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PORTRAIT DU VALAIS Document de travail 04 / 01 / 07

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PORTRAIT psychologique

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SOMMAIRE 2 : PORTRAIT PSYCHOLOGIQUE

PORTRAIT psychologique

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APPARTENANCE QUESTIONS D'EGO / ATTRACTIVITÉ COMPLEXITÉ RAPPORT AVEC L'HISTOIRE TROPISMES FÉMININ / MASCULIN GÉNÉRATIONS RAPPORT AVEC LA LANGUE RAPPORT AVEC LE TEMPS ÉNERGIE, ÉQUILIBRE ART DE VIVRE, HÉDONISME CULTURE / AFFINITÉS et TALENTS ARTISTIQUES SPIRITUALITÉ, RELIGION SENS DU MERVEILLEUX TRAITS DE CARACTÈRE et COMPORTEMENTS des habitants NON DITS, PROBLÈMES, RISQUES

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"On perçoit le Valais par le caractère des Valaisans" Christian Desclouds

"On retrouve un lien entre la valeur paysagère et le caractère des Valaisans." Vincent Bornet

"Le Valais, ce sont d'abord les Alpes dont tout découle, le paysage alpin et l'ensoleillement, et c'est aussi l’histoire du Vieux Pays et de ses hommes, leur fierté, leur caractère volontaire, trempé, un lieu avec la tradition encore réelle, la spontanéité, l'accueil, l'ouverture, la chaleur, et le cercle social (famille, connaissances, amis, festivités, etc.)" Vincent Bornet

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APPARTENANCE "Valaisan par excellence…" Laudo Albrecht "Tout est dit quand il a dit qu'il était valaisan. Il est différent parce qu'il est Valaisan" Sylvine Eberlé "Haut-Valais et Bas-Valais, ce sont deux mondes différents mais tout le monde est valaisan, il y a simultanément un sentiment d'appartenance locale (à son clocher), d'appartenance au Haut ou au Bas-Valais, et une appartenance au Valais lui-même" "les particularités individuelles de ce peuple tout en contraste, à l’image de l’environnement physique au sein duquel il habite." Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, Que signifie être valaisan aujourd’hui

"La culture du clan, c'est un atout parce que ça crée de la cohésion." "En fin de compte, on ne peut pas devenir Valaisan…" "On est Valaisan, pas Suisse." Jean-Bernard Rouvinez Document de travail / CoManaging

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APPARTENANCE

Fierté d'être valaisan qui est une composante identitaire : sentiment d’appartenance très marqué et même identification à son territoire, à son ascendance, à sa communauté, à son réseau

ƒ très fort sentiment d'appartenance valaisanne mais fin de la "réserve d'Indiens" > fierté d'appartenance assumée et affichée, mais avec une dimension très affective > spécificité d'une identification au "territoire" lui-même et d’un sentiment d’appartenance "physique" > l'esprit "village" : tendance à l'esprit de clocher et place particulièrement importante accordée à "la dimension locale" > la fierté de sa singularité > superposition des sentiments d'appartenance local et cantonal > évolution vers encore plus d'ouverture à l'ailleurs

ƒ sentiment d'appartenance à une communauté : la force de solidarité du "réseau" ƒ un droit à l'appartenance assez "fermé" : toujours une très grande importance accordée à la filiation, à la famille et même simplement au nom ƒ sentiment d'appartenance à la Suisse secondaire Document de travail / CoManaging

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APPARTENANCE

Fierté d'être valaisan qui est une composante identitaire : sentiment d’appartenance très marqué et même identification à son territoire, à son ascendance, à sa communauté, à son réseau

Sentiment d'appartenance à la Suisse secondaire

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APPARTENANCE

ƒ très fort sentiment d'appartenance valaisanne mais fin de la "réserve d'Indiens" > fierté d'appartenance assumée et affichée, mais avec une dimension très affective "Valaisan par excellence…" Laudo Albrecht "Lorsque l'on revient en Valais, quand on est Valaisan, il y a une émotion très forte" Sandra Meyer "Il y a une revendication de l’identité; lors d'une manifestation de plus de 10'000 personnes sur la place fédérale, un seul drapeau était visible: le valaisan. On a une fierté de l’appartenance." Anne Martin "On est fier de son pays et conscient de l'être" Sandra Meyer "Fierté d’être valaisan" Frédéric Zuber "Attachement au pays : malgré un tissu économique très faible, il y a des "ambassadeurs" qui voudraient revenir, même en gagnant moins" Jean-Bernard Rouvinez "Nous pensons à la vigne comme à une qui malgré notre absence nous restera fidèle." Maurice Zermatten, Les saisons valaisannes

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APPARTENANCE ƒ spécificité d'une identification au "territoire" lui-même et d’un sentiment d’appartenance "physique" "Le Valaisan sait qu’il est valaisan, c’est dans les gênes." Sylvine Eberlé "On n’a peut-être pas un caractère différent des autres, mais du fait que la région est plus identifiable géographiquement, on prête plus facilement un caractère aux Valaisans. Tout au moins il y est lié." Jean-Marie Grand "Très fort attachement aux racines et à sa terre plus important que dans les autres cantons" Alain Barbey "Ayant vécu 11 ans de ma vie dans 2 grandes villes (Bâle et Lausanne), j’estime par comparaison que le lien qui existe entre le Valaisan et son territoire revêt plus qu’ailleurs un caractère d’intime complicité. Il se sent bien sur son sol auquel il s’identifie. Il apprécie son environnement qui influence positivement son mode de vie." Jean-Bernard Moix "Les Valaisans font partie de la même famille. Leur caractère a été formé par la topographie alpine, l'ensoleillement, la difficulté des voies de communication, tout en étant au centre de l'Europe, avec pour conséquence une invasion incessante d'autres populations." Nicolas Salamin "les particularités individuelles de ce peuple tout en contraste, à l’image de l’environnement physique au sein duquel il habite. (..) Certes, les Valaisans peuvent se caractériser globalement par un rapport spécifique à leur environnement physique bien particulier, par une certaine mentalité forgée par une lutte incessante avec une nature rebelle ; mais ce lien ne concernet-il pas toute région sise au cœur des montagnes ? ce qui distingue les Valaisans est peut-être leur fierté d’appartenir justement à un tel espace, envié des autres Confédérés et des touristes, et, par conséquent, leur attachement profond à cette terre. (..) L’identité suisse, de même que celle du Valais, se donne à voir : il y a une grande visibilité. En effet, une part importante de l’identité nationale se situe dans son paysage. " Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, Que signifie être valaisan aujourd’hui "Les propriétaires sont attachés à leur terre par un lien affectif. " Joëlle Schneider, Elisa Domeniconi, www.histoireduvin.ch "Chaque jour, le même émerveillement le saisit quand, ouvrant son volet, il retrouve sous son regard ce tableau de maître : Sion dans le soleil levant, descendant des collines vers la plaine comme ces paysannes qui vont au marché." Maurice Zermatten, Sion, capitale aristocratique et paysanne Document de travail / CoManaging

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APPARTENANCE ƒ spécificité d'une identification au "territoire" lui-même et d’un sentiment d’appartenance "physique" (suite)

> l'esprit "village" : tendance à l'esprit de clocher et place particulièrement importante accordée à "la dimension locale" Cet attachement à une organisation sociale à taille humaine se manifeste même dans les petites villes qui gardent l'esprit "village" "Très fort sentiment d'appartenance, de notion de communauté, de village" Christine Roduit "Il y a tout l'aspect de la structure sociale du canton. C'est vrai, je reconnais aussi l'esprit de clocher, voilà on est bien chez soi" Jean-Marie Bornet "En Valais, quand on aborde les problèmes, on le fait toujours de manière locale, par le petit, par le clan. On pense peu à l'échelle du Valais . Ce n'est pas un problème d'identité, mais de la manière d'aborder les problèmes" Jacques Cordonnier "Le Valais souffre de l’esprit trop régionaliste et cela peut être une force ou une faiblesse. Souvent un frein" HermannMichel Hagmann " Pendant longtemps, la presse écarite a constitué, tant dans le Haut que dans la partie romande, le seul média à proprement parler valaisan. Le succès des quotidiens ou des journaux de partis politiques est sans aucun doute dû à la part importante consacrée aux informations régionales, qu'elles soient politiques, culturelles ou sportives. La recette de ce succès tient en un mot : proximité. Mais, depuis une quinzaine d’années, d’autres médias sont venus enrichir le paysage médiatique : des radios locales et une chaîne de télévision régionale donnent aux Valaisans un regard plus riche, puisque différencié, sur leur pays et les événements qu’il vit. " Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo "Parmi les visiteurs qui prennent le temps de côtoyer plus attentivement les Valaisans, qui oserait affirmer à un Evolénard qu’il ressemble à un habitant de Saint-Martin, à un Saxonain qu’il s’apparente à un Fulliérain ou à un Martignerain qu’il présente les mêmes traits qu’un habitant de la vallée de Conches ? Personne ne s’y aventurerait car le risque de heurter les fiertés respectives est élevé. " Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui Document de travail / CoManaging

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APPARTENANCE ƒ spécificité d'une identification au "territoire" lui-même et d’un sentiment d’appartenance "physique" (suite) > la fierté de sa singularité "J’ai l’impression d’appartenir à une race à part !" Jacques Lathion "Tout est dit quand il a dit qu'il était valaisan. Il est différent parce qu'il est valaisan" Sylvine Eberlé "le vignoble valaisan partagé par plus de 23'000 propriétaires constituerait une image identitaire à laquelle les Valaisans s'identifient et qu'ils souhaitent faire connaître également à l'extérieur du canton. Ce serait une image créée à partir d'une particularité qui différencie le Valais des autres régions. " Joëlle Schneider, Elisa Domeniconi, www.histoireduvin.ch " Puisqu’il y a des montagnes, puisqu’il y a des populations dans ce milieu, ces populations doivent avoir des caractéristiques différentes. " Debarbieux, http://www.aix-mrs.iufm.fr

> superposition des sentiments d'appartenance local et cantonal "Haut-Valais et Bas-Valais, ce sont deux mondes différents mais tout le monde est valaisan, il y a simultanément un sentiment d'appartenance locale (à son clocher), d'appartenance au Haut ou au Bas-Valais, et une appartenance au Valais lui-même"

> évolution vers encore plus d'ouverture à l'ailleurs "On doit faire un effort pour accueillir les autres, mais en attendant on évolue; si je regarde 10 ans ou 20 ans en arrière, on a pas mal évolué et on n'est plus dans une réserve d'indien. Je crois que le Valaisan il est quand même bien chez lui, il est fier de ce qu'il est mais en même temps on doit quand même reconnaître qu'il a bien avancé. De tout ça on doit avoir conscience, on a évolué!" Jean-Marie Bornet "Cette évolution existe, mais on ne la voit pas." Marie-Claude Morand "Il y a beaucoup de Valaisans qui habitent à l’extérieur et qui ont leurs papiers en Valais, qui reviennent tous les week-ends. "Il est fidèle à son canton." Grégoire Jirillo "Le Valaisan est attaché à sa terre, mais pour les études, il doit sortir et parfois il reste à l’extérieur. Il y a donc une ouverture d’esprit." Alain Barbey "Comment faire pour que cette précieuse culture d'accueil du Haut-Valais se répande dans tout le canton?" Document de travail / CoManaging

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APPARTENANCE ƒ sentiment d'appartenance à une communauté : la force de solidarité du "réseau" "Il y a une puissance fondamentale, le réseau. J’essaye de trouver une solution d’abord dans mon réseau; Ce n'est pas du copinage au sens mafieux qui est une dérive du réseau." Grégoire Jirillo "La culture du clan, c'est un atout parce que ça crée de la cohésion." "Le copinage n’est pas plus développé en Valais qu’ailleurs. On joue la famille au sens large." Jean Bonnard "En terme d’affairisme, à côté des Vaudois on est des gamins, mais chez les Vaudois ça ne sort pas – ceci s’explique parce que c’est petit. Alors que chez nous, on est méridional, s'il y a une magouille, un jour ou l'autre, ça se sait" Jean Bonnard "Le carnet de fête est typiquement valaisan. Par exemple, quand une communauté fait un festival, une fanfare, etc, on sillonne le canton et on prend de l'argent d’une communauté à l’autre ; je paye pour ta fanfare X donc tu vas payer pour mon club sportif. C'est un peu un principe de don et contre-don." Grégoire Jirillo "Pour la candidature des JO, même quand on a perdu, il y avait beaucoup de monde pour accueillir l'équipe à l'aéroport" "-ça devient difficile d'organiser un combat régional [de reines]. Il faut du monde pour travailler. Il faut aller "tauper" les copains pour le carnet de fête. Ce n'est pas facile. Et puis, à la fin, il reste plus grand chose. - Faut pas exagérer. Si c'est bien organisé il reste quand même pas mal d'argent. Si l'on ne fait pas autant qu'à la finale, il reste plusieurs dizaines de milliers de francs. Faut traire quelques blanches pour trouver des sommes pareilles." site tsr.ch

ƒ sentiment d'appartenance à la Suisse secondaire "On est Valaisan, pas Suisse." Jean-Bernard Rouvinez "La mentalité est très valaisanne; c'est vrai que l'on est Valaisan avant d’être Suisse" Christophe Valentini "De plus, la plupart des peuples ont une identité indiscutable, fondée sur des réalités tangibles comme une langue ou une religion commune, une métropole rayonnante,… Or la Suisse ne possède pas ce type de critères identitaires ; son identité tend donc à se reposer sur des valeurs politiques, morales…" Christelle Carrier, autour du concept d’identité, que signifie être valaisan aujourd’hui Document de travail / CoManaging

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APPARTENANCE ƒ un droit à l'appartenance assez "fermé" : toujours une très grande importance accordée à la filiation, à la famille et même simplement au nom "Il y a les Valaisans et les étrangers (ndlr : l'étranger peut être suisse…)" Fabian Claivaz "Si l'on croise quelqu’un en Valais il vous demande le nom de votre père : "T'es la fille à qui?". Tout le monde se connaît, le microcosme social valaisan est très réduit. Sans un nom valaisan en Valais c’est très difficile, y compris pour chercher un emploi." Sylvine Eberlé "On a l'impression que l'on ne peut pas entendre un nom étranger: On essaye de vouloir comprendre un nom à connotation valaisanne. Quand je me présentais « Vaucher », par exemple on comprenait quelque chose comme «Rossier». Ou alors on constatait que je n’étais pas valaisanne et l'on me demandait alors si j'étais ou non catholique." Anne Martin "Le fils continuera à faire paître sa vache sur le terrain qui appartenait à son père…" "Par exemple, si l'on n'a pas de famille ici, c'est difficile d'élever des enfants par manque de structures d'accueil, à cause de la solidarité au sein des familles, il n'y a pas eu nécessité de développer une politique familiale…." "Pour les amis de l’extérieur je suis la « Valaisanne ». Valaisan pour les extérieurs, mais pas valaisan pour les Valaisans" . Sylvine Eberlé "Le réseau ne fonctionne pas si l'on n'est pas valaisan (le nom par exemple)" "Le Genevois qui vient habiter en Valais sera un étranger à la Sage jusqu’à sa mort, y compris son fils" Sylvine Eberlé "En fin de compte, on ne peut pas devenir valaisan…" "Selon la coutume ils enivrèrent le messager. (Cette coutume chez nous de renvoyer les gens soûls, on l'a gardée ; forcez-les à boire, forcez-les à passer sous le joug des ceps!)" Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ "Les Valaisans s’ennuient des Valaisans;

dès qu’on est hors Valais on recherche le Valaisan pour aller boire un verre." Pierre Devanthéry "Lorsqu’à l’extérieur on attaque le Valais, les Valaisans se défendent, mais dès qu’ils sont à l’intérieur du Canton, ils s’attaquent entre eux." Jean Bonnard "Le Valais est un peu "mangeur" par sa force d'identité, il n'y a pas encore assez de place pour les minorités " Hermann-Michel Hagmann "Le Valais accepte cette image imposée de l'extérieur qu'on lui présente comme traduisant son identité vraie et profonde.

Rares sont ceux qui s'y opposent (..) On peut par exemple songer aux villageois de Champéry qui créent l'Association du Vieux-Champéry dont les productions et cortèges en costume ancien répondent à la soif de pittoresque des touristes." Alain Clavien, www.memo.fr "Nous allons organiser en folklore même les avalanches." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité "Il y a un problème de transmission des bons côtés de l'identité, on a un énorme travail à faire pour éduquer le Valaisan à connaître ce qu'on a, à sensibiliser à nos richesses" Marie-Claude Morand

"Les Valaisans, on est un peu des "étrangers du dedans" Hermann-Michel Hagmann "En Suisse alémanique, le cliché habituel du Valaisan représente un paysan au sang chaud et en révolte permanente qui jette ses tomates au Rhône" Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui

"Il y a un réflexe valaisan envers le reste de la Suisse. C’est loin la Suisse !" Jean Bonnard "Quand on voyage, beaucoup de gens ne savent pas où est le Valais" Anne Martin Document de travail / CoManaging

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ

Très grande satisfaction des Valaisans conscients de leur chance : plaisir à être "entre soi" et attachement profond à leur qualité de vie Appropriation passive d’une "identité-image" du Valais et des Valaisans construite par et pour le regard extérieur ƒ plaisir à être "entre soi", malgré des querelles de clocher, particulièrement dans le Haut-Valais, et réflexe défensif commun : esprit régionaliste > une force d'identité un peu hégémonique : manque de place pour les minorités

ƒ bien-être, conscience de sa chance et attachement profond à la qualité de vie valaisanne : très grande satisfaction des habitants dans leur territoire … et risque d'autosatisfaction ƒ trop grande discrétion sur les performances, les aspects identitaires de la modernité : manque de fairesavoir des savoir-faire de pointe à l'extérieur, et en interne, blocages ou méconnaissance à propos de la tradition d'innovation et plus généralement des richesses technologiques ƒ paradoxe dans un territoire à la forte identité : l’appropriation passive d’une "image" en forme de clichés "confortables", construite par et pour le regard extérieur ƒ par rapport à la Confédération, multiples contradictions du Valais > incarnation locale consentante d’une Suisse "mythisée " > image négative d'une minorité "trop latine" et complexes "du paysan" ou "du magouilleur" en partie autoentretenue > en même temps, esprit d'indépendance et fierté sourcilleuse

ƒ à l'étranger, un territoire pas précisément "situé", exceptés quelques sites symboles, et mal connu, y compris en tant que "vallée du Rhône" ƒ en interne, dévalorisation du "paysan" de la montagne Document de travail / CoManaging

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ

Très grande satisfaction des Valaisans conscients de leur chance : plaisir à être "entre soi"

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ DONNÉES OBJECTIVES ƒ 3ème canton pour la superficie: 5’224 km2 (12.7% de la superficie nationale), après les Grisons et Berne ƒ 9ème canton pour la population: 287’976 habitants (2004) ƒ 23ème canton le plus densément peuplé en Suisse 55.8hab/km2 contre 180.7hab/km2 pour la Suisse. La moyenne par canton se monte à 449 hab/km2, (214 hab/km2 abstractions faites de Bâle et Genève) ƒ Fortes disparités entre les communes quant à la densité de la population résidente: Sion 1'081 hab/km2, Bister 4.4 hab/km2 ƒ En terme d'augmentation de la population, le Valais se situe en 3ème place des cantons Suisses, à égalité avec le canton de Zoug. (2005) (1997: 273'362 hab (+0.4%); 1998: 274'458 hab (+0.4%); 1999: 275'632 hab (+0.4%); 2000: 276'170 hab (+0.2%); 2001: 278'419 hab (+0.8%); 2002: 281'345 hab (+1.1%); 2003: 285'008 hab (+1.3%); 2004: 287'976 hab (+1%)) ƒ 9ème position accroissement naturel (+483) moyenne Suisse +453 hab (11ème place en 2004) ƒ 3ème place solde migratoire (+ 3394 hab) moyenne Suisse + 1392 hab (4ème place en 2004) ƒ Soldes migratoires (migrations internes et internationales) pour le Valais: 1999: 171 hab; 2000: -311 hab; 2001:1253 hab; 2002: 2475 hab; 2003: 3457 hab; 2004: 3322 hab; 2005: 3394 hab ƒ Rang du Valais dans le solde des migrations internationales: 1999 = 11ème rang, 2000 = 18ème rang, 2002 = 9ème rang, 2004 = 5ème rang, 2005 = 5ème rang "Les migrations internationales, l’accroissement naturel et les migrations internes déterminent la croissance démographique des cantons. En 2005, tous les cantons enregistrent un excédent d’immigrations internationales. Cet excédent est particulièrement élevé dans les trois cantons de la région lémanique (Genève, Valais et Vaud). " Office fédéral de la statistique, Population résidante de la Suisse en 2005 ƒ Rang du Valais dans le solde des migrations internes: 1999 = 18ème rang, 2000 = 20ème rang, 2002 = 5ème rang, 2004 = 3ème rang, 2005 = 4ème rang "En 2005, onze cantons enregistrent un taux d’accroissement démographique supérieur à celui de l’ensemble de la Suisse. Les cantons possédant les taux les plus élevés sont Fribourg (+1,4%), Appenzell Rhodes-Intérieures (+1,3%), Valais et Zoug (+1,2%), ainsi que Schwytz (+1,1%). " Office fédéral de la statistique, Population résidante de la Suisse en 2005 Document de travail / CoManaging

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ

DONNÉES OBJECTIVES ƒ En 2004, 17.5% de la population valaisanne était étrangère (17.3% en 2000), soit 50'628 résidants (Suisse: 2000 = 20.5 %, 2004 = 22.1%) ƒ Augmentation de la population étrangère de 24% entre 1990 et 2000 contre 6% de la population d'origine Suisse ƒ 27.5% de la population étrangère a moins de 20 ans et seulement 5% plus de 65 ans ƒ La population active en Valais représente un taux très inférieur à la moyenne Suisse 46% de la population (CH: 56%); hommes 54.2% (CH: 63%), femmes 37.9% (CH: 48.8%), étrangers 50.5% (CH: 68%) ƒ Taux de chômage inférieur à la moyenne nationale : 2.5% au 31 juillet 2006 contre 3.1% pour la Suisse. ƒ dernière position des cantons suisse en revenu moyen par habitant CHF 36'850.- en 2004, soit le 68% de la moyenne suisse (CHF 54'496) (Le canton de Bâle-Ville, 1er de liste, enregistre un montant de CHF 107'592.- par habitant !!!) ƒ 3'523 Valaisans touchent l'aide sociale, soit 1.3% de la population alors qu'en Suisse 3% de la population touche l'aide sociale. Le Valais est en 5ème position, à égalité avec le canton des Grisons. (2004)

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ

Population et société

Sol

3ème 6ème 9ème 9ème

1er 1er 3ème 11ème 24ème 26ème 26ème

10ème 14ème 19ème

croissance de la population nbre de personnes par ménages (1980) certificats de maturité délivrés (1989) dépenses publiques pour l’enseignement, la culture et le sport (1989) taux de natalité (1989) part des femmes dans les certificats de maturité (1989) divorce pour 1000 habitants (1989)

exploitation dont la surface cultivée mesure de 0 à 1 hectare (1985) surface utilisée par les vignes superficie totale surface agricole utile (1985) densité de population surface agricole utile par exploitation (1985) surface agricole utile par exploitation de montagne (1985)

Économie

Équipements

5ème

2ème 2ème 3ème 3ème 7ème 16ème 21ème 23ème 23ème

3ème 10ème 13ème 19ème 21ème 26ème

croissance des personnes employées dans le secteur des services (1975 - 1985) Nombre de nuitées dans l’hôtellerie part de l’activité tertiaire pour 1000 habitants (sans chômeurs) (1980) nombre de sociétés anonymes (1990) épargne bancaire (1990) part de l’activité secondaire pour 1000 habitants (sans chômeurs) (1980) indice suisse du revenu des cantons par habitants (1989)

taux de logements vacants (1989) dépense pour les routes cantonales et nationales (1987) voitures de tourisme pour 1000 habitants (1989) nombre de lits d’hôtels nombre de places de cinéma pour 1000 habitants (1989) nombre d’habitants par médecin (1990) loyer annuel en francs par logement (1980) nombre d’habitants par point bancaire (1990) moyenne en francs et par étudiant des bourses versées par le canton (1989)

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ

ƒ plaisir à être "entre soi", malgré des querelles de clocher, particulièrement dans le Haut-Valais, et réflexe défensif commun : esprit régionaliste "Les Valaisans s’ennuient des Valaisans; dès qu’on est hors Valais on recherche le Valaisan pour aller boire un verre." Pierre Devanthéry "On dit des Haut-Valaisans "ils se font la guerre chez eux mais dès qu’ils sortent ils chassent ensemble."..C'est un réflexe encore plus fort dans le Haut-Valais mais c'est vrai aussi à l'échelle du canton. Lorsqu’à l’extérieur on attaque le Valais, les Valaisans se défendent, mais dès qu’ils sont à l’intérieur du Canton, ils s’attaquent entre eux." Jean Bonnard "Dans le Haut-Valais, il ne faut pas parler de fusion entre les villages ou les communes" Frédéric Zuber "Solidarité avec tout ce qui est valaisan" Alain Barbey "Une fois que les Valaisans sont hors du canton, ils sont ensemble "cul et chemise" (complicité)." Roland Imboden "Chaque Valaisan se reconnaît, trinque, se donne une bourrade, un coup de pied de veau dans la poitrine, cligne de l'œil et sait que le Valais pourrait être le meilleur dans n'importe quoi : le vin, le ski ou la prière. S'il s'applique, s'il se lance. Quelle fête ; mes parrains ! " Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité

> une force d'identité un peu hégémonique : manque de place pour les minorités "Le Valais est un peu "mangeur" par sa force d'identité, il n'y a pas encore assez de place pour les minorités " HermannMichel Hagmann

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ

ƒ bien-être, conscience de sa chance et attachement profond à la qualité de vie valaisanne : très grande satisfaction des habitants dans leur territoire … et risque d'autosatisfaction, voire chauvinisme (cf. ART DE VIVRE, HÉDONISME) "De plus en plus, prise de conscience de la qualité de vie en Valais au niveau des paysages, du climat, on prend conscience de la richesse du Valais (qualité des contacts humains, des paysages, du climat, des vins, des produits, etc) . On prend conscience que même en gagnant moins on vit mieux ici. Cela va donc jusqu'à des possibilités de carrière sacrifiées pour rester ici et profiter" Jean Bonnard "Les Valaisans sont maintenant fiers de leurs richesses, pas économiques, mais la qualité de vie, le climat, le territoire, etc" Christine Roduit "Attention à ce que la fierté ne devienne pas de l'autosatisfaction" Hermann-Michel Hagmann "Je ne crois pas qu’il y ait d’aspect profondément négatif dans l’identité valaisanne. Nous pourrions tout au plus déplorer un brin de chauvinisme que l’on ne retrouve pas aussi marqué dans la plupart des autres cantons. Ce n’est tout de même pas trop grave !" Jean-Bernard Moix

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ ƒ trop grande discrétion sur les performances, les aspects identitaires de la modernité : manque de fairesavoir des savoir-faire de pointe à l'extérieur, et en interne, blocages ou méconnaissance à propos de la tradition d'innovation et plus généralement des richesses technologiques "L'inventeur de la pendule universelle c'est un Valaisan, c'est Pierre de Rivaz!" Marie-Claude Morand "Des gens comme les Wengers dans l'architecture qui sont des gens ayant quelque chose à apporter, ce sont des gens qui, sont présents dans de petits cercles, mais sont absents dans l'image culturelle du Valais." Jacques Cordonnier "Qu'on ait fait des surfs à Saxon, ça me paraît logique, parce que l'on est un pays de montagnes, mais que l'on ait fait des planches à voiles on n'en parle pas, et dans la vallée de Conches, il y a un gars qui fabriquait des bateaux, on n'en parle pas!" Bernard Attinger "On trouve en Valais des entreprises technologiques très intéressantes; on a à Raron une entreprise qui produit des prothèses qui sont vendues dans le monde entier ; à Viège on a une usine qui fabrique des machines d’emballage pour toute la Suisse et même à l'extérieur, il y en a comme ça aussi en Bas-Valais." Frédéric Zuber "On peut prendre l'exemple de l'usine Djeva SA. On ne table jamais sur cette usine de laser pierres fines et tout ça, ils travaillent pour la NASA, et personne n'en parle jamais. C'est hallucinant le nombre de petites industries très créatives mais peu acceptées, on dirait que les Valaisans, c'est un peuple allergique à l'industrie." Marie-Claude Morand "Il y a un manque de connaissances de base énorme du Valais par les Valaisans, et les gens ont du mal à "vendre" ce qu'ils ne connaissent pas." Christophe Valentini "Il y a un problème de transmission des bons côtés de l'identité, on a un énorme travail à faire pour éduquer le Valaisan à connaître ce qu'on a, à sensibiliser à nos richesses, c'est paradoxal par rapport à la fierté d'appartenance qui est forte mais qui a besoin d'être réalimentée après s'être détournée vers le fabriqué, le folklorique, le réducteur. Mais on constate une réconciliation entre le Valais moderne et les richesses oubliées." Marie-Claude Morand

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ ƒ paradoxe dans un territoire à la forte identité: l’appropriation passive d’une "image" en forme de clichés "confortables", construite par et pour le regard extérieur (cf. aussi RAPPORT AVEC LE TEMPS et CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES)

"On est un peu folklorique et on le cultive un peu, avec un côté un peu démonstratif et caractère bien trempé." Jacques Lathion "Le Valais accepte cette image imposée de l'extérieur qu'on lui présente comme traduisant son identité vraie et profonde. Rares sont ceux qui s'y opposent comme Louis Courthion qui, dans le Confédéré, dénonce l'enjolivement des temps passés. La plupart des Valaisans reprennent à leur compte ces clichés, avec des motivations diverses pourtant. Certains, dans les rangs conservateurs notamment, adhèrent totalement à cette représentation qui correspond à leur propre image fantasmée du canton. D'autres, plus madrés, savant utiliser une représentation dont ils ne sont pas dupes. On peut par exemple songer aux villageois de Champéry qui créent l'Association du Vieux-Champéry dont les productions et cortèges en costume ancien répondent à la soif de pittoresque des touristes." Alain Clavien, www.memo.fr "Nous avons lancé sur le marché un archétype de Valaisan. Nous l'adoptons, nous nous en inspirons. On s'aperçoit à peine du coupage." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité "Le costume est peut-être, au tournant du siècle, l'un des symboles les plus forts que revendiquent les Valaisans (notamment ceux du Val d'Illiez ct du Val d'Hérens). Pourtant, une fois encore, il s'agit d'une transcription de ce que les citadins ont voulu voir. (...) Ainsi, le "typique" affiché dans les prospectus définit moins la culture d'une région donnée à une époque déterminée qu'il ne satisfait les envies d'exotisme du visiteur. (..) Au-delà d’une identité valaisanne commune, acceptée lorsqu’il s’agit de révéler une image globale du canton au regard d’un autre situé à l’extérieur, il semble donc que de nouvelles structures identitaires sous-jacentes fourmillent au sein des Valaisans et se révèlent dès que l’autre se rapproche. Ce processus provient peut-être d’une crainte devant une globalisation, une assimilation paralysante" Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui "Nous allons organiser en folklore même les avalanches." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité Document de travail / CoManaging

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ ƒ paradoxe dans un territoire à la forte identité: l’appropriation passive d’une "image" en forme de clichés "confortables", construite par et pour le regard extérieur (suite) > faible "sentiment montagnard" mais "étiquette" de montagnard, et en même temps, affirmation d'un "caractère" valaisan "formé" par la montagne "Les racines montagnardes, c'est une forme d'éducation" Vincent Bornet "Pour l’habitant, la montagne ce n’est jamais ici. La montagne est autre et ailleurs. Les montagnards sont ceux qui habitent plus haut. Cela s’explique par une vision paysagère. La montagne, je la vois, de façon subjective et relative par rapport au point depuis lequel j’observe. (…) Pour le scientifique, la perception de la montagne se veut objective, absolue (peu importe l’endroit depuis lequel j’observe), cartographique, c’est à dire à l’opposé du regard de l’habitant. (…)"La place du montagnard apparaît en contrepoint comme l’exaltation de la tradition. Il est souvent cantonné dans le statut de porteur de la tradition. Le montagnard est essentiellement représenté par des images folkloriques. (..) Les montagnards finissent par accepter l’étiquette qu’on leur a collé et par se définir eux-mêmes comme montagnards. " Debarbieux, http://www.aix-mrs.iufm.fr " le thème du Peuple des bergers jouit d'une grande faveur, relancé par les fêtes alpestres d' Unspunnen en 1805 et 1808. Le "mythe suisse" créé au XVIIIe s. a eu jusqu'à nos jours un effet publicitaire. " Florian Hitz, Hans Stadler, Anton Schuler, Fritz Glauser et Quirinus Reichen, www.memoonline.com "C'est le tourisme qui va modifier en profondeur et en diversité tout le paysage et l'environnement humain des vallées latérales. Il va "jouer un rôle primordial, écrit Bernard Crettaz, dans la détermination de l'identité montagnarde." Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan

> une attitude plus largement suisse ? (" Les Suisses eux-mêmes, qui n’aiment pas beaucoup le changement et encore moins ressembler aux autres, ne font rien

pour corriger ces deux clichés rassurants, même dans leur for intérieur, ils en mettent sérieusement en doute la véracité. Ils présentent une façade de jardins gentillets, propres en ordre. Les stéréotypes utilisés par les Suisses au moment de présenter leur pays à l’étranger ont tendance à aller dans le sens des attentes et des clichés entretenus par les étrangers et à présenter une image idéalisante de la Suisse, avec un mélange séduisant de folklore, d’art et de technologie de pointe. " Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui Document de travail / CoManaging

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ ƒ paradoxe dans un territoire à la forte identité: l’appropriation passive d’une "image" en forme de clichés "confortables", construite par et pour le regard extérieur (suite) > jeunes générations peu concernés par cette "image" identitaire " Le Valais, de même que la Suisse, a développé, dans le passé, une série d’images identitaires très fortes que la jeune génération ne reconnaît plus unanimement aujourd’hui comme symboles, comme emblème. (…) Cette attitude révèle un profond malaise chez la jeune génération : la spécificité du Valais n’apparaît plus aussi évidente qu’autrefois et il en résulte une difficulté certaine à donner un contenu à l’identité cantonale. " Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui

ƒ par rapport à la Confédération, multiples contradictions du Valais > incarnation locale consentante d’une Suisse "mythisée " "Aux alentours de 1900, agressés par le nationalisme des Etats voisins, désorientés par la croissance urbaine sans précédent qui bouleverse les paysages, inquiets face aux mouvements sociaux qui se multiplient et qui semblent remettre en cause l'ancien ordre social, plusieurs intellectuels suisses s'interrogent, à la recherche d'une identité nationale malaisée à définir. C'est du côté des Alpes qu'ils tournent leur regard, à la recherche d'un ancrage identitaire qu'ils pensent trouver dans le paysan de montagne, qui devient bientôt le modèle du Suisse authentique, tandis que le village de montagne figure un archétype de petite société rurale, pauvre, mais saine et forte, au sein de laquelle règne l'harmonie entre une population et sa terre. (..) " Une quête de " suissitude ". Dans cette quête, voilà le Vieux-Pays chanté par les écrivains et les peintres. A les croire, le Valais et les Valaisans offriraient l'image de ce qu'était la Suisse des temps héroïques, paysages vierges et populations d'" alpicoles ", durs à la tâche, sobres, taciturnes, francs, fiers, instinctifs et religieux. Séjourner dans ce Valais où de plus en plus d'artistes disent aimer à passer leurs vacances, ce serait faire une plongée dans l'état de nature helvétique, ce serait se ressourcer moralement auprès de populations gardiennes des vraies valeurs suisses. " Alain Clavien, www.memo.fr Document de travail / CoManaging

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ ƒ par rapport à la Confédération, multiples contradictions du Valais (suite) > image négative d'une minorité "trop latine" et complexes "du paysan" ou "du magouilleur" en partie auto-entretenue "Les Valaisans, on est un peu des "étrangers du dedans" Hermann-Michel Hagmann "Manque de confiance en soi et parfois un peu complexé : sentiment de n'être pas valorisé, suffisamment reconnu surtout les Hauts-Valaisans (d'ou la mobilisation et l'emballement autour de la réussite de l'équipe de football du FC Sion qui fait l'unanimité entre haut et bas valaisans !). " "On a l'impression qu'on est un peu "les paysans", qu'on est une minorité. Il y a une sorte de complexe par rapport à Lausanne. En Valais on l’impression de ne pas être bon par rapport aux villes, ce qui finit par rendre performant (ainsi le Valais et les villages ont aujourd’hui une école plus performante bien que traditionnelle). Mais pour ceux qui ont été obligés de partir, pour leurs études ou pour des raisons économiques, il existe une certaine honte de venir d’un pays "paysan" Anne Martin "On traîne des casseroles, des clichés : les abricots au canal, les tomates au Rhône, le vin dans la piscine. Et on aime se faire de la publicité, même négative " Jacques Lathion "En Suisse alémanique c'est toute une autre image. Quand nous, Haut-Valaisans on sort du canton on est tout de suite reconnu comme Haut-Valaisan et c'est une question de dialecte. C'est un dialecte qui est connu car il y a beaucoup de Haut-valaisans qui parlent à la télévision suisse alémanique, c'est un dialecte qui est apprécié dans toute la Suisse Alémanique. Mais par contre si quelqu'un me reconnaît comme Haut-Valaisan alors là je suis classé; c'est-à-dire la magouille, la politique des clochers et tout ça, c'est toujours actuel en Suisse alémanique et puis nous on fait tout pour renforcer cette image. C'est-à-dire que l' on a un scandale après l'autre et nous on les met toujours dans la presse ; on est encore fier de ces scandales qui sont reportés dans la télévision Suisse alémanique." Frédéric Zuber " En Suisse alémanique, le cliché habituel du Valaisan représente un paysan au sang chaud et en révolte permanente qui jette ses tomates au Rhône " Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui " Les villes valaisannes (…) occupent une position plus ou moins bonne, dans la hiérarchie des lieux clés helvétiques. " Micheline Cosinschi, Le Valais, cartoscopie d’un espace régional Document de travail / CoManaging

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QUESTIONS D 'EGO / ATTRACTIVITÉ

ƒ par rapport à la Confédération, multiples contradictions du Valais (suite) > en même temps, esprit d'indépendance et fierté sourcilleuse "Le Valaisan est farouche et indépendant ; Farinet en est une preuve" Anne Martin "Il y a un réflexe valaisan envers le reste de la Suisse.C’est loin la Suisse !" Jean Bonnard

ƒ à l'étranger, un territoire pas précisément "situé", exceptés quelques sites symboles, et mal connu, y compris en tant que "vallée du Rhône" "Les gens de la Vallée du Rhône dans la partie française ne savent pas que le Rhône prend sa source en Valais; ils pensent peut-être qu'il part de Genève..." Jean-Marie Grand "Quant on voyage, beaucoup de gens ne savent pas où est le Valais, Quand quelqu'un ne connaît pas, on dit qu'on habite à côté de Zermatt, de Crans-Montana (qui ont une notoriété ancienne) ou du Cervin, alors voilà, tout d'un coup ils situent l'endroit." Anne Martin "On a du mal à vendre le Valais précisément. Quand il y a un événement à Crans, on vend la Suisse." "Quand on dit à l'extérieur qu'on fait du vin ou des abricots, ou qu'on est dans la vallée du Rhône, les gens ouvrent des yeux ronds" "Personne en France ne sait que le Rhône vient du Valais!"

ƒ en interne, dévalorisation du "paysan" de la montagne " Toutes les autorités publiques se moquent des paysans de la montagne (…) elles souhaitent en vérité la disparition de cette classe sociale inadaptable à la prospérité générale. " Maurice Chappaz, l’annonce faite à l’été, Treize étoiles, juillet 1967

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COMPLEXITÉ "Les limites géographiques sont claires, c'est un monde à part cloisonné par la montagne" Jean-Bernard Rouvinez "On a un côté insulaire qui a une influence sur le caractère." Jean Bonnard

"C'est un pays, un espace qui a une unité et à l’intérieur c'est une communauté solidaire. (plus qu'une société)" Jacques Cordonnier "Indéniablement et ceci malgré le bilinguisme,

le Valais présente une unité géographique et un mode de vie alpin commun qui favorise l’unité cantonale." Jean-Bernard Moix "La longue vallée est jalonnée de frontières dont la plus marquée est celle des langues :

français en aval, allemand en amont. Il y en a d’autres : chaque district, voire même chaque commune, représente un monde et soi ; et ce n’est pas par hasard que le Valais, autrefois véritable fédération, porte dans ses armoiries les treize étoiles de ses treize districts." Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui Document de travail / CoManaging

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COMPLEXITÉ

Un territoire-entité qui forme un tout, voire une "île", malgré sa frontière linguistique intérieure et ses 13 "petits mondes"

ƒ une entité à part, voire un sentiment insulaire > pour les Valaisans, des limites géographiques évidentes, voire théatralisées, mais non enfermantes

ƒ en même temps, une constellation de petits "mondes en soi" matérialisée par les 13 étoiles du drapeau ƒ une "frontière intérieure" qui crée un canton bi-partite, mais sentiment dominant d'une unité du canton au-delà des clichés et malgré les freins > déséquilibre démographique > bilinguisme considéré comme un frein important, en particulier pour monter des projets communs > contestation sur la répartition des financements entre le Haut Valais et le reste du territoire. > caractères et mentalités semblables

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COMPLEXITÉ

Une entité à part, voire un sentiment insulaire

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COMPLEXITÉ

ƒ 1 Canton ƒ 13 districts (14 districts dont deux demi-districts) "Le découpage politique du Valais se fait traditionnellement en treize districts qui eux-mêmes comptent 160 communes." Anne Michellod encyc

ƒ 3 régions constitutionnelles: le Bas Valais, le Valais Central et le Haut Valais ƒ 3 types d'entité géographique : Plaine, coteaux et vallées latérales, alpages et haute montagne ƒ nombre incalculable de vallées et de vallons dons les 8 plus importantes sont le Val D’Illiez, le Val d’Entremont, le Val de Bagnes, le Val d’Hérens, Le Val d’Anniviers, Le Mattertal, Le Saastal et le Lötschental ƒ 14 régions touristiques ƒ 8 régions socio-économiques : Conches, Brigue, Viège et Loèche, Sierre, Sion, Martigny et le Chablais ƒ 2 quotidiens régionaux, soit un par région linguistique "Je pense qu’il y a quatre entités unitaires en Valais : Le Chablais (Monthey et St-Maurice), le Bas-Valais (Martigny et Entremont), Le Centre (Conthey, Sion, Hérens, Sierre) et le Haut-Valais." Jean-Bernard Moix "Le haut, le bas, le centre" Roland Vergères

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COMPLEXITÉ

ƒ une entité à part, voire un sentiment insulaire "On a un côté insulaire qui a une influence sur le caractère." Jean Bonnard "Sentiment "physique" de pénétrer dans un monde à part : l'île valaisanne" Bernard Crettaz "On est un pays dans le pays" Fabian Claivaz "C'est un "petit monde", un résumé; les vallées font la diversité et les retombées culturelles en sont extraordinaires" Jacques Lathion "Souvent je fais la comparaison avec la Corse où la montagne éloigne et repousse les gens vers l'extérieur, tandis qu'en Valais elle regroupe; on se retrouve tous en bas, elle rassemble." Bernard Attinger "On a l'avantage de la fermeture, il y a de l'écho, on peut entendre plusieurs fois ce qu'on a crié" "Ce canton bilingue est à lui seul un monde à part : tout en témoigne, ses falaises abruptes, et le charme de ses vallées, ses glaciers, ses névés et le romantisme de ses torrents de montagne, ses sentiers escarpés et la convivialité de ses hôtes." Commission de marketing Fromage Valaisan, brochure Le fromage valaisan, c’est lui! " Sitôt franchi le goulet de St-Maurice, vous entrez dans une toute autre région. La flore est différente, les constructions le sont également. " www.tourisme- pour-tous.com "Un monde sympathique mais mystérieux et marginal par rapport au reste du pays" Christelle Carrier, Autour du Concept d'identité... Que signifie être Valaisan aujourd'hui ? , Mémoire de licence

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COMPLEXITÉ

ƒ une entité à part, voire un sentiment insulaire (suite) > pour les Valaisans, des limites géographiques évidentes, voire théatralisées, mais non enfermantes "Le grand cirque du Valais" Laudo Albrecht "Les limites géographiques sont claires, c'est un monde à part cloisonné par la montagne" Jean-Bernard Rouvinez "Moi je suis tout à fait d'accord avec le côté fermé et le côté île, mais j'aimerais y ajouter une notion: J'ai le sentiment que l'on entre en Valais… il y a des portes d'entrée en Valais. On peut se balader dans bien d'autres pays ou par exemple on ne sait pas quand on rentre en Suisse-allemande, on ne sait pas quand l'on passe de l'Argovie à la Thurgovie, tandis que là, il y a les colonnes d'Hercule! On rentre en Valais et on est dans un espace clos. Il y a théâtralisation de l'entrée dans un espace quand même fermé!" Jean-Marie Grand "On peut quitter Soleure sans s’en apercevoir mais on ne peut pas sortir du Valais sans le vouloir." Jean Bonnard

ƒ en même temps, une constellation de petits "mondes en soi" matérialisée par les 13 étoiles du drapeau "La longue vallée est jalonnée de frontières dont la plus marquée est celle des langues : français en aval, allemand en amont. Il y en a d’autres : chaque district, voire même chaque commune, représente un monde et soi ; et ce n’est pas par hasard que le Valais, autrefois véritable fédération, porte dans ses armoiries les treize étoiles de ses treize districts. " Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui

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COMPLEXITÉ

ƒ une "frontière intérieure" qui crée un canton bi-partite, mais sentiment dominant d'une unité du canton au-delà des clichés et malgré les freins "Canton bilingue, le Valais compte 276 170 habitants (en décembre 2000). Son chef-lieu est Sion (27 145 habitants). C’est la Raspille, en amont de Sierre, qui marque la frontière entre le Haut-Valais germanophone et le Valais romand, francophone." Anne Michellod encyclo "Le Haut-Valais est la raison pour laquelle il n'existe pas une unité du Valais" "Le Haut Valais est une minorité dans la minorité." Jean Bonnard

> déséquilibre démographique Le Haut-Valais" pèse" seulement 88 000 habitants contre 110 000 pour le Moyen-Valais et 95 000 habitants pour le BasValais

> bilinguisme considéré comme un frein important, en particulier pour monter des projets communs (cf. RAPPORT AVEC LA LANGUE et CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES)

Communication institutionnelle et officielle (y compris la langue pratiquée pendant des réunions) du gouvernement du canton à Sion n'est souvent pas exprimée en allemand d'où le sentiment des Haut Valaisans d'être peu considérés.. Le Haut-Valaisan est plus tourné vers l'Allemagne (voir info quotidienne à la télévision et dans les journaux) et le BasValaisan vers la France. "Entre le Haut et le Bas Valais, c'est pratiquement un mur en béton. Nous avons un blocage à cause de la langue. Et les Bas-Valaisans sont considérés comme latins et pas sérieux" " L'art n'est pas favorisé à cause du problème de bilinguisme qui est une barrière colossale"

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COMPLEXITÉ ƒ une "frontière intérieure" qui crée un canton bi-partite, mais sentiment dominant d'une unité du canton au-delà des clichés et malgré les freins (suite) > contestation sur la répartition des financements entre le Haut Valais et le reste du territoire > caractères et mentalités semblables "C'est un pays, un espace qui a une unité et à l’intérieur c'est une communauté solidaire. (plus qu'une société)" Jacques Cordonnier "Pour ma part ayant fait la formation avec les Haut-Valaisans, moi avant je me disais: bon il y a peut-être une petite différence, mais ayant vécu avec eux, il n'y a rien du tout! Il faut arrêter les théories! On a tous nos centres d'intérêts etc. mais la mentalité est identique ; donc il y a seulement cette petite barrière linguistique; le reste c'est un cliché à l'intérieur du canton, comme le cliché des magouilles." Jean-Marie Bornet "Indéniablement et ceci malgré le bilinguisme. Le Valais présente une unité géographique et un mode de vie alpin commun qui favorise l’unité cantonale." Jean-Bernard Moix "Si Haut Valaisans et bas-valaisans échangeaient un peu plus, ils constateraient de nombreuses similitudes, si les bas-valaisans (Monthey...) enseignaient leur esprit d'ouverture au reste du canton..." François Perraudin "Certains traits de caractère sont identiques, mais l'unité réside du besoin de complémentarité des uns par rapport aux autres." Nicolas Salamin " Il y en a qui parlent allemand (c'est une espèce d'allemand du haut moyen âge), les autres parlent leur patois qui est de langue d'oc ; mais d'où qu'ils proviennent, que ce soit du fond des vallées de la rive gauche ou que ce soit des hautes côtes, parées de vigne dans le bas, qui s'élèvent sur l'autre rive, ils ont un caractère commun qui leur a été imposé par un même climat, un même sol, une même nourriture, les mêmes travaux, les mêmes croyances, les mêmes nécessités." CF. Ramuz, Vues sur le Valais Document de travail / CoManaging

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RAPPORT AVEC L'HISTOIRE

"Pa capona"! (Pas question de capituler !) Devise de Savièse

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RAPPORT AVEC L'HISTOIRE

L'histoire d'un "véritable pays" et d'un "pays dans le pays" : destin mouvementé et succession de "nationalités" qui ont renforcé la combativité, l'esprit d'indépendance, le sentiment d'appartenance local plus que national et l'attachement à un héritage culturel plus qu'à un "destin"

ƒ un "pays dans le pays" : le destin singulier du "moins suisse de tous les cantons" ƒ le "Vieux pays" : un "véritable pays" de montagnards ƒ un destin très mouvementé ƒ une histoire qui a structuré fortement la société valaisanne

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RAPPORT AVEC L'HISTOIRE

L'histoire d'un "vĂŠritable pays" et d'un "pays dans le pays"

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RAPPORT AVEC L'HISTOIRE

Destin mouvementé et succession de "nationalités" qui ont renforcé la combativité, l'esprit d'indépendance,le sentiment d'appartenance local plus que national et l'attachement à un héritage culturel plus qu'à un "destin"

visuels titre

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RAPPORT AVEC L'HISTOIRE ƒ un "pays dans le pays" : le destin singulier du "moins suisse de tous les cantons" "Conquis par les Romains vers 57, le Valais fit par la suite partie du Royaume de Bourgogne dans le cadre duquel l'Abbaye de St-Maurice devint un important foyer du christianisme. En 999, il fut légué par le dernier roi de Bourgogne aux Evêques de Sion qui entrèrent en rivalité avec les comtes de Savoie. Historiquement, il définira les limites de son territoire suite à de nombreuses guerres opposant le Duché de Savoie et l’Evêché de Sion. Les années 1475 et 1476 verront la défaite des Savoyards et l’établissement des frontières actuelles du Valais. Au XVIIe s., le Valais résista à la Réforme. Occupé par les Français en 1798, le pays fut érigé en Etat indépendant en 1802, puis rattaché à l'Empire français de 1810 à 1815 sous le nom de Département du Simplon avant d'entrer dans la Confédération Suisse (1815)." Guy-Michel Coquoz et Elisabeth Darbellay-Gabioud, www.eye.ch "Historiquement, le Valais est le moins suisse de tous les cantons" "Lorsqu'il est confédéré, en 1815, après avoir été tour à tour bourguignon, savoyard, puis Etat indépendant, il avait donc déjà un long passé, et pas grand chose de communs avec ses voisins helvètes… sinon des racines celtiques" Guide du Routard

ƒ le "Vieux pays" : un "véritable pays" de montagnards "On parle à propos du Valais d'un monde à part, du "vieux pays" : pays catho, qui conserve ses traditions et ses valeurs, qui possède ses propres contes et légendes, qui porte un "masque" touristique mais qui reste au fond un pays de montagnards" Bernard Crettaz "Le Valais a une histoire qui lui permet de se définir en tant que véritable pays, le "vieux pays" comme disent les Valaisans (..) L'histoire d'un véritable pays qui a été un Etat indépendant ce que peu de régions en Europe peuvent revendiquer. " Guide du Routard "On dit tout du Valais et des Valaisans , les images des médailles et leurs revers… Ce qui est sûr, c'est que le pays a une épaisseur historique, "une épaisseur de coutume et de mémoire", écrit Pierre Dubuis, où les siècles sont rassemblés en un mélange indéfinissable; et le Valais est vraiment un pays, dit Maurice Zermatten : la géographie et l'histoire lui confèrent cette dignité." Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan Document de travail / CoManaging

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RAPPORT AVEC L'HISTOIRE ƒ un destin très mouvementé … "Au XVIème siècle, Josias Simmler écrit que tous les Valaisans "sont belliqueux et fermement attachés à leur indépendance, qu'ils ont soutenu de nombreuses guerres pour leur liberté, ce qu'attestent les ruines de châteaux et de remparts éparpillés dans tout le pays." La lutte armée écrit en effet de nombreuses pages de l'histoire valaisanne, en malheureuses guerres civiles et en combats livrés pour la liberté et l'indépendance. Gonzague de Reynold écrit que c'est "une histoire éclaboussée de sang, noircie par les flammes (..) où se trouvent et s'enchevêtrent tous les intérêts, toutes les compétitions et toutes les intrigues." (..) La période héroïque commence après la naissance de l'Etat en 999, et elle dure des siècles : le peuple est toujours au cœur des combats, et la victoire lui appartient finalement. Mais les turbulences diplomatiques et guerrières sont nombreuses en pillages, destructions, défaites et victoires, en alliances et renversements d'alliances. Deux batailles sont particulièrement importantes, d'une part pour la démocratie, d'autre part pour l'indépendance et l'intégrité du Valais : celle d'Ulrichen en 1419 contre Berne qui soutient Guichard de Rarogne, et celle de la Planta en 1475 contre la Savoie qui permet à l'évêque et à la Diète d'annexer le Bas-Valais jusqu'au défilé de Saint-Maurice. Les tragédies pourtant ne manquent pas : les deux batailles livrées contre l'occupant français en 1798 à la Morge de Conthey et en 1799 au Bois de Finges. Et puis entre 1839 et 1847, les Valaisans sont trois fois en situations de guerre : combats fratricides dans le Valais central en 1840, bataille sanglante du Trient en 1844, occupation par les troupes fédérales en 1847 qui imposent au canton un lourd tribut de guerre." Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan

ƒ une histoire qui a structuré fortement la société valaisanne Rôle essentiel de la bourgeoisie (issue des communautés paysannes et qui s'est imposée avec l'arrivée de nouvelles populations et le développement des idées de la commune de la révolution françaises) et qui explique aujourd'hui la structure de la société valaisanne "Dis moi d'où tu es bourgeois et je te dirai tes vraies racines. La bourgeoisie perdure dans le Valais car : "Plus on se mélange, plus on refabrique du Vieux Pays" Bernard Crettaz "La population valaisanne est aujourd'hui le fruit de sédimentations successives, dit Bernard Crettaz ; on sait que le fondement humain et culturel est paysan, celtique et romain. Mais le pays, ce dernier demi-siècle surtout, change d'âme, de culture et de structure socio-économique." Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan Document de travail / CoManaging

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TROPISMES

"La culture valaisanne est une culture métissée, par une double appartenance linguistique (dialectes différents), les passages, les différentes appartenances historiques, le tourisme et les 39 communautés étrangères qui vivent en Valais " Marie-Claude Morand

"En même temps la montagne fait penser à la fermeture, vase clos etc. et moi, quand j'entends montagne, j'entends passage; historiquement pour le Valais c'est important. Le cliché de la fermeture nous allons le charrier encore quelques décennies, des années et des années, bien qu'il y ait un brassage important de la population,que l'on soit un pays d'immigration etc., nous sommes mis en contact avec pas mal d'autres voisins." Hermann-Michel Hagmann

"De pays d'émigration, la région est devenue pays d'immigration pour les Italiens d'abord, les Espagnols ensuite et surtout les Portugais et les Yougoslaves aujourd'hui." Jean-Charles Fellay, Lucien Rosset, Claudine Sauvain, Ils sont partis! L'émigration dans les vallées d'Entremont et du Trient

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TROPISMES

Une réalité à l'encontre du cliché de fermeture : historiquement une terre d'émigration, et aujourd'hui une région d'immigration

ƒ historiquement, une longue tradition de terre d'émigration > une pépinière de missionnaires (XIXè – XXè) > spécificité du "service" militaire à l'étranger, dès le XVème siècle > émigration "de la pauvreté" au XIXème siècle

ƒ derrière le cliché de fermeture, une terre de passage et même de brassage, de métissage > dès le moyen âge, des passages aux effets positifs de désenclavement culturel

ƒ des affinités de montagnards transfrontalières plus fortes que les relations intercantonales ƒ aujourd'hui une région d'immigration > problèmes d’intégration de la nouvelle immigration Document de travail / CoManaging

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TROPISMES DONNÉES OBJECTIVES ƒ En 2004, 17.5% de la population valaisanne était étrangère (2000=17.3%) soit 50'628 résidants (Suisse: 2004 = 22.1%; 2000 ≈ 20.5 %; 1990 ≈ 18%; 1980 ≈ 15%). ƒ Entre 1997 et 2004, l’évolution moyenne de la population étrangère se monte à +1.51%. La moyenne pour les années 2002-2004 se monte à +3.4% ƒ La population active étrangère en nette augmentation: une augmentation de 24% entre 1990 et 2000, contre 6% pour la population d’origine suisse. pour 62 ressortissants portugais en 1997, on en comptait en 2000 7943, soit un rapport de 1/128; Italiens 1/0.7, Français 1/2.78, Ex-Yougoslavie 1/23, Espagne 1/0.76 Autres 1/3.5 ƒ En 2000, la part de ressortissants européens dans la population résidente valaisanne se monte à 15.7%, des Français à 1.4%, des Italiens à 3.3%, des Portugais à 4.5%, des Espagnols à 0.8%, des ressortissants d’Ex-Yougoslavie à 3.8%, des Africains à 0.6%. "Jusqu'aux années 70, les Italiens constituaient la majorité des étrangers établis en Valais. En 2000, cette majorité se partageait entre les ressortissants du Portugal (12’316 personnes, soit 26% de la population étrangère) et de l’ex-Yougoslavie (10’403 personnes ; 22%)." ƒ Essentiellement 3 Ecoles internationales d’hôtellerie réputées. 1 Ecole internationale de langue ƒ Limitrophe avec 2 pays (France et Italie) et 4 cantons (Uri, Tessin, Berne, Vaud). 640 kilomètres de frontière (approximativement 400 km de frontière au Sud dont environ le 1/3 avec la France et 2/3 avec l’Italie et 200 km au Nord) Document de travail / CoManaging

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TROPISMES ƒ historiquement, une longue tradition de région d'émigration " Le canton du Valais est connu principalement comme région d’émigration. Il suffit de songer aux nombreux émigrés valaisans qui partirent outre-mer au XIXème siècle. Entre 1850 et 1880, le Valais enregistre une moyenne de 32.7 départs annuels alors que celle de la Suisse n’était que de 16.2." Thomas Antonietti et Marie-Claude Morand, Valais d’émigration, Auswanderung Wallis "Le registre des émigrés… Ce document tardif, établi à la hâte comporte de nombreux oublis, lacunes et imprécisions, surtout pour les premières années d'émigration. Il semble en particulier que certaines migrations individuelles, aient parfois échappés à l'enregistrement. Aussi le chiffre de 6629 départs totalisés jusqu'en 1879 pour l'ensemble du canton, doit-il être largement en dessous de la réalité." Jean-Charles Fellay, Lucien Rosset, Claudine Sauvain, Ils sont partis! L'émigration dans les vallées d'Entremont et du Trient

> une pépinière de missionnaires (XIXè – XXè) "Certaines paroisses de l'Entremont participent activement au renouveau de missionaires qui s'amorce au XIXème siècle. Grâce à l'enseignement remarquable de l'abbé Pierre-Auguste Bruchez, de Vilette, qui dirigera la Grande Ecole de 1830 à 1861, Bagnes peut s'enorgueillir de voir éclore, sous le magistère éclairé de cet éducateur une pléiade de 25 vocations religieuses. Parmi ces prêtres, une dizaine de jésuites et trois rédemptioristes, qui tous émigrèrent pour de lointaines missions d'enseignement et d'évangélisation. Les jésuites Maurice Gailland, Antoine Boven et Joseph Roduit se retrouvent en Louisiane et dans le Kansas, de même que le rédemptoriste Pierre-François Masson. Le jésuite Hercule Gard passe également par les Etats-Unis avant de terminer son apostolat dans les Indes Anglaises, alors que les frères Innocent et Pierre Parraudin, tous deux jésuites, partent pour l'Afrique du Sud, où le premier meurt tragiquement dans la région du Zambèze." Jean-Charles Fellay, Lucien Rosset, Claudine Sauvain, Ils sont partis! L'émigration dans les vallées d'Entremont et du Trient Document de travail / CoManaging

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TROPISMES

ƒ historiquement, une longue tradition de région d'émigration (suite) > une pépinière de missionnaires (XIXè – XXè) (suite) D'autres partiront pour l'Equateur, l'Algérie, Carthage en Tunisie, le Burundi, s'engageront dans les missions ouvrières parisiennes, se retrouveront missionnaires bagnards en Afrique (dès 1930). Tenant un rôle très controversé dans le massacre du peuple Tutsi au Rwanda (la commission vérité, justice et réconciliation pour le Rwanda enquête actuellement sur son rôle dans le génocide), André Perraudin occupera divers postes importants au Ruanda (nommé Vicaire Apostolique de Kabgayi de 1955 à 1959, archevêque de Kabgayi de 1959 à 1976 et évêque archevêque de Kabgayi de 1976 à 1989. Il était devenu archevêque émérite le 7 octobre 1989). "C'est également vers 1930 que les Congrégations du Saint-Bernard et de l'Abbaye de St-Maurice, sous l'impulsion pressante des Missions étrangères de Paris se lancent dans d'audacieuses entreprises missionnaires. Les chanoines de Saint-Maurice établissent une préfecture apostolique à Kalimpong au Sikkim, au sud-ouest du Tibet, tandis que les chanoines du Saint-Bernard tentent d'installer un hospice à la frontière occidentale de ce même Tibet (au col de Lhassa). (…) Ils sont chassés par le régime communiste et se replient alors à Formose, où ils collaborent avec les missions étrangères de Paris." "De nos jours, des laïcs missionnaires viennent épauler les religieux et les religieuses dans plusieurs pays du Tiers-Monde." Jean-Charles Fellay, Lucien Rosset, Claudine Sauvain, Ils sont partis! L'émigration dans les vallées d'Entremont et du Trient

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TROPISMES

ƒ historiquement, une longue tradition de région d'émigration (suite) > spécificité du "service" militaire à l'étranger, dès le XVème siècle "Dès le XVème siècle, on trouve des Suisses et des Valaisans engagés volontaires au service des Etats étrangers, en particulier en Espagne. (…) Jusqu'en 1689, les troupes étaient des compagnies franches engagées pour la durée des hostilités et licenciées à la signature de la paix. A partir de cette date, le Valais signe avec la monarchie française des capitulations qui impliquent la fourniture d'un régiment de 2400 hommes. (…) ce corps militaire ne sera dissout qu'en 1792." "Le Valais fournit également des hommes à l'Espagne tout au long du XVIIIème (…). Les Pays-Bas, le Piémont, la Savoie, l'Angleterre connaissent aussi des engagés valaisans." "Avec l'accession au pouvoir de Napoléon, le nombre d'engagés s'accroît fortement. Durant le XIXème siècle, les Valaisans servent surtout le Royaume de Naples (puis les deux-Siciles) et les Etats Pontificaux "Source de revenus modestes pour les simples soldats, le service à l'étranger confortait les privilèges traditionnels de la noblesse dans la société valaisanne et lui assurait des ressources financières appréciables. Cette forme d'émigration, peu organisée à l'origine, est devenue peu à peu une industrie avec ses agents recruteurs rémunérés dans la plupart des communes." "Si le service étranger procurait des ressources, indispensables à bien des familles, le prix humain de cet engagement était cependant très lourd. Dans la seule commune de Bagnes, 166 soldats sont morts à l'étrangers, la plupart probablement sur des champs de bataille. Cette hécatombe prouve que le nombre des engagés devait être relativement important. (…) Nombre de soldats renouvelaient leur contrat et ne rentraient au pays qu'après trente, voire quarante ans. Les possibilités d'avancement étaient limitées pour la majorité d'entre eux à des postes de sous-officiers." Jean-Charles Fellay, Lucien Rosset, Claudine Sauvain, Ils sont partis! L'émigration dans les vallées d'Entremont et du Trient

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TROPISMES ƒ historiquement, une longue tradition de région d'émigration (suite) > émigration "de la pauvreté" au XIXème siècle "Que le pays est sec, on le sait depuis les siècles des siècles. Qu'il est pauvre, on s'en est aperçu depuis le jour où on a ouvert les yeux. Alors qu'est-ce qui a changé ? Ceux qui abandonnent sont des lâches ! .. Et puis d'ailleurs, on a quand même des armes pour se défendre." Maurice Zermatten, Les saisons valaisannes "L'émigration pour les pays outre-mer commence également à offrir une réponse au paupérisme, ainsi après la disette de 1817. Ce ne sera qu'au cours de la deuxième moitié du XIXème que le phénomène de l'émigration se développera. " Gérald et Silvia Arlettaz, www.memo.fr "Le Valais ne nourrit plus ses enfants. Les grandes voies de communication n'existent pas encore et le Valais vit presque en autarcie. Il se nourrit des ressources de son sol. La plaine du Rhône n'est pas encore complètement asséchée et sa terre n'est pas partout cultivable. L'industrialisation est à ses débuts, elle est presque nulle au milieu du 19e. Ajouté à cela les bouleversements politico-religieux de ce milieu de siècle ainsi que la mauvaise gestion des fonds de l'Etat et nous comprenons qu'à la première calamité naturelle (gros gel printanier, inondations ou sécheresse) le peuple valaisan se retrouve en état d'insuffisance. Stimulé par les propagandes des agences d'émigration, beaucoup de Valaisans voient leur salut dans le départ pour un nouveau monde, une nouvelle vie même si tout est à refaire. " http://eviona.coquoz.org "Combien de Valaisans ont-ils émigré durant cette seconde moitié du 19e siècle ? Les chiffres des registres de l'émigration sont trop peu fiables. Au moins 10 à 15'000 personnes sont parties vers les terres lointaines. (..) "De l'émigration organisée et groupée du début à l'émigration individuelle de la fin du siècle les Valaisans ont "choisi" en premier l'Argentine puis les Etats-Unis et le Canada. D'autres, moins importants en nombre sont partis pour le Brésil, l'Uruguay ou l'Algérie. Parmi ces émigrés, certains sont partis de nos régions, d'Evionnaz, de Collonges, de Mex, de Vérossaz ou de la Vallée du Trient." http://eviona.coquoz.org

ƒ des affinités de montagnards transfrontalières plus fortes que les relations intercantonales "On se sent plus proche des gens du Val d'Aoste ou des Chamoniards que des gens du canton de Vaud" Document de travail / CoManaging

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TROPISMES ƒ derrière le cliché de fermeture, une terre de passage et même de brassage, de métissage

(cf.

ACCESSIBILITÉ)

"En fait le Valais, c’est la porte vers le Sud." Marie-Claude Morand "En même temps la montagne fait penser à la fermeture, vase clos etc. et moi, quand j'entends montagne, j'entends passage; historiquement pour le Valais c'est important. Le cliché de la fermeture nous allons le charrier encore quelques décennies, des années et des années, bien qu'il y ait un brassage important de la population,que l'on soit un pays d'immigration etc., nous sommes mis en contact avec pas mal d'autres voisins." Hermann-Michel Hagmann "La culture valaisanne est une culture métissée, par une double appartenance linguistique (dialectes différents), les passages, les différentes appartenances historiques, le tourisme et les 39 communautés étrangères qui vivent en Valais " Marie-Claude Morand "Il existe une communauté valaisanne importante à Genève, on dit que Genève est la capitale du Valais…" "Les invasions dans le Haut Valais ont été germaniques alors que le que le Bas et le Centre ont été envahis par les Lombards, les Sarrasins, La Savoie, Napoléon, etc.." Madeleine Wiget-Daly "Situé au milieu de la chaîne des Alpes, le Valais est à la fois du sud et du nord, esprit du fœhn et de la bise ; et ouvert aux vents d'ouest reçus comme les promesses et les prémices de la civilisation occidentale." Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan

> dès le moyen âge, des passages aux effets positifs de désenclavement culturel "Durant tout le Moyen-Age, l'axe qui relie les principaux centres économiques passe par le Grand-Saint-Bernard. La route de l'Entremont voit alors défiler toutes sortes de gens de conditions sociales et d'origine très différentes; des nobles, courtisans, pèlerins, militaires, fonctionnaires, marchands… Ces migrations très passagères ne permettent pas des échanges approfondis, mais contribuent au désenclavement culturel et économique de la région." Jean-Charles Fellay, Lucien Rosset, Claudine Sauvain, Ils sont partis! L'émigration dans les vallées d'Entremont et du Trient Document de travail / CoManaging

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TROPISMES

ƒ aujourd'hui une région d'immigration "De pays d'émigration, la région est devenue pays d'immigration pour les Italiens d'abord, les Espagnols ensuite et surtout les Portugais et les Yougoslaves aujourd'hui" Jean-Charles Fellay, Lucien Rosset, Claudine Sauvain, Ils sont partis! L'émigration dans les vallées d'Entremont et du Trient

> problèmes d’intégration de la nouvelle immigration "L’arrivée et l’installation de travailleurs étrangers a également modifié le tissu social valaisan. Qu’ils soient italiens ou kosovars, les étrangers sont venus en Valais avec leurs propres coutumes et traditions, pour son enrichissement bien sûr, mais contribuant également à brouiller les cartes du jeu social établi depuis des siècles. " Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo

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FÉMININ / MASCULIN

"Le Valais semble subir un clivage entre femmes et hommes un peu plus important dans les formations professionnelles que la moyenne Suisse. En effet, les stéréotypes liés aux métiers semblent encore marquer fortement les esprits." Sarah Jurisch Praz, La situation de l'égalité entre femmes et hommes, comparaison entre la Suisse et le Valais

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FÉMININ / MASCULIN

Conservatisme des mentalités : poids des femmes supérieur en nombre mais très inférieur en termes d'activité et d'opportunités Dimension phallique de la montagne et sillon rhodanien baigné par le l'eau du fleuve : forces symboliques du territoire très hermaphrodites… ƒ nombre de femmes supérieur au nombre d’hommes ƒ faible taux d'activité féminine par rapport aux hommes et par rapport à la Suisse mais, depuis 20 ans, spectaculaire mouvement de rattrapage et même de dépassement pour le taux et le niveau de formation > taux d’activité des femmes très inférieur à des hommes et écart supérieur avec les taux nationaux > taux de chômage plus élevé chez les femmes > pourcentage des emplois occupés par des femmes très inférieur à celui des hommes > pourcentage de la population féminine des 25-64 ans sans formation post-obligatoire très supérieur à celui des hommes et écart supérieur avec le pourcentage national : un héritage du passé > moins d'apprentissage féminin > depuis 20 ans, rattrapage et même dépassement par rapport aux moyennes nationales en taux de formation et de maturités gymnasiales > Valaisannes moins opiniatres dans leurs études que les hommes (mais plus que les autres femmes suisses) > conservatisme des mentalités dans l'univers professionnel : filières de formation "excluantes" pour les femmes et survivance de conceptions stéréotypées des rôles de l'homme et de la femme, notamment professionnellement

ƒ pourtant au long de l’histoire, des femmes "solides" et qui ont travaillé dur comme des hommes ƒ symboliques très masculines de la montagne et du Rhône : pics et verticalité ; UN fleuve à la force potentiellement destructrice ƒ symbolique féminine du paysage à l'échelle cantonale : sillon rhodanien entre les deux massifs montagneux, traversé de part en part par l'eau Document de travail / CoManaging

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FEMININ / MASCULIN

Conservatisme des mentalités : poids des femmes supérieur en nombre mais très inférieur en termes d'activité et d'opportunités Pourtant au long de l’histoire, des femmes qui ont travaillé dur comme des hommes

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FEMININ / MASCULIN

Faible taux d'activité féminine par rapport aux hommes et par rapport à la Suisse mais, depuis 20 ans, spectaculaire mouvement de rattrapage et même de dépassement pour le taux et le niveau de formation

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FEMININ / MASCULIN

Dimension phallique de la montagne et sillon rhodanien baigné par le l'eau du fleuve : forces symboliques du territoire très hermaphrodites…

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FÉMININ / MASCULIN ƒ nombre de femmes supérieur au nombre d’hommes 4.1% de femmes en plus mais moins qu'en Suisse en général (104.1 femmes pour 100 hommes) (CH=4.3%)

ƒ nombre de femmes "senior" supérieur au nombre d'hommes • plus de veuves : 71.7% des conjoints survivants sont des femmes, c’est-à-dire 2.55 femmes pour 1 homme (en 2005) • espérance de vie des femmes supérieure à celle des hommes et supérieure à la moyenne suisse pour les femmes : 83.5 ans (CH=83.3)(en 2005) pour les hommes : 77 ans (CH=78.2)

ƒ faible taux d'activité féminine par rapport aux hommes et par rapport à la Suisse mais, depuis 20 ans, un spectaculaire mouvement de rattrapage et même de dépassement pour le taux et le niveau de formation > taux d’activité des femmes très inférieur à des hommes et écart supérieur avec les taux nationaux • taux d'activité des femmes : 63.5% (CH=70.2) soit inférieur à la moyenne suisse (en 2000) • taux d'activité des hommes : 85.6% (CH=87.5) • taux d’activité net VS : 74.6%; CH : 78.9%

> taux de chômage plus élevé chez les femmes, mais variations saisonnières moins grandes que pour les hommes • part de la population féminine active au chômage : 3.6% en juillet 2005 (CH=3.9) et 4.1% en décembre (CH=4.0) • part des hommes : 2.5% en juillet (CH=3.3) et 5.7% en décembre (CH=3.7)

> pourcentage des emplois occupés par des femmes très inférieur à celui des hommes • 40.5% des emplois occupés par des femmes et seulement 35% en équivalent plein temps • 59.5% des emplois occupés par des hommes Document de travail / CoManaging

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FÉMININ / MASCULIN ƒ faible taux d'activité féminine par rapport aux hommes et par rapport à la Suisse mais, depuis 20 ans, un spectaculaire mouvement de rattrapage et même de dépassement pour le taux et le niveau de formation (suite)

> pourcentage de la population féminine des 25-64 ans sans formation post-obligatoire très supérieur à celui des hommes et écart supaérieur avec le pourcentage national : un héritage du passé (population plus âgée et pauvreté des familles au milieu du siècle) • pour les femmes : 39.8% (CH=25%), • pour les hommes : 20.1% (CH=13.8%)

> moins d'apprentissage féminin • 57.3% d’hommes (CH=57.6%) contre 42.7% de femmes (CH=42.4%) sur 2596 apprenti(e)s

> depuis 20 ans, particulièrement pour les femmes, spectaculaire mouvement de rattrapage et même de dépassement par rapport aux moyennes nationales en taux de formation et de maturités gymnasiales (cf. GÉNÉRATIONS)

Les femmes valaisannes sont aujourd’hui plus nombreuses que les hommes à suivre une formation gymnasiale

> Valaisannes moins opiniatres dans leurs études que les hommes (mais plus que les autres femmes suisses) "… Si les femmes sont aujourd’hui plus nombreuses que les hommes à entrer à l’université , elles sont malgré tout encore moins nombreuses à achever leur formation et obtenir un diplôme universitaire. Cependant, le Valais semble faire meilleure figure que la Suisse au niveau de la formation universitaire, puisque la différence entre les taux d’entrées et de diplômes et moins importante, ce qui reflète le fait que les Valaisannes terminent plus souvent leurs études que les étudiantes suisses." Sarah Jurisch Praz, La situation de l'égalité entre femmes et hommes, comparaison entre la Suisse et le Valais Document de travail / CoManaging

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FÉMININ / MASCULIN ƒ faible taux d'activité féminine par rapport aux hommes et par rapport à la Suisse mais, depuis 20 ans, un spectaculaire mouvement de rattrapage et même de dépassement pour le taux et le niveau de formation (suite)

> conservatisme des mentalités dans l'univers professionnel : filières de formation "excluantes" pour les femmes et survivance de conceptions stéréotypées des rôles de l'homme et de la femme, notamment professionnellement • certaines filières de formation (sect.primaire) sont exclusivement masculines, ce qui n’est pas le cas au niveau Suisse • aucune filière ne se veut exclusivement féminine • prédominance des femmes dans les secteurs: industrie de l’habillement (95%), services personnels (80%), santé et activités sociales (75%), commerce de détail (66%) où le taux d’emplois à temps partiel est élevé. • prédominance des hommes dans les secteurs: enlèvement et traitement des déchets (95%), métallurgie (95%), industrie du bois (93%), construction (92%), production et distribution d’électricité/gaz/eau "Le Valais semble subir un clivage entre femmes et hommes un peu plus important dans les formations professionnelles que la moyenne Suisse. En effet, les stéréotypes liés aux métiers semblent encore marquer fortement les esprits: un certain nombre de professions comme l’industrie (chimique et du bois notamment), les transports, et même le bâtiment n’attirent absolument pas les femmes, alors que les hommes semblent bouder uniquement les soins corporels. On peut se demander quels sont les mécanismes présidant au choix d’un métier. Il est probable que l’aspect culturel, et tous les stéréotypes qui y sont liés, ne sont pas étrangers au choix de telle ou telle profession. Si tel est le cas, le canton du Valais semble un peu plus « Stéréotypé » que la Suisse en général." Sarah Jurisch Praz, La situation de l'égalité entre femmes et hommes, comparaison entre la Suisse et le Valais "Elles ont percé la coque d'une société deux fois masculine de clercs et de fermiers pauvres." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité Document de travail / CoManaging

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FÉMININ / MASCULIN ƒ pourtant au long de l’histoire, des femmes "solides" et qui ont travaillé dur comme des hommes "L’histoire du Valais se lit sur la figure et dans les habits des Valaisannes. Nos anciennes sont encore du Vieux-Pays, filles qui ont mûri tôt, fatiguées tout de suite par les nombreuses maternités, desséchées et tordues par les travaux d’homme sur les champs, dans les écuries…" Félix Carruzzo, Les Valaisannes, Treize étoiles, décembre 1962 "Les hommes aiment à être servis. Il suffit de peu pour les contenter, il suffit de peu pour qu'éclate leur mauvaise humeur." Maurice Zermatten, Les saisons valaisannes "Une Américaine plaignait une Zermattoise : - Quels instruments pour une femme : la hache, la faux, la pioche ! Et il faut soigner le bétail, et il faut caresser les champs de seigle. Et les enfants dans les jupes ou dans la hotte. Et pendant ce temps son homme, le guide, court les glaciers ! (..) Il subsiste en nous, les garçons, même si nous ne grattons plus la terre mais le papier, ce fond paysan, ce mur de silence. Il clôturait le foyer. Il nous mettait à l'aise. Il imposait à l'épouse sa grandeur et sa servitude. Nous avons alors ces Valaisannes à bustes d'évêques, raidies dans leurs châles noirs comme des habits liturgiques. (..) Peut-être n'est-on pas habitué dans les villages à être cajolé par de tels yeux? Nos femmes ont des regards de statues (..) . Qu'est-ce qu'une belle femme ? A Kippel (patrie des Tschäggättä, c'est-à-dire des grands masques démoniaques, gesticuleurs), dans l'église j'ai saisi au vol un éloge. Le gaillard près du bénitier se tordait les moustaches et les faisait crisser en souriant des deux yeux : il regardait les femmes aux jupes qui dansent grimper à l'orgue. L'escalier craquait. "C'est quand même la mienne la plus lourde !" conclue-t-il. Telle race, tel style ! Même massives, elles restent très fines, nos filles, nos colonnes doriques. (..) Les rudes paysannes des vallées ont été avec douceur et discrétion l'amie de leurs bonshommes, douloureuses et gaies, infaillibles soutiens. Il me faut bien commencer par célébrer celles qui, dans notre histoire, apparaissent comme n'en ayant pas. Ni histoire, ni chronique. Elles sont les servantes, les femmes d'ombre, les cruches de silence. (..) – Sans nos femmes nous ne pesons pas plus qu'une feuille de papier à cigarette, conclut l'aubergiste de "La petite Gentiane". Nos femmes, nos prêtres. Sans elles, sans eux !" Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité Document de travail / CoManaging

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FÉMININ / MASCULIN ƒ pourtant au long de l’histoire, des femmes "solides" et qui ont travaillé dur comme des hommes (suite) "Pas des lingères, mais des guerrières ces femmes de l'Alpe, habituées, dressées aux sports paysans, aux outils. Elles ressemblaient quasiment à de jeunes recrues pleines de pudeur. Elles avaient des joues de gelée d'aurore, des yeux de quartz bleu ou de très noire douceur. Elles ne savaient aussi bien que les autres ni chanter ni danser, mais marcher. Leur pas lent, montagnard, avait une ligne de majesté et elles se taisaient sans coquetterie. Oui, elles n'avaient ni le piquant des Cannoises ni la fougue à la danse des Savoyardes, et elles ne surpassaient pas en beauté pure les nobles couturières et ouvrières d'Arles et d'Avignon, les filles dont les sculpteurs disent : "soulevez la chemise, c'est du marbre", qui étaient extraordinaires dans leurs robes de cendre d'argent, de velours fané. Je tombais en arrêt, je fixais leurs chignons noirs et leurs long cous blancs, elles avaient des ports de tête comme n'osent pas en avoir les reines. Mais chez nous, tout était dit par une certaine puissance et une certaine transparence. (..) Avec les Valaisannes vous reveniez aux sources. Vous passiez de l'impératrice provençale à la vierge primitive, celle dont la qualité de vie renferme tout sans dissocier : la sexualité, la prière, l'énergie, l'esthétique. A peu près, beauté pure d'une part, et santé pure d'autre part. quels étaient leurs traits, leurs types à ces femelles comme on dit en patois? C'étaient la petite chevrette des rochers à tresses noires ; l'élancée, la robuste biche à chevelure blonde et aux yeux bruns, contraste magnifié encore par une peau dorée ; celles-là et celles-ci qui sont bâties comme des tours, lentes, paisibles avec une couronne en guise de coiffe. Je montais à la trace de nos vallées en les observant." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité

ƒ symboliques très masculines de la montagne et du Rhône : pics et verticalité ; UN fleuve à la force potentiellement destructrice ƒ symbolique féminine du paysage à l'échelle cantonale : sillon rhodanien entre les deux massifs montagneux, traversé de part en part par l'eau…

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GÉNÉRATIONS

"Les jeunes retraités affluent en Valais. Le canton est le seul de Suisse romande à avoir connu ces dernières années une croissance positive des classes d'âge de 50 à 64 ans. (..) Le Valais n'a jamais aussi bien porté son nom de Vieux Pays. Il s'impose comme la Floride de la Suisse." François Mutter, Microclimat, fiscalité, coût de la vie: le Valais se profile comme la Floride de la Suisse in Le Temps, Jeudi 11 novembre 2004 site http://switzerland.isyours.com

"le Valais a été touché de plein fouet par la crise des années 90, qui, outre des dégâts sur le plan économique, est venue bouleverser l’organisation sociale. Autre facteur de changement, le nombre croissant de divorces et de remariages donnent à la famille valaisanne un visage nouveau, différent du clan traditionnel, où plusieurs générations partageaient le même toit." Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo "Le Valais a connu une évolution spectaculaire en 20 ans. Alors que les taux de maturités gymnasiales étaient relativement bas en 1980, comparativement à la moyenne nationale, ils ont quadruplé pour les femmes et doublés pour les hommes. En vingt ans, les Valaisan-ne-s ont donc rattrapé leur retard au niveau de la formation gymnasiale par rapport à la Suisse, et ont même dépassé le taux suisse." Sarah Jurisch Praz, La situation de l'égalité entre femmes et hommes, comparaison entre la Suisse et le Valais Document de travail / CoManaging

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GÉNÉRATIONS

Au XXème siècle, véritable révolution démographique et faible niveau de formation Aujourd'hui population vieillissante, affaiblissement de la structure familiale valaisanne mais spectaculaire augmentation du taux de population en formation et taux de maturité gymnasial supérieurs aux moyennes nationales ƒ durant tout le XXème siècle, forte croissance démographique : une véritable révolution démographique ƒ aujourd'hui pourcentage de familles sans enfant inférieur à la moyenne et taille moyenne des ménages légèrement supérieure aux moyennes suisses ƒ structure de la population valaisanne proche de la structure de la population suisse excepté le pourcentage des - de 20 ans supérieur et le pourcentage des + de 60 ans inférieur aux moyennes nationales ƒ taux de mortalité légèrement inférieur à la moyenne suisse ƒ néanmoins population en voie de vieillissement > forte attractivité du "Vieux pays" auprès des seniors …

aujourd'hui, profondes modifications et affaiblissement de la structure traditionnelle du clan familial niveau de formation inférieur à la moyenne suisse aucun établissement universitaire faisant partie du réseau universitaire national de nombreux jeunes Valaisans disposant d'une formation supérieure ne s’établissent pas dans leur canton pour des raisons professionnelles ƒ mais depuis 20 ans, spectaculaire augmentation du taux de population en formation et du niveau de formation : taux de maturité gymnasial supérieurs aux moyennes nationales ƒ ƒ ƒ ƒ

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GENERATIONS

Aujourd'hui pourcentage de familles sans enfant inférieur à la moyenne et taille moyenne des ménages légèrement supérieure aux moyennes suisses néanmoins, affaiblissement de la structure familiale valaisanne, population vieillissante et forte attractivité du "Vieux pays" auprès des seniors …

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GÉNÉRATIONS ƒ

durant tout le XXème siècle, forte croissance démographique : une véritable révolution démographique "on peut relever la forte croissance démographique qui marque le canton, la population ayant presque triplé (entre 1850 et 1980), passant de 81'559 à 218'707 habitants" Micheline Cosinschi, Le Valais : cartoscopie d’un espace régional

> depuis les années 30 : population valaisanne doublée > de 1990 à 2000 : augmentation de +9% (22'582 habitants) > en 2000 : 272’399 habitants 28% dans le Haut-Valais (76’625 hab) 39% en Valais-Central (106’134 hab) 33% dans le Bas-Valais (89'640 hab)

ƒ

pourcentage de familles sans enfant inférieur à la moyenne et taille moyenne des ménages légèrement supérieure aux moyennes suisses > 40% des ménages familiaux (Suisse : 45.1 %) et 24.4 % des ménages familiaux ne comptent qu’1enfant (Suisse : 22.3 %) > taille moyenne d’un ménage valaisan : 2.4 personnes (Suisse : 2.2) • ménages privés : 2.40 (CH : 2.24), • ménages familiaux : 3.73 (CH : 2.97) • ménages non familiaux : 2.23 (CH : 2.21)

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GÉNÉRATIONS ƒ structure de la population valaisanne proche de la structure de la population suisse excepté le pourcentage des - de 20 ans supérieur et le pourcentage des + de 60 ans inférieur aux moyennes nationales • - de 20 ans : 24.4% de la population valaisanne (Suisse: 23.1%) • 20-39 ans : 28.7% (Suisse: 28.9%) • 40-59 ans : 27.2% (Suisse: 27.7%) • + de 60 ans : 19.8% (Suisse: 20.3%) dont entre 60 et 74 ans : 13.1% (Suisse : 13,1%) et + de 75 ans : 6.7% (Suisse : 7,2%)

ƒ taux de mortalité légèrement inférieur à la moyenne Suisse : 7.9 ‰ (Suisse : 8.1) ƒ néamoins population en voie de vieillissement > taux net de reproduction est de 0.65% (l’indicateur conjoncturel de fécondité pour la Suisse a baissé à 1.42, en 2004) • en 1900 en moyenne, + de 5 naissances au cours de leur vie féconde de mères mariées • en 1986, nombre moyen d’enfants nés du mariage : 1.79 (même chiffre que pour la Suisse)

> tendance nette à la dénatalité et donc renouvellement de moins en moins assuré de sa population (rétrécissement de la base de la pyramide des âges)

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GÉNÉRATIONS

ƒ néanmoins population en voie de vieillissement (suite) > moyenne d'âge de la population valaisanne en augmentation : environ 40 ans (plus ou moins 37 ans en 1980 !) > d’ici quelques années, les personnes âgées de 65 ans et + vont former plus du cinquième de la population et surpasser le nombre de personnes de moins de 20 ans (d’après les estimations réalisées par l’OFS) : en 2025, sur un total de près de 300'000 résidents, environ 68'000 Valaisans auront 65 ans ou plus, et parmi eux 18’000 auront 80 ans et plus

> forte attractivité du "Vieux pays" auprès des seniors ... "Les jeunes retraités affluent en Valais. Le canton est le seul de Suisse romande à avoir connu ces dernières années une croissance positive des classes d'âge de 50 à 64 ans. Outre une offre grandissante dans le domaine des loisirs, les seniors ne sont pas indifférents aux multiples avantages offerts: droits de succession nuls, primes d'assurance maladie basses, etc. Le Valais n'a jamais aussi bien porté son nom de Vieux Pays. Il s'impose comme la Floride de la Suisse. Les seniors venus d'ici et d'ailleurs y affluent. Et l'achèvement des lignes ferroviaires à travers les Alpes (NLFA) à l'horizon 2006-2007 ouvrira de nouvelles perspectives, souligne Urs Zenhäusern, directeur de Valais Tourisme. (..) Certes, les 2071 heures de soleil dont bénéficie chaque année Crans-Montana - moyenne sur trente ans - contre 1549 à Neuchâtel ou 1694 à Genève ont convaincu plus d'un retraité. Mais ce n'est pas le seul argument. En plus de l'offre renforcée dans le domaine des loisirs, avec une dizaine de golfs désormais accessibles ainsi que 53 stations de sports d'hiver, et du bienêtre avec des thermes aussi bien à Saillon qu'à Loèche-les-Bains, la fiscalité et le coût de la vie encouragent les aînés à s'y installer." François Mutter, Microclimat, fiscalité, coût de la vie: le Valais se profile comme la Floride de la Suisse in Le Temps, Jeudi 11 novembre 2004 site http://switzerland.isyours.com

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GÉNÉRATIONS ƒ aujourd'hui, profondes modifications et affaiblissement de la structure traditionnelle du clan familial "La société valaisanne est aujourd’hui confrontée aux mêmes problèmes que l’ensemble de la population européenne : fin du plein-emploi, nouvelles structures familiales, paupérisation, intégration des familles d’origine étrangère, ... En effet, le Valais a été touché de plein fouet par la crise des années 90, qui, outre des dégâts sur le plan économique, est venue bouleverser l’organisation sociale. Autre facteur de changement, le nombre croissant de divorces et de remariages donnent à la famille valaisanne un visage nouveau, différent du clan traditionnel, où plusieurs générations partageaient le même toit. Pour faire face à cette nouvelle situation, le canton a développé des structures d’accueil tels les foyers pour personnes âgées et les jardins d’enfants afin de répondre aux demandes de la société contemporaine. L’arrivée et l’installation de travailleurs étrangers a également modifié le tissu social valaisan. Qu’ils soient italiens ou kosovars, les étrangers sont venus en Valais avec leurs propres coutumes et traditions, pour son enrichissement bien sûr, mais contribuant également à brouiller les cartes du jeu social établi depuis des siècles. " Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo

> indicateur conjoncturel de fécondité inférieur à la moyenne suisse 1.34 (CH=1.42) taux de natalité inférieur au taux suisse 9.3% (9.9 ‰) > nombre de mariages en baisse et inférieur à la moyenne suisse • 5.2 mariages pour 1000 habitants en 2005 (CH=5.4) • 6.6 mariages pour 1000 habitants en 1990 (CH=6.9)

> nombre de divorces en hausse mais toujours inférieur à la moyenne Suisse • 2.2 divorces pour 1000 hab en 2005 (CH=2.9) • 1.5 divorces pour 1000 hab en 1990 (CH=2)

> augmentation du nombre de personnes vivant seules mais inférieur à la moyenne suisse : près de 12% (Suisse : 15%) > augmentation des ménages monoparentaux et des couples sans enfant. Document de travail / CoManaging

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GÉNÉRATIONS

ƒ niveau de formation inférieur à la moyenne suisse > 29.7% niveau scolarité obligatoire seulement (CH:18.5) (école primaire, cycle d’orientation…) > 53.6% niveau secondaire (CH:56.4) (collège, école de commerce, formation professionnel…) / 7'292 apprentis dans les écoles professionnelles (2004-2005) > 16.7% niveau tertiaire (CH:25.1) (université, école polytechnique, hautes écoles…) / 3’711 étudiants valaisans dans les hautes écoles suisses (2004-2005)a 29 écoles primaires 27 écoles secondaires I écoles secondaires II : Ecoles préparant à la maturité (9); Ecole de degré diplôme (4); Ecole supérieure de commerce (6); Ecole professionnelle commerciale (4); Ecole professionnelle artisanale et industrielle (5); Ecole d'agriculture (2); Ecole d'art (3); Ecole professionnelle supérieure (1); Ecole préparant aux professions de la santé (4); Ecole préparant aux professions sociales (1); Haute école universitaire (2); Haute école spécialisée (7) (dont : Ecole d'ingénieurs du Valais, Ecole supérieure d'informatique de gestion, Fernfachhochschule Schweiz (Centre régional et direction), Haute école de gestion du Valais, Haute école santé-social du Valais…); Ecole supérieure spécialisée (1) (Ecole Suisse de Tourisme); Haute école pédagogique (2); Ecole enseignement spécialisée (2)

ƒ aucun établissement universitaire faisant partie du réseau universitaire national ƒ de nombreux jeunes Valaisans disposant d'une formation supérieure ne s’établissent pas dans leur canton pour des raisons professionnelles

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GÉNÉRATIONS ƒ spectaculaire augmentation du taux de population en formation et du niveau de formation : taux de maturité gymnasial supérieurs aux moyennes nationales " … Le Valais a connu une évolution spectaculaire en 20 ans. Alors que les taux de maturités gymnasiales étaient relativement bas en 1980, comparativement à la moyenne nationale, ils ont quadruplé pour les femmes et doublés pour les hommes. En vingt ans, les Valaisan-ne-s ont donc rattrapé leur retard au niveau de la formation gymnasiale par rapport à la Suisse, et ont même dépassé le taux suisse." Sarah Jurisch Praz, La situation de l'égalité entre femmes et hommes, comparaison entre la Suisse et le Valais > en 1980, un peu plus de 7% de personnes en cours de formation > aujourd'hui, 22.4 % de la population est actuellement en cours de formation (13% scolarité obligatoire; 1.5% gymnase; 3.9% école supérieure; 0.05% maturité professionnelle; 2.5% apprentissage, 1.3% (3711 étudiants) université et hautes école) > 8% des personnes âgées entre 15 et 25 (CH : 7%) ont commencé une formation professionnelle en 2003 > taux de maturité gymnasial supérieurs aux moyennes nationales • pour les femmes : en 1980 : 6.7% (CH=9.2%) de la population permanente féminine âgée de 19 ans ont une maturité gymnasiale 2.9% (CH=3%) de la population féminine résidente de 27 ans possède un diplôme universitaire en 2002 : 23.1% (CH : 20.6%) 11.3% (CH=9.3%) • pour les hommes : en 1980 : 10% (CH : 12.1%) de la population permanente masculine âgée de 19 ans ont une maturité gymnasial 11.2% (8.8%) la population masculine résidente de 27 ans possède un diplôme universitaire en 2002 : 18.8% (CH : 16.4%) 11.6% (CH=11.6%) (soit une évolution plus faible que les femmes mais bien plus forte que la moyenne suisse) > les branches les plus suivies au gymnase sont l’économie et le droit (20.3%), la physique (16%) et le latin (15%) Document de travail / CoManaging

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RAPPORT AVEC LA LANGUE

"Le Valais, à l’instar des cantons de Fribourg et de Berne est bilingue. C’est la Raspille, à la hauteur de Sierre qui sert de frontière entre le Haut-Valais germanophone et le Bas francophone. Selon le recensement de 1990, près de 60% de la population résidente est de langue maternelle française, contre 30% de germanophones. Les 10% restants sont d’autres langues." Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo

"Il y a un barrage vis-à-vis de la langue, mais surtout des dialectes. Il y a un certain blocage psychologique des deux côtés." Jean Bonnard

"Quand on travaille dans le canton, on doit travailler d'un côté comme de l'autre et il y a très, très peu de différences, il faudrait simplement qu'il y ait ce passage de la langue. Je trouve la frontière petite; on donne des cours haut-valaisans, bas-valaisans, on les met souvent ensemble et elle est petite la barrière." Christophe Valentini

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RAPPORT AVEC LA LANGUE

Langues et parlers locaux, une diversité en forte régression au profit du bilinguisme français / allemand, une des rares différences objectives entre Hauts et Bas Valaisans

ƒ deux langues officielles, le français et l'allemand : au-delà des clichés et des postures, le bilinguisme, une des rares différences objectives entre Hauts et Bas Valaisans, "populations entremêlées" ƒ langue française très majoritaire ƒ le valaisan, encore utilisé dans certains villages ƒ le franco-provençal toujours parlé dans le canton ƒ seule "région-pays" où se rencontre le cœur des langues européennes des Alpes ƒ rayonnement extra-cantonal de la littérature francophone ; plus grande discrétion de la littérature germanophone

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RAPPORT AVEC LA LANGUE ƒ deux langues officielles, le français et l'allemand : au-delà des clichés et des postures, le bilinguisme, une des rares différences indiscutables entre Hauts et Bas Valaisans, "populations entremêlées" (cf. COMPLEXITÉ / UNITÉ)

"frontière linguistique" définie par la Raspille, rivière en amont de la ville de Sierre "Il y a un barrage vis-à-vis de la langue, mais surtout des dialectes. Il y a un certain blocage psychologique des deux côtés." Jean Bonnard "Les langues déterminent de plus en plus la relation entre les parties du canton " "Quand on travaille dans le canton, on doit travailler d'un côté comme de l'autre et je trouve qu' il y a très, très peu de différences, il faudrait simplement qu'il y ait ce passage de la langue. Moi je trouve la frontière petite; on donne des cours haut-valaisans, bas-valaisans, on les met souvent ensemble et elle est petite la barrière." Christophe Valentini " Le Valais, à l’instar des cantons de Fribourg et de Berne est bilingue. C’est la Raspille, à la hauteur de Sierre qui sert de frontière entre le Haut-Valais germanophone et le Bas francophone. Selon le recensement de 1990, près de 60% de la population résidente est de langue maternelle française, contre 30% de germanophones. Les 10% restants sont d’autres langues. " Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo "Depuis des siècles, les populations de langue française et de langue allemande sont entremêlées en Valais : un modèle de la façon dont deux cultures peuvent vivre ensemble dans un territoire réduit. Même le sport réunit ces populations de langues différentes. Citons par exemple la " Patrouille des Glaciers ", une course extraordinaire qui consiste à relier Zermatt à Verbier à skis. " Michel Clavien, www.vs.ch/press

ƒ langue française très majoritaire (Le Valais en chiffres 2005 ) 62% de la population résidente de langue maternelle française 28% de germanophones. les 10% restants sont d’autres langues Document de travail / CoManaging

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RAPPORT AVEC LA LANGUE ƒ le valaisan, encore utilisé dans certains villages, à l'image d'Évolène, Savièse ou de Nendaz. un ensemble de dialectes de la famille arpitane (ou francoprovençale) parlés dans la partie romande du canton du Valais (Suisse), proche du Valdôtain. Dans le bas-Valais, les patois chablaisiens se rapprochent de l'arpitan savoyard. "Le dialecte des Valaisans crée des liens" Frédéric Zuber "J'ai accroché le fil populaire. Je n'ai pas eu peur d'être trivial. Car j'ai macéré dans le patois, ses grosses astuces et sa saveur sans détour. L'animalité – même au niveau de la langue – doit-elle demander pardon à l'intellectualité? Je n'en suis pas toujours sûr. Franc, comme la Bible et comme Rabelais, ou comme Freud? (..) Dans le parler valaisan toute la nature prenait vie, dans le français de la bourgeoisie et de l'administration on cachait les choses, on mettait nos âmes sous cellophane, elles y sont restées. (..) Nous passions du patois au français, du roman au romand. Le régent nous enseignait à jurer : merle pour merde, et dans la classe des filles la maîtresse relançait indéfiniment le syllabaire." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité "La-bas, le Rhône naît du glacier : voilà d'abord son origine;(..) Je regarde tout le temps le Rhône. Ici à présent est son berceau : je regarde bouger le berceau, avec ses rives en bordure. (..) La Savoie à ta gauche, le Pays de Vaud à ta droite (..) Pays doux et grands, pays bien de toi, et dignes de toi. (..) Cette double rive par les bouts se joint, formant l'ovale du berceau, et c'est une seul rive. (..) Langue d'oc, langue d'oc, tu restes fidèle à ce cours, et un chapelet de patois est le long de ce cours égrené, avec des grains de même bois, quoique de nuances différentes, et ici est notre nuance. (..) parlant ta langue, ô Rhône, pour te dire, disant les hommes, disant les choses, disant les productions" C.F. Ramuz, Chant de notre Rhône

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RAPPORT AVEC LA LANGUE ƒ le franco-provençal toujours parlé dans le canton Il n'a pas de statut officiel et est en forte régression. La fête romande et interrégionale du patois a eu lieu en août 2005 à Martigny en présence de groupes provenant de toutes les régions de l'Arpitanie. Des initiatives ont été lancées pour tenter de sauver cette langue et ses dialectes.

ƒ seule "région-pays" où se rencontre le cœur des langues européennes des Alpes allemand, français (racine franco-provençal) et l'italien

ƒ rayonnement extra-cantonal de la littérature francophone ; plus grande discrétion de la littérature germanophone "Cette partition linguistique a bien évidemment des répercussions sur le paysage culturel du Valais, notamment sur la littérature, si tant est que l’on puisse parler de littérature valaisanne. Ainsi que l’écrit Jérôme Meizoz, "Sans doute, dans ce canton du Rhône se présente une riche tradition littéraire, avec tout son arsenal de pères fondateurs et de passages obligés. Mais on y perdrait à penser solitairement une littérature valaisanne hors du cercle des autres littératures de langue française. Et tant mieux. Il faudrait plutôt replacer chaque tentative, chaque œuvre originale ou traditionnelle , dans les cercles concentriques de la Suisse romande, puis de la francophonie entière. (..) La littérature occupe une place privilégiée, grâce notamment à des auteurs dont les œuvres dépassent la thématique régionale. Maurice Chappaz et Corinna Bille, entre autres, ont écrit sur le Valais, certes, mais un " Valais planétaire " (Etiemble). Un peu à l’ombre de ces grands noms, il faut mentionner la littérature en langue allemande, et celle dans les différents patois. Les auteurs valaisans se sont intéressés à tous les genres, de l’essai philosophique à la bande dessinée, en passant par la poésie, le théâtre et les légendes. Ils ont touché également à tous les thèmes : la nature, la femme, la vie pastorale, l’identité,... " Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo

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RAPPORT AVEC LE TEMPS "Pas de stress, on A le temps et on PREND le temps " Christine Roduit "Le Valaisan quand il travaille, il travaille! Quand il fait la fête, il fait la fête!" Pierre Devanthéry "Le Valais actuel se voit tiraillé entre un désir de modernité et les restes de tradition. Dans ce contexte, son identité traverse une période difficile : Les défenseurs de la modernité, de l’ouverture, ne se retrouvent pas dans ces restes de tradition tandis que les tenants des coutumes ancestrales craignent de ne plus reconnaître le Valais, qui les a bercés pendant leur enfance et qu’ils aiment tant " Christelle Carrier, autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui

"Faire le portrait de la société valaisanne d’aujourd’hui n’est pas si simple : il faut à la fois tenir compte des traditions séculaires et des survivances d’un mode de vie ancien et des aspirations nouvelles des Valaisannes et des Valaisans qui , à l’ère de la mondialisation, font partie intégrante de la société de consommation. La cohabitation entre ces deux éléments se fait parfois dans la douleur et peut donner l’impression d’un dédoublement." Anne Michellod, www.vs.ch "Un Valais de l’inquiétude, un Valais qui ne joue pas, un Valais qui se console de la modernité en mettant un pied dans la tradition, un Valais de l’angoisse ." Bernard Crettaz "L'image culturelle, c'est la tradition, on bâtit encore là-dessus, alors que le Valais aujourd'hui, c'est l'innovation et l'ouverture" Marie-Claude Morand "le respect de l'héritage, le respect de la génération avant nous, du travail qu'ils ont fait. " Joëlle Schneider, Elisa Domeniconi, www.histoireduvin.ch Document de travail / CoManaging

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RAPPORT AVEC LE TEMPS

Savoir prendre le temps, une des composantes de la qualité de vie Tiraillements de temporalités entre vrai respect des traditions et de "l'héritage" re-création identitaire passéiste, tentation nostalgique et capacité à prendre les tournants de la modernité et à innover ƒ savoir prendre le temps de la fête comme du travail : la manifestation d'un tempérament à la fois hédoniste et entier qui s'investit à fond dans l'instant vécu, dans le présent > respect du temps de la tache à accomplir : un héritage de la culture agricole

ƒ tiraillements entre poids très important du passé et capacité d'adaptation et d'innovation > attachement vrai à l'histoire, aux traditions …. malgré leur "folklorisation" > mythe du paradis perdu et peur de la perte de l'identité : pour certains Valaisans, tentation du refus de la modernité et de nostalgie du "Valais d'avant" > tendance conservatrice, plus marquée dans le Haut-Valais > construction d’une "imagerie folklorisée", identité touristique passéiste et figée qui occulte la contemporanéité du Valais et a fortiori sa capacité à se tourner vers l'avenir > respect particulier de la notion d’héritage : la charge affective du passé dans la transmission, particulièrement en ce qui concerne la terre, et particulièrement la vigne > hors du "temps corrupteur" jusqu'à l'arrivée du tourisme : une dimension îlienne protectrice > capacité à prendre les tournants de la modernité et talent d'innovation

ƒ dimension d’éternité, d’immuabilité inhérentes à l'imaginaire de la montagne Document de travail / CoManaging

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RAPPORT AVEC LE TEMPS

Savoir prendre le temps, de la fête comme du travail, une des composantes de la qualité de vie et la manifestation d'un tempérament à la fois hédoniste et entier qui s'investit à fond dans l'instant vécu, dans le présent

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RAPPORT AVEC LE TEMPS

Tiraillements de temporalités entre vrai respect des traditions et de "l'héritage", re-création identitaire passéiste, tentation nostalgique et capacité à prendre les tournants de la modernité et à innover

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RAPPORT AVEC LE TEMPS

Hors du "temps corrupteur" jusqu'à l'arrivée du tourisme : une dimension îlienne protectrice

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RAPPORT AVEC LE TEMPS ƒ savoir prendre le temps de la fête comme du travail : la manifestation d'un tempérament à la fois hédoniste et entier qui s'investit à fond dans l'instant vécu, dans le présent "On veut avoir le temps" Sylvine Eberlé "Pas de stress, on A le temps et on PREND le temps". Christine Roduit "Le Valaisan quant il travaille, il travaille! Quand il fait la fête, il fait la fête!" Pierre Devanthéry

> respect du temps de la tache à accomplir : un héritage de la culture agricole "Dans l'agriculture, on "ne compte pas ses heures". Le faire serait immanquablement perçu comme un désintérêt, un désinvestissement, une grave négligence. " Forney, www.histoireduvin.ch

ƒ tiraillements entre poids important du passé et capacité d'adaptation et d'innovation "Un pays qui combine une ultra modernité avec une ultra tradition" Bernard Crettaz "Le Valais actuel se voit tiraillé entre un désir de modernité et les restes de tradition. Dans ce contexte, son identité traverse une période difficile : Les défenseurs de la modernité, de l’ouverture, ne se retrouvent pas dans ces restes de tradition tandis que les tenants des coutumes ancestrales craignent de ne plus reconnaître le Valais, qui les a bercés pendant leur enfance et qu’ils aiment tant (…) " Christelle Carrier, autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui "Faire le portrait de la société valaisanne d’aujourd’hui n’est pas si simple : il faut à la fois tenir compte des traditions séculaires et des survivances d’un mode de vie ancien et des aspirations nouvelles des Valaisannes et des Valaisans qui, à l’ère de la mondialisation, font partie intégrante de la société de consommation. La cohabitation entre ces deux éléments se fait parfois dans la douleur et peut donner l’impression d’un dédoublement. Les jeunes filles quittent leur jeans pour enfiler une robe de laine noire et un tablier brodé, le temps d’une fête folklorique et le patois, langue maternelle, il y a deux générations encore, figure dans la liste des cours de langues des Universités populaires, aux côtés de l’anglais et de l’allemand. Schizophrène le Valais ? Ni plus ni moins que les autres régions fortement typées par le passé et qui se coulent dans le moule uniforme de la société européenne du XXème siècle. " Anne Michellod, www.vs.ch "Un Valais de l’inquiétude, un Valais qui ne joue pas, un Valais qui se console de la modernité en mettant un pied dans la tradition, un Valais de l’angoisse ." Bernard Crettaz "Le Valais va en place dans le monde moderne, les prêtres et les souvenirs accompagnent le petit chenapan." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité Document de travail / CoManaging

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RAPPORT AVEC LE TEMPS ƒ tiraillements entre poids important du passé et capacité d'adaptation et d'innovation

(suite)

> attachement vrai à l'histoire, aux traditions …. malgré leur "folklorisation" "Fort attachement à l’histoire, aux traditions" Jacques Lathion "Est-ce que ces femmes qui portent le costume c'est de l'importation? Pour moi c'est une tradition, et je me souviens de ma jeunesse où les femmes allaient à l'Eglise le dimanche, dans les villages comme Saas-Fee par exemple, et ce n'est pas à cause des touristes qui sont là, c'est pour le plaisir et par habitude je pense." Frédéric Zuber "La Société des costumes a été créée en 1928; avant, les costumes évoluaient. Il n’existait pas de costume valaisan comme modèle figé, et standard qui caractérise un lieu. Les femmes achetaient des tissus aux marchands de passage. Et on a des collections où l'on a 20 tabliers différents pour la même famille. Aujourd'hui, les sociétés de costume elles veulent toutes le même tablier, le même ruban et c'est ça qui est devenu différent." Marie-Claude Morand

> mythe du paradis perdu et peur de la perte de l'identité : pour certains Valaisans, tentation du refus de la modernité et de nostalgie du "Valais d'avant" Avec les changements sociétaux consécutifs de l'arrivée de la modernité, l'affaiblissement, voire la disparition, des activités et des modes de vie traditionnels, pour certains apparition d'un sentiment de banalisation, voire de perte de l'identité. Exemple paroxysmique avec Maurice Chappaz qui n'a eu de cesse d'invoquer et de décrire comme un paradis perdu la paysannerie de son enfance en Valais "J'aurais voulu être un paysan plutôt qu'un lettré." (..) "J'ai le sentiment d'avoir connu un miracle, et peut-être n'aurais-je pu le voir, ce miracle, si sa disparition n'en faisait pas partie. Cela le rendait visible et, pour en témoigner, il fallait être un passant, pas tout à fait dedans et jeté dehors en même temps. Ce qui m'est arrivé." Maurice Chappaz, Valais-Tibet, Icône des paysans de montagne, Editions Le Cadratin "Or les villages qui se sont endormis me font signe. Ils ne sont pas morts, ils sont seulement endormis, déclare le Seigneur. Or malgré le progrès, malgré mon refus de regretter quoi que ce soit, ils surgissent, ils se réveillent en moi. Oui je les ai connus dans l'enfance, oui l'acidité du jeûne (car il arrivait que eussent faim) ne m'a pas écorché" Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité Document de travail / CoManaging

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RAPPORT AVEC LE TEMPS ƒ tiraillements entre poids important du passé et capacité d'adaptation et d'innovation

(suite)

> mythe du paradis perdu et peur de la perte de l'identité : pour certains Valaisans, tentation du refus de la modernité et de nostalgie du "Valais d'avant" (suite)

"Selon le poète [Maurice Chappaz], "l'origine des origines ce sont les paysans de montagne". Une civilisation hors de l'Histoire, où l'on touche encore "aux bois de l'Arche", qui a pu "s'incarner et s'immobiliser passé mille ans". Les bisses sont l'oeuvre d'art, par excellence collective, de cette société autarcique où le troc aurait remplacé l'argent et la spéculation; société close aussi, régie par des valeurs immuables. Chappaz n'ignore pas que cette civilisation de la "survie" était celle aussi des famines et du travail sans fin. Mais selon lui, l'homme y trouvait encore un sens à la vie, définitivement perdu dans la modernité capitaliste. "Ces saisons rythmaient bien le temps qui s’écoulait. Celui-ci s’écoulait d’ailleurs moins vite qu’aujourd’hui. On savait laisser le temps au temps, comme disent les paysagistes, et c’est précisément ce que je vous souhaite aujourd’hui: de trouver suffisamment le temps d’apprécier et de goûter les charmes de ces paysages " François Mudry, Payssage, un peu des peintres de Savièse dans les collections municipales "C'était le temps (il faut y revenir) où on avait encore des vacances de vendanges (on n'en a plus maintenant). (..) Celles des fleurs, celle des fruits, celle de quand on sème, celle de quand on récolte. Le pays venait nous appeler jusque parmi nos livres, avec sa vie à lui, et aux vendanges de Virgile nous invitait à comparer les siennes. Je suis ainsi parti, docile à son appel, ayant connu la brusque intrusion des choses parmi nos différentes "matières d'enseignement", une règle vécue parmi les règles écrites." C.F. Ramuz, Vendanges

> tendance conservatrice, plus marquée dans le Haut-Valais

mise en lumière par le résultat de votations des dernières années : • pour l'acquisition de la nationalité par les étrangers de la 3ème génération : Bas-Valais 51,4% de oui ; Valais central 51,1 % de oui ; Haut-Valais 34,4% de oui • pour la retraite dès 62 ans, tant pour les femmes que pour les hommes : Bas-Valais 56,6% de oui ; Valais central 52,8 % de oui ; Haut-Valais 43,% de oui • pour la révision du régime des allocations familiales : Bas-Valais 62,1% de oui ; Valais central 62,7 % de oui ; Haut-Valais 48,8% de oui "Ce conservatisme a probablement un lien avec la place prépondérante occupée par la religion, jusqu’aux dernières décennies du siècle passé tout au moins." Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo Document de travail / CoManaging

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RAPPORT AVEC LE TEMPS ƒ tiraillements entre poids important du passé et capacité d'adaptation et d'innovation

(suite)

> construction d’une "imagerie folklorisée", identité touristique passéiste et figée qui occulte la contemporanéité du Valais et a fortiori sa capacité à se tourner vers l'avenir (cf. aussi QUESTIONS D'EGO et CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES)

"Ça répond à une demande du marché, parce que la demande était forte sur les aspects traditionnels." Vincent Bornet "L'image culturelle, c'est la tradition, on batit encore là-dessus, alors que le Valais aujourd'hui, c'est l'innovation et l'ouverture et on a des tas de choses à montrer. Le Valais du savoir est très peu utilisé comme image aussi dans le tourisme; l'image que l'on véhicule du canton est trop marquée par la tradition." Jacques Cordonnier "Aujourd’hui, on veut nous faire croire que l'on n'a pas évolué depuis les Romains, ce qui est faux. C'est comme si la capacité d'invention du Valaisan n'existe pas. On loue son ingéniosité pour construire les bisses, la répétition du geste ancestral, et ça s'arrête là alors que le Valaisan est très ingénieux. On a ce côté de modernité, d'imaginaire, d'entrepreneur. Aujourd'hui le développement se fait en plaine, mais tout le caractère de la plaine n'est pas pris en considération avec les valeurs de développement, de mobilité, d'urbanité. Ce qui est important et qui commence à émerger dans la société valaisanne, ce sont ces valeurs de communication et d'ouverture avec le monde.Mais ces valeurs là, qui existent aujourd'hui, ne sont pas reconnues dans les valeurs que l'on exporte." Marie-Claude Morand " Le Valais actuel se voit tiraillé entre un désir de modernité et les restes de tradition. Dans ce contexte, son identité traverse une période difficile : Les défenseurs de la modernité, de l’ouverture, ne se retrouvent pas dans ces restes de tradition tandis que les tenants des coutumes ancestrales craignent de ne plus reconnaître le Valais, qui les a bercés pendant leur enfance et qu’ils aiment tant (…) " Christelle Carrier, Autour de l’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui "Une image passéiste. Or, c'est [aux alentours de 1900] que les élites intellectuelles suisses se forgent et imposent une image passéiste du Valais. (..) Ces clichés vont se renforcer pendant l'entre-deux-guerres alors même que le canton continue sa modernisation, et, malgré les réappropriations parfois malicieuses par les populations locales, ils finissent par former un carcan dont il sera difficile de se libérer plus tard. " Alain Clavien, www.memo.fr Document de travail / CoManaging

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RAPPORT AVEC LE TEMPS ƒ tiraillements entre poids important du passé et capacité d'adaptation et d'innovation

(suite)

> construction d’une "imagerie folklorisée", identité touristique passéiste et figée qui occulte la contemporanéité du Valais et a fortiori sa capacité à se tourner vers l'avenir (suite) "Le paradoxe de la "découverte des Alpes" consiste dans la volonté de renouer avec une nature et une vieille civilisation intacte, au moment où, par l'effet même de cette découverte, les Alpes "naturelles et humaines" se modernisent inexorablement" Bernard Crettaz, cité par Christelle Carrier, Autour du Concept d'identité... Que signifie être Valaisan aujourd'hui ? "Un premier groupe veut se débarrasser d’un Valais montré artificiellement sous un jour primitif et exotique, image que les étrangers ont forgée depuis deux siècles ; le deuxième groupe est moins " extrémiste " : il ne rejette pas tous ces clichés et veut renforcer caractéristiques qui sont considérées comme spécifiques du Valais. Le courant traditionaliste, quant à lui, se veut le défenseur de l’intégrité culturelle du Valais et cherche à renforcer toutes les images identitaires pour sauver l’originalité valaisanne." Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui

> hors du "temps corrupteur" jusqu'à l'arrivée du tourisme : la dimension îlienne protectrice "Il y a 100-150 ans, quand on entrait dans les vallées, on entrait dans le moyen âge. Il y a eu un passage brutal à la modernité avec le tourisme. Ça a été la révolution culturelle du Valais." "Le Valaisan apparaît même comme un être supérieur au citadin, vivant dans un monde à part, conservé hors du temps corrupteur." Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui "Le Valais avec ses montagnes blanches, le Valais, cet aérolithe tombé dans le présent. Forclos à toutes idées modernes, dans l'impossibilité de comparaître, d'être cité dans l'histoire, silencieux, goîtreux, imbécile, misérable avec des douceurs et c'était peut-être ça sa spiritualité et je l'aimais tel quel. Pourquoi ? Parce que son ignorance me convenait, son dédain du monde, de la réalité. (..) Le tourisme avait cent ans. Ah ! Pendant si longtemps le Valais a été une île et une Bible. Ouvrez, ouvrez ; arrivez la foule !" Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité Document de travail / CoManaging

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RAPPORT AVEC LE TEMPS ƒ tiraillements entre poids important du passé et capacité d'adaptation et d'innovation

(suite)

> respect particulier de la notion d’héritage : la charge affective du passé dans la transmission, particulièrement en ce qui concerne la terre, et particulièrement la vigne "A la base de notre anarchie , il y a la propriété" Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité " il existe une manière particulière de parler de la vigne, de concevoir le rapport entre le Valaisan et sa vigne. cette manière de parler et ces conceptions sont plus marquées lorsqu'il est question d'une vigne héritée. " Joëlle Schneider, Elisa Domeniconi, www.histoireduvin.ch " Le Valais actuel se voit tiraillé entre un désir de modernité et les restes de tradition. Dans ce contexte, son identité traverse une période difficile : Les défenseurs de la modernité, de l’ouverture, ne se retrouvent pas dans ces restes de tradition tandis que les tenants des coutumes ancestrales craignent de ne plus reconnaître le Valais, qui les a bercés pendant leur enfance et qu’ils aiment tant (…) " Christelle Carrier, Autour de l’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui "C'est le respect de l'héritage, le respect de la génération avant nous, du travail qu'ils ont fait. " Joëlle Schneider, Elisa Domeniconi, www.histoireduvin.ch " Ainsi, la terre, les vignobles qui sont les lieux de rendez-vous des générations défuntes et vivantes, représentent aux yeux de certains vignerons une forme de patrimoine. Et, " la plus haute vertu du patrimoine n'est pas de nous rappeler notre différence ou notre condition mortelle mais de nous inscrire dans un territoire et un temps, qui sont pour tous ; ceux d'hier et d'aujourd'hui. " Béghain, www.histoireduvin.ch "Les paysans étaient grands. Si j'avais pu j'en aurait été un. Mais c'est le seul métier qui ne s'apprend pas, qui exige une naissance de vingt ans. Et même il ne faut pas s'instruire pour rester paysans. C'est de la prêtrise modeste, des gens qui créent de l'existence. Aujourd'hui les villages sans argent sont enterrés. Seule la vigne subsiste aussi forte chez nous que l'industrie, aussi commerciale que mystique. Par elle je puis croire à la campagne. Avec elle, en elle, j'accomplis mon voyage." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité

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RAPPORT AVEC LE TEMPS ƒ tiraillements entre poids important du passé et capacité d'adaptation et d'innovation

(suite)

> respect particulier de la notion d’héritage : la charge affective du passé dans la transmission, particulièrement en ce qui concerne la terre, et particulièrement la vigne (suite) • pas d'impôt sur les successions "François Micheloud (..) vend aux étrangers la suisse "clé en main". Originaire du vieux pays, il reconnaît que le Valais est un bon produit : "[Le Valais] est moins pointilleux que d'autres cantons pour accorder un forfait [fiscal], en plus, il ne connaît pas l'impôt sur les successions. (..) d'une part, le canton du Valais applique la loi fédérale sans faire d'excès de zèle, d'autre part, l'immobilier étant plus abordable dans le canton du Valais qu'il ne l'est dans le canton de Genève, inévitablement l'impôt à forfait, basé sur l'immobilier, devient plus intéressant." site http://switzerland.isyours.com

> capacité à prendre les tournants de la modernité et talent d'innovation manque d'esprit visionnaire

(cf. PROFIL ÉCONOMIQUE)

mais

"Peu visionnaires, davantage réalisateurs ?" "le mythe d'une société immuable et économiquement pure ne résiste guère. Un exemple : après la Peste noire de 1348, selon les auteurs des Bisses du Valais (Monographic, Sierre 2000), les bisses témoignent de la mainmise des bourgeoisies sur l'eau. Une telle réorganisation de l'économie locale ouvre la voie à une différenciation sociale accrue, d'où naîtra, au détriment de la céréale, l'alpage affermé spécialisé dans la production fromagère. Le commerce en fera son affaire. Si belle que soit l'image du poète, de Virgile à Chappaz, il n'est pas de société sans histoire." Jérôme Meizoz, Le Temps, 9 septembre 2000

ƒ dimension d’éternité, d’immuabilité inhérentes à l'imaginaire de la montagne "Pays silencieux dont les prophètes se taisent, pays qui prépare son vin ; où les collines sentent encore la Genèse et ne craignent pas la fin. " Rilke, Quatrains valaisans Document de travail / CoManaging

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ÉNERGIE, ÉQUILIBRE " Dans cette cathédrale de la Nature, le bonheur intérieur et la plénitude de l'esprit s'imposent comme des certitudes. (..) On se laisse envahir par un sentiment de plénitude et on ressent un profond bien-être intérieur" Roland Clerc, www.faune-valais.ch

"l’émergence d’un calme serein, qui n’exclut pas la force " Charles André Meyer, payssage, un peu des peintres de Savièse dans les collections municipales

"Ces garçons de la montagne avaient en eux de grandes forces latentes (…) ils réussissaient parce qu’ils avaient de la volonté à revendre." Maurice Zermatten, la Symphonie Valaisanne "Les Valaisans sont des gens très sportifs, ils se donnent à fond aussi dans ce domaine-là"

"Le caractère valaisan, c'est la ténacité et la capacité à relever des défis, même pharaoniques, par exemple l'endiguement du Rhône" Grégoire Jirillo "Une composante forte du caractère valaisan, c'est la ténacité forgée par le climat et la dureté de la vie" Jean-Bernard Rouvinez

"Par sa ténacité, le Valaisan "y arrive"

Patricia Lafarge

" Le Valaisan a de la persévérance : si un projet n'aboutit pas, il va rebondir sur autre chose" Document de travail / CoManaging

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ÉNERGIE, ÉQUILIBRE

Equilibre parfait entre sérénité et vitalité : tranquillité puisée et "ressourcée" dans la nature mais tempérament latin, énergie sportive et ténacité quasiment identitaire ƒ tranquillité puisée et " ressourcée " dans l’attachement à la terre et à ses valeurs : influence positive, apaisante et intense à la fois, de la forte dimension de "nature" > la preuve par le niveau de sécurité > et le sens de l'accueil …

ƒ équilibre parfait entre sérénité et vitalité …qui permet de supporter les déséquilibres ƒ une énergie latente, presque " incontrôlable " quand elle est libérée ƒ ténacité quasiment identitaire : une force opiniâtre, persévérante héritée du combat contre un environnement difficile > capacité à relever tous les défis et à rebondir > engagement et efficacité dans le travail > détermination et même esprit de combativité mais sans agressivité

ƒ vitalité extravertie, voire débordements, caractéristique d’un tempérament latin ƒ importante pratique et tempérament sportifs Document de travail / CoManaging

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ENERGIE, EQUILIBRE

Equilibre parfait entre sérénité et vitalité : tranquillité puisée et "ressourcée" dans la nature mais tempérament latin, énergie sportive et ténacité "identitaire"

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ÉNERGIE, ÉQUILIBRE ƒ tranquillité puisée et " ressourcée " dans l’attachement à la terre et à ses valeurs : influence positive, apaisante et intense à la fois, de la forte dimension de "nature" "Et [le Valaisan] serait bien instable s'il n'était un naïf de souche saine, brutalement simple, attaché à sa terre comme au vrai morceau de paradis, fidèle à ses arbres, à ses forces bovines, à ses amis." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité "la nature, (…) sa beauté dénudée, explosant de joie, tandis qu’un feu d’artifice intérieur vous invite à la contemplation. (..) Dans un environnement majestueux, harmonieusement dépouillé, un ravissement des sens, synonyme de paix. (…) Vous emplir les yeux d’une présence naturelle animée et apaisante " Roland Puippe, L’été suggéré, le Valais au fil de l’eau, supplément du Nouvelliste 7 juillet 2000 "Les propriétaires sont attachés à leur terre par un lien affectif. " (..) Du côté des amateurs, le travail de la vigne est ressenti comme une fuite de la frénésie urbaine ou du stress de son travail ; un moment de détente en marge du lieu professionnel, où l'on évacue les tensions. Ainsi, travailler à la vigne, c'est aussi oeuvrer en plein air et se ressourcer au contact de la nature. En outre, cette activité est une occasion pour les personnes d'être ensemble et de partager des bons moments. " Joëlle Schneider, Elisa Domeniconi, www.histoireduvin.ch "Dans cette cathédrale de la Nature, le bonheur intérieur et la plénitude de l'esprit s'imposent comme des certitudes. (..) On se laisse envahir par un sentiment de plénitude et on ressent un profond bien-être intérieur. Si par hasard, une rencontre animalière vient encore égayer notre balade en montagne, elle laisse alors dans notre coeur un souvenir ineffaçable." Roland Clerc, www.faune-valais.ch "la douceur des paysages (..) La noble grandeur et la rayonnante sérénité qui émanent des coteaux saviésans (Maurice Jean-Petit-Matile) (..) "l’émergence d’un calme serein, qui n’exclut pas la force " Charles André Meyer, payssage, un peu des peintres de Savièse dans les collections municipales

> la preuve par le niveau de sécurité "Sur le plan social, si je pense qualité de vie, si je prends mon secteur, donc la sécurité, pouvoir vivre sur un terrain qui est sécurisé, où il y a encore un peu de respect et autre, ce sont aussi des éléments qui pèsent net dans la balance." JeanMarie Bornet Document de travail / CoManaging

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ÉNERGIE, ÉQUILIBRE ƒ tranquillité puisée et " ressourcée " dans l’attachement à la terre et à ses valeurs : influence positive, apaisante et intense à la fois, de la forte dimension de "nature" (suite) > et le sens de l'accueil … "Si tu es en symbiose avec ton environnement, tu peux être accueillant… les Valaisans sont en symbiose avec leur environnement" Laudo Albrecht

ƒ équilibre parfait entre sérénité et vitalité … qui permet de supporter le déséquilibre 'Un territoire caractérisé par un déséquilibre assumé, imposé par la nature : amplitude de la température, de dénivellation, etc Le Valaisan est capable de se maintenir dans des situations de déséquilibre., il ne recherche pas forcément le confort de l'équilibre parce qu'il a une capacité à s'adapter et à résister " Jacques Cordonnier "l’émergence d’un calme serein, qui n’exclut pas la force " Charles André Meyer, payssage, un peu des peintres de Savièse dans les collections municipales

ƒ une énergie latente, presque " incontrôlable " quand elle est libérée " Ah ! Quand ce pays se met en marche !... Il a ses hésitations, ses tâtonnements, ses doutes, ses peurs secrètes devant les décisions à prendre, ses " complexes " comme on dit. Il a été durement frappé par un conservatisme extrême, par la routine et les impossibilités d’évolution. Mais une fois en marche, allez donc suivre ses bonds prodigieux… Tant d’énergies secrètes et intactes surgissent soudain à la surface et qu’il serait difficile à museler. En dix ans, on rattrape cinquante ans d’inertie. En dis ans, on secoue la poussière des habitudes crasseuses, des siècles improductifs. On se sent une âme si terriblement jeune, soudain, mise en si grand appétence de rénovation, que parfois on se demande si tant d’ardeur ne risquera pas de provoquer la cassure et le déséquilibre. " Jean Follonier, pays en marche, Treize étoiles, février 1963 " Ces garçons de la montagne avaient en eux de grandes forces latentes (…) ils réussissaient parce qu’ils avaient de la volonté à revendre. " Maurice Zermatten, la Symphonie Valaisanne

ƒ importante pratique et tempérament sportifs

(cf. ACTIVITÉS ET ANIMATIONS)

"La culture est liée également à l’activité sportive." Alain Barbey "Les Valaisans sont des gens très sportifs, ils se donnent à fond aussi dans ce domaine-là" Document de travail / CoManaging

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ÉNERGIE, ÉQUILIBRE ƒ une ténacité quasiment identitaire : une force opiniâtre, persévérante héritée du combat contre un environnement difficile "Une composante forte du caractère valaisan, c'est la ténacité forgée par le climat et la dureté de la vie" Jean-Bernard Rouvinez "Par sa ténacité , le Valaisan "y arrive" Patricia Lafarge " Le Valaisan a de la persévérance : si un projet n'aboutit pas, il va rebondir sur autre chose" Pierre Devanthéry " Le Valaisan doit lutter contre une nature hostile afin de survivre, ce qui a forgé son caractère si prisé par les visiteurs. " Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui " Entre luttes spectaculaires et convivialité montagnarde, il capte avec bonheur les mimiques, les attitudes et les paroles concises des éleveurs qui témoignent de leur authentique complicité avec des bêtes dont le caractère convient bien, dit-on, à l’opiniâtreté des habitants de la région. " www.arte-tv.com/fr/connaissance-decouverte " (…) le goût des labeurs menus, obstinés, sans cesse recommencés, dans la pauvreté, mais aussi dans la foi qui sauve du désespoir et fait accepter son destin " Maurice Zermatten, la Symphonie Valaisanne "L’âme du pays est dans ses racines, dans ses traditions. C’est dans cette terre, souvent aride, que les Valaisans trouvent élan, force et courage." Commission de marketing Fromage Valaisan, brochure Le fromage valaisan, c’est lui!

> capacité à relever tous les défis et à rebondir "Le caractère valaisan, c'est la ténacité et la capacité à relever des défis, même pharaoniques, par exemple l'endiguement du Rhône" Grégoire Jirillo "Sur leur trajet, les bisses doivent souvent franchir des obstacles tels que des falaises ou des éboulis. Ils en deviennent des témoins impressionnants de la hardiesse de leurs bâtisseurs, de la cohésion sociale et du manque d'eau de la région."s ite myswitzerland

> engagement et efficacité dans le travail "Le Valaisan se caractérise par le travail" Patricia Lafarge "Ils disent : "Nous construisions un barrage de première grandeur : le plus haut du monde, un champion. Nous avons mis sept ans pour accoucher, jours et nuits, les dimanches aussi." – "Notre jouissance irrespectueuse : le travail." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité Document de travail / CoManaging

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ÉNERGIE, ÉQUILIBRE ƒ une ténacité quasiment identitaire : une force opiniâtre, persévérante héritée du combat contre un environnement difficile (suite) > détermination et même, esprit de combativité mais sans agressivité "un esprit combatif mais bon enfant" "La mentalité valaisanne est déterminée et solidaire" Marie-Claude Morand

ƒ vitalité extravertie, voire débordements, caractéristique d’un tempérament latin "Aux dires de ses voisins confédérés, le Valais est l'enfant terrible de la politique suisse, tant les débats qui s’y déroulent sont virulents et musclés, preuve sans doute de la latinité de ce peuple de montagnards. " Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo "On ne se représente pas combien le Valaisan est un être à contrastes. C'est son secret intérieur qui le rend si violent. Il chancelle, il désire l'absolu. Il boit. Il est un Méridional des glaciers. (..) IIs ont de fortes têtes, des cabosses, et quelques organes particulièrement robustes, car la politique se pratique au foie et à l'estomac. (..) Il était une fois un petit apôtre lequel avait trois douzaines de voix à lui apporter ou à lui retrancher lors des grandes bagarres autour de l'urne tous les quatre ans. Cette urne, on disait qu'un jour d'élections elle avait été brûlée, un autre jour subtilisée et changée… (et depuis des gendarmes venus de localités étrangères dorment sur des lits de camps à côté des urnes).(..) Après le scrutin, le président écrasé dans son fauteuil comptait les abstentions puis il flanquait une poignée de bulletins en faveur dans l'urne. Mais un jour une lettre lui parvint de Sion : "Ce coup-ci, observait un inspecteur de l'Etat, vous avez oublié de déduire les morts de l'année…" – Dans le temps on disait que si les conseillers de Commune ne savaient pas lire, ils devaient savoir compter." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité "Nous avons la tête religieuse, les yeux des Christ mais la mâchoire des loups. Nous mordons au fromage." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité "Dans ce pays au tempérament fort, rien ne peut se faire dans le calme et la sérénité ; l'autoroute, pourtant chose technique en priorité, vit aussi son épopée, avec des évènements qui frôlent la catastrophe, mais qui finit bien comme dans les meilleurs western…" Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan Document de travail / CoManaging

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ART DE VIVRE, HÉDONISME "Le Valaisan aime la vie et en profite" Pierre Devanthéry "Une part importante dans l'identité valaisanne, c'est la qualité de vie : l'aspect social, le bien être et vivre en sécurité" Jean-Marie Bornet "Après avoir surmonté la méfiance vis-à-vis de l'étranger: la convivialité, la générosité, le plaisir de partager en toute simplicité". Nicolas Salamin " Il y a les réunions de familles, les amitiés nouées dans les sociétés locales,

mille occasions de fraterniser. Le soir, après la journée de travail, on aime se rencontrer au bistrot pour partager un verre de fendant et échanger les nouvelles. On discute, chacun défendant âprement ses idées selon ses convictions." "Le vin fait partie intégrante de la culture du Valais." Hermann-Michel Hagmann "la vigne joue un rôle social en Valais puisqu'il s'agit d'un " mode de vie " (..)

Les vignobles, façonnés par les mains d'hommes de plusieurs générations, représentent une forme d'héritage, de patrimoine à la fois naturel et culturel." Siniscalchi, Joëlle Schneider, Elisa Domeniconi, www.histoireduvin.ch "La campagne imprègne encore le milieu non urbain,

les Valaisans apprécient tous la possibilité de s'évader à 5 min de chez eux. Ils sont attachés à la terre" François Perraudin Document de travail / CoManaging

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ART DE VIVRE, HÉDONISME

Goût de la vie et de la convivialité, culture du vin et de la vigne, proximité avec l'environnement naturel : hédonisme tonique et qualité de vie exceptionnelle et "identitaire" ƒ une qualité de vie exceptionnelle, qui fixe les habitants dans le territoire ƒ aimer profiter de la vie, ensemble, et goût de la fête : une réputation non usurpée de Valaisans bons vivants > plaisirs mêlés de la convivialité, de la parole, de la table ... et du vin : un art du partage dans la spontanéité et la générosité > néanmoins, comportements longtemps imprégnés des interdits de la morale chrétienne et de la notion de "péché

ƒ à la fois amène et actif, un naturel propice à rendre la vie agréable ƒ le vin et la vigne, une composante identitaire très forte, érigée en vraie culture : à la fois un savoirfaire traditionnel, un fruit du travail, un symbole de la transmission et une source de plaisir emblématique d'un art de vivre très hédoniste > travailler "sa" vigne : une part de l’art de vivre valaisan, pourtant en perte de vitesse chez les jeunes

ƒ proximité équilibrante et "ressourçante" de l'environnement naturel et du rapport "affectif" à la terre ƒ chasse et pêche, deux cultures fortes en Valais ...et même tradition de braconnage organisé au sein de la communauté villageoise Document de travail / CoManaging

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ART DE VIVRE, HÉDONISME

Le vin et la vigne, une composante identitaire très forte, érigée en vraie culture : à la fois un savoir-faire traditionnel, un fruit du travail, un symbole de la transmission et une source de plaisir emblématique d'un art de vivre très hédoniste

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ART DE VIVRE, HÉDONISME

chasse et pêche, deux cultures fortes en Valais ... et même tradition de braconnage organisé au sein de la communauté villageoise

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ART DE VIVRE, HÉDONISME

ƒ une qualité de vie exceptionnelle, qui fixe les habitants dans le territoire "De plus en plus, prise de conscience de la qualité de vie en Valais au niveau des paysages, du climat, on prend conscience de la richesse du Valais (qualité des contacts humains, des paysages, du climat, des vins, des produits, etc) . On prend conscience que même en gagnant moins on vit mieux ici. Cela va donc jusqu'à des possibilités de carrière sacrifiées pour rester ici et profiter" Jean Bonnard "On a une qualité de vie exceptionnelle : par exemple les distances sont courtes et il y a peu de feux rouge, donc pas de temps perdu lors des déplacements quotidiens." Jacques Lathion "Une part importante dans l'identité valaisanne, c'est la qualité de vie : l'aspect social, le bien être et vivre en sécurité" Jean-Marie Bornet

ƒ aimer profiter de la vie, ensemble, et goût de la fête : une réputation non usurpée de Valaisans bons vivants "Le Valaisan est bon vivant, festif et l'art de vivre est fondamental, mais on doit y instiller un peu moins de régionalisme et un peu plus d’excellence. " Hermann-Michel Hagmann "Le Valaisan aime la vie et en profite" Pierre Devanthéry "L'art de vivre dans le Valais, c'est "Carpe Diem" Savoir faire la fête même d'un échec … : "Sion 2006 quand même", l’esprit de la fête" "L'amitié met toujours en branle le physique, le sang, et ça ici on le comprend." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité

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ART DE VIVRE, HÉDONISME ƒ aimer profiter de la vie, ensemble, et goût de la fête : une réputation non usurpée de Valaisans bons vivants (suite) > plaisirs mêlés de la convivialité, de la parole, de la table... et du vin : un art du partage dans la

spontanéité et la générosité "Le tutoiement vient facilement, puis vient rapidement la bouteille de Fendant." Pierre Devanthéry "Il y a une culture de la rencontre avec l'autre, plutôt dans le Haut-Valais" "Après avoir surmonté la méfiance vis-à-vis de l'étranger: la convivialité, la générosité, le plaisir de partager en toute simplicité". Nicolas Salamin "La convivialité la générosité" Gilberte Favre "Une forme de convivialité, le temps de vivre (proximité domicile/travail) le clan au sens familial par exemple ou les sociétés. La liberté de vivre en ville et à la montagne (urbain & montagnard)." Marc-André Berclaz "La vie communautaire y est très présente" Madeleine Wiget-Daly "L’apéro" Jean-Daniel Rouiller "La fête et la convivialité" Roland Vergères "Le Valaisan n'est pas bavard si ce n'est lorsqu'il a bu." Nicolas Salamin "La pudeur dans ses démonstrations vis à vis du touriste de passage, la bonne humeur autour d'un verre de vin ("T'es pas plus dommage que les autres, bois donc ton coup")" François Perraudin "Les bistrots comme carrefours sociaux, la propriété…" Marc-André Berclaz "Payer la tournée au bistrot " Jean-Daniel Rouiller "L'apéritif" Roland Vergères "Il y a les réunions de familles, les amitiés nouées dans les sociétés locales, mille occasions de fraterniser. Le soir, après la journée de travail, on aime se rencontrer au bistrot pour partager un verre de fendant et échanger les nouvelles. On discute, chacun défendant âprement ses idées selon ses convictions. Ce caractère bien trempé, ces identités affirmées on les retrouve (…) " inconnu Document de travail / CoManaging

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ART DE VIVRE, HÉDONISME ƒ aimer profiter de la vie, ensemble, et goût de la fête : une réputation non usurpée de Valaisans bons vivants > plaisirs mêlés de la convivialité, de la parole, de la table... et du vin : un art du partage dans la spontanéité et la générosité (suite) "Et il y aurait cette bonne tiédeur d'air, mais pas seulement cette tiédeur d'air, parce que les cœurs bientôt, eux aussi, seraient attiédis, et puis réchauffés, et les cœurs connaîtraient le rapprochement dans le vin. Dans le vin, des choses sont dites, qui ne le sont pas à jeun. Les natures se reconnaissent, parce qu'elles se laissent aller. On va à la rencontre les uns des autres dans le vin : "Ah ! ça m'a fait plaisir de vous entendre !" On n'ose pas dans la vie ordinaire. On a un mur autour de ses pensées. Il faut le vin pour qu'on saute par dessud le mur. (..) N'est-ce pas l'important que les cœurs se réveillent et voient qu'ils vivent mieux, n'étant plus enfin qu'un seul cœur." C.F. Ramuz, Chant de notre Rhône

> néanmoins, comportements longtemps imprégnés des interdits de la morale chrétienne et de la notion de "péché" "Ici on ne regarde pas les garçons dans les yeux" "Les Valaisans ont le chapelet à le main quand ce n'est pas le verre. Hors de ça c'est le blocus sentimental, ce qui ne les empêche pas de rester drôles et salés. "Soixante ans, quarante ans, vingt ans ! " psalmodiaient mes soldats en se touchant le front, puis le cœur, puis les couilles. Et ajoutaient les caporaux : "Il faut faire une partie de rire avant l'éternité" Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité

ƒ à la fois amène et actif, un naturel propice à rendre la vie agréable " Sion est un petit paradis. On y a généralement bon caractère, de l’éducation, de la politesse et de la charité, de jolies figures, des corps bien faits, quoique moins soignés qu’ailleurs, parce que les Sédunoises s’occupent de toute espèce de travaux et n’ont pas le temps de vivre en grandes dames, mais elles n’en sont pas moins bien et appréciées de partout (Marie de Riedmatten 1889) " Gilberte Favre, Mémoire de Sion la vie quotidienne 1850-1950 Document de travail / CoManaging

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ART DE VIVRE, HÉDONISME ƒ le vin et la vigne, une composante identitaire très forte, érigée en vraie culture : à la fois un savoir-faire traditionnel, un fruit du travail, un symbole de la transmission et une source de plaisir emblématique d'un art de vivre très hédoniste "Le vin fait partie intégrante de la culture du Valais." Hermann-Michel Hagmann "Nous sommes ici au Château de Villa dans un lieu de culture, culture de la vigne et du vin. La vigne et le vin font partie de notre culture." Grégoire Jirillo "Le paysage est révélateur de l'histoire du lieu et des gens, passé et présent. Et la vigne joue un rôle social en Valais puisqu'il s'agit d'un " mode de vie " et un rôle environnemental car elle fait partie intégrante du paysage de l'endroit. Ce sont des aspects identitaires, qui sont à conserver. (..) Les vignobles, façonnés par les mains d'hommes de plusieurs générations, représentent une forme d'héritage, de patrimoine à la fois naturel et culturel. Naturel, car l'environnement du Valais, sa plaine, ses coteaux et ses sommets, font partie de ce que l'on nomme le patrimoine naturel. Culturel, car les vignobles représentent les techniques et savoir-faire des hommes qui interagissent avec ces vignes " Siniscalchi, Joëlle Schneider, Elisa Domeniconi, www.histoireduvin.ch " Les recherches en cours prouvent que l’on consomme du vin et du raisin en Valais dès l’Age du Fer. Les plus anciens indices viticoles suisses seraient ces pépins de raisin, pédicelles et charbons de vigne cultivée, découverts sur le site archéologique de Gamsen dans le Haut-Valais. Au Moyen-Age, les vignobles sont parfaitement organisés et appartiennent à de nombreux propriétaires. La vigne semble déjà être cette culture domestique et populaire, largement répandue. " www.museevalaisanduvin.ch "Je lève mon verre. Je dis : "Vous voulez savoir pourquoi nous sommes religieux? Ce qui me plaît le plus dans la religion, à cause de toute la matière, c'est la résurrection des corps." Je suis physique comme la vigne et le vin. Lui, il se trouble, moi je prie." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité "La vigne, le vin, donnent de l'esprit aux paysages et aux hommes. (..) Peut-être ces contrastes des coteaux ratissés à l'excès ou sauvages trouvent-ils leur réponse chez les hommes, violents et doux ainsi que leur vin, comme s'ils se nourrissaient des mêmes sèves et tiraient du soleil une ardeur identique." Maurice Zermatten, Sion, capitale aristocratique et paysanne Document de travail / CoManaging

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ART DE VIVRE, HÉDONISME ƒ le vin et la vigne : une composante identitaire très forte, érigée en vraie culture : à la fois un savoir-faire traditionnel, un fruit du travail, un symbole de la transmission et une source de plaisir emblématique d'un art de vivre très hédoniste (suite) " – Qu'on m'apporte une caisse de luminaires. – Qu'est-ce que des luminaires? – Ce sont les bouteilles de vin doré du Valais. Le désir du vin descend des montagnes, des cônes d'ombre. Il me semble qu'il y a un colloque, la nuit, dans l'assemblée pointue des neiges. Les pierres mêmes disant : "Nous voulons participer, nous voir, nous trouver." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité

> travailler "sa" vigne : une part de l’art de vivre valaisan, pourtant en perte de vitesse chez les jeunes "La Vigne joue un grand rôle. Salut Dubuis ! Ton bisse alimentait des tablards précieux ; l'eau, la foi aux ceps et nous, travailleurs et buveurs de calice. Ici, les ouvriers et les avocats et notaires veulent posséder leurs vignes et faire encore leur propre vin, même si cela devient un luxe. Car les collections de tableaux ou les écuries de course ne coûteront bientôt pas tant plus que trois ou quatre parchets d'Arvine ou de Dôle menue à piocher et à encaver. Mais le vin familial fait de chaque repas une petite messe commune avec le bourdonnement de la campagne sur la nappe blanche." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité "Parce que c'est beau, la vigne ; c'est dur, mais c'est beau." C.F. Ramuz, Vendanges " il existe une manière particulière de parler de la vigne, de concevoir le rapport entre le Valaisan et sa vigne." Joëlle Schneider, Elisa Domeniconi, www.histoireduvin.ch " On prenait le temps parce qu'on aimait faire ça. C'était un plaisir, même un peu de congé ! On fermait un jour par semaine la boulangerie et on aimait bien aller à la vigne ce jour là. C'était super." Vigneronne amatrice, www.histoireduvin.ch " Surtout chez nous en Valais, la vigne fait partie de la vie ! " Vigneron amateur, www.histoireduvin.ch " Il faut remarquer que cette activité, tout en étant considérée comme pénible, est fortement valorisée, justement parce qu'elle demande des efforts. " Joëlle Schneider - Elisa Domeniconi, www.histoireduvin.ch " Les professionnels tout comme les amateurs estiment que la nouvelle génération n'a pas le même intérêt pour la vigne et que le côté sentimental lié aux vignobles familiaux est moins présent. " Joëlle Schneider - Elisa Domeniconi, www.histoireduvin.ch Document de travail / CoManaging

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ART DE VIVRE, HÉDONISME

ƒ proximité équilibrante et "ressourçante" de l'environnement naturel et du rapport "affectif" à la terre (cf. ÉQUILIBRE, ÉNERGIE)

"La campagne imprègne encore le milieu non urbain, les Valaisans apprécient tous la possibilité de s'évader à 5 min de chez eux. Ils sont attachés à la terre" François Perraudin

ƒ chasse et pêche, deux cultures fortes en Valais ...et même tradition de braconnage organisé au sein de la communauté villageoise "Les chasseurs sont très puissants en Valais. si vous n'êtes pas chasseurs, vous ne pouvez pas être élu conseiller d'Etat" 4ème canton suisse en nombre de chasseurs : 3’572 chasseurs en 2003, ce qui fait de lui le 4ème rang des cantons suisses en nombre de mammifères abattus : un total de 9’843 Gibier à poils: Chevreuil, cerf, lièvre, lapin sauvage, chamois, sanglier, Gibier à plumes: Faisan, perdrix, caille, oie sauvage, canard sauvage, bécasse, pigeon sauvage pêche sportive et de loisir : L’ombre ; La truite de rivière ; Le saumon de fontaine ; La truite canadienne ; La perche ; Le brochet ; La carpe ; La truite arc-en-ciel ; La tanche ; L’omble chevalier "[Le monde animal et la chasse] En Suisse et en Valais, des lois et des ordonnances précisent tout, des principes de base aux modalités ; et la mouvance écologique l'intègre dans ses programmes et ses revendications. (..) Le service de la chasse est ainsi devenu une véritable institution faunistique servie par plus d'une trentaine de personnes : six employés à l'administration centrale, vingt-quatre gardes-chasse, trous chefs d'arrondissement, deux biologistes, l'un à plein temps, l'autre à mi-temps ;" Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES "La culture populaire qui se traduit par notre folklore et nos traditions me paraît essentielle. A cela s’ajoutent les manifestations culturelles et artistiques que nous connaissons et qui sont toutes importantes pour le rayonnement du canton." Jean-Bernard Moix "Ce qui me frappe ici en Valais, c'est les foyers créatifs multiples, nombreux, vivants, relativement importants mais jamais du très grand. Il y a une créativité vivante, énormément de productions et de créations dans tous les arts, que ce soit l'écriture, que ce soit la peinture, que ce soit la musique, que ce soit l'art de la parole, vraiment une créativité en cascade." Anne Martin "Ce n’est jamais de l’art pour l’art; par exemple les chœurs mixtes sont liés à la religion et les fanfares à la politique. Chez nous un village à l'époque pouvait avoir mille habitants et deux fanfares, et c'est toujours le cas. C'est collectif, c'est une entité, il fallait être dans la fanfare pour être intégré." Grégoire Jirillo "Un réservoir de musiciens d'instruments de cuivre de qualité exceptionnelle." Roland Vergères "Dans le projet de loi sur le tourisme, il n'y a pas un mot sur la culture, c'est significatif ! " "La culture valaisanne est souvent marquée par des Valaisans d'adoption." Nicolas Salamin "Le plus important est que ce lieu (..) ait inspiré des œuvres durables; que ces gens, sa lumière et son âme aient nourri et fécondé les créations artistiques d’un groupe de peintres, qui ont donné corps, peut-être sans le vouloir, à l’école de Savièse " Bernard Wyder, Pays sage, un peu des peintres de Savièse dans les collections municipales

"Il est clair qu'il y a une construction culturelle, c'est-à-dire que le tourisme a transformé la culture valaisanne ( ..) C'est le touriste qui a construit le sentiment, chez le Valaisan, de n'avoir qu'une culture traditionnelle." Marie-Claude Morand Document de travail / CoManaging

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES

Rapport de proximité à l'art, populaire, collectif, "concret" et "local" d'où la prééminence de la musique Un territoire à la personnalité singulière, à la fois "muse" et sujet, spécialement pour la peinture et la littérature ƒ loin des "milieux artistiques", un rapport de proximité à l'art, "concret" et "local", hérité d'une tradition de pratique communautaire "de village" ƒ foisonnement de petits foyers de "créativité vivante" dans tous les arts > rôle important des associations dans la vie culturelle

ƒ présence de la musique importante et contrastée, des formes les plus traditionnelles aux plus contemporaines, sans compter les innombrables festivals ƒ effet pervers d'une image culturelle "folklorisante" construite pour l'extérieur qui occulte la part de l'identité valaisanne plus artistique, créative, savante, intellectuelle ƒ territoire à la fois sujet et "muse", y compris pour de nombreux allogènes : depuis la fin du XIXème siècle, grande vitalité de la création artistique, particulièrement la littérature et la peinture, notamment "l'école de Savièse" ƒ simultanément , "exil" des artistes valaisans ƒ tradition ancienne d'ouverture aux influences artistiques européennes ƒ la danse, l'art le plus sensuel, "empêchée" par le poids de la religion Document de travail / CoManaging

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES

Loin des "milieux artistiques", un rapport de proximité à l'art, "concret" et "local", hérité d'une tradition de pratique communautaire "de village"

Par exemple , gros succès des troupes de théâtre amateur

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES

Présence de la musique importante et contrastée, des formes les plus traditionnelles aux plus contemporaines, sans compter les innombrables festivals

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES

Un territoire à la fois sujet et "muse" : depuis la fin du XIXème siècle, particulière vitalité de la création artistique, notamment "l'école de Savièse" et la littérature

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES

Un territoire à la fois sujet et "muse" : depuis la fin du XIXème siècle, particulière vitalité de la création artistique, notamment "l'école de Savièse" et la littérature Ernest Biéler

Raphaël Ritz

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES

ƒ loin des "milieux artistiques", un rapport de proximité à l'art, "concret" et "local", hérité d'une tradition de pratique communautaire "de village" par exemple gros succès des troupes de théâtre amateur "Par exemple il y a la culture des troupes de théâtre de village. Il est intéressant de voire qu'il y a parfois des spectacles de théâtre classiques de très bonne qualité programmés aux Halles à Sierre où ils vont avoir de la peine à remplir, par contre si vous avez la troupe de théâtre de Chippis qui s'y produit, qui est une troupe avec une histoire et qui fait du théâtre amateur etc., ils vont avoir quinze jours pleins! Et on ressent une grande difficulté pour les troupes à aller se produire ailleurs." Anne Martin "Il n’y a pas d’artistes valaisans qui ont fait la notoriété internationale du Valais." Pierre Devanthéry "Toute la musique, le folklore, sont liés au lieu lui-même parce que l'on s'amusait ensemble pour enlever la tristesse du quotidien; puis c'est resté comme ça; et c'est vrai que les milieux artistiques ont beaucoup de peine en général; moi je le sens aussi en venant de l'extérieur." Sylvine Eberlé "Très diversifié et ancré dans la population par le biais de nombreuses sociétés très actives (théâtres, musiques (brass-bands, fanfarres de haut niveau), sociétés culturelles diverses)" François Perraudin "La diversité, l'attachement à la tradition, l'aspect populaire, les sociétés (musique etc)" Marc-André Berclaz "Groupes folkloriques, fanfares, petites troupes théâtrales" Jean-Daniel Rouiller "La culture populaire qui se traduit par notre folklore et nos traditions me paraît essentielle. A cela s’ajoutent les manifestations culturelles et artistiques que nous connaissons et qui sont toutes importantes pour le rayonnement du canton." Jean-Bernard Moix

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES

ƒ foisonnement de petits foyers de "créativité vivante" dans tous les arts "Un tissu de peintres, sculpteurs et petits artisans" Roland Vergères "Moi ce qui me frappe ici en Valais, c'est les foyers créatifs multiples, nombreux, vivants, relativement importants mais jamais du très grand. Je trouve qu'il y a une créativité vivante, énormément de productions et de créations dans tous les arts, que ce soit l'écriture, que ce soit la peinture, que ce soit la musique, que ce soit l'art de la parole, je trouve qu'il y a vraiment une créativité en cascade." Anne Martin "Nous avons une richesse culturelle à la dimension des 200'000 habitants du Valais." Hermann-Michel Hagmann

> rôle important des associations dans la vie culturelle "De nombreuses associations animent la vie artistique du canton, et la présence d’artistes de renommée internationale, tel Maître Tibor Varga, confèrent un rayonnement important aux manifestations qu'ils soutiennent." Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES ƒ présence de la musique importante et contrastée, des formes les plus traditionnelles aux plus contemporaines, sans compter les innombrables festivals (cf. ÉQUIPEMENTS CULTURELS / ANIMATIONS ET ACTIVITÉS) > longue tradition, toujours vivace, de pratique musicale populaire, "au quotidien" et souvent collective "Un art communautaire" Patricia Lafarge "Ce n’est jamais de l’art pour l’art; par exemple les chœurs mixtes sont liés à la religion et les fanfares à la politique. Chez nous un village à l'époque pouvait avoir mille habitants et deux fanfares, et c'est toujours le cas. C'est collectif, c'est une entité, il fallait être dans la fanfare pour être intégré." Grégoire Jirillo "La musique instrumentale est aussi pratiquée depuis longtemps en Valais. Certaines traditions demeurent bien vivaces. Les villages du Val d'Anniviers, par exemple, pratiquaient naguère plusieurs déménagements annuels, pour aller dans les vignes des coteaux de Sierre, au printemps et en automne, et pour monter dans les alpages durant les mois d'été. C'étaient de véritables expéditions, car toute la population, ou presque, désertait le village, avec le curé et l'instituteur. Certaines vignes étaient soignées par la collectivité. Tandis que les ouvriers s'occupaient du sol ou de la vendange, quelques musiciens les entraînaient avec leurs danses anciennes, au son des fifres et tambours. (..) Dans presque toutes les localités, la musique instrumentale est pratiquée par des fanfares ou des harmonies. (..) " Les ensembles locaux de chanteurs et musiciens amateurs se retrouvent dans des fédérations régionales et cantonales qui organisent chaque année des rencontres. Ainsi, le niveau de la qualité musicale et du répertoire est en constante progression. Ce progrès est encore plus sensible dans quelques ensembles pratiquant une sélection, et leurs performances atteignent parfois un niveau comparable à celui des formations professionnelles (Chœur Novantiqua, Sion, Chœur d’hommes du Haut-Valais). Michel Veuthey, www.vs.ch/encyclo " Le Valais est un canton qui chante et qui fait de la musique : chorales et fanfares ont longtemps été seules à animer les villages. Depuis la création du Conservatoire cantonal et la fondation de chœurs de renommée internationale, la palette de la vie musicale du pays s'est sensiblement enrichie. Des groupes aux influences musicales les plus variées (folk irlandais, rock, chanson française) sont la marque de l'inscription du Valais dans l'univers musical européen et mondial. " Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo " Cette vitalité apparaît aussi dans les listes des jeunes inscrits dans les écoles de musique, académies et conservatoires valaisans. " Michel Veuthey, www.vs.ch/encyclo Document de travail / CoManaging

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES ƒ présence de la musique importante et contrastée, des formes les plus traditionnelles aux plus contemporaines, sans compter les innombrables festivals (suite) > programmation musicale locale pléthorique " Aujourd’hui, toutes les petites villes, et même plusieurs villages, se sont dotés d'une ou plusieurs salles de spectacles, et organisent durant la saison d'hiver des concerts, dont ceux particulièrement prisés mis sur pied à la Fondation Gianadda à Martigny ou auThéâtre La Poste à Viège. En été, cette activité diminue, mais, en divers lieux, les stations prennent le relais, offrant à leurs hôtes des séries de concerts, classiques ou contemporains. Si les principaux festivals sont basés à Sion, Ernen et Verbier, ils essaiment dans chaque région. Les festivals d'Ernen, de Sion et de Verbier s'accompagnent d'académies, dont les professeurs et les élèves, venus de nombreux pays, offrent aussi de multiples récitals en plusieurs lieux. Leur succès et l'image culturelle qu'elles apportent au Valais incitent les hôteliers de certaines stations comme Crans et Zermatt à enrichir le programme des saisons intermédiaires en organisant des séries de concerts de haute qualité. On peut mentionner encore les tournées organisées librement par certains ensembles, notamment des choeurs de jeunes, qui profitent de leurs voyages ou de leurs séjours de vacances pour se produire dans la région. " Michel Veuthey, www.vs.ch/encyclo

> une spécificité valaisanne : la fanfare, comme "outil politique … "Un réservoir de musiciens d'instruments de cuivre de qualité exceptionnelle." Roland Vergères "Une particularité étonne les visiteurs du Valais: certains villages comptent deux, voire trois fanfares, chacune étant rattachée à un parti politique et financée par lui. C'est une manière assez originale de garantir la fidélité des jeunes électeurs et, contrairement à ce qu'on pourrait craindre, la musique en tire quelques avantages, puisqu'elle devient un lieu de féconde émulation." Michel Veuthey, www.vs.ch/encyclo

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES ƒ présence de la musique importante et contrastée, des formes les plus traditionnelles aux plus contemporaines, sans compter les innombrables festivals (suite) > berceau du chœur perpétuel dans les monastères " Fondée en 515 par le roi Sigismond de Bourgogne, l'Abbaye de Saint-Maurice fut le premier monastère d'Occident à pratiquer la "louange perpétuelle", avec cinq choeurs de moines se relayant 24 heures sur 24. Malheureusement, les manuscrits de cette époque n'existent plus, car les incendies et les éboulements se sont ligués pour anéantir les anciens documents. En revanche, on en trouve dans les archives du Chapitre de la cathédrale de Sion, mais ils sont plus tardifs et ne remontent qu'aux derniers siècles du Moyen Âge. (..) A la fin de la période médiévale, le Valais comptait plusieurs prieurés, rattachés soit à l'Abbaye de Saint-Maurice, soit à l'Hospice du Grand Saint-Bernard, soit encore à des monastères extérieurs comme le prieuré de Saint-Pierre-de-Clages. Chacune de ces petites communautés pratiquait sans doute le chant, et cette tradition s'est maintenue dans les paroisses, où, aujourd'hui encore, des chœurs amateurs chantent régulièrement durant les offices religieux. On imagine aisément que cette habitude de chanter ensemble débordait sur la vie de tous les jours. Ainsi, la plupart des chorales valaisannes pratiquent également un répertoire populaire profane, que les compositeurs Charles Haenni et son fils Georges, fondateur du Conservatoire cantonal à Sion en 1947, ont singulièrement enrichi en parcourant les vallées" Michel Veuthey, www.vs.ch/encyclo

> le plus vieil orgue du monde encore jouable (cf. patrimoine architectural et artistique) "Sion, capitale du Valais et siège de l'évêché depuis le VIe siècle représente un autre point d'ancrage historique pour les musicologues: la basilique de Valère conserve le plus vieil orgue du monde encore jouable. Datant de la première moitié du XVe siècle, cet instrument mérite doublement une visite : notamment l’été pendant le Festival de l’orgue et de la musique ancienne, pour sa sonorité particulière et pour son aspect visuel, accroché, avec ses volets peints, en nid d'hirondelle sur le mur occidental de l'église. " Michel Veuthey, www.vs.ch/encyclo

> héritage traditionnel qui s'adapte à la modernité : " Comme les choeurs, les fanfares et les harmonies se sont ouvertes largement au répertoire contemporain ; quelques groupes comme le Brass 13 étoiles se distinguent dans la ligne des brass bands. " Michel Veuthey, www.vs.ch/encyclo Document de travail / CoManaging

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES ƒ présence de la musique importante et contrastée, des formes les plus traditionnelles aux plus contemporaines, sans compter les innombrables festivals (suite) > une musique traditionnelle aux accents cosmopolites " On imagine aisément que cette habitude de chanter ensemble débordait sur la vie de tous les jours. Ainsi, la plupart des chorales valaisannes pratiquent également un répertoire populaire profane, que les compositeurs Charles Haenni et son fils Georges, fondateur du Conservatoire cantonal à Sion en 1947, ont singulièrement enrichi en parcourant les vallées, notant les textes et les mélodies d'anciennes chansons, dont certaines rapportées de France ou d’Italie par les soldats revenus du service mercenaire. " Michel Veuthey, www.vs.ch/encyclo " Jean Daetwyler dates s'inspira de ces airs pour certaines de ses propres compositions, constatant que souvent cette musique suivait des gammes lointaines, par exemple le mode lydien d'Asie Mineure. " Michel Veuthey, www.vs.ch/encyclo

ƒ effet pervers d'une image culturelle "folklorisante" construite pour l'extérieur qui occulte la part de l'identité valaisanne plus artistique, créative, savante, intellectuelle "A ceux qui accrochent leur cœur au Vieux-pays, le Valais paraît perdre son identité. C'est vrai que dans beaucoup de domaines la rupture culturelle est évidente : entre "la Catherine" de Vibert et les modules de Duarte, la chapelle de Tousles-Saints à Valère et l'église d'Hérémence, les portraits de notables et les personnages de François Gay, les paysages de Biéler et les toiles-alu de Messerli, les rythmes des fifres et la musique contemporaine de Pierre Mariétan … C'est la preuve du dynamisme culturel, nourri par de nombreuses créations neuves mais né dans un terreau que les siècles précédents ont peu à peu constitué." Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES ƒ effet pervers d'une image culturelle "folklorisante" construite pour l'extérieur qui occulte la part de l'identité valaisanne plus artistique, créative, savante, intellectuelle (suite) > une image réductrice, aujourd'hui anachronique, d'un Valais traditionnel, paysan et montagnard APPARTENANCE / RAPPORT AVEC LE TEMPS) en décalage complet avec l'art contemporain

(cf.

"Dans le projet de loi sur le tourisme, il n'y a pas un mot sur la culture, c'est significatif ! " "Quand vous regardez la littérature touristique et les guides de voyages de la fin du XIXème vous voyez ce que viennent chercher les gens en Valais… Ils ne viennent pas chercher l'architecture romane qu'ils ont déjà ou gothique ou etc. On parle très peu du trésor de St-Maurice par exemple, qui au niveau national, au niveau mondial, est quelque chose d'important. On ne parle pas des ruines romaines, de l'amphithéâtre, rien! Qu'est-ce qui les étonne car ils viennent des villes, des endroits où ils ont déjà tout ça ? Ce qui les intéresse, c'est ce qu'ils n'ont pas eux, donc les danses, les costumes des femmes le dimanche quand elles vont à la messe etc. et c'est ça qui est mis en avant. (..) Donc il est clair qu'il y a une construction culturelle, c'est-à-dire que le tourisme a transformé la culture valaisanne. Au moment où le Valais, comme territoire organisé vers la fin du XIXème a commencé à produire une pensée de lui-même, dans toutes les manifestations publiques, les expositions cantonales et discours politiques, on voit bien que tout ce qui est privilégié comme image identitaire, c’est justement le Valaisan terrien, le Valaisan montagnard ; donc la plaine n’existe pas dans les valeurs mises en avant par les politiques. Donc le vrai Valaisan c’est le montagnard, le vrai Valaisan c’est le paysan, donc une valeur de la terre. Dans tout ce qui a été commandé dans les œuvres culturelles, même dans la littérature, pour toutes les manifestations officielles (même le 175ème anniversaire de la rentrée du Valais dans la Confédération), le conseil d’Etat a demandé la production d’un cortège folklorique. Tout ce qui a été produit lors de cette manifestation, c’était la mise en valeur du Valais comme œuvre de la terre et rien de ce que l’on pourrait appeler la culture savante, le côté inventif, ingénieur. C’est la terre et la montagne !" Une incapacité à concevoir que le Valais possède aussi un produit culturel, une architecture internationale qui est déjà là. (..) Il y a une grande méconnaissance, en Valais, de l’histoire culturelle valaisanne et de ses potentialités culturelles. Et ça c’est vraiment un problème de l’identité valaisanne et de son rapport avec le présent et avec la culture. C'est un phénomène qui est construit. Vous ne trouvez pas, au XIXème, le sentiment du Valaisan à l'égard de la culture, des traditions et de leurs potentialités. Vous ne les retrouvez qu'au XXème siècle. Et ça c'est l'influence, entre guillemets, négative du tourisme : c'est le touriste qui a construit le sentiment, chez le Valaisan, de n'avoir qu'une culture traditionnelle." Marie-Claude Morand Document de travail / CoManaging

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES ƒ effet pervers d'une image culturelle "folklorisante" construite pour l'extérieur qui occulte la part de l'identité valaisanne plus artistique, créative, savante, intellectuelle (suite) > une image réductrice, aujourd'hui anachronique, d'un Valais traditionnel, paysan et montagnard APPARTENANCE / RAPPORT AVEC LE TEMPS) en décalage complet avec l'art contemporain (suite)

(cf.

"Il y a des productions contemporaines de valeur, mais elles ne sont jamais mises en évidence. Il y a eu pratiquement tout au long de l’histoire culturelle valaisanne, une émigration des intellectuels qui est absolument phénoménale. La plupart des intellectuels valaisans sont à l’extérieur du canton, dans des postes d’ailleurs souvent à haute responsabilité, mais ils ne vivent pas en Valais. Et c’est vrai que c’est très difficile de faire admettre ces valeurs qui ne sont pas enracinées ou que les gens, ou que les politiques pensent ne pas être enracinées dans le sol valaisan, ce qui est faux !" Marie-Claude Morand

> pour beaucoup de Valaisans, aujourd'hui perte de repères identitaires et méconnaissance de leurs propres trésors culturels, à redécouvrir "Il y a ce phénomène de regard extérieur qui devient une identité, une façade pour les Valaisans. Et cette émigration des artistes valaisans vers l'extérieur contribue à cela. Mais il y a tout un travail et une volonté de faire ressortir les éléments du patrimoine qui ne sont pas valorisés aujourd'hui." Jacques Cordonnier "C'est quand même intéressant de penser que la musique valaisanne c'est un Bâlois qui nous la fait, Monsieur Daetwiller, et puis Mariétan qui est valaisan il est à Paris. Actuellement Et on est en train de faire croire aux Valaisans qu'ils avaient le cor des Alpes, et je ne sais pas combien de festivals du cor des Alpes on a en Valais, mais le cor des Alpes ce n'est pas en Valais! On fait des inaugurations au cor des Alpes et le Valaisan finit par croire qu'il a le cor des Alpes, mais ce n'est pas vrai! Il y a cette perversion de l'identité valaisanne qui est très grave, parce que pour finir, les Valaisans en train de faire les foins en costumes du dimanche etc, pour finir les Valaisans authentiques croient que c'était vraiment comme ça! Et il y a une perte de l'identité culturelle qui est extrêmement grave." Bernard Attinger "On passe à côté de vrais trésors culturels que l'on a! Nos musées, nos institutions, la médiathèque, regorgent de vrais trésors à découvrir, or c'est tout l'enjeu de notre travail au service de la culture, c'est faire découvrir aux Valaisans d'abord. Il faut faire passer ça dans le cœur des Valaisans et qu'ils se rendent compte de ces vraies richesses." Marie-Claude Morand Document de travail / CoManaging

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES

ƒ effet pervers d'une image culturelle "folklorisante" construite pour l'extérieur qui occulte la part de l'identité valaisanne plus artistique, créative, savante, intellectuelle (suite) > amorce d'un art contemporain qui revisite ses racines montagnardes pour retrouver le contact avec un public "nourri" de culture folklorisante "Avant, le Valaisan faisait venir des peintres, toutes les familles valaisannes faisaient venir des peintres d'ailleurs, il y avait une grande circulation des peintres, il n'y a aucun problème jusqu'à la fin du XIXème dans le rapport du Valaisan avec cette culture là. Aujourd'hui on a des artistes valaisans qui font de l'art conceptuel , plutôt abstrait et "international", mais le plus souvent ils travaillent à l'extérieur parce qu'en Valais, on préfère acheter un Dallèves, on n'a aucune peine de vendre même de mauvais artistes, entre guillemets, et qui peignent des chalets qui n'existent plus ou des femmes en costume avec la chèvre à côté (comme si l'on allait garder les chèvres en costume d'époque). Il y a eu chez les artistes la phase de refus, c'est-à-dire "on en a marre de ce folklore". Mais maintenant, même dans cette frange conceptuelle, et parallèlement aussi dans la peinture, on a des tableaux qui partent des caractéristiques ethnographiques. On a même deux artistes qui vivent à Bruxelles et qui travaillent sur le tricotage. Elles faisaient des installations très art conceptuel, mais maintenant à base de tricot; elles font de la sculpture textile sur cette base là. Il y aussi d'autres personnes, et notamment de nombreux peintres qui peignent les Alpes et qui font de la photo, de la mise en scène photographique sur la montagne, avec une vision de la montagne qui est complètement contemporaine, mais c'est un paysage montagnard! Donc on a maintenant cette génération plus jeune qui sort du refus en disant : vous nous avez assez cassé les pieds avec votre folklore, ça on refuse et maintenant on revient et puis on essaie de faire évoluer. La difficulté est moins dans la création qu'elle n'est dans le public. Dans le domaine musical contemporain aussi on a des gens intéressants qu'on essaie de faire revenir, qui se produisent de temps en temps chez nous, mais l'audience est assez faible" Marie-Claude Morand

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES ƒ un territoire à la fois sujet et "muse", y compris pour de nombreux allogènes (cf. PATRIMOINE DES PERSONNALITÉS) : depuis la fin du XIXème siècle, grande vitalité de la création artistique, particulièrement la littérature et la peinture, notamment "l'école de Savièse" > authenticité, beauté et grandeur des paysages, sources d’inspiration pour les artistes, en particulier les peintres, écrivains et photographes et à l'origine du tourisme "(…)l'artiste fut immédiatement séduit, (…) par l'authenticité des gestes et traditions rythmant la vie de cette société rurale." Jean-Daniel Varone, www.culturactif.ch " "A la fin du XIXème siècle déjà et au début du XXème siècle, des écrivains et des peintres découvrent les valeurs culturelles du "Vieux-Pays" : Charles-Ferdinand Ramuz comprend le Valais dans ce qu'il a d'élémentaire et d'infini, de particulier et d'universel, de charnel et de spirituel ; Rainer Maria Rilke y perçoit une dimension cosmique, comme "une tension (..) entre les astres d'une constellation" ; Ernest Bieler est conquis par son iconographie et "une lumière extraordinaire" ; Edouard Vallet célèbre la grandeur de l'humilité paysanne et l'intensité artistique des paysages ; de nombreux peintres y trouvent refuge et inspiration : "Le Valais inconnu enracina les peintres qui se cherchaient", écrit Maurice Chappaz. (..) Le tourisme a une origine culturelle ; un rôle important est joué par les écrivains et les peintres : Jean-Jacques Rousseau vante la santé et la bonté du peuple des montagnes et envoie Saint-Prex dans les Alpes en convalescence sentimentale ; Töpffer y propose des "voyages" ; Albert de Haller célèbre la montagne en poésie descriptive dans son recueil intitulé "les Alpes" ; Caspar Wolf magnifie les paysages en belles œuvres romantiques ; Raphaël Ritz, Edouard Vallet, Ernest Bieler et les peintres de Savièse donnent une image idyllique de la nature pour les citadins en mal de rusticité. Ce sont des pionniers œuvrant en textes littéraires et en chefs-d'œuvre picturaux, des "ouvreurs" de civilisation sans qu'ils en aient véritablement le projet. On parle de "paysages quadrillés par les peintres" , par d'autres artistes encore : Turner, oty père et fils, Laurent-Justin Ritz, Diday, Calame, de Meuron, Bille, Cini… " Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan Document de travail / CoManaging

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES ƒ un territoire à la fois sujet et "muse", y compris pour de nombreux allogènes (cf. PATRIMOINE DES PERSONNALITÉS) : depuis la fin du XIXème siècle, grande vitalité de la création artistique, particulièrement la littérature et la peinture, notamment "l'école de Savièse" (suite) > "l'école de Savièse", "Barbizon valaisan" : originalité d'une école locale composée principalement "d'étrangers" dont le seul dénominateur commun fut l’attrait exercé sur eux par Savièse "La culture valaisanne est souvent marquée par des Valaisans d'adoption." Nicolas Salamin "De tous ces hauts-lieux de l’histoire de la peinture en Suisse, seul Savièse bénéficie, aujourd’hui, de l’appellation "école". Le plus important est que ce lieu, au-delà de la querelle que son appellation a pu susciter, ait inspiré des œuvres durables; que ces gens, sa lumière et son âme aient nourri et fécondé les créations artistiques d’un groupe de peintres, qui ont donné corps, peut-être sans le vouloir, à l’école de Savièse " Bernard Wyder, Pays sage, un peu des peintres de Savièse dans les collections municipales "On pourrait affirmer, qu’il n’y a jamais eu d’école de Savièse, si l’on attache au mot école un sens trop littéral. En fait, les peintres qui venaient à Savièse étaient attirés par un pays plutôt qu’un système didactique, voire doctrinaire. Mais on pourrait aussi prétendre qu’il y a eu effectivement école, comme il y en a eu et comme il y en aura sans doute encore, dans le sens de réunions d’artistes autour d’une thématique commune, souvent d’ailleurs bien plus d’idées et de sentiments que de modes d’expression ou de styles. " Charles-André Meyer, Pays sage, un peu des peintres de Savièse dans les collections municipales "Chose remarquable, les artistes qui peignirent à Savièse ne furent que rarement originaires du Valais. Bien entendu, il fallait un Valaisan – ce fut Raphaël Ritz, qui avait son atelier à Sion – pour jouer le rôle de pionnier et faire découvrir le site et ses villages à un " étranger " - Biéler de Rolle – lequel alerta des confrères, lesquels à leur tour… " Arnold Kohler, Pays sage, un peu des peintres de Savièse dans les collections municipales

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES ƒ un territoire à la fois sujet et "muse", y compris pour de nombreux allogènes (cf. PATRIMOINE DES PERSONNALITÉS) : depuis la fin du XIXème siècle, grande vitalité de la création artistique, particulièrement la littérature et la peinture, notamment "l'école de Savièse" (suite) > "l'école de Savièse", "Barbizon valaisan" : originalité d'une école locale composée principalement "d'étrangers" dont le seul dénominateur commun fut l’attrait exercé sur eux par Savièse (suite) "En vérité, à part Raphaël Ritz, Raphy Dallèves et Berthe Roten-Calpini, les peintres de Savièse vinrent tous de l’extérieur, en particulier de Genève: sur les dix-neufs artistes dont les œuvres composent la collection [Lehner], treize ont été Genevois alors que Vaud, Neuchâtel, et la France n’en inscrivirent qu’un à leur actif. (…) enfin il y a eu l’implantation définitive, celle d’un Albert Chavaz qui trouva là une patrie d’élection. " Arnold Kohler, Pays sage, un peu des peintres de Savièse dans les collections municipales "Quant au style, la diversité est encore plus grande, il importe de la souligner: nous avons affaire à des artistes dont le seul dénominateur commun fut l’attrait exercé sur eux par Savièse. Dans les œuvres des uns et des autres, on ne peut observer aucune parenté imputable à Savièse, aucune tradition d’ordre local n’y est décelable, bref on ne trouve aucun élément distinctif aux peintres de Savièse. Or, de la pluralité des styles résulte la richesse même du panorama pictural qu’offre l’ensemble de tableaux et de dessins réunis par le collectionneur " Arnold Kohler, Pays sage, un peu des peintres de Savièse dans les collections municipales "Pourquoi parler d’Ecole de Savièse, alors qu’il ne s’agit pas d’une Ecole? Ce sont sans doute des peintres de la première génération eux-mêmes qui ont choisi cette appellation. Celle-ci, rappelons-le, se trouve déjà chez un critique genevois de la fin du siècle dernier. Puis, Bernard Wyder, directeur du Manoir de Martigny, a présenté il y a quelques années un dessin pour une gravure d’Otto Vautier où se lit " Peintres de l’Ecole de Savièse ". Le tableau correspondant à la gravure n’a pas été retrouvé, mais le nom d’Ecole de Savièse était né: écrivains et journalistes l’ont repris et surtout Maurice Zermatten. On a été jusqu’à parler d’un " Barbizon Valaisan " Michel Lehner, Pays sage, un peu des peintres de Savièse dans les collections municipales "A partir de 1890, une véritable colonie d'artistes s'installe en Valais, dans la région de Savièse. C'est ainsi que naît "l'Ecole de Savièse". Sabine Leyat, www.vs.ch/encyclo Document de travail / CoManaging

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES ƒ un territoire à la fois sujet et "muse", y compris pour de nombreux allogènes (cf. PATRIMOINE DES PERSONNALITÉS) : depuis la fin du XIXème siècle, grande vitalité de la création artistique, particulièrement la littérature et la peinture, notamment "l'école de Savièse" (suite) > "l'école de Savièse", "Barbizon valaisan" : originalité d'une école locale composée principalement "d'étrangers" dont le seul dénominateur commun fut l’attrait exercé sur eux par Savièse (suite) Une deuxième vague artistique déferle sur le Valais dès 1920 sous l'impulsion du groupe de Saint-Luc, fondé à Genève et mené par Alexandre Cingria. Il s'agit du renouveau de l'art religieux qui se manifeste essentiellement dans la décoration des églises, comme en témoigne l'ensemble de vitraux d'Edmond Bille à l'église de Chamoson (1929-1930), mais également en architecture: Alberto Sartoris et Walter M. Foerderer compte parmi les grands architectes de cette époque. Après la Deuxième Guerre mondiale, l'exercice des arts est favorisé par l'amélioration des conditions économiques. Ainsi naissent un Musée cantonal des beaux-arts à Sion en 1947 et une école cantonale des beaux-arts, fondée par le peintre Fred Fay à Saxon en 1949. C'est dans ce contexte nouveau que de nombreux jeunes artistes valaisans, et valaisans d'adoption, se lancent dans l'aventure artistique et contribuent à l'évolution du statut de la création artistique. Citons, entre autres, Charles Menge, Angel Duarte, Charles-Clos Olsommer, et dans la plus jeune génération, André Raboud, Stéphane Brunner et Josée Pitteloud." Sabine Leyat, www.vs.ch/encyclo

> une veine prolixe d'écrivains fortement "racinés" dans le territoire "De nombreux écrivains" Madeleine Wiget-Daly

> un sujet "d'étude" et d'innovation pour historiens des temps modernes ou chasseurs de beautés naturelles : les photographes et cinéastes "L’apparition de la photographie et du cinéma a favorisé une tendance au réalisme. Le XXème siècle offre la particularité d’être à la fois celui de l’avant-garde et celui du retour à la représentation d’un Valais traditionnel, déjà sur le point de disparaître. " Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo Document de travail / CoManaging

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES ƒ un territoire à la fois sujet et "muse", y compris pour de nombreux allogènes (cf. PATRIMOINE DES PERSONNALITÉS) : depuis la fin du XIXème siècle, grande vitalité de la création artistique, particulièrement la littérature et la peinture, notamment "l'école de Savièse" (suite) > un sujet "d'étude" et d'innovation pour historiens des temps modernes ou chasseurs de beautés naturelles : les photographes et cinéastes (suite) "Canton alpin par excellence, le Valais est devenu, dès le XIXe siècle, un lieu privilégié pour les artistes, les photographes, puis les cinéastes. Il leur offre, dans un cadre grandiose, à la fois l'exemple d'une société traditionnelle et toutes les facettes d'une région en mutation. (…) Les permanences et les changements, étudiés par les historiens et les ethnologues, ont été également enregistrés par les photographes et les cinéastes. Longtemps négligées, leurs œuvres, dont la valeur documentaire et culturelle est enfin reconnue, font maintenant partie du patrimoine dont on se préoccupe. L’invention de la photographie est à peine diffusée, en 1839, que de nombreux photographes viennent en Valais. Les registres des permis de séjour délivrés par le Département de justice et police mentionnent des daguerréotypistes et des photographes ambulants. Dès les années 1860, nous trouvons des traces de photographes qui ouvrent un studio et ont pignon sur rue, à l’instar d’un Hermann Brauns à Sion qui, né à Berlin en 1815, exerce simultanément les professions de chimiste, pharmacien, professeur et photographe. (..) A partir des années 1880, chaque ville importante du canton a son ou ses photographes installés (Fumex à Monthey, Fontaine à Saint-Maurice, Denier à Martigny, Pasche à Sion, Zufferey à Sierre, Ruggeri à Brigue, etc.). Malheureusement, la plus grande partie de leurs archives ont disparu. Pour leurs successeurs, la situation est variable. Si les archives d’un Raymond Schmid sont particulièrement riches et complètes, en revanche, le temps a fait un tri sévère pour celles d’Oscar Darbellay, d’Edouard Mussler, des Pollenghi ou des Dorsaz.Du côté des amateurs, les familles ou le hasard nous ont révélé des photographes de talent. La Médiathèque Valais - Martigny a ainsi le bonheur de pouvoir archiver les œuvres d’Albert Nyfeler, Charles Krebser, Pierre de Rivaz, Jean Simonot, Pantaléon Binder, Pierre Odier, etc.Enfin, des photographes extérieurs au canton ont réalisé des documents importants dont nous avons reçu les originaux ou acquis des copies, et qui constituent quelques-uns de nos fonds les plus riches, tels ceux de Charles Paris, Theo Frey, Rudolf Zinggeler, Fernand Perret, Max Kettel, etc. " Jean-Henry Papilloud, www.vs.ch/encyclo Document de travail / CoManaging

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CULTURE / AFFINITÉS ET TALENTS ARTISTIQUES

ƒ simultanément , "exil" des artistes valaisans "De nombreux artistes valaisans exilés, à réunir dans le canton pour montrer la diversité de leur production" François Perraudin

ƒ tradition ancienne d'ouverture aux influences artistiques européennes "Le patrimoine artistique et culturel du Valais a été marqué par des influences externes (rôle important des artistes immigrés et des artistes valaisans en émigration)" "D'aucuns prétendent que la situation géographique et historique du Valais en a fait une enclave culturelle. Pourtant, en dépit de cet isolement, les artistes du Vieux Pays ont su tenir compte de ce qui se créait audelà de leurs frontières. La période médiévale, par exemple, a fourni des œuvres exceptionnelles qui doivent être replacées dans le contexte élargi de l'Europe septentrionale. L'art baroque, qui s'étend sur près d'un siècle dans le Haut-Valais, ne se développe pas en vase clos, mais emprunte son langage à l'art italien par le truchement des pays germaniques. Lorsque les peintres de l'Ecole de Savièse élisent domicile en Valais pour mieux en capter la couleur locale, ne rejoignent-ils pas les préoccupations primitives de la communauté de Pont-Aven ? Que dire des innovations architecturales d'un Förderer (Eglise d'Hérémence) ou d'un Sartoris (Maison Morand-Pasteur) si ce n'est qu'elles s'inscrivent également dans le cadre des recherches esthétiques internationales ?! " www.lcplanta.eduvs.ch

ƒ la danse, l'art le plus sensuel, "empêchée" par le poids de la religion "La danse n’est pas populaire car elle fut limitée par la religion" Anne Martin

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SPIRITUALITÉ, RELIGION

"Si civilisation valaisanne il y a, celle-ci repose, de manière symbiotique, sur l’espace physique de la montagne et sur l’espace sacré du religieux ; ce dernier, dans la mesure où il a induit des pratiques sociales spécifiques, en assurait justement la cohérence." Micheline Cosinschi, Le Valais : cartoscopie d’un espace régional "Le sacré est ici à fleur de vie comme le roc est à fleur de terre."

Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan

"L'évêché a longtemps mené le Valais, donc le catholicisme est très présent" "la pratique religieuse s’effondre. Environ un tiers des Valaisans seulement assiste encore chaque semaine à la messe dominicaine et ce pourcentage tombe à 17% chez les 25 à 34 ans. En 1958, la pratique religieuse régulière atteignait le pourcentage de 80% environ pour le Valais romand. Aujourd’hui, plus de 46% des hommes déclarent ne jamais se confesser…" Vincent Pellegrini, Nouvelliste 08/01/91 Document de travail / CoManaging

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SPIRITUALITÉ, RELIGION

"Prédisposition territoriale" au Sacré et prégnance historique très forte du catholicisme Aujourd'hui, lente disparition du "monolithisme religieux valaisan" ƒ "prédisposition territoriale" au Sacré > grandeur et dimension cosmique de la nature, particulièrement la montagne > symbolique religieuse omniprésente avec le raisin et la vigne…

ƒ présence historique spécifique et fortement dominante du catholicisme : politique et religion longtemps intriquées dans le pouvoir de l'Evêché ƒ aujourd'hui encore, présence dominante du catholicisme : prégnance persistante de la dimension religieuse et matérialisation par l'omniprésence de la croix ƒ mais "monolithisme religieux valaisan" affaibli par la crise contemporaine du catholicisme > remise en question de la morale catholique > depuis 40 ans, effondrement de la pratique religieuse > ouverture inégale selon les lieux et les milieux, logiquement favorisée par le brassage urbain et touristique > "métissage des confessions" : lente progression vers l’œcuménisme ou le syncrétisme

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SPIRITUALITE, RELIGION

Prégnance historique très forte du catholicisme Aujourd'hui, lente disparition du "monolithisme religieux valaisan" "Prédisposition territoriale" au Sacré

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SPIRITUALITE, RELIGION

aujourd'hui encore, présence dominante du catholicisme : prégnance persistante de la dimension religieuse et matérialisation par l'omniprésence de la croix

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SPIRITUALITÉ, RELIGION ƒ "prédisposition territoriale" au sacré > grandeur et dimension cosmique de la nature, particulièrement la montagne Omniprésence du spirituel y compris à travers la montagne qui symbolise la puissance divine : "des gens plus près de Dieu" "Dimension du sacré, sentiment cosmique et sacré dans le Valais" Bernard Crettaz "Le sacré est ici à fleur de vie comme le roc est à fleur de terre." Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan "Si civilisation valaisanne il y a, celle-ci repose, de manière symbiotique, sur l’espace physique de la montagne et sur l’espace sacré du religieux ; ce dernier, dans la mesure où il a induit des pratiques sociales spécifiques, en assurait justement la cohérence. " Micheline Cosinschi, Le Valais : cartoscopie d’un espace régional "La totalité de la vie est prise dans le cycle de la nature mais au prix d’une précarité et d’une fragilité extrêmes ; la simplicité de cette existence naturelle ne s’accomplit que par un recours constant à une surnature : le cosmos est appelé ici le sacré et la religion. Or, depuis un siècle s’opère un véritable détournement de sens, sous l’effet notamment de l’économie : cette vision du monde éclate alors même que le sacré s’abolit dans le profane. " Micheline Cosinschi, Le Valais : cartoscopie d’un espace régional "Cette alliance est renforcée par la topologie verticale du paysage valaisan qui force l’individu à lever les yeux ; le Valaisan éprouve ainsi la sensation d’être à part et recherche une relation verticale avant de s’ouvrir horizontalement à l’autre. L’enracinement du valaisan est ainsi marqué du sceau du sacré ; en effet, l’attachement à la terre est caractérisé (…) par son osmose avec l’Esprit du lieu (..) . L’espace montagnard n’est pas une matière morte, neutre, mais animée au contraire par un principe qui dépasse les apparences. (…) réalité supra-physique " Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui

> symbolique religieuse omniprésente avec le raisin et la vigne… "Il existe un lien que l’on sent ici évident entre la terre où le raisin mûrit et la foi en la Présence réelle (François Mauriac)" Gilberte Favre, Mémoire de Sion la vie quotidienne 1850-1950 Document de travail / CoManaging

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SPIRITUALITÉ, RELIGION ƒ présence historique spécifique et fortement dominante du catholicisme : politique et religion longtemps intriquées dans le pouvoir de l'Evêché "L'évêché a longtemps mené le Valais, donc le catholicisme est très présent"

ƒ aujourd'hui encore, présence écrasante du catholicisme : prégnance persistante de la dimension religieuse et matérialisation par l'omniprésence de la croix Importance des signes religieux notamment les croix, (même dans les voitures!) y compris les "chemins de croix", mais aussi des coutumes qui perdurent comme les processions et une relation particulière à la mort : une célébration mortuaire d'exception qui laisse une place à la dimension festive avec une dégustation dans les bars du coin, parfois même organisée par le curé lui-même au cours du prêche et selon le degré de liens des participants avec le défunt et sa famille… "Les traditions qui jouent un rôle important en Valais dont celles qui se réfèrent au catholicisme et au monde rural" "81.2% catholiques romains, 5.7% protestants, 13.1% autres , seules six communes en effet n’atteignent pas 85% de catholiques. " (en 1970, les non-catholiques n’atteignaient pas 5% de la population totale) " Micheline Cosinschi, Le Valais : cartoscopie d’un espace régional "Les Valaisans ont longtemps rythmé leurs activités en fonction du calendrier liturgique. Aujourd’hui, ils bénéficient encore de quelques jours fériés particuliers que leurs voisins envient. Autre signe tangible de l’importance de la religion dans le quotidien des Valaisans, la catéchèse figure toujours dans les programmes hebdomadaires de l’école primaire et secondaire. (..) La longue tradition catholique du Valais détermine aujourd’hui encore quelques aspects de la vie sociale : nombre de chorales et de groupes d’enfants ou de jeunes se réunissent dans le cadre de la paroisse. Lors des grandes fêtes religieuses et dans une moindre mesure tous les dimanches, la sortie de la messe est l’occasion pour la communauté de se rencontrer, échanger des nouvelles,… " Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo "Indicateur de l’enracinement identitaire, le religieux joue un rôle essentiel en Valais. La nette domination du catholicisme date historiquement de la contre-réforme. Actuellement, sa répartition spatiale marque des discontinuités opposant notamment l’urbain et le rural. (..) La prédominance catholique montre finalement le rôle essentiel joué par la religion dans un espace où le Sacré, le Politique et le Social sont intimement liés et restent aujourd’hui encore, les pivots essentiels de toute représentation du monde. " Micheline Cosinschi, Le Valais : cartoscopie d’un espace régional Document de travail / CoManaging

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SPIRITUALITÉ, RELIGION

ƒ mais "monolithisme religieux valaisan" affaibli par la crise contemporaine du catholicisme "Le Valais garde donc ses racines chrétiennes, mais son catholicisme, si l’on considère ce sondage, traverse une grave crise qui ne peut plus être assimilée à une crise de croissance." Vincent Pellegrini, Nouvelliste 08/01/91

> remise en question de la morale catholique "Dès lors que l’Eglise ne semble plus être aussi présente dans le quotidien des Valaisans, qu’elle n’est plus un guide existentiel et donc une référence infaillible, les transgressions des interdits religieux, tel le divorce, permettent d’en mesurer l’ampleur, à défaut d’en expliquer les causes profondes. " Micheline Cosinschi, Le Valais : cartoscopie d’un espace régional "Il apparaît que la majorité des catholiques valaisans interrogés mettent aujourd’hui en doute une partie des enseignements de l’Eglise catholique et du Pape. La morale proposée par le magistère ecclésial est également contestée" Vincent Pellegrini, Nouvelliste 08/01/91

> depuis 40 ans, effondrement de la pratique religieuse "La pratique religieuse s’avère régresser, depuis maintenant une quarantaine d’années environ. " Micheline Cosinschi, Le Valais : cartoscopie d’un espace régional "(..) la pratique religieuse s’effondre. Environ un tiers des Valaisans seulement assiste encore chaque semaine à la messe dominicaine (le samedi soir ou le dimanche) et ce pourcentage tombe à 17% chez les 25 à 34 ans. En 1958, la pratique religieuse régulière atteignait le pourcentage de 80% environ pour le Valais romand. Aujourd’hui, plus de 46% des hommes déclarent ne jamais se confesser… " Vincent Pellegrini, Nouvelliste 08/01/91

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SPIRITUALITÉ, RELIGION ƒ mais "monolithisme religieux valaisan" affaibli par la crise contemporaine du catholicisme (suite) > "métissage des confessions" : lente progression vers l’œcuménisme ou le syncrétisme "la part croissante d’élèves dans les classes qui ne sont pas catholiques pousse le Département de l’Education a établir un nouveau programme plus œcuménique qui donnera à tous les enfants des connaissances de base sur l’histoire des religions. " Anne Michellod, www.vs.ch/encyclo "la valeur archétypale de ce canton, perçu encore comme tout d’une pièce lorsque l’on parle de religion, est à pondérer. (..) un métissage des confessions relativement récent en Valais, signe probable de mutations à venir plus profondes. " Micheline Cosinschi, Le Valais : cartoscopie d’un espace régional "On notera, et le pourcentage est significatif d’une tentation syncrétiste, que plus de 81% des Valaisans interrogés estiment que " la religion n’a pas d’importance, et que toutes peuvent conduire au salut éternel. " Vincent Pellegrini, Nouvelliste 08/01/91

> ouverture inégale selon les lieux et les milieux, logiquement favorisée par le brassage urbain et touristique "Trois discontinuités notoires : celle d’abord opposant les milieux urbains (surtout de plaine) aux zones rurales (de plaine et de montagne) ; celle ensuite nette dans l’arrière-pays, opposant les localités touristiques aux villages agricoles ; celle enfin caractérisant la région frontière au nord-ouest du canton. Les espaces de proportion plus faible répondent donc à des évolutions classiques, le religieux, reflet de la tradition et marque d’une certaine permanence, s’atténuant par définition et de manière préférentielle dans les milieux urbains et touristiques, où les brassages sociaux et culturels sont plus fréquents.(..) L’affaiblissement constaté à Monthey et dans ses environs (mais aussi sur la périphérie de Martigny) s’explique par des contacts de plus en plus marqués entre le Valais catholique et le canton de Vaud protestant, la fonction industrielle de cette région drainant des résidents d’origine allochtone. Il en résulte Micheline Cosinschi, Le Valais : cartoscopie d’un espace régional

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SENS DU MERVEILLEUX "L'imagination de la nature est en nous" Maurice Chappaz, Testament du Haut-Rhône

"Les contes et légendes du Valais font partie de l’art populaire valaisan. Le temps nous les transmet à travers la parole des conteurs qui « savent raconter vrai". Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch

"l’Esprit du lieu, fortement perceptible dans l’inconscient collectif de la population valaisanne sous la forme très spécifique des légendes. (..) Même si aujourd’hui, une nouvelle alliance apparaît, née de la maîtrise de la nature par les sciences et les techniques, l’univers mental de cette ancienne alliance n’a pas encore totalement disparu et reste profondément enfoui dans l’inconscient de chaque Valaisan." Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui

"Pour comprendre la profondeur des contes et légendes du Valais, il faut tenir compte de leur contexte ; ils ont été engendrés par une société où la religion catholique était omniprésente et la plupart de ces histoires sont fortement empreintes de religion et de morale. (..) Nombreuses sont les histoires qui expliquent simplement de manière imagée le dogme. (..) on quittait le terrain stable de la réalité pour s’ouvrir sur le monde du fantastique, des légendes, des morts et des âmes en peine qui viennent troubler la vie des vivants, l es avertir contre le danger ou les remettre dans le droit chemin." Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch Document de travail / CoManaging

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SENS DU MERVEILLEUX

Très riche patrimoine de contes et légendes, entre réalisme du quotidien, morale religieuse, superstitions, et peurs des forces sauvages de la montagne : un art de l'imaginaire, populaire au sens noble du terme ƒ profusion de contes et légendes : un art populaire, au sens noble du terme > un patrimoine communautaire, essentielle à la cohésion sociale > une forme orale de la transmission des valeurs et des connaissances > des contes reflets du quotidien d’un peuple paysan et son environnement > mais aussi une porte ouverte sur l'imaginaire, voire les mythes : voyages immobiles pour les plus pauvres, rivés à leur terre

ƒ une montagne "au-dessus de l'humain" qui stimule l'imagination : grandeur, mystères et dangerosité > des histoires pour conjurer la peur en sentiment de protection : légendes, partie visible de l'alliance "magique", quasiment mystique, entre le Valaisan et les forces "sauvages" de la nature, notamment de la montagne > univers (monde) à part, avec son imaginaire propre > "figures" imaginaires traditionnelles de la montagne : géants et dahus > "figures" imaginaires traditionnelles de l'eau comme les vouivres

ƒ interpénétration entre religion, superstition et magie > morale religieuse "déguisée" en contes > diable, diableries et autres revenants… > sorcellerie, tsemeur, "Chenegouda", etc Document de travail / CoManaging

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SENS DU MERVEILLEUX

Très riche patrimoine de contes et légendes, entre réalisme du quotidien, morale religieuse, superstitions, et peurs des forces sauvages de la montagne : un art de l'imaginaire, populaire au sens noble du terme

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SENS DU MERVEILLEUX

Une montagne "au-dessus de l'humain" qui stimule l'imagination : grandeur, mystères et dangerositÊ

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SENS DU MERVEILLEUX ƒ profusion de contes et légendes : un art populaire, au sens noble du terme "Les contes et légendes du Valais font partie de l’art populaire valaisan. Le temps nous les transmet à travers la parole des conteurs qui « savent raconter vrai". (..)

> un patrimoine communautaire, essentielle à la cohésion sociale "Les histoires baignaient la vie quotidienne. On les racontait à la maison, sur la route qui menait aux champ ou aux pâturages, pendant le travail. Mais c’est principalement le soir qu’elles jaillissaient, lorsque la nuit tombait et que montait le froid, que les gens se réfugiaient autour de l’âtre. Dans ce climat de pénombre et de mystère, on commençait d’abord par parler du quotidien, de la terre, des récoltes, du bétail. On jouait parfois aux cartes, parfois également on dansait et on chantait. En fait, les veillées étaient surtout et avant tout un lieu de rencontre et de parole. D’une manière générale, elles privilégiaient les relations sociales au sein de la communauté. " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch

> une forme orale de la transmission des valeurs et des connaissances "Les contes et légendes participent tous deux d’une littérature mouvante héritée de la tradition transmise de bouche à oreille. En fait, il semble bien qu’il n’y ait pas eu de conteurs spécialisés. Les femmes comme les hommes les racontaient, car chacun connaissait les histoires. Mais durant les veillées, une période de la journée qui leur était souvent presque exclusivement dédié et qui réunissaient parfois plusieurs familles autour de l’âtre, les vieux étaient d’abord sollicités, car c’était eux qui connaissaient le plus d’histoires. On s’adressait tout particulièrement à ceux que la nature avait fait bon conteur, ceux qui « savaient raconter vrai ». Ils impressionnaient leur auditoire par leur voie et leurs gestes, et surtout par leur mémoire intarissable, véritable bibliothèque vivante. " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch "Au delà de l’aspect purement récréatif, on peut également considérer le conte comme l’un des principaux véhicules de la transmission de la connaissance. En effet, ces récits ont été largement utilisés à des fins pédagogiques et éducatives. Les mères et les grands-mères surtout les racontaient afin d’inculquer aux enfants un comportement social de manière imagée, pour faciliter la compréhension et la mémorisation des règles régissant la vie sociale de l’époque. " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch Document de travail / CoManaging

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SENS DU MERVEILLEUX ƒ profusion de contes et légendes : un art populaire, au sens noble du terme (suite) > des contes reflets du quotidien d’un peuple paysan et son environnement "Le cadre et la source directe des contes et légendes du Valais est le quotidien. A la lecture des contes, on retrouve les trois espaces décrits dans toute littérature, soit le lieu, le temps et l’action. Le lieu, c’est bien entendu le Valais, terre de paysans, de travail et de la nature. L’espace du temps est celui du passé, les récits témoignant d’une vie authentique, souvent idéalisée. L’action englobe quant à elle le temps et le lieu et s’ancre profondément dans le domaine du quotidien. Ainsi, avant d’être un divertissement, les histoires sont surtout le reflet de la vie telle qu’elle se déroule journalièrement. Cette composante représente donc la partie « réaliste » du conte, qui se traduit notamment dans les récits par l’importance des bêtes, du travail et de la religion. (..) La nature est partout présente dans les contes et légendes du Valais. Magnifiée dans sa variété et son opulence, elle est d’abord le lieu du labeur. Elle devient belle par son potentiel productif. L’homme la dompte et en tire toute sa substance. Le lien à cette terre nourricière se ressent très fortement dans certains contes, et transparaît parfois dans une prose lyrique. Dans les contes traitant de la vie de l'alpage, le lecteur se familiarise avec les verts pâturages. La nature y produit l’herbe grasse et est presque vierge de présence humaine. (..) selon [les conteurs en Valais], les récits qu’ils rapportaient étaient des histoires vraies, relatant des faits réels ou des expériences vécues. Ainsi, comme on terminait jadis ces récits en disant en patois "ça s’est passé vrai" on les commence aujourd’hui par « il était une fois ». " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch

> mais aussi une porte ouverte sur l'imaginaire, voire les mythes : voyages immobiles pour les plus pauvres, rivés à leur terre "Valais dormant dont le corps se sentait des forces immenses, des aspirations fabuleuses, mais son âme les contenait, berçant de contes et de légendes des impatiences qui ne savaient où aller… " Maurice Zermatten, la Symphonie Valaisanne "Cependant, le réalisme glisse très rapidement vers le surnaturel dans les contes ; au quotidien se mêlent le fantastique et ces personnages étranges. Ainsi, en plus de la réalité de la vie du valaisan, les contes puisent-ils leurs racines dans une certaine forme de mythologie." Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch Document de travail / CoManaging

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SENS DU MERVEILLEUX ƒ une montagne "au-dessus de l'humain" qui stimule l'imagination : grandeur, mystères et dangerosité > des histoires pour conjurer la peur en sentiment de protection : légendes, partie visible de l'alliance magique, quasiment mystique, entre le Valaisan et les forces "sauvages" de la nature, notamment de la montagne "Si on est né ici, on est protégé par la montagne" Fabian Claivaz "Pendant des siècles, là-haut, la solitude remplit l'espace de ses ailes énigmatiques, une solitude lointaine, inaccessible, que les humains interprètent en signes hostiles ou bienfaisants." Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan "l’Esprit du lieu, qui est lui-même fortement perceptible dans l’inconscient collectif de la population valaisanne sous la forme très spécifique des légendes. (..) Même si aujourd’hui, une nouvelle alliance apparaît, née de la maîtrise de la nature par les sciences et les techniques, l’univers mental de cette ancienne alliance n’a pas encore totalement disparu et reste profondément enfoui dans l’inconscient de chaque Valaisan. " Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui "Mais la nature peut aussi se montrer capricieuse et imprévisible. Dans les contes alpins, les héros doivent souvent affronter de nombreux cataclysmes naturels : avalanches, éboulements, orages, … Ainsi, les excès de la nature font corps avec l’intrigue et contribuent à la fortune ou à la malchance des personnages. C’est peut-être pour cette raison que le valaisan a toujours eu peur de la montagne, ce monde situé au dessus de la mesure humaine et qui ne peut qu’abriter des forces hostiles et des êtres fantastiques. Alors, pendant les trois mois d’estivage, le montagnard conduit ses troupeaux au pied des parois rocheuses. Il ne va pas plus haut, car ce n’est plus le monde des hommes et il vaut mieux ne pas violer ces frontières invisibles. " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch

> univers (monde) à part, avec son imaginaire propre "Ainsi, le Valais a deux visages : celui de carrefour et celui de cellule quasi étanche. C’est cette deuxième caractéristique qui a suscité la naissance de nombreux contes et légendes " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch Document de travail / CoManaging

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SENS DU MERVEILLEUX ƒ un territoire "au-delà de l'humain" qui stimule l'imagination : grandeur, mystères et dangerosité (suite) > "figures" imaginaires traditionnelles de la montagne : géants et dahus " Dans une région où les montagnes sont les plus hautes et les plus imposantes d’Europe, les récits de géants ne pouvaient pas manquer. La figure de Gargantua est liée à tous les blocs erratiques laissés par les glaciers et aux rochers aux formes étranges. Ainsi, Gargantua a créé de nombreux édifices en voyageant à travers le pays. La colline de Monthey, par exemple, serait due au géant qui aurait laissé choir sa hotte remplie de terre. Le compagnon de Gargantua s’appelle Cervin. La légende s’accorde parfois à dire que ce dernier serait à l’origine de la naissance de la célèbre pointe du même nom. Sous le poids du géant, la montagne se serait écroulée, sauf le pan prisonnier de ses jambes qui a donné la forme pyramidale du Cervin. " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch " Le dahu fait partie de ces animaux mystérieux tels le yeti et le monstre du Loch Ness. Principalement en Savoie et en Valais, il est à la base de toute une série de légendes et d’anecdotes. Dans ces pays montagnards, son existence réelle est souvent le sujet de véritables polémiques. Les Valaisans en donnent toutes sortes de descriptions, du lapin jusqu’au yeti, en passant par le renard, le chamois, le bouquetin,… Mais le trait caractéristique du dahu réside dans ses pattes plus courtes d’un côté que de l’autre, qui l’obligent à se déplacer toujours dans la même direction. La chasse au dahu est l’une des activités les plus célèbres liées à l’animal. Elle consiste à se placer derrière lui et à émettre un sifflement aigu. Le pauvre animal se retournerait à ce moment-là et perdrait l’équilibre, ses pattes les plus courtes se retrouvant vers l’aval de la pente. " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch

> "figures" imaginaires traditionnelles de l'eau : vouivres "La vouivre est une sorte de dragon très présent dans les contes de Suisse romande. Ethymologiquement, ce mot est dérivé du latin vipera (la vipère), qui est un serpent-fée. La vouivre appartient à un monde primordial, à un temps de chaos. C’est un énorme serpent ailé qui marche sur deux ou quatre pattes. Il porte généralement un diadème scintillant sur la tête ou la queue. Le soir, la vouivre vole de cime en cime, et se sert de son unique œil qui brille dans la nuit comme une boule de feu. Elle habite souvent près d’un lac ou d’un torrent et ôte à chaque baignade son diamant, ce qui incite bien des hommes à vouloir la combattre. " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch Document de travail / CoManaging

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SENS DU MERVEILLEUX

ƒ interpénétration entre religion, superstition et magie "Un fond pagano-catho-religieux unique" Bernard Crettaz "D’après Maurice Zermatten, un autre écrivain valaisan, « les contes populaires sont révélateurs de la qualité des mœurs anciennes, d’une philosophie pragmatique et concrète, d’une foi souvent voisine de la superstition (..) Au travers des relations entre la religion et les contes, les histoires de revenants et d’âmes en peine sont particulièrement révélatrice de la vision que les fidèles se font de la mort et de l’au-delà, vison qui ne correspond pas toujours avec ce que le dogme transmet. " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch

> morale religieuse "déguisée" en contes "Les histoires ainsi racontées faisaient en effet peser une lourde contrainte psychologique sur les habitants car elles relataient un monde angoissant, peuplé de magie, de revenants,... et où chaque écart à la morale était sévèrement puni." Christelle CARRIER, Autour du Concept d'identité... Que signifie être Valaisan aujourd'hui ? "Pour comprendre la profondeur des contes et légendes du Valais, il faut tenir compte de leur contexte ; ils ont été engendrés par une société où la religion catholique était omniprésente et la plupart de ces histoires sont fortement empreintes de religion et de morale. (..) Nombreuses sont les histoires qui expliquent simplement de manière imagée le dogme. Ainsi, par exemple, tout comme l’Eglise enseigne que « les dimanches tu garderas, en servant Dieu dévotement », un grand nombre d’histoires relatent les mésaventures survenues à ceux qui n’ont pas suivi ces commandements. De même l’Eglise condamne-t-elle toutes les occasions d’impureté comme la danse ; c’est pourquoi les soirées de fêtes terminent-elles mal, très souvent par l’intervention du diable. (..)

à mesure que la soirée avançait, on quittait le terrain stable de la réalité pour s’ouvrir sur le monde du fantastique, des légendes, des morts et des âmes en peine qui viennent troubler la vie des vivants, les avertir contre le danger ou les remettre dans le droit chemin. " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch Document de travail / CoManaging

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SENS DU MERVEILLEUX ƒ interpénétration entre religion, superstition et magie (suite) > diable, diableries et autres revenants… "Il y a aussi un grand nombre d’histoires liées au mal comme celles mettant en scène des catastrophes naturelles, le diable, des sorciers et des sorcières qui sont capables de jeter le mauvais sort sur le bétails ou sur les gens. L’opposé, certains récits parlent de bons sorciers qui, porteur de contre-pouvoir, peuvent combattre le mal. (..) C’est au Moyen-Age que le diable investit la tradition valaisanne. Il apparaît sous des traits vaguement humains : le corps velu et recouvert de poils roux, des cornes, des pieds de chèvre ou de cheval. Il peut aussi prendre la forme d’une jeune fille vivante, mais il oublie alors souvent de transformer ses pattes en jambes, c’est pourquoi il est découvert. Satan ne sort en effet jamais vainqueur de ses entreprises : il est toujours dupé, car il suffit d’avoir recours à la religion (un signe de croix, une bénédiction) pour le faire disparaître. Les diablats quant à eux sont des êtres imbéciles qui obéissent aux ordres du diable, leur chef suprême. Ils vivent souvent dans des cavernes obscures et leurs méfaits se résument principalement à la provocation de chutes de pierres. " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch "Les revenants sont des êtres morts après avoir commis une mauvaise action. Ils n’ont donc pas reçu le pardon divin et sont condamnés à purger leur peine en hantant la terre. Ces âmes en peine se présentent aux hommes sous des traits humains ou animaux. Afin d’être délivrées, elles doivent se faire dire une messe. Les revenants essaient donc d’entrer en contact avec les hommes en errant dans un lieu où se trouvent aussi des vivants, afin que ceux-ci entendent leurs souhaits de délivrance et les transmettent au curé. Le jour est réservé aux vivants et le monde nocturne aux morts. Les fantômes rôdent donc de préférence la nuit, pendant l’hiver ou l’automne, lorsque le temps est mauvais. Ils se manifestent le plus souvent lors de processions, durant lesquelles d’étranges bruits se font entendre, comme lors de la "Chenegouda". " Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch

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SENS DU MERVEILLEUX

ƒ interpénétration entre religion, superstition et magie (suite) > sorcellerie, tsemeur, "Chenegouda", etc "La magie est l’élément fondamental de la plupart des contes valaisans. C’est l’art de produire par certaines pratiques des effets contraires aux lois naturelles. Les agents de la magie sont avant tout des femmes. Mais les sorcières ne sont généralement pas des individus doués de vertus extraordinaires. Elles ont plutôt la connaissance d’un rituel magique, constitué par une gestuelle accompagnée d’objets ensorcelés par les mages. A la magie des sorciers correspond souvent une contre-magie qui permet à la victime de se délivrer du maléfice. Le "tserneur" (expression issue du patois) est un jeteur de charmes, d’enchantements magiques. Son pouvoir est d’immobiliser plusieurs personnes dans un certain rayon, afin par exemple d’empêcher un voleur de quitter l’endroit où il opérait. Seul celui qui a « tserné » une personne peut délivrer son ou ses prisonniers, mais encore faut-il qu’il le fasse avant le lever du soleil. La "Chenegouda" est une assemblée de sorciers et de sorcières qui a lieu pendant la nuit. Elle correspond au "Sabbat", croyance qui remonte au Moyen-Age. La "Chenegouda" se déroule dans des lieux écartés, dans un chalet d’alpage, dans une étable ou en plein air. On y fait un festin dont le repas principal est constitué par un enfant enlevé à ses parents. On danse des rondes infernales, chante des impiétés… C’est pourquoi les bruits entendus lors de la cette nuit particulière sont généralement désagréables. Parfois, les diables participent également à la soirée, mais ils ne semblent pas en être les véritables protagonistes." Rachel Baeriswyl-Cottin, Marie-Françoise Pitteloud, http://tecfa.unige.ch

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TRAITS DE CARACTÈRE et COMPORTEMENTS des habitants

"Des gens d’ici, le trait le plus profond je le distinguerai dans leur genre d’orgueil : d’abord un orgueil très simple et sain, celui de " faire même ", de se tirer d’affaire, peut-être pas sans le secours d’autrui, en tout cas sans les " étrangers ". (…) Il convient de ne souffrir qu’en dedans et que l’extérieur soit dur. Ils développent une capacité de solitude et d’effort, deviennent montagnards à l’extrême. Vous tournent le dos sans un mot. Briserez pas facilement la coque d’un garçon pour trouver la petite amande. Ces orgueilleux sont souvent des humbles et des tendres qui ne supportent pas un grain de mépris. Ils ont un point d’honneur affectif très vif. Les plus fragiles, les plus vulnérables se tuent. (…). Nous ne sommes pas raisonnables. Avec par ailleurs beaucoup de bon sens, nous sommes des hommes à passions. Vous pouvez faire santé avec notre peuple. On le renifle comme on renifle un verre : De l’extêmisme il est corsé ! Mais pas de faux-goût. Assez subtil tout de même." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans Document de travail / CoManaging

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TRAITS DE CARACTÈRE et COMPORTEMENTS des habitants

La ténacité, la "pureté" et l'indépendance des montagnards, et le tempérament entier et bon vivant des méridionaux "Nous sommes du Nord et du Sud en Valais" Maurice Chappaz, Vocation des fleuves

TEMPÉRAMENT / NATUREL

des terriens entiers et bons vivants au "cœur pur" RELATIONS AVEC LES AUTRES

fraternité et fidélité mais esprit indépendant et frondeur MODE D’ACTION / RÉALISATION

extrême ténacité, sérieux dans le travail et esprit entreprenant

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TRAITS DE CARACTÈRE et COMPORTEMENTS des habitants TEMPÉRAMENT / NATUREL ƒ des "cœurs purs" : authenticité et franchise, derrière la réserve "Le Valaisan c’est un cœur pur, vrai, authentique" Pierre Devanthéry "Garder l'esprit de la montagne pour garder les vraies valeurs" Bernard Crettaz "Il y a une grande authenticité des paysages et du caractère, influencé par la géographie, c'est à dire la montagne, la vie dure et l'âpreté" Patricia Lafarge "La franchise" François Perraudin "D’aucuns jugeront le Sédunois quelque peu distant, peu enthousiaste et réservé. Qu’ils ne s’étonnent ni ne s’effraient. Le Sédunois est Valaisan, ses attaches aristocratiques et paysannes ont formé son caractère. Mais approchez-le, pénétrez dans son intimité, vous trouverez l’accueil le plus aimable, le plus franc. " Charles Allet, Trésors de mon pays, Sion "La source des yeux, on la croirait nôtre. Quelle absolue netteté, soit que le regard jette un coup de griffe, soit qu'il impose une sombre réserve. Le regard des guides après une course : une limpidité d'eau brûlante et de glace ; cette huile pure aussi de ceux qui se sanctifient. Je respecte l'altitude, la transparence du Valais dans tous les yeux." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité

ƒ caractère entier "Il y a un caractère particulier en Valais : il n'y a pas de zone grise, c'est noir ou c'est blanc!. Le Valaisan, on sait où il est, on sait s'il est d'accord ou pas d'accord, il n'y a pas de flou." Bernard Attinger "Fidélité, liberté, caractère marqué (franc parler)" Marc-André Berclaz "Nous ne sommes pas raisonnables. Avec par ailleurs beaucoup de bon sens, nous sommes des hommes à passions. Vous pouvez faire santé avec notre peuple. On le renifle comme on renifle un verre : - De l'extrémisme, il est corsé ! – Mais pas de faux-goût. – Assez subtil tout de même." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité

ƒ bon vivant, joyeux, prenant le temps de profiter (cf. même temps que de la retenue

RAPPORT AVEC LE TEMPS

"Le Valaisan est bon vivant mais également retenu" Sandra Meyer

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et

ART DE VIVRE, HÉDONISME)

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TRAITS DE CARACTÈRE et COMPORTEMENTS des habitants TEMPÉRAMENT / NATUREL ƒ tempérament latin, méditerranéen "Les choses ont changé au cours des dernières années et il serait bon que le Valais, au lieu d’être toujours considéré comme le Far West de la Suisse, soit plutôt son Phare Sud. Il y a dans le Bas-Valais, incontestablement, un esprit imprégné de latinité, un esprit méditerranéen…" Jean-Claude Pont, cité par Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui "Sans doute marqué par un soleil du sud, il a le geste vif et le parler plus haut que les autres Romans" Guide du Routard "La grossièreté et la finesse chez nous ne font qu'un." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité

ƒ sens de l'humour et de la taquinerie "bon enfant" ƒ esprit terrien "l'attachement à la terre et à l'héritage des anciens" François Perraudin "Le Valaisan est souvent décrit comme quelqu’un de profondément terrien. En effet, il est un homme propriétaire : la plupart des Valaisans possèdent une parcelle de terrain qu’ils ont reçue en héritage d’une génération essentiellement agricole. D’où l’importance que revêt la terre pour un Valaisan que le fait d’être issu de son coin de terre, source de fierté. " Christelle Carrier, Autour du concept d’identité, que signifie être Valaisan aujourd’hui "Les paysans empoignaient les Alpes avec les mains, devenaient maîtres et seigneurs de quelques ceps, de quelques mesures de seigle et de poules blanches et de vaches au mufle sauvage." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité "Nous avons plié la terre à nos désirs ; nous l'avons domestiquée mais, à chaque heure, nous devons rester présents parce qu'à chaque heure encore elle se rebelle. Nous sommes ses maîtres et ses esclaves, ses bourreaux et ses victimes." Maurice Zermatten, Les saisons valaisannes Document de travail / CoManaging

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TRAITS DE CARACTÈRE et COMPORTEMENTS des habitants TEMPÉRAMENT / NATUREL ƒ à la fois simplicité, réserve, pudeur et fierté "Fidèle à ses amitiés, d’une belle simplicité dans ses rapports avec ses compatriotes, le Sédunois a la pudeur de ses sentiments. Rares seront ses applaudissements au passage d’un cortège qui l’enthousiasme, à la venue d’un personnage qu’il affectionne ou qu’il admire. Timidité et fierté mélangées. " Charles Allet, Trésors de mon pays, Sion "Que sont-ils au juste? Oui, même allure que le vin, les cépages orignaux. Souvent une secrète noblesse teinte ces hommes sans façons. (..) Sa sobriété, son endurance, son abnégation nous laissent encore pantois… un petit morceau de raclette à midi au feu d'un buisson et puis, après avoir travaillé les vignes, il remontait dans sa vallée de nuit où il élevait comme un patriarche une douzaine d'enfants. Les femmes lui obéissaient et il était un bagarreur chevaleresque. C'était lui le baladin du monde occidental. Il remontait donc de nuit dans sa vallée, il avait enroulé la queue de son mulet autour du poignet et il se faisait traîner et le mulet s'arrêtait à tous les cafés. "Un demi !" en printemps il buvait du muscat. C'était un saint qui savait plaisanter, bon enfant, naïf, mais qui roulait à tout coup un renard par sa naïveté même" Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité

ƒ grand respect des valeurs traditionnelles, de la parole donnée, du devoir, etc Encore aujourd'hui, le prêt ou la remise d'argent, y compris par des banquiers (!) peut se faire sans signer de papier mais en serrant la main de la personne… "Les vraies valeurs sont importantes: la sécurité, la façon d'élever des enfants, etc" Jean-Bernard Rouvinez "(..) ces saints d'alpage puissants et simples, le fromager qui descendait toutes les nuits assister sa femme malade et remontait, en récitant un Pater qui durait deux heures, dans les sapins." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité Document de travail / CoManaging

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TRAITS DE CARACTÈRE et COMPORTEMENTS des habitants RELATIONS AVEC LES AUTRES ƒ fort esprit d'indépendance, d'opposition frondeuse, voire de transgression mais paradoxal respect du fort "Le Valaisan est indépendant" Pierre Devanthéry "Les Valaisans sont indépendants, ils veulent pouvoir choisir eux-mêmes" Jean-Bernard Rouvinez "D'abord on construit, ensuite on demande l'autorisation." Jacques Lathion "Dans les assemblées on n’aime pas les têtes qui dépassent, mais on votera toujours pour celui qui décide, même si on ne l’aime pas." Patricia Lafarge "Un Valaisan arrive toujours à ses fins, il va prendre le problème par tous les bouts parfois un peu à la limite du règlement…" Grégoire Jirillo "Le Valaisan n'aime pas servir (comme les Français). Passion de la transgression et du conflit" Bernard Crettaz "Le Valaisan aime l'indépendance, il veut tout faire lui-même" Nicolas Salamin "La part la plus négative de l'identité du Valais, c'est parfois le refus "par principe" de se faire dicter quelque chose de l'extérieur alors que regarder au-delà de nos montagnes ouvre l'esprit... J'exagère mais pas dans certains milieux par trop politisés." François Perraudin "N’allez pas le heurter, lui imposer une obligation nouvelle, le faire renoncer brutalement à une habitude. Mal vous en prendra. Mais vous aurez par la douceur ce que force et menace n’obtiendront jamais. (..) Défendez une chose à un Sédunois, il la fera ; son vieil instinct d’opposition se réveille chaque fois qu’il sent son indépendance menacée. Convainquez-le, prenez la patience et vous aurez de lui ce que vous voudrez. " Charles Allet, Trésors de mon pays, Sion "(..) à la base de notre fantaisie il y a un non. (..) Mais cet âpre petit, le Pirrotin, pourrait déjà être le patron canonisé de tous les diseurs de non du Valais : les non à Berne, les non à l'Evêque, les non à l'Ecole de recrues ( plutôt mouiller le lit tous les soirs à la caserne de Lausanne, ce qui était le grand truc des jeunes gens de Buson), les non obstinés à la fermeture des cafés (encore que nous ayons déjà obtenu que, lors des sessions du Grand Conseil, un député n'ait qu'à s'installer à une table pour se revigorer et la porte de l'établissement ne peut plus être fermée, quelle soit l'heure du jour ou de la nuit), et les non aux impôts, au Service de la chasse, de la pêche ! Chacun a un non à dire (..)même au militaire, ces bergers ou fils de bergers à poils durs veulent dire non. Non aux supérieurs et non aux ennemis. C'est pourquoi un colonel a défini le régiment : de mauvais soldats mais d'excellents guerriers." Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité Document de travail / CoManaging 545


TRAITS DE CARACTÈRE et COMPORTEMENTS des habitants RELATIONS AVEC LES AUTRES ƒ attention aux autres : humanité, fraternité et générosité "Le Valaisan a une grosse générosité" Sandra Meyer "Le soin des relations sociales qui se manifeste par exemple par la forte participation aux enterrements." "On a l’impression d’une grande pension de famille où chacun veillerait à la tranquillité du voisin " Alain Rebetez, l’Hebdo No 30, semaine du 27 juillet 2006 "C’est comme si on était tout à coup l’un d’eux… On est dans leur humanité parce qu’on est dans l’humanité… " C.F. Ramuz, Derborence

ƒ sens communautaire et tradition d'esprit de solidarité née dans la lutte commune pour la survie, pour la gestion de l'eau, dans les alpages, etc Dans les villages, il y a une tradition très ancienne d'aide mutuelle, issue de l'isolement passé et de la vie communautaire dans les villages, en particulier pour la gestion des forets, de l'eau, des alpages…Cela s'exprime aussi dans la construction où chacun vient donner un coup de main : une notion de "corvée" pour la collectivité "Par la difficulté de vie, on a hérité de ce côté social." Jean Bonnard "Solidarité et générosité très forte à l'intérieur des communautés." Madeleine Wiget-Daly "Le Valais ne peut pas être qu'une personne, mais une communauté de personnes pour laquelle se serrer les coudes, la solidarité sont indispensables" Madeleine Wiget-Daly "[Le four] n'était à personne, il était à tout le monde, comme la chapelle, comme la fontaine." Maurice Zermatten, Les saisons valaisannes

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TRAITS DE CARACTÈRE et COMPORTEMENTS des habitants

RELATIONS AVEC LES AUTRES ƒ amour de la convivialité "la joie de partager de bon moments ensemble" François Perraudin "Convivialité" Jean-Daniel Rouiller

ƒ sens de l'accueil naturel, mais plus professionnel dans le Haut-Valais "Il y a une prise de conscience et une volonté d’améliorer la qualité d’accueil" Jacques Lathion "Le Haut Valais a une culture de l’accueil beaucoup plus forte que dans le bas-Valais, par exemple avec César Ritz et Alexandre Seiler." Alain Barbey "Le Haut Valais est plus professionnel; la notion de service est acquise." Jacques Lathion "Ce sont deux mondes totalement différents. Dans le Haut Valais, ils aiment servir ce qui n’est pas du tout le cas dans le bas; dans le bas, c'est une honte de servir." Jacques Lathion

ƒ sens de la fidélité "Lorsque l'on a convaincu le Valaisan qu’on est digne de son amitié, on la garde pour toujours" Grégoire Jirillo

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TRAITS DE CARACTÈRE et COMPORTEMENTS des habitants ACTION / RÉALISATION ƒ résistance, combativité, extrême ténacité, opiniâtreté, héritées d'un combat multi séculaire pour survivre dans un environnement naturel et historique difficiles "Devise des gens de Pinsec : "avant de lâcher ….. on ne lâche pas" Jean-Marie Grand "Les qualités humaines du Valaisan : la résistance (acquise dans un milieu difficile), la solidarité, la volonté et la diversité" Jean-Marie Bornet exemple des bisses "Creusés dans le sol, taillés dans la pierre ou suspendus sur des parois vertigineuses… (..) la conquête courageuse d'un peuple qui doit sa survie - et son caractère sans doute - à la formidable ténacité de ses ancêtres." Le Matin, 23 janvier 2000 "A force de lutter contre la nature on a trop de volonté !" Maurice Chappaz, Portrait des Valaisans en légende et en vérité "Le Valaisan doit lutter contre une nature hostile afin de survivre, ce qui a forgé son caractère si prisé par les visiteurs." Christelle Carrier, Autour du Concept d'identité... Que signifie être Valaisan aujourd'hui ? "Chaque jour, vivre de peu, compter sa misère, consolider sa masure. Et se tenir debout au milieu de tout ce qui tombe ; s'arcbouter contre la montagne pour l'empêcher de tomber, dire non à toutes ces forces qui nous sollicitent et qui paraissent si sûres d'elles-mêmes. Non, non, nous ne lâcherons pas pied. Les murs qui croulent, nous les remonterons ; les maisons qui s'abandonnent, nous les remplacerons par des maisons nouvelles." Maurice Zermatten, Les saisons valaisannes "Un décor dramatique peuplé de gens tenaces et indépendants." Ernst Mühlmann, cité par Henri Maître, Mosaïque du pays valaisan ƒ tradition ancestrale de gestion communautaire, à l'exemple des bisses, mais paradoxalement, problèmes

avec l'action collective "On a des difficultés à mettre en branle des stratégies collectives" "Pour le XVe siècle en particulier, de nombreux documents [sources relatives aux bisses] concernant l'irrigation sommeillent dans les archives des communes valaisannes. Parmi ces documents, on trouve de nombreux statuts et règlements d'associations responsables des bisses et de leur gestion" Denis Reynart, Section d’histoire, Université de Lausanne, Les bisses et la gestion de l'irrigation dans le Valais du XVe siècle Document de travail / CoManaging

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TRAITS DE CARACTÈRE et COMPORTEMENTS des habitants ACTION / RÉALISATION ƒ sérieux dans le travail "Les qualités des Valaisans : sérieux, fiabilité, il sait travailler (voilà pourquoi on a l'industrie et un argument pour attirer de nouvelles industries" Frédéric Zuber "Le comportement découle des traits de caractère évoqués ci-dessus. L’esprit travailleur est un trait dominant du Valaisan. Le paysage agricole et viticole à été modelé de main d’homme au cours des siècles. Dans mon esprit, les milliers de kilomètres de murettes de vigne reflètent au mieux le caractère appliqué, opiniâtre et travailleur des gens de ce pays." Jean-Bernard "Le goût au travail" François Perraudin "Ceux que j'aime, ceux de chez nous, ceux de la vigne revenus, ceux des coteaux où croît la vigne, et le premier printemps leur dit : "Plante les échalas" , l'été leur dit : "Effeuille", puis leur dit : "Sulfate", l'automne : "Récolte et pressure" : et l'hiver : "maintenant va refaire tes murs" Et toute saison leur dit : "Travaille". Et , comme les saisons reviennent régulièrement, ainsi ils travaillent régulièrement, n'ayant qu'à obéir." C.F. Ramuz, Chant de notre Rhône

ƒ esprit entreprenant et innovant "A mon avis c'est une particularité du Valaisan, c'est qu'il ose, dans beaucoup de domaines." Sylvine Eberlé "Le Valaisan est indépendant et entreprenant (par exemple dans les nouvelles technologies). On continue de créer " Patricia Lafarge "Dynamisme, courage, côté fonceur" Gilberte Favre "esprit d'entreprise" Marc-André Berclaz

ƒ pragmatisme, capacité à s'adapter et à rebondir "On s'adapte à la menace" (à propos de la gestion du problème de l'alcool au volant) "pragmatisme" Marc-André Berclaz Document de travail / CoManaging

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NON DITS, PROBLÈMES, RISQUES

citations-résumés du thème

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NON DITS, PROBLÈMES, RISQUES ƒ l'image de "crétins des Alpes" : "Consanguinités, manque de bonnes eaux, au XIXème siècle, les voyageurs anglais, en mal de cimes imprenables, ramenant au pays les clichés de ces "crétins des Alpes" déjà évoqués par Napoléon, et dont la réputation a longtemps collé aux sabots des montagnards suisses" Guide du Routard ƒ l'échec pour l'organisation des jeux olympiques d'hiver (surtout la 2ème fois) . Il y a eu une mobilisation et une ferveur incroyables autour du projet et donc une déception en proportion… ƒ bétonnage industriel et électrique (barrage) dans l'environnement ƒ poteaux électriques omniprésents (cf. COMPOSITION ET PAYSAGES) ƒ problèmes d'unité des habitants (cf COMPLEXITÉ / UNITÉ) > territoire différents géographiques et économiquement entre la montagne et la plaine, la forme de "l'enclave" Valais et Monthey ? > communication institutionnelle et officielle (y compris la langue pratiquée pendant des réunions) du gouvernement du canton à Sion : elle n'est souvent pas exprimée en allemand d'ou le sentiment des HautsValaisans d'être peu considérés… > déséquilibre démographique (le haut valaisan pèse seulement 88 000 habitants contre 110 000 pour le moyen valais et 95 000 habitants pour le bas valaisan. > culture et langues différentes : le haut valaisan est tourné vers l'Allemagne (voir info quotidienne à la télévision et dans les journaux) et la bas valaisan vers la France. > mentalités différentes entre haut valaisan et les autres, contestation sur la répartition des financements entre le Haut Valais et le reste du territoire.. Document de travail / CoManaging

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Symbole ANIMAL

titre visuel

La vache d'Hérens typiquement autochtone symbole "sacralisé" de la vie montagnarde valaisanne, de l'attachement des Valaisans à leur patrimoine culturel et de leur caractère combatif… Document de travail / CoManaging

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Symbole ANIMAL

La vache d'Hérens typiquement autochtone symbole "sacralisé" de la vie montagnarde valaisanne, de l'attachement des Valaisans à leur patrimoine culturel et de leur caractère combatif… ƒ "Elle est le symbole de la rencontre entre l'homme et la montagne "mythique", à la fois dangereuse et nourricière. Elle résume la montagne du Valais : elle EST la montagne… Elle crée le lien avec l'homme" Bernard Crettaz ƒ "Robuste, bien adaptée au climat et au relief du pays, la vache de la Race d’Hérens est un véritable symbole de la vie montagnarde valaisanne. Le Valais a su demeurer fidèle à cette race typiquement autochtone." Michel Logoz ƒ "Ce caractère bien trempé, ces identités affirmées des Valaisans, on les retrouve chez les vaches valaisannes, qui portent jalousement des noms de stars, de divas, de princesses et de célébrités." ƒ "La vache est le symbole de la ruralité valaisanne et est mise en scène de deux façons : la lutte entre les vaches pour mener le troupeau, symbole de combativité, de puissance ; La vache paisible dans les pâturages ou fleuries lors de la désalpe, symbole de tranquillité ou de fierté et noblesse de caractère"Christelle Carrier ƒ "Les bergers vont et viennent au milieu du troupeau. Eux aussi sont dans leur royaume, jusqu'à l'automne, hors du monde, audessus du monde. Ils arbitrent les combats. Enfin, voici l'imbattable guerrière, reine d'un jour, d'une saison, qui va, vient, triomphante, au milieu de son peuple sujet, les cornes en bataille, les narines au vent, et son propriétaire la poursuit, les poches pleines de sel, le cœur de fierté, l'âme de gratitude." Maurice Zermatten, Les saisons valaisannes

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ÉLÉMENT symbole

Les éléments de la montagne : force et résistance de la roche, énergie vitale de eau et pureté de l'air, métaphores du caractère valaisan… Document de travail / CoManaging

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ART symbole

L'École de Savièse, symbole de l'attractivité du Valais : une "école" picturale composée principalement "d'étrangers" dont le point commun n'est pas un style mais l’attrait exercé sur eux par "l'esprit des lieux" Document de travail / CoManaging

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Ce travail a été réalisé par le cabinet CoManaging pour le compte de l’Association Marque Valais entre août et décembre 2006. Il été conçu par Sophie de Paillette et Frédéric Moix sous la responsabilité de Joël Gayet et la direction de Sophie de Paillette

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2 portrait identitaire Valais - Psychologique