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édito

Christine Cattant

Rédactrice en Chef

UNE ANNÉE S’ACHÈVE... Et pour URbain, cette année qui prend fin aura eu une saveur particulière. Une année entière passée au rythme des rencontres, des échanges et des bouclages, à découvrir avec un regard neuf et au travers d’autres yeux notre ville. Une année qui, pour les Tangérois, aura marqué un pas de plus dans la métamorphose, dans la modernisation, le dynamisme tant économique que culturel, une année qui ne fut pas seulement celle des festivals et de Tanger Métropole, mais qui nous a également rapprochés du Tanger auquel nous ambitionnons, toujours plus ouvert sur l’avenir sans jamais rien renier de son passé. À notre modeste échelle, nous espérons avoir réussi tour à tour à vous surprendre, à vous émouvoir ou à vous charmer en vous donnant à découvrir, encore, notre perle du Détroit au gré de nos coups de cœur et par le biais de quelques-uns de ces personnages qui œuvrent pour apporter leur pierre à l’édification de ce Tanger prochain, avec parfois pour seul outil leur pinceau, leur plume, leur planche à dessin, leur bonne volonté ou leur simple humanité. Ceux qui en parlent. Qui y vivent. Qui y passent. Qui la quittent. Et ceux qui y restent…

Où que vous soyez, en cette fin d’année 2013, nous vous souhaitons de passer d’excellentes fêtes en famille ou entre amis, mais en tout cas forcément entourés de Tangérois... de corps ou de cœur.

Bonne lecture.

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© Rainer Tagwercher

© C Texel

URBAIN

tanger

Directeur de Publication : Rédactrice en Chef : Secrétaire de Rédaction : Maquette :

Othman Noussairi Christine Cattant Stéphanie Gaou Miss Bamboo & Crevette in Tangier

Imprimeur : Contact Mail : Direction : Responsable Éditoriale : Responsable Logistique : Responsable Commerciale : Contact Publicité : Site Web : Facebook : Siège : Dépôt légal : ISSN : Photos Couverture :

Chrono Digital - Casablanca contact@urbainmagazine.com o.noussairi@urbainmagazine.com c.cattant@urbainmagazine.com Mounir Sabri - m.sabri@urbainmagazine.com Nacera Tizi - n.tizi@urbainmagazine.com 06 17 18 19 98 / 06 33 64 79 99 www.urbain.ma Urbain Tanger Magazine 67, avenue de la Résistance - Tanger 105984 En cours © Rachid Ouatassi

Rédaction : Imane A. Kettani, Khadija Barkani, Mohammed Al Kh., Estelle Du Brusc, Nour Chairi, Stéphanie Gaou, Christine Cattant

Toute reproduction totale ou partielle des titres, textes, photos ou maquettes sans autorisation écrite préalable est interdite. La revue n’est pas responsable des textes, photos et illustrations qui lui sont adressés. Elle décline toute responsabilité pour la perte ou la détérioration des documents non sollicités par écrit ainsi que pour le contenu de la publicité.

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URBAIN

Sommaire

tanger

décembre 2013 / N°11

26 Omar

Mahfoudi L’UN DES JEUNES ARTISTES LES PLUS PROMETTEURS DE SA GÉNÉRATION SE LIVRE À URBAIN.

© Rachid Ouatassi

8 ACTUALITÉS

8 10 12 14

Courrier des lecteurs Rendez-vous Tangérois Petits plans de la fin d’année Coup de coeur, coup de griffe

16 22 24 26

Figures 8 - Mary-Rahma Homman La Chronique de Lotfi Akalay Rencontre QDP à David Labau Omar Mahfoudi : sous la glace, le feu

16 À LA UNE 34 CULTURE

34 Portfolio Visions de Tanger... et d’alleurs 38 Agenda culturel Musique, expos... 44 L’agenda des petits

6

46 Ciné À l’affiche 50 Les Coups de coeur de la libraire

52 DÉCOUVERTE

52 Voyage Les fêtes à Marrakech 60 Tanger vue par... Roland Beaufre 64 L’OEil du photographe

72 PRATIQUE

72 Mode Le look URBAIN de Swing Chic 74 Recette La Crema de Turron de Kamal

76 UTILE

76 Urbanoscope 77 Carnet d’adresses 78 Points de distribution


cuisine française

fêttees s e d e te t i a vous souh rm andes ! très gou

Événement EXPO - Sur nos murs en décembre :

Mrabet

7, rue d’Angleterre (direction Grand Socco) - Tanger Tél. : 05 39 37 40 57 - Mail : lafabrique.tanger@gmail.com


Actus

courrier des lecteurs

vous nous avez écrit... sur contact@urbainmagazine.com

Les gens qui « comptent »

Coup de

U

Je vous écris pour vous dire que votre portfolio sur l’exposition « Cafés » d’Hicham Gardaf a été une vraie découverte. J’y ai retrouvé le Tanger intime et populaire que j’aime. Ce photographe est si jeune et déjà plein de talent ! Merci pour cette belle surprise. Anne Vernon, par mail

Nébuleuse…

Je me demandais : mais qui est cette Lalla Chams ? Khadija S., sur Facebook

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Notre mystérieuse astrologue possède un nom de scène qui vous intrigue, Khadija. Mais garder le secret sur nos sources fait partie de notre métier. En attendant, continuez de garder la tête dans les étoiles en suivant notre Urbanoscope chaque mois.

URbain Djeddah magazine ? Femme d’expatrié installée à Tanger depuis un an, je tenais à vous remercier pour la densité de votre mensuel. Grâce à vous, j’ai pu découvrir un bon nombre d’endroits de Tanger. Je ne me doutais pas de l’intensité des activités culturelles de la ville, ses expos, concerts, etc. Vous avez contribué à la réussite de mon année passée ici et je vous en remercie. Nous quittons Tanger et j’espère vraiment retrouver un magazine tel que le vôtre dans notre future nouvelle ville (Djeddah). Je continuerai de garder un œil sur Tanger que j’ai particulièrement apprécié en vous suivant sur internet. Bonne continuation ! Caroline Marchand, par mail

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I read your magazine/s with great interest. I used to live in Tangier for quite some time and know the city well. It’s a pity though that you only publish articles on people who are already well known. There are lots of artists living in Tangier on whom you could write a piece. Writers, designers, painters, musicians, etc. I met a very talented Dutch or Swiss DJ calling himself Danny from Tangier a couple of years ago, working in a bar in the Complexe Dawliz. To my amazement I met him again in August last year spinning in London’s Hartfordstreet latest in-place. I also heard about a Moroccan painter’s (from Tangiers) art exhibition in Paris. Or a local writer’s reading of his work at the Sorbonne in Paris. Why don’t you write about people like that ? I think it’s interesting to see that artists from Tangiers (or artists who choose to live in Tangiers, Moroccan and Expats alike) can do well abroad and have success. After all they make free publicity for Tangiers. Positive publicity the city badly needs... Charlene Couture, par mail Chère Charlène, Il est bien difficile de faire des choix parmi tous ces personnages qui font Tanger ou y laissent leur empreinte. Fort heureusement, en 11 numéros, nous n’avons pas encore fait le tour de tous ceux que nous rêvons de vous faire découvrir ! Nous essayons cependant de respecter un certain équilibre entre personnalités très médiatiques, celles qui sont en devenir, sympathiques presque « anonymes », artistes, responsables d’associations, commerçants, etc. Continuez de nous suivre et vous aurez sans doute régulièrement le plaisir de retrouver, au fil de nos pages, certains des Tangérois qui « comptent » pour vous.

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Bonnes fêtes avec Otori

41, avenue de la Résistance - Tanger Tél. : 05 39 32 55 33 - otorisushi@gmail.com

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Actus 

rendez-vous en ville

Rendez-vous tangérois

Une nouvelle boutique qui ouvre ses portes, une soirée à thème, un atelier pour les enfants, voici quelques idées à explorer. PAR ESTELLE DUBRUSC

Le coin écolo Agir Le lundi 23 décembre, journée Collecte du plastique, Tetrapak, métal, carton, piles usagées et toners d'imprimante organisée par l’association “Tous en guerre contre le plastic - Initiatives océanes Tanger-Tétouan”. Apportez vos recyclables de 10 à 19 h à l’association Tabadoul (19, rue Magellan).



Le mercredi 4 décembre à 18 h, Meeting “Tous en guerre contre le plastique” à l’association Tabadoul. Il sera question des actions déjà mises en oeuvre et des possibilités de les pérenniser et de les développer. Renseignements sur wiggleservices@gmail.com 

Bio et terroir Vous aimeriez trouver à Tanger des produits bios, naturels, artisanaux et de qualité ? L’association ADRaR est engagée dans l'amélioration des conditions de production et de vie dans les campagnes marocaines et dans la promotion de modes de production agricoles de qualité ; elle sélectionne pour sa boutique des produits alimentaires marocains bio et de terroir. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à les contacter : Oussama Louah oussama@louah.com ou 06 61 22 36 87, Salima Benmoussa - salima.benmoussa70@gmail.com ou au 06 67 87 16 35 ou encore genevieve.teil@agroparistech.fr.

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Envie d’air pur ?

Le Club Alpin Français développe ses activités à Tanger en organisant régulièrement des randonnées dans la région. La prochaine sortie aura lieu le 8 décembre à Sadena (Tétouan). Pour adhérer ou prendre connaissance du programme de la section tangéroise du CAF : sites.google.com/site/caftanger

Gourmand

Le restaurant L’Océan vous a concocté pour cette fin d’année une carte spécial “Plats de fêtes”. Vous profiterez de votre déjeuner (tous les jours, de 12 h à 17 h) pour découvrir le nouvel espace véranda chauffé avec jardin d’hiver. Service le soir pour les groupes sur réservation. Tél. : 05 39 33 81 37

Convivial

Nouveau ! Le bar du Tangerino a ouvert ses portes. Ouvert de 18 h à 2 h du matin, on peut y suivre les rencontres de foot en grignotant des tapas. Avenue Mohammed VI.


Marché de Noël

Du nouveau chez Joupi En décembre, arrivage de nouveaux jouets avec une sélection spécial Noël pour trouver LE cadeau parfait pour les petits. À noter, l’ouverture exceptionnelle du magasin les dimanches 15 et 22 décembre. Les parents overbookés n’auront plus la moindre excuse !

Un créateur chez las Chicas

Dimanche 8 décembre de 11 h à 19 h Baby Gym Chiquitin - Dradeb Le premier marché de Noël des créateurs, les exposants proposeront des articles 100 % “faits main” pour vous permettre de dénicher, peut-être, le cadeau de Noël original et unique que vous cherchiez. Mode, alimentation, accessoires, peinture...

Patrick Lavoix a délaissé le miroir et le fer forgé de sa collection « Narcisse et Vulcain » pour la création « d’objets de curiosité » sur le thème « Récifs et Lagons ». Il inaugurera cette ligne avec une série de candélabres et d’appliques baroques mêlant coquillages d’Océanie et des Caraïbes au bronze verdi de gorgones. Les premiers modèles de cette collection seront exposés pour Noël à la galerie « Las Chicas ».

Café SLAM à Tanger C’est le premier collectif marocain de jeunes artistes passionnés de SLAM, d’écriture, de poésie urbaine, de Zajal, de Free Poetry, et bien évidemment d’émotions et ce dans toutes les langues… qui se réunit régulièrement à Tanger. Né de l’initiative d’Oussama Benjelloun, il compte désormais une trentaine de membres actifs. Retrouvez-les en concert le 6 décembre à la Cinémathèque ou tous les vendredis pour écouter... ou participer ! cafeslamtanger@gmail.com

Bienvenue aux nouveaux tangérois !

Tanger Accueil, l’association qui vous aide à découvrir la ville, tiendra sa prochaine réunion le lundi 9 décembre à 14h30 à l'espace Beckett, rue Okba Ibn Nafie.

Tabadoul Dansez maintenant ! L’atelier de danse libre de Delphine et Mizz Kiara, “Les vies dansent... libres !”, se poursuit le mercredi, au Théâtre Darna, de 19 h à 20h30, sur un thème différent chaque semaine pour tous ceux qui ont envie de décompresser et de bouger sans se prendre la tête avec des règles et des codes. Attention : pas de séance les 25 décembre et 1er janvier. Infos au : 06 55 67 79 16 ou 06 55 77 28 83 et sur Facebook.com/lesviesdansent.

Le nouvel espace culturel vous accueille le 22 décembre à partir de 18 h pour une vente de Noël, avec entre autres - quelle bonne idée ! - la collection de vêtements recyclés “Touria” par Mahmoud Benslimane. Et visitez sans faute la page Facebook de Tabadoul pour découvrir la variété inouïe d’ateliers proposés : danse, yoga, arts du cirque, photo, musique, arts plastiques, théâtre, cuisine, bricolage, etc. 19, rue Magellan. Tél. : 05 39 37 19 78

Tous au théâtre L’atelier de la Comédie de Tanger reprendra le lundi 20 janvier. Au programme, 78 h d’exercices, d’expression, de lecture... pour couvrir toutes les facettes du travail d’acteur. Et, Messieurs, jetez-vous à l’eau : l’atelier cherche tout particulièrement des candidats masculins de tous les âges ! Tous les lundis, de 18h30 à 21 h, à la Fondation Lorin, 44 rue Tuahin. Atelier gratuit. Inscriptions par mail sur : fondationlorin@gmail.com

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Actus 

rendez-vous en ville

L’Océan

Sur demande, privatisation de l’espace à partir de 20 personnes pour un buffet ou un service à table.

El Morocco Club

n

née

P

et

d e s n f a i n l p d’ a its Menu spécial réveillon de la Saint-Sylvestre.

La Fabrique

Décembre : Vin chaud aux épices et ambiance de Noël. Réveillon de la Saint-Sylvestre - Dîner fin, animation musicale et cotillons.

Tangerino Bar

Soirée à thème déguisée : les personnages mythiques de Tanger.

Luigi

Menu spécial réveillon de la Saint-Sylvestre.

Hôtel César

Saint sylvestre : diner-animation, orchestre populaire, troupe folklorique Ahidous, vins de minuit, coupe de champagne.

Hotel Andalucia

Saint-Sylvestre, autour de 1000 DH. Soirée à thème Black and White avec deux groupes musicaux, oriental et occidental. Package Prestige (hébergement + soirée) ou Package Premium (soirée uniquement).

El Minzah

Réveillon de Noël : Dîner aux chandelles - 700 DH Saint-Sylvestre : Dîner et soirée de gala - 1800 DH

La Gelateria Bûche de fin d’année.

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Tous les plaisirs de l’Océan... Terrasse panoramique avec vue sur le “grand bleu” Carte de produits de la mer raffinés & cuisine méditerranéenne

Ouvert tous les jours Plage Sidi Kacem - Direction Grottes d’Hercule Tél. : 05 39 33 81 37 - Mail : oceantanger@gmail.com Facebook : Océan Tanger - www.oceanplagetanger.com


Actus 

coup de coeur, coup de griffe

C’est quoi, ça ?

Coup de

 On l’a vue partout en ville, sur les boulevards, dans la médina, sur les trottoirs (!)... Cette drôle de petite chose, c’est la Twizy de Renault ! À la rédaction, impossible de rester indifférent, on n’a jamais vu plus “urbain” ! Pour vous qui vous souciez de préserver l’environnement (et aussi un peu du prix exorbitant de l’essence), cette petite citadine va vous faire craquer. Deux places, zéro émission, zéro bruit, la miss est 100 % électrique, se recharge sur une simple prise en trois heures, a une autonomie de 100 km, se faufile partout et se conduit avec un permis voiture. Gageons qu’on ne tardera pas à en voir beaucoup d’autres en ville !

Coup de

g

C’est quoi, ÇA !

Ces traces, on les voit souvent sur les plages tangéroises, tant côté Atlantique que Méditerranée. De joyeux drilles qui s’amusent et y vont un peu fort avec leur 4x4 dans le sable ? Que nenni ! Ce coup de griffe est d’ailleurs en “deux en un”, car il nous donne l’occasion d’annoncer la naissance de la page “Save Tanger” sur Facebook, sur laquelle vous pourrez vous rendre pour parler de tout ce qui vous fait râler dans notre ville. Une page fort utile... On y trouve par exemple de nombreuses photos mises en ligne par des citoyens scandalisés de constater combien sont nombreux les saccages de plages par des promoteurs peu scrupuleux qui viennent, la nuit, faire le plein de sable, sable que l’on retrouvera dans des constructions que le sel rongera, à terme, jusqu’à la moelle...

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À la une

figures de tanger - 10 -

Mary-Rahma Homman Regards sur la ville « Les réalisations d’aujourd’hui seront les monuments de demain » Elle a l’allant des belles Andalouses, vive, enjouée. Profondément concernée par sa ville, Mary-Rahma Homman se confie encore trop brièvement sur ce qu’elle espère voir changer à Tanger. Quelques explications non négligeables de la part d’une professionnelle de l’architecture et de l’urbanisme qui, souvent, ne mâche pas ses mots. Pour le plus grand bonheur du magazine URbain qui est allé à sa rencontre.

Propos recueillis par Nour Chairi

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Mary-Rahma Homman, racontez-nous votre enfance, fut-elle tangéroise ? Mon père est originaire de Larache. Il est enterré dans un ancien cimetière musulman situé face à l’Océan Atlantique, non loin d’où repose Jean Genet dans le cimetière chrétien. Ma mère, de nationalité espagnole a vécu à Saint-Jacques de Compostelle, en Galicie (Espagne) jusqu’au jour où elle a suivi mon père, par amour,

au Maroc. Nous avons vécu à Larache jusqu’à mes six ans. Puis nous avons emménagé à Tanger. Toutes ces années de mixité religieuse et sociale m’ont émerveillée. Je me sens depuis comme faisant partie de la grande famille tangéroise « d’antan ». Avez-vous toujours vécu ici ? Je me suis «  absentée  » une trentaine d’années; j’ai quitté Tanger à 18 ans et lorsque je suis

rentrée définitivement, mes 48 bougies étaient déjà soufflées. Selon les vœux de mon père, j’ai suivi une scolarité tangéroise à la mission française, puis je suis partie en France pour poursuivre mes études. Ce sont trente ans de culture parisienne et française qui m’ont retenue par amour dans le rire et les larmes… Cela fait sept ans maintenant que je suis rentrée et aucun regret, que du bonheur !

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figures de tanger

Ci-dessus : Petite sélection de photos personnelles qu’elle adore : les «diptyques» de Nora Houguenade, sa fille photographe, ses enfants... Page suivante : ... et des lieux qu’elle aime : Rabat, Larache, Saint-Jacques de Compostelle, le teatro Cervantes à Tanger.

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Vous êtes architecteprogrammiste en maîtrise d’ouvrage, installée à Tanger. En quoi consiste votre spécialisation ? Cela peut sembler un peu pompeux, mais je suis experte en « programmation urbaine, architecturale, fonctionnelle, environnementale, technique et financière  ». C’est le «  chaînon manquant  » entre les décideurs (maîtres d’ouvrage) et les architectes (maîtres d’œuvre). J’assiste et accompagne les décideurs dans la réflexion et la définition des objectifs et des besoins de leur projet urbain ou architectural. Nous clarifions ensemble, en amont, tous les aspects qui entourent et vont rendre viable la construction

future : historique du projet, site et terrain pressentis (normes urbaines), besoins en surfaces, impact sur l’environnement, prescriptions techniques, coût provisoire de travaux, etc. Ces éléments sont regroupés dans un document « Programme » validés par les maîtres d’ouvrage. Puis, toujours en assistance à maîtrise d’ouvrage, je suis qualifiée pour la préparation et le lancement des concours de maîtrise d’œuvre dans le domaine public en particulier. Une fois que les candidats remettent leurs prestations, toutes basées sur le même programme, j’assure l’analyse des projets en dirigeant une Commission Technique. Le choix du lauréat incombe au jury de concours, pas à moi.


Je me sens comme faisant partie de la grande famille tangéroise « d’antan ».

courte (3 à 6 mois) pour monter un programme fonctionnel en amont de l’intervention du maître d’œuvre. Sûr que les décideurs gagneraient en argent, en respect par les citoyens et en bien-être pour la population !

On parle beaucoup des réaménagements que vit la ville du détroit depuis une décennie. Certains plus heureux que d’autres. Qu’en pensez-vous ? Si une mission en programmation était prévue à l’avance, avant même de penser à nommer un architecte pour réaliser le projet dans un laps de temps incongru, la ville et ses habitants s’en porteraient mieux. Je remarque, comme nous tous, la vitesse à laquelle les constructions se réalisent et les dégâts que cela peut produire (pas de routes, pas de réseaux, mauvais matériaux, démolitions, deniers publics visuellement perdus), alors qu’il suffirait de planifier sérieusement un période assez

Quelles sont les vertus d’un bon architecte ? Je vais me faire incendier, mais pour moi un « bon architecte  » doit oublier qu’il détient la vérité lorsqu’il conçoit son projet. Il faut rester humble. Je pense qu’il a le privilège de donner un sens physique aux attentes et aux besoins des personnes. Il doit être à l’écoute de son client, observer, s’imprégner du site du projet, parler de la vie de l’ouvrage dans le Temps, considérer les publics, respecter l’histoire du lieu, savoir gérer les équipes... Et ne pas oublier qu’un projet n’est jamais fini car l’avenir le lui rappellera. La maison idéale pour vous ? Je pense à Mahatma Ghandi qui disait : « Je ne veux pas que ma maison soit murée de toutes parts, ni mes fenêtres bouchées,

mais qu’y circule librement la brise que m’apportent les cultures de tous les pays. » Votre projet de rêve ? Que mes enfants d’amour héritent de cette maison universelle fondée sur les principes du respect et de la tolérance. Tanger, son mythe, l’implication des siècles et des hommes qui sont passés par ce lieu chargé d’histoire. N’est-ce pas trop difficile d’intégrer de nouveaux espaces dans un endroit aussi charismatique ? Rien n’est impossible lorsque nous comprenons l’histoire d’un lieu et que nous l’acceptons. Le problème c’est de ne pas respecter ce que notre passé nous a laissé en héritage. Un jour, les réalisations d’aujourd’hui seront les monuments de demain. Qu’une ville se développe, oui, soit. Mais pas au détriment d’un équilibre historique et social. L’impression que nous donne la croissance de Tanger, c’est

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À la une

figures de tanger

Les efforts de ceux qui travaillent sérieusement ne sont pas remarqués. le fait que les grands projets structurants se développent sans une réflexion globale de la ville. Le manque d’équipements est impressionnant et j’espère que les projets qui sont lancés en ce moment, suite au nouveau projet de « Tanger Métropole  », combleront une grande partie de ces manques. La programmation urbaine existe mais elle n’est pas appliquée. On travaille par à-coups. Les efforts de ceux qui travaillent sérieusement ne sont pas remarqués, c’est dommage.

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A votre avis, que manque-til à l’urbanisation de la ville pour qu’elle retrouve ses lettres de noblesse ? La gangrène de la corruption, du manque d’hygiène et de l’insécurité, a envahi les rues de Tanger depuis quelques années maintenant. Les composantes urbaines pour qu’une ville soit agréable à vivre se traduisent par le civisme, une sécurité présente et visuelle, une hygiène irréprochable, un environnement soigné, une attention particulière

aux aménagements pour les personnes à mobilité réduite et les espaces verts... Lorsque le citoyen ressent inconsciemment un malaise dans sa ville, son comportement en souffre et les dégâts collatéraux apparaissent de facto : agressivité, comportements inciviques, découragement. On entend souvent : «  à quoi ça sert de payer des impôts, si on se moque de nous  ?  » Naturellement, nous nous retournons vers nos dirigeants, mais il n’existe pas que cette réponse «  évidente  » : nous sommes tous responsables de nos actes. 


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À la une

la chronique

et l’assurance. J’ai payé les honoraires des deux avocats les plus chers de Tanger et j’ai gagné haut la main le procès de l’immeuble, ce qui signifie que j’ai perdu piteusement celui de l’assurance. D’une main gagnante, j’ai perçu un dirham symbolique, de l’autre, j’ai déboursé une poignée de millions. Sniff, double sniff.

Lotfi Akalay

Le patron

C

’est moi Moulay, le patron dont vous avez sûrement entendu parler en mal. Je suis riche, très riche, j’ai des biens partout et ça m’empêche parfois de dormir. Les gens n’ont pas idée du calvaire que vivent les pauvres riches comme moi. Vous voulez un exemple ? L’autre jour, il y avait un attroupement devant un immeuble de onze étages, flambant neuf et qui justement était en train de flamber comme une crêpe un 2 février. Tout l’immeuble détruit par les flammes ! Assis dans sa voiture, un homme pleurait. La foule apprend qu’il est le propriétaire de l’immeuble en feu. Pris de pitié, quelqu’un se penche sur son oreille, lui murmure quelques paroles de réconfort, et le pauvre homme se met à pleurer de plus belle en arrachant les poils de sa calvitie. Que lui a-t-il dit ? Que l’assurance allait tout lui rembourser. Il aurait dû se réjouir, dites-vous ? C’est que, tenez-vous bien : la maison d’assurance lui appartient aussi. Le voilà doublement sinistré. Cet homme, c’était moi. Mesurez-vous mon malheur à présent ? Ce n’est pas tout ; le dossier du contentieux était si complexe qu’il y eut un procès entre l’immeuble

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Je possède des sociétés un peu partout qui vendent de tout, je ne sais même plus où j’en suis au point que quand j’achète quelque chose, je n’ose plus marchander parce que je cours le risque de me rouler moi-même dans ma propre farine en achetant ce que je vends ou en vendant ce que j’achète. C’est infernal ! Les impécunieux ont bien de la chance, croyez-moi, ils ne risquent pas de se voler eux-mêmes parce qu’ils n’ont pas suffisamment de sous pour se les faire piquer, ils sont donc à l’abri de mauvais coups comme celui que je vous ai conté tantôt. Chaque fois qu’un de mes innombrables directeurs vient tout joyeux m’annoncer fièrement qu’il a réalisé un coup fumant, je commence par partager son euphorie, mais quand il me dit « Je l’ai bien roulé, pas vrai patron ? », j’ai des sueurs froides. D’une voix chevrotante, je lui demande en le saisissant par les deux cols de son veston « QUI as-tu bien roulé ? », il me répond « Le directeur de la société N. » La mienne, bien sûr ! Je suis à deux doigts de m’écrouler en proie à une crise d’apoplexie. J’appelle le présumé roulé et en exige des explications. Il me rassure à sa façon « Quoi ! il pense qu’il m’a eu ? Il ne sait pas ce qui l’attend, vous allez voir ! » Je le supplie et lui ordonne de m’annoncer ce que je vais aller voir ! Au bout du compte, je reconstitue le puzzle ; mon fabricant de pâtes alimentaires a vendu des denrées avariées à la cantine de mon usine. Les ouvriers intoxiqués ont fait grève durant une


semaine, je vous laisse imaginer mon manque à gagner, et ce n’est pas tout. À la suite de quoi le bureau municipal d’hygiène (qui ne m’appartient pas, ce sont des choses qui arrivent) a collé à mon usine une amende d’un montant astronomique qui aurait fait sursauter le télescope Hubble soimême, et sommé le fabricant indélicat d’indemniser la cantine. J’appelle la fabrique de pâtes. Le directeur me rassénère, ou me ranéssère, non me rassérène, bref, il me tranquillise : « je lui prépare un coup à ma manière, vous verrez, le montant du remboursement sera réduit au quart, faites-moi confiance. » C’est vrai, il n’a payé que le quart, mais en espèces, de la main à la main. Pour faire des économies, ce drôle de numéro a rénuméré en numéraires, non, il a rémunéré en munéraires, merde, merde et merde ! (je sais, j’aurais dû dire sapristi ou saperlipopette, il ne sied pas à un patron d’être grossier) j’ai encore des problèmes insolubles avec l’argent. Je me calme… Il a réglé en liquide sans reçu, mais l’argent s’est liquéfié dans les

poches étanches du chef magasinier, de quatre de ses assistants et de l’inspecteur, ou du contrôleur, ou du vérificateur, ou du superviseur, ou du… enfin, je veux dire du fonctionnaire qui s’en met plein les poches au bureau municipal d’hygiène, ouf ! Si je ne suis pas mort, c’est parce qu’il est écrit que je ne crèverai pas avant d’avoir été complètement ruiné par ceux que je paie pour faire prospérer mon patrimoine. Vous me direz : mes directeurs ne sont pas à la hauteur. Mais pas du tout ! Vous n’avez donc rien compris, bande de fauchés ! C’est précisément parce qu’ils sont à la hauteur qu’ils risquent de m’expédier dans les profondeurs de la ruine. Pour me remonter le moral, mon psychanalyste m’a recommandé de lire une fable de La Fontaine, Le savetier et le financier. Je l’ai lue et j’ai tout compris ; quelques mois plus tard, j’inaugurai ma nouvelle usine de chaussures. 

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À la Une 

rencontre

QUESTIONNAIRE DE PROUST

De David Labau, on connaît surtout la voix. Les habitués de Medi1 Radio écoutent son timbre suave depuis de nombreuses années. Ce fringant discret s’est prêté au jeu du questionnaire de Proust revisité à la sauce « URbain ». Quelques réponses profondes qui nous en disent davantage sur celui qui anime tous les dimanches matins Bain de Culture à 10h30 sur Medi1 Radio. Propos recueillis par Imane A. Kettani

Le principal trait de votre caractère ? Distrait.

Votre écrivain favori ? Milan Kundera

Celui dont vous n’êtes pas toujours fier ? La susceptibilité.

Le mot de la langue française que vous préférez ? Libellule.

Un défaut que vous pardonnez toujours ? La maladresse.

Le mot tangérois ? Zoot (youpi).

Quel est le bonheur parfait selon vous ? Aimer et être aimé.

Votre lieu préféré à Tanger ? Rmilate.

Une vraie belle rencontre ? Abraham Serfaty, un jour d’été dans un village de Champagne, en France. Il me parle de son désir de rentrer au Maroc, deux mois plus tard, c’est le cas.

Une autre ville au Maroc qui vous parle ? Casablanca.

Un film, un livre ou une musique qui vous émeut ? Il y a quelques jours, la chanson de Grand Corps Malade et de Sandra Nkake Te manquer. Prendre son temps, pour vous, c’est… Se lever à midi un dimanche, prendre un bon petit déjeuner, respirer profondément en regardant au loin, et décider d’aller se recoucher. Si vous étiez un animal ? Un âne. Si vous étiez une citation ? "Qui parle de changer le monde ? On voudrait simplement le supporter avec une brindille de dignité, au coin des lèvres." Abdelatif Laäbi Si vous étiez un héros historique ? Un communard.

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Qu’emporteriez-vous sur une île déserte ? Un bateau. La destination de vacances idéale ? Salvador de Bahia. Un espoir ? Un tiroir.

Deux mots pour qualifier Tanger ? Interlope et lumineuse Les moments clés de votre vie ? Il y a seize ans quand je choisis le métier que j’exerce aujourd’hui. Il y a douze ans quand je monte sur le ferry qui me conduit jusqu’ici. Il y a un an quand je comprends que le plus important, c’est ce que je vis aujourd’hui.

Photos ci-contre © D.R.

David Labau


Š Pierre Boussel


Omar Mahfoudi Sous la glace, le feu

Il a tout du Tangérois tel qu’on peut se l’imaginer. Personnage déroutant : calme en apparence, contemplatif, réflectif, il est capable en un tournant de s’animer et devenir tempétueux comme cette Méditerranée du Détroit qui bouillonne en accointance avec l’Atlantique. Rencontre un samedi aux alentours de l’heure du déjeuner au mythique Gran Café de Paris avec cet artiste tour à tour volubile, distant, investi, engagé, qui pose sur les disciplines qu’il pratique un œil lucide et critique. rencontre avec Imane A. Kettani

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À la une

rencontre

Avec ma peinture, j’essaye d’agir sur le « rejailli ».

La trentaine bouillonnante, l’œil qui bouge sans cesse derrière les verres de ses lunettes, toujours à l’affût, Omar Mahfoudi, le peintre, a l’allure du guépard. Plasticien visionnaire, il est passé de ses Portraits Psychiques qui portent l’empreinte forte d’un Bacon survitaminé à des séries de dessins plus stylisés, puis plus récemment à la vidéo. C’est un artiste multiforme qui ne se laisse enfermer dans aucune catégorie et qui continue sa lancée pour conquérir un public grandissant, toujours fasciné et intrigué par ses élans de vie et colère.

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URBAIN - Vous êtes né à Tanger, au cœur de la Médina, vous en partez souvent et y revenez régulièrement. Dites-nous si vous vous voyez toujours ici à l’avenir ? Omar Mahfoudi - Je pourrais imaginer de partir à l’étranger, ce que je fais déjà avec mes résidences artistiques aux États-Unis, mais je reviendrai toujours. C’est comme ça, je suis chevillé à ma ville. Je pars pour faire une rupture avec ma routine, réveiller mon œil, me confronter à d’autres inspirations. Mais je reviens. Partir, ça veut dire aller à la rencontre d’autres artistes, recharger les batteries surtout. En Californie, j’ai eu la chance de mener deux projets pendant mes résidences. Le premier était très expérimental, le second plus axé sur l’impulsivité du dessin, le retour aux carnets. Les deux m’ont permis d’affronter un public qui ne savait pas grand-chose du Maroc, mais qui a trouvé dans mon travail des points de reconnaissance. Là-bas, ils sont très loin de la réalité marocaine, mais ils ont compris mon regard tourné vers « l’intérieur ». Quel est votre sujet de prédilection, justement, en peinture ? Les choses intérieures qui habitent mon esprit, mes frustrations, la colère. Ce qui me renvoie à moi-même. Avec ma peinture, j’essaye d’agir sur le «  rejailli  ». C’est à la fois très


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À la une

rencontre

personnel, mais ça parle à tout un chacun de nous, puisque je le partage avec l’autre et qu’il peut s’y identifier aussi. Parce que personne ne peut échapper à sa condition « d’humain  ». Moi qui me suis souvent vu comme un écrivain raté, je scénarise des narrations personnelles avec l’image. Et où placez-vous votre réflexion sur la vidéo ? C’est différent. Avec la vidéo, je m’attarde à rendre le mouvement à la peinture. J’aime le cinéma avec un grand C. Je regarde beaucoup de films, sauf les «  Hollywoodiens  ». Je trouve captivant de prendre le chemin alternatif du cinéma. Faire des films avec zéro budget, trouver de nouveaux médias qui ne trahiraient pas mon vrai métier qui est celui de la peinture.

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Quelle est donc la différence fondamentale entre le dessin et la peinture ? Le dessin «  s’intéresse  » à la forme tout en conservant la spontanéité du geste, tandis que la peinture devient la destruction de la forme par la couleur. Avec le dessin à l’encre de Chine, la forme, la texture, la couleur ont une marque puissante. Vous avez déjà exposé dans plusieurs galeries hors Tanger qui vous font confiance. Avec laquelle avez-vous établi un rapport de collaboration sur le long-terme ? Matisse à Casablanca. Je travaille avec et pour eux depuis un an. J’aime l’idée d’une certaine stabilité matérielle qui me permet de travailler sans cette chape de plomb, en toute liberté. Et puis, je leur


Moi qui me suis souvent vu comme un écrivain raté, je scénarise des narrations avec l’image. reconnais d’avoir suivi des artistes pour qui j’ai toute amitié, notamment Zakaria Rahmani. Il faut avouer qu’au Maroc, la toile reste pour les collectionneurs un vrai investissement. Les autres médias sont encore très nébuleux. La photographie commence à peine à intéresser les amateurs d’art, la vidéo reste confinée à un public d’initiés. Avec le galeriste Olivier Conil, vous participez régulièrement à des séances performatives avec d’autres artistes. En quoi cela consiste-t-il ? Olivier Conil qui s’occupe de la carrière de Said Ouarzaz, un peintre autodidacte très talentueux, m’a proposé cette collaboration. J’aime l’idée du dialogue

et de ces performances à quatre mains. Nous venons de présenter une performance commune à la Galerie Le Purgatoire à Paris, c’était très enrichissant. Parce que nous ne sommes pas de la même génération, que c’est un artiste hors de son temps. Plusieurs expos à votre actif à Paris ? Quel effet cela a-t-il sur vous ? Un effet positif, bien sûr. Là-bas, aux vernissages, je vois les gens de Tanger, les habitués de la scène artistique et d’autres qui sont déjà venus à Tanger, qui ont même acheté des toiles de moi sans savoir que ce sont les miennes et qui viennent me les montrer sur leur iPhone. Amusant…

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À la une

rencontre promesses. Son discours artistique est stable. Je dirais que c’est notre Jeff Koons tangérois (sourires). Il apporte une vraie réflexion sur l’identité et le monde. En plus, il reste humble. Belle personne.

La place de l’artiste au Maroc de nos jours ? Marginale toujours, en regard de l’échelle étatique. Ceux qui ont le statut d’artistes de l’État sont les modernistes des années 60. Une cinquantaine d’artistes tout au plus. La jeune génération, toujours contestataire, reste dans la catégorie des « outsiders ». Pour autant, les galeristes prennent plus de risques, aident à la production d’œuvres. Et puis, il y a des personnes comme Nawal Slaoui qui a créé Cultures Interface qui ne se contente pas de promouvoir le travail d’un artiste, mais qui s’implique à suivre sa démarche, à l’aider à exposer, à trouver des financements, à diffuser son travail, etc. Grâce à de tels profils, l’émergence artistique devrait pouvoir se professionnaliser de plus en plus. Que pensez-vous de Mounir Fatmi, autre Tangérois, qui connaît une carrière saluée par tous les professionnels du monde entier ? C’est une référence. Il marque une transition entre deux générations. Celle des artistes des années 60 et celle des artistes actuels. Pour moi, quand j’avais vingt ans, Fatmi, c’était un pionnier, mais il a su concrétiser et valoriser ses

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Dans le fond, avez-vous des maîtres à « penser » ? Pas vraiment. Je n’aime pas reprendre les archétypes, quand je peins, j’évite toujours ce que j’ai appris. Ceci afin d’éviter les formules. Je suis nu devant l’espace blanc. C’est un défi pour atteindre la création. Et plus généralement, que pensezvous de la jeunesse marocaine ? J’ai grandi dans une société où on était confronté à pas mal de «  merdes  ». Dans la médina, on disait toujours que ça ne servait à rien de réagir. Les gens étaient léthargiques. Tout ça a changé. Les jeunes prennent conscience d’une situation quand celle-ci les dérange et agissent pour la faire changer. Et puis, avant, les jeunes n’existaient pas. Maintenant, ils ont des « plates-formes » d’expression, l’État organise avec eux des festivals. On laisse les rappeurs s’exprimer, les nouveaux cinéastes. C’est bien que la jeune génération ait accès à ça. 

SON ACTU

• Septembre 2013 - Exposition galerie Piter Tedden à Düsseldorf et galerie Matisse à Marrakech • Novembre 2013 - Performance à la Galerie Le Purgatoire à Paris • En 2014 - Exposition dans le cadre du Salon du Livre Tanger • Mai 2014 - Exposition à Matisse Gallery à Casablanca


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Culture 

portfolio

Visions de Tanger.. . et d’ailleurs

Ramadan, Chefchaouen - Août 2013, par Clémentine Ottenat

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Fenêtre sur la kasbah, Tanger, par Ichrak Oulkadi

Clin d’oeil, Tanger, par Delphine Mélèse

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Culture 

portfolio

Cap Spartel, par Monica Debarre

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Culture

agenda

expositions À l’ombre des femmes du Maroc Catherine Renaud Baret Une série extrêmement poétique pour cette fin d’année tangéroise. Le travail de cette artiste est placé sous le signe du « lien », de la maternité et de la beauté féminine. Captant quelques volumes et volutes rendus par des couleurs pastel rehaussées de vif crayon gras, elle offre une collection de silhouettes comme on en croise par toutes les ruelles de Tanger, fugaces et éphémères, affairées et rêveuses. À découvrir… Jusqu’au 31 janvier 2014. Librairie les insolites Vernissage le 17 décembre à 19 h

Mounat Charrat C’est la première fois que l’artiste casablancaise Mounat Charrat expose à Tanger. C’est pour nous l’occasion de découvrir son travail contemporain et dépouillé, ses gris et ses monochromes noirs et blancs, sa recherche constante de l’équilibre et de l’harmonie et ses thèmes récurrents que sont la quête de soi et le questionnement de l’être. Jusqu’au 14 janvier 2014. Galerie Conil Vernissage le 14 décembre à 16 h en présence de l’artiste.

Seddik Mekkaoui Exposition d’œuvres de l’artiste-peintre jusqu’au 11 janvier 2014. Fushia - Vernissage le 13 décembre à 18 h

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The Hands of Fatima Dario Iosimi

Georges Partan

Convergence Mahfoudi - Maimoun - Ouarzaz - Partan

La galerie Conil organise une exposition regroupant des toiles de ses artistes fétiches, soigneusement sélectionnées pour démontrer que le travail de ces quatre artistes se rejoint… en un point de convergence.

Les sculptures de Dario Iosimi sont des objets de style «Pop Art» en résine transparente, qui combinent images modernes et joyeuses et éléments traditionnels tels que le symbolisme de la main de Fatima. Galerie d’art Volubilis Vernissage le 6 décembre à 19 h

Par la galerie Conil à La Fabrique Vernissage le 21 décembre à 19 h

Hommage à Mrabet Mohamed Mrabet Exposition-hommage à l’un des artistes tangérois les plus emblématiques de la période de la Beat Generation. Une série d’œuvres à admirer pour (re) découvrir le parcours et la carrière de Mrabet, personnage haut en couleurs... Par la galerie Artingis à La Fabrique Jusqu’au 19 décembre

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Culture

agenda

2 1/2, corrispondenze d’innumerevoli sensi Thomas Berra et Matteo Zinesi Tabadoul présente, pendant un mois, les œuvres des deux artistes italiens actuellement en résidence dans ses murs. Les techniques abordées sont celles du “combine-painting” : installations vidéo et audio - peinture, photographie, collage, photomontage, lumières et ombres. Jusqu’au 6 janvier 2014. Tabadoul Vernissage le 6 décembre à 18h30

Et toujours… - Et toujours… - Et toujours… - Et toujours… - Et toujours… - Et toujours…

> Mohammed Melehi,

exposition De Tanger à Tanger, jusqu’au 31 décembre à la galerie Delacroix.

> Les dessins d’Amina Rezki, aux insolites jusqu’au 16 décembre.

photographie Réflexions Fine Art L’atelier photo “Fine Art“ vous présente la deuxième exposition de photographies artistiques des élèves qui ont suivi cet atelier pendant trois mois en saisissant des reflets dans différents endroits à Tanger. Jusqu’au 31 janvier 2014. Galerie PhotoLoft Vernissage le 5 décembre à 19 h

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Through The Eyes Jaimal Odedra Vernissage et présentation du catalogue de l’exposition publié aux Editions Senso Unico, en présence du photographe. Par la librairie des Colonnes au Musée de la Kasbah Le 6 décembre à 18 h

Centenaire du Grand Théâtre Cervantes L’Institut Cervantes de Tanger en collaboration avec l’Agence Espagnole de Coopération Internationale et du Développement (AECID), organise un exposition sur l’histoire du Théâtre Cervantes de Tanger : sa construction, les spectacles qui y virent le jour, les difficultés de l’entreprise, sa déchéance, etc. Institut Cervantes Du 13 décembre 2013 au 12 janvier 2014

Émile Zola Un parcours en dix affiches pour découvrir le travail de l’écrivain naturaliste, entre observation précise de la société à travers des enquêtes sur un niveau social, un cadre de vie, le langage et la traduction de ses observations dans une œuvre de fiction. Une invitation à une observation minutieuse de la société du XIXe siècle, et des clés d’entrée dans l’atelier de l’écrivain. Jusqu’au 18 décembre.

Cours de l’Institut français

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Culture

agenda

rencontres litteraires Mehdi Menebhi, portrait de R. Beaufre.

Trois jours et Le Néant Youssef Wahboun

Parole Ouverte Driss C. Jaydane

Rencontre avec l’écrivain autour de son essai paru aux Éditions La Croisée des Chemins. Librairie des Colonnes Rencontre le 7 décembre à 18 h

Tangérois forever Roland Beaufre

Rencontre à l’occasion de la publication du nouvel opus de l’artiste. « Dans son livre de souvenirs, Roland Beaufre, tel un conteur des temps modernes, joint l’image à la parole pour se faire le chroniqueur, soir après soir, des mystères de Tanger […] On connaissait la précision de son regard à travers ses photographies, on découvre, aujourd’hui, dans ses souvenirs, la finesse de ses analyses psychologiques, le sens de l’anecdote et le goût de raconter qui font de ce livre un double exercice virtuose de l’art du portrait. » écrit Georges Grégori, journaliste. Librairie les insolites Rencontre le 21 décembre à 19 h

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L’histoire se déroule dans un Maroc aux accointances royales, où un conseiller ministériel très dévergondé se retrouve empêtré dans un passé gênant et un présent implacable. Seule solution : chercher à rencontrer l’homme qui le sauvera de son désarroi et qu’il appelle Le Néant. Librairie les insolites Rencontre le 14 décembre à 19 h en présence de l’auteur et de Abdellah Baïda, universitaire et auteur.

Un prince à Casablanca Ralph Toledano

Casablanca, juillet 1971 : la sanglante tentative de coup d’État contre Hassan II annonce la fin proche de la vie idéale menée par la famille de Semtob, patriarche d’une vieille famille juive sépharade du Maroc. Leur communauté aura t-elle toujours sa place dans un pays où le roi ne sera plus là pour la protéger ? Un nouveau départ doit-il être envisagé ? (...) Semtob, s’interroge sur les notions universelles d’identité, de foi et de destin. Galerie Delacroix Rencontre-lecture avec l’auteur le 12 décembre à 19 h


conferences 

Le déni et la loyauté familiale, conséquences de la Violence éducative ordinaire Cornelia Gauthier

« Étrangement, plus un enfant a été maltraité, moins il s’en plaint, particulièrement si ses principaux malfaiteurs sont ses propres parents. Non seulement il n’arrive jamais qu’un enfant dénonce les mauvais traitements qu’il subit dans le contexte familial, mais encore, il déformera la réalité pour en protéger les auteurs ». Médiathèque de l’Institut français Conférence le 3 décembre à 18h30

musique Jazz jam session Laura Klain, Matteo Cidale et Daniele Raimondi La rencontre inédite de trois musiciens italiens et de musiciens marocains dans un joyeux concert de jazz coloré et multiculturel. Tabadoul Concert le 21 décembre à 21 h

Le Parc naturel de Bouhachem Avec Nina Orsini

Table-ronde avec les porteurs du projet : Nina Orsini et un représentant de la région. Le Parc naturel régional du Luberon et la Région Tanger-Tétouan coopèrent, avec l’appui de la Région Provence-Alpes-Côte-D’azur, pour la création du Parc naturel de Bouhachem dans le Rif. Ce projet transversal concerne à la fois protection de l’environnement, agriculture et tourisme. Médiathèque de l’Institut français Conférence le 19 décembre à 18h30

20-in-Between Concert Le petit groupe qui monte à Tanger ! Les trois musiciens tangérois vous offriront une sélection de morceaux de blues et de rock pour vous faire bouger à l’heure de l’apéritif. La Fabrique Le 6 décembre à 20h30

Quintet Souissi & Martine Kroon Concert jazz Nés à Rabat, les frères jumeaux Ali et Hassan Souissi étudient la musique ancienne et la guitare classique. Aujourd’hui, leur formation actuelle est un quintet qui propose une musique fusionnant jazz et musique marocaine. Ils proposeront une soirée inédite en accompagnant la chanteuse Martine Kroon. Salle Beckett Concert le 13 décembre à 19h30

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Culture

cinéma

L'agenda des petits à la médiathèque de l’Institut français Projections Le 7 décembre à 15 h : Le Noël magique de Franklin de John Van Bruggen Le 14 décembre à 15 h : Le dinosaure de Noël L’heure du Conte

à la Cinémathèque Le chemin de l’école De Pascal Plisson Documentaire, France, 2012, VO ST Français, à partir de 6 ans Quatre enfants vivent aux quatre coins du monde mais partagent la même soif d’apprendre. Ils ont compris que seule l’instruction leur permettra d’améliorer leur vie, et c’est pour cela que chaque jour, dans des paysages incroyables mais différents, ils se lancent dans un périple à haut risque qui les conduira vers le savoir. Parmi eux, Zahira, 12 ans, habite dans les montagnes escarpées de l’Atlas et c’est une journée de marche exténuante qui l’attend pour rejoindre son internat. À partir du 5 décembre

La belle au bois dormant

De Clyde Geromini Fiction, Etats-Unis, 1995, VF À partir de 3 ans La princesse Aurore, victime d’un sort que lui a jeté la sorcière Maléfique, s’est endormie d’un profond sommeil dont le seul baiser d’un prince peut l’éveiller. Grand classique de Disney, ce conte émerveillera les jeunes spectateurs. À partir du 18 décembre

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Animée par Laetitia Tropée Le 7 décembre à 17 h: C’est pas vrai ! T’as menti ! de Gigi Bigot Le 14 décembre à 17 h : Sur les pas du père Noël, contes écrits par Roger-Pierre Bremaud, Corinne Manchon, Mélanie De Coster, Calouen, Christelle Leduc…

Atelier LA BELLE AU BOIS DORMANT Samedi 14 décembre à 15 h À partir du livre La Belle au Bois Dormant de l’écrivain Tahar Ben Jelloun et des illustrations d’Anne Buguet, les enfants donneront vie à la princesse dans un court film d’animation. Les participants découvriront une autre version du conte de la Belle au Bois Dormant de Perrault, celle de du prince Qaïss, de la princesse Jawhara et de la méchante fée Kandisha. À partir de 6 ans - Tarif 100 DH - Inscription obligatoire sur : jeunepublic@cinemathequedetanger.com

El nino que soñaba Un rêve africain De Marta Bautista Guinée-Bissau, Espagne Spectacle musical de théâtre de marionnettes. En espagnol. Par l’Institut Cervantes, au collège Espagnol Ramon y Cajal Le 18 décembre à 18 h


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Culture

cinéma

En décembre à la Cinémathèque

Evènements

• Avant Première En présence du réalisateur et dans le cadre de la reprise de la programmation de l’Acid au Festival de Cannes de 2013 * Coup de cœur Festival de Marrakech.

C’est eux les chiens D'Hicham Lasri Fiction, Maroc, 2013 VO Arabe ST Français Avec Hassan Badida, Yahya El Fouandi et Imad Fijjaj L’histoire de Majhoul, emprisonné en 1981 pendant les émeutes du pain au Maroc, qui ressort, 30 ans plus tard, en plein printemps arabe. Une équipe de télévision publique, qui réalise un reportage sur les mouvements sociaux au Maroc, décide de le suivre dans la recherche de son passé… Vendredi 20 décembre à 19 h

• Ballet du Bolshoi au cinéma En exclusivité, depuis le théâtre du Bolchoï de Moscou.

La Belle au bois dormant De Piotr Ilitch Tchaïkovski Chorégraphie originale : Marius Petipa Nouvelle version : Yuri Grigorovich 2013, 2h35, Ballet en russe ST français Avec Svetlana Zakharova et David Hallberg Inspiré du conte de Perrault et présenté pour la première fois en 1890, La Belle au bois dormant obtint immédiatement un immense succès auprès du public. Chefd’œuvre de Marius Petipa, sa chorégraphie compte parmi les plus accomplies du répertoire classique. Dimanche 22 décembre à 15h55

• Opéra au cinéma En exclusivité, depuis le Metropolitan de New York.

Le Nez De Dmitri Chostakovich Direction musicale : Pavel Smelkov Mise en scène : William Kentridge 2013, 2h15, Opéra en russe ST français Avec Paulo Szot, Andey Popov et Alexendre Lewis Chef-d’œuvre de la période futuriste du compositeur Dmitri Chostakovitch, cet opéra extraordinaire, étrange et corrosif, a été composé d’après une nouvelle de Gogol. William Kentridge en saisit toutes les nuances musicales et littéraires et délivre une production éblouissante sur des décors innovants. Jeudi 5 décembre à 18h55

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 Les films du mois

Le majordome De Lee Daniels États-Unis, 2013, VO Anglaise ST Français Avec Forest Whitaker et Oprah Winfrey L’histoire vraie d’un majordome à la Maison-Blanche, qui fut le témoin privilégié des bouleversements politiques et des grands événements historiques, durant ses trente années de service auprès de sept présidents différents. À partir du 11 décembre

Les films de l'Institut français Alceste à Bicyclette

Zaytoun

De Eran Riklis Fiction, France, 2013, VO Arabe, ST Français Avec Stephen Dorff et Alice Taglioni L’histoire d’une rencontre inattendue entre un réfugié palestinien de 12 ans et un pilote de chasse israélien dont l’avion se fait abattre au-dessus de Beyrouth en 1982. Réalisateur de La fiancée syrienne et Les Citronniers, Eran Riklis nous livre un road-movie chaleureux porté par un message d’espoir. Jeudi 12 décembre à 19h30

De Philippe Le Guay Fiction, France, 2013, VO Française Avec Fabrice Luchini et Lambert Wilson Gauthier Valence, acteur très connu, se rend à l’île de Ré pour proposer à Serge Tanneur, grand comédien qui s’est retiré des plateaux il y a de nombreuses années suite à une dépression, de jouer Le Misanthrope. Ces deux personnalités très différentes vont répéter ensemble durant plusieurs jours... et régler leurs comptes avec le passé. Jeudi 19 décembre à 19h30

Le passé

D’Asghar Farhadi Fiction, France/Iran, 2013, VO Française Avec Bérénice Bejo et Tahar Rahim Prix d’interprétation féminine Bérénice Bejo Festival de Cannes 2013 Jeudi 26 décembre à 19h30

Cycle Musique et Cinéma Comédies musicales égyptiennes • Ceux que j’aime m’ont fait du tort

De Helmi Rafla Fiction, Égypte, 1953 VO Arabe ST Français Avec Sabah, Emad Hamdi et Farid Chawki À partir du 4 décembre

• C’est toi que j’aime

D’Ahmed Badrakhan Fiction, Égypte, 1949, VO Arabe ST Français Avec Farid El Atrache, Samia Gamal et Ismail Yassine À partir du 20 décembre

• Un verre, une cigarette (Sigarah wa kas)

De Niazi Mostafa Fiction, Égypte, 1955, VO Arabe ST Français Avec Samia Gamal, Dalida et Nabil Al-Alfil À partir du 1er décembre

• Tu es mon amour

De Youssef Chahine Fiction, Égypte, 1957, VO Arabe ST Français Avec Farid El Atrache, Chadia et Hind Rostom À partir du 12 décembre

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Culture

cinéma

American Language Center Cine Club • Laura

D’Otto Preminger Fiction, États-Unis, 1944, VO Anglaise ST Français Avec Gene Tierney, Dana Andrews et Clifton Webb Dimanche 15 décembre à 19h30

• Jackie Brown

De Quentin Tarantino Fiction, États-Unis, 1998, VO Anglaise ST Français Avec Pam Grier, Samuel L. Jackson et Robert De Niro Dimanche 29 décembre à 19h30

Festival Cinéma Nachia Du 3 au 8 décembre Organisé par L’ACAVE (Association pour la Culture et Art Visuel Émergents), la Cinémathèque de Tanger accueille le Festival Cinéma Nachia. Cette 6e édition, placée sous le thème des « Mensonges  », accueillera des jeunes cinéastes marocains et africains et sera présidé par le réalisateur marocain, Nabil Ayouch. • Mardi 3 décembre à 19 h Ouverture du Festival • Mercredi 4 décembre à 19 h Le Portraitiste de Moncef Malzi • Vendredi 6 décembre à 19 h Programmation Ciné Sud • Samedi 7 décembre à 19 h Ciné-Concert Lanterne Magique Avec Jerry Butler Jerry Butler est un grand collectionneur tangérois qui possède l’une des plus belles collections de plaques de lanterne magique au monde. Il présentera une sélection de ces précieuses plaques. Les images présentées datent des XVIIIe et XIXe siècles et proviennent d’Afrique, d’Europe et d’Asie. Elles seront projetées par une double lanterne magique originale, fabriquée à Londres à la fin du XIXe siècle. • Dimanche 8 décembre à 15 h Les Chevaux de Dieu de Nabil Ayouch

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Culture

coups de cœur

Photos de Tanger & Asilah

Les coups de U de la libraire par Stéphanie Gaou

U BLOG www.lecarnetdesarah.tumblr.com Petit crochet par tumblr.com pour dénicher un carnet web encore bourgeonnant, mais des plus poétiques. Elle s’appelle Sarah Amezian, sa famille est originaire de Tanger, mais elle vit en Belgique. Elle est graphiste, photographe, illustratrice, créatrice. La palette de son savoirfaire est tellement variée que l’on ne sait plus vers où se tourner pour l’étiqueter. Sur son blog, elle présente des posts aussi bien photographiques que cinématographiques, déclinant en une inspiration sans bornes ses voyages, ses coups de cœur, ses promenades. Un œil vif, ludique et déconcertant qui donne

© Sarah Amezian

Le Carnet de Sarah

la part belle à un univers girly, mais jamais kitsch. On découvre également le collectif d’artistes dont elle fait partie : «  Ma vie en scène  » avec deux autres jeunes - et ravissantes - femmes. Vite vite, on s’abonne à sa newsletter !

U créateurs

© Alban Tréhet

Rock da Kasbah

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Fringues de créateurs à la sauce tanjaouia La marque tangéroise Rock da Kasbah fête sa première année d’existence et à cette occasion lance plusieurs éditions limitées. La bonne idée : une collection par lieu de vente. Tee-shirts d’artistes en série limitée pour les insolites avec des designs signés Houda Rahmani & Omar Mahfoudi (en couverture de ce numéro), une série de tee-shirts et sweats pour les adultes, enfants & adolescents pour Las Chicas qui reprend les thèmes de l’amour, la paix, les petits taxis, les jeux de mots, etc., et une toute dernière collection pour la Tribu des Ziri inspirée des vers des chansons de Oum Kalthoum, égérie de la marque avec des slogans aussi pertinents que « Laisse-moi ma liberté » ou « Mais ma patience a des limites ». En vente courant décembre 2013.


Créé en 2002 par Elena Prentice, plasticienne américaine résidant à Tanger depuis de nombreuses années, Khbar Bladna (Les Nouvelles de chez nous) était à l’origine un journal hebdomadaire écrit en darija. Le but de cette publication était de donner accès à la lecture à un grand nombre de lecteurs qui ne lisaient ni l’arabe, ni le français. Puis en 2009, Elena, secondée par Gustave de Staël, a lancé une série de petits livres au format très ludique (à peine plus grands qu’une carte postale) dont la particularité était d’être écrits par toutes sortes de personnalités plus ou moins connues au Maroc, aussi bien en darija, espagnol, anglais, français et même russe ! Depuis, cette petite maison d’édition voit de plus en plus grand et édite régulièrement des textes qui évoquent souvenirs d’enfance, impressions générales sur le Maroc ou Tanger, récits de voyage. En vente dans toutes les librairies du Royaume.

Espace 150X295 www.espace150x295.com Décidément, la rue Khalid Ibn Oualid est vouée à abriter des lieux artistiques, mais cette fois-ci cap sur Martil pour découvrir un espace absolument atypique autant par la forme que par le fond. L’espace 150x295, comme son nom l’indique, mesure 1,50 m x 2,95 m, mais ne se laisse nullement contraindre par sa petitesse. Agence de services créée en 2004 par Batoul S’himi, plasticienne et Faouzi Laatiris, artiste et professeur à l’Institut des Beaux-Arts de Tétouan, le lieu ne se contente pas de rendre service à ses clients, mais leur offre régulièrement des expositions de jeunes artistes exigeants, aussi bien marocains que de tous horizons. Un endroit qui donne de la matière à la ville de Martil, plus connue pour ses agréments balnéaires.

U SITE WEB Lioumness

L’équipe de Lioumness

www.lioumness.com Ils sont quatre, ils sont jeunes, ils sont successful, ils composent l’équipe super dynamique de l’agence de branding culturel : Lioumness. Anglicisme qui puise son origine dans l’association du mot Lioum (aujourd’hui en arabe) et Ness (les gens) qui, comme sa signification le laisse entendre, s’attarde à rendre compte de la vie culturelle, sociale, fashion, etc. des gens qui font le monde maghreb-arabo-persan actuel. Site et radio web, agence de communication, Lioumness représente une plate-forme interactive super branchée qui donne à voir un autre monde arabe que celui dont nous abreuvent encore trop de journaux, magazines ou chaînes télévisées.

© D.R.

© Marion Giorgi

Khbar Bladna

U LIEU ALTERNATIF

© D.R.

U MAISON D’EDITION

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Découverte 

week-end

© Jan Schuler

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Découverte 

week-end

Tout a été dit sur Marrakech et continuer à en parler reste hasardeux si l’on veut éviter les perpétuels clichés : sa palmeraie, ses quartiers chics et les autres, sa médina pittoresque, ses avenues bordées de palmiers, ses ruelles poussiéreuses, ses maisons d’hôtes toutes plus luxueuses les unes que les autres, ses clubs snob, son Festival du Film et sa pléiade de stars… La ville ne cesse de déployer ses charmes jusqu’à plus faim et à attirer une clientèle du monde entier assoiffée d’exotisme. En dépit de sa réputation de ville facile, elle recèle pourtant encore des lieux absolument hors du commun où il fait bon prendre le temps d’être serein et sentir la vie qui passe. À URbain, ratissage serré des lieux qui nous font aimer cette Belle du Sud. Par Nour Chairi

Se trouver un petit nid Arriver à Marrakech à partir de Tanger par le train de nuit reste encore une des traversées les plus farfelues qui soient, et finalement les plus faciles. Départ à 21 h, arrivée au petit matin à Marrakech. Si vous avez réussi à dormir, vous arriverez à bon port frais et dispos, sinon direction illico presto votre hôtel où vous aurez la certitude de profiter d’un petit déjeuner sur une des terrasses qui pullulent dans la médina et d’une bonne douche pour vous remettre les idées en place. Nos chouchous : l’Hôtel du Trésor, à une minute à pied de la place Jmaa El Fna, qui propose des chambres ravissantes et romantiques à des prix tout doux (comptez 60 €) ou, pour un séjour plus raffiné, Les Jardins de la Médina, hôtel de charme qui propose des prestations de luxe à taille humaine et à des prix plus abordables que ses concurrents de même catégorie (comptez 230 €). Chambres spacieuses, lumineuses dont certaines ouvrent directement sur le jardin, c’est un pur plaisir à quelques enjambées de l’agitation marrakchia. Et puis, le petit dernier : le 18. Un riad bourré de grâce, tenu par la pétillante photographe Laila Hida et Hicham Bouzid. Lieu de rencontres culturelles, espace de réflexion, il ne se contente pas de

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CI-DESSUS : LES JARDINS DE LA MÉDINA CI-DESSOUS : RESTAURANT I LIMONI


© klemenr

proposer des chambres à la location, il prodigue également une programmation funky, arty et indispensable dans le paysage culturel de la ville rouge.

S’en mettre plein les mirettes et les papilles Partir à l’aventure au cœur de la médina... Petit café parfumé à toutes sortes d’épices sur la place des vendeuses de chapeaux, de paniers, d’épices, Le Café des Épices. Mini terrasse en plein air, sandwiches frais, bonne musique, le lieu est désormais pris d’assaut par une clientèle d’avertis, mais ne vous laissez pas intimider par les touristes et attablez-vous pour un thé à la menthe, l’animation sur la place vaut le détour. Dans la même veine, à cinq minutes à pied si vous ne vous êtes pas perdus dans le souk, La Terrasse des

Épices - tenue par les mêmes gérants - offre une restauration plus roborative, une vue sur les alentours de la médina, une déco toute simple et toute belle et l’occasion de découvrir le complexe commercial aux étages inférieurs uniquement consacré à la création artisanale avec un grand C. Attention le porte-monnaie ! Tout est craquant et merveilleusement présenté. Autre arrêt : Le Jardin. Dans le même quartier, il déploie un patio magnifique à l’abri des regards indiscrets et une restauration fine et légère. À ne surtout pas manquer. Crochet obligatoire par la Maison de la Photographie qui dévoile à ses visiteurs un fonds photographique ancien impressionnant, un des plus importants au Maroc. Le lieu est magnifique et regorge de recoins où laisser voguer son imagination pour revivre le Maroc

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Découverte 

week-end

d’antan et propose, pour les gourmands que la photographie laisse froids, une superbe terrasse et un mini resto. Et pour ceux qui ne peuvent pas se passer de Dolce Vita, même à quelques kilomètres du désert, un bel italien - entendez un beau ristorante - a pris racine près de Bab Taghzout, I Limoni. On y mange merveilleusement bien dans un cadre comme souvent à Marrakech, en-chan-teur. Les fous de chine iront se perdre dans les dédales du Souk El Khmiss. Mobilier art déco, pop, sixties, fauteuils vintage, etc. C’est la caverne d’Ali Baba revisitée sauce moderne. Le Casabarata de Marrakech version 1001 merveilles !

Découvrir la ville moderne Direction le Guéliz. Une fois dépassées les grandes enseignes, on grimpe les étages du 127 où se niche la seule véritable galerie de photos du Maroc : Galerie 127. Tenue par Nathalie Locatelli qui maîtrise son sujet sur le bout des yeux, l’espace se voue au partage de la jeune - et moins jeune - photographie contemporaine. Les connaisseurs attendent avec toujours autant de fébrilité les cartons d’invitation qui promettent des expositions de grande qualité. À quelques mètres de là, se poser quelques instants au Kechmara, déco toute blanche, style sixties, restauration rapide, bonne ambiance musicale, c’est jeune et fresh. On en redemande des lieux comme ça. Passage obligé à la David Bloch Gallery, spécialisée dans l’art urbain, le tag-art et les modes d’expressions très modernes. Sa grande sœur à Casablanca a déjà posé les jalons d’une exigence hors du commun et David Bloch défriche un terrain encore neuf au Maroc avec beaucoup de style.

Prendre la tangente Pour celles et ceux qui en veulent toujours plus, sortons un peu de Marrakech et prenons

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© D.R.

CI-DESSUS : LA MAISON DE LA PHOTOGRAPHIE CI-DESSOUS : LA DAVID BLOCH GALLERY CI-CONTRE : RESSOURCEZ-VOUS À QUELQUES KILOMÈTRES À PEINE DE MARRAKECH...

© D.R.


Š Igor Mojzes

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Découverte 

week-end

diverses directions : Sidi Ghanem - la zone industrielle - a vu naître, il y a quelques années, Voice Gallery pour les amateurs de performance et d’installations contemporaines. Gérée par Rocco, elle reste à la pointe de ce qui se fait au Maroc avec des expositions qui trouvent régulièrement résonance à l’étranger ou à Casablanca. Les plus baroudeurs iront jusqu’à Tahanaout pour découvrir l’oliveraie artistique du graveur et plasticien Mohammed Mourabiti, Al Maqam. Si le lieu n’est pas tout à fait situé aux portes de Marrakech, il faut si l’on peut y passer au moins deux nuits, tant le dépaysement est immédiat et salvateur. Piscine avec eau naturelle, sculptures et œuvres d’art disséminées dans le jardin, cuisine raffinée, rencontres avec des artistes du cru (entre autres, Mahi Binebine qui y a posé pénates pour son atelier), salon de lecture, ce lieu est aussi une résidence d’artistes qui accorde à ses passagers un espace de création. Dans la même veine, Dar al Ma’mûn, située route de l’Ourika, offre un espace pluri-disciplinaire avec son centre de recherches linguistiques et sa résidence d’artistes. Et pour le grand public, un hôtel incroyable, Le Fellah, en plein cœur d’une nature sauvage et préservée. Peut-être un des lieux les plus atypiques du Royaume à ce jour.

PRATIQUE Une dizaine de trains partent chaque jour de Tanger à destination de Marrakech. Tous comportent une correspondance à Casa, à l’exception du train de nuit, départ 21h35, arrivée à 8 h le lendemain matin. Renseignements sur www.oncf.ma Découvrir Marrakech en deux roues (casque obligatoire, attention aux chauffards !) en contactant Marrakech Roues, 3, rue Bani Marine Imm. Roux, dans la médina (06 63 06 18 92 ou 06 62 08 59 39). Dans le souk, comparez les prix. Des centaines d’échoppes vendent les mêmes produits et les tarifs annoncés peuvent varier dans des proportions affolantes. Ne gâchez pas votre séjour en faisant de mauvaises affaires !

© Jerome Dancette

RETROUVEZ LES ADRESSES DE CE VOYAGE EN FIN DE MAGAZINE.

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BOUTIQUE MAJID ANTIQUES

JEWELRY - EMBROIDERY - CARPETS - CHESTS 66, Rue Les Almouhads - Tangier - boutiquemajid@hotmail.com - Tél.: 05 39 93 88 92 - Fax : 05 39 93 88 92


Société

tanger vue par…

Roland Beaufre

Il a ce je ne sais quoi de British qui lui donne cette petite Bowie’s touch reconnaissable parmi mille dans les rues de Tanger. Tout en discrétion pourtant, Roland Beaufre, photographe, est bien connu des magazines européens : World of Interiors, MarieClaire Maison, Connaissance des Arts, pour ne citer que ceux-là. Ce voyageur infatigable, appareil en bandoulière, qui travaille aussi avec de nombreux écrivains pour l’édition de beaux-livres, organise expositions et autres rencontres artistiques et revient régulièrement régénérer son capital « inspiration » à Tanger. Nous l’avons « coincé » entre deux vols, il nous a déclaré son amour sans retenue pour la Belle du Détroit ! Rencontre avec Stéphanie Gaou

URBAIN - Roland Beaufre, vous partagez votre temps entre la France et le Maroc où vous résidez une grande partie de l’année à Tanger. Vous connaissez la ville depuis combien de temps ? Roland Beaufre - Je connais Tanger depuis cinquante ans !

© Hicham Gardaf

Quels sont vos meilleurs souvenirs d’enfance ici ? Mon premier souvenir est d’être allé chez le bakkal et d’avoir été émerveillé par l’étalage de fruits et légumes. Ensuite, j’ai adoré me promener dans les souks bercé par la musique d’Oum Keltoum, j’avais l’impression de vivre dans un film avec la bande son ! Et puis j’ai demandé à mes parents une peau de mouton et je dormais avec, à la place de mon ours en peluche, et j’adore encore cette forte odeur de peau mal tannée. Qu’aimez-vous toujours à Tanger ? Tout ! Les qualités comme les défauts : le Chergui, la vue sur le Détroit

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© Roland Beaufre

Vue sur le Détroit de Gibraltar

omniprésente, la douceur de vivre, le provincialisme, la particularité culturelle, la proximité de l’Espagne, le climat quasiment breton en hiver, les champs d’arums, les paysannes du Rif.

quand on descend de l’avion, la douceur de l’air, le sourire des tangérois, c’est unique et comme nouveau à chaque fois …

Tanger, la ville des artistes, la ville de la lumière. En tant que photographe, en quoi vous sentez-vous héritier des précurseurs qui ont partagé leur passion pour la ville ? En tant que photographe, on a forcément dans les yeux les peintures de Delacroix ou de Matisse, des orientalistes et autres, mais la culture, n’est-ce pas, c’est ce qui reste quand on a tout oublié…

Tanger, la ville des pirates, des mondains, des flibustiers, des espions. Tout a été dit sur elle. Et vous, qu’en diriezvous ? J’ai connu Tanger, ville des mondains et des contrebandiers. Maintenant ces clichés n’ont plus cours, Tanger est une grande ville marocaine qui développe sa propre identité grâce aux Tangérois de toutes origines, et la mutation actuelle profile d’autres perspectives plus intéressantes que ces quelques clichés réducteurs.

Partir, revenir. Je suppose que vous le faites souvent. Quel effet produit sur vous l’arrivée à Tanger depuis tout ce temps ? Je bouge tout le temps, mais à chaque fois que j’arrive c’est le même bonheur. L’odeur

Vous avez participé à de nombreuses publications éditoriales en France et ailleurs. Laquelle de toutes ces expériences vous a le plus touché ? Ce qui me touche le plus c’est toujours de participer à la naissance, à l’élaboration et

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À la une

figures de tanger

© Roland Beaufre

« J’ai adoré me promener dans les souks bercé par la musique d’Oum Keltoum, j’avais l’impression de vivre dans un film avec la bande son ! »

Les terrasses du palais Forbes, Marshan

au suivi d’un projet. Comme avec le magazine CITY dans les années 80 où j’ai eu la chance de faire partie de l’équipe dès le départ, ou d’avoir élaboré et réalisé le livre sur le Maroc juif ou bien encore, quand j’ai fait mon premier livre sur Tanger Dernier exil à Tanger aux éditions du Regard. On revient régulièrement sur la ville de Tanger qui, à force de vouloir se mettre au diapason de la modernité, en a un peu perdu de sa superbe. Qu’en pensez-vous ? On n’échappe pas à la modernité ou on meurt  ! Tanger, comme les autres villes du Maroc, change et se recréé, avec une superbe qui ne sera pas celle du siècle passé, mais qui sera peut-être mieux ! Je trouve très intéressant d’assister à cette métamorphose. Il y aura forcément de bonnes choses et d’autres, plus tâtonnantes, qui seront ratées. Qu’importe.

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Pour vous, le lieu idéal de vie à Tanger, où serait-il ? Celui que je cherche en ce moment, à la campagne pour jouir de la nature et du calme, mais près de la ville afin de pouvoir prendre un bain de foule rue d’Italie ou prendre un verre au Number one (sourire). Fin décembre, vous sortez aux éditions Khbar Bladna un recueil de photographies titré Tangérois Forever. Vous aviez déjà publié un Tanger Forever. Comment est née l’idée d’une telle suite ? Et quel est le thème de cet opus-ci ? L’idée est venue en discutant avec Elena Prentice, l’éditrice : faire un nouvel opus qui ne soit pas une suite mais une complémentarité. Tanger Forever était une vision de Tanger telle qu’elle n’existe plus. Tangérois Forever part d’un Tanger qui n’existe plus pour arriver au Tanger de maintenant à travers des portraits de Tangérois de 1973 à 2013, complétés par des textes, comme une série de petits contes tangérois. J’ai trouvé cela très agréable et amusant à réaliser. Comme un album de souvenirs. Avec une baguette magique, que changeriezvous à Tanger ? Rien !


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L’Oeil du photographe

Roland Beaufre

“ Tanger ” Roland Beaufre est un inlassable arpenteur de Tanger qu’il connaît depuis sa jeunesse. Les recoins de la ville n’ont plus aucun secret pour lui et il ne cesse d’en vanter les facettes par les photographies en argentique au ton délavé qu’il prend depuis des décennies. Pour Urbain, il a fait une sélection de ses clichés les plus charismatiques de la ville comme il l’aime, au fil de ses errances nocturnes, ses promenades sur la Corniche, les gens qu’il aime croiser. Et c’est comme un album des riches heures de Tanger qu’il nous permet de découvrir. Pour en voir plus, rendez-vous sur son site web : www.roland-beaufre.book.fr

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Découverte

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l’oeil du photographe


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Découverte

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l’oeil du photographe


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Découverte

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l’oeil du photographe


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Pratique 

mode

Le look urbain de

P H O T O G R A P H I É E PA R

S A FA E A S S A I D I E S T SHOOTING RÉALISÉ

AU

NASSIM HMAMOU. PA L A I S A S R A R . M A Q U I L L A G E R É A L I S É

AV E C L A G A M M E

ORIFLAME.

Swing Chic

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Le look “bobo chic” par Swing Chic Veste Pull&Bear, tee-shirt, chapeau et jeans Zara, heels Stradivarius Retrouvez le blog Swing Chic de la Tangéroise Safae Assaidi sur : swingchic.blogspot.com


Pratique 

recette

La crema de Turron de Kamal El Fassi

© D.R.

Ingrédients pour 4 personnes

D’où ça vient ? Qui dit “turron” dit espagnol jusqu’à la moelle ! Cette recette est complètement typique de la période post-noël car on utilise les restes de turron non consommé pendant les fêtes.

Mon conseil Recouvrir la mousse de copeaux de chocolat et d’amandes effilées grillées avant d’y planter les morceaux de biscuits est une façon d’ajouter encore de la gourmandise à ce dessert !



Une adresse...

Faites-vous inviter... dans toutes les bonnes cuisines des familles ! Le turron est très consommé au nord du Maroc en fin d’année, influence espagnole oblige...

Kamal El Fassi

Retrouvez ce grand gourmand tangérois et bien d’autres sur la page Facebook “Les Adeptes du Cooking”.

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 50 cl de crème liquide 1 petite tablette de turron mou (turron blando)  3 oeufs frais  2 c. à s. de miel  2 c. à s. de fécule de maïs  Quelques galettes Maria pour le décor

Préparation - Dans un blender, mixer la crème, le turron taillé en petits dés, le miel, la fécule et les 3 jaunes d’oeufs. - Dans une casserole, faire épaissir sur feu doux sans porter à ébullition et en remuant sans arrêt. - Lorsque le mélange a la consistance d’une crème pâtissière, le laisser refroidir complètement. - Battre les blancs d’oeufs en neige ferme avec une pincée de sel. Incorporer doucement la crème en soulevant le mélange. - Verser dans les pots et réfrigérer 2 h minimum. - Décorer de galettes émiettées avant de servir.


Utile 

urbanoscope

L horoscope de

Lalla Chams

Bon anniversaire, le Sagittaire ! Sentiments : Vos entreprises amoureuses connaîtront une certaine réussite mais le sens des nuances risque de vous faire défaut. Keep cool ! Vie sociale : Ne vous laissez pas démonter par des petites contrariétés qui empoisonnent la vie mais qui en réalité ne portent pas à conséquence. Il se présentera beaucoup de bonnes affaires et des placements intéressants.

Bélier Sentiments : Les amours des célibataires seront favorisées. Pour tous, de belles consolations côté coeur viendront compenser des déceptions sur le plan professionnel. Vie sociale : Idéalisme, imagination et rêve seront à l’ordre du jour. Bref, vous planerez.

Taureau Sentiments : Si vous en avez, des heurts sérieux pourraient vous opposer à vos enfants. Vie sociale : Votre vitalité sera incroyable, bien supérieure à la moyenne. Vous la dépenserez naturellement en activités de toutes sortes.

Gémeaux Sentiments : Amour, amour, vous n’aurez plus que cela sur les bras ! Votre horizon sentimental grandira si vite que vous n’en verrez pas le bout. Vie sociale : Vous aurez la conversation facile, des discussions intéressantes et animées. Le revers de la médaille, c’est que vous aurez tendance à trop parler...

Cancer Sentiments : De grandes satisfactions côté coeur : vous vivrez des moments mémorables avec l’être aimé, mais vos amis vous donneront quelques soucis. Vie sociale : Votre santé est à surveiller de près, en particulier vos yeux, et votre forme générale. Cure de vitamines !

Lion Sentiments : Lassé des dures réalités de la vie quotidienne, vous pourriez vous sentir attiré par les appels de quelque secte ou d’un mage de pacotille. Attention... Vie sociale : Votre entourage se montrera agressif et provocant. Difficile pour vous de garder votre sang-froid !

Vierge Sentiments : Jaloux, vous ? Pas le moins du monde ! Mais vous aimeriez que votre partenaire cesse de jouer avec vos nerfs... Vie sociale : Votre imagination sera assez féconde en cette fin d’année. Cherchez à exploiter toutes ses ressources pour réaliser des choses constructives.

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Balance Sentiments : Vous serez sujet à un sentiment d’échec dont il sera difficile de vous défaire. Mais vous reprendrez confiance en vous en fin d’année. Vie sociale : Vous aurez le temps de faire des choix positifs, d’entreprendre, de décider et d’avancer avec confiance.

Scorpion Sentiments : Une déception sentimentale est possible car vous faites tout pour empêcher l’ennui et la monotonie de s’installer dans votre vie. Vie sociale : Si vous pouvez prendre des vacances, profitezen pour vous rendre à l’étranger ; votre périple sera agréable et enrichissant à de nombreux égards.

Capricorne Sentiments : Vous vivrez sous le coup d’émotions intenses et profondes qui vous masqueront souvent la réalité. Vous aurez du mal à harmoniser vos idéaux avec la vie quotidienne. Vie sociale : Défoncez-vous pour obtenir ce que vous voulez, vous en aurez les moyens, mais attention à ne pas marcher sur la tête des autres !

Verseau Sentiments : Pour les célibataires, les amours seront souvent destinées à épater la galerie et pourront conduire à des dépenses exagérées. En couple, vous n’aurez pas vraiment la tête à former des projets d’avenir. Vie sociale : Des projets anciens pourront se débloquer. Mais sachez que votre réussite sera à la mesure des efforts que vous consentez.

Poissons Sentiments : Vous fuirez la tranquillité et chercherez à vivre l’amour sur des montagnes russes ! Vos amis vous entoureront d’affection, mais ne vous laissez pas étouffer. Vie sociale : Pensez à vous défaire de l’habitude de tergiverser éternellement ; lorsqu’une décision a été prise, passez immédiatement à l’action.


Utile 

carnet d’adresses

Retrouvez ici les coordonnées des lieux mentionnés dans les pages de ce numéro.

Culture - Agenda Cinémathèque de Tanger - Cinéma Rif

Institut Cervantes

Collège Ramon y Cajal

Institut français de Tanger

Fushia

La Fabrique

Galerie Artingis

Librairie les insolites

Galerie Conil

Librairie des Colonnes

Galerie Delacroix

Musée de la Kasbah

Galerie PhotoLoft (sur eRDV) ed

Salle Beckett

Galerie d’Art Volubilis

Tabadoul

Grand Socco - Tanger - T : 05 39 93 46 83

99, Av. Sidi Mohamed Ben Abdellah - Tanger - T : 05 39 93 23 99

Rue Sidi Bouabid - Iberia - Tangerr - T : 05 39 94 83 65 20, rue Aleziras - Tanger - T : 05 39 32 29 29

41, rue Hassan Ibn Wazzane - Tanger - T : 05 39 94 10 54 7, rue d’Angleterre - Tanger - T : 05 39 37 40 57

11, rue Khalid Ibn Oualid - Tanger - T : 05 39 33 04 25 7, rue du Palmier - Petit Socco - Tanger - T : 06 55 64 10 14 86, rue de la Liberté - Tanger - T : 05 39 93 21 34

28, rue Khalid Ibn Oualid - Tanger - T : 05 34 59 29 83 54, boulevard Pasteur - Tanger - T : 05 39 93 69 55 Grande place de la Kasbah - Tanger - T : 06 68 70 01 81

115, av. M Ben Abdellah - 8 ét. - Tanger - T : 06 41 45 66 40 6, rue Sidi Boukouja - Kasbah - Tanger - T : 05 39 33 38 75

Rue Okba Ibn Nafie - Tanger - T : 05 39 94 25 89 19, rue Magellan - Médina - Tanger - T : 05 39 37 19 78

Voyage - Marrakech Hôtel du trésor

Le Jardin (lejardin.ma)

Les Jardins de la Médina

Galerie 127 (galerienathalielocatelli.com)

77, Sidi Boulokat Riad Zitoun Kdim - Médina - T : 05 24 37 51 13

32, souk El jeld - Sidi Abdelaziz - Médina - T : 05 24 37 82 95

21, Derb Chtouka - Kasbah - Marrakech - T : 05 24 38 18 51

127, av. Mohamed V - Guéliz - T : 05 24 43 26 67

18, derb el ferrane

Kechmara (kechmara.com)

Café-Terrasse des Épices (cafedesepices.net)

David Bloch Gallery (davidblochgallery.com)

18, derb el ferrane - Riad Laarouss - T : 05 24 38 98 64

3, rue de la liberté - Guéliz - T : 05 24 42 25 32

75, Rahba Lakdima - Medina - T : 05 24 39 17 70

8 bis, rue des Vieux Marrakchis - T : 05 24 45 75 95

Maison de la photographie (maisondelaphotographie.ma)

Voice Gallery (voicegallery.net)

I limoni 40, Dyour Saboun bab taghzout - T : 05 24 38 30 30

Hôtel Fellah Km 13, route de l’Ourika - Tassoultante

46, rue Souk ahl Fes - T : 05 24 38 57 21

366, Z.I. Sidi Ghanem - T : 05 24 33 67 70

Numéros utiles Renseignements : 160 Police : 190 Gendarmerie Royale : 177 Pompiers - Ambulances : 150

ONCF : 08 90 20 30 40 Aéroport de Tanger : 05 39 39 36 49

Clinique Assalam Av. de la Paix - 05 39 32 25 58

Pharmacies de garde : www.menara.ma (infos pratiques)

Maroc Assistance : 05 22 30 30 30 Mondial Assistance : 05 22 31 31 50 Port Maritime : 05 39 93 11 29

Urgences vétérinaires : Clinique vétérinaire du Golf 06 61 79 02 19

Clinique du Détroit Gzenaya Zone de Service Lot 84 A5 - 05 39 39 44 48 Clinique Bennis Route de Tétouan - 05 39 34 07 47

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Utile 

points de distribution

Vous souhaitez mettre URbain à la disposition de votre clientèle ? Contactez-nous : contact@urbainmagazine.com. Tous les numéros d’URbain sont également consultables à tout moment en ligne sur www.issuu.com.

Centres culturels / Galeries La Cinémathèque Le Rif Délégation de la Culture Galerie Artingis Galerie Conil Galerie Dar D’Art Galerie De Velasco Galerie Delacroix Galerie Ibn Khaldoun Galerie Laure Welfing Galerie Lusko Galerie Photo Loft Galerie Volubilis Goethe Institut Institut Cervantes Institut Français de Tanger Medina Art Gallery Musée de la Kasbah

Hôtels / Maisons d’hôtes

Hotel Andalucia Hôtel Chellah Hôtel Continental Hôtel El Minzah Hôtel Mövenpick Hôtel Solazur Maison d’hôtes Al Barnous Maison d’hôtes Dar Chams Maison d’hôtes Dar El Kasbah Maison d’hôtes Dar Jameel Maison d’hôtes Dar Sultan Maison d’Hôtes La Maison de Tanger Maison d’Hôtes Le Balcon de Tanger Maison d’Hôtes Le Dar Nour Maison d’Hôtes Le Nord Pinus

Librairies

Librairie des Colonnes Librairie les insolites Librairie La Virgule Page et Plume

Restaurants / Salons de thé

Boston Café Café Central Cafe Le Savouret Café Le Savoy Café Miranda Café Oasis Casino Movenpick

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Club restaurant La Piscine Le Lounge & Restaurant du Golf Restaurant Anna & Paolo Restaurant Art & Gourmet Restaurant El Morocco Club Restaurant El Tangerino Restaurant L’Adresse Restaurant L’Océan Restaurant La Bodega Restaurant La Casa d’Italia Restaurant La Fabrique Restaurant La Pagode Restaurant Rigoletto Restaurant La Table du Détroit Restaurant La Terrasse Restaurant Le Relais de Paris Restaurant Le Salon Bleu Restaurant Otori Sushi Restaurant Pasta Cosi Restaurant Tom Yam Salon de thé Kandinsky Salon de thé La Fuga Glacier-salon de thé La Gelateria

Divers

Cabinet Bernossi Com Channel Crèche Le Manège Centre Régional de l’Investissement Chambre de Commerce Française Chambre de Commerce de Tanger Consulat Général de France Consulat d’Italie Délégation du Tourisme Groupe Scolaire Le Détroit Médi1 TV

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Commerces/Autres

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URBAIN t a ng e r

vous souhaite de joyeuses fêtes

© Jeanette Dietl

URBAIN Tanger - n°11 - DECEMBRE 2013  

Le mag' culturel de Tanger

URBAIN Tanger - n°11 - DECEMBRE 2013  

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