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URBAtIa nN ger

Lazywall

Le retour des frères prodigues Actualités - bons plans - société - culture - agenda - high-tech - adresses mensuel - gratuit - n°2 - janvier/février 2013


é“dito ENCORE ! C’est sans aucun doute ce que nombre d’entre vous vont se dire en découvrant la couverture du deuxième numéro d’URbain. “Encore des rockers, ENCORE UN RETOUR !” Mais qu’ont-ils donc, chez URbain, contre les gens qui restent ? Rien du tout, évidemment. Mais tout de même, ne trouvez-vous pas étonnant tous ces passages, tous ces gens qui vont, qui viennent, qui s’en vont, qui reviennent, comme inexorablement aimantés par cette ville ? Alors en définitive, c’est peut-être aussi un peu cela, Tanger. La ville des départs. La ville des retours. C’est parce que leur histoire illustrait parfaitement ces propos que nous avons souhaité vous présenter les Lazywall. Deux musiciens archi-doués mais surtout deux jeunes hommes qui, après une quinzaine d’années d’exil en Europe, ont décidé de revenir dans leur ville. Signe d’un Tanger en pleine mutation, qu’on ne fuit plus et qui même attire furieusement. Une ville sacrément “rock n’roll” ! Je veux profiter également de ces quelques lignes pour souhaiter une excellente année 2013 à tous nos lecteurs. Une année riche en découvertes étonnantes, en rencontres émouvantes, pleine de joies petites et grandes, en bref : une grande année tangéroise. Nous espérons que ce numéro vous plaira tout autant que le premier. Vos félicitations et vos encouragements nous ont fait un plaisir immense et ont été la plus belle des récompenses. Merci pour l’accueil que vous lui avez réservé et pour nous avoir, avec un tel enthousiasme, confirmé que nous étions sur la bonne voie. Excellente lecture.

Christine Cattant

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© Nawfal Bakhat

tanger Directeur de Publication : Rédactrice en Chef : Rédaction :

A collaboré à ce numéro : Infos, brêves... Rubrique Livres Direction Artistique / Maquette : Imprimeur : Responsable Commercial : Contact Pub : Contact Mail : Site Web : Facebook : Dépôt Legal : ISSN : Photo Couverture :

Othman Noussairi Christine Cattant Philippe Chaslot, Christine Cattant, Mohammed Al Kh., Widad Triki

Estelle DuBrusc Stéphanie Gaou Crevette In Tangier Graficas Norte Abdeslam Amraoui 06 33 64 79 99 urbainmagazine@gmail.com www.urbainmagazine.com Urbain Magazine 105984 En cours © Nawfal Bakhat

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SOMMAIRE ACTUALITÉS

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À LA UNE

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Nouvelles de la ville et rendez-vous L’association coup de coeur : 100% Mamans Actus Maroc et internationales

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Les Figures de Tanger : 1 - Carla Querejeta Roca 16 La Chronique de Lotfi Akalay 20 Rencontre : Mohammed Raisssi El Fenni 22

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D OSSIER : L AZYWALL FAIT ROCKER TANGER 24 CULTURE 28

Visions de Tanger : Le concours Agenda culturel : Musique, expos, rencontres... Ciné : À l’affiche dans les salles Livres : Le choix du Libraire et de la Rédaction

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SOCIÉTÉ

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TECH & NET

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DÉCOUVERTE

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PRATIQUE

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On en parle : Brèves, indiscrétions et indigestions Tanger vue par... : Khalil Hachimi Idrissi Quand je veux, où je veux : Le régime et Moi

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Facebook à la loupe Week-end : Le Toubkal, un sommet marocain Architecture : La Plaza rendue aux Toros ? Arts : Partan, clair et obscur Conso : Les bons plans d’une Tangéroise Shopping : Une Saint-Valentin Tangéroise Forme : Alors on danse ? Parapharmacie : Nouveautés La recette tangéroise : La Pastilla de Tanger

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UTILE

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Made in Tanger / Des Tangérois formidables

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CLIN D’ŒIL

Urbanoscope Annonces immobilières Carnet d’adresses

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Actualités

N OUVELLES DE LA VILLE

LES MRE RUENT DANS LES BRANCARDS AUX FRONTIÈRES

© Cyril Rivoire

Ça barde aux postes frontières du Nord ! Une enquête ouverte cet été suite à de nombreuses plaintes déposées par des Marocains résidant à l’étranger mécontents a donné lieu à la mise en examen, à l’arrestation ou à la suspension de leur poste de 130 employés des Douanes, de la Police et de la Gendarmerie en poste aux frontières à Nador, Ceuta, Al Hoceima, Melila, Tanger-ville et Tanger-Med. Et les premières condamnations (amendes et prison ferme) sont tombées le 11 décembre au Tribunal de Tétouan concernant neuf employés en poste à Ceuta, suivies de cinq condamnations le 27 décembre à Nador. Mais l’enquête Le poste frontalier de Ceuta. se poursuit et d’autres jugements devraient sans doute suivre dans les mois qui viennent. Les fonctionnaires mis en cause sont accusés d’avoir harcelé et maltraité des MRE lors de leur passage à la frontière. Des comportements abusifs cette fois lourdement sanctionnés, ce qui devrait dissuader, on peut l’espérer, certains individus peu scrupuleux et encore moins professionnels d’exercer des pressions sur les voyageurs qui, du moins le croyait-on jusqu’à présent, n’avaient pas de réels moyens de se défendre.

© N.S / URbain

PORT DE TANGER-VILLE : LA FIN D’UNE ÉPOQUE

Les bulldozers à l’assaut de l’antique Yacht Club.

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Cette fois, ça y est ! Le 18 décembre dernier, les bulldozers se sont lancés à l’assaut du Royal Yacht Club de Tanger. En quelques heures, le légendaire établissement portuaire qui abritait le restaurant des gentlemen “yachteurs“ du temps jadis était réduit à un tas de gravats pour faire place nette aux nouvelles constructions qui jalonneront la future marina. “On avait beau s’y attendre, ça fout un coup au cœur, quand même”, souffle un spectateur, médusé. Mais foin de nostalgie bon marché. Les installations croulantes devraient à terme être remplacées par celles qui feront de Tanger, c’est promis, l’un des premiers ports de plaisance de Méditerranée. Le Port est mort, vive le Port !


Une Zone Franche qui a de l’avenir

Tanger Free Zone classée sixième Meilleure zone de l’avenir

© D.R.

En quelques années, le triangle constitué par la ville de Tanger, le port de Tanger-Med et Tétouan est devenu la vitrine économique du Maroc avec le développement de toute une série de zones franches et de zones industrielles desservies par une autoroute, un port ultra moderne, une voie ferrée et demain le TGV. Bien sûr la zone franche de Tanger, dans laquelle sont implantées 522 sociétés, est encore bien loin de la Shanghai Waigaoqiao Free Trade Zone (WFTZ) avec ses 9 000 entreprises ! Mais comme le rappelle John Worthington, l’un des membres du jury de FDI magazine, « la zone franche de Tanger a réalisé une augmentation impressionnante de l'ordre de 20 000 emplois créés durant les dernières années ». En effet, elle ne comptait que 397

Le Foreign Direct Investment Magazine, une publication du Financial Times, a classé la zone franche de Tanger sixième “meilleure zone de l’avenir” au monde pour l’année 2012-13, mais aussi première zone franche portuaire et deuxième zone aéroportuaire.

entreprises en 2010, soit une augmentation de près de 25 % de ses effectifs en seulement deux ans. Une croissance qui s’explique également en grande partie par l’ouverture de l’usine Renault à Meloussa en février dernier. Dans la dernière édition du classement du magazine, la Tangier Free Zone est donc devancée par la zone franche de l’aéroport de Dubaï, suivie du Dubaï Financial Center, de la zone chinoise de Shanghai Waigaoqiao, de la zone malaisienne d’Iskandar et de la zone émiratie de Dubiotech. Voilà en tout cas qui consitue un excellent signal économique pour le développement futur de la région.

CONSERVATION DU PATRIMOINE L’UNION FAIT LA FORCE Le projet transfrontalier “Redhal” qui unit l’Alhambra de Grenade et la région Tanger-Tétouan au Maroc a déjà débuté et se poursuivra jusqu’en décembre 2013. Il a pour but d’échanger des connaissances entre les deux partenaires : expérience en matière de gestion du patrimoine côté espagnol, savoir-faire artisanal et richesse des matières premières (plâtre, céramique et bois notamment) côté marocain seront échangés sous forme d’ateliers et de formation de chaque côté du Détroit.

© D.R.

Le majestueux Alhambra va évidemment profiter de cet intelligent partenariat.

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Actualités

R ENDEZ- VOUS Photos du dossier : N.S. pour URbain

Du 8 au 17 février

Equip-Expo Tanger et BTP & Immo-Expo Place Jardin des Enfants Boulevard Malabata - Tanger

C’est reparti pour les salons professionnels qui, cette année, seront réunis sous un seul et même chapiteau et aux mêmes dates. Matériel et équipements, cuisines pour hôtels et restaurants, industrie et informatique, électroménager, électronique d’une part, et bâtiment, travaux publics, habitat et immobilier, matériaux et matériel de construction d’autre part.

... et autour de la Kasbah

Deux salons en un

Nouveau dans...

Moroccan Natural Secrets

Désormais, à la Kasbah, Monica vous propose dans sa jolie petite boutique des produits naturels dans des conditionnements charmants : huile d’argan ou de rose de Mosqueta, cocon fondant de karité, ghassoul et divers petits articles provenant de coopératives artisanales d’Agadir. 57, rue Riad Sultan Kasbah - Tanger Tél. : 06 19 28 51 35 Ouvert tous les jours de 9 h à 20 h.

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Concept Store Las Chicas La boutique, installée dans une vraie maison de famille remplie de souvenirs, réunit des créateurs issus de différents univers, de la mode à la décoration. Tout ici est “made in Morroco”. Les trois Chicas ? Farida Benlyazid, réalisatrice, Yasmine Durner, parurière de bijoux pour la haute couture et Ayda Diouri, chef costumière pour le cinéma. Cette dernière nous avoue : “Nous avons monté ce projet avec une envie folle de montrer tout ce Maroc qui est en pleine fusion de création !” Bijoux, miroirs, meubles, poteries, mode, bougies, paniers... Le petit plus ? Régulièrement, un créateur est invité à exposer à la boutique. Des Chicas qui valent le détour !

Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 19 h.


Actualités

L’ASSOCIATION

100% Mamans

Soutien, éducation et amour 100% Mamans étonne par son dévouement et la qualité de ses actions. Assistance, soutien, prise en charge sociale et médicale de mères célibataires, l’association tangéroise affiche un dynamisme et un moral à toute épreuve.

C’est un combat de tous les jours que doit mener cette association au grand cœur, prise en étau entre une immense détresse humaine d’une part, des mentalités intransigeantes et une législation sévère d’autre part. Entretien avec Claire Trichot, responsable de l’association 100% Mamans.

© Claire Trichot

Claire Trichot et le petit Adem.

URBAIN : Pourquoi avoir créé 100% Mamans ? Claire trichot : En 2006, je travaillais dans un centre social à Tanger qui accueillait des enfants en situation d’abandon et grandes difficultés sociales et éducatives. La réalité de ces enfants dont le parcours en orphelinat a brisé une partie de leur vie, celle de leurs mères exclues à cause d’une grossesse non désirée et contraintes à l’abandon, le manque de réponses institutionnelles satisfaisantes et l’absence

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d’associations dans le nord intervenant spécifiquement en amont de ce phénomène nous ont poussé à créer 100% Mamans. Il s’agissait de pouvoir offrir à ces jeunes mères une alternative à l’abandon en leur proposant un lieu d’accueil le temps de la grossesse jusqu’à l’accouchement et un accompagnement dans la construction de leur nouvelle vie avec leur bébé. U. : Quelles difficultés avez-vous rencontrées au départ ?

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Propos recueillis par Christine Cattant

C. T. : Dans un premier temps, il fallait mettre en place le projet avec très peu de ressources et nous lancer dans la réalité de ces femmes qui venaient de partout du Maroc à la recherche d’un refuge et de solutions. Notre engagement n’avait pas de limite, ces jeunes mères vivaient trop d’injustices pour ne pas se mobiliser. Nous n’avions pas réellement idée de ce qui nous attendait. Nous avons en effet vite été dépassés par l’ampleur de la problématique et ses différentes


dimensions qui nous ont exigés de mettre en place et faire évoluer rapidement l’association. Il nous fallait être plus nombreux et trouver plus de ressources économiques. U. : Et aujourd’hui ? C. T. : Depuis 2006, nous avons fait un long chemin. L’association dispose aujourd’hui d’un foyer d’accueil de 10 places, d’une crèche pour 70 enfants et d’un centre de jour permettant de développer des activités de formation et de sensibilisation. 14 professionnelles (éducatrices, assistantes sociales) ont été recrutés par l’association pour améliorer la qualité des services proposés et plus de 30 volontaires les aident dans leurs interventions. Nous travaillons maintenant en partenariat avec les hôpitaux, les tribunaux, les commissariats, et d’autres associations de la ville ou d’ailleurs afin d’améliorer l’accès aux droits de ces femmes. De nombreux changements sont remarquables, c’est pourtant toujours insuffisant. Nous sommes toujours confrontés à l’urgence et aux difficultés de ces situations et sans réussir toujours à répondre à toutes les demandes qui viennent à nous.

ce dont nous sommes sûrs, c’est de l’impact de l’association et des améliorations qu’elle a permis d'apporter notamment dans l’accès aux droits des mères célibataires dans la ville de Tanger : au niveau de l’accès aux soins dans les hôpitaux et centre de santé, au niveau des procédures juridiques et administratives d’inscription de l’enfant sur le registre de l’état civil et de reconnaissance de paternité. Nos interventions et notre présence a aussi permis de rendre visible la problématique et de changer le regard de la société à l'égard des mamans. Nous sommes aujourd’hui reconnus et légitimés aussi bien par les autres associations que par les autorités et la population pour le combat que nous menons. C’est vrai que nous nous trouvons encore trop souvent seuls et confrontés à de nombreux obstacles mais la transparence et le professionnalisme de notre démarche nous permet d'avancer et de poursuivre nos revendications dans l’espoir d’améliorer profondément ces situations d'injustice. 

Plus de 400 mamans sont passées par l’association et dans leur grande majorité ont décidé de garder leur bébé.

U. : Depuis bientôt sept ans et le début de votre action, avez-vous noté des changements de mentalité vis-à-vis de ces jeunes mères célibataires ? C. T. : Nous avons peu de recul pour avoir une vision objective mais

Contact

Vous désirez mieux connaître l’association 100% Mamans, la rejoindre, faire un don ? Rendez-vous sur son excellent site 100pour100mamans.com.

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Mères célibataires : que dit la loi ? Le Code Pénal marocain sanctionne les relations hors mariage. Sont donc concernés à la fois l’adultère et les relations entre deux individus non mariés. L’article 490 punit de l’emprisonnement d’un mois à un an “ toutes personnes de sexe différent qui, n'étant pas unies par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles ”. De ce fait, la femme non mariée qui met au monde un enfant risque de se voir appliquer ce texte. Le problème étant que, si le père peut facilement nier une quelconque relation, la mère est quant à elle bien en peine de le faire ! Elle supporte par conséquent le plus souvent seule à la fois la responsabilité et les conséquences légales et sociales d’un acte commis à deux. Une étude très documentée et passionnante a été menée sur la situation de ces mères célibataires au Maroc par l’association INSAF à Casablanca. Vous pouvez la demander sur le site : insaf.enfance.ma.

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Actualités

MAROC

Un Marocain

dans les soMMets

Après le Toubkal au Maroc (4 167 m), le Mont-Blanc en France (4 810 m), le McKinley en Alaska (6 194 m) et l’Aconcagua en Argentine (6 959 m), le Marocain Nacer Ibn Abdeljalil s’apprête à gravir l’Everest au Népal pour y planter le drapeau de la mère patrie. Ce financier de Casablanca, âgé de 33 ans, aime les challenges. Et ça tombe très bien, car s’attaquer aux 8 848 m du plus haut sommet du monde dans un périple de plus de deux mois ne constitue pas exactement une promenade de santé. Mais s’il a incontestablement le goût de la performance, Nacer n’a rien d’une tête brûlée et possède également une conscience aigüe du risque. Il affirme : “S‘il y a danger de mort (...) je redescends. La montagne sera toujours là (...). Comme le disait Ed Viesturs1, monter est

une option, descendre est une obligation ». Le départ est prévu pour la fin du mois de mars, à condition pour lui d’avoir trouvé les sponsors nécessaires à l’expédition. On lui souhaite bonne chance et un franc succès amplement mérité. 1 Premier alpiniste américain à avoir gravi, sans apport d’oxygène, les 14 sommets de plus de 8 000 m.

Maroc Télécom

Il y a des amateurs ! Maroc Telecom va t-il devenir Français, Qatari ou Coréen ? La liste n’est peut-être pas close et d’autres postulants à l’achat peuvent encore se manifester avant l’appel d’offres officiel prévu pour mars. Donc après France Télécom, déjà actionnaire de l’opérateur Méditel, Qtel, le groupe qatari, et Etisalat, basé aux Émirat-Arabes-Unis, voici KT, l’opérateur sud-coréen, qui entre en lice. Le second opérateur du pays cherche en effet à se développer, ce qu’il ne peut faire sur son propre marché extrêmement concurrentiel. La candidature asiatique pourrait cependant ne pas remporter la mise, le groupe manquant d’expérience et de

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moyens financiers à la hauteur de ses concurrents. Il a d’ailleurs échoué l’été dernier dans sa tentative d’achat de 20% de l’opérateur sud-africain Telkom. La course reste donc ouverte pour le rachat des 53% du capital du premier opérateur marocain mis en vente par le Français Vivendi. La note est estimée à 5,5 milliards d’euros. Le Qatari Qtel fait figure de favori, à la fois grâce à sa proximité culturelle et géographique (il est déjà présent en Algérie et en Tunisie) et à sa solidité financière qui lui permettrait de surenchérir. France Télécom a quant à elle les moyens, mais une discipline financière très stricte lui interdit toute frénésie d’achat. Pas question sans doute pour l’opérateur français de rester dans la course si les prix montent. Affaire à suivre dans les toutes prochaines semaines.

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6e Festival d’oran dU FilM arabe Le Maroc récompensé

` Le court métrage “La main gauche” du Marocain Fadel Chwika a remporté le Prix du Jury de cette sixième édition du Festival du Film Arabe qui se tenait en décembre à Oran. Le Prix du Meilleur acteur masculin a été quant à lui attribué au Tunisien Hicham Rostom pour son rôle dans le long métrage “La cinquième corde” de la cinéaste marocaine Selma Bergach. Le film ”El Khouroudj li nahar” (Sortir le jour), de la cinéaste égyptienne Hala Lotfy, a remporté le “Wihr d’or” (Lion d’or) du Festival et le Prix du Meilleur court métrage est revenu à Anis Djâad pour “Ennafida” (Le hublot). Le film de Fadel Chwika relate la souffrance d’un enfant, Abdelali, qui subit les préjugés de son père sur les gauchers. Le coup de théâtre est magistral. Ne doutons pas que notre admirable Cinémathèque nous programmera très bientôt ce petit bijou.

OUPS ! Le Maroc et... Les Pays-bas Grincements de dents du côté des Marocains résidant aux Pays-bas : le gouvernement a décidé de baisser de 40% leurs pensions de retraite ainsi que celles de leurs ayant-droits, en violation avec les accords liant les deux pays. Sous la pression des associations de MRE, la première chambre du Parlement hollandais a décidé d’annuler l’exécution de la mesure, mais il faut encore que le gouvernement confirme cette annulation.

Marrakech à Noël Marrakech est une destination courue pour les fêtes de fin d’année : Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni y ont séjourné dans leur villa, Dominique Strauss-Kahn dans son riad de la médina, mais aussi Jamel Debbouze, Zinédine Zidane, Lionel Messi, l’émir du Qatar et bien d’autres, parfois en toute discrétion.

Les grosses cylindrées Les tarifs de la vignette automobile pour l’année 2013 seront augmentés pour les voitures dont la puissance fiscale est égale ou supérieure à 11 chevaux et même doublés pour les véhicules à partir de 15 chevaux. Pas de quoi hennir de rire...

L’ i m m i g r a t i o n Le 31 décembre dernier, les députés du RNI ont interpellé le ministre de l’Intérieur, manifestant leur inquiétude concernant la « forte présence des Subsahariens » au Maroc. De leur côté, les députés du PJD ont pointé du doigt le nombre « important » des étrangers, notamment en provenance d’Europe, qui travaillent dans le royaume et qui, selon eux, "privent les compétences nationales de postes d’emploi”.

La petite phrase... à méditer “La promotion des droits des femmes doit se faire graduellement.” Abdelilah Benkirane, le 24/12/12 au Parlement.

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Actualités

INTERNATIONAL

De mémoire de “policeman”, on n’avait jamais vu ça !

Lundi 26 novembre, à New York, personne n'a été tué par balle, poignardé ou victime d'un crime violent. Du jamais vu selon le département de la police de New-York (NYPD). "Autant que je m'en souvienne, dit Paul Browne, le porte-parole du NYPD à Reuters, c'est la première fois que ça se produit." Tom Repetto, historien du NYPD, ne se rappelle pas non que sa ville ait déjà connu un jour sans meurtre. "Dans une ville de 8 millions d'habitants, c'est extrêmement rare", a-t-il déclaré. Une tendance à la baisse ? On le dirait bien. L’historien raconte qu'en 1994, par exemple, New York a enregistré 4 967 meurtres par balle, contre 472 l'an passé et 366 cette année. Dans les années 1990, se souvient-il, "les gens avaient peur de sortir de chez eux, les bébés dormaient dans les baignoires pour éviter les tirs, les garderies s'exerçaient à 'quand vous entendez des tirs, couchez-vous !'". L’année 2012 a enregistré un taux de meurtre record, le plus bas depuis 1960, en baisse de 23% par rapport à l’an dernier.

©Joshua Sagor

New-York, 26/10/12

La ciminalité a cependant augmenté de 3%, attribuable à une hausse de 9% des larcins comme les vols de portable. Selon M. Repetto, cette bonne nouvelle serait à attribuer "aux tactiques proactives" de la police, notamment le controversé stop-and-frisk (littéralement “stopper et fouiller”), qui autorise les policiers newyorkais à arrêter, questionner, voire fouiller n'importe quel individu jugé suspect.

La carte des “droits du Web” La solidité des réseaux par Renesys Renesys, entreprise spécialisée dans la surveillance de l’état du réseau internet mondial, vient de publier sur son site une carte des pays indiquant la solidité ou au contraire, la fragilité de l’accès au Web. Selon cette carte, seuls 30 pays, parmi lesquels la France et les États-Unis, ne risquent rien, contre 61 pays qui risquent de voir leur réseau Internet coupé en un claquement de doigts par une panne, un bug ou la volonté de leurs dirigeants. Les pays “résistants” disposent d’un réseau divers et décentralisé (plus de 40 fournisseurs d’accès), tandis que ceux à “risque sérieux” n’ont qu’une ou deux entreprises fournissant un accès à Internet depuis ou vers l’étranger. Parmi eux, on compte notamment la Syrie, la Tunisie, le Turkmenistan, la Libye, L’Éthiopie, l’Ouzbekistan, le Myanmar (ex-Birmanie) et le Yémen. Le Maroc se trouve classé dans la catégorie “risque significatif”, à savoir un pays possédant moins de 10 entreprises autorisées à fournir un accès à Internet.

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日本 の 飢 え? (faim de Japon ?)

otori 41, avenue de la Résistance Tanger - 05 39 32 55 33 otorisushi@gmail.com


À la Une

“L ES FIGURES DE TANGER”

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Carla, belle cosmopolite

LA PEINTRE ESPAGNOLE CARLA QUEREJETA ROCA INAUGURE DANS URBAIN NOTRE RUBRIQUE « FIGURES », UNE SÉRIE D’ENTRETIENS CONSACRÉS À TOUS CEUX QUI ÉPOUSENT L’ESPRIT DE TANGER : TANGÉROIS D’UNE HEURE, D’UNE ANNÉE OU D’UNE VIE.

SÉRIE DE PORTRAITS DE CARLA QUEREJETA ROCA RÉALISÉE PAR MORI KIYOSHI POUR URBAIN. 16

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Carla est une peintre espagnole qui s’est installée à Tanger depuis deux ans. Au bout de ses pinceaux, beaucoup de lumière et un bel esprit cosmopolite. Ses œuvres découpées, déchirées, magnifiés par la couleur révèlent un tempérament d’insoumise viscérale qui recolle les morceaux de sa vie dans la religion du doute et la recherche obstinée d’une harmonie qui lui serait vraiment personnelle. Par Philippe Chaslot Urbain : Espagnole, vous êtes installée à Tanger depuis deux ans. Pourquoi ? Carla Querejeta Roca : Tous les étés de ma jeunesse, je les ai passés à Tanger. Ma famille a créé de vraies racines ici. Mon arrière-grand-père qui venait de Madrid était Procureur du Tribunal International. Avec mon arrière-grand-mère, ils sont venus pour quatre ans à Tanger… et ils y sont restés toute leur vie. Et c’est drôle parce que j’ai un autre grand-père qui a suivi une bande de juifs tangérois, ses amis étudiants, et qui s’est installé ici vers la fin des années 40. C’est là où il a rencontré ma grand-mère, la fille du procureur. Ils habitent toujours à Tanger, c’est chez eux que j’allais enfant. U. : On vient à Tanger, on y reste, quel est le mystère ? C. : C’est le mélange. Quand j’étais petite, c’était l’époque dorée, notre vie c’était la plage, on allait jouer près du golf, on avait des amis d’autres religions. Jeune adulte, j’ai continué à venir. Et aujourd’hui, j’ai l’impression qu’ici, je suis plus moi qu’ailleurs. J’ai l’impression que les gens sont plus libres ici qu’en Europe. U. : Sur le papier pourtant, dans la loi, ce n’est pas vrai. C. : Oui, mais ici, ça danse entre les règles établies

“ À Tanger, ça danse entre les règles établies et la vie réelle.” et la vie réelle. J’ai l’impression d’un milieu plus mélangé, d’un point de vue social mais aussi culturel. Et puis Tanger a son charme. Il y a cette lumière magique, cette musique qui flotte dans les rues, dans des endroits où il s’est passé des choses. Je ne dirais pas que c’est une ville de fantômes mais quand on voit la mer, l’Espagne en face, on est conscient de la quantité de gens qui sont passés par là. Et puis c’est une ville où l’on parle de ce qui s’est passé. Il y a cette tradition orale… U. : Revenons sur « la lumière magique ». Une expression vraiment « cliché » qui revient sur Tanger. Vous êtes peintre, alors il faut en dire plus… C. : (rires) C’est vrai que c’est cliché ! Mais c’est réel. En fait ce n’est pas qu’une question d’intensité de lumière mais de couleur. Ça donne des couleurs spéciales, plus intenses. Le ciel, je n’ai jamais vu ça ailleurs. Ici, c’est comme si tout se reflétait partout, les façades les unes dans les autres. Les couleurs envahissent l’espace. U. : En tant que femme, vivez-vous bien ici ? C. : Je me sens très bien.

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À la Une

“L ES FIGURES DE TANGER”

U. : Vous n’êtes pas embêtée dans la rue par les mecs ? C. : Si ! Mais on apprend à faire attention. D’habitude, je fais semblant de ne pas entendre. Quand c’est juste un compliment sain, ça ne me dérange pas, je dis merci. Mais souvent ce ne sont pas des compliments jetés en l’air comme des fleurs (rires). C’est lourd. Ce sont des gens qui te suivent dans la rue, qui ont parfois des gestes obscènes. Parfois, ce n’est pas le mot qui est gênant, c’est l’air affamé. U. : Vous voyez ces hommes comme des frustrés ? C. : Il y a beaucoup de frustrés mais c’est plus compliqué. Quand c’est un homme qui a une femme à son bras qui te fait un geste obscène, ce n’est pas de la frustration ! Mais bon, ça fait partie du décor. On s’y fait, on n’y pense plus. On ne met pas de mini-jupe, ni de décolleté. En fait, en tant qu’étrangère, on est beaucoup plus libre que les Marocaines; on n’est pas jugée de la même manière. U. : C’est un constat cruel pour les Marocaines. C. : Bien sûr ! C’est super triste. Mais ça dépend beaucoup du niveau social de la femme marocaine. Il y en a qui acceptent leur situation, d’autres qui rêvent de grands changements dans la société du Maroc. U. : Dans votre exposition qui débute le 10 janvier, on pourra voir un documentaire où l’on vous filme en train de peindre. Et sur les images, en voix off, vous expliquez votre démarche. Que vous a apporté cette expérience ? C. : Grâce au réalisateur Jean-Claude Susseld, j’ai pu répondre à beaucoup de questions qu’on me pose souvent sur mon travail. Et ça m’a appris beaucoup sur moi-même. J’avais peur d’être maladroite, de mal retransmettre ce que je ressens, de ne pas être intéressante. Alors j’ai choisi d’être extrêmement sincère, comme un enfant. Vous savez, quand on crée quelque chose, on a toujours peur d’être une arnaque, une sorte d’imposteur. Il faut donc lutter contre soi-même, contre ses complexes. Quand je me suis vue dans le film, je me suis vue « vraie » et

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ça m’a rassurée. U. : Comment vous imaginez-vous dans dix ans ? C. : Plus sûre de moi-même, de ce que je fais. U. : Aujourd’hui, vous êtes heureuse ? C. : Plus ou moins, comme tout le monde. U. : Un artiste a plus de mal à être heureux ? C. : Oui, parce qu’on s’aime à travers ce qu’on fait. On est insatisfaits, on se remet toujours en question. U. : Qu’est-ce qui vous énerve à Tanger ? C. : Que tout est pour demain. U. : Qu’est-ce qui vous plait ? C. : La chaleur des gens ! U. : Et comment vit-on tout ça quand on travaille ici ? C. : Tu vis divisé ici. Tu développes de l’affection pour les gens mais après tu es confronté aux choses mal faites contre lesquelles tu peux difficilement « réclamer » à cause de cette affection… U. : C’est une stratégie marocaine ? C. : (rires) Non, je ne crois pas. Mais c’est vrai que les Marocains profitent bien de ça ! Carla au Musée d’Art Contemporain (ex-Consulat d’Angleterre) rue d’Angleterre, à partir du 10 janvier 2013. Exposition d’une vingtaine de grandes toiles figuratives sur le thème de la médina marocaine (Tanger, Tétouan, Fez, Rabat).

© Paul Brichet


Repères Peinture. Figurative, Carla Querejeta Roca signe ses tableaux Karla.

Cosmopolite. Carla a vécu à

Carla dans son atelier.

Fez es amarillo Technique mixte (150 cm x 150 cm)

Pampelone jusqu’à ses 14 ans. Puis à Madrid où elle a fait les Beaux-Arts. Elle passe ensuite deux ans à Paris. Tangéroise à plein temps depuis deux ans, Carla parle couramment l’espagnol, le français, l’anglais, un peu d’italien et de darija.

Expositions. Carla a exposé en Espagne à Madrid, à Valence, à Alicante. Mais aussi à Marrakech, à Casablanca et en 2010 à Tanger, à l’Institut Cervantes. Actualité. Son exposition à par-

tir du 10 janvier au Musée d’Art Contemporain. Le film Carla 2012 est visible pendant l’exposition. Ce 52’ signé JeanClaude Susseld, la montre en train de peindre. En voix off sur ses propres images, Carla explique les ressorts intimes de son travail. Un documentaire précieux sur le peintre, mais aussi sur le processus de création en général. Et enfin sur la mise en mots toujours difficile de cette recherche. Une « mise en abîme » passionnante qui révèle, mieux qu’un tempérament, une personnalité.

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À la Une

L A CHRONIQUE DE L OTFI AKALAY

L’antiquaire Ah, on peut dire qu’elles sont réjouissantes, les petites fables de Lotfi ! Drôles, cruelles et im placables. Tenez, vous connaissez celle du marchand de “verdure bio”, de son décorateur incompétent et de l’antiquaire ? Croustillante...

L

aissez-moi vous narrer par le menu les turpitudes de ce triste sire à épiler, de quoi s’arracher les cheveux. Maïmouna aspirait comme un phoque à l’acquisition de quelques bibelots pour égayer notre salon égyptien qu’elle avait baptisé Procaire car pour cette délicate créature, le nec plus ultra de l’art contemporain, c’est sur les berges du Nil qu’il faut l’aller chercher quelque part entre Zamalek et Hélouan. Pour ceux d’entre vous qui ne comprennent pas l’égyptien, ça pourrait se traduire par « entre ta tante et les sucreries ». Sur les conseils pressants de Zaïne Dior, elle s’était docilement laissé conduire dans un magasin qui s’appelait curieusement « Antiquités ». Zaïne lui présenta le marchand

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qui lui parut de prime abord au dernier coup d’œil aussi sympathique qu’une feuille d’impôt, ce qui la poussa à s’abstenir de toute déclaration. Quand cet individu annonça tout de go, sans ambages ni vergogne qu’il était antiquaire, ma chère moitié redoubla de méfiance. « Par quelle espèce d’aplomb, marmonnat-elle entre ses dents, un anti-Caire déclaré peut-il avoir l’outrecuidance d’apporter quelque embellissement à mon salon pro-Caire ! » Son flair n’avait pas trompé ma perspicace épouse. C’est bien vrai, elle était en présence d’un être bidon, vil, ignorant de l’art égyptien et parfaitement incapable d’apprécier la sidérante beauté de ces films et surtout de ces feuilletons qui nous arrachent des Nil de larmes à la saison des crues où l’insondable profondeur des dialogues et l’incomparable intelligence de la mise en scène le disputent comme des gueux à l’inénarrable adresse des interprètes en comparaison desquels Orson Welles et Jack Nicholson ne sont que figurants tout juste bons à jouer les utilités.

“ La boutique était envahie jusqu’au plafond d’objets hétéroclites d’une laideur telle qu’en comparaison, même le Centre Pompidou vous aurait paru aussi beau que le Taj Mahal. ”

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Venons-en au magasin ; à sa vue, le sang de Maïmouna ne fit qu’un tour de piste. L’ambiance semblait presque aussi accueillante que les portes du consulat de Belgique à Rabat. Ah, si vous aviez vu ça ! Une honte ! Que des machins d’occasion dont n’aurait pas voulu le brocanteur le plus démuni. Moi vivant, jamais aucune de ces vieilleries ne viendra souiller mon home sweet home. Mais pour qui diable nous prend-il, ce satané brocanteur pour avoir le front de nous proposer des bibelots de second hand ? Serait-ce qu’il subodore mes plébéiennes et honteuses origines ? Rien que d’y songer je sens, comme on dit dans les romans policiers, un frisson glacial courir le long de mon échine comme si j’eus été propulsé dans la salle d’attente d’un dentiste ou d’un commissariat de police. Les arracheurs de dents et d’aveux n’ont jamais cessé de peupler mes nuits de cauchemars, c’est pourquoi les fraises et les châtaignes ne figurent pas dans le panier des fruits dont je suis le plus friand. Les seules personnes avec qui je m’entends à merveille, ce sont les chauffeurs de camions TIR parce qu’ils sont sympas. Et pour d’autres raisons encore, mais là, ça ne vous regarde pas, ce sont mes oignons, surtout ceux de la famille des papavéracées qui font ma fortune et me donnent le droit d’occuper le haut du pavot.


Mais ne nous égarons pas, je reviens à Zaïne Dior. Il a eu l’infâme culot de nous conseiller de vieux tapis élimés jusqu’à la trame et qui, dans la nuit des temps, ont abandonné leurs couleurs chatoyantes si tant est qu’ils en eussent eu. Vous conviendrez que pour un nouveau riche tout nouveau, je ne crains pas d’affronter les mains nues et la poitrine découverte, les accords en tout genre et en grand nombre du participe passé et le mode subjonctif dans ce qu’il a de plus retors. Il voulait, disais-je, nous faire acheter des lustres fabriqués depuis des lustres et qui ont perdu leur lustre, des fauteuils vieillots évadés d’un hospice pour cacochymes et qui vous feraient préférer vous asseoir sur une chaise fût-elle électrique, des bijoux grossiers de campagnard rustre que renierait le dernier des ferronniers de Sidi Bouabaïde, des vases fêlés aux dessins estompés (non c’est le tien) qui mettraient en fuite le plus impécunieux des chiffonniers, des cartes postales défraîchies et rongées aux mites décisives montrant des rues de Tanger encombrées d’arbres inutiles (qui depuis ont fort heureusement été rasés) le long des trottoirs où on voit des tacots croiser des teuf-teuf en brinquebalant péniblement leur grossière carcasses de tôle noire. Ah, qu’on ne me parle surtout pas de tôle, je hais ce mot ! On devrait brûler toutes ces photos, les touristes risqueraient de les voir et ils se moqueraient de nous à juste titre.

remarquer mon comptable, et qui datent de Mathusalem fils d’Enoch et grand-père de Noé. Après ce désastre évité d’un poil, est-il besoin de vous dire que Maïmouna a gardé un bien mauvais souvenir de l’antiquaire ?

“ Il ne faut plus parler d’antiquité en présence de Maïmouna. Je déteste la tikiti ! meugle en fulminant ma douce et tendre. ” Elle est revenue aussi déçue qu’un touriste quittant la Costa del Sol. Et comme lui, pas question qu’elle y remette les pieds, « on se fait gruger une seule fois » crie-t-elle a capella avec le touriste. Et quand je mets le touriste au singulier, croyez que c’est par pur sentiment de bon voisinage avec notre septentrional ibérique, mon meilleur client de surcroît. Mais ce que je me suis bien gardé de lui dire, car au prix qu’a atteint le litre d’huile d’olive extra, je ne veux pas en jeter sur le feu, ce qu’elle ignore c’est que dans tout ce bric-à-brac qu’elle exècre, le dernier des rebuts vaut son pesant de coke. C’est

comme les restaurants, plus c’est laid, plus c’est cher. Si ça ne tenait qu’à nous deux, il y a longtemps que tous les antiquaires seraient au chômage ; ou alors ils se recycleraient dans la fabrication de pateras, ces barques pour huit clandestins qui en transportent quarante au prix de la First Class Tanger-New York. Mais ça, c’est une autre histoire, ne nous éloignons pas comme le font ces mêmes clandestins que craignent tant les marins parce que leurs entrailles bloquent les hélices des cargos qui franchissent le détroit de Gibraltar. Rien à dire, notre décorateur est décevant. Quand Maïmouna lui a demandé de recouvrir le marbre Carrare de la cuisine par une épaisse moquette grenat à motifs fluorescents, cet insolent a pouffé de rire. Saisissant par la gorge cette occasion inespérée, je l’ai mis à la porte séance tenante sans management ni préavis. Il s’esclaffait encore dans la rue, appuyé contre un mur comme un ivrogne en pleine vidange en braillant que c’était le bouquet. Le bouquet ?! Aurait-il découvert ma cache d’herbe ? C’est ainsi que nous avons décidé de nous passer de décorateur.

Il voulait nous racoler, que dis-je ! nous fourguer des aquarelles, à quoi réellement peuvent-elles servir, je vous le demande ! De sinistres livres qui en pèsent plusieurs et qui donneraient le cafard à une armée de blattes, couverts de reliures sombres et dont chaque page vous ferait éternuer toutes vos bronchioles, bref, tout un capharnaüm d’articles indéfinis largement amortis comme me l’a judicieusement fait

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À la Une

R ENCONTRE

QUEST IO NN AIRE

DE

PRO UST À.. .

Mohammed R a i s s e l Fe n n i

TANGÉROIS ET HOMME TOTALEMENT POLYVALENT, TOUT EN LUI

© Véronique Bonnaud

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ET AUTOUR DE LUI RESPIRE L’ART... ET L’AMOUR DU MÉTIER. PEINTRE, TEINTURIER ET STYLISTE, MOHAMMED RAISS EL FENNI POSSÈDE AUSSI UNE IMPRESSIONNANTE COLLECTION DE BONSAÏS QU’IL BICHONNE CHAQUE JOUR. MAIS POUR LA MAJORITÉ DE CEUX QUI LE CROISENT IL EST, AVANT TOUT, DIRECTEUR DE LA GALERIE D’ART VOLUBILIS. ET IL S’EST PLIÉ AVEC ENTHOUSIASME, SINCÉRITÉ ET MODESTIE À L’EXERCICE DU QUESTIONNAIRE DE PROUST POUR URBAIN. PROPOS RECUEILLIS PAR V. BONNAUD.


Le principal trait de votre caractère ? Ce que je suis fait la différence.

Le mot de la langue française que vous préférez ? Bravo.

Et celui dont vous êtes le moins fier ? Le mensonge.

Le mot tangérois que vous préférez ? Le caliente.

La qualité que vous préférez chez un homme ? L’humilité.

Votre couleur préférée ? En ce moment, le vert.

Et chez une femme ? La liberté.

Votre film culte ? Le Papillon (de Philippe Muyl, NDLR).

Le bonheur parfait selon vous ? Quand tout va bien.

Votre héros dans la vie d'aujourd'hui ? Le Dalaï Lama.

Quand avez-vous été le plus heureux ? En voyage.

Et votre héroïne ? Lise Taylor. L'air que vous sifflez sous votre douche ? Pas de sifflage !

Si vous étiez un animal ?

Un oiseau sur les remparts de la Kasbah.

La faute pour laquelle vous êtes indulgent ? Le non-engagement.

Votre occupation préférée ? Parler aux plantes.

Votre boisson préférée ? Le jus de raisin.

Pourquoi peignez-vous ? Pour m’inspirer. J’écris avec des formes et des couleurs, pas avec des mots.

Que possédez-vous de plus cher ? Ma famille

Qu'avez-vous réussi de mieux dans votre vie ? Faire le tour du monde Le héros ou l'héroïne de fiction que vous préférez ? Le Chameau volant. Votre auteur favori ? Gibran Khalil Gibran. Votre livre de chevet ? Je n’en ai pas encore. Votre poète préféré ? Ali Hadani. Le peintre que vous préférez ? Picasso et Dali.

Que détestez-vous par-dessus tout ? Le stationnement sur la place du petit Socco. Votre plus grand regret ? Ne pas avoir fini mes études.

Votre pêché mignon inavouable ? “Sentir le Rif...”

Comment aimeriez-vous mourir ? En silence. Deux mots pour qualifier Tanger ? Mon Amour. Quelques dates clés dans votre vie ? Chaque instant, chaque moment est une date clé dans ma vie.

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l l a w y La z

fait “rocker” tanger

© Nawfal bakhat

Reportage photo de Nawfal Bakhat dans la Kasbah de Tanger pour URbain


EN COUVERTURE

Le retour des frères prodigues 1991. Deux jeunes frères quittent Tanger pour la France et l’Espagne. En 2002, ils émigrent en Grande-Bretagne, leur Eldorado musical. Cinq ans plus tard, les deux musiciens rock choisissent de rentrer au pays pour faire connaître leur groupe Lazywall. Le parcours généreux de deux belles personnalités comme symbole d’un nouveau Maroc…

Par Philippe Chaslot

C’est d’abord la belle histoire d’un retour au pays réussi. Celui des deux frères rockeurs, Nao et Monz, partis à 18 ans à l’aventure à Londres pour s’immerger dans la patrie du rock. Amateurs d’un « rock moderne » lourd, puissant et mélodique, influencés par le hard-rock des années 70-80, les deux frères font de la scène aux États-Unis et en Espagne notamment et créent en 2003 leur groupe, Lazywall, en Grande-Bretagne. Mais en 2006, après quinze ans passés loin du Maroc, ils participent à un festival à Casablanca. Le concert va créer un déclic et bouleverser leur vie…

La révélation

Ce soir-là, les Lazywall jouent devant 20 000 personnes alors que la jauge maximum de leur public en Angleterre tourne autour de 4 000. C’est leur première surprise, mais ils ne sont pas encore au bout de leurs émotions : « Dès qu’on a parlé marocain, il y a eu une connexion très particulière avec le public. On a res-

senti quelque chose ! ». Enchantés, les deux frères se disent que, décidemment, quelque chose a changé au Royaume du Maroc. « Quand on avait quitté le pays, la scène pop était morte, il n’y avait plus que la musique traditionnelle, du raï ou du chabi. Il y avait ni rap, ni fusion, ni hip-hop ».

Le Heavy Metal Islam

Et il est vrai que le Maroc revient de loin ! En 2003, Nao et Monz se souviennent que de jeunes rockers ont fait deux mois de prison simplement parce qu’ils faisaient du rockmétal : « On a appris ça par la BBC. Ces jeunes étaient accusés de faire du satanisme parce qu’ils étaient habillés en noir et avaient des cendriers en forme de têtes de mort ! L’un des musiciens arrêtés est aujourd’hui journaliste à Paris. Étudiant à l’époque, il s’est retrouvé dans l’univers carcéral marocain, à côté de violeurs et de tueurs ». Grâce au journal Tel Quel, cette affaire va être médiatisée et jeter des milliers de personnes dans la rue, une mobili-

sation inédite qui aboutit à la libération des rockeurs. Très vite, grâce au nouvel environnement politique et à l’association L’Boulevard, qui structure la scène musicale marocaine, c’est l’ambiance générale qui change. Les festivals de tous styles se développent. Cette ouverture du Maroc avec l’arrivée de Mohamed VI, cette poussée des jeunes qui commencent à se faire entendre, agissent comme un aimant pour les Lazywall qui se disent qu’il est temps de rentrer à la maison.

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À la Une

L AZZYWALL

En 2007, c’est donc le grand retour : les Lazywall posent leurs pénates à Tanger et se donnent deux objectifs. Le premier, bien sûr, est de continuer leur carrière de créateurs de rockmétal, s’inscrivant désormais, de fait, dans la vague de ce que certains appellent le « Heavy Metal Islam ».

Des concessions

Conscients toutefois que le public marocain est beaucoup plus attiré par les accents sociaux du hiphop que par la puissance onirique du rock alternatif, les Lazywall acceptent de « dés-extrémiser » leur musique pour la rendre plus accessible. « En Grande-Bretagne, ils diraient qu’on se prostitue ! Mais nous, on veut toucher le maximum de Marocains alors on assume ce côté FM sur certaines chansons » expliquent-ils avec cette franchise qui fait aussi leur charme.

Le passage de témoin

Le deuxième objectif visé par Nao et Monz est de donner leur

chance à de jeunes groupes. Mais pour ça, il faudrait presque parler d’une mission : « Pour nous, c’est une responsabilité, il n’y a personne d’autre ici pour faire ça. Et cette responsabilité qu’on s’est donnée nous rend heureux ». C’est pourquoi tous

En jouant les grands frères des jeunes musiciens actuels, Nao et Monz ont trouvé un sens particulier à leur vie de musiciens et à leur vie tout court. Un retour au pays réussi, un sens de l’entraide adaptée à leur domaine d’excellence et une intelli-

« En Angleterre, on était un groupe

parmi des milliers. On a compris qu’ici, au Maroc, on pouvait être utiles, en amenant ce qu’on avait appris ». les lundi au Chellah Beach, établissement célèbre sur la plage de Tanger, les groupes se succèdent au micro avec chacun dix minutes de liberté, le temps de deux ou trois chansons. « C’est très important parce qu’au Maroc, il n’y a pas de lieu où se produire, pas de lieux où répéter et on manque de structures qui permettraient aux groupes de se développer. Ça change aujourd’hui mais c’est très lent ».

gente absence d’égo font de Lazywall une belle image dans un nouveau Maroc qui se cherche parfois avec difficulté et qui veut « progresser sans tourner le dos aux bons côtés de sa tradition ». Le hard-rock, noir, violent et gothique comme digne héritier des valeurs éternelles du Maroc… de quoi s’arracher quelques poils de barbe !

leUr actU

LES LUNDIS DU CHELLAH BEACH Ça se passe à Tanger, tous les lundis au Chellah Beach… et vous ne devez pas rater ça ! De jeunes groupes cornaqués par les Lazywall tentent leur chance. Celle d’être appréciés et remarqués. 26

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L’album Aporia’s Bane, sorti le 12 juin dernier dans les bacs possède la bonne dose de rock pur et dur (C.L.a.B, Divide & Conquer, Insomnia, Iron Cage), d’accents orientaux (Blood on Blood) et de ballades (Blind, Out of Tears, Souk Asylum...). À écouter d’une traite !

© Claudia Burlotti

Les Lazywall se sont séparés, au début de l’année 2012, de leur guitariste Tarek, parti rejoindre la formation de jazz tangéroise “Magic Tarbouch”. Ils sont actuellement en phase d’écriture pour leur prochain album.

Nao et Monz parlent de… Leur musique. « C’est du rockmétal, rock moderne ou rock alternatif. Un rock qui se veut puissant mais mélodique avec une touche marocaine, parfois dans la langue, surtout dans les instruments ». Leur style.

« C’est vrai, nos riffs rappellent un peu ceux d’« Audioslave » et notre côté progressif celui du groupe Tool. Ce sont deux groupes qu’on adore. Tool, ce sont les nouveaux Pink Floyd ! »

bouger une masse de gens incroyable ».

Le rock en darija. « En tous cas, nous, on n’a pas réussi ! Nos idoles chantent en anglais ».

Tanger.

« Tanger en 1990, c’était horrible. C’était impossible de ne pas lire la tristesse dans le regard des gens. En 2007, on a retrouvé des gens heureux et comme un grand coup de jeunesse ».

L’Angleterre. « Là-bas, on donne La politique. « Pour nous, c’est du

sa chance à toutes les musiques. Led Zeppelin, Les Beatles, Les Rolling-Stones, quelqu’un les a produit : managers, producteurs, salles ou radios… Là-bas, il faut toujours évoluer très vite, il n’y a pas de nosLeurs influences. « Le mouve- talgie musicale ». ment grunge des années 90. Nirvana, Pearl Jam, Alice’in Chains. Ce Le hard-rock. « Le métal attire les groupe dont on n’avait jamais en- pré-ados qui se révoltent contre tendu parler nous ressemblait leurs parents. À cet âge, tu veux paraît-il et c’est vrai qu’on s’y est choquer. Les jeunes se maquillent retrouvé. C’est hyper mélodique, ce en gothique, les filles en hijab portent des tee-shirts Metallica et des qui compte le plus pour nous ». Antéchrists ! En grandissant, ils se Muslim. « Ici la révolte, ce sont les tournent vers plus commercial, du rappeurs qui la portent. Muslim fait hip-hop ou de la fusion ».

superficiel. Il faut changer les choses en profondeur. À la base ».

Les festivals. « Les festivals, c’est vital pour tous les musiciens. Or ça devient plus difficile. Il y a moins de sponsors et maintenant le ramadan qui tombe en été rétrécit la fenêtre temporelle d’un mois ».

Un rêve. « Qu’il y ait au Maroc des salles de concert dans toutes les villes, c’est la base du succès de la scène rock. Ici, les salles sont souvent des trous à rats avec des toilettes presque sur la scène ».

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Culture

V ISIONS DE TANGER

Un regard, une image...

CONCOURS PHOTO SUR LE THEME DES TANGEROIS Nous adressons un immense “merci” à tous ceux qui ont participé au premier concours photo d’URbain. Vous avez été très nombreux et déterminer un gagnant a été difficile. Impossible, même, de se limiter à trois photographies. Voici donc un petit florilège d’images de Tanjaouis qui nous ont particulièrement touchés. Une chose est sûre : nos lecteurs ont du talent !

LA PHOTO GAGNANTE : MOINE MALGRÉ LUI PAR

DELPHINE MÉLÈSE

L’auteur : Delphine Mélèse est installée à Tanger depuis 2010. Comédienne, artiste et intervenante pour l’association Darna, elle anime des ateliers d’art plastique, donne des cours de théâtre dans des associations et des écoles... Une touche-à-tout talentueuse qui adore la photo depuis son adolescence. La photo : “Je sortais de l'Insti-

tut Français où j'avais tenté de faire programmer mon spectacle "La Cage" au salon du livre, et remontais à pied vers le Grand Socco. J'ai vu arriver face à moi ce gars en djellaba blanche, et je savais qu'il allait passer devant l'église. J'ai eu juste le temps de dégainer et de le saisir au vol.... Alléluia !” Appareil Canon IXUS 800 IS. Delphine Mélèse gagne un repas pour deux d’une valeur de 380 dh chez Otori Sushi.

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N°2 : Rifaines au Marché Ismael Bo fait de la photo en amateur depuis la sortie des appareils numériques. Cette photo de Rifaines au marché nous a charmés par ses couleurs chatoyantes. “Quand je pense “Tangérois”, j’ai aussitôt cette image des femmes du Rif au marché qui me vient à la rétine. Et ces femmes, superbes, étaient en grande conversation contrairement à ce qu’indique la position de leurs corps.” Appareil Canon IXUS.

N°4 : De l’autre côté... Cette photo est aussi l’œuvre de notre gagnante. “Place du Méchoir ce jour-là, j'ai découvert une magnifique lumière sur la mer, au travers de cette si fameuse porte.” Appareil Canon PowerShot G12.

N°3 : Câlin félin Véronique Bonnaud adore prendre sur le vif ces Tangérois ordinaires qu’elle côtoie chaque jour dans son quartier. “ Il est adorable, c’est le propriétaire du petit pressing Medina, à 50 m du café Baba.” Appareil Panasonic Lumix DMC-FS30.

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Culture

V ISIONS DE TANGER N°5 : Dans les filets... Cette photo nous a été envoyée par Mohammed Bouzid, de Casablanca. URbain fait parler de lui même hors de ses frontières ! “J’adore le quartier des pêcheurs à Tanger, ces hommes solides et travailleurs qui passent leur temps en mer ou à réparer, tâche ingrate, leurs filets. J’ai observé cet homme, assis sur des talons, pendant plus d’une demi-heure. Dans cette position inconfortable, il reprisait sans faiblir son outil de travail. Une photographie que j’adore.” Appareil Nikon Coolpix P7000.

Participez à notre concours “Un regard, une image...” Prochain concours photo sur le thème :

TANGER MEDITERRANEE

Incontournable, omniprésente, partie intégrante de l’identité de la ville, la Méditerranée à Tanger sera la vedette du prochain concours photo dans URbain. Les trois plus belles photos seront publiées dans le prochain numéro d’URbain et la gagnante rapportera à son auteur un dîner pour deux dans le restaurant La Fabrique à Tanger (valeur 700 dh). Alors, tous à vos boîtes à images ! Envoyez-nous vos prises de vue accompagnées d’un descriptif du moment où a été prise la photo et de quelques mots présentant le sujet si possible et l’auteur de la photographie. Règlement : Envoyez vos photos à urbainmagazine@gmail.com, accompagnées impérativement d’une autorisation écrite de publication du sujet photographié et de l’auteur. Pour obtenir le modèle de ces documents, faites-en la demande par mail. La taille de l’image doit être au minimum de 15 x 15 cm (300 dpi). Aucun document ne sera retourné.

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LA FABRIQUE restaurant

Vous souhaite une délicieuse

Saint-Valentin

Rue d’Angleterre Tanger - 05 39 37 40 57 Tous les soirs sauf le dimanche

Retrouvez toute notre actualité sur Facebook : www.facebook.com/pages/LA-FABRIQUE/207998379241920?fref=ts


Culture

AGENDA

Rencontres litterature LIBRAIRIE LES INSOLITES

LIBRAIRIE DES COLONNES NEJMA - L A C OLÈRE Lancement le 19 janvier - 18 h

Textes en français, arabe et anglais.

R ENCONTRE Le 25 janvier - 18 h

Avec les Éditions du Souffle. Deux livres : - Autochtone imaginaire, étranger imaginé - Retours sur la xénophobie ambiante, d’Alain Brossat Pourquoi la question de l‘étranger tend-telle à devenir, sous nos latitudes, l’obsession des pouvoirs contemporains ? - Quitter la réserve et refuser l’arène, de Souhail Chichah - Abdellah Boudami, Jacques Bude, David Jamar, JeanClaude Mullens, Elias Preszow, Youri Vertongen (…) C’est avec la « relation » qu’il y a un problème. Cette relation de domination dont l’indigénat est une occurrence. Le déni de cette domination particulière n’est possible qu’au prix d’une violence symbolique.

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Le 19 janvier - 19 h

Jaabouq, aux Éditions Le joint

Lancement du n°8 de la revue Nejma : La Colère Rencontre - Discussion - Lectures Photographie, poésie, dessin, théâtre. Une série de contributions inédites. De Damas à Tanger, de grands noms de la littérature et des arts ainsi que de jeunes auteurs se croisent pour dessiner le portrait d’une passion d’actualité : la colère. Avec Zoubeir Ben Bouchta, Driss Ksikes…

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HICHAM TAHIR

Le jeune auteur de 23 ans est originaire de Kénitra. Son premier recueil de nouvelles a été écrit entre Tanger, Kénitra, Rabat et Casablanca et est inspiré par les visages des ruelles de ces villes qui ne cherchent qu’à être contées dans un Maroc, béni par sa malédiction, maudit par sa beauté. Présentation en avant-première au Maroc.

ABDELGHANI FENNANE

© Fred Leloup

Le 26 janvier - 19 h

Je ne mourrai pas avant le printemps, aux Éditions L’Harmattan

LEILA HAFYANE

Abdelghani Fennane est Docteur Es Lettres Françaises. Il enseigne à l'Université Cadi Ayyad, à Marrakech. Conférencier et auteur de plusieurs contributions dans le journal marocain Le soir échos, sur la photographie, Il viendra animer l'afterwork poetry. Lectures et dédicace.

Le 16 février - 19 h

L’autre silence, aux Éditions L’Harmattan Une mère décédée. La personne en creux à qui s'adresse un fils pour régler ses comptes en un long monologue, qui fait aussi intervenir les voisins, la police, le père, la sœur, etc. Une langue sobre, profonde, un intimiste sans concession.

DELEGATION DE LA CULTURE

PASSION

Le 25 janvier

Dersa, Jamila Aloui Meribto et Assia Ben Outmane Un recueil de 20 poèmes en français, autant en espagnol et en arabe écrits par trois femmes, trois voix féminines qui se donnent la rime dans un livre “à trois mains”, premier d’une trilogie qu’elles viendront présenter au lecteur fin janvier à Tanger.

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Expos photos L’ATELIER DE C LAUDE V IALLAT PAR J EAN -P IERRE L OUBAT

GALERIE ARTINGIS

À travers cette exposition, JeanPierre LOUBAT apporte un témoignage sur l’univers de l’artiste Claude VIALLAT. Cette série de photos en couleur de son atelier en regard avec son portrait en noir et blanc nous permet de percevoir le rapport étroit qui lie le peintre à son espace de travail. La relation que Loubat entretient avec le peintre Viallat l’a amené à s’intéresser à son activité qu’il photographie avec un regard précis. Artingis présente à partir du 24 janvier 2013, en parallèle à l’exposition qu’organise la galerie Delacroix, une série de douze photos de l’atelier de Claude VIALLAT.

Vernissage le 24 janvier

LA

VIE EN

TANGER S ÉPIA

“S UREX ”

GALERIE PHOTOLOFT

LIBRAIRIE LES INSOLITES

Par le photographe Kamil Hatimi. Au croisement de la photographie et des arts numériques. La volonté de l’artiste de “traduire une ambition de peindre le monde à la manière de l'aquarelliste”. Une recherche d’espaces vierges, dans un cadrage où les profondeurs et les perspectives peuvent s'offrir comme autant de possibilités de surexposer la vie, la ralentir afin pour qu'elle puisse renaître à la lumière épurée de son implacable raison... n'en laisser que le minimum vital.

Exposition de photographies anciennes sur Tanger datant de 1870 à 1900 (tirages vintage sur papier albuminé) en collaboration avec la Maison de la Photographie. À voir du 12 janvier au 5 février.

À voir du 7 février au 16 mars.

Vernissage le 12 janvier - 19 h

Vernissage le 7 février - 19 h Janvier/Février 2013

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Culture

AGENDA

Expos peinture -

C LAUDE V IALLAT

GALERIE DELACROIX

Vernissage le 25 février - 19h30

L’art de Claude Viallat se caractérise par la somptuosité de la couleur qui l’impose comme l’un des grands coloristes de l’histoire de la peinture occidentale. Ses œuvres ont été exposées dans la plupart des lieux d’Europe, d’Amérique et d’Asie dédiés à la présentation de l’art moderne et contemporain, et figurent dans la plupart des grandes collections publiques et privées. Ses toiles de Claude Viallat sont structurées par un motif unique employé dans beaucoup de ses peintures. C'est sa marque d'identité, sa signature. Dans ses œuvres récentes, Claude Viallat est revenu à des surfaces planes rectangulaires ou carrées, mettant toujours plus l’accent sur les rapports de densité, d’intensité, de brillance entre les surfaces colorées. Une exposition majeure à ne pas laisser passer. Du 25 février au 24 mars.

G EORGES PARTAN

GALERIE CONIL

En janvier et février

Vous avez manqué les premières toiles de Georges Partan en décembre à la galerie Conil ou, au contraire, vous les avez adorées ? Venez admirer la suite de l’exposition “Expansion” puisque cela continue avec de nouvelles œuvres dévoilées au public en janvier. Derrière un masque de peinture plus ou moins monochrome, se dévoilent ou se révèlent en filigrane de multiples paysages entremêlés et superposés. Partan est un peintre des grands espaces, sa peinture s’ouvre à notre regard comme un large panorama. Et si l’œil s’arrêtesur les détails, alors une liane, une goutte d’eau, une silhouette, un visage apparaissent. Ce qui compose cette peinture, c’est la maîtrise de la forme qui vient, c’est l’harmonie élémentaire des couleurs, c’est la volonté de ne pas peser, de ne pas déranger et de ne pas ennuyer, pour être tout simplement attachant et impressionnant. George Partan est à découvrir également dans notre article en p.58.

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Expos (suite)

T HE P OWER

LIBRAIRIE LES INSOLITES

Vernissage le 9 février - 19 h

Par Said Afifi. Après les Beaux-Arts, il s'est spécialisé en production numérique à l'Ecole CEGEP (Canada). Depuis, il alterne entre vidéo, installations, dessins, etc. C'est le travail d'un artiste qui s'interroge, qui questionne le public et qui renvoie ce dernier à ses propres limites. DVD, color, stereo sound, (2 min, loop), work in progress. Exposition du 9 au 28 février.

R IMA FARAH

GALERIE DAR D’ART Prolongation

La très belle exposition de l’artiste jordanienne Rima Farah mise en place en décembre à la galerie Dar D’Art est prolongée. C’est l’occasion de voir ou de revoir le travail étonnant que produit cette artiste sur la calligraphie, des œuvres de papier, plâtre, argile et toile tour à tour monochromes ou richement colorées.

Rencontres - conferences LES TRANSIDENTITÉS DANS

DROIT DE LA FAMILLE ET

LA LITTÉRATURE MAROCAINE

MOUVEMENT FÉMINISTE EN

EUROPE : LE CAS DE L’ITALIE

LIBRAIRIE LES INSOLITES

Jean Zaganiaris, docteur en science politique, enseignant-chercheur au CERAM/EGE (Ecole d’Économie et de Gouvernance de Rabat) depuis 2010, est aussi chercheur associé au CURAPP/Université de Picardie Jules Verne. Après avoir effectué un ensemble de recherches en théorie et sociologie politiques, il travaille actuellement sur les rapports sociaux de genre au Maroc à partir de la littérature marocaine de langue française. Il viendra présenter le résultat de ses recherches sous le thème "Les transidentités dans la littérature marocaine : Khatibi, Leftah, Taïa"De l’identité et de la sexualité dans la littérature marocaine de langue française.

MÉDIATHÈQUE DE L’INSTITUT FRANÇAIS

Animée par Maria Grazia Ruggerini et Bernadette Rigaud. En partenariat avec la Faculté des Sciences Juridiques Économiques et Sociales de Tanger

Conférence le 29 janvier - 18h30

Conférence le 2 février - 19 h Janvier/Février 2013

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Culture

CINÉMA En janvier et février à la

Cinémathèque de tanger à la Cinémathèque en ce moment, deux films marocains à ne manquer sous aucun prétexte ! Mais aussi un cycle “Cinéma Mondial Tour” proposant dix films incroyables venus d’horizons inhabituels ainsi qu’un cycle singulier “Denis Lavant-Léos Carax” dans le cadre d u Festival National du 1er au 9 février. De quoi réjouir les amateurs d ’images les plus blasés.

Les Chevaux de Dieu

De Nabyl Ayouch Drame franco-belgo-marocain, 2013

Film présenté en avant-première du Festival de Cannes en 2012, dans la section “Un certain regard”. Deux jeunes Marocains ont été choisis pour devenir des martyrs au nom de la cause islamiste. En VO ST français

Femme écrite

De Lahcen Zinoun Drame marocain, 2012

“Naïm décrit le tatouage comme symbole d'un érotisme suggéré dont les femmes berbères détiennent le secret depuis longtemps, c’est une esthétique où chaque trait, chaque cercle, chaque motif a son rôle." En VO sous-titrée français

À perdre la raison

De Joachim Lafosse Drame franco-belgo-suisse, 2011

Pourquoi et comment une cellule familiale en vient à se désintégrer ? Un film impressionnant de tension sourde, une mise en scène limpide et des acteurs époustouflants. Le 17 janvier à 19h30. En VF

Sur la planche

De Leila Kilani Drame franco-germano-marocain, 2010

Le film “uppercut" de Leila Kilani est reprogrammé pour une séance à destination des improbables étourdis qui l’auraient manqué à sa sortie et pour tous les autres, qui évidemment ne s’en lassent pas... Le 31 janvier à 19h30. En VO ST français

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CYCLE DENIS LAVANT - LEOS CARAX

du 1er au 9 février Mauvais sang

De Léos Carax, 1986. VF. Avec D. Lavant, J. Binoche et M. Piccoli. Sous l’accablante chaleur dégagée par la comète de Halley, la population parisienne est frappée par un virus tuant ceux qui font l’amour sans s’aimer. Prix Alfred-Bauer, Berlinale 1987

Holy Motors

De Léos Carax, 2012. VF. Avec D. Lavant, E. Scob et E. Mendes. Tour à tour grand patron, meurtrier, mendiante, créature monstrueuse, père de famille... M. Oscar se balade dans Paris en interprétant différents rôles, mais est-ce vraiment du cinéma ? Prix du Meilleur Film Étranger, Los Angeles Film Critics Association Awards - LAFCA 2012

Mister Lonely

De Harmony Korine, 2008. VO STFR. Avec D. Lavant et L. Carax. Un sosie de Michael Jackson fait la rencontre du clône de Marilyn Monroe. Celle-ci lui propose de l'accompagner dans un village d'Écosse où se tient un gala de sosies. Michael accepte et fait ainsi la rencontre du petit chaperon rouge, de Charlin Chaplin et de bien d'autres...

Les amants du Pont-Neuf

De Léos Carax, 1991. VF. Avec D. Lavant et J. Binoche. L'histoire d'un amour fou entre deux jeunes gens, Alex, cracheur de feu et Michèle, belle vagabonde, de 1989 à 1991, ayant pour décor le plus vieux pont de Paris, le Pont-Neuf.

Boy meets Girl

De Léos Carax, 1984. VF. Avec D. Lavant, M. Perrier et C. Brooks. Premier long métrage de Carax. Deux êtres à la dérive, Alex et Mireille, se rencontrent un soir de détresse sur les quais de Seine.

Films

Cycle Cinema Mondial Tour

Documentaires

Tilva Rosh

de Nikola Lezaic, 2010, Serbie 20/01 à 19h30 en VO ST arabe

De Jueves a Domingo

Last Train Home

De Lixin Fan, 2009, Chine 16/01 à 19h30 en VO ST arabe

The City of Photographers

de Dominga Sotomayor, 2012, Chili 22/01 à 19h30 en VO ST arabe

De Sebastian Moreno, 2006, Chili 18/01 à 19h30 en VO ST arabe

Winter Vacation

King Naki and the Thundering Hooves

Goodbye

Dolls, a Woman from Damascus

de Li Hongqi, 2010, Chine 24/01 à 19h30 en VO ST arabe de Mohammad Rasoulof, 2011, Iran 27/01 à 19h30 en VO ST arabe

Qarantina

de Oday Rasheed, 2010, Irak 30/01 à 19h30 en VO ST anglais

de Tim Weege, 2011, Afrique du Sud 23/01 à 19h30 en VO ST arabe de Diana El Jeiroudi, 2008, Syrie 29/01 à 19h30 en VO ST anglais

The Invisible Policeman

De Laith El-Juneidi, 2011, Palestine-É.A.U. 31/01 à 19h30 en VO ST anglais

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Culture

J EUNESSE

Jeunesse

À la Cinémathèque LE GRUFFALO

de Jacok Schuh et Max Lang Public : à partir de 6 ans - 1h20 Samedi 19 et 26 janvier - 16 h Mercredi 23 et 30 janvier - 16 h

UN MONSTRE À PARIS

d’Éric Bergeron Public : à partir de 6 ans - 1h22 Samedi 2, 9 et 16 février - 16 h Mercredi 6 février - 16 h

CINÉ GOÛTER Découvrir le cinéma en s’amusant ? La formule se poursuit à la Cinémathèque de tanger, tous les seconds mercredis du mois. À l'issue de la projection, un goûter est distribué aux enfants et diverses activités ludiques autour du thème du film leur sont proposées.

LE VILAIN PETIT CANARD

de Garri Bardine Public : à partir de 3 ans - 1h14 Mercredi 13 février - 16 h Et en séance classique les 23/01, 20 et 27/02 - 16 h

Un événement culturel, une expo, une curiosité, une initiative, une association, une actualité à venir que vous souhaiteriez voir figurer dans URBAIN ? Contactez-nous sur urbainmagazine@gmail.com, ou sur la page Facebook d’Urbain Magazine.

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Les Terrasses du Dar Nour Š Juliette Parisot


Culture

L IVRES

Cote Livres En 2013, l’année démarre au féminin avec quatre ouvrages qui abordent la fil filiation, la maternité, les failles, la séduction, le désir... Spécialement imaginée pour les lecteurs d’URbain, voici la nouvelle sélection de Stéphanie Gaou.

Reflets dans un œil d’homme Nancy Houston, essai, Éditions Actes Sud Un essai qui recadre dans une langue juste et simple les armes de la séduction telle qu’elles sont utilisées dans le monde moderne. Édifiant. Avec ce dernier ouvrage publié en mai 2012, Nancy Huston, essayiste, féministe, musicienne, traite de la femme et porte un regard critique sur une société de consommation effrénée dans laquelle l’Occidentale, persuadée de sa liberté d'action, s’est fourvoyée. À grands coups de bistouri, de crèmes anti-rides, de tenues vestimentaires décomplexées, de déni de sa vieillesse, la femme a perdu l’essentiel de son essence et s’est souvent égarée dans des considérations qui l’éloignent de son identité biologique. Huston appuie une thèse selon laquelle la femme, au lieu de se laisser emporter dans son désir de plaire à l’homme à tout prix, devrait repenser ses fondamentaux, réviser son statut de femelle épanouie, aimante, mère parfois. Si la théorie présentée par la féministe a de quoi amuser plus d’une femme moderne, il demeure nécessaire de se positionner, aussi bien hommes que femmes, dans notre sexualité et notre quête de bonheur en société pour questionner ce que les modernes appellent la "théorie du genre". Prix indicatif Maroc : 173 DH Retrouvez ces ouvrages ainsi que toute l’actualité de la Librairie les insolites à Tanger sur la page : www.facebook.com/pages/LIBRAIRIE-LESINSOLITES/109342844733

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Un amour fractal Ghizlaine Chraïbi, roman, Éditions Juste pour Lire Un livre décevant, malgré de grandes promesses. Défragmentation du couple à la marocaine. Ce livre s’impose d’emblée comme une dissection des travers de la bourgeoisie casablancaise. C’est un déploiement de stratégie manipulatrice qui saccage l’image que peut donner à l’extérieur le duo composé par Ito et Momo. Jeunisme, bonheur préfabriqué, poids des coutumes familiales, mise à bas du tberguig - exercice tout marocain qui consiste à propager la rumeur et la faire enfler - dilemme maternel, tous les sujets qui traversent les étapes de la vie d’une femme sont analysés. Mais à vouloir, coûte que coûte, mimer la réalité, l’auteure s’enlise vite dans des dialogues interminables et y perd en crédibilité. Il manque au texte l’écriture. Le lecteur est embourbé dans une prose pétaradante qui fatigue sans atteindre son but. Avec une écriture plus sobre, le récit aurait gagné en intensité et aurait visé juste : critiquer une société prise dans les étaux de l’Occident et du Maghreb. Quelques séances chez le psy pour l’auteure eurent été bien moins éprouvantes pour le lecteur qui se sent pris en otage dans cette catharsis sans grande inspiration. Dommage. Prix indicatif Maroc : 120 DH


En ton absence

L’autre silence

Natacha Wolinsky, roman, Éditions Grasset

Leïla Hafyane, roman, Éditions L'Harmattan

Un texte d'une rare pudeur qui raconte en filigrane l’histoire de toutes celles qui ont aimé leur parents et ont subi leur absence.

Grande surprise 2012 que cet ouvrage écrit avec une fougue incontestable qui ressemble à la lave en ébullition.

L'auteure a consacré son écriture au récit de la vie de ses parents et de l’amour qu’elle leur voue. Amour teinté d’incompréhension, de doutes, des béances d’une petite fille qui a perdu sa mère trop vite. Conjugué aux 1ère, 2e et 3e personnes, ce livre est le témoignage d’une fille qui s’adresse à ses parents comme elle aurait aimé pouvoir leur parler. Sa mère, morte dans des conditions tragiques suicide - laisse des creux, des failles, l’exil, l’Afrique. Et le père, toujours en vie - dessinateur cynique et talentueux - est trop peu présent, défaillant, je-m’en-foutiste bien qu’aimant. La narratrice se serait contentée de raconter l’histoire de ses parents, le livre n’aurait gagné en rien à être lu, mais il y a le style, la retenue juste, le récit d'une généalogie contrastée, des personnages charismatiques, les racines en Tunisie qui renvoient à un Maghreb fantasmé. Un texte d’une étonnante maturité, qui pour être sensible n’est jamais simpliste.

C’est un livre perturbant que celui-ci qui interroge les ressorts de la filiation : une femme qui n’a pas été heureuse dans sa jeunesse a-t-elle la capacité d’élever et d’aimer ses enfants dans le bonheur et la sincérité ? Dans une société où la famille est érigée en modèle inébranlable, cette histoire déroute. Une narration au masculin, un personnage principal qui a tout de l’anti-héros, que ses cousins appellent Toto, qui ne trouve pas sa place parmi les siens et qui finit par comprendre qu’il n'est en rien de leur sang. Tout commence alors que sa mère est en train de mourir et qu’il entretient un monologue où il dissèque sa vie. Sans vulgarité mais sans concession, ce roman dévoile en les démystifiant une par une les grandes figures de la société marocaine. La structure du récit est dense et puissante, l’auteure en économisant au mieux les effets d’écriture parvient à une prose épurée, dénuée de tout artifice qui dégage une grande authenticité..

Prix indicatif Maroc : 205 DH

Prix indicatif Maroc : 190 DH

Marguerite Duras, une plume libre Prêtresse de la phrase déstructurée, du mot juste incisif comme le couteau, d'un style délibérément dépouillé et brouillon, La Duras est un peu à la littérature ce qu’est La Deneuve au cinéma. Femme française dans ses réflexions et universelle dans ses intempérances, la grande dame a su, en une multitude de romans et d'essais, insuffler un vent de révolte et de paradoxes. A lire urgemment, Le Marin de Gibraltar, un roman qui traite de vent, de mer, d'errance, d'amour fou, d'espoir trompé en quelque terre proche du Détroit. Janvier-Février 2013

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Culture

L IVRES

Sélection

La biblio d’URbain Ce mois-ci nous avons choisi deux œuvres qui ont un point commun : celui de parler de grands drames humains. Des livres qui donnent matière à vibrer, à admirer, à relativiser et enfin à espérer. De véritables coups de cœur que nous souhaitons vous faire partager. Par C.C.S.

Sibériade polonaise La vie avant tout 1939. La Pologne en tant qu’État disparaît pour la quatrième fois de son histoire, partagée comme un vulgaire gâteau par deux nations passées maîtresses dans l’art de disposer des individus comme de pions. À l’ouest, on connaît l’Histoire, la grande, la sordide. Mais le destin de l’est du pays, redoutable, est moins connu. La partie orientale de la Pologne devient Ukrainienne et ses habitants des Soviétiques de seconde zone. La population du petit village de Czerwony, comme tant d’autres, est brutalement

condamnée à l’exode vers les camps de Sibérie. Au-delà de la faim, de la maladie, de la terreur et de la détresse du quotidien, on ressent surtout l’horreur du déracinement dans cette histoire commune à des millions de Polonais et vécue par l’auteur lui-même. Un récit sans pathos, à la fois douloureux, épique et admirable. On en ressort bouleversé par la faculté de l’Homme à aller de l’avant et à garder espoir dans les pires circonstances. Zbigniew Domino, Éditions Noir sur Blanc

D’autres vies que la mienne L’Émotion. Autant que je m’en souvienne, je n’avais plus pleuré à la lecture d’un livre depuis le cours moyen et l’histoire du Cerf et du Chien des Contes du Chat Perché de Marcel Aymé. Tiens, c’est incroyable, plus de trente ans après, je me souviens encore de son titre. M’être émue, avoir eu des fous rire, m’être sentie déprimée d’en finir, oui. Mais avoir eu une crise de sanglots comme à la lecture de ce livre, non, jamais depuis. C’est vrai que je suis une grande sentimentale. Mais il est des

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récits qui vont droit au cœur. Celuici touche au but. Carrère, délaissant ses démons, s’est tourné vers les drames (véritables) vécus par d’autres. Il découvre avec nous l’indescriptible, l’horreur, le courage, l’espoir de destins ordinaires vécus par des gens ordinaires. Ça chamboule, ça retourne, ça laisse des traces longtemps après avoir refermé le livre. Et ça aide à relativiser. Absolument. Emmanuel Carrère, Éditions Folio


GALERIE

CONIL

Galerie d’art contemporain Conseils et achats Créations Architecture d’intérieur

Galerie Conil 7, rue du Palmier – Petit Socco – Tanger www.conilgalerie.com www.facebook.com/galerieconil + 212 6 55 64 10 14


Société

ON EN PARLE

Les brèves d’URbain ON A VU POUR VOUS. ON A AIMÉ. OU DÉTESTÉ, CE SONT LES BRÈVES D’URBAIN ET NOS PETITS BILLETS D’HUMEUR. À TANGER, ON A TOUJOURS DES CHOSES À RACONTER : ALORS ICI, ÇA CROUSTILLE, ÇA S’ÉMEUT ET ÇA RÂLE AUSSI UN PEU...

l’image insolite

Sur cette photo, “y a comme un défaut”. Saurez-vous trouver l’élément insolite devant lequel les automobilistes de la ville passent, chaque jour, sans avoir la moindre idée de ce à quoi il sert ?

O SC A N T A T I MEL R ANTIE DU PL

RD TANGE

ANS

Je dois vous avouer que depuis quelque temps, je vois débouler les articles sur Tanger façon « Carnet d’adresses » avec un plaisir non dissimulé. Or voilà qu’après le très réjouissant « reportage » de la chaîne culturelle française TF1 (50 mn inside) intitulé Tanger, la Belle se réveille (visible sur Youtube, pour les trois malchanceux qui l’auraient manqué), j’ai découvert dans le numéro du 24 novembre du Figaro Madame vos adresses préférées à Tanger, dévoilées sur fond de petites anecdotes charmantes. Ceci afin de présenter votre actualité, l’excellent Festival du Film de Marrakech (oui, moi

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© N.S. / URbain

S DE LES PA

Ça gratte un chouïa... Chère Melita Toscan du Plantier

aussi j’ai cherché le rapport mais ne chipotons pas). Sous la jolie photo de vous posant au Mirage se déroulait l’originale liste des adresses du guide DuChemin 2005 - ou 1999, ça marche aussi. C’est vrai, je suis un peu médisant car vous citez les insolites qui n’existaient même pas en 1999 - je dis « citez » car le texte est mot pour mot celui que la libraire a composé ellemême. Entre nous, j’aimerais tout de même vous dire - mais qui s’en soucie ? - que la Cinémathèque est dirigée par Léa Morin et non par la photographe Yto Berada, désormais présidente de l’association, que la photo de Casa Barata n’en

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est pas une ou que votre Casa Barata ressemble furieusement au quartier des tisserands très approximativement situé « à côté du Grand Socco », bien sûr. Ah, et aussi que votre conseil au lecteur d’aller grignoter des sardines aux Grottes d’Hercule pourrait être mal pris, à l’heure où la prolifération des échoppes autour du site en danger est dénoncée un peu partout dans la presse. Mais à part ça, bien, très bien, le papier. Vraiment, je suis sincère. Allez, je tourne la page. Tiens, les meilleurs endroits pour aller « shopper » des chandeliers en or à Paris. Chic alors ! Je vais encore apprendre plein de choses utiles…


Stationnement gênant

Léger froid chez Mövenpick

En écho à la chronique de Lotfi Akalay parue dans le n°1 d’URbain...

© N.S. / URbain

Ahhh, le stationnement sauvage à la tangéroise, tout un poème ! Admirez ces jolies inconscientes garées devant les portes d’accès aux Urgences des cliniques et des hôpitaux : impossible d’y glisser une ambulance, pas même un brancard à roulettes ! Savourez ces files de sans-gêne parquées le long de la voie de droite de la rue de Belgique devant la Mosquée, réduisant à une seule et malheureuse petite voie le passage à un endroit qui voit défiler, à certaines heures, pratiquement toute la circulation de la ville. Savourez votre thé à la menthe dans les gaz d’échappement de la minuscule (et pourtant piétonne) place du petit Socco encombrée de berlines à l’arrêt... Et que dire des attendrissants stationnements en double, triple et quadruple file devant les écoles, épargnant aux mamans l’inimaginable et insurmontable épreuve de marcher 50 m pour aller chercher leur rejeton et leur permettant de l’attendre au volant les fesses au chaud... ça hérisse le poil, dites-vous ? Hé oui, et “ça gratte même un chouïa” !

D’accord, la blague n’est drôle que pour ceux qui savent qu’à l’origine, le groupe suisse était le propriétaire des crèmes glacées du même nom. Elle ne l’est en tout cas pas du tout pour le propriétaire du complexe hôtelier tangérois à en croire La Vie Éco du 2 janvier, qui rapporte que la société MIC, appartenant au Prince saoudien Turki Ibn Abdulaziz, en aurait un peu marre d’injecter de l’argent dans les comptes d’un hôtel qui pourtant affiche un taux de remplissage parmi les meilleurs de la ville, voire du Maroc et qui génère de jolis bénéfices. L’origine du problème se situerait dans le contrat d’exploitation qui lie la société MIC à l’enseigne Mövenpick, cette dernière se contentant d’encaisser ses royalties sans fournir assez de contreparties, notamment sur le plan commercial. De là à dire que la MIC songe à changer de crèmerie...

Bizarre, vous avez dit “bizarre” ?

Ça bouge du côté de la “maison de Peter Pan”, cette construction singulière sise dans le quartier California et qui laisse depuis des années les passants perplexes. En effet depuis quelques jours, des ouvriers s’activent sur son toit et détachent à grands coups de marteau-piqueur de la façade poissons, cobras et autres éléments du bestiaire en 3D que l’architecte à l’esprit fantasque avait collés dans le décor. À suivre...

L’entrée des Urgences de la clinique Sidi Amar à Tanger.

© N.S. / URbain

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ldc LIBRAIRIE GÉNÉRALE fondée en 1949

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© 2012 AUJOURDD’HUI Le Maroc

TANGER VUE PAR...

R

enaissance. Tanger renait de ses cendres. Les Tangérois aussi. Il n’y a rien de spectaculaire pour confirmer cette solide impression mais tout est dans l’atmosphère, ce mardi 9 mai 2000. Dans le regard des gens. Dans leur démarche. Et dans leur manière de se réapproprier leur ville. Pour quelqu’un qui n'a pas visité la cité du Détroit depuis huit ans, le changement est aussi épais que l’espoir qui habite de nouveau les yeux des clients désœuvrés des cafés du port. Le retour de l’espoir tient à peu de choses. Mais elles sont d’une importance décisive. Bien sûr, il y a le nouveau port Tanger Atlantique, il y a aussi la nouvelle zone franche, il y a également le formidable projet de la rocade méditerranéenne qui va ressouder le Nord et le mettre en posture de développement et il y a, entre mille petites autres choses, l’ambitieux projet de reconquête touristique niché dans la belle et prometteuse baie de Malabata. Mais finalement ce n'est pas de cela exactement qu'il s’agit. L’espoir se mesure en termes de reconnaissance, de considération, de respect et d’attention reçus. C’est cela le moteur de la confiance retrouvée. De la dignité recouvrée. Il a fallu que le Souverain, SM le Roi Mohamed VI, remette Tanger

... Khalil Hachimi Idrissi En l’an 2000, celui qui n’était pas encore Directeur Général de l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) écrivait un texte plein d’espoir sur Tanger... à relire treize ans après.

au cœur du Maroc politique et diplomatique pour que la ville se réveille. Qu’elle sorte de sa léthargie suicidaire et de sa propension à la déviance. Le réveil des Tangérois, galvanisés par les multiples séjours royaux et les mille attentions que prodigue le Souverain à la ville aux mille secrets, a fait que la peur a changé de camp. La peur, celle qui s’installe après la défaite des gens honnêtes, celle qui occupe les esprits quand les intellectuels marginalisés ont baissé les bras et celle qui tord les boyaux d’une élite locale qui a perdu son ascendant naturel devant les voyous, les délinquants et les faiseurs de mal vie. Quand les Tangérois, surtout jeunes écoliers et écolières, parfois des chômeurs, et souvent des mères de familles, s’amassent sur le parcours du cortège royal, ils crient un espoir formidable qui cautérise leurs peines enfouies, qui refoule leurs peurs passées et qui fait jaillir, à l'image d’un geyser, un torrent de désir de mieux-être. Que disent-ils ? Des mots simples. Nous voulons une cité de droit contre la faillite d’une administration locale entamée par la corruption. Le retour des justes contre les spéculateurs véreux et les promoteurs frauduleux. Des élus vertueux contre la faune, déliquescente et mafieuse, qui peuple une partie des conseils élus. Une ville avec de vraies valeurs de solidarité contre les marginalités, les exclusions et les égoïsmes. C’est tout ce qu'ils disent sur les trottoirs, dans les cafés, dans les salons

familiaux et dans les cercles dans lesquels la citoyenneté continue à être une source, encore vivante, qui puise sa force dans l’extraordinaire combat pour l'indépendance qu’a livré Tanger. L’esprit d’Abdelkhalek Torres1 souffle encore. Celui d’Abdeslam Bennouna2 caresse encore les consciences.

“ La pensée d’Abdellah Guennoun est toujours vivante ” Tous les esprits que cette ville a rassemblés par le passé frémissent encore. Des écrivains, des peintres, des voyageurs, des diplomates et des créateurs en tout genre et de tous horizons. La couche de médiocrité veule et vénale qui a recouvert, par la suite, cette cité n'a pu étouffer cette humanité flamboyante. SM le Roi incarne aujourd’hui le renouveau de Tanger par ses valeurs, ses choix, ses décisions et sa manière de régner. C’est un fait incontestable. Et Tanger, que tout le Maroc regarde, l’a bien compris. 1 Abdelkhalek Torrès (1910-1970), journaliste et leader nationaliste tétouanais. Il a combattu le colonialisme espagnol puis fut Ministre sous

SM Mohammed V.

2 Abdeslam Bennouna (1887-1935), nationaliste tétouanais à l’origine de la création du Parti de la Réforme Nationale (1936). 3 Abdellah Guennoun (1908-1989). Un des plus grands érudits du XXe siècle au Maroc. Militant nationaliste et associatif, il devint Gouverneur de Tanger à l'indépendance du Maroc.

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Société

QUAND JE VEUX , OÙ JE VEUX

Le regime et Moi COMME LE DIT PIERRE DUKAN, “C’EST FACILE DE MAIGRIR, SUFFIT D’AVOIR LES BONS PRODUITS !” IL FAUT ÊTRE HONNÊTE, ÇA ME TENTE, MAIS VOICI MES 10 (MAUVAISES) EXCUSES POUR NE PAS ME METTRE AU RÉGIME… TOUT DE SUITE !

6. La prudence

1. Le bon moment

D’abord, on ne commence pas un régime un mercredi, ni juste après les fêtes - il y a plein d’invitations à retourner, il faut être courtois tout de même -, ni quand il reste toutes ces boîtes de chocolat qu’on nous a offertes à la fin de l’année à terminer. Simple question de bon sens.

2. La garde-robe

En janvier, mon porte-monnaie est essoré ! Alors ce n’est vraiment pas le moment de courir les boutiques pour investir dans des vêtements plus petits. Mon ancienne garde-robe ? Elle commence quand même un peu à dater depuis le temps que je me trouve des excuses et moi, j’ai pas trop envie d’avoir l’air de sortir des années 80 en 2013 !

3. Les hommes

Incroyable ! La presse ne parle que de ça : les hommes préfèrent les “gros popotins” ! J.Lo, Kim Kardashian, Beyoncé sont devenues des icônes. À tel point qu’aux États-Unis, l’opération de chirurgie esthétique la plus pratiquée désormais est le butt enhancement (implants fessiers), pour la modique somme de 5 à 10 000 $, quand même. Voilà déjà une chose que je n’aurai pas à faire.

4. Les économies

Au hammam chez Khadija, j’ai vraiment l’impression de faire des économies : c’est le même prix que quand j’étais mince ! Ce qui me fait un rapport quantité/prix au cm2 plus avantageux et moi, j’adore faire des affaires !

5. Le confort

Depuis que j’ai pris “un peu de volume”, mon mari a changé la voiture pour ménager mon confort (et ses amortisseurs). Finie la citadine compacte, on roule en berline ! Il a aussi investi dans un lit de deux mètres de large super agréable. Et moi, je crains trop qu’il aille rechercher à la cave notre vieux lit qu’il aimait tant parce qu’il le tenait de sa grand-mère et qu’il ne s’est pas encore décidé à apporter à Casa Barata !

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it, en février, z le temps qu’il faer les bœufs ve sa us vo ais m rn Non e un vent à déco ! Telle que je à Tanger ? Il y règn m’envoler de ur pe p tro ais her. et moi, j’aur tiens bien au planc suis, c’est sûr, je

7. La vie sociale

Il y a un nouveau resto en ville qui vient d’ouvrir et moi, j’ai bien envie d’aller l’essayer. D’ailleurs tous mes amis y vont et je devrais rester enfermée seule à la maison ? C’est le meilleur moyen de m’empiffrer de chocolat en déprimant devant la télé.

8. La tranquillité

Dites donc, vous avez vu comment ils sont, les types, dans la rue ? Ils matent, apostrophent, commentent... Me faire siffler dans la rue ? Hchouma !

9. La bonne méthode

J’avoue qu’entre le bouillon de chou qui rend tout mou, les protéines qui parfument les babines, l’œuf mayo qui donne l’impression d’avoir avalé un cargo, la cure de bacon qui ballonne, on ne sait que choisir... Rien qu’à l’idée, la feuille de salade me rend malade.

10. La bonne humeur

Authentiques, sincères, cools, sympas, bons vivants... Les qualificatifs ne manquent pas pour qualifier rondes et ronds. C’est sûr, la faim ne me rend pas hargneuse et jamais je n’ennuie les serveurs au resto pour avoir la sauce “à part” ! Et finalement, tous mes amis vous le diront, je suis (presque) toujours de bonne humeur !

Janvier/Février 2013

Et le mois prochain, mes 10 (mauvaises) excuses pour NE PAS arrêter de regarder mes séries débiles...

© Olly


Tous les plaisirs de l ’ O céan... Terrasse panoramique avec vue sur le “grand bleu” Carte de produits de la mer raffinés & cuisine méditerranéenne

Ouvert tous les jours Plage Sidi Kacem - Direction Grottes d’Hercule Tél. : 05 39 33 81 37 - Mail : oceantanger@gmail.com www.oceanplagetanger.com


Tech & Net

ACTUS

News sans concessions Quoi de neuf sur Facebook ?

Certes, on utilise Facebook chez URbain. Le réseau social le plus utilisé au monde connaît des critiques grandissantes. Une bonne raison pour en dénoncer les préoccupants travers...

Carrément flippant !

Un beau mariage d’intérêt (pas le nôtre)

Après un rapprochement pressenti avec Twitter, c’est finalement Facebook qui a emporté la vente d’Instagram moyennant 747 millions de dollars au printemps 2012. C’est sans doute la raison de la rupture entre Instagram et Twitter, ce dernier ayant décidé de monter son propre service d’édition de photos. Cette acquisition permet à Facebook de combiner les informations personnelles recueillies sur ses membres et celles des utilisateurs d’Instagram. Pour des pubs de plus en plus ciblées. Et ce n’est pas le seul avantage. Sans s’attribuer la propriété des photos publiées par les utilisateurs de son service, Instagram s’octroie cependant le droit permanent de vendre ces images, sans aucune rémunération pour l’auteur ni même s’en avoir à l’en informer avant la vente, ce qui est déjà proprement scandaleux. La nouveauté, c’est qu’à compter du 16 janvier 2013, ceux qui n’auront pas supprimé leur compte et leurs photos ne pourront pas s’opposer à cet usage commercial et sans concertation de leurs photos par Facebook. Des surprises bien désagréables en perspective...

Mélange des genres stressant

Une étude universitaire écossaise tend à montrer que la multiplication des cercles « d’amis » sur Facebook aboutit à une augmentation du stress, le réseau social faisant cohabiter des groupes séparés dans la vie (amis dans la vie réelle, famille, amis d’amis, collègues, conjoints...). Pour être précis, cette analyse met en corrélation le nombre de groupe « d’amis » et le stress. Autrement dit, c’est la cohabitation de différentes entités amicales dans un même espace qui peut causer des troubles. En effet, le « stress augmente quand un utilisateur est confronté à une image de lui sur Facebook qui n’est pas acceptable pour les "amis" » en ligne ». Ce que Ben Marder, l’auteur de l’étude, résume ainsi : « Facebook était comme une grande fête pour tous vos amis, où vous pouviez danser, boire et draguer. Mais (...) avec l’arrivée de votre mère, de votre père et de votre patron, la fête devient anxiogène et un potentiel terrain miné social ».

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DU BON USAGE DE FACEBOOK Un étude révèle que seulement un tiers des sondés utilisent les listes permettant de mieux définir quels amis voient les informations publiées en ligne.

LE STAGE EN ENTREPRISE, ÇA PAYE !

Les stages en entreprise constituent en général une manne pour les sociétés afin de bénéficier de maind’œuvre et de talents sans avoir à mettre la main au portefeuille. Mais pas chez Facebook, où les stagiaires sont rémunérés et pas des clopinettes : 4 274 € par mois en moyenne (5 622 $). Ces niveaux de salaires très alléchants visent avant tout à attirer les meilleurs talents fraîchement diplômés et d’éviter qu'ils ne travaillent pour la concurrence.

LA DÉMOCRATIE À LA SAUCE FACEBOOK

Après le vote nébuleux parmi son milliard de membres qui s’est achevé le 10 décembre dernier, le réseau social a confirmé sans surprise qu’il allait mettre en œuvre les changements prévus dans ses règles d’utilisation, en dépit des résultats négatifs obtenus auprès des votants. "Nous avons décidé d’adopter les mises à jour proposées", indique un vice-président du réseau social en ligne, Elliott Schrage, dans un message sur le site du groupe. Il relève qu’en dépit d'une "large couverture médiatique" et de ses "efforts importants pour informer (les) utilisateurs et les encourager à voter, à la fois par des courriels et des publications dans leurs fils d’actualité", au final "moins de 1%" d’entre eux se sont exprimés. Ainsi donc, pour que les résultats soient contraignants, il aurait fallu une participation d’au moins 30%, rappelle-t-il, soit au minimum 300 millions de membres ! Les nouvelles règles prévoient notamment l’abandon de la procédure de vote, ainsi que la possibilité pour Facebook de combiner les données qu’il collecte sur ses membres avec celles réunies par d’autres sociétés qui lui sont liées. Les résultats d’un scrutin purement et simplement ignorés sur la base d’un quotat minimum de participation non atteint ? Bravo Facebook. Voilà un bien bel exemple de démocratie.


Découverte

W EEK- END

Le Jbel Toubkal

Toit du Maroc

© Andrey Plis

Pour un week-end, c’est un peu court, sans doute. Mais si vous avez quelques jours devant vous et une petite envie de neige bien légitime en plein cœur de l’hiver, courez découvrir le Toubkal, véritable Mont-Blanc marocain...

Terra incognita Même si l’on distingue aisément les monts de l’Atlas depuis Marrakech, on a du mal à imaginer qu’à peine une soixantaine de kilomètres au sud de la ville se trouve le Jbel Toubkal, sommet le plus haut d’Afrique du Nord avec ses 4 167 m ! Inconnu des cartographes jusqu’au XIXe siècle (le Jbel Ayachi, 3 747 m, passait jusqu’alors pour le sommet le plus élevé du Haut Atlas), il fut gravi officiellement pour la première fois le 12 juin 1923 par un militaire proche du Général Lyautey, le marquis de Segonzac, qui rapporta que le sommet était orné de cairns1,

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ou kerkours, construits par les Berbères, témoignage concret du fait que les locaux, eux, connaissaient l’endroit depuis déjà bien longtemps.

Paradis du trekking Tout au long de l’année désormais, le massif du Toubkal est envahi de passionnés de randonnée venus du monde entier. Les conditions idéales (températures, accès) sont réunies pour les marcheurs d’un niveau moyen entre avril et octobre. En hiver, les conditions d’enneigement rendent les treks un peu plus sportifs, pour des marcheurs d’un bon niveau.

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© DR

Arrivée sur le lac d’Ifni. 1 Amas de pierres balisant un terrain, signalant un sommet, un obstacle, une sépulture, etc.


CÔTÉ PRATIQUE

Chamonix marocain

Paysages alpins

Malgré la différence de latitude, le massif présente des reliefs, une faune et une flore comparable à ceux que l’on peut trouver dans les Alpes. L’animal emblème du parc National est le mouflon à manchette. C’est également le territoire d’espèces rares comme le chat sauvage, le porc-épic, la genette, la mangouste ou de grands rapaces tels que le gypaète, l’aigle royal, l’aigle de bonelli, l’aigle botté, le circaète , le faucon pèlerin, le hibou ainsi qu’une foule de reptiles. Au fond d’une vallée sous les pentes du Toubkal, le lac d’Ifni situé à 2 295 m est le plus grand lac de montagne du Maroc. En été, c’est l’endroit idéal pour se baigner dans ses eaux émeraude dans lesquelles se reflète le décor minéral environnant.

S’y rendre :

© Frameangel

Imlil est le point de départ de toute activité dans la massif du Toubkal. Époustouflant de beauté, le village accroché à la montagne est surnommé le “Chamonix marocain”. Ici, les non sportifs trouveront paix et confort pour un séjour totalement déconnecté de la ville, les autres pourront choisir entre trekking intensif, promenade tranquille et baignade, ski...

Points de chute

La période idéale pour le ski de randonnée se situe entre janvier et la mi-avril, époque où vous pourrez skier en tee-shirt. Un bon équipement et une maîtrise correcte de la “lecture” des combes est nécessaire. Les deux refuges notables sont gérés par le Club Alpin Français (CAF) de Casablanca. Le mieux équipé, le refuge du Toukbal (ou refuge Nelter) au confort comparable à un refuge alpin est situé à 3 207 m. Le second, le refuge du Tazahart (ou refuge Lépiney), propose une capacité de couchage réduite et un confort plus spartiate. Pensez à réserver, ils sont souvent complets.

Imlil est le dernier lieu accessible par la route avant le Jbel Toubkal, situé à deux jours de marche tranquille, une journée pour les marcheurs aguerris. Vous y trouverez guides et conseils pour l’ascension (recommandés même si les chemins sont bien balisés). En été, des mûles portent les sacs au refuge.

Où loger à Imlil :

Kasbah du Toubkal - Accessible à

pied ou à dos de mule, cette ancienne demeure d’un caïd féodal a été restaurée par les habitants du village à l’initiative d’un Anglais et d’un Marocain désireux d’offrir le meilleur de l’hospitalité berbère. Un endroit incroyable au confort impeccable. Chambre double à partir de 1 600 dh (également appartements et suites).

Douar Samra - Restauré par Jac-

© DR

Itinéraire d’un urbain gâté...

Il existe plusieurs parcours de randonnée dans le Toubkal. Quel que soit le chemin choisi, le parcours ne présente pas de difficulté majeure. Chaque itinéraire vous récompensera par des paysages magnifiques. Voici celui que vous a concocté la rédaction. J 1 : Village d’Imlil (1 750 m) - Refuge du Toubkal-Nelter (3 207 m). J 2 : Ascension du Toubkal par la combe de l’Ikhibi sud (voie normale) - Descente par Tizi N’Ouanoums (arête sud-ouest, très ensoleillée) Pause au Lac d’Ifni - Retour au refuge Nelter. J 3 : Refuge Nelter - Refuge Lepiney-Tazahart (3 000 m) par le Tizi Melloul et le plateau de Tazahart. J 4 : Descente sur Imlil par le Tizi Mzik (2 489 m).

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queline en respectant l'esprit des méthodes ancestrales et situé sur un site clé à 1 850 m d'altitude, point de départ ou d'arrivée des excursions vers le massif du Toubkal, la vallée de l'Ourika et la station de ski de l'Oukaïmeden. Chambres d'hôtes au cachet « berbère » à partir de 960 dh.

Dar Adrar - Un sympathique B&B. Chambres confortables, terrasse sur le toit avec vue sur la Vallée de l'Ourika et hammam. Sur demande, vous pourrez déguster des petits plats maison. Mohamed Aztat - le propriétaire, est un guide de montagne qualifié. À partir de 200 dh.

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© DR


Découverte

ARCHITECTURE

La “ Plaza ” rendue aux Toros ?

© N. S. / URbain

Encore un témoignage du passé à la vue duquel le cœur se serre. La Plaza de Toros, autrefois lieu bouillonnant d’activité, fait aujourd’hui bien triste mine. Délabré, fissuré, abandonné. Et pourtant ce monument qui paraît incongru en cet endroit pourrait bien être prochainement au centre de toutes les attentions. Par Estelle Du Brusc

Vestige espagnol Tanger est riche de lieux qui racontent l’époque du statut international. Parmi les Tangérois de nationalités européennes qui ont contribué à façonner le paysage architectural de la ville, les Espagnols sont ceux qui ont laissé l’héritage le plus important. En effet dans les années 40 et 50, la communauté espagnole est très largement prédominante, composée d’environ 50 000 membres soit le cinquième de la population de la ville. à cette époque, Tanger, c’est un petit bout d’Espagne et il y manque évidemment une chose essentielle : des arènes. Et les Espagnols les veu-

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lent : le stade de Marshan a accueilli quelques corridas mais il est décidement bien peu approprié à l’organisation de ce type d’événement. Un projet de construction d’arènes est alors mis en place et le lieu est choisi. On l’érigera dans un quartier à l’extérieur de la ville, en pleine campagne, sur la route de Tétouan. Un quartier presque désert peuplé essentiellement d’éleveurs de bétail, de ferrailleurs et de paysans. C’est donc là, au milieu des champs d’orge et de blé que la construction est réalisée par le propriétaire du terrain, l’entreprise espagnole “Ingénierie & Construction SA”, en seulement quatorze mois.

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Un passé glorieux Inaugurée avec faste le 27 août 1950, la Plaza de Toros voit défiler chaque semaine des toreros célèbres et des taureaux de choix. On y admire même une femme, Conchita Cintron, toréer alors que c’est encore interdit en Espagne ! Plus de 10 000 places, toujours remplies grâce à l’afflux massif d’Espagnols de la ville mais aussi du continent, ainsi que de nombreux Marocains friands d’animation. Six années d’effervescence puis plus rien. à l’indépendance, le lieu est fermé jusqu’en 1970, année durant laquelle sont organisées quelques dernières corridas. Le lieu


© pDR

La polémique...

© N. S. / URbain

Les arènes en 1950.

Les arènes (vue intérieure) aujourd’hui.

est alors définitivement abandonné à son triste sort. En 1971 un ferrailleur, flairant l’aubaine, propose de le détruire pour récupérer le fer de la structure. Le Gouverneur de l’époque s’oppose à ce projet. Depuis, les arènes ont servi de refuge pour les familles sinistrées par des inondations, de centre de détention, de place militaire sans qu’aucun entretien ne soit jamais réalisé. En 1984, les clés sont remises à la Chambre de Commerce. Elles sont actuellement la propriété de la Mairie de Tanger.

En janvier 2011, l’info avait déjà été diffusée dans le journal Tel Quel. En mai 2012, c’est officiel : le Conseil Régional du Tourisme de Tanger Tétouan (CRT-TT) annonce son intention d’inscrire le retour de la corrida dans les arènes de Tanger dans son plan d’action. Les arguments ne manquent pas. D’après Mustapha Boucetta, Président du CRT, le spectacle de “corrida draine des enjeux économiques et culturels (...) et des flux financiers importants” et “constitue également un attrait touristique”. La ville de Nîmes en France et sa fameuse Feria sont citées en exemple pour illustrer le propos. Mais ce n’est pas tout. Des sociétés espagnoles spécialisées dans la rénovation, l’entretien et la gestion des arènes se seraient déjà mises en contact avec le CRT pour proposer leurs services. Des protestations se sont évidemment aussitôt élevées, notamment de la part de la FLAC (Fédération des Luttes pour l’Abolition des Corridas). En réponse, des arguments étonnants ont été avancés, notamment par M. Khadir El Amraoui dans un entretien pour URbain. D’après ses sources, “les origines de la tauromachie pourraient être marocaines”. Tous les spécialistes s’accordent pourtant à situer l’origine de cette discipline autour des Pyrénées, région particulièrement peu concernée par l’héritage musulman. Des peintures rupestres prouvent d’ailleurs la relation de longue date des peuples locaux avec les bovins. D’autre part, la corrida serait une “tradition” à Tanger. Ou encore la viande des taureaux tués pourrait être “distribuée aux associations caritatives” (bien que non “halal” et impropre à la consommation - voir recommandations de l’Agence Française Sanitaire et Sociale Française), ce qui peut laisser perplexe. Pour l’instant, le projet est en stanby. Une affaire à suivre de près...

Uniques au monde

C’est indéniablement à présent la plus grande curiosité architecturale de la ville. Après la destruction des arènes de Casablanca en 1971 sur l’ordre de SM le Roi Hassan II, qui détestait la corrida et ce qu’elle représentait, ce sont désormais les seules existant dans un pays musulman. Elles sont pour l’heure dans un piètre état. Mais un projet de réhabilitation existe et il fait parler de plus en plus de lui... (voir encadré)

L’inauguration de la Plaza de Toros de Tanger, le 27 août 1950.

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Découverte

ARCHITECTURE Opinion publique, où en est-on ?

La reprise de la corrida, solution économique ?

Après l’inauguration des arènes de Tanger, le 27 août 1950, les corridas se sont succédé pendant six années et ce jusqu’à l’indépendance du pays en 1956. Puis plus rien jusqu’en juillet 1970 et un dernier baroud d’honneur le 4 octobre de la même année, avec rien moins que la star “El Cordobes”. Certes, il y avait bien eu quelques spectacles organisés dans les années 40 au stade Marshan, mais ces quelques années de corrida, impulsées par la demande d’une énorme population espagnole qui a déserté le pays depuis... est-ce suffisant pour parler de “tradition” ? “La tauromachie, créée par les Marocains, était basée sur une lutte équitable et strictement codifiée entre un homme et un fauve”, communique le C.R.T. Pourtant, feu SM Hassan II avait interdit ces spectacles, les qualifiant non seulement de “boucherie” mais affirmant également qu’ils rappelaient par trop la présence espagnole au Maroc, réattribuant donc à César ce qui est à César, par conséquent à l’Espagne ce qui n’est pas au Maroc.

Lors de la présence espagnole au Maroc, la demande de spectacles de corrida était très forte. O tempora, o mores ! Les temps ont bien changé et avec eux, l’opinion publique. L’Espagnol moyen, qu’on souhaite attirer à venir à Tanger, n’est plus le fervent amateur qu’il était. S’il reste bien des irréductibles, la tendance est au rejet de la corrida : 72 % des Espagnols se disent formellement opposés (sondage Gallup, 2006), plus encore qu’en France ! D’autres dénoncent l'utilisation des impôts payés par chacun pour subventionner “une activité désapprouvée par une partie très importante de la population”. Allant petit à petit dans le sens de l’opinion publique, en Espagne, le Parlement de Catalogne a adopté après les Canaries, le 28 juillet 2010, une disposition interdisant la corrida qui a pris effet le 1er janvier 2012, à la suite d'une initiative populaire ayant recueilli plus de 180 000 signatures. La question reste cependant toujours sujet à controverse. Quoi de plus normal dans un pays où la corrida existe depuis bien plus d’un millénaire ? En France, le « Groupe d'Études sur la Protection des Animaux », dirigé par G. Gaillard (PS) et M. Marland-Militello (UMP), œuvre toujours pour faire adopter sa proposition de loi, enregistrée le 13 juillet 2010, « visant à punir les sévices graves envers les animaux domestiques, apprivoisés, ou tenus en captivité, sans exception ». Cette proposition fait suite à l'échec de deux précédentes tentatives, en 2004 et en 2007. Le nouveau texte prévoit de supprimer l’exception dont bénéficient corridas et combats de coqs dans certaines régions, au nom d'une « tradition locale ininterrompue ». Un débat passionné qui risque fort de s’intensifier dans les années à venir.

Le Conseil Régional du Tourisme a toute légitimité pour mener des réflexions et prendre des initiatives afin de développer un type de tourisme différent à Tanger. Cependant, la population espagnole au Maroc et dans la région de Tanger en particulier a fondu comme neige au soleil depuis l’indépendance. Vraiment pas de quoi remplir des arènes aujourd’hui. Le C.R.T. de Tanger-Tétouan vise par conséquent non les locaux mais un tourisme économique espagnol, attiré dans le cadre de “packs tout inclus”. En effet, la cible ne peut guère s’élargir à des touristes d’autres provenances ignorant tout de la culture de la corrida si l’on excepte un petit nombre de sud-Américains. Cependant, le touriste espagnol connaît une crise sans précédent dans son pays. Il sera sans nul doute difficile de remplir régulièrement les arènes avec ce type de spectateur, surtout au prix envisagé pour le billet de corrida (jusqu’à 100 € pour les meilleures places et les meilleures têtes d’affiche). En France et en Espagne notamment, la corrida est génératrice de revenus, mais elle est également très largement subventionnée par les prélévements locaux (impôts), ce qui est une source de mécontentement croissant des populations concernées. Côté logistique cette fois, la question que l’on peut se poser concernant les arènes de Tanger, autrefois situées en pleine campagne, est si elles peuvent aujourd’hui accueillir l’afflux massif de plus de dix mille spectateurs à la fois : absence de parkings, d’espaces pour la foule à l’extérieur, etc. Toutes ces questions sont à considérer avec soin avant de prendre la décision la plus judicieuse pour sauver “la Plaza de Toros”.

© ctv.es

La corrida à Tanger, une tradition ?

Toreros tangérois : Juan Belmonte Fernández y Antonio Vázquez en 1952.

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Pourquoi dès lors ne pas imaginer une reconversion en douceur des arènes de Tanger vers une tauromachie “humaine” ? En particulier, pourquoi se fermer les portes de ce tourisme de masse, en majorité profane et opposé à la corrida, qui affluerait d’Amérique centrale et latine, des États-Unis, du Canada, d’Australie, d’Europe, bref, du monde entier si l’on organisait à la Plaza de Toros des spectacles réguliers de rodéos, courses et autres jeux taurins dont le succès ne se dément pas dans une grande partie du reste du monde ?

Il existe une autre option, moins controversée, plus enrichissante et qui bénéficierait sans aucun doute d’une image très franchement positive pour notre ville. Celle d’un aménagement dans un but culturel des arènes. Avec leur capacité unique de 13 000 places, ce concept paraît aller de soi. Le site pourrait ainsi devenir un véritable lieu de festivités, à l’image des anciens cirques romains en France ou en Italie. Pour faire vivre des festivals d’art lyrique, de théâtre, de musique... Les possibilités sont infinies et le rayonnement international assuré !

Course landaise pendant les fêtes de Bayonne, en France.

Gageons que nul détracteur ne viendrait s’opposer à cette belle idée-là.

Festival d’art lyrique “Chorégies d’Orange”, en France.

Votre avis nous intéresse ! Le but de la démarche d’URbain ne sera jamais de vous imposer un point de vue. © Delphimages

La tauromachie avec mise à mort n’est pas la pratique la plus répandue. C’est même en réalité une infime partie des disciplines composant la tauromachie. La corrida est pratiquée essentiellement en Espagne, dans quelques régions du sud de la France, dans certains états d’Amérique latine et des USA et dans quelques communes du Portugal. Car la tauromachie, c’est avant tout un ensemble de sports reconnus et même organisés en de multiples fédérations dans le monde. En France, le succès de la course camargaise dans le sud-est ou de la course landaise dans le sud-ouest ainsi que de nombreuses formes de corsos et de lâchers de taureaux est indéniable. En Espagne, les courses de recortadores ou le toreo comique drainent d’énormes foules familiales. En Amérique latine (Chili, Brésil), les spectacles de rodéo font partie de la tradition ancestrale de certaines régions. Aux États-Unis, Mexique, Canada et Australie, le Pro-Bull Rider est une association sportive qui fédère la pratique du rodéo, de la capea de village et divers autres jeux taurins...

©Yves Bonnet

Les alternatives à la corrida

Rodéo sportif au Texas, U.S.A.

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Réagissez en donnant votre avis sur notre page Facebook : Êtes-vous favorable au retour de la corrida dans les arènes de Tanger ? -

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Découverte

ARTS

Portrait

Partan emballe Tanger

Partan existe… nous l’avons rencontré. Adepte d’un anonymat protecteur, le peintre séduit par ses couleurs et par la maitrise impressionnante de ses glacis. En exclusivité à la galerie Conil depuis deux ans, Partan connaît un succès évident auprès d’un public composite et commence à intéresser des galeries européennes. Derrière la réussite, un homme en clair-obscur, habité par un ou deux démons dont il sait pour le moment tirer le meilleur. 58

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« Je recherche le beau et je le fuis aussi ». Partan vous fixe dans les yeux pour deviner si la réponse vous convient. Et si elle est assez claire pour exprimer son goût d’absolu mais aussi son souci de ne pas verser dans le décoratif. « C’est bien sûr la plus grande difficulté. Il faut rester juste “limite” ». L’artiste tangérois maîtrise bien le paradoxe parce qu’il reste fidèle à l’essentiel de son travail : une obsession d’aller chercher « ce qu’il y a derrière, une fois qu’on racle la surface des choses ». Pour « dépasser le superficiel », le peintre accumule des couches et des couches de couleurs, puis, il « creuse » la matière « un peu comme un sculpteur ». C’est jusqu’à huit couches de peintures qu’il peut ainsi superposer pour se livrer ensuite à un travail de destruction-reconstruction. Ainsi, chaque œuvre de Partan émerge d’une sorte de combat stratégique entre une matière qui impose sa loi, - ces couches de peinture encore fraîches qui se cachent les unes les autres - et ces actions de lissage, de grattage, de raclage, exercées par l’artiste qui doit, dans un laps de temps forcément contraint par l’alchimie du séchage, donner du sens au hasard. « Il faut que ça puisse se mélanger mais que chaque couche garde en intensité ». Il s’agit donc d’une collaboration entre la peinture et l’artiste qui souhaite en quelque sorte « garder la main » in fine. « C’est dans ce combat entre la peinture et moi, qu’il vient des choses. Et c’est moi qui décide… en fonction de ce qui apparaît. Mais c’est comme dans la vie humaine, on ne maîtrise pas tout ». Pour Partan, c’est dans ce travail que naît la surprise, l’émotion, le plaisir. Enfin maintenant. Parce que pendant longtemps, très bon dessinateur, Partan, méticuleux, se contentait de recopier des œuvres hollandaises, celles des Annonciations, des perspectives et des détails. Puis il a pris sa route à lui, qu’il nous offre à présent, celle de ses surfaces si lisses et si riches, celle de ces échographies neigeuses où l’abstraction, jamais totale, se plaît dans un entre-deux qui rappelle Richter, une référence assumée qui triomphe aujourd’hui à Paris. Si Partan parle plus facilement de « radiographies » à propos de son travail, c’est que mentalement, il s’y retrouve. L’homme, réservé, d’un physique sec et plutôt tranchant, est un personnage qui se « révèle » dans ces surfaces polies et tout à la fois glacées et sensuelles. « C’est un peu ma personnalité. Je n’ai été élevé que par des femmes, je n’ai pas connu mon père. Je suis assez sensible mais au fond j’ai une dureté qui me fait peur parfois. Et je peux passer d’une hyper-dureté à une hyper-sensibilité ». Entre

sensibilité et rudesse, la peinture de Partan séduit par la force de ces aplats éclatants, par le mystère de ses flous. Certains détails laisse aussi remonter à la surface une éducation et des réflexes que l’artiste croyait enfouis. « C’est vrai que j’ai fait beaucoup de croix alors que je suis plus mystique qu’adepte de la religion dont les certitudes peuvent aller jusqu’à la dictature, s’il n’y a pas place pour le doute ». L’artiste qui, avec rigueur recherche une sorte de spiritualité, voire de « pureté un peu cistercienne » a fréquenté, jeune, les rites et les dogmes catholiques avant de s’en éloigner, de s’en défaire. Il revendique désormais « une forme d’athéisme » mais constate que l’abstraction est une forme picturale qui, chez lui, fait resurgir un inconscient pétri de sacré, « un peu à la Tapies ». Philippe Chaslot

« J’adore Richter. Comme lui, je me suis toujours méfié des pinceaux. C’est une gestuelle qui m‘amenait à un certain maniérisme. J’utilise des raclettes ou tout type d’instrument qui me permette de sculpter la peinture ». « L’anonymat, je le revendique. Le fait de disparaître, ça me laisse plus libre ». « En peinture, le plus dur est de savoir s’arrêter. Notre côté judéo-chrétien nous pousse à penser qu’avec plus de travail, c’est meilleur. Ce n’est pas vrai. Un tableau peut être réussi en dix minutes ».

L’exposition : Expansion 1, 2, 3 Elle se fait en trois temps à la galerie Conil. Il s’agit de travaux correspondant à des recherches simultanées : Expansion 1 regroupe les œuvres les plus fondues, les plus abstraites. Expansion 2 accompagne le regard à travers des sortes de cadres géométriques comme si on voyait des paysages à travers des fenêtres. Expansion 3 remplace les cadres par des éléments organiques plus naturels, comme des arbres stylisés. Galerie Conil, 7 rue du Palmier, Petit Socco. En janvier et février

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Cherbns planschkpphje

Pratique

CONSO

Les Bons Plans d’une Tangéroise En panne d’inspiration pour une sortie, un déjeuner, une balade ou une virée shopping ? Pour vous donner des idées, URbain vous présente chaque mois les bons plans d’un ou d’une Tangéroise. Aujourd’hui, c’est Véronique Thoyer, Tangéroise depuis quatre ans, qui s’y colle et nous livre ses bonnes adresses. Merci à elle !

i e du mid Ma cantin Paulo Anna e

, sas, pizzas nne, pâte qui change lie a it e in e rdois e cuis ons. sympa d arte sur a Un resto également une c fonction des sais n 17 6 lades et iennement et e 39 94 4 quotid tier - 05 ri é H e c u Prin 77, rue d

Pour un déjeuner au soleil : Le Salon Bleu

Dans la Kasbah, au soleil, une super terrasse sur les toits avec vue sur la mer. Menu à partir de 90 dh.

Cô té Sp o rt

J’adore la marche sur la nouvelle corniche le matin. Et le “body attaque” avec Mochire au Minzah. Hôtel El Minzah - 85, rue de la Liberté - 05 39 33 34 44

Cô té La n g u e s

English International Center

Pour une remise à niveau efficace dans la langue de Shakespeare ! 29, rue Amr ibn Al Ass, au 2e étage, n°18 (ex-hôtel de Tanger) - 05 39 33 20 96

Place du Méchouar - Entrée au 71, rue Amrah 06 62 11 27 27

Ma galerie d’art préférée : Photo Loft

La galerie d’art photographique PICA d’Alexandra et Mathias. Je la conseille vivement. 115, av. Med Ben Abdellah - 8e étage - 06 41 45 66 40

Pour un cadeau sympa : Boutique Indoor

On y trouve des objets modernes et originaux, ainsi que de très beaux meubles. Galerie Hôtel Andalucia - 2e étage - 05 53 03 67 49

Mon institut de beauté : Instant pour Soi

Ma Sh op p in g li st Mon marché

jeudis et dimanches. Celui de Dradeb, tous les s cher et avec un pa e, lair pu Un marché po its fru et légumes. grand choix de beaux

Ma boulangerie

le. Il y a de nomL’Italienne au centre-vil croustillants. ins pa de s breuses variété

Super pour les soins du visage, les épilations et les massages de professionnel. 2, rue M’Sallah - 05 39 93 95 16

Mon épicerie

Pour les enfants : Surf School

Côté bricolage

Pour eux, c’est surf tous les samedis et dimanches matins avec l’adorable et très professionnel Yasser. Plage Achakar - 06 73 47 55 88

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-ville. Une mine d’or : Casa Pepe, au centre vins, fromages... épicerie, charcuteries, pour les peintures et La boutique Bab el Fen également des rennne do y On les matériaux. des galeries d’art. os seignements sur les exp


BOUTIQUE MAJID ANTIQUES

JEWELRY - EMBROIDERY - CARPETS - CHESTS 66, Rue Les Almouhads - Tangier - majid@boutiquemajid.com - Tél.: 05 39 93 88 92 - Fax : 05 39 93 88 92

VOLUBILIS

4400 aannss aauu PPeettiitt SSooccccoo Galerie d’Art - Décoration - Habillement 15, Petit Socco - Tanger - Tél. : 05 39 93 13 62 - Fax : 05 39 33 38 75 - www.volubilisartgallery.com


Pratique

S HOPPING

Saint-Valentin tangéroise Nul besoin de traverser le Détroit ou de se ruer à Ceuta pour trouver LE cadeau de votre dulciné(e) ! Petite séance de rattrapage pour tourtereaux étourdis...

Cadeau sensuel

Cadeau original

Moroccan Natural Secrets

Laboutik du Dar Nour

Une réjouissante caverne

Huile d’argan en jolis flaconspipettes bleus, savons artisanaux, emballages soignés en sachets mousseline parsemés de roses séchées... Un cadeau délicat et parfumé.

d’Ali Baba que l’on adore, cabinet de curiosités composé d’objets divers et improbables, des tissus anciens, des objets d’art africain...

Cadeau généreux

La Tribu des Ziri

Pour un cadeau vraiment original, la boutique-showroom est le relais d’artisans et d’artistes locaux. Meubles, tissages, bijoux, objets griffés et détournés... À visiter sans faute.

Las Chicas

Le nouveau concept store Las Chicas vous propose une foule d’objets hétéroclites pour un cadeau unique : poteries, vaisselle, bijoux, vêtements, articles de décoration artisanaux, le tout dans un lieu lumineux à l’accueil charmant.

© N.S. / URbain

Cadeau gourmand

100% Bijoux

Sur une idée de la créatrice Christine Keyeux, ces bijoux, réalisés par les bénéficiaires de l’association 100% mamans, sont entièrement faits main. Un cadeau qui a du cœur.

Cadeau précieux

Mauboussin.com

Voilà une bonne nouvelle, Mesdames, Mauboussin débarque au Maroc à la vente en ligne ! Le bijoutier “discount” de la place Vendôme propose des collections aux noms poétiques comme “Libre et sensuelle”, “Gueule d’Amour”, “Tu es mon soleil”, “Homme d’humour”... À noter qu’il vous faudra cependant établir un “bon pour” à l’être aimé, la livraison s’effectuant sous 10 à 12 semaines en moyenne. Dommage pour le cadeau spontané !

Cadeau à effeuiller

Dar Choumicha

La belle Choumicha a lancé un élégant site qui propose mélanges d’épices, thés et cafés en vente à distance dans de jolis packagings. Le tout, livré en cinq jours à la maison. www.darchoumicha.ma

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Librairie les insolites

Carnets Moleskine, beaux livres, photographies... Des cadeaux d’esthètes pour amoureux sensibles et un brin artistes.

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Les crĂŠations savoureuses de

Avenue Mohamed VI Tanger 05 39 32 90 04 Place du Koweit - IbĂŠria Tanger 05 39 37 90 05


Pratique

FORME

La forme en musique

© Wtamas

Danser à Tanger

Il n’y a pas que la course à pied ou les haltères pour garder la forme dans la vie. La danse est un des moyens les plus sympas pour se bouger tout en s’aérant la tête et en rencontrant des gens qui partagent votre passion. Tout bénéf’ donc pour un équilibre aussi bien physique que psychique. Alors, on danse ?

Elysium Center

Tan Salsa

Cours de zumba (un mélange de danses latines) et de danse orientale (pour femmes uniquement), de salsa (mixte) et de Hip-hop pour les enfants.

Cours de Salsa cubaine.

4, Rue al Jabha al Watania (à côté de l'hôtel Rembrand et en face de la casa d'Espana) Tél.: 05 39 33 05 28 Cours d’une heure (en moyenne 8 élèves) Danse orientale avec Amal, les mardi et vendredi à 19 h. Salsa avec Noémie, les jeudis à 19 h. Zumba avec Hanane. Hip-hop les lundi et mercredi à 17 h.

Cours de danse orientale et de fusion flamenco. Immeuble Bouhtouri 4 (derrière Cinéma Roxy, l'immeuble où habitait Mohamed Choukry) Tél. : 06 19 61 47 54. 4 cours de 1h30 par semaine et quelques ateliers le week-end. Cours pour les femmes, possibilité d’organiser des cours mixtes pour associations et écoles.

Le CAM propose des cours de danse classique et moderne, dispensés par des professeurs diplômés et expérimentés, ainsi que de l’éveil musical pour les enfants à partir de 4 ans. Tél. : 05 39 93 14 46 E-mail : contact@lecam.ma http://www.lecamtanger.com/danse

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C’est Amine qui vous accueille pour vous enseigner cette danse énergique et rythmée d’origine cubaine. Il a été formé en France, a fait partie d’un groupe de chorégraphie Salsa Rica et a effectué un stage à Cuba.

Dersa Terapias

Conservatoire d’Art et de Musique

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Fondation Lorin, 44, rue Touahin, Tanger Tel. : 06 33 04 56 26 Cours mixtes d’une heure (entre 15-20 élèves) Horaires : les mardi et jeudi de 19 h à 20 h

Dersa, qui a également été professeur de danse en Espagne, vous transmet son expérience acquise en Égypte et au Liban.

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LA CHICAS CONCEPT STORE

52, rue Kacem Guenoun Porte de la Kasbah - Tanger TĂŠl. 05 39 37 45 10 laschicasdetanger@gmail.com


Pratique

P ARAPHARMACIE

LE CHOUCHOU

DE LA RÉDACTION

Produits en vente à la pharmacie

Iklen

S éru m ant i-t ac hes b r unes

Développé pour corriger de manière rapide et intense les taches brunes présentes sur la peau du visage, des mains et du décolleté, Iklen Sérum anti-taches brunes agit en profondeur et permet de freiner efficacement la production de mélanine (pigment naturellement présent dans la peau, responsable des taches pigmentaires quand elle est produite en trop grande quantité) grâce aux différents actifs présents. Les taches liées au photovieillissement, aux variations hormonales ou réactionnelles, sont visiblement éclaircies et estompées. La texture fine et non grasse du sérum vous apporte un parfait confort d’utilisation, tout en vous assurant une tolérance optimale même sur les peaux les plus sensibles.

30 ml - Prix indicatif : 420 dh

Uriage

Crème anti-irritations La Crème Cu-Zn+ des laboratoires Uriage est un soin destiné aux peaux irritées ou peaux atopiques. Elle peut s'appliquer sur le visage (dont contour de la bouche ou du nez ), le corps ou le siège des adultes, enfants et bébés. Cette crème apaise les irritations, assainit et répare rapidement la peau tout en la protégeant grâce à son pansement oléo-minéral. Grâce à l’action combinée du cuivre, du zinc et au complexe TLR2-Regul apaisant, spécifique des irritations déclenchées par les micro-organismes, Uriage Cu-Zn+ Crème est un soin actif non occlusif dont l’effet aseptisant et réparateur a été prouvé cliniquement. Elle apporte confort à la peau par sa texture douce, bénéficiant d’une très bonne tolérance et invisible à l’application. Texture non grasse, sans parfum, ni conservateur.

30 ml Prix indicatif : 85 dh

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Ducray

Néoptide Lotion Le traitement Anti-Chute Neoptide des laboratoires Ducray est le 1er traitement spécifiquement conçu pour la chute de cheveux chronique féminine. Ils est destiné aux femmes qui présentent une chute de cheveux chronique (depuis plus de 3 mois). Ducray Neoptide Anti-Chute agit directement sur le follicule pileux en stimulant la phase anagène (phase de croissance du cheveu). La concentration en tétrapeptide (association d'acides aminés) favorise la prolifération des cellules du bulbe pilaire et prolonge de façon notable la phase de croissance du cheveu. Le phénomène de chute chronique est freiné, les cheveux gagnent en longueur et en volume, leur croissance est stimulée. Grâce à sa texture légère, Ducray Neoptide pénètre facilement ce qui permet un usage quotidien sans graisser les cheveux.

30 ml - Prix indicatif : 460 dh

Vichy

Liftactiv Sérum 10 Le Sérum 10 de Vichy Liftactiv utilise la technologie Derme Source. Ce puissant sérum jeunesse permet une transformation rapide et globale de la peau : toucher velours, efficacité anti-rides avancée, effet lifting durable. En 10 minutes les rides s'estompent déjà. Sous vos doigts, une transformation spectaculaire de la peau : plus douce et veloutée, les pores sont lissés pour un effet velours. Texture ultra-douce pour les peaux sensibles. Hydratante, non-collante.

30 ml - Prix indicatif : 335 dh


Pratique

L A RECETTE TANGÉROISE

La Pastilla de Tanger Ingrédients - 12 feuilles de pastilla (ou brick) - 350 g de crevettes décortiquées - 500 g de filet de poisson blanc (lotte, colin...) - 150 g de calamars - 100 g de vermicelles de riz chinois - 1/2 bouquet de persil haché - 1 œuf - 4 gousses d’ail hachées - 1 verre à thé d'huile d’arachide - 1 c. à c. de cumin - 1 c. à s. de paprika - purée de piment (selon goût) - sel, poivre - citron - grosses crevettes cuites (facultatif)

!A

STUCE POUR LES NUL(LE)S

Préparation - Préparez la farce : plongez les vermicelles dans de l’eau bouillante et laissez-les tremper 4 mn hors du feu. Égouttez-les puis coupez-les grossièrement à l’aide de ciseaux dans un saladier. - Faites frire le poisson, puis émiettez-le sur les vermicelles. - Ajoutez les crevettes et les calamars mi-cuits, le persil haché, le piment, l’ail, l’œuf et les épices. Arrosez avec la moitié de l’huile et mélangez bien. - Préchauffez votre four à 180°C (th. 6). - Montez la pastilla : huilez une plaque à four, déposez-y une première feuille puis 4 autres en les faisant se chevaucher et en laissant déborder de la moitié par rapport à la première feuille. Huilez les feuilles. - Étalez la farce au milieu des feuilles. Rabattez par-dessus les feuilles qui dépassent puis couvrez à nouveau de feuilles se chevauchant et débordant à l’extérieur. Glissez les feuilles en dessous et huilez une deuxième fois. Enfournez pour 25 mn environ. - Glissez la pastilla sur le plat de service et décorez de grosses crevettes, de persil et de citron coupé en tranches fines. 68

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Montez votre pastilla dans un plat creux en faisant dépasser les feuilles et en les rabattant sur le dessus après les avoir garnies de farce. Recouvrez de feuilles et retournez le plat sur une grande assiette. Rabattez les feuilles, retournez délicatement la pastilla et déposez-la sur la plaque à four.

D’où ça vient ? La pastilla n’est pas d’origine andalouse. Elle dérive d'un plat berbère ancien (poulet haché, safran et beurre) appelé bstella ou bistiya. Les Arabes, en s’intallant au Maroc, adaptèrent la recette en la servant entre des feuilles de trid. C’est avec l'arrivée des Andalous à Fès que furent ajoutés sucre et amandes. Préparée avec du pigeon, cette pastilla devint le plat impérial de la ville, avec sa version sucrée au lait et au miel. D’autres régions au Maroc ou en Algérie ont par la suite copié la recette en l’adaptant. C’est ainsi qu’à Tétouan et à Tanger, elle fut cuisinée avec la ressource locale, le poisson, et entra dans la tradition culinaire régionale.


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Clin d’Oeil

MADE IN TANGER

Des Tangerois formidables Farid Hamadi Tangérois au grand cœur Il a la discrétion des grands hommes, le regard pétillant d’un enfant, la gentillesse et la politesse de celui qui respecte son prochain et qui ne croit pas que tout lui est du. Un homme bien. Et avant tout le propriétaire du restaurant désormais le plus ancien de Tanger, un établissement qui reçoit ses clients en amis dans la pure tradition tangéroise depuis 1950. La première adresse du restaurant familial Hamadi se trouvait rue Nasseria. Depuis 1962, il est installé dans une belle et grande demeure tangéroise de la rue de la Kasbah. Au menu, une cuisine marocaine simple et généreuse, à savourer sur les banquettes chatoyantes dans un cadre dépaysant au son des instruments des musiciens toujours en poste pour rythmer les repas. Les clients ne s’y trompent d’ailleurs pas, la salle est souvent pleine à craquer ! Farid raconte : “Je ne me suis jamais imaginé vivre dans une autre ville que Tanger, c’est mon lieu de naissance et ma profession a énomément contribué à renforcer mon amour pour cette ville que j’adore.”

Vu sur le Net Gangnam Style à la Tangéroise Le tube planétaire du rappeur coréen Sfy et sa vidéo incontournable (la plus visionnée de l’histoire de YouTube plus d’un milliard de fois) a fait des émules un peu partout... et aussi à Tanger ! Publiée sur YouTube, la vidéo montre un groupe de jeunes Tangérois parodiant le clip, ça manque un peu de filles, la chorégraphie est approximative et les moyens limités (la scène des portes de l’ascenseur est remplacée par des portes-fenêtres coulissantes !) mais c’est pétillant, sincère et bourré d’humour. À voir sur : youtube.com/watch?v=Y4LRqF4geQ ou sur notre page Facebook.

Sanaa Hamri ou le rêve américain Attention, grosse pointure ! Une Tangéroise à Hollywood, ce n’est déjà pas si courant. Et encore moins à ce niveau-là. Car Sanaa, partie faire ses études à 17 ans à New-York, est devenue vingt ans plus tard l’une des réalisatrices les plus en vue à L.A. Films, séries télé (Desperate Housewifes, Grey’s Anatomy...) mais surtout clips de stars : Prince, Maria Carey, Sting, Lenny Kravitz et bien d’autres lui ont fait confiance. Preuve qu’avoir mêlé the American Dream au Moroccan Way a été la clé du succès pour Sanaa. À découvrir très prochainement dans les pages de votre magazine URbain. 70

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Meli-melo tanjaoui Gros coup de coeur pour Keks !

Tang er d’A nt an

Keks, c’est le nom fort approprié de la société de Mariam Akki, jeune tangéroise de 24 ans titulaire d’un Master de Gestion et qui, un jour, est tombée amoureuse de la “pâtisserie en 3D”. Une artiste. Dotée de doigts de fée qui façonnent gâteaux, biscuits, sucettes et autres cup-cakes particulièrement originaux. Oubliez ce que vous savez du gâteau de fête et rêvez à votre pâtisserie idéale et un peu folle : Keks la réalise pour vous ! Pas encore de boutique mais un site internet pour admirer ses oeuvres : keksunivers.com. Réalisation sur commande en trois jours à un mois en fonction de la complexité de la création. Tél. : 06 77 47 71 54 / 06 77 47 72 39

La Tangéroise au Henné (non daté)

Tanger fait son cinéma Au chapitre des films tournés à Tanger, chez Urbain on doit avouer qu’on est fans du blockbuster américain de 2007 de Paul Greengrass, La Vengeance dans la Peau. Dans ce film réalisé à grands coups d’explosions et de testostérone, si l’action à Tanger ne dure qu’une vingtaine de minutes elle est incontestablement la partie la plus réussie du film. Caméra à l’épaule, montage ultra découpé, rythme dicté par l’urgence, suspense et vitesse allant crescendo, tout contribue à soutenir une cadence s’amplifiant au fil des minutes. Car Matt Damon en chasse au Petit Socco, en moto devant le Grand Cervantès ou en fuite sur les toits de la Médina, police tangéroise sur les talons, ça a quand même une sacrée allure ! À voir aussi pour la belle image d’une époque, désormais révolue, où le héros débarquait à bord d’un ferry Comanav dans le port de Tanger-Ville...

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Utile

U RBANOSCOPE

L’ H o r o s c o p e d e L a l a C h a m s Les Verseau sont les vedettes du mois. Bon anniversaire !

C A P RI CO R N E

C A N CE R

Sentiments : Vous buvez du petit-lait, vous voyez la vie en rose, vous êtes sur un petit nuage... Bref, ce mois-ci pour vous c’est le bonheur ab-so-lu. Vie sociale : Vous avez déjà dépensé tout ce que vous avez gagné le mois dernier ? Il va falloir se serrer la ceinture, point de dirhams superflus à l’horizon.

V E RS E A U

L I ON

Sentiments : Profitez du jour de votre anniversaire pour réclamer un minimum d’égards car le reste du mois, pas de grandes attentions à l’horizon... Vie sociale : Vos retards répétés vont vous être vivement reprochés : les pannes de petit taxi, ça ne prend plus !

PO I S S ON S

BÉ L IE R Sentiments : Il fonce, le Bélier ! Tête baissée, vous parlez d’une méthode... Introduisez un peu de douceur dans votre style, on vous en sera reconnaissant. Vie sociale : Problème de sommeil ? Sympas, les soirées avec vous. Vous ronflez sur votre chaise avant même le dessert. Au boulot, ça part sur les chapeaux de roue dès 7 h du mat’ mais il n’y a plus personne à midi. Faites la sieste !

TAUR E AU

G ÉM E A U X Sentiments : On reste sur la lancée du mois dernier : en amour, tout baigne. Attention cependant à la susceptibilité mal placée. Laissez glisser les remarques. Vie sociale : Et voilà, vous l’avez faite, la bêtise contre laquelle on vous avait mis en garde. Il va falloir réparer ça...

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Sentiments : Si l’amour de votre vie n’est pas à Tanger, ruez-vous à Ibn Battouta, à la gare ou sur votre vélo, peu importe et courez le rejoindre ! Vie sociale : Ce n’est pas dans les soirées à la Montagne ou dans les boîtes de l’avenue Mohamed VI que vous allez puiser l’inspiration qui vous manque. Trouvez autre chose.

BAL ANC E Sentiments : ça rame un peu, côté amour chez la Balance. Faites une pause, concentrez-vous sur autre chose, allez vous relaxer, faire du yoga ou danser le tango. Vie sociale : Classe, motivation, ponctualité, rigueur, votre boss va vous adorer. N’en profitez pas pour demander une promotion, de toute façon c’est non.

S C OR P I O N

Sentiments : Avec votre copain le Bélier, vous faites la paire ! Faites meilleur usage de vos cornes et apprenez la tendresse, vous pourriez blesser votre âme sœur. Vie sociale : Intégrez de petites promenades en bord de mer, sur la Corniche ou dans la campagne à votre programme pour avoir les idées claires au boulot.

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Sentiments : Un effort pour être plus démonstratif avec votre compagnon ? Il est patient mais faut quand même pas pousser Mémé dans les figuiers de Barbarie. Vie sociale : Trois mots pour vous : succès, succès et succès ! Enfin, tous vos efforts vont être récompensés.

V IE R GE

Sentiments : Vous vous noyez dans un verre d’eau, les Poissons ! Allez, un peu d’énergie et de mordant, l’amour est un petit combat de tous les jours. Vie sociale : Amour ou travail, même combat ! ça ne va pas fort et il va falloir se ressaisir ou vous allez finir à l’Anapec.

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Sentiments : Vous vous sentez délaissé par l’être aimé. Soyez compréhensif. Il vous adore mais n’a pas vraiment le temps de vous le montrer en ce moment. Offrezlui un petit week-end de détente au Mirage ou à Séville ! Vie sociale : Au travail, on en a un peu marre de votre humour. Un brin de subtilité ne nuirait pas à votre image.

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Sentiments : Pas de conclusion en vue, c’est pas drôle, c’est vrai, mais ce sont les astres qui l’ont dit, pas moi. Vie sociale : Profitez de l’argent gagné le mois dernier pour faire de bons investissements. Côté finances, la vie vous sourit. On ne peut pas tout avoir à la fois.

S A GI T T A I RE Sentiments : Enfin calmé, vous allez pouvoir parler d’avenir et faire enfin des projets. Mais n’envisagez pas de vous endetter pour un mariage. Wait and see... Vie sociale : C’est toujours chaotique côté finances, mais le bout du tunnel approche. Alors n’allez pas claquer le peu que vous avez dans tous les restos français de la ville !


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Cours d ' ĂŠquitation

RondonnĂŠes

Stages de perfectionnement


Utile

IMMOBILIER Annonces immobilières VENTE : Charmant appartement meublé Très bien situé dans un quartier calme et proche de la corniche, composé d'un salon européen, une belle terrasse avec vue dégagée, trois chambres, une cuisine spacieuse et équipée et une salle de bain. Garantie locative : 84.000 Dhs/an Prix : 1 280 000 Dh

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Utile

CARNET D’ADRESSES Culture

Institut Français de Tanger

Galerie Dar D’Art

41 rue Hassan Ibn Wazzane - Tanger T : 05 39 94 10 54 - 05 39 94 25 89 - F : 05 39 94 09 37

6, rue Khalil Matran - Tanger - T : 05 39 37 57 07

Salle Beckett Rue Okba Ibn Nafie - Tanger - T : 05 39 94 25 89

115, av. Mohamed Ben Abdellah - 8e étage - Tanger T : 06 41 45 66 40

Galerie Delacroix

Galerie Conil

86 rue de la Liberté - Tanger - T : 05 39 93 21 34

7, rue du Palmier - Petit Socco - Tanger - T : 06 55 64 10 14

Association 100% Mamans

Cinémathèque de Tanger - Cinéma Rif

Hay Florencia,8, Rue Chahid Stitou, 1er étage - Bendibane - Tanger T : 05 39 38 15 20 - 06 61 98 02 10 - cmamans@yahoo.com

Grand Socco - Tanger - T : 05 39 93 46 83

Artingis

11, rue Khalid Ibn Oualid (ex Velasquez) - Tanger T : 05 34 59 29 83

11, rue Khalid Ibn Oualid - Tanger - T : 05 39 33 04 25

Galerie Photo Loft (sur RDV)

Librairie les insolites

Dossier Saint-Valentin Las Chicas

La Tribu des Ziri

52 rue Kacem Guennoun - Porte de la Kasbah - Tanger T : 05 39 37 45 10

28 rue Khalid Ibn Walid - Tanger - T : 05 39 33 19 46

100% Bijoux

Laboutik du Dar Nour 20, rue Gourna - Kasbah - Tanger - T : 06 62 11 27 24

Boutique de Rachid Alaoui, à côté de Darna - Tanger ou contacter Rhimou au 06 65 10 56 90 - 05 39 38 15 20

Dossier Jbel Toubkal Refuge du Toubkal

Imlil - T : 05 24 48 56 11 - 06 61 34 33 37

CAF 3207 m - Atlas - Jebel Toubkal - T : 06 61 69 54 63

Refuge du Tazarhart

Douar Samra Tamartet - Imlil - T : 06 70 95 72 24

CAF 3000 m - Atlas - Ouigane - T : 05 22 99 01 41

Kasbah du Toubkal

Dar Adrar Douar Achain, Imlil - T : 06 68 76 01 65 - 06 70 72 68 09

Numéros utiles Renseignements : 160 Police : 190 Gendarmerie Royale : 177 Pompiers - Ambulances : 150

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Maroc Assistance : 05 22 30 30 30 Mondial Assistance : 05 22 31 31 50 Port Maritime Tanger : 05 39 93 11 29 ONCF : 08 90 20 30 40 Aéroport de tanger : 05 39 39 36 49

Janvier/Février 2013

Pharmacies de garde : www.menara.ma Rubrique infos pratiques


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URBAIN Tanger - n°2 - FEVRIER 2013  

URBAIN TANGER, Le premier magazine d'infos entièrement dédié à Tanger et aux tangérois

URBAIN Tanger - n°2 - FEVRIER 2013  

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