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#10 — EDITION COLLECTOR / HIVER 2016-2017

LE MAGAZINE INDÉPENDANT DE L’ÉCONOMIE VALAISANNE

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CHF 6.50

L’INNOVATION EN VALAIS : DANS LE PELOTON DE TÊTE !


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EDITO De l'innovation à la re-création

VALAIS VALEUR AJOUTÉE Le magazine indépendant de l’économie valaisanne Hiver 2016/2017 – Trimestriel Tirage: 10’000 exemplaires Edition numérique: Site web libre d’accès, www.valaisvaleurajoutee.ch Société éditrice: VALINNOV Sàrl, chemin du VieuxCanal  15, 1950 Sion (Didier PLANCHE, Gérant) Directeur de la publication: Didier PLANCHE, tél. 079 622 74 06, redaction@valaisvaleurajoutee.ch – didier.planche@bluewin.ch Conseillers à la direction: Géo BETRISEY, geo.betrisey@ netplus.ch, Romano SCHALEKAMP, rs@devas.ch Rédaction: Christelle MAGAROTTO, christelle@ magarotto.ch, Geneviève ZUBER, ge.zuber@gmail.com, Edgar BLOCH, edgarbloch1@gmail.com, Joël CERUTTI, joelcerutti@gmail.com, François DAYER, francois.dayer@ netplus.ch, Jean-François FOURNIER, jeanffournier@ gmail.com, François PRAZ, eurekom@netplus.ch, Roland PUIPPE, roland.puippe@netplus.ch, Luzius THELER, luzius.theler@bluewin.ch Chroniqueurs attitrés: Hildegard ABBET, Adeline BAYS, Laurence FACELLI, Anne Sophie FIORETTO, Eloïse MORISOD, Line PILLET, Bernard ATTINGER, Frédéric BAGNOUD, Marc-André BERCLAZ, Géo BETRISEY, Xavier BIANCO, Raphaël FAVRE, Philippe GAEMPERLE, Laurent GILLIOZ, Robert GIROUD, Stéphane JEAN, Cédric LUISIER, Charles-André MEYER, Jacques METRAILLER, David MOUNIR, Antoine PERRUCHOUD, Jean-Noël REY †, Vincent RIESEN, M e Julien ROUVINEZ, Romano SCHALEKAMP, Jean ZERMATTEN Ont collaboré à ce numéro: professeur Hervé BOURLARD/directeur de l'Institut de recherche Idiap, Jean-Louis EMMENEGGER/rédacteur, Tristan LOLOUM/ chargé de recherche à l'Université de Durham (GrandeBretagne), David PiCARD/professeur d'anthropologie du tourisme à l'Université de Lausanne, François SEPPEY/ directeur de la HES-SO Valais-Wallis, président de la Fondation The Ark Correction/relecture: Paulette BERGUERAND, technopolette@netplus.ch Traduction/adaptation: CoText, cotext@cotext.ch Impression: Mengis Druck (Viège) - Sebastian BREGY, s.bregy@mengisdruck.ch, Patrik CHABBEY, p.chabbey@mengisdruck.ch Directeur commercial: Michel GUEX, tél. 079 435 00 35, michelguex@bluewin.ch

DIDIER PLANCHE DIRECTEUR DE LA PUBLICATION

Cette édition dite Collector, la dernière de l'année 2016, correspond au dixième numéro de votre magazine Valais Valeur Ajoutée. Pour marquer ce modeste jubilé d'une note constructive, traiter le thème de l'innovation en Valais semblait une évidence, d'autant plus que, à sa manière, Valais Valeur Ajoutée s'apparente aussi à une innovation éditoriale.

En Valais, l'innovation est omniprésente sous ses deux formes institutionnelle et entrepreneuriale : dans les grandes entreprises, les PME, les TPE et les start-up ( justement créées pour la concrétiser ), mais aussi, bien sûr, dans les Hautes Écoles, les instituts de recherche, les pôles technologiques, les incubateurs et même... au sein des administrations. Tous les secteurs d'activité sont concernés, de l'énergie à la micro-mécanique en passant par la chimie, sans oublier la santé, le social, l'agriculture, la viticulture ou la culture. Car l'innovation n'épouse pas une forme de pensée autistique, n'étant pas exclusivement technologique et scientifique ( digitalisation, numérisation, automatisation, intelligence artificielle, etc. ), dès l'instant où elle apporte de la valeur ajoutée à la société, à l'humain ( biotechnologies, sciences du vivant, etc. ). Elle s'applique encore à tous les départements de l'entreprise, qu'il s'agisse des RH, de la production ou de la vente. Qui n'innove pas stagne, et même recule. Car l'innovation, qu'elle soit incrémentale ( apport de nouvelles fonctionnalités, par exemple à un produit, pour répondre aux attentes du marché ) ou disruptive ( changement radical de modèle économique et de technologie pour se réorienter vers un concept innovant et moins onéreux en phase avec le marché ), a pour synonyme la création au sens large du terme. Tout simplement. Cette création vise la plupart du temps à optimiser un service ou un produit pour faciliter et améliorer l'existence humaine. Il n'empêche que, souvent, elle crée davantage un besoin qu'elle n'y répond, en particulier sur le plan matériel, alors qu'il nuit plus à l'épanouissement qu'il ne le favorise… Parfois, la création se révèle aussi chrématistique, avec le seul profit à court terme, l'avidité, comme finalité… Et si l'innovation, la création, aurait désormais comme unique ambition de permettre à l'humain de trouver son chemin, sa plénitude, son bonheur? Il s'agirait alors d'une re-création qui donnerait un sens – authentique – à sa condition existentielle. Car en définitive, l'innovation, la création, ne devrait désigner rien d'autre que la Vie, avec un V majuscule, et son respect. C'est l'énergie créatrice.

Applications techniques: Alain PRAZ, Alpsoft SA, alain.praz@alpsoft.ch Web Masters: Anne Sophie FIORETTO, Pacte3F Sàrl, anneso.fioretto@pacte3f.ch, Joël CERUTTI, alternaTiVe, joelcerutti@gmail.com Réseaux sociaux: Joël CERUTTI, alternaTiVe, joelcerutti@gmail.com Distribution/Diffusion: La Poste Suisse, Naville

VALAIS VALEUR AJOUTÉE partenaire de :

Prix de vente au numéro: 6,50 CHF Abonnement de soutien (4 numéros): 55 CHF + frais de port

Comité éditorial : Mesdames : Me Chantal BALET-EMERY, Marie-Françoise PERRUCHOUD-MASSY | Messieurs : Marc-André BERCLAZ, Géo BETRISEY, Eric BIANCO, David CRETTENAND, Yves DARBELLAY, Jean-Daniel DESCARTES, Michel GUEX, Fabrice HAENNI, Grégoire ITEN, Bernard MICHELOUD, David MOUNIR, Henri PLOMB, Jean-Noël REY † , Vincent RIESEN, Romano SCHALEKAMP, François SEPPEY, Me Dominique SIERRO, Philippe UDRY, Didier PLANCHE (président)


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SOMMAIRE #10

RÉFLEXIONS SUR L’INNOVATION 7

L’innovation, fer de lance de la compétitivité par Géo Bétrisey

10 L'innovation: chance ou tarte à la crème? par Marc-André Berclaz

12 Créer un contexte propice au développement de la « folie innovatrice » par le professeur Hervé Bourlard

14 L'innovation: opportunité et enjeu! par François Seppey

17 De la diligence à l'iPhone par Robert Giroud

L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE 21 Marc-André Berclaz, dir. de l'EPFL Valais-Wallis (Sion): « Nous sommes au cœur du défi énergétique » par Geneviève Zuber 25 Haute École d'Ingénierie de la HES-SO Valais-Wallis (Sion): Dans les labos de recherche, c'est déjà demain ! par Geneviève Zuber

28 Campus Energypolis (Sion): Une chaîne de valeur complète de l'innovation par François Praz

LES RÔLES DES PARCS TECHNOLOGIQUES DE THE ARK 30 BioArk (Monthey, Viège): Au sommet des sciences de la vie par Didier Planche 32 PhytoArk (Conthey / Sion): L'exploration et la valorisation des plantes alpines par Joël Cerutti

35 TechnoArk (Sierre): L'eEnergy pour sortir de la crise ? par Luzius Theler

L'INNOVATION DANS LES INSTITUTS DE RECHERCHE 39 Idiap & IdeArk (Martigny): L'excellence dans la biométrie pour l'un, la valorisation des technologies pour l'autre par Laurence Facelli 44 IRO (Sion): À la pointe de la recherche sur l'œil par Geneviève Zuber

46 CREM (Martigny): Leader de l'internet et de l'énergie par Jean-Louis Emmenegger

48 Icare (Sierre): Lier le monde virtuel au réel par Didier Planche

FOCUS SUR LES TIC 51 Quelques TIC triés sur le volet par Joël Cerutti 52 NetPlus (Sierre), le 3e plus grand réseau câblé de Suisse par Joël Cerutti

53 Groupe T2i (Sierre) ou le complexe chemin de la simplicité par Joël Cerutti

© HES-SO

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L'INNOVATION DANS LES SERVICES

L'INNOVATION DANS LA CULTURE

55 Institut Informatique de gestion de la HES-SO Valais-Wallis (Sierre): De l'eEnergy à la Smart City en passant par le eServices par Philippe Gaemperle 58 Institut Entrepreneuriat & Management de la HES- SO ValaisWallis (Sierre): « Devenir les leaders du design de services en Suisse »

78 Jacques Cordonier, chef du Service cantonal de la culture (Sion): « Faire richesse de pauvreté »

par Philippe Gaemperle

60 Institut Santé de la HES-SO Valais-Wallis (Sierre): « C'est le malade qui nous intéresse, pas le fétichisme technologique » par Geneviève Zuber

FOCUS SUR LA SANTÉ NUMÉRIQUE

par Joël Cerutti

L'INNOVATION DANS LE TOURISME 80 Vin et tourisme en Valais: Trouver le bon assemblage par Tristan Loloum et David Picard

DES ENTREPRISES VALAISANNES INNOVANTES 83 Un Valais industriel en pleine effervescence par Luzius Theler et Didier Planche

63 Ressources académiques et projets dynamisent la santé numérique en Valais par Laurence Facelli

Innovations entrepreneuriales ... 90 ... dans l'agriculture par Roland Puippe 92 ... dans la viticulture par Roland Puippe

L'INNOVATION DES SECTEURS PRIVÉ ET PUBLIC DANS LE TOURISME 66 Observatoire du Tourisme (Sierre): Une autre image du Valais par Joël Cerutti 68 Institut de Tourisme de la HES- SO Valais-Wallis (Sierre): Une centrifugeuse à idées novatrices par Joël Cerutti

L’INNOVATION TERRITORIALE 70 Le Valais précurseur du branding territorial ! par Raphaël Favre

94 ... dans la culture par Joël Cerutti

L'INNOVATION À TRAVERS LE FORUM BUSINESS VALAIS 2016 98 En « mouvement » avec le digital et le handicap par Didier Planche

100 Eric Bianco, chef du Service cantonal du dév. économique et directeur de Business Valais (Sion): « Business Agility »: « Un facteur de réussite pour les entreprises » par Didier Planche

102 Les Remontées Mécaniques de Grimentz-Zinal se diversifient dans l'hôtellerie par Didier Planche

76 Projet Cour de Gare à Sion: De nombreuses innovations pour cet ensemble multifonctionnel par Didier Planche

CHAQUE LIVRE EXPRIME UNE INNOVATION 104 par Didier Planche

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COLLECTOR

RÉFLEXIONS SUR L’INNOVATION

L’INNOVATION, FER DE LANCE DE LA COMPÉTITIVITÉ TEXTE: GÉO BÉTRISEY

GÉO BÉTRISEY ANCIEN DIRECTEUR DE SODEVAL SA, MEMBRE DU COMITÉ DIRECTEUR ET DU COMITÉ EDITORIAL DE VAL AIS VALEUR A JOUTEE

L’innovation constitue un produit de la démarche de l’entrepreneur dynamique nageant à contre-courant et bouleversant la routine. Pour survivre, se développer et créer de la valeur, toute activité humaine se doit d’y recourir.

Qu’est-ce au juste que l’innovation? Le Larousse définit l’innovation comme un ensemble du processus qui se déroule depuis la naissance d’une idée jusqu’à sa matérialisation, en passant par l’étude du marché, le développement d’un prototype et les premières étapes de la production. D’une façon plus immatérielle, on peut la considérer comme un processus d’influence conduisant au changement social, dont l’effet consiste à rejeter les normes sociales existantes pour en proposer de nouvelles. Elle peut concerner le simple individu comme VALAIS VALEUR AJOUTÉE

l’ensemble de la société, s’appliquer à un produit, à un processus ou même à une expérience de pensée.

L’innovation: un processus dynamique, mais complexe Comment l’innovation peut-elle se traduire dans les faits et dans les domaines les plus divers? Alors simple employé à l’Office fédéral des brevets à Berne, dans une tâche qu’il nomma malicieusement « travail de cordonnier », Albert Einstein bouleversa la pensée scientifique en quelques années et de manière radicale. Par quelques éclairs de génie, il révolutionna les fondements de la physique avec ses théories de la relativité restreinte et générale. Il modifia ainsi de fond en comble les notions jusqu’alors admises de temps, d’espace et d’univers. Innovation si déterminante qu’elle influence encore aujourd’hui notre conception du monde. Bien entendu, point n’est besoin de s’appeler Einstein pour devenir modestement innovateur. Plus prosaïquement, un simple ouvrier à sa place de tra-

vail peut constater des pertes de temps et d’efficacité dans le fonctionnement et le maniement de son outil de travail, puis y remédier par sa perspicacité en éveil. Un brin de curiosité et beaucoup d’à-propos pour déceler une difficulté que la routine finit par masquer. Une personne à forte capacité d’innovation possède cette ténacité à décortiquer une problématique, à l’analyser sous tous ses aspects, à imaginer de nouvelles solutions, à revenir au besoin au point de départ de sa réflexion et à ne pas se décourager devant l’écueil paraissant insurmontable. Il risquera même des voies originales, quitte à subir des échecs jusqu’à ce qu’enfin son entêtement paie. Innover, c’est oser s’aventurer sur les « marches de l’empire » et concevoir ce qui n’existe pas encore.

Deux exemples remarquables Dans le but de maintenir l’EPFL parmi les écoles polytechniques européennes et mondiales les plus performantes et de mieux répondre aux attentes de l’économie, Patrick Aebischer, alors son #10 – HIVER 2016-2017


COLLECTOR

président, eut une idée géniale: relier autour de son institution académique un réseau de centres de compétences scientifiques en Suisse romande, avec l’adhésion politique et l’appui financier des gouvernements cantonaux concernés. Par la même occasion, il assura la participation de l’EPFL au parc d’innovation suisse. C’est ainsi qu’autour de Lausanne comme centre s’est constitué un pôle comprenant le campus Biotech à Genève avec l’Human Brain Project, les Fondations Bertarelli et Wyss et le centre de neuroprothèses Microcity à Neuchâtel en relation avec le Centre suisse d’électronique et de microtechnique et le parc scientifique Neode, Bluefactory à Fribourg dans les technologies du bâtiment et Energypolis à Sion dans le secteur de l’énergie. Cette vision exceptionnelle favorise la montée en puissance du rayonnement scientifique de la Suisse occidentale et engendre un impact très INNOVER, C’EST OSER S’AVENTURER SUR LES « MARCHES DE L’EMPIRE » ET CONCEVOIR CE QUI N’EXISTE PAS ENCORE. © HES-SO VALAIS-WALLIS – PHOTO-GENIC.CH

VALAIS VALEUR AJOUTÉE

10 dynamisant du processus d’innovation sur l’ensemble de son économie. Autre exemple remarquable d’innovation dans le domaine de la culture, celui de la Fondation Gianadda. Pour célébrer par un acte fort le souvenir de son frère décédé tragiquement dans un accident d’aviation, Léonard Gianadda conçut en 1978 l’idée de créer un musée archéologique autour des vestiges d’un temple gallo-romain promis à la destruction. Grand amateur d’art et de musique, il commença à tisser des liens avec de nombreuses personnalités du monde artistique. Avec une ténacité à toute épreuve et un sens aigu du contact, il frappa à toutes les portes et finit, petit à petit, par exposer tous les grands noms de la peinture mondiale dans ses murs. Au fil des années, son musée d’art se compléta d’un parc de sculptures, d’un musée de l’automobile et d’un musée gallo-ro-

main. Il finit même par embellir sa ville de Martigny de sculptures monumentales d’artistes suisses contemporains, qui ornent la plupart de ses ronds-points. Aujourd’hui et grâce à Léonard Gianadda, Martigny est devenue un phare mondial incontournable de la peinture. Pour réussir, le Valais a besoin de tels leaders.

Comment susciter l’innovation? De même que Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, d’aucuns penseront qu’être innovateur est un état d’esprit que tout un chacun possède de façon innée. Cela peut être vrai dans la mesure où cette envie s’appuie sur une ferme détermination de la volonté d’entreprendre et d’oser s’aventurer dans l’inconnu, armé d’une motivation à toute épreuve. Même une action relative-


11 ment banale permettant de rompre avec la routine ambiante peut représenter une innovation propre à provoquer un changement d’orientation dans ses habitudes et son comportement, voire à amener à modifier le cours des choses. L’éducation orientée dans ce sens, déjà dans la prime jeunesse, permet de susciter ce besoin d’innovation et de créativité. C’est en étant confronté à des situations et des cas concrets où sont demandés de l’esprit d’initiative, de l’originalité dans la démarche et de la suite dans les idées que l’élève peut acquérir cet état d’esprit. Initié avec succès depuis un certain nombre d’années déjà par la promotion économique cantonale, le programme « Apprendre à entreprendre » s’adresse lui à de jeunes étudiants. Son but consiste à promouvoir des vocations d’entrepreneur en leur donnant confiance dans leur capacité à oser s’aventurer dans des voies originales.

Le Canton du Valais, via notamment Business Valais, Business eXpérience et Espace Création, met à disposition des entreprises et des personnes, tous secteurs d’activité confondus, une large gamme de prestations pour les encourager dans leurs démarches entrepreneuriales : instruments de pilotage, assistance à la gestion, coaching, conseil, veille technologique, aides financières, etc. Mais comment les amener à davantage recourir à ces prestations? Une résistance inconsciente et trop forte à entreprendre ces contacts inhibe-t-elle encore toute initiative dans ce sens? Cette question mérite une attention toute particulière de la part des services cantonaux concernés. Il existe pourtant une bonne collaboration entre PME et centres de compétences. Les professeurs des écoles d’ingénieurs et de tourisme acceptent des mandats de conseil dans

RÉFLEXIONS SUR L’INNOVATION

des entreprises, quand ce ne sont pas des travaux de diplôme d’étudiants réalisés sous leur responsabilité. La mise en contact de manière interdisciplinaire entre responsables techniques et experts provenant d’activités et d’horizons divers devrait aussi favoriser les échanges d’idées et d’expériences, un atout réel pour des candidats aspirant à davantage d’innovation. C’est dans ces rencontres parfois fortuites que peuvent souvent naître des solutions inattendues, auxquelles personne n’avait initialement pensé. Bien entendu, le résultat n’est pas toujours au rendez-vous, loin s’en faut. L’échec est aussi un critère à prendre en compte. Savoir rebondir après des tentatives négatives requiert de la ténacité et du courage à remettre l’ouvrage sur le métier.

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COLLECTOR

L’INNOVATION : CHANCE OU TARTE À LA CRÈME ? TEXTE: MARC-ANDRÉ BERCLAZ

Il y a des termes utilisés à toutes les sauces, manipulés à loisir dont on perd parfois la véritable signification, ou que l’on limite de manière MARC-ANDRÉ BERCLAZ étroite à certaines des DIR. OPÉRATIONNEL activités humaines. Il DE L’EPFL VALAISWALLIS (SION) en est ainsi de l’innovation, concept à géométrie variable que l’on ressort périodiquement. Et pourtant, l’innovation dans son acception la plus large constitue la mère de la compétitivité de la Suisse. Elle peut se manifester dans tous les domaines, technologiques bien sûr, mais également sociaux, économiques, dans les services, qu’ils soient publics ou privés, dans les produits ou les processus de travail. L’innovation fait avancer la société en modifiant les termes du marché, tant au niveau de l’offre que de la demande. Aussi, parle-t-on aujourd’hui d’uberisation de l’économie par exemple, démontrant à quel point une entreprise innovatrice peut bouleverser les habitudes et influencer la planète entière. VALAIS VALEUR AJOUTÉE

Innover c’est changer L’innovation n’est pas forcément porteuse d’enthousiasme, loin de là ! En innovant, on modifie les règles de manière plus ou moins radicale en mettant en danger des secteurs économiques, en bouleversant des habitudes, en provoquant l’obsolescence de certains produits. Dès lors, l’innovation est d’abord confrontée à la résistance au changement, aux groupes d’intérêts économiques et aux lobbies politiques. Nombre d’innovations prometteuses ont terminé dans des tiroirs, ou n’ont pas résisté aux règles de la concurrence perdue dans la « vallée de la mort » des nouvelles entreprises ou produits. Aujourd’hui, de nouveaux dangers menacent l’innovation en Suisse, particulièrement pour ce qui concerne les conditions-cadres, clés du succès.

Les clés de l’innovation L’innovation privée ou publique repose sur quatre piliers essentiels : la qualité des ressources, l’environnement, l’accès à des

réseaux nationaux et internationaux, les moyens matériels. Innover signifie disposer de talents de très haut niveau en suffisance ; bien sûr, il faut d’abord les former en Suisse, mais ils ne se trouvent pas uniquement dans notre pays. Innover signifie aussi bénéficier d’un environnement favorable mêlant la proximité de hautes écoles à une réglementation flexible, moderne et favorable à l’esprit d’entreprise. Innover signifie encore échanger l’information, partager les progrès avec des collègues du monde entier; cela exige un état d’esprit et une réelle ouverture internationale. Innover signifie, enfin, disposer de moyens matériels en suffisance, particulièrement de ressources financières facilement mobilisables, en clair du capital-risque. Parce qu’innover c’est prendre des risques et en faire prendre à la hauteur des résultats espérés. Or, chacune de ces conditions de succès est mise en danger par l’évolution politique générale de la Suisse, qui tend à freiner l’accès aux talents étrangers, réduit des budgets de formation et de recherche, et ne dispose pas d’une réelle offre de capital-risque.


13 Pourquoi innover en Suisse ou même en Valais? Comme les conditions-cadres n’évoluent pas favorablement, on pourrait se poser la question de laisser l’innovation aux autres, ce qui coûterait beaucoup moins cher aux contribuables que nous sommes... Laisser notre génie propre aux Américains et aux Chinois, notre système bancaire aux Européens, cela nous permettrait de cultiver nos spécificités locales. Poser la question, c’est évidemment y répondre ! Si la Suisse n’a pas la surface économique des mastodontes dominant l’économie mondiale, elle a toujours su tirer son épingle du jeu en développant des compétences de niche, en s’appuyant sur la qualité de son système de formation professionnelle et supérieure. Et c’est par l’innovation que nous saurons faire les choses autrement et assurer de nouveaux emplois pour les jeunes. Le Valais n’est pas en reste ; le Canton et les villes ont consenti à des

investissements élevés pour soutenir le développement des hautes écoles, des parcs d’activité technologiques, des instituts de recherche, allant jusqu’à implanter une antenne de l’EPFL à Sion. C’est l’innovation dans tous les domaines et le courage de se remettre en question, de changer, qui nous permettront d’avancer sur le chemin du futur.

RÉFLEXIONS SUR L’INNOVATION

services publics, touristiques, sociaux et de santé, pour lesquels il est possible d’imaginer des évolutions fort intéressantes. Et puis le charme de l’innovation, c’est qu’elle est rarement planifiable et souvent surprenante. Gageons que l’esprit d’entreprise nous réserve encore des découvertes aussi belles que totalement imprévues !

Quelles innovations pour le Valais? Les grands défis de la société du XXIe siècle sont déjà bien identifiés : l’évolution climatique et son influence sur l’environnement alpin, la santé, l’énergie et la mobilité. Notre canton, qui dispose de quelques atouts dans chacun de ces domaines, doit les valoriser pour compléter son tissu économique existant. À cela s’ajoute l’innovation dans les

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COLLECTOR

CRÉER UN CONTEXTE PROPICE AU DÉVELOPPEMENT DE LA « FOLIE INNOVATRICE » TEXTE: PROFESSEUR HERVÉ BOURLARD

L’innovation ! Depuis quelques années, tout le monde en parle, souvent sans trop savoir de quoi il s’agit. Alors que personne ne se pose vraiment PROF. HERVÉ BOURLARD, cette question (sans DIRECTEUR DE sourire) dans les réL’INSTITUT DE RECHERCHE IDIAP gions les plus inno(MARTIGNY) vatrices du monde ; par exemple, en Silicon Valley, pour n’en citer qu’une. Et ce qui est vrai pour la Californie n’est déjà plus un modèle valable pour la côte Est des Etats-Unis. Un « modèle » d’innovation ne s’exporte donc même pas et doit toujours se reposer sur les spécificités locales. En général, l’innovation se définit comme le résultat d’un processus intellectuel ou improbable, exploitant un ou plusieurs concepts (connus ou résultant de la recherche) dans le but d’acquérir un avantage compétitif dans le cadre d’un marché donné. Cet avantage compétitif peut simplement être le résultat d’un nouveau type de marketing, une nouvelle manière d’influencer les VALAIS VALEUR AJOUTÉE

besoins, par exemple en créant la notion d’appartenance ( symbolique ) à une communauté sociale. Cette innovation peut aussi être basée uniquement sur un nouveau processus de communication exacerbant le contenu innovant du produit en question. On pourrait donner de nombreux exemples, y compris la multinationale à la pomme. Mais ne suffit-il pas aussi de regarder simplement les tendances actuelles en lien avec les multiples « versions » de téléphones mobiles, ou encore les télévisions HD, Super HD, et Ultra HD? Aussi longtemps que la société sera prête à acheter ces nouveaux produits, beaucoup accepteront de reconnaître qu’il s’agit bien d’innovations. Mais ce genre d’innovations n’est malheureusement plus que le résultat d’un processus pour augmenter les ventes, en accélérant artificiellement l’obsolescence des produits. Mais cet aspect sort peut-être du cadre de notre définition. Il est par ailleurs regrettable de constater que ce processus de « marketing » contamine de plus en plus la chaîne de valeur qui devrait

s’appuyer sur les racines principales de l’innovation, à savoir la recherche ( même si celle-ci aussi devient de plus en plus contaminée par les effets de marketing ; il serait facile de dresser ici une longue liste d’exemples )!

Un environnement et un état d’esprit Par rapport au positionnement de la créativité et de la recherche, l’innovation est donc une étape plus loin dans la notion d’« utilité » dans un « système de valeurs » défini. Il est clair que l’innovation dans le milieu médical, ou le milieu artistique, ne peut pas avoir la même définition que dans le milieu militaire. Mais dans tous les cas, et en opposition à la recherche fondamentale, l’innovation se caractérise par plusieurs marqueurs essentiels tels que le succès commercial, l’aspect cross-fonctionnel, l’exécution à court-moyen terme, le financement privé et le parfaitement adapté aux besoins des utilisateurs. Généralement, la véritable innovation est


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avant tout liée à un environnement et à un état d’esprit qui doivent se créer et s’entretenir, aussi bien dans les universités que l’industrie. En effet, très peu de chercheurs sont des innovateurs et beaucoup d’innovateurs ne se trouvent pas dans les milieux académiques.

l’International Create Challenge de Martigny? De belles idées innovantes en ressortent chaque année, comme illustré ici par la start-up Biowatch issue du dernier ICC.

La meilleure des solutions est sans doute d’encourager le plus possible les sociétés à travailler en étroite collaboration avec les milieux de la recherche. En Suisse, c’est évidemment l’approche adoptée par la Commission pour la Technologie et l’Innovation (CTI), qui est l’un des catalyseurs de cette innovation, sans pour autant en être la solution garantie. En effet, l’innovation reste avant tout le résultat d’un contexte propice au développement de la « folie innovatrice », dans laquelle on a l’impression que tout est possible, ainsi que de l’état d’esprit qui en découle. La destruction des idées reçues est d’ailleurs souvent la première étape de l’innovation. Ne faut-il pas réunir des personnes de différents milieux avec un but commun pour favoriser l’improbable, tel que le propose

Méthodes génériques Aussi, et comme déjà mentionné plus haut, il est important de toujours garder en tête que la notion d’innovation est directement conditionnée aux notions d’« utilité » et de « valeurs ». Celles-ci évoluent en permanence en fonction des challenges et des erreurs rencontrés par nos sociétés. Au niveau de la recherche et de la créativité, en amont de l’innovation, il est donc important de se focaliser sur des méthodes qui restent suffisamment génériques, afin de maximiser le potentiel d’innovation et son impact positif sur la société. Finalement, rappelons encore que même parmi les innovations, moins de 10% de celles-ci conduisent à un vrai succès commercial. Cette innovation a donc un prix tel que même les grandes

RÉFLEXIONS SUR L’INNOVATION

sociétés préfèrent souvent déléguer cette tâche aux start-up qu’ils rachèteront ensuite, en fonction de leurs besoins. Par exemple, la fameuse société à la pomme déjà mentionnée ci-dessus rachète en moyenne une start-up par jour…

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COLLECTOR

L’INNOVATION: OPPORTUNITÉ ET ENJEU! TEXTE: FR ANÇOIS SEPPEY DIRECTEUR DE LA HES-SO VALAIS-WALLIS + PRÉSIDENT DE LA FONDATION THE ARK (SION)

Les changements subis par l’économie mondiale durant les dernières décennies ne demeurent pas sans conséquences sur la compétitivité des entreprises, ou sur le mode de fonctionnement des institutions socio-sanitaires. L’accélération engendrée par le développement des nouvelles technologies, l’ouverture des marchés créée par le processus de mondialisation, la maturité accrue des consommateurs et leur capacité à s’adapter à un environnement en constante évolution influencent le positionnement stratégique des acteurs économiques et nécessitent une capacité d’adaptation, de même qu’une flexibilité accrues. Dans ce cadre, la notion d’innovation revêt une importance majeure et la thématique se voit propulsée en tête des préoccupations des pouvoirs publics et des entreprises.

L’ÉTAT D’ESPRIT CONSTITUE L’UNE DES CONDITIONS SINE QUA NON DE L’INNOVATION. © HES-SO VALAIS-WALLIS

VALAIS VALEUR AJOUTÉE


17 Ainsi, la croissance d’une économie est fortement corrélée à la capacité de ses entreprises à innover. Pour cette raison, les pouvoirs publics inscrivent à leur agenda le soutien à l’innovation, en faveur des entreprises existantes, ou celui à la création de jeunes pousses. Ce soutien passe notamment par la mise en place de conditions-cadres favorables, tâche prioritaire des pouvoirs publics dans une économie libérale. Il s’appuie également sur une formation de base et continue de qualité, en adéquation avec les besoins des entreprises. De même, l’appui aux activités de recherche, fondamentale ou appliquée, s’inscrit dans cette volonté de favoriser les capacités innovatrices. Enfin, la mise en œuvre d’instruments favorisant le transfert de technologie et de savoir entre les institutions de formation et de recherche et le tissu économique contribue à encourager l’innovation au service de l’économie.

liorer des modes de fonctionnement, contribuant à une valeur ajoutée pour l’individu et pour l’organisation dans laquelle il évolue. Parallèlement à cette capacité à s’interroger, il faut pouvoir – ou savoir – faire preuve de flexibilité. La vérité d’un jour n’est pas forcément celle du lendemain et les incertitudes inhérentes peuvent être déstabilisantes, tant pour l’institu-

La nécessaire remise en question des certitudes La thématique est donc d’actualité, mais peut-on définir réellement l’innovation et qui y contribue? La réponse à ces questions n’est ni unique ni définitive, chacun des acteurs concernés ayant un avis, si ce n’est tranché, du moins autorisé sur la question. Dès lors, plutôt que de tenter une description forcément incomplète de la thématique, évoquons quelques éléments, à notre avis incontournables mais non exhaustifs, permettant à l’innovation de se développer. L’état d’esprit constitue l’une des conditions sine qua non de l’innovation: seules les personnes ou organisations aptes à s’interroger continuellement sur leurs projets, leur fonctionnement ou leurs processus paraissent aptes à réellement contribuer à l’innovation. La remise en question de certitudes est un moteur permettant de découvrir de nouveaux champs d’actions ou d’amé-

FRANÇOIS SEPPEY © OLIVIER MAIRE, HES-SO VALAIS-WALLIS

tion que pour ses collaborateurs. Dans cet esprit, le management de l’organisation joue un rôle essentiel par son leadership qui entraîne les troupes et les motive, par son exemplarité qui crée la confiance et rassure, et par sa sérénité qui facilite l’acceptation du changement et des inconnues en découlant. Le management lui-même ne suffit pas, tant l’innovation ne se décrète pas. Il faut, par conséquent, également mettre

RÉFLEXIONS SUR L’INNOVATION

en œuvre des systèmes permettant à celle-ci d’éclore. Que ce soit des aménagements en termes d’espaces ou de temps mis à disposition, des incitations financières ou des reconnaissances particulières, la création de groupes de réflexion ou l’organisation de rencontres extra-muros. Il existe de multiples façons de favoriser le développement d’une culture propice à l’innovation, permettant sur la durée la création de nouvelles opportunités et l’amélioration de la productivité. Enfin, la capacité à créer des liens peut contribuer fortement à améliorer la capacité d’innovation d’un individu ou d’une organisation. Contrairement à ce qui se passe quand on partage un bien physique, quand deux personnes échangent une idée, elles s’enrichissent mutuellement et contribuent à développer une réflexion plus large. A cet égard, le rôle des institutions de formation et de recherche, notamment les hautes écoles, est fondamental dans leur capacité à développer des relations suivies avec le tissu économique ou institutionnel. De l’échange mutuel entre besoins du terrain et compétences scientifiques découlent souvent des projets novateurs, répondant aux attentes des consommateurs et permettant le déploiement d’activités nouvelles et l’exploration de champs de compétences insoupçonnés. Dans cet esprit, l’innovation est une véritable chance pour des pays ne disposant que de peu de ressources en matières premières, ou pour des régions périphériques plus isolées. En effet, les éléments évoqués ci-dessus ne dépendent que peu de la localisation, mais bien des personnes concernées. C’est une vraie opportunité pour la Suisse et pour le Valais, mais également un enjeu majeur des années à venir!

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COLLECTOR

A N

DE LA DILIGENCE À L’IPHONE

L’être humain possède une faculté particulière, celle de créer de nouveaux produits, des services ou des méthodes, ROBERT GIROUD puis de sans cesse les HISTORIEN perfectionner, afin d’améliorer ses conditions de vie. Ce phénomène procède de la créativité et engendre de continuels changements comme le prédisait Nicolas Machiavel  : un « changement en prépare un autre ».

En 1806, dans ses Lettres sur le Valais, Eschassériaux, le chargé d’affaires de Napoléon auprès de la République du Valais, écrivait : « On ne fabrique, on ne manufacture rien en Valais ». Pourtant, il existait quelques industries artisanales comme des tanneries, de la poterie, des fabriques de draps. Lorsqu’en 1815 le Valais rejoint la Confédération helvétique, la sérénité institutionnelle règne dans le pays, mais il n’en va pas de même de sa situation économique. Le pays est essentiellement agricole ; la culture et l’élevage sont destinés à VALAIS VALEUR AJOUTÉE

RÉFLEXIONS SUR L’INNOVATION

TEXTE: ROBERT GIROUD

nourrir et vêtir le paysan et sa famille ; le surplus – bétail, beurre, fromage, viande, peaux – est vendu pour acheter des produits, afin d’améliorer son quotidien ; le service militaire auprès de pays étrangers constitue une autre source de revenus. C’est dans ces circonstances que le Valais entame une série de transformations généralement initiées par les libéraux, alors que les conservateurs les considèrent comme susceptibles de perturber l’ordre naturel, voire divin, des choses. C’est d’abord l’exercice de la citoyenneté qui bénéficiera d’une avancée majeure avec la souveraineté populaire, un acte politique parachevé ultérieurement avec le droit de vote des femmes. Un autre bouleversement notoire affectera le quotidien des Valaisans, avec le passage de la société agricole à la société industrielle. Le plus souvent, c’est à l’initiative privée d’hommes industrieux – notamment des entrepreneurs étrangers – que l’industrie prend son essor dans la vallée du Rhône, à l’instar des Forges d’Ardon (1810), de la Verrerie de Monthey

(1822), ou encore de la Fabrique de conserves à Saxon (1885). L’exploitation de la houille blanche transformée en électricité contribue au développement de l’industrie en Valais, mais pas seulement. Lors d’une célébration, un chroniqueur relevait que cette innovation permettait « à la Suissesse de cuisiner à l’électricité ». En 1884, Monthey et Sion sont les premières villes du canton à expérimenter l’éclairage électrique. Le commerce et l’industrie, outre la matière première et des installations, requièrent du personnel qualifié au bénéfice d’une formation adéquate. C’est pour répondre à ce besoin que des citoyens éclairés réclament la mise en place d’écoles industrielles. Dans le domaine de l’agriculture, des esprits novateurs promeuvent des méthodes, afin de propager les connaissances les plus utiles au perfectionnement de la culture des terres dans le but de réduire, autant que faire se peut, les importations de productions étrangères ; un effort poursuivit avec la création d’écoles d’agriculture à Ecône (1892) #10 – HIVER 2016-2017


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puis à Châteauneuf (1923). Le développement de l’instruction publique, reconnue comme facteur de réussite, s’amplifie tout au long du XXe, afin de développer les compétences nécessaires dans les domaines du tourisme (école de tourisme), de l’industrie (école d’ingénieurs), des nouvelles technologies (école d’informatique). Avec son école professionnelle, son HES-SO et son pôle de l’EPFL, le Valais dispose aujourd’hui des outils adéquats pour accompagner les défis du XXIe siècle. L’industrie a besoin de capitaux pour développer et moderniser l’outil de production. C’est dans cet esprit que sont fondés les premiers instituts bancaires avec la Banque du Valais (1858) et la Banque Closuit (1867). Dans le but de faciliter les échanges, l’introduction du système métrique (1877), puis celle des monnaies, vont chambouler les habitudes quotidiennes de la population ; ainsi, au marché de Monthey comme à celui de Sion, le chaland négociera désormais en mètre, litre et plus en toise, setier ou quarteron. L’acheminement des matières premières, des produits manufacturés et agricoles vers les marchés nécessite des moyens de transport. L’épopée des infrastructures routières voit le jour avec l’ouverture, par Napoléon, de la route du Simplon (1806). Dans le dernier quart du XIXe siècle, le train, d’abord à vapeur puis électrifié dès le début du XXe siècle, remplace le réseau de diligences. L’arrivée de l’automobile, à la fin du XIXe siècle, remplacera progressivement le cheval et accélérera

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RÉCEPTEUR UTILISÉ PAR MARCONI À SALVAN EN 1895.

VALAIS VALEUR AJOUTÉE

l’extension du réseau routier vers les vallées latérales, puis la construction de l’autoroute. L’aspect de la solidarité humaine n’a pas non plus échappé aux innovateurs, avec la création de Société de Secours Mutuels et des syndicats. Alors que désormais tout un chacun possède un téléphone portable, il n’est pas inutile de rappeler l’évolution dans le domaine de la communication. Les essais de l’Italien Guglielmo Marconi à Salvan en 1895, (inventeur de la télégraphie sans fil) ont donné l’essor au télégraphe, au téléphone, au téléscripteur, au télécopieur, au transistor, enfin à la radio numérique et à la télévision.

Puis grâce aux progrès de la recherche, les premiers ordinateurs sont apparus, bientôt suivis de l’ordinateur portable et de la tablette. L’Internet et ses réseaux sociaux ont bouleversé les activités économiques et sociales du pays. Qu’il est loin le temps où les communes transmettaient le résultat des élections à la chancellerie cantonale à dos de mulet! Au cours des deux derniers siècles, les innovations successives ont accompagné les Valaisans dans leur quotidien. Certaines bienvenues comme l’amélioration des conditions de vie,


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RÉFLEXIONS SUR L’INNOVATION

avec notamment la révolution des appareils ménagers mettant fin aux grandes lessives à la fontaine. D’autres nouveautés, à l’instar de l’introduction (1856) du bulletin de vote manuscrit en remplacement de la pratique à main levée, ont mis en évidence l’analphabétisme et encouragé l’école obligatoire. Quelques-unes, en revanche, ont généré des sentiments restrictifs ; ainsi, lorsque les premières voitures apparaissent vers 1859, l’Etat réglemente leur usage (permis de conduire, limitation de la vitesse) ; ou protectionnistes, en 1937, dans un souci de se protéger du chômage, le Gouvernement valaisan interdisait l’utilisation des pelles mécaniques. Cette préoccupation récurrente, nourrie par la course effrénée à l’automatisation, s’amplifie aujourd’hui avec le développement de l’intelligence artificielle et sa prolifération de robots et autres humanoïdes.

CONSERVES DE SAXON ; POUR FACILITER LA TÂCHE DE LA MÉNAGÈRE ; AFFICHE DE MARGUERITE BURNAT-PROVINS,© MÉDIATHÈQUE VALAIS-SION.

Depuis quelque temps déjà, nous sommes entrés dans la société de l’innovation. L’ubérisation, un nouveau modèle économique qui bouscule nos certitudes, laisse augurer de futures transformations pouvant aller jusqu’à la remise en cause du salariat. L’individu, tantôt acteur, plus souvent spectateur du changement, est friand d’innovation et toujours à l’affût du dernier modèle. Il existe toutefois une population réfractaire au changement, parfois prise en otage et perturbée dans ses habitudes, qui craint de perdre sa liberté. Enfin, pour vaincre la phobie du changement et éviter qu’il « ne nous prenne par la gorge », il vaut mieux « le prendre par la main » comme le conseillait naguère Churchill. Et pour y parvenir dans les meilleures conditions possibles, il convient d’adopter cette autre innovation dans la méthode, celle qui consiste à apprendre « tout au long de la vie ».

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COLLECTOR

L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE

MARC-ANDRÉ BERCLAZ, DIRECTEUR OPÉRATIONNEL DE L’EPFL VALAIS-WALLIS

«NOUS SOMMES AU CŒUR DU DÉFI ÉNERGÉTIQUE» TEXTE: GENEVIÈVE ZUBER

Ambiance internationale à la rue de l’Industrie 17. Des chercheurs venus des quatre coins du monde s’activent dans cette GENEVIÈVE ZUBER ruche technologique JOURNALISTE – enfilades de laboratoires, écrans, robots, ordinateurs géants, éprouvettes… L’innovation énergétique, c’est leur terrain de jeu !, comme l’explique Marc-André Berclaz aux commandes de l’antenne EPFL Valais-Wallis…

Marc-André Berclaz :

Nos recherches portent principalement sur la production et le stockage de l’énergie, mais aussi sur la capture VALAIS VALEUR AJOUTÉE

« Pour innover, il faut des moyens financiers et des compétences.» Marc-André Berclaz

et le recyclage du CO 2, l’objectif étant de débarrasser la planète de ces rejets tout en les transformant en énergie utilisable, en carburant notamment. Nous abordons ces questions par le biais de la chimie verte, par exemple, en imitant les plantes. Autrement dit, nous développons de la photosynthèse artificielle. Nous sommes très engagés dans la filière hydrogène, les piles à combustible permettant, en quelque sorte, à des voitures de « rouler à l’eau ». Vous le voyez, nous sommes au cœur du défi énergétique actuel, qui est d’essayer de se passer du pétrole, des énergies fossiles et du nucléaire. Nous avons la matière

première à disposition, soit le soleil, la lumière, l’eau ; le tout est d’optimiser leur utilisation. À ce stade, quels sont les difficultés les plus coriaces à résoudre ?

M.-A. B. : L’enjeu, que ce soit pour la production ou le stockage de l’énergie, consiste à abaisser le coût des appareils et des installations nécessaires, tout en augmentant leur durée de vie et leur rendement. Trois exigences bien souvent contradictoires, car un appareil meilleur marché fonctionne en général moins longtemps, et s’il est très performant, il risque d’être plus cher… C’est cette équation que nous essayons de résoudre, en cherchant et en expérimentant d’autres solutions, d’autres types de matériaux.

Un exemple ?

M.-A. B. : Les panneaux à photosynthèse artificielle producteurs d’énergie que nous contribuons à améliorer dans nos laboratoires. Leur rendement progresse – un demi-point tous les six mois –, ce

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qui nous a permis de passer la barre des 20% dans les conditions de laboratoire. Cette performance a fait l’objet d’une publication remarquée à l’international. On est encore loin du rendement des turbines hydrauliques, qui est de 94%, mais la recherche fondamentale requiert de la patience, le défi étant d’allonger le rendement et la vie de ces panneaux sans alourdir les coûts. Parlez-nous d’autres projets de recherche prometteurs en cours…

M.-A.    B. : Nous venons d’inaugurer, à Martigny, un démonstrateur montrant comment fonctionnent des véhicules à hydrogène que nous tirons de l’eau, une énergie renouvelable et propre, alors que la plupart du temps l’hydrogène est un sous-produit du raffinage.

LABOR ATOIRE NAZZERRUDDIN: FABRICATION DES CELLULES À PHOTOSYNTHÈSE ARTIFICIELLE. © BERTR AND REY

VALAIS VALEUR AJOUTÉE

24 Aujourd’hui, les véhicules à pile à combustible disposent d’une autonomie de 500 à 600 km. Leur production reste très coûteuse ; c’est donc l’un des points qu’il s’agit d’améliorer. Un autre de nos laboratoires travaille sur des piles à combustible alimentées au gaz de ville, à même de co-générer chaleur et électricité, pour une production de CO 2 minime. Cette solution est particulièrement adaptée aux immeubles; aussi, nous allons nousmêmes servir de terrain d’expérimentation, en alimentant nos locaux administratifs de cette manière. Une fois mis au point, nos modèles sont testés dans les pires conditions de stress climatiques et météo. Nous sommes à même de simuler n’importe quel environnement, Pékin par exemple. Il y a aussi, entre autres, une chaire qui

planche sur l’efficacité énergétique, notamment sur la récupération de l’énergie, par exemple par la chaleur dégagée par des installations de chauffage, ou les rejets de CO 2 . Comment jugez-vous les conditions de l’innovation à l’antenne valaisanne de l’EPFL ?

Pour innover, il faut des moyens financiers et des compétences, que nous pouvons réunir grâce à l’aura de l’EPFL. Nous bénéficions d’un excellent soutien de la part de l’Etat du Valais et de la Ville de Sion et avons la chance d’avoir des sponsors comme Gaznat, Defitech ou encore le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche qui finance à long terme une de nos chaires. Toutefois, nous sommes préoccupés par

M.-A. B. :


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L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE

LE PROFESSEUR GIR AULT, DIRECTEUR DU DÉMONSTR ATEUR DE MARTIGNY. © BERTR AND REY

LE DÉMONSTR ATEUR DE MARTIGNY, MONTR ANT COMMENT FONCTIONNENT DES VOITURES À HYDROGÈNE, ET SA STATION-SERVICE ONT ÉTÉ INAUGURÉS EN SEPTEMBRE DERNIER.

L’EPFL VALAIS-WALLIS EN PLEIN DÉPLOIEMENT Dédiée principalement à la recherche scientifique dans les domaines de l’énergie et de l’environnement, ainsi que de la santé, l’EPFL Valais-Wallis réunit 160 collaborateurs à Sion. Ils seront près de 400 à terme. Le campus est en construction. Première pièce du puzzle, premier bâtiment achevé, en fonction depuis 2015, l’ex-immeuble Valrhône à la rue de l’Industrie 17. Quant au pôle santé, une première chaire en neuro-ingénierie clinique vient d’être inaugurée à la Clinique romande de réadaptation. Son titulaire, Friedhelm Hummel, est mondialement réputé dans le domaine de la réadaptation post AVC. Son objectif vise à poursuivre l’effort entrepris par une équipe active sur le site depuis 2013, afin d’associer le Valais aux pionniers mondiaux de la neuro-réhabilitation.

l’avenir des relations de la Suisse avec l’UE, étant fortement intégrés dans des programmes européens de recherche. Nous avons besoin de travailler en réseau, de collaborer et d’échanger avec nos partenaires internationaux. Et de nombreuses incertitudes demeurent. Autre souci, celui de certaines velléités, à Berne, de diminuer le soutien fédéral à la recherche et à la formation. Des ambitions ?

M.-A. B. : À côté du pôle énergétique, nous cherchons à en développer un autre, axé en priorité sur notre environnement al-

pin. Nous avons l’ambition d’étoffer le nombre de facultés, ce qui constituera un gage de durabilité pour notre antenne. Vos recherches pourraient-elles déboucher sur la création de PME et d’emplois en Valais ?

M.-A. B. : C’est l’un des objectifs du Campus Energypolis, qui se veut une chaîne de valeur complète de l’innovation. Nous sommes le maillon de la recherche fondamentale, la HES-SO étant pour sa part fortement impliquée dans la recherche appliquée et The Ark dans la

connexion avec le marché, le soutien aux entreprises et aux start-up. Mais il est encore bien trop tôt pour lancer sur le marché des produits issus de nos recherches fondamentales. Il n’empêche, nous avons quasiment atteint notre vitesse de croisière et avons déjà fait parler de nous; je pense notamment aux bus-navettes sans chauffeur, ou encore au système de détection non invasive du mélanome développé par une de nos chercheuse chinoise en étudiant l’évolution des peaux de bananes. Cette approche nouvelle a eu un retentissement scientifique international.

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PROPRIÉTAIRES, ENSEMBLE PLUS FORTS DEVENEZ MEMBRES !

Les principales missions de notre association à but non lucratif :

Secrétariat permanent : Av. du Gd-St-Bernard 35 / 1920 Martigny Tél. 027 722 99 39 / Fax: 027 723 22 26 info@civ.ch / www.civ.ch

• Soutenir et défendre la propriété foncière bâtie et non bâtie • Promouvoir l’accession à la propriété • Informer nos membres sur les questions d’actualité (revue, newsletters, séminaires, conférences, etc.) • Etre le relai de nos membres auprès des autorités et services compétents • Mettre à disposition tous les documents utiles (baux à loyer, formules officielles, guide du propriétaire, etc.) • Bureaux-conseils CIV à Martigny, Monthey, Sierre et Sion


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COLLECTOR

L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE

HAUTE ÉCOLE D’INGÉNIERIE DE LA HES-SO VALAIS-WALLIS

DANS LES LABOS DE RECHERCHE, C’EST DÉJÀ DEMAIN! TEXTE: GENEVIÈVE ZUBER

Les instituts Ra&D de la Haute École d’ingénierie valaisanne foisonnent de projets innovants, comme le montrent les quatre exemples ci-dessous, tout aussi prometteurs les uns que les autres.

Des super baies de goji Marre des scandales liés à la viande et du n’importe quoi dans les assiettes! Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à l’origine et aux conditions de production de leur nourriture. Pour répondre à ces nouvelles attentes, l’institut Technologies du vivant a lancé le programme Strenghering, simplifying and modernizing the Agro-Food Chain. En bon français, il s’agit de renforcer, simplifier et moderniser durablement la chaîne agro-alimentaire pour produire une nourriture sûre et saine. Le professeur Wilfried Andbauer et son équipe planchent sur «des produits, des procédés, des technologies et des services innovants, durables et à haute valeur ajoutée, de manière à pouvoir proposer de nouvelles solutions au secteur agroalimentaire suisse.» L’objectif est également de diminuer la VALAIS VALEUR AJOUTÉE

pression sur l’environnement, tout en séduisant les consommateurs, qui souhaitent également de bonnes choses sur le plan gustatif. «Prenez les baies de goji, un produit sur lequel nous travaillons actuellement. Notre but est d’éliminer les alcaloïdes responsables du goût amer de ces super fruits, tout en conservant leurs substances bioactives si prisées. Nos essais sont testés par des goûteurs. Nos recherches portent sur l’ensemble de la chaîne, de la production à la distribution, ce qui en fait un projet interdisciplinaires incluant l’agronomie, les processus, l’emballage et la sécurité alimentaire, l’intérêt étant de pouvoir associer les forces de différents instituts de la HES-SO» , confie le professeur Wilfried Andbauer.

Microbes + eaux usées = énergie propre! C’est une autre équation novatrice sur laquelle travaille l’institut Technologies du vivant. «L’énergie du futur se

trouve dans nos stations d’épuration», explique Fabian Fischer, responsable du projet de pile à combustible microbienne, une solution prometteuse pour créer de l’électricité à partir des eaux usées. La matière première, soit les eaux usées et les bactéries qui les nettoient en se nourrissant de la pollution, est abondante et gratuite. Le tout est de faire respirer les bactéries autrement, grâce à des électrodes au lieu de l’oxygène, ce qui permet de produire de l’électricité. «C’est un peu comme dans le film Matrix, où les humains sont des piles vivantes, sauf qu’ici ce sont les bactéries qui sont exploitées.» Et le professeur Fabian Fischer de préciser que des tests ont déjà été réalisés à la STEP de Worblental, dans le canton de Berne, démontrant la faisabilité du projet. Grâce à cette pile du futur, «homologue vert de la pile à combustion chimique, il est possible d’envisager la réalisation d’une station d’épuration cleantech.» D’autre part, la pile verte offre une autre perspective intéressante: celle de recycler le phosphate échouant dans les STEP; le phosphate, un élément essentiel, en voie de raréfaction sur la #10 – HIVER 2016-2017


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DES SUPER BAIES DE GOJI EN PHASE DE CRÉATION.

planète. Ce projet est soutenu notamment par l’Office fédéral de l’énergie et de l’environnement, l’industrie et différentes STEP.

«Montre-moi ta main, je te dirai qui tu es!» À l’institut Systèmes industriels également, les chercheurs sont engagés sur des fronts divers et variés. Exemple: Fingervein3D, un système de reconnaissance biométrique basé sur le système veineux des mains. Cette solution permettra de prévenir la fraude en matière de cartes d’identité: usurpation d’identité en vue d’obtenir des crédits bancaires, fraude auprès des Telecom, etc. Ces méfaits, très fréquents dans VALAIS VALEUR AJOUTÉE

de nombreux pays d’Afrique, occasionnent de nombreuses pertes, au Cameroun notamment, car ces pays n’ont pas de reconnaissance efficace à ce jour. Fingervein3D est un système innovant pour deux raisons. Il est à même de reproduire le système veineux en 3D au lieu de 2, et en plus, les données captées sur les mains pourront être transmises en 3G à des bases de données centralisées et sécurisées. Soutenu par la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI) et doté d’un budget de 700 000 francs, le projet est mené de concert par l’Idiap, It Service Sonna Sàrl, une start-up de l’EPFL, et la HES-SO Valais-Wallis spécialisée dans l’optique et le développement de prototypes technologiques. Lambert Sonna,

de IT Services: «Il s’agit d’une solution low cost, mais high tech, très robuste, avec une autonomie importante et nécessitant un minimum de maintenance. Ce système sera opérationnel à la fin 2017, puis mis à la disposition du Gouvernement camerounais et d’autres pays émergents.»

Après l’éolienne, l’hydrolienne On connaît l’éolienne, qui permet de transformer les courants aériens en électricité. L’hydrolienne, elle, utilise l’énergie des courants aquatiques. En Suisse, les canaux artificiels à surface libre – canaux de fuite, galeries d’amenée des centrales hydroélectriques, stations de traitement de l’eau, etc. – offrent un potentiel d’exploitation


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L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE

DEUX INSTITUTS AU SERVICE DE L’INNOVATION Outre ses filières d’études (Technologies du vivant, Systèmes industriels, Energie et Techniques environnementales), la Haute École d’ingénierie de la HES-SO Valais-Wallis regroupe deux instituts de recherche. Fort de 85 collaborateurs (professeurs, collaborateurs scientifiques et techniques), l’institut Systèmes industriels possède un savoir-faire reconnu dans l’intégration de compétences technologiques de pointe au sein d’un même produit. Ses partenaires sont des PME, des entreprises nationales ou internationales actives dans les domaines de l’électricité, de la mécanique, de la production industrielle, des sciences de la vie ou encore de la santé. Comme l’institut Systèmes industriels, l’institut Technologies du vivant, qui emploie quelque 70 collaborateurs, réalise chaque année de nombreux projets de recherche appliquée et développement (Ra&D) et propose une large palette de services. Ses partenaires sont des PME et des entreprises internationales actives dans les domaines de la pharmaceutique, de la biotechnologie, du diagnostic, de l’agroalimentaire, de la cosmétique et de la chimie.

IDENTIFIER LES GENS GR ÂCE AU RÉSEAU VEINEUX DE LEUR MAIN: UN SYSTÈME DE RECONNAISSANCE BIOMÉTRIQUE 3D INÉDIT POUR LUTTER CONTRE LES FALSIFICATIONS D’IDENTITÉ.

particulièrement intéressant de l’énergie cinétique (issue du mouvement, de l’eau en l’occurrence); en misant sur ce type de canaux, on ménage les cours d’eau naturels et leur environnement. L’institut Systèmes industriels développe un prototype de turbine, d’une puissance maximale de 1kW, appelé à être testé durant six mois dans le canal de fuite de la Centrale de Lavey. Il sera ainsi possible de mesurer les performances de l’hydrolienne, l’objectif, à terme, étant d’aboutir à des produits

commercialisables et à leur industrialisation en Suisse et ailleurs. La production d’énergie renouvelable est au cœur de ce projet que l’institut Services Industriels mène en en collaboration avec Stahleinbau GmbH, les Services industriels de Lausanne et SWISSSIT Sàrl. Il s’inscrit en outre dans le programme national SCCER Supply of Electricity, «ce qui nous permet de booster notre projet d’hydrolienne», précise la professeure Cécile Münch-Alligné.

BANC D’ESSAI MINI-HYDR AULIQUE À LA HES-SO VALAIS-WALLIS; GR ÂCE À L’HYDROLIENNE, LES COURS D’EAU ARTIFICIELS POURRONT GÉNÉRER DE L’ÉLECTRICITÉ.

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CAMPUS ENERGYPOLIS

UNE CHAÎNE DE VALEUR COMPLÈTE DE L’INNOVATION TEXTE: FR ANÇOIS PR AZ

Initié par l’Etat du Valais avec le soutien de la Ville de Sion, le Campus Energypolis permet au Valais de faire partie intégrante FR ANÇOIS PR AZ JOURNALISTE du campus étendu de l’EPFL en Suisse occidentale et de bénéficier de son rayonnement national et international. À l’horizon 2020, le Campus Energypolis, qui s’inscrit déjà dans le Parc suisse de l’innovation, regroupera un millier de spécialistes des domaines de l’énergie, de la biotechnologie et de la santé. Ses principaux acteurs sont le Pôle EPFL Valais Wallis, la HES-SO Valais-Wallis, la Fondation The Ark, la Clinique romande de réadaptation SuvaCare, l’Hôpital de Sion et des entreprises innovantes. Du point de vue de la recherche et du développement, certains créneaux offrent une certaine lisibilité, même pour le grand public. L’ingénierie informatique en fait partie. À Sion, VALAIS VALEUR AJOUTÉE

l’importante antenne de l’EPFL se consacre à des spécialisations d’un accès, a priori, moins commode. Cette règle connaît heureusement des exceptions. Ainsi en va-t-il pour l’un des premiers succès majeurs enregistré en terre valaisanne. En marge de la Semaine du Cerveau organisée cette année par l’Hôpital du Valais, l’équipe du physiothérapeute Thomas Schmidlin révélait que son laboratoire délocalisé, qui fonctionne en partenariat avec la Clinique romande de réadaptation SuvaCare et l’Hôpital du Valais lui-même, venait de mettre au point une interface cerveau-ordinateur susceptible de contribuer à rééduquer les victimes d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). Cette avancée résulte des recherches médicales en neuroprothèses menées sur des patients frappés par de telles pathologies. Mais comment a-t-on abouti à cette réussite qui est aussi synonyme de nouveaux marchés et de création d’emplois? Ce succès est en fait dû à l’approche retenue par les différentes unités EPFL, qui privilégient l’innovation coordonnée tout au long de la chaîne de valeur.

Dans les faits Les scientifiques qui ont fait cette découverte sont des pionniers, s’étant installés de manière très précoce à Sion. Leur effectif devrait atteindre à terme entre quinze et vingt collaborateurs. Ils concentrent leurs efforts sur les applications médicales liées à l’électrostimulation. En parallèle, une autre équipe basée à Genève (dirigée par Grégoire Courtine) met au point des robots d’aide à la mobilité. Leur but est de réapprendre les mouvements aux patients ayant subi un traumatisme, quel qu’il soit. « Aujourd’hui, les patients ayant subi un AVC se servent encore de barres fixes pour se rééduquer. L’équipe de Grégoire Courtine travaille sur un appareillage qui maintient le patient en partie en apesanteur. Des capteurs connectés à un ordinateur permettent de mesurer les efforts consentis. Il s’agit d’une aide substantielle à la rééducation », explique Marc-André Berclaz, le directeur opérationnel de l’EPFL Valais-Wallis. Parmi les autres bénéfices escomptés, on peut citer la réduction du recours aux béquilles et,


31 surtout, la mobilisation moins importante de l’encadrement par le personnel médical.

Traductions économiques Ce programme comporte une composante économique forte. La phase recherche fondamentale doit, en effet, déboucher sur la fabrication de robots et d’appareillages qui mettront en application les résultats obtenus par les chercheurs. Une start-up qui, dans l’idéal, deviendra plus tard une PME à part entière, va être créée dans cette optique. « Cette démarche est classique pour l’EPFL. Dans ce cas précis, nous espérons cependant travailler avec des équipementiers valaisans. Nous les associerons à notre démarche dans sa globalité. La commercialisation, elle, se fera à l’échelle

mondiale », ajoute Marc-André Berclaz. Les investissements ayant été conséquents (plus de 1,2 million de francs), il importe bien entendu d’obtenir un retour financier qui les justifie. Le passage par des sous-traitants locaux représente quant à lui une authentique valeur ajoutée pour notre canton, avec la création de nouveaux emplois à la clé. The Ark a d’ailleurs implanté trois start-up à titre permanent dans le bâtiment de l’EPFL Valais-Wallis. La fondation y œuvre au transfert de technologies et à la création de structures économiques susceptibles d’exploiter ces innovations.

Et l’énergie? Le secteur de l’énergie n’est pas en reste au niveau du potentiel de la création de valeur. À Sion, une équipe de chimie

L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE

s’applique en ce moment à résoudre la problématique de l’élimination du CO2 dans le cadre de la production et du stockage d’énergies renouvelables. « A l’EPFL, trente chercheurs planchent sur la mise au point d’un matériau susceptible de remplir cette fonction. D’autres équipes sont actives dans le monde entier. Il s’agit d’un enjeu majeur pour notre futur », commente Marc-André Berclaz. Fait notable, les chercheurs suisses ont réussi à concevoir une poudre, dont 1  cm3 absorbe autant de CO2 que le ferait un demi terrain de football. Pour cela, ils disposent d’un robot capable de tester 100 échantillons en simultané, ce qui représente un gain de temps considérable. Cette innovation est quasi unique au monde. ENERGYPOLIS REGROUPE DÉJÀ DES SPÉCIALISTES DE LA BIOTECHNOLOGIE ET DE LA SANTÉ. © ALAIN HERZOG

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COLLECTOR

LE BIOARK À MONTHEY ET À VIÈGE

AU SOMMET DES SCIENCES DE LA VIE TEXTE: DIDIER PLANCHE

Implanté à Monthey et à Viège depuis la fin 2015, le site technologique BioArk est spécialisé dans les sciences de la vie. En Valais, cette activité ne compte pas moins de 350 grandes entreprises, PME et startup, occupant plus de 8200 collaborateurs. Quant à sa valeur ajoutée totale, elle s'élève à quelque 1,7 milliard de francs par an. Les sciences de la vie se concentrent autour des biotechnologies, du diagnostic médical et des industries pharmaceutique, chimique, cosmétique et agroalimentaire (phyto et nutraceutique), notamment. La production couvre les domaines des ingrédients pharmaceutiques actifs, de la fabrication de pigments, de cordeaux détonants utilisés pour les fusées Ariane 4 & 5, et d'azurants optiques. Le BioArk, qui fournit des services et des équipements adaptés aux entreprises, facilite l'industrialisation et la commercialisation de produits spécifiques. Disposant des normes cGMP, le site de Monthey héberge, depuis la fin 2015, entre autres deux plate-formes de développement, l'une pour les tests de diagnostic rapide et la seconde pour la fabrication de médicaVALAIS VALEUR AJOUTÉE

LA PLATE-FORME D'AUGURIX DIAGNOSTICS PERMET DE FAIRE EN UNE SEULE OPÉR ATION PLUSIEURS ANALYSES MÉDICALES POUR POSER UN DIAGNOSTIC. © VWP, JEAN-YVES GLASSEY

ments dits «biologiques». De son côté, le site de Viège se positionne dans l'innovation avec sa plate-forme technologique de Fill-and-Finish, exploitée en partenariat avec Swissfillon. Comme l'a expliqué Massimo Nobile, Manager du BioArk de Monthey, des

thématiques porteuses, dictées soit par des entreprises locales ou par les tendances du marché, sont développées en Valais et constituent les clés du succès à moyen terme. Il s'agit des protéines recombinantes, du diagnostic médical, de la chimie verte et des domaines transversaux comme l'informatique ou l'énergie.


33

LES RÔLES DES PARCS TECHNOLOGIQUES DE THE ARK

QUELQUES PME ET START-UP DU BIOARK (PLUS D'UNE QUINZAINE AU TOTAL) • AUGURIX DIAGNOSTICS société de technologies médicales active dans le diagnostic ; sa plateforme permet de faire en une seule opération, rapide et simple, plusieurs analyses médicales en vue de poser un diagnostic. La première application concerne le diagnostic de la maladie coeliaque (intolérance au gluten). → augurix.com • BIOKAIZEN conçoit des biomarqueurs pour diagnostiquer, via des disease score, certaines maladies de type cancer. → pesottas@gmail.com • CORDSAVINGS: Biobanque mixte et solidaire de cellules souches de cordon ombilical au service de la collectivité et des

familles ; elle déploie son activité en associant chaque prélèvement de sang de cordon à un système de financement par capital épargne. → cordsavings.ch

• EXCELLGENE fabrique, à l'aide de cellules animales, des protéines de qualité clinique (injectables à l’homme) et « préclinique » ; les cellules animales sont génétiquement modifiées et cultivées dans des bioréacteurs. → excellgene.com • HEMACORE développe des appareils médicaux et des méthodes de diagnostic des anomalies de l'hémostase. → hemacore.ch

• INFLAMALPS développe de nouvelles substances capables de combattre certaines maladies inflammatoires de l'œil, et en particulier la maladie de l'œil sec et l'uvéite. → inflamalps.com • SWISSAUSTRAL BIOTECH est spécialisée dans les applications biotechnologiques de microorganismes provenant de milieux, où les conditions sont extrêmes et de leurs composés biologiquement actifs ; ceux-ci comprennent notamment les enzymes, métabolites secondaires, stabilisateurs biologiques, protéines spéciales et surfactants biologiques. → swissaustral.ch

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PRIX LES GALETS DU RHÔNE

VALORISER L'HUMAIN DANS L'ENTREPRISE Les lauréats lors de la cérémonie de remise des prix Les Galets du Rhône le 18 octobre 2016 à Genève.

«Créé en 2010 en collaboration avec l’Alliance française de Genève, le Prix Les Galets du Rhône a pour ambition première de démontrer l'apport bénéfique des valeurs citoyennes, éthiques et culturelles des entreprises pour leurs collaborateurs et la société en général, à travers l'étude de cas concrets choisis par des jeunes», précise son fondateur Michel Ochsner, par ailleurs fondateur du Forum économique rhodanien et président d'honneur des Conseillers du commerce extérieur de la France (section Suisse).

LES LAURÉATS 2016 CLEANCUP, 1ER PRIX EX-AEQUO la première solution de zéro gobelet jetable à destination des campus, entreprises et collectivités ANONA, 1ER PRIX EX-AEQUO un concept de publicité solidaire pour financer des causes caritatives et environnementales

KAIROS, COUP DE CŒUR DU JURY une communauté de solidarité digitale pour les 15-19 ans, accessible d’un simple coup de pouce sur son téléphone intelligent et permettant de se rendre des services et d’échanger des savoirfaire en toute confiance auprès de sa communauté d’amis

ASSOCIATION LES GALETS DU RHÔNE GENÈVE | WWW.LESGALETSDURHONE.COM | LESGALETSDURHONE@GMAIL.COM


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COLLECTOR

LE PHYTOARK À CONTHEY/SION

L’EXPLORATION ET LA VALORISATION DES PLANTES ALPINES TEXTE: JOËL CERUTTI

Vous pensez qu’un noyau d’abricot n’est bon qu’à être recraché ? Faux. Il vaut bien plus que d’être considéré comme un déchet. Karine JOËL CERUTTI JOURNALISTE Bourgeois, cheffe de projet à CimArk qui supervise PhytoArk, cherche à lui offrir un autre futur : « Rien qu’au compost, ces noyaux représentent 80 tonnes. Il faut briser leurs coques, trier ces brisures, presser l’amandon pour arriver à une huile végétale pouvant être utilisée en cosmétique. Le défi était d’abord d’obtenir l’amandon en se débarrassant des brisures. Puis d’appliquer un pressage à froid. Cela fait cinq ou six ans que nous y travaillons, notamment pour trouver des solutions techniques. Nous sommes arrivés à jongler avec la technologie pour arriver à des coûts de production compétitifs. » Discrétion professionnelle oblige, Karine Bourgeois n’en dira guère plus. Si ce n’est que les solutions se sont mises en place durant l’été 2016, qu’une start-up utilise cette huile et que ce feuilleton se poursuivra VALAIS VALEUR AJOUTÉE

PHYTOARK, LES GRAINES DU SAVOIR Unique en Suisse, PhytoArk se dédie, depuis 2013, à la valorisation et à la pré-industrialisation des ingrédients naturels. Les locaux sont implantés à Conthey, un des partenaires financiers avec la Commune de Sion et la Fondation The Ark. On ne pouvait rêver mieux comme canton pour une telle initiative. Rappelons que le Valais génère entre 60 et 70% de la production suisse de plantes aromatiques et médicinales. PhytoArk «accompagne» les entreprises et les chercheurs œuvrant dans ce domaine. Une dizaine de PME et start-up du PhytoArk s’appuient sur le prestataire de services Mediplant. Celui-ci a notamment collaboré avec la Fondation Bill Gates et l’Université anglaise de York. Il s’agissait d’améliorer les propriétés d’une plante – l’Artemisia annua – pour lutter contre la malaria. PhytoSpark, la librairie des plantes alpines, se retrouve également placée sous la responsabilité de PhytoArk qui la met en valeur. Cette structure, à but non lucratif, engage sept à huit collaborateurs pour répertorier les propriétés et les caractéristiques des plantes poussant sur nos sommets.

l’année prochaine. De pareilles recherches s’effectuent avec les pépins de raisin. Il faut en récupérer les petites graines pour les muer en une matière hyperabrasive. Pour le moment, les rendements s’avèrent très faibles ( 2 à 5% ) et les coûts de production, toujours eux, demandent à être optimisés. PhytoArk a lancé depuis des années sa fameuse librairie des plantes (voir encadré). Elle en recense une centaine pour ensuite en explorer les nouvelles capacités. Sur ce nombre, une bonne moitié est testée sur des applications anti-âge. «Nous cultivons des cellules de peaux, nous les vieillissons artificiellement, nous les soumettons à un stress aigu, puis nous appliquons une cinquantaine d’extraits de plantes dessus. Nous examinons les cellules qui rajeunissent et celles qui restent vieilles», détaille toujours Karine Bourgeois. Actuellement, quelques plantes semblent prometteuses. Ces travaux bénéficient aux start-up avoisinantes. Dont Pharmalp…


35 Pharmalp, l’un des fleurons du PhytoArk Automne 2015, Philippe Meuwly se rend compte que les herbes valaisannes ont une santé de fer. Il met sur le marché ses « Pastilles des Alpes », à base d’extraits de thym citronné, d’edelweiss, de baies de sureau et d’aronia. Ce « Mébucaïne naturel » démarre avec un premier lot de 5000 boîtes métalliques. « En cinq semaines, le stock était épuisé. Nous avons dû, en urgence, en refaire

LES RÔLES DES PARCS TECHNOLOGIQUES DE THE ARK

12’000, puis encore 18’000 au printemps 2016. Heureusement que nous avions récolté assez de plantes ! », détaille Philippe Meuwly. Depuis 2012, sa PME Pharmalp se profile comme un des fers de lance du PhytoArk. En l’espace de quatre ans, son chiffre d’affaires ne cesse de croître, preuve que le public se montre réceptif aux racines locales. « Oui, c’est vrai, prendre des plantes valaisannes se révèle trois à quatre fois plus cher que si elles venaient de l’étranger. Pour l’extraction, si je la réalisais

en France plutôt qu’au PhytoArk, je la paierais deux fois moins cher. D’un autre côté, je vois mon chiffre d’affaires se multiplier, lui, par deux chaque année. En 2015, il s’élevait à 745’000 francs. Fin 2016, il devrait atteindre 1,3 million de francs. Soit presque l’équilibre financier prévu », indique Philippe Meuwly. Aujourd’hui, la PME a pu engager une dizaine de collaborateurs. À part ses « Pastilles des Alpes », elle cumule les best-sellers dans les pharmacies et drogueries suisses. Plusieurs produits suivent la progression du chiffre d’affaires avec les multiples de deux. Toujours en puisant dans les plantes alpines, Pharmalp entame de nouvelles explorations. « Nous avons reçu 500’000 francs pour financer des projets dans la recherche appliquée. La Fondation The Ark nous a octroyé 120’000 francs pour une étude clinique menée avec des oncologues vaudois et fribourgeois. Il s’agit d’extraits de plantes qui luttent contre des aphtes déclenchés par des chimiothérapies. La Confédération, par sa Commission pour la Technologie et l’Innovation (CTI), a placé 389’000 francs pour des travaux autour des infections urinaires féminines. Nous collaborons avec la HES-SO de Sion, l’Université de Bâle et celle de Fribourg, via sa faculté de médecine, autour d’un produit que nous espérons commercialiser dans les vingt-quatre mois », renseigne toujours Philippe Meuwly.

PHYTOARK SE DÉDIE, DEPUIS 2013, À LA VALORISATION ET À LA PRÉ-INDUSTRIALISATION DES INGRÉDIENTS NATURELS.

LES PROPRIÉTÉS INSOUPÇONNÉES DES PLANTES ALPINES S’AVÈRENT GIGANTESQUES.

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COLLECTOR

LES RÔLES DES PARCS TECHNOLOGIQUES DE THE ARK

LE TECHNOARK À SIERRE

L’E-ENERGY POUR SORTIR DE LA CRISE ? TEXTE: LUZIUS THELER

La branche de l’énergie souffre. Les modèles commerciaux traditionnels prévoyant une répartition des LUZIUS THELER tâches claire et nette JOURNALISTE entre producteurs et consommateurs sont désormais dépassés. Aussi, les rôles sont en train d’être redistribués dans le marché de l’électricité. Le marché assume de plus en plus des formes d’organisation décentralisées. En parallèle, les mutations technologiques fulgurantes vont dans la même direction. Les structures actuelles de production et de commercialisation manquent de transparence. L’électricité devient ainsi un bien sans visage ni émotions. Même les labels de qualité sont perçus comme une tromperie sur la marchandise. Cela explique la raison pour laquelle il est aussi difficile de commercialiser l’énergie hydraulique en tant que source d’énergie nationale, flexible, renouvelable et propre. Des modèles commerciaux innovants, des concepts nouveaux sont nécessaires. VALAIS VALEUR AJOUTÉE

Mais les acteurs en place ne sont pas capables de fournir par eux-mêmes l’effort d’innovation que cela nécessiterait.

Énergie et solutions informatiques À l’instar du professeur Matthias Sulzer, d’éminents experts, qui sont aussi étroitement liés à l’économie en tant que chefs d’entreprises, réclament que l’accès au marché de l’énergie soit ouvert à de nouveaux acteurs capables d’apporter de nouvelles idées, de nouveaux modèles commerciaux, services et produits. Paul-André Vogel, responsable de CimArk au sein de la Fondation The Ark, n’exclut pas que, déjà dans un avenir proche, des forfaits sur mesure pour l’approvisionnement en énergie soient proposés à des ménages ou à des groupements de ménages, pour lesquels le prix revêt une importance décisive. C’est précisément là qu’intervient l’eEnergie implantée dans le cadre de TechnoArk. Depuis 2009, l’adminis-

tration de données énergétiques ainsi que le développement d’outils informatiques correspondants figurent parmi les activités principales de cette institution, qui relève de la Haute École spécialisée du Valais. Divers projets permettent d’élaborer des solutions telles que les systèmes d’information énergétiques destinés à des entreprises régionales. Ces efforts sont regroupés au sein de projets de recherche nationaux et internationaux.

Des réseaux énergétiques intelligents Dans un premier temps, les projets de TechnoArk ont cherché à diminuer la consommation d’énergie des immeubles d’habitation, notamment par le biais d’un système d’information pour les audits énergétiques de complexes immobiliers (SmartBat), d’une solution informatique poussée pour la gestion de l’énergie dans un immeuble résidentiel (GreenLine) et d’un logiciel de décision (MEU) aidant les autorités #10 – HIVER 2016-2017


Plus d’une PME sur trois fait confiance à AXA/ Pour vous assurer, il faut comprendre votre activité et nous sommes là pour vous écouter et vous conseiller sur les meilleures décisions à prendre pour protéger vos affaires. Pour comprendre l’impact des risques sur votre entreprise, faites confiance à nos spécialistes de l’assurance en Entreprise et du Risk Management auprès des Agences AXA en Valais : Agence générale David Mounir, espace des remparts 16 à Sion (027 327 44 44) Agences principales : Pierre-Philippe Pinsello, rue Centrale 31 à Crans-Montana (027 481 92 92) Emerson Maffucci, avenue Générale-Guisan 6 à Sierre (027 451 20 90) Patrick Valli, rue du Village 7 à Riddes (027 305 10 10) Maurice Ducret, rue des Grands Verger 9 à Martigny (027 305 10 20) Olivier Rieser, rue de la Poste 21 à Verbier (027 771 15 80) Bureaux de vente : Savièse, rue de St-Germain 72 à Savièse (027 395 24 24) Nendaz, route de Nendaz 950 à Haute-Nendaz (079 293 00 49) Orsières, place du Clocher 15 à Orsières (027 783 19 09)


COLLECTOR

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LES RÔLES DES PARCS TECHNOLOGIQUES DE THE ARK

à atteindre des objectifs politiques dans les domaines de l’énergie et de la protection du climat. À l’heure actuelle, deux projets sont au premier plan dans le cadre de ces activités : Smartgrids (réseaux intelligents) et Microgrids (i-Bats). Les objectifs poursuivis sont les suivants : réduire les pointes de consommation en lissant la courbe de charge pour diminuer l’électricité produite à partir de combustibles fossiles, puis éviter des problèmes de surcharge, faciliter l’intégration dans les réseaux, simplifier et optimiser le transport d’énergie sur de grandes distances, et enfin mettre en place un modèle de coûts plus efficient. Le travail de recherche dans le cadre de la Fondation TheArk et de TechnoArk prend la forme du développement d’un logiciel qui analyse les données venant de différentes sources, en prenant par exemple en compte les prévisions météo, ainsi que le comportement des utilisateurs. De telles solutions logicielles, assorties de simulations 3D, permettent d’élaborer des techniques de prévision qui harmonisent au mieux la production et la consommation d’électricité. En fin de compte, nous parlons là du domaine complexe de la gestion intelligente de l’électricité.

Coopérations et conférences Le domaine de la gestion intelligente de l’énergie est complexe et détaillé. C’est ce qui explique la collaboration régulière avec l’institut Systèmes industriels de la HES-SO Valais-Wallis, qui est spécialisé dans l’efficacité énergétique et l’électronique, de même qu’avec la Haute École spécialisée de Fribourg, spécialisée pour sa part dans le domaine de l’analyse du signal. D’autres partenaires de l’industrie et du secteur de l’énergie viennent s’y ajouter. Cette collaboration réussie entre la recherche et l’économie parcourt comme un fil rouge toutes les activités des institutions et organismes participant à l’eEnergy. Ces coopérations étroites et fructueuses se traduisent par des journées thématiques et des conféVALAIS VALEUR AJOUTÉE

rences portant sur ces questions importantes. Pour la seule année 2016, deux colloques de cette nature ont eu lieu dans le cadre de TechnoArk. En janvier, le colloque a traité des logiciels intelligents pour la transition énergétique, où les nouvelles technologies jouent un rôle décisif. En septembre, il a eu pour objet la décentralisation et la numérisation de l’approvisionnement en énergie. La transition énergétique n’est donc pas réalisable sans innovation. Ces innovations poursuivent avant tout un but : améliorer l’efficience et l’organisation dans le secteur de l’énergie.

LE TECHNOARK EST SPÉCIALISÉ DANS LES RÉSEAUX ÉNERGÉTIQUES INTELLIGENTS.

#10 – HIVER 2016-2017


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COLLECTOR

L’INNOVATION DANS LES INSTITUTS DE RECHERCHE

L’INNOVATION AU SEIN DE L’IDIAP ET DE L’IDEARK

L’EXCELLENCE DANS LA BIOMÉTRIE POUR L’UN, LA VALORISATION DES TECHNOLOGIES POUR L’AUTRE TEXTE: LAURENCE FACELLI

LAURENCE FACELLI CHRONIQUEUSE FINANCIÈRE, CONSEILLÈRE EN INVESTISSEMENT

L’Idiap à Martigny vient de souffler ses 25 bougies, à l’occasion de l’Idiap Innovation Day. Cet institut de recherche et de formation post-universitaire a pour vision de promouvoir la qualité de la vie par le progrès scientifique lié au traitement de l’information multimédia et sensorielle.

Hervé Bourlard se rappelle les deux grands défis à son arrivée à la direction de l’Institut, en 1996 : un budget très limité et l’absence de réputation académique. Aujourd’hui, le budget annuel de l’Idiap s’inscrit à plus de dix millions de francs, assuré à 55% par des projets de recherche décrochés au terme de processus compétitifs et à 45% par des fonds publics. Quant à sa réputation internationale, elle attire chaque année 600 postulants pour vingt postes. Grâce au programme Valais-Wallis Ambition, à qualité égale, les autochtones souhaiVALAIS VALEUR AJOUTÉE

tant poursuivre leurs études post-universitaires à l’Idiap sont prioritaires. L’expérience a d’ailleurs démontré que ceux-ci restaient en Valais, enrichissant ainsi le profil du Canton. En 2015, parmi les 132 collaborateurs, 105 étaient des professeurs, chercheurs seniors, chercheurs, post-doctorants, doctorants et stagiaires scientifiques visiteurs. Une vingtaine de collaborateurs sont encore dédiés au développement et à l’ingénierie système. En 2015, l’Idiap a concentré 36% des 250 postes de travail créés par les instituts universitaires en Valais. Connecté à l’EPFL au travers d’un plan de développement commun, l’Idiap est indépendant. Ses trois missions sont la recherche fondamentale, la formation et le transfert de technologie. En s’intéressant à l’intelligence artificielle et aux perceptions, l’Idiap s’est ouvert un vaste champ d’applications. Aujourd’hui, il est mondialement connu pour ses travaux sur le traitement de la parole et du son. Mais ses autres thèmes de recherche ne sont pas en reste. En effet, la reconnaissance sous toutes ses formes, la perception et la compréhen-

sion d’activités, la compréhension et la traduction du langage, ou encore la vision par ordinateur offrent chacune des perspectives de développement propre et transversal à la fois. À l’instar du récent projet PUNK, financé par la Fondation pour l’innovation The Ark, qui a permis à Recapp IT et à l’Idiap de développer une solution de mise en forme automatique des textes issus de la reconnaissance vocale. Il s’agit, concrètement, de générer, à partir des résultats obtenus par la reconnaissance vocale, un texte formaté et structuré sur le plan syntaxique. Avec le soutien du Canton du Valais et de la Ville de Martigny, l’Idiap a créé en 2014 le Centre suisse de Recherche et d’Evaluation en Sécurité biométrique. Un centre unique en Europe, qui met en valeur les compétences de l’Institut en matière d’identification de la signature biologique (digitale, faciale, vocale, iris, veine) et de lutte contre l’usurpation d’identité. Le « Social Computing », quant à lui, est lié à l’essor de nouveaux outils de communication et étudie le comportement humain. Sur certains projets, cinq domaines d’application coopèrent. #10 – HIVER 2016-2017


Invitation

à la soirée de présentation du brevet fédéral de

Spécialiste en Gestion de PME

Mardi 29 novembre 2016 à 18h30 au CVPC, chemin St-Hubert 2, 1950 Sion Entrée libre et sans engagement

Scannez le QR code pour obtenir plus d’informations sur le brevet fédéral de Spécialiste en gestion de PME www.cvpc.ch / 027 346 59 79


COLLECTOR

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L’INNOVATION DANS LES INSTITUTS DE RECHERCHE

FINGERVEIN3D : UN PROJET DÉDIÉ À LA RECONNAISSANCE BIOMÉTRIQUE BASÉE SUR LES VEINES.

Last but not least, l’Idiap et la Formation universitaire à distance, UniDistance à Brigue, proposeront une formation continue à distance en biométrie dès avril 2017. Le Certificate of Advanced Studies Biometrics and Privacy (CAS Biometrics & Privacy), unique de par sa forme et son contenu, sera reconnu en Suisse et en Europe. La formation abordera l’ensemble des aspects relatifs à la biométrie : technologies et normes biométriques, sécurité et protection de la vie privée, sciences criminelles, aspects légaux et protection des données, éthique, culture et société. Selon le Dr Sébastien Marcel, responsable scientifique du programme et chercheur senior à l’Idiap en charge du groupe de recherche sur la biométrie, le CAS Biometrics & Privacy VALAIS VALEUR AJOUTÉE

a notamment pour objectif de permettre aux décideurs, autorités et citoyens, de mieux comprendre la biométrie, ainsi que les aspects liés à la protection des données et de la vie privée. Parmi les nombreux projets de recherche en cours à l’Idiap figurent de façon non exhaustive: Les projets européens Horizon 2020 :

Pour le projet SUMMA, l’Idiap devra trouver comment traiter et indexer de manière intelligente le contenu du flux multimédia équivalant à 500 heures de programme, quotidiennement et en neuf langues. La BBC participe à ce projet, ainsi que Deutsche Welle et la télévision

du Qatar. L’expertise reconnue de l’unité biométrie de l’Idiap lui vaut de participer au projet TeSLA. Celui-ci traite du besoin de nouveau standard d’identification dans le cadre d’examen. Son expertise dans le domaine de la reconnaissance vocale et l’intelligence artificielle lui ont aussi ouvert un partenariat dans le projet MALORCA. L’objectif est de développer un modèle d’assistance pour les aiguilleurs du ciel. Pour le projet DexRov, l’Idiap a pour tâche de rendre semi-automatique un robot sous-marin pouvant opérer jusqu’à 1300 mètres. Quant à MuMMER, c’est un robot de divertissement qui devrait interagir avec le public dans une surface commerciale. Un des challenges sera de déterminer si les passants souhaitent ou non une interaction. #10 – HIVER 2016-2017


COLLECTOR

Autres projets européens :

En fin d’année se terminera le projet EUMSSI, qui consiste à agréger et à interpréter des données non structurées provenant de différentes sources et natures. Un travail de sémantique, conceptuel et de représentation de haut niveau est requis. Cinq universités et centres de recherches participent à ce projet. L’objectif est la création d’une plate-forme proposant des analyses et interprétations cross médias et multilingues pouvant aboutir, par exemple, à une meilleure connaissance des différentes communautés linguistiques entre elles. Quant au consortium SIIP, il est composé de dix-huit partenaires incluant INTERPOL et différentes forces de police. Dans ce projet, il s’agit d’identification vocale. Projets du Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique :

COMETS-M s’intéresse à l’imagerie biomédicale, l’objectif étant d’observer des processus biologiques clés. Une des applications serait le diagnostic et VALAIS VALEUR AJOUTÉE

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la compréhension des processus liés à certaines maladies du cœur. I-Dress est un robot qui aide les personnes à s’habiller. Il pourrait être utile en cas de risque de contagion pour le personnel hospitalier. La dextérité visée dans ce projet permettra de développer un savoir-faire applicable à d’autres situations. Un projet pionnier en faveur des malentendants alémaniques, SMILE, se propose de reconnaître le langage des signes. Le processus pourrait être adapté par la suite à d’autres langues. La reconnaissance automatique vocale de l’identité d’une personne au travers de nouvelles approches est le thème de recherche de UNITS. Pour sa part, le projet UBImpressed tente d’identifier dans le comportement non verbal des indices permettant de déterminer la première impression ; ce projet pourrait être utile à de nombreux jeunes qui pourraient l’expérimenter et recevoir un feed back comportemental, avant de se présenter à leur première interview.

Projets pour la Commission pour l’innovation et la technologie (CTI) :

Fingervein3D se propose de trouver une solution peu coûteuse d’identification utilisant la biométrie. En test au Cameroun, son but est de réduire la corruption et la perte de revenus qui en résultent dans les pays en voie de développement. Pour le projet SENSECITVITY, il est proposé aux jeunes de prendre des photos de leur environnement urbain, puis de créer un documentaire qui serait proposé aux autorités et aux parents. Ces derniers pourraient ainsi accéder à la vision et la perception qu’a la jeune génération de leur environnement. SWAN, de son côté, se propose de sécuriser les transactions bancaires en utilisant des données biométriques. Cette méthode pourrait être étendue aux données médicales. Dans le cadre du transfert de technologie, l’Idiap s’emploie à ce que les résultats de ses recherches puissent être commercialisables en les rendant accessibles. Des entreprises font également appel à l’Institut pour résoudre cer-


45 taines problématiques, donnant lieu à de nouveaux projets et partenariats. Leur points d’entrée au sein de l’Idiap sont les Dr Florent Monay et Hugues Salamin, qui gèrent le portefeuille de technologies et accompagnent les entreprises souhaitant commercialiser l’une d’elles. Une douzaine de développeurs s’occupent en plus de transcrire ces résultats en des applications spécifiquement adaptées aux besoins de chaque entreprise. Toujours en matière de transfert de technologie, l’International Create Challenge (ICC) a été créé en 2012. Il a pour but de transformer les idées de chercheurs et/ou entrepreneurs en prototype commercial au terme de trois semaines. Biowatch y avait participé en 2014, Eyeware en était le vainqueur en 2015.

EXEMPLE DE COLLABORATION ENTRE UNE SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE ET L’IDIAP La société AISA Automation Industrielle SA, basée à Vouvry, est le leader mondial dans la construction de machines servant à la production de tubes plastiques et laminés, comme ceux utilisés pour les crèmes cosmétiques et le dentifrice. Elle est un exemple parfait de collaboration entre une société industrielle et l’Idiap. AISA a fait appel à l’Institut pour élargir le spectre d’utilisation de ses machines, tout en facilitant leur réglage. Le goupe de François Fleuret, dédié à la vision et à l’apprentissage, a développé pour AISA une solution basée sur de l’apprentissage statistique qui a parfaitement répondu à ce besoin. Ce projet a bénéficié d’un financement de la fondation the Ark. Un nouveau projet CTI entre AISA et l’Idiap est en cours aujourd’hui.

IdeArk: tous les avantages de l’Idiap et de la Fondation the Ark combinés IdeArk SA permet de transformer des idées en réalités industrielles. Hébergé au sein de l’institut Idiap, IdeArk est l’incubateur, le créateur de start-up et de

PME opérant dans le domaine multi-médias et les interfaces hommes-machines. Son directeur, François Foglia, est également directeur adjoint de l’Idiap et le fondateur de l’International Create Challenge. Les mesures d’accompagnement dont bénéficient les entrepreneurs sont importantes. Non seulement des locaux et une infrastructure sont mis à leur disposition, mais ils bénéficient aussi de tous les services de coaching offerts par la Fondation the Ark. Si le service Accélérateur offre un accompagnement dans la valorisation des technologies, l’Incubateur apporte, pour sa part, un encadrement professionnel au démarrage de projets d’entreprises. Quant au service Innovation, il propose un soutien au développement d’innovation d’affaires. Le parcours de Eyeware Tech, actuellement en phase d’incubation à IdeArk, est un superbe exemple de la dynamique d’innovation en Valais. Kenneth Funes Mora, son fondateur, a fait son doctorat sur le thème du suivi du regard en 3D à l’Idiap, au sein du groupe du Dr JeanMarc Odobez. En juin 2015, il participe à l’Arkathon, qu’il remporte grâce à sa souris virtuelle dédiée aux personnes tétraplégiques, un besoin identifié par la Clinique romande de Réadaptation SuvaCare. Il enchaîne quelques semaines plus tard avec l’International Creat Challenge, qu’il remporte également. En février de cette année, Eyeware Tech prend naissance sous la forme d’une SA. Cette rapidité de concrétisation, de l’idée à la création d’une entreprise, démontre l’efficacité des mesures de stimulation et d’accompagnement à l’innovation de l’Idiap, d’IdeArk et de la Fondation the Ark. Biowatch, un autre exemple de spin-off de l’Idiap, a été créée en janvier 2015. Biowatch commercialise, sous la forme d’un bracelet de montre, la reconnaissance des veines du poignet développée par le groupe de recherche en biométrie du Dr Sébastien Marcel. Biowatch a profité du protocole d’accompagnement de la Fondation the Ark et d’IdeArk. Actuellement, elle bénéficie d’un financement de la CTI pour parfaire sa technologie. OrphAnalytics, hébergée à IdeArk, a également bénéfi-

L’INNOVATION DANS LES INSTITUTS DE RECHERCHE

cié des mesures d’accompagnement lors de sa création. Elle propose un logiciel d’analyse de l’ADN d’un texte. Son directeur, Claude-Alain Roten, spécialiste du génome humain, a transféré les méthodes utilisées dans l’analyse du génome à celle de texte. Il a ainsi développé ses propres algorithmes pour détecter les plagiats dans les écrits. Sa proximité avec l’Idiap devrait favoriser des partenariats. Actuellement, pas moins d’une vingtaine d’entreprises bénéficient, ou ont bénéficié de l’infrastructure que propose IdeArk. Grâce aux mesures de soutien et d’encadrement, les idées innovantes issues de la recherche ou des entrepreneurs peuvent ainsi voir le jour et venir étoffer la vie économique valaisanne.

KEYLEMON, L’UNE DES START-UP DE L’IDIAP, MAÎTRISE LES TECHNIQUES DE LA BIOMÉTRIE POUR SÉCURISER ENTRE AUTRES LES TR ANSACTIONS.

PAGE DE GAUCHE A L'IDIAP, RECONNU SUR LE PLAN INTERNATIONAL, L'INNOVATION AGITE LES ESPRITS EN PERMANENCE.

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COLLECTOR

L’INNOVATION AU SEIN DE L’IRO

A LA POINTE DE LA RECHERCHE SUR L’ŒIL TEXTE: GENEVIÈVE ZUBER

Grâce notamment aux progrès scientifiques, l’homme vit aujourd’hui beaucoup plus longtemps. Mais, revers de la GENEVIÈVE ZUBER médaille, les malaJOURNALISTE dies liées au vieillissement posent d’importantes difficultés. Le professeur Daniel Schorderet, directeur de l’Institut de recherche en ophtalmologie (IRO) : « À 90 ans, à cause de la dégénérescence maculaire, le risque d’être aveugle s’élève probablement à une chance sur trois. Un handicap bien souvent traumatique, car les personnes qui en sont affectées sont exclues de la société, privées de lecture, de TV, de moins en moins mobiles. » L’un des grands programmes de recherche en cours à l’IRO est d’essayer de déterminer dans quelle mesure les facteurs génétiques influent sur l’altération de la macula. La génétique et plus précisément l’origine moléculaire des maladies génétiques touchant l’œil sont au cœur des activités de l’IRO, le professeur Daniel Schorderet étant lui-même médecin ( pédiatre ) généticien. L’identification des VALAIS VALEUR AJOUTÉE

gènes influant sur le développement de l’œil est le premier pilier des recherches menées à l’Institut. En une douzaine d’années, l’IRO en a trouvé une bonne trentaine, dont notamment des gènes à l’origine de cancers rares ou encore de dégénérescences maculaires pouvant survenir bien avant l’âge habituel.

Unique en Suisse

« Développer des thérapies génétiques est l’une de nos activités.» Prof. Daniel Schorderet, directeur de l’IRO

Découvrir les gènes en cause dans une maladie: un premier pas essentiel pour mieux la comprendre, la soigner, voire la guérir; un pas nécessaire également pour déterminer si les parents sont porteurs du gène problématique ou poser un diagnostic prénatal. « Une fois ces gènes identifiés, il s’agit de comprendre comment ils fonctionnent; c’est le deuxième pilier de notre travail, le troisième étant de développer des thérapies génétiques », précise le professeur. Ces différents piliers réunis sous un même toit, entièrement dédié à ce domaine de recherche, c’est ce qui fait de l’Institut sédunois un centre de recherche unique en Suisse.


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L’INNOVATION DANS LES INSTITUTS DE RECHERCHE

L’IRO EN UN COUP D’ŒIL Voué à la recherche fondamentale, et plus particulièrement à la génétique des maladies de l’œil, l’Institut de Recherche en Ophtalmologie (IRO), emploie une quinzaine de personnes – biologistes, médecins, ingénieurs, etc. Les publications de l’Institut, sa participation à des congrès spécialisés, les manifestations scientifiques qu’il organise, en font un acteur reconnu dans le monde de la recherche en ophtalmologie. Situés en amont des circuits commerciaux, les résultats obtenus à l’IRO servent de point de départ à la recherche appliquée; une étape incontournable pour développer de nouvelles approches thérapeutiques des maladies héréditaires et dégénératives. À la clé : un diagnostic plus précoce et une thérapie plus efficace. L’IRO a été créée, en 1980, grâce à l’impulsion des collectivités publiques ( Etat du Valais et Commune de Sion ), d’autres sources ayant contribué à son essor. Or les moyens nécessaires à son fonctionnement ne sont désormais plus assurés, ce qui remet en cause son avenir.

Des gènes responsables de cancers graves Autre exemple de recherche menée à l’IRO : le programme consacré au rétinoblastome, un gène responsable d’un cancer grave, une maladie rare entraînant 100% de décès au cours de l’enfance, si elle n’est pas diagnostiquée rapidement après la naissance. En Suisse, le taux de mortalité dû à cette affection tumorale spectaculaire se développant dans l’œil a déjà pu être fortement réduit. Sur ce projet, l’IRO travaille de concert avec l’Hôpital ophtalmologique de Lausanne, des réseaux de recherche étant indispensables pour progresser. L’IRO conduit aussi, entre autres, un programme sur le mélanome de l’œil, encore un cancer particulièrement grave, pouvant se déclarer à tout âge.

L’IRO, À SION, ABRITE 20’000 POISSONS-ZÈBRES, UNE MANIÈRE NOVATRICE DE TR AVAILLER SUR LES GÈNES.

Des poissons au cœur de l’innovation Les travaux de l’IRO s’appuient sur l’observation et l’analyse génétique de familles à risque. Et dans ses laboratoires, c’est sur le poisson-zèbre ou zebrafish, que les chercheurs travaillent depuis les années 2004-2005. « Une grande innovation, précise le professeur Daniel Schorderet, car ces poissons constituent un modèle idéal. Nos techniques de marquage des cellules nous permettent de travailler sur leurs œufs, ce qui évite de tuer des mères pour récupérer les embryons. De plus, les zebrafish, nous en concentrons 20’000 dans nos laboratoires, nécessitent moins d’infrastructures et de place que les souris dont nous nous passerons totalement dès l’an prochain. »

La survie en jeu de l’IRO... Reste, malgré des avancées scientifiques saluées par plus de 150 publications à l’international, que l’avenir de l’IRO n’est plus assuré! Les restrictions budgétaires tous azimuts décidées par le Canton toucheront également l’Institut en 2017. La perte, conséquente, s’élève à 300’000 francs. « Pour poursuivre nos recherches, il nous faut trouver de l’argent ailleurs, mais c’est un mauvais signal qu’envoie ainsi le Canton aux éventuels donateurs. Cette nouvelle donne remet en cause la pérennité de notre Institut, alors qu’il a été expressément voulu par l’Etat du Valais, qui l’a soutenu pendant 27 ans et en a fait une carte de visite », s’inquiète à raison le professeur. La survie de l’IRO est en jeu : elle dépendra en bonne partie du prochain Parlement cantonal...

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COLLECTOR

L’INNOVATION AU SEIN DU CREM

LEADER DE L’INTERNET ET DE L’ÉNERGIE TEXTE: JEAN-LOUIS EMMENEGGER

Si le CREM, Centre de Recherches Energétiques et Municipales, a une renommée dépassant les frontières de la Suisse, sa fondation JEAN-LOUIS EMMENEGGER est bien valaisanne RÉDACTEUR pure souche. C’est en effet en 1986 que le CREM fut fondé à Martigny, au moment où la Commune, que présidait alors Pascal Couchepin, se penchait sur deux projets importants: un réseau de gaz naturel et une installation de chauffage à distance (CAD). La décision fut prise de les étudier en amont pour déterminer les synergies possibles, dans le but de définir un plan prévisionnel des besoins énergétiques et un budget. Autrement dit une approche très visionnaire pour l’époque. C’est ainsi que fut établi, en collaboration avec l’EPFL, le premier concept énergétique de zone en Suisse ! Grâce à la création du CREM et sa collaboration avec l’EPFL, les principes de l’étude consacrée à la Ville de Martigny furent ensuite appliqués à d’autres VALAIS VALEUR AJOUTÉE

territoires plus vastes et pas uniquement urbains. La notion de «systèmes énergétiques territoriaux» applicable à différentes échelles (une commune, plusieurs communes, un district, etc.) était née. Le lien entre le CREM et l’EPFL reste aujourd’hui encore très fort, car complémentaire; l’EPFL fait de la recherche fondamentale, alors que le CREM s’occupe de la recherche appliquée. Quant à la collaboration avec l’antenne de l’EPFL à Sion, elle concerne la « chimie verte » (hydrogène et pile à combustible), qui constitue une remarquable opportunité pour l’énergie du futur.

Planification énergétique territoriale Avec ses quinze collaborateurs (des ingénieurs de plusieurs spécialités), le CREM est aujourd’hui un centre de compétences proposant des prestations très recherchées en ces temps d’élaboration de stratégies énergétiques locales, régionales, voire nationales. Sa force

novatrice est de pouvoir créer des scénarios de planification de la consommation énergétique de plusieurs bâtiments, d’un quartier ou d’une ville, tant pour l’électricité, le gaz, la chaleur ou le froid, représentés sous la forme de cartes numérisées. Cette planification revient à évaluer les surfaces existantes ou potentielles en photovoltaïque (production de courant électrique), en PAC (pompes à chaleur), en énergie thermique (bois), etc. Le logiciel développé par le CREM permet de calculer et de visualiser les conséquences directes d’une modification d’un des paramètres (source d’énergie). Grâce à l’impact de chaque scénario, il est possible de définir une stratégie globale, et donc aussi d’identifier les mesures concrètes à prendre.

Une start-up prépare la future « Smart City » Le logiciel de planification énergétique est l’un des atouts de la start-up Navitas Consilium SA (conseils en énergie, en latin), une spin-off du CREM créée en


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2014. Depuis lors, elle a reçu des mandats de collectivités publiques romandes et françaises, de distributeurs d’énergie et du Canton du Valais. Si les systèmes de «smart buildings» (pour la gestion optimale de l’énergie d’un bâtiment) existent depuis plusieurs années, ceux pour les « Smart Cities » (la gestion intelligente de l’énergie pour une ville) sont une réelle innovation. Comme le précisait l’ancien directeur du CREM, Gaëtan Cherix, remplacé depuis septembre dernier par Jakob Rager, « le système «smart city» permet de trouver quelle est la solution la plus adaptée à un territoire ; il s’agit de faire correspondre les ressources aux besoins locaux. Donc de voir si on a intérêt à faire ceci plutôt que cela, en comparant les scénarios. À l’avenir, on va devoir de toute façon jouer avec les différents types d’énergie ! ». Le but est donc d’utiliser les ressources énergétiques locales pour gérer la consommation locale. De plus, grâce à la technologie IT et aux analyses en temps réel, les importantes pertes d’énergie dues aux mauvais réglages des chauffages des bâtiments pourront être évitées à l’avenir. C’est un autre axe de recherche très pro-

metteur du CREM. Ce dernier a été l’un des organisateurs des « Swiss Mobility Days » (avril 2016), dans ses locaux de Martigny. Il s’agissait du premier salon dédié à la mobilité propre, qui comprenait notamment un espace d’exposition et de test de véhicules, un symposium scientifique et des conférences pour les professionnels de la mobilité douce et les collectivités publiques.

LES QUATRE PRINCIPAUX DOMAINES DE COMPÉTENCES DU CREM L’élaboration de systèmes énergétiques et thermodynamiques • La spatialisation et cartographie ( production/consommation d’énergies par territoire ) • Le conseil ( mandats ) aux collectivités publiques ( villes, cantons ) en gestion et planification énergétique • Le développement de software informatique spécifique ( logiciel de numérisation au service des communes et villes )

L’INNOVATION DANS LES INSTITUTS DE RECHERCHE

LE CREM EST ENTRE AUTRES SPÉCIALISÉ DANS L’ÉTUDE DE LA CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE RÉELLE DES BÂTIMENTS À L’ÉCHELLE D’UNE COMMUNE (ICI VUE INFORMATIQUE) © VALAIS/WALLIS PROMOTION

LE PROJET INNOVANT «INTEGRACITY» Financé par la Confédération dans le cadre du projet européen « ERANET Smartcity », « Integracity » est piloté par l’EPFL et regroupe le CREM, la HES-SO Valais-Wallis et des partenaires autrichiens et suédois. Cet innovant projet européen consiste à étudier les impacts des nouvelles technologies sur les réseaux énergétiques. Son but: pouvoir simuler en même temps les réseaux de gaz, d’électricité, de chauffage à distance et d’énergies renouvelables ( hydraulique, éolien, solaire  ). Son budget global s’élève à un peu plus de deux millions de francs.

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COLLECTOR

L'INNOVATION AU SEIN DE L'INSTITUT DE RECHERCHE ICARE

LIER LE MONDE VIRTUEL AU RÉEL TEXTE: DIDIER PLANCHE

Fondé en 1991 à l'initiative de l'Ecole d'informatique de Sierre, l'institut de recherche Icare, basé au TechnoArk de Sierre, est à l'origine de la création de l'eEnergy Center avec la Fondation The Ark et la HES-SO Valais-Wallis. Le domaine de l'eEnergy concerne l'utilisation des Technologies de l'information et de la communication (TIC) au service de la transition énergétique. Les bâtiments et les réseaux intelligents ( Smart Buildings, Smart Cities, Smart Grids ) ont recours à de nombreux capteurs, qui produisent des données destinées à être communiquées. Ces dernières sont ensuite gérées et exploitées intelligemment ( Big Data ), afin de permettre de prendre les bonnes décisions pour atteindre les objectifs d’efficience énergétique et de sécurité d'approvisionnement. Fédérant différents acteurs académiques et industriels, l'eEnergy Center mène des expérimentations concrètes, tant en laboratoire qu'en conditions réelles, et participe à des projets de recherche et d'innovation de portée régionale, nationale ou internationale, en collaboration avec les autres instituts et centres de compétences actifs en Valais ( Idiap, CREM, autres instituts de la HES-SO Valais-Wallis ). VALAIS VALEUR AJOUTÉE

AUTOMATISATION, PROGRAMMATION ET GESTION D'ÉNERGIE. © VALAIS/WALLIS PROMOTION, JEAN-YVES GLASSEY


51 Regroupées autour de la devise Reconciling atoms and bytes − la réconciliation des atomes et des bytes pour lier le monde virtuel au réel −, les activités d'Icare concernent quatre axes de recherche:

• L'intelligence artificielle : création d'algorithmes de prédiction et d'optimisation, ainsi que d'agents intelligents; ses domaines d'application sont le Computer Vision, l'eEnergy, le Big Data, etc.

• L'internet des objets : un monde d'objets intelligents et communicants, ainsi que l'extended & interactive packaging ; l'internet des objets conçoit un nouveau monde de services à usage des consommateurs finaux et de l'industrie.

• Les dispositifs mobiles : conception et développement de logiciels innovants dans une optique d'informatique ubiquitaire à destination des smartphones et wearables devices, capables de communiquer et d'interagir avec de multiples services à valeur ajoutée disponibles dans le Cloud.

• La vision artificielle : reconnaissance et identification visuelles de formes, de chaînes de caractères ou d'objets à l'aide d'algorithmes de vision artificielle, conçus notamment pour les périphériques mobiles.

L'INNOVATION DANS LES INSTITUTS DE RECHERCHE

Parmi quelques mandats de l'institut de recherche Icare, que dirige Laurent Sciboz, figurent entre autres le développement d'un prototype d'eTicketing ( billet électronique ) à l'intention des usagers et des contrôleurs des transports publics ( CFF ), la création d'une base de données en ligne RFID ( étiquettes électroniques ) pour la Commission européenne, ou encore l'intégration et l'assemblage de micro− et nanosystèmes ( SelfSys ), des facteurs clés pour des succès commerciaux en microélectronique ( programme national de recherche Nano-Tera ).

Couplées à une méthodologie de recherche appliquée et à un processus d'innovation itératif, ces compétences se complètent pour conduire à des solutions concrètes et fonctionnelles, qui améliorent la productivité industrielle et les services aux utilisateurs.

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COLLECTOR

FOCUS SUR LES TIC

QUELQUES TIC TRIÉES SUR LE VOLET TEXTE: JOËL CERUTTI

sont bien résumées et rapidement compréhensibles. Le pitch: Klewel donne une seconde vie aux exposés présentés lors de conférences, en les mettant en valeur sur le web.

Une poignée de professionnels ont désigné quelques start-up au sein du Technopôle, des différents pôles de The Ark ou JOËL CERUTTI de l'Idiap comme JOURNALISTE particulièrement actives dans les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC). Aussi, nous avons visité leur site pour apprécier leur présentation, puis nous leur avons demandé un pitch d’une seule phrase pour convaincre un investisseur potentiel. KeyLemon affiche comme slogan «Authentification naturelle, reconnu par votre visage, comme le font vos amis». La start-up travaille sur la sécurité via les traits de chacun, comme une signature ou une empreinte digitale. Son site www. keylemon.com uniquement en anglais est clair, très vendeur et bien illustré. Le pitch : KeyLemon développe et commercialise des solutions informatiques basées sur la reconnaissance faciale et vocale. DigitArena s’investit autour du ballon rond et collabore avec la FIFA et l’UEFA. Elle développe un système de publicité tournante, utilisant des technologies conçues à l’Idiap. Sur son site www. digitarena.tv, une page simple d’accueil, où tout se trouve résumé. Le pitch : DigitArena permet aux organisateurs d’événements sportifs d’augmenter sensiblement leurs revenus de sponsorship, grâce des publicités différentes selon le pays de diffusion; celles-ci sont remplacées directement dans le flux télé en réalité augmentée, ou même en réalité virtuelle. FairTrace, grâce « à une solution inforVALAIS VALEUR AJOUTÉE

TeleRetail réalise une application mettant en valeur des produits de consommation sur son téléphone. Elle facilite le transport des marchandises qui serait divisé par deux. Sur son site www.teleretail. com, une seule page d’accueil, soignée, et avec un certain humour, un St-Bernard figurant parmi la liste des collaborateurs. Le pitch : Sauver des millions d’utilisateurs des milliards d’heures pour exécuter leurs courses.

matique logicielle avant-gardiste », se passionne pour la traçabilité des produits, que ce soit dans le textile, l’alimentation ou la cosmétique. Du fournisseur à l’acheteur, la start-up cherche à garantir une éthique certaine. Son site www.fairtrace.ch reste très épuré, en trois langues avec un bon onglet média. Le pitch : FairTrace développe et commercialise des solutions de traçabilité, du fermier au consommateur, en collectant des données en temps réel à toutes les étapes de la production. Klewel se révèle active dans la mise en valeur des conférences, que ce soit pour l’UNICEF, l’EPFL, Nestlé ou l'IMD. Elle fournit un kit d’enregistrement, voire du personnel et du matériel, de même qu'elle synchronise propos et illustrations. Sur son site www.klewel.com, bilingue, les compétences de la start-up

Eyeware suit les regards sur les divers écrans aboutissant ainsi à une interface homme/machine. Les algorithmes permettent entre autres de diriger le pointeur de la souris avec des mouvements de la tête. Sur son site www. eyeware.fr, en français comme en anglais, tout se comprend… en un coup d’œil! Le pitch : Eyeware développe des technologies de suivi des yeux et du visage qui améliorent la communication entre les humains et les ordinateurs, avec des applications directes dans les soins de santé, la robotique sociale, et les études de comportement.

KEYLEMON: L'ART DE LA RECONNAISSANCE FACIALE ET VOCALE

KLEWEL: LA MISE EN VALEUR DES EXPOSÉS

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COLLECTOR

NETPLUS, LE 3E PLUS GRAND RÉSEAU CÂBLÉ DE SUISSE TEXTE: JOËL CERUTTI

D’une visite à l’autre, dans ses locaux de Technopôle à Sierre, Net + ne cesse de gagner du volume. Des mètres carrés qui accueillent plus d’une trentaine de collaborateurs. Voici douze ans, cinq télé-réseaux valaisans s’unissaient pour offrir un produit multimédia compétitif. Face aux Goliaths, aux moyens conséquents, le David gagne la confiance de onze réseaux partenaires dans toute la Romandie. Ce qui le hisse, aujourd'hui, au rang de « troisième plus grand réseau câblé de Suisse ». Le sondage Bilanz Telekom Rating classe Net +, en termes de satisfaction, 1er pour internet et second pour la téléphonie et la télévision. L’ancrage régional permet d’amarrer les fidélités de 160'000 clients, car il pratique l’ingéniosité. Une des dernières innovations de Net + symbolise son évolution. « Nous avons de belles marges de manœuvre et d’amélioration dans le domaine de la télé », explique Christian Maret, Chief Commercial Officer à Net +. En 2015, la firme a transformé votre smartphone en une télécommande des plus intuitives. L’application a été développée avec Icare, un institut de recherches en informatique, qui possède des bureaux à quelques dizaines de mètres, toujours au Technopôle de Sierre. Elle guide l’utilisateur dans les programmes, facilite le zapping comme la programmation pour l’enregistrement. Elle recule d’une semaine dans les émissions diffusées sur les chaînes à disposition. Le clavier numérique rend plus ludiques et rapides des recherches thématiques. Fan de Robert de Niro? En tapant son nom, apparaissent tous les films prévus dans les jours à venir, ou ceux stockés dans les sept derniers jours en Replay, ou même dans les enregistrements personnels. VALAIS VALEUR AJOUTÉE

Après quelques souhaits du genre, Net + cerne les goûts et suggère des offres qui pourraient convenir à aux rétines de chacun. Net + a également assimilé les évolutions d’une consommation nomade des images. Via le compte internet MyNet +, tout est visible sur les divers écrans portables. Une bonne connexion et chacun déguste ses émissions, indépendamment du lieu, comme dans le salon. À l’avance, le téléchargement de certains films – en quelques secondes – meublera les longues heures de voyage, où le wi-fi n’existe pas.

En téléphonie, Net + a résolu le problème du roaming depuis belle lurette. Les numéros privés et fixes sont en symbiose. Les appels sonnent au domicile comme sur le portable. Même si l'on se trouve à l’étranger, c’est la communication locale qui est facturée. Un concept figurant parmi les 300'000 services multimédias revendiqués par Net +. « Parmi nos trente-trois collaborateurs, nous avons vingt-cinq ingénieurs. C’est superbe d’avoir, dans une région comme Sierre, autant de postes à valeur ajoutée, ce qui aboutit logiquement à des produits fiables et novateurs », résume Christian Maret.

Evolution net+ 2011-2016

2015

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FOCUS SUR LES TIC

GROUPE T2I : LE COMPLEXE CHEMIN DE LA SIMPLICITÉ TEXTE: JOËL CERUTTI + PHOTO PORTR AIT: NICOLA RODET

Lorsque Steve Jobs voulait lancer un nouveau produit, il exigeait de ses collaborateurs une simplicité d’utilisation. Chez Groupe T2i qui emploie 200 collaborateurs, cette même philosophie est partagée comme le confirme son CEO Claude-Michel Salamin : « Lorsque nous recevons un mandat, nous discutons avec chaque intervenant. Le logiciel que nous éditons doit être extrêmement facile à prendre en main pour l’utilisateur. Toute la complexité du travail en amont ne doit pas apparaître. » Depuis 33 ans précisément, Groupe T2i accompagne les entreprises dans leur transformation digitale. « Nous sommes concepteurs de solutions, qui pouvons aborder plein de sujets. L’innovation est un état d’esprit, pas uniquement lié à la technologie et qui doit être partagé par le plus grand nombre », définit Claude-Michel Salamin. De cette théorie, le CEO sélectionne trois exemples concrets. « Nous proposons une solution globale de gestion des documents, en permanente évolution. Nous avons ainsi créé récemment un parapheur électronique. Cela a été un travail de conception colossal ; numérisation, lisibilité, validation, tout cela a débouché sur un logiciel épuré, clair et pratique », énumère-t-il. Claude-Michel Salamin évoque ensuite le projet energyView : « Les communes possèdent de nombreuses informations sur leur consommation d’énergie, qui ne sont pas exploitées. La plate-forme energ yView permet de sortir en quelques clics des données pertinentes et concrètes. Par exemple, cette solution identifie que pour telle commune il est préférable de concentrer ses efforts sur les éclairages publics plutôt que sur l’isolation des bâtiments scolaires. » Soutenu par la ConféVALAIS VALEUR AJOUTÉE

« L'innovation est un état d'esprit»

dération et porté par différents partenaires dont la HES-SO Valais-Wallis, la Fondation the Ark, energyView est testé dans une dizaine de communes. Au final, la cible serait une cinquantaine de villes. Dans le domaine des RH, Groupe T2i répond à l’évolution des usages internes avec un outil RH collaboratif, développé en étroite collaboration avec des responsables de ce secteur. Une solution qui permet un échange direct entre les collaborateurs et le service RH. « Les informations fournies favorisent une plus grande participation ce qui intensifie les dialogues et décharge les RH des tâches administratives », relève le CEO.

Claude-Michel Salamin, CEO de Groupe T2i L'UNE DES CRÉATIONS DE GROUPE T2I, UN PARAPHEUR ÉLECTRONIQUE.

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Gaël Ribordy,

Fondateur et CEO de la startup Kargo.bike Etudiant en économie à UniDistance

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« Convaincu que l’entreprenariat constitue le meilleur moyen de faire progresser notre société, j’ai fondé la startup Kargo.bike, une entreprise de livraison de colis à vélo électrique en milieu urbain. Elle a rapidement évolué, à tel point que je planifie l’ouverture de nouveaux bureaux. Mes études en économie à UniDistance sont pour moi une véritable boîte à outils que j’utilise au quotidien. Les professeurs sont des experts fantastiques. Je peux appliquer les concepts étudiés en cours directement sur le terrain : analyser le marché, établir le meilleur positionnement possible, effectuer un diagnostic, fixer mes prix. Je pilote au mieux mon entreprise car je comprends les enjeux. De plus, maîtriser le langage et les concepts économiques me donne une légitimité et une crédibilité face aux investisseurs. Par la suite, je souhaite créer d’autres entreprises. Mon seul regret : ne pas avoir démarré ma formation en économie à UniDistance plus tôt ! »

Economie et management 3 bonnes raisons de booster votre carrière avec une formation en emploi Flexibilité, soutien personnel, diplôme reconnu : le Bachelor en économie et management d’UniDistance s’adapte à votre vie.

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Soutien personnalisé Grâce aux outils intégrés aux plateformes internet, vous dialoguez en permanence avec vos professeurs et assistants, ainsi que les autres étudiants, que vous rencontrez toutes les trois semaines lors des cours du samedi. Reconnaissance Conçus selon le système de Bologne, les titres sont reconnus par la Confédération. Les enseignants sont les professeurs des universités suisses.

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L’INNOVATION DANS LES SERVICES

INSTITUT INFORMATIQUE DE GESTION DE LA HES-SO VALAIS-WALLIS

DE L’E-ENERGY À LA SMART CITY EN PASSANT PAR LE E-SERVICES TEXTE: PHILIPPE GAEMPERLE

Dirigé par le professeur Laurent Sciboz, l’institut Informatique de gestion fourmille d’activités innovantes avec des projets de recherche PHILIPPE GAEMPERLE appliquée jouissant ÉCONOMISTE d’une réputation nationale et internationale, ainsi que des retombées pour tout le Valais. L’institut s’est spécialisé dans six domaines d’activité : eEnergy, ERP, eGovernment, eHealth, eServices, Formation continue informatique. Ses compétences sont variées, pointues et complémentaires, telles que le développement logiciel, la gestion des données du Web, le traitement de l’information médicale, l’internet des objets et le cloud computing. Sa mission consiste à concevoir des systèmes d’information répondant aux exigences des entreprises. Il met l’accent sur le transfert de technologies et de connaissances, en étroite collaboration avec la filière informatique de gestion de la HES-SO Valais-Wallis. L’institut favorise également la coopération à l’échelon international, en VALAIS VALEUR AJOUTÉE

participant à des programmes de recherche européens et mondiaux. Annuellement, cela représente plus de 300 projets de recherche appliquée, une centaine de publications scientifiques et une équipe de plus de 80 collaborateurs de différentes nationalités.

Mieux gérer l’énergie avec le projet européen Entropy Dans le domaine de l’eEnergy, l’institut, en étroite collaboration avec le Technopôle, The Ark et Sierre Energie, a été sélectionné pour contribuer au projet européen Entropy. Le consortium du projet compte neuf partenaires originaires de sept pays. Entropy sera déployé sur trois sites pilotes, soit en Espagne, en Italie et en Suisse au Technopôle de Sierre. Son but est d’optimiser l’énergie utilisée et de lisser les pics de consommation. Entropy profite déjà des équipements présents sur le site technologique sierrois : panneaux photovoltaïques, batteries de stockage de dernière génération, ainsi que capteurs de consommation et des savoir-faire

NOUVELLES OPPORTUNITÉS POUR LE TOURISME VALAISAN La réalité augmentée offre de nombreuses nouvelles opportunités pour le tourisme valaisan, afin d’étoffer et de dynamiser son offre, par exemple en matière de visite virtuelle. Dans ce domaine, l’institut Informatique de gestion a été choisi par le Musée d’Histoire de Bâle pour dynamiser l’exposition Erasmus MMXVI – Le pouvoir des mots ( mai-septembre 2016 ). Ce dernier a conçu et développé une application qui permettait aux visiteurs de parcourir l’exposition en réalité augmentée, fournissant une vue en 3D des œuvres et en plus de nombreuses informations complémentaires. Cette même application offre également aux touristes l’opportunité de suivre un parcours didactique en ville de Bâle. Grâce à un savoir-faire pointu et aux nombreuses collaborations avec les entreprises, le Technopôle de Sierre se positionne comme un centre de compétences important dans le développement de la réalité virtuelle et augmentée.

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développés lors de précédents projets liés à la gestion énergétique. En plus du pilotage du système permis par le traitement informatique des données recueillies, Entropy veut impliquer l’utilisateur final dans la solution, par exemple en lui proposant des serious games ( jeux sérieux ) pour réduire la consommation totale d’énergie. Le potentiel d’économie d’énergie serait de 15 à 20%.

Des services de type Smart City dans les vallées valaisannes Grâce à l’installation de milliers de capteurs, les villes développent de nouveaux services de type Smart City ( ville intelligente ) dans les domaines tels que les transports, la mobilité, la gestion des déchets et la réduction de consommation d’énergie. Le Valais étant dans l’impossibilité d’équiper l’entier du réseau routier de montagne de ces capteurs, l’institut s’est rapproché de l’entreprise CarPostal pour équiper de capteurs ses véhicules voyageant dans les vallées latérales valaisannes, dans le but de VALAIS VALEUR AJOUTÉE

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récolter ces informations. Dans un premier temps, ceci a permis de développer une application pour renseigner les conducteurs sur l’état des routes, grâce à une cartographie en temps réel. Un premier test devrait être réalisé sur la ligne CarPostal Sion-Arolla. En outre, le système pourrait également établir une carte des pollens au printemps. En fonction des résultats obtenus, ce service pourrait concerner tous les cars postaux de Suisse, voire même permettre de trouver des opportunités associées aux véhicules privés. Ce projet est mené dans le cadre du Mobility Lab, qui a pour partenaires La Poste Suisse, l’EPFL, la HES-SO Valais-Wallis, la Ville de Sion et le Canton du Valais. Ses ambitions sont d’apporter des innovations majeures en termes d’économie d’énergie et de mobilité.

L’INNOVATION DANS LES SERVICES

L’INSTITUT INFORMATIQUE DE GESTION A DÉVELOPPÉ UNE APPLICATION EN RÉALITÉ AUGMENTÉE POUR LE MUSÉE D’HISTOIRE DE BÂLE.

L’INSTITUT INFORMATIQUE DE GESTION A DÉVELOPPÉ POUR CARPOSTAL UNE APPLICATION RENSEIGNANT LES CONDUCTEURS SUR L’ÉTAT DES ROUTES, GR ÂCE À UNE CARTOGR APHIE EN TEMPS RÉEL.

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L’INNOVATION DANS LES SERVICES

INSTITUT ENTREPRENEURIAT & MANAGEMENT DE LA HES-SO VALAIS-WALLIS

« DEVENIR LES LEADERS DU DESIGN DE SERVICES EN SUISSE » TEXTE: PHILIPPE GAEMPERLE

« Dans toutes les Business School, on apprend la logistique, le management, les techniques de production, le marketing, et on simule le lancement de nouveaux produits. En revanche, l’innovation des services est encore négligée dans l’enseignement. Aussi, nous avons l’ambition de devenir la référence du design de services en Suisse et de renforcer nos collaborations avec les entreprises, y compris valaisannes », annonce Emmanuel Fragnière, professeur d’innovation à l’institut Entrepreneuriat & Management de la HES-SO Valais-Wallis (Sierre) et spécialiste du design de services. Il existe deux types d’innovation, celle associée à la production de produits et celle orientée sur la production de services. Les produits sont tangibles et concrets, à l’inverse des innovations de services qui s’apparentent à des biens intangibles. Le dénominateur commun s’appelle les attributs saillants, soit les éléments perceptibles de valeur qui sont des déclencheurs d’achat ; pour une nouvelle paire de chaussures de sport, par exemple, cela peut être l’esthétique, le confort, le poids, les spécificités selon le VALAIS VALEUR AJOUTÉE

« Nous recherchons des innovations avec des attributs émotionnels.» Emmanuel Fragnière, professeur d’innovation à l’institut Entrepreneuriat & Management de la HES-SO Valais-Wallis

terrain, etc. En fait, tout design de produit est un mélange d’attributs saillants en fonction des besoins à satisfaire. Cela concerne aussi les services, comme un salon de coiffure, pour lequel les attributs saillants sont l’ambiance, les affinités avec le coiffeur, etc. Ces critères sont invisibles, mais correspondent à une valeur perçue. « Il convient de rendre l’invisible tangible pour pouvoir l’explorer, trouver des innovations, les produire et les vendre ; dans notre démarche, nous nous intéressons particulièrement aux sciences humaines et sociologiques, tout en nous rendant concrètement sur le terrain », précise le professeur d’innovation.

Identifier les signaux faibles Le service acquiert de la valeur dès que le client en perçoit les avantages ; c’est simple et compliqué à la fois. La grande difficulté, c’est qu’il est impossible de protéger une innovation de service, contrairement à un produit qui peut être breveté ; il faut donc continuellement se réinventer. À commencer par essayer #10 – HIVER 2016-2017


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L’INNOVATION DANS LES SERVICES

niche. Selon lui, c’est typiquement le cas pour le tourisme. D’ailleurs, l’Office du tourisme de Crans-Montana ou encore l’aéroport de Sion ont mandaté l’institut Entrepreneuriat & Management pour faire des études dans ce sens. « Nous recherchons des innovations avec des attributs émotionnels et proposons un plan d’actions pour la mise en œuvre », relève le professeur Fragnière, qui cite encore le cas du magasin de sport qui pourrait proposer des services personnalisés pour la location du matériel de ski, par exemple avec la possibilité de le laisser à l’arrivée des installations de ski ou à l’hôtel et de faciliter les modalités de paiement.

BUSINESS EXPERIENCE OFFRE L’OPPORTUNITÉ DE CONCRÉTISER SON PROJET D’ENTREPRISE, PARFOIS SUR LA BASE D’UN SIMPLE THÉORÈME. © VALAIS/WALLIS PROMOTION

RENFORCER LA CAPACITÉ D’INNOVER

d’identifier des signaux faibles (changements sociologiques), c’est-à-dire des signes avant-coureurs qui vont marquer un changement d’attitude des consommateurs. En identifiant ces signaux faibles, l’entreprise saura anticiper le phénomène et donc s’y préparer. « Nous avons été mandatés par le Paléo Festival de Nyon pour travailler sur la recherche des signaux faibles, avec une étude de terrain et une analyse des comportements ; nous avons identifié des critères dits fonctionnels tels que le parking et les transports, la sécurité, la logistique, ainsi que des critères émotionnels tels que l’accueil, l’ambiance, VALAIS VALEUR AJOUTÉE

la programmation; notre travail de terrain a permis de pressentir une évolution souhaitée vers un concept de tribus et villages à thèmes, ou encore la valorisation de la chanson française. Paléo a ainsi fait évoluer son offre avec succès, puis... a été copié par les autres festivals », raconte Emmanuel Fragnière. Pour le Valais qui est aussi confronté à la problématique du franc fort, le professeur estime essentiel de monter en gamme avec une production quasi-artisanale et la recherche d’une offre personnalisée, en s’adressant à des marchés de

Dirigé par le professeur Antoine Perruchoud, l’institut Entrepreneuriat & Management, qui propose des espaces d’innovation ouverts et collaboratifs, agit comme un catalyseur régional pour renforcer la capacité d’innover et améliorer la compétitivité du tissu économique valaisan. Différentes activités sont proposées aux étudiants, telles que le Business eXperience, dont le but favorise l'esprit d’entreprise et la collaboration pluridisciplinaire en travaillant sur des projets de création d’entreprise. Quant à l’activité dans le design, sa démarche repose sur quatre étapes: l’observation sur le terrain pour identifier les tendances et attributs saillants, la modélisation du service avec des améliorations proposées, la phase de test et la mise en production. Afin de stimuler la créativité et les émotions, le professeur Fragnière fait appel à un metteur en scène, Yves Pinguely, qui utilise les techniques théâtrales pour stimuler la créativité et les émotions.

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INSTITUT SANTÉ DE LA HES-SO VALAIS-WALLIS

« C’EST LE MALADE QUI NOUS INTÉRESSE, PAS LE FÉTICHISME TECHNOLOGIQUE » TEXTE: GENEVIÈVE ZUBER

Le secteur de la santé est en pleine évolution : progrès de la médecine, nouvelles technologies, vieillissement de la GENEVIÈVE ZUBER population, mutaJOURNALISTE tions sociales… Autant de lames de fond nécessitant des approches et des prises en charge innovantes des personnes malades et handicapées. L’innovation, oui, mais pour quoi? Cette question du sens fonde le positionnement de l’institut Santé de la HES-SO Valais-Wallis à Sierre : « Un positionnement clair. Notre institut a pour objectif d’être un pont entre l’évolution technique des soins et le patient en tant que personne », explique Claude-Alexandre Fournier, responsable de l’institut. Et de préciser que « la prise en charge des personnes en souffrance physique et psychique ne doit pas se limiter au cadre purement médical mais s’enrichir des dimensions humaine, sociale et communautaire ». Autrement dit, pas question, dans cet institut, de céder à la tentation de « faire du fétichisme technologique. VALAIS VALEUR AJOUTÉE

La technologie, c’est important, mais elle doit rester au service de l’humain. D’ailleurs, nos approches innovantes ne s’appuient pas toutes forcément sur la technologie », précise-t-il. C’est le cas, par exemple, du programme de recherche en cours visant à améliorer l’accompagnement des personnes en fin de vie.

Enquête sur la dignité humaine en fin de vie L’institut mène ce projet soutenu par le Fonds national suisse de la recherche scientifique en collaboration la Haute École pédagogique de Berne. Lorsqu’il est question de la fin de vie, on parle beaucoup du respect de la dignité humaine. Dans leurs démarches, les spécialistes sont guidés par l’éthique professionnelle et par cette notion lorsqu’ils prodiguent des soins palliatifs: traitements médicaux, mais aussi soutien psychologique, social et spirituel au malade, et bien souvent à ses proches. Mais que recouvre cette

notion de dignité humaine pour ces professionnels, comment cela influet-il sur leur pratique? L’enquête, menée auprès d’un panel d’infirmiers-ères en soins palliatifs dans les trois parties linguistiques du pays, met en évidence la variété des sensibilités et des actions en découlant. En éclairant cette réalité loin d’être uniforme, ce programme vise à faire avancer la prise en charge de ces patients et à améliorer autant que faire se peut leur qualité de vie.

Un coach très remarqué pour prévenir les chutes des seniors Autre problématique sous la loupe des chercheurs de l’institut Santé, celle de la prévention des chutes des seniors. Un tiers des personnes de plus de 65 ans (50% dès 80 ans) sont concernées, avec en moyenne une chute par année. Conséquences fréquentes: perte d’autonomie et vie sociale réduite, sans compter la peur qui peut fortement restreindre l’activité des seniors. Le logiciel « T&E Elderly », programme


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PENSER LES PRATIQUES DE DEMAIN L’institut Santé chapeaute l’ensemble de l’activité de Ra&D de la Haute École de Santé Valais de la HES-SO Valais-Wallis. Cet institut, qui emploie dix-sept collaborateurs, se veut un lieu pour évaluer les pratiques d’aujourd’hui et penser celles de demain, contribuant ainsi à un système de santé performant. L’institut Santé est composé de trois laboratoires: le Labo physio et le Labo soins infirmiers ( les deux filières d’études de l’établissement ), ainsi que le Labo interdisciplinaire. Ce dernier regroupe des projets communs aux deux filières, mais aussi des recherches menées en association avec d’autres instituts ( HES-SO Valais-Wallis, HES-SO, Universités, Ecoles Polytechniques ). La physiothérapie, les sciences infirmières, mais également l’anthropologie, la psychologie, la sociologie, ou encore la médecine et les sciences de l’ingénierie, sont toutes des disciplines intervenant dans le champ de la santé. Autrement dit, l’interdisciplinarité dans ce domaine, comme dans bien d’autres, est devenue une condition de l’innovation.

d’exercices physiques à domicile mis au point par des physiothérapeutes de l’institut, a reçu le prix Leenaards 2015 pour la solution de prévention innovante qu’il propose. Comme l’a relevé le jury de cette prestigieuse distinction, « l’originalité de ce projet réside dans sa volonté d’empowerment des personnes âgées. Le programme de test et d’entraînement à domicile mise en effet sur l’adhésion et la motivation personnelle du senior. Et chacun peut l’adapter en fonction de ses besoins. » Concrètement, c’est une tablette, testée auprès de 440 seniors dans les cantons du Valais, de Vaud et de Zurich, qui fait office de coach personnel. Son rôle consiste à motiver les aînés, les aider à développer autonomie et confiance en soi, leur donner l’envie de s’entraîner sur le long terme. Car, les études scientifiques le montrent, rien de tel que de faire de l’exercice pour diminuer les risques de chute.

L’INNOVATION DANS LES SERVICES

La gérontotechnologie a un bel avenir L’institut Santé planche aussi, entre autres, sur les perspectives offertes par la gérontotechnologie, c’est-à-dire sur les opportunités offertes par les technologies de l’information et de la communication pour améliorer l’accompagnement et l’autonomie des personnes âgées. Cette recherche fait l’objet d’un projet Interreg ( France-Suisse ). Son enjeu, prolonger le maintien à domicile, est important, au vu de l’évolution démographique.

L’INSTITUT SANTÉ MÈNE UN PROGRAMME DU FNS SUR LA QUESTION DE LA DIGNITÉ HUMAINE EN FIN DE VIE. OBJECTIF: AMÉLIORER L’ACCOMPAGNEMENT DES MALADES.

GRÂCE À UN LOGICIEL INNOVANT QU’IL A MIS AU POINT POUR MOTIVER LES SENIORS À FAIRE DE L’EXERCICE, L’INSTITUT SANTÉ A OBTENU LE PRIX LEENAARD 2015. © OLIVIER MAIRE

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1 jour

à la H ES-SO Valais-Wallis

rez Découv ’une sd p m e t e l journée e d e r è i l i f la oix ! h c e r t vo

■ HAUTE ECOLE DE GESTION & TOURISME Tourisme Informatique de gestion Economie d’entreprise

■ HAUTE ECOLE D’INGENIERIE Technologies du vivant Systèmes industriels Energie et techniques environnementales

■ HAUTE ECOLE DE SANTE Soins infirmiers Physiothérapie

■ HAUTE ECOLE DE TRAVAIL SOCIAL Travail social

■ ECOLE CANTONALE D’ART DU VALAIS

Ouvert aux étudiants dès le secondaire II

Design et Arts visuels

Choisis ton avenir!


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FOCUS SUR LA SANTÉ NUMÉRIQUE

RESSOURCES ACADÉMIQUES ET PROJETS DYNAMISENT LA SANTÉ NUMÉRIQUE EN VALAIS TEXTE: LAURENCE FACELLI

L’édition 4 (mai-juillet 2015) de Valais Valeur Ajoutée présentait un dossier sur le développement de la santé numérique en Valais LAURENCE FACELLI (pages 35 à 48). Cette CHRONIQUEUSE fois-ci, votre publicaFINANCIÈRE, CONSEILLÈRE EN tion met l’accent sur INVESTISSEMENT ses ressources académiques, l’immuable valeur ajoutée de toute activité, et sur ses projets qui la dynamisent. Alors que l’Idiap (Martigny) se focalise sur des solutions software, l’unité eHealth de la HES-SO Valais-Wallis (Sierre), pour sa part, travaille notamment sur des questions de sémantique médicale, d’architecture, de base de données et d’interopérabilité systèmes. De son côté, la Clinique romande de réadaptation SuvaCare (Sion) offre aux chercheurs un accès direct aux patients. Quant au Swiss Digital Health, la plate-forme suisse dédiée à la santé numérique, elle permet l’interaction entre tous les acteurs académiques, institutionnels et économiques de l’écosystème eHealth. La santé numérique en Valais, une activité en pleine vitalité. VALAIS VALEUR AJOUTÉE

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LE DOSSIER MÉDICAL INFORMATISÉ, OUTIL DE BASE DE LA SANTÉ NUMÉRIQUE.

Institut de recherche Idiap : intelligence artificielle, capteurs et algorithmes Parmi ses projets aboutis, l’Idiap a développé la transcription de rapports médicaux ( même en cas de fort accent! ) pour la Clinique romande de réadaptation SuvaCare. Une collaboration entre l’Idiap et la société DomoSafety a aussi favorisé la création de la solution DomoCare, commercialisée depuis 2015 ; elle permet le maintien des personnes âgées à domicile grâce, en partie, à des logiciels d’intelligence artificielle qu’a développés l’Idiap. Un nouveau projet, appelé SWISKO, propose encore de détecter une dégradation de l’état de santé d’un patient, grâce à des capteurs et des algorithmes; ces deux projets de la société DomoSafety ont bénéficié d’un financement de la Commission fédérale pour la technologie et l’innovation ( CTI ). Dans le cadre de la recherche en imagerie que conduit le professeur VALAIS VALEUR AJOUTÉE

Liebling, le projet LiveHart a pour but d’identifier des processus biologiques clés encore inconnus, liés à la fonction cardiaque. De plus, l’identification biométrique, qui pourrait être utilisée dans l’accès aux données médicales, représente encore l’un des atouts de l’Idiap.

Unité eHealth de la HES-SO Valais-Wallis : de la prothèse robotisée à la posologie médicamenteuse personnalisée À Sierre, le professeur Henning Müller coordonne Megane Pro, un projet Sinergia financé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique. Il vise l’amélioration d’une prothèse robotisée de la main, en étudiant les effets neurologiques et neurocognitifs d’une amputation. S’y ajoutent la reconnaissance d’objets dans le champ de vue et le suivi du regard,

afin d’identifier les actions d’un patient amputé. L’objectif final consiste à contrôler complètement, et d’une manière naturelle, une prothèse de la main. C’est l’unité eHealth de la HESSO Valais-Wallis qui approfondit ce domaine depuis plusieurs années. Pour le projet SLDESUTO-Box, qui a reçu un financement de la Communauté européenne ( EUROSTARS ), le professeur Henning Müller collabore avec la société suédoise Contextvision AB. Sur la base d’images histo-pathologiques, des algorithmes et du deep learning sont utilisés pour entraîner un programme à reconnaître, identifier et classer des types de cancer ; le logiciel proposerait au clinicien une aide au diagnostic et un pronostic plus précis ( les besoins en données pour ce type de recherche sont énormes ). Le professeur Henning Müller travaille également sur la question de l’accès aux données médicales et au respect de leur confidentialité ; l’une des possibilités étudiées est la suivante :


67 seuls les algorithmes accèdent aux données, elles-mêmes stockées et maintenues dans une infrastructure de calcul de l’hôpital, ou un espace protégé du cloud; cela permettrait aussi une certaine pérennité dans la reproduction des résultats par différents chercheurs. L’unité eHealth de la HES-SO Valais-Wallis participe encore à un autre projet multidisciplinaire impliquant également de nombreux partenaires : IsyPeM2 consiste à prédire la concentration de médicament dans le sang. Issu d’un constat que la métabolisation d’un médicament est variable, l’objectif du projet consiste à proposer une posologie individualisée, personnalisée. Comme cette dernière est particulièrement sensible dans les cas des cancers, un laboratoire portable efficace et abordable est prévu pour analyser le sang ; les résultats sont immédiatement comparés ( algorithmes ) avec une population plus vaste ( base de données centralisée ). Le logiciel intégré au laboratoire portable permet alors au médecin d’identifier rapidement une posologie adaptée au patient. Le professeur Schumacher a donc pour tâche l’organisation de la base de données avec celles de patients ayant donné leur consentement, lesquelles données sont anonymisées, standardisées et cryptées. Il s’occupe également de l’intégration des différents systèmes.

Trois instituts d’HES-SO Valais-Wallis contribuent à ce projet, soit l’institut Systèmes industriels ( module optique ), l’institut Informatique de gestion ( la base de données patients ) et l’institut Technologie du vivant ( prototypage ). La filière Physiothérapie de Loècheles-Bains s’est associée à l’institut Informatique de gestion ( Sierre ) pour développer l’application androïde du programme d’exercices T&E Ederly destiné aux patients de plus de 65 ans, ayant déjà fait une chute. La professeure Anne-Gabrielle Mittaz Hager est à l’origine de ce projet proposant un programme d’exercices physiques présentés sur une tablette, sous la forme d’une application interactive. Si les patients sont libres de choisir ceux qui leur conviennent, des physiothérapeutes assurent le coaching et le suivi à domicile. Une étude est actuellement en cours pour évaluer les effets de ce programme sur le risque de chute, l’adhésion aux exercices et la qualité de vie ( voir le texte « P révenir vaut mieux que guérir » paru en page 53 de l’édition 8 de Valais Valeur Ajoutée ).

Clinique romande de réadaptation (CRR) SuvaCare : miser sur ses recherches

FOCUS SUR LA SANTÉ NUMÉRIQUE

Du point de vue de la recherche médicale, la CRR SuvaCare ( Sion ) a plusieurs attraits. Le Dr Bertrand Léger, chef du service de recherche, explique que grâce aux données collectées chez les patients actuellement en traitement à la CRR, la prise en charge de futurs patients peut être améliorée. L’adhésion à cette idée est grande, puisque une très large majorité des patients acceptent ce principe. Même après leur passage à la clinique, 75 à 80% d’entre eux répondent ainsi aux questionnaires de suivi. La clinique constitue une base de données depuis 2003, prenant en compte des facteurs importants pour le succès d’un processus de réadaptation. Par exemple, dans l’une de ses recherches liées à un certain type de douleur chronique, l’algodystrophie, les chercheurs tentent d’identifier et de décomposer les cycles de la douleur par le biais d’un gant muni de capteurs. En plus de ses propres recherches, la CRR collabore régulièrement à d’autres projets multidisciplinaires avec différents instituts ou sociétés. Par exemple, MindMaze, une société issue de la recherche à l’EPFL, y est venue tester ses outils de réalité virtuelle, utilisés dans le cadre de la réadaptation post-AVC. De plus, une nouvelle chaire de l’EPFL dédiée à la neuro-ingénierie clinique va s’y installer, avec le professeur Friedhelm Hummel pionnier d’une méthode non invasive basée sur la stimulation électrique et magnétique du cerveau. Il est prévu que douze collaborateurs le rejoignent. Ces quelques projets de santé numérique en Valais donnent un bref aperçu de ses ressources disponibles, parmi de nombreuses autres, et de ses pôles de compétences d’un haut niveau. Une santé numérique également favorisée par les initiatives du Swiss Digital Health ( issue de la Fondation the Ark via le TechnoArk ) que sont l’Arkathon, la journée eHealth et le programme d’accélérateur pour jeunes pousses actives dans ce domaine.

LE PROFESSEUR HENNING MÜLLER DIRIGE L’UNITÉ EHEALTH DE LA HES-SO VALAIS-WALLIS. © PHOTO-GENIC.CH, HES-SO VALAIS-WALLIS

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L’OBSERVATOIRE DU TOURISME

UNE AUTRE IMAGE DU VALAIS TEXTE: JOËL CERUTTI

Avec l’Observatoire du Tourisme, en Valais, les chiffres prennent du sens. Loin de se cantonner à une masse de données nébuleuses, ils JOËL CERUTTI JOURNALISTE fournissent une carte d’identité affinée de notre canton. « Nous devenons de plus en plus pertinents », synthétise Nicolas Délétroz, son responsable basé au Technopôle de Sierre. L’Observatoire ne se cantonne pas à la collecte des données. Il participe à des projets innovants qui concernent autant les agences de location et les remontées mécaniques que les bains thermaux et, bien sûr, les offices du tourisme. Naguère, «Valais» tentait d’assurer cette tâche. « Les statistiques basiques, les bases de données, la saisie du nombre de nuitées, tout était segmenté. Il y avait trop de temps entre la récolte et la publication des chiffres. Seul, «Valais» ne pouvait pas s’en sortir », précise-t-il. L’Observatoire du Tourisme remet ainsi les compteurs à zéro, avec la volonté de sortir des antiques tableaux Excell. « Il fallait une saiVALAIS VALEUR AJOUTÉE

sie de données professionnelle, moderne, sans imprécisions », poursuit Nicolas Délétroz, son directeur. Le travail commence à la base avec la responsabilité des offices du tourisme (OT) d’entrer les statistiques sur extranet, bénéficiant d’un accès sécurisé ; ils y sont juridiquement obligés. Cette saisie de données a vite porté ses fruits. Après un an et demi, les chiffres se consolident. L’interface permet d’examiner des données de façon presque instantanée. Zermatt, Saas-Fee et Crans-Montana y voient les premiers leurs avantages. « Nous sommes à disposition pour aider les OT avec notre système de back-office. Cette interface ne nécessite plus forcément des entrées manuelles, car tout peut se réaliser directement », assure Nicolas Délétroz. Ensuite, les chiffres se font prolixes. « Les statistiques des nuitées deviennent utiles pour des études. Elles permettent de comprendre les grandes tendances. Cela ne touche pas que le domaine du tourisme », relève-t-il. À l’échelon de l’État comme à celui des communes, ces connaissances offrent des indicateurs précieux à des cadences mensuelles ou hebdoma-

daires. Les données collectées, qui comprennent même des tickets de caisse, anticipent sur les kilos de déchets ou le comptage routier. Bref, le Valais connaît sa fréquentation touristique sur le bout du pouce de ses statistiques. « Nous apprenons à suivre le flux des visiteurs. Nous avons un tableau de bord valaisan qui concerne la fréquentation des golfs, des parcs, etc. Ce qui permet d’effectuer des projections dans les réservations », souligne pour sa part Ralph Lugon.

Un aspect plus pédagogique Au pur niveau touristique, la toile tissée par l’Observatoire du Tourisme aboutit aussi à des constats surprenants. « Lorsqu’on représente de façon différente le Valais, cela fait exploser le concept des destinations marketing. En fonction des offres et de la clientèle, on s’aperçoit, par exemple, que Grächen a beaucoup plus de points communs avec Le Bouveret que d’autres stations dans le Haut-Valais. Cela donne des pistes pour des promotions communes n’étant plus en rapport avec le


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L’INNOVATION DES SECTEURS PRIVÉ ET PUBLIC DANS LE TOURISME

LE CAS CONCRET DES REMONTÉES MÉCANIQUES « Il n’existait aucun inventaire précis des diverses infrastructures de remontées mécaniques. Difficile d’aller demander des investissements complémentaires, ou d’effectuer un travail de lobby, sans données exactes. Gentiment, nous avons donc pu avoir cet inventaire complet. Cela a été un travail que je n’ai pas laissé à un étudiant, il aurait disjoncté! », estime Ralph Lugon. Ce scanner effectué, les bases de données imbriquées permettent toutes les projections possibles sur les investissements, les amortissements, ou le cash-flow de chaque société. « Grâce à ces données, on voit les perspectives de la société, la durée de vie du matériel, comment changer ses infrastructures par rapport à la concurrence, etc. Cela peut permettre des stratégies d’acquisition en offres communes », remarque-t-il. Connaître par cœur le pedigree des remontées mécaniques valaisannes et le comparer aux pays voisins, cela débouche sur des constats clairs. « On voit que le Valais devrait avoir une offre groupée avec cinq ou six domaines reliés, et des toutes petites stations se différenciant sur une offre nettement plus ciblée », constate Ralph Lugon.

voisinage. En modifiant totalement l’outil marketing, cela pourrait augmenter la force de frappe des activités touristiques », détaille Ralph Lugon. L’Observatoire du Tourisme entend aussi rendre son travail nettement plus accessible. «Les chiffres ne sont pas sexy, il nous faut renforcer un aspect plus pédagogique», commente Nicolas Délétroz. L’application qui se développe passe par une analyse plus « spatiale », à savoir une carte où chacun pourra accéder à quatre ou cinq données essentielles. Sur vingt-deux destinations que recense le Valais, on aura par clic ou toucher, un baromètre touristique automatisé. Un outil de communication simple qui n’a pas besoin de longs textes descriptifs.

Jusqu’au début 2016, l’Observatoire du Tourisme a eu les moyens de faire parler les chiffres. Mais la crainte d’une coupe budgétaire d’environ 70% menace clairement son fonctionnement. « Si nos responsables ne montent pas au créneau, notre mission est clairement compromise », s’inquiète Nicolas Délétroz. Un frein d’autant plus inquiétant que les pays voisins, eux, ne rechignent pas à la dépense. « La Compagnie des Alpes engage des scientifiques pour analyser leurs données. En France, il existe des Observatoires régionaux partout… Chez nous, dans toute la Suisse, c’est nettement moins structuré. Et le Valais est très en retard », regrettet-il. Pourtant, sur la planche, le pain ne manque pas. « Nous devons aussi examiner toute la masse de données qui arrivent des réseaux sociaux. Que ce soit par Instagram, AirBnB, tout a explosé de 100% en un an. En réalisant des focus adaptés, cela permet aussi d’avoir un marketing encore plus ciblé », précisent de concert les deux interlocuteurs.

RALPH LUGON (À GAUCHE) ET NICOLAS DÉLÉTROZ (À DROITE) NE MÉNAGENT PAS LEURS EFFORTS POUR DONNER DU SENS AUX CHIFFRES.

LES ÉTUDES FOUILLÉES DE L'OBSERVATOIRE DU TOURISME ABOUTISSENT SOUVENT À DES CONSTATS SURPRENANTS.

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L’INSTITUT DE TOURISME DE LA HES-SO VALAIS-WALLIS

UNE CENTRIFUGEUSE À IDÉES NOVATRICES TEXTE: JOËL CERUTTI

nations européennes, un rang qu’il nous faut évidemment conserver », prône Marc Schnyder. «Il est certain qu’il nous faut renforcer notre œnotourisme qui possède un énorme potentiel, notamment pour la clientèle chinoise. Celle-ci ne s’intéresse pas uniquement au shopping et à nos pistes de ski. Elle adore nos vins sous toutes ses formes et se met même à acheter des parcelles… », rappelle-t-il. Dans ses présentations, l’ITO soulève des lièvres dans les tourismes industriel ou culturel.

Depuis des décennies, on martèle que le tourisme valaisan ne sait pas se montrer aimable avec ses visiteurs. Qu’il a toujours un train de retard sur une concurrence qu’il dédaigne. Qu’il s’appuie sur les mêmes valeurs, à savoir la raclette, le fendant, les combats de reine et le Cervin. Depuis des décennies, il semblerait que les idées préconçues ont la vie dure et que l’on ignore le travail réalisé par l’Institut de Tourisme (ITO), un des sept instituts de recherche qui pulse au cœur de la HES-SO Valais-Wallis. Sa mission : de la recherche appliquée et développement qui se cache sous la dénomination Ra & D. L’ITO prend le pouls, imagine des outils pour le tourisme présent et futur. « Avec une trentaine de collaborateurs, nous incitons à l’innovation tout en renforçant nos piliers et en les rendant plus forts », définit d’emblée Marc Schnyder, son directeur basé au Technopôle de Sierre, dont les propos se révèlent fructueux en matière d’innovation, avec quelques projets en cours ou en voie de l’être. « Quoi qu’on en dise, la Suisse garde une bonne position dans les destiVALAIS VALEUR AJOUTÉE

« Nous incitons à l’innovation tout en renforçant nos piliers et en les rendant plus forts. » Marc Schnyder, directeur de l’ITO

Pour que cela ne stagne pas aux lettres d’intention, l’ITO fournit aux PME familiales qui veulent optimiser ce concept – ou d’autres – des outils taillés à leurs mesures. « Nous avons monté des projets financés par la Commission pour la technologie et l’innovation avec l’Université de St-Gall et l’EPFZ. Il s’agit d’une plate-forme cadre, reprise par i-Brain, qui résout certaines difficultés, récolte de nouvelles idées, crée des événements ou étudie comment offrir de nouveaux produits. Nous aidons à la conception de business modèles, simples, justement adaptés à ces PME », explique le directeur de l’ITO. Pas question de les


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laisser seules dans leur coin. Forger des maillons d’une chaîne plus solidement, cela passe par une étude des alliages et s’intitule le Swiss Kurbits Pilot. « Nous sommes en train de tester dans les régions d’Ayent et du Saastal un programme appliqué en Suède. Là-bas, il a fait ses preuves, en favorisant le développement des complémentarités entre des PME. Nous allons étudier cette formule en Valais, en sélectionnant une dizaine de PME le long d’une chaîne valeur. Puis nous verrons comment fonctionnent les complémentarités et surtout comment les optimiser en tant qu’opérateur scientifique. Ce travail est financé par InnoTour, qui soutient l’innovation dans le tourisme national », annonce Marc Schnyder.

Augmenter la qualité touristique L’ITO remarque aussi que certaines valeurs, dans des entreprises aussi différentes que la Médiathèque de Brigue ou l’Hôtel Beau Rivage, gagnent à être mieux «vendues» auprès de leurs vi-

L’INNOVATION DES SECTEURS PRIVÉ ET PUBLIC DANS LE TOURISME

siteurs. « Dans le cadre de laboratoires, nous avons organisé des jeux de rôles qui concernaient l'accueil à la clientèle. Nous pouvons les analyser, grâce à des expériences intuitives, qui sont filmées. Il s’agit d’« ethnométhodologie » pratiquée par l’équipe du professeur Emmanuel Fragnière de l’institut Entrepreneuriat & Management de la HES-SO Valais-Wallis. Cela peut déboucher sur des campagnes de sensibilisation. Il existe un fort potentiel. Nous pouvons répondre à des petits mandats, entre 6000 et 10’000 francs, pour améliorer, comme cela a été le cas à Blatten, l’approche des locations et des lits froids… Au final, tout ceci ne peut qu’augmenter la qualité touristique. Ceux qui utilisent nos outils deviennent autonomes dans leur développement régional, donc motivés. Cela concerne autant un office du tourisme qu’un petit kiosque », s’enthousiasme Marc Schnyder. Se remettre en question, se développer dans le durable, cela répond aussi à un autre concept, le « Last Mile » qui concerne Verbier. « La station souhaite donner à ses hôtes une impression “plus écolo” sur le dernier kilomètre avant d’arriver à destination. C’est un projet que nous

développons avec les Transports publics de Martigny », informe Marc Schnyder. L’ITO relie également les partenaires, les PME et les pôles de connaissances. Entre Sierre, Sion et Annecy se déroulent des journées de formation avec une douzaine de modules qui ciblent toutes les tendances de pointe et numériques. Le tout regroupé sous l’appellation Executive Master Franco-Suisse Innovation Touristique concerne tous les secteurs liés au tourisme et permet de valider des acquis. L’ITO assure ses ancrages valaisans avec une douzaine de partenaires, lance, suit et supervise une centaine de projets par année, tout en s’autorisant un chiffre d’affaires de 4,3 millions de francs par an.

LA STATION DE VERBIER SOUHAITE DONNER À SES HÔTES UNE IMPRESSION « PLUS ÉCOLO ». © VALAIS/WALLIS PROMOTION, CHRISTIAN PERRET

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LE VALAIS PRÉCURSEUR DU BRANDING TERRITORIAL ! TEXTE: R APHAËL FAVRE PHOTOS: © VALAIS/WALLIS PROMOTION

R APHAËL FAVRE VALAIS / WALLIS PROMOTION RESPONSABLE INDUSTRIE & COMMERCE

Lyon, Amsterdam, Paris, Berlin et… le Valais. Leur point commun ? Tous ont misé sur les synergies d’une marque territoriale forte pour promouvoir leurs atouts. Décryptage d’une stratégie payante.

Dans un univers toujours plus globalisé, interconnecté et régi par l’immédiateté, se différencier est paradoxalement devenu une nécessité pour exister. Les régions – incarnées par leurs produits, leurs paysages, leurs traditions ou encore les entreprises qui les font vivre – n’échappent pas à ce constat. Nombreuses d’entre elles ont ainsi fait le pari du marketing territorial pour mettre en lumière leurs atouts au travers d’une marque forte et se positionner clairement dans un marché hautement concurrentiel. Lyon, Amsterdam, Paris, Berlin : ces villes ont misé sur cette nouvelle vision du territoire pour se construire en tant que marque à part VALAIS VALEUR AJOUTÉE

entière. Basé sur une stratégie d’attractivité articulée autour d’une marque unique, le marketing territorial répond à des objectifs clés complémentaires : promouvoir le territoire pour attirer hôtes et entreprises, tout en mettant en valeur les produits de ladite région. Regrouper les forces en présence, capitaliser sur ses spécificités, affirmer son identité : le marketing territorial mise sur les synergies et fait ses preuves.

Le Valais innove et inspire Aux côtés des grandes capitales européennes, le Valais a lui-aussi misé sur le marketing territorial pour promouvoir ses atouts. À ce titre, il fait office de précurseur en Suisse. Lancée en 2008, la marque Valais s’est en effet construite sur le dynamisme initié par la candidature du Valais au JO de 2006. Malgré l’échec de cette dernière, un souffle nouveau a réveillé la région, laquelle s’est ralliée tout entière derrière un projet commun. La marque Valais, née de cet élan positif et constructif, a ainsi ouvert une nouvelle

voie en proposant une vision territoriale et intersectorielle, notamment à l’origine de Valais/Wallis Promotion (VWP). Et le concept valaisan, de par sa vision innovante et inédite, a depuis inspiré bien au-delà des frontières cantonales et nationales. Bretagne, Alsace, Picardie ou encore Paris Île de France ont sollicité le soutien des initiateurs de la marque Valais pour les épauler dans leur démarche respective de mise en place d’une stratégie de marketing territorial.

Une marque, vecteur de l’ADN d’une région Des produits, des valeurs, un territoire: la marque Valais vise à incarner notre région dans ce qu’elle offre de meilleur. Elle se traduit par une adéquation aux valeurs fondamentales que sont l’humain, le mouvement, l’excellence, le bien-être, et se décline sur deux axes clairement définis et interdépendants: d’une part, elle incarne un label de qualité porté par les produits du Valais; d’autre part, elle prend vie dans la pro-


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L’INNOVATION TERRITORIALE

LE VALAIS, UNE EXPÉRIENCE UNIQUE QUI INSPIRE ET INVITE AU PARTAGE. © VWP / PASCAL GERTSCHEN

UNE MARQUE FORTE, SIGNATURE UNIQUE D’UNE RÉGION ET DE SES MULTIPLES FACETTES. © VWP / CHRISTIAN PFAMMATTER

motion territoriale et sert de socle aux activités de VWP, en Suisse comme à l’étranger. Et en Valais, la marque s’affirme comme une histoire de cœur. Car le Valais émeut et on s’y attache ; c’est là toute sa force et sa singularité. De ce positionnement est né « Valais. Gravé dans mon cœur », un slogan qui porte en lui toutes les valeurs et promesses de la marque Valais.

Une plus-value pour l’ensemble du Valais Au-delà du simple signe de reconnaissance, la marque Valais est avant tout un vecteur d’image. Elément fort de

différenciation, elle permet de positionner notre région et contribue à générer de la valeur-ajoutée pour l’ensemble de l’économie valaisanne en renforçant l’impact image du Valais, une région empreinte de valeurs fortes et de savoir-faire spécifiques. Et que de chemin parcouru depuis sa création en 2008 ! L’étude d’image mandatée en juillet 2015 par VWP auprès de l’institut LINK confirme en effet la valeur

ajoutée créée par la marque Valais: la notoriété de son logo progresse à 54% ( contre 31% en 2014 ), tout comme la confiance accordée à la marque par les consommateurs ( note de 5.1 sur 7 ). La stratégie mise en place par VWP, ancrée sur le socle de la marque Valais, porte ainsi ses fruits pour promouvoir notre région en Suisse comme à l’étranger.

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UNE MARQUE POUR DISTINGUER CE QUE LE VALAIS OFFRE DE MEILLEUR TEXTE: R APHAËL FAVRE

En 2008, tout démarrait avec une pomme… Aujourd’hui, 42 produits arborent la marque Valais, dont la machine à café KISS, le 1er produit industriel certifié. Pour le consommateur, quelles plus-values y a-t-il à privilégier ce label ?

Promesse de qualité Signe de reconnaissance de provenance et de qualité pour des produits emblématiques du Valais, la marque Valais constitue une garantie pour le consommateur. Tous les produits labellisés marque Valais répondent en effet à un cahier des charges strict et sont issus d’entreprises soucieuses de l’environnement et de l’éthique sociale. Avec au total 39 produits certifiés, les produits agro-alimentaires restent majoritaires au sein de la gamme marque Valais. Toutefois, en 2015, la marque a pris un nouveau virage avec la certification d’un premier produit industriel. En effet, un règlement sectoriel pour l’industrie a été validé par le Conseil stratégique de la marque et la machine à café KISS – la plus petite machine à café du monde développée par l’entreprise sédunoise Gotec – a obtenu le label marque Valais. Authentiques, savoureux, durables, innovants : les produits marque Valais vous offrent le meilleur du Valais !

Une marque à visée intersectorielle L’entrée d’un produit industriel dans la gamme marque Valais est un signal VALAIS VALEUR AJOUTÉE

fort. Cet élargissement contribue à valoriser un Valais aux multiples facettes, empreint d’une exceptionnelle diversité et d’une force d’innovation fertile. L’ouverture à de nouveaux secteurs renforce, en effet, encore davantage la notoriété et la crédibilité de la marque et favorise, au final, l’ancrage d’un Valais résolument tourné vers l’excellence et la qualité. Le Conseil stratégique de la marque entend poursuivre sur cette voie avec la certification de nouveaux produits dans le domaine des équipements industriels, de l’horlogerie, de la cosmétique ou encore de l’artisanat. Il vise également une ouverture aux acteurs touristiques valaisans. Pour ce faire, la Chambre valaisanne de tourisme (CVT) et VWP planchent sur la création d’un règlement sectoriel pour le tourisme, et par extension l’établissement de cahiers des charges spécifiques correspondant à des thématiques clairement identifiées, comme par exemple les familles ou le

vélo. Les destinations disposeront ainsi à terme d’un outil leur permettant de valoriser leurs offres et prestataires, tout en garantissant au client un haut degré de qualité des prestations fournies. Si cet élargissement de la marque au secteur touristique constitue un défi de taille, il représente un grand pas en avant pour positionner encore plus clairement et durablement notre région sur le marché grâce à une approche innovante. Retrouvez tous les produits certifiés sur : valais.ch/marque

L’ASSIETTE VALAISANNE CERTIFIÉE MARQUE VALAIS, UN CONDENSÉ DES RICHESSES DU TERROIR VALAISAN. © VWP / CHRISTIAN PFAMMATTER


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L’INNOVATION TERRITORIALE

LE VALAIS SE DÉMARQUE ! TEXTE: R APHAËL FAVRE

La marque Valais constitue le socle de toutes les activités menées par VWP en Suisse comme à l’étranger ; un signe de reconnaissance fort pour se positionner et exister sur la carte du monde ! Le mandat principal de VWP consiste à renforcer durablement l’image du Valais en Suisse comme à l’étranger, dans une visée intersectorielle. Pour soutenir cet objectif de notoriété, l’entreprise de promotion capitalise sur la marque Valais comme élément central de visibilité. En effet, cette dernière fonctionne comme une signature unique fédérant les différents secteurs de l’économie valaisanne. Sur cette base, une nouvelle stratégie de communication cohérente et proactive a ainsi été mise en place en 2014 pour répondre aux objectifs de développement de la notoriété de la région. Incarnée par le slogan « Valais. Gravé dans mon cœur », cette dernière se place résolument sous le signe de l’émotion et de l’originalité pour valoriser les nombreux atouts et facettes du Valais, et de sa marque. Magazine Valais, portail Web, réseaux sociaux, travail sur les marchés, spot TV, campagnes digitales, événements : autant d’exemples d’activation de cette stratégie à 360° qui porte aujourd’hui ses fruits.

Une expérience grandeur nature Identifier notre région par une marque forte et unique constitue une véritable plus-value au niveau du travail sur les marchés internationaux. Le Valais se doit d’être visible et uni pour exister face à ses concurrents, que ce soit sur le marché des sports d’hiver comme des activités

estivales. Dernier exemple marquant en date, le Snow Centre d’Hemel Hempstead, une halle de ski indoor située au nord de Londres, s’est mis aux couleurs du Valais. VWP, en collaboration avec Suisse Tourisme (ST), a conclu un partenariat de trois ans avec le Snow Centre, qui accueille chaque année plus de 500’000 visiteurs. Cette action de visibilité inédite vise à séduire la clientèle anglaise, laquelle présente une forte affinité avec les sports d’hiver et constitue le second marché du Valais en hiver avec plus de 150’000 nuitées hôtelières. Branding complet de la halle de ski avec un panorama des Alpes valaisannes, produits valaisans à la carte du restaurant, événements ou encore développement d’offres de voyage en Valais : autant d’atouts pour conquérir le cœur des Anglais.

Un petit bout de Valais à Londres Un panorama gigantesque des Alpes valaisannes a été créé pour habiller la superficie totale de la halle de ski. Afin

de compléter l’expérience et offrir à la clientèle du centre une ambiance 100% suisse, le restaurant propose des produits valaisans, à l’instar des vins ou encore des eaux-de-vie. Des offres de voyages en Valais sont spécifiquement développées à l’attention de la clientèle et vendues via le Snow Centre. Tout au long de la saison d’hiver, ses instructeurs emmèneront en effet leurs clients pour des voyages de ski en Valais, au cœur des trois destinations valaisannes partenaires en 2016 (Saas-Fee, Aletsch Arena et Val d’Anniviers). Cette plate-forme inédite permet ainsi de positionner le Valais dans sa globalité : comme paradis des sports d’hiver tout d’abord, mais aussi par la richesse de ses produits du terroir présentés dans l’espace restaurant. Ce petit bout de Valais à Londres permet en outre à tous nos partenaires intéressés, quel que soit le secteur, de profiter de cette visibilité.

LE VALAIS S’INVITE À LONDRES POUR TROIS ANS: UNE MARQUE FORTE POUR SÉDUIRE LES BRITANNIQUES. © SUISSE TOURISME

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LE CŒUR DU VALAIS A BATTU POUR LE TOUR DE FRANCE ! TEXTE: R APHAËL FAVRE

Au chapitre des événements de l’été 2016, il en est un qui restera gravé dans les mémoires: l’arrivée du Tour de France sur les hauteurs de Finhaut-Emosson le 20 juillet dernier. Une vitrine inédite pour la marque Valais et l’ensemble de notre région! 3,5 milliards de téléspectateurs, une diffusion TV dans 190 pays, 100’000 spectateurs aux abords des routes valaisannes, 450 journalistes accrédités: les chiffres de l’arrivée du Tour de France en Valais donnent la mesure de l’événement pour une région telle que la nôtre. Cette initiative locale d’accueillir le Tour de France a bénéficié à une région toute entière, laquelle vise justement à se positionner comme une destination incontournable pour les passionnés de vélo. En effet, dès l’annonce de l’arrivée du Tour de France à Finhaut-Emosson à fin 2015, VWP a pris la décision d’avancer d’une année son projet de développement du vélo. La campagne été du Valais s’est ainsi résolument axée sur cette thématique phare, en Suisse comme à l’international, avec plus de 500’000 francs au total investis pour la promotion du vélo et de l’arrivée d’étape à Finhaut-Emosson. En amont de la course, foule d’activités de promotion ont été mises sur pied pour porter cette thématique et faire exister le Valais sur la carte mondiale du cyclisme, sous l’égide de la marque Valais.

LA FRESQUE AGRICOLE VALAISANNE A FAIT LE TOUR DU MONDE. © VWP / NICOLAS SEDLATCHEK

LE VALAIS SOUS TOUTES SES FACETTES ÉTAIT À L’HONNEUR POUR LE TOUR DE FR ANCE. © VWP / PASCAL GERTSCHEN

VALAIS VALEUR AJOUTÉE


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L’INNOVATION TERRITORIALE

LE TOUR DE FR ANCE, UNE OPPORTUNITÉ UNIQUE EN TERMES DE VISIBILITÉ POUR LE VALAIS. © VWP / NICOLAS SEDLATCHEK

Le Valais dans son ensemble a vibré pour le Tour Un soleil radieux, des panoramas sublimes, une arrivée spectaculaire et surtout une région toute entière qui s’est mobilisée pour la réussite de cet événement majeur : le Valais a brillé aux yeux du monde en ce 20 juillet 2016. Culture, agriculture, tourisme : tous les secteurs se sont engagés pour faire de cette arrivée du Tour un événement au sommet, sous la coordination de VWP. L’entreprise de promotion intersectorielle a en effet développé de nombreuses activités mettant en scène la marque Valais pour faire vivre le Tour de France en Valais et tout au long de l’étape : espace d’animation à Berne, exposition au restoroute du Grand-St-Bernard, fresque agricole réalisée en partenariat avec le Service cantonal d’agriculture à Evionnaz, fanzone à Martigny et à Finhaut, ou

encore branding de la route du Col de la Forclaz. Et les acteurs valaisans ont répondu présents ! Culture Valais, acteurs touristiques, monde agricole, Police cantonale : tout le monde a mis la main à la pâte pour faire de cet événement une réussite et graver le Valais dans les cœurs des téléspectateurs et des spectateurs présents le long des routes.

Une fresque géante pour accueillir la Grande Boucle La marque Valais a bénéficié des retombées incroyables du Tour en termes de visibilité. Un exemple des plus parlants? Les images de la fresque agricole de 20’000m 2 réalisée dans un champ de blé d’Evionnaz ont fait le tour du monde. Avec 40 secondes de live sur les 190 chaînes de TV retransmettant

le Tour et un partage de la vidéo sur le compte Facebook de NBS Sports (1’730’000 fans), le cadeau des agriculteurs valaisans à la Grande Boucle a fait mouche. Développé par VWP et le Service cantonal d’agriculture, ce projet d’envergure visait à mettre en valeur la marque Valais tout comme le travail des agriculteurs valaisans, lesquels en sont les principaux utilisateurs avec 39 produits certifiés.

Perspectives positives Plus qu’un événement local, cette arrivée du Tour sur les hauteurs de Finhaut-Emosson a impliqué l’ensemble de notre région. En 2016, le cœur du Valais tout entier a battu pour le Tour de France… pour qu’à l’avenir le cœur des cyclistes batte pour le Valais ! #10 – HIVER 2016-2017


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PROJET COUR DE GARE À SION

DE NOMBREUSES INNOVATIONS POUR CET ENSEMBLE MULTIFONCTIONNEL TEXTE: DIDIER PLANCHE

Répondant à la vision futuriste de la Ville de Sion, le projet Cour de Gare situé au nord des voies ferrées constituera une innovation urbanistique, de par la mixité de ses fonctions et activités. Idéalement placé au cœur du réseau des transports publics sédunois, le projet Cour de Gare, sur lequel travaillent cinq bureaux d’architectes mandatés pour différentes réalisations, formera un ensemble multifonctionnel de six bâtiments construits en parallèle des rails. Il comprendra des logements ( 300 appartements pour environ 650 résidents ), des bureaux ( 1 2’000 m 2 distribués en espaces modulables de 500 à 1500 m2 ), des surfaces commerciales ( 5400 m 2 ) avec des boutiques, des restaurants et des bars, un hôtel ( une centaine de chambres sur une surface d’environ 6000 m 2 ), des administrations et un parking souterrain ( 620 places ), de même qu’une salle de concert et de congrès ( 600 places ) positionnée à l’angle de la rue des Mayennets et de l’avenue de Tourbillon. Au total, ce sont environ 52’000  m 2 d’activités mixtes ( 1000 emplois représentés ) qui consolideront l’économie locale. VALAIS VALEUR AJOUTÉE

Outre son innovation urbanistique tenant compte de facteurs économiques et sociétaux dans le respect des besoins réels de la population, le projet Cour de Gare se distinguera aussi par son innovation énergétique ( démarche de très Haute Performance Energétique ),

puisque tous ses immeubles répondront au standard d’utilisation respectueuse et efficace de l’énergie Minergie P ( système de chauffage fonctionnant au gaz et avec des pompes à chaleur dans un premier temps, puis raccordement à un système de chauffage à distance dans un


79 deuxième temps ). L’innovation en matière de mobilité douce ( zones piétonnières et cyclistes, excellente desserte de transports publics ) caractérisera encore le projet Cour de Gare, ainsi que son innovation environnementale dans le domaine du développement durable. Si CI CONSEILS ( département de pilotage d’opérations immobilières du Comptoir Immobilier ) pilote le développement du projet pour le compte des propriétaires ( société Cour de Gare SA, CFF Immobilier et la Ville de Sion ), le Comptoir Immobilier s’occupe de la commercialisation des habitations, surfaces commerciales et de bureaux. Avec un plan de zone et de quartier en force depuis cet été, le développement du dossier d’autorisation est en cours. Le coût total estimé du projet s’élève à quelque 250 millions de francs. L’ensemble multifonctionnel du projet Cour de Gare dynamisera l’attractivité de Sion, notamment grâce au renouveau d’une zone

à fort potentiel de développement, mais aussi de toute la région. Son inauguration pourrait avoir lieu vers la fin 2020.

Une liaison directe avec le Campus Energypolis Une passerelle construite au-dessus des voies ferrées reliera le quartier Cour de Gare avec le quartier sud ( r ue de l’Industrie ), celui du Campus Energypolis, là où a été récemment érigé le bâtiment de l’EPFL Valais-Wallis ( onze chaires dédiées à l’énergie et à la santé, 6000 m2 dédiés à la formation et la recherche, 150 chercheurs ), et où se construit actuellement un gigantesque complexe dans lequel la Haute École d’Ingénierie de la HES-SO ValaisWallis prendra ses quartiers ( 265 collaborateurs, ingénieurs et services centraux ). L’approvisionnement en cha-

L’INNOVATION URBANISTIQUE

leur du bâtiment proviendra de l’Usine de traitements des ordures et la chaîne du froid fonctionnera grâce à l’eau du Rhône. Quant à son enveloppe et à sa structure, elles serviront d’instruments de recherche pour des travaux d’optimisation énergétique. Des infrastructures de la Fondation The Ark ( CimArk et espaces start-up et PME ) et la Clinique romande de réadaptation SuvaCare rejoindront également le complexe, qui deviendra un laboratoire géant. Dans le même secteur, un futur téléphérique permettra aux touristes et aux résidents de rejoindre directement le domaine des 4 Vallées. LE PROJET COUR DE GARE À SION, SITUÉ AU NORD DES VOIES FERRÉES, SE VEUT RÉSOLUMENT INNOVANT ET METTRA L’ACCENT SUR LA MOBILITÉ DOUCE.

LE PROJET COUR DE GARE DYNAMISERA L'ATTRACTIVITÉ DE LA VILLE DE SION.

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COLLECTOR

JACQUES CORDONIER, CHEF DU SERVICE CANTONAL DE LA CULTURE

« FAIRE RICHESSE DE PAUVRETÉ » TEXTE: JOËL CERUTTI

Jacques Cordonier l’avoue. Durant ses pauses, il adore quitter son bureau pour descendre d’un étage au restaurant de la Médiathèque Valais JOËL CERUTTI JOURNALISTE de Sion. Cela lui offre un contact direct avec les visiteurs. Entourés de livres, de journaux ( dont Valais Valeur Ajoutée ), de CD, de DVD, d’exposition, d’ordinateurs assurant des liaisons internet gratuites, que demander de plus ? Le public répond présent. Dans ce lieu de vie sociale, chacun peut étancher sa soif de curiosité et d’informations en prenant un café, un verre de vin, une assiette. Depuis quelques mois, les anciens locaux des Arsenaux de Sion se sont métamorphosés en une sublime et pacifique machine de guerre culturelle. Ils incarnent ce que le Valais peut réussir de mieux, avec une offre supérieure à celle des autres cantons romands. « Je dis souvent, qu’en Valais, on a dû faire richesse de pauvreté, commence Jacques Cordonier. Il était impossible d’occuper les Arsenaux tout seul. Les moyens étaient limités. En revanche, en unissant la Médiathèque, les VALAIS VALEUR AJOUTÉE

médiathèques. À 90%, ces lieux culturels se trouvent à quinze minutes d’un village. Un constat kilométrique devenu un slogan imprimé sur les sacs de la Médiathèque.

Poids plume riche d’idées

Archives cantonales et la Ville de Sion, nous avons pu réaliser quelque chose d’optimal. Nous sommes en face d’un outil de gestion novateur, né de nos contraintes. » Même la configuration géographique valaisanne joue en faveur des bibliothèques et des

Depuis le 15 novembre 1996, date d’entrée en vigueur de la loi sur la promotion de la culture, un certain réalisme a réduit au silence le tocsin que faisait résonner l’esprit de clocher. « La culture, comme poids plume au sein de notre économie, n’a pas eu d’autres choix que de réunir ses compétences. Soit autant d’idées qui pourraient inspirer d’autres secteurs, comme celui du tourisme. Le recul des glaciers nous aide, car il faut trouver d’autres pôles attractifs, et cela passe forcément par la culture… », exprime son responsable cantonal. Cette carte jouée encore faut-il garantir une certaine qualité… que Jacques Cordonier a vu monter en flèche. « Il y a quinze ans, une étude montrait que les professionnels végétaient et que les amateurs


81 rayonnaient. Aujourd’hui, les amateurs continuent à rayonner avec une affirmation de la culture professionnelle, y compris dans la gestion, d’où des effets logiques sur la qualité. Dans les Hautes Écoles, on ne compte plus les masters en formation de gestion culturelle », se réjouit-il. Se dissipe alors le syndrome du plouc des Alpes, mis à l’écart des autres pôles urbains, comme Lausanne ou Genève. La réunion des compétences ne se limite pas qu’aux Arsenaux. Cet art de faire touche les Scènes valaisannes et le Haut-Festival, les Arts Visuels et Label’Art, ainsi que les divers musées. Dans le futur, l’innovation au cœur des institutions pourrait apporter plus de sang neuf par l’osmose des talents. « Chaque jeudi, nous nous réunissons pour mettre sur pied une plateforme commune entre les musées, les archives et les médiathèques. Les têtes de leurs responsables sont libres, les confiances établies, car tout le monde a compris que nous étions trop petits pour être tout seuls. Nous posons de nouvelles bases pour les dix ans à venir », annonce Jacques Cordonier.

Projets de niche et locaux La métamorphose de notre canton, Jacques Cordonier la perçoit dans des initiatives actuelles ou naissantes. « Nous allons vers une plus grande porosité entre les artistes et le public. Ce qu’a réalisé cet été le PALP à Martigny, notamment en célébrant la raclette sous toutes ses formes, est exceptionnel. Cela permet à l’économie et à l’art de se valoriser mutuellement. Avec « Encirqué », nous serons le premier canton à favoriser les arts du cirque », s’enthousiasme-t-il. Dans cette arène, les feux des projecteurs ne demandent qu’à s’allumer. « La force du Valais est d’avoir des circuits sociaux courts. Notre futur culturel se fera dans des choses subtiles à mettre en place en dehors de nos grands “ blockbusters ”, des festivals comme Ernen, Gampel ou Zermatt. Eux accueillent des artistes “ étrangers ” dans nos décors somptueux. Pour ma part, je suis ouvert au développement de davantage de niches avec des artistes locaux et que l’on soit novateur dans la façon de le délivrer.

L’INNOVATION DANS LA CULTURE

Nous avons un tas de compétences concrètes », assure le responsable. Musiques, théâtre, cirques, peinture, nous avons écumé tous les genres… Sauf celui de l’image. Que dire de l’immense succès de « Ma vie de courgette », d’un certain Claude Barras ? « Il a été le Prix d’encouragement culturel de l’État du Valais en 2007 ; nous l’avions donc repéré depuis un bon moment ! Savez-vous que le Valais produit plus de films que Fribourg, Neuchâtel et le Jura réunis ? Nous avons misé sur cette innovation, c’est une sorte de capital-risques ! », se félicite Jacques Cordonier. Une mise plus que payante qui offre d’autres tickets gagnants au Valais.

JACQUES CORDONNIER, CHEF DU SERVICE CANTONAL DE LA CULTURE.

LE VALAIS CÉLÈBRE CETTE ANNÉE LES VINGT ANS DE SA LOI SUR LA PROMOTION DE LA CULTURE (ICI LE CENTRE D’EXPOSITIONS DU PÉNITENCIER, À SION, MUSÉE CANTONAUX DU VALAIS) © ALINE FOURNIER

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VIN ET TOURISME EN VALAIS : TROUVER LE BON ASSEMBLAGE TEXTE: TRISTAN LOLOUM + DAVID PICARD

TRISTAN LOLOUM CHARGÉ DE RECHERCHE À L’UNIVERSITÉ DE DURHAM (GRANDE-BRETAGNE)

DAVID PICARD PROF. D’ANTHROPOLOGIE DU TOURISME À L’UNIVERSITÉ DE LAUSANNE

L’œnotourisme suscite depuis quelques années un fort engouement en Valais. Fort de son patrimoine viticole et de son tourisme, le Valais présente toutes les dispositions pour devenir une destination œnotouristique de premier ordre. Entre ses guérites, ses sentiers viticoles, ses fêtes vigneronnes, son musée, ses nombreux lieux de dégustation et autres animations originales en lien avec le vin, l’offre œnotouristique valaisanne est riche, mais elle paraît encore trop éclatée pour être visible et performante. Dans un contexte de forte concurrence internationale, de recul des surfaces de vigne et de baisse de la consomVALAIS VALEUR AJOUTÉE

mation de vin, l’œnotourisme se présente comme un moyen de «monter en gamme», de promouvoir les vins valaisans, de préserver le paysage viticole et de diminuer la dépendance vis-à-vis de la grande distribution. Alors que les producteurs valaisans vendent encore beaucoup de vin en vrac et continuent de sous-traiter une partie de leurs activités dans d’autres cantons, l’œnotourisme doit permettre de créer de la valeur ajoutée en Valais. Outil de promotion, l’œnotourisme est aussi un moyen de fidéliser la clientèle, d’attirer de nouveaux consommateurs et de se distinguer de la concurrence. L’Interprofession de la Vigne et du Vin (IVV) l’a d’ailleurs bien compris, affichant dans son rapport de 2015 une volonté de faire du Valais « la destination viticole favorite des Suisses ». L’œnotourisme ne sert pas que la viticulture, il est aussi un atout pour la marque territoriale valaisanne et le tourisme en général, très centré sur montagne. La bonne image des vins valaisans et la beauté des paysages viticoles sont en effet un moyen de

valoriser un autre atout majeur du Valais : sa vallée et ses coteaux agricoles. C’est l’une des raisons pour lesquelles Valais/Wallis Promotion (VWP) travaille à développer des outils marketings faisant figurer l’œnotourisme au côté des attractions phares du canton.

Structurer l’offre L’offre œnotouristique peine à trouver sa place dans le système touristique existant à travers des packages de produits facilitant la venue de touristes intéressés par le vin. Pour gagner en visibilité, cette offre devrait être articulée autour de produits d’appel et de pôles de développement ( villages, sites emblématiques, icônes ) permettant de porter l’image du canton au-delà des frontières cantonales. L’organisation de l’offre œnotouristique dépendra des volontés politiques et du modèle de leadership qui reste à définir entre les offices du tourisme, VWP, l’IVV et les encaveurs.


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L’INNOVATION DANS LE TOURISME

FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS DE L’ŒNOTOURISME EN VALAIS OFFRE • Élaboration de packages intégrés ( exemple: dégustation + nuitée + forfait ski ). • Visibilité: produits d’appel et pôles de développement ( exemple : musée du vin, village vigneron ).

SAISONNALITÉ

L’ŒNOTOURISME, AUSSI UN ATOUT POUR LA MARQUE TERRITORIALE VALAISANNE ET LE TOURISME EN GÉNÉR AL

Tirer profit de la saisonnalité L’œnotourisme est logiquement envisagé comme une activité estivale. Pourtant, l’hiver est aussi la période de plus forte fréquentation touristique ( en Valais ) et de moindre intensité-travail pour les encaveurs. N’y aurait-il pas des synergies à trouver entre les acteurs du vin et les stations de montagne et des opportunités à saisir les jours de mauvais temps, dans les files d’attentes de remises de clés des appartements de vacances, lors des semaines sans neige, de l’Après-ski, des trajets plaine-montagne ?

Cibler la clientèle Il faut distinguer la clientèle touristique existante ( présente en Valais surtout pour les activités de montagne ) de la clientèle spécifiquement œnotouristique ( essentiellement locale, romande et alémanique ). La première doit être sensibilisée à la richesse du patrimoine œnologique et gastronomique valaisan − au-delà du traditionnel « Fendantraclette » − et orientée vers des services œnotouristiques standards ( « clé en main » ) combinés à l’offre de mon-

tagne. La seconde doit être développée à travers une communication plus performante et une offre de produits plus lisible. En l’absence de stratégie d’exportation claire et coordonnée, la clientèle étrangère ne peut être envisagée que comme une clientèle de consommateurs et non d’acheteurs ; d’où l’importance de mettre en place des prestations où la dégustation et la découverte des vins valaisans sont une finalité de l’échange commercial, et non un simple préalable à la vente.

Rassembler les acteurs du vin et du tourisme

• •

Offre quatre-saisons (aussi en hiver). Synergies entre encaveurs et stations.

CLIENTÈLE • Captation de la clientèle touristique existante. • Synchronisation des stratégies d’export et d’œnotourisme.

FORMATION • Favoriser l’interconnaissance entre acteurs du vin et du tourisme ( rencontres, réseau, événementiel ). • Professionnalisation de l’accueil en cave, sensibilisation aux métiers du tourisme. • Education des touristes ( promotion des cépages autochtones ).

La formation est un facteur clé de réussite. Elle ne vise pas uniquement la professionnalisation de l’accueil dans les caves, mais aussi la sensibilisation des acteurs du tourisme ( et les touristes euxmêmes ) aux richesses du patrimoine vitivinicole valaisan. Elle facilite le partage d’expérience entre deux milieux professionnels très spécialisés ( le vin et le tourisme ). La structuration de l’œnotourisme valaisan passe par un « assemblage » ad hoc de ces deux domaines de compétence, dans le respect de leurs spécificités respectives, et non par l’importation de modèles préconçus. L’ŒNOTOURISME DOIT PERMETTRE DE CRÉER DE LA VALEUR AJOUTÉE EN VALAIS

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PUBLI-PORTRAIT

ROSTAL LA VOLONTÉ DE DÉVELOPPER TOUT LE POTENTIEL DES HERBES AROMATIQUES DU VALAIS

Fondée en 1995 par Gaston Haenni, la société Rostal Herbes Aromatiques Grand-St-Bernard SA est avant tout une histoire de cœur, de passion et de famille. Reprise en 2015 par la Distillerie Morand, ces deux entités sont dirigées aujourd’hui par le fils de Gaston, Fabrice Haenni.

Rostal collabore étroitement avec : • La Fondation valaisanne en faveur des personnes handicapées mentales ( FOVAHM ) avec un atelier intégré dédié au conditionnement des assaisonnements employant 8 personnes sous la responsabilité d’un maître socio-professionnel • La Coopérative Valpantes regroupant 40 agriculteurs biologiques de montagne, pour les herbes aromatiques • La Haute École d’Ingénieurs de Sion ( technologie alimentaire ).

UNE INTÉGRATION QUI FAIT DU SENS Rostal est spécialisée dans la fabrication et la vente de produits à base d’herbes aromatiques, principalement Bio. La majeure partie des herbes aromatiques utilisées proviennent de la Coopérative Valplantes qui regroupe 40 agriculteurs biologiques de montagne. Le choix stratégique d’opter pour le Bio a permis à Rostal d’entrer chez les grands distributeurs, car l’enseigne était pratiquement la seule dans ce créneau à la fois Bio et local et, de plus, elle était compétitive face aux géants du secteur. L’intégration, l’année dernière, dans la Distillerie Morand a représenté une solution logique et idéale, car les deux entités partagent de fortes valeurs communes : terroir, qualité des produits et caractère valaisan. Sans compter de nombreux clients en commun – notam-

ment la grande distribution – et beaucoup de potentiels de synergies. Pour Rostal, cela permettait de s’appuyer sur une plus grande structure pour développer ses gammes de produits et pour la Distillerie Morand, cela lui donnait l’opportunité de se diversifier avec un produit de niche. UNE VASTE GAMME DE PRODUITS En plus des recettes de mélanges d’épices et d’herbes aromatiques développées dans les années 70, la société s’est diversifiée en lançant une gamme de 6 tisanes biologiques, ainsi que 2 alcools à base de génépi. Une gamme prémium est en cours de développement avec 3 nouvelles tisanes « le goût des Alpes » qui sont déjà sur le marché. La société garde intact son potentiel d’innovation, afin de lancer de nouveaux produits et conquérir de nouveaux

marchés, notamment à l’exportation où l’image des Alpes est porteuse, notamment pour les herbes aromatiques. LE GOÛT DES ALPES Que ce soit les tisanes : Le Trésor des Pâturages ( tisane de camomille avec mélisse ), La Force des Cimes ( tisane de calendula avec thym citronné ), L’Etoile des Glaciers ( tisane edelweiss avec verveine ), tous les produits sont conçus pour que l’utilisateur retrouve à la fois le « goût des Alpes » et le bienfait des herbes aromatiques du Valais. LES LABELS QUALITÉ La société dispose de plusieurs labels qualité. Des produits sont certifiés Bio Suisse. D’autres sont labélisés Migros Bio ou Marque Valais. Ceci témoigne de la qualité des matières premières utilisées.

ROSTAL HERBES AROMATIQUES DU GRAND-ST-BERNARD SA, RUE DE PLAISANCE 2, 1920 MARTIGNY 027 722 20 36, INFO@ROSTAL.CH, WWW.ROSTAL.CH


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COLLECTOR

DES ENTREPRISES VALAISANNES INNOVANTES

UN VALAIS INDUSTRIEL EN PLEINE EFFERVESCENCE TEXTE: LUZIUS THELER + DIDIER PLANCHE

sont plus rarement désignés comme innovants. Raison pour laquelle Valais Valeur Ajoutée leur accorde cette fois-ci une large tribune.

LUZIUS THELER JOURNALISTE

DIDIER PLANCHE DIRECTEUR DE LA PUBLICATION

Avec plus de 27'000 grandes entreprises, PME, TPE et start-up de tous les secteurs d'activité, le tissu économique valaisan offre une belle et riche variété. L'industrie et la technologie représentent à elles seules environ 30% du PIB cantonal et 20% des emplois, tandis que le chiffre d'affaires réalisé avec l'étranger s'élève à 20% du même PIB, grâce à quelque 600 entreprises travaillant à l'exportation. Qu'il s'agisse de la chimie, de la pharmaceutique, de la métallurgie, de la micro-mécanique, de la micro-technique ou encore de l'horlogerie, tous ces secteurs comptent des fleurons se distinguant dans l'innovation. Les secteurs de l'agriculture, de la viticulture et de la culture ne sont pas en reste, même s'ils VALAIS VALEUR AJOUTÉE

Chimie : l'accent sur l'internationalisation et l'efficience L'histoire du site chimique de Monthey remonte à 1894, avec la création de la Société des Usines de Produits Chimiques. Tout d'abord focalisé sur la fabrication de produits chimiques de base, il s'oriente ensuite vers des molécules à plus haute valeur ajoutée comme les pigments, puis les polymères et les produits pour l'agriculture. Trois grandes entreprises, issues de la fusion entre Ciba-Geigy et Sandoz, mènent toujours ces trois activités : BASF pour les pigments et les azurants optiques, Huntsman Advanced Materials pour les polymères et Syngenta pour l'agrochimie ( herbicides, fongicides, insecticides ), laquelle a été rachetée cette année par ChemChina, le plus grand groupe chimique de

Chine. Propriété commune de BASF et de Syngenta Crop Protection, Cimo Compagnie industrielle de Monthey fonctionne pour sa part comme prestataire de services du site chimique montheysan. Au-dessus de Monthey, à Troistorrents, Auxyme fournit des services professionnels pour la chimie, la pharmaceutique, la biotechnologie, la cosmétique, l'alimentaire, les déchets, etc. Et puis à quelques encablures toujours de Monthey, à Vouvry précisément, le CCV Centre Chimie Vouvry est spécialisé dans le revêtement anticorrosion et la diélectrique, tandis que Trb Chemedica produit des acides hyaluroniques pour une utilisation thérapeutique ( neurologie, ophtalmologie, orthopédie, rhumatologie ). Vionnaz n'est pas en reste avec Bachem ( précédemment Sochinaz ), qui fabrique des peptides, désormais leader mondial dans la production de l'anesthésique propofol. En remontant la vallée du Rhône, à Martigny, Swiss Med Technologies est active dans la fabrication des lignes de production de fibres creuses pour le traitement de l’eau ( ultrafiltration ) et du sang ( dialyse ), avec leur #10 – HIVER 2016-2017


AVEC WIR, VOTRE CHIFFRE D’AFFAIRES AUGMENTE GRÂCE À VOTRE BANQUE. Il n’y a qu’une seule banque qui donne des ailes à votre chiffre d’affaires. Parce qu’elle est plus qu’une banque. WIR est le plus grand réseau de PME de Suisse. WIR est synonyme d’élan et de profits. De plus, WIR est aussi une banque solide, 100% suisse. WIR parle la langue des PME. À découvrir dès maintenant sur wir.ch


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DES ENTREPRISES VALAISANNES INNOVANTES

assemblage en modules. En montant en direction du Grand-St-Bernard, l'entreprise Biar à Sembrancher conçoit et fabrique des systèmes d'échantillonnage pour liquides et gaz, en ligne ou sur réacteurs. Puis, chemin faisant, s'impose le site chimique de Viège intimement lié à l'entreprise Lonza, dès 1907. L'année dernière, les affaires se présentèrent plutôt mal pour Lonza avec la fin du taux plancher EUR/CHF et son action chuta de 20%. Les coûts élevés de son usine de Viège grevèrent de plus en plus lourdement l'ensemble du groupe. Mais l'entreprise surmonta ce choc monétaire grâce à une combinaison entre accroissement de la productivité, gestion rigoureuse des coûts, minimisation des effets des taux de change et innovation dans les produits et les procédés. Tout au long de son histoire, Lonza n'a en fait pas cessé de se réinventer. Son succès repose sur une formule simple, celle d'une compétence unique venant de la connexion entre expertise en biotechnologie et savoir-faire en chimie fine. Le groupe axe sa capacité d'innovation sur les méga-tendances du XXIe siècle – médicaments de haute qualité, bienêtre, utilisation intelligente et protection des ressources, besoin en eau propre –, laquelle débouche sur la double stratégie suivante: Lonza exploite des synergies couvrant tous les domaines, d'où découlent des similitudes technologiques entre les divers segments. Le groupe parvient ainsi à un profil de risque équilibré, en trouvant une harmonisation subtile entre le segment plus stable de la chimie spéciale et celui plus volatil et plus exigeant de la pharmacie et de la biotechnologie. De la sorte, Lonza peut offrir aux marchés cibles des capacités exceptionnelles et un savoir-faire approfondi prenant la forme de produits sur mesures ; un savoir-faire étroitement lié aux plate-formes technologiques destinées à la biotechnologie ( médicaments cardio-vasculaires et contre le cancer ), à la chimie fine ou à une combinaison des deux. C'est aussi le point fort du site de Viège. Toujours à Viège, Swissfillon fournit des services de remplissage et de finition VALAIS VALEUR AJOUTÉE

REDELEC TECHNOLOGIE, L'EXPERTE DE L'INDIGO Précédemment jeune start-up logée à l'incubateur du BioArk (  Monthey  ), RedElec Technologie, implantée depuis plusieurs années à Riddes, a créé une nouvelle technologie électrochimique permettant d'effectuer des transformations redox. Active dans l'électrochimie, la PME contribue à diminuer le coût des procédés industriels de transformation d'une substance, en minimisant la quantité de matières premières nécessaire. L'utilisation de l'électron, en lieu et place d'agents chimiques traditionnels, amoindrit considérablement l'impact de la technologie sur l'environnement. Son fondateur, David Crettenand, s'est alors orienté vers le développement d'un nouveau processus de fabrication de l'indigo, l'un des premiers pigments produit dès 1911 sur le site chimique de Monthey. À force de travail et de ténacité, il a réussi a surmonter toutes les embûches pour finalement introduire sa première installation industrielle pilote de production

aseptiques pour les entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques, alors qu'à Gamsen près de Brigue-Glis se situe un acteur de niche couronné de succès, la Société Suisse des Explosifs, un pur fabricant d'explosifs transformé en fabricant de spécialités chimiques.

de leuco-indigo, basée sur son procédé industriel de réduction électrochimique, à Bergame en novembre 2015. Avec son partenaire italien, Sedo Engineering, RedElec devient ainsi la première entreprise offrant une installation industrielle électrochimique aux producteurs de Denim, nécessaire à la fabrication des jeans. Il aura fallu huit ans pour développer l'installation de la cellule électrochimique de laboration jusqu'au niveau d'un prototype industriel, puis trouver un partenaire aussi compétent que motivé et doté d'un accès privilégié au marché, pour construire et finaliser une première installation industrielle commercialisable à un prix compétitif. Le jeans le plus « vert » du monde est désormais fabriqué à Inveruno, près de Milan, puisque l'entreprise italienne Italdenim, qui produit quatre millions de mètres de jeans par an, s'appuie notamment sur l'innovation de RedElec.

REDELEC TECHNOLOGIE, SPÉCIALISÉE DANS L'ÉLECTROCHIMIE, EST DÉSORMAIS UNE EXPERTE DE L'INDIGO. ICI SON FONDATEUR, DAVID CRETTENAND

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PAPIVAL SA DE L’EMBALLAGE À L’HYGIENE : UNE DIVERSIFICATION QUI PORTE SES FRUITS

Fondée en 1961, la société Papival SA s’est forgé une solide réputation, entre autres dans le domaine de l’emballage pour le marché des fruits et légumes ainsi que dans le domaine du vin. Il y a quelques années, elle a créé une gamme complète autour de l’hygiène, secteur qui se développe de plus en plus au sein de l’entreprise et qui présente un fort potentiel de développement dans les années à venir.

ASSURER LA PÉRENNITÉ DE L’ENTREPRISE Après plus d’une cinquantaine d’années dans le domaine de l’emballage dans les secteurs : marché des fruits et légumes, commerce du vin, boulangerie, catering, industrie et commerce de détail, Papival SA avait atteint son seuil de croissance, avec également une forte concurrence étrangère, l’avènement d’internet et une érosion progressive de ses marges. Il fallait donc trouver de nouveaux débouchés pour assurer la pérennité de l’entreprise. Remo Sargenti, qui assure la direction de l’entreprise depuis 1992, a donc décidé de créer une gamme complète autour de l’hygiène, domaine complémentaire qui offrait de nombreuses synergies avec l’emballage, notamment au niveau de la clientèle. UNE DIVERSIFICATION RÉUSSIE

non seulement en Valais, mais également dans toute la Suisse romande et en Suisse alémanique. Ce choix stratégique permet aujourd’hui à Papival SA de se positionner comme un grossiste-distributeur qui occupe une position dominante dans le secteur de l’hygiène, grâce notamment à un stock important de produits, constamment renouvelé, et à un service de livraison rapide et de qualité. Papival SA tient à garder sa propre logistique, notamment au travers de sa flotte de véhicules, ce qui lui permet d’avoir un service à la clientèle très réactif. Elle veut également rester une entreprise de proximité qui privilégie l’écoute et le contact direct, grâce notamment à huit commerciaux qui se rendent régulièrement chez les clients pour satisfaire au mieux leurs attentes. Avec ses 35 collaborateurs, qui forment

une équipe motivée et compétente, et dont la principale caractéristique et la stabilité et la fidélité à l’entreprise, Papival SA peut envisager sereinement l’avenir. LES PERSPECTIVES Depuis le 1er janvier de cette année, les clients peuvent profiter des avantages de l’achat en ligne, via le Web Shop. Dans quelques semaines, l’ouverture d’un magasin au siège de l’entreprise offrira à sa clientèle encore plus de flexibilité pour ses achats. Remo Sargenti est convaincu que le domaine de l’hygiène offre de nombreux débouchés dans l’avenir et que la croissance va se poursuivre, notamment sur le marché national, car Papival SA peut s’appuyer sur son expérience et ses valeurs : réactivité, disponibilité, qualité du service, compétitivité, écoute et conseil.

L’adhésion, il y a 8 ans, au Groupe Europe Hygiène (GEH) a ouvert les portes d’une gamme de plus de 5000 articles en stock et l’accès direct à des dizaines de milliers d’autres articles et de bénéficier également de conditions d’achat extrêmement compétitives. La société est à même, aujourd’hui, de proposer un assortiment complet de produits et matériels d’hygiène destinés à l’essuyage, au nettoyage et à la protection. Ses clients actuels sont des collectivités, le domaine de la santé au sens large (hôpitaux, EMS, centres thermaux, etc.), le secteur HORECA (Hôtellerie et restauration), les PME/PMI et l’artisanat PAPIVAL SA, ROUTE DE CHIPPIS, CASE POSTALE 4235, 1950 SION 027 205 70 20, CONTACT@PAPIVAL.CH, WWW.PAPIVAL.CH, WWW.EMBALLAGE-HYGIENE.COM


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DES ENTREPRISES VALAISANNES INNOVANTES

Pharmaceutique: en plein essor grâce à sa diversité Hormis l'activité de Lonza dans le secteur de la biotechnologie, brièvement décrite ci-dessus, et celles des start-up aussi actives dans les biotechnologies, le medtech et le diagnostic présentées succinctement dans cette édition (voir les textes sur les pôles technologiques de The Ark et les instituts de recherche en Valais), le secteur «Pharma» regroupe bon nombre d'enseignes spécialisées. Sans exhaustivité : Sanaro (Vouvry) qui produit les célèbres édulcorants de marque Assugrin et Hermesetas ; Cosmotec (Vouvry) qui crée, fabrique et conditionne des produits cosmétiques en sous-traitance ; DiagnoSwiss (Monthey) qui développe et commercialise des bio-puces (biochips) à hautes performances pour détecter les protéines dans les produits biologiques (plate-forme de biocapteurs électrochimiques reposant sur des technologies microfluidiques) ; Swortec (Monthey) qui fabrique et commercialise des dispositifs et outils médicaux pour l'activité de rééducation ; Laboratoires Biologiques Arval (Conthey) DEBIOPHARM RESEARCH & MANUFACTURING, À MARTIGNY, INVESTIT CONSTAMMENT DANS SON OUTIL DE TR AVAIL POUR RESTER À LA POINTE DE L'INNOVATION. © JEAN-YVES GLASSEY

DEBIOPHARM RESEARCH & MANUFACTURING, UNE PRATIQUE CONSTANTE DE L'INNOVATION ET DE L'INVESTISSEMENT La palme de la notoriété revient cependant à Debiopharm Research & Manufacturing SA, la filiale de Debiopharm Group implantée à Martigny depuis 1981. Dirigée par Cédric Sager, l'entreprise valaisanne développe des molécules compliquées à mettre en forme pharmaceutique, afin de les transformer en médicaments; depuis 1986, elle fabrique son produit-phare sous la forme de suspensions injectables à effet retard pour le traitement du cancer avancé de la prostate et de certaines maladies hormono-dépendantes. De son côté, le groupe bio-pharmaceutique international Debiopharm, créé en 1979 à Lausanne, acquiert des licences, puis développe des médicaments candidats prometteurs. Il est axée sur la mise au point de médicaments sur ordonnance ciblant

VALAIS VALEUR AJOUTÉE

des besoins médicaux non satisfaits; ses produits sont commercialisés par le biais de licences octroyées à des partenaires pharmaceutiques, pour les rendre accessibles à un maximum de patients dans le monde. En août dernier, Debiopharm Group s'est engagé à investir plusieurs dizaines de millions de dollars dans la compagnie canadienne GenePOC, pour accélérer le développement et la mise sur le marché de sa technologie de tests rapides de diagnostic moléculaire des infections (en une heure ou moins, et à un prix très compétitif). GenePOC, qui a reçu le marquage CE pour son premier test de dépistage du streptocoque de groupe B, vient de commencer la commercialisation des tests

GenePOC en Europe. La commercialisation se poursuivra l'an prochain aux ÉtatsUnis et au Canada, d'abord avec des tests pour identifier les bactéries pathogènes les plus importantes et leurs marqueurs de résistance aux antibiotiques, puis ensuite les virus. Ce nouvel investissement de Debiopharm Group confirme la cohérence d'offrir des technologies au point de service et des traitements au bénéfice du patient. Une ligne de production pour fabriquer le consommable utilisé pour les tests de GenePOC est déjà programmée à Martigny, sur le site de Debiopharm Research & Manufacturing. Enfin, Debiopharm International vient d'annoncer la conclusion d'un accord de collaboration clinique avec l'alliance Merck-Pfizer dans l'immunothérapie du cancer du poumon.

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GENEPOC, PARTENAIRE DE DEBIOPHARM GROUP ET SA TECHNOLOGIE DE TESTS R APIDES DE DIAGNOSTIC MOLÉCULAIRE DES INFECTIONS.

qui développent et fabriquent des produits cosmétiques ; Valmed (Sion) qui assure le développement et la fabrication de produits d'électrothérapie innovants pour la stimulation non-invasive de nerfs et de muscles ; Pharma Futura (Grône) qui regroupe des pharmacies, ainsi qu'une unité de développement et production de produits diététiques ; Valpharmex (Technopôle de Sierre) qui est active dans la distribution à l'étranger de médicaments en gros ; Lugaïa (Rarogne) qui est spécialisée d'une part dans des solutions d'emballage highVALAIS VALEUR AJOUTÉE

tech pour des produits pharmaceutiques sous forme de poudre et, d'autre part, dans le transfert stérile pour des produits biotech ; Synthes (Rarogne) qui se distingue dans les technologies médicales pour les secteurs du remplacement articulaire, de la traumatologie, de la chirurgie de la colonne vertébrale, de la médecine sportive, de la neurochirurgie, de la chirurgie maxillofaciale, des outils électriques et des biomatériaux ; Pixon Engineering (Viège) qui réalise des procédés pharmaceutiques ; Gomina (Niederwald), Prix

Montagne 2016, qui fabrique des lames de scie pour la chirurgie des os, ainsi que des pièces de précision micro-mécaniques pour l'équipement médical, ou encore Valsynthèse (Gamsen près de Brigue-Glis), filiale de la Société Suisse des Explosifs, qui élabore des principes actifs et des produits intermédiaires pour l'industrie pharmaceutique et chimique, etc.


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DES ENTREPRISES VALAISANNES INNOVANTES

Métallurgie: miser sur l'aluminium Aux côtés des industries chimique et pharmaceutique, la métallurgie occupe une place importante dans la structure industrielle valaisanne. Malgré des tensions structurelles pesant sur cette activité et une concurrence féroce, les deux sites de Novelis et Constellium à Sierre voient leurs perspectives d'avenir restées intactes, grâce aux deux secteurs de l'automobile et l'aéronautique. La raison ? Leur utilisation croissante de l'aluminium, un matériau léger et stable, pour construire des voitures plus écologiques et des avions. La tendance est d'ailleurs aux véhicules entièrement en aluminium et aux aéronefs à structures allégées. Signe des temps, plus d'un cinquième du chiffre d'affaires de Novelis est déjà réalisé avec des composants automobiles en aluminium. L'avenir de l'aluminium semble donc tout tracé et avec lui, celui de Novelis et Constellium. Surtout que des alliages sophistiqués devraient permettre de nouvelles applications pour des marchés porteurs.

MICRO-MÉCANIQUE : DES NICHES À HAUTE VALEUR AJOUTÉE Parmi tant d'autres PME valaisannes méritant aussi une distinction, Mecatis à Isérables (2007) s'identifie à un intégrateur industriel maîtrisant chaque étape du cycle de vie d'un produit. Outre l'industrialisation qui comprend la fabrication de pièces et le montage de machines, incluant les systèmes hydrauliques et pneumatiques, la réalisation de systèmes électriques et la programmation des automates, puis la mise en service pour finir par la maintenance, l'ingénierie du produit passe par la conception, l'automation, la documentation et la recherche des bons partenaires pour sa fabrication. La PME dirigée par Samuel Vuadens se profile bel et bien dans la mécanique et l'automatisation pour les secteurs machines industrielles, luxe & horlogerie, ferroviaire & transport, métallurgie, agroalimentaire,

BTP, électronique, énergie, tourisme & loisirs. Quant à Sametec à Sion (1981), reprise en 2008 par Gregoire Iten, elle est spécialisée dans l'usinage de pièces et d'ensembles mécaniques à forte complexité dans plusieurs matériaux (acier, acier inoxydable, cuivre, aluminium et laiton), grâce à sa technologie perfectionnée (secteurs d'activité: ferroviaire, alimentaire, haute tension, recherche, hydraulique, machine-outils). Enfin, une mention toute particulière à Mimotec à Sion (1998) qui est le leader de la fabrication de micro-composants par technologie UV-LIGA (micro-technique). Partenaire incontournable de l'industrie horlogère et du secteur du luxe, la PME du Dr. Hubert Lorenz se distingue aussi par sa technologie d'identification pour détecter la contrefaçon.

MECATIS, UN AUTHENTIQUE INTÉGRATEUR INDUSTRIEL. © JEAN-YVES GLASSEY

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INNOVATIONS ENTREPRENEURIALES DANS L'AGRICULTURE TEXTE: ROLAND PUIPPE

Fromathèque, temple 100% valaisan Le Valais recèle tant de richesses qu’il eût été dommageable de ROLAND PUIPPE JOURNALISTE ne point le condenser en un lieu unique. Ce lieu existe depuis septembre 2013. Chef-d'œuvre de belle originalité, il est l’œuvre de deux passionnés d’agriculture, ingénieur et électronicien reconvertis, Bertrand Gabioud et Yan Suttterlin. Avec le concours de quelques partenaires professionnels ayant d’emblée adhéré à leur philosophie, ils ont édifié un temple à la gloire exclusive des produits valaisans : la Fromathèque, à Martigny-Croix, au départ de la route du Grand-Saint-Bernard. Fromages et vins se taillent la part du lion dans cette caverne d’Ali Baba. Dès la fin de l’été, une trentaine de fromages d’alpage, de Morgins à Zinal, s’impatientent de votre choix. Quant aux fromages de laiterie, ils sont sélectionnés dans tout le canton, avec un regard plus appuyé du côté de Bagnes. VALAIS VALEUR AJOUTÉE

La plupart d’entre eux sont affinés sur place, dans une cave prévue pour 4000 pièces. D’alpage ou de laiterie, ils sont judicieusement choisis pour fondre délicieusement en « raclette » ou pour embellir la dégustation à la coupe. Et, last but not least, la Fromathèque célèbre avec éclat le fromage de brebis fabriqué sur place, fabrication à la laquelle opportunité est donnée d’y assister. Le lait de brebis certifié bio est transformé en fromage à raclette, tomes, bûches et bûches cendrées. Et depuis peu, la panoplie s’est enrichie de fromages de chèvre. Le magasin recèle encore d’autres trésors, de boulangerie, de salaisons et autres surprises synonymes d’épicerie fine. Dans son prolongement, un espace convivial vous attend, le bar à vins où plus de vingt producteurs valaisans réjouiront le palais des autochtones et des touristes. La Fromathèque, une entreprise valaisanne privée à 100% offrant 100% de produits valaisans ; une vitrine magistrale pour refléter avec fierté la réalité et la noblesse du terroir valaisan.

Intchiè No : le chemin le plus court entre producteurs et consommateurs « Un de chez nous », Intchié No en langage de chez nous, a fêté son premier anniversaire en mai dernier. Intchiè No est un magasin de produits du terroir empruntant le chemin le plus court entre les producteurs et les consommateurs. Il est l’œuvre de deux Contheysans, Raphaël Bianco, arboriculteur et maraîcher, et Grégoire Dessimoz, vigneron-encaveur, cave la Colombe. Ce petit magasin, situé au Grand-Pont 46 à Sion, de grande richesse visuelle et gustative, fait la part belle aux fruits et légumes, dont des variétés anciennes, valaisans et de saison évidemment. Ils sont accompagnés d’une pléiade de produits artisanaux, d’une sélection de fromages, de produits laitiers et de boulangerie ( four banal et four à bois ), de salaisons, de vins de terroir, de jus de fruits, de sirops, de bières artisanales, de liqueurs et de spiritueux et j’en oublie! Intchiè No sélectionne des produits uniquement en provenance de petits producteurs. Le Valais est représenté à 90%, le solde


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DES ENTREPRISES VALAISANNES INNOVANTES

L'ESSENCIER: CATHERINE MAYOR PROCÈDE À L’ULTIME ÉTAPE: LA SÉPAR ATION DES PARTICULES RESTANTES D’HYDROLAT DANS L’HUILE ESSENTIELLE AU MOYEN D’UN DÉCANTEUR.

FROMATHÈQUE: AU MAGASIN, LA PART BELLE AUX FROMAGES VALAISANS (VACHE, BREBIS BIO ET CHÈVRE)

INTCHIÈ NO DIRECTEMENT DU PRODUCTEUR VALAISAN AU CONSOMMATEUR VALAISAN.

étant réparti entre les cantons de Genève, Vaud, Fribourg et Tessin. Intchiè No a-t-il un avenir ? Une année d’exploitation permet un bel optimisme. La clientèle, beaucoup de jeunes, est déjà fidélisée. Elle apprécie particulièrement de pouvoir s’approvisionner en produits cultivés et transformés près de chez elle, de qualité et à des prix fort intéressants. Travailler avec la restauration est un des nombreux axes de développement futur. Clé importante du succès : assurer le financement. Une SARL a été créée avec un capital de 20'000 francs. Le financement total nécessaire, soit 40'000 francs, est constitué de parts sociales (52 personnes) et de prêts accordés par des privés et remboursables en produits du terroir. Opération pleinement réussie… même si les patrons ont travaillé bénévolement durant la première année !

L’Essencier, huiles essentielles valaisannes Distiller des plantes aromatiques et médicinales et produire des huiles essentielles, le rêve de Guillaume Mayor et de ses parents, Jean-Michel et Catherine, exploitants de la ferme Monteiller à Icogne, est devenu réalité. La réalisation du projet a démarré en 2014 après l’obtention d’un soutien financier de l’Aide Suisse aux Montagnards pour la construction du bâtiment nécessaire à l’extraction et à la commercialisation des huiles essentielles, soutien sans lequel le rêve n’aurait pu être concrétisé. L’entreprise est opérationnelle depuis juin dernier. De la visite des cultures à l’observation du processus de distillation en passant par l’achat des huiles essentielles, c’est

un site complet fort attrayant autour des plantes et de l’huile essentielle qui a vu le jour en Valais. L’Essencier, c’est le nom de la distillerie, nom éponyme du vase florentin permettant de séparer l’huile essentielle de l’hydrolat, commercialise ses produits depuis juin dernier. La famille Mayor cultive (bio depuis 2003) trois hectares de plantes aromatiques et médicinales: thym, sauge sclarée, origan, sarriette de montagne, lavande aspic et lavande fine, hysope, romarin, menthe, pin, épicéa, mélèze et camomille. Une cinquantaine d’huiles essentielles et une gamme complète de cosmétiques sont proposées à la vente.

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COLLECTOR

INNOVATIONS ENTREPRENEURIALES DANS LA VITICULTURE TEXTE: ROLAND PUIPPE

Tsampéhro vise l’excellence, uniquement Tsampéhro, nouvelle cave en Valais, n’est pas une cave ordinaire. Tsampéhro est une entreprise vitivinicole innovante, aussi bien par sa structure que par sa philosophie, par sa volonté de n’élever que des vins haut-de-gamme. Le Clos de Tsampéhro, selon l’appellation d’un ancien lieu-dit, est né en 2011, après cinq ans de travail préparatoire, de la volonté de quatre professionnels passionnés, mus par un idéal qu’aucun compromis ne saurait entacher: Joël Briguet, propriétaire-exploitant de la Cave la Romaine à Vaas/Flanthey, Vincent Tenud, œnologue de La Romaine, Emmanuel Charpin, ingénieur-œnologue, d’origine française, établi en Suisse depuis 2001, et Christian Gellerstad, financier suédois, convaincu du potentiel extraordinaire des terroirs de son pays d’adoption. Le Clos de Tsampéhro est une seule entité de 2,5 hectares constitué à l’origine de quelque 35 parcelles. Son remembrement a permis de procéder à un ré-encépagement partiel correspondant à la philosophie de production. Dans cette perspecVALAIS VALEUR AJOUTÉE

tive, le Clos de Tsampéhro, limitant son aire à dix cépages, ne produit, originalité innovante unique en Valais, que trois crus, un assemblage rouge, un assemblage blanc et un brut. Le Tsampéhro rouge (cornalin, cabernet sauvignon, cabernet franc, merlot) révèle l’âme valaisanne qui s’exprime avec race (bordelaise) et élégance (bourguignonne). Le Tsampéhro blanc scelle l’union de deux cépages emblématiques valaisans, l’heida et la rèze, avec le completer, floral à souhait. Le Tsampéhro brut, sans occulter ses racines valaisannes (petite arvine) admire les grands champagnes (chardonnay, pinot noir). Une forte densité de plantation combinée à de petits rendements permet d’obtenir une vendange optimale. Quant aux traitements à la vigne, ils sont réalisés, explique Emmanuel Charpin, «selon les techniques de viticulture biologique et biodynamique de manière non-contraignante, donc sans recherche d’un label». Les vins sont vinifiés et élevés en cuves de chêne et/ou en barriques (15 à 18 mois pour les blancs et 21 mois pour les rouges). Le Clos de Tsampéhro offre une belle alternative aux crus étrangers haut-

de-gamme, tout en magnifiant la qualité et l’image des vins du Valais. Le prix est évidemment en correspondance. Le Clos de Tsampéhro a misé juste puisqu’il vole de succès en succès.

L’atomiseur du futur L’association ValNaturePro, à Salquenen, émanation de la coopérative Valnature, a obtenu en 2013 le Prix Créateur de la Banque cantonale du Valais pour son prototype d’atomiseur électrique. ValNaturePro a pour but de promouvoir l’agriculture biologique. Les premiers essais réalisés avec l’atomiseur électrique ont été jugés très concluants, explique Harald Glenz, chef du projet: pas de pollution, pas d’odeur, moins de bruit et de poids qu’un atomiseur traditionnel, maniabilité optimale, peu d’entretien, durabilité et, évidemment, efficacité. En revanche, son prix pourrait poser problème. Il est quatre à cinq fois plus cher qu’un atomiseur traditionnel à cause de la batterie (lithium) mais, corollaire intéressant, son achat


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est subventionné par l’Association. ValNaturePro, n’étant pas producteur, est actuellement en discussion avec Cimark à Sion, afin de trouver une solution satisfaisante pour une production en série.

Divico renaît de ses cendres Près de 2000 ans après sa mort, Divico, le mythique chef helvète vaincu par les troupes de César à Bibracte, renaît de ses cendres et coulera désormais des jours heureux dans nos palais. Agroscope lui a redonné vie sous forme d’un cépage doté d’une résistance élevée aux maladies fongiques de la vigne. Divico participe ainsi au développement d’une viticulture plus écologique, en réduisant considérablement l’utilisation de produits phytosanitaires. Christian Blaser, responsable viticole de la cave Le Bosset à Leytron, a rejoint les quelques viticulteurs-encaveurs romands et tessinois ayant décidé de pratiquer les essais de vinification proposés par Changins, où il a participé d’ailleurs, dès 1996, au programme expérimental sur ce cépage. «Une opportunité intéressante dans l’esprit d’une agriculture durable et une promesse qualitative certaine», analyse Christian Blaser. Quel avenir pour le plus «helvète» des cépages? Les premiers essais sont en-

DES ENTREPRISES VALAISANNES INNOVANTES

courageants; le vin est séduisant, d’une structure plus intense que le gamaret. Ils devraient permettre de juger de l'adaptation de ce nouveau cépage aux différents terroirs du vignoble suisse et de définir les modes de vinification les mieux adaptés aux types de vin souhaités.

Lombricompost, écologique et de qualité Olivier Mounir de la Cave du Rhodan à Salquenen a reçu le Prix Agrivalais en 2015 pour la mise en œuvre d’un compost écologique, le lombricompost. Le système est certes connu, mais l’originalité innovante réside dans la recette. Les vers (lombrics) sont nourris avec un mélange de fumier de cheval (ou de vache) et, une première en l’occurrence, de marc de raisin. Le compost qui en résulte est de meilleure qualité qu’un compost traditionnel et d’un poids nettement inférieur. Il permet une prévention optimale contre les maladies grâce aux bactéries produites et ménage le sol. Pour l’heure, Olivier Mounir dispose d’une installation pilote, financée avec le Prix spécial décerné par la Banque cantonale de Zürich, en 2014, pour son implication dans le développement durable. Son souhait: que les viticulteurs d’une région s’entendent pour construire une installation commune.

LE CHAI DE TSAMPÉHRO, ESTHÉTIQUE ET FONCTIONNEL À SOUHAIT. © TSAMPÉHRO

PROTOTYPE TESTÉ PAR UNE TRENTAINE DE VITICULTEURS. © VALNATUREPRO

DIVICO EN BOUTEILLE DE 50CL; LE 2015 A ÉTÉ VINIFIÉ EN BARRIQUE

L’INSTALLATION PILOTE DE LA CAVE DU RHODAN

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COLLECTOR

INNOVATIONS ENTREPRENEURIALES DANS LA CULTURE TEXTE: JOËL CERUTTI

De la société helvétique, on ne tire pas forcément des constats hilarants. Comme le relève André Pignat, fondateur et directeur artistique JOËL CERUTTI JOURNALISTE d’Interface : « Si l’on se réfère à certaines études, 25% de la population suisse est en burn-out, donc en perte de sens. Jamais un banquier, un entrepreneur ne se disent « Je vais donner du sens », seuls les artistes le peuvent. Mais ils doivent se remettre en cause. » André Pignat se souvient d’une récente assemblée générale des hôteliers valaisans. « Interface y avait été invité. Devant la conjoncture actuelle, chacun était sous le coup d’un traumatisme. Leurs discours évoquaient leurs difficultés, nous avons montré nos solutions », indique-t-il. Celles-ci arrivent en droite ligne du « Balcon du Ciel », un théâtre qui domine la plaine du Rhône depuis le village du Nax. Depuis deux ans, la force de mouvement devient exponentielle. « Dans un périmètre de 100 mètres, il y a le seul hôtel de paille d’Europe. Nous retrouvons Ceres, qui réalise la meilleure teinture mère végétale au VALAIS VALEUR AJOUTÉE

monde. Y habite aussi Thomas Büchi, l’architecte qui a conçu la charpente du Palais de l’Équilibre pour Expo 02. Il a construit à Nax deux maisons qui produisent de l’électricité », énumère André Pignat.

Puissance touristique exceptionnelle Si le champ d’action s’élargit, on tombe sur Germaine Cousin, Andrée Fauchère, ou Alchémille, une école de plantes médicinales sur Evolène. Constat logique: le val d'Hérens est une zone préservée avec une puissance touristique exceptionnelle! Via la culture et les manifestations programmées au « Balcon du Ciel », André Pignat décide de relier ces entités qui, jusqu’alors, existaient seules dans leurs coins : « Si l’on réunit la culture, la santé par les plantes, l’hôtellerie, il y a un mot pour englober le tout: c’est le tourisme. On doit évoluer sous peine de crever, sinon on reste sur de vieux concepts inadaptés. Derrière les glaciers, il y a le savoir-faire de tout le monde. Les gens du val d'Hérens deviennent mobiles dans leurs univers. »

Du coup, la région connaît d’autres vigueurs. « Tous les hôteliers jouent le jeu et mettent à disposition gratuitement des voitures électriques pour les touristes. Quoi de plus normal au pays de la Grande Dixence ? On valorise le patrimoine, il n’est pas très logique, ou cohérent, d’aller voir des edelweiss en 4x4. Nous ne sommes plus dans la logique d’un tourisme qui pique rapidement du fric à nos visiteurs et qui impose le bétonnage. La montagne reprend son rôle de déstressant, qui “dépollue”, ce qui est finalement le but en soi du tourisme. Ce sont des offres qui ont du sens ! », reconnaît-il.

Changements de paradigme Autour de la dynamique artistique du Balcon – concerts, conférences, danses, cinémas, brunch, festival, stages – l’énergie croît et se multiplie. « On ne se confine pas qu’au réseau culturel, on reconnaît la puissance du voisin… », souligne André Pignat. La force d’Interface – à présent théâtre, compagnie et fondation – vient d’une expérience de vingt-six ans.


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DES ENTREPRISES VALAISANNES INNOVANTES

« La culture soigne, relie et se révèle bénéfique pour nos régions. C’est notre credo. » André Pignat, fondateur et directeur artistique d’Interface

www.theatreinterface.ch

« Nous recevons 20'000 francs de soutien et la Commune de Sion nous prête les locaux. Cela permet la création d’une vingtaine de spectacles, dont quatre vont sur Avignon. Notre compagnie accomplit une révolution. Nos productions tournent dans le monde entier, en Corée, en Afrique, avec un langage universel compris de tous », dit-il avec enthousiasme. Ultime retom-

UNIQUES EN LEURS GENRES Sur la scène romande, ces lieux artistiques valaisans se révèlent hors normes. Notre sélection : • LA BOUCHE QUI RIT ( St-Maurice ) ; parce que Jacky Lagger en a fait un lieu à son image avec une programmation qui affiche des artistes rares. → bqr.ch • MALÉVOZ QUARTIER CULTUREL ( Monthey ) ; parce qu’un hôpital psychiatrique qui affiche une salle de spectacle, une galerie, des possibilités d’artistes en résidence, le tout sous l’impulsion de Gabriel Bender mérite le détour. → malevozquartierculturel.ch • LA COMPAGNIE NEO ( Charrat ) ; parce qu’elle vient de fêter sa

Elle est un terrain d’échanges avec les entrepreneurs. L’État est un partenaire, il n’est plus le seul élément. Il y a des changements de paradigme artistique, à l’artiste de trouver son chemin. Il doit prendre conscience qu’il n’est plus sous la perfusion de l’État. Bêtement, lorsqu’on sort de ses spectacles, il faut y avoir de la lumière dans les yeux », affirme André Pignat.

bée de cette aventure, une structure posée sur Martigny – le théâtre « L’Agora » qui veut éviter à notre culture valaisanne des difficultés de santé. « La culture est en situation de crise, elle doit se repositionner pour être intéressante, reconstruire un lien, créer une résonance chez l’autre. Il faut aussi montrer aux partenaires institutionnels tout l’argent que génère la culture.

décennie d’existence et qu’elle est devenue la seule compagnie de danse escalade en Suisse. → compagnieneo.ch

• EPAC première école de Bande Dessinée et Game Art en Suisse ( Saxon ) ; parce qu’elle est privée, se relie aux HES-SO, et prépare la relève dans le domaine graphique. →epac.ch • LA GRANDE MAISON ( Chandolin / Savièse ) ; parce que, en Valais, c’est l’unique établissement qui mélange gastronomie et zygomatiques, misant sur des spectacles d’humour. → authentic-switzerland.com • LE BALADIN ( Savièse ), Centre culturel dirigé par le journaliste

et auteur Jean-François Fournier ; parce que, dans la pléthore d’offres contemporaines, le centre mise sur des spectacles grand public ayant fait leurs armes sur Paris. → lebaladin.ch

• LA MANUFACTURE DES RÊVES ( Tout le canton ) ; parce que ce collectif d’artistes, mené par Fabien Girard, assure des événements ou des expositions remuantes tant à Malévoz qu’à la Vidondée de Riddes. → manufacturedesreves.com • THÉÂTRE LES HALLES ( Sierre ) ; parce qu’il s’agit de la seule infrastructure qui lui permet d’exploiter beaucoup de modules pour les créations. Ses cycles offrent des rencontres rares entre artistes et public. → tlh-sierre.ch

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PUBLI-PORTRAIT

BANQUE WIR LA PREUVE NUMÉRIQUE : WIR PARLE PME

Nouvelle présentation, révolution numérique et produits attrayants destinés à l’épine dorsale de l’économie suisse : la société coopérative Banque WIR réinvente l’univers WIR, tout en misant sur des concepts éprouvés au cours de ses 82 ans d’histoire. Le concept fondamental de la monnaie complémentaire WIR n’a jamais été autant d’actualité qu’aujourd’hui : la promotion des PME. Désormais, notre système unique au monde est entièrement modernisé. Frais, moderne, dans l’air du temps: c’est avec ces mots que la plus importante relance et le renouvellement de la marque le plus ambitieux de l’histoire de la Banque WIR se résument. En plus des innovations numériques, l’accent porte sur une réorientation en profondeur du réseau WIR: après une phase de transition, il n’y aura plus que des participants WIR officiels et visibles. « Simple, équitable et transparent – ces trois caractéristiques sont essentielles à nos yeux », relève Germann Wiggli, président du directoire de la Banque WIR.

tout à la fois. Il propose également des solutions de communication et de mise en réseau, sous forme de solution Web et d’application pour smartphone (iOS/ Android). Une fois les entreprises sur le réseau WIR, elles peuvent se présenter gratuitement avec leur profil d’entreprise et mettre en vente des produits et des prestations de service dans leur propre boutique WIRmarket. Dès lors, les paiements peuvent se faire via l’option « W IRpay » ; en quelques secondes, l’application de paiement mobile

(iOS/Android) exécute et comptabilise, pour l’acheteur et pour le vendeur, les transactions en francs suisses, en WIR, voire en combinant les deux, à distance ou lors de contact direct avec le client. Toutes les données du paiement peuvent être saisies rapidement et en toute simplicité, manuellement ou au moyen du code QR généré. L’ensemble des prestations de service numériques ( y compris la nouvelle carte de débit « W IRcard plus » ) sont gratuitement disponibles aux entreprises sous

Avec l’initiative « PME – et toi? » lancée cet été, la Banque WIR adopte une position claire vis-à-vis de la question de la numérisation dans les PME, notamment lors d’un roadshow à travers la Suisse, et en procédant à une étude représentative sur les PME suisses (présentation des résultats le 25 novembre 2016 dans le cadre de la Foire WIR à Zurich), ainsi qu’avec le lancement du blog WIR (blog.wir.ch) et une présence renforcée dans les médias sociaux qui en résulte. De plus, le selfcheck PME mis à disposition des entrepreneurs sur le site Internet pme-et-toi. ch, permet de prendre connaissance des différents modèles économiques sur un marché de plus en plus concurrentiel. La nouvelle présentation, placée sous la devise « W IR parle PME », comprend des produits et des prestations de service novateurs, car le WIRmarket a été complètement remanié. A présent, il devient le point de rencontre PME numérique et comprend un outil de recherche, une boutique et une plate-forme publicitaire La société coopérative Banque WIR se positionne résolument dans les innovations numériques.


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forme de « paquet WIR pour PME ». L’application permet d’accéder au plus grand réseau d’affaires suisse, comptant 45'000 clients PME. La prospérité des PME suisses et la solidité de l’économie domestique doivent être soutenues par des mesures concrètes. Ainsi, les clients WIR existants et les nouveaux clients affichant une bonne solvabilité peuvent profiter d’un crédit immédiat de 10'000 WIR, sans intérêt, dans le cadre du nouveau paquet susmentionné. La création de nouvelles entreprises et d’autres décisions d’investissement se font dès maintenant de manière facile et sans formalités excessives. Au-delà du nouveau logo, le claim « Communauté. Valeur ajoutée. Banque » attire le regard ; il résume et explique la cohé-

rence de l’univers WIR. « La combinaison de la monnaie complémentaire WIR et du réseau PME existant permet d’accroître les recettes », explique Germann Wiggli. « Une valeur ajoutée grâce à la communauté. » La nouvelle combinaison des couleurs rouge et blanc vise délibérément à souligner la « suissitude » : « Nous sommes à juste titre, une banque solide qui déploie exclusivement son activité en Suisse. » Nonobstant tous ces nouveaux changements, la Banque WIR reste fidèle à elle-même : « terre à terre ». L’entrée dans le nouvel univers WIR est facilitée. Dès à présent, la Banque WIR offre entre autres aux PME de Suisse, l’ouverture de compte en ligne entièrement automatisée, la synchronisation avec le registre du commerce en ligne et une identification par vidéo.

De nombreuses actions publicitaires et mesures de communication accompagneront cette relance. En plus du nouveau spot TV, des campagnes d’affichage et d’annonces, plusieurs apparitions dans les médias sociaux et sur le site Internet WIR, multifonctionnel et entièrement remanié, attireront l’attention sur les valeurs fortes de l’univers WIR et la confiance de sa propre valeur. Plus simple, plus transparent, plus jeune, plus dynamique et numérique, tel est le nouvel univers WIR. Parallèlement, la Banque WIR reste fidèle à elle-même : suisse, coopérative et bien enracinée dans le territoire. VOUS TROUVEREZ TOUTES LES INFORMATIONS CONCERNANT CES INNOVATIONS SUR WIR.CH.

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COLLECTOR

«EN MOUVEMENT» AVEC LE DIGITAL ET LE HANDICAP TEXTE: DIDIER PLANCHE

À l'occasion du Forum Business Valais 2016, Valais-Wallis Promotion a aussi organisé des présentations, puis workshops sur le thème « En mouvement ». Deux intervenants de deux secteurs différents donnent leur opinion.

le tempo de ces mutations étant, en grande majorité, nord-américaines, elles véhiculent également des valeurs, des attitudes et des comportements qui constituent autant de vecteurs culturels parfois éloignés de nos fonctionnements « régionaux ».

ALINE ISOZ « Considérer le numérique comme un levier d'opportunités d'affaires »

Quels changements apporte la transformation « digitale » à l'entreprise et à ses collaborateurs ?

La transformation « digitale » peutelle supplanter la technologie pour devenir « culturelle » ?

ALINE ISOZ: La transformation « digitale», ou numérique, est déjà la traduction d'une révolution culturelle. En effet, en modifiant nos modes de vie, de communication, de transactions, d'informations et de par ses caractéristiques temporelle, géographique et sociale, la technologie a bouleversé notre rapport aux autres, à nous-mêmes, à la distance, ainsi qu'au temps. Parallèlement, les entreprises natives du digital qui donnent

VALAIS VALEUR AJOUTÉE

«La révolution numérique implique davantage d'agilité et de prospective pour les entreprises.» Aline Isoz, Experte en transformation numérique auprès d'entreprises et d'institutions romandes

A. I.: Au vu de ma réponse précédente, il est facile de se rendre compte que la transformation, via les hommes et les usages, a forcément des effets sur l'ensemble de l'entreprise : son organisation, son business model, ses produits, ses services, sa culture, les compétences nécessaires, etc. La révolution numérique implique aussi davantage d'agilité et de prospective pour les entreprises, exigeant plus de rigueur d'un côté et de capacité d'innovation de l'autre ; il faut considérer le numérique comme un levier d'opportunités d'affaires, que ce soit par une meilleure connaissance de ses clients, une meilleure capacité à identifier et à anticiper les attentes, mais aussi


101 comme un risque de constituer un levier d'opportunités pour la concurrence, notamment. Au niveau du fonctionnement interne des entreprises, le numérique modifie les outils, les processus, les métiers, la formation des collaborateurs, jusqu'aux modes de travail, notamment par la « déspatialisation » permise par le technologie. En revanche, elle ne se substitue pas à la stratégie de l'entreprise, elle la sert.

Comment faire évoluer les mentalités pour qu'elle devienne un enrichissement et non une menace ?

A. I.: La technologie n'est que de la technologie. C'est nous qui décidons ce que nous en faisons, pour autant que nous soyons conscients des enjeux et des implications. Et cela passe forcément par une meilleure compréhension de la culture digitale, de la technologie et des applications possibles de ces der-

THOMAS TROGER « La nécessité de posséder une volonté inébranlable de changer les choses » Est-il possible de transformer un handicap en atout et qu'en est-il du défi à relever, ne serait-ce qu'en s'adaptant au changement ?

«Comme dans tout changement survenant dans l’existence d’un individu ou d’une entreprise, la confiance joue un rôle central.» Thomas Troger, Directeur de l'Association suisse des paraplégiques et président du Swiss Paralympic

THOMAS    TROGER : Fondamentalement,      u n handicap, tout comme une maladie, n’est assurément pas un atout. Au contraire, c’est un défi qu’il convient de gérer du mieux possible. La survenue d’un handicap physique marque une césure grave dans la vie de tout un chacun. Cette nouvelle situation place l’existence de l’individu concerné sur une voie totalement nouvelle. Celui qui n’a encore jamais expérimenté par luimême ce genre d’atteinte a du mal à se la représenter et à en appréhender l’ampleur et les répercussions. C’est presque un art que de réussir à maîtriser ce changement et ce défi, d’aborder malgré tout l’avenir avec optimisme, d’en tirer le meilleur possible et de réorienter sa vie en fonction de ces nouvelles données. L’individu qui y parvient et qui assume son nouveau handicap en s’intégrant à nouveau pleinement dans sa famille, dans sa profession et dans la société, et qui prend une part active à celle-ci, a bel et bien maîtrisé son défi. Pour cela, il faut faire preuve de courage, de franchise et de confiance, et bénéficier d’un environnement propice.

FORUM BUSINESS VALAIS 2016

nières. Il en va donc de la culture numérique comme de toute culture étrangère à notre culture première: elle fait peur parce que nous ne la comprenons pas, aussi longtemps que nous optons pour l'ignorance. L'information et l'acculturation sont des éléments moteurs pour passer de la peur du changement à l'accompagnement au changement, à titre institutionnel comme individuel.

Quel rôle jouent la confiance et la motivation dans une situation de handicap ?

T. T.: Comme dans tout changement survenant dans l’existence d’un individu ou d’une entreprise, la confiance joue un rôle central. Dans de telles circonstances, le risque de perdre sa confiance fondamentale s'avère latent et élevé. C’est pourquoi l’entourage immédiat famille, amis, employeur, etc. - joue un rôle déterminant et décisif, car il offre un point d’ancrage, donne confiance et motive tout à la fois. Dans de tels moments, il faut se serrer les coudes, regarder ensemble vers le futur, se soutenir et rechercher ensemble des solutions raisonnables et axées sur l’avenir. Celui qui saura conserver sa confiance fondamentale et se fixer de nouveaux objectifs saura gérer la nouvelle situation et sera prêt à réagencer sa vie et à l’adapter aux nouvelles réalités. Dans une certaine mesure, ces constats peuvent également s’appliquer à l’économie et à l’entreprise. Lorsqu’une entreprise qui a su bien fonctionner et survivre dans un cadre connu jusque-là est affectée par des changements, qu’ils soient d’origine externe ou interne, des césures à l’origine de défis insoupçonnés peuvent apparaître. Dans les deux cas, la réussite de cette remise en route sur une nouvelle voie dépend de nombreux facteurs. L’importance de la confiance est toujours sous-estimée, tout comme la nécessité de posséder une volonté inébranlable de changer les choses. Pour que la gestion d’un tel changement en profondeur soit couronnée de succès, il est indispensable d’investir dans ces facteurs immatériels.

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COLLECTOR

« BUSINESS AGILITY » : « U N FACTEUR DE RÉUSSITE POUR LES ENTREPRISES » TEXTE: DIDIER PLANCHE | PHOTO: ROBERT HOFER

Face à l’évolution incertaine et volatile du marché, les entreprises valaisannes doivent faire preuve de «Business Agility». Pour Eric Bianco, chef du Service cantonal du développement économique et directeur de Business Valais, cette adaptation s’avère décisive pour saisir les opportunités d’affaires. Pour quelles raisons avez-vous choisi le thème de la «Business Agility» pour cette huitième édition du Forum Business Valais? ERIC BIANCO : L’environnement économique a changé ces dernières années. Auparavant, les entreprises avaient un carnet de commandes d’au moins six mois et pouvaient donc élaborer leurs stratégies de développement et d’investissement avec une certaine confiance. Cette visibilité a disparu et l’incertitude en résultant complexifie les prévisions à long terme, sur lesquelles devaient se bâtir les programmes d’investissement. Or, comme les marges se sont réduites comme peau de chagrin, les entre-

VALAIS VALEUR AJOUTÉE

« S’adapter au changement signifie assurer son avenir.» Eric Bianco, chef du Service du développement économique et directeur de Business Valais

prises essaient de limiter la casse en reportant les investissements, dans l’espérance d’un retour à une meilleure visibilité. Mais une telle attente ne peut se prolonger indéfiniment. Aussi, tôt ou tard, il convient de considérer cette incertitude comme une composante fixe imposant dès lors de naviguer à vue. Dans un tel environnement, la «Business Agility», ou management agile, nous paraît un concept intéressant pour la recherche de solutions à cette réorientation nécessaire des entreprises, puisqu’elle vise à réagir vite et mieux, à adapter l’organisation, les processus de production, les produits et services aux nouvelles règles du marché, en saisissant les opportunités d’affaires lorsqu’elles se présentent, voire même en les anticipant. Voilà pourquoi, à l’occasion de cette édition 2016 du Forum Business Valais, nous avons estimé opportun d’échanger sur cette nouvelle forme de management, en se basant sur des cas concrets d’entreprises valaisannes faisant face aux problématiques évoquées.


Permis de travail, autorisations diverses, exonération fiscale,

nombre de requêtes d'entreprises existantes

réseau de contacts institutionnels, etc. En 2015, plus de la moitié des requêtes adressées à Business 103 Valais concernaient le domaine financier.

FORUM BUSINESS VALAIS 2016

6% 8%

Pour quelles thématiques les entreprises existantes se sont-elles adressées à Business Valais en 2015?

9%

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Les collaborateurs trouvent-ils leur place dans la «Business Agility» et leurs compétences sont-elles davantage valorisées? E.   BIANCO  : Absolument, car améliorer l’agilité de l’entreprise et de son modèle opérationnel passe automatiquement par le développement d’une culture d’entreprise forte, qui valorise les collaborateurs. L’entrepreneur valaisan, du fait de la taille «humaine» de son entreprise, a toujours eu conscience

BUSINESS VALAIS, AU SERVICE DES ENTREPRISES VALAISANNES Business Valais réunit sous la même entité tous les acteurs de la promotion économique valaisanne. Un seul interlocuteur permet ainsi d’offrir un soutien rapide et de répondre avec efficience aux différentes requêtes des porteurs de projet. Au service des entreprises et des entrepreneurs, Business Valais met à leur disposition un éventail de prestations professionnelles et personnalisées grâce aux compétences de ses partenaires, en matière d’accompagnement et de coaching aux entreprises, de recherche en financement, de transfert technologique, de formation, de mise en relation et de bien d’autres prestations. «Business Valais déploie ses efforts au profit des entreprises et

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Finance Innovation d’affaires Rapport aux institutions publiques Structurelle/organisationnelle Cycle de vie d’une entreprise

du capital que représentent ses collaborateurs, ce qui est une chance pour notre canton. Oui, les collaborateurs sont au cœur de la maîtrise des processus et participent, à tous les échelons, à rendre l’entreprise flexible et agile. Où se positionne l’administration par rapport à la «Business Agility»?

ment son fonctionnement et son organisation. Nos activités relevant des services, nous considérons les citoyens comme des clients, afin d’optimiser nos prestations et de mieux répondre à leurs besoins. Dans ce contexte, nous cherchons à mieux valoriser les compétences de nos collaborateurs, indépendamment de leur cahier des charges, et ainsi assurer le meilleur service.

E.   BIANCO : L’administration réfléchit aussi à la manière d’améliorer constam-

des entrepreneurs qui exportent leur production à haute valeur ajoutée et créent des emplois, tout en soutenant également les PME des domaines de l’artisanat et du commerce», tient à préciser Eric Bianco. L’année dernière, les innovations dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) se sont multipliées avec de nouveaux entrepreneurs qui ont concentré leurs activités essentiellement sur la création de services. «Le Canton poursuit ses efforts de promotion sur la valorisation des sites technologiques de la Fondation The Ark, des centres de compétences comme la HES-SO Valais-Wallis et l’EPFL Valais-Wallis, de manière à attirer des entreprises à haute valeur ajoutée et se profiler comme un pôle d’excellence en matière de technologies, de recherches appliquées et d’innovation», assure Eric Bianco.

BUSINESS VALAIS EN QUELQUES CHIFFRES (2015) • 57 soutiens à l’innovation • 110 créations d’entreprises accompagnées • 49 entreprises accompagnées pour une succession • 23 millions de francs investis • 9,6 millions de francs de soutien à l’économie • 15,75 francs comme effet de levier de l’innovation pour 1 franc investi par l’Incubateur The Ark • 13 nouvelles entreprises implantées en Valais • 42 emplois prévus dès la 1re année d’exploitation • 34 millions de francs d’investissements directs étrangers • 13 inventions déposées avec le soutien de The Ark

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COLLECTOR

CAS D'ÉCOLE EN MATIÈRE DE «  B USINESS AGILITY  »

LES REMONTÉES MÉCANIQUES DE GRIMENTZZINAL SE DIVERSIFIENT DANS L'HÔTELLERIE TEXTE: DIDIER PLANCHE

Réagir vite et mieux, adapter son modèle d'affaires, ses produits et services aux enjeux du marché et anticiper ses évolutions sont les principales caractéristiques d'un management agile, ou Business Agility. En se référant à cette définition, on constate que la société des Remontées Mécaniques de GrimentzZinal SA applique cette forme novatrice de management, sous la houlette de son directeur Pascal Bourquin, de formation commerciale, bancaire et touristique. Avec déjà des résultats à la clé. Constatant ou plutôt regrettant la fermeture d'hôtels-restaurants tant à Zinal qu'à Grimentz qui, en restreignant l'offre d'hébergement et de restauration, impacte la vie touristique des deux stations, le Conseil d'administration de la société des Remontées Mécaniques de Grimentz-Zinal SA a décidé sans sourciller de reprendre l'exploitation des établissements concernés. « Dans une station, tous les acteurs économiques sont liés. Aussi, la perte de chambres d'hôtels joue un rôle sur la fréquentation touristique et par ricochet sur nos propres affaires à tous, car moins de monde dans la station signifie moins d'afVALAIS VALEUR AJOUTÉE

fluence sur les installations de remontées mécaniques, sur les pistes de ski, dans les restaurants et les bars, dans les commerces, etc. Et puis, une station avec des hôtels fermés voit son image dépréciée », affirme le directeur Pascal Bourquin. Cette activité hôtelière, parfaitement complémentaire à celle des installations de remontées mécaniques, concerne la même mission de base, le b.a.-ba du tourisme que sont « l'accueil de la clientèle et la réponse à ses attentes », rappelle-t-il. Quant à l'activité de restauration, les Remontées Mécaniques de Grimentz-Zinal la maîtrisent pour l'exercer depuis longtemps dans le cadre de ses restaurants d'altitude.

Assurer la pérennité des hôtels C'est ainsi que depuis la fin 2013, la société des Remontées Mécaniques de Grimentz-Zinal SA a repris l'exploitation des quatre hôtels Europe, Pointe et Besso ( dès la fin 2016) à Zinal, et Alpina à Grimentz, non sans quelques péripéties mémorables dont se souvient le directeur. À ce jour, leurs résultats s'avèrent plutôt

enthousiasmants avec une tendance bénéficiaire et un taux d'occupation en augmentation régulière tout au long de l'année, dynamisant au passage les comptes consolidés de la société-mère composés des trois postes Transport, Restauration et Hébergement. Avec toujours une longueur d'avance peut-être due à l'expérience professionnelle de son directeur dans le tourisme aux Etats-Unis (Vail Resorts Group pour la gestion d'événements nationaux et internationaux), le Conseil d'administration de la société des Remontées Mécaniques de Grimentz-Zinal SA estime alors incontournable de racheter les murs des quatre hôtels pour disposer d'une meilleure marge de manœuvre, mais «surtout pour assurer leur pérennité, faute de repreneurs à la suite du départ à la retraite des propriétaires, sans parler d'un cas de faillite», précise Pascal Bourquin. Ni une ni deux, l'idée fait son chemin, puis se concrétise grâce à la force de persuasion et à la détermination des futurs partenaires, puisque la société Hôtels des Cinq 4000 SA, qui va acquérir les quatre hôtels (un investissement d'environ douze


105 millions de francs) devrait voir le jour à la fin de cette année. Son financement sera assuré par la Société d'expansion touristique de Zinal (SET) et la Commune d'Anniviers, outre la société des Remontées Mécaniques Grimentz-Zinal SA qui aura la majorité des droits de vote du capital. Cette future acquisition hôtelière a déjà engendré un partenariat avec l'Ecole hôtelière de Genève qui implantera, dès le printemps 2018, différentes formations professionnelles au sein des trois hôtels de Zinal. Elles seront dispensées avant et après la saison d'été, tandis que les stagiaires auront l'opportunité de travailler dans les hôtels pendant la saison d'hiver. «L'Ecole hôtelière de Genève cherchait justement des hôtels pilotes de deux et trois étoiles pour former pratiquement ses stagiaires. Et comme elle souhaitait que ces établissements se situent sur un même site avec un seul propriétaire, soit un seul interlocuteur, notre concept l'a d'emblée séduite», se réjouit Pascal Bourquin.

Vers un paiement unique Après le rachat des quatre hôtels, ce dernier imagine déjà la possibilité pour la clientèle de régler toutes ses dépenses en une seule fois, qu'il s'agisse des abonnements aux installations de remontées mécaniques, des nuitées et des repas dans les quatre hôtels, ainsi que des consommations dans les restaurants d'altitude. Idéalement, cette formule pourrait s'étendre à tous les prestataires de services des deux stations de Grimentz et de Zinal. Pour autant que les systèmes informatiques soient compatibles et que les acteurs concernés acceptent de travailler ensemble… Développer les prestations hôtelières pour les locataires d'appartements de vacances pourraient aussi intéresser la société des Remontées Mécaniques de Grimentz-Zinal SA. Mais pour l'heure, elle se concentre sur l'augmentation du taux de fréquentation de ses quatre hôtels et l'amélioration des synergies entre eux, afin de rendre leur gestion plus efficiente.

FORUM BUSINESS VALAIS 2016

La Business Agility comme pratiquée par la société des Remontées Mécaniques de Grimentz-Zinal SA fait déjà des émules du côté de Saint-Luc-Chandolin. Parallèlement, un partenariat entre les six stations de Grimentz-Zinal, Saint-Luc-Chandolin, Vercorin, NaxMont Noble, Crans-Montana et Anzère vient d'être officialisé, sous la forme d'un abonnement de ski commun intitulé Mosaïc. De même, trois groupes hôteliers de Grimentz-Zinal, Crans-Montana et Anzère lancent une offre commune à la clientèle britannique; elle consiste à passer sept jours au total dans les trois stations, pour un tarif forfaitaire comprenant de nombreuses prestations. L'union fait la force.

NOUVELLE TÉLÉCABINE RELIANT GRIMENTZ À ZINAL OUVERTE À LA FIN JANVIER 2014 : LA PREUVE DU DYNAMISME. © ALBAN MATHIEU

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CHAQUE LIVRE EXPRIME UNE INNOVATION

HISTOIRE DU VALAIS  1 L'innovation, c'est aussi revisiter l'histoire pour mieux comprendre le passé et construire durablement l'avenir. Isabelle Evéquoz Mariéthoz, l'auteure, narre l'histoire riche en rebondissements du Valais, une vallée traversée par le Rhône, une couronne de montagnes au cœur des Alpes et de l'Europe, des cols convoités très tôt, d'abord par les Romains avec Jules César, ensuite par Charlemagne, puis par Bonaparte avant même qu'il ne devienne Napoléon. Une histoire d'indépendance mille fois proclamée et souvent mise à mal par des occupants venus de l'extérieur, mais ayant su tirer le meilleur parti des ressources de ce pays alpin. Une histoire qui se conclut

avec l'adhésion à la Confédération helvétique en 1815, davantage un mariage de raison que d'amour. L'auteure rappelle aussi que, malgré son image d'Epinal authentique et archaïque, le Valais sut faire évoluer rapidement ses structures politiques, économiques et sociales. D'ailleurs, il fut parmi les premiers cantons suisses à accorder le droit de vote aux femmes en 1970, soit un an avant sa généralisation au niveau fédéral. Le passionnant ouvrage richement illustré d'Isabelle Evéquoz Mariéthoz est une invitation à pénétrer le passé du Valais – deux mille ans d'histoire –, formant les fondamentaux de son identité d'aujourd'hui. Par Isabelle Evéquoz Mariéthoz, Editions Slatkine, Genève 2016, 93 pages, ISBN 978-2-8321-0771-3

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EN HAUTS LIEUX – MONTAGNE ET SPIRITUALITÉ  1

HOSPICES DU GR AND-SAINT-BER NAR D ET DU SIMPLON

L'innovation, c'est encore prendre de la hauteur sur les cimes valaisannes pour vivre la spiritualité. Cet ouvrage grand format sur plusieurs hauts lieux du Valais, en particulier l'hospice du Grand-Saint-Bernard, reflète superbement la beauté et l'intensité des cimes, grâce à la connaissance de l'alpiniste et guide de montagne François Perraudin, aussi photographe chevronné. Ces hauts lieux, qu'il a savamment sélectionnés, puis photographiés avec son talent pour faire vibrer l'image, se singularisent par la qualité de leur accueil, l'inspiration qu'ils gé-

nèrent, les vocations qu'ils suscitent, la spiritualité qu'ils dégagent et l'humilité qu'ils enseignent face à l'immensité et aux mystères de la création. D'un trait de plume alerte, l'auteur les raconte à travers des témoignages poignants. Comme l'écrit Jean-Michel Girard, prévôt du Grand-Saint-Bernard dans la préface de l'ouvrage, «  si l'alpinisme exige un dépassement de soi, de la limite que nous risquons de nous imposer dans notre vie confortable, il invite surtout au dépassement de la contemplation. » Un bel hommage à François Perraudin. 1    Par François Perraudin, Editions Slatkine, Genève 2016, 183 pages, ISBN 978-2-8321-0763-8

VALAIS VALEUR AJOUTÉE

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