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Sommaire Intro : Ça coule de source / L’eau, élément vital Petit historique de la maîtrise de l’eau dans les Cévennes 1 - L’eau à la source 2 - De la source au captage 3 - Du captage à la maîtrise de l’eau 4 - Du captage à l’adduction 5 - Stocker l’eau 6 - Distribuer l’eau 7 - L’irrigation agricole 8 - Les moulins 9 - L’eau aujourd’hui : une ressource rare et en danger 10 - Sentier de découverte : les «trois Gourgues de Goutanière» et les «deux fontaines du Viala»

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Ça coule de source : l’eau, élément vital «Eau, tu n’es pas nécessaire à la vie : tu es la vie». Antoine de Saint Exupéry (Terre des hommes)

De tous temps, l’alimentation en eau a été une préoccupation constante des sociétés rurales : pour désaltérer les hommes, abreuver les animaux, irriguer les cultures, réguler les débits, des solutions techniques adaptées à chaque territoire furent trouvées. Les populations ont dû se donner les moyens de domestiquer l’eau pour leur propre consommation et pour les besoins de l’agriculture, comme en témoigne la multitude d’ouvrages hydrauliques présents sur Saint Martial. Par ailleurs, les contraintes climatiques, la raideur des pentes, le profil abrupt des cours d’eau, l’imperméabilité des schistes et des granites, la rareté des sols, sont autant d’éléments qui ont conduit les Saint Martialais à un important travail de remodelage des versants par la réalisation de terrasses afin de pouvoir exploiter la terre pour les cultures.

Ce paysage de terrasses, à flanc de montagne, construit avec des murs en pierres sèches a façonné le territoire cévenol au cours des siecles et a necessité d’ingénieuses techniques d’irrigation pour sa mise en culture L’eau, élément indispensable au mode de vie longtemps autarcique des Saint Martialais, est un point fort dans la vallée. Superficielle ou souterraine, en cours d’eau ou en cascade, apparente ou cachée, elle offre des havres de fraîcheur qui animent le paysage et qui restent à découvrir. Ce document veut évoquer les différentes facettes de l’histoire de l’eau dans la commune de Saint Martial, autour des rivières qui prennent leur source sur ce territoire, à savoir l’Elbès, l’Hoste et le Rieutord. C’est autour de ces trois rivières que se sont construites et organisées les activités des habitants, celles d’hier comme celles d’aujourd’hui.

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Historique La naissance d’une économie cévenole du Xème au XVème siècle.

Petit historique de la maîtrise de l’eau dans les Cévennes

Les vallées, riches en terre et en eau, attirent à partir du Xème siècle les moines bénédictins qui s’y établissent. La nature peu perméable des sols les contraint à mettre au point les premiers aménagements hydrauliques. A cette période, Saint Martial se construit autour d’un castrum auquel, dès le Haut Moyen-Age, s’ajoute un bourg qui porte alors le nom d’ El castel de San Marsal.

Les premières traces de peuplement humain dans les Cévennes gardoises remontent à la Préhistoire. A Saint Martial, on trouve encore aujourd’hui les témoins d’une présence humaine au néolithique. La région est ensuite successivement occupée par les Celtes (1er millénaire avant J.C.), les Romains (1er siècle après J.C.), les Wisigoths (Vème siècle après J.C.) et les Sarrasins (VIIIème siècle après J.C.). Ces vagues de populations ont marqué par leur présence le paysage cévenol.

L’eau, un élément essentiel de développement au XVIème siècle. A ce moment-là, débute un véritable essor économique qui s’accompagne d’une augmentation de la population. Se développe alors la plantation de châtaignier, de vigne et de seigle ainsi que l’élevage des moutons. La plantation de mûriers est par ailleurs encouragée par les autorités royales. L’eau est utilisée de manière de plus en plus intensive et les réseaux de canaux collectifs ou individuels se multiplient. C’est alors qu’apparaissent les premiers procès liés aux problèmes des tours d’eau et des droits d’eau entre usagers.

Mont Aigoual

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Une économie en crise au XXème siècle. De profondes mutations s’opèrent du début du XXème siècle jusqu’à la fin des années 50 dans les Cévennes méridionales. Le tissu industriel s’effondre, l’agriculture traditionnelle est en crise. On assiste à une déprise rurale. Le mode de vie autarcique disparaît en faveur d’une plus grande ouverture sur l’extérieur. Face au recul de l’industrie, l’agriculture devient alors la principale consommatrice d’eau : elle seule utilise désormais les aménagements hydrauliques tels que les canaux. Toutefois l’agriculture rencontre des difficultés : la maladie du châtaigner fait chuter la production, le marché de la viande ovine n’est plus rémunérateur et la sériciculture s’effondre. C’est ainsi que les arbres fruitiers remplacent peu à peu les mûriers. Les terrasses arrosables par une source ou un valat sont consacrées au maraîchage. La culture de la «raïolette» (oignons doux des Cévennes) connaît un développement inattendu et prometteur. Menhir au col de l’Elbès

Terrasses d’oignons L’apogée des Cévennes du XVIIIème siècle à la fin du XIXème siècle. L’économie se porte bien et l’eau fait partie intégrante de ce système en relatif équilibre. On qualifie cette période d’«Age d’or des Cévennes». L’eau représente un élément fondamental de la vie cévenole, sa maîtrise atteint un degré poussé dans les domaines de l’irrigation et de son utilisation comme force motrice. Dans la vie quotidienne, l’eau reste toutefois problématique : l’homme doit concilier la maîtrise de cet élément indocile (crues, orages violents, glissements de terrain…) avec des besoins toujours croissants. A Saint Martial, cette période faste est marquée par l’élevage de vers à soie ou sériciculture. Ainsi, les cocons élevés sur la commune alimentent les filatures de Ganges dont le rayonnement est national.

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1 - L’eau à la source Nature géomorphologique des sols de St Martial La commune de Saint Martial a une position unique et originale : elle est située sur un socle géologique qui laisse apparaître deux types de roches : les granites et les schistes. La nature et les caractéristiques propres à ces deux types de roches expliquent l’apparence que va revêtir l’eau (eaux souterraines, valats, torrents…). En effet, la pénétration des eaux de précipitation dans le sous-sol est fonction de la perméabilité de ce dernier.

Le granite est une roche imperméable, sa capacité à stocker et à être le siège d’écoulement d’eau souterraine est conditionnée par l’état de fracturation et d’altération de la formation. Le secteur granitique se caractérise ainsi par la présence de nombreuses sources de débits modestes qui donnent naissance à un chevelu de cours d’eau dense, appelés valats. Des vallées profondes sont creusées au sein du granite. La pente est forte et les ruisseaux y tombent en cascade. Sur les versants, le granite qui émerge de la végétation se présente sous forme d’aiguilles ou falaises importantes. Notons enfin que d’un point de vue qualitatif, l’eau issue de ces massifs granitiques est généralement peu minéralisée et agressive.

Cascade du Blaquisse, affluent du Rieutord. Mont Liron

Les sources, résurgences des nappes souterraines L’eau se présente sous deux formes : les eaux souterraines sous forme de nappes et les eaux superficielles sous forme de rivières. On appelle résurgence le point de réapparition des eaux souterraines issues de la restitution des eaux d’écoulement. La forme de résurgence la plus connue est la source.

Le schiste est une roche généralement peu perméable. Les terrains schisteux donnent naissance à de nombreuses sources à débit modeste. Certaines sont exploitées pour l’eau potable, comme c’est le cas à Saint Martial. Les schistes imperméables ne recèlent donc pas de nappes souterraines mais donnent naissance tout comme le granite à des ruisselets ou de forts torrents aux débits irréguliers, fluctuant en fonction de la pluviosité. Ces cours d’eau encaissent la roche et forment des sillons et «mouilles» appelés «marmites» ou gours.

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Les valats : de la source à la rivière Le réseau hydrographique de Saint Martial est constitué d’un chevelu de ruisseaux appelé valats qui alimentent les deux rivières principales de la commune : le Rieutord et l’Elbès. Le Rieutord prend sa source à 960 mètres d’altitude dans la montagne du Liron et débouche après 23 kilomètres de parcours en rive gauche de l’Hérault, juste à l’aval de la commune de Ganges. Ses colères torrentueuses sont craintes sur tout son parcours. En effet son débit est très irrégulier, passant rapidement du mince filet au débordement ce qui peut provoquer des inondations et des dégâts considérables. Ceci s’explique par le fait que c’est un cours d’eau de type méditerranéen, torrentiel à caractère semi-montagnard. Chaque été, le Rieutord et ses affluents connaissent de sévères étiages au contraire des périodes du printemps et de l’automne où leurs débits augmentent considérablement. Le bassin versant du Rieutord est situé dans l’ensemble que constitue le haut bassin de l’Hérault. La vallée du Rieutord est composée de trois parties de communes : Sumène, Saint Martial, et Saint-Roman de Codières. L’origine du nom du Rieutord se trouverait dans la langue provençale : «rieu» signifierait rivière et «tord» viendrait de Tortus, torte ou sinueuse ce qui correspond au tracé du cours d’eau. Le cours d’eau a pris le nom de Rieutord au XVIIIème siècle. Auparavant, le cours supérieur s’appelait la Torte, le cours inférieur, l’Ensumène. On peut signaler qu’à l’est, le Rieutord reçoit le ruisseau du «Pradeyret» sous les Aumèdes.

l’Elbès.

L’Elbès prend sa source au dessus du col de Bès, traverse la commune du nord au sud et se jette dans le Rieutord au lieu dit le «Poteau». Dans le milieu de sa course, au sud du village, il reçoit l’Hoste. Le travail de creusement de ces deux rivières à leur confluence a sculpté l’éperon rocheux sur lequel s’est établi le village. Notons qu’il y a environ deux siècles, l’Elbès portait le nom de «Balcouze», comme le confirme G. Durand dans son dictionnaire topographique. Ce réseau hydrographique est fragilisé par deux phénomènes principaux : faible superficie des bassins versants, pompages directs dans les cours d’eau.

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2 - De la source au captage La nature particulière des sols de Saint Martial explique une présence sporadique d’eau. Encore faut-il savoir la repérer avant de l’exploiter. Divers éléments tels la nature du sol, son humidité, les vapeurs qui s’en dégagent, la végétation qui y croît, permettent de repérer les sites où la nappe d’eau affleure. Couramment, la recherche des nappes souterraines non mises en évidence par un exutoire naturel était confiée au sourcier ou fontanier. Les méthodes de recherche employées par ces

Captage des nappes souterraines Les eaux infiltrées dans des failles ou dans des sols perméables de recouvrement peuvent être arrêtées par une paroi imperméable, généralement de quartz ou de shistes à fort pendage et forment des petites nappes verticales. L’exploitation de ces nappes souterraines peut se faire de deux façons suivant la nature du sol et du relief : par creusement de puits verticaux (forages) ou par creusement de galeries souterraines horizontales (mines d’eau) atteignant la zone d’eau libre de la nappe, ou par captation des exutoires naturels (sources).

Bassin vouté. Rives de l’Elbès.

fontaniers peuvent être de deux sortes. La première est la méthode pendulaire. Le fontanier utilise souvent comme pendule sa montre personnelle. La présence d’eau est signalée par la mise en mouvement du pendule ; l’amplitude de l’oscillation est fonction, suivant les sourciers, du débit ou de la profondeur de la nappe. L’autre mode de recherche se pratiquait avec la «baguette», pièce de bois de figuier ou de noisetier qui tourne dans les mains du sourcier. La présence de l’eau est ainsi marquée par un mouvement horizontal.

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Les forages destinés à l’alimentation en eau potable posent souvent des problèmes tant de qualité et de coût de mise en place de périmètres de protection, que de quantité, en période d’étiage où les besoins sont accrus (activité agricole et touristique…). Sur la commune de Saint Martial un forage a été réalisé au niveau de l’Elbès en 1991 pour l’adduction d’eau potable. Il est situé dans le val de l’Elbès à 420m d’altitude et sa profondeur est de 58m. Il recoupe 9m d’arènes granitiques et de granite altéré, puis du granite massif, fortement fracturé entre 25 et 48m. Cinq venues d’eau ont été observées. La première, la plus faible se situe dans l’horizon altéré du granite, les suivantes, plus importantes se situent dans la zone de granite fracturé.

Les mines d’eau sont de véritables galeries drainantes creusées dans la montagne pour recueillir, goutte à goutte, au dessous d’une faille, l’eau d’infiltration qui se dirigera, suivant la déclivité de la galerie, vers un bassin aménagé à l’ouverture. Les sources sont fréquemment repérables par de petits ouvrages qui protègent ces captations des eaux superficielles, de la faune et de la flore extérieure. Une réserve d’eau est couramment construite à la source même appelée «gourgue». Des conduites sont utilisées pour transporter l’eau sur le lieu de consommation. Hier, elles étaient creusées dans des troncs de châtaigniers, canalisées dans des conduites en terre cuite, ou maçonnées (aqueducs), aujourd’hui, les tuyaux ont remplacé ces différents supports.

Collecte des eaux de ruissellement Lorsque l’eau souterraine était trop difficile d’accès, c’est l’eau de pluie qui était récupérée et stockée. Chéneaux et gouttières étaient donc mis en place pour collecter l’eau qui tombait sur les toitures et pour la conduire jusqu’à une citerne souterraine construite sous la maison ou à côté. Quelques rares exemples ont été signalés dans le village. Gourgue au mas de Goutanière.

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3 - Du captage à la maîtrise Soit en construisant des terrasses ou traversiers derrière des murs de soutènement qui atteignent parfois 2 à 3 mètres de haut et qui retiennent la terre destinée aux cultures, tout en constituant des sols meubles propices à contenir des réserves hydriques. Soit en coupant la pente avec des murets créés par la main de l’homme qui font converger les eaux de ruissellement vers les valats naturels ou vers les robinas, destinés à leur évacuation. Ces murets permettaient aussi de retenir la terre pour que les arbres puissent bénéficier d’un sol plus profond, mieux apte à conserver l’eau d’infiltration. Quand ces dispositifs ne suffisaient pas, si la pente était trop forte, l’eau les traversait encore en cascade : on construisait alors des aigadiers ou trencats : des tranchées légèrement inclinées par rapport aux courbes de niveau qui canalisent le ruissellement vers l’exutoire le plus proche et de là dans le ruisseau.

L’eau peut devenir un élément hostile si elle n’est pas maîtrisée. Les cévenols ont appris à la gérer au fil des saisons soit en se protégeant des fortes précipitations («épisodes cévenols») qui entraînent des crues brutales soit en l’économisant en période sèche. De nombreux ouvrages témoignent de ce travail de maîtrise de l’eau au cours des siècles.

Les ouvrages de protection

Pour canaliser les eaux de ruissellement : Conjuguée à l’existence d’un relief accentué, la violence des pluies engendre un ruissellement qui a une puissante force d’érosion. Les eaux de ruissellement auraient entraîné au fond des vallées toute la terre cultivable si des mesures n’avaient pas été prises pour structurer l’espace afin d’y rendre l’érosion moins dévastatrice.

Mas du Bès.

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ravinement et l’érosion du lit de la rivière, et facilitant la perméabilisation des sols adjacents. Ainsi, les berges étaient protégées des crues par tout un système d’épis, des sortes de digues légèrement inclinées par rapport à l’axe de la rivière, évitant ainsi aux crues d’emporter les terres des berges occupées en prairie ou en plantation de mûriers. Aux endroits les plus vulnérables, les hommes ont construit de grands murs qui étaient destinés à protéger la terre d’une berge en renvoyant l’eau sur l’autre rive. Pour éviter leur dégradation, ces ouvrages, nombreux sur le Rieutord, étaient parfois caladés.

Les ouvrages de protection

Pour contrôler ruisseaux et rivières : Les crues résultent de précipitations très fortes. Ainsi, les cours d’eau sont équipés de petits barrages écréteurs qui permettent de ralentir la vitesse d’écoulement des eaux en périodes de crues et de retenir les matériaux arrachés aux berges. Les ruisseaux sont donc de véritables successions de barrages, tancats ou rascaças, construits soit avec d’énormes blocs de granite soit dans le schiste en appareillant la pierre sur champ, en délit, pour plus de resistance. Ces barrages ou tancats constituent aussi des prises d’eau pour l’alimentation des canaux d’irrigation. Traditionnellement, il était coutume de curer la terre derrière ces retenues pour la remonter sur les terrasses, dans des paniers appelés terrairaus. Les tancats ont en plus une influence sur l’hydrologie et sur les transports solides évitant ainsi le

Païssière sur l’Elbès au lieu dit Triaire.

Parement en délit, pierres de schiste sur champ.

Païssière sur le Rieutord au lieu dit La Roquette. 11


4 - Du captage à l’adduction passage étroit et rocailleux de la rivière. Ils étaient le point de départ obligés des canaux (béals).

A Saint Martial, l’eau a fait l’objet d’aménagements de qualité pour la franchir, la border, la conduire, en un mot l’apprivoiser.

Ces béals d’origine très ancienne, simples ruisseaux creusés dans la terre ou dans la pierre, peuvent aussi être maçonnés, parfois busés. De plus faible déclivité que la rivière, le béal permet d’amener l’eau sur de longues distances, en des points d’altitude supérieure à celle de la rivière. Afin que le béal conserve un dénivelé régulier, des ponts-aqueducs ont été construits pour franchir des dépressions ou des cours d’eau.

En effet, des ouvrages hydrauliques assez conséquents permettent aux Saint Martialais d’utiliser leur ressource en eau : il s’agit d’un système complexe de prises d’eau sur la rivière (païssières) et de canaux (béals). Les prises d’eau reposaient sur des barrages (païssières) construits le plus souvent dans un Païssière de la Clède de Roque (en été)

Païssière de la Clède de Roque (à l’automne)

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Un dispositif parfois complexe de béals et de vannes (esclafidous) permettait d’irriguer plusieurs sites Prise d’eau du béal de la Clède de Roque.

Béal sur l’aqueduc de Mattal. Les canaux étaient faits de pierres sèches avec des rebords en terre battue. La construction des canaux nécessitait de grands travaux qui pouvaient durer de 5 à 6 ans. Chaque propriétaire acquérait son droit d’eau par sa participation financière à la construction du béal. La somme était proportionnelle à l’étendue du terrain à irriguer.

Enfin, l’aménagement des rigoles de drainage (aigadiers ou trencats), souvent caladées, sur les chemins ou dans les prés complétait ce dispositif.

Pont aqueduc de Gorgue.

Aqueduc sur le Rieutord à la Clède de Roque.

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5 - Stocker l’eau - Dans la vallée de l’Elbès on trouve principalement des bassins dits traditionnels. Leur volume varie de 5 à 130 m3. Ils sont construits, selon leur ancienneté, en pierre ou en béton. Ces bassins traditionnels sont souvent alimentés par des sources ou bien raccordés à une pompe placée dans la rivière ou sur une prise d’eau.

Une fois canalisée, l’eau devait être amoureusement stockée afin d’éviter le manque en période d’étiage. De ce fait, dans la commune de Saint Martial, on recense différents types de bassins de stockage selon leur fonction.

Captage d’une source à l’intérieur d’une gourgue.

Ainsi, dans le domaine agricole, les gourgues étaient des bassins que l’on remplissait la nuit. Une fois remplis, le jour venu, ils servaient à l’irrigation de jardin Outre les gourgues, petits bassins situés à la source, on trouve dans le domaine agricole d’autres types de bassins de stockage des eaux qui diffèrent par leur mode de construction et leur volume. Gourgue au mas de Goutanière.

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- Le «bassin bâche» constitue le second exemple de retenue d’eau le plus courant sur Saint Martial. Ces bassins de gros volumes, alimentés par des sources ou par des eaux de ruissellement, permettent de stocker l’eau durant les périodes où la ressource est importante et donc de bénéficier d’une réserve suffisante pour irriguer les cultures durant les périodes estivales.

l’habitat groupé au bourg et l’habitat dispersé constitué de nombreux mas et hameaux. Ainsi, à chaque type d’habitat correspond des techniques de stockage différentes. Les mas possèdent bien souvent une source à proximité de la maison. Mais l’été, le débit des sources baissant considérablement, oblige les habitants du lieu à des économies d’eau draconiennes.

Pour l’usage domestique, il était tout aussi important de stocker l’eau, afin notamment de s’éviter une corvée d’eau trop importante. A Saint Martial deux types d’habitat existent :

Enfin, il est intéressant de se pencher sur l’usage industriel de l’eau notamment à travers l’exemple des moulins à eau. Là encore, la notion de stockage est très importante : le resclauze, qui provient du verbe resclauzar qui signifie moudre par éclusé en langue d’oc, est un bassin de retenue qu’on lâchait, dès son plein, sur l’organe moteur du moulin lequel pouvait alors effectuer une mouture.

Bassins collinaires.

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6 - Distribuer l’eau potable Les fontaines sont aussi un lieu de légendes : Il y avait des lieux où on disait qu’il ne fallait pas boire l’eau, comme la fontaine de «Jeanjean». Les anciens mettaient les jeunes en garde «ne buvez pas l’eau car elle vous sang glacera», exprimant ainsi le risque d’hydrocution si cette eau était consommée. Une autre tradition ancienne concerne une fontaine sur le col des fosses, sur la commune voisine de Colognac. Durant les années de sécheresse, il fallait que trois jeunes filles vierges se rendent à la fontaine de Saint Martin et la vident. Une fois vidée la pluie revenait.

L’eau, élément vital, devait couvrir à la fois la consommation domestique, celle du bétail (de nombreux ouvrages étaient aménagés en abreuvoir, à l’aval de la partie servant aux habitants) et permettre l’irrigation des jardins et des vergers situés à proximité des noyaux habités. La présence de ligne de sources et leur recherche pour l’implantation des maisons expliquent la coexistence de plusieurs formes d’habitat sur Saint Martial : le village, «habitat groupé» autour de l’église, ensuite les hameaux et les mas, «habitat dispersé».

Mas et hameaux Les mas et les hameaux sont constitués de quelques maisons regroupées (le Viala, CabaneVieille, Camboulon, Fougayrole, Campauriol, Isserviel, Canduron-et-Liron, Mont Sumuech, la Marre), établies à proximité d’un point d’eau : source ou ruisseau. L’eau captée est stockée dans des réservoirs, les gorgas.

Village Au début du XXème siècle, les maisons n’étaient pas équipées en eau courante. Les points d’eau étaient proches, mais certains parfois se trouvaient éloignés des habitations. Les femmes et les enfants se relayaient pour la corvée d’eau au moyen de seaux et de cruches. Les fontaines ont ensuite été construites pour améliorer le quotidien de la population, assurer le minimum indispensable. Avant la guerre de 1914-1918 , l’eau a été amenée dans le petit bassin appelé le «griffe» qui coule aujourd’hui à côté du café restaurant. Vers 1925, la seconde arrivée d’eau au bourg s’est faite par la construction d’un réservoir situé à côté de l’Eglise. La commune, face au manque d’eau, avait acheté une source plus importante au pied du col de la Tribale. Ce réservoir desservait alors 5 fontaines dans le village et cela jusqu’au début des années 1960, date à laquelle l’eau a été distribuée dans les maisons par un réseau communal. Il ne faut pas oublier que ces fontaines (fonts) constituaient un élément fondamental de la vie sociale, en tant que lieux obligés de rencontres et d’échanges. C’était le point d’eau où chacun venait puiser, au moins une fois par jour, pour les usages de la vie quotidienne.

Le «griffe», 1er point d’eau public au village avant 1914-1918.

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Les usages de l’eau pour la vie domestique

Les aménagements modernes Dans la deuxième moitié du XXème siècle, l’installation de l’eau courante, l’équipement en matériel électrique, l’usage de produits chimiques ont allégé considérablement le travail de la femme et supprimé peu à peu les corvées des enfants. Depuis les années 1960, l’adduction en eau courante a été effectuée de manière générale dans les villages et hameaux et les systèmes traditionnels sont tombés en désuétude. C’est le cas à Saint Martial où en 1960, l’eau arrivait enfin dans les maisons du village1. La source mère étant insuffisante, les pompiers venaient l’été pour remplir le réservoir réalisé en 1925. Il a donc fallu mettre en place un forage qui a été réalisé dans le bas du village à la jonction du granite et des schistes, sur la faille géologique qui part du col de la Tribale, descend à droite du village et va rejoindre le col de la Croisette.

La corvée d’eau était un perpétuel manège pour maints usages dans la maison (cuisine, lessive) et les réserves s’épuisaient vite. Comme chaque foyer disposait d’un petit élevage, le besoin en eau des bêtes s’ajoutait aux nécessités domestiques. Dans la maison, l’eau était stockée dans des seaux ou versée dans une grande marmite, ou un quelconque récipient collecteur équipé d’un couvercle. La lessive : l’eau courante n’existant pas à la maison, il était impossible d’amener les trop grandes quantités nécessaires pour la lessive. Le linge était donc mis à tremper avec le savon pendant une nuit ou une journée, puis, après avoir vidé l’eau de trempage, les femmes descendaient avec la bassine pleine de linge jusqu’à la rivière, ou jusqu’au lavoir, pour terminer l’opération de lavage et procéder au rinçage. Selon les endroits et en fonction de l’espace disponible au bord de l’eau, les femmes («avec leurs filles quand il n’y avait pas classe») se regroupaient pour la lessive. Cela leur donnait l’occasion de communiquer, d’échanger.

Pour le réseau d’adduction d’eau potable de SaintMartial, les points de captage sont donc les cinq sources (10m3 par jour) et le forage. Dans les années 90 ce forage a été mis en service pour assurer les besoins croissants en eau du bourg. Il est utilisé durant l’été (demande plus importante due à l’augmentation de la population estivale), du mois de juillet jusqu’à la mi-septembre. Le volume total de stockage pour ces deux captages est de 270 m3 avec deux réservoirs de 100 m3 et de 60 m3.

1- Le coût d’adduction d’eau potable s’élevait à 80 000 Nouveaux Francs (118 400 € environ) , financés pour moitié par «une subvention de l’Etat en capital, et pour l’autre par un emprunt à la Caisse des Dépôts et Consignations» (Conseil municipal du 19 janvier 1961). Il en coûtera au final 79 885,07 Nouveaux Francs bien que le nombre de raccordés réels (63 maisons) ait dépassé les prévisions…

Une des cinq fontaines

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7 - L’irrigation agricole matrices d’eau de sorte que l’irrigation dans les parcelles a toujours été une pratique très réglementée. Les canaux qui alimentaient les terrasses pouvaient être ouverts en plusieurs endroits. Le nombre de ces ouvertures était dicté par l’acte notarié de partage de l’eau. Il n’est pas rare pourtant de constater qu’un propriétaire avait plusieurs «heures d’eau» dans la semaine mais l’acte obligeait les propriétaires à irriguer d’une certaine manière et ils devaient s’y tenir. Dans le cas contraire des gardes avaient un droit de sanction sur les contrevenants. L’irrigation d’une parcelle se faisait à l’aide d’une béalière ou besalière encore appelée «canal de descente», faite en terre ou en pierres. Elle marquait des saignées dans le sol où l’eau s’engageait et se divisait pour irriguer les plantes.

Depuis longtemps, le mode de vie cévenol est défini comme autarcique. Saint Martial par son enclavement bien spécifique n’a pas dérogé à la règle ce qui a placé longtemps l’agriculture comme mode de vie dominant. La physionomie du territoire a entraîné deux types de surface agricole. Le long des rivières d’abord : les près étaient largement exploités, ils fournissaient du foin pour les bêtes et des fruits pour les hommes. Les terrasses ensuite appelées «traversiers» recevaient des cultures variées : céréales tel le seigle réputé pour son adaptation aux terres froides, vignes, oliviers et, dans les potagers, légumes de base : (aubergines, chicorée, laitues, haricots, poivrons, pommes de terre). Depuis 1830, l’oignon doux ou «raïolette» est devenue la culture principale.

Chaque irriguant venait chercher l’eau à son heure à la dernière vanne de la parcelle voisine et il «tournait» ensuite chez lui. L’heure était tenue par une seule personne dans le village qui avait «l’heure vraie» calquée sur les horaires solaires. Les parcelles étaient délimitées par des marques frappées dans la roche afin que les agriculteurs ne se trompent pas. Chaque agriculteur avait un poinçon particulier car les clôtures ne sont apparues en France qu’à la fin du XVIIIème. Pour tourner l’eau, la personne fermait la dernière vanne du voisin en replaçant la pierre qui servait de barrage dans la prise. Ensuite, il rassemblait quelques feuilles et de la boue pour colmater les fuites, il en faisait de même chez lui. L’outil essentiel du propriétaire irriguant était la pelle.

Terrasses d’oignons et son système d’arrosage. En effet, la nature du sol confère à cet oignon une douceur particulièrement recherchée par les consommateurs. Sur Saint Martial, cette culture constitue aujourd’hui l’activité principale des agriculteurs, qui bénéficient de l’AOC*«Oignons doux des Cévennes» (2003), d’une AOP** (2008) et de la labellisation par le Ministère de l’Environnement du «paysage de traversiers à raïolette» (1992). Cette production a en effet un impact riche en couleur sur le paysage, et contribue à l’entretien des traversiers. Toutes ces cultures sont particulièrement consom-

De nouveaux systèmes de stockage et d’irrigation viennent prendre le pas sur ces anciens ouvrages hydrauliques. La construction de retenues collinaires destinées à stocker des volumes d’eau vient compenser les faibles débits d’étiage des cours d’eau en été. En effet, la loi sur l’eau du 3 janvier 1992 interdit le pompage de l’eau des rivières en période d’étiage lorsque celles-ci ont atteint le seuil fixé par la loi. Cette même loi soumet à déclaration ou autorisation préfectorale les

* AOC Appellation d’origine contrôlée **AOP Appellation d’origine protégée

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prélèvements d’eau dans les rivières et les nappes d’accompagnement du cours d’eau, en fonction du % du débit d’étiage prélevé. Par ailleurs, la loi «pêche» de 1984 impose au droit de tout ouvrage en rivière ou pour tout prélèvement d’eau dans le cours d’eau, le maintien d’un débit minimal dans le cours d’eau pour garantir la vie des espèces présentes. Ce débit dit débit réservé ne peut être inférieur au 1/10ème du débit moyen interannuel (article L. 214-8 du code de l’Environnement).

rivière n’était plus la propriété du seigneur ni celle du roi ce qui permettait aux propriétaires riverains d’en bénéficier amplement. Chacun de ces règlements faisait suite à un droit coutumier. Le partage des eaux se faisait en minutes, en heures voire en demi-journée ou journée (plus rarement). Le calcul des heures était fonction de la surface de terres à irriguer. Chaque parcelle possédait un nombre d’heures déterminé ad vitam eternam. Les propriétaires des parcelles en début de canal payaient leurs heures au prix normal ; à l’inverse ceux dont les terres se trouvaient en bout de canal les payaient souvent moins cher car l’eau y était plus rare en été. Le partage des eaux se faisait sur une base de 168 heures d’irrigation, c’est-à-dire de sept jours pleins. Le total d’heures était divisé en autant de partie contractantes. Le plus souvent tous ces accord étaient consignés dans des actes notariés. En complément de l’apport d’eau des canaux il y avait les sources privées ou communes dont l’utilisation était aussi gérée par des conventions. La répartition de l’eau se faisait à l’aide d’experts qui définissaient la superficie irrigable chez chacun et qui allouaient la quantité d’eau nécessaire; ceci pour éviter tout litige entre les utilisateurs potentiels sur la base d’un partage significatif et équitable.

Droits d’eau L’eau est un sujet sensible et souvent source de conflits dans son usage. Pour éviter des dérives en matière de consommation d’eau, le partage de cette ressource est très réglementé. L’eau est attachée à la terre, non à la personne. Ainsi, l’organisation des tours d’eau est consignée devant notaire. Mais dans la réalité de tous les jours nombreux sont les conflits qui éclatent : «oublis» de fermer sa vanne à l’heure prévue… Pour les canaux mixtes le moulin possède un droit d’eau prépondérant. En général l’usine ou le moulin prend l’eau toute la semaine de jour et l’agriculture en bénéficie la nuit et les fins de semaine. Toute modification dans la prise de l’eau des rivières a un grand retentissement dans la vie locale. En effet, il était interdit de dévier l’eau d’un bassin versant vers un autre bassin versant. A Saint Martial, un des seigneurs a transgressé cette loi en s’autorisant à prélever le trop plein de l’Hoste pour le reverser sur le versant de l’Elbès afin d’arroser ses terrasses en haut du village. Ce béal ainsi créé passe sous la place du Portail. L’autorisation d’une nouvelle déviation entraînait souvent des oppositions de la part des riverains. De fait, le partage des eaux était souvent une affaire délicate de relations entre les copartageants, chacun ayant à cœur de ne point être lésé. Du domaine privé, il représente une liberté après des siècles de servitudes puisque c’est seulement en 1850 que prennent fin les droits seigneuriaux. Dès lors, la

Au droit coutumier qui régissait traditionnellement la gestion de l’eau s’est substituée aujourd’hui une législation mise en place en 1992 qui prévoit une gestion plus cohérente de l’eau à l’échelle locale, la lutte contre la pollution et la réglementation des usages (forages, création de retenues, prélèvements dans un cours d’eau, sa nappe,…).

Bassin dit traditionnel.

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8 - Les Moulins Le notariat fourmille de ce type d’actes qui précisent aussi en général les droits en temps d’utilisation de l’eau et les horaires quand il y’a plusieurs usagers.

Il existe aujourd’hui sur la commune de Saint Martial des vestiges de l’utilisation industrieuse de l’eau. On recense en effet le long de l’Elbès et du Rieutord plusieurs moulins dont les plus remarquables sont celui d’Airal et celui dit de Rieusset.

En outre, en certains lieux, la «banalité» se traduisait par des prélèvements substantiels. Il s’agit d’une pratique féodale consistant à obliger les populations à utiliser les équipements du seigneur (moulins, four, pressoir…) en payant une redevance spécifique, droit de mouture dans le cas des moulins à farine (ou moulins bladiers), qui pouvait être payée en nature ou au moyen de méreaux de plomb dont on usait beaucoup au Moyen-âge.

D’invention gallo-romaine, le moulin à eau est médiéval pour son développement. Sur St Martial, l’énergie de l’eau a été utilisée essentiellement pour la meunerie et le décorticage des châtaignes. A l’époque médiévale, la construction d’un moulin est un investissement important, seuls les seigneurs et communautés religieuses pouvaient la financer.

Souvent le seigneur ne percevait pas lui-même directement les recettes de banalité. Il affermait cette charge à un fermier en échange d’une somme fixée annuellement. La charte d’Alès, accordée en 1200, prévoit à son article 21 : «que chacun soit libre de moudre et de cuire où et quand il voudra, sans opposition des baillis, des seigneurs ni de qui que ce soit».

C’était par ailleurs une source de revenus conséquente. En effet, dans le système féodal, les cours d’eau non navigables étaient la propriété d’un seigneur, haut justicier qui en contrôlait totalement la gestion et qui n’accordait la faculté d’en dévier une partie pour l’irrigation ou pour actionner un moulin, que par un acte de cession moyennant une redevance annuelle, une censive.

Des dispositions semblables figurent dans celle d’Anduze de 1217 mettant ainsi fin à la «banalité».

Le moulin bladier

Moulin dit de Rieusset.

Le moulin dit de Rieusset dont on trouve encore les vestiges aux pieds de Saint Martial sur le cours de l’Elbès est un moulin de type «bladier», à roue horizontale, dit à «tourille», le plus fréquent en Cévennes. Dans ce type de moulin à eau, un jet d’eau actionne la roue qui transmet son mouvement de rotation à un axe sur lequel est branché directement la meule tournante. Ces moulins à roue horizontale sont parfaitement adaptés aux cours d’eau à faible débit et répondent aux besoins des petites communautés cévenoles. De fait, ce type de moulin n’est jamais à même le cours d’eau mais sur une dérivation. Une «prise» dévie une partie du cours d’eau, acheminée par un canal vers un réservoir de stockage.

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C’est la vidange de ce dernier qui alimente le moulin situé en contrebas. Si le débit de la prise est égal à celui de la vidange, le moulin peut moudre en continu.

Le meunier disposait pour ce faire de pics, pointes, marteaux et bouchardes. Afin de s’assurer de la parfaite planéité de la surface retaillée, le meunier y passait une taloche enduite de noir de fumée qui faisait apparaître des défauts en bosse.

Toute prise sur un cours d’eau est une levada, assurée par un barrage ou paissièra, anciennement faite de pieux et de planches ou branchages entrelacés que l’on devait refaire chaque année.

Les moulins bladiers possèdent souvent une meule à gruau. Il s’agit d’une meule tronconique qui roule à l’intérieur d’une cuve en bois, en pierre, maçonnée ou métallique. Ce moulin est appelé ou du nom même de cette meule qui n’est pas sans rappeler le rouleau servant à dépiquer les céréales sur l’aire que l’on nomme runladoira. Techniquement cette meule travaille en roulant et non en frottant. La fonction céréalière de ce moulin est de monder les grains, froment épeautre, orge… les décortiquer, les dépouiller de leur enveloppe sans les réduire en farine, pour obtenir le gruau. Le gruau préparé en soupe a été un aliment extrêmement consommé dans les Cévennes traditionnelles comme ici à Saint Martial. Il est à l’origine d’une recette de potage très ancienne. Ce plat appelé se cuisait au four et associait gruau ou riz à du petit salé ou mieux, à un misson, un saucisson de couennes.

Très tôt, pour les moulins, ces barrages ont été maçonnés et portent eux aussi le nom de resclausa, terme désignant les écluses en général et qui a donné resclausada c’est-à-dire une éclusée (quantité d’eau que la réserve du moulin contient) et resclausar qui signifie moudre par éclusée, amasser l’eau pour un moulin ne pouvant fonctionner que de cette façon. Mais la resclausa désigne aussi l’élargissement de la rivière provoqué par le barrage. Le bief ou canal acheminant l’eau vers la réserve est lo besal, besau ou béal. En général une vanne ou esclafidou commande l’entrée du canal et permet une restitution immédiate de l’eau à la rivière quand le moulin est au repos Suivant son importance, le moulin bladier possède une ou plusieurs meules. L’espace entre la table ou partie fixe et la meule est réglable. Ces meules se présentent sous la forme d’un disque monolithique ou composé d’éléments assemblés par un liant hydraulique, cerclés d’une ou deux bandes de fer. Assurant l’homogénéité de l’ensemble, le cerclage n’est pas exclusif aux meules composées.

A l’époque des châtaignes, certains meuniers remplacent la meule à gruau par un râteau de fer et décortiquent les châtaignes sèches. Notons enfin qu’à Saint Martial comme ailleurs dans les Cévennes où les droits d’eau sont sources de conflits, le fonctionnement des moulins ne va pas sans créer des difficultés avec les autres utilisateurs des rivières.

Un bon entretien des meules était indispensable. Il fallait les piquer de 4 à 10 fois l’an, suivant la quantité de travail fourni. Tous les 3 à 4 ans il convenait de les retailler, d’y retracer les rainures excentrées qui permettent l’écoulement et l’aération de la farine. Cette opération se nomme le «rhabillage».

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9 - L’eau aujourd’hui : une ressource rare et en danger La ripisylve Ripisylve vient de Riva qui signifie la rive, c’est à dire l’espace marquant la limite entre le milieu aquatique et le milieu terrestre, et Sylva qui désigne la forêt. Les ripisylves s’inscrivent en tant qu’espace d’intérêt patrimonial du fait des multiples fonctions qu’elles exercent sur un milieu, permettant un soutien direct au développement des communautés animales, végétales et humaines. Leur maintien dans un état favorable est une nécessité pour la préservation du milieu aquatique et terrestre compte tenu de leurs fonctions écologiques et économiques.

Une ressource rare et en danger : Une demande en eau de plus en plus importante La population diminue mais la consommation d’eau augmente pour deux raisons : d’une part la consommation par habitant s’accroît (on estime à 10m3 d’eau/an la consommation d’un Français en 1950 ; alors que 50 ans plus tard on atteint 73m3 d’eau/an) ; d’autre part, la consommation augmente en été du fait du développement touristique.

Figuier.

Bord de l’Elbès.

Arbousier arbutus unedo. Rieutord.

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Les fonctions économiques : D’un point de vue agricole, elles contrôlent l’accès des berges au bétail. Cela limite le piétinement, l’érosion et le rejet direct de déjections aux abords du cours d’eau. La forêt riveraine est complémentaire des prairies et cultures. Elle produit fourrage et bois de chauffe.

Aulnes sur le Rieutord.

Aulnes glutineux. Les fonctions écologiques : les ripisylves forment des corridors qui facilitent les flux d’espèces sauvages. Entre milieu terrestre et aquatique, elles sont des zones accueillant une forte biodiversité, présente en raison de l’alimentation, du refuge, ou de site de reproduction. Captant les nutriments, parvenant à des apports diffus avec le ruissellement superficiel et souterrain, les ripisylves contribuent à l’obtention d’une eau de qualité. Elle est un filtre naturel capable de retenir ou d’éliminer une grande partie des pollutions diffuses. La végétation joue un rôle essentiel lors des périodes de crues. Régulateur de flux hydriques, dissipateur de l’énergie du cours d’eau, les ripisylves ont un rôle d’écrêteur de crues. Sur les rives de l’Elbès à Saint Martial on retrouve deux espèces dominantes l’aulne glutineux et le frêle commun. Il y a aussi quelques saules et quelques peupliers qui avaient été plantés par l’homme. En ce qui concerne la faune, l’oiseau inféodé à la ripisylve est le tarin des aulnes.

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9 - L’eau aujourd’hui : une ressource rare et en danger Les berges sont donc progressivement abandonnées et les ronces dominent désormais la ripisylve. Il en résulte un déficit hydrique croissant (dont problème d’étiage), une augmentation de la pollution des eaux, une aggravation des crues et la disparition d’activités notamment piscicoles.

Les mesures de protection : L’entretien des cours d’eau et des aménagements hydrauliques Depuis toujours, les Cévenols ont fait preuve d’ingéniosité pour mettre en place des ouvrages hydrauliques complexes qui ont marqué le paysage prouvant par la même leur intérêt, et la nécessité d’assurer leur entretien parce que, selon un ancien, «construire n’est que la moitié du chemin».

Les eaux usées et la pollution Malgré la présence d’un réseau de collecte des eaux usées, on recense quatre exutoires dans le milieu naturel sans traitement préalable sur Saint Martial. Deux fosses toutes eaux traitent également une partie du réseau communal mais elles restent insuffisantes pour garantir une épuration à la hauteur des exigences réglementaires actuelles. Pour répondre aux nouvelles normes actuelles concernant les eaux rejetées dans les ruisseaux (directives européennes et loi sur l’eau), la commune va refaire le réseau d’eau potable du bourg et se dotera d’un réseau d’assainissement et d’une station d’épuration.

- L’entretien d’un canal ou béal se faisait en deux parties définies dans les actes de partage. Dans la première partie, l’entretien commun réunissait tout le monde. Il se faisait avant la mise en eau : il s’agissait de pratiquer le curage du canal en le recalibrant, en enlevant les bogues et les feuilles de châtaigniers. Parfois même, il fallait refaire un mur ou le barrage détruit par les inondations de l’automne. La deuxième partie revenait au cantonnier : au dixneuvième siècle la personne chargée de l’entretien des canaux s’appelait le cantonnier, la garde aygadier, «lou besalaïre» ou «lou gasaïre». Le gros du travail du cantonnier était de conduire l’eau jusqu’à la parcelle suivante en ayant soin de reboucher les trous de taupes et autres petites fuites.

Sdage La Commune de Saint Martial appartient à la zone Rhône- Méditerranée-Corse, dotée d’un Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage), institué par la loi du 3 janvier 1992. Il a pour objectif la délimitation d’un bassin versant de vaste échelle. Il établit sur ce bassin une liste de problèmes et fixe les objectifs pour éradiquer les dysfonctionnements. Le Sdage est un document de planification, il fixe certains principes juridiques sur la gestion économique, sociale, urbaine ainsi qu’agricole des ressources en eau.

- L’entretien des bords de rivières revient aux propriétaires riverains. Mais de fait, il est assuré par un syndicat intercommunal (SIVU) à la demande de communes, propriétaires de berges, ou à la demande des sociétés de pêches qui signent, en échange, la cession de droit de pêche avec les propriétaires de berges. Aujourd’hui, les problèmes liés à la désertification locale ne font qu’aggraver d’une part l’absence d’entretien des cours d’eau et d’autre part la dégradation inévitable des ouvrages malgré des moyens mobilisables.

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Pont du Passadou.

Elbès sous La Marre.

Ripisylve

Un esclafidou.

Aulnes près du Rieutord

Païssière sur l’Elbès à Triaire. Le pont de l’Amarine.

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10 - Sentier de découverte Après le mas du Coudonnier, à gauche du chemin, vue sur des terrasses cultivées et sur une source captée et son petit bâti (gourgue) d’où partent des tuyaux pour l’arrosage des cultures. L’eau potable utilisée dans le «gîte de France» est captée et acheminée par tuyau depuis une autre source distante d’environ 1 km. Dans un virage à droite et à 150 m environ du mas du Coudonnier, vue au loin sur le hameau du Castanet (commune de Sumène) à flanc de crêtes. Tout proche, en face du chemin, atteindre le mas de Goutanière (3) en allant tout droit et en laissant un chemin à droite qui va rejoindre la route du col de la Tribale que vous pourrez prendre au retour (cf plus loin, les deux solutions de retour vers St Martial). Dépasser une construction récente à hauteur du chemin avec pancarte «Gîtes - Produits fermiers». Laisser sur la gauche un chemin avec un panneau indicateur «mas de Goutanière». Poursuivre en suivant le fléchage PR et le marquage jaune. Le chemin se rétrécit : il passe entre des terrasses cultivées, il est bordé d’un grillage léger. Puis, le chemin fait une courbe prononcée sur la gauche.

Les «trois Gourgues de Goutanière» et Les «deux fontaines du Viala»

Cette proposition de sentier suggère la découverte des aménagements réalisés par les habitants de la partie sud ouest de la commune pour capter l’eau, la maitriser, la distribuer dans des terres assez éloignées des rivières principales de la commune. Cette partie du territoire illustre, à bien des égards, les caractéristiques particulières de l’histoire de l’eau et de ses usages hier et aujourd’hui détaillées dans les pages précédentes dont la lecture permet de tirer profit et de bénéficier pleinement de cette découverte sur le terrain. Tous les trajets proposés empruntent des chemins et sentiers communaux qui longent et traversent des propriétés privées que vous aurez soin de respecter. Bien que ce parcours ne présente pas de difficultés particulières, avant de vous engager, pensez au matériel recommandé : bonnes chaussures, protection solaire, carte IGN, coupe-vent et bouteille d’eau. Durant les fortes chaleurs estivales, évitez les heures chaudes de la mi-journée. Préférez les petits-matins frais et stimulants…. Point de départ : le parking en bas du village (1) Prendre la direction de Sumène. Après 200 m environ, prendre le chemin goudronné à droite, face à une croix, marqué par un panneau «Le Coudonnier». Passer devant les portes du cimetière et près d’une imposante statue de la Vierge. Immédiatement après, vue sur des terrasses cultivées (oignons de mai à août) en dessous du chemin. Poursuivre et entrer dans la forêt de châtaigniers. A proximité du mas du Coudonnier (2), rester sur le chemin principal. Laisser deux chemins sur la gauche et poursuivre.

Dans cette courbe, vue sur trois Gourgues (les «trois Gourgues de Goutanière») • une première, juste avant la courbe, à droite au-dessus du chemin, présente une voûte magnifique, • une deuxième est dans la courbe, sous le petit pont sur lequel passe le chemin • une troisième, après la courbe à droite au ras du chemin avec son petit bâti en pierre de schiste. Poursuivre le chemin qui pénètre dans la forêt de châtaigniers. 150 mètres après les gourgues prendre le sentier qui descend sur la gauche en suivant le panneau indiquant la direction du Viala (4). Dans la descente assez longue, en sous-bois,

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dans une trouée, vue sur la vallée de l’Elbès et en fond de vallée, les mas de Bouzanquet haut et bas avec leurs terrasses d’oignons et de maraîchage. Poursuivre dans le sous-bois et après deux païssières (à sec), vue en face sur les premières maisons du hameau du Viala.

Une variante longue par le col du Devinayre et le col de la Tribale (1h 25 mn environ) Une variante courte de retour direct sur St Martial (45 mn environ) Variante longue par le col du «devinayre», le col de la tribale et St Martial (durée 1h 25 mn environ) En venant du hameau du Viala et à la jonction avec le chemin reliant le mas de Goutanière et le col du Devinayre. Tourner à gauche et continuer dans le sous-bois de chênes verts. Vous débouchez en 5 mn sur un espace dégagé envahi de fougères avec, au milieu, un châtaigner imposant par la taille de son tronc par ailleurs creux. Cet arbre marque le col du Dévinayre (7).

Arrivé sur le pont du «valat de la Bugade» et 10 mn après au hameau du Viala (5) (St Martial - Le Viala 1 h10 environ). Laisser à gauche le chemin indiquant la direction du mas d’Espies et Corbières et pénétrer dans le hameau par une rue pavée en légère pente. Passer devant une croix et 20 m après tourner sur la gauche, descendre les escaliers et tourner sur votre droite. Continuer sur le chemin qui vous mène à l’extérieur du hameau à la «première fontaine» munie d’une pompe, sous un bâti réhabilité récemment. Revenir sur vos pas et emprunter le même escalier qui se trouve sur votre gauche au niveau d’un four banal restauré. Arrivé sur un petit carrefour, prendre la rue qui monte à gauche et à la sortie du hameau descendre légèrement sur la gauche par un petit chemin qui débouche sur la «deuxième fontaine», elle-même réhabilitée.

La légende dit qu’à cet endroit se tenait un devin…. Prendre le chemin, à droite, fléché «St Martial par le col de la Tribale» et par le panneau PR sur fond jaune. Vous êtes alors sur un chemin qui est en sous-bois de chênes. Sur votre gauche, vue au loin, sur le massif de l’Aigoual et de son sommet marqué par deux pylônes de télécommunications proches de l’observatoire Météo du Mont Aigoual que l’on devine sur la droite. 10 à 15mn après le départ du col du «Devinayre», continuer tout droit sur un chemin goudronné. Dans la montée, sur la gauche, vue au loin sur la montagne du Lingas et sous le chemin sur la mas de Coulisse. Passer à côté du mas du Pèze et après quelques dizaines de mètres, le chemin goudronné descend vers la route départementale 420 qui va du col de la Tribale à Peyregrosse dans la vallée de l’Hérault (fleuve). A la jonction avec cette route, tourner à droite. Vue à gauche sur des hameaux à flanc de montagne (Ardaillès, Mas Gibert, Puech Signal) et plus bas le village de N-D de la Rouvière. Arrivée au col de la Tribale (8) (612m) où se trouve un carrefour entre quatre directions : col de l’Asclier, N-D de la Rouvière, Peyregrosse et St Martial.

Revenir sur vos pas jusqu’au panneau indiquant deux directions possibles : St Martial direct (à droite) St Martial par le col du Devinayre et le col de la Tribale (à gauche). Après le panneau, rejoindre un chemin (près de deux citernes rouillées) que vous longez 30 m environ. Sur votre gauche, emprunter un sentier fléché PR Saint Martial assez raide au début. Après une montée de 35-40 mn environ, ce sentier débouche sur le chemin reliant le mas de Goutanière au col du Devinayre(6) A cet endroit, deux solutions de retour vers St Martial :

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10 - Sentier de découverte Sous le croisement (côté St Martial), départ d’un sentier fléché (Isserviel, St Martial) qui était une route de liaison entre les vallées et une draille pour la transhumance des moutons. Ce sentier pénètre dans une forêt de chênes au flanc du valat de l’Hoste, en terrain granitique. Durant la progression, vue sur le mas de l’Hoste au premier plan, sur le hameau d’Isserviel en second plan et plus en bas sur le village de St Martial (l’église). A l’approche du hameau d’Isserviel, apparaissent les châtaigniers, des terrasses cultivées et de nombreux tuyaux qui relient des sources captées sur ce versant aux bassins de stockage disséminés dans les terrasses. Plus bas, à l’approche du village de St Martial, sur la gauche, l’un des deux réservoirs d’eau de la commune, l’autre réservoir (le premier construit) se situe sur le versant opposé au milieu d’un mas rénové et agrandi (les «Moulous») dont on devine le couvercle d’aération (chapeau en forme de cône). Après le passage devant la mairie-école, rejoindre le village en continuant à descendre tout droit pour rejoindre le point de départ (1).

Après le mas de Goutanière, prendre la route goudronnée qui part à gauche et qui monte vers le lieu dit «le Rond» (3bis) (grand virage sur la route départementale 20). A l’embranchement, la route est goudronnée puis se prolonge par un chemin en terre qui redevient route goudronnée, 200m après. A remarquer : • vue à droite sur le hameau de Cabane Vieille (crête) et sur le mas de Bouzanquet (en fond de vallée). • dans la pente un réducteur de pression (capuchon bleu et deux manomètres) chargé de réguler la pression de l’eau stockée dans les bassins collinaires. Après avoir atteint le grand virage appelé «le rond», prendre à droite la route départementale qui vous conduit jusqu’au village. A remarquer : • à hauteur d’une vigne sous la route, vue sur une grande partie du Val de l’Elbès et notamment sur des hameaux situés sur l’autre versant (Mont Summuech, la Roque, la boriette basse et haute, des mas isolés. Un peu plus loin, vue dominante sur le village. • à hauteur du mas appelé «Les moulous», au niveau de la route, sous une horloge, l’un des réservoirs d’eau de la commune  dont on aperçoit le «couvercle» (pièce métallique en forme conique).

Variante courte de retour sur St Martial (durée 45 mn environ) Prendre à droite et amorcer la descente vers le mas de Goutanière que vous atteignez en 20 mn (3). Durant le trajet, vue sur le hameau de Cabane Vielle au-dessus du Rieutord, sur les toitures du mas de Goutanière et sur une gourgue à droite et en dessous du mas.

200 m après ce mas, franchissement de l’Hoste (ruisseau), près du panneau indiquant «mas de l’Hoste». Proches du village, en dessus et en dessous de la route, des terrasses d’oignons et de pommes de terre, équipées de système d’arrosage (tuyaux, asperseurs).

Après avoir dépassé le bâtiment «Gîtes - Produits fermiers», deux possibilités de retour : 1/ St Martial direct (20mn) : Aller tout droit et repasser par le mas du Coudonnier longé à l’aller . 2/ variante par la route du col de la Triballe et le «rond» (45 mn).

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Notes

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L’association Val de l’Elbès pour la valorisation des patrimoines de la commune de Saint Martial a été créée en septembre 2008 et publiée au Journal officiel du 11 octobre 2008 (n°696). Elle entend agir et prendre part à l’animation de la vie collective en ayant pour objectifs de : - valoriser toutes les formes de patrimoine présentes sur le territoire de la commune de Saint Martial, - mener une réflexion sur le développement d’un tourisme culturel adapté à la commune et à son contexte cévenol, - engager et organiser toute action allant dans ce sens. Le concept de patrimoine est ici entendu au sens large c’est-à-dire qu’il concerne autant les objets bâtis que les pratiques, les valeurs communes (histoire des gens et des lieux), les convictions liées à la qualité de vie. Il inclue la protection de l’environnement naturel et du paysage bâti chargé d’histoire sur lesquels se construit l’identité cévenole et saint-martialaise. Ce livret est le résultat d’un stage effectué au sein de l’association «Val de l’Elbès» par deux étudiantes en formation master «valorisation et médiation des patrimoines» de l’université Paul Valéry de Montpellier 3. Elles ont mené un travail de recherche d’archives, de lectures d’ouvrages ainsi qu’une série d’entretien afin de fournir l’ensemble du contenu de ce livret. Recherches, rédaction : Pauline Benmessaoud , Caroline Labie, Révision : association Val de l’Elbès Mise en page et création graphique : Noé Llambrich (CREATH’INK) Crédits photographiques : Véronique Cauwet, Caroline Labie, Daniel Meyer, André Salançon. Dépôt légal ; juillet 2010

Prix de vente : 7 €

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