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S A M A R T PRO JEC T 20 13


SYNOPSIS

Une interview radicale et exclusive d’Adrien Vermont

Pourquoi le Mexique? Parce que j’aime les tacos. Et aussi car ma mère est quasiment d’origine mexicaine et que j’aime beaucoup la cumbia (même si c’est colombien...). Et puis il faut bien reconnaitre que l’utilisation mélée de l’écriture hiéroglyphique et de l’écriture hiératique de la culture Maya et Aztèque est particulièrement fascinante. Surtout pour moi qui travaille exclusivement le dessin, le trait, la ligne dans une tentative démotique de l’écriture en art. Et que diable feriez-vous là-bas avec tout cet argent si vous gagnez le prix? Tout d’abord ça coûte un max de prendre des billets d’avion première classe pour traverser la moitié du globe en buvant du champagne! Ensuite une fois sur place, je devrai corrompre un paquet de gens pour pouvoir avoir l’espace et le temps nécessaire à une étude très poussée de l’écriture Maya et Aztèque; quelle soit sous la forme sculptée sur les pyramides (hiéroglyphique), écrite à l’encre sur le codex Dresde, et le codex Mendoza (hiératique) ou encore sur les feuilles faites à base de fibres d’agave (démotique). La complexité est sidérante car ils utilisaient toutes les formes possibles selon qu’il s’agissait d’un texte religieux ou d’un impôt par exemple. J’entends bien... A part ça, que faisiez vous de votre vie ces derniers temps? Et bien ces trois dernières années, je les ai passé en ermite quasiment; me concentrant exclusivement sur mon travail, ne parlant plus à ma famille et n’adressant que de brefs éructations à ma petite amie. Et cela m’a permis de produire une oeuvre d’une qualité exceptionnelle (bientôt) soutenue par les plus grandes institutions du monde! Mais encore? Ho tout un bordel sur la représentation de l’animal dans les sciences naturelles, la prétendue «objectivité» de la Science, un travail sur le décloisonnement, la remise en question du bienfondé de l’approche cartésienne et des outils que s’est fabriquée la science pour s’auto-définir comme Vérité en s’appuyant sur un concept empirique et analytique. Mais surtout un travail sur le dessin, le trait, sur la difficulté de s’extraire de sa propre culture visuelle, des codes sensibles inhérents à l’art qu’on nous inculque depuis notre enfance à propos du bien, du beau, du vrai. Vous me faites mal à la tête... Quel sera la forme aboutie du projet? Et bien une fois que j’aurai fumé toute l’herbe mexicaine que j’aurais ramené illégalement, je proposerai tout-de-go à qui voudra bien m’écouter de reproduire une sorte de pierre de Rosette hallucinée qui prendra forme sous l’aspect de structures monolithiques rappelant autant les pyramides de la culture méso-américaine que le monolithe de Stanley Kubrick dans 2001, l’odysée de l’espace (symbole de l’hyper-connaissance) ou encore la sculpture minimaliste conceptuelle occidentale. (voir croquis ci-après) Construites à partir de matériaux manufacturés (planches de medium, parpaings et papier), elles me serviront à proposer ma propre «traduction» de l’écriture Maya et Aztèque. Une traduction sensible, décalée, extatique et insolente qui ne manquera de mettre mal à l’aise les érudits mais qui sera pour le reste de la population un grand moment de joie et de transgression dont cette vieille europe a bien besoin (en plus d’un coup de pied au cul). Pour l’occasion je troquerai mon statut d’artiste pour celui d’Ethnographe (vous noterez le «E» majuscule).


Explication technique du passage de l’écriture hiéroglyphique à celle hiératique (c’est une petite simplification visuelle somme toute)

Présentation du codex

Hiéroglyphes (égyptiens pour le coup)

Mélange d’écriture hiératique et démotique sur une page du codex


La fameuse pierre de Rosette (état original possible à l’époque)

La fameuse pierre de Rosette (état original)

CROQUIS EXPLICATIFS Le principe de la pierre de Rosette est de présenter sur une même structure le même texte, traduit dans trois formes différentes : hiéroglyphique égyptien, hiératique égyptien et grec démotique. L’idée de mon projet sera de concevoir une «structure de Rosette 2.0». Avec une reproduction des glyphes aztèques et maya sur une face, une traduction personnelle de ces mêmes glyphes sur une autre face, une sorte de symbiose et de confrontation avec une représentation occidentale sur la troisième, la dernière face étant un espace de liberté totale et de digression scribique, comme un tableau de classe laissé à des étudiants sous stéroïde. Deux structures: une de bois de 244 cm de haut et 122cm de large; et une de parpaing de 250cm de haut et 125 cm de large. Et ce afin d’appréhender deux espaces disctincts, l’un plus proche du mobilier et l’autre de l’architecture.

WAHOU, ça déboite!

parpaing

planche de mélaminé


SUITE DU PROJET annexe

La présentation des codexs est en accordéon, façon lepporello, sur lequel sont dessinés des sujets allant de la manière dont se déroule l’éducation des enfants jusqu’au déroulement des sacrifices humains. L’annexe au projet de «la pierre de Rosette 2.0» serait de reproduire, en actualisant, cette idée inhérente aux codexs: c’est à dire de détailler des scènes de vies quotidiennes et des explications sur le déroulement sociétal global, ou encore de rapporter la narration mythologique de leurs nations. L’idée étant d’utiliser de grands rouleaux de papier que je plierai en accordéon et sur lesquels je parlerai de nos vies, nos sociétés ainsi que de nos super-héros et de notre dieu Argent, qui gouverne le monde aujourd’hui. Laissant, comme eux, la place à la réalité la plus triviale mais faisant de la mythologie un axe central.


MOYENS TECHNIQUES / BUDGET PREVISIONNEL pour la mise en oeuvre du projet :

- Billets d’avion aller-retour France / Mexique : - Visas, assurances et autres : - Location d’un logement-atelier pour 3 mois : - Frais de déplacements et de visites sur place : - Nourritures diverses (mais de qualité) : - Matériel de travail sur place : - Achat de livres sur le sujet :

2247 euros 1100 euros 4452 euros 1451 euros 3622 euros 756 euros 524 euros

A mon retour pour le projet en lui-même : - 4 planches mélaminé brut (244 x122 x 3 cm) : - 120 parpaings (25 x 20 x 50 cm) : - Rouleau papier 310g (128 x 1000 cm) : - Pinceaux, craies, crayons, encres : - Aides techniques faisabilité (montage, assemblage, innovation...) : - Drogues diverses (facultatif/cette somme peut être utilisée pour ma promotion)

TOTAL PS : je suis prêt à rogner sur la nourriture pour la production et la promotion

175 euros 357 euros 116 euros 256 euros 2200 euros 2744 euros

20 000 euros


PRESENTATION

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DES

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2012/2013

TRAVAUX

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Grandes planches d’histoires naturellement subjectives, 110 x 70 cm, Crayons de couleur et pastel à la cire sur impression papier, 2013


Grandes planches d’histoires naturellement subjectives, 110 x 70 cm, Crayons de couleur et pastel à la cire sur impression papier, 2013


Grandes planches d’histoires naturellement subjectives, 110 x 70 cm, Crayons de couleur et pastel à la cire sur impression papier, 2013


Grandes planches d’histoires naturellement subjectives, 110 x 70 cm, Crayons de couleur et pastel à la cire sur impression papier, 2013


Grandes planches d’histoires naturellement subjectives, 110 x 70 cm, Crayons de couleur et pastel à la cire sur impression papier, 2013


Grandes planches d’histoires naturellement subjectives, 110 x 70 cm, Crayons de couleur et pastel à la cire sur impression papier, 2013


P

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Grandes planches d’histoires naturellement bipolaires, 122 x 80 cm, Crayons de couleur et encre de chine sur papier, 2013


S T Y L O M M A T O P H O R A

Grandes planches d’histoires naturellement bipolaires, 122 x 80 cm, Crayons de couleur et encre de chine sur papier, 2013


C A N I S L U P U S

Moyennes planches d’histoires naturellement bipolaires, 50 x 65 cm, Crayons de couleur et encre de chine sur papier, 2013


C A N I S L U P U S

Moyennes planches d’histoires naturellement bipolaires, 50 x 65 cm, Crayons de couleur et encre de chine sur papier, 2013


C

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Moyennes planches d’histoires naturellement bipolaires, 50 x 65 cm, Crayons de couleur et encre de chine sur papier, 2013


C

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Moyennes planches d’histoires naturellement bipolaires, 50 x 65 cm, Crayons de couleur et encre de chine sur papier, 2013


Grandes planches d’histoires naturellement compliquÊes, 80 x 122 cm, technique mixte sur papier, 2013


Grandes planches d’histoires naturellement compliquÊes, 80 x 122 cm, technique mixte sur papier, 2013


Grandes planches d’histoires naturellement compliquÊes, 80 x 122 cm, technique mixte sur papier, 2013


Grandes planches d’histoires naturellement compliquÊes, 80 x 122 cm, technique mixte sur papier, 2013


Grandes planches d’histoires naturellement compliquÊes, 80 x 122 cm, technique mixte sur papier, 2013


Grandes planches d’histoires naturellement compliquÊes, 80 x 122 cm, technique mixte sur papier, 2013


Petites planches d’histoires naturellement boufonnÊes, 42 x 30 cm, technique mixte sur impression papier, 2013


Petites planches d’histoires naturellement boufonnÊes, 42 x 30 cm, technique mixte sur impression papier, 2013


TEXTE DE PRESENTATION «Sans règle encore, sans compromis, sans appliquer de loi, dessin qui est allusion plutôt que description… et jeu.»

Henri Michaux – Les Commencements (1983).

Adrien Vermont dessine le monde vivant. Sur le motif, directement. Il dessine les êtres humains de manière impudique, violente et cruelle. Il dessine les chats, attitudes par attitudes, leurs mouvements, leurs expressions, leurs regards. Il scrute l’intérieur comme l’extérieur pour en dégager une expressivité intense et désarmante. Pendant trois années (2010-2013), il a choisi de s’isoler pour non seulement étudier la figure animale, mais aussi pour se retrouver grâce à un travail de désapprentissage. Il s’agissait alors de produire un retour vers un trait libéré des jugements, des injonctions et des attentes du monde adulte. L’étude du dessin d’enfant lui est apparue comme une porte ouverte sur son propre imaginaire jusqu’ici réprimé. Il s’est ainsi penché sur les outils, les couleurs, les formes et les styles déployés par les enfants. Une recherche qui l’a porté vers ce qu’Henri Michaux nomme la « joie gestuelle désordonnée ». Il ne s’agit en aucun cas d’une régression, bien au contraire, ce retour à la « joie » entremêle une liberté, une innocence, une énergie, une spontanéité et une confiance sans borne jusqu’ici enfouie. Autant d’atouts que l’artiste recherchait pour construire sa propre expression. La boite de pandore est désormais ouverte. La figure animale devient un espace de projections infinies où toutes les transgressions sont permises. Armé de crayons de couleurs, de pastels et de stylobilles, Adrien Vermont procède à la mise en œuvre d’un rayonnement de la présence animale. En poursuivant la « coexistence du vu et du conçu », il brouille les pistes et repousse les limites. Pour cela, il s’approprie les planches de l’ouvrage d’histoire naturelle de Conrad Gesner (Historia Animalium – 1551-1558). L’artiste conserve les notices écrites et substitue les représentations animales originales au profit des siennes  : délirantes, subversives, bavardes, ironiques et jubilatoires. Aux modèles et aux vérités imposées par le corps scientifique, il préfère leur apporter de nouvelles réalités. Une remise en doute est formulée : l’identité animale est mise en avant au détriment d’une représentation universelle et conformée. Ainsi nous découvrons une autruche aux yeux hallucinés, un cheval enflammé, un castor hérissé, une limace Ninja ou un caniche électrisé. Les attitudes et les expressions sont excessives, prolixes et extrêmement vivantes. Adrien Vermont s’attache alors à représenter l’animal dans toute sa vérité : son enveloppe extérieure et son identité telle que l’artiste souhaite la concevoir. Son trait est guidé par la subjectivité et le pouvoir évocateur des animaux étudiés. Ils sont accompagnés de légendes commentées, formulées au moyen d’un langage fleuri qui apparaît en total décalage avec la fonction première de l’ouvrage de type encyclopédique. Des mots qui, comme le dessin d’enfant, possèdent une spontanéité, une couleur, une énergie et un franc parlé qui détonnent par rapport au territoire policé et lissé des sciences prétendument exactes. Un territoire balisé dont l’artiste fait exploser les cadres et les normes pour faire place à l’imaginaire et à l’impertinence. Adrien Vermont mixe sans complexe et sans compromis les antipodes pour générer un dessin généreux, inédit et audacieux. Ses dessins affichent une défiance face à toute forme d’autorité. Contre la normalisation, il propose la libération des formes, de la couleur et des mots. Une perspective radicale nourrie par les pratiques de Jean-Michel Basquiat, d’Alberto Giacometti, de Pablo Picasso, de Maurizio Cattelan ou encore de Thomas Grunfeld dont les empreintes sont palpables. De cet héritage placé entre la déconstruction et l’absurde, il garde une idée de l’authenticité du trait et une volonté de décloisonner la représentation et la tradition pour leur apporter une candeur, une insolence et une sincérité. Des adjectifs simples et puissants qui manquent trop souvent à la création actuelle. Julie Crenn


BIOGRAPHIE 2014 «Paysages d’aujourd’hui», exposition collective CAB, Bruxelles, Belgique «Je hais les couples, III», exposition collective Galerie Valérie Bach, Bruxelles, Belgique 2013 «Teken», état des lieux du dessin contemporain France/Belgique Curators : Julie Crenn, Rohan Graeffly, Jan Colle Entrepôt Fictief, Gand, Belgique 2012 «Steaks, drawings and other stories», duo show Musée d’art contemporain de Madeire, Portugal 2011 Lauréat du 3ème Prix de dessin David Weill, Paris 2010 «Trait pour trait», exposition collective de dessin Beyrouth, Liban «Première», exposition personnelle CAES, Ris-Orangis 2009 «Cheval de Troie», exposition collective CAES, Ris-Orangis Slick dessin, foire d’art contemporain, Paris Prix Marin peinture et dessin, Arcueil Lauréat du Prix de dessin David Weill, Paris 2008 Slick, foire d'art contemporain, Paris "3 jeunes artistes", exposition collective, galerie Traffic, Paris "Figuration de l'imaginaire", exposition collective galerie Saavedra, Barcelone "Sans Titre", exposition collective, CAES, Ris-Orangis Obtention du DNSAP des Beaux-Arts de Paris 2003 Entrée aux Beaux-Arts de Paris 1981 Naissance le 20 juin à Ivry sur Seine


DECLARATION D’ENGAGEMENT

Je, Adrien Vermont, m’engage sur l’honneur à respecter le réglement, à participer à l’exposition organisée autour de mon travail si je suis Lauréat; à réaliser le projet artistique tel que décrit dans mon dossier de candidature; à céder à titre gratuit une oeuvre réalisée dans le cadre du projet susvisé à SAM Art Projects si je suis Lauréat; et, évidemment, j’atteste sur l’honneur être le seul et unique auteur des oeuvres que je vous soumets dans le dossier ci-présent.


M A S T R A ORP CEJ T 02 31


Samartproject