


Chaume

Moraine lac NORD

SUD

Bloc diagramme montrant la morphologie des crêtes vosgiennes. Les cirques glaciaires en s’effondrant ont aussi sculpté ces belvédères qui regardent vers L’Est.

TOPOGRAPHIE 29

La topographie très accidentée est aussi liée à une érosion glaciaire qui a laissé derrière elle plusieurs cirques glaciaires dans sur la ligne de crête. Des lacs ou des tourbières sont souvent localisés au creux de ces cirques. Des moraines glaciaires issues de cette période, font partie des éléments particuliers de la vallée de Munster. Sentier traversant une moraine, au dessus de Mittlach.

2 - cycles et mouvements

Les crêtes subissent un gel/dégel très important, qui extrude le sol. Il se forme alors des thufurs. Ce sont des buttes végétalisés et circulaires qui sont typiques de ces climats rudes.


Orbey Alt :1283m

Soultzeren

Col de la Schlucht

Alt : 500m

Alt :1139m

Petite vallée

Hohrod

Alt : 500m

Stosswihr

Alt :1304m

Alt : 769m

Hohneck

Alt :1 363 m

Alt :1086m

Luttenbach près-Munster

Petit Hohneck

30 Muhlbach-sur-Munster

Breitenbach

Alt :1350m

Metzeral

Alt : 500m

Alt : 900m

Mittlach Alt : 574m

Sondernach

Alt : 612m

Chapitre A - l’histoire de la vallée

Petit ballon Alt : 1272m


Zimmerbach

Wintzenheim

Walbach

Wihr-au-Val

Gunsbach Husseren les-Châteaux

Soultzbach-les-Bains

Alt : 376m

Munster Griesbach-au-Val Eschbach-au-Val

31

Vœgtlinshoffe

Gueberschwihr

Wasserbourg Alt : 575m

N

Osenbach 0

Soultzmatt Chapitre A - l’histoire de la vallée

500m

1km

1,5km


Une vallée animée et façonnée par ses ressources

32

La vie de la vallée s’organise principalement dans le fond de vallée, qui est large, presque plat, et unique jusqu’à Munster. A partir de munster, la vallée continue légèrement vers le Sud et le nom reste le même, l’autre embranchement est dénommé la « petite vallée », et son cours d’eau est la « petite Fecht » qui rejoint la Fecht à Munster. Les commune de Soultzeren, Mulhbach et Horhod, disposent, en plus d’un bourg de fond de vallée, d’un mitage conséquent sur les pentes de la commune. Cet habitat plus lâche et dispersé s’explique à une pente moins importante est orienté plein sud. Cette typologie d’habitation a aussi permis à Horhod de garder ces versants très ouvert. Les villages de la vallée dispose d’une surface transversale à la pente, avec une chaume, la pente forestière, et la fond de vallée où se trouve le village. Cette spécifité exprime aussi comment les ressources ont impliqué l’iimplantation sur ce territoire. Cette axonométrie ci-contre montre une vue plein Ouest, sur la vallée et sur Munster en particulier. Le zonage rouge représente les surfaces des villages. Munster s’étend sur la totalité de la largeur du fond de vallée, la traversé du territoire impose donc de traverser la ville qui donne son nom à la vallée.

La communauté de communes de la vallée de Munster (CCVM) a été créée en 1996 sur une les bases du SIVOM qui avait été créé en 1972. Elle regroupe donc 16 communes de la vallée, à partir de Wihr-au-Val, Walbach étant situé dans la Communauté d’agglomération de Colmar, la CAC

2 - cycles et mouvements

CAC CCVM Munster

Colmar N


Petit Hohneck

Metzeral 1 081 hab

1 344 hab Stosswihr

Mulhbach 720 hab « petite vallée »

740 hab Luttenbach

330 hab Hohrod

Munster 4 700 hab

33

Griesbach au Val 745 hab

Gunsbach 940 hab

La Fecht

Communauté de communes de la vallée de Munster 16 communes densité 84hab / km

16 409 hab

D417 Vers Colmar N


muhlbach sur munster

fec h

t

Metzeral

Mittlach

500m

1km

N

0

2 - cycles et mouvements


Typologie d’une vallée Coupes topographiques UN ENCLAVEMENT QUI S’INTENSIFIE

Le petit Honhneck 1 290m

Sur ces coupes on observe que l’altitude du fond de vallée n’évolue que très peu. A l’entré depuis la plaine, le fond de vallée culmine déjà à plus de 200. C’est a dire que la pente moyenne est seulement d’environ 1,8% jusqu’à Metzeral. Pourtant les sommets adjacents sont de plus en plus hauts, et plus en plus proches. L’enclavement, et l’ombre apportée par les montagne est donc bien plus forte, plus on progresse au fond de la vallée. Depuis le fond de vallée, dans la commune de Mittlach, la forêt en pente apparait frontale et impressionnante par sa hauteur.

Le petit ballon 1 272m

35

Metzeral 484m

Kastelberg 1 350m

SnchepfenriedKopf 1 258m Schnepfenried station de ski Mittlach 550m


Le pastoralisme Une activité ancestrale

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PASTORALISME ET PRODUCTION DE FROMAGE

LES MARCAIRES

La vallée de Munster est marquée par l’histoire de son pastoralisme qui perdure depuis plus de 15 siècles. Cette activité historique, a permis une production nourricière régulière, malgré l’aléa climatique. Le pastoralisme subsiste dans la vallée de Munster, comme dans d’autres massifs montagneux français. La production de fromage, dans la vallée hérite d’une histoire de plus de 15 siècles, le pastoralisme semble encore plus ancien. Les vaches ont toujours cohabité avec les habitants de la vallée, leur fournissant une alimentation essentielle. La typologie des cheptels a changé, mais l’encrage pastoral perdure dans la vallée. Le cycle pastoral se divise en deux espaces, et deux temporalités. Les vaches passent l’été, (de début Juin à fin Septembre) dans les chaumes d’altitudes où elles paissent l’herbe fraîche, arrosée par une pluie plus importante que celle qui tombe dans le fond de vallée. Durant la même période, les prairies du fond de vallée produisent le fourrage nécessaire aux mois d’hiver, que les vaches passeront à l’abri. L’automne et le printemps, les vaches sont au pré, dans le fond de vallée. Les deux transhumances sont l’occasion d’une fête folklorique où les marcaires portent le costume traditionnel et les visiteurs sont invités à suivre le déplacement des troupeaux.

Le pastoralisme dans les Vosges est indissociable des marcaires, nom donné à ces fermiers laitiers. Le mot est issu de la francisation du terme « Malker » en Alsacien, qui littéralement désigne celui qui trait le lait. Aujourd’hui les marcaires sont toujours associés à cette activité agro-pastorale qui façonne les paysages ouverts que sont les chaumes vosgiennes. Dans l’idée de raviver le tourisme alors en berne, a été créé en 1968 le « repas marcaire » qui est un menu type, servi dans les fermes-auberges. Il reprend des recettes incontournables (à base de fromage), mais s’adapte aussi à une nouvelle clientèle plus exigeante, en se rapprochant d’un menu de restaurant.

2 - cycles et mouvements

Ci contre, haut gauche, Les marcaires en costumes lors de la transhumance d’automne le 18 septembre 2018. Haut droite, les tourniquets permettent aux randonneurs de traversé les chaumes En bas, des vaches vosgiennes près de la route des crêtes


37

2 - cycles et mouvements


38


Chaumière Les espaces de chaumières n’ont pas de définition précise. Cependant, ces prairies remarquablement riches de biodiversité sont situées au dessus de 1000m, et à partir de 1200m. C’est pour conserver cette richesse que le PNR s’efforce de maintenir pâturées les chaumières les plus sommitales. Il a passé des contrats de pâturage avec des agriculteurs pour protéger ces espaces abritant des reliques floristiques et faunistiques.

Prairie de fond de vallée En aval de Munster, les prairies partagent le fond de vallée avec des cultures telles que du maïs et du blé majoritairement. A partir de Munster, les prairies occupent la majorité du fond de vallée, et seuls les espaces urbanisés viennent créer des coupures.

0

0,5

1 km

2 - cycles et mouvements

N

N

39


UN ÉQUILIBRE PASTORAL ET TOURISTIQUE

40

Depuis la période romantique et jusqu’aujourd’hui, les activités pastorales et les espaces de chaumes permettent au promeneur de profiter des plus grands panoramas qu’offre le massif vosgien. Le nombre d’agriculteurs a grandement chuté dans la vallée, et l’agriculture n’est plus forcément une nécessité. L’activité pastorale s’est notamment maintenue grâce à l’accueil des touristes dans les fermes d’altitude, qui sont devenue des fermes-auberges. Dès le siècle dernier, les chaumes étaient rythmées par une forte affluence estivale qui venait profiter des fermes-auberges et des paysages pastorales des chaumes. Le tourisme a été cependant mis à mal par l’hégémonie de la voiture dans les années 50. En 1968, en même temps que la création du « repas marcaire », la « route du fromage » a été créée pour dynamiser le tourisme sur les chaumes. Elle a permis de faire perdurer, avec le tourisme des fermesauberge, cette activité pastorale qui a dessiné les sommets vosgiens. La route sillonne et répertorie les fermes-auberges de la vallée et les points de vente de munster fermier. L’année 2018 a été l’occasion de fêter les 50ans de cette route et de saluer son succès qui perdure aujourd’hui.

Un espace de pique nique isolé des vaches par une barrière en bois.

Les chaumes sont aussi un endroit prisé pour les avions télécommandés


Du moulage à l’affinage LE FROMAGE DE MUNSTER La vallée de Munster est aussi le lieu privilégié du fromage éponyme : le Munster. Fabriqué certainement dès le 13ème siècle, et reconnu par une AOC en 1969 et une AOP en 1992, ce fromage s’impose comme le plus renommé dans la vallée. Cependant ce fromage à pâte molle et croûte lavée ne compose pas l’unique fromage de la vallée. Le Bargkass, la tome, le fromage frais (bibalakas) font aussi partie du panel fromager de la vallée de Munster. Traditionnellement, le Munster se produit quotidiennement, avec la traite du matin, ajouté à la traite de la veille au soir. Après avoir fait cailler le lait, il est mis en moule. Le fromage fait environ 4cm de haut, pour un diamètre variable mais généralement compris entre 8 à 15cm

Munsters en affinage - photographie issue du site internet du PNR du Ballon des Vosges

J1

Le munster est moulé, puis retourné 2-3 fois

J2

Salé d’un côté

J3

Salé sur l’autre coté et le bord

J4

Il est sorti du moule, lavé puis mis à sécher

J5

Il est mis en cave sur une planche de bois

J7

À partir du J7, il est lavé à l’eau claire tous les 2 jours

J26

Soit environ après 21 jours de maturation, le munster est un Munster fermier, il est jeune, mais peut se manger dès maintenant.

Le Munster Blanc n’est pas affiné et se mange souvent en dessert avec du sucre et de la confiture

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Le paysage forestier Une forêt largement présente dans les Vosges

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La forêt a toujours fait partie du paysage de la vallée, et a été une ressource fondamentale. La surface forestière dans la vallée se compose d’une large majorité de forêts communales. Le reste du foncier forestier se partage entre des propriétaires privés. La forêt vosgienne est majoritairement une forêt secondaire, mais certaines surfaces ont été moins impactées par l’Homme que d’autres. C’est le cas des zones les plus difficiles d’accès, comme la réserve du Frankenthal-Missheimle qui présente une forêt ancienne et très peu impactée par les hommes qui ont abondamment utilisé la forêt au 17ème et 18ème. Cette réserve créée en 1995 et gérée par le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges présente un caractère alpestre remarquable, la gestion forestière y est minime, et se résume plutôt à l’entretien des sentiers. Les autres forêts de la vallée sont des peuplements issus d’une reforestation naturelle après les 18ème siècle. Les dynamiques et formations végétales sont similaires aux zones de montagne, mais le climat continental de l’Est de la France influe aussi sur la stratification du peuplement forestier vosgien. Ainsi, l’étage subalpin se retrouve à partir de 1100m d’altitude dans les Vosges, alors qu’on le retrouve à partir de 1700/1900m dans les Alpes et dans les Pyrénées. Cet étage correspond dans les Vosges à celui le plus utilisé pour les pâtures sur les chaumières, et la végétation actuelle diffère donc de la végétation habituellement retrouvée à l’étage subalpin dans les autres massifs.

2 - cycles et mouvements


LA HÊTRAIE-SAPINIÈRE Ainsi, la hêtraie sapinière (des espèces Fagus sylvatica et Abies alba ) se retrouve dans les Vosges entre 500 et 1100m. Dans ce système forestier, on retrouve aussi l’épicéa (Picea abies) dans les zones plus humides, l’érable sycomore (Acer pseudoplatanus) plutôt sur des sols rocheux et en altitude. Ces quatre essences végétales ont une forte concurrence et profitent de la première perturbation bénéfique pour se développer. Par exemple, une avalanche créera une large zone de lumière qui profitera au hêtre, à l’érable et à l’épicéa. Mais la lumière permet aussi le développement du sorbier (Sorbus aucuparia) et du bouleau (Betula pubescens), deux espèces héliophiles qui se feront par la suite dépasser par l’épicéa et le hêtre. Des plantations denses d’épicéas ont aussi vu le jour avec la déprise agricole, cependant, ces plantations très fermées n’ont aucune caractéristique écologique de la forêt ; la lumière ne perce pas le couvert, et inhibe le développement d’un sous-bois. Le tapis d’aiguilles acidifie le sol, limite la dégradation en humus et empêche d’imaginer un renouvellement naturel de ce type de plantation. LA HÊTRAIE-CHÊNAIE Ce cortège est le plus répandu sur l’étage collinéen, en dessous de 500m. Il est composé majoritairement de chênes sessiles (Quercu petraea ) ou pédonculés (Quercus robur) de hêtres (Fagus sylvatica). Il est aussi accompagné, en proportion variable, de charmes (Carpinus betulus) et d’érables champêtres (Acer campestre) et sycomores (Acer pseudoplatanus). Le pin sylvestre (Pinus sylvestris) compose aussi le cortège végétal depuis son introduction probable dès le 17ème. Il s’adapte bien au climat vosgien et est apprécié pour le bois de qualité qu’il produit.

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Chaumes subalpin 1100m montagnard 500m Collinéen

2 - cycles et mouvements


Proche du Horhodberg, de vastes ouvertures permettent le stockage des grumes.

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EXPLOITATION DU BOIS La forêt est principalement gérée par l’ONF (Office National des Forêts) principalement, qui privilégie un renouvellement naturel de la forêt avec un taux de prélèvement de l’ordre de 15 % du volume de Bois. Avec un retour dans la parcelle tous les 5-8ans lorsque le peuplement est mature. Le renouvellement naturel permet aussi de diversifier les essences et d’éviter l’érosion sur les pentes. La valorisation du bois a beaucoup évolué. Le hêtre, se valorise presque uniquement dans la parqueterie, et sa valeur a largement chuté. Au contraire le bois de résineux, qui a des usages très variés, et notamment le bois de construction a vu sa valeur augmenter, mais la production concurrencée par les résineux norvégiens, allemands ou autrichiens. Là encore, le marché du bois est mondialisé, et certaines grumes viennent d’Allemagne pour alimenter les scieries alsaciennes, en particulier la très grande scierie d’Urmatt dans le Nord de l’Alsace.

Certains syndicats écologistes de l’ONF se posent notamment des questions par rapport au plan de coupe qui augmente ces dernières années. Ces coupes plus importantes sont nécessaires pour l’économie de l’ONF mais obligent les peuplements à être prélevés plus jeunes et donc plus petits. C’est une tendance qui s’imprègne des techniques présentes en Allemagne et Autriche, où les peuplements ont une révolution plus rapide, appuyée par une plantation après la coupe. Les usages de très gros bois ne se justifient plus vraiment avec les techniques du lamélé-collé qui permet de construire de grandes poutres avec du bois relativement jeune. Les forêts devraient donc se rajeunir doucement.

2 - cycles et mouvements


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Photographie prise Ă Munster le 26 Juillet 2018 Le chargement de grumes de rĂŠsineux traverse le centre ville de Munster. 2 - cycles et mouvements


La forĂŞt Charpente - structure

Scierie

Parquet - terrasse structure Menuiserie Scierie

Parquet

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Scierie MusĂŠe du bois Scierie

Meuiserie

Scierie

2 - cycles et mouvements


L’industrie du bois L’industrie du bois est bien représentée dans la vallée de Munster. L’industrie de seconde et troisième transformation est un atout important pour la vallée qui peut transformer le produit brut de la coupe au produit fini. L’industrie du parquet et de l’ossature bois sont des industries porteuses et bien implantées.

Construction chalet Menuiserie Scierie

Parquet

Première transformation Cette étape nécessite l’utilisation de grumes de bois brut. Ensuite, l’écorcage, le fendage, la fabrication de planches grossières, et poutres sont réalisées par cette industrie

Deuxième transformation Toutes les étapes de collage, de profilage, de rabotage, moulurage et séchage entrent dans cette catégorie

Troisième transformation

0

0,5

1 km

N

La 3ème transformation est le finition du produit bois, c’est la dernière étape avant une commercialisation grand-public. Meubles, parquets contrecollés, les tonneaux, les traverses de chemin de fer, les palettes, le papier-carton sont des exemples de produits finits

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Le train Une ligne encore utilisée

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LA LIGNE COLMAR - METZERAL

UNE LIGNE AU SEIN D’UN RÉSEAU

La vallée dispose d’une ligne de train mise en service entre Colmar à Munster le 3 décembre 1868. Ligne qui a été prolongée jusqu’à Metzeral en 1929, avec l’idée d’un projet transversal aux Vosges, (Liaison Remiremont - Metezral ) qui n’a jamais été réalisé. Le train permettait le transport de fret jusque dans les années 1960 où les six aller-retours quotidiens transportaient bois et coton. L’émergence de la voiture et du transport routier fait s’effondrer l’utilité et la rentabilité de cette ligne de train secondaire, s’arrêtant en impasse à Metzeral. Cependant, l’influence du sénateur Alsacien Hubert Haënel a permis à cette petite ligne de résister aux vagues de fermetures, avant que la ligne ne passe sous la compétence de la région Alsace en 1990. Les investissements régionaux permettent le rafraîchissement de la ligne, et les quais des nombreuses gares desservies.

En 1907, une ligne de tramway électrifiée rejoindra la Schlucht depuis la gare de Munster. Ce « tramway des crêtes transportera plus de 420 000 voyageurs, mais après 7 années de succès, il sera détruit dès le début des combats de la 1ère Guerre mondiale. Il avait son homologue Gerarmer-Schlucht, et permettait donc la traversée des crêtes. Il n’a pas été reconstruit après guerre, mais une partie de la montée de la route pour le col de Schlucht reprend le tracé de l’ancien tramway. Un sentier pédestre reprend aussi les parties les plus pentues de l’ancien tramway.

Sur les 24 kilomètres de la ligne, on compte 16 arrêts, dont 3 sur la commune de Colmar et 2 sur la commune de Munster. crédit SNCF.fr

Le théatre et en arrière plan la gare de Munster avant 1914 (Collection Zindt)

Gauche, le tramway au départ de la gare de Munster. Droite, le tramway qui monte vers la Schlucht. 2 - cycles et mouvements


SÉLESTAT

COLMAR Munster 49

MULHOUSE

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B vers LGV

BÂLE

Carte des principales lignes de train du Sud de l’Alsace, ainsi que le réseau allemand et suisse.

N 0

2 - cycles et mouvements

5

10 15km


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3

Des évolutions qui marquent le territoire

Chapitre A - l’histoire de la vallée


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Chapitre A - l’histoire de la vallÊe


L’empreinte industrielle dans la vallée Mise en contexte UNE VALLÉE AU BERCEAU DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE.

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L’industrialisation a changé le visage de la Vallée de Munster, propulsant les exports de la vallée à l’échelle nationale et internationale. Malgré les destructions des différentes guerres, des bâtisses de ce passé industriel subsistent dans la vallée. C’est le cas notamment dans la ville de Munster où plusieurs bâtiments de l’ancien complexe bordent le couvent de l’abbaye. Dans l’esprit paternaliste du 19e siècle, de nombreux équipements publics ont été construits par l’industrie : des écoles, un dispensaire, l’église protestante, un théâtre, une salle de concert, un parc urbain et des cités ouvrières. Un grand nombre de barrages dans les Vosges, l’allongement du chemin de fer jusqu’à Metzeral et la rénovation de l’Église catholique datent du même courant

DYNASTIE HARTMANN L’empire Hartmann débute en 1783 avec l’arrivée à Munster de André Hartmann. Natif de Colmar, il rachète l’usine textile du Graben, dans le centre-ville. Dès lors, une émulation industrielle, portée par la valeur importante du textile permet à l’industrie Hartmann de s’agrandir rapidement. Elle franchit le palier des 1 200 ouvriers dès 1800, avec la construction d’une seconde usine textile, bordant l’abbaye de Munster. Même si d’autres entreprises textiles existent aussi dans la vallée, c’est bien l’industriel Hartmann qui dispose d’une longueur d’avance puisque sa production annuelle s’élève à 25 000 pièces. Parallèlement, l’industrie au début du 19ème siècle est particulièrement florissante à Mulhouse, dans le Sud de l’Alsace, où les inventions industrielles se multiplient dans l’industrie énergétique, l’industrie des machines-outils, et tous les secteurs liés au coton. La vallée de Munster, forte de cette proximité géographique avec l’un des berceaux industriels, va en profiter pour accentuer son avance et son agrandissement. En 1841, Les Manufactures Hartmann & Fils emploient 90 % de la main d’œuvre textile de la vallée de Munster et comprennent 3 144 employés. La famille Hartmann paie la plus forte patente du Haut-Rhin (un impôt qui deviendra la taxe professionnelle) et

3 - des évolutions qui marquent le territoire


Le vallée au milieu du 19ème vit alors au rythme d’une industrie omniprésente.

Le site du Hammer en 1885.

réalise le plus gros chiffre d’affaire et bénéfice du département. L’expansion perdure, et les usines se construisent pour former un véritable réseau industriel à travers la vallée de Munster, avec l’usine de tissage du « Sendenbach » bâtit en 1869 à Muhlbach-sur-Munster, un peu en amont de la ville de Munster. 53 Carte des usines Hartmann dans la ville de Munster sur un plan de 1918.

Graben

Hammer Couvent Leymel Fesseneck Chapitre A - l’histoire de la vallée


1823

1889

L’industrie est largement représentée, ce qui témoigne aussi de la fierté de la vallée avec son industrie. Les deux deviennent indissociables.

Le Hammer en 1838, Charles Rohn

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Affiche publicitaire Lithographie : Friedrich Schoembs 1893


Le blanchiment en 1915

La guerre Une Histoire bouleversée LA PREMIERE GUERRE MONDIALE La ville de Munster, comme les usines Hartmann paient un lourd tribut lors de la 1ère guerre mondiale. Guerre qui a permis à l’Alsace et la Moselle de redevenir un territoire français, territoire annexé à la suite de la signature de traité de Francfort de 1871 qui a met fin à de la guerre Franco-Prussienne. La vallée avait atteint son apogée démographique en 1905, aidée par l’immigration allemande et appuyée par une forte propagande de Berlin qui valorisait financièrement l’installation en Alsace. Elle comptait alors 23 500 habitants, avec entre 8 et 17% d’allemands. La Première Guerre mondiale, contrairement au conflit précédent, entraîne d’intenses combats dans la vallée. En août 1914, l’armée Française perce la frontière des crêtes, et descend du col de la Schlucht pour entrer dans Munster. Mais la ville est durement bombardée par les Allemands retranchés sur Colmar : elle se trouve au milieu du feu des combats. Les villages adjacents seront également touchés. Les combats reprennent vivement au printemps 1915 où quelques 30 à 40 000 soldats périront.

Le blanchiment en 1915

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Le linge aujourd’hui, vue sur les anciennes tranchées allemandes.

La bataille du Linge, elle aussi très meurtrière, se déroule sur la crête en contre haut de Munster, sur la commune du Hohrod. Les tranchées, encore visibles aujourd’hui, aménagées comme un lieu de mémoire, sont aujourd’hui un site de recueillement important pour la vallée de Munster. 3 - des évolutions qui marquent le territoire


APRÈS LA GRANDE GUERRE

LA DÉBUT DU DÉCLIN INDUSTRIELLE

À la sortie de la Guerre, les villages de la vallée sont presque tous totalement détruits. La reconstruction débute. La plus haute usine des entreprises Hartmann est inutilisable car trop endommagée. En 1930, l’usine est reconstruite : le nouveau « hammer » adopte une architecture plus basse, et sera un lieu uniquement dédié au tissage. Il deviendra la plus vaste usine de tissage d’Europe. Le site du « couvent » au coeur de Munster regroupe plusieurs activités textiles : filature, tissage et ennoblissement se côtoieront momentanément sur ce site. L’entre deux guerres n’est pas vraiment florissant pour l’industrie textile, où les premières crises se suivent, et le déclin s’annonce. Hartmann et fils se séparent en 1930 de la filature de Lapoutroie, acquise seulement 11 ans auparavant. L’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale fait tourner les usines au ralenti.

En 1950, André Hartmann, dernier héritier de la dynastie décède à 86 ans. Après la deuxième guerre mondiale, le marché textile s’effondre. Cela s’explique par une saturation du marché, et l’arrivée de nouveaux pays producteurs au coût de main d’œuvre inférieur, qui fait baisser la valeur du textile. Le groupe devenu MHF (pour Manufacture Hartmann et Fils) tente de s’ouvrir à l’international avec la construction d’une usine à Fez, au Maroc, à Rufisque au Sénégal et à Sao Paolo au Brésil. Mais dès les années 60, accusant des pertes sur plusieurs usines, l’industrie réduit ces effectifs dans la vallée, et se sépare de ses usines sénégalaises et marocaines. Le marché du textile est devenu mondialisé et instable, les produits changent, les modes de fabrication, et la concurrence rude ne permettra pas à l’industrie de la vallée de prospérer. La ville de Munster soucieuse d’aider l’industriel à maintenir des

Munster 1918- carte postale


Muhlbach au lendemain de la première guerre mondiale.

emplois, achète une partie du patrimoine bâti en 1988. Finalement, la filature ferme en 1990 et licencie le personnel qui y travaillait. Le tissage ferme l’année suivante, amenant à nouveaux 155 employés vers la sortie. MHF se concentre sur sa dernière activité, l’ennoblissement de tissus. En 2005, avec la fermeture de l’usine de piles alcalines, d’une grande scierie, et le dépôt de bilan d’un des actionnaires de MHF montent l’inquiétude et la colère dans la vallée. En octobre 2009, alors qu’il reste 69 employés, l’entreprise est placée en redressement judiciaire par le Tribunal de grande Instance de Colmar. Cependant, l’année suivante, l’entreprise EURO TF reprend l’activité d’ennoblissement dans les locaux du couvent Hartmann. Une quarantaine d’employés travaillent alors dans cette filière de textile de protection réalisant des pièces pour l’armée ou les sapeurs pompiers par exemple.

Manifestation à Munster en 1984. Le climat économique et social de la vallée se dégrade, la vallée s’inquiète pour ses emploies.

3 - des évolutions qui marquent le territoire

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Le paysage social Évolution et changement UNE EXPLOSION DU MOUVEMENT PENDULAIRE

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Le changement le plus important pour la vallée est sans doute l’évolution du rapport travail-habitat. La vallée hébergeait au siècle dernier la quasi-totalité de ces travailleurs. Qu’il soit à l’usine, dans les champs, dans les scieries ou dans les commerces, le travail ne manquait pas dans la vallée. La vie dans la vallée est assez egocentrée et les allers-retours vers Colmar sont réservés aux commerçants. Mais avec le changement du paysage social agricole (baisse des exploitations, remembrement, mécanisation) et de l’industrie qui commence à vaciller, les emplois se perdent. La démocratisation de la voiture permet des déplacements rapides et quotidiens. L’industrie se déplace vers Colmar et le boom du secteur tertiaire profite aussi à Colmar, qui polarise le bassin d’emplois d’un territoire bien plus large qu’auparavant. Et la vallée de Munster devient un territoire où ce mouvement domiciletravail s’amplifie, jusqu’à atteindre des proportions importantes. En 2014, une étude a montré que 15 000 voitures empruntaient quotidiennement la principale route de la vallée, la RD417. Ce mouvement pendulaire s’explique par deux principales raisons. Les emplois de la vallée diminuant, la population doit se déplacer de plus en plus loin pour travailler. Mais l’arrivée d’une nouvelle population, travaillant à Colmar, et cherchant la quiétude de la vallée, et la rapidité

82 % Voiture et Deux roues

5% Transport en commun

5% Marche à Pied

Répartition des trajets domiciletravail dans la communauté de communes de la vallée de Munster (CCVM)

d’accès à Colmar est aussi un phénomène notable. Ainsi, on compte aujourd’hui 1/3 des habitants de la vallée qui travaillent dans le bassin d’emploi colmarien. Avec le sillage de l’influence sur les emplois, Colmar a aussi tendance a regrouper les services, et faire donc péricliter les services existants de la vallée. Concernant la ville de Munster, 9% de ses actifs travaillent dans le périmètre de la communauté de communes, mais 46% de ses actifs travaillent plus loin dans le département du Haut-Rhin, dont la majorité sur le bassin de vie de Colmar. Et dans le même temps, la ville de Munster a plus d’emploi que la totalité de ses actifs. Seulement 34% de ses actifs habitent et travaillent à Munster. C’est-à-dire qu’elle même attire tous les jours 45% d’actifs provenant de la communauté de communes, et même 19% provenant de l’extérieur de la vallée. Les mouvements domicile-travail, d’après le sondage réalisé par la commune

3 - des évolutions qui marquent le territoire


de Munster, est dominé à 80% par la voiture dans CCVM, à 2% par les deux-roues, et à 5% par le transport en commun, et à 8% par la marche à pied, les 5% restants se disent « sans transport ».

En 2008 on vivait en moyenne en France à 14,7 kilomètres de son travail, contre seulement 9 kilomètres en 1982. Toujours d’un point de vue national, l’Ademe explique que le taux d’occupation d’une voiture effectuant le trajet domicile travail est de 1,08 personne pour un véhicule

UNE OMNIPRÉSENCE DE LA ROUTE Comme le montre la carte du comptage ci dessous, la voiture est de loin le moyen de locomotion le plus utilisé dans la vallée. Pour consommer, pour se nourrir, pour aller travailler, pour le déplacement touristique et pour le transport de marchandises, la route est indispensable à la vie de la vallée. Les chiffres du trafic sont considérables si on rappelle que la population de la vallée est de 16 310 habitants en 2015.

Comptage des véhicules sur les routes de la vallée. - 2017 - le E représente un comptage Estival (source : infogeo68)

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N

3 - des évolutions qui marquent le territoire


Traduction : Des Schlitteurs forestier dans la vallée de la Wormsa en remontant. La vallée de la Wormsa est un petit vallon annexe situé entre Metzeral et Mittlach. Cette pratique de la Schlitte peut paraître très ancienne mais elle était largement pratiqué il y a moins de 100ans Carte postale non datée (environ à 1930). - source inconnue

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Le parcellaire étriqué du cadastre témoigne d’une simplification des paysages du fond de vallée. La photo aérienne actuelle montre une unique prairie.

N

3 - des évolutions qui marquent le territoire


La fin d’un monde agricole Agriculture vivrière au marché mondialisé DES PRATIQUES QUI ÉVOLUENT La vallée de Munster, comme d’autres territoires en France, a vu son agriculture fortement évoluer. Même si la révolution industrielle n’a finalement impacté que très tard l’agriculture. En effet, c’est la démocratisation du pétrole et du moteur à explosion d’après-guerre qui a changé l’agriculture traditionnelle pour une agriculture mécanisée et industrielle. Au début du XXème siècle, l’agriculture de vallée est encore vivrière. L’habitat de la vallée, est éminemment agricole. Les cochons, les vaches, lapins, volailles sont élevés presque systématiquement par chaque famille, et chaque corps de ferme. Le bois de chauffe est récolté dans la forêt adjacente, descendu à l’aide des schlittes, les grandes luges de bois traditionnelles. Entourant les villages très urbains et denses, des vergers et des potagers produisent les fruits et légumes. Les pommes de terre sont d’ailleurs systématiquement plantées sur les deux versants, permettant toujours la réussite d’une des deux récoltes, limitant l’impact d’une saison humide ou d’une sécheresse. (Les deux côtés de la vallée : « sommersitt et wintersitt »). Jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale, la vallée est totalement autonome en nourriture. On peut s’étonner devoir que finalement, la florissante industrie textile

n’a que très peu modifié le mode de vie agricole. Les fermiers cumulaient un travail à l’usine, et les périodes agricoles creuses étaient l’occasion de travailler plus à l’usine. Le déclin de ce mode d’agriculture productive et individuelle, arrive avec la révolution verte de l’après-guerre. La mécanisation a décuplé les capacités d’un agriculteur. L’agriculture ne devient plus une subsistance, mais un métier unique. Le remembrement des parcelles, l’expansion urbaine, le paysage de la vallée changent rapidement. Les potagers laissent leur place à des cultures céréalières ou des pâtures. Les familles abandonnent progressivement l’élevage dans la bassecour. La production laitière et fromagère se professionnalise, les cheptels s’agrandissent pour compter environ 30 à 40 têtes. Selon l’INSEE, en 2015, sur l’ensemble, la communauté de commune de la vallée, 3,3 % des actifs sont des agriculteurs.

Une ferme fraîchement reconstruite après la guerre au pied du gaschney. Münsterthal : vallée de Munster

3 - des évolutions qui marquent le territoire

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Un habitat qui change de typologie Une évolution continue de l’habitat rural

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UN NOUVELLE FACON D’HABITER LA VALLÉE

LES FERMES-AUBERGES

Dans la continuité de la sociologie de la vallée, et la fin du monde agricole, l’habitat est explicitement l’expression spatiale de ce changement profond. En effet, la typologie de l’habitat, le paysage que formaient les villages avant-guerre, et leur organisation a fortement évolué. La typologie des bâtiments exprime une appropriation agricole, industrielle et artisanale au fil de l’évolution de la vallée. Les maisons de maîtres, les hôtels, les usines, les fermes et les bâtiments plus sobres constituent globalement le socle de l’avant-guerre. Parmi cette diversité, l’habitat le plus récurrent est la ferme monobloc, large, plus ou moins haute, et bordant la route. Elle servait à la fois d’un lieu de vie, et de lieu de production nourricière avec les différents animaux dans la cour. Derrière elle, c’était un espace réservé au potager puis au verger. Comme partout en Alsace, le toit est fortement pentu, pour éviter l’accumulation d’une trop grosse couche de neige. Un autre détail que l’on retrouve presque systématiquement, c’est un bardage métallique où différents matériaux plus modernes (Fibro-ciment , PVC.. etc) qui protègent la façade Ouest, exposée aux précipitations et aux vents frais. Dans les bâtiments agricoles, le bardage est souvent en bois, et entoure toutes les façades.

La ferme-auberge est un concept qui est né au 19ème siècle, dans la période romantique, lorsque les premiers randonneurs parcourent les Vosges et ses paysages. Dès lors, les fermes d’estive, servent des verres de lait, et quelques morceaux de fromage. Les fermiers passaient l’été isolés sur les crêtes, mais ces espaces de chaumes deviennent rapidement des lieux privilégiés pour la balade estivale des randonneurs. Ainsi, les fermes commencent à servir leurs premiers repas, le roïgabrageldi (pomme de terre, lardons, oignon, beurre et du vin blanc), les repas sont donc simples, et se composent largement de produits laitiers, le bargkass, le munster, parfois parfumé de carvi des Vosges, du fromage de chèvre. Le terroir et les plantes qui poussent sur les chaumes, notamment les myrtillers donne leur goût au lait et au fromage. Avec la création du Club Vosgien en 1872, et le référencement des sentiers de randonnée, et l’arrivée du tramway MunsterSchlucht, le tourisme augmente fortement dans les Vosges. Puis, dès la première guerre mondiale, les fermes auberges deviennent des abris stratégiques, particulièrement lors de la Grande guerre, qui détruit un grand nombre de ferme-auberges. Après la Seconde Guerre mondiale, le concept s’essouffle et est perçu comme «ringard». Le boom touristique plus récent redonne de l’intérêt à ce type de fermes.

3 - des évolutions qui marquent le territoire


1

2 d’avoir un espace plat. Le petit ruisseau qui descend la pente est souvent dirigé vers un « brunnatrog », un abreuvoir fait dans un tronc creusé. Cette typologie de ferme isolée concerne les pentes relativement pentues, quand la topographie est plus douce, le bâti peut changer de forme et d’orientation. Les fermes-auberges souvent situées sur les chaumes sommitales, ont une architecture plus contrainte par les vents forts que par la pente excessive. Leur architecture robuste est plus basse que les fermes isolées en pente.

(1)La ferme de village est un grand bâtiment, le plus souvent collé à la route. A proximité directe de la maison, on trouvait le potager et le verger. Des granges annexes abritait autrefois les animaux (2) La ferme isolée est un grand bâtiment, construit parallèlement à la pente. Le rez de chaussée est souvent réservé aux animaux, et les combles, accessibles depuis le contre-haut de la maison par un petit pont, permettaient le stockage du foin et de la paille. On retrouve aussi deuxième accès plus classique par le bas, avec un petit soutènement, qui permet

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La maison individuelle Conurbation des villages dans la vallée UN NOUVEAU MODE DE CONSTRUCTION

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L’après-guerre marque un tournant dans les manières de construire. La France, voit apparaître de nouveaux moyens de construction plus modernes, les parpaings, la brique creuse, et le béton. Ces outils de construction ont un large succès et deviennent la norme pour les constructions des années 60 - 70. Pour les rénovations et les constructions neuves, le parpaing permet une construction linéaire, facile, rapide et économique. Le paysage urbain de la vallée change. Les linteaux de grès rose, ou de bois, qui encadrent historiquement les portes et fenêtres des maisons disparaissent des nouvelles constructions. Parallèlement à ces nouvelles techniques de construction, c’est le changement profond du mode d’habiter qui va changer le visage de la vallée. L’influence grandissante de la voiture, l’inspiration de l’habitat américain, des maisons ouvrières anglaises, font de la maison individuelle une nouvelle façon d’habiter le milieu rural. La desserte voiture, un espace de parking sur la parcelle, un jardin d’ornement constitue la demeure idéale des années 70 à aujourd’hui. L’habitat traditionnel, tel que l’habitat fermier se mute en habitation, les grandes maisons se divisent en deux appartements, les granges de fermes en bois non utilisées sont détruites. L’après-guerre, période de forte croissante économique et démographique, voit les villages de la vallée s’agrandir avec la construction de nouveaux quartiers : des lotissements de maisons individuelles.

Le parcellaire est très différents entre le tissu bâti ancien et les extensions urbaines. La route était autrefois une proximité apréciée. Le tissu créé par les extensions cherche à s’écarter le plus possible de la route, qui représente des nuisances. Cadastre de Gunsbach- extension urbaine en haut. Cadastre de Walbach en bas, dans un tissus plus ancien.

3 - des évolutions qui marquent le territoire


Sur cette photo, on aperçoit une continuité de haies végétalisées, qui cachent des maisons individuelles. À gauche, un lampadaire rappelle un contexte plutôt routier, le trottoir aménagé à droite existe, même si son usage semble inexistant. À gauche également, une prairie occupe le fond de vallée. La présence du bouleau et le résineux s’explique simplement par une plantation ornementale. La salle communale au fond à gauche (enduit bleu) se pose presque à même la prairie. Un soutènement de pierre est visible. L’arrière plan montagneux est le seul élément qui peut nous aider à situer la photo. Aurait-on pu fabriquer un paysage encore plus générique que celui ci?

En 2012, 11,8 % du territoire alsacien était artificialisé, contre 10,9 % en 2000. La construction résidentielle et industrielle représente une large majorité de ce pourcentage.


Le village de Metzeral, à l’extrémité de la vallée de Munster

LE NOUVEAU PAYSAGE RURAL Les contraintes topographiques provoquent rapidement un étalement urbain important en fond de vallée. Auparavant, une séparation sans urbanisation marquait une distance entre les villages. La pression foncière pousse la formation de continuités bâties le long de certaines routes de la vallée, ce phénomène s’appelle la conurbation. Les limites des villages perdent largement en visibilité. Cependant, si cet habitat a contribué à loger les habitants et a fait venir des néo-ruraux dans la vallée, il n’augmente pas la démographie de la vallée. La densité urbaine se réduit. Le paysage change complètement. Autrefois, les entités se délimitaient visuellement, les villages denses étaient séparés par des prairies, des champs et des vergers. La conurbation a dilué l’habitation dans des surfaces plus larges, et les usages du foncier s’imbriquent. La lisibilité des espaces est plus compliquée. Un vieux verger précède un lotissement.

1907

2007

Comparaison de l’ancien et nouveau paysage rural réalisée sur une photo d’une carte postale ancienne 1907 et d’une photographie trouvée sur internet 2007


L’église du village

1907

Forêt

Champs et prairie

Espace de potager-verger

Prairie en pente

COMPARAISON PHOTOGRAPHIQUE

2007

Ces deux photos prises en plongée sur Metzeral, montre le champ et contrechamp, (l’église en rouge permet de se situer). Les deux prises de vue sont séparées de 100ans, et la grande guerre a largement détruit le village. On remarque une nette évolution des espaces périphériques au village. Le village du 20e siècle avait un usage direct de sa périphérie, avec des champs, des potagers, des vergers et des prairies. L’influence humaine s’exprimait alors sur la majorité du fond de vallée : un fond de vallée jardinée en somme». Les champs et potagers ont disparu. En 2007, l’habitat s’est largement étalé, et des espaces de pelouse, des linéaires de haies et des plantations d’arbres viennent se mêler aux interstices lâches qui séparent les maisons. La périphérie, quant à elle, semble désertée et la forêt vient toucher les zones urbaines, les champs ont disparu. L’influence humaine ne se lit qu’à travers l’urbanisation.

3 - des évolutions qui marquent le territoire

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Des paysages qui se ferment La vallée au fil du temps LA FORET QUI S’ÉTEND

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Le contexte de changement de forme des villages de la vallée est important, la fin d’un système agriculture-élevage familial et nourricier et l’évolution des emplois de la vallée. Tous ces changements ont engendré une modification du paysage de la vallée, et en particulier dans le fond de vallée, où la majorité des activités se concentrent. L’influence agricole et humaine se lisaient aussi dans les pentes, qui étaient parfois plantées de vergers, ou aménagées comme des espaces supplémentaires de pâture, avec des petites terrasses. La fin de la pression agricole sur ces espaces difficiles et peu adaptés à l’évolution du système agricole, a changé ces espaces. Le Fond Forestier National a largement subventionné la plantation forestière, après le constat à l’échelle nationale de la réduction des surfaces forestières, de l’érosion des pentes et la faiblesse économique de la forêt française. Dans ce contexte-là, des plantations régulières de résineux ont vu le jour, d’épicéa souvent (Picea abies) et parfois de Douglas (Pseudotsuga menziesii ). Ces plantations émergent sur certaines chaumières, sur les pentes et parfois dans sur les piémonts et même le fond de vallée. Ces forêts monospécifiques, se repèrent d’autant plus à l’automne, où leur uniformité verte ressort de la forêt naturellement boisée d’une hêtraiesapinière. Ces plantations ont donc limité la formation de friches, mais on fermé le paysage.

L’abandon des terres agricoles et la réduction drastique du pâturage dans la vallée a eu pour conséquence l’enfrichement de certaines terres. De manière globale, avec l’enfrichement naturel, et les plantations anthropiques, le paysage de la vallée s’est doucement refermé depuis l’aprèsguerre. Mais ce lien entre le pastoralisme et la forêt existe dès les premières installations sédentaires dans les Vosges. Le défrichement sur les chaumes est arrivé très tôt, et cela s’explique par une forêt clairsemée, peuplée d’arbres rabougris par le sol mince et le vent violent qui balaye ces sommets. La topographie des chaumes est relativement plane, le défrichement étaient donc largement facilité. Des charbonniers ont longtemps prospéré sur les chaumes et les forêts voisines. Le pâturage a contribué à l’ouverture de la vallée. Mais l’explosion de la démographie au 18ème augmente la demande en bois, qui est alors un élément de construction irremplaçable, et un très bon combustible. La coupe du bois par annelage (coupe du cambium) permettait aussi le commerce de l’écorce, vendue et utilisée par les tanneurs de Colmar. La première pénurie de bois arrive au milieu du 18ème siècle. Une ordonnance royale oblige en 1814 les constructions et reconstructions à se faire en pierre et non en bois ; le bois étant réservé à la charpente et à la couverture.

3 - des évolutions qui marquent le territoire


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N

Altmattkopf à coté du Gashney et l’évolution de son couvert végétal entre les années 50 et aujourd’hui. La commune est Muhlbach-sur-Munster. Photos issus du livre «Gashney-Hohneck-témoin du passé» de Jean-Marie REICH.


4 novembre 2018, depuis le Gashney, en regardant à l’est

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L’arrivée de l’automne fait ressortir les boisements de feuillus. Les landes se parent d’une couleur orangé. La nappe de brouillard vient porter les sommets allemands de la Forêt Noire. Devant moi les 3 piquets de chataigner me rappelle que les vaches étaient sur cette chaume il y a peu.

Le 19ème voit l’émergence du charbon du mine et du pétrole qui modifie complètement le paysage, le bois n’est alors plus une source nécessaire. La surface forestière augmente, et la baisse du pastoralisme participent aussi à la fermeture rapide des anciennes pâtures. Ces évolutions importantes du paysage de la vallée se sont ralenties avec la création en 1989 du PNR Ballons des Vosges qui aurait eu pour tout premier objectif de stopper l’enfrichement des surfaces pâturées, en maintenant cette activité agro-pastorale en particulier sur les chaumes, où prospère une riche biodiversité. Dès lors, l’évolution du paysage forestier est lente, aucun défrichement notable ne se produit, la forêt grandit lentement, et l’ONF, qui assure la gestion de la forêt publique, et représente environ 60% de la forêt de la vallée, prélève ponctuellement du bois, et procède à une régénération naturelle de la forêt. Aujourd’hui des taxes au défrichement existent, et protègent les boisements lorsque qu’un couvert forestier existe depuis plus de 30 ans. Cependant la DREAL, qui étudie les dossiers, est favorable à réouvrir certains espaces dès lors que la cohérence du projet existe. Les multiples propriétaires fonciers sont un autre limite à une vision globale et un projet cohérent.

3 - des évolutions qui marquent le territoire


2015

1955

En plus de la croissance naturelle des arbres existants, on remarque en haut à gauche et en bas à droite, des plantations forestières. Ci dessous, l’espace ouvert et pentu, qui liait la chaume sur la partie gauche de la photographie, et le village de Mittlach, s’est largement refermé. Cette fermeture semble naturelle, mais marque une frontière physique et visuelle entre le village et la chaume. Sur cette même photographie, on voit aussi la fermeture flagrante du fond de vallée. Visuellement, depuis le village, ce petit fond de vallée annexe s’efface complètement. Le fond de vallée se simplifie tel un unique embranchement par la fermeture de ces petits vallons annexes

2015

1955

N

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Le tourisme Le poids du tourisme en Alsace UN TOURISME CROISSANT

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L’Alsace s’affirme d’années en années comme un grand territoire touristique français. L’observatoire régional touristique clicalsace.com explique dans son rapport 2018, que 2 Milliards d’euros de dépenses sont faites par les visiteurs dans le territoire en une année. Dans la région Grand-Est, l’Alsace réalise la moitié des nuités hôtelière annuelles de la nouvelle région, avec 7,2 millions de nuités. Parmi ces nuits hôtelières, 41% sont d’origines étrangères dont la moitié est représentée par l’Allemagne, suivi de la Belgique, puis la Suisse. Ce tourisme international s’explique par le caractère frontalier de la région, ainsi qu’une forte attractivité des paysages de la région, diversifiés et pittoresques. D’autre part, les investissements conséquents qui permettent aujourd’hui à la région d’accueillir autant de visiteurs. Colmar est un grand pôle touristique, et sert de point d’accroche. A la suite de la visite de l’hyper centre de Colmar, les touristes se dirigent généralement vers les villages viticoles du piémont vosgien, où chateaux-forts et chaumes vosgiennes se montrent aussi attractifs. Cela est d’autant plus vrai pour les touristes étrangers, et qui font souvent partie d’un séjour touristique complet en Alsace, donc la moitié des nuits se déroule à Colmar. La Vallée de Munster a donc un tourisme de type « excursionniste ». L’Alsace est aussi devenue depuis peu le fruit d’un tourisme asiatique. 2 Le film d’animation « le château Ambulant » (2005 )dont les dessins sont inspirés des maisons colmariennes du réalisateur japonais a 1 permis à l’Alsace de rayonner en Asie. Une télé-réalité culinaire chinoise très populaire a été tournée dans un restaurant Colmarien en 2018, la saison 1 qui se déroulait en Thaïlande avait ainsi rassemblé 188 millions de téléspectateurs en Chine. Les retombées touristiques d’une telle émission seront notables dès la diffusion prochaine. Un complexe hôtelier malaisien a reproduit l’architecture du centre-ville de Colmar et d’Eguisheim au milieu de la forêt tropicale malaisienne,3 surplombée par la réplique du Haut-koenigsbourg. Aujourd’hui, l’office du tourisme colmarien aide les restaurants et les hôtels à traduire leurs grilles tarifaires, leurs recommandations, leurs sites internet en chinois et japonais.

1

2

3


Le tourisme de vallée INFLUENCE COLMARIENNE

UN TOURISME CLIVANT

Le tourisme est un donc un facteur économique important dans la vallée de Munster, et continue de grandir chaque année. Les excursions liées au tourisme de masse auquel est confronté Colmar, transparaissent légèrement dans la vallée de Munster. L’été, des bus remontent la vallée pour rejoindre les crêtes et les fermes-auberges, où les visiteurs découvrent les paysages ouverts. Cependant, ce tourisme « de masse » organisé et planifié ne représente que la minorité de la typologie touristique de la vallée de Munster. En effet, le tourisme le plus important est un tourisme local, un tourisme que les organismes spécialisés définissent comme « excursionniste » (c’est-à-dire des visiteurs qui profitent du site, mais ne passe pas une nuit dans celui-ci). Ainsi, tous les habitants plus ou moins proches de la vallée, profitent le temps d’une journée de ces versants forestiers, de ces chaumes ouvertes et de ces activités culturelles et sportives. C’est un tourisme qui est largement influencé par la météo. Il suffit d’un brouillard épais en plaine, pour que de nombreux Colmariens montent sur les crêtes pour surplomber la grisaille et retrouver le soleil. C’est un tourisme qu’on pourrait qualifier de « spontané ». Les jours fériés en Allemagne sont aussi l’occasion pour les allemands de venir profiter des restaurants des commerces de la vallée. Ce tourisme est surtout visible le weekend, lorsque les habitants de la plaine viennent profiter des nombreux sentiers de la vallée.

En fin de compte, on peut voir que le tourisme « de masse » forme un clivage dans le territoire et particulièrement dans la périphérie colmarienne. Il y a les villages très fréquentés et incontournables, qui profitent d’un afflux touristique très important, et à coté, d’autres villages, finalement très semblables, mais moins reconnus, qui ont une affluence bien plus calme et locale. La vallée de Munster reste quant à elle encore peu fréquentée en comparaison aux villages viticoles. Le tourisme « de masse » augmente dans la vallée et pourrait devenir un facteur important à l’avenir.

30 000 visites payantes en 2014 pour la maison du fromage de Munster

Photo de la maison du Fromage à Gunsbach

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Balade sur les chaumières entre le Hohneck et le Petit Hohneck, le 18 novembre 2018. 200 000 visiteurs par été au sommet du Hohneck selon le site de la réserve naturelle du Frankenthal-Missheimle, qui se trouve très proche de ce sommet.

On distingue l’Hotel Restaurant au sommet du le Hohneck. Le sommet culmine à 1366 mètres


Les activités hivernales LES STATIONS DE SKI La vallée attire également des visiteurs grâce à ses stations de ski en hiver. Chaque année, la route de crêtes se couvre de neige et devient une piste de ski de fond damnée entre le col de la Schlucht et le col du Calvaire. En plus de cette piste atypique, il existe plusieurs petites stations de ski alpin et nordique dans la vallée. Mais ce tourisme hivernal est balloté par un enneigement qui devient de plus en plus inconstant, et s’amoindrit d’années en années. C’est dans ce contexte-là que les propriétaires privés de la station du Gaschney ont annoncé fin 2018 l’arrêt de leur activité. Les pertes étaient trop importantes pour imaginer un équilibre financier. La station avait été rachetée 3 ans auparavant pour essayer de maintenir à flots cette station réputé très sportive, dont le premier téléski datait de 1954. Cette fermeture n’est pas rassurante et l’avenir des stations existantes dans la vallée de Munster, le tanet, le Schnepfenried et les trois fours, pose question. Les hivers Vosgiens sont de plus en plus doux, et avec de moins en moins de neige,

ce qui met à la mal la rentabilité des stations vosgiennes. Certaines stations vosgiennes se sont pourtant adaptées en investissant dans la production de neige à l’aide de canons, qui permet de réduire l’aléa de la neige, et d’augmenter la durée de saison hivernale. Une station comme le Lac blanc, un petit plus au Nord, s’est aussi diversifié en proposant de la descente VTT durant la saison estivale, utilisant les remontées mécaniques déjà existantes, et en créant des modules de bois pour la descente à vélo. Cette adaptation est l’une des clefs pour les stations pour assurer leur avenir. Dans la vallée, elles sont regroupées à travers un syndicat mixte d’aménagement des stations de montagne de la Vallée de Munster Hautes Vosges. Ce syndicat basé à Sondernach, reçoit des aides départementales ainsi que des aides de la communauté de communes de la vallée de Munster. La station de ski de Gaschney, est aussi une chaumière entretenue par la pâture des vaches l’été, mais le système skiable permettait aussi un contrôle de l’enfrichement. La fermeture de la station risque donc aussi d’en modifier le paysage.

La station du Schnepfenried. Les pistes se distinguent d’autant plus du couvert forestier lorsque la neige est présente.

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Scénarios tendanciels Un possible futur?

Chapitre A - l’histoire de la vallée


Le retour de l’industrie textile sur le devant de la scène est difficile à imaginer aujourd’hui, mais une typologie industrielle liée à la production forestière pourrait devenir possible dans le futur. Le prix des transformations explosent. L’immeuble de 11 étages qui sera inauguré cette année 2019 à Strasbourg sera le plus grand immeuble à structure bois de France. Seul le soubassement et le bardage seront respectivement en béton et métal. Le bois fait doucement son retour sur le devant de la scène en construction structurelle. Les maisons à ossature bois sont déjà une réalité, mais l’illustration d’un immeuble aussi grand prouve les qualités importantes de ce matériau devenu désuet dans la construction. Ces structures et planches sont issues de la technique du lamellé collé. Cette technique parfaitement maîtrisée, est réalisée par l’entreprise autrichienne KLH, signe aussi du retard industriel de la France en matière de seconde transformation du bois. Dans ce contexte, la vallée investit largement dans cette industrie dont la demande de production explose en France. Les modèles allemands, autrichiens et bien sûr norvègiens ont déjà fait leur preuve. Les révolutions forestières se raccourcissent, le bois très grand n’est plus rentable avec la technique du laméllé-collé. Les hectares de boisement sont maintenant matures, le potentiel boisé important alimente l’industrie de la vallée. Les coupes franches se suivent, et les nouvelles plantations forestières sont systématiques et linéaires. Le paysage de la vallée est marqué par l’industrialisation du produit bois. Une usine de papier pourrait s’implanter pour valoriser les déchets bois, et une chaufferie municipale pourrait encore réduire les déchets de l’industrie en chauffant toute la ville de Munster. La forêt n’est plus aussi agréable à la balade. Heureusement, certains secteurs sont préservés des coupes et des plantations résineuses. Les chaumes permettent d’admirer les traces acérées de cette nouvelle industrie qui marque la vallée.

3 - des évolutions qui marquent le territoire

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Les wagons du train sont complètement remplis en ce mardi ensoleillé de printemps. À l’arrivée du train, la foule marche vers le grand complexe hôtelier nouvellement ouvert au centre de Metzeral. L’hôtel est un vaste complexe thermal qui, grâce à sa piscine, et ses cours de tennis, accueille un tourisme de plus en plus nombreux. Les activités de la vallée sont multiples, de la luge d’été, du vtt, du parapente, et bien sûr les traditionnelles randonnées à travers les forêts et les chaumes. Le nouveau tramway à crémaillère qui remonte à la Schlucht depuis Munster permet à tous de profiter des crêtes en esquivant 3h de randonnée ou 20min de voiture. Les voitures sont d’ailleurs beaucoup moins présentes dans la vallée grâce aux emplois liés tourisme qui ont augmenté, profitant à l’économie de la vallée. Le domaine de l’agriculture profite aussi largement des retombées touristiques. Des jeunes éleveurs s’implantent dans la vallée, défrichant des vallons qui étaient couverts de forêt pendant plus de 60ans.

3 - des évolutions qui marquent le territoire


Les données économiques et sociales de la vallée de ces 20 dernières années montrent une tendance de fond, celle la fuite vers Colmar. Les emplois, les services, et les industries sont attirés par l’agglomération colmarienne, qui trône au milieu de l’Alsace, et s’imagine comme un carrefour entre la France et l’Allemagne. L’autoroute et le train, qui offrent une liaison directe vers Paris en 2h30 pour les plus rapides. Le dynamisme touristique et industriel de l’agglomération de Colmar s’accentue. La vallée est devenue au fil des années une vaste zone résidentielle, où les constructions se multiplient dans les larges dents creuses que les PLU décrivent comme zones à urbaniser. Les constructions neuves se juxtaposent et font du fond de vallée un long village résidentiel. Le train de la vallée est bondé aux heures de pointe. Sur la route aussi, les bouchons sont quotidiens ; illustration d’un important mouvement pendulaire. L’agriculture est mise à mal par cette expansion urbaine incessante.

3 - des évolutions qui marquent le territoire

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4

Vers le Projet


Vers le projet INTRODUCTION La vallée de Munster est un territoire attractif, elle attire aujourd’hui des touristes et de nouveaux habitants. La diversité de ces paysages est l’un de ces plus grands atouts. Le fromage est aussi l’un des produits emblématiques, qui a forgé la réputation de la vallée. Derrière le fromage, le long passé industriel a aussi été crucial dans le développement, économique, démographique et architectural.

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Cependant, ces éléments fondateurs perdent doucement leur lisibilité. La population de la vallée vieillit, et les nouvelles constructions permettent à peine d’équilibrer la démographie. La vallée attire, pour son cadre de vie, et non pas pour ses emplois. La vallée s’oriente doucement vers un lieu de résidence ou de retraite, mais le dynamisme locale s’effrite de la vallée s’effrite. Le tourisme devient un élément porteur, mais incertain. Une nouvelle émulation est possible pour la vallée mais elle devra émerger des ressources qu’elle est capable de produire, ou retrouver celles produites auparavant. En effet, l’évolution du mode la vie dans la vallée est flagrante. Il s’est généralisé et s’est désintéressé des ressources autrefois indispensables. Le paysage devient par endroit une simple ressource esthétique, et touristique.

À l’aube de la prise de conscience sur le changement climatique, sur une raréfaction des énergies fossiles, comment imaginer un futur durable pour ce territoire? Comment entretenir aujourd’hui ces paysages remarquables, et offrir de nouvelles ressources à ce territoire, pour qu’il jouisse d’un développement plus local et raisonné. Le projet doit utiliser tous les paramètres à sa disposition pour lutter contre cette simplification du paysage, et retrouver la cohérence d’un mode de vie adapté à une vallée vosgienne. Les potentiels sont importants dans la vallée, l’eau, les forêts, les chaumes, la démographie, les villages, l’architecture, le tourisme, le climat. Le projet doit donc s’articuler avec une vision transversale à tous ces éléments. L’idée centrale est de retrouver une cohérence territoriale pour la vallée, et d’axer son développement sur la diversité des ressources qu’elle est capable de produire.

4 - vers le projet


Sur cette affiche de 1925, l’artisanat, l’industrie, le commerce et l’agriculture sont sur un pied d’égalité et forme l’ensemble des ressources de la vallée. Cette diversité cohérente est une qualité vers laquelle le projet pourrait tendre.

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4 - vers le projet


Munster La ville de Munster est riche d’une histoire importante et tumultueuse. Souvent reconstruite, elle a su préserver quelques traces de son passé, comme les ruines de l’abbaye par exemple. La révolution industrielle a marqué la ville et toute la vallée. Les grands bâtiments de l’ancienne usine Hartmann du site du couvent font partie du paysage urbain. Leur lien à la ville Munster est d’autant plus fort que la proximité est grande entre les usines et le centre-ville. Lorsque l’on traverse la ville, ces deux entités se remarquent et se mêlent.

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Cependant, les usines ont perdu leur usage et leur animation d’antan. Les usines se murent derrière un grillage et une haie grandissante. La ville et les usines s’éloignent. Ces bâtiments majestueux représentent pourtant un potentiel important pour la ville, et pourraient accueillir des usages plus adaptés au contexte actuelle, et aux volumes des batiments. Il est vrai que ce lieu ne convient plus forcément à l’industrie, car trop proche des espaces résidentiels, et avec des accès compliqués à la route. C’est pour ces raisons que l’industrie actuelle s’est implantée en aval de Munster, dans une zone mieux desservie par la route, et plus proche de Colmar. Ces bâtiments anciens doivent aussi être conservés pour faire perdurer l’histoire industrielle de la ville et assumer son développement industriel passé.

L’ancien Hammer aujourd’hui. Seule la dalle et les murs extérieurs sont encore présents. La mairie projette la création d’une zone artisanale.

4 - vers le projet


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Les trois amers paysagers de Munster. 4 - vers le projet


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4 - vers le projet

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Munster, de l’industrie d’hier à l’industrie de demain

Retrouver l’usage d’une friche industrielle proche du centre ville. Assumer sa présence dans le paysage urbain. Retrouver un sens à sa présence et profiter de cette opportunité pour le développement de la ville.

1

Redonner des espaces publics entre l’industrie et le centre bourg. Retrouver un usage aux espaces de stationnement et leur pertinence. Renforcer la présence commerciale et dynamiser dans le cœur de la ville.

2

Mettre en scène le patrimoine industrielle Préserver le patrimoine bâti et la haute cheminé, visible depuis le lointain, et symbole de l’industrie à Munster.

3

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1


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5 4

4 - vers le projet

Concilier la présence d’industrie et du pâturage sur un même socle.

Imaginer l’expansion future de l’industrie et de l’artisanat en réutilisant les espaces disponibles, préservant de fait les espaces agricoles.


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N

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Metzeral

Le nouveau dessin d’une périphérie urbaine

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Le village de Metzeral a beaucoup évolué depuis la Seconde Guerre mondiale. Son urbanisation s’est largement étalée. Dans le même temps, ses abords ont changé de paysage : la majorité des vergers et potagers qui étaient présents avant guerre ont disparu. Ils ont laissé leur place à des extensions urbaines, ou des prairies, pâturées et fauchées. Ces prairies occupent la plupart des fonds de vallée, et leurs typologies est semblable, que l’on se trouve dans les vallons reculés et dépourvus d’habitation, ou entre les villages. Ces prairies sont très importantes, car elles maintiennent la production agricole, l’ouverture sur le grand paysage et les vues lointaines qu’offre la vallée de Munster. Cependant, leur présence à proximité directe d’une maison résidentielle semble incohérente et déroutante. Accentuant cette proximité non désirée, la maison s’entoure la plupart du temps d’une haie persistante qui l’isole, des vues respectives. L’enjeu pour le village de Metzeral est de recréer la transition entre les pâtures et le village, et de réécrire sa cohérence avec le socle. La perte de cette trame de vergers et de potager a réduit la diversité de productions de ce territoire, et a augmenté son attachement à des productions plus standardisées, plus universelles. Du point de vue paysager,

cette trame pourrait venir encadrer le village et marquer son entrée, en enrichissant le paysage et les ambiances. Aujourd’hui, les maisons individuelles jouxtant les pâtures donnent un rapport frontal qui peut sembler « pas fini ». Comme si le lotissement venait d’être construit, ou qu’il attendait la construction du lotissement suivant. Marquer et diffuser cette transition à l’aide d’une périphérie productive et végétale permettrait de redonner un cadre au village. Cette trame serait aussi l’occasion de recréer l’envie de produire à ses habitants, de conserver des variétés fruitières, et faire perdurer les gestes et des savoir-faire. Le cœur du projet de paysage réside dans la mise en valeur de son patrimoine bâti, qui dialogue avec le socle de la vallée. La valorisation des petites rues et passages du village draine une ambiance et une vision intéressante sur le village. Valoriser un habitat dense dans le centre bourg se justifie aussi par le fait d’y effectuer des déplacements plus doux, les services et commerces étant alors plus proche. Les dents creuses et les maisons vacantes sont donc un levier pour la croissance de la population de Metzeral, et l’opportunité de préserver des respirations végétales et ouvertes entre les villages.

4 - vers le projet


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Sur les hauteurs de Metzeral

4 - vers le projet


Le nouveau dessin d’une périphérie urbaine 1

Imaginer le parvis de la gare comme un lieu de multimodalité et d’intermodalité. Relier la gare au centre du village.

2

Urbaniser en priorité les dents creuses pour densifier la population du village. Encourager un centre bourg dynamique et vivant. Préserver des périphéries agricoles.

3

Valoriser le déplacement piétons dans le village. Créer de nouveau balisage pour découvrir les petites richesses du village. Mettre en avant les ouvertures sur le paysage lointain depuis certains passages.

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4 - vers le projet


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4 - vers le projet

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Réinvestir la périphérie du village avec une production fruitière et légumière. Inscrire l’urbanisme récent dans une entité urbaine cohérente et lisible.

5

Marquer les entrées dans la ville, par des vergers. Éviter les ruptures prairies agricoles - muret / haie - maison individuelle.

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Affirmer la présence des sentiers pédestres qui traversent la diversité des paysages de la vallée.

4 - vers le projet


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Les Chaumes

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Les chaumes sont des espaces ouverts, qui offrent des vues spectaculaires pour les visiteurs du territoire. Elles sont aussi l’expression paysagère de l’activité pastorale. Ce rapport entre le paysage et la production agricole pourrait être encore plus affirmé. La charte de l’AOP munster qui couvre 5 départements ne stipule aucunement la présence d’estives, ni de races de vaches spécifiques. Et l’appellation munster fermier nécessite seulement une production artisanale, et à base de lait cru. Pourtant, cette activité pastorale des chaumes devrait avoir un lien direct avec le fromage, réputé meilleur à l’été et au printemps. Valoriser ce paysage à travers le produit qu’est le fromage pourrait être judicieux, et affirmerait la nécessité d’inclure les chaumes dans le cycle agricole et la production laitière de la vallée. Le climat rude des chaumes vosgiennes est aussi particulièrement adapté à la pratique pastorale, le sol étant plus fin, et le vent plus intense, le développement de forêt y est plus fragile que dans les versants mieux protégés. Affirmer la présence des chaumes sur les sommets offrirait une meilleure lecture du paysage de la vallée, aussi bien depuis le fond de vallée, que depuis la chaume elle-même. Réouvrir certains boisements sur les sommets serait aussi l’occasion de redonner plus d’espaces à ces niches de biodiversité. Ainsi elles permettent de mettre en valeur les ressources : le fromage bien sûr, mais aussi l’arnica et les myrtilles par exemple, qui prennent leur place sur les chaumières de vallée de Munster.

4 - vers le projet


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Vue sur la vallĂŠe et le petit ballon depuis hohrod


La forêt

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La forêt représente une large surface dans la vallée, et une grande ressource. C’est à la fois un lieu pratiqué pour la balade et la randonnée, et un lieu de production. Montrer cette production forestière aux abords de ces sentiers permet d’affirmer la forêt comme une ressource. Les aménagements en bois, pourrait permettre de gérer mieux l’érosion de certains sentier très empruntés dans la vallée, en particulier sur les crêtes. Imaginer le tracé d’un nouveau sentier qui longerait des parcelles d’âges différent pourrait permettre aux randonneurs de comprendre la gestion et la croissance forestière dans les Vosges. Concernant les plantations forestières, afin d’ajouter de la diversité, il faut nécessairement en éclaircir le boisement, voir planter de nouvelles espèces. La régénération naturelle est importante pour la forêt et lui permet aussi une meilleure adaptation face au changement climatique en sélectionnant naturellement les arbres les plus adaptés. Sentier traversant des parcelles fraîchement prélevées, des espaces de lisières, des boisements jeunes et denses, et des boisements matures.

4 - vers le projet


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Forêt de lisière à proximité des chaumes. Des myrtilliers occupent les percées lumineuses.


La mobilité La mobilité joue un rôle primordiale dans la vallée. Elle inerve le territoire et permet le déplacement des ressources et des personnes. La mobilité est aussi un important facteur dans les émissions de carbone dans la vallée. Dans l’idée d’un mode de vie moins carboné, la question de l’offre de mobilité est donc indispensable. Aujourd’hui, le mouvement pendulaire est très important, et la voiture est largement majoritaire. Comment adapter la mobilité à ce fort mouvement pendulaire, et à un territoire fortement axé sur le fond de vallée, en encourageant l’usage de certaines infrastructures plus économe en énergie? La vallée de munster s’ouvre sur la ville de Colmar qui attire quotidiennement presque 40% des actifs de la vallée de Munster. La vallée attire aussi de nombreux urbain le weekend, et des touristes en été et hiver pour le de ski. La mobilité dans ce territoire, a une double typologie, à la fois celle d’un milieu rurale et touristique, et celle d’une périphérique de ville moyenne.

CHAUMES

100 FOND DE VALLÉE

MUNSTER

PLAINE

Chapitre A - l’histoire de la vallée


La voiture omniprésente La voiture reste l’élément de mobilité privilégié dans tout le territoire. La marche est majoritairement présente sur les Chaumes. Le train tout comme le camion, représente majoritairement l’axe Colmar-Munster Le train et le déplacement vélo offrent un potentiel de multimodalité. La rupture dans l’usage de la marche explique le trafic important de voitures pour rejoindre les Chaumes

Randonneurs

Cyclistes

Voitures

Camion

Train

CHAUMES 101

FOND DE VALLÉE

MUNSTER

+ épais signifie + d’usagers les hachures représentent un manque d’usagers / d’infrastructures

PLAINE COLMAR LES FORMES D’USAGES DE LA MOBILITÉ SUIVANT LES INFRASTRUCTURES DU TERRITOIRE

4 - vers le projet


Différentes infrastructures, différents acteurs L’idée du projet est le décloisonnement de l’organisation de la mobilité, pour la réfléchir de façon unitaire, et non pas par infrastructure. Les 3 infrastructures de mobilité les plus emblématiques de la vallée de Munster sont : Les sentiers de randonnées : gérés par l’association du Club Vosgiens. Les routes : gérées par le département et par les communes. Le train : géré par la région avec le soutien financier de l’état Ce constat rapide, permet de comprendre pourquoi la multimodalité et l’intermodalité ne sont pas facile à mettre en place. Les gestionnaires et décideurs sont spécifiques à chaque infrastructure. 102

Associations

ETAT

Communes

Communes

Associations

DÉPARTEMENT

ETAT

RÉGION

DÉPARTEMENT Commission mobilité

la mobilité

la mobilité

Actuellement

Projet

4 - vers le projet

RÉGION


Des initiatives à appuyer Réduire la force de la voiture dans la vallée, passera par une offre de mobilité plus riche, ou simplement plus adapté aux besoins qu’exigent ce territoire. Aujourd’hui certaines initiatives existent dans la vallée et montrent un dynamisme certain pour la mobilité. L’association écologique «Vallée de Munster en transition» a crée avec l’aide de la communauté de commune, des aires de «transi-stop» qui incitent au covoiturage à travers la vallée. L’initiative fonctionne plutôt bien, et a été reprise dans d’autres endroits en Alsace. -la navette des crêtes, et le réseau de bus existent -une piste cyclable descent toute la vallée, en longeant plus ou moins la voie ferrée. -le dense réseau de sentiers entretenus et crées par le Club Vosgien permet des randonnées partout dans le massif vosgiens -Le train, permet de relier Colmar à Metzeral en 40min environ, et dessert de nombreux villages de la vallée. 103

La multimodalité, c’est l’existence de plusieurs moyens de transport pour faire effectuer un trajet. L’intermodalité, c’est l’utilisation de plusieurs moyens de transport pour effectuer un trajet. Aujourd’hui, l’un des freins à l’utilisation massive des transports en commun, c’est leur flexibilité. Le maillage spatial et temporel ne répond pas toujours au plus grand nombre, en particulier dans les zones rurales. Si l’offre de mobilité peut mettre en commun un déplacement tout en permettant un réseau adapté au territoire et aux trajets dont il a besoin, c’est une réponse pour une économie d’énergie.


Conclusion

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Ces propositions de projets émergent d’une lecture personnelle du paysage de la vallée, et d’une réflexion menée à plusieurs échelles. La vallée de Munster porte une grande diversité et offre donc de nombreux potentiels leviers pour le projet. Il vise avant tout à renforcer la cohérence paysagère, culturelle et économique de la vallée ; dessiner et mettre en avant ce qui fait aujourd’hui la richesse de la vallée, que ce soit dans les villages, dans la forêt ou sur les chaumes. Marquer et redéfinir le paysage des périphéries des villages permettraient d’enrichir ce paysage et donner les pistes d’une nouvelle dynamique territoriale. Améliorer par exemple la transition entre le train et de nouveaux moyens de se déplacer dans la vallée, permettrai d’utiliser mieux cette infrastructure sous-exploitée. L’énergie dans la vallée est palpable, les initiatives voient le jour pour améliorer les déplacements, produire de la nourriture locale, réduire les déchets, en somme revenir à une sobriété et un usage des ressources que peut offrir la vallée. Le projet doit accompagner et appuyer ces initiatives en imaginant spatialement l’avenir de la vallée. La réappropriation des ressources du territoire permet de faire émerger une nouvelle dynamique, plus locale et nécessairement plus raisonnée, dans ces pratiques. Le paysage énergétique n’a pas été développé dans ce mémoire, mais la présence de retenue d’eau dans la vallée impliquera peut-être une production énergétique à l’avenir. Ce mémoire n’est qu’une étape dans le processus du projet. Il mentionne la découverte du territoire, les premières intuitions de paysagistes, et les directions du futur projet.

Breitenbach - Photographie de A.Peiffer - 2013

4 - vers le projet


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Chapitre A - l’histoire de la vallÊe

Le lac Altenweiher, au pied de la chaume du Firstmiss Commune de Metzeral


Références

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Le Luchtsingel, la passerelle en bois de Hofplein à Rotterdam - atelier zus.cc

Bibliothèque de l’IUT du Grillenbreit Colmar - TOA architecte associés


RĂŠhabilitation industrielle de la mine de charbon de Zollverein en Allemagne.

Affiche - superchezbro

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Bibliographie SITE INTERNET : INSEE - https://www.insee.fr/fr/accueil PNR des Ballons des Vosges - https://www.parc-ballons-vosges.fr/ Communauté de communes de la vallée de Munster - https://www.cc-vallee-munster.fr/ Sites communales http://www.metzeral.fr/ - http://commune.breitenbach.pagespersoorange.fr/ http://www.munster.alsace/ https://www.vallee-munster.eu/ Réserve Naturel du Frankenthal-missheimle http://frankenthal-missheimle.reserves-naturelles. org/ Vallée de Munster en Transition VMT - https://munstertransition.org/ 108

Société d’histoire du val et de la ville de Munster - http://www.shvvm.fr Ferme auberge du Haut Rhin - http://www.fermeaubergealsace.fr/index.php/fr/ Tourisme en Alsace - https://www.clicalsace.com/fr

FILM François Xavier Drouet - Le temps des forêts -2018

PHOTOGRAPHIES, DOCUMENTS ICONOGRAPHIQUE En l’absence de mention, et sauf mentions contraires, les photographies et dessins de ce mémoire sont personnelles.


OUVRAGES LIVRES Éric alonzo- 2012 - Dessiner la voie pour l’automobile, Marnes - document d’architecture Edition de la Villette Jean Hans Wehrey - 2017 - Une vie paysanne en Alsace - Vallée de Munster. Vandelle éditions Henry Nonn - 1997 - Ville et aménagement régional en Alsace édition la documentation française JC Rameau, D Mansion, G Dumé - 1999 - Flore forestière française - tomeII édition IDF Mathieu Rivat - Ces maires qui changent tout - 2017 - Actes sud

REVUS Alternative économiques Hors série decembre 2018 Les campagnes sont de retour.

ARTICLES, ÉTUDES, DOCUMENTS DE RECHERCHES olivier Barrière 2015 -Patrimonialisation de la pâture, entre marginalisation et valeur universelle Revue affiliée à OpenEdition - Éditions de l’EHESS Sylvaine Boulanger-Fassier - Les dynamiques des vignobles alsacien et jurassien : étude comparée (1950-2004) Rafael Matos-Wasem - Mobilité touristique et durabilité dans les Alpes suisses Institut Economie & Tourisme (Haute école valaisanne, Sierre) forum du développement territorial 2006 Gérard Beaudet - Les routes à thèmes 22-2 | 2003 : Téoros - Revue de recherche en tourisme Les routes touristiques à thème : entre marketing territorial et valorisation identitaire Déborah Closset-Kopp - Sylvigenèse de la hêtraie-sapinière dans le contexte vosgien

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Remerciements Ce mémoire est un travail personnel, mais est aussi le fruit de discussions et d’accompagnement. C’est pourquoi je tiens à remercier tous ceux qui m’ont aidé de près ou de loin.

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Merci à Pauline Forestier, pour ces nombreuses informations, Merci à Philippe Berger pour les questions de gestion forestière, Merci à mes professeurs encadrant, Marc Claramunt et Fred Maillard, pour leurs conseils et leur enthousiasme. Merci à mes colocataires, Kevin et Anatole. Merci à Mélina. Merci aussi à tous mes camarades présents à l’atelier de 5a.


La vallée de Munster Comment les ressources locales et les éléments patrimoniaux peuvent redevenir le socle durable de la vallée de Munster? Ce mémoire met en parallèle l’évolution du territoire de la vallée de Munster avec la production de ressources. Les paysages de la vallée sont depuis très longtemps sculptés par l’activité humaine. De l’agriculture à l’industrie, la vallée a traversé une histoire riche de rebondissements et de changements profonds. À l’aube de la prise de conscience sur le changement climatique, sur une raréfaction des énergies fossiles, comment imaginer un futur durable à ce territoire? Comment entretenir aujourd’hui ces paysages remarquables, et offrir de nouvelles ressources à ce territoire, pour un développement plus local et raisonné?

Valentin BURDLOFF Mémoire de fin d’étude

2018 -2019 3 rue de la Chocolaterie 41034 Blois cedex Tél. : +33 (0)2 54 78 37 00

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TFE - Mémoire ENP 2019 - Valentin Burdloff  

La vallée de Munster : Comment les ressources locales et les éléments patrimoniaux peuvent redevenir le socle durable de la vallée? Mémoire...

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