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Schmid Simon 4a ensnp

VOYAGE D ’E T U D E .

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Région méditerranéenne - 09/2006


Agava americana


S OMM A IRE . p.07 p.17 p.25 p.29 p.37 p.41 p.42 p.52 p.57 p.71 p.74 p.77 p.89 p.92 p.105

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Contexte Les serres de la madone L’arboretum des cèdres Les plantes carnivores La parc Phoenix Le jardin de Thuret Les palmiers Le chaparral californien La bambouseraie Les bambous Les bambous en architecture L’esterel Jardin botanique de hanbury Les tratégies d’adaptation à la secheresse Conclusion


I NTRO DUCTI O N

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Ce voyage d’étude de 6 jours en début de quatrième année aura été un séjour enrichissant tant au niveau des connaissances botaniques que urbanistiques ou paysagères. Le but premier étant la découverte de la flore méditerranéenne nous avons consacré la plupart de notre temps à la visite de jardins tous plus intéréssants les uns que les autres, certains pour la diversité floristique, d’autres pour leur leur riche passé historique, leur composition où encore leur exotisme. Nous avons aussi eu l’opportunité de visiter un massif forestier méditerranéen et de nous confronter aux problématiques de la gestion de ces milieux. Les nombreux déplacements sur la zone ont permis une approche plus globale du territoire méditerranéen et nous ont ouvert les yeux sur les diverses composantes de ce paysage tant au niveau historique, social, géographique, architectural et urbanistique. Ce carnet propose donc une synthèse de ce voyage avec un intérêt particulier pour l’histoire des différents jardins qui seront bien entendu replacés dans leur contexte dont nous ne pourrons pas faire abstraction. En parallèle, différentes thématiques botaniques seront abordées ,en allant des plantes carnivores jusqu’aux stratégies d’adaptation de la flore aux milieux secs, en passant par l’étude des palmiers, des bambous ou du chaparral californien.


Localisation des différents lieux visités 66

SS20

5 D2

N2 04

La Mortola Menton

ALPES MARITIMES N2

02

A8

A8 A8

MER MEDITERRANNE

NICE

A8

A8

Massif de lʼesterel

A8

Antibes Cannes

St Jean Cap Ferrat


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CONTEXTE


L A R E G ION : PAC A - P rove nce alpes cô t e d’ azur

La région méditerranéenne a d’abord été habitée par les colonisateurs grecs venus de Phocée. L’intérêt pour la vie maritime favorise les échanges avec les pays du bassin méditerranéen. Le port de Marseille devient avec la colonisation le premier port de France pour les liaisons impériales. Le déclin du colonialisme aura de fortes répercussions sur l’économie locale qui avait basé ses activités sur ces échanges. La région devient ensuite terre d’accueil pour de nombreux Français d’Indochine et du Magreb. Le climat original crée des paysages spécifiques inconnus dans le reste de la France, et permet une forte spécification des cultures avec des plantes tels la vigne ou l’olivier. Ce climat et ce paysage qui ont attiré les premiers visiteurs anglais hivernant sont encore aujourd’hui un facteur d’attraction fort. Ici plus qu’ailleurs, c’est le paysage, la géographie et le climat qui explique l’économie et la configuration du territoire. Nous allons étudier sommairement ces interdépendances en abordant point par point les diverses composantes de ce paysage.

L e cl i ma t

La répartition du climat méditerranéen est déterminée par le relief. Lorsque les montagnes sont proches, la zone méditerranéenne se limite à une étroite lanière le long de la côte et lorsque rien ne fait obstacle l’expansion est alors possible vers l’intérieur du pays (Vallée du Rhone, Durance) . Le climat à Nice La luminosité exceptionnelle a depuis toujours été un pôle d’attraction pour les peintres et touristes de tout genre qui veulent profiter des 2500 heures d’ensoleillement annuelles sur le littoral. Le climat est caractéristique pour la douceur des hivers surtout sur la Côte d’Azur. Mis à part certaines zones spécifiques, le gel n’est cependant pas exclu (moins de 20 jours par ans sur la côte d’azur) ; - 5 à -7 sont familiers par mistral hivernal dans les plaines du Vaucluse. Les étés ardents et secs ont pendant longtemps été un facteur de rejet par les touristes. Il a fallu attendre l’après-guerre pour que les mentalités changent et se vouent au


culte du soleil. Le littoral échappe à ces chaleurs torrides grâce à la brise de mer. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les précipitations dans le bassin méditerranéen sont fortes, on recense environ 800 mm par an. En été, la sécheresse est nettement marquée : juin, juillet et août reçoivent entre 9 et 15 % du total annuel des précipitations sous forme de violents orages. Même le littoral connaît moins de 50 jours de pluie, le reste de la Région moins de 100. Nice et Marseille reçoivent des quantités respectivement voisines de celles de Brest et de Paris, mais sur très peu de jours ; les précipitations sont donc d’une grande violence. Ce climat proche de ce que l’on peut trouver dans certaines zones tropicales a profité à l’introduction de nombreuses espèces. La sécheresse estivale engendre 6 à 8 semaines de beau temps . L’héliotropisme semble donc l’explication d’une attraction sur la population qui se joue de l’atonie du marché du travail.

L a po p u la tio n

L’héliotropisme dope à la fois le marché du tourisme et l’arrivée de population à long terme. La région qui est connue pour les débuts du tourisme avec la jet set anglaise est restée un point fort de la région qui a su diversifier les équipements et les services. On peut par exemple noter les stations de ski dans le nord-est de la région. Ce secteur d’activité certes saisonnier génère un grand nombre d’emploi qui contribue à la domination du tertiaire. Cependant, ce n’est pas le marché du travail qui explique la croissance démographique exceptionnelle. L’héliotropisme en est le grand responsable. Une arrivée massive de population qui veut habiter en proximité de la mer cause de nombreux problèmes. On note une répartition de la population très contrastée. L’arrière-pays et déserté par les gens qui viennent s’entasser sur la côte. Les conséquences sur l’urbanisation en sont désastreuses. La réaction rapide et non réfléchie a poussé à la construction massive sur le front de mer qui a complètement défiguré ce paysage à fort caractère. On note un grand nombre d’immigrés dans la région. La réaction face à cet afflux de population n’a pas été complètement efficace. Le taux de chômage reste encore aujourd’hui élevé malgré la création de nombreux emplois grâce aux technopoles comme Sophia Antipolis.

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La g é o g rap h i e La répartition inégale sur le territoire avec la concentration des activités et de la population sur le front de mer s’explique aussi par la géographie. La proximité du massif alpin impose de grandes contraintes de relief. On note quelques plaines et vallées qui très vite laissent place à des pentes escarpées et difficilement exploitables. Par exemple dans les préalpes niçoises, les crêtes plongent littéralement dans la mer, d’où des altitudes atteignant 500 m à moins d’un kilomètre du rivage. Le milieu naturel impose donc aux flux, l’emprunt des rares axes de circulation aisée. Les montagnes constituaient un réservoir d’homme avant d’être une réserve d’eau qui a permis la croissance économique et démographique du littoral et des plaines. On note par exemple une densité de population de 359 hab/km2 sur les marges littorales et rhodaniennes alors que les étendues de l’intérieur offrent une densité de l’ordre de 20 h/km2. Encore une fois, on s’aperçoit que le paysage actuel est étroitement lié aux caractéristiques morphologiques du territoire.

L’exe m p le d e Mo n a c o

La Principauté de Monaco est, avec une superficie de 1,95 km?, après le Vatican, le second pays le plus petit du monde. Située au bord de la mer Méditerranée, enclavée dans le territoire de la France et proche de l’Italie, Monaco est aussi le pays le plus densément peuplé au monde en 2004. Cet exemple « caricaturé » permet de comprendre le pourquoi de l’urbanisation anarchique actuelle sur le littoral. D’une part, le relief avoisinant limite le développement et oblige les activités à se concentrer en un point unique. D’autre part, le littoral représente une attraction forte, Monaco est une

La principauté de monaco


destination prisée par les touristes qui viennent pour les nombreuses manifestations sportives ou culturelles et le climat agréable. De plus la situation économique de Monaco, paradis fiscal est alléchante. Ce phénomène d’héliotropisme est généralisé sur la côte d’azur avec une population se concentrant sur le littoral. La morphologie du territoire et les conditions climatiques ont donc influé fortement sur l’occupation des sols. L’urbanisation répulsive qui en résulté est de faible qualité. Pour faire face aux afflux massifs on s’est précipité dans une politique de construction démesurée sans réfléchir aux conséquences avenirs. L’urbanisation massive et anarchique avec avec des constructions en hauteurs offre aujourd’hui des complexes complètement déconnectés des espaces qui leurs servent de cadre et vient renforcer les contrastes marqués du relief avec l’horizontalité de la mer et les pentes escarpées des coteaux..

L a vé g é t a tio n La baie des Anges à Nice

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La végétation méditerranéenne est source de dépaysement : les arbres à feuilles persistantes changent des forêts caduques septentrionales. La forêt claire à dominante de pins d’Alep sur sol calcaire, chênes verts ou liège sur sol siliceux, n’offre pas de belles futaies; dès 350 mètres, le chêne pubescent à feuilles caduques se mêle aux autres espèces. Le taux de boisement de la région est très élevé (38%), le var étant le département le plus boisé de France. Ce taux ne cesse d’augmenter malgré les incendies qui ravagent en moyenne 13 500 hectares par an. L’entretien insuffisant de ces espaces boisé provoque une dégradation du milieu qui conduit sur sols siliceux au maquis, formation dense de buissons et d’arbustes odorants (lentisque, arbousier, ciste, bruyère), sur sols calcaires à la garrigue constituée de touffes de chênes kermès, de genets épineux et de térébinthe. Il faut savoir que dans bien des endroits cette végétation endémique a été transformée par l’homme qui pour le plaisir des yeux acclimate toute sorte de plantes venant des quatre coins du globe. Le climat se porte bien à l’introduction de plantes


exotiques. Le paysage s’en retrouve alors complètement transfiguré avec une végétation somptueuse qui se développe : palmiers, mimosas, orangers, citronnier, bougainvilliers prennent place dans les jardins et les villes. . Dans le reste de la Provence, on voit apparaître de nouvelles cultures, telles la vigne, les vergers, les oliveraies, les amandiers qui de nos jours créent des paysages où les espaces cultivés sont souvent entrecoupés d’espaces naturels. Le mage que l’on se fait du paysage méditerranéen est donc une vision qui n’a rien d’autochtone. La plupart des plantes que l’on associe au paysage méditerranéen sont des plantes exotiques que leur omniprésence a “naturalisées ”: le cyprès venu de Perse, le platane d’Asie Mineure, les agrumes de Chine sont devenus des repères essentiels. L’exemple parfait est certainement le palmier qui depuis le 19° siècle a envahi la Riviera. Cette plante complètement exotique modèle maintenant les paysages de la Côte d’Azur. (Voir photo ancienne avec plantation de jeunes palmiers sur la promenade des anglais). Ce sont les Anglais passionnés de jardin qui sont à l’origine de cette mutation. Ne pouvant pas se lancer dans la collection de plante dans leur pays natal ils viennent s’installer dans le sud de la France où ils trouvent un climat propice. L’introduction de palmiers commence, et s’épanouit dans les riches propriétés de la jet set anglaise. Petit à petit, le palmier perd de son prestige, par des voies détournées, il commence à s’introduire dans le jardin de monsieur Tout-le-Monde puis dans les villes. Aujourd’hui cet élément étranger est emblématique de la Côte d’Azur. Aire de répartition de l’olivier en méditéranée Pour finir cette mise en contexte, on peut dire que le paysage méditerranéen est un paysage importé résultant de la réunion d’éléments indigènes. Cette zone méditerranéenne a une identité forte grâce à son relief marqué et son occupation du territoire qui en font un lieu unique. Si on considère que la végétation est le principal marqueur du paysage méditerranéen, on peut se questionner sur les limites de cette zone. La réponse n’est pas simple, il est difficile de vraiment délimiter la zone, cependant on considère que l’aire de répartition de l’olivier, arbre emblématique du bassin est une bonne démarcation.


volet traditionnel en bois

L a v i l l e d e N ic e

Les lieux visités prévus pendant le voyage se trouvaient tous dans les pourtours de Nice. La ville s’est donc imposée comme lieu de villégiature le mieux adapté ! Située au fond de la baie des anges, abritée par un amphithéâtre de colline, la ville de Nice est située en bord de mer, dans l’étroite cuvette montagneuse appuyée par le massif du mercantour, elle-même limitée à l’ouest par la vallée du var et à l’est par le mont Boron. Nice est la cinquième ville de France et le pôle d’une aire urbaine de 933 080 habitants. C’est une ville dynamique dopée par le tourisme et son côté Jet set. En effet, Nice est la seconde destination touristique après Paris. L’aéroport de la ville est le deuxième de France en terme de fréquentation. La ville est en outre réputée pour sa vielle ville, le cours Saleya qui abrite marchés et restaurants, l’hôtel victoria où habitat matisse, et bien sûr la fameuse promenade des Anglais qui s’étend de l’aéroport au théâtre de verdure.

Promenade des anglais

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la baie des anges


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VISITES


Le carré des quatre platane ou Johnson à cherché à reproduire une ambiance méditéranéenne


LES SERRES DE L A MADONE

I n t ro d u ction

La richesse botanique des jardins utilisés a permis la découverte d’un grand nombre d’espèces, trop d’espèces pour toutes les répertorier dans ce carnet de bord. Au fils de la découverte des divers jardins, je propose donc une focalisation sur quelques thématiques qui m’intéressent particulièrement. Nous verrons par exemple l’adaptation des plantes à certaines conditions climatiques extrême comme le feu ou là chaleur, le cas des plantes carnivore, l’étude du milieu forestier méditerranéen et la présentation succincte de la formation végétale californienne. Le volet historique sera important dans ce carnet et plus particulièrement dans le cas des serres de la Madone.

L e j a rdi n

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Le jardin des serres de la Madone crée par le Major anglais Lowrence Johnston est une des perles de la côte d’azur. L’intérêt de ce jardin n’est pas tant son étonnante collection botanique, mais plutôt la riche histoire qui a accompagné le jardin jusque à aujourd’hui et la qualité de sa composition. En effet, ce jardin merveilleusement bien restauré se marie parfaitement avec son environnement. Le jardin se vit comme une continuité du bâti, comme si le jardin était une chambre supplémentaire. Le jardin lui-même se marie parfaitement dans le paysage avec sa composition en terrasse s’accrochant délicatement sur les flancs des montagnes de l’étroit val de Gorbio à l’ouest de Menton. Le jardin bénéficie d’un climat exceptionnel. Situé à deux kilomètres de la mer ce site presque fermé, ne craint ni les vents ni les embruns, et reste hors gel l’hiver. Serre de la Madone s’étend sur six hectares et demi entre 60 et 150 mètres d’altitude. Le bas de la propriété est jardiné et le haut est constitué d’une forêt, Jonhson à tenté de préserver cet enchevêtrement de maquis et de culture en terrasses que l’on peut retrouver dans le paysage agraire traditionnel.


L’ hist or iq ue

Le jardin fut créé en 1925 par le milliardaire anglais Lawrence Johnson qui a consacré sa vie à sa passion : la création de jardin. Le jardin de Menton était d’abord une résidence secondaire que le major Johnson occupait d’octobre à avril. Son domaine d’été était celui de Hidcote, au sud de l’Angleterre. Un domaine qui est devenu un modèle régné du style horticole anglais. Ouvert au public grâce au National trust, Hicote génère chaque année des milliers d’entrées.. Le major avec son oeil affûté de paysagiste considère le jardin comme une prolongation de sa maison. Lorsqu’il arrive à menton en 1920, il découvre cette vallée au climat idéal. Cette vallée alors à 80% agricole est le lieu idéal pour s’assouvir à sa passion : la collection de plantes exotiques. Le jardin s’établit dans la Valée avec l’achat de 10 parcelles agricole et 20 personnes employées. En aucun cas Johnson ne cherche à renier le passé agricole de la vallée, il cherche à intégrér son jardin dans le paysage méditerranéen grâce à la conservation de la structure en terrasse et la volonté d’utiliser la végétation endémique (platanes, oliviers....) Pendant la construction, Johnson voyage, et au fur et à mesure de ses découvertes botaniques, expédie les plantes par conteneur en France. Le major profite aussi de ses nombreuses relations pour échanger des plantes et compléter sa collection. Le jardin atteint alors son apogée avant les débuts de la


Seconde Guerre mondiale. Pendant la guerre, deux occupations allemandes firent de nombreux dégâts. En 1945, Johnson tombe malade, il ne peut plus assumer ses deux jardins en même temps. Hidcote est légué au national trust et le major vient s’installer définitivement à Menton. Johnson travaille alors à l’amélioration de sa propriété avec l’aide de jardins amis, mais sa maladie s’aggrave inexorablement. Ce sont les années tristes. En 1952 un glissement de terrain endommage une grande partie de la propriété et en 1956 s’ajoute un gel néfaste. Johnson meurt en 1958 à Serre de la madone. Liée d’amitié avec une paysagiste de talent, Norah Lindsay, Johnson a décidé de léguer le jardin à la fille de son amie qui comme sa mère est également paysagiste et botaniste. L’héritière n’ayant pas les moyens d’assumer la propriété, la propriété est laissée à l’abandon puis vendue. En 1967, le jardin est racheté par un compte suisse qui fait du jardin un lieu de villégiature pour la jet set de passage. Mais très vite il s’en désintéresse, le jardin tombe à l’abandon de 1975 à 1986. En 1986, la forte pression immobilière menace le jardin. Les voisins alertent alors les autorités et paysagistes afin de sauver ce riche patrimoine. La propriété bénéficie alors d’un classement au monument historique, c’est le premier classement pour un jardin. Il faut cependant attendre 9 ans pour que le conservatoire du littoral rachète le domaine. Gille clément est appelé à la rescousse pour aider à mettre en place un projet de sauvegarde avec une réouverture du jardin au public. Le but étant de faire découvrir ce lieu féerique à la population sans tout de même tomber dans l’excès du tourisme de masse. Gille Clément disait:” On vient pour apprécier la combinaison heureuse issue des dimensions propres aux espaces et des manières de l’occuper ” . Une limitation du nombre des visiteurs, et une location possible du domaine pour diverses manifestations permettra une préservation de la qualité de l’espace et une utilisation raisonnée et intime comme Johnson l’a imaginé.

L a re s t au ra tio n d u ja rd in é tudiée à tra vers les diverses com posant es

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Le jardin des serres de la Madone crée par le Major anglais Lowrence Johnston est une des perles de la côte d’azur. L’intérêt de ce jardin provient de sa composition soignée et de son lien fort avec le bâti et le paysage qui l’entourent. On peut aussi apprécier la richesse botanique qui marie végétation endémique et exotique.


Jardins de la serre froide

> Les jardins de la serre froide: Ce bâtiment fermé servait autrefois d’orangerie. Il fut détruit en 1955 suite à la chute d’un eucalyptus. La restauration ne s’est pas traduite par la reconstruction du bâtiment, mais une replantation de la zone en suivant le plan de plantation mental issu des souvenirs de la voisine. On y trouve un mélange de plantes locales et exotiques comme l’hémérocalle ou l’iris du Japon.

> Le jardin d’ombre: Différentes ambiances furent créées par Johnson. . Les mouvements de terre ont permis de retrouver les traces d’anciennes constructions qui furent remises en valeur. Le jardin des serres de la madone est le premier jardin restauré par les monuments historiques. Il a fallu faire un choix de gestion: soit une restauration fidèle ce qui signifiait un remplacement de la végétation par celle plantée par le major, ou une restauration avec un travail sur l’existant et le respect de son travail. La deuxième solution s’est avérée être la plus intelligente. Ce jardin d’ombre contient notamment un Podocarpus falcatus qui s’avère être le plus grand sujet de France.

> Le jardin de la pergola: Cette partie du jardin a subi un jardinage archéologique pendant 3 années afin de redécouvrir les structures du jardin. Il s’est ensuite posé le problème de la replantation. Suite à la réunion d’un comité de paysagiste conseillé par des jardiniers et botanistes, il fut mis en place une plantation planifiée et suivie grâce à un plan de plantation . La végétation est donc parfaitement inventoriée et répertoriée. On favorise à la fois le côté scientifique et historique. Le mur de soutènement en pierre sèche fut aussi restauré. Ces murs qui structurent tous le jardin et lui donnent son identité jouent un rôle important. D’une part, ils aplanissent le relief et d’autre part ils drainent la parcelle et évite l’eau de stagner en cas de pluies abondantes. Coupe: mur pierre sèches

Jardin de la pergola


Serre chaude plantée d’un ficus elastica

> Le jardin des agrumes : Cette parcelle fut remise en état suite à des gros travaux de terrassement. Le glissement de terrain 1952 a en effet recouvert complètement ces terrasses autrefois plantées d’agrumes. Des fouilles ont permis de retrouver le tracé ancien. Ce jardin à fonction utilitaire rappelle l’aspect agricole de la Valée, et la volonté de Johnson de se fondre dans le paysage. > La serre chaude: Cette serre a été entièrement restaurée pour des raisons de sécurités. La restauration ne fut pas fidèle à l’architecture d’origine. Un ficus elastica sert à masquer la nouvelle structure de métal. On trouve aussi une Aristolochia gigante décorée de son immense fleur. Vue sur le jardin d’eau

> Le jardin d’eau: Juste à côté de la serre, le jardin d’eau est composé d’un grand bassin qui a été reproduit fidèle grâce à des photos anciennes. On a fait l’effort de retrouver les matériaux d’origine bien qu’ils furent difficiles à trouver surtout pour les vases décoratifs. Le bassin aujourd’hui alimenté grâce à un système de pompe fonctionnait grâce à un système complexe de citernes réparties sur le jardin.

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> Le jardin des platanes : Pour Johnson, les palmiers n’ont rien à faire dans le jardin, il a cherché dans ce jardin à reproduire une ambiance typiquement méditerranéenne. On y trouve notamment des platanes répartis autour d’un bassin.


Vue sur la villa principale

> La villa principale : elle a été dessinée par Johnston, et décorée suite à ces voyages successifs. Johnson était un homme passionné et discret qui n’aimait pas se faire montrer. On y accède grâce à une montée italienne. Les premiers travaux devant la villa furent réalisés suivant un article qui parlait une collection de prothéacées sud-africaines. Ces plantes qui demandent peu d’entretien, mais qui sont exigeantes au niveau du sol, ornent maintenant les terrasses situées devant la villa. Sur ces mêmes terrasses, on trouve des rocailles consacrées aux bulbes. > Le patio : on peut considérer se lieu comme une pièce suplémentaiire de la maison le bassin minéral et son accompagnement vévétal crée une harmonie parfaite entre le bati et la partie jardinée.

Le patio et son bassin

> L’oliveraie: cette parcelle autrefois plantée d’olivier rapelle le modèle du jardin d’agrume et sa volonté de se fondre dans le paysage agraire de la vallée. Cette partie du jardin à été considérablement endomagée par les agents imobiliers qui ont coupés la majorité des arbres. Aujourd’hui on retrouve encore le modelé en terrasse et quelques oliviers majestueux.


Diospyros Kaki

Nymphea X

Quercus leucotricophora

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Il est indéniable qu’aujourd’hui les jardins des serres de la madone se démarquent de la plupart des jardins de la Côte d’Azur. La sérénité qui se dégage de ces espaces est le résultat d’une harmonie travaillée entre un jardin sophistiqué, une architecture intégrée et une collection végétale riche et étonnante. Le major a été un des précurseurs dans l’introduction d’espèces exotique dans le jardin. Les magnolias, washingtonias ou podocarpus que l’on trouve dans le jardin sont des sujets impressionnant tant par leur rareté que par leur grandeur. Beaucoup de ces sujets sont uniques en Europe. Johnson a d’un coup de baguette fait de ce lieu un endroit magique. Plus qu’un collectionneur, le Major était un talentueux paysagiste. En ce qui concerne la restauration on peut dire que les objectifs ont été largement atteints, on n’a pas cherché à faire un retour dans le passé, mais plutôt de refaire vivre et évoluer l’âme que Johnson à donné au jardin.


Vue sur le jardin des cèdres


Arbor e tum des cèdr es Situé sur la presqu’île du cap Ferrat, entre Monaco est Nice, l’arboretum des cèdres est la collection botanique privée la plus grande de France et une des plus importante au niveau mondial. Elle recense environ 14000 plantes sur seulement quelques hectares. La commune de St Jean cap ferrat compte une population de 2248 habitants et s’étale sur 248 km. Aujourd’hui, Saint-Jean-Cap-Ferrat est l’un des principaux sites résidentiels de la Côte d’Azur, avec de nombreuses et luxueuses propriétés. convoité par les multimillionnaires du monde entier.

L ‘h i s t o i re d u ja rd in

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La villa, dans le style sarde fut construite en 1830 sur d’anciennes terres agricoles, En 1850, la propriété est acquise par David Désiré Pollonais, dit le «Pacha du cap Ferrat» Il agrandit considérablement la propriété et commença à y faire planter des espèces exotiques comme par l’Araucaria australien (Araucaria Bidwilii). Dans sa villa, il donnait de fastueuses réceptions où se côtoyait la Reine Victoria d’Angleterre, la Reine Amélie du Portugal,le Marajah Doulip-Sing, le Prince Bonaparte ou le Général Grant En 1904, le roi Léopold II de Belgique qui possédait déjà une propriété sur la presqu’île devient le propriétaire des Cèdres C’est d’ailleurs lui qui donne son nom actuel au domaine. En 1909 le roi meurt. Le domaine est alors géré par le gouvernement belge et la villa fait office d’hôpital durant la Grande Guerre. En 921, Le domaine est acquis par Sir Ernest Cassel qui commence de nouveaux aménagements. Mais il décède la même année C’est en 1924 que les Cèdres sont achetés par Alexandre Marnier-lapostolle, créateur du Grand Marnier et grand amateur de plantes rares et exotiques. C’est à lui (il décède en 1928) et surtout à son fils Julien Marnier-Lapostolle que l’on doit l’aspect actuel du Jardin. En 1953, la première serre est construite et la partie «Succulentes» est développée, en 1960 le


jardin compte déjà neuf serres. Finalement, en 1976, la propriété du jardin botanique est transmise à la Société des produits MarnierLapostolle. Aujourd’hui, le jardin occupe à plein temps quatorze jardiniers.

L e j a rdi n

En plus de la collection botanique exubérante, on peut souligner la qualité de la composition qui accompagne certaines parties du jardin. Ci-dessous, un résumé en images:

Le bassin des nénuphars à l’entrée du jardin offre une ambiance très travaillée. Cette pièce d’eau accueille pendant la période estivale la collection de plantes aquatiques. En hivers, ces plantes sont rentrées en serre chauffée pour l’hivernage. On remarque le nénuphar Victoria (Victoria crouziana) ce nénuphar géant dont les feuilles peuvent atteindre 1,8 m de diamètre. On dit qu’il peut soutenir le poids d’un jeune enfant sur sa feuille. (Voir photo ci-contre)

La grande serre tropicale datant de 1971. Elle couvre 450 m2 et haute de 9m. On y trouve une végétation luxuriante avec de nombreuses espèces comme les orchidées, différentes fougères, des hibiscus ou encore l’aristoloche, cette liane tropicale à la floraison magnifique


Le bassin des nénuphars

Les collections de succulentes sont remarquables, on dénombre plusieurs serres dédiées à leur culture.

Les jardins en terrasses avec un promontoire donnant sur la mer. On y trouve notamment des arbres remarquables comme certains palmiers acclimatés dans le jardin.

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La serre aquatique qui sert à stocker les plantes du bassin pendant l’hiver. On y trouve une graminée aquatique rare nommée Hygrorisa aristata ( voir photo ci-contre)


Floraison d’aristoloche, Aristolochia elegans


Cette brève description donne un aperçu sur la diversité immense des plantes présentes dans le jardin. Il serait absolument impossible de parler de tout. J’ai donc choisi d’aborder plus en détail la serre des plantes carnivores. Ce sont en effet des plantes qui m’intriguaient et que j’ai souhaité développer plus en détail.

L e s pl an t e s ca r n ivo re s

Les plantes carnivores ont un type d’adaptation différent du monde végétal habituel. Ces plantes sont capables de développer des formes exceptionnelles parfois accompagnées de mouvement extrêmement rapide et de systèmes de nutrition particuliers. Pendant longtemps, ces plantes étaient considérées comme mystérieuses, spectaculaires et dangereuses par le public. À ce titre, certains films de science-fiction on profité de cette perception pour en faire des représentations exagérées ! En fait, la taille des pièges des plantes carnivores est en général modeste, une dizaine de centimètres au plus. Côté proies, ces plantes se nourrissent essentiellement d’Insectes, de Mollusques ou d’Araignées. > Milieu de vie

Drosera binata

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Les plantes carnivores vivent en général dans des milieux où la nutrition azotée est difficile comme les sols très acides des tourbières et où d’autres éléments sont en quantité limitée comme les ions phosphates, magnésium, potassium et soufre. Elles développent des systèmes de capture de petits animaux et des systèmes de digestion de leurs proies qui leur permettent notamment un supplément azoté indispensable. Cette adaptation leur permet d’être souvent les seules à coloniser des milieux défavorables aux autres espèces. Les plantes carnivores sont nombreuses. À partir des exemples les plus connus et des espèces observées dans la serre, nous allons essayer de comprendre les différentes méthodes de capture.


Dionea dielsiana

Sarracenia Aflava

Drosea purpurea

Drosera menziesii

Sarracenia leucophylla

Dionea “Royal red”


> Les méthodes de capture LA DROSERA

Il existe 80 à 110 espèces de Drosera localisées principalement dans l’hémisphère Sud. La moitié des espèces vit dans le sud-ouest de l’Australie. Il existe en Europe trois espèces de Drosera. Ces dernières présentent une rosette de feuilles colorées. Souvent ces espèces sont peu visibles, car elles se trouvent mélangées à des Éricacées sombres ou à des Sphaignes rougeâtres. Les Droseras françaises sont des espèces protégées. Les poils de Drosera sécrètent un mucilage. Il est collant, et bouche l’entrée des trachées des insectes qui sont asphyxiés. Ces deux propriétés contribuent à immobiliser ces proies. Ensuite, les poils se recourbent vers la proie et la feuille se replie. Des glandes situées sur la surface de la feuille secrètent alors des enzymes digestives qui petit à petit vont dégrader les protéines de la proie, mais non la carapace chitineuse des insectes. Les petites molécules azotées obtenues (acides aminés, ...) seront absorbées par les cellules superficielles et constitueront un supplément nutritionnel, principalement azoté, pour la plante. La drosera utilise donc à la fois des propriétés mécaniques et chimiques pour capter et digérer sa proie.

Les feuilles sont recouvertes de poils terminés par une sécrétion de mucilage collant

détail de complexité à l’extrémité du poil

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Drosea purpurea


LES SARRACENIA

Sarracenia Aflava

Les Sarracenias forment des urnes allongées, verticales qui partent du sol. Le genre Sarracenia compte huit espèces, vivant à l’est et au nord de l’Amérique du Nord, principalement dans la région centrée sur la Floride. Une espèce, Sarracenia purpura, très souvent cultivée, s’est naturalisée en Irlande et en Suisse. Les poils de Drosera sécrètent un mucilage. Il est collant, et bouche l’entrée des trachées des insectes qui sont asphyxiés. Ces deux propriétés contribuent à immobiliser ces proies. Ensuite les poils se recourbent vers la proie et la feuille se replie. Des glandes situées sur la surface de la feuille secrètent alors des enzymes digestives qui petit à petit vont dégrader les protéines de la proie, mais non la carapace chitineuse des insectes. Les petites molécules azotées obtenues (acides aminés,...) seront absorbées par les cellules superficielles et constitueront un supplément nutritionnel, principalement azoté, pour la plante. La capture de la proie s’effectue en plusieurs étapes dues à différents types d’attraction des proies : — attraction visuelle : la feuille de Sarracenia flava possède un capuchon qui peut protéger l’urne de la pluie. Ce capuchon joue aussi un rôle d’attracteur visuel pour les insectes ; — attraction gustative : présence sur les deux faces du capuchon de zones nectarifères. La marge du capuchon est marquée par une ligne discontinue de nectar, ainsi qu’a l’intérieur du bord supérieur de l’urne.

.Capuchon et urne de Saracenia vue de dessus

Sarracenia Aflava

Bord lisse de l‘urne qui se rempli de cadavres d’insectes


Attirée près de l’ouverture de l’urne, la proie est susceptible de tomber dans celle-ci. À l’oeil nu, on peut distinguer plusieurs zones internes de l’urne : — une zone cireuse sur laquelle les insectes attirés glissent — une zone de poils dirigés vers le bas qui empêche la remontée des insectes — une partie inférieure lisse dans laquelle les cadavres d’insectes s’accumulent

Sarracenia Aflava

LES DIONAEA

Le genre Dionaea comprend une espèce unique Dionaea muscipula Ellis. Sa répartition est limitée à l’Amérique du Nord, dans la seule région à la limite du sud de la Caroline du Nord et du nord de la Caroline du Sud. Cette espèce est en régression. Elle pousse sur des sols pauvres en sels minéraux, ou l’eau est généralement accessible aux racines. Comme de nombreuses plantes carnivores, elle supporte mal la concurrence. En revanche, elle se développe bien sûr des sols soumis à des feux fréquents. Le piège ressemble à une paire de mâchoires garnies de dents. Le développement de ces feuilles est le résultat d’une morphogenèse complexe. Les feuilles s’élargissent à leur extrémité pour se diviser en deux parties. Le piège de la Dionée au repos apparaît comme une paire de mâchoires grandes ouvertes au point d’offrir à la vue une surface horizontale. Il est garni de dents à la périphérie. La nervure médiane semble une charnière autour de la laquelle les mâchoires s’articulent. Sur chacune des mâchoires du piège, 3 poils rigides sont insérés. La base du poil est

Cadavres d’insectes accumulés au fond de l’urne

Dionea

Détail d’une feuille adulte de Dionée ouverte

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constituée de cellules plus souples. Au contact d’une proie, le poil se penche, comprimant les membranes des cellules du pied. Celles-ci émettent un signal électrique. Si l’intervalle de temps entre deux stimulations est plus grand que 20 secondes on peut déclencher néanmoins une fermeture en augmentant le nombre de stimulations. La stimulation modérée d’un seul poil ne suffit pas à engendrer la fermeture du piège. Il faut en quelque sorte une confirmation d’un mouvement pour déclencher la fermeture. On peut imaginer que c’est une protection contre la fermeture à vide du piège. Le piège peut se fermer selon certains en 1/30e de seconde à 3 secondes pour d’autres. La fermeture s’accompagne de changements complexes de forme : - une phase rapide de fermeture qui se traduit par le rapprochement des mâchoires, le croisement des dents de la périphérie du piège. La face supérieure de chaque mâchoire qui était plane devient concave ; - plus lentement, les marges du piège se joignent étroitement. Il se forme une poche pouvant contenir une proie, puis les dents du piège se redressent. Des glandes situées sur la marge du piège secrètent, en présence d’une proie digestible, un mucilage qui fait office de joint d’étanchéité. La présence, notamment d’acide urique émis par la proie, déclenche l’excrétion d’enzymes digestives contenues dans un liquide. Ce dernier est absorbé une fois la digestion finie. Il y a un cycle digestif qui est très différent de l’activité continue de la digestion des plantes à urnes. La réouverture du piège est lente et possible qu’un nombre limité de fois. Elle est due à un phénomène de croissance. L’efficacité du piège est renforcée, comme chez beaucoup de plantes carnivores, par des traits qui une fleur. En particulier les mâchoires possèdent à leur périphérie des glandes à nectar.

Dionea

Détail d’une feuille adulte de dionée fermée

Représentation schématique de la capture d’un insecte par une feuille de dionée. L’insecte se pose sur les mâchoires (à gauche) et touche des poils sensibles. Ceci produit un signal électrique qui déclenche la fermeture brutale du piège (à droite) et l’insecte est capturé


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Myrtillocactus geometrizans


Vue sur la serre du parc phoenix


Par c Phoenix

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Le Parc PHOENIX situé à l’entrée de NICE, s’étend sur 7 hectares. Le jardin avec une première vocation touristique est tout de même appréciable pour son côté botanique. 2500 espèces de plantes, dont certaines réputées rares, y sont répertoriées. La serre tropicale de 7000 m2 et de 25 m de haut, une des plus grandes d’Europe et certainement le point fort du jardin. Sept climats tropicaux y sont mis en scène, on y trouve par exemple une collection de fougères arborescentes, le jardin d’Afrique australe, le jardin de Louisiane, le jardin de Thaïlande, une étonnante collection de palmiers tropicaux et une impressionnante collection d’orchidées. Ces milieux reconstitués assurent la préservation de ce patrimoine végétal et sensibilise sur la protection des milieux naturels tropicaux et neo tropicaux souvent menacés. Bien sûr l’ambiance dans cette serre ne ressemble en rien à ce que l’on peut trouver dans les milieux réels répartis entre les deux tropiques. En Amérique du Sud, ces forêts sont très présentes notamment dans le bassin de l’Amazone et le plateau des Guyanes, elles occupent plus de 5 millions de km soit près d’un tiers du continent. En Amérique centrale, ce biome est observable dans toute la partie sud de la région. En Asie, il y a près de 3,5 millions de km de forêt ombrophile, elles sont dans le SudEst asiatique, à l’exception d’une partie centrale de l’Indochine occupée Répartition de la forêt tropicale par des forêts tropophiles, elles s’étendent de la Chine septentrionale à la Nouvelle-Guinée et laissent parfois la place aux mangroves sur les côtes. Sur la côte ouest de l’Afrique elles couvrent la zone située sur l’équateur, de la Guinée au Gabon puis elles remontent quelque peu le cours du Congo toujours en suivant le parallèle 0°. Sur le littoral est, la forêt tropicale se fait plus rare, elle n’est plus représentée que près du littoral kenyan, proche des mangroves ainsi que sur la côte Est de Madagascar et les îles avoisinantes comme l’île de la Réunion.. Bien que le climat soit plus ou moins reconstitué, les 25 mètres de la serre ne


permettent pas à la végétation de s’épanouir pleinement. En milieu naturel, la canopée culmine en général à 60 m de haut. Le taux d’hygrométrie s’élève à 80 voire 100 %. En ce qui concerne la pluviométrie, les chiffres varient de 6 à 12 mètres de pluie par ans. La forêt est capable de se régénérer en 25 ans. La rotation peut se faire rapidement grâce à une croissance rapide. Bien que ce soit difficilement percevable à notre échelle, la vie d’une foret est un perpétuel chaos. Francis Hallé retranscrit ce phénomène assez bien dans «l’éloge de la plante» où il écrit un passage sur l’échelle de temps des plantes. Il raconte une vision accéléré de l’évolution du milieu. On voit alors le combat des différentes espèces en concurrence et la violence de cette évolution: arbres morts qui s’écrasent sur le sol, figuiers étrangleurs qui étranglent sa proie, les arbres qui explosent comme des feux d’artifice. .. Etc. ces milieux finalement très peu connus encore sont très fragiles. La diversité inestimable de la faune et de la flore est menacée par une gestion humaine non raisonnée des milieux. Tous les ans la forêt perd 180 000 hectares. L’exemple du Madagascar est certainement celui qui nous fait réagir le plus. En effet en quelques années la forêt tropicale dans le pays a complètement disparu suite à une exploitation abusive pratiquée par les grands groupes industriels. Le pays est passé d’une forêt luxuriante à un désert minéral ou seules quelques poches de forêts subsistent. Certains experts disent que les forêts tropicales sur la planète sont complètement menacées dans 25 ans. Même si ce biome est le plus riche et le plus complexe de la planète, le sol de la forêt pluviale n’en reste pas moins fragile, mince et pauvre étant donné que les éléments nutritifs sont captifs de la végétation. Sa dégradation par l’érosion constitue la menace principale pour la forêt. Une mauvaise exploitation comme des coupes à blanc mettent les sols à nu ce qui entraîne un fort lessivage des sols qui finissent par disparaître et entraîner une désertification du milieu. De plus la population à tendance à coloniser les milieux déforestés, la forêt est donc dans l’incapacité de se régénérer. Le milieu tropical est quelque chose de fascinant, a lui seul, cet écosystème contient 70% des espèces végétales connues. On récence une moyenne de 70 genres à l’hectare. Une telle richesse devrait nous interpeller. Il est indéniable que cette forêt joue des rôles importants. On peut citer son importance pour la biodiversité, le cycle de l’eau et son influence sur le climat de la planète, l’ exploitation forestière qui peut être possible, mais raisonnée, la pharmacopée et le stockage de carbone. Il semblerait en effet que la forêt tropicale stocke plus de CO2 qu’elle n’en rejette, et qu’elle serait ainsi un moyen de lutte contre l’effet de serre et le réchauffement du climat. L’intérêt pharmaceutique et à lui seul un élément de poids qui n’est pas à négliger. Les diversités des espèces nous réservent certainement un grand nombre de découvertes pour faire avancer la science.


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Mis à part la serre, le parc phoenix est composés de différents jardins à thèmes, certains endroits se retrouvé transformé en zoo, avec différentes espèces de reptiles ou poissons.. Étonnement ce parc, à première vocation botanique, mais ayant dérivé en parc d’attraction populaire, rencontre un immense succès . L’entrée payante ne semble en rien repousser les visiteurs. Face à la difficulté que rencontrent de nombreux jardins pour subvenir à leur besoin on peut se poser la question sur le denier de nos futurs jardins ! Faut-il les transformer en parc d’attractions pour les sauver ? C’est une solution qui marche, l’exemple de Chaumont l’a prouvé cette année avec le thème «Jouer au jardin». Cette année le jardin transformé en parc d’attractions a enregistré son plus grand nombre d’entrées jamais connu ! En ce qui me concerne, je ne soutiens pas cette solution qui me semble bien trop facile et qui risque de vulgariser et de dégrader ce magnifique et riche patrimoine jardiné que nous tenons entre les mains. Des solutions alternatives existent les jardins des serres de la madone le prouvent . Ce jardin classé au monument historique semble rencontrer un succès important. Petit à petit les gens deviennent plus sensibles, ils prennent conscience qu’au même titre qu’un monument architectural la plante et son environnement sont aussi des monuments naturels qui font partie intégrante de la richesse de notre patrimoine.


Vue sur la pinède et le laboratoire de l’INRA


Jar din de Thur e t

Allée principale du jardin

Le Jardin botanique de thuret situé à Antibe, il s’étend sur 3,5 hectares avec une collection d’arbres et arbustes méditerranéens provenant des quatre coins de la planète. On y trouve notamment une intéressante collection de palmiers que nous étudierons après un paragraphe consacré à l’historique du jardin.

H i s t o r i q ue

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Le jardin fut créé à partir de 1857 par Gustave Thuret (1817-1875), algologue et botaniste, connu pour ses travaux sur la reproduction des algues et leur classification. Gustave Thuret est né à paris dans une famille protestant, afin de fuir le régime en place, la famille s’exile en hollande puis en Angleterre. L’anglais était la langue natale de Gustave et a toute sa vie gardé une sympathie profonde pour l’Angleterre. À côté de ses études de droit, Gustave s’intéresse à la botanique et commence à se lancer dans la collection. Sa carrière diplomatique et ses nombreux voyages à l’étranger l’amènent à se consacrer à l’étude de la flore orientale. En 1840, il publie son premier rapport scientifique. Jusqu’en 1857, Gustave passe une son temps sur la côte atlantique ou il s’adonne à l’étude et l’observation des algues marine et plus particulièrement à la reproduction de celles-ci. En 1955 il résout le complexe problème de la reproduction sexuée des Floridae. En 1857, Mr Thuret délocalise ses recherches à Antibes ou il établit son laboratoire et un jardin botanique devenu célèbre dans le monde scientifique. En collaboration avec Édouard Bornet (1828-1911), il entreprit des essais d’acclimatation de végétaux exotiques qui contribuèrent à la transformation du paysage végétal de la Côte d’Azur.


À sa mort, le parc fut légué à l’État français avec obligation de continuer les recherches botaniques, et l’oeuvre de Thuret fut poursuivie par Charles Naudin (1815-1899), généticien et botaniste, qui introduisit notamment en France le palmier Jubaea chilensis. Plus tard Georges Poireault donna au parc la physionomie qu’il conserve aujourd’hui. En 1927, le jardin fut confié à l’Institut des Recherches Agronomiques qui devint l’INRA en 1946. La villa abrite aujourd’hui l’équipe de Botanique (Unité de Recherche intégrée en Horticultrure ) et diverses équipes de l’UIPMSV (Unité Interaction Plantes Micro-organismes et Santé végétale).

L e s p a l mie rs

Cette partie du document sera consacrée aux palmiers, suite aux observations réalisées au parc Phoenix et au jardin de Thuret nous établerons une clé de détermination permettant la reconnaissance des principales arécacées. La famille des Arecacées comprend environ plus de 2500 espèces réparties en plus de 200 genres, dans les régions tropicales, subtropicales et tempérées chaudes, de l’Afrique aux Amériques et à l’Asie. Ces plantes , à la tige non ramifiée nommée : stipe et surmonté d’un bouquet de feuilles pennées ou palmées, sont considérée comme une emblème des paysages tropicaux. Dans le paysage méditerranéen, ils étaient considérés comme une touche d’exotisme et d’évasion. C’est une famille de plantes généralement arborescentes au bois atypique n’ayant pas de cambium pour assurer une croissance en largeur du tronc, parfois à l’aspect de lianes ou d’arbustes. Les arécacées sont réparties sur toute la zone intertropicale. Seules deux espèces (Phoenix theophrasti, le dattier de Crète, et Chamaerops humilis, le palmier nain ou palmier doum) sont spontanées en Europe. Le palmier n’a pas de tronc, mais un « stipe », une tige remplie de moelle, et n’a pas non plus de branches, mais des palmes. Son inflorescence caractéristique est le spadice. La plante est la fois primitive et évoluée. Elle se fait remarquer pour sa grande capacité d’adaptation à différents milieux. Contrairemnt à ce qu’on pourrait penser, les palmiers poussent également dans des endroits durablement humides, comme les marais, à proximité des mangroves et sur les rives des fleuves. Ils prospèrent également dans les forêts semi-arides et arides de plaines. Dans la cordillère des Andes, on les rencontre encore à 4000


mètres d’altitude. On les trouve aussi dans les oasis, notamment au Sahara. Économiquement parlant, les palmiers sont des plantes parmi les plus utiles dans l’économie agricole des pays des zones tropicales. Toutes les parties de la plante sont employées de manière très variée. Les fruits, noix de coco ou dattes, font partie depuis des millénaires des aliments de base des populations vivant sous les tropiques. Avec le bois des stipes, on fabrique des planchers et des murs, et avec les feuilles on réalise la couverture des maisons. Le palmier est utilisé pour la fabrication de cire de palmier, fibres textiles ou encore la vannerie. Les représentants les plus importants de cette famille sur le plan économique sont les suivants : le cocotier (Cocos), les palmiers à huile ( Elaeis et Orbignya), le palmier dattier (Phoenix), le palmier à raphia, (Raphia), le palmier à bétel (Areca),le palmier à cire (Copernicia), le palmier à ivoire (Phytelephas), le palmier à rotin (Calamus) , les palmiers à sucre (Caryota et Arenga). LES PALMIERS A FEUILLES PENNEES Trachycarpus fortunei

Stype de Trachycarpus fortunei

Ce palmier est originaire de l’est et du centre de la chine . Il supporte un climat rustique avec des hivers froids (-20 °C) et des étés chauds et secs. On le trouve dans les montagnes chinoises jusqu’a 2400 m d’altitude. Il a été cultivé pendant de nombreuses années pour ces fibres qui servaient à la création de cordages.

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Brahea armata

Brahea edulis

Butia capitata

Originaire de Basse-Californie, ce palmier à un stipe large et trapu.Il est hermaphrodite, il donne de longues inflorescences, aux fleurs jaunes, qui émergent des aisselles foliaires.

Ce palmier est originaire de la gaudeloupe, il est caractérisé par sa croissance plutôt rapide et son grand besoin d’eau pendant la période estivale.

Il vient des savanes de faible altitude au sud du Brésil. Ses fruits sont consommés crus ou en gelée. On les macère dans l’alcool pour donner le vin de palmier.


Livistona australis

Nannorrhops ritchieana

Chamaerops humilis est l’une des deux seules espèces de palmiers natifs d’Europe. Il pousse dans des zones sèches, sur des terrains rocailleux ou sableux.

Ce palmier australien n’a pas de jupe. Il supporte mal le calcaire et demande un sol bien drainé. Feuilles palmées, nervurées, et les pétioles possèdent des épines sur leurs bords

Originaire d’Afghanistan, Pakistan, Iran, en zones semi-désertiques, jusqu’à 1800 mètres d’altitude. Résistance a -20°C,On utilise les feuilles séchées pour la couverture des habitations. P. 45

Chamaerops humilis


Sabal palmetto

Tritrinax

Whashingtonia filifera

Espèce costapalmée. Il ne devient pas haut, mais possède de grandes feuilles inermes. Il est assez résistant au froid. On consomme cette espèce pour son coeur tendre.

Ce palmier est originaire d’Argentine et d’Urguguay. Il demande une exposition ensoleillée et un sol sableux bien drainé.

Jusqu’à 23 m de haut ; les feuilles sont larges avec un pétiole de près de 2 m, et des folioles de presque 2 m de long. L’inflorescence mesure environ 5 m de long ; les fleurs sont blanches.


Washingtonia robusta

LE WASHINGTONIA Le washingtonia est originaire du Sud-Ouest des États-Unis (Californie, du sud-ouest de l’Arizona) et du nord-ouest du Mexique, où il se développe en colonies, dans les gorges et les canyons humides des régions arides. Il a été nommé ainsi en l’honneur du président américain George Washington. Les deux espèces sont très cultivées en dehors de leur habitat naturel, notamment dans les pays tempérés, pour leur bonne résistance au froid qui avoisine les - 10°/12°C. Elles ont de plus une croissance très rapide et sont souvent plantées dans les villes et dans les jardins pour leur valeur ornementale. Les Amérindiens utilisaient leurs feuilles comme chaume et faisaient de la farine avec les fruits du Washingtonia filifera, qui sont comestibles et présentent de bonnes qualités nutritives. Des fouilles archéologiques ont permis de découvrir des instruments qui permettaient autrefois de moudre les fruits pour obtenir cette farine.

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Le stipe de 25 mètres ; petites feuilles, avec un pétiole d’environ 1 mètre, et des folioles de 1 m. Une inflorescence de 3 m ; les fleurs sont rose-orange pâle ; le fruit est sphérique.


LES PALMIERS A FEUILLE PENNEES

Cocos nucifera

Jubaea chilensis

Originaire des régions tropicales d’Afrique, d’Amérique, d’Océanie et d’Asie. Ce palmier supporte des altitudes de 1000 m, mais il est typique des plages tropicales.

Également appelé Cocotier du Chili, il est le plus gros des palmiers. Son stipe atteint parfois 5 mètres de circonférence au sol. C’est un palmier à la croissance très lente.

Chamaedorea tepejilote

Il peut atteindre 7 m de haut avec de feuille de 1, 5 m de long et 1m de large. Il est originaire d’Amérique centrale en Colombie et au Mexique.


Phoenix dactylifera

Phoenix reclinata

C’est un palmier très planté pour ses qualités ornementales. il est endémique aux Canaries, et a été importé à Nice en 1864. C’est devenu un arbre emblématique de méditerranée.

Palmier largement cultivé pour ses fruits : les dattes. C’est l’arbre des oasis sahariennes. On ne connaît pas cette espèce à l’état sauvage.

Ce palmier est originaire de l’Est et du centre de la Chine. Il supporte un climat rustique avec des hivers froids (-20 °C) et des étés chauds et secs. On le trouve dans les montagnes P. 49

Phoenix canariensis


Roystonea regia

Syagrus romanzoffiana

Veitchia

Originaire Amérique centrale et en Amérique du sud. Le stipe peut être très haut. Ils poussent généralement dans les forêts tropicales humides ou dans les zones humides.

Palmier natif du sud du Brésil, du Paraguay et du nord-est de l’Argentine. Il tolère bien les sols pauvres et les températures fraîches. Ce qui en fait un arbre des villes idéal

Originaire des forets humides sur l’île de Vanuatu. C’est un grand palier de 30m . Il aime une situation ensoleillée et un sol bien drainé. C’est une espèce à croissance rapide.


le cupressus macrocar pa Le cupresus macrocarpa du jardin de thuret est un sujet impressionnant de par sa vigueur et sa taille. Le climat méditerranéen d’antibe et le sol semblent très bien lui convenir. Nous allons étudier les caractéristiques de ce sujet nous interroger sur l’habitat d’origine de cet arbre. Le cupressus macrocarpa ou cyprès de lambert est une espèce endémique de la côte centrale californienne Plus précisément dans la péninsule de Monterey. L’habitat naturel de cet arbre est caractérisé par un climat frais et humide en été avec un brouillard et du vent omniprésent. Il ne résiste pas à des températures inférieures à -15° C. L’espèce supporte parfaitement bien les embruns ce qui permet à l’arbre de prospérer sur les falaises de granite qui tombent à pic dans le pacifique. Dans l’arrière-pays, l’espèce est plus prospère, les arbres prennent une taille plus importante et poussent rapidement. On retrouve souvent ce cyprès avec un port en drapeau, l’arbre s’adapte au passage du vent en formant une forme tabulaire. Le feuillage est alors très dense et laisse à peine passé la lumière. Il peut pousser jusqu’a 20 mètres et son tronc peut atteindre un diamètre de 60 cm, rarement un mètre ou plus. Le feuillage pousse en rameaux denses de couleur vert brillant. Les feuilles sont en forme d’écailles imbriquées de 2 à 5 mm de long recouvrant des ramules cylindriques. Les cônes femelles sont globuleux à oblongs de 20 à 40 mm de long.

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Cupressus macrocarpa à Thuret


Cupressus Macrocarpa au port en drapeau photographié dans son aire naturelle près de point reyes en Californie

L’aire de répartition de l’espèce est située principalement dans le chaparral au nord de la Californie centrale. On le retrouve cependant dans d’autres régions au climat similaire avec des étés frais et doux. Nous allons maintenant nous intéresser plus en détail à ce chaparral californien qui fait partie des formations sclérophytes dans le monde. Nous verrons quelles en sont ces caractéristiques, ses composantes et sa répartition sur la côte californienne.

l e C h a p p a ra l c a lif o r n ie n

À même titre que le maquis; le chaparral est une formation végétale sclérophyte constituée d’une végétation majoritairement arbustive et des quelques arbres. Le chaparral est un biome californien modelé par un climat méditerranéen et des feux de forêt à répétition. On retrouve de nombreuses similarités avec d’autres régions au climat méditerranéen dans le monde comme


le maquis, le matorral au chili central, l’Afrique du Sud ou encore l’Australie. Le mot chaparral est un emprunt à la langue espagnole. Ce mot espagnol serait originaire du mot chaparro qui signifie petit chêne persistant. Chaparro viendrait lui même de txapar, un mot basque qui a la même signification. Ce biome est généralement caractérisé par une dense formation végétale de chênes persistants et autres plantes résistant à la sécheresse. Il est souvent tellement dense qu’il est impénétrable par l’homme et les animaux. Comme pour le maquis, les conditions de développement aride exposent ce biome aux feux de forêt. On y trouve par conséquent une flore qui a su s’adapter à cet aléa.

AIRE DE REPARTITION L’écorégion du chaparral inclu toute la côte centrale et sud-californienne qui inclus la baie de San Francisco, Los angeles, San diego et Tijuana. Comme le montre la carte , le chaparral est aussi présent dans l’arrièrepays dans certaines zones bien spécifiques comme la vallée centrale de Californie ou certaines forêts de conifères dans la sierra Nevada. Ces similarités que l’on peut trouver dans l’arrière-pays mènent les botanistes à mettre ces zones dans la même catégorie floristique que le chaparral cotier. LE CLIMAT Le climat qui s’exerce sur les zones chaparralienne est un climat méditerranéen chaud et sec. Le climat est doux et sec en été et pluvieux et frais en hiver. La longue période de sécheresse estivale (6 mois) engendre facilement des feux de forêt. Par conséquent, ces régions sont recouvertes de plantes adaptées au feu. Les principales sont les diverses Manzanita. Le long de la côte, les températures moyennes sont de 12 à 18 °C. , elles sont donc assez fraîches. La présence de brouillard permet P. 53

Aire de répartition du chapparal en californie


un rafraîchissement important. Il arrive parfois que les températures passe sous le cap des 0°C cela est cependant rare et de courte durée. Les précipitations s’échelonnent entre 300 et 1000 mm par an. Les précipitations s’étalent régulièrement sur l’automne, l’hiver et le printemps. Les pluies ne sont pas violentes. L’été est une longue période de sécheresse sans une seule goutte d’eau. La seule source de fraîcheur vient du brouillard qui est pratiquement omniprésent.

Ces deux cartes montrent les températures moyennes hivernales et estivale. On constate que la côte reste dans la fraicheur toute l’année

Climat de San francisco. On observe les 5 mois de secheresse estivale, les hivers pluvieux et les températures fraiches et constantes tous le long de l’année.


Exemple de zone chaparralienne à proximité de san francisco.

LE INCENDIES ET LE CHAPARRAL

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Le chaparral est un des biomes les plus exposés aux incendies en Amérique du Nord. Tous les ans des milliers d’hectares sont ravagés par les flammes. Le feu est une force perturbatrice qui conduit à une sélection naturelle des espèces. De nombreuses plantes ont besoin du feu feu pour se reproduire. Mais cela ne veut pas pour autant dire que la chaparral à besoin de brûler. Même après 100 ans d’age, le chaparral continue sa production de biomasse est constitue un refuge pour de nombreuses espèces faunistiques. Les plantes du chaparral ont mis en place des stratégies de survie au feu non pas parce ce qu’elles ont besoin de brûler, mais parceque’elles doivent être capable de repeupler la zone en cas d’un incendie accidentel.. On distingue principalement trois stratégies d’adaptation au feu:


- La survie de la partie souterraine (Racines ou bulbes) qui permet à la partie aérienne de se reconstituer à partir des réserves. Les géophytes avec un système souterrain en bulbe ou rhyzome, sont capables de remettre en place facilement leur partie aérienne après le passage du feu. Cela est d’autant plus facile que la couverture végétale est supprimée et que par conséquent la lumière est forte. L’Heteromeles arbutifolia reconstitue ça partie aérienne à partir des réserves racinaires. - Certaines plantes combinent deux techniques. Elles ont besoin du feu pour libérer leurs graines (action de la fumée ou de la chaleur) mais son aussi capable de se reconstituer à partir de leurs parties souterraines. L’ Adenostoma fasciculatum en est un bon exemple. - De nombreux Ceanothus sont complètement dépendant de leurs graines pour leur survie. Ce sont les vrais chaparaliens qui nécessitent le feu pour se reproduire. Les besoins pour la germination sont différents: chaleur, bois carbonisé, fumée. Des conifères comme le Cupressus forbesii sont capables de garder leurs graines en dormance dans les cônes pendant de nombreuses années en attendant le passage d’un feu qui permet de fondre la résine et de dessouder les cônes. Lles cônes on ainsi tendance à s’ouvrir et se détacher de l’arbre uniquement lorsque la chaleur de l’incendie ouvre ceux-ci et libère les graines. Le feu est donc une menace constante qui influence et modèle ces paysages californiens.

ETUDE DE CAS

Nous allons maintenant nous focaliser la la région géographique du conté de Marin situé autour de la baie de San Francisco. Après une lecture du plan de la végétation, on remarque la grande diversité de la végétation présente sur la zone. On y trouve des zones

Heteromeles arbutifolia

Adenostoma fasiculatum

Cupressus forbesii


Carte de végétation du conté de Marin à proximité de la baie de San Francisco

humides, des prairies sèches, des zones de forêt, aussi bien de conifères (séquoia sempervirens, douglas, cupressus,...) que de feuillus (chêne, eucalyptus, ...) ainsi que des portions de territoire recouvertes de chaparral. Nous allons donc étudier le cortège végétal associé à ce type de formation. Le chaparral californien de la région de Marin est caractérisé par une série d’ Arctostaphylos que l’on trouve à la fois sous forme arborée et arbustive. Cette série végétale est accompagnée de diverses céanothes ou encore des chênes. Le chaparral de Marin connaît une forte influence maritime. Il est exposé aux brouillards estivaux et aux embruns. Nous allons maintenant lister et décrire les principales espèces associées. Les espèces suivantes dominent largement ce chaparral du conté de Marin:

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Arctostaphylos andersonii • A. canescens


• A. crustacea • A. edmundsii • A. glutinosa • A. hookeri hearstiorum • A. hookeri hookeri • A. montaraensis • A. montereyensis • A. morroensis • A. nummularia sensitiva • A. ohlone pro. sp. • A. pajaroensis Arctostaphylos andersonii

• A. pumila • A. purissima • A. silvicola • A. tomentosa (all subspecies and forms) • Ceanothus cuneatus var. rigidus • Ceanothus hearstiorum • Ceanothus maritimus • Ceanothus cuneatus var. fascicularis • Ceanothus gloriosus var. gloriosus • Ceanothus gloriosus var. exaltatus • Ceanothus gloriosus var. porrectus

Arctostaphylos andersonii C’est une espèce menacée qui pousse en proximité de forêts en dessous de 700 m. C’est un arbuste de 2 à 5 m de haut qui ressemble à un petit arbre. Les feuilles de 4 à 7 cm sont profondément lobées à la base. La floraison s’effectue de février à mai. Le fruit est petit et collant ( 2-8 mm). Cet arbuste est uniquement capable de se reproduire par graine, il est incapable de redémarrer depuis sa base.


Arctostaphylos canescens

Arctostaphylos canescens C’est un arbuste persistant de 1,2 à 1, 8 mètres de haut, très touffu et noueux à l’écorce lisse de couleur rouille. Les feuilles sont alternes, simples, coriaces et mesures 2 à 4 cm de long avec un pétiole de 5 à 8 mm. Les feuilles sont de couleur blanchâtre lorsqu’elles sont jeunes. Les fleurs apparaissent en hivers sont forme de grappes roses pales. L’arbuste apprécie les situations ensoleillées, il demande un sol drainé et acide.

Arctostaphylos crustacea Persistant, cet arbuste mesure de 1 à 1,5 m . Il à des des feuilles vert pâle avec des tiges rougeâtres. Sa floraison est blanc - rose. Sa croissance est très lente. Son milieu préféré à sur les flancs sableux en bord de mer. Il supporte l’ombre et les températures froides. (-17 °C)

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Arctostaphylos crustacea


Arctostaphylos eldmundsii

Arctostaphylos eldmundsii Ce couvre sol persistant mesure à peine 10 cm de haut. Ces feuilles sont gris vert. Cette plante aime le plein soleil et les sols bien drainés. Elle supporte cependant l’argile et les sols humides. Sa croissance est rapide. L’arbuste supporte une exposition ventée à condition qu’il n’y ait pas trop d’embruns.

Arctostaphylos silvicola

Arctostaphylos silvicola Les feuilles sont vert pâle, presque grises. L’écorce est rouge. Cet arbuste persistant peut atteindre 2 m de haut sur 2 m de large. Il demande un sol bien drainé et résiste à la sécheresse. Il est, peu exigeant au niveau du sol puisqu’il supporte à la fois le sable et l’argile. La floraison blanche apparaît en hiver et au printemps. Sa croissance est peu rapide, on le trouve jusqu’à 600 m d’altitude.


Ceanothus maritimus

Ceanothus maritimus Cet arbuste pousse sur les falaises en bord de mer. Le sol varie de l’argile à un sol sableux et caillouteux. Cette espèce est exposée au brouillard estival est aux températures très élevées. C’est une plante tapissante qui dépasse à peine 30 cm . Ces feuilles sont petites, vert foncé lui donne un look de cotonéaster.

Ceanothus gloriosus Ce couvre sol persistant mesure environ 30 cm de haut sur 1 à 2 m de large. Il a des fleurs bleues et un feuillage vert foncé. Il ne tolère pas le plein soleil. Sa croissance est plutôt rapide.

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Ceanothus gloriosus


Ceanothus hearstiorum

Ceanothus hearstiorum Cet arbuste à de petites feuilles, vert foncé et bosselées. Les fleurs sont bleues et apparaissent en fin de printemps. C’est une petite plante de 0,3 à 0,7 cm de haut sur 0, 5 à 5 m de large. C’est donc un excellent couvre sol. Il aime les sols alcalins, mais déteste le sable. il supporte des gelées allant à -8 °C. Il préfère la mi-ombre, sous un chêne par exemple. La plante est constamment exposée au brouillard estival et à l’air humide que cela engendre.

Toxicodendron diversilobum

Toxicodendron diversilobum Cette petite plante s’appelle communément chêne empoisonné. Ces feuilles ressemblent en effet à certains chênes. . Cette plante pousse sous forme arbustive en plein soleil et sous forme grimpante en zone d’ombre. Les feuilles vertes en été tournent en général au rouge vif en automne. C’est une plante caduque qui peut atteindre de 0,5 à 5 m . Les feuilles de cette plante sécrètent une toxine qui provoques des iritations lorsque ele rentre en contact avec la peau .


Rhamnus californica

Rhamnus californica Cet arbuste atteint 2 à 3 m de haut. Il a une croissance rapide et des feuilles persistantes. La plante aime le plein soleil et la mi-ombre. Il est très peu exigeant en eau. Les fruits sont d’abord rouges puis noirs, ils mesurent environ 8 mm. La floraison apparaît sous forme de petites grappes verdâtres. Les feuilles mesurent de 4 à 6 cm de long , vert foncé sur le dessus et plus clair est pubescentes sur la face inférieure. La base de la feuille est arrondie et les pétioles mesurent de 4 à 12 mm

Artemisia californica L’armoise de californie est un arbuste persistant avec environ 30 - 40 cm de hauteur. L’armoise aime le plein soleil près de la côte. La demande en eau est très faible. Très peu exigeant au niveau du sol, la plante se contente aussi bien avec de l’argile qu’avec du sable. En infusion, elle soigne la fièvre. Cette plante résite au passage du feu, elle est capable de réemettre uen partie aérienne et de se multiplier par graine.

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Artemisia californica


Quercus agrifolia

Le chêne de Californie (Quercus agrifolia) est un chêne à feuillage persistant que l’on peut trouver dans les régions côtières de Californie entre le comté de Mendocino jusqu’au nord de la Basse-Californie au Mexique. C’est un arbre à longue durée de vie, au port irregulier, pouvant atteindre une hauteur d’environ 21 m à l’âge adulte, pour une hauteur d’environ 8 m à l’âge de 20 ans. Il possède une floraison à dominante jaune ainsi qu’une fructification ornementale. Feuilles : 2,5-7 cm sur 1,2-4 de large ; persistantes ; épaisses ; elliptique, ovales ou oblongues, parfois presque sphériques ; à dents épineuses, rarement à bord entier ; subsessiles ; vert brillant foncé et glabres dessus, pâles dessous avec quelques touffes de poils à la naissance des nervures ; trichomes étoilés, jaunâtres à grisâtres ; le plus souvent convexes sur la face supérieure ; base arrondie ou un peu en coeur ; pétiole un peu pubescent de 0,5 à 1,5 cm. Fleurs : petits chatons mâles de 3-6 cm, à pédoncule poilu, au début du printemps . Fruits : glands sessiles de 2,5-3,5 cm ; solitaires le plus souvent, ou par 2 ; allongés et pointus ; mûrs en 1 an ; comestibles ; cupule de 1,5-2 cm, à endocarpe duveteux, à fines écailles pointues, imbriquées, à bords libres, pourpres sur les bords, englobant la base ou le 1/3 du gland ; Ecorce rameaux bourgeons - écorce grise ou brun noir, à crêtes larges ; rameaux bruns un peu pubescents, de 1,5-3 mm de diamètre ; bourgeon terminal châtaigne, ovoïde, de 3-6 mm, glabre sauf des cils sur les bord des écailles.


Le chaparal de Marin

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La photo ci-contre montre une zone de chaparral dans le conté de Marin. On distingue un cupressus macrocarpa accompagné de tout un cortège d’arbustes. Le climat qui règne sur le chaparral est très proche de celui que l’on peut trouver en zone méditerranéenne, on remarque cependant que malgré les problématiques identiques ( feu, sécheresses estivales) les plantes sont différentes, et qu’on retrouve finalement que très peu de plantes communes au même milieu. Par contre, on peut noter qu’il sera relativement facile d’adapter une plante d’un millieu à l’autre sachant que le climat est similaire. Le chaparral californien est donc un biome très similaire au maquis français puisque ses stratégies d’adaptation et de survie au climat et aux feux sont les mêmes. Au même titre que le maquis, le chaparral pourra donc être classé dans les formations sclérophyles.


AllĂŠe principale


La Bambouser aie d’anduse Située à Anduze dans le Gars, à la porte des Cévennes, la bambouseraie est une collection de bambou et autres végétaux d’orient unique en son genre. Avec tous les problèmes que cela peut engendrer, la bambouseraie et le jardin le plus fréquenté de France. Elle accueille chaque année plus de 350 000 visiteurs. L’intérêt de ce jardin consiste à la fois dans son riche passé historique, sa composition et la pléthoricité botanique. La situation géographique du jardin correspond au fond d’une cuvette constituée d’un dépôt d’alluvions datant du quaternaire et donc les parois de calcaires de granits de périodes variables. Juste à côté de la bambouseraie, coule le gardon qui se fraie un passage au travers des étroites gorges granitiques que l’on trouve en aval. Le lieu bénéficie d’un climat méditerranéen, avec une pluviométrie moyenne de 1100 mm par an sous forme variable et irrégulière. Les orages estivaux violents et les longues périodes de sécheresse ne sont pas rares. Le parc et donc équipé d’un astucieux réseau d’irrigation avec un système de canaux qui mène l’eau du gardon à l’intérieur de la parcelle. Hi s t o r i q ue

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La bambouseraie est à l’origine d’un homme passionné de botanique : Eugène Mazel. En 1956, Mazel, un riche cévenol enrichi grâce au commerce des épices importé d’Asie, achète le domaine autrefois composé de deux métairies. Eugène peut enfin réaliser son rêve. Il se consacre à la collection de plante qu’il achemine lors de ses longs voyages en Asie. Les bambous sont alors des plantes quasiment inconnues en Europe. Constatant le succès de ses premières plantations qui poussent parfaitement bien dans ce sol fertile constitué d’alluvion, Mazel entreprend de gigantesques travaux pour régler le problème de manque d’eau. IL fait creuser un réseau de canal qui permet d’irriguer la bambouseraie et d’agrandir ces parcelles en apportant aussi bien des bambous que d’autres plantes exotiques. La collection de plantes devient alors pléthorique, plusieurs dizaines de jardiniers travaillent à l’entretien du domaine. Cela coûte cher, tellement cher que


Allée principale

Mazel est ruiné et doit abandonner son domaine au crédit foncier de France. La banque gère le domaine juste en 1902 où Gaston nègre rachète le domaine. Son fils, Mr Maurice Nègre, ingénieur agronome, fait tout pour sauver le domaine et enrichir les collections, mais en 1958 une sévère inondation vient ravager le domaine. Gaston meurt accidentellement en 1960. Sa femme prend alors le relais et donne tout son possible pour remettre avec succès le domaine en état. En 1977, sa fille et son gendre, Yves Crouzet, ingénieur horticole, prennent en main la gestion du parc qui prospère et attire tous les ans de plus en plus de visiteurs. En 2004, Yves se retire pour laisser la direction à sa femme Muriel.

U n t our du parc La visite de la bambouseraie commence dans la longue allée principale. Le dépaysement est total brusquement l’échelle change, on se sent comme perdu au milieu de cette forêt graphique de phylostachys venant cloisonner l’espace. En s’avançant, on tombe nez à nez avec de majestueux Californiens : des séquoias sempervirens: Ces arbres sont d’ailleurs les plus gros sujets d’Europe.. En continuant notre promenade, on découvre d’autres espèces notamment le Phylostachys bamboosoides qui est capable de pousser de 1m en 24 h, ou encore le Phyllostachys pubescent « Mazelle» qui


Canal d’irrigation

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Le vallon du dragon par Borja

est le plus haut bambou du parc. Un peu plus loin sur la gauche on pénètre dans le village laotien avec ces cases de bambou. L’architecture impressionne par sa légèreté et son originalité. De hautes touffes de bananiers jouxtent les maisons sur pilotis. Le dépaysement est total. L’étonnante victoria crouziana proliférée sur le bassin étonne. La promenade continue et nous amène vers l’ancienne ferme, une grande maison à l’architecture caractéristique des sévennes. Ses hauts murs aux allures de protection nous rappellent que nous sommes dans un pays protestant où les conflits religieux se sont perpétués pendant des siècles. Les murs extérieurs sont marqués de signes de crues qui nous rappellent les violentes crues Cévenoles qui n’ont pas épargné le parc. Au coeur du parc, devant la ferme se dresse un magnifique Aesculus Castaneaum. Juste à côté, plus discret, un étonnant bambou aux tiges ondulées se présente au visiteur : le Phyllostachys pubescens ‘Heterocycla’. L’allée de Trachycarspus vaut bien un décor de cinéma. On n’est pas étonné lorsqu’on apprend qu’elle a servi de cadre pour le tournage de plusieurs films, dont le Salaire de la peur d’après le roman de Georges Arnaud. On se dirige ensuite vers le bambousarium qui une véritable caverne d’Ali Baba du bambou. Une multitude d’espèces y sont plantées pour former d’originales ambiances. Se perdre dans le labyrinthe de bambou est une curiosité à part entière. On s’aperçoit alors que le bambou ne se limite pas à l’usage qui lui est le plus souvent réservé. Taillé, ou en couvre sol, le bambou réagit très bien ! Bien que critiqué, le vallon du dragon réalisé par le paysagiste Erik Borja mérite le détour. Dominé par le pavillon du Phénix rouge, au toit incurvé, réalisé en châtaignier par un charpentier local, le jardin mêle « gazon » de bambous verts coupés ras, petits érables rouges, camélias ou podocarpus chinensis, autour d’une rivière ondoyante évoquant un dragon. Le jardin n’adhère pas à l’esprit japonais traditionnel, mais les contraintes de fréquentation du site le réduise à un jardin japonisant. Malgré cela,


les proportions fonctionnent, l’espace est calme, reposant et agréable à vivre. La porte d’entrée nous mène directement dans le magasin nous interpelle sur ce que le jardin est devenu aujourd’hui. Est-ce toujours cet univers privilégié dédié à la collection de bambou tel que Mazel l’a imaginé ? Ou est-ce simplement une énorme machine commerciale qui finalement a remplacé l’aspect botanique originel ?

Les bambous 1500 espèces de bambous réparties dans près de 80 genres : voilà qui donne une idée de la diversité et de la richesse de cette plante. Ces chiffres sont cependant à prendre avec précaution, on ne connaît pas encore tous sur les bambous, beaucoup d’espèces sont certainement encore à découvrir. Le bambou est une graminée de la famille des poacées. Il se développe à partir d’un rhizome qui est une tige souterraine à partir de laquelle se développent les racines et la partie aérienne. Il stocke les réserves nécessaires à la croissance spectaculaire des turions (pousses) pour former la tige principale appelée chaume. Ces derniers, très tendres, sont protégés au cours de leur croissance par des écailles imbriquées appelées gaines. La floraison entraîne en théorie la mort de la plante et de tous les individus de l’espèce. Cepandant on observe des exceptions. Bambou traçant

Le bambou est une plante à la croissance extrêmement rapide. La plante à développé deux stratégies qui lui permettent cette prolifération: - Le système traçant: la plante développe un réseau de rhizome horizontalement dans le sol. Les nouveaux bourgeons peuvent alors émettre un chaume ou un

Croissance et développement


Bambou cespiteux

- Le système cespiteux: :: Le bambou forme une touffe plus ou moins compacte. Cela est dû au fait que les rhizomes croissent sur une très faible distance horizontalement avant d’émettre un chaume. Cette stratégie est principalement réservée aux bambous primitifs tels que les espèces tropicales. Finalement, les bambous exigent un sol riche en éléments nutritifs. Cela explique le choix de ce bassin alluvionnaire pour l’implantation de la bambouseraie. De plus, il ne supporte pas l’excès d’eau. En ce qui concerne les prédateurs, le bambou y est pratiquement insensible, il peut parfois être atteint par la rouille, les cochenilles ou les acariens.

Le s e sp è c e p r in cipales de bambous

On classe en général les bamboos par taille: petit, moyens, géants. LES PETIT BAMBOUS Sasa masamuneana

Pleioblastus viridistriatus

Chimonobambousa marmorea

Feuillage très décoratif surtout en cas de taille hivernale

Originaire du japon. Son introduction en europe date de 1870

Originaire du japon - résite bien au froid

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Bambusa multiplex “elegans”

Shibatea kumasaca

Fargesia nitida

Se prête très bien à la taille

Sud du japon, Chine - Un feuillage hors du commun

Origine Chine - Port en touffe compacte

Arundinaria anceps

Chusquea coronalis

Hibanobambusa tranquillans

Hmalaya à des altitudes de1800 à 3000 m

Amérique centrale

Japon, résiste à -20°

LES BAMBOUS MOYENS


Himalayacalamus asper

Phyllostachys aurea

Pseudosasa japonica

Himalaya

Est de la chine, introduit depuis longtemps au japon

Chine japon corée

Bambusa textilis

phyllostachys pubescens

Phyllostachys vivax

Chine, retombant

Chine, C’est le plus grand des bambous

Chine, résiste au froid

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LES BAMBOUS GEANTS


Le bambou en architecture Maison de campagne laosienne

Le bambou est très apprécié, pour ces qualités physiques, depuis des millénaires, il est utilisé pour la construction de bâtiments et d’échafaudages, et pour la fabrication de nombreux objets. Le chaume se compose de fibres de cellulose, comme un arbre, mais contrairement au bois ses longues fibres contiennent de la lignine et de la silice. La morphologie creuse du bambou associée à ses nœuds répartis uniformément sur la tige accroît sa résistance latérale. Sa résistance mécanique longitudinale et verticale est bien supérieure à celle de l’acier (résistance : 1 tonne/cm2), il est souple, léger et flexible à volonté. Soumis à une température élevée, il se ploie facilement et conserve sa forme artificielle sans perdre de son élasticité ni de sa solidité, il possède donc une ininflammabilité relative. Il résiste mieux, en moyenne que le bois à la solvabilité de l’eau, il est inoxydable, imperméable et imputrescible. Cette plante possède donc des qualités hors du commun, les Asiatiques l’ont bien compris. Le bambou, ressource quasi inépuisable en Asie, reste un matériau crucial pour les régions isolées, comme le nord de la Thaïlande et du Laos. Certaines communautés vivent en quasi autarcie. La diversité des emplois du bambou est particulièrement évidente, qu’il s’agisse d’un emploi intérieur ou extérieur.

Les fondations des maisons consistent en d’épais chaumes enfoncés profondément dans le sol, sur lesquels repose un « plancher » fait de lattes de bambou. Celui-ci est surélevé d’un mètre par rapport au sol afin de protéger l’homme des serpents et des prédateurs, ainsi que des crues de la mousson. Les murs des maisons sont en bambou tressé, et les ouvertures pratiquées dans les parois sont fermées par des stores de bambous. Le toit en feuilles de palmier ou de bananier est soutenu par une charpente de bambou. Ces maisons légères et aérées abritent des familles nombreuses et résistent de longues années, parfois plusieurs décennies. Et lorsqu’elles sont complètement vermoulues, quelques heures de travail suffisent à en édifier de nouvelles.


Echaffaudage : Honk Hong

Cependant, ce n’est pas seulement dans les contrées rurales et les forêts vierges d’Asie que le bambou intervient dans la construction. Dans certaines métropoles, lors de ravalement de façade, par exemple, ce sont des échafaudages faits de chaumes de bambou assemblés avec des cordes de bambou qui surgissent de terre et grimpent jusqu’au 70e étage.

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Détail architectural


Route coupe feu, traversant le massif de l’esterel


Le massif de l’es t er el

Dès le 19e siècle avec les débuts du tourisme, le massif de l’Esterel et un lieu mondialement réputé pour la beauté de ces paysages et la richesse écologique du site. Le prestigieux massif de l’Esterel est un ensemble de terres de moyenne altitude avec un point culminant à 614 mètres. S’étendant sur 20 km d’est en ouest et 15 km du nord au sud, soit 30 000 hectares, le massif constitue la barrière naturelle entre le Var et les alpes maritimes. Le massif de l’Esterel autrefois planté de pin maritime témoigne encore aujourd’hui du passé forestier varois, le var étant le deuxième département boisé de France avec 70 % de sa surface en forêt.

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Après l’expulsion des Maures, l’évêque de Fréjus obtient la concession à perpétuité d’un territoire qui comprenait l’actuel massif de l’Esterel. Cherchant à attirer de la population suite aux incendies dévastateurs et aux attaques des corsaires, les


évêques de Fréjus donnent un pouvoir d’exploitation élevé aux communes renaissantes de Fréjus et St — Raphael. Profitant des troubles de la révolution en 1789, les communes usagères confisquent ces biens et deviennent véritables propriétaires et gérantes du massif. La forêt qui à un intérêt économique fort reste alors entre les mains de ces communes et devient finalement forêt domaniale. En 1839, le massif est alors partagé entre les deux communes et Roge Muters, ingénieur, dessine les contours du territoire.

G é ol og ie

L’histoire géologique du massif commence il y a 300 millions d’années avec une émergence des mers du socle originel de gneiss et de granit. Ce mouvement de roche crée de grandes fissures qui vont petit à petit se remplir de dépôts sédimentaires. Vers -280 millions d’années ont voit une éruption fissurale permet la remonté de lave à travers ces fissures. Cette lave apparaît sous forme de rhyolite , une roche rouge qui donne les caractéristiques actuelles au massif. 50 millions d’années plus tard on voit apparaître du volcanisme éruptif avec des sommets qui auraient pu culminer à 3000 mètres . Cette période explique la présence de débris de basalte sur le

Carte du massif de l’esterel


massif. La création des Alpes entraîne un plissement de terrain qui met l’Esterel en mouvement. Le massif se fissure et donne naissance à une nouvelle roche caractéristique du site: l’estérélite. Cette roche extrêmement dure (5t/m2) composée de mica et de feldspath a donné à la région un fort intérêt économique. Déjà exploitée par les Romains pour la construction de colones et de pavés, l’extraction a perduré jusqu’en 1975 avec deux carrières qui fournissaient bordures et meules . Finalement la Corse, autrefois rattachée au massif, dérive du continent pour prendre sa position actuelle.

Les maisons f orestières La présence de nombreuse maison forestière témoigne de l’histoire du massif forestier exploité pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, ces maisons qui servaient de logement aux gardes forestiers sont abandonnées., seulement quatre d’entre elles sont encore habitées. L’illustration de droite montre une grande bâtisse équipée de deux logements ainsi que de bureaux pour le travail administratif. Un four à pain et un jardin annexe permettaient aux familles des gardes forestiers d’être autonomes. On se pose actuellement beaucoup de questions sur le devenir de ces maisons, faut-il en faire des gîtes, des structures d’accueil pour le public ? Ces questions sont encore sans réponse, mais dans tous les cas elle demande à être préservée, car elles font partie du patrimoine de ce massif. Elles sont donc régulièrement entretenues afin qu’elles ne tombent pas en ruine.

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Maison forestière

Echantillon de rhyolite


Diagramme du massif

L a f l o re d u m a ssif

Iberis linifolia

Iberis linifolia

Helichrysum italicum

Dittrichia viscosa

Arbutus unedo

Cistus albidus

Philera angustifolia

À la diversité des paysages correspond une végétation diversifiée du 1 milieu méditerranéen, mais répondant au sol et au climat de l’Esterel. On retrouve les étages thermoméditéranéen et mésoméditéranéen. 2 L’étage thermoméditéranéen est représenté par une brousse littorale à olivier et lentisque, la série du caroubier ou la série de l’oranger 3 et l’étage mésoméditéranéen avec la série du chêne vert et du pin d’Alep. Dans se milieu sclérophylle, on retrouve 2 grands types de strates végétales : la strate arborescente ainsi que la strate arbustive et sous-arbustive qui ne forment qu’un ici, la strate herbacée est en général absente. La roche étant métamorphique et cristalline, le sol est à tendance acide, on retrouvera donc des plantes caractéristiques du maquis. Le maquis (et sa forêt) est la formation végétale atypique des climats méditerranéens, elle se forme sur les terrains siliceux contrairement à la garrigue des sols calcaires.On y retrouve de nombreuses variétés de plantes, qui se sont notamment acclimatés et qui sont donc devenues endémiques au site. La strate arborée (ou arborescente) est relativement riche et correspond à de grands arbres à fort recouvrement, sa cime atteint en général 15 mètres.


Les principaux arbres qui composent cette strate sont : les chênes verts principalement, ils correspondent à la végétation climacique du biome, ou des châtaigniers. Dans notre cas nous avons beaucoup de chênes-lièges. On retrouve également d’autres types de chênes, des pins ainsi que des oliviers. La strate arbustive, relativement dense, peut atteindre 4 mètres de haut, elle correspond au maquis. Proprement dit, elle est composée de nombreux buissons aux feuilles épineuses ou persistantes, dont en majeure partie: des bruyères arborescentes ( Erica arborea), des Arbutus, des éricacées. Mais également de plus petits arbustes ou arbrisseaux tels le romarin, le juniperus, la lavande, la clématite, l’alaterne ainsi que différentes lianes dont la salsepareille. Le massif de l’Esterel peut être découpé en trois écosystèmes bien distincts sur lesquels on retrouvera une végétation spécifique: les parties internes du massif au coeur de la subéraie (1), les torrents humides de l’Esterel (2), les falaises littorales naturelles (3).

> Partie interne du massif

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Acacia dealbata

Cistus monspeliensis

Myrthus communis

Erica arborea

Caluna vulgaris

La partie visitée a été entièrement ravagée par un incendie, petit à petit la végétation a repris ses droits. Les chênes liège


noircis par le passage du feu ont réémis de nouvelles pousses. Au pied la fraîcheur se fait rare. Le site est un vaste pierrier aride. On distingue dans ce milieu de nombreuses plantes (voir page précédente) La strate arborée est représentée principalement par des chênes-lièges, des pins maritimes ou encore des châtaigniers. Des pins qui d’ailleurs ont presque disparu suite à l’attaque du Matsuccocus, une cochenille parasite. La strate arbustive reprend les plantes classiques de milieu sclérophylle comme l’arbousier, la ciste, ou la callune.

Suberaie après passage du feu

> Les torrents humides de l’esterel:

Osmonde royale

La présence des éboulis donne naissance à de nombreuses sources. Cela est possible grâce à la condensation. Cette source de fraîcheur vient se regrouper en fond de vallée sous forme de ruisseau ce qui permet de trouver dans le massif des milieux complètement opposés et différents. On y trouve des plantes complètement inattendues comme l’aulne glutineux, le tilleul cordata, du caroubier ou bien de l’osmonde cette rare fougère de milieu humide. Euphorbe arbo.

> Les falaises littoralles naturelles:

Ces falaise bénéficie un climat chaud et humide, on y trouve l’essentiel des formations halophiles et semi-halophiles de Provence. La très grande diversité de végétation s’organise en fonction de sa résistance au sel. Elle est alors plus ou moins protégée des embruns. On y trouve par exemple des caroubiers ou encore des euphorbes arborescentes.


Le c h ê ne liège :

Nolina bigelovii

Le chêne-liège, Quercus suber est l’arbre dominant dans le massif de l’Esterel. Cet arbre, qui peut vivre 150 à 200 ans, voire 500 ans et atteindre 20 à 25 m de haut, ne dépasse généralement pas 12 à 15 m. Les feuilles, petites (de 3 à 5 cm), alternent, coriaces. L’écorce épaisse et isolante de liège, crevassée peut atteindre 25 cm d’épaisseur. Son bois, dense et très Trace d’exploitation du dur, est utilisable en menuiserie ou comme bois de liège sur le tronc chauffage. Ces caractéristiques font de cette essence une espèce à forte valeur ajoutée puisqu’il sert à la fois à la bouchonerie grâce à son liège et à la production de bois une fois à maturité. Cette exploitation intensive par l’homme explique sa forte présence sur le massif. Devant le risque “feu de forêt”, le chêne-liège et la suberaie ont un comportement particulièrement exceptionnel. Excellent isolant thermique naturel, le liège protège les parties vitales de l’arbre lors du passage du feu. Le liège est carbonisé, mais la vie est protégée. Face au feu, on retrouve le même comportement chez le Nolina Bigelovii qui pousse dans les zones désertiques extrêmement sèches dans la région située à l’extrême sud-ouest des États-Unis. Une écorce très épaisse joue le rôle d’isolant thermique. On observe cependant d’autres adaptations des plantes au feu. Certaines plantes comme l’arbousier sont capable de facilement émettre des rejets à partir des réserves d’une souche, seul élément conservé suite au passage du feu. Certains pins, dont le pin maritime, libèrent les graines quand ils sont soumis à la chaleur d’un incendie. Le feu de forêt, notamment dans certaines forêts nord-américaines, est l’occasion de régénérer la forêt, en

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Chêne liège , Quersus suber


détruisant des espèces envahissantes, et en libérant les graines qui ont pu rester enfermées des dizaines d’années. Au même titre, pour le séquoia il faut que la graine prenne feu et éclate pour germer. Le pinus contorta à besoin du feu pour fondre la résine qui scelle le cône contenant les graines.

L a g e s t i on d u m a s s if , le s e njeux

La gestion complexe du massif de l’esterel entremêle différents acteurs tous avec des intérets différents. > L’exploitation : Autrefois l’exploitation était l’activité principale du massif, elle était bien organisée est réglé par les gardes forestiers présents sur le domaine. L’exploitation se faisait du 15 juillet au 15 mars. Suite à la guerre, les techniques de gestion furent complètement chamboulées petit à petit, l’agriculture présente dans le massif se perd. Le maquis reprend petit à petit le dessus sur la vigne et les pâtures. L’exploitation intensive du massif dans les années passées a transformé complètement le massif. Ce massif naturel à été fortement influencé par le travail des forestiers qui ont favorisé certaines plantes pour leur exploitation. Par exemple le chêne-liège qui servait à la bouchonerie et l’isolation ou le pin maritime utilisé pour les poteaux de mine et les caisses à vin. Dans les années 1950, on assiste à un fort déclin du pin maritime à cause de la cochenille Matsuccocus. En 1956, L’INRA découvre le problème et essaie de réagir avec un laché de coccinelle qui échouera à cause de fortes gelées pendant l’hiver. En août 1957, le massif est ravagé par les flammes. Tous les pins sont alors coupés, car c’est le seul moyen de lutte. Cette période à marqué le déclin du massif qui aujourd’hui n’a plus un grand intérêt pour l’exploitation. L’ONF essaie de diversifier ses activités notamment avec l’accueil du public. > Les incendies: Depuis 1928, plus de 124 incendies ont ravagé 32 000 hectares de cette forêt,soit 5 fois sa surface. L’ONF contribue aux politiques


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Vue sur la massif brulé de protection et de reconstitution des forêts mises en place par l’État, en partenariat avec les collectivités et les autres acteurs du territoire. Il faut savoir que la répétition successive d’incendies en un même lieu occasionne des dégâts importants aux milieux naturels. Bien que la régénération naturelle soit possible, l’écosystème et la biodiversité n’ont plus le temps de se reconstruire et il s’épuise : perte d’éléments minéraux, érosion des sols et de la banque de graines qui finit par ne plus comporter que les espèces pyrophytes (résistantes au feu) les plus efficaces. L’ONF a donc un rôle important dans la surveillance et la gestion du massif après le passage du feu. Pendant l’été, les gardes en patrouille ou dans la tour de vigie scrutent minutieusement le massif à l’affût de fumées parasites. Mis à part en cas d’orage, les départs de feu d’origine naturelle sont inexistants. Ce sont toujours des facteurs anthropiques qui sont à l’origine de départ de feu. Cela explique que les feux démarrent souvent à l’extérieur et progressent vers l’intérieur. Le déclin de l’agriculture en bord de massif est un facteur aggravant pour les feux de foret. En effet, ces zones agricoles entretenues servaient de zone tampon difficilement traversable par le feu. Par exemple, des plantations d’oliviers et de vignes sont réputées pour bien résister au feu, ce qui freine donc sa progression. Le massif de l’Esterel réexpérimente une technique ancienne: le sylvopastoralime. Une bergère et son troupeau de 1000 Mérinos sont chargés de l’entretien d’une partie du massif. La suppression de la strate herbacée et arbustive freine radicalement la progression du feu. L’Esterel a fait le choix de la régénération naturelle. Le maquis prend donc rapidement le dessus et en quelques années les traces du feu disparaissent. Seulement les plantes qui se développent constituent un couvert végétal très inflammable , extrêmement sensible aux incendies. La surveillance est donc accrue. Pendant les journées les plus chaudes, le massif est fermé au public. On cherche à tout prix à éviter le risque. La partie du massif visité fut brûlée en 2003, le feu entraîna la ferté de 858 hectares de forêt. Bien que l’on a fait le choix de


la régénération naturelle, l’ONF fut confronté à de nombreux problèmes de gestion. D’un point de vu paysager et sécuritaire, il à fallut entreprendre des travaux. Le but étant de limiter les risques supplémentaires par l’incendie, notamment l’érosion. Cette action c’est donc traduit par un nettoyage du massif en supprimant les arbres dangereux, par la mise en place de systèmes anti érosion et par le recépage des plantes brûlées (chêne, arbousier, laurier) > Le paysage: Le massif de l’Esterel possède un patrimoine paysagé exceptionnel. Protégé de l’urbanisation, ce massif qui s’étend jusqu’aux falaises de bord de mer offre des paysages remarquables. Son relief accidenté et sa couleur rouge donnent une impression d’immensité et d’isolement. L’ONF prend doucement conscience de cet enjeu de préservation et tente de faire des efforts. en valorisant les points de vue clef. > La polulation: Le principal enjeu est la gestion de l’accueil du public. Sur ses 500 kilomètres de sentiers pédestres et cyclables, le massif accueille chaque année 200 000 visiteurs. Ce flux massif de population entraîne des risques tant au niveau de protection des espèces que pour les incendies. L’Esterel est un vrai réservoir biologique, on cherche à voir l’évolution sans l’intervention de l’homme. Cela entraîne la mise en place de règles et d’interdiction, notamment pour les VTT sur certaines parties du massif. L’ONF cherche à développer le tourisme vert qui peut être source de revenue. Des études sont actuellement en cours, il faut trouver des solutions pour donner l’accès au massif sans lui nuire. On cherche à traiter le massif comme un parc. Avec de grandes portes d’entrée équipées de parkings et de navette. La gestion traditionnelle à disparue, l’Esterel est un grand laboratoire qui sert de parc d’attraction. L’image prime, c’est l’économie du massif. ( Par exemple pour le tournage de certains films ou pubs) D’autres acteurs comme les associations, les scientifiques et les écoles trouvent aussi leur place dans leur massif . Notement en menant des études sur la faune et la flore. Les chasseurs sont aussi présents sur le massif avec des intérêts encore une fois différents. L’ONF a donc un rôle social de coordination entre les différents acteurs et leurs intérêts dans le but de pérenniser le domaine.


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Caluna Vulvaris - Calune en fleur


Allée recouverte d’une pergola végétalisée de wisteria sinensis


JARDIN BO TANIQ UE DE HANBURY Après un bref historique, nous consacrerons cette partie à l’étude de quelques plantes xérophytes et surtout de leurs différentes stratégies d’adaptation à la sécheresse.

L’ h i s t or i q ue du ja rd in

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Le Jardin botanique est situé sur le Cap de Mortola en Italie. Cette partie de territoire, avec des paysages surprenants qui se jettent littéralement dans la mer se son avérés être une oasis pour l’acclimatation botanique que la famille Hanbury a su exploiter. La mortola est un toponyme qui renverrait à la myrthe présente dans la garrigue. Ce lieu était sur le passage de la voie romaine qui reliait les gaules à l’Italie romaine. La villa principale à été construite au 16° sciècle par la famille Lanteri, en 1620 elle passe entre les mains des Orengo, une puissante famille de Vintimille. Thomas et Daniel Hanbury sont deux riches Anglais qui ont fait fortune en Extrême Orient. Ennuiyé de l’hiver anglais, il cherche un refuge à l’abri de la pluie et du froid. Séduit par le lieu; les couleurs et les parfums de la végétation ils deviennent propriétaires de la villa en 1867. Lorsqu’ils arrivent sur la propriété, le paysage ne ressemble en rien à ce que l’on peut trouver aujourd’hui. Quelques oliviers rabougris poussent en compagnie de quelques agrumes et vigne autour d’une banale villa bourgeoise fermée par la grande tour. Des travaux d’aménagement sont alors entrepris. Daniel, pharmacien et botaniste passionné cherchent à récupérer des plantes dans les pépinières de la côte d’azur. La villa est rénovée, on voit notamment apparaître la loggia qui offre une vue sur la mer et deux nouvelles ailles. À partir de 1974, Thomas Hanbury s’installe définitivement à la mortola pendant l’hiver avec sa femme Catherine Aldam Pease. Les travaux sur le parc continuent. À partir de 1068, le jeune Ludvic Winter travaille pendant 7 années dans le jardin. Il réussit à lui donner cet aspect bien organisé et cet intérêt scientifique. Le jardin devient alors un vrai laboratoire scientifique destiné à l’acclimatation d’espèces venues d’ailleurs.


On y installe un complexe système d’adduction d’eau. En 1975, Daniel Hanbury meurt, les principaux jardiniers quittent alors le lieu. Thomas, son frère reprend alors courageusement la relève avec l’aide d’experts botanistes allemands. En 1889 et 1897, est publié l’Hortus Mortolensis. Ce catalogue recense 3600 espèces présentes sur le parc. En 1912, le catalogue est mis à jour avec 5800 espèces. Après la mort de Thomas en 1907, c’est son fils qui s’occupera du jardin. Il va notamment aménager des petits espaces privés réservés uniquement à la famille. La Deuxième Guerre mondiale avec les bombardements et le vandalisme, cause de graves dégâts sur la propriété. La famille est ruinée. En 1960, la propriété est alors reprise par l’état italien et passe sous la gestion de l’institut international des études liguriennes. La société des Beaux-Arts de la Ligurie entreprend des travaux de restauration sur le bâti. . En 1983, le parc passe sous le contrôle de l’université de Gênes, qui continue l’aménagement des jardins et développe le site comme lieu de recherche pour les spécialistes du monde entier. Le jardin est maintenant ouvert au public, sa richesse et son charme attirent chaque année des milliers de visiteurs. Sur les 18 hectares de la propriété, neuf sont occupés par des espèces méditerranéennes et les neuf autres par des espèces exotiques. On peut y voir une forêt australienne d’eucalyptus, un jardin mexicain, une impressionnante collection de succulente originaire des quatre coins du globe et une collection de cycadées d’Extrême Orient.

Vue sur le jardin, au premier pla on peut voir la villa entourée du jardin et en arrière plan: la mer.


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Une des nombreuses succulentes du jardin


Rose ancienne observĂŠe dans le jardin


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S tra t é g i e s d ’a d a p t a tio n à la s e c heresse À travers l’exemple de diverses plantes, nous essaierons de comprendre quelles caractéristiques les plantes ont développées pour résister à des conditions de vie difficiles comme la sécheresse. Le jardin de Hanbury de par sa diversité et sa situation en climat méditerranéen m’a semblé être un bon lieu pour cette étude. Les plantes de milieu sec sont communément appelées : plantes xérophiles, elles sont adaptées à la sécheresse, car : -d’une part, elles optimisent leur capacité à absorber l’eau, - d’autre part, elles limitent le plus possible sa perte due à la transpiration. Les mécanismes permettant de réduire la perte d’eau sont multiples : Feuilles fines et découpées ou transformées en épines, feuilles s’enroulant sur elles-mêmes, feuilles dures et vernissées, feuilles transformées en écailles protectrices et entourant les bourgeons, plante ayant l’aspect d’une boule afin de réduire l’effet desséchant du vent, adaptation du système racinaire, adaptation morphologique.... Thymus vulgaris Nous allons voir voir cela plus en détail. ADPATATION DU SYSTEME RACINAIRE En climat aride, soit les racines vont chercher l’eau très profondément, soit elles s’étendent sur de très grandes surfaces afin de profiter de la moindre précipitation ou de la rosée du matin. Le volume des racines peut être plusieurs fois supérieur à celui des parties aériennes alors qu’il est égal chez une plante de climat tempéré vivant dans des conditions normales. Le Thym - Thymus vulgaris Cet arbrisseau populaire en cuisine pour son arôme mesure 30 cm de haut. Il exhibe


en été, des racèmes verticillés de fleurs blanc pur à pourpre pâle. Ses menues feuilles aromatiques vert franc se prêtent aussi à des fins médicinales. Le système racinaire du thym est l’exemple type de l’adaptation racinaire des plantes xérophytes. On constate que son volume est au moins 4 fois supérieur à celui de la plante. On remarque deux parties dans le système racinaire : - des racines traçantes de surface qui permettent de récupérer rapidement la moindre pluie ou la rosée matinale. - des racines de profondeur plus éparpillées qui permettent d’aller puiser plus en profondeur les réserves du sol.

Système racinaire du sedum

On peut aussi remarquer certaines adaptations au niveau de la croissance du système racinaire. Par P. 95

Système racinaire du thym

Le Sedum - Sedum acre Cette petite plante est l’une des succulentes les plus rustiques du monde. Elle est spontanée en Afrique du Nord jusqu’à la Turquie. Elle abonde sur les zones rocheuses et les vieux murs. Comme pour le thym, le sedum s’est adapté aux milieux secs en développant Sedum Acre un système racinaire traçant qui est destiné à capter uniquement l’eau de surface. Le schéma montre aussi le rapport immense entre la taille du système racinaire et la plante ellemême.


exemple, le cèdre (Cedrus deodara) développera son système aérien qu’après la mise en place d’un vigoureux système racinaire. On trouvera par exemple un cèdre de quelques centimètres, planté dans l’année qui aura déjà un système racinaire supérieur à 1m . Une fois que la plante à une alimentation en eau assurée elle pourra alors développer son système aérien. La croissance du cèdre de l’Himalaya est d’ailleurs extrêmement rapide, cet arbre peut atteindre 9 m en seulement une dizaine d’années. L’enjeu principal des plantes xérophiles et de réguler leur équilibre hydrique. Elles puisent l’eau dans le sol, mais celui-ci est plus ou moins humide selon sa nature et selon les précipitations. Ces dernières sont discontinues et rares en milieu méditerranéen. Elles sont confrontées d’autre part à une atmosphère plus ou moins sèche et ventée qui favorise les pertes d’eau par transpiration. Le transit de l’eau dans la plante s’effectue en fonction du potentiel hydrique des différents territoires en présence. Dans une région humide de climat tempéré, la concentration de l’eau du sol est très faible et le potentiel hydrique du sol est proche de zéro. Le potentiel de l’atmosphère, même par une journée humide, est très négatif. L’eau passe d’un territoire à l’autre dans le sens des potentiels décroissants. Elle passe donc de manière purement physique du sol vers l’atmosphère et provoque donc un flux hydrique continuel dans la plante. C’est ce que l’on appelle le Continuum Sol/Plante/Atmosphère (CSPA). Ce flux hydrique peut être déséquilibré dans certaines conditions. Les plantes de milieu sec, sont les premières confrontée à ce problème, elles utilisent donc différentes stratégies afin de limiter les pertes hydriques et ne pas déséquilibrer ce potentiel hydrique. Nous allons aborder ces différentes stratégies dans les paragraphes suivants. Coupe d’aloe

L’ACCUMULATION D’EAU DANS DES TISSUS DE RESERVE. L’aloès est une plante originaire d’Afrique du Sud et du Madagascar. L’espèce recense plus de 300 genres différents. Elles portent le plus souvent des rosettes de feuilles terminales en glaive. On observe dans cette coupe d’aloès, la présence d’un parenchyme aquifère destiné au stockage de l’eau. Ce parenchyme est lui-même protégé par un épais épiderme et cuticule qui permet de limiter la perte de cette eau. Cette plante est donc majoritairement constituée d’eau et c’est ce qui lui permet de survivre aux longues périodes de sécheresse,


les plantes développent, des systèmes pour économiser l’eau au niveau des feuilles. Toute la surface foliaire est en contact avec l’atmosphère, mais l’épiderme est protégé par une cuticule imperméable et les échanges gazeux s’effectuent principalement par des pores (ostiole) ménagés entre les cellules de garde de petits organes particuliers, les stomates. La plante régule ses échanges gazeux en modifiant le degré d’ouverture des stomates. Cependant, en cas de sécheresse, elle ne peut fermer complètement ses stomates pour éviter les pertes d’eau et ceci pour deux raisons : - la fermeture empêche l’entrée du gaz carbonique et bloque la photosynthèse, - la transpiration est nécessaire au flux d’eau qui traverse la plante puisqu’elle représente le moteur de la circulation et donc de l’absorption de l’eau. Il s’agit donc pour les plantes de climat sec de trouver des solutions pour limiter au mieux la transpiration sans modifier les échanges photosynthétiques. L’adaptation la plus générale consiste à développer une cuticule épaisse. Les feuilles se sclérifient et deviennent coriaces. De nombreuses plantes ont réduit la surface de contact avec l’atmosphère en formant des feuilles de petite taille ou simplement des épines. D’autres plantes protègent leurs stomates dans des cryptes ou à l’abri de poils. Nous allons faire un tour d’horizon de ces adaptations à l’aide des plantes observées dans le jardin de Hanbury. ADAPTATION DES FEUILLES AVEC UN CUTICULE EPAIS ET CORIACE Laurier sauce - Laurus nobilis

Le laurier est un arbre ou arbuste natif du bassin méditerranéen. C’est d’ailleurs une plante hautement symbolique puisque ces feuilles servaient aux couronnes mortuaires ou à la remise de palmes (Prunus laurocerasus) . Le laurus nobilis forme un arbre en cône de 12 m de haut. Ces feuilles sont lisses et coriaces de couleur vert sombre luisant. Cette caractéristique limite les pertes hydriques par évaporation .Elle fait voir en fin de printemps et en début d’été des petites fleurs en étoile jaunes suivie de baie verte. Cette floraison s’accompagne d’un agréable dégagement de parfum. Ce gaz vient former une enveloppe protectrice autour de la plante qui tout comme l’effet de serre sur terre conserve l’humidité autour de l’arbre. P. 97

Laurus nobilis


Citrus aurantium

Citronier - Citrus aurantium

Essentiellement cultivée pour ces fruits, cette plante est aussi très décorative. Elle est caractérisée par des feuilles persistantes et odorantes. Cette espèce est gélive et peu rustique. Tant que les rhyzome ne sont pas trop gros, la plante peut aussi être cultivée facilement en pot.

Pittosporum tobira

Pittosporum Tobira

Ce genre est composé de 200 espèces d’arbres et arbustes originaires des régions tropicales et subtropicales d’Australie, d’Afrique et d’Asie. Le pittosporum tobira est originaire du japon et de chine. C’est un arbuste de 3m de haut qui porte de longues feuilles ovales et oblongues vert brillant. Il fleurit en fin de printemps et en été avec des fleurs crème en étoile au parfum d’oranger. C’est une bonne plante de haie en bord de mer.

Rosmarinus officinalis

Romarin - Rosmarinus officinalis

Certains botanistes attribuent douze espèces à ce genre. Cet arbuste méditerranéen atteignant rarement plus de 1,2 m de haut est apprécié pour ses qualités culinaires. Le rosmarinus officinalis est fort élégant, avec des rameaux dressés garnis de feuilles en aiguilles vert profond et coriaces. La floraison bleu lavande intervient en général à l’automne.


Olea europaea

Olivier - Olea europaea

L’olivier est un arbre magique et riche. Ses utilisations sont nombreuses et reconnues : nourriture, combustible pour l’éclairage, soin pour la peau et les rhumes, décoration... Tout est utilisable dans l’olivier. Il a toujours été considéré comme un symbole de paix et de fécondité dans l’Antiquité grecque et romaine. L’olivier fait partie de la famille des oléacées (Olea europaea), il était et il est toujours principalement cultivé pour ses olives bien qu’il a aujourd’hui intégré le statut d’arbre d’ornement. C’est un arbre moyennement trapu (moyenne de 2m) qui peut pour certains sujets atteindre les quinze mètres de hauteur. L’olivier peu vivre plus de 1000 ans, son tronc tourmenté et noueux porte à sa base de nombreux rejets dans sa condition mi-sauvage. Le pétiole des feuilles est court. La face supérieure des feuilles est luisante vert foncé, tandis que la face inférieure présente un aspect argenté du à la pruine, ses fleurs blanches forment des grappes courtes.

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Coupe d’une feuille d’Olea europaea

La coupe ci-contre montre le principe de sclérification chez les plantes xérophytes. La feuille est alors épaisse est coriace afin de limiter au maximum l’évaporation. La feuille se sclérifie c’est-à-dire que les tissus changent de nature et se transforment en bois. Dans le cas de l’olivier, on peut aussi aperçevoir des poils protecteurs qui viennent protéger les stomates.


Colletia spinosa

Collétie - Colletia spinosa

Cette petite plante originaire d’Afrique du Sud forme des petites feuilles et des ramules opposées. Les feuilles très petites ne sont présentes que sur les nouvelles pousses. Leur fonction photosynthétique est prise en charge par les ramules épineuses vert vif. Cette plante est un exemple parfait pour montrer à quel point une plante peut réduire son système foliaire afin de réduire la transpiration.

PROTECTION DES STOMATES GRACE A DES POILS C’est un autre type d’adaptation très fréquente concernant la surface des feuilles. L’ensemble de ce système permet de délimiter une zone gazeuse située sous les poils. Cette zone est abritée du vent et donc de la dessiccation due au renouvellement rapide de l’air. Par contre, le gaz carbonique est présent et permet aux stomates d’assurer la pénétration du gaz carbonique nécessaire à la photosynthèse. Echium fastuosum

Echium fastuosum

Le genre est composé d’une quarantaine d’espèces. Les floraisons sont bien souvent généreuses de couleur bleu, violet. Les feuilles sont duveteuses et forment des rosettes à la base des tiges florales. L’echium fastuosum nous vient de l’île de madère. C’est un arbuste au bois tendre et au port étalé. Il peut atteindre 1, 8 mètres de haut. Sa floraison apparaît au printemps. sur 60 cm de hauteur.


Lavandula X allardii

Lavandula X allardii

La lavande compte 25 espèces d’arbustes aromatiques persistants répandus en région méditerranéenne, au Moyen-Orient jusqu’en Inde. Elle a été cultivée pour son parfum et son feuillage décoratif grisâtre. . Sa taille dépasse rarement les 60 - 90 cm . Sa floraison est bleumauve au printemps. Sur cette image en plus des poils et des petites feuilles coriaces, on peut observer une autre stratégie d’adaptation. Les feuilles s’enroulent et se replient sur elle-même pour former un microclimat à l’intérieur des feuilles et ainsi limiter l’évaporation. Drosanthemum hispidum

Lavandula X allardii

Cette succulente au port rampant et étalé avec de minuscules feuilles charnues fait partie de la famille des mésembryanthémées. On peut encore une fois ces petits poils qui servent aussi à capter l’humidité par exemple en cas de rosée matinale.

LA PROTECTION DES STOMATES

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Le règne végétal a développé différentes stratégies pour protéger les stomates de la dessiccation. On en récence deux principales : la protection grâce au repliement des feuilles ou les cryptes pilifères.


Psamma arenaria

Comme la lavande vue précédemment, l’Oyat protège ces stomates situés dans la zone interne par des repliements de la feuille, l’oyat (Psamma arenaria) vit sur des sols sableux en bord de mer. Grâce à ses rhizomes, cette plante colonise ces milieux très secs et est utilisée pour stabiliser les dunes de sable.

Comme le montrent les deux coupes, le mouvement des feuilles d’oyat dépend de l’humidité de l’air. L’expérience est réalisée au microscope sur une coupe transversale de feuille. La feuille en forme de tube ferme en atmosphère sèche (à gauche) s’ouvre et prend la forme d’une lame aplatie en atmosphère humide (à droite). On voit que toute la surface interne est couverte de poils. Expérience sur feuille d’oyat

Les criptes pilifères Dans ce type d’adaptation, la transpiration due aux mouvements de l’air sec externe est limitée puisque les stomates sont abrités. De plus, à l’intérieur des cryptes, règne une atmosphère humide. Enfin, le gaz carbonique, nécessaire à la photosynthèse, peut entrer par diffusion dans la crypte et pénétrer par les stomates. Cripte pilifère d’un feuille de lorier rose


LES ADAPTATIONS COLORIMETRIQUES

Ecorce blanchâtre

Les paysages méditerranéens sont souvent recouverts d’une végétation aux couleurs claires et glauque. Les floraisons sont souvent très discrètes et petites. Cette caractéristique est l’une des adaptations à la sécheresse. En effet plus une couleur est claire mieux elle réfléchit les rayons solaires. Au contraire, plus elle est foncée plus elle va emmagasiner cette chaleur et augmenter la transpiration de la plante. Agava americana

Agave - Agava americana

Cette plante au feuillage vert blanchâtre est un agave. Ces plantes grasses sont originaires des caraibes, du sud des États-Unis, du Mexique et des Antilles. Elles sont connues pour leurs grandes tiges florales décoratives. Un agave fleurit une fois dans sa vie et meurt.

Mimosa - Acacia dealbata

C’est une espèce à croissance rapide. On l’appelle aussi acacia au feuillage blanchâtre. On peut en effet observer ces feuilles très claires bipennées comportant chacune des centaines de folioles à poil blanc.

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Acacia dealbata


QUELQUES ADAPTATIONS MORPHOLOGIQUES Les plantes ont adapté leurs formes leur port à leur environnement. Tout le monde connaît le fameux port en drapeau que les arbres adoptent lorsqu’ils sont exposés au vent (par exemple le Cupressus macrocarpa vu précédemment). Ces formes aérodynamiques permettent de limiter les dessiccations dues au vent. On retrouve ce principe dans la forme de nombreux arbustes qui vont former des boules impénétrables par le vent. Echium fastuosum

Cette echium nous montre une autre technique que les plantes emploient pour leur protection. À quoi peuvent bien servir ces côtes longitudinales sur la tige ? C’est une adaptation morphologique : les côtes permettent de ménager des ombres passagères qui évitent à certaines parties de la surface d’être soumises en continu à l’éclairement solaire intense. On peut observer ce phénomène sur cette image. La moitié de la surface éclairée est dans l’ombre à cause de la section en étoile de l’echium. Whashingtonia robusta

Le Washingtonia robusta conserve ses palmes mortes qui vont créer une jupe protectrice pour l’arbre. Cette épaisse couche de feuillage créé un microclimat humide autour de l’arbre qui souffrira ainsi moins de la chaleur.


CONCLUSION Les adaptations observées sont nombreuses et astucieuses, on pourrait certainement encore en trouver d’autre. De nombreuses plantes combinent bien sûr plusieurs de ces stratégies entre elles pour une efficacité maximum. Pour terminer, je vais présenter un type de plante qui a fait le choix d’une adaptation bien particulière.. Ces plantes ne cherchent pas à résister pour s’adapter. En effet, dans les régions désertiques, la pluie est rare et s’évapore au sol, qui ne reste pas humide longtemps. Certaines plantes se sont adaptées à ces conditions particulières non pas en adaptant leur morphologie, mais en réduisant leur cycle de vie. La germination des graines se fait très rapidement. La plante fleurit après avoir formé 1 à 2 feuilles et donne après la fécondation de nouvelles graines. Ces plantes qui ont un cycle de vie très court, ne durant que de 1 a 3 jours, sont appelées des éphéhèmérophytes.

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Whashingtonia robusta


Vue sur Menton


CON C L USI O N Finalement, on peut dire que ce carnet proposant une synthèse du voyage est aussi un complément d’étude indispensable pour comprendre la complexité et la richesse du territoire méditerranéen.

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En plus des thématiques, botaniques et historiques, qui structurent ce document, nous avons pu comprendre l’histoire de ce paysage qui en quelques années a été totalement bouleversé tant urbanistiquement que socialement.


Aire d’autoroute sur le chemin du retour


BIB I O G RAP HI E

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JARDIN DU LITTORAL - Dominique Legrain GUIDE NATURALISTE DANS LE VAR - Edition Libris LA FRANCE DANS CES REGIONS - André Gamblin LA BAMBOUSERAIE - Louisa Jones CATALOGUE GENERAL - La bambouseraie L’ELOGE DE LA PLANTE - Francis Hallé http://www.calflora.org www. wikipedia.com http://www.nps.gov/goga/ http://davisherb.ucdavis.edu/cnpsActiveServer/geography.asp http://www.cnps.org/ http://frap.cdf.ca.gov/data/frapgismaps/select.asp http://www.dfg.ca.gov/whdab/html/plants.html

Carnet méditéranée  

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