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Violence against women is unacceptable – no matter what she was wearing Statement by UN High Commissioner for Human Rights Navi Pillay to mark the International Day for the Elimination of Violence Against Women Geneva, 25 November 2013 French version below Pour la version française, voir ci-dessous

Violence against women remains one of the greatest scourges of our time. It is disgraceful that even today, for many women and girls everywhere, violence is lurking around street corners, in workplaces or in their very own homes. And too often, justice is elusive. In Busia, Kenya, in June this year, a 16-year-old girl was gang-raped and thrown into a six-metre-deep pit latrine, breaking her back and leaving her with obstetric fistula. Police chose not to prosecute the men, instead ordering them to cut grass around the police station as punishment. The news unleashed a rare outpouring of public indignation and a petition was signed by 1.4 million people. The “Justice for Liz” campaign led the Chief Justice of Kenya to call for immediate action in the case. Why did it take agitation by 1.4 million people to begin the process of justice which is the victim’s fundamental human right? Halfway around the world, in Auckland, New Zealand, when a 13-year-old girl had gone to the police to report that she had been raped by three young men, one of the first questions she was reportedly asked was: “What were you wearing”. This was in 2011. Two years later, after many similar attacks by the same gang, it took a public exposé to rattle the authorities into action. The Independent Police Conduct Authority of New Zealand has been ordered to look into the handling of these cases and police are now finally conducting the investigations they should have begun two years ago. Sadly, these are not isolated cases. Such crimes occur on a daily basis in countries across the world, but they rarely make headlines or lead to public outrage and action by high-level officials. In most parts of the world, women are too ashamed or fearful to report violence, particularly sexual violence, to the police. And when they overcome various societal barriers and taboos to file a complaint, they are all too often met with callous, insensitive official reactions, effectively blocking all access to justice. Violence against women and girls has been perpetuated by centuries of male dominance and gender-based discrimination. Building on deeply entrenched social norms that frame women’s worth around discriminatory notions of chastity and “honour”, violence is often used to control and humiliate not only


the victims, but also their families and communities. It is essential to challenge such notions, which often permeate the justice system itself, resulting in a vicious cycle of impunity and further violence. The UN Committee on the Elimination on Discrimination against Women and the UN Special Rapporteur on Violence against Women have been documenting violence against women, its causes and consequences in all parts of the world and recommending measures to eliminate such violence and to remedy its consequences. These recommendations must be taken seriously. States are obliged by international human rights law to ensure that the criminal justice system, at every stage, is free of gender bias, including in investigation, prosecution, interrogation and protection of victims and witnesses, and in sentencing. The suggestion that women have a propensity to lie and that their testimony must be corroborated or treated with caution should be eliminated from every level of the judicial process, as must the idea that women invite sexual violence by being out late or by dressing in a particular manner. On this International Day for the Elimination of Violence against Women, let us do our part to eliminate the harmful gender stereotypes that help perpetuate a climate where violence against women is considered acceptable or “deserved”. Violence is simply and totally unacceptable – no matter what she was wearing. ENDS For further information and media requests, please contact Rupert Colville (+41 22 917 9767 or + 41 79 506 10 88 / rcolville@ohchr.org ); Ravina Shamdasani (+41 22 917 9169/ rshamdasani@ohchr.org) or Cécile Pouilly (+41 22 917 9310 or +41 79 618 34 30 / cpouilly@ohchr.org) UN Human Rights, follow us on social media: Facebook: https://www.facebook.com/unitednationshumanrights Twitter: http://twitter.com/UNrightswire Google+ gplus.to/unitednationshumanrights YouTube: http://www.youtube.com/UNOHCHR Storify: http://storify.com/UNrightswire Check the Universal Human Rights Index: http://uhri.ohchr.org/en

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Violence faites aux femmes – peu importe ce qu’elle portait ce jour-là Déclaration de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, à l’occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes Genève, 25 novembre 2013


La violence à l'égard des femmes demeure l’un des plus grands fléaux de notre époque. Il est scandaleux qu’aujourd’hui encore, pour nombre de femmes et de filles à travers le monde, la violence se cache au coin d’une rue, au travail ou même au sein de leur foyer – et que trop souvent, la justice continue à leur faire défaut. En juin dernier, à Busia, au Kenya, une jeune fille de 16 ans a subi un viol collectif puis a été jetée dans la fosse d’une latrine de six mètres de profondeur. Le dos brisé, elle souffre aujourd’hui aussi d’une fistule obstétricale. La police a choisi de ne pas poursuivre les hommes impliqués et leur a ordonné de couper l’herbe autour de la station de police en guise de punition. Cette nouvelle a déclenché un rare élan d’indignation publique. Une pétition a ainsi recueilli 1,4 million de signatures et la campagne « Justice for Liz » a poussé le Président de la Cour Suprême à réclamer une action immédiate sur ce cas. Pourquoi a-t-il fallu mobiliser 1,4 million de personnes pour que débute un processus judiciaire qui est pourtant l’un des droits fondamentaux des victimes ? A l’autre bout de la planète, à Auckland, en Nouvelle-Zélande, une jeune fille de 13 ans qui s’était rendue à la police pour signaler avoir été violée par trois jeunes hommes, s’est vue demander : « Comment étiez-vous habillée? » C’était l’une des premières questions qui lui a été posée et c’était en 2011. Deux ans plus tard, après d’autres attaques identiques par ce gang, il a fallu que cette situation soit exposée publiquement pour que les autorités agissent enfin. L’autorité indépendante de surveillance de la police de la NouvelleZélande a reçu l’ordre d’examiner la manière dont ces cas avaient été traités et la police a finalement commencé l’enquête qu’elle aurait dû mener deux ans auparavant. Malheureusement, ces cas sont loin d’être isolés. De tels crimes se produisent quotidiennement à travers le monde mais ils font rarement la « Une » des journaux. La plupart ne génèrent ni réaction publique ni action de la part de hauts responsables étatiques. Dans la plupart des régions du monde, les femmes ont trop honte ou trop peur pour signaler à la police les violences, notamment sexuelles, qu’elles subissent. Et lorsqu’elles parviennent à surmonter les tabous et les diverses barrières sociales pour porter plainte, le plus souvent elles ne rencontrent que des réactions officielles dépourvues d’écoute et de sensibilité, qui aboutissent de facto à bloquer tout accès à la justice. Les violences contre les femmes et les filles sont perpétuées par des siècles de domination masculine et de discrimination basée sur le genre. En se fondant sur des normes sociales profondément enracinées qui établissent la valeur d’une femme en fonction de notions discriminatoires telles que la chasteté et l’« honneur », la violence est souvent utilisée pour contrôler et humilier les victimes, ainsi que leurs familles et leurs communautés. Il faut absolument remettre en question ces notions, qui s’immiscent souvent jusque dans le système judiciaire lui-même et aboutissent à un cercle vicieux d’impunité et de recrudescence de la violence.


Le Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes et la Rapporteuse spéciale chargée de la question de la violence contre les femmes documentent les cas de violences faites aux femmes, leurs causes et leurs conséquences dans toutes les régions du monde. Ils recommandent les mesures à prendre pour éliminer cette violence et remédier à ses effets. Ces recommandations doivent être prises au sérieux. Les Etats ont l’obligation, en vertu du droit international des droits de l’homme, de s’assurer qu’à chaque étape, le système de justice pénale soit exempt de préjugés sexistes, notamment au cours de l’enquête, des poursuites judiciaires, de l’interrogatoire, dans le cadre de la protection des victimes et des témoins, et enfin lorsque la peine est prononcée. L’insinuation selon laquelle les femmes ont tendance à mentir et que leurs témoignages doivent être corroborés ou traités avec circonspection devrait être éliminée à toutes les étapes du processus judiciaire, de même que l’idée selon laquelle les femmes « invitent » les violences sexuelles en sortant tard le soir ou en s’habillant d’une certaine façon. En cette Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, aidons tous à éliminer les stéréotypes sexistes qui facilitent la perpétuation d’un climat dans lequel les violences faites aux femmes sont considérées comme acceptables ou « méritées ». La violence est simplement et totalement inacceptable – peu importe ce qu’elle portait ce jour-là. FIN Pour toute information ou demande d’interview, prière de contacter Rupert Colville (+41 22 917 9767 / rcolville@ohchr.org), Cécile Pouilly (+ 41 22 917 9310 / cpouilly@ohchr.org) ou Ravina Shamdasani (+41 22 917 9169/ rshamdasani@ohchr.org) Pour en savoir plus le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme : http://www.ohchr.org/FR/Pages/WelcomePage.aspx Droits de l’homme à l’ONU, suivez-nous sur les médias sociaux: Facebook: https://www.facebook.com/unitednationshumanrights Twitter: http://twitter.com/UNrightswire Google+: google.com/+unitednationshumanrights Storify: http://storify.com/UNrightswire Youtube: http://www.youtube.com/UNOHCHR

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