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À demain L’homme face à la gloire de Dieu

Philippe Viguier

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PATERNITÉ-PAS D'UTILISATION COMMERCIALEPARTAGE DES CONDITIONS INITIALES À L'IDENTIQUE 2.0 FRANCE HTTP://CREATIVECOMMONS.ORG/LICENSES/BY-NC-SA/2.0/FR/ PAGE 1 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


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Dédicace Pour Luc, mon frère Jeune dans la foi et passionné de Dieu Que cette lecture enrichisse ta foi Et affermisse tes fondations en Christ.

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Préface Lorsque le prophète Jérémie fut appelé au ministère, il n’était encore qu’un adolescent ou un jeune adulte. Mais ceci ne l’empêcha pas de prêcher. En effet, pour lui il était impossible de ne pas proclamer la parole de Dieu : « Si je dis: Je ne ferai plus mention de lui, Je ne parlerai plus en son nom, Il y a dans mon cœur comme un feu dévorant Qui est renfermé dans mes os. Je m’efforce de la contenir, et je ne le puis. » (Jérémie 20 :9) Mais si Jérémie n’avait pas honte d’élever sa voix contre les grands de son pays à son jeune âge, ce n’était certainement pas à cause de son éducation ou de son expérience. Appelé de Dieu, il était un porte-parole. Il ne parlait pas de sa propre autorité, il parlait pour Dieu. C’est ce même feu dévorant qui m’a poussé à composer ce livre. Finissant cet ouvrage à l’âge de 21 ans, je ne possède aucune fondation pour me vanter de mon éducation ou de mon expérience. Si j’écris ce livre ce n’est pas à cause de ma sagesse, je ne me leurre pas. Mon but n’est pas de parler de ma propre voix , mais c’est de proclamer la Parole de Dieu, ce que j’ai essayé de faire aussi fidèlement que possible. Ce livre fut aussi un test de ma foi. C’est une chose de se sentir appelé, mais c’en est un autre de croire que Dieu peut réellement utiliser les PAGE 4 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


choses faibles de ce monde pour confondre les fortes, comme le prêchait l’apôtre Paul (1 Corinthiens 1 : 27). Dieu a permis la complétion de cet ouvrage malgré bien des barrières, je prie qu’il en recueille aussi les fruits. Concernant le contenu du livre, il a été rédigé pour donner une vue d'ensemble sur les fondamentaux de la vie chrétienne en se basant sur la gloire de Dieu. Le plan du livre est formé autour de ce que je crois être les trois piliers de la théologie: Dieu, l'homme, et la relation entre les deux. Lorsque l’on comprend la nature de l’homme, la nature de Dieu et la manière avec laquelle l’homme doit être en relation avec Dieu, l’essentiel de la foi biblique est communiquée. C’est pour cela que le livre contient une partie sur la nature de l’homme (limité, inutile, dépendant, dépravé), une autre sur la nature de Dieu (amour), et trois parties sur la relation entre les deux (basées sur Exode 33-34). L’introduction et la conclusion servent de ciment pour le reste du livre.

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L’idée de ce livre est simple : Dieu est glorieux, et l’homme ne l’est pas. Mais en se soumettant à Dieu, l’homme permet à Dieu d’accomplir Ses œuvres en lui. Et quelles œuvres ! Quelle gloire ! C’est ce que Paul nous communique en 1 Corinthiens 4 :7 : « Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. » Ma vision de la gloire de Dieu a énormément changée lors de mon étude. Au début, j'imaginais la gloire de Dieu dans l’église comme quelque chose attirant l’attention, donnant des idées de grandeur et de lumière. Mais en réalité, c’est bien plus profond que cela. La gloire de Dieu en l’homme, c’est avant tout ce qui lui permet d’accomplir ce qui est impossible à sa nature pécheresse de faire   : aimer, pardonner, s’abandonner, souffrir avec joie, garder espoir, rester fidèle malgré tout. Je prie de tout cœur que cette lecture vous sera une bénédiction, qu’elle rafraîchira votre esprit et vous rappellera à quel point la marche avec Dieu est belle et merveilleuse ! En Christ, Philippe Viguier

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Première partie : Introduction « Certaines personnes voient les choses comme elles sont et demandent ‘Pourquoi ?’ Je rêve de choses qui n’ont jamais été et m’exclame ‘Pourquoi pas !’ »

George Bernard Shaw

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I. Un Rêve de Loin Il y a de cela près de quatre mille ans, un homme regardait les étoiles. Venant d’une contrée où les gens adoraient la lune, il avait souvent observé le ciel. Souvent, il avait essayé de trouver un sens à sa vie en contemplant la toile nocturne. Pourtant, l’immensité et la grandeur de celle-ci n’avait jusqu’alors apporté qu'un sentiment de vide et de désir non comblé. Mais cette fois les choses étaient bien différentes. Pour la première fois, l’infinité du ciel semblait pouvoir être saisie. Après la mort de son père, Abraham avait reçu un appel de Dieu lui demandant de tout quitter, son pays, sa patrie et sa famille, pour se rendre dans une terre qu’il ne connaissait pas. Abraham avait alors 75 ans. Accompagné de sa femme, de son neveu et de ses serviteurs, il était parti pour Canaan. A son arrivée, Dieu lui promit ce même pays pour sa descendance. Abraham avait souvent médité sur cette promesse. Ce Dieu qui lui était apparu et qu’il connaissait encore si peu était si différent des autres dieux et de leurs religions. Comme cette lune isolée dans le ciel obtenant toute l’attention au détriment du reste, les religions qu’Abraham avaient observées ne semblaient expliquer la vie que de façon limitée ; où le but de chacun n’était que de satisfaire son propre intérêt, oubliant l’entourage et la beauté d’un univers.

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Ce Dieu-là en revanche lui faisait voir le monde au travers d’une perspective bien plus vaste ; où rien ne s’isole, où dans le ciel, chaque étoile compte. Où le sens de la vie se trouve dans chaque détail. Il lui avait dit plus tôt : « Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » (Genèse 12 :2-3). Non seulement sa relation avec ce Dieu bouleversait sa vie, mais celle aussi de toute la terre, présente et future. Et alors qu’il contemple ces étoiles, Abraham réalise que le Dieu avec lequel il est entré en communion est bien plus grand que tout ce qu’il aurait pu imaginer. Cette relation avec ce Dieu ne le connectait pas seulement avec un grand Dieu, mais aussi avec tout le reste de sa création. Il commençait à faire partie d’une histoire bien plus grande que la sienne ; celle du Dieu de l’Humanité. Abraham avait déjà constaté la puissance de ce Dieu. Il revenait juste d’une bataille où il avait vaincu quatre chefs de grandes villes qui avaient conquis et ravagé une partie du pays et enlevé son neveu. Avec seulement 318 de ses serviteurs il avait mis en déroute quatre rois et leurs armées. Jusqu’où pouvait aller la puissance de ce Dieu ? A quel point était-il grand ? C’est ce à quoi il réfléchissait en regardant le ciel. Dieu venait juste de lui dire « Regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les PAGE 9 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


compter. Et il lui dit: telle sera ta postérité. » (Genèse 15   :5). Et alors, il essayait de compter ces étoiles. Mais plus ses yeux s’habituaient à l’obscurité, plus celles-ci semblaient être nombreuses. Trop nombreuses pour être comptées. Quel Dieu pouvait faire une telle promesse ? Non seulement Abraham était sans enfant, avancé en âge, aux alentours des quatre-vingt ans, mais en plus son épouse était stérile. Comment une postérité aussi nombreuse que ces milliers et milliers d’étoiles pourrait-elle naître à partir de rien ? Sur le plan humain, tout semblait impossible. Mais ces étoiles, si nombreuses, représentant chacune une âme, une vie, une histoire, rappellent à Abraham qu’il ne pourrait jamais saisir la totalité de ce dont il faisait partie. Tout ce qu’il pourrait être ou connaître ne resterait que quelques mesures, qu’un épisode, dans la symphonie de la relation entre Dieu et l’homme ; Abraham réalisa que ce qui est perçu par l’œil ne suffisait pas. Et Abraham crut. Il crut en l’invisible, en l’impossible. « Espérant contre toute espérance, il crut, en sorte qu'il devint père d'un grand nombre de nations, selon ce qui lui avait été dit: telle sera ta postérité. » (Romains 4 :18). Et lorsqu’Abraham mit sa foi en Dieu, cette communion s’élargit de nouveau en profondeur. Ce rêve de Dieu pour l’humanité devint aussi celui d’Abraham. Et pendant qu’Abraham continuait de chercher à saisir l’étendue d’une telle promesse, il réfléchissait à la grandeur du Dieu pouvant garantir autant. Quelle peut donc être la majesté d’un Dieu PAGE 10 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


donnant autant à partir du néant ? Et il se demanda : pourquoi moi ? Pourquoi un Dieu si puissant me choisirait-il moi pour partager une relation si profonde ? Pourquoi me faire à moi une promesse si belle ? Quel avantage obtient-Il à agir de la sorte ? Et alors qu’Abraham découvre un Dieu fidèle, gracieux et rempli d’un amour désintéressé, il réfléchit à la richesse de la vie qui l’attend. Ce n’est pas simplement la promesse qui est belle, mais bien celui qui a le pouvoir de la faire. Si ce Dieu peut garantir une telle promesse, quoi d’autre reste-il encore à découvrir de lui ? Et Abraham rêve. Lorsqu’il comprend que ce Dieu si grand et si puissant sera avec lui tous les jours, il réalise que sa vie ne sera aussi belle que pour autant qu’il laisse ce Dieu agir ; et qu’il croie. Peu importe ce qu’il peut imaginer ou penser de bon pour son futur, ce Dieu aura quelque chose d’encore plus merveilleux. Et la vie ne devient alors qu’un rêve dont la beauté et la grandeur ne font que croître jour après jour. Et au fur et à mesure qu’il croit et connaît ce Dieu dont la gloire est infinie, il s’aperçoit que la richesse de la vie qui l’attend ne dépendra que de la foi qu’il investit en Dieu. Et plus il croit, plus le rêve devient beau. Et le futur, sa vie, devient une peinture inachevée dont les couleurs ne peuvent s’ajouter que par l’expression de la foi, et dont l’œuvre finale ne reste…qu’un rêve de loin.

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4000 Ans Plus Tard Nous voici maintenant 4000 ans après Abraham. Et ce Dieu n’a pas changé. Au contraire, il a continué à révéler sa grandeur au travers de l’Histoire par de nouvelles œuvres et de nouvelles promesses, afin que l’homme puisse le connaître même davantage qu’Abraham ne le put à son époque. 4000 ans se sont écoulés, durant lesquels ce Dieu a investi son âme dans des milliers d’histoires, dans des milliers de vies. Et il ne s’est toujours pas lassé de ses promesses. Il est resté fidèle en toutes choses. Mais cela nous fait-il rêver ? Que ressent-on lorsqu’on a une relation avec le Dieu Tout-Puissant, Créateur de l’univers   ? Quelles sont nos attentes vis-à-vis d’une telle relation   ? Vivons-nous une chrétienté intense, constamment renouvelée et rafraîchie par une relation avec l’Etre parfait, ou avons-nous cessé d’espérer ? Imaginez le plus grand artiste de tous les temps. Imaginez le plus grand auteur ayant jamais existé. Imaginez l’histoire la plus belle et la plus merveilleuse, la plus grande et la plus passionnée. Imaginez faire partie de cette histoire. Imaginez la plus pure et la plus intense relation d’amour ayant jamais existé, entre un père et un fils. Imaginez deux êtres parfaits unis avec une telle profondeur que leurs désirs ne peuvent être dissociés. Imaginez un père aimant son fils, et un fils aimant son père ; pendant toute une éternité. Puis imaginez ce père voulant offrir un cadeau à son PAGE 12 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


fils : un cadeau dont la grandeur serait sans mesure, la beauté indescriptible, la valeur infinie. Imaginez ce père prenant son fils par la main, pointant dans le néant et faisant apparaître un monde. Un univers entier. « Au travers » de son fils et « pour » son fils (Colossiens 1 :16). Cette histoire, c’est celle de la Bible. Bien sûr, elle ne s’arrête pas au récit de la création. Dieu avait d’autres plans. Ce monde qu’il voulait offrir à son Fils, il allait aussi le préparer et le faire mûrir pour une perfection sans pareil. Il ne voulait pas donner à son Fils un bébé, mais bien un monde telle une « épouse » mûre et « préparée » (Apocalypse 19 :7). Et pour cela, l’Histoire serait nécessaire ; une période au travers de laquelle le Père préparerait un monde, non seulement pour que ce monde apprenne à aimer son Fils, mais pour qu’il en soit fou amoureux. Il allait préparer une « épouse » qui connaîtrait son Fils de telle manière qu’elle saurait réellement apprécier chaque aspect de sa personne. Par des récits, par des vies, par des aventures et des merveilles, il allait révéler à l’homme au travers d’une longue histoire la plénitude de son être. Il allait définir son caractère, illustrer sa nature, peindre les profondeurs de son cœur. Evénement après événement, il allait faire découvrir à une créature le sens de l’infini, de la grandeur et de l’éternité. Ce qui est beau dans une histoire, c’est que chaque détail compte. Chaque moment, chaque seconde sont importants. Chaque détail de notre vie est une partie essentielle du plan de Dieu pour ce monde. Cet PAGE 13 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


instant a son importance. Aux yeux de Dieu, vous avez de l’importance. En réalité, Dieu a des plans pour votre vie qui dépassent l’imaginable. Peu importe qui vous êtes. Peu importe votre âge ou votre situation. Peu importe votre passé. Vous faites partie d’un roman où la beauté se cache derrière chaque lettre, derrière chaque touche d’encre. La question reste : y croyez-vous   ? Quelle est la grandeur de votre Dieu   ? Comment imaginez-vous la mesure de sa gloire ? Vous fait-il rêver ? Peu importe à quel point les choses semblent être petites ou insignifiantes, que ce soit un simple moment ou une personne comme vous et moi ; « Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes » (1 Corinthiens 1 :27). Avec Dieu, la grandeur des choses se trouve dans les moindres ; les plus riches trésors se trouvent dans les plus simples endroits. Peut-être n’avons-nous pas beaucoup à apporter. Peut-être même pas cinq pains et deux poissons. Qu’importe ? Avec un Dieu « qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons   » (Éphésiens 3   :20), qu’avons-nous d’autre à présenter ? Il peut multiplier. Et si tout ce que nous avions à faire était de simplement tendre la main, et de se faire conduire ? Et si tout ce qui manquait à ce rêve pour devenir réalité était que l’on ferme les yeux et en y croyant ?

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Il existe un endroit où la vie peut être contemplée ; où elle peut être approchée tel un enfant regardant un grand champ vaste et vierge : un enfant rempli d’espoir et avide de découvrir tous les trésors qui y sont cachés. Il est un lieu où chaque vue a le potentiel d’être glorieuse et chaque pensée celui d’être un rêve. Cet endroit, c’est le cœur de celui qui s’exclame en réponse à Dieu: Pourquoi pas !

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2. La Gloire de Dieu Deux Gloires L’année dernière, j’ai eu le privilège de visiter l’Egypte. Et s’il est un pays qui a connu la gloire sur cette terre, c’est bien l’Egypte. Quand on regarde les pyramides, les temples et les tombeaux, on se dit : « Quelle gloire ce fut à l’époque !   » Mais quelque part, si l’on se dit cela en utilisant le passé, c’est bien parce que cette gloire a disparu. Ce n’était pas une gloire qui dure. Tout ce que l’on voit aujourd’hui de l’Egypte antique ce sont des ruines. Et les ruines, en général, ne sont pas emblématique de gloire. Cette gloire qui couronnait jadis l’Egypte est passée. Finie. Il n’en reste rien. Mais ce qui m’a marqué le plus pendant mon voyage n’étaient ni les pyramides ni les temples ; c’étaient les œuvres de Dieu : le Nil, un lever de soleil depuis le Mont Sinaï, la Mer Rouge. Les temples, une fois qu’on les a vus, on n’est pas empressé d’y revenir. Je peux vous assurer qu’après le quatrième ou cinquième, l’enthousiasme s’était déjà fortement atténué : « tiens, encore des pierres ! Tiens des hiéroglyphes pour changer ! Oh, quelle joie, un homme à tête de crocodile ! » Et puis je mets mes pieds dans la Mer Rouge et commence à regarder autour de moi. Un poisson au front avancé, long d’une trentaine de centimètres, coloré d’un vert pâle et d’un bleu aquatique passe à quelques mètres de mes pieds. Je le suis et me retrouve sur une barrière PAGE 16 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


de corail où des centaines de poissons de toutes les couleurs, jaunes et noirs, violets, oranges et bleus nagent ensembles. J’aurais pu rester là pendant des heures. Les pyramides semblent tellement petites et leur gloire tellement infime comparée à la gloire des œuvres de Dieu. L’Egypte nous montre bien que même les plus belles merveilles de l’homme ne passent pas la barrière du temps. La vraie gloire, celle qui dure, c’est celle de Dieu.

L’Histoire « Les cieux racontent la gloire de Dieu, Et l'étendue manifeste l'œuvre de ses mains » (Psaume 19 :1).

Les cieux ont beaucoup à nous raconter. Les étoiles nous parlent de la puissance de Dieu et de sa grandeur, le soleil révèle sa lumière, les couleurs nous décrivent son goût pour la beauté, les nuages nous montrent son amour de la diversité et son sens de l’humour, la pluie nous rappelle sa souveraineté et sa fidélité ; on peut y voir sa paix, sa passion pour la perfection, sa douceur et même sa colère. En fait, le mot hébreu (langue dans laquelle fut rédigée la plus grande partie de l’Ancien Testament) traduit par « raconter » vient de la racine signifiant « livre » ou « parchemin. » Lorsque Dieu décrit sa gloire, il ne le fait pas brusquement, mais bien au contraire en racontant une histoire

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où toutes choses sont reliées les unes aux autres sans qu’aucun détail ne reste égaré sans son sens. L’histoire de la création est une belle histoire, une histoire vraiment glorieuse. Cependant, seul l’homme est décrit comme étant « à son image » (Genèse 1 :26). Le reflet de la beauté de Dieu en l’homme dépasse de loin les autres merveilles de la première semaine de ce monde. La gloire que Dieu réserve à l’homme est bien plus grande que celle révélée au travers du reste de sa création. L’histoire de la création en est une magnifique, mais elle reste trop courte pour dépeindre les richesses de gloire préparées par Dieu pour ses enfants. Pour cela plus de temps sera nécessaire, avec plus d’histoires et plus de merveilles. L’homme aura besoin de l’Histoire.

Définition Paul écrivait aux Corinthiens : « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10 :31). Le croyant est appelé à tout faire pour la gloire de Dieu. D’ailleurs, si l’on devait faire un sondage pour demander aux Chrétiens le plus grand but du croyant, beaucoup répondraient : « il faut vivre pour la gloire de Dieu. » C’est aussi le but de Dieu pour sa propre vie : « C'est pour l'amour de moi, pour l'amour de moi, que je veux agir ; car comment mon nom serait-il profané ? Je ne donnerai pas ma gloire à un autre » (Esaïe 48 :11). PAGE 18 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Mais qu’est-ce que la gloire de Dieu ? Le mot « gloire » est beaucoup utilisé dans notre langage chrétien, et de nombreuses manières différentes. C’est un mot qu’on chante, qu’on lit dans la Bible dans de nombreux passages, qu’on entend dans les messages, qui se répète sans arrêt dans la littérature chrétienne. Mais qu’est-ce qui est donc impliqué dans l’utilisation de ce mot   ? Est-ce seulement un de ces mots à la mode dans le langage chrétien ou contient-il un sens unique et précis ? Trop souvent, il me semble que la gloire de Dieu reste une idée vague, lointaine, indéfinie. N’est-ce pas pourtant le but du croyant de connaître cette gloire pour vivre par elle ? Si le sens de la vie pour le chrétien est réellement défini par la gloire de Dieu, alors comprendre l’étendue et la valeur de ce concept est une chose indispensable. Malheureusement, de nombreux mots riches en sens et en valeur ont été banalisés par leur répétition et leur utilisation. Le mot « gloire » est l’un d’entre eux. L’homme communique par le langage, exactement comme la Bible le fait. Ainsi, pour trouver la vraie valeur des termes chrétiens, il faut les comprendre à la lumière du langage des Écritures. Chaque mot de la Bible a été placé de manière très précise et très réfléchie, chaque fois dans un contexte lui donnant une certaine richesse et une certaine identité. C’est pour cela que la Bible est une source infinie pour le croyant   : non seulement les vérités qu’elle partage sont extrêmement

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riches, mais en plus ces vérités s’enrichissent encore davantage les unes les autres lorsqu’elles sont comparées et comprises ensemble.

Mots Hébreux La langue française décrit le terme « gloire   » d’une manière qui se rapproche du sens biblique par sa généralité. En effet, le Petit Robert donne plusieurs définitions du mot « gloire. » Premièrement, c’est une « grande renommée répandue dans un très vaste public, et tenant à des mérites, des actions ou des œuvres jugées remarquables. » C’est aussi un « éclat prestigieux dont la grandeur est environnée. » Cependant, l’une des limites de la langue française lorsqu’on l’utilise pour expliquer le langage biblique est que souvent elle définit en un seul mot ce que l’hébreu ou le grec définissent en plusieurs. Par exemple, alors que le français ne possède qu’un seul mot pour définir l’idée « d’amour », le grec en a cinq. De même, en hébreu il existe au moins sept mots qui renvoient à l’idée de «   gloire   », lesquels nous allons maintenant regarder. Adar : signifie « augmenter, » « être large, » « être grand » (magnifique) et « devenir glorieux. » C’est ce que Moïse a utilisé en Exode 15 :11 pour décrire Dieu : « Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel ? Qui est comme toi magnifique en sainteté, Digne de louanges, Opérant des prodiges ? » Ici, la gloire de Dieu est sa magnificence, sa grandeur, et aussi quelque chose d’unique. En effet, cette gloire est liée à la sainteté de Dieu, un mot PAGE 20 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


désignant quelque chose de « mis à part. » Cette gloire place Dieu dans une catégorie de grandeur totalement différente de toute autre personne, révélée par des prodiges. Guéhout : signifie ‘être élevé,’ ou ‘excellence,’ ‘majesté,’ ‘splendeur.’ C’est l’idée que David voulait exprimer en écrivant Psaume 93 :1 « L'Éternel règne, il est revêtu de majesté » et Moïse en Exode 15 :1 « Je chanterai à l'Éternel, car il a fait éclater sa gloire. » Cela implique un Dieu qui est exalté et dont les bonnes œuvres produisent une réponse de louange et d’adoration. De la même façon, le terme gabah signifiant ‘exalter’ fut utiliser par David en Psaume 113 :5 « Qui est semblable à l'Éternel, notre Dieu ? Il a sa demeure en haut. » Hadar   : veut littéralement dire ‘magnificence,’ soit ornement ou splendeur. David utilisa ce mot en Psaume 145 :5 lorsqu’il dit : « Je dirai la splendeur glorieuse de ta majesté ; Je chanterai tes merveilles. » Cette idée reflète l’idée d’honneur et de royauté. De même, hode signifie ‘grandeur’ et dénote d’une proximité de définition. Cela parle d’un Dieu surpassant la limite de la compréhension humaine, comme Elihu le décrivit en Job 37 :22-32 : « Oh ! que la majesté de Dieu est redoutable ! Nous ne saurions parvenir jusqu'au Tout Puissant, grand par la force, par la justice, par le droit souverain. » Pahar : signifie ‘ornement.’ Cela fait allusion à la beauté esthétique de la gloire de Dieu. David en fit mention en Psaume 71 :8 « Que ma bouche soit remplie de tes louanges, que chaque jour elle te glorifie ! » PAGE 21 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Après avoir regardé les six premiers termes, on s’aperçoit que la gloire de Dieu a plusieurs facettes. Elle implique des prodiges, de la beauté, de la grandeur et de la majesté la différenciant et la mettant dans une catégorie à part, élevée … surhumaine.

« Fais-moi voir ta gloire ! » Et c’est ce sens qu’exprime le dernier terme, kabod, un sens qui dénote du divin, qui est aussi le plus important et le plus utilisé dans l’Ancien Testament (jusqu’à 200 fois). Ce mot vient de la racine signifiant ‘poids’ et veut dire ‘être lourd.’ Il fait référence à une gloire et un honneur qui abondent dans la présence pesante de Dieu. Bien plus qu’une simple caractéristique, ce mot implique la présence même de Dieu. Ce mot, Dieu le définit aussi pour nous de manière très précise en Exode 33-34 lorsque Moïse crie à lui : « Fais-moi voir ta gloire ! » (33 :18). A ce moment là, Moïse était confus et rempli de doute quant au futur d’Israël. En effet, très peu de temps avant, alors que Moïse s’entretenait avec Dieu sur le Mont Sinaï, la descendance d’Abraham s’était forgé un faux dieu, un veau d’or. Pendant que de son côté Moïse recevait la parole même de Dieu, le peuple se rebellait contre lui délibérément. Quel espoir y avait-il pour Israël ? Moïse s’était présenté à Dieu pour prier en sa faveur et demander le pardon de son péché, même au prix de sa propre destinée éternelle : « Pardonne maintenant leur péché ! Sinon, efface-moi de ton livre que tu as écrit » (32 :32). La réponse que Dieu allait lui donner le laissera perplexe : « C'est celui qui a péché contre moi que j'effacerai de mon PAGE 22 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


livre. Va donc, conduis le peuple où je t'ai dit. Voici, mon ange marchera devant toi, mais au jour de ma vengeance, je les punirai de leur péché. » Moïse avait pour mission de mener un peuple rebelle envers Dieu en obéissant aux paroles de ce même Dieu. Comment faire ? Moïse savait que cela était impossible. Il aurait besoin d’aide. Et cette aide, Moïse avait bien compris qu’elle devrait venir de Dieu même ; Dieu en personne. « Voici, tu me dis: Fais monter ce peuple ! Et tu ne me fais pas connaître qui tu enverras avec moi. Cependant, tu as dit: Je te connais par ton nom, et tu as trouvé grâce à mes yeux. Maintenant, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître tes voies ; alors je te connaîtrai, et je trouverai encore grâce à tes yeux. Considère que cette nation est ton peuple. L'Éternel répondit: Je marcherai moimême avec toi, et je te donnerai du repos. Moïse lui dit: Si tu ne marches pas toi-même avec nous, ne nous fais point partir d'ici. Comment sera-t-il donc certain que j'ai trouvé grâce à tes yeux, moi et ton peuple ? Ne sera-ce pas quand tu marcheras avec nous, et quand nous serons distingués, moi et ton peuple, de tous les peuples qui sont sur la face de la terre ? L'Éternel dit à Moïse: Je ferai ce que tu me demandes, car tu as trouvé grâce à mes yeux, et je te connais par ton nom. » (Exode 33 :12-17) Moïse avait réalisé que le seul moyen pour lui d’accomplir la volonté de Dieu était d’avoir ce Dieu à ses côtés, non pas seulement pour donner des directions lors des grandes décisions, mais bien pour offrir sa présence à chaque pas, à chaque moment. Cette présence, Moïse voulait PAGE 23 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


aussi en connaître la grandeur, le sens et la valeur. Alors il s’exprime au verset suivant : « Fais-moi voir ta gloire ! » (33 :18). Cet épisode décrit mieux que n’importe quel autre la manière dont Dieu comprend sa gloire. En effet, en réponse à Moïse il s’exclame : « Tu ne pourras pas voir ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre » (33 :20). Pour Dieu, sa gloire est tout simplement qui il est ; c’est sa personne. Cependant, puisque l’homme ne peut le voir, il va partager sa présence de trois manières différentes   : sa présence ressentie, sa parole et ses œuvres. Pendant que Dieu descend dans une nuée (présence ressentie), il proclame (sa parole) ce qu’il fait (ses œuvres). L’apôtre Jean reprendra les trois mêmes aspects en décrivant la gloire de Dieu manifestée en Jésus-Christ : « Et la parole a été faite chair (présence par sa parole), et elle a habité parmi nous (présence ressentie), pleine de grâce et de vérité (présence par les œuvres) ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père » (Jean 1 :14). Présence ressentie : Lorsque Dieu manifeste sa gloire, il le fait en partie par une présence qui est ressentie, telle la nuée (34 :5). Cette présence ressentie, Dieu la manifestait surtout dans le tabernacle et plus tard dans le Temple pour l’Ancien Testament ; puis en Jésus et dans la possession du Saint-Esprit dans le Nouveau Testament. C’est cette gloire qu’on appelle souvent la gloire «   Shékinah   » ; mot non-biblique mais provenant de la racine hébraïque signifiant ‘tente.’ Le mot tabernacle

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provient aussi de la même origine ; ainsi que le verbe ‘habiter’ utilisé par l’apôtre Jean lorsqu’il fait allusion à Jésus en Jean 1 :14. Cette présence ressentie par les hommes peut aussi être tracée dans la Bible depuis le Jardin d’Eden jusqu'à l’état final de l’éternité. C’est ce qu’Adam connut dans le Jardin d’Eden (Genèse 3 :8), ce qui fut présent lorsque Dieu fit son alliance avec Abraham (Genèse 15 :12), qui fut vu de Moïse dans le buisson ardent (Exode 3 :3), qui était évident sur le Mont Sinaï (Exode 24 :15-18), constamment dans le tabernacle (Exode 25 :8), puis dans le Temple de Salomon (1 Rois 8   :12). Ezéchiel en décrit le départ suite à la destruction du premier Temple (Ezéchiel 10-11) et Agée le retour lors de la construction du second Temple (Agée 2 :1-9). Elle se manifesta pleinement en Jésus (Jean 1   :14), particulièrement à sa naissance (Luc 2 :8-9) et lors de la Transfiguration (2 Pierre 1 :16-18, Jean 1   :14 ; Matthieu 17   :1-8). Elle est maintenant active au travers de la présence du Saint-Esprit habitant le croyant (1 Corinthiens 3 :16), et sera perçue lors du retour de Christ (Matthieu 16 :27) et lors de l’état éternel final (Apocalypse 21). Cet aspect de la présence de Dieu est indispensable pour vivre pleinement la gloire de Dieu. C’est aussi pour cela que Dieu commanda ensuite à Moïse d’ordonner des festivités obligatoires pour tout Israël, afin que tous puissent être rassemblés là où Dieu choisirait de se présenter : « Tu célébreras la fête des semaines, des prémices de la moisson du froment, et la fête de la récolte, à la fin de l'année. Trois fois par an, tous les PAGE 25 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


mâles se présenteront devant le Seigneur, l'Éternel, Dieu d'Israël » (Exode 34 : 22-23). Au moins trois fois par an, les Israélites étaient censés expérimenter cette présence ressentie de Dieu, soit près du tabernacle, soit plus tard dans le Temple. Et ce que les Israélites expérimentaient au travers de ces événements est maintenant disponible en tout temps pour ceux qui possèdent le Saint-Esprit, donné à Dieu à ceux qui croient en lui. Présence par sa Parole : le second aspect de la gloire de Dieu manifesté dans ce passage est celui de la parole. En effet, Moïse n’expérimenta pas seulement quelque chose de sensationnel et d’extérieur, mais aussi quelque chose de bien personnel et de concret par la parole de Dieu. Pour révéler sa gloire à Moïse, Dieu parla. Plus précisément, dans ce contexte il lui donna même des commandements, dont les dix commandements appelées les dix « paroles » (34 : 11-28). On parlait plus tôt de la gloire de Dieu révélée lors de la création. Cette gloire aussi fut le fruit de sa parole, comme l’indique l’auteur de l’épître aux Hébreux : « le monde a été formé par la parole de Dieu » (Hébreux 11 :3) et comme on le constate dans le récit même : « Dieu dit: Que la lumière soit ! Et la lumière fut. » (Genèse 1 :3). C’est toujours au travers de sa parole que Dieu révéla ses plans à l’homme, premièrement lui commandant d’être fécond et de se multiplier et ensuite en lui commandant de s’abstenir de se nourrir du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal (Genèse 1 :22 ; 2 :16-17). Dieu parla à Job PAGE 26 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


pour l’instruire (Job 38-41), aussi à Abraham (Genèse 15 :1), il parlait « face à face » avec Moïse et lui donna une loi pour Israël (Exode 33 :11. Deutéronome 6 :4-6), il parla au travers des prophètes (Hébreux 1 :1) et finalement au travers de la personne de Jésus-Christ (Jean 1 :14). Quand on pense à la gloire de Dieu, on ne pense pas souvent à ses mots ou paroles. Et pourtant, lorsque Moïse revint vers le peuple après cet événement, suite à sa demande de voir la gloire de Dieu, son visage rayonnait de telle manière que les gens craignaient de lui parler. Son visage brillait non seulement parce qu’il avait expérimenté la nuée, mais bien «   parce qu'il avait parlé avec l'Éternel   » (Exode 34   :29). Comme l’indique Esaïe, la gloire de Dieu et sa parole sont étroitement liées : « La gloire de l'Éternel sera révélée, et au même instant toute chair la verra ; car la bouche de l'Éternel a parlé » (Esaïe 40 :5). Présence par les Œuvres : Comme Dieu ne peut être perçu par l’homme pour qui il est, il se révèle en partie par ce qu’il fait. En effet, lorsque Dieu apparaît dans la nuée il s’écrit   : «   L'Éternel, l'Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu'à mille générations, qui pardonne l'iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l'iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération ! » (Exode 34 :6-7). Dieu révèle qui il est par ses actions : il est un Dieu qui pardonne les péchés, mais aussi qui les juge. En fait, comme le décrit ce passage, ces œuvres révèlent PAGE 27 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


quatre aspects de Dieu résumant bien son caractère et sa nature : sa bonté, sa fidélité, sa justice et son infinité. En s’exprimant dans ces deux versets, Dieu donnera une définition de sa personne qui restera la même jusqu’à la fin de la Bible. Les deux termes utilisés dans ce passage, bonté et fidélité, sont utilisés tout au long des Écritures par ses différents auteurs pour dépeindre Dieu. Ils sont répétés ensemble au moins 16 fois dans les Psaumes, et à bien des reprises dans d’autres livres. Ils sont aussi très riches en sens. Le premier terme, traduit ici par bonté, peut aussi être traduit par ‘grâce’ ou ‘amour immuable.’ Il dépeint un Dieu qui cherche le bien de ceux qui l’entourent, et qui le fait avec une force remarquable. Le deuxième terme traduit par fidélité reflète l’idée de ‘stabilité’ et de ‘vérité.’ Il implique le sens d’un Dieu qui ne change pas, qui reste constant et qui incarne tout ce qui est véritable. Troisièmement, ce passage révèle aussi la justice de Dieu : « qui ne tient pas le coupable pour innocent. » Dieu est un Dieu juste, ce qui explique beaucoup de ses actions et de ses motivations. Finalement, Dieu est un Dieu infini. Il est au contrôle des choses : il peut conserver son amour jusqu’à mille générations ou  punir l’iniquité de certains sur trois ou quatre générations. Seul un Dieu souverain et infini peut pouvoir rester au contrôle de ces choses. David écrivait en Psaume 19 :17 : « l’Eternel est connu par les jugements qu’il exécute. » Ce que Dieu fait reflète qui il est et permet de donner de la connaissance, de manifester sa gloire. C’est aussi pour cela qu’il indique PAGE 28 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


à Moïse, un peu plus loin et toujours dans le même épisode : « Voici, je traite une alliance. Je ferai, en présence de tout ton peuple, des prodiges qui n'ont eu lieu dans aucun pays et chez aucune nation ; tout le peuple qui t'environne verra l'œuvre de l'Éternel, et ce que j’accomplirai par toi inspirera de la crainte » (Exode 34 : 10). Aussi, on voit ici que la manifestation de cette gloire inspire de la crainte pour ceux qui l’observent, chose sur laquelle nous allons maintenant nous pencher.

La Crainte de l’Eternel Peu importe quel type de gloire se manifeste, que ce soit par la présence ressentie de Dieu, par sa parole ou par ses œuvres, ce qui en résulte à chaque fois est de la crainte : Présence ressentie : « Je regardai, et voici, la gloire de l'Éternel remplissait la maison de l'Éternel. Et je tombai sur ma face » (Ezéchiel 44:4). « L'aspect de la gloire de l'Éternel était comme un feu dévorant sur le sommet de la montagne, aux yeux des enfants d'Israël » (Exode 24 :17). Paroles : « Souviens-toi du jour où tu te présentas devant l'Éternel, ton Dieu, à Horeb, lorsque l'Éternel me dit: Assemble auprès de moi le peuple ! Je veux leur faire entendre mes paroles, afin qu'ils apprennent à me craindre tout le temps qu'ils vivront sur la terre ; et afin qu'ils les enseignent à leurs enfants » (Deutéronome 4 :10). « Éternel, j'ai entendu ce que tu as annoncé, je suis saisi de crainte » (Habakuk 3 :2).

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Œuvres : « Voici, je traite une alliance. Je ferai, en présence de tout ton peuple, des prodiges qui n'ont eu lieu dans aucun pays et chez aucune nation ; tout le peuple qui t'environne verra l'œuvre de l'Éternel, et ce que j’accomplirai par toi inspirera de la crainte » (Exode 34 : 10). La réponse recherchée par Dieu suite à la manifestation de sa gloire est la crainte de son nom. Mais qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce que la crainte de Dieu et pourquoi est-elle nécessaire   ? Dans le prochain chapitre nous allons nous tourner vers l’un des plus grands théologiens et sage de tous les temps pour répondre à ces questions : Salomon.

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3. Sagesse de Salomon « La crainte de l'Éternel enseigne la sagesse, Et l'humilité précède la gloire. » Proverbes 15 :33

La goutte d’eau Imaginez une goutte d’eau. Imaginez qu’elle représente 100 ans. Maintenant imaginez-vous à l’intérieur de cette goutte, vous et votre vie. Chaque année, chaque moment clé en représente une partie. Maintenant pensez à ce que cette goutte représente face à l’éternité, à l’infinité : jetezla dans un grand verre d’eau. Imaginez-vous toujours à l’intérieur de cette goutte, entourés de toutes les milliers et milliers d’autres gouttes. Elles ne sont que la continuité de la vie sur cette terre, et pourtant chacune d’elle est directement influencée par la goutte dans laquelle vous êtes. Mais bien sûr, l’éternité c’est plus qu’un verre d’eau. Prenez ce verre et jetez-le dans une grande bassine. Cette fois la goutte semble encore plus petite et insignifiante. Et pourtant, elle représente tellement ! Maintenant, prenez cette bassine et jetez-la dans un océan. Peut-être commence-t-on un peu mieux à comprendre ce que l’éternité veut dire à présent. Mais l’on n’y est pas encore. Transformez la terre en eau et jetezy l’océan. Transformez le soleil en eau et jetez-y la terre. Transformez l’univers en eau, multipliez le tout par cent mille milliards et jetez-y le PAGE 31 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


soleil. Et qu’est-ce qu’on obtient ? Juste une nouvelle goutte d’eau à jeter dans un nouvel océan. L’éternité, c’est infini. Cette goutte d’eau, c’est ce que représente notre vie par rapport à l’éternité, mais aussi ce que l’homme représente par rapport à un Dieu infini. Et quand on pense à Dieu en ces termes, il est normal d’éprouver une certaine crainte. Et c’est là que la sagesse de Salomon commence. Il conclut son livre de l’Ecclésiaste : « Écoutons la fin du discours: Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme. Car Dieu amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal » (Ecclésiaste 12 :15-16). Le jugement de Dieu est ce qui marque le commencement de l’éternité et qui la définit. Un Dieu ayant autant d’autorité et de pouvoir doit être craint.

Histoire de Salomon L’histoire de Salomon commença par une sagesse bien plus humaine que divine. En effet, lorsque Salomon arriva au trône, cela ne fut pas sans tensions, notamment au sein de sa propre famille. David avait clairement choisi Salomon pour lui succéder, seulement cela ne plaisait pas à tout le monde. Une conspiration se forma avec certains dirigeants importants du peuple qui tentèrent de couronner un autre fils de David, Adonija. La conspiration échoua et Salomon devint roi. Cependant Adonija eut du mal à l’accepter. Alors il tenta de parvenir à la royauté par la ruse : en demandant la main d’une ancienne concubine de son PAGE 32 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


père David, il chercha à s’approprier le statut de successeur du roi. Lorsque Salomon entendit la demande de son frère, il en perçut tout de suite la motivation. Il se mit en colère et jura sur le moment même de le faire exécuter, ce qu’il fit faire immédiatement. Cette exécution fut suivie de plusieurs autres. Salomon avait affermi sa royauté, cependant il l’avait fait à un grand prix et dans un bain de sang. Il avait exécuté son propre frère. Il avait accompli ce qui semblait, sur un plan humain, devait être fait. Cependant, à l’intérieur de lui il savait bien qu’il existait une autre sorte de sagesse, un discernement plus profond et plus efficace que celui des hommes et qui pourrait le guider vers de meilleures décisions. Et lorsque Dieu lui apparaît dans un songe quelques temps après et lui propose de lui donner ce qu’il demande, Salomon répond vite : « Accorde donc à ton serviteur un coeur intelligent pour juger ton peuple, pour discerner le bien du mal ! » (1 Rois 3 :9). Cette réplique plût à Dieu qui l’exauça. Et non seulement Dieu lui donna de la sagesse, mais il lui en donna beaucoup ; à tel point que Salomon devint un homme unique dans son genre : « Je te donnerai un coeur sage et intelligent, de telle sorte qu'il n'y aura eu personne avant toi et qu'on ne verra jamais personne de semblable à toi, » lui dit l’Eternel en 1 Rois 3 :12. Salomon devint sage, ce qui se manifesta instantanément. Peu après ces événements deux femmes se disputant pour un bébé se présentèrent

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devant lui ; la manière avec laquelle il résolut le conflit inspira de la crainte dans tout le peuple, sa sagesse étant évidente pour tous.

Théologie de Salomon La vie de Salomon reste une énigme de bien des manières. Ses réussites étaient phénoménales – et ses échecs de même. Et c’est bien ce qui fait toute la richesse de sa sagesse. Au travers de ses expériences, bonnes et mauvaises, Salomon parvint à comprendre les vérités les plus fondamentales de l’existence humaine. Salomon était en quête de sens. Il cherchait à faire un travail de définition : de trouver non seulement la valeur des choses, mais aussi leurs plus profondes racines. Parfois soumis à Dieu, parfois suivant son propre cœur, il explora les plus diverses facettes de l’homme et sa conclusion en resta la crainte de l’Eternel. En sondant les mystères de la vie, il parvint à une compréhension des trois aspects les plus importants de celle-ci : Dieu, l’homme, et la relation entre les deux. Ecclésiaste 3 :11, le verset clé de son livre, résume ainsi ses réalisations : « Il fait toute chose bonne en son temps ; même il a mis dans leur coeur la pensée de l'éternité, bien que l'homme ne puisse pas saisir l'œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu'à la fin. » D’un côté il y a Dieu, souverain, infini, bon et faisant de belles choses ; de l’autre, l’homme, limité, dépendant, cherchant en vain de comprendre ces belles choses produites par Dieu ; et puis finalement il y

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a une relation parce que Dieu a placé dans le cœur de l’homme la pensée de l’éternité, de l’infini. Dans ses écrits, Salomon fait ressortir un contraste frappant entre Dieu et l’homme. De son côté, l’homme ne peut rien faire qui dure. Toutes ses œuvres sont inutiles. Ceci, il le disait par expérience. Salomon avait vécu sa royauté dans le luxe et l’abondance. Pourtant, il dit à ce sujet : « J'ai considéré tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et la peine que j'avais prise à les exécuter ; et voici, tout est vanité et poursuite du vent, et il n'y a aucun avantage à tirer de ce qu'on fait sous le soleil » (Ecc. 2 :11). Les œuvres des hommes ne durent pas. Même les plus beaux ouvrages, comme les pyramides d’Egypte, finissent par tomber en poussière. Cependant, de son côté, Dieu fait des œuvres éternelles : « J'ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, qu'il n'y a rien à y ajouter et rien à en retrancher, et que Dieu agit ainsi afin qu'on le craigne » (Ecc. 3 :14). La seule manière pour l’homme d’accomplir quoi que ce soit est d’être dépendant de Dieu et de laisser Dieu agir au travers de lui : « Si l'Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain ; si l'Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain » (Psaume 127 :1). Cette distinction entre Dieu et l’homme est aussi celle qui est indispensable pour comprendre la position de l’homme face à la gloire de Dieu. En effet, la gloire de Dieu est quelque chose qui appartient à Dieu et à Dieu seul. L’homme ne peut produire la gloire de Dieu. La PAGE 35 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


seule façon de vivre en donnant gloire à Dieu est de vivre en ayant une relation avec Dieu, où Dieu peut faire ses œuvres au travers de l’homme, et l’homme peut ainsi devenir un porteur de la gloire de Dieu.

La relation entre Dieu et l’homme Les principes fondamentaux de la relation entre Dieu et l’homme depuis la création jusqu’à aujourd’hui n’ont pas changé. Et ces principes sont les mêmes communiqués dans l’évangile : Dieu communique à l’homme par sa grâce, et la réponse attendue de l’homme est la crainte, ou en un autre mot, la foi. 1) La grâce de Dieu Le mot «   grâce,   » qui provient du latin, est apparu dans la langue française au XIe siècle et signifiait alors « aide de Dieu. » Dans le langage biblique, il signifie « don immérité. » C’est quelque chose que Dieu offre à l’homme sans rien attendre en retour, et pour aucune autre raison que son bon vouloir. Face à un homme dépendant, limité et pécheur, Dieu agit avec grâce. Depuis la nuit des temps, peu importe l’origine, la religion ou les circonstances, lorsque quelque chose de positif arrive à l’homme, il éprouve le désir de remercier quelqu’un ou quelque chose. Peu importe s’il craint Dieu ou pas, que ce soit à des dieux, à une « force » naturelle ou à d’autres personnes, l’homme cherche à remercier. Mais peut-on remercier pour quelque chose que l’on mérite ? Cela n’a pas de sens. On PAGE 36 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


remercie parce que l’on obtient quelque chose que nous ne méritons pas : un « don immérité. » Lorsque Paul écrit aux gens de Thessalonique « Rendez grâces en toutes choses » (1 Thessaloniciens 5 :17), c’est bien pour affirmer que l’homme ne mérite rien en toutes choses. D’ailleurs, pourquoi utilise-t-on le terme «   rendre grâce   » pour remercier   ? Remercier est tout simplement répondre à la grâce de Dieu, comme nos amis italiens le disent si bien : « Grazie ! » De son côté, l’homme est incapable de donner un sens à sa vie par luimême. Il est en quête d’éternité, et pourtant ses œuvres sont toutes vanités des vanités. C’est pour cela que Salomon s’exclame : « Il n'y a de bonheur pour l'homme qu'à manger et à boire, et à faire jouir son âme du bienêtre, au milieu de son travail ; mais j'ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu » (Ecc. 2 :24). Même les choses les plus simples de la vie, Salomon les décrit comme étant des dons de Dieu. L’homme ne peut s’approprier quoique ce soit. En conséquence, tout ce que l’homme peut faire est d’accepter ce que Dieu lui donne et de s’en réjouir. 2) La crainte de Dieu Ces dons ne sont toutefois pas ce qui donne un sens à la vie. En effet, l’homme désire bien plus que sa survie et qu’une vie joyeuse : il a dans son cœur un vide en forme d’éternité. Etant de taille infinie, ce vide ne peut ainsi être comblé que par quelque chose d’infini : la gloire de Dieu – qui n’est rien d’autre que Dieu en train d’être Dieu. Mais ces dons, même s’ils n’apparaissent pas comme la solution, sont tout de même la PAGE 37 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


clé pour la trouver. En effet, comme Salomon le disait plus tôt, toutes ces bonnes choses proviennent « de la main de Dieu. » Chacune d’elles est ainsi une opportunité pour l’homme d’y voir Dieu et sa grandeur. C’est cela que Salomon appelle la crainte de Dieu. C’est tout simplement attribuer à Dieu ce qui provient de lui, confirmer sa présence et y mettre sa confiance. Les choses comme manger, boire et se réjouir de la vie ne sont pas la source du sens de la vie mais une opportunité pour déceler ce sens ; l’intermédiaire par lequel l’homme peut pratiquer la crainte de Dieu et ainsi voir et vivre sa présence et ses œuvres éternelles. Salomon avait essayé de trouver un sens à sa vie en vivant tout ce que le monde avait à lui offrir. Pouvoir, richesses, plaisirs et accomplissements : il avait tout expérimenté et pourtant cela ne fit qu’aggraver sa misère (Ecc. 2). Il ne restait plus qu’une chose à faire   : craindre l’Eternel. Il écrivit en Proverbes 3 :5-6 « Confie-toi en l'Éternel de tout ton coeur, et ne t'appuie pas sur ta sagesse ; reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers. » La solution pour le sens de la vie, Salomon la trouva dans un concept très simple : la crainte de l’Eternel, ou en un autre mot, la foi. L’homme ne peut percevoir que peu de ce qui arrive autour de lui ; et c’est bien ce que Dieu voulait pour lui (Ecc. 3 :11). Dieu ne voulait pas que l’homme sache tout. Il voulait qu’il reste dépendant, qu’il lui fasse confiance et qu’il espère en l’invisible, comme nous l’indique l’auteur de l’Epître aux Hébreux : « Or la foi est une ferme assurance des choses qu'on

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espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas » (Hébreux 11 :1), et comme l’écrivit Habakuk : « le juste vivra par la foi » (Habakuk 2 :4). Et en faisant ainsi, une autre porte s’ouvre. Par la foi, ce ne sont plus les œuvres de l’homme que l’on voit, mais la main de Dieu. On entre dans cette histoire où chaque chose a un sens. Par la foi, chaque moment, chaque circonstance, chaque rencontre est une opportunité pour y voir Dieu, pour apprendre à le connaître davantage. La vie prend une autre amplitude : les choses que l’on perçoit n’appartiennent plus à celles qui s’éteignent, mais font partie de celles qui forment les pierres de l’édifice de la gloire de Dieu et de l’éternité.

« L’humilité précède la gloire » Sur son lit de mort, David donna ses dernières paroles à son fils Salomon : « Je m'en vais par le chemin de toute la terre. Fortifie-toi, et sois un homme ! Observe les commandements de l'Éternel, ton Dieu, en marchant dans ses voies, et en gardant ses lois, ses ordonnances, ses jugements et ses préceptes, selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse, afin que tu réussisses dans tout ce que tu feras et partout où tu te tourneras » (1 Rois 2 :2-3). Après avoir vécu une vie intense, le message de David était celui-ci : « sois un homme, et obéis aux paroles de Dieu ! » Curieusement, ces paroles sont aussi celles qui concluent le livre de l’Ecclésiaste : « Écoutons la fin du discours: Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme » (Ecc. 12 :15).

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Pour être un homme il faut obéir à Dieu. L’homme conçu par Dieu est celui qui est dépendant. C’est celui qui marche par la foi et qui n’essaye pas d’écrire sa propre histoire, mais au contraire se place volontiers dans celle racontée par Dieu. Etre un homme, c’est accepter de se faire tout petit et de faire Dieu tout grand. Et cela, ça s’appelle l’humilité. En effet, l’humilité n’est rien de plus que de remettre l’homme à sa place et de donner à Dieu celle qui lui est due. Pas étonnant que les mots « humanité » et « humilité » proviennent de la même racine. Le vrai homme, l’homme accompli, est celui qui se nourrit de la Parole de Dieu, comme l’indiqua Paul à son disciple Timothée   : «   Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre » (2 Timothée 3 :16-17). Celui qui créa l’homme le créa pour être humble. Mais cela n’empêche pas l’homme d’être fait à l’image de Dieu. En effet, Dieu n’a pas fait l’homme humble pour pouvoir le regarder d’en haut et lui rappeler ses limites : Dieu a fait l’homme humble pour pouvoir partager sa gloire avec lui. En effet, si l’homme méritait quoique ce soit, il aurait ainsi sa propre gloire ; et non celle de Dieu. Si l’homme ne dépendait pas entièrement de Dieu, il ne pourrait pas faire partie de la chose la plus belle et la plus grandiose qui n’ait jamais existée. Dieu a fait l’homme dépendant pour que celui-ci puisse être un porteur de sa gloire et puisse y participer pleinement. PAGE 40 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Ce qui paraît trop souvent comme la plus grande différence entre Dieu et l’homme, entre un Dieu glorieux et un homme humble, est en réalité la clé pour la plus profonde et la plus intense unité. En effet, « l’humilité précède la gloire. »

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Deuxième partie : l’homme « Qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l'homme, pour que tu prennes garde à lui ? » Psaume 8 :5 « Il faut qu’il croisse, et que je diminue. » Jean 3 :30

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4. Inutile « Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites: Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire. » Luc 17 :10

Alliance avec Abraham Après que Dieu eut montré les étoiles à Abraham et fit sa promesse, « Abram eut confiance en l’Eternel, qui le lui imputa à justice. » (Genèse 15 : 6). A partir du moment où Abraham mit sa foi en Dieu, la promesse put prendre effet. Dieu avait présenté sa grâce à Abraham et celui-ci l’avait acceptée par la foi. La relation fonctionnait, ce que Dieu voulut aussi confirmer à Abraham de manière plus symbolique, cette fois par une cérémonie d’alliance. Il lui demanda alors d’aller chercher plusieurs animaux : une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. Après les avoir coupé en deux, tous sauf les oiseaux, Abraham les sépara et les plaça l’un vis-à-vis de l’autre pour créer une sorte de passage entre les morceaux. Ce rituel était alors couramment pratiqué à l’époque pour conclure des alliances : après avoir coupé et séparé les animaux, chaque partie de l’alliance devait passer au milieu pour confirmer celle-ci.

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Cependant, après avoir préparé le nécessaire, Abraham dut attendre la venue de Dieu, et au coucher du soleil, il s’endormit. Pendant son sommeil, Dieu confirma les termes de l’alliance. Au même moment, une obscurité profonde envahit l’endroit et l’atmosphère s’appesantit, telle une fournaise fumante. Des flammes passèrent alors entre les animaux partagés. Dieu avait conclu son alliance avec Abraham, cependant cette cérémonie avait été bien différente des autres. En effet, le passage indique que seul Dieu passa entre les animaux. Abraham, lui, dormait. Le message de Dieu pour Abraham fut bien clair : « Abraham, je n’ai pas besoin de toi. Je ne fais pas alliance avec toi pour obtenir quelque chose de toi en retour. Je t’ai choisi, pour t’aimer et remplir mes promesses en toi, simplement parce que je suis bon. J’aurais pu choisir quelqu’un d’autre, n’importe qui d’autre, mais je ne l’ai pas fait. Je t’ai choisi toi. Je fais alliance avec toi, et je serai fidèle de mon côté. Pour toi, tu n’as aucune obligation. Même si tu faillis, je resterai fidèle. » Dieu n’avait pas besoin d’Abraham en particulier. Il aurait pu choisir n’importe qui d’autre. De la même façon, Dieu n’a pas besoin de nous. Il n’est pas un Dieu en quête de serviteurs, loin de là. Cela ne supprime pas non plus la responsabilité de l’homme. Mais la vérité est que l’homme vit sous la grâce de Dieu. Alors que nous ne méritons rien, Dieu nous invite à faire partie de son histoire. L’Apôtre Jacques PAGE 44 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Lorsque l’on pense aux apôtres les plus influents qui vécurent avec Jésus, les noms de Pierre et de Jean nous viennent immédiatement à l’esprit. Leur ministère fut puissant et leur influence sans pareille. Tous deux écrivirent dans le Nouveau Testament, et tous deux glorifièrent Dieu jusqu’à leur dernier souffle. Ils étaient des leaders, des meneurs d’hommes, et des piliers de l’Église. Mais parle-t-on souvent de Jacques, le frère de Jean et fils de Zébédée ? A ne pas confondre avec l’autre Jacques mentionné dans la Bible, le demi-frère de Jésus, qui devint un des principaux leaders de l’église de Jérusalem, l’apôtre Jacques avait vécu avec Jésus depuis les débuts de son ministère. Jacques avait tout ce qu’on aurait pu imaginer pour réussir sur le plan chrétien. Il avait tout le potentiel nécessaire. Non seulement il était un disciple de Jésus, mais il   était aussi l’un des premiers, et surtout parmi ceux les plus proches du Seigneur. En effet, parmi les douze apôtres, il y en avait quatre avec lesquels Jésus avait plus d’affinité   : Pierre, André, Jacques et Jean. D’ailleurs, que ce soit dans l’évangile de Matthieu, de Marc ou de Luc, à chaque fois que la liste des douze disciples est donnée, il y figure parmi les quatre premiers. S’il y avait un chrétien qui pouvait être utile à Dieu, c’était bien Jacques. Avec Pierre et Jean, il avait assisté à la résurrection de la fille de Jaïrus, alors que Jésus avait laissé tous les autres gens qui l’accompagnaient. Encore mieux, il avait été présent lors de la transfiguration de Jésus. Il PAGE 45 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


avait vu de ses propres yeux le Seigneur dans sa gloire en train de parler avec Moïse et Elie. Les autres disciples présents, Pierre et Jean, furent transformés par cet épisode, comme nous l’indique leurs écrits (2 Pierre 1 :16-18 ; Jean 1 :14). Jacques avait partagé trois ans de sa vie avec le Christ. Il avait vu des centaines de miracles. Il avait vu le visage de Christ briller d’une lumière aussi vive que le soleil pendant que ses vêtements devenaient blancs comme la lumière. Il avait vu Jésus vivre et faire face aux grandes difficultés comme aux petites. Il l’avait vu prier, louer, enseigner, diriger et aimer. Il l’avait vu mourir et l’avait vu ressuscité. Pendant trois ans de sa vie il avait vécu avec la personne la plus parfaite ayant jamais marché sur cette terre et il l’avait fait de manière intime, partageant tout avec lui. Jacques avait vraiment le potentiel pour réussir et pour être utilisé pour la gloire de Dieu. Et pourtant, contrairement à Pierre ou à son frère Jean, Jacques n’eut pas le temps d’écrire des lettres ou de devenir un des leaders principaux de l’Église. En fait, alors que l’évangile se répandait et que le besoin de leaders et d’enseignants augmentait de plus en plus, Jacques fut mis à mort par Hérode. Quelle perte, se dit-on ! Cet homme qui avait tout pour réussir et porter du fruit ! Dieu aurait tellement pu l’utiliser. Et puis au même moment, Dieu choisit quelqu’un d’autre pour le ministère d’apostolat. Quelqu’un qui, au contraire, avait tout le potentiel pour être le plus grand ennemi des chrétiens : Saul de Tarse, plus connu PAGE 46 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


sous le nom de Paul. Alors que l’Église commençait à se développer, Paul de son côté n’avait qu’un désir : la détruire. La motivation principale de sa vie était d’anéantir le peuple de Dieu. Rempli de haine, d’envie de meurtre et de violence, il persécutait à outrance les chrétiens. Il ne voulait pas simplement leur faire mal, il voulait les exterminer. Cet homme était une vraie tête de Nazi. Insatisfait de persécuter les chrétiens à Jérusalem et dans la région, il s’était même procuré des lettres lui permettant d’aller jusqu’à Damas, ville à plus de 200 kilomètres de Jérusalem, pour pouvoir les arrêter et les ramener liés. C’est sur ce chemin que Christ lui apparut et qu’il se convertit. Il devint par la suite le chrétien le plus influent de tous les temps. D’un côté on avait Jacques, qui avait tout pour réussir, de l’autre Paul, qui avait tout pour nuire à l’évangile. Mais contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, Dieu choisit celui qui était le plus éloigné de lui pour être utilisé. Dieu peut susciter n’importe qui pour être instrument de sa gloire, comme Jean Baptiste le disait en ses propres mots : « Car je vous déclare que de ces pierres Dieu peut susciter des enfants à Abraham » (Luc 3 :8). Dieu n’a pas besoin de l’homme pour accomplir ses plans. Je sais que même si je devais mourir demain cela ne nuirait en rien à Dieu. S’il m’a choisi moi en premier lieu pour le servir, alors je sais qu’il peut choisir n’importe qui d’autre. Peu importe la grandeur du ministère que l’on PAGE 47 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


peut avoir, peu importe l’influence ou la maturité ; Dieu peut prendre soin de ses affaires tout seul.

L’arche et les Philistins Ceci est illustré mieux que tout par le récit conté en 1 Samuel 4-6. Alors qu’Israël était en guerre contre les Philistins (pour changer), ils eurent une idée : ils apporteraient l’arche de l’alliance avec eux pour que l’Eternel leur accorde la victoire. Placée dans le Saint des Saints, l’Arche de l’Alliance symbolisait plus que tout la gloire et la présence de Dieu. Avec elle, ils seraient vainqueurs. Mais Dieu avait d’autres plans. En effet, Israël perdit cette bataille et l’Arche fut enlevée par les Philistins et emmenée dans leur pays. La nouvelle fut un désastre pour Israël : le juge et sacrificateur Eli en tomba à la renverse et se fractura le cou, pendant qu’au même moment sa bellefille accoucha d’un fils qu’elle nomma I-Kabod, signifiant «   où est la gloire ? » ou « aucune gloire. » Au début, les Philistins étaient bien contents d’avoir cette arche. Ils la placèrent dans un de leurs temples où se trouvait la statue de leur dieu Dagon. Le lendemain, leur dieu se trouvait au sol, le nez contre terre. Le jour suivant, la même chose se produisit, mais cette fois la tête s’était brisée ainsi que les deux bras. En même temps, la main de l’Eternel s’appesantit sur les habitants de la ville et ils eurent des hémorroïdes. Les habitants d’Asdod, ville où se trouvait l’arche, envoyèrent alors PAGE 48 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


l’arche dans une autre ville, Gath, où le même résultat se produisit. Mécontents, ceux-ci la firent emmener à Ekron, où encore une fois le même phénomène arriva. Les Philistins décidèrent alors de se débarrasser de cette arche : ils la mirent sur un char tiré par deux vaches et laissèrent celles-ci s’en aller. Les vaches partirent et s’en retournèrent d’elles-mêmes dans le territoire d’Israël. Comme on le constate de manière un peu humoristique dans cet épisode, Dieu n’a pas besoin d’aide pour prendre soin de lui-même. Ici, il n’eut pas besoin d’une expédition de force menée par des hommes pour rapporter son arche en Israël. Deux vaches suffirent. De même, Dieu peut accomplir toutes ses œuvres sans notre intervention.

Autosuffisance Divine J’imagine une fois de plus le Père et le Fils créant le monde. Je les imagine ensemble rempli de joie en train de faire naître un univers entier. Une fois de plus, le Père regarde le Fils, puis fait apparaître au travers de lui la vie : des arbres de toutes les tailles, des fleurs de toutes les couleurs, des plantes de toutes les odeurs. Puis tout à coup, le Père donne vie à des animaux dans le ciel et dans la mer : il fait l’aigle, la baleine. Le Fils émerveillé les regarde se déplacer. Le lendemain, ils continuent : cette fois, tout en pensant à des choses glorieuses, ils créent le lion, puis le cheval, puis l’éléphant, s’échangeant des regards d’amour et de joie entre chaque nouvelle créature. Puis après une petite pause le

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Père fait un clin d’œil à son Fils et crée… le canard ! Et ensemble, ils rient pour un petit moment avant de continuer de nouveau. La gloire de Dieu est la plus belle chose qui existe, et elle se résume simplement en ceci : Dieu en train d’être Dieu. Dieu n’a pas besoin de l’homme pour être heureux. On lit en Jacques 1   :16-17   : «   Ne vous y trompez pas, mes frères bien-aimés: toute grâce excellente et tout don parfait descendent d'en haut, du Père des lumières, chez lequel il n'y a ni changement ni ombre de variation. » Toute bonne chose provient de Dieu. Toute belle chose trouve sa source en lui. Et non seulement elles viennent de lui mais en plus il ne s’arrête pas d’en générer ; il ne change pas. Si Dieu est parfait et toute bonne chose provient de lui, alors croyez moi, il doit avoir un très bon sens de l’humour ! N’importe qui ayant observé un canard pendant plus de cinq minutes peut s’en apercevoir. Que ce soit au travers des animaux ou des plantes, Dieu nous a révélé que lui aussi savait être plein d’humour. Dans les Psaumes, on voit Dieu rire au moins à trois reprises (2 :4 ; 37 :13 ; 59 :9). Lorsque Jésus finit sa parabole sur le vin nouveau et des outres vieilles et neuves il rajoute après sa conclusion : « Et personne, après avoir bu du vin vieux, ne veut du nouveau, car il dit: Le vieux est bon » (Luc 5 :39) ; un rajout n’ayant évidement qu’une portée humoristique. Au ciel, on ne va pas s’ennuyer. Là haut, ils ne s’ennuient pas. Imaginez une minute un sens de l’humour parfait. Puis on y ajoute un amour parfait, une joie parfaite, une paix parfaite, etc. Ça, c’est la gloire de PAGE 50 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Dieu, et c’est tout ce dont Dieu a besoin pour être heureux. Tout ce que Dieu peut désirer est en lui-même. Dieu n’a certainement pas créé le monde par ennui, ni par besoin de l’homme. J’ai entendu un pasteur dire une fois : « Vous savez comment Dieu se porterait sans nous ? Bien mieux ! » Pourquoi Dieu créa-t-il le monde ? C’est une bonne question. Dieu était simplement en train d’être lui-même. Imaginez une seconde l’être le plus riche du monde et le plus généreux ; avec un cœur débordant d’amour, cherchant à donner et à partager.

Tout en Christ Dieu pourrait-il être amour s’il était seul ? Pourrait-il chercher à faire du bien aux autres s’il n’existait personne d’autre ? Cela n’a pas de sens, si Dieu était vraiment seul, il n’aurait aucune autre chose à faire qu’à chercher son propre intérêt, ou en d’autres mots, être égoïste. Mais la vérité est que Dieu n’est pas seul même quand il est seul. En effet, Dieu est une trinité : Père, Fils et Saint-Esprit. Le monde créé par Dieu nous permet de comprendre de plusieurs manières les relations au sein même de la trinité. On comprend ce qu’un Père et un Fils sont sur le plan familial. Quant à l’Esprit, il faut le comprendre en d’autres termes. Dans la Bible, le Saint-Esprit est l’agent au travers duquel chaque œuvre de Dieu est accomplie. Jamais on ne voit l’Esprit absent lorsque Dieu agit, et jamais non plus on ne le voit PAGE 51 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


agir indépendamment. Comme un « esprit de famille » il rend un ce qui est plusieurs, il unifie. Un Père plus un Fils égale deux ; mais un Père plus un Fils plus le Saint-Esprit égale un. De même, par son œuvre le Saint-Esprit rend tous les croyants comme un seul corps en Christ   : comme le sang, il attache, connecte et permet les échanges nécessaires pour l’unité. Dieu est un (Deut. 6 :4), sans aucun doute. Mais c’est aussi un Dieu qui est présenté dans la Bible comme personnel et relationnel ; et qui ne peut être compris qu’en distinguant les différentes personnes de sa trinité. Et lorsque l’on comprend ces différences, on apprend à connaître notre Dieu de manière beaucoup plus profonde. Comment la Bible commence-t-elle ? « Au commencement Dieu » (Genèse 1   :1). Au commencement il n’y avait que Dieu, déjà comblé dans sa propre gloire. La joie du Père était le Fils, et la joie du Fils était le Père. L’un dans l’autre, ils avaient tout le nécessaire pour être pleinement satisfaits. Christ était tout ce dont le Père avait besoin pour être heureux. D’ailleurs, pour rendre l’homme pleinement béni il savait qu’un seul cadeau suffirait : son Fils. « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ ! » (Éphésiens 1 :3). Tout le bonheur, tout le bien, toute la joie que peut connaître un homme se trouve en Christ. L’homme

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n’a rien à offrir au Père que Christ ne peut lui offrir. L’homme est donc complètement inutile.

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5. Dépendant « Retiens l'instruction, ne t'en dessaisis pas ; Gardela, car elle est ta vie. » Proverbes 4 :13.

Conçu pour apprendre Contrairement aux animaux qui vivent par l’instinct, l’homme lui, vit par l’instruction. Une gazelle n’a pas besoin d’aller à l’école pour apprendre à vivre. Pour qu’elle remplisse parfaitement son rôle de gazelle, il faut simplement qu’elle provienne d’un papa gazelle et d’une maman gazelle. Toute seule, elle apprendra à se nourrir, à marcher, et à faire le nécessaire pour rester en vie. Mais pour l’homme, c’est bien différent. Il ne suffit pas d’un papa docteur et d’une maman docteur pour faire un bébé docteur. C’est sûr que cela simplifierait bien les choses, mais ce n’est pas le cas. Pour survivre, l’homme doit subir une longue éducation commençant dès les premiers jours après la naissance et ne finissant…jamais. C’est ainsi que Dieu l’avait conçu depuis la création d’Adam et Eve. En effet, après avoir créé les animaux Dieu n’avait aucun besoin de leur donner des instructions. Il les créa, et puis ils allèrent peupler la terre. Mais pour l’homme, ce fut bien différent. Dieu dut lui parler et lui expliquer tout ce qu’il devait savoir :

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« Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et assujettissez-la ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture. Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi. » (Genèse 1:27-30) Paul Tripp écrivit à ce sujet : « Dieu savait que même si Adam et Eve étaient des gens parfaits vivant une parfaite relation avec lui, ils ne pouvaient comprendre la vie par eux-mêmes. Ils furent créés pour être dépendants. Dieu devait leur expliquer qui ils étaient et ce qu’ils avaient à faire avec leurs vies. Ils n’avaient pas besoin de cette aide parce qu’ils étaient pécheurs. Ils avaient besoin d’aide parce qu’ils étaient humains. » Les animaux comme les plantes furent créés pour glorifier Dieu. Seulement, ce qu’ils ont besoin de faire pour remplir leur fonction reste simple.   Les plantes poussent, fleurissent, portent leur fruits. Les animaux naissent, grandissent, se reproduisent. Quant à l’homme, Dieu avait des plans de gloire bien supérieurs. Il ne voulait pas faire connaître à l’homme une gloire limitée à une simple fonction, mais une gloire pleine, entière, complète. Alors il le fit dépendant pour que celui-ci PAGE 55 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


puisse devenir le récipient de quelque chose de beaucoup plus vaste et grandiose. Ainsi, lorsque Dieu créa l’homme, même avant la rébellion de celui-ci, il le conçut pour être dépendant de lui.

Désert de David On connaît bien David. C’est l’un des héros de la Bible. Roi, poète, compositeur et interprète, il restera à toujours une figure fondamentale de la Bible. On pense à David le jeune homme terrassant le lion, l’ours et Goliath ; on pense à lui comme le roi conquérant, ayant du succès dans toutes ses batailles et affermissant une lignée en Israël. Mais souvent, on oublie le David qui passa près de dix ans de sa vie à fuir le roi Saül, errant de lieu en lieu sans jamais n’avoir aucune certitude du lendemain. L’homme « selon le cœur de Dieu » (1 Samuel 2 :35) ne fut placé sur le trône qu’après une très longue période de préparation où il dut apprendre à dépendre de Dieu en toute chose. Beaucoup de ses poèmes furent écrit lors de moments de crises où son seul recours était l’Eternel ; les images qui y sont dépeintes font ressortir alors les couleurs les plus vives et les plus intenses que l’on puisse imaginer   : David cherchait l’Eternel comme une terre aride et desséchée cherche de l’eau (Psaume 63 :2) ; en Dieu il se trouvait à l’abri, comme des oisillons sous les ailes de leur mère (Psaume 57 :2) ; en lui était sa « haute retraite » (Psaume 57 :17). Pendant dix ans, l’homme le plus puissant du pays mit toute son énergie et ses ressources à trouver David afin de le tuer. David comprenait bien PAGE 56 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


qu’il n’avait aucune chance sur le plan humain. Mais Dieu lui avait fait une promesse. Il avait été oint par le prophète Samuel et il savait que la royauté lui revenait de droit. Dieu allait un jour répondre, mais pour le moment il devait vivre par la foi au jour le jour, en totale dépendance. Il est intéressant de voir que les plus beaux poèmes écrits par David le furent pendant cette période. La royauté, la richesse, les victoires militaires et la popularité n’apportèrent rien de plus à ce qu’il possédait déjà. Alors que David semblait ne rien avoir, lorsqu’il mettait sa confiance en Dieu il était plus riche que quiconque : il avait Dieu luimême. Chaque matin, il avait une nouvelle raison de se lever ; car chaque jour il savait qu’il allait voir Dieu pourvoir de manière magnifique, qu’il allait voir Dieu vaincre l’impossible. Au lieu de devenir des montagnes de crainte et de stress, chaque journée apparaissait comme une nouvelle opportunité pour voir la gloire de Dieu se renouveler. Il savait que Dieu était bon et fidèle, connaissant la révélation faite à Moïse. Maintenant, il en découvrait la grandeur : « Réveille-toi, mon âme ! réveillez-vous, mon luth et ma harpe ! Je réveillerai l'aurore. Je te louerai parmi les peuples, Seigneur ! Je te chanterai parmi les nations. Car ta bonté atteint jusqu'aux cieux, Et ta fidélité jusqu'aux nues. » (Psaume 57 : 9-11)

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Psaume 23 Avez-vous déjà essayé de jouer au scrabble avec un mouton ? Je devine que non. Ce n’est pas très brillant un mouton. En fait, le mouton, c’est plutôt le contraire de l’intelligence. Un de mes amis ayant habité dans une ferme me racontait à quel point ceci était vrai. Il venait juste d’installer une barrière électrique pour encadrer son pâturage, et regardait comment les brebis réagissaient : certaines s’approchaient, une première fois, pour voir, et recevaient une petite décharge. Après avoir bondi en arrière et reprit leur esprit, curieuses de ce nouveau phénomène, elles revenaient de nouveau vers la barrière et recevaient encore une décharge électrique. Non satisfaites, elles y revenaient encore, et encore, et encore, et encore, jusqu’à ce que le berger les en éloigne. Dans sa ferme il avait aussi un étang dans lequel les brebis pouvaient boire. Cependant, le danger avec les brebis était que lorsqu’elles tombaient dans l’eau, à cause de leur épaisse toison, l’eau était absorbée par le poil et celles-ci pouvaient couler et se noyer. Le plus grand problème n’était pas que des brebis pouvaient glisser et tomber dans l’eau, mais bien que certaines d’entre elles sautaient délibérément dans l’étang, certaines fois même juste après en avoir été sauvées. Les brebis ne sont pas toujours très logiques. En réalité, elles ne peuvent survivre bien longtemps sans l’aide d’un berger. Elles ont besoin d’être guidées, soignées, protégées, fortifiées et ramenées. Toutes seules, elles sont constamment en danger. Elles ne peuvent survivre seules. Elles sont sans cesse en proie aux maladies et aux prédateurs, n’ont aucun moyen PAGE 58 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


de se défendre et cèdent facilement à la panique. Récemment, un fait divers relatait la mort de plusieurs centaines de brebis ayant sautées du haut d’une falaise pour fuir un chien. Si les brebis ne sont pas fréquemment nettoyées et soignées, elles finissent par être misérables, maigres et en mauvaise santé. Comme les tortues, il arrive aussi que des brebis puissent être retournées sur leur dos et incapables de se remettre sur pattes. En effet, il peut se produire, lorsque celles-ci se roulent sur elles-mêmes, que leur centre de graviter se stabilise sur leur dos les rendant absolument inaptes à se rétablir. S’il fait chaud, elles peuvent mourir de cette manière en quelques heures. Les brebis ne faisant pas la différence entre des plantes empoisonnées et de l’herbe, un pâturage doit être constamment entretenu et nettoyé par le berger. De plus, le berger doit être capable de mener ses brebis dans de nombreux pâturages différents, celles-ci étant très destructrices. S’il existe un animal qui est dépendant, c’est bien la brebis. Et c’est ce à quoi la Bible nous compare. C’est ce que David comprit lors de ces dix ans d’errance. Tout seul, il était misérable, désespéré, sans espoir et sans joie. Avec Dieu, il retrouvait force, volonté, paix et bonheur. David avait été berger pendant sa jeunesse et savait pertinemment de quoi il parlait. Il avait été un témoin de premier ordre pour voir à quel point une brebis avait besoin d’aide. Il avait vécu les peines du berger et constaté les besoins incessants des brebis. Il les avait vues avec leur simplicité PAGE 59 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


d’esprit et leurs entêtements. Et pourtant il n’eut aucun complexe à se comparer à l’une d’elle. Il connaissait ses besoins et ses limites, et savait que seul Dieu pouvait le mener vers de bons pâturages. La plénitude du croyant ne se trouve pas dans l’indépendance, mais dans la dépendance. Dieu sait mieux que quiconque ce qu’il y a de meilleur pour nous ; c’est lui qui nous a conçu. Les plans qu’il a sont bien meilleurs que tout ce à quoi nous pouvons penser ; c’est lui le bon berger. Par rapport à Dieu, nous sommes pires que des moutons. Par rapport à son intelligence, on est bien pire que des moutons. Bien sûr, l’homme est loin d’être stupide ; seulement, comparé à Dieu il ne fait simplement pas le poids. L’homme qui résonne avec Dieu, c’est comme l’enfant de deux ans raisonnant avec son père.

Désert d’Israël Suite à sa sortie d’Egypte, Israël fut menée vers le pays de Canaan pour le conquérir. Les Hébreux envoyèrent alors des espions pour observer les lieux et les peuples, un pour chacune des douze tribus. Quand ils revinrent, dix d’entre eux restaient fermes sur leur conviction : les peuples ennemis étaient trop forts pour être vaincus, Israël n’aurait aucune chance. Les deux autres espions, Josué et Caleb, eurent beau essayer d’encourager le peuple à aller de l’avant, leurs mots ne suffirent point. Le peuple rebroussa chemin et retourna dans le désert, où il erra PAGE 60 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


de lieu en lieu pendant quarante ans jusqu’à ce que toute une génération soit passée. Imaginez un instant vivre quarante ans dans un désert. Sans maison, sans renouveau, sans même la couleur de l’herbe. Le jour, il fait une chaleur sèche insupportable, et la nuit il fait très froid. Pendant ce temps, toute une génération meurt, soit près d’une centaine d’enterrements par jour. Non seulement c’est un cimetière ambulant, mais en plus tout ce qu’il y a à manger est de la manne, et ce pendant près de 14 600 jours de suite ! Le matin, de la manne. Le midi, de la manne. Le soir, de la manne. Manne grillée, manne bouillie, pain à la manne, manneburgers, bamanna splits, tartines de manne à la manne…et le samedi, de la manne qui dure deux jours : de la super-manne. Quelle vie ! Un candidat pour échanger sa vie contre une de ce genre ? Dans ce désert, on se dit, Israël n’avait absolument rien. Pourtant, la Bible nous dit bien autre chose : « Car l'Éternel, ton Dieu, t'a béni dans tout le travail de tes mains, il a connu ta marche dans ce grand désert. Voilà quarante années que l'Éternel, ton Dieu, est avec toi   : tu n'as manqué de rien. » (Deutéronome 2 :7). Quoi ? Rien ? Plaît-il ? Pendant quarante ans, Israël avait vécu dans un désert, et pourtant Dieu leur dit qu’ils ne manquèrent de rien. Pourquoi ? Moïse nous l’explique dans ce passage :

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« Souviens-toi de tout le chemin que l'Éternel, ton Dieu, t'a fait faire pendant ces quarante années dans le désert, afin de t’humilier et de t'éprouver, pour savoir quelles étaient les dispositions de ton coeur et si tu garderais ou non ses commandements. Il t'a humilié, il t'a fait souffrir de la faim, et il t'a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que n'avaient pas connue tes pères, afin de t'apprendre que l'homme ne vit pas de pain seulement, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel. Ton vêtement ne s'est point usé sur toi, et ton pied ne s'est point enflé, pendant ces quarante années. Reconnais en ton coeur que l'Éternel, ton Dieu, te châtie comme un homme châtie son enfant. Tu observeras les commandements de l'Éternel, ton Dieu, pour marcher dans ses voies et pour le craindre. » (Deutéronome 8 :2-6) L’explication que Dieu donne par rapport aux quarante ans d’Israël me fascinera toujours. Alors que d’un point de vue humain Israël vivait l’une des périodes les plus difficiles de son existence, d’un point de vue divin Israël ne fut presque jamais aussi proche de la volonté de Dieu. Ils étaient là où Dieu voulait qu’ils soient et allaient là où il voulait qu’ils aillent. Dieu bénissait leurs entreprises, et se chargeait de tous leurs soins nécessaires : nourriture, vêtement, toit et santé. Pendant quarante ans, les Israélites n’eurent même pas besoin de changer de souliers (Deut. 29:5). L’année dernière j’ai eu le privilège d’étudier pendant près de quatre mois en Israël, et en seulement quelques semaines j’avais déjà usé deux paires de sandales !

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Dieu voulait montrer à Israël que c’était possible d’être comblé et d’être heureux même en n’ayant rien de ce que ce monde pouvait offrir ; que pour faire partie de la gloire de Dieu, Israël devait « apprendre que l'homme ne vit pas de pain seulement, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel. » Seulement, pour jouir de tout cela l’homme devait être dépendant de Dieu. Dans le Psaume 81, Asaph fait référence à un des événements ayant eu lieu dans ce désert, celui où Israël murmura contre Dieu et contre Moïse lorsqu’ils eurent soif, à Mériba. Au verset 14 il écrit : « Oh ! Si mon peuple m'écoutait, si Israël marchait dans mes voies ! » Et continue au verset 17 : « Je le nourrirais du meilleur froment, Et je le rassasierais du miel du rocher. » Dans le désert, Israël buvait de l’eau d’un rocher et mangeait de la manne, quelque chose qui « ressemblait à de la graine de coriandre ; elle était blanche, et avait le goût d'un gâteau au miel » (Exode 16 :31). On voit ici un parallèle évident : si Israël avait écouté l’Eternel, mêmes les choses qui étaient si répugnantes pour elles, comme l’eau du rocher et la manne, auraient été de vrais délices : comme le meilleur froment et du miel. En fait, comme Salomon le fit dans son livre de l’Ecclésiastes, Paul décrit dans sa première lettre aux Corinthiens comment les choses simples de la vie, expérimentées par Israël dans le désert, pouvaient prendre une plus grande ampleur : « Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu'ils ont tous passé au travers de la mer, qu'ils ont tous été baptisés en PAGE 63 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Moïse dans la nuée et dans la mer, qu'ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et qu'ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ. » (1 Corinthiens 10 : 1-4) La raison pour laquelle Israël n’avait besoin de rien dans ce désert était simple : derrière chaque événement se cachait une fenêtre vers le divin, une opportunité d’atteindre le spirituel et de voir la gloire de Dieu en Christ. Lorsque Dieu créa l’homme, il le fit de manière à ce qu’il soit dépendant de Christ : « Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui » (Colossiens 1 :16-17). Sans Christ, rien n’a de sens. Sans Christ, il n’y a pas de vie, pas de joie durable, pas de vrai amour. L’homme a été créé pour la gloire de Dieu, et cette gloire ne peut être communiquée qu’au travers du Fils : « Christ en vous, l'espérance de la gloire » (Colossiens 1 :27).

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6. Dépravé « L'insensé dit en son coeur: Il n'y a point de Dieu ! Ils se sont corrompus, ils ont commis des iniquités abominables ; Il n'en est aucun qui fasse le bien. Dieu, du haut des cieux, regarde les fils de l'homme, Pour voir s'il y a quelqu'un qui soit intelligent, Qui cherche Dieu. Tous sont égarés, tous sont pervertis ; Il n'en est aucun qui fasse le bien, Pas même un seul. » Psaume 53 : 2-4

Créateurs Créé à l’image de Dieu, l’homme partage de nombreuses qualités qui reflètent la personne de Dieu. Ainsi, un peu comme Dieu, l’homme peut inventer, rassembler, et en quelque sorte « créer » de nouvelles choses. En créant, l’homme attribue aussi à son invention une fonction. Par exemple, une voiture sert à rouler, un microphone à amplifier la voix, une machine à café à faire du café, une peinture à décorer. Mais qu’arriverait-il si la fonction de cette invention était changée sans toutefois que l’objet même le soit ? Qu’arriverait-il à ce microphone si on l’utilisait pour jouer au rugby, à cette machine à café si on l’utilisait pour faire des omelettes, ou à cette peinture si on l’utilisait pour faire la vaisselle   ? En tant que créateurs, on comprend bien que la fonction d’une invention est liée à son utilisation. Tout changement non seulement rendrait l’invention peu efficace, mais en plus la corromprait, la nuirait, et au fil du temps la détruirait. PAGE 65 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


C’est la même chose avec l’homme. Dieu a créé l’homme avec une fonction : celle de le glorifier, de vivre de sa présence en étant dépendant. Lorsque ceci n’est pas accompli, corruption et destruction s’ensuivent. En fait, le mot décrivant le mieux ce phénomène est le mot dépravation. Du latin pravus, signifiant ‘mauvais,’ ce mot indique quelque chose d’altéré, de corrompu, ayant dévié de son usage d’origine et de sa vraie nature, ayant été perverti.

Jardin D’Eden Plus que n’importe quel autre mot, le mot dépravation décrit la situation de l’homme après la chute dans le jardin d’Eden. L’homme fut créé à l’origine pour être dépendant de Dieu, pour vivre de la présence de Dieu et marcher avec lui. Ceci se faisait au départ de manière naturelle. Aussi longtemps que l’homme suivait les instructions de Dieu, il n’avait aucun souci à se faire. Lorsque Dieu créa le monde, il le fit de manière parfaite et sans défaut. Lors du premier chapitre de la Genèse, à six reprises on lit : « Dieu vit que cela était bon » (Genèse 1 :10, 12, 18, 21, 25, 31). La terre, les étoiles, les plantes, les animaux et l’homme, tout était bon, et sans problème. Cependant, une fois qu’Adam et Eve désobéirent à Dieu, la donne changea. Dieu leur avait dit que le jour où ils mangeraient de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, ils mourraient. Et c’est ce qui arriva, spirituellement. Alors que l’homme était complètement dépendant de PAGE 66 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Dieu en toutes choses, celui-ci retira sa présence ; la communion, la vie, la plénitude de Dieu : tout se retira. On lit en Psaume 5 : 5-6 : « Tu n'es point un Dieu qui prenne plaisir au mal ; le méchant n'a pas sa demeure auprès de toi. Les insensés ne subsistent pas devant tes yeux. » Dieu ne peut rester en présence du pécheur. Cela est impossible pour lui dans sa nature. Il est saint, pur, sans reproche, glorieux, et ne peut tolérer aucune mauvaise compagnie ; cela altérerait sa nature. En effet, si le péché pouvait subsister dans la présence de Dieu, alors la présence de Dieu ne serait plus la même, elle ne serait plus glorieuse car l’imperfection et le péché seraient présents dans cette présence. C’est la raison pour laquelle Paul put écrire : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3 :23). Le premier péché peut apparaître dérisoire, sans grande importance. Quand on y pense, tout ce qu’Adam fit en fin de compte ne fut seulement que de croquer dans un fruit. Cependant, le rejet de la parole de Dieu fut aussi celui de sa personne et de sa gloire. Lorsqu’Adam pécha, il ne rejeta pas simplement un commandement, il rejeta Dieu, et tout ce que Dieu représentait. Tout don parfait venant des cieux (Jacques 1 :17), le rejet de Dieu fut aussi celui de ses dons. La création de Dieu en fut corrompue, dépravée. Toujours doté d’une nature dépendante mais cette fois sans Dieu, l’homme devint alors incapable d’accomplir le bien, d’aimer, de pardonner, d’être heureux et de donner avec la même intensité qu’à son origine. Le péché entra dans le monde comme un PAGE 67 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


atome de trop apparaissant dans une molécule déjà parfaite, en dégradant toutes ses propriétés : l’amour devint limité, la joie éphémère, le bonheur passager et à la vie naquit une borne, la mort.

Le péché Qu’est-ce que le péché exactement ? La racine du mot hébreu signifie ‘manquer la cible’. Pécher, c’est tout simplement d’agir en opposition à Dieu, sa nature, son caractère et ses plans. Le péché c’est ce qui se passe chaque fois que l’homme agit indépendamment de Dieu, qu’il refuse de se conformer à la fonction pour laquelle il a été créé. C’est ce qui arrive lorsque l’homme refuse de se joindre au chant d’amour composé par Dieu et décide d’écrire sa propre histoire ; lorsqu’il place son bonheur entre ses propres mains. C’est le contraire de la foi (Romains 14 :23) : c’est refuser de voir la main de Dieu derrière la vie et agir sans aucune crainte de son nom. C’est le contraire de l’humilité : c’est voir l’homme comme méritant quelque chose et ayant la capacité de se l’octroyer. Pécher, c’est refuser de se réjouir en Dieu pour se réjouir en autre chose. Chaque péché est le refus de placer Dieu en premier. C’est l’adoration de quelque chose d’autre. En refusant le Dieu auquel la création appartient pour se livrer à quelque chose d’autre, l’homme rebelle est aussi infidèle. Dans chaque péché on voit ainsi de l’orgueil, de l’égoïsme, de l’incrédulité, de l’idolâtrie et de l’adultère.

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L’homme a été conçu pour être parfait, joyeux et rempli d’amour : à l’image de Dieu. Lorsqu’il rejette cette image, il perd en même temps toutes ces bonnes choses. Les conséquences du péché sont ainsi terribles. En s’opposant à Dieu, toutes les œuvres accomplies ont pour conséquence le contraire de ces bonnes choses : l’amour devient égoïste, la perfection devient imperfection et la vie devient mort.

Les conséquences du péché Lorsque le roi David devint vieux, il décida de faire un recensement dans son royaume pour savoir le nombre de combattants qu’il avait à sa disposition, pour pouvoir voir à quel point il était devenu puissant. Il voulait pouvoir se confier en ses propres ressources plutôt qu’en son Dieu : il était poussé par l’orgueil. Pour juger son péché, Dieu envoya une peste qui tua 70 000 hommes en Israël. A cause d’un seul péché, la mort atteint 70 000 hommes. Le péché a non seulement des effets dévastateurs, mais en plus il affecte beaucoup plus que la personne le commettant. Les conséquences du péché d’Adam ne s’arrêtèrent pas à sa propre personne non plus. Lorsqu’Adam pécha, le monde entier fut condamné. La terre qui portait la gloire de Dieu ayant été souillée, elle serait un jour détruite. Quant aux hommes, naissant dans un monde dépravé et de parents dépravés, ils viendraient au monde en étant déjà condamnés. En effet, comme l’exprimait David suite à son adultère : « Voici, je suis né dans l'iniquité, et ma mère m'a conçu dans le péché » (Psaume 51 :7). PAGE 69 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


A cause d’un seul péché, l’univers tout entier méritait d’être détruit, d’être séparé de Dieu. A cause d’un seul péché, la mort atteint tous les hommes : « C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché… » (Romains 5 :12). Et à chaque fois que l’homme pèche, le monde entier mérite une fois de plus d’être détruit dans sa totalité. Ça, c’est la conséquence du péché   : «   le péché, étant consommé, produit la mort » (Jacques 1 :15). Dieu ne change pas et il ne changera jamais. Il est impossible pour lui de le faire. Et puisque sa présence est glorieuse et parfaite, il n’y aura jamais de place pour le péché auprès de lui. En conséquence, ce qui est dépravé devra être jugé et séparé de lui. On se demande pourquoi il y a tant de souffrance dans le monde, pourquoi il y a tant de violence, de guerres et de mort. Tout cela existe à cause des actions de l’homme et de la corruption qui en émane. Même les catastrophes naturelles et les maladies sont expliquées par le péché de l’homme, comme l’indiquait Paul : « Car la création a été soumise à la vanité, -non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise, -avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement. » (Romains 8 :20-22)

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Beaucoup de gens se demandent comment il se fait que la souffrance a pu apparaître dans un monde parfait créé par un Dieu bon. La réponse est simple : elle est apparue parce que de bonnes choses ont été utilisées au mauvais moment ou au mauvais endroit. On ne définit pas le péché par ce qui est fait, mais par les motivations derrière sa conception. Par exemple, manger est une bonne chose, mais trop manger en est une mauvaise. Les relations sexuelles dans le cadre du mariage sont de bonnes choses, mais en dehors elles sont néfastes. Travailler est une bonne chose, mais ne pas assez travailler ou trop travailler sont tous deux source de destruction. L’homme a été créé avec un certain équilibre, et lorsque celui-ci tourne le dos à Dieu cet équilibre est brisé et tout en est affecté. Le péché de l’homme a énormément transformé la planète telle qu’elle avait été créée à l’origine. De nos jours il est évident de constater les dégâts que l’homme peut générer à la nature. Cependant la Bible nous parle aussi de dommages beaucoup plus importants résultant du péché de l’homme, affectant même le caractère de notre planète. On voit par exemple que suite au péché d’Adam, les épines et les ronces proliférèrent et le travail devint pénible (Genèse 3 : 18-19) ; on imagine aussi les animaux devenant pour la première fois carnivores. Et puis plus loin dans la Bible, on lit un récit encore plus bouleversant, lorsque « l'Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur coeur se portaient chaque jour uniquement vers PAGE 71 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


le mal » (Genèse 6 :5) et décida d’envoyer son déluge. Avez-vous déjà observé les effets d’une inondation ? D’un cyclone ou d’un tsunami ? Imaginez un désastre comme ceux-ci sur toute la surface de la terre : le déluge de Noé ; cet événement où «   toutes les sources du grand abîme jaillirent, et les écluses des cieux s'ouvrirent   » (Genèse 7   :11). Une coïncidence que les tremblements de terre et les éruptions volcaniques se fassent là où les plaques continentales sont séparées par un rift, c’est-àdire une zone de fracture de l’écorce terrestre   ? Ne serait-ce pas une allusion aux «   sources du grand abime qui jaillirent   »   ? En effet, on n’imaginerait pas ces choses (tremblements de terre et volcans) présentes à l’origine d’un monde parfait. Et puis imaginez ces eaux se déversant sur toute la terre puis diminuant à nouveau et créant par érosion des montagnes, des déserts, des canyons…tous ces endroits presque invivables pour l’homme. Avant le déluge il n’y avait pas de pluie, mais une vapeur s’élevait de la terre pour arroser le sol (Genèse 2 :5-6). Imaginez la différence que ce fut une fois que «   les écluses des cieux s'ouvrirent   » ! Tout d’un coup l’enveloppe de la terre change, et puis suite au déluge l’homme ne vit qu’un maximum de 120 ans (Genèse 6 :3), alors qu’auparavant il pouvait vivre plusieurs centaines d’années. Il est difficile de savoir ce qui se passa exactement lors du déluge, mais une chose est sûre, le monde en fut gravement détruit. Le monde que nous percevons de nos jours est bien différent de celui qui a été créé. Il a PAGE 72 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


été corrompu, dépravé par l’homme, et ne reflète qu’une partie de la gloire de Dieu qui y était révélée à l’origine.

Le cœur de l’homme Jérémie écrivait : « Le coeur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant: qui peut le connaître ? » (Jérémie 17 :9). Le siège du mal chez l’homme est dans son cœur. L’homme n’est pas mauvais parce qu’il pèche, il pèche parce qu’il est mauvais. Le péché est le reflet de sa nature, l’expression de son identité ; non pas parce que Dieu l’a créé ainsi, mais parce que l’homme a rejeté Dieu. Ce n’est pas ce qui entre dans l’homme qui le corrompt, mais tout simplement ce qui en sort, comme disait Jésus : « Ce qui sort de l'homme, c'est ce qui souille l'homme. Car c'est du dedans, c'est du coeur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l'homme. » (Marc 7 :20-23) Si l’on possède une voiture qui fonctionne à l’essence, il va falloir de l’essence pour qu’elle marche. Autrement, on pourra tout essayer, elle ne fonctionnera jamais. De même, l’homme dépend de Dieu, et peut importe ce que l’on peut donner à l’homme, si ce n’est Dieu lui-même il ne sera jamais accompli. L’homme ne peut produire l’essence dont il a besoin par lui-même. Il ne peut produire la gloire de Dieu : c’est quelque chose d’unique à Dieu. PAGE 73 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Ainsi, lorsque le péché entra dans le monde et dressa une barrière entre Dieu et l’homme, celui-ci devint absolument incapable de faire quoi que ce soit de bien ; ce qu’affirme Paul en Romains 7 :18 : « Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair. » Le cœur de l’homme, la source de toutes ses pensées, motivations, désirs et décisions fonctionnait à une essence divine. Lorsque celle-ci fut enlevée, le cœur de l’homme ne put produire que des œuvres menant à la mort. En conséquence, tout ce que fait l’homme par sa propre chair est péché. Il n’a en lui aucun pouvoir de faire ce qui est bien ou juste. Il est complètement déchu, corrompu, dépravé. Non seulement il ne peut rien faire pour Dieu, mais en plus tout ce qu’il fait est accompli contre Dieu ; ce qui le rend «   ennemi de Dieu   » (Jacques 4   :4), et «   enfant de colère » (Éphésiens 2 :3).

Jugement Il suffit de regarder l’Histoire de l’humanité pour voir à quel point la doctrine de la dépravation de l’homme est véridique. Malgré des milliers et des milliers d’années d’expérience, il n’a toujours pas réussi par lui-même à trouver son bonheur. Il n’a pas réussi à trouver le moyen de se procurer la paix. Il ne peut vaincre la mort. Il ne peut aimer sans être égoïste. Sans Dieu, il ne pourra jamais résoudre son problème : il est un être imparfait en quête de perfection. Seul, il reste incapable, et pire encore : coupable envers Dieu.

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De plus, Dieu étant un Etre juste, l’homme devra payer pour ses crimes. En péchant, chaque homme a détruit et condamné le monde créé par Dieu. En corrompant son œuvre, chacun est devenu responsable de sa propre mort et pour celle de toute l’humanité. Le prix à payer est sans mesure. Le péché est une grave chose. Le résultat en est la mort, à chaque fois et sous chaque angle. Un jugement juste et équitable est donc nécessaire. En effet, que se passerait-il si Dieu acceptait des hommes pécheurs dans son paradis ? Ce paradis deviendrait bien vite en aussi mauvais état que cette terre. Dieu ne peut accepter que ce qui est parfait dans sa présence. Sans cette perfection, l’homme n’a aucun espoir. En jugeant l’homme, Dieu lui donne simplement ce qu’il mérite et ce qu’il désire : être séparé de lui. Le jugement de Dieu n’est pas de la torture. Ce n’est pas injuste ou exagéré. Au contraire, c’est juste et équitable sous chaque aspect, comme nous l’indique l’apôtre Paul : « Car il est de la justice de Dieu de rendre l'affliction à ceux qui vous affligent, et de vous donner, à vous qui êtes affligés, du repos avec nous, lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d'une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n'obéissent pas à l'Évangile de notre Seigneur Jésus. Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force. » (2 Thessaloniciens 1 :6-9)

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Revenons à notre exemple de l’inventeur. Que feriez-vous d’une invention qui ne fonctionne pas et qui refuse d’être réparée ? Vous la jetteriez, n’est-pas ? C’est ce que Jésus voulait dire lorsqu’il s’exclama : « Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu » (Matthieu 7 :19). L’homme a été créé avec une fonction, et s’il ne remplit pas cette fonction, alors il est complètement inutile. On a déjà vu que Dieu n’a pas besoin de l’homme. Cependant il a choisi de l’utiliser et désire le faire. Si celui-ci refuse de se soumettre, alors tout ce qu’il reste à faire est de le « couper et de le jeter au feu. » Cet état de séparation d’avec Dieu s’appelle l’enfer et est un endroit terrible. En effet, même si notre terre a été dépravée, elle porte encore une certaine empreinte de la gloire de Dieu. Ainsi, même le pire que l’on puisse imaginer sur cette terre ne peut être comparé à ce qui attend ceux qui seront totalement séparés de sa gloire. La peine ressentie sera telle une «   fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matthieu 13 :50). Les conséquences du péché sont énormes. Et le problème, c’est que sans la connaissance de la volonté de Dieu, l’homme pèche à chaque instant. Il est dépravé à chaque seconde et incapable de changer. Existe-il un espoir ? Pour être secouru, l’homme aura besoin d’un sauveur. Il aura besoin du « salut de Dieu, » terme traduit en hébreu par « Yeshua » et dont le parallèle grec est bien connu : « Jésus. »

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Troisième partie : Dieu « A peine mourrait-on pour un juste ; quelqu'un peutêtre mourrait-il pour un homme de bien. Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » Romains 5:7-8

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7. L’amour de Dieu : le sens de la Croix « Dieu est amour. L'amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. » 1 Jean 4:8-10

Une Définition On parlait plus tôt de la bonté et de la fidélité de Dieu. Ces aspects apparaissent au travers de la Bible à chaque fois que Dieu se manifeste. Ensemble, ils décrivent un Dieu qui ne change pas, et qui, à chaque fois qu’il exprime sa nature, le fait en cherchant le meilleur intérêt de ceux avec qui il partage une relation. Nous avons vu plus tôt que le mot hébreu pour «   bonté   » sous-entendait aussi le sens de «   grâce   » et d’ « amour immuable. » En effet, lorsque cette bonté est mise en action, le résultat observable est de l’amour ; un mot qui dans le langage biblique implique un choix. On voit dans les Écritures que le véritable amour n’est pas simplement celui lié aux sentiments et aux émotions, mais bien plus encore, c’est la mise en action de choix qui ont   été résolus. Plus que n’importe quel autre mot, celui-ci reflète le caractère de Dieu et la motivation derrière ses œuvres.

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Derrière chaque œuvre de Dieu se trouve de l’amour. Son amour, c’est ce qui l’a poussé à choisir Moïse, à délivrer Israël, à envoyer ses prophètes, et plus que tout, à envoyer son Fils Jésus-Christ. Bien des passages nous donnent des indications sur les différents aspects de son amour, mais il existe un événement qui en décrit bien plus que des facettes. À un moment donné, Dieu décida de définir cet amour, de le présenter dans toute sa grandeur, toute sa beauté et toute sa richesse. Cet événement c’est la croix, là où Jésus mourut pour les péchés du monde. « Et cet amour consiste, » que nous lisons en 1 Jean 4:10, veut littéralement dire « ceci est l’amour, » ou « ceci est l’essence de l’amour » ou encore « en ceci est l’amour. » La croix ne révèle pas seulement que Dieu nous aime, mais indique aussi les contours et la mesure de cet amour. La croix est la définition de l’amour de Dieu. La nuit avant de mourir, Jésus dit à ses disciples : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis   » (Jean 15:13). Comme l’écrivit Paul, l’amour « ne cherche pas son intérêt » (1 Corinthiens 13:5). L’amour, c’est de sacrifier ses propres intérêts pour servir les autres. L’amour, c’est quelque chose de complètement désintéressé. Et le plus grand exemple de l’amour, c’est un sacrifice allant jusqu’à la mort ; où le don de soi va jusqu’à la perte de tout ce que l’on possède. Cet exemple, c’est celui que Dieu nous donna à la croix. C’est pourquoi, il n’existe pas de plus bel endroit pour regarder et contempler Dieu. En effet, ce qui décrit Dieu le mieux est son amour ; et cet amour ne fut PAGE 79 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


révélé dans toute son amplitude et sa grandeur que sur cette croix. Depuis les débuts du monde, cet endroit était attendu de tous : « Les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l'objet de leurs recherches et de leurs investigations, voulant sonder l'époque et les circonstances marquées par l'Esprit de Christ qui était en eux, et qui attestait d'avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies. Il leur fut révélé que ce n'était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu'ils étaient les dispensateurs de ces choses, que vous ont annoncées maintenant ceux qui vous ont prêché l'Évangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, et dans lesquelles les anges désirent plonger leurs regards. » (1 Pierre 1: 10-12) Les prophètes du passé n’avaient qu’une envie : contempler cette croix. Quant aux anges, c’était pareil, alors qu’ils avaient été dans la présence de Dieu depuis le commencement de la création. Au pied de la croix se trouve la porte vers la plus abondante source de gloire et la plus profonde connaissance de Dieu.

Les Récipients de cet Amour Le désintéressement de l’amour de Dieu révélé à la croix se voit premièrement par rapport au récipient de cet amour : l’homme. Quel intérêt y avait-il pour Dieu à se soucier de celui-ci ? Il est inutile, ne mérite rien, il est limité, et en plus il est pécheur, dépravé et ennemi de Dieu ! PAGE 80 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Et non seulement Dieu va se soucier de lui, mais en plus il va le faire jusqu’à envoyer son propre et unique Fils pour mourir pour lui. Allait-il gagner quoi que ce soit en agissant ainsi ? Absolument rien. On en a déjà parlé, Dieu n’a pas besoin de quoi que ce soit de plus que lui-même pour être satisfait. Le Père possède le Fils et le Fils possède le Père, et c’est tout ce qui leur suffit. En réalité, l’histoire de l’homme ne représente qu’un petit épisode de la relation intérieure à la trinité, dans laquelle, à chaque instant, Père, Fils et Saint-Esprit restent tout simplement eux-mêmes en faisant des choses grandioses, incroyables, inattendues et merveilleuses. Et dans cette relation, l’attention du Père n’est portée que sur le Fils. Pour lui, rien d’autre n’importe : que pourrait surpasser sa beauté ou sa joie, égaler sa présence ou son amour ? Pourquoi en détourner le regard ? Comment se satisfaire de quoi que ce soit d’autre ? En vérité, le Père et le Fils sont tellement liés l’un à l’autre que rien de ce qu’ils accomplissent ne peut être dissocié. Lorsque le Père créa le monde, il le fit au travers du Fils et pour le Fils. Et lorsque le Fils vint sur la terre, il fit tout au travers du Père comme il l’indiqua par lui-même : « les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les œuvres » (Jean 14:10). Et peu avant sa crucifixion, lorsque le Fils s’apprête à retrouver la gloire qu’il avait quittée pour se rendre sur la terre, il prie au Père: « Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie » (Jean 17 :1). La seule raison pour laquelle le Fils voulait recevoir PAGE 81 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


de la gloire était pour la rendre ensuite au Père. Il faisait tout au travers du Père et pour le Père (de plus, dans les deux cas, Père et Fils agissent aussi au travers du Saint-Esprit [Job 33:4 ; Luc 4:1]). Et l’homme dans tout ça ? Le seul moyen pour lui de prendre part à la richesse de cette relation serait de se trouver au sein même de la trinité. Pour avoir une relation avec le Père, il devrait se trouver en Christ. Et c’est pour cela que quand le Père créa le monde, il le fit au travers du Fils et avec le but, « lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (Éphésiens 1 :10). Et c’est ce que Jésus pria pour les croyants la nuit avant d’être mis à mort : « Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, -moi en eux, et toi en moi, -afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. » Jean 17:22-23 Pour faire partie de la gloire de Dieu et ainsi comprendre l’amour de Dieu, il faut faire partie de la relation entre le Père et le Fils. Il faut être uni au sein même de la trinité. Il faut être en Christ. L’amour de Dieu ne peut être compris qu’à l’intérieur de la trinité, parce que comme cette trinité, cet amour fait partie de la nature même de Dieu   : «   Dieu est amour » (1 Jean 4:8). PAGE 82 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Et c’est à ce moment que l’on comprend à quel point l’amour de Dieu pour l’homme fut grand. Alors que l’homme était ennemi de Dieu (Romains 5:10) et privé de la gloire de Dieu (Romains 3:23), alors qu’il était séparé de Christ – de tout ce que le Père pouvait désirer – Dieu l’aima. Pendant que l’homme s’obstinait à détruire et corrompre l’œuvre de Dieu, qu’il était incapable de faire quoi que ce soit de bien et qu’il était séparé de la relation entre le Père et le Fils, Dieu l’aima. Dieu aima l’homme alors qu’il savait bien que cela ne lui rapporterait rien. Dieu fit le choix d’aimer l’homme alors que celui-ci n’avait rien d’aimable. Et non seulement il l’aima, mais il l’aima au point de lui donner même ce qu’il avait de plus précieux : son Fils unique.

Le plus beau cadeau Mais comment une humanité déchue pourrait-elle retrouver la paix avec Dieu ? Comment des êtres pécheurs pourraient-ils retrouver la présence glorieuse de Dieu, cette présence qui ne tolère absolument aucune imperfection ? Si seulement un seul homme pouvait être juste pour que Dieu puisse regarder toute l’humanité au travers de lui et la voir pure ! Si seulement il existait un représentant de l’homme qui soit sans tâche, sans péché ! Cette personne pourrait certainement servir de médiateur, de pont entre Dieu et les hommes ! Mais qui pourrait être cette personne ? Il n’existe pas un seul homme sur terre n’ayant jamais péché ! Comment pouvoir faire partie de la famille de Dieu ? Comment être délivré de l’esclavage du péché ? PAGE 83 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


« Nous aussi, de la même manière, lorsque nous étions enfants, nous étions sous l'esclavage des rudiments du monde ; mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi, afin qu'il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l'adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! tu n'es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu. » (Galates 4:3-7) La loi de Dieu, c’est-à-dire ses commandements, avait été conçue de manière à ce que ce soit impossible de lui obéir complètement. Elle avait été faite pour montrer à l’homme que peu importe sa volonté, ses œuvres ou ses efforts, il ne parviendrait jamais à la perfection ; pour lui montrer qu’il avait besoin d’un sauveur. Ce sauveur n’est autre que Jésus Christ, le Fils de Dieu. Entièrement homme, entièrement Dieu, il vint sur la terre pour être ce médiateur qui pourrait rétablir la connexion entre Dieu et les hommes : « Il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous » (1 Timothée 2:5-6). Né d’une vierge, Jésus apparu dans le monde pur et sans péché, partageant d’un côté une pleine communion avec Dieu et de l’autre une pleine communion avec les hommes. Cependant, le rôle de médiateur ne pouvait être limité à une simple existence. L’homme était coupable. Il y avait un prix à payer, une rançon ; sans quoi la justice de Dieu ne pourrait être accomplie. De plus, PAGE 84 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


à cause de l’amplitude du péché, le prix à payer était de valeur infinie : la seule rançon pouvant être versée devrait elle aussi être de valeur infinie, et il faudrait pour cela le sacrifice d’un homme à la justice infinie. Dieu savait que l’homme n’avait aucune chance de pouvoir payer sa dette, de pouvoir être justifié face à ce tribunal divin. Alors il envoya son Fils, Jésus-Christ, homme parfait et Dieu parfait, pour venir mourir pour les péchés du monde, afin qu’au travers de lui l’humanité puisse être regardée comme juste et sainte. Ainsi, au lieu de voir nue cette humanité perdue, il la verrait au travers de son Fils, cachée derrière l’ombre de sa justice. En Christ, les choses pourraient être rétablies. En donnant sa grâce à l’homme et en envoyant son Fils, Dieu tendit la main à l’homme pour rétablir une relation perdue. Mais pour que cette relation puisse être partagée, il resterait encore une chose à faire du côté de l’homme : croire. En effet, Dieu agit envers l’homme par sa grâce, et la seule chose que l’homme puisse faire en retour est d’avoir la foi. Sans cette foi, il n’y a pas de relation. Sans cette foi, il n’y a pas de salut. « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus Christ. C'est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu'il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience, afin, dis-je, de montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus. Où donc est le sujet de se glorifier ? Il est exclu. Par quelle PAGE 85 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


loi ? Par la loi des œuvres ? Non, mais par la loi de la foi. Car nous pensons que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. » (Romains 3:23-28) Parce que les œuvres de milliards de gens ne suffirent pas pour contrebalancer le poids d’un seul péché, Dieu s’offrit lui-même. Il nous fit don de sa gloire, au travers de Jésus-Christ. Et tout ce que l’homme doit faire en retour est de croire ; pas seulement de croire en des faits, mais de croire pour rétablir une relation ; une relation dans laquelle l’homme se doit d’être humble et dépendant. Ainsi, la relation avec Dieu ne peut être rétablie que par un changement de mode de vie et que par une humiliation personnelle accompagnée de repentance. C’est ce message que Jésus prêchait : « il disait : le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle » (Marc 1:15). Dans l’hébreu, le terme pour repentance vient du mot signifiant « se retourner » et dans le grec « repenser. » Dans les deux cas, c’est l’abandon de quelque chose pour le gain d’une autre. Ainsi, pour pouvoir participer à la relation avec Dieu, l’abandon de l’ancienne vie est nécessaire. Il faut penser différemment, se retourner de nos préoccupations pour porter ses regards vers Dieu. Il faut cesser de chercher sa propre gloire pour la donner à Dieu seul. Et lorsque ceci est accompli, voici que l’homme se trouve dans une position tout à fait nouvelle et exceptionnelle : en Christ. « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.   » (2 Corinthiens 5:17). En PAGE 86 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Christ, l’homme devient héritier du même amour avec lequel le Père l’a aimé ; et aussi du même monde qu’il créa pour lui. Une fois en Christ, l’homme est non seulement perçu par les yeux du Père comme juste et sans péché, mais en plus il est regardé comme étant son propre enfant, son propre héritier. En conséquence, l’homme devient le récipient du plus bel amour et des plus belles promesses, et prend part à la plus belle relation imaginable.

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8. L’amour de Dieu : le chemin vers la croix « Le Père m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même ; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre : tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père. » Jean 10 :18-19

Une Vie Consacrée : Survol de l’Evangile de Jean La mort de Jésus nous révèle énormément sur l’amour désintéressé qu’il possédait. Seulement, cette mort n’aurait pas eu son effet désiré si Jésus n’avait pas vécu en partageant le même message que celui de son sacrifice. Jésus ne vint pas sur terre simplement pour mourir. Sa mission était de sauver le monde en permettant de rétablir la relation brisée entre Dieu et les hommes. Pour cela il devait faire deux choses   : rendre accessible aux hommes la grâce de Dieu, et deuxièmement commencer son Église en encourageant une poignée d’hommes à avoir une foi ferme. En mourant sur la croix, il paya le sacrifice permettant à l’homme de pouvoir trouver grâce auprès du Père. En vivant, il enseigna et accomplit des œuvres qui donneraient la foi aux hommes. Jésus fut un homme efficace. En trois ans et demi de ministère il remplit sa mission. Et c’est ce que nous racontent les évangiles. Dans leurs livres, les apôtres nous décrivent comment la vie de Jésus était dirigée vers cette croix. PAGE 88 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Jésus était venu pour donner sa vie pour payer la dette de l’homme. Seulement, avant que cela puisse se produire, il fallait que ses disciples croient en lui. Comme s’il était déjà condamné, Jésus portait sa croix. Tout ce qu’il accomplissait faisait partie de ce chemin vers la croix. Aucune action, aucun désir, aucune parole ne s’écartait de ce chemin. Chaque moment et chaque rencontre, Jésus l’utilisait afin que ce sacrifice à la croix soit le plus efficace possible. A la fin de son évangile, Jean résume son message : « Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles, qui ne sont pas décrits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie éternelle en son nom. » (Jean 20 :30-31) La mission de Jésus, en venant sur la terre, n’était pas simplement de mourir, mais aussi de vivre, et de telle manière que les gens puissent croire en lui et en son message. Et pour cela, Jésus fit de nombreux miracles. En fait, Jean construit son évangile autour de sept miracles, qu’il appelle en grec « signes, » accomplis par Jésus afin que ses disciples puissent croire en lui. Le premier « signe » fut celui qui se déroula à Cana, où il transforme l’eau en vin. Jean rapporte : « Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. » (Jean 2 :11). PAGE 89 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Puis les miracles continuent : Jésus guérit le fils malade d’un officier du roi au chapitre 4, un paralytique au chapitre 5, puis au chapitre 6 dans la même journée il multiplie les pains et les poissons puis marche sur l’eau. A ce point, la foi des disciples commence à s’affermir. En fait, pour la première fois ils comprennent vraiment qui il est. Matthieu décrit dans son évangile: « Ceux qui étaient dans la barque vinrent adorer Jésus, et dirent : tu es vraiment le Fils de Dieu » (Matthieu 14 :33). Les disciples ont compris. Le ministère de Jésus prend alors une autre tournure. Son ministère devient plus privé que public. Il prend alors du temps pour enseigner ses disciples. Cependant, ayant une certaine popularité, il est difficile de passer inaperçu. Ainsi, il se retire avec ses disciples, premièrement en Phénicie, au nord-ouest, dans la région de Tyr et Sidon, avant d’aller dans la Décapole à l’est du Jourdain, puis finalement dans la région de Césarée de Philippe, au nord. Puis, à cet endroit, il demande confirmation à ses disciples. Il leur pose cette question : « Qui dites-vous que je suis ? » Et Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matthieu 16 :16). Encore une fois, le ministère de Jésus change drastiquement. Maintenant que les disciples ont compris qui il est, il est près à mourir. Matthieu écrit, 5 versets après la confession de Pierre : « Dès lors, Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il aille à Jérusalem, qu’il souffre beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il soit mis à mort, et qu’il ressuscite le troisième jour. » PAGE 90 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Nous sommes alors seulement six mois avant la Pâques, avant cette fête où Israël célèbre la délivrance, la rédemption de leur servitude d’Egypte, cette nuit où le sang d’un agneau les délivrait du jugement de Dieu contre les Egyptiens. Jésus sait que cette Pâque est sa dernière. L’agneau de Dieu qui s’offre pour les péchés du monde, n’a plus que six mois à vivre. Alors il se rend en Judée, le centre religieux où se trouve Jérusalem, pendant trois mois. Et là il accomplit son sixième signe : il guérit un aveugle, le jour du Sabbat. Les pharisiens sont furieux, il déshonore leur tradition, mais ce n’est pas encore assez. A la fin des trois mois il se rend à Jérusalem pour la fête de la Dédicace, célébrée fin décembre, puis il fait cette déclaration : « Moi et le Père, nous sommes un. » (10 :30). Cette fois ils prennent des pierres pour le lapider. Mais son temps n’est pas encore venu. Jésus a encore trois mois à vivre, trois mois pour confirmer son ministère et pour se mettre les chefs sur le dos. Pour l’instant ce ne sont que les Pharisiens qui sont contre lui. Alors il part pour trois mois en Pérée, à l’est du Jourdain. Là on lui apporte la nouvelle que son ami Lazare de Béthanie est gravement malade. Et au lieu de se rendre directement chez lui, il attend deux jours, puis s’y rend. Cependant voilà le problème   : Béthanie se trouve à peine à 2 km de Jérusalem, le centre de la Judée. Les disciples lui disent (Jean 11   :8) «   Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu retournes en Judée ! »

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La réponse de Jésus à ce moment est stupéfiante. Il répond: « Lazare, notre ami, dort   : mais je vais le réveiller.   » On ne peut s’empêcher d’imaginer un sourire serein sur le visage de Jésus lorsqu’il leur dit cela. Depuis le début Jésus, comme un joueur d’échecs, positionne ses pièces. Les gens autour de lui voient ses mouvements, mais il est bien le seul à réellement tout comprendre. A ce moment, alors que Jésus n’a plus que quelques mois à vivre, il regarde le jeu et en connaît déjà la fin. Il anticipe ses futurs mouvements, et en devine les conséquences. Le miracle qu’il s’apprête à faire, ressusciter Lazare, le dernier signe de l’évangile de Jean, va tout enclencher. Lorsqu’il arrive à Béthanie, Lazare est mort depuis quatre jours. Il aurait pu partir plus tôt, pour le guérir, mais à la place il a voulu attendre deux jours avant d’y aller. Et ce qui est intéressant, c’est que dans la culture juive l’esprit d’un homme ne part de son corps qu’après trois jours. Après quatre jours le mort est vraiment mort. Et puis Jésus se trouve devant la tombe. Probablement un des moments les plus intenses de son ministère. Il vient juste de pleurer, et non pas parce que Lazare est mort, il savait dès le début qu’il allait le ressusciter. Bien sûr, le fait que les gens qu’il aime soient dans la peine ne le laisse pas indifférent émotionnellement. Mais en réalité, il se passe quelque chose de beaucoup plus grand. La gloire de Dieu qui s’apprête à être révélée annonce déjà la venue de la croix et de la réaction des hommes face à celle-ci. D’un côté Jésus se réjouit de la bénédiction réservée à ceux PAGE 92 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


qui croiront, de l’autre il est brisé en son cœur par l’endurcissement des incrédules. « Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C'était une grotte, et une pierre était placée devant. Jésus dit : Otez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit : Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là. Jésus lui dit : Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit : Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé. Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé. Ayant dit cela, il cria d'une voix forte : Lazare, sors ! Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus leur dit : Déliez-le, et laissez-le aller. Plusieurs des Juifs qui étaient venus vers Marie, et qui virent ce que fit Jésus, crurent en lui.   » (Jean 11:38-45) Jésus est devant la tombe, et avant même de ressusciter Lazare, il regarde au ciel et dit : « Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé. Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours » Et puis les gens croient. Ce dernier signe, merveilleux et spectaculaire, préparant les disciples pour une future gloire, affermit encore une fois leur foi. Cependant, la deuxième partie de l’histoire nous révèle un autre aspect de circonstances : « Mais quelques-uns d'entre eux allèrent trouver les pharisiens, et leur dirent ce que Jésus avait fait. Alors les principaux sacrificateurs et les pharisiens PAGE 93 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


assemblèrent le sanhédrin, et dirent : Que ferons-nous ? Car cet homme fait beaucoup de miracles. Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation. » (Jean 11 : 46-48) Jésus avait déjà les Pharisiens à dos, maintenant les principaux sacrificateurs s’y ajoutent. Au verset 53 ils délibèrent : « Dès ce jour, ils résolurent de le faire mourir.   » En vérité, à l’époque, les gens ne s’attendaient pas à un messie qui viendrait pour leur enseigner les voies de Dieu. Ils attendaient un libérateur qui les délivrerait des Romains, un messie d’ordre politique ; non religieux. Ainsi, tout prétendu candidat était un danger : si une révolte commençait, Israël pourrait être détruite par Rome, et les leaders pourraient perdre leurs positions privilégiées et confortables. A partir de ce moment Jésus est un fugitif. Il n’a plus longtemps à vivre : sa tête est mise à prix. Il se retire alors dans un village du nom d’Ephraïm avant de se rendre à Jérusalem pour une dernière fois. Mais il ne se rend pas à Jérusalem seul. Il revient d’abord en Galilée avant de rejoindre un groupe de pèlerins voyageant pour participer à la Pâque. Le groupe, probablement assez important, se rend à Jérusalem pour un voyage de quelques jours. Pendant ce voyage il enseigne et accomplit des miracles, le peuple l’aime et a hâte de voir ce qu’il fera à Jérusalem où les habitants ont entendu parler du miracle de Lazare.

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Mais Jésus connaît sa mission. D’un côté il garde une notoriété avec le peuple qui lui permet une certaine liberté, mais de l’autre il se prépare comme l’agneau de Dieu donnant sa vie pour ses brebis. Puis la dernière semaine de la vie de Jésus commence. Et alors que la foule se rend à Jérusalem le vendredi, Jésus va visiter Lazare à Béthanie. A cet endroit, Marie, la sœur de Lazare prend du parfum et lui oint les pieds. Judas Iscariote se fâche, disant qu’il aurait mieux fallut donner l’argent aux pauvres. « Il disait cela, non qu’il se mettait en peine des pauvres, mais parce que, tenant la bourse, il prenait ce qu’on y mettait. » (Jean 12 :6). Alors Jésus le reprend ouvertement, et certainement, Judas a du mal à l’accepter. Le lendemain, c’est le Samedi. Jésus respecte le Sabbat et ne voyage pas jusqu’à Jérusalem. Le jour suivant, les foules l’attendent, et l’acclament avec des palmiers. Les Pharisiens commencent à le craindre de plus en plus. Ils se sentent menacés ; la crainte les gagne petit à petit. Puis le lundi, Jésus nettoie le temple de ses marchants   ; un temple sous le contrôle des Sadducéens, l’autre groupe religieux se partageant la plus grande partie du pouvoir et de l’influence avec les Pharisiens. Ces derniers étaient surtout au contrôle des synagogues, alors que les Sadducéens contrôlaient le temple. Jusque là les Sadducéens n’avaient pas grand-chose à voir avec Jésus, mais à ce moment, il les attaque directement.

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Le jour suivant les Hérodiens, le Pharisiens, les Scribes et les Sadducéens s’unissent pour le piéger. Ils lui demandent par quelle autorité il agit, si l’on doit payer le tribut à César, des questions sur le mariage et la résurrection, sur le plus grand commandement des Écritures. Et Jésus les humilie publiquement un par un en les piégeant par leurs propres questions. A ce moment là Jésus s’est mit tous les chefs à dos : Pharisiens, Hérodiens, Sadducéens, Scribes, Grands Sacrificateurs, et même Judas. Tout simplement parce qu’il leur avait montré ce qu’il y avait réellement dans leur cœur. Et puis le soir de la Pâque, Judas le quitte pour aller chercher les troupes des principaux sacrificateurs et des pharisiens. Jésus n’a plus beaucoup de temps à passer avec ses disciples, Judas va revenir d’un moment à l’autre. Alors il part de la chambre-haute pour se rendre au jardin de Gethsémani, pour gagner du temps. Et puis quelque chose d’historique se passe. La prière de Jean 17. Non seulement un des plus beaux chapitres de la Bible, mais un événement historique. Celui qui devant la tombe de Lazare affirmait que Dieu l’exauçait toujours, Jésus, prie. Chaque parole, chaque mot, est entendu du Père et déjà exaucé. Dans ce chapitre, Jésus prie pour les croyants, et pour quatre choses, qui seront chacune accomplies par la venue du Saint-Esprit. Premièrement il prie que les croyants puissent être protégés du malin : scellés du SaintEsprit, les chrétiens appartiennent à Dieu et ne peuvent perdre leur salut PAGE 96 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


(Ephésien 4:18). Deuxièmement, il prie pour l’unité des croyants, afin qu’ils soient un comme lui et le Père sont un : c’est ce qu’accomplit le Saint-Esprit en unissant les croyants à Christ dans un seul corps (1Corinthiens 12:11-13). Troisièmement, il prie pour que les croyants soient là où il est : le corps du croyant devient une habitation de son Saint-Esprit, rendant ainsi la présence de Dieu continuelle (1Corinthiens 3:16). Finalement il prie pour la sanctification des croyants, c'est-à-dire pour leur croissance vers la perfection, pour quelle se fasse au travers de la parole de Dieu : cette parole est « l’épée de l’Esprit » (Éphésiens 6:17). Quelques instants plus tard les soldats arrivent. Jésus est emmené puis crucifié. Sa mission est accomplie : « Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire […] ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé » (Jean 17 : 4, 8). Il avait donné sa vie pour les péchés du monde, accompli les œuvres permettant à ses disciples de croire en lui, et donné ses instructions au Saint-Esprit afin qu’il puisse guider et garder les croyants après son départ. Il avait vécu une vie parfaite, conduite dans l’amour et le don de soi. Quelques heures plus tard, sur une croix, Jésus demande à boire. L’un des effets de la crucifixion, c’est la soif. On lui donne du vinaigre, et alors, prenant toutes les forces qui lui restent, avant de mourir, il crie : « tout est accompli » (Jean 19 :30). Echec et mat.

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9. L’Amour de Dieu : le Prix de la Croix «   Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix. » Philippiens 2 :5-8

Abandon Total Comme nous l’avons défini précédemment, l’amour est désintéressé. Le véritable amour est tourné vers autrui, c’est le don de soi, l’abandon de sa personne pour l’intérêt de l’autre. La mesure de ce désintéressement fut démontrée à la croix. A cet endroit, Père et Fils renoncèrent à tout ce qu’ils avaient de plus précieux pour pouvoir sauver une humanité perdue. a) Abandon du ciel Il est paradoxal que Christ ait quitté la gloire de son ciel pour nous permettre de la connaître. En réalité, il nous est impossible de comprendre comment il a pu faire une chose pareille ; mais la bonne

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nouvelle c’est que nous allons avoir toute l’éternité pour sonder la grandeur de cet amour désintéressé, si nous croyons en lui. Imaginez le jour de votre mort. Vous êtes emmenés aux portes du ciel, et si vous vous trouvez en Christ, on vous laisse entrer. Tout d’un coup, vous êtes dans un monde parfait, sans péchés, sans souffrances, sans larmes, où toute chose est source de joie et de bénédiction. Votre visage est rayonnant de beauté et vos vêtements brillent comme le soleil. Autour de vous, aucune couleur n’est impure. Et puis vous voyez le Père face à face, dans toute sa majesté et sa gloire, reconnaissant dans son regard le véritable amour. Pendant quelques instants, vous vous plongez dans les yeux du Père et en percevez l’infinie richesse. Au même instant, le chant d’une chorale de mille personnes fait entendre son écho : pas une seule voix n’est imparfaite. Et puis tout d’un coup, en une seconde, on vous chasse du paradis et on vous renvoie sur terre. Comment vous sentiriez-vous ? On ne peut imaginer ce que ce fut pour Christ de renoncer à cette gloire pour venir sur une terre déchue et remplie de péchés. Auprès de son Père il était loué, adoré, couronné de gloire. Et puis il quitte tout pour venir sur une terre où il sera constamment humilié, rejeté, et entouré de gens pécheurs et ennemis de son Père. Il accepte de se revêtir d’ignorance, lui qui était omniscient. Il accepte de prendre le corps d’un homme limité, lui qui était omnipotent et omniprésent. Il accepte de se soumettre, lui qui était souverain. Maître du monde, il devient PAGE 99 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


dépendant et obéissant. Lui qui était roi de l’univers, accepte de naître dans une crèche. Lui par qui le monde fut créé, accepte de devenir charpentier. Tout d’un coup il est l’égal de ceux qui sont sales, petits et humiliés. Lui, le créateur du monde, voit son opinion débattue et ignorée. Lui, la source de toute bonne chose, se voit insulté et maltraité. b) Abandon du Corps Jésus manifesta tous les aspects d’un abandon total de sa personne sur cette croix. Non seulement il se donna pour mourir, mais en plus il se laissa crucifier ; une mort des plus atroces. Par amour pour des pécheurs, il subit les plus atroces souffrances. Premièrement battu de verges, il fut ensuite couronné d’épines, ces mêmes épines qui étaient apparu dans le monde comme conséquencse du péché d’Adam. Il fut ensuite forcé de porter sa croix jusqu’au Mont Golgotha où il fut crucifié, alors que les soldats romains prenaient plaisir à lui frapper la tête et la foule à lui cracher dessus. On lui enleva ces vêtements, et alors qu’il était vraisemblablement nu, on l’éleva sur une croix entre deux brigands. Les romains n’utilisaient pas ce moyen de mise à mort pour tous les condamnés. Elle était réservée aux pires criminels : aux traîtres, à ceux qui n’étaient même plus considérés comme humains. C’était non seulement l’une des morts les plus humiliantes, mais aussi l’une des morts les plus atroces.

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C’est ce que nous décrit Frederick Farrar dans son livre The Life of Christ (La Vie de Christ) : « Une mort par crucifixion semble inclure tout ce que la douleur et la mort peuvent avoir d’horrible – étourdissements, crampes, soif, faim, insomnie, fièvre traumatique, honte, tourment de longue durée, anticipation d’horreur, mortification des blessures attendues – tout intensifié jusqu’à la limite de ce qui peut être enduré, mais s’arrêtant juste un peu avant le point où l’inconscience pourrait soulager la victime. La position contraire au naturel rendait chaque mouvement pénible ; les veines lacérées et les tendons écrasés vibraient dans une angoisse incessante ; les blessures, enflées par exposition, formaient peu à peu de la gangrène [lorsqu’une victime prenait plusieurs jours pour mourir] ; les artères – surtout au niveau de la tête et de l’estomac – devenaient gonflées et surchargées de sang, et alors que chaque variété de misère ne faisait que s’empirer, on y ajoutait la douleur intolérable d’une soif brûlante et rageante, et toutes ces complications physiques causaient de l’anxiété interne qui rendait l’idée de la mort même – de la mort, l’ennemi incertain, à l’approche de laquelle l’homme tremble le plus – porter un aspect de dégagement doux et exquis. Une chose est claire. Les exécutions du premier siècle n’étaient pas comme les exécutions modernes, car elles ne cherchaient pas une mort courte et sans douleur ni la préservation sous n’importe quel aspect de PAGE 101 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


la dignité du criminel. Au contraire, elles cherchaient une torture agonisante pour l’humilier complètement. Et il est important que nous comprenions ceci, car cela nous aide à réaliser l’agonie de la mort de Christ. » Sur la croix, le condamné devait sans cesse s’appuyer sur ses mains et pieds percés afin de lever son corps pour pouvoir gonfler son abdomen et ainsi respirer. C’était une mort par asphyxie lente et terrible. Elle pouvait prendre des heures ou certaines fois des jours. Jésus resta sur cette croix pendant six heures. c) Abandon de l’Ame En quittant son ciel, le Fils renonçait à tous les intérêts qu’il y avait. En donnant son corps, il renonçait à tous ses intérêts sur terre. Puis finalement, en portant les péchés du monde, il renonçait à la chose la plus belle et la plus intense qu’il ait jamais connue, la dernière chose qu’il possédait encore : la relation avec son Père. En portant les péchés du monde, il devint une malédiction pour nous (Galates 3 :13). Il devint ennemi du Père à notre place. Cette relation qui avait durée depuis toute éternité s’interrompit pendant un instant. A la vue de son Fils portant la saleté du monde, le Père détourna son regard. Le Fils cria : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Matthieu 27 :46). Le monde né de la relation d’amour entre un Père et un Fils ne put être sauvé que par la rupture de cette relation. Sur cette croix, le Fils et le PAGE 102 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Père perdirent tout ce qu’ils avaient de plus précieux pour sauver la terre. Ce regard qu’ils avaient échangé l’un avec l’autre pendant toute une éternité dut cesser pendant un moment. Par amour pour l’humanité, Dieu le Fils se fit homme pour pouvoir mourir pour elle. Ce sacrifice fut total. Dieu lui-même donna sa vie, sous la seule apparence au travers de laquelle il puisse le faire : celle d’un homme. Et puis on se souvient du poids du premier péché et de ses conséquences, condamnant toute l’humanité. Sur cette croix, Jésus portait ce péché, ainsi, que tout les autres ; ceux de millions de gens ayant péché des centaines de fois par jour. Un poids infini. La gloire de Dieu révélée Dans l’évangile de Jean, Jésus se réfère à sa mort comme à sa glorification : « Jésus leur répondit : L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit.   » (Jean 12:23-24) De par sa mort, Jésus allait révéler la gloire de Dieu. Par son sacrifice, il allait mettre en lumière la profondeur de l’amour de Dieu, le reflet de sa nature. A la croix, le Fils et le Père allaient montrer au monde quelle était PAGE 103 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


la profondeur de leur amour pour l’humanité et la consistance de cet amour. Et alors que le cœur de Dieu se dévoile, c’est sa gloire qui apparaît. Et pourtant, une question encore reste à être posée : si Dieu ne change pas, alors comment se peut-il que la croix – cet endroit où cette relation entre Père et Fils fut brisée et où tous deux abandonnèrent tout ce qu’ils avaient de cher – puisse révéler la nature de Dieu ? Comment la croix peut-elle nous raconter qui Dieu est, si à cette même croix la relation entre le Père et le Fils semble être effacée ? Il semblerait que sur cette croix, le Père et le Fils perdirent tout ce qu’ils possédaient. Cependant, une chose persista encore. Même lorsque leurs regards se séparèrent, il existait encore une chose pour les unir   : cet amour désintéressé démontré par l’abandon total de leur personne. Ainsi, la gloire de Dieu, c'est-à-dire sa présence et sa personne, fut définie sur cette croix : quand le cœur de Dieu fut mis complètement à nu il ne resta plus qu’une chose : l’amour, le don de soi, la recherche de l’intérêt des autres. Trop souvent Dieu est perçu comme un Être égoïste cherchant son propre intérêt. Il est vrai que lorsque que l’on regarde à Dieu dans son ensemble, c’est-à-dire dans l’unité de la trinité, on s’aperçoit que Dieu n’est satisfait que de sa gloire et ne recherche que sa propre gloire. Cependant, lorsque l’on regarde au sein même de cette trinité et que l’on PAGE 104 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


observe la relation entre le Père et le Fils, on s’aperçoit que le cœur de Dieu est complètement désintéressé, et qu’en aucun cas il ne cherche son propre intérêt : le Fils agit au travers du Père et pour le Père, et le Père agit au travers du Fils et pour le Fils. On imagine souvent le paradis comment étant un endroit où les hommes et les anges passent leur temps à servir Dieu. Cela est vrai, mais ce n’est que la moitié de la vérité. En réalité, au paradis, Dieu sera le premier à servir, à se donner, à partager et à aimer   : son cœur est celui d’un serviteur, le Fils nous l’a prouvé par sa vie sur la terre. Et cela explique aussi pourquoi Dieu créa l’homme comme ne méritant rien. En effet, on pourrait se demander comment un Dieu méritant tout a pu faire un homme ne méritant rien « à son image. » Mais au lieu de marquer une séparation entre Dieu et l’homme, cet ordre des choses est le secret de la plus profonde unité   : en créant l’homme comme ne méritant rien, Dieu le conçut pour qu’il puisse rechercher non pas ses intérêts, mais ceux des autres. En d’autres termes, Dieu conçut l’homme pour aimer ; pour refléter au maximum son image, sa nature et sa gloire. Parce que l’homme ne mérite rien, il est pleinement disponible pour pouvoir se concentrer sur les intérêts des autres, et ainsi imiter le cœur divin. L’idée de sacrifice n’a jamais été populaire. Il est difficile de renoncer à ses propres intérêts. Et pourtant, c’est là le centre de la vie chrétienne, le seul moyen pour prendre part à la gloire de Dieu. Sans un abandon de PAGE 105 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


sa personne, sans la poursuite d’une vie d’humilité et de dépendance, l’homme ne peut communier avec Dieu et se réjouir dans sa gloire. C’est pour cela que Jésus a dit : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il se détruisait ou se perdait lui-même ? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges. » (Luc 9 :23-26) Pour pouvoir vivre de la gloire de Dieu il faut se charger de sa croix chaque jour et suivre le chemin que Jésus parcourut : celui de l’abandon total de sa personne. Dieu n’a pas sauvé l’humanité pour avoir des serviteurs en plus dans son royaume. Il nous a sauvés parce qu’il était amour et qu’il voulait partager cet amour. Sans le renoncement à soimême, il est impossible à l’homme de se conformer à l’image par rapport à laquelle il fut créé. Sans l’abandon de soi, il est impossible de partager une relation avec Dieu et de vivre par sa gloire et pour sa gloire : « Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d'autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde ! » (Galates 6 :14)

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On meurt tous un jour. La question demeure : allons-nous mourir pour nous-mêmes, ou à nous-mêmes ? Bonté et Fidelité Non seulement Dieu est amour, mais en plus il ne change pas. Cela veut dire que l’amour que Dieu partage reste toujours le même, peu importe les circonstances. Ainsi, cet amour révélé à la croix est le même amour avec lequel Dieu nous aime à chaque instant de chaque jour. Cette passion, cette intensité, cette gloire qui furent montrées lors de la mort de Jésus sont les mêmes que celles avec lesquelles ce Dieu souverain ordonne « que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein » (Romains 8 :28). Ainsi, chaque instant de chaque jour devient une nouvelle porte vers l’infinité de Dieu et vers la grandeur de sa gloire, où les choses simples et faibles de la vie sont de nouvelles occasions pour voir Dieu à l’œuvre. À chaque instant, l’homme fait face à des circonstances planifiées par la main de Dieu où celle-ci peut être visible, chacune de ces circonstances ayant été ordonnée avec le même amour que celui montré à la croix, avec la même intensité et la même profondeur. La gloire de Dieu, c’est infini. Chaque moment passé avec elle est comme une goutte d’eau cachant un océan. Et cette gloire est accessible à chaque instant, lorsque l’homme s’abandonne à lui-même pour laisser Dieu agir. La gloire de Dieu est connue de l’homme lorsque celui-ci met PAGE 107 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


de côté le roman de sa vie pour laisser Dieu l’écrire. La gloire de Dieu appartient à Dieu seul. Mais en acceptant d’être dépendant, l’homme permet à Dieu de faire de lui son ouvrage, et devient ainsi porteur de cette même gloire.

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Quatrième partie : les œuvres de Dieu « Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c'est par grâce que vous êtes sauvés) ; il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l'infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus Christ. Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions. » Éphésiens 2 :4-10

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10. Son Ouvrage « Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions. » Éphésiens 2 :10

Œuvre d’Art La gloire appartient à Dieu seul. Les œuvres des hommes ne peuvent rien y changer. En agissant indépendamment de Dieu, l’homme n’a aucun pouvoir de faire des œuvres glorieuses. C’est pour cela que Dieu va prendre l’homme et en faire son « ouvrage, » du grec ‘poiema’ ayant donné le français ‘poème’. Dieu va prendre un morceau de marbre sans apparence de beauté pour le tailler à la stature parfaite de Christ. Il va se saisir d’individus inutiles et au travers de ses propres œuvres il va les perfectionner jusqu’à ce qu’ils deviennent sans défaut ni reproche. En agissant ainsi, il va permettre à l’homme d’accomplir des œuvres dignes de son nom, des œuvres venant directement de lui, « préparées d’avance, » existant bien avant la naissance des hommes qui les portent. La raison pour laquelle l’homme peut participer à la gloire de Dieu n’est pas parce qu’il peut faire par lui-même des bonnes œuvres ; ces œuvres ne peuvent venir que de Dieu seul. En étant dépendant de Dieu, l’homme va pouvoir le laisser agir, et ainsi être le porteur des œuvres les plus grandioses et les plus merveilleuses. PAGE 110 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


C’est pour cela que l’apôtre Paul utilise le mot « ouvrage » ; comme un poème, comme une histoire, Dieu va prendre ceux qui s’offrent à lui pour les façonner et les embellir par ses propres œuvres. Dans les mains de Dieu, le croyant se trouve dans celles du plus grand artiste. Ainsi, il doit s’attendre à de grandes choses, à de belles choses. Ce ne sont plus des œuvres humaines qui s’expriment, mais celles de Dieu même ! Elle vous paraît grande la planète terre ? Elle ne fait que 12 000 km de diamètre, ce n’est pas grand choses comparé au soleil qui en fait 1 400 000. En fait, à l’intérieur du soleil, on pourrait placer environ 1 300 000 planètes terre. Mais le soleil n’est pas une grosse étoile non plus, ce n’est qu’une étoile jaune. Dans la gamme au-dessus, celle des géantes rouges, on en trouve de bien plus volumineuses. Par exemple, l’étoile Bételgeuse fait près de 160 millions de km de diamètre. Si cette étoile remplaçait le soleil, la terre ne pourrait même plus être en orbite, mais serait à l’intérieur même de l’étoile en compagnie de sa voisine Mars. À l’intérieur de cette étoile on pourrait placer près de 1 500 000 soleils, soit près de 200 milliards de planètes terre. Les scientifiques présument l’existence de milliards d’étoiles dans chaque galaxie, et l’existence de milliards de galaxies. En bref, il y aurait au moins autant d’étoiles dans l’espace que de grains de sable sur la terre. Quant à l’homme, il est composé de près de 100 000 milliards de cellules, chacune contenant assez d’ADN pour former une ligne de 2 m de long et ayant autant d’information que 100 millions de pages de PAGE 111 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


l’Encyclopédie Britannica. Dans le corps humain, à chaque seconde, près de 8 millions de cellules meurent alors qu’au même moment le même nombre apparaît. Ces cellules ne faisant qu’un millionième de mètre de longueur seraient toutefois encore plus complexes que n’importe quelle grande ville si elles étaient agrandies : on verrait alors des milliers et des milliers d’usines, des canaux et des routes par centaines de milliers et des échanges par millions ; et en plus, cette ville pourrait se dupliquer en seulement quelques instants ! Quand on regarde la création de Dieu, on commence à comprendre ce que l’ouvrage de Dieu signifie. Les œuvres de Dieu sont belles, elles sont magnifiques, elles sont originales, complexes, variées, mais toutes parfaites. En Christ, nous devenons un tel ouvrage. En Christ, vous êtes l’ouvrage de Dieu.

Sanctification Le procédé employé par Dieu pour perfectionner le croyant s’appelle la sanctification. Ce mot « sanctification » vient du latin ‘sanctus’ signifiant ‘saint’. En façonnant le chrétien à l’image de Jésus Christ, Dieu le rend progressivement conforme à sa perfection et à sa sainteté. Petit à petit, en taillant le morceau de marbre de notre vie, Dieu fait apparaître les contours même de son Fils Jésus-Christ :

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« Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit. » (2 Corinthiens 3 :18) Chaque circonstance de la vie nous donne une nouvelle occasion pour voir Dieu agir, pour le voir à l’œuvre, pour le reconnaître et ainsi percevoir sa gloire. En vivant par la foi et en étant attentif à ces choses, le croyant apprend à connaître Dieu de plus en plus et en même temps à lui ressembler davantage. Et plus le croyant sait reconnaître Dieu par ses actions, plus le croyant apprend à penser comme Dieu et à agir comme lui. Ainsi, la sanctification se réalise premièrement par la pensée. Les actions de l’homme ne sont que le reflet de son cœur. Pour pouvoir faire le bien, il faut désirer le bien en pensée. Cette sanctification consiste en premier à penser différemment, à voir les choses sous une autre perspective. Mais avant de voir Dieu agir, il faut pouvoir réaliser que la manière par laquelle on voit les choses peut être erronée. C’est ce qu’écrivait Paul en Romains 12 :2 : «   Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » Le monde pense d’une manière et Dieu d’une autre. Pour pouvoir reconnaître Dieu dans les circonstances de la vie il faut pouvoir penser PAGE 113 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


comme lui. Cette manière de penser, il nous la donne dans les Écritures ; elles sont « la pensée de Christ » (1 Corinthiens 2 :16) et sont le moyen de rendre l’homme parfait : « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. » (2 Timothée 3 :16-17) Christ avait prié la nuit avant de mourir : « Sanctifie les par la vérité. Ta parole est la vérité   » (Jean 17:17). Par la parole de Dieu, l’homme va apprendre à percevoir les choses d’un œil différent et va apprendre à corriger ses fautes pour les remplacer par ce qui est glorieux : « ce qui est bon, agréable et parfait.   » Ce procédé s’appelle la repentance. En effet, comme nous l’avons vu plus tôt, le mot repentance vient de l’hébreu signifiant «   se retourner   » et du grec signifiant «   repenser.   » La repentance est bien plus que du remord. Ce n’est pas simplement se sentir mal, mais c’est aussi vouloir changer et mettre en action des œuvres pour cela. C’est non seulement arrêter de regarder à la mauvaise voie mais aussi « se retourner » de cette voie afin de faire face à Dieu. Ce n’est pas simplement ajouter des informations à une manière de penser, c’est « repenser » ; penser différemment. Ainsi, la repentance n’est pas simplement quelque chose qui se fait seulement dans les moments critiques : c’est un mode de vie. Une vie d’humilité devant Dieu et les hommes est impossible sans la repentance.

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Ainsi, la repentance possède un double effet : on arrête de faire quelque chose pour faire quelque chose d’autre. La Bible emploie deux verbes pour ce procédé   : se dépouiller et se revêtir. Lorsqu’un vêtement est déchiré, le nettoyer ne le rendra pas plus présentable. Pour avoir un bel habit, il faut se dépouiller de l’ancien pour en revêtir un nouveau : c’est cela le modèle biblique de la repentance, et c’est ce que nous présente Paul en Éphésiens 4 :17-24 : « Voici donc ce que je dis et ce que je déclare dans le Seigneur, c'est que vous ne devez plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées. Ils ont l'intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l'ignorance qui est en eux, à cause de l'endurcissement de leur coeur. Ayant perdu tout sentiment, ils se sont livrés à la dissolution, pour commettre toute espèce d'impureté jointe à la cupidité. Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris Christ, si du moins vous l'avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c'est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller, eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses, à être renouvelés dans l'esprit de votre intelligence, et à revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. » Le vieil homme, c’est-à-dire le vieux vêtement ou le morceau de marbre loin de la main de Dieu, représente la condition de vie des non-croyants ; et aussi celle des croyants qui ne vivent pas en étant dépendant de Dieu. Cette vie est celle des païens «   qui marchent selon la vanité de leurs PAGE 115 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


pensées, » qui ont « l'intelligence obscurcie, » qui ont de « l'ignorance » à cause de «   l'endurcissement de leur cœur.   » En d’autres mots, ces noncroyants sont ceux qui ne connaissent pas la pensée de Dieu et qui vivent selon leurs propres désirs et leur propre sagesse. Ils n’ont pas appris les voies de Dieu et marchent dans les chemins qu’ils se tracent eux-mêmes sans lui. Le résultat en est le péché. De l’autre côté, l’homme nouveau est le croyant qui a appris à s’humilier devant Dieu en rejetant son ancienne manière de penser pour pouvoir voir les choses comme Dieu les voit et pour agir comme Dieu agit. C’est celui qui est « renouvelé dans l’esprit de son intelligence » et qui marche dans la justice de Dieu et dans sa sainteté. La sanctification est un combat dans lequel le croyant apprend à discerner la vérité du mensonge. Le Diable est le «   père du mensonge » (Jean 8:44) et séduit les croyants en leur faisant regarder les choses sous une perspective où le péché est accepté : « Mais non, si je m’énerve, c’est parce que je suis fatigué ! » ; « L’impatience, ça fait partie de ma nature, ce n’est pas ma faute ! » Le diable nous fait penser d’une manière erronée afin que l’on retire notre confiance de Dieu, en sousestimant son amour et sa souveraineté. Tous ces mensonges accumulés dans l’ancienne nature, Dieu veut que l’on s’en débarrasse pour se revêtir de la vérité trouvée en Jésus Christ et en sa parole. Et pour cela, le croyant doit se « dépouiller » de toutes ses anciennes pensées. Ça vous est déjà arrivé d’être dépouillé dans la rue ? Quelqu’un PAGE 116 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


vous arrête et vous demande gentiment votre portefeuille. Mais non, dépouiller ça ne s’arrête pas là ! Après le portefeuille, ce sont les bagues, les bracelets, les colliers. Puis le blouson, les chaussures et même les lunettes. Et là quand on rentre chez soi dans cet état on est humble. Parce qu’on s’aperçoit qu’on n’a rien. Et c’est dans cet état-là que Dieu veut qu’on se présente devant lui. Non pas les mains fermées, mais ouvertes, comme si rien ne nous appartenait. Lorsque quelqu’un se change, pour « revêtir   » quelque chose d’autre, en général il n’a pas beaucoup de vêtements sur le dos. C’est dans cet état que Dieu veut que l’on se présente à lui pour être sanctifié : rejetant tout ce qui est de nous, nous humiliant devant lui et acceptant ses pensées au lieu des nôtres. Et plus l’enfant de Dieu s’expose à la présence de Dieu, à sa gloire, plus il apprend à connaître Dieu et à être comme lui. Cette croissance, c’est la sanctification. C’est une route où le changement se trouve à chaque coin de rue, où chaque jour vécu a le potentiel de devenir plus riche que le jour précédent. «   De gloire en gloire,   » le chrétien croît en devenant semblable au Fils de Dieu, au plus beau modèle que le Père puisse utiliser pour faire une œuvre d’art. Cette œuvre ne sera pas achevée sur cette terre. Cependant, elle le sera complètement dès la mort, où les corps seront « glorifiés. » En attendant, par ce procédé, l’homme apprend à connaître Dieu et à prendre part à sa gloire.

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Souffrance et Circonstances Pour pouvoir tailler un morceau de marbre informe en la plus belle sculpture, il faut casser des cailloux. Et cela peut être douloureux. En fait, plus les morceaux à faire tomber sont grands, plus grande seront les épreuves. La souffrance dans le monde est sans aucun doute le résultat du péché de l’homme. Cela n’implique pas pour autant qu’une personne qui souffre subit le poids de ses propres péchés. En effet, nous souffrons souvent à cause des péchés des autres. Cependant, notre Dieu est un Dieu qui peut changer le mal en bien. C’est ainsi que le plus grand crime de l’humanité, le meurtre de l’homme le plus juste sur une croix, devint la source de la plus grande bénédiction. De même, entre les mains de Dieu notre souffrance et nos épreuves deviennent aussi une source de bénédiction. Le mot souffrance n’est pas un mot qu’on aime entendre. Mais bien que le thème de la souffrance soit perçu d’un œil négatif par notre société, la Bible nous en dit toutefois le plus grand bien. Jacques décrivait la souffrance dans les épreuves comme une source de joie : « Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien. » (Jacques 1 :2-4) De son côté, Jésus parlait de la souffrance dans les épreuves comme d’une bénédiction : PAGE 118 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissezvous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. » (Matthieu 5 : 10-12) Pierre décrivait cette souffrance comme une « grâce de Dieu », un don immérité (1 Pierre 2 :20) ! Alors bien entendu, on comprend qu’il existe plusieurs types de souffrance   : il y a la souffrance résultant de la persécution, celle provenant des châtiments divins, la souffrance liée à la condition de l’homme au corps dépravé et limité, celle provenant des péchés des autres, etc. Cependant, une chose reste caractérise du point de vue divin la souffrance   : elle est notre gloire. Paul écrivait en 2 Corinthiens 4 :17-18 : « Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au delà de toute mesure, un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. » Une petite goutte d’eau de souffrance jetée dans l’éternité produit un océan de gloire. La souffrance est un cadeau de Dieu au prix inestimable. En effet, la souffrance est la seule chance que l’homme possède lui permettant de changer le mal en bien : c’est une chose de pouvoir faire le

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bien, cependant, lorsque l’homme souffre avec une bonne attitude, il transforme un mal qui lui est fait en un bien qui peut être observé. De plus, rien d’autre que la souffrance ne peut pousser l’homme à exprimer un amour désintéressé : souffrir avec une bonne attitude met en lumière plus que tout un abandon total de ses propres intérêts. C’est la plus proche imitation de la nature même de Dieu. Tout disciple de Christ doit se préparer à souffrir. Sans souffrance, on ne peut prendre part à la gloire de Dieu. En nous choisissant pour son salut, Dieu nous a aussi appelés à souffrir : « Et c'est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pierre 2 :21). Dans la première épître de Pierre, dont le thème général est la souffrance, on voit les mots « souffrir » ou « souffrance » apparaître près de 17 fois ; on voit aussi que les mots liés au terme «   gloire   » ou « glorifier » apparaissent près de 16 fois. La souffrance et la gloire de Dieu sont liées sur cette terre. Dans le monde à venir, la souffrance disparaîtra. Cependant, pour l’instant Dieu utilise ce moyen pour briser les morceaux qui ne font pas partie de l’image parfaite de Christ. Par des circonstances difficiles, Dieu nous donne des opportunités pour nous confier pleinement en lui et pour continuer à faire le bien malgré tout. La souffrance n’est pas une mauvaise chose entre les mains de Dieu : elle est une grâce, une joie, une bénédiction et notre gloire.

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L’une des seules expériences commune à tous les hommes est la souffrance. Sans Dieu, cette souffrance n’a presque aucun bénéfice ; avec Dieu, cette souffrance peut être utilisée grandement. L’année dernière, j’ai eu des problèmes de dos qui me rendaient la vie impossible : je ne dormais presque pas la nuit, j’avais énormément de mal à travailler, et je ne pouvais jamais rester bien longtemps dans la même position sans souffrir. Pendant près d’un an, je n’obtenais en moyenne que quatre heures de sommeil par nuit. Cette année aurait pu être la pire de ma vie, mais au contraire elle en fut l’une des meilleures. N’ayant aucune force, je ne pouvais que compter sur le Seigneur. Chaque jour, j’étais forcé de m’humilier devant lui pour avoir son aide. Il était mon seul espoir. Et lorsqu’il était tout ce qu’il me restait, je me rendais alors compte qu’il était tout ce dont j’avais réellement besoin. En regardant en arrière, je n’échangerais pas ces quelques instants de souffrance pour tout l’or du monde. Elles sont ma gloire. Sans elles, je ne serais pas la même personne aujourd’hui. Les circonstances que Dieu nous donne peuvent nous paraître bonnes ou mauvaises. Mais en réalité, en Dieu elles sont toutes bonnes. L’ « évangile » est un mot signifiant « bonne nouvelle. » Il n’y a pas de mauvaise nouvelle pour le croyant   : «   il ne craint point les mauvaises nouvelles ; son coeur est ferme, confiant en l'Éternel.   » (Psaume 112   :7). David allait jusqu’à dire : « L'Éternel est mon secours, et je me réjouis à la vue de mes ennemis. » (Psaume 118 : 7). En Dieu, tout mal est transformé PAGE 121 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


en bien. Chaque épreuve cache la gloire infinie de Dieu. Seul le chrétien peut ainsi avoir confiance en Dieu et obéir quand celui-ci lui commande : « Soyez toujours joyeux ! » (1 Thessaloniciens 5 :16).

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11. L’Appel « Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ. » Éphésiens 4 :11-13

Œuvre Double de L’Esprit Le Saint-Esprit est l’agent de Dieu. Tout ce que Dieu accomplit est fait au travers de son Esprit. Ainsi, la sanctification du croyant est premièrement une œuvre de l’Esprit : « Pour nous, frères bien-aimés du Seigneur, nous devons à votre sujet rendre continuellement grâces à Dieu, parce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification de l'Esprit et par la foi en la vérité. » (2 Thessaloniciens 2 :13) En vivant de la présence de Dieu, le chrétien apprend à vivre en étant dépendant du Saint-Esprit, à être « rempli du Saint-Esprit. » Cet Esprit est ce qui permet à l’homme d’accomplir les œuvres de Dieu au lieu des siennes. Par la sanctification, l’homme apprend à se dépouiller de son

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ancienne nature, la chair, pour se revêtir du Saint-Esprit et devenir progressivement à l’image de Jésus-Christ. Seulement, en perfectionnant le croyant à l’image du Fils, le Saint-Esprit n’en fait pas pour autant une copie conforme de celui-ci. Son action est double : d’un côté il façonne le chrétien pour être semblable à la perfection de Christ, et de l’autre il le façonne en lui donnant une identité qui lui est propre et unique. Ainsi, celui qui apprend à vivre de l’Esprit ne devient pas seulement semblable

à

Christ,

mais

développe

aussi

une

personnalité

complètement unique. Le croyant qui croît par la sanctification devient de plus en plus semblable à l’image que Dieu veut lui donner : il devient de plus en plus lui-même ; de plus en plus naturel et sans complexe. Pour faire cela, le Saint-Esprit donne des dons aux hommes. Il leur donne l’occasion de développer une identité qui leur sera complètement propre et utile. Ainsi, peu importe le croyant, il est unique et porteur d’une grâce unique. Chaque chrétien est comme un épice au goût différent : tous ont le potentiel d’améliorer le goût d’un repas, seulement ils le feront tous d’une manière différente en donnant une touche différente.

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Même au ciel cette personnalité unique continuera. En effet, on lit en Apocalypse 2:17 : « A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc ; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n'est celui qui le reçoit. » La « manne cachée » symbolise le pain spirituel que le croyant désire mais ne peut avoir dans sa plénitude sur cette terre   : Jésus-Christ. Comme nous l’avons vu, Paul comparait la manne donnée à Israël à l’enseignement de Dieu et en la présence de Jésus-Christ. Ainsi, en entrant au ciel, le chrétien obtiendra pleinement toutes les bénédictions trouvées en Christ. Ensuite, le croyant recevra un « caillou blanc. » C’est ce que recevait un athlète remportant un concours et qui lui permettait d’assister à la fête organisée pour les vainqueurs. C’est le prix du croyant qui finit la course. Mais ce caillou blanc n’est pas seulement l’entrée au ciel : c’est aussi le don d’une identité personnelle nouvelle et parfaite. Dans l’antiquité, un caillou portant un nom dessus servait de sceau. Il servait de signature pour marquer l’authenticité d’objets ou de documents. En recevant ce caillou blanc portant un nom nouveau, le chrétien vainqueur obtient une identité propre et parfaite pour toute l’éternité. En créant l’homme à son image, Dieu le fit de manière à ce que chaque individu devienne unique ; il le fit pour que chacun ait la possibilité de PAGE 125 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


donner une saveur agréable et unique à chaque situation dans laquelle sa personnalité est exprimée.

Les Dons Spirituels La Bible raconte que les dons sont divers et variés. En effet, dans de nombreux passages, on voit que l’assemblée des saints est comparée à un corps humain où les membres sont formés à partir d’individus. Chaque croyant possède ainsi une fonction bien particulière dans ce corps, unique, indispensable et précise. Cependant, de nombreux chrétiens restent perplexes quant au sens de ces dons. Par exemple, la première chose à comprendre est que le don donné à chacun par l’Esprit est formé à partir de la combinaison de plusieurs dons. On lit en 2 Corinthiens 12 :31 « Aspirez aux dons les meilleurs » et en 1 Pierre 4 :10 « que chacun de vous mette au service des autres le don qu'il a reçu. » D’un côté les dons sont plusieurs, de l’autre singulier ; on voit ainsi que chaque croyant possède un don unique formé de plusieurs autres dons. John MacArthur comparait ceci à un artiste utilisant sa palette pour peindre. Sur sa palette l’artiste possède toutes les couleurs. Chaque don est composé à partir d’une combinaison unique de toutes ces couleurs, formant ainsi une œuvre unique et en même temps partageant de nombreuses similitudes avec les autres peintures.

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Par exemple, le fruit de l’Esprit (l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi) représente des choses auxquelles chaque chrétien est appelé. De même, l’encouragement, l’évangélisation, l’édification des saints, sont aussi des choses que chaque chrétien est appelé à accomplir. Si chaque croyant constitue un membre, il n’en reste pas moins composé de cellules qui sont elles formées des mêmes matériaux. Ces dons s’expriment toutefois de manière différente selon les différents fardeaux que l’Esprit communique. Et c’est ce que David écrivit en Psaume 37:4 « Fais de l'Éternel tes délices, et il te donnera ce que ton coeur désire. Recommande ton sort à l'Éternel, mets en lui ta confiance, et il agira. » Lorsque le chrétien se trouve proche de Dieu, qu’il vit de sa présence, le cœur de Dieu lui est ouvert et les fardeaux de Dieu pour son église et pour le monde lui sont communiqués. Ce qui en résulte, c’est que ses désirs deviennent partagés. En faisant de l’Eternel nos délices, nous apprenons à vouloir ce que Dieu veut, et ainsi à rechercher ce que Dieu recherche. C’est seulement dans ce contexte que Dieu peut nous donner ce que notre cœur désire. En effet, rien ne s’accomplit en dehors de la volonté de Dieu, car Dieu est souverain. Et ces désirs que Dieu partage avec ses enfants sont différents selon chacun. En passant du temps avec Dieu, celui-ci révèle son cœur à chacun de manière unique en partageant des fardeaux précis concernant des besoins précis. Ainsi, les dons sont PAGE 127 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


utilisés de manières différentes dans des ministères différents, mais toujours avec le même objectif : affermir le corps constitué par ses membres. « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; diversité de ministères, mais le même Seigneur ; diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune. » (2 Corinthiens 12 : 4-7)

L’Appel L’expression des dons se fait ainsi par rapport à un appel précis. Ils servent à être utilisés là où Dieu a des désirs. Ainsi, l’expression des dons de chacun possède un potentiel de gloire sans limite : c’est la puissance de Dieu agissante dans la volonté de Dieu. Comme le disait Paul : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Romains 8 :31). Lorsque l’on applique les dons de l’Esprit, ceux communiqués par Dieu, on ne peut être davantage dans sa volonté et près de sa puissance. C’est dans ce cadre que l’on peut s’attendre à voir Dieu nous utiliser pour de grandes choses. De plus, l’appel de Dieu ne se limite pas à un ministère dans l’église. Ce ne sont pas simplement les pasteurs et les évangélistes qui sont appelés de Dieu. Tous les croyants ont reçu un appel. Cet appel, c’est d’être fidèle envers Dieu à chaque endroit où il nous a placés. Certaines personnes sont appelées à servir dans l’église à plein temps, mais PAGE 128 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


d’autres le sont à servir en tant qu’hommes d’affaires, en tant que mère au foyer, en tant que commerçant ou artisan. L’appel de Dieu ne consiste pas à tout abandonner pour être missionnaire ou pasteur, mais il consiste à tout abandonner pour servir Dieu, peu importe là où il nous a mis. Ainsi, chaque personne est appelée de Dieu sous plusieurs aspects. La plupart des gens ont une famille, un travail, une église, un voisinage. Ces endroits sont ceux dans lesquels Dieu nous a placés pour vivre et partager sa gloire. Dieu ne nous demande pas de nous consacrer 24h/24 à l’église, mais d’être fidèle dans chaque endroit où nous sommes appelés. Si nous sommes dans une famille, alors nous nous devons d’exercer un ministère dans cette famille en développant des relations profondes, en s’édifiant les uns les autres, en se servant et en manifestant la gloire de Dieu. Il est triste d’observer que de nombreux pasteurs ont manqué à ce ministère en se consacrant trop à leur service. La gloire de Dieu est révélée au travers de ce que Dieu fait, non pas au travers de ce que l’homme fait. Ainsi, même les situations les plus simples de la vie ont un potentiel de gloire. Si Dieu nous a placés dans un travail, alors nous nous devons de le glorifier en travaillant. S’il nous a placés dans une église, alors nous nous devons d’être impliqués le mieux possible dans celle-ci. La vie chrétienne est une question d’équilibre, non pas d’accomplissements.

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Dieu récompense la fidélité, et non les efforts accomplis dans un seul domaine. La vie du croyant est une vie par la foi. Et cette foi s’exprime dans la fidélité. En effet, en latin, le mot « foi » est « fides » et c’est ce qui nous a donné notre mot français «   fidélité.   » En grec, ces mots sont tellement proches qu’ils peuvent même être interchangés dans certains contextes de la Bible. La vraie foi en Dieu, c’est de pouvoir voir Dieu dans chaque circonstance de la vie, pas seulement celles où sa présence est évidente. C’est de pouvoir croire en Dieu même dans les moments les plus banals, même dans ceux qui semblent les moins importants. La vraie foi, c’est la fidélité. « Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes » (1 Corinthiens 1:27). Dieu n’a pas besoin d’une star nouvellement convertie et ayant beaucoup d’influence pour accomplir de grandes choses. Bien sûr, il peut utiliser avec puissance des gens d’influence. Cependant, c’est par la fidélité dans les petites choses que Dieu est le plus glorifié. Dieu nous appelle à vivre une vie équilibrée et une vie dans laquelle on accueille les choses avec simplicité. Il nous demande de nous donner entièrement, peu importe ce que l’on fait ; pas de tout abandonner pour n’accomplir qu’une seule chose. Quelqu’un qui balaye avec un cœur réjouissant peut apporter plus d’honneur à Dieu que quelqu’un qui prêche à des foules avec une mauvaise attitude.

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Pour le chrétien, il n’existe pas de dualité entre le saint et le profane. Dieu nous appelle à le glorifier dans chaque circonstance. Chaque situation est « mise à part » (sanctifiée) par lui afin que l’on puisse vivre par la foi. Dieu ne nous appelle pas à porter du fruit simplement dans un seul endroit, mais partout où nous allons. Il veut que nous marchions avec lui, pas que nous sprintions de temps en temps. Et plus on est fidèle dans les petites choses, plus les fruits abondent. Pas toujours de gros fruits, mais de nombreux fruits. Et à la fin, des fruits, il y en a beaucoup : « Si vous portez beaucoup de fruit, c'est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. » (Jean 15 :8)

Ne Pas se Prendre la Tête C’est avec cette mentalité que j’ai abordé mes études au Master’s College, école chrétienne près de Los Angeles : quand on étudie on est sérieux, et quand on se détend on le fait sérieusement ! Du coup j’ai obtenu sur le campus de mon école la réputation d’un «   crazy Frenchman ». Mais après tout, on n’a qu’une seule vie, et Dieu se plaît à ce que nous profitions au maximum de chaque instant du moment qu’on le fait en respectant sa parole et autrui, et en l’honorant. J’ai donc essayé pendant mes quelques années de faire de chaque moment un souvenir mémorable. Ainsi, avec mon meilleur ami Samuel Peterson, nous avons accompli plus d’une folie (qui pourraient peut-être elles-mêmes remplir un autre livre), souvent même jusqu’au ridicule. Mais Jésus ayant porté

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notre honte sur la croix, nous n’avons pas peur d’être humiliés de temps en temps en vivant une vie intense, peu importe le contexte. Ainsi, un jour nous décidâmes ensemble de rencontrer les gens responsables du cadre de la vie étudiante à notre école : petit-déjeuner avec l’intendant, pique-nique avec l’intendante, nous invitâmes la secrétaire du vice-président à manger chez elle en notre compagnie, et nous

avons

partagé

de

nombreux

repas

avec

d’autres

gens

sympathiques. Et puis un jour, alors que nous supportions l’équipe de basket de notre école, nous vîmes John MacArthur, le président de notre école. Nous lui demandâmes alors s’il voulait bien nous rencontrer, ce qu’il accepta. Six mois plus tard (c’est un homme occupé), nous allions dans le bureau de notre président. Auteur de douzaines de livres, pasteur d’une église de plusieurs milliers de membres, président d’un séminaire biblique et orateur à la radio, John MacArthur était la personne à qui poser les bonnes questions. Alors je lui propose celle-ci : « Si vous deviez changer quoi que ce soit depuis les débuts de votre ministère, que feriez-vous ? » Sa réponse fut aussi surprenante que pertinente : « Tu sais, Dieu a été fidèle pour répandre sa grâce sur moi depuis le début. Mais sincèrement, j’aurais aimé commencé à jouer au golf plus tôt ! »

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Je pense que c’est ce que le Psalmiste voulait dire en écrivant le Psaume 131 : « Cantique des degrés. De David. Éternel ! Je n'ai ni un coeur qui s'enfle, ni des regards hautains ; Je ne m'occupe pas de choses trop grandes et trop relevées pour moi. Loin de là, j'ai l'âme calme et tranquille, Comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère ; j'ai l'âme comme un enfant sevré. Israël, mets ton espoir en l'Éternel, dès maintenant et à jamais ! » Dieu ne nous appelle pas à se prendre la tête. En réalité, plus on apprend à le connaître, plus on apprend à partager ses désirs et à vivre au naturel. Plus on apprend à l’aimer, moins la vie chrétienne semble forcée ou difficile. Bien sûr, la vie reste une course où l’on se doit de se donner à fond, en aimant Dieu « de tout notre coeur, de toute notre âme et de toute notre force » (Deutéronome 6 :5), cherchant toujours des défis produisant de la croissance. Mais puisque le chrétien ne doit pas vivre par sa propre force, ce n’est pas non plus à lui de s’inquiéter. Dieu prend soin de nous, la Bible nous le dit sous forme de nombreuses et magnifiques promesses. Dieu nous demande de nous humilier, mais pas de porter nos fardeaux une fois à genoux : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève au temps convenable ; et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous » (1 Pierre 5 :6-7). Dieu veut que nous vivions une vie équilibrée et passionnée. Ce ne sont pas simplement des projets qu’il veut que nous ayons, mais une joie de vivre et une soif de découvrir dans chaque instant quelque chose de PAGE 133 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


merveilleux venant de lui. Ce n’est pas étonnant qu’en parlant des enfants Jésus ait dit « le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent » (Marc 10 :14). Face à Dieu, nous ne pouvons être que des enfants. Il nous faut continuer de rêver, d’être émerveillés en contemplant la main de Dieu à l’œuvre et cesser de prendre nos personnes trop au sérieux. Nous ne sommes pas au contrôle des situations. Dieu l’est. Et c’est ça qui donne à la vie toute sa beauté et sa saveur.

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12. L’Église « Il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l'infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus Christ. » Éphésiens 2:6-7

Deux valent mieux qu’un Hier matin, le soleil brillait sur la côte Espagnole de la Costa Brava. Depuis quelques jours déjà, ma famille et moi-même apprécions le doux climat méditerranéen de la région. Après avoir passé la matinée à écrire, j’attendais avec joie la venue de l’après-midi où nous irions nous baigner à la plage. La nuit précédente avait versé quelques gouttes, et les vagues étaient un peu plus grosses que d’habitude : celles-ci ayant été très calmes jusque-là, l’idée de pouvoir sauter dans une mer un peu plus agitée paraissait attirante. L’eau était fraîche mais agréable. Nous étions à l’extrémité sud de la plage, à la limite où le sable se transformait en de beaux récifs. Pendant que mon père jouait aux raquettes avec mon frère David, mon frère Jean faisait la bronzette et je me baignais en compagnie de ma mère, de ma sœur et de mon frère Luc. Nous étions à peine à une dizaine de mètres de la plage. Bien que ma mère ne sache pas nager, elle prenait un grand plaisir à jouer dans l’eau. PAGE 135 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Puis, alors que nous nous lancions un ballon, celui-ci tomba près des rochers. Ma mère se dirigea vers le ballon, quand tout à coup elle se trouva dans un creux et commença à couler. Elle appela à l’aide et en venant vers elle, je me saisis de son bras et le mis autour de moi en m’efforçant de nager vers la plage. Cependant, malgré tous mes efforts, je ne pouvais avancer. Près de ces rochers, le courant était fort et nous dirigeait à l’opposé de la rive. Je compris que je n’y arriverai pas seul. Alors que mon frère Luc m’aidait à soutenir ma mère, j’appelai de toutes mes forces mon père pour qu’il vienne avec David. Le courant nous portait de plus en plus loin de la plage. À l’arrivée de mon père et de mon frère, la situation ne fit qu’empirer. Pendant que ma mère se fatiguait à garder sa tête hors de l’eau, les vagues continuaient à frapper son visage et à remplir sa bouche d’eau salée. Même avec l’aide de mon père et de mon autre frère, le courant restait toujours trop fort pour que nous puissions aider ma mère. Alors que je demandais à ma sœur d’aller chercher Jean, celui qui bronzait sur la plage, le serveur d’un restaurant d’en face vint pour nous lancer une bouée de sauvetage depuis les rochers. Cependant, nous étions déjà trop loin. Nous fatiguions. Nos muscles commençaient à avoir des crampes, et nos poumons commençaient à manquer de souffle. Dans un geste héroïque, mon frère David alla sous l’eau pendant quelques temps pour soulager les jambes de ma mère en la portant sur son dos. L’Esprit nous poussait à prier, chacun dans son cœur. Puis finalement un autre courant nous poussa vers le nord, nous éloignant PAGE 136 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


des rochers. Jean arriva ensuite et nous aida à gagner la rive, tous sains et saufs. Il fallu six d’entre nous pour sauver ma mère. Si quelqu’un avait manqué, nous n’aurions peut-être pas réussi. Nous apprîmes par la suite que deux heures auparavant un homme avait trouvé la mort au même endroit. Il avait été seul.

Sauvés ensemble Les conséquences du péché sont la mort. Elles sont terribles. Chaque péché pèse lourd. Très lourd. Ainsi, dans les épreuves ou même les circonstances normales de la vie, on se retrouve sans arrêt face à des situations où la mort peut être produite par conséquence du péché. Pour se sanctifier, le croyant doit apprendre à se dépouiller de ses péchés, à prendre de nouvelles habitudes et à constamment changer pour se perfectionner. Face à ce genre de situation, voulons-nous vraiment nous retrouver seuls ? Pensons-nous pouvoir réellement combattre la puissance du péché et de la mort par des efforts accomplis seuls ? Non seulement le péché est destructeur, mais en plus il est trompeur car il est souvent accompli sous un certain aveuglement : « Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux. » (1 Jean 2:11). La plupart des péchés que l’on commet sont accomplis sans même que nous nous en PAGE 137 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


rendions compte. C’est pour cela que nous avons besoin les uns des autres. Ensemble, nous sommes plus forts, avons plus de discernement, et pouvons nous relever mutuellement lorsque quelqu’un tombe. Paul écrivait qu’en Christ, les chrétiens sont ressuscités « ensemble. » La vie chrétienne n’est pas une vie solitaire. L’œuvre que Dieu accomplit, il la fait aux travers de membres qui ensemble constituent un corps tout entier. Le but du Père en sanctifiant le croyant n’est pas de présenter à son Fils des individus parfaits, mais bien une Église parfaite, sanctifiée et pure : « Réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l'agneau sont venues, et son épouse s'est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d'un fin lin, éclatant, pur. Car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints. » (Apocalypse 19:7-8) Par les œuvres des saints, c’est un ensemble qui est sanctifié et préparé pour la fin de l’histoire de cette terre, où l’Église de Dieu est enfin donnée en cadeau pour son Fils. Comme une épouse, l’Église sera donnée à Jésus-Christ pour faire partie de la « famille » divine, pour partager cette relation entre Père et Fils au travers du Saint-Esprit. Ainsi, les efforts du croyant doivent être essentiellement entrepris dans l’espoir que ceux-ci serviront à édifier cette assemblée, à la perfectionner et à la rendre plus pure pour Jésus-Christ. Les dons attribués aux individus sont distribués par le Saint-Esprit avec le but de former cette Église :

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« De même vous, puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l'édification de l'Église que vous cherchiez à en posséder abondamment. » (1 Corinthiens 14:12) Dieu nous a tous fait « asseoir ensemble dans les lieux célestes » (Éphésiens 2:6). Imaginez une minute être dans les cieux, et être émerveillés de tout ce que vous voyez de la gloire de Dieu. Et puis à côté vous voyez une autre personne faire la même chose, mais percevant cette gloire d’une manière différente. Ne voudriez-vous pas lui demander ce qu’elle ressent pour enrichir votre perspective ? Dieu nous a à chacun donné des dons afin que l’on puisse percevoir sa gloire d’une certaine façon. Pourquoi ne pas embellir cette vision en partageant nos dons avec nos frères et sœurs ? De plus, ce qui est merveilleux est que puisque l’homme ne peut rien faire de glorieux, même les gens les plus immatures et les plus faibles, lorsqu’ils accomplissent le bien, portent des œuvres venant directement de Dieu et montrent la gloire de Dieu. Ainsi, peu importe qui nous sommes, nous pouvons toujours apprendre les uns des autres.

L’Église : une famille divine Il y a deux ans de cela je rencontrai mon grand-oncle Ed Sywulka. Cet homme qui à 93 ans marchait encore en tenant son épouse par la main se retirait tout juste du champ missionnaire après avoir fidèlement servi près de 70 ans. S’il existait un homme qui avait « couru la course, » PAGE 139 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


c’était bien cet homme. Premier étudiant des camps Wycliffe, il avait dédié sa vie aux Indiens du Guatemala et avait avec sa femme participé à une traduction dans une de leurs langues, le Mam. Par leurs efforts missionnaires, des milliers de gens furent touchés et sauvés par l’évangile. Je lui posai cette question : « après toutes vos années d’expérience, quel conseil pourriez-vous donner à un étudiant qui cherche à entrer dans le ministère   ?   » Sa réponse me frappa. Je pensais qu’il allait me dire quelque chose du genre : « il faut prier 25 heures par jour et jeûner 4 fois par jour ! » Mais sa réponse fut bien plus simple et intelligente : « Faistoi des amis » me dit-il. « Avec le temps, tu verras que c’est ce qu’il y a de plus important pour le ministère. » Ce conseil de mon grand-oncle révolutionna ma manière d’approcher mes frères et sœurs et de vivre la vie chrétienne. En marchant sur la terre, Jésus nous donna l’exemple parfait du modèle à suivre, à travers ses paroles et ses actions. Ainsi, il nous donna aussi une définition de la manière de vivre la vie chrétienne. Et sa vie chrétienne, Jésus ne la vivait pas en solitaire et en atteignant les foules par des « super dons. » Non, l’Église de Jésus commença avec douze disciples dans lesquels il s’investit complètement en matière de temps et d’énergie. L’Église que Christ débuta fut une assemblée de personnes qui se connaissaient énormément les unes les autres et partageaient des relations très profondes entre elles. Jésus ne se présenta pas à ses PAGE 140 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


disciples comme un roi dirigeant des serviteurs, mais comme un berger connaissant chacune de ses brebis appelant « par leur nom les brebis qui lui appartiennent » (Jean 10 :3). L’Église que Christ commença fut une Église basée sur des relations profondes entre des gens normaux. Ainsi, pendant son séjour sur cette terre, Christ partagea tout avec ses disciples. Il vécut avec eux les moments intenses comme les moments les plus simples de la vie. « Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père. » (Jean 15 :15) Jésus était leur ami. Il était transparent avec eux et ne leur cachait rien de sa vie. Ses disciples connaissaient son cœur, et c’est pour cela que son ministère fut si efficace. En partant, il ne laissa pas derrière lui pour bâtir son Église des hommes ayant été seulement instruits, mais bien des personnes partageant un même cœur, ayant appris à vivre ensemble, à s’entraider, à partager et à s’édifier comme une vraie famille. Pour Jésus, tous ceux qui vivaient la vie chrétienne faisaient partie de sa famille : « ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique » (Luc 8:21). Unis par le Saint-Esprit, par l’Esprit de Christ (Romains 8:9), les disciples formèrent non pas une Église se rassemblant le dimanche seulement pour passivement écouter un message, mais une Église où chacun était activement impliqué dans la vie de son prochain, partageant ses fardeaux (Galates 6:2). PAGE 141 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


La vision moderne de l’Église a perdu énormément de celle que Jésus lui donna à l’origine. De nos jours, on considère trop souvent l’Église comme un ensemble de pratiques religieuses, de programmes, de réunions et de traditions humaines. Cette manière de voir les choses est très dangereuse : c’est ce qui a amené le monde dans le Moyen-âge, l’ « âge sombre. » En effet, jusqu’au Ve siècle après J-C, l’Église basait son autorité principalement sur la Bible. Cependant, face aux hérésies de plus en plus nombreuses, l’église universelle, du grec katholikos, décida de se donner le droit d’interpréter la Bible avec une autorité indépendante. Cette décision, quoique basée sur de bons motifs, transforma progressivement l’Église de Dieu en une institution, un regroupement de gens soumis à des lois provenant de traditions humaines. Les conséquences en furent terribles. En effet, aucune époque ne fut pire que les mille ans suivant ce changement de perspective ; là où l’homme prit en mains propres les voies divines, annulant en grande partie l’œuvre du Saint-Esprit pour dépendre de décisions humaines sans valeur d’éternité. Martin Luther disait à cet égard : « De cette façon ils se mettent avec présomption à la place de Dieu, règnent sur la conscience et la foi des hommes, ramenant le Saint-Esprit à l’école par leur cerveaux insensés. » Et puis, plus tard, en revenant aux Écritures comme seule autorité, des gens comme Wycliffe, Hus, Luther et Calvin redéfinissaient l’Église : non plus une institution, mais tout simplement l’assemblée dispersée de tous PAGE 142 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


les gens nés de nouveau, ayant une relation personnelle avec Dieu le Père en Dieu le Fils par Dieu le Saint-Esprit ; non plus comme les gens appartenant à une institution, mais les gens appartenant à un corps de croyants, au corps de Christ.

Communion Fraternelle et Redevabilité Ayant reçu un don unique, chacun est responsable. En effet, si dans un corps la main refuse de travailler, c’est tout le corps qui en est affecté (1 Corinthiens 12:26). Si un membre ne remplit pas sa fonction, alors tous souffriront. A cause de la responsabilité qui est donnée à chacun, une certaine redevabilité est nécessaire entre les chrétiens, pour faire en sorte que l’équilibre du corps soit conservé ainsi que son bon fonctionnement. Un membre du corps de Christ ne peut se permettre d’agir dans l’ombre. Nous devons vivre des vies transparentes. Ainsi, la vraie Église de Dieu n’est pas celle qui se réunit simplement le dimanche, mais celle des individus qui cherchent réellement à partager leur vie en transparence avec leurs frères et sœurs, grandissant dans des relations amicales et personnelles où les cœurs sont dévoilés, mettant ainsi en lumière les péchés afin de pouvoir les corriger. Tous ceux qui sont mariés seront d’accord pour dire qu’une relation profonde révèle les vrais sentiments du cœur. En passant du temps et en prenant des décisions ensemble, les membres d’un couple voient vite quand l’un d’entre eux agit avec égoïsme ou orgueil. Et c’est la même chose avec

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des amis. Une amitié permet de mettre en avant les circonstances nécessaires pour favoriser le discernement du péché. Il est vraiment dommage que bien des croyants cherchent à cacher leurs péchés. Pourquoi les cacher ? Qu’ils soient découverts, pour être vaincus ! Pour être exposés dans toute leur laideur afin d’être réellement haïs et condamnés ! Si seulement l’attitude du croyant pouvait être celleci, où il ne demande rien d’autre que d’avoir ses péchés mis à découvert par ses amis afin qu’il puisse changer son cœur ! C’est ce que Salomon avait compris en écrivant   : «   Mieux vaut une réprimande ouverte qu'une amitié cachée. Les blessures d'un ami prouvent sa fidélité, mais les baisers d'un ennemi sont trompeurs. » (Proverbes 27:5-6). Un vrai ami, c’est celui qui aime assez quelqu’un pour se soucier de sa sanctification et pour le reprendre. Ceci n’est jamais facile et est souvent douloureux pour la personne qui se fait corriger. C’est une chose bien humiliante que de se faire révéler nos péchés. Mais n’est-ce pas cette vie d’humilité que Dieu nous demande de vivre ? Un vrai ami n’est pas quelqu’un qui ignore les péchés de ses compagnons, au contraire : « le juste montre à son ami la bonne voie, mais la voie des méchants les égare » (Proverbes 12:26). Bien sûr, il est impossible de développer des relations amicales profondes avec toute une assemblée. Jésus lui-même, alors qu’il avait de nombreux disciples, en eut douze seulement pour partager des relations très approfondies, et même parmi ces douze il avait aussi des disciples PAGE 144 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


avec lesquels il passait encore plus de temps. Comme Jésus prêchait aux foules et vivait avec ses disciples, Dieu nous appelle à utiliser nos dons pour l’édification de toute l’Église tout en partageant une vie chrétienne riche en amitiés. Ces relations profondes ont pour but une vraie communion fraternelle où les choses spirituelles sont partagées (Philippiens 4:8), les péchés confessés (Jacques 5:16) où des conseils peuvent être donnés et reçus (Proverbes 11:14), et où la vie chrétienne peut être mise en pratique par le service.

Discipulat Un ami disait: « On a tous besoin d’un Paul, d’un Timothée et d’un Jonathan. » Il sera difficile à quelqu’un de croître s’il ne passe pas du temps avec des gens plus mature que lui. Ainsi, l’Église comprenant des gens de tout niveau de maturité spirituelle, on se doit autant que possible d’être premièrement entourés de gens plus matures pouvant nous enseigner et ensuite de gens moins matures dans lesquels on peut s’investir. Jésus avait des disciples. Son appel, avant de partir, fut de faire de même : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai

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prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » (Matthieu 28 :19-20) La dernière chose que Jésus communiqua avant de partir fut un appel demandant à ses disciples de former d’autres disciples en leur enseignant à observer tout ce qu’il leur avait prescrit. Ainsi, « faire » un disciple n’est pas simplement de gagner son âme. C’est aussi de le mener vers la maturité par l’enseignement de Christ. Les dons du croyant servent à l’édification de l’Église. Cette édification n’est pas seulement de ramener de nouvelles pierres, mais aussi de placer les pierres déjà amenées au bon endroit en les taillants à la bonne mesure. Ainsi, l’amitié chrétienne devrait toujours avoir pour but la sanctification du prochain, et devrait être accomplie sur trois niveaux : avec des gens plus mature, avec des gens moins mature et avec des gens de même maturité. Peu importe qui nous sommes, si nous sommes chrétiens, nous devons nous impliquer dans la vie de ceux qui sont moins matures et nous devons rechercher avec avidité les conseils de gens plus matures. De plus, non seulement Dieu place dans nos vies des personnes pouvant nous aider, mais en plus, son Église a parcouru toute l’Histoire et nous a aussi laissé de nombreuses traces à suivre. Ainsi, le croyant peut aussi être grandement édifié par la lecture d’œuvres chrétiennes et de biographies.

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Le Pardon Les relations profondes sont très difficiles à développer et à conserver. Nous sommes tous pécheurs, et ainsi tous nuisibles et désagréables aux autres de temps à autre, et même bien plus qu’on s’imagine ! Cependant, pour développer ce corps de Christ en bonne santé, Dieu nous appelle tous à partager nos vies au travers d’amitiés matures. En s’investissant dans la vie de nos frères et sœurs en Christ, nous sommes « des gens ayant besoin de changer aidant des gens ayant besoin de changer   » comme Paul Tripp l’écrivait dans son livre « Instruments in the Redeemer’s Hand » (Instruments dans les Mains du Rédempteur). Sur cette terre, il n’existe pas d’église parfaite. Il n’existe pas de famille parfaite. Il n’existe pas d’individu sans péché, encore moins dans un groupe tout entier ! Cependant, Dieu veut que nous travaillions ensemble, comme une équipe, au développement de son Église. En faisant ainsi et en compagnie de gens pêcheurs, on peut être sûr d’être blessé tôt ou tard. Mais cela ne devrait pas nous arrêter. Les relations profondes en valent la peine. Et pour surmonter ces épreuves, Dieu nous a donné une arme : le pardon. En se pardonnant réciproquement, les croyants peuvent apprendre à aller de l’avant. Ils peuvent apprendre à garder les yeux fixés sur l’objectif : la sanctification de l’Église, sans mettre comme obstacle leurs propres intérêts et soucis. Paul écrivait : « nous souffrons tout, afin de ne pas créer d'obstacle à l'Évangile de Christ » (1 Corinthiens 9 :12). Le chrétien PAGE 147 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


doit être prêt à pardonner en toute circonstance, même au détriment de ses propres intérêts. Il doit apprendre même à souffrir et à s’oublier afin de ne pas créer d’obstacle à l’œuvre que Dieu accomplit. En réalité, le pardon est l’un des outils les plus indispensables au croyant pour sa croissance. Sans pardon, il ne peut aller de l’avant. Sans pardon, la joie fait place à l’amertume et au mécontentement, l’amour fait place à la haine et les rêves se transforment en tunnels sombres sans fin. Un de mes professeurs, Dr. David Smith, disait après plus de 35 ans d’expérience comme conseiller biblique au champ missionnaire : « Pour 80% des cas, les problèmes pour lesquels les gens viennent me voir afin d’être conseillés sont liés à un manque de pardon.   » Que ce soit un problème de famille, de rupture d’église, ou peu importe, la vraie clé pour une bonne résolution des conflits reste le pardon. Sans pardon, le chrétien ne peut rêver en regardant vers l’avant, car sans pardon il n’est pas en règle avec son passé. Jésus nous a montré le plus grand exemple du pardon sur la croix, et c’est une des plus grandes insultes que nous puissions lui faire que de ne pas pardonner à nos semblables. Jésus enseigna beaucoup le pardon. On connaît la parabole de Matthieu 18 sur l’homme qui fut pardonné une grande dette et qui ne pouvait pardonner à son prochain une toute petite dette. Dans la prière du Notre Père, il enseignait ses disciples à dire : « pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Matthieu 6 : 12). Après leur avoir donné l’exemple de PAGE 148 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


la prière il continuait : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses » (Matthieu 6:14-15). La croix dépeint la gloire de Dieu plus que tout autre événement, et cela certainement à cause du pardon qui y fut révélé. D’ailleurs, lorsque Dieu manifesta sa gloire à Moïse dans la nuée, il se révéla comme le Dieu qui « pardonne l’iniquité » (Exode 34 :7). Sans pardon, on ne peut refléter la gloire de Dieu. Il n’existe rien de pire pour le croyant que le manque de pardon. Sans pardon, la relation entre le chrétien et le Père est interrompue. Sans pardon, les bénédictions cessent ainsi que la croissance. Jésus pardonna même à ceux qui le crucifièrent. Ne devonsnous pas nous attendre à un même comportement pour ceux qui s’appellent ses disciples ?

Le Service Comme nous l’avons vu, la gloire de Dieu se manifeste par de l’amour. Cet amour, consiste à chercher l’intérêt des autres au détriment du sien : « Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d'autrui » (1 Corinthiens 10 :24). Pratiquement parlant, au sein de l’Église cet amour se vit au travers du service. C’était la manière par laquelle Jésus avait vécu et édifié son Église : « C'est ainsi que le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs » (Matthieu 20 :28). Le mot utilisé en grec pour « servir » dans PAGE 149 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


ce verset provient de la même racine que le mot utilisé par Paul plus tard pour « ministère » : « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; diversité de ministères, mais le même Seigneur ; diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous » (1 Corinthiens 12 :4-5). L’identité que Dieu nous donne au travers des dons spirituels ne peut être manifestée et mûrie sans que ceux-ci ne soient attachés à un ministère. Et ce ministère consiste à servir son prochain. La gloire de Dieu est bien différente de celle des hommes. Avec Dieu, la vraie gloire se trouve non pas dans la renommée ou dans   le pouvoir, mais dans l’abaissement personnel et dans le service : « Jésus les appela, et dit: Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n'en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave. » (Matthieu 20:25-27) L’homme a été créé pour aimer. Il a été conçu pour servir. Pour se donner, pour partager, pour s’abandonner en cherchant le bonheur de ceux qui l’entourent : il a été fait à l’image de Dieu, pour refléter la gloire de Dieu. Ainsi, la vraie joie, la vraie satisfaction, la vraie bénédiction, toutes ces choses ne peuvent être obtenues qu’avec un esprit de service. « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » disait le Seigneur (Actes 20:35). Le croyons-nous ?

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Cinquième partie : la Parole de Dieu « Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : elle ne retourne point à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins. » Esaïe 55 :11

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13. La Foi « Or la foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas. » Hébreux 11:1

Le Seul Moyen Dans la partie précédente de ce livre, nous avons parlé des œuvres que Dieu donne à l’homme d’accomplir. De grandes œuvres. De belles œuvres. Des œuvres vraiment glorieuses venant directement de Dieu. Mais la question demeure : comment l’homme peut-il accomplir ces œuvres si elles ne proviennent pas de lui ? Cette question, c’est Jésus qui nous en donne la réponse. Lorsque Jésus marcha sur la Terre, celle-ci en fut renversée. Les gens disaient à son égard : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil » (Marc 2 :12). Pourtant, il n’était pas bien différent de nous. Il était comme nous, un homme : « Existant en forme de Dieu, il n’a point regardé son égalité comme une proie à arracher, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et il est paru comme un vrai homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. » (Philippiens 2:6-8)

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Jésus n’était pas un ninja spirituel aux supers pouvoirs. Il était un vrai homme, comme nous. Et en tant qu’homme, Jésus vécut dans une complète dépendance, soumission et humilité : «   il s’est humilié luimême. » Les œuvres que Jésus accomplit sur cette terre et les paroles qu’il proclama ne vinrent pas de lui. Les miracles qu’il fit ne furent pas les siens. Tout venait du Père et était accompli au travers du Saint-Esprit : « Les paroles que je dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres » (Jean 14:10). En tant qu’homme, Jésus n’accomplit aucune bonne œuvre de son propre chef. En tant qu’homme, tout était accompli au travers de sa dépendance envers le Père et en parfaite humilité. L’homme ne peut accomplir de bonnes œuvres par lui-même. Il n’a pas été conçu pour accomplir de bonnes œuvres par lui-même. Seul Dieu peut faire les bonnes œuvres. Parce qu’il n’existe rien de plus beau que Dieu, Dieu ne peut partager sa gloire qu’au travers de ses propres œuvres. Toute œuvre d’un être inférieur est dépravée, dépourvue de gloire. Tout simplement parce que Dieu est Dieu et que rien d’autre ne l’est. Mais si Jésus accomplit les œuvres de Dieu, alors ça veut dire que c’est possible de faire de même, me direz-vous ! Mais comment ? Jésus nous l’explique dans ce passage : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, PAGE 153 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


c'est lui qui fait les œuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi ; croyez du moins à cause de ces œuvres. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m'en vais au Père ; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. » (Jean 14 :10-13) La seule chose que Dieu demande à l’homme d’accomplir, c’est de croire. Par la foi, il accomplit les œuvres de Christ, et même, « il en fera de plus grandes. » Pourquoi ? « Afin que le Père soit glorifié dans le Fils. » La gloire n’appartient qu’à Dieu. Cependant, par la foi, l’homme peut accomplir les œuvres de Dieu. Mais qu’est-ce que la foi exactement   ? La foi, c’est premièrement de croire en la parole de Dieu : « Ainsi la foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole de Christ » (Romains 10:17). Deuxièmement, elle consiste à reconnaître les œuvres de Dieu : « Croyez à ces œuvres, afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en moi » (Jean 10:38). Chaque circonstance de la vie cache la main de Dieu. Chaque circonstance de la vie est dirigée et planifiée par Dieu. Sa parole nous donne les indications nécessaires pour pouvoir savoir à quoi ces œuvres ressemblent. Ainsi, en connaissant la parole de Dieu, on apprend à connaître le cœur de Dieu, et lorsque l’on connaît le cœur de Dieu on apprend à reconnaître Dieu lorsqu’il agit au travers de chaque circonstance de la vie. Job écrivait : « Qu'est-ce que l'homme, pour que tu en fasses tant de cas, pour que tu daignes prendre garde à lui, pour que tu le visites tous les matins, pour PAGE 154 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


que tu l'éprouves à tous les instants ? » (Job 7:17-18). Chaque moment est un test où Dieu visite l’homme par ses œuvres et où l’homme a l’opportunité de reconnaître Dieu. En croyant que la Bible est vraie, le chrétien peut savoir la manière par laquelle Dieu agit et ainsi reconnaître les œuvres de Dieu lorsqu’elles se sont manifestées. L’homme ne peut rien faire, mais Dieu est déjà en train d’agir. Dieu ne se lasse pas de faire son œuvre. Tout ce que l’homme peut faire est d’y participer en croyant par la foi. Ainsi, l’homme est directement responsable. S’il ne croit pas aux œuvres de Dieu, il s’éloigne de celles-ci. Dieu agit à chaque moment dans la vie des croyants. Seulement, ils ne grandissent pas sans cesse parce qu’ils ne croient pas assez. Les promesses de la Bible sont vraies. Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. Dieu a des plans parfaits pour notre vie. Et si la Bible nous dit d’être toujours joyeux, de nous servir les uns les autres, de nous aimer, de nous offrir comme un sacrifice vivant, c’est parce que c’est possible. Mais nous ne sommes pas joyeux, parce que nous ne voyons pas la main de Dieu dans chaque circonstance, nous ne croyons pas que ce sont ses œuvres. Nous n’aimons pas, parce que nous ne croyons pas que nous pouvons aimer. « Ah, mais moi la colère, c’est dans mon tempérament, je ne peux changer cela ! » Mensonge ! « Ah, mais moi, si je ne sers pas plus dans l’église, c’est parce que Dieu ne peut pas m’utiliser pour sa gloire ! » Mensonge ! « Ah, mais moi je ne peux PAGE 155 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


pas lire ma Bible, je suis trop occupé et je n’en ai pas la force ! » Mensonge ! Mensonge ! Nous ne servons pas plus dans l’église, parce que nous ne croyons pas que Dieu va utiliser cela pour notre bien et pour sa gloire. Par notre incrédulité, nous limitons la gloire des œuvres de Dieu au travers de nous à ce que nous pensons qu’il puisse faire. Nous ne nous attendons pas à ce que Dieu fasse de grandes choses au travers de nous, parce que nous ne croyons pas que c’est possible. Et pourtant, ce ne sont pas nos œuvres, mais les siennes, qui réalisent ces choses. Notre Dieu n’est pas un petit Dieu. Comment imaginons-nous Dieu ? Spurgeon écrivait sur l’incrédulité : « Oh croyez-moi, si nous pouvions rouler tous les péchés dans une seule grande masse – si vous pouviez prendre le meurtre, le blasphème et l’adultère, la fornication, et tout ce qui est vil, pour les unir dans une grande boule noire de corruption, ils n’égaleraient même pas le péché de l’incrédulité. Ce péché est le monarque des péchés, la quintessence de la culpabilité, la mixture du venin de tous les crimes, le bas-fond du vin de Gomorrhe. C’est le A-1 du péché, la pièce maîtresse de Satan, le chef d’œuvre du diable. » La foi est le seul moyen d’être en communion avec Dieu. C’est le seul moyen de prendre part à ses œuvres et à sa présence. La présence de la foi est à la base de toute bonne œuvre et son absence à la racine de tout PAGE 156 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


péché. Le seul moyen de vivre pour Dieu est de vivre par la foi : « Le juste vivra par la foi » (Habakuk 2:4).

L’Espoir d’Habakuk Pendant le ministère d’Habakuk les choses n’allaient pas aussi bien qu’il l’aurait souhaité. Non seulement Israël croissait en décadence en rejetant de plus en plus l’Eternel, mais pire encore, Dieu allait appeler une nation encore plus méchante pour les juger. Dieu avait peut-être de bons plans pour Israël et pour son « reste   » ; aucun signe visible ne semblait l’affirmer. Et pourtant, au cœur du doute et des moments difficiles, Habakuk définit la vie chrétienne : « Le juste vivra par la foi. » Lorsque les circonstances semblent sans signification et dépourvues de toute issue produisant le bien, Habakuk se rappelle son Dieu, et place sa confiance en lui. Ainsi, malgré l’épreuve, il reste capable de finir son livre dans la louange : « Car le figuier ne fleurira pas, la vigne ne produira rien, le fruit de l'olivier manquera, les champs ne donneront pas de nourriture ; les brebis disparaîtront du pâturage, et il n'y aura plus de bœufs dans les étables. Toutefois, je veux me réjouir en l'Éternel, je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut. L'Éternel, le Seigneur, est ma force ; il rend mes pieds semblables à ceux des biches, et il me fait marcher sur mes lieux élevés. » (Habakuk 3 :17-19) Dans son livre, Habakuk communiqua un message très puissant : un message d’espoir. Alors qu’il s’attendait au Seigneur, il trouva force joie PAGE 157 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


et paix. Sa foi était basée sur de l’espoir. Martin Luther, qui fut converti à la lecture des mots d’Habakuk cités en Romains 1 :17 affirma : « Ainsi ces mots, expectabo Dominum (je m’attendrai à l’Eternel), contiennent le sommaire de tout le corps de la doctrine chrétienne, qui consiste, non pas à ressentir mais à espérer. » Le juste doit vivre par la foi. Cette foi est d’attendre avec espoir à ce que la main de Dieu manifeste avec fidélité ce qui est dit de sa personne dans la Bible. C’est de s’attendre à ce que Dieu agisse avec bonté et fidélité, et de le croire fermement.

Une nouvelle définition de la foi Imaginez un moment ce qu’Adam ressentit lorsque le péché fut consommé. En un instant, la relation avec le Père fut rompue et il devint « privé de la gloire de Dieu » (Romains 3:23). En l’espace d’un éclair, il perd tout ce qu’il avait de plus précieux. Paix et joie s’évanouissent comme le murmure d’un vent doux. Sa vie n’a plus de sens, les couleurs se fanent, les pensées s’obscurcissent. L’aveuglement généré par le péché s’exprime et tout ce qu’il trouve à faire est d’aller se cacher sous un arbre, comme si quelques branches suffisaient à voiler les yeux du ToutPuissant. Le moment de confusion le plus profond de l’humanité se concentre alors dans un esprit encore jeune apprenant pour la première fois le doute et la peur.

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Et puis Dieu fait quelque chose de génial. Il invente quelque chose qui permettra à l’homme de trouver la force de vivre en donnant un nouveau sens à sa vie. Il invente quelque chose de complètement nouveau, qui n’avait aucune utilité avant, et de magnifique. Dieu invente l’espoir. La première chose que Dieu fait, suite à la désobéissance d’Adam et Eve, c’est d’aller leur parler. Et en Genèse 3 :15 il leur fait cette promesse : «   Je mettrai inimitié entre toi [le serpent, le diable] et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. » Alors qu’Adam et Eve sont complètement perdus, Dieu leur donne un moyen de trouver la force pour continuer à vivre. Il leur donne de l’espoir. De la postérité de la femme, apparaîtra le Messie. Dieu leur promet une délivrance. Ce qui fut brisé sera un jour réparé. Le descendant de la femme aura le talon brisé, mais le diable et sa puissance seront écrasés. Pour vaincre la mort, le Messie devra l’écraser, mais il ne pourra faire cela sans s’en blesser le talon. En effet, c’est en mourant, puis en ressuscitant, que Jésus vainquit la mort. À partir de la promesse faite à Adam et Eve, l’histoire de l’humanité devient centrée sur une personne : l’élu, le Messie, Jésus-Christ. À partir du moment où Dieu crée l’espoir, le sens de la vie ne se trouve plus ni dans les choses présentes, ni dans les choses visibles. La délivrance finale sera appréciée dans le futur, et dans un autre endroit. Lorsque PAGE 159 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Dieu leur promet une délivrance et leur donne l’espoir, s’en est fini de ce monde. L’attention se tourne vers ce qui est invisible. Ce monde-ci ne peut plus produire la gloire de Dieu, celle-ci sera connue à nouveau dans sa grandeur dans un autre endroit. Dès son origine, Dieu avait créé le monde de façon à ce que l’homme ne puisse entrer en communion avec lui que par la foi : « C'est par la foi que nous reconnaissons que le monde a été formé par la parole de Dieu, en sorte que ce qu'on voit n'a pas été fait de choses visibles » (Hébreux 11:3). Cependant, suite au péché d’Adam, cette foi se définira par une chose bien précise : l’espoir. «   Or la foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas. » Les choses visibles étant condamnées, le sens de la vie ne pourra être trouvé que dans celles invisibles. La foi devient centrée sur une personne (Christ), un lieu (le ciel), et sur une perspective (la sanctification). Étant condamné, l’homme ne trouvera bonheur et plénitude qu’en la seule personne de Christ. Le monde étant condamné, l’homme ne trouvera espoir que dans un autre endroit, le ciel. Les œuvres de l’homme étant condamnées et éphémères, devenir l’ouvrage de Dieu par la sanctification redonnera un sens à ses accomplissements.

Les Promesses de Dieu Puisque l’homme ne peut trouver la satisfaction dans le visible, Dieu va se révéler dans l’invisible, et va permettre à l’homme de reconnaître sa PAGE 160 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


main en indiquant qui il est et ce qu’il fait par de nombreuses et belles promesses. Ainsi, les promesses de Dieu sont la base de l’espoir et de la foi du croyant. Ce sont les promesses de Dieu qui peuvent donner l’assurance d’un sens à la vie, d’un sens qui comble ce trou en forme d’éternité dans le cœur de l’homme. Comme l’affirmait Spurgeon : « Les espoirs qui peuvent être réalisés dans un monde qui meurt ne sont que des moqueries. Les espoirs qui n’ont pas de regard au-delà de la tombe ne sont que des fenêtres brouillées au regard d’une âme. Heureux est celui qui croit dans la promesse, et ressent l’assurance de son accomplissement en temps voulu, et qui laisse tout le reste dans les mains de la sagesse et de l’amour infini. Un tel espoir pourra endurer les épreuves, conquérir les tentations, et apprécier un paradis sur terre. » L’espoir permet deux choses : de trouver satisfaction dans le présent et dans le futur. Ainsi, lorsque le chrétien fait face à des situations inattendues ou difficiles, il doit se dire deux choses : (1) Cela arrive parce que Dieu a quelque chose de mieux pour moi maintenant, (2) cela arrive parce que Dieu a quelque chose de mieux pour moi plus tard. Le mot grec pour espoir est « epis » et renvoie à l’idée d’une anticipation plaisante et de confiance. En hébreux, il vient du mot « tikvah » voulant dire «   corde   » et implique un sens de rattachement ; l’espoir de quelqu’un est ce qui le définit, ce qui est attaché à sa personne. Pratiquement parlant, l’espoir de quelqu’un est ce qui donne un sens à   sa vie. C’est ce en quoi quelqu’un croit pour trouver bonheur, PAGE 161 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


satisfaction, joie et plénitude. Pour le croyant, cet espoir est constitué de trois choses : une personne, un lieu et une perspective, et ces trois choses sont décrites dans la Bible par de nombreuses promesses.

En Jésus Par la vie et la mort de Christ les croyants peuvent avoir une relation avec Dieu ; par sa mort et sa résurrection, ils savent que Jésus possède pouvoir de les ressusciter eux aussi (Romains 6:5). Puisque Jésus est aux cieux, ils savent qu’il saura les y guider (Romains 8:34). Jésus ayant rempli les promesses de Dieu, ils peuvent compter sur sa fidélité. Du fait que Jésus était à la fois homme et Dieu, ils savent que non seulement la plénitude de la bénédiction céleste habite en lui mais aussi qu’il peut la communiquer parfaitement (Jean 1:14).

Le ciel L’espoir du croyant n’est pas sur cette terre, mais aux cieux. Les croyants sont étrangers sur terre (Hébreux 13:12-14), car leur espoir est lié à ce qui est éternel, et non périssable ; sur ce qui est parfait et saint, non sur ce qui est corrompu et dépravé (2 Corinthiens 4:8-18 ; 1 Pierre 1:3-4). Au ciel, le croyant recevra aussi une récompense pour chacune de ses œuvres.

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La sanctification L’espoir du croyant est une perspective. C’est une manière de penser qui est biblique. C’est une compréhension de la position de l’homme par rapport à Dieu, de la relation de Dieu avec lui, de son caractère, de ses plans et promesses et de sa puissance pour les remplir. C’est quelque chose qui se renouvelle et se perfectionne (Romains 12:2).

Exemples de Promesses : Dieu est bon et Dieu est fidèle, et c’est ce que la Bible indique au travers de nombreuses promesses : « Les bontés de l'Éternel ne sont pas épuisés, ses compassions ne sont pas à leur terme ; elles se renouvellent chaque matin. Oh ! que ta fidélité est grande ! L'Éternel est mon partage, dit mon âme ; c'est pourquoi je veux espérer en lui. » (Lamentations 3:22-24) « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » (Romains 8:28) « Il bénira ceux qui craignent l'Éternel, les petits et les grands. » (Psaume 115:13) « Car il ne chancelle jamais ; la mémoire du juste dure toujours. Il ne craint point les mauvaises nouvelles ; son coeur est ferme, confiant en l'Éternel. » (Psaume 112:6-7)

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« Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève au temps convenable ; et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. » (1 Pierre 5:6-7) « Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance. » (Jérémie 29:11) « Ne crains rien, car je suis avec toi ; ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante. » (Esaïe 41:10) «   Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus Christ. » (Philippiens 1:6) «   Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier luimême. » (2 Timothée 2:13) « Christ en vous, l'espérance de la gloire. » (Colossiens 1:27)

Faux-Espoirs Comme nous l’avons vu, l’espoir de quelqu’un est ce qui donne un sens à sa vie. C’est ce qui le définit. Ainsi lorsque l’homme place son espérance dans une autre personne que Christ, dans un autre lieu que le ciel et dans une autre perspective que celle de la sanctification, il en résulte des conséquences. Quelqu’un qui refuse de croire aux promesses de Dieu pour se confier dans d’autres promesses, celles du monde, de la PAGE 164 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


chair et du diable, se trouvera dépourvu de la joie qui accompagne la vie par la foi. Au contraire, le cœur de cette personne deviendra incapable de pardonner et sera rempli d’amertume, de colère, de peur et de culpabilité. Il ne peut y avoir de bonheur ailleurs qu’en Dieu, et ce bonheur ne peut être apprécié que par la foi en ses promesses. D’un manque de foi résultera rapidement un mécontentement par rapport à la vie, un découragement et une dépression. Le seul moyen de vaincre ces choses est de se rappeler les promesses de Dieu et de vivre par elles. L’amour de l’argent, des possessions, des loisirs, du pouvoir ou des ambitions personnelles résultent non pas des promesses de la Bible mais de celle du monde et de Satan, le « père du mensonge » (Jean 8 :44). Ce que Dieu nous promet est bien différent. Dieu nous promet de nous rendre conforme à l’image de Christ, de nous préparer une place au ciel et de prendre soin de nous comme de ses propres enfants. Dieu ne nous demande pas notre avis sur ce que nous pensons du bonheur. Il nous a donné ce qu’il y avait de plus précieux, et nous demande simplement de l’accepter par la foi.

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14. Les Écritures « Or, tout ce qui a été écrit d'avance l'a été pour notre instruction, afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l'espérance. » Romains 15 :4

Espoir Retrouvé Par la grâce de Dieu, je suis né dans une famille chrétienne. Ainsi, dès mon plus jeune âge, j’étais exposé aux choses de Dieu. Né d’un père français et d’une mère américaine, je vécu les dix premières de ma vie au Québec où mes parents étaient missionnaires. J’allais dans une école chrétienne et garde le souvenir d’une jeune conversion. J’avais la joie de vivre et partageais une relation avec Dieu. Puis, lorsque j’ai atteint l’âge de dix ans, mes parents décidèrent de retourner en France avec leurs six enfants pour l’œuvre pastorale. Et les choses commencèrent à changer. Alors que je passais de l’âge d’innocence à l’âge bête, je quittais aussi un environnement où j’étais bien encadré pour aller dans une région difficile où je ne rencontrerai pas d’ami chrétien de mon âge jusqu’à la fin de mon adolescence. J’étais souvent convaincu de péché, mais je ne comprenais pas réellement ce que cela voulais dire d’être un chrétien, de porter le nom de Christ. Je travaillais bien à l’école, réussissais dans certaines activités PAGE 166 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


extrascolaires ; mais spirituellement, je ne grandissais pas. Les seuls leaders spirituels que j’avais dans ma vie étaient mes parents, et malgré tous leurs efforts je n’accrochais pas. Je savais que Dieu avait des plans pour moi, mais j’étais trop préoccupé par d’autres choses pour lui confier mon avenir. A l’âge de seize ans, j’étais connu pour avoir une attitude négative, pour être impatient et colérique, et je prenais un malin plaisir à me moquer des autres. Je préférais plaire aux gens autour de moi plutôt que de plaire à Dieu. Dieu continuait cependant à faire son œuvre en moi. En regardant les choses comme elles étaient, je savais que je n’étais pas dans la bonne voie. Je savais qu’avec Dieu la vie pouvait avoir plus de sens, être plus riche et plus satisfaisante. Cependant, le comment, je l’ignorais. Pendant deux années j’ai prié Dieu de bien vouloir changer mon cœur. Mais rien ne se passait. Et puis un jour, alors que je m’ennuyais en cours d’Allemand, je regardai mon voisin, qui était un bon ami et lui lançai : « dis, ça te dirais pas d’aller un an aux Etats-Unis pour apprendre l’anglais ? » « Ben, c’est pas trop dans mes plans en fait » me répond-il. Je finissais la discussion : « Tant pis, j’irai tout seul. » En rentrant chez moi, je demandai à mon père d’envoyer quelques emails, et quelques temps plus tard, à ma surprise, une famille de cousins acceptait de me recevoir pour une année. Je partis ainsi à l’aventure.

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Je m’attendais réellement à vivre une année riche en nouvelles histoires et en découvertes. Je m’attendais à vivre une année remplie de nouvelles amitiés et de bonnes rigolades. Cependant les choses ne se passèrent pas ainsi. Mon anglais étant assez mauvais, je ne parlais pas beaucoup et du coup je me retrouvais seul la plupart du temps. De plus, je finissais les cours de bonne heure et n’avais rien à faire en rentrant à la maison. Et puis Dieu mit dans mon cœur un désir de relire la Bible. Je venais juste de la finir pour la première fois, après de nombreuses années de lecture sporadique et indisciplinée. Je savais que la Bible était la parole de Dieu, mais je n’avais pas encore réellement goûté à sa puissance. En commençant par la Genèse, je débutais en lisant quelques chapitres par jour, puis un peu plus et un peu plus. La curiosité se transforma vite en passion, et lisant souvent plusieurs heures par jour, je finis le livre en près de deux mois et demi. On m’avait raconté de belles choses sur Dieu, mais pour la première fois je commençais à les vivre vraiment. On m’avait décrit la vie chrétienne comme un beau fruit, de belle forme et de belle couleur. Pour la première fois je croquais dans ce fruit. Ma manière de penser était complètement transformée ainsi que mon comportement. Je n’étais plus le même. Je retrouvais la joie de vivre, un désir de servir mon prochain, et plus que tout, de l’espoir. Dans la parole de Dieu, j’avais découvert un trésor. J’avais découvert la porte vers un monde bien plus grand et bien

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plus beau que tout ce dont j’aurais pu rêver. Et je ne serai plus jamais le même.

Le Chemin Il existe de nombreuses religions, de nombreux livres, de nombreux « messies. » Pourquoi la Bible serait-elle le chemin pour aller vers Dieu ? Qu’est-ce que la Bible a de différent d’un autre livre ? Le problème de l’homme est simple. L’homme est un être imparfait en quête de perfection. Mais étant imparfait lui-même, il est logique qu’aucune philosophie ou religion humaine ne puisse résoudre ses problèmes, celles-ci n’étant que le fruit du labeur de personnes imparfaites. En effet, quelqu’un d’imparfait accomplit des actions imparfaites et ne peut ainsi offrir que des solutions imparfaites. Ainsi, l’homme ne peut trouver le chemin tout seul. Il a besoin d’un guide, et d’un guide qui soit parfait. Il a besoin de pouvoir s’appuyer sur une autorité qui soit fiable et à une stabilité éternelle. Ni livre humain, ni religion humaine et ni être humain ne sont aptes à remplir ces fonctions. La seule solution pour permettre à l’homme d’être en communion avec la perfection, c’est-à-dire Dieu, l’être parfait, serait de posséder un livre écrit par lui-même, une « religion » créée par luimême et un messie qui ne soit autre que lui-même. Jésus disait de lui-même : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14 :6). L’homme ne peut aller vers Dieu sans PAGE 169 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


un guide. Ce guide, c’est la parole de Dieu. Jésus était cette « parole [qui] a été faite chair » (Jean 1 :14). Ne parlant que sous l’autorité de Dieu, Jésus parlait les mots mêmes de Dieu et ainsi le message qu’il communiqua était un message divin. Ce message, c’était celui de la vie par la foi, le même qui était indiqué dans tout l’Ancien Testament (Hébreux 11). La foi permet d’avoir une relation avec Dieu. Mais cette foi doit être basée sur quelque chose de concret et de ferme, sur quelque chose qui révèle connaissance et directions. Cette chose, c’est la Bible. Paul écrivait   à son disciple Timothée   : «   Tout Ecriture est inspirée de Dieu   » (2 Timothée 3   :16). Ironiquement, le mot grec traduit ici par «   inspirer   » est «   theopneustos   » et signifie «   soufflé par Dieu,   » ou «   expiré par Dieu.   » Les Écritures affirment provenir directement de Dieu. Les hommes qui en composèrent les écrits furent certes « inspirés » de Dieu, car leurs écrits venaient directement du souffle de Dieu. Les Écritures sont le seul chemin pour aller vers Dieu, car elles sont le chemin qu’il a tracé pour l’homme. L’homme n’a rien à y ajouter, rien à y retrancher. C’est aussi pour cela que Paul était furieux lorsqu’il écrivit l’épître aux Galates. En effet, après qu’il fut parti de la région, des gens vinrent pour dire que l’évangile de Christ n’était pas complet, mais qu’il fallait y ajouter quelque chose ; des œuvres, ou si on peut dire, dans ce cas, certaines pratiques de la tradition juive. En leur écrivant sa lettre, Paul voulait les mettre en garde contre de tels enseignements : PAGE 170 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


« Je m'étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile. Non pas qu'il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'Évangile de Christ. Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème ! » (Galates 1 : 6-8) Pourquoi vouloir un autre évangile   ? Quel autre chemin donne une relation personnelle et la paix avec Dieu, le pardon des péchés, la vie éternelle et la plénitude divine ? L’homme n’a rien à ajouter à ce que dit la parole. Seule, elle suffit pour mener l’homme vers la perfection : « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. » (2 Timothée 3 :16-17)

La Vérité Le Petit Robert décrit la vérité comme étant « ce à quoi l’esprit peut et doit donner son assentiment, » une « connaissance à laquelle on attribue la plus grande valeur. » La vérité est ce qu’il existe de plus précieux pour donner des directions à l’homme. C’est ce qui donne un sens à la vie, qui définit avec le plus de valeur les différentes dynamiques de l’existence humaine. La vérité, c’est la route vers ce qui a un réel sens, vers ce qui est éternel. Dans la Bible, le mot « vérité » implique aussi le sens de « stabilité » et de « digne de confiance. » PAGE 171 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Mais existe-il réellement une seule vérité ? La science, n’est-elle pas aussi une source de vérité ? La science nous permet de trouver réponse à plusieurs questions, cependant elle reste incapable d’expliquer les choses fondamentales de la vie. La science ne nous explique pas notre origine, notre identité et notre destinée. La science ne peut expliquer un phénomène comme l’amour. En effet, l’amour est irrationnel. En amour, un plus un égal un ; rien de mathématique. De plus,   la science est aussi une discipline exercée par des hommes imparfaits et dépravés. Malgré toute la bonne volonté du monde et son savoir faire, même ce qui est « scientifique » est souvent erroné ; il n’y a qu’à regarder à l’évolution de nombreuses théories scientifiques pour constater que de nombreuses d’entre elles ne durent pas. Il est important de ne pas se soumettre au préjugé qui dit que la Bible est contre la science. Tout au contraire. Salomon, par exemple, était un scientifique. En effet, Salomon aimait rechercher la valeur des choses et étudiait même les plantes et les animaux (1 Rois 4 :32-34) Il écrivait : « La gloire de Dieu, c'est de cacher les choses ; la gloire des rois, c'est de sonder les choses » (Proverbes 25 :2). Cependant, la création de Dieu ne peut parler avec la même autorité que sa parole. Non seulement la création a été en grande partie transformée par l’œuvre de l’homme, comme nous l’avons vu au chapitre 6, mais en plus celle-ci reste bien trop limitée pour communiquer les voies de Dieu. PAGE 172 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Ceci, le roi David l’avait bien compris. Il savait que la nature avait beaucoup à nous apprendre et à nous émerveiller, mais qu’il existait quelque chose de bien supérieur pour l’homme. On voit le raisonnement de David au travers du Psaume 19. Il commence son Psaume en décrivant la nature et la gloire qui en ressort, puis tourne l’attention vers la parole de Dieu pour pointer vers quelque chose d’encore plus glorieux : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue manifeste l'œuvre de ses mains […] La loi de l'Éternel est parfaite, elle restaure l'âme ; le témoignage de l'Éternel est véritable, il rend sage l'ignorant. » (Psaume 19 : 1, 8) David commence son Psaume en montrant à quel point la grandeur de Dieu est manifeste au travers de sa création, puis ensuite tourne son attention vers quelque chose d’encore plus beau : la parole de Dieu. En effet, cette parole provient du même Dieu ayant créé la terre et les cieux : il faut s’attendre à de belles choses ! La nature est belle, mais « la loi de l’Eternel est parfaite. » La nature peut émerveiller les yeux, mais seule la parole « restaure l’âme. » La parole est ainsi supérieure que la nature. « En effet : les jugements de l'Éternel sont vrais, ils sont tous justes. Ils sont plus précieux que l'or, que beaucoup d'or fin ; ils sont plus doux que le miel, que celui qui coule des rayons   » (Ps. 19   :11). Ce que la nature a de plus précieux, l’or le plus fin et le miel le plus doux, n’a tout simplement pas la même valeur que la parole de Dieu. En effet, cette parole est ce qui est véritable et donne un sens d’éternité. PAGE 173 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Cela, l’apôtre Pierre l’avait aussi remarqué. Suite à des paroles de Jésus ayant choqué certaines personnes, de nombreux disciples le quittèrent. « Jésus donc dit aux douze : Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? Simon Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6 :67-68). La parole de Dieu est ce qu’il y a de plus stable, de plus véritable. C’est aussi le moyen pour la sanctification du croyant, comme le montre la prière de Jésus : « Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité » (Jean 17 :17). Au travers de la Bible, Dieu nous donne toutes les indications nécessaires pour enseigner l’homme et le corriger afin qu’il soit de plus en plus conforme à l’image de Christ. La vérité, c’est le chemin vers la gloire de Dieu : « O Éternel ! qui séjournera dans ta tente ? Qui demeurera sur ta montagne sainte ? Celui qui marche dans l'intégrité, qui pratique la justice et qui dit la vérité selon son coeur. » (Psaume 15 :1-2) Il est aussi important de noter que la Bible contient beaucoup plus que des préceptes et des histoires. Elle contient tout un langage, toute une façon de parler et de voir les choses. Ainsi, il ne suffit pas de lire la Bible une seule fois pour être sanctifié. Pour parler une langue, il faut prendre le temps de l’étudier, de la pratiquer, de se rafraîchir constamment ; il faut mémoriser, réfléchir, et utiliser chaque mot selon le sens qu’il possède dans chaque contexte particulier. Chaque passage de la Bible, chaque mot, proviennent d’un contexte précis et possèdent un sens qui PAGE 174 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


peut sans cesse être enrichi. Un passage en éclaire un autre, un mot utilisé dans un certain contexte enrichit l’utilisation de ce mot dans un autre contexte. Plus le croyant passe du temps à lire et méditer la Bible, plus il apprend à parler le langage divin et à prendre part à la « pensée de Christ   » (1 Corinthiens 2   :16). Et au fur et à mesure que le croyant apprend à penser comme Christ, son intelligence est renouvelée et il est sanctifié. Ainsi, c’est bien plus que son intellect qui est affecté par la vérité mais toute sa manière de vivre.

Et la Vie Finalement, la Parole de Dieu est aussi une parole vivante. Ce n’est pas une parole passive, mais active en puissance et en transformation : «   La parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du coeur. » (Hébreux 4 :12). Jacques comparait la parole de Dieu à un miroir qui reflète l’apparence (Jacques 1:23-24). Lorsque l’on est confronté à la vérité de la parole, notre cœur est mis à nu et notre manière de penser est mise à découvert : « la parole juge les sentiments et les pensées du cœur. » On croit ouvrir notre Bible pour la lire, mais en réalité, c’est elle qui nous lit. La parole pénètre dans nos pensées afin de les sonder et de nous convaincre de péché. En étant exposé à la parole de Dieu le voile cachant le cœur de l’homme est PAGE 175 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


ôté, permettant à la lumière divine d’éclairer les endroits les plus sombres et les plus ténébreux. Par la parole de Dieu, le péché de l’homme lui est révélé, lui permettant d’être bien disposé au changement et à la transformation que produit la sanctification. Sans la parole de Dieu, la sanctification ne peut avoir lieu, et tous les bénéfices qui en découlent sont inexistants. « La foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole de Christ » (Romains 10:17). Sans être dépendant de la parole de Dieu le croyant ne peut être dans cette communion avec Dieu que produit la foi. Sans être régulièrement dans la parole de Dieu, le chrétien ne peut pas grandir, être renouvelé et s’épanouir. Jésus enseignait : «   Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles l’aient en abondance. Je suis le bon berger. » (Jean 10:10-11). Sans

être

dépendant

comme

des

brebis

en

se

nourrissant

quotidiennement de la parole de Dieu, il est impossible à l’homme d’être dirigé par le bon berger vers ces bons pâturages donnant toute la richesse et l’abondance de la vie. Les bénédictions de Dieu ne peuvent être goûtées qu’au travers d’une dépendance envers la parole de Dieu. La différence entre une vie dépendante de la parole de Dieu et une vie indépendante n’est rien de moins que le contraste entre la vie et la mort : « Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Car je te prescris aujourd'hui d'aimer l'Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, PAGE 176 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


et d'observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays dont tu vas entrer en possession. » (Deutéronome 30 :15-16). On aime bien citer la parole de Paul : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Romains 8 :31). Cependant, sans se soumettre à la parole de Dieu, c’est un message bien différent qui s’entend : « Si Dieu n’est pas pour nous, qui sera contre nous ? » Dès que l’on échange la parole de Dieu pour autre chose, ce qui en résulte est la mort. Et c’est ce qui se passa au Moyen-âge, lorsque l’autorité de la parole de Dieu fut remplacée par l’autorité de la tradition. A l’inverse de l’autorité humaine, celle de la Bible est active, et ce qui en résulte est plein de vie : « Autorité, comme vous vous en rappellerez, vient du latin « auctoritas » et signifie création ou puissance créatrice. Un auteur est dans ce sens un créateur. La prédication de l’évangile est autoritaire parce qu’elle exerce cette sorte de puissance. Elle crée. Elle fait apparaître une nouvelle création à la place de l’ancienne. La parole de Dieu, comme Luther insistait, n’est pas une lettre morte, mais une voix vivante. Elle ne reste pas plantée là en attendant une approbation de ces réputées « autorités, » ou en attente d’une interprétation autoritaire. Au lieu de cela, elle travaille. »

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Si la Bible se dit être autoritaire, c’est bien parce qu’elle a le pouvoir de donner de la vie, de transformer, de créer. Elle donne à chacun la vie et la puissance pour être transformé. Elle fait vivre en nous l’enseignement de Christ, la tradition de Christ. Le mot tradition possède souvent une mauvaise connotation dans la culture réformée. Cependant, dans son origine grecque, « paradosis, » le mot tradition signifie simplement transmettre, donner. Et c’est ce que Jésus a fait. Jésus n’a pas écrit de livre, il nous a donné une tradition, complétant l’Ancien Testament. Par l’aide du Saint-Esprit, les apôtres l’ont écrite et par l’aide du Saint-Esprit les chrétiens ont reconnu la parole du Seigneur pour en former le Nouveau Testament un peu plus tard. La tradition est une bonne chose, à partir du moment où elle est basée sur les Écritures. La vie chrétienne est une tradition. Non pas un ensemble de coutumes et de pratiques religieuses, mais une parole de vie qui encourage les chrétiens à partager, à transmettre à créer et reproduire ces mêmes œuvres que Jésus faisait dans un esprit de service. Paul encourageait les gens de Colosses à vivre cette tradition d’une manière bien vivante ; il leur disait: « Que la parole de Christ demeure en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs en vertu de la grâce. » (Colossiens 3 :16). La parole de Dieu est une parole de vie, une parole qui fait chanter. Elle PAGE 178 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


donne de la joie, elle comble le cœur de l’homme, le fait sourire, et le met en bonne disposition avec le Tout-Puissant.

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15. La Connaissance de Dieu « Si tu rends ton oreille attentive à la sagesse, et si tu inclines ton coeur à l'intelligence ; Oui, si tu appelles la sagesse, et si tu élèves ta voix vers l'intelligence, Si tu la cherches comme l'argent, si tu la poursuis comme un trésor, Alors tu comprendras la crainte de l'Éternel, et tu trouveras la connaissance de Dieu. » Proverbes 2:2-5 ; 15:4

En préparation pour le Fils La connaissance de Dieu est d’une valeur qui ne se mesure pas. La connaissance de Dieu est le résultat final de la gloire de Dieu. En effet, grâce à la description de Dieu donnée dans les Écritures, l’homme peut reconnaître

la

main

de

Dieu

à

l’œuvre

et

connaître

Dieu

personnellement. La connaissance de Dieu est l’un des plus grands biens que peut s’octroyer le croyant, car sans la connaissance de Dieu il ne peut apprécier pleinement les bénédictions divines. Si l’homme ne savait pas que Dieu était amour, alors il ne pourrait pas apprécier cet amour. Sans la connaissance du caractère de Dieu il est impossible de pouvoir apprécier pleinement sa personne et ses promesses. Ainsi Pierre affirmait au début de sa seconde lettre : « Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus PAGE 180 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine. » (2 Pierre 1 : 3-4) Le seul moyen de pouvoir apprécier la plénitude de Dieu est de le faire au travers de la connaissance de cette plénitude. C’est le moyen utilisé par Dieu. En révélant qui il est et en partageant sa gloire, Dieu permet à l’homme de le connaître. Cette connaissance de Dieu, c’est le but de la sanctification, la clé pour refléter au maximum la gloire de Dieu. Ce monde a été créé pour Christ. Mais la raison pour laquelle le cadeau ne lui a pas encore été offert est que celui-ci n’est pas encore prêt. Le monde créé par Dieu fut bon. Il était parfait à l’origine. Seulement, le Père désirait plus que de la perfection pour son Fils. Il voulait faire un cadeau qui ne refléterait pas simplement quelques aspects de sa perfection, mais toute sa totalité, toute sa plénitude. Il désirait offrir à son Fils quelque chose de valeur inestimable, comme une « épouse » ; un cadeau reflétant toutes les qualités du divin. En créant le monde, le Père avait en tête ce moment où il offrirait à son Fils une «   épouse   » prête, sanctifiée, pure ; mais surtout une épouse ayant la connaissance de la profondeur de son amour, devenant ainsi capable de l’apprécier et de le refléter avec la même intensité. Ainsi, au travers de l’Histoire de l’humanité Dieu se révéla progressivement pour permettre à ses enfants de le connaître sous tous ses aspects.

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Cependant, cela ne se ferait pas sans l’existence d’une certaine « tension ».

La tension Biblique L’apôtre Jean écrivit : « Nous avons connu l'amour, en ce qu'il a donné sa vie pour nous » (1 Jean 3 :16). En résumé, si Dieu n’avait pas donné sa vie, son amour n’aurait jamais été connu. Si Jésus n’était pas mort sur la croix, nous n’aurions jamais pu connaître les mesures de l’amour de Dieu. Le Fils eut-il résolu de donner sa vie avant même la chute d’Adam ? Absolument. Jean écrivit lors de sa vision Apocalyptique : « Et tous les habitants de la terre l'adoreront [Satan, le dragon], ceux dont le nom n'a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l'agneau qui a été immolé. » (Apocalypse 13 :8). La mort de Christ sur la croix n’a jamais été un plan B. Depuis la fondation du monde, l’agneau Jésus-Christ était déjà immolé pour le salut des croyants. Pour révéler la grandeur de son amour, le Père savait que la seule solution était que son Fils se donne entièrement ; qu’il devienne un homme et meure. Dieu aurait-il planifié que la mort et le péché soient présents dans le monde avant même la rébellion de Satan et la chute d’Adam ? Pour beaucoup, ces vérités sont difficiles à comprendre et à digérer. En effet, cela ne rendrait-il pas Dieu responsable pour le mal, la mort et la souffrance dans le monde ? PAGE 182 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


C’est là où il est nécessaire de parler de la « tension » de la Bible. Cette tension ne fait pas allusion à quelque chose de négatif, mais tout simplement au fait qu’il existe un certain équilibre dans la Bible entre la souveraineté de Dieu et la responsabilité de l’homme qui peut être quelquefois difficile à comprendre. Par exemple, on pourrait poser cette question : qui est l’auteur de l’épître aux Romains ? Est-ce Dieu ? Est-ce Paul ? Dieu en est l’auteur, puisque c’est son Esprit qui l’a inspirée à Paul. Cependant, Paul en est aussi l’auteur puisqu’il est la personne qui l’a écrite au travers de ses propres pensées et de ses propres raisonnements. Que pouvons-nous donc répondre ? Comment expliquer que Christ était complètement homme et complètement Dieu ? Dieu peut-il mourir ? Non, mais Christ mourut. La même tension existe pour les questions relatives au mal. Amos écrivait : « Arrive-t-il un malheur dans une ville, sans que l'Éternel en soit l'auteur ? » (Amos 3:6). Et pourtant, Jacques écrivait : « Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne » (Jacques 1:13). Serait-ce une contradiction dans la Bible ? Absolument pas. La vérité est que Dieu est souverain au-dessus de toute chose, même des œuvres humaines. Ainsi, même lorsque l’homme pèche contre Dieu, cela reste dans ses plans. Cela n’enlève en rien la responsabilité de l’homme. La Bible est claire que chaque homme est responsable pour ses actions et que chaque individu sera jugé pour chacune de celles-ci, bonne ou mauvaise (Ecclésiastes 12 : 16). PAGE 183 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Dieu savait qu’Adam allait se rebeller dans le jardin. Cependant, ce n’était pas simplement de la pré-science, cela avait été aussi ordonné et planifié par lui. Dieu voulait que l’homme pèche pour pouvoir montrer la grandeur de son amour et de sa personne. Il le voulait pour son Fils. Ce monde ne fut pas créé pour l’homme, il fut créé pour Christ. Le but de la création n’était pas de donner satisfaction à l’homme, mais de faire plaisir à Christ. L’homme n’est pas le centre du monde. Christ l’est. Bien sûr, d’un autre côté, Dieu ne se réjouit pas non plus de la perdition des hommes. Au contraire, il « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2 :4). Ainsi, Dieu désire que l’homme soit sauvé, même si en même temps il créa un monde en sachant que de nombreuses personnes se rebelleraient et seraient séparées de sa gloire. Le fait que certains hommes soient en route pour l’enfer n’enlève rien à l’amour de Dieu ni à sa justice. Au contraire, c’est bien cela qui définit les deux. Le fait que Dieu sauve de gens en route pour l’enfer montre à quel point Dieu est bon et rempli d’amour. L’enfer montre aussi à quel point Dieu est juste en punissant ceux qui le méritent. Un juge qui ne punit pas un criminel n’est pas un juge équitable. Un juge qui n’attribue pas à chacun la conséquence de ses actes est un mauvais juge ; et certainement pas un juge méritant de la louange pour toute une éternité. Ainsi, Dieu sauve qui il veut en manifestant sa gloire et Dieu punit qui il veut en manifestant aussi sa gloire : PAGE 184 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


« Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut. Tu me diras : Pourquoi blâme-t-il encore ? Car qui est-ce qui résiste à sa volonté ? O homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Le vase d'argile dira-t-il à celui qui l'a formé : Pourquoi m'as-tu fait ainsi ? Le potier n'est-il pas maître de l'argile, pour faire avec la même masse un vase d'honneur et un vase d'un usage vil ? Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition, et s'il a voulu faire connaître la richesse de sa gloire envers des vases de miséricorde qu'il a d'avance préparés pour la gloire ? » (Romains 9:18-23) Au travers du salut d’âmes perdues, Dieu montre la richesse de sa miséricorde. En punissant des âmes coupables, il montre aussi la grandeur de sa puissance. Sans la chute d’Adam dans le Jardin d’Eden, l’homme n’aurait jamais pu connaître pleinement l’amour de Dieu, ni sa puissance, ni son pardon, ni sa patience, ni sa colère, ni sa miséricorde, ni sa bienveillance, ni sa grâce, ni sa justice, ni sa grandeur, ni son autorité, ni sa souveraineté, ni sa compassion. En bref, l’homme n’aurait pas pu connaître Dieu réellement. Dieu ne plaça pas l’arbre de la connaissance du bien et du mal au milieu du jardin sans raison. La volonté de Dieu, depuis la création du monde, était que l’homme apprenne à le connaître progressivement et pleinement au travers de la sanctification : « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification » (1 Thessaloniciens 4 :3). Cette volonté existait bien avant PAGE 185 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


le péché d’Adam. L’Histoire de l’humanité et la venue de Christ pour sauver le monde ne sont pas un plan B. L’Histoire comme nous la percevons est exactement ce que Dieu voulait qu’il se passe. Il voulait écrire une histoire plus belle, plus intense, plus grandiose et plus signifiante que toutes les autres. Dieu voulait que l’homme puisse grandir d’un degré de gloire à un autre pour apprendre la mesure de sa grâce. Il voulait que son Fils puisse partager une éternité remplie de bonheur et de joie en compagnie d’une «   épouse   » le connaissant réellement et pouvant l’aimer réellement. Dieu créa le monde avec la perspective de l’éternité, en pensant surtout à son Fils. Sans la connaissance de Dieu, l’homme ne pourrait pas être sanctifié jusqu’à la « stature parfaite de Christ » : « Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ » (Éphésiens 3:11-13)

Responsabilité humaine Le but de Dieu pour l’homme ne s’arrêtait pas au Jardin d’Eden. Son but n’est pas non plus d’y faire revenir l’homme. Dieu a quelque chose de beaucoup plus grand. Même les anges qui sont dans la présence de Dieu depuis le début de la création sont émerveillés de regarder à la grâce PAGE 186 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


révélée à la croix, et « désirent plonger leur regards » dans la beauté de l’évangile (1 Pierre 1 :12). Pourquoi être si ébahis par cette grâce ? Parce qu’ils en obtiennent de la connaissance, une connaissance qu’ils n’auraient jamais pu avoir sans cela. Paul écrivait sur son ministère : «   A moi, qui suis le moindre de tous les saints, cette grâce a été accordée d'annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ, et de mettre en lumière quelle est la dispensation du mystère caché de tout temps en Dieu qui a créé toutes choses, afin que les dominations et les autorités dans les lieux célestes connaissent aujourd'hui par l'Église la sagesse infiniment variée de Dieu » (Éphésiens 3:8-10) Être dans la présence de Dieu ne suffit pas aux anges pour le connaître. En effet, Dieu se révèle aussi par ses actes : « l’Eternel est connu par les jugements qu’il exécute » (Psaume 9:17). Ainsi, si Dieu avait créé Adam dans un jardin n’ayant pas l’arbre de la connaissance du bien et du mal, celui-ci serait resté à toujours dans un certain état « d’innocence. » La fin de l’histoire du monde comprenant le péché est beaucoup plus belle que celle de la fin que l’on aurait eut sans la présence de ce péché. Le cadeau final en est ainsi bien plus beau. D’autant plus que l’homme est responsable des résultats de ce cadeau. Si l’homme reste responsable pour sa perdition, il est aussi responsable d’accomplir les œuvres qui font la beauté de « l’épouse » de Christ. En PAGE 187 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


effet, le cadeau que Dieu offre à son Fils est possible grâce aux œuvres des hommes : « Réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l'agneau sont venues, et son épouse s'est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d'un fin lin, éclatant, pur. Car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints. » (Apocalypse 19 :7-8) La gloire de l’épouse provient non pas d’un acte autoritaire de Dieu, mais des œuvres accumulées des saints. La part de l’homme dans les plans de Dieu est irremplaçable. Le grand danger, en parlant d’un Dieu souverain est d’en enlever la responsabilité humaine. Cependant, ces deux vérités ne sont pas contradictoires mais au contraire, s’imbriquent l’une dans l’autre. L’homme est responsable, et Dieu reste souverain même au-dessus des choix de l’homme. Ainsi, peu importe la méchanceté de l’homme, on sait que Dieu pourra quand même exécuter ses plans. Paul écrivait en Philippiens 2:12-13 : « Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent ; car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. » L’homme est responsable de ses actions, de « travailler sur son salut, » même si Dieu reste celui « qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. » Ainsi, il existe bien une certaine « tension. » PAGE 188 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


La raison pour laquelle l’homme reste responsable malgré la souveraineté de Dieu, c’est que Dieu veut que l’homme puisse aimer son Fils de son propre choix ; d’un vrai amour. Nous l’avons vu, l’amour est un choix. Si l’homme ne choisissait pas d’aimer, alors il ne pourrait pas le faire. Même si ce choix ne peut être effectué sans la grâce de Dieu, il reste tout de même un choix. Cette « tension   » dont nous avons parlé a suscité beaucoup de discussions et de débats au travers de l’histoire. La vérité est qu’elle reste ce qu’elle est, une « tension » difficile à mettre en balance. Cependant, Dieu laisse ce genre de mystère à l’homme afin que celui-ci continue à vivre par la foi et dans l’humilité, sans s’endurcir par une certaine accumulation de connaissance mais en conservant un esprit enseignable. Car en effet : « La connaissance enfle, mais l’amour édifie » (1 Corinthiens 8 : 1) et comme le disait Salomon : « Si tu vois un homme qui se croit sage, il y a plus à espérer d'un insensé que de lui » (Proverbes 26 :12).

La course Pour motiver les enfants de Dieu à aimer Christ, Dieu leur promet aussi une récompense pour tous leurs efforts. En apprenant à connaître Christ, le croyant court aussi une course menant vers un prix de valeur inestimable et pour lequel tous les sacrifices du monde valent la peine : « Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à PAGE 189 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ […] Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection ; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j'ai été saisi par Jésus Christ. Frères, je ne pense pas l'avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ » (Philippiens 3:8, 12-14) Connaître Christ est la meilleure chose que l’on puisse faire sur cette terre, car connaître Christ n’est possible qu’au travers d’une pleine participation dans la gloire de Dieu. Pour apprendre à connaître Christ, il faut être dépendant de la gloire de Dieu, et être motivé par et pour la gloire de Dieu. Paul avait tout pour réussir dans le monde où il vivait. Il était de bonne famille, un Benjamite, avait étudié sous l’un des meilleurs tuteurs de l’époque, Gamaliel, il était zélé encore plus que ses semblables et était doté d’une remarquable intelligence. Et pourtant, il abandonna tout pour pouvoir connaître Christ. Ces choses qui semblaient avoir de la valeur, il apprit à les regarder comme de la « boue » par contraste avec Christ. C’est une joie d’apprendre à connaître Dieu, puisque tout ce qui est en lui est bon. C’est aussi pour cela que Paul en redemande. Face à la plus grande beauté, il ne peut détourner son regard. Et en restant concentré, il oublie tout le reste pour courir vers la gloire de Dieu.

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Dieu nous a aussi facilité cette course en agissant de manière bien originale ; en effet, il l’a fait en plaçant les croyants à un endroit et dans une condition bien particulière : «  il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ » (Éphésiens 2 :6). Pourquoi Dieu fit-il ainsi ? Quelles raisons ont pu motiver Dieu pour rendre ses enfants étrangers, voyageurs sur cette terre   en les faisant asseoir dans les lieux célestes ? Le prochain verset nous en donne l’explication : « afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ » (Éphésiens 2:7). Alors que nous étions étrangers à la gloire de Dieu, Dieu nous promet une délivrance, nous promet qu’on reverra un jour sa gloire. Mais avant cela, il nous prépare pour ce moment. « Dans les siècles à venir, » c'est-àdire l’éternité, nous allons connaître « l’infinie richesse de sa grâce. » Nous allons passer l’éternité avec Dieu, dans sa gloire, et Dieu veut que nous puissions apprécier cette éternité. Alors il nous prépare. Il nous fait goûter à sa gloire, « par sa bonté envers nous en Jésus-Christ, » il se fait connaître à nous. On n’a pas idée du bonheur qui nous attend une fois au ciel. La gloire de Dieu, pure, omniprésente, infinie. Dieu veut qu’on sache l’apprécier. Alors il nous fait asseoir dans les lieux célestes, il fait de nous des étrangers sur cette terre, pour que nos yeux soient fixés sur ce qui nous attend et pas sur ce monde déchu. Il fait de nous des citoyens du royaume de sa gloire, pour que nos cœurs ne soient pas satisfaits de quoi que ce soit d’autre que de sa gloire. Plus nous

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apprécierons la gloire de Dieu sur cette terre, plus nous apprécierons sa gloire une fois avec lui. Et Dieu ne veut pas que l’on se contente de peu. La vie sur la terre est très courte. Comme une petite goutte d’eau. L’éternité, c’est très long, comme des millions d’océans. Cependant, cette petite goutte possède une grande influence sur l’éternité. Ainsi, il est important de se donner à fond pour Christ, sans perdre un seul instant. La vie est ainsi une course où chaque pas compte, chaque bouffée d’air. L’histoire peut commencer par le néant ou par un cœur de marbre, la gloire de Dieu reste le résultat final. La fin de notre histoire, c’est la gloire de Dieu. Sa gloire était là bien avant, et c’est par là que nous allons. Une petite goutte d’eau. C’est tout ce que l’on a pour se préparer pour l’éternité. Ne perdons pas une seconde. Dieu utilise chacune d’elles, ne les manquons pas. Courrons pour connaître Christ.

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Sixième partie : la présence ressentie de Dieu « Je demande à l'Éternel une chose, que je désire ardemment : je voudrais habiter toute ma vie dans la maison de l'Éternel, pour contempler la magnificence de l'Éternel et pour admirer son temple. » Psaume 27 :4

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16. La Prière « La prière agissante du juste a une grande efficacité » Jacques 5 : 16 « La prière est la première chose, le seconde, et la troisième chose nécessaire à un serviteur de Dieu. C’est pourquoi, mon cher frère : prie, prie, prie. » Edouard Payson

La Prière, ça marche ! S’il est une chose pour laquelle je serai toujours reconnaissant envers mes parents, c’est l’exemple de leur vie de prière. Leur fidélité et leur ferveur dans la prière m’ont montré au cours des années l’une des plus belles vérités de la Bible : la prière, ça marche ! La prière de l’homme juste, celle qui est fervente, est grandement efficace nous dit Jacques   : c’est le genre de prière qui marche. Nous venons juste de voir dans le dernier chapitre de ce livre que dans sa souveraineté Dieu a laissé l’homme responsable. Et cette responsabilité se traduit premièrement par la prière. La prière est indispensable pour une vie épanouie dans la gloire de Dieu. En effet, vivre de la gloire de Dieu n’est rien d’autre que vivre en communion avec Dieu. Dieu communique à l’homme au travers de sa présence, sa parole et ses œuvres. L’homme, lui, entre en communion avec Dieu au travers de la prière. PAGE 194 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Rien d’autre ne place l’homme dans une meilleure position face à Dieu que la prière. En effet, c’est le symbole de la foi, de la dépendance, de l’humilité, et d’un amour désintéressé. La prière, c’est de dire à Dieu : « Dieu ! Je ne peux pas le faire. Toi, fais-le, au travers de moi ! Non pas pour ma gloire, mais pour ta gloire.   » C’est tout simplement de demander à Dieu d’agir à notre place. C’est de communiquer à Dieu notre dépendance par l’humilité, en lui demandant de bien vouloir agir pour accomplir son œuvre sur cette terre. Luther consacrait les trois meilleures heures de la journée à la prière. Les résultats   ? Un des plus grands réveils de tous   les temps. Daniel se consacrait trois fois par jour à la prière. Les résultats ? Il avait plus de sagesse que tous les autres. Jésus passa des nuits entières dans la prière (Luc 6 :12). Les résultats ? La volonté de Dieu accomplie en perfection. Pensez-y une seconde.. Pensez-y une seconde. Connaissez-vous un seul réveil n’ayant pas commencé par la prière ? Connaissez-vous un seul homme de Dieu n’ayant été un homme de prière ? Par la prière, George Müller pourvut aux besoins de milliers d’orphelins. Son raisonnement était simple : « si Dieu est avec moi pour ce ministère, alors il touchera lui-même le cœur des gens en ce qui concerne les finances. » Sans jamais demander d’argent à qui que ce soit sauf à Dieu, cet homme prouva au monde la valeur de la prière. La prière, ça marche. En fait, sans la prière, rien ne marche. Dieu a choisi d’agir dans ce monde au travers des hommes. C’est comme cela qu’il PAGE 195 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


voulait que les choses se passent. Mais pour que l’homme reflète la gloire de Dieu, il doit y avoir dialogue. Dieu reste toujours les mains ouvertes, attendant de pouvoir partager ses dons et sa grâce à ceux qui les demandent. Les bénédictions de Dieu sont partagées aux hommes et femmes qui n’ont pas honte de se mettre à genoux ; à ceux qui n’ont pas honte de s’avouer inutiles et de combattre par les cris de leur foi afin de voir Dieu agir. Quelle est la dernière fois où vous avez consacré trois périodes de la journée pour vaquer à la prière ? Combien de temps passez-vous dans la prière chaque jour ? La gloire de Dieu qui se manifeste dans nos vies n’est que le reflet du sérieux de notre vie de prière. Quelqu’un qui se trouve près de Dieu est quelqu’un que Dieu utilise. Un mécanicien n’utiliserait-il pas en priorité les outils qui se trouvent à portée de main ? Il en est de même pour Dieu. L’homme qui vit de la foi est un homme de prière. Docteur Wong, probablement l’homme le plus humble et le plus pieux que j’ai jamais rencontré, disait dans un de ses messages : « Les gens ne prient pas parce qu’ils n’ont pas goûté à quel point Dieu est bon. » La prière, c’est tout simplement de donner des ailes à notre foi en demandant à Dieu d’être qui il est : un Dieu rempli de bonté et de fidélité.

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La prière : un combat John Piper écrivait : « Nous ne pouvons pas comprendre à quoi sert la prière sans premièrement réaliser que nous sommes en guerre. » Paul comparait la vie à une course, mais elle est aussi un combat contre des forces invisibles. Il écrivait : « Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.   » (Éphésiens 6:11-12). Ceci, je le réalisais plus pleinement l’été dernier lors d’une campagne d’évangélisation entreprise avec mon église. Pendant toute la durée de la campagne, le combat spirituel était évident. Cependant, je ne compris l’intensité de ce combat que suite à celle-ci lors de ma visite chez Lydia, une dame âgée de 41 ans. Lydia avait assisté à plusieurs de nos réunions et semblait très intéressée par l’évangile. Elle avait soif de vérité, et nous avions eu plusieurs bonnes discussions pendant la semaine. La veille de mon départ aux études, je la visitai avec un ami. Après quelques minutes de discussion, il était évident pour mon ami et moi-même que Lydia n’avait pas encore saisi l’évangile. Nous lui expliquâmes à nouveau. Elle nous répondit qu’elle voulait croire mais qu’elle n’en avait pas la force. Nous PAGE 197 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


commençâmes de parler de la foi dans les écritures, et puis le mot « combat » fut prononcé. A ce moment Lydia sauta sur ses pieds pour s’exclamer : « Oui, un combat ! C’est ce que je ressens ! » Mon ami et moi nous regardâmes l’un l’autre, puis nous lui demandâmes si elle avait fait de l’occultisme. Elle répondit que 22 ans auparavant elle avait eu certaines expériences et qu’une amie lui avait dit : « Lydia, dorénavant, tu auras de la compagnie. » Nous la conduisîmes de nouveau dans les écritures, puis entamâmes une prière. Près d’une minute pendant la prière, Lydia se mit à rire. Mais son rire n’était pas normal. C’était un rire fort, hystérique, dont le ton s’approchait de celui d’un homme. Tout d’un coup la pièce fut remplie d’une terrible oppression, comme si on venait d’assister à un meurtre. Nous redoublâmes de prière, puis après plusieurs minutes, le rire cessa. Peu après ces événements, Lydia était délivrée. Il existe de puissantes forces spirituelles contre lesquelles le chrétien doit combattre : Satan et ses légions. Ainsi, un croyant ne doit pas s’attendre à une vie calme et paisible. Non, nous sommes en guerre. L’ennemi est sans cesse en train d’essayer de gagner du terrain, en train de décevoir les nations afin de les mener vers la perdition. Satan, le roi du mensonge, mène une guerre sans relâche contre Dieu afin de pouvoir anéantir ses plans divins. Bien sûr, on connaît tous la fin de l’histoire, « car la victoire appartient à l'Éternel » (1 Samuel 17:47). Peu importe la puissance du diable et de ses PAGE 198 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


troupes, elles ne peuvent rivaliser contre Dieu. Cependant, pour l’instant, Dieu permet que le combat perdure. Et ainsi, en nous faisant participer à un combat spirituel, Dieu nous place dans une position qui testera et affermira notre foi pour nous préparer pour l’éternité. Pour combattre, le chrétien doit être bien équipé : avec la ceinture de la vérité, la cuirasse de la justice, les chaussures du zèle, le bouclier de la foi, le casque du salut, et finalement l’épée de l’Esprit qui est la parole de Dieu. Il est intéressant de remarquer que l’homme n’est doté que d’une seule arme offensive pour le combat : l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. Le seul moyen pour l’homme d’être actif dans ce combat est d’utiliser la parole de Dieu. Et comment manier cette épée ? En faisant «   en

tout

temps

par

l'Esprit

toutes

sortes

de

prières

et

de

supplications » (Éphésiens 6:18). Le seul moyen pour le croyant d’être victorieux dans ce combat spirituel est de prier avec le langage de la Bible. C’est de prier comme Dieu l’a demandé. Le vrai chrétien est premièrement un combattant. Jésus affirmait : « celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé » (Matthieu 24:13). Lorsque Paul décrivait son ministère il le faisant dans ces mêmes mots : « c'est à quoi je travaille,

en

combattant

avec

sa

force,

qui

agit

puissamment

en

moi » (Colossiens 1:29). La vie est un combat. Une personne qui ne s’en aperçoit pas est une personne qui n’a pas longtemps cherché la volonté de Dieu. Lorsqu’on cherche à accomplir la volonté de Dieu, il y a toujours de l’opposition. Ce n’est jamais facile. Il y a toujours des PAGE 199 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


combats. Et ces combats, ils doivent être vaincus par la prière, à l’exemple d’Epaphras : « Epaphras, qui est des vôtres, vous salue : serviteur de

Jésus

Christ,

il

ne

cesse

de

combattre

pour

vous

dans

ses

prières » (Colossiens 4:12). La seule arme du croyant est la prière. Pour porter du fruit pour Dieu il faut prier. Pour connaître les victoires de Dieu dans nos vies, nos églises, nos familles, nos villes, il faut prier. Et il faut le faire en combattant. La prière ce n’est pas facile. C’est tout le contraire. C’est inconfortable en pratique, difficile à comprendre en théorie. Et pourtant, la raison pour laquelle beaucoup de croyants vivent des vies faible d’intensité spirituelle est tout simplement parce qu’ils ne se sont pas appliqué à la prière   : «   Remets ton sort à l'Éternel, et il te soutiendra, il ne laissera jamais chanceler le juste   » (Psaume 55:23). Un ministère qui n’est pas soutenu par la prière est voué à l’échec. Une famille qui n’est pas entourée de prière ne pourra rester unie. Tout effort accompli sans la prière est vain. Mais avec la prière, c’est la victoire assurée : « Mettez-moi de la sorte à l'épreuve, dit l'Éternel des armées. Et vous verrez si je n'ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance. » (Malachie 3:10) De nombreux réveils ont commencé par des gens qui se mettaient à genoux. Allons-nous attendre la fin de notre vie pour lire toutes les PAGE 200 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


biographies des hommes et femmes de Dieu de notre génération ayant porté du fruit, ou allons-nous relever le défi d’être compté parmi eux ? Tout ce que nous avons besoin de dire est : « Pourquoi pas ! »

Comment prier ? « Comment prier efficacement ? Comment connaître la volonté de Dieu afin de prier correctement ? Pourquoi tant de mes prières restent-elles sans réponse ? » On se pose souvent ces questions. La réponse, c’est Paul qui nous la donnait dans le passage sur les armes du combattant. En effet, la prière efficace est celle accomplie au travers de l’épée de l’Esprit, au travers de la parole de Dieu. C’est au travers de cette parole que Dieu nous communique sa volonté   : «   ce que Dieu veut, c’est votre sanctification » (1 Thessaloniciens 4:3). La volonté de Dieu, dans une vue d’ensemble, c’est la sanctification de son Église, et c’est aussi ce à quoi il nous appelle à prier. Jésus nous a appris à prier, en faisant ainsi : « Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel   » (Matthieu 6:9-10). Comment le nom de Dieu peut-il être sanctifié   ? Par des gens sanctifiés qui vivent pour sa gloire. Que se passera-t-il lors du règne de Dieu ? L’Église sera enfin sanctifiée. Quelle est sa volonté ? Notre sanctification. C’est aussi ce que Paul priait dans ses lettres, à l’exemple de ce qu’on lit en Philippiens 1:9-11 : PAGE 201 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


« Et ce que je demande dans mes prières, c'est que votre amour augmente de plus en plus en connaissance et en pleine intelligence pour le discernement des choses les meilleures, afin que vous soyez purs et irréprochables pour le jour de Christ, du fruit de justice qui est par Jésus Christ, à la gloire et à la louange de Dieu. » Qu’est-ce que l’augmentation de l’amour, de la connaissance et du discernement des choses les meilleures, si ce n’est la sanctification du croyant ? Qu’est-ce qu’être pur et irréprochable pour le jour du Seigneur, si ce n’est être sanctifié ? La volonté de Dieu, c’est notre sanctification. Ainsi, ce que Dieu nous demande en premier est de prier pour notre sanctification et celle des gens qui nous entourent. C’est de prier pour de la croissance, pour une transformation de gloire en gloire à l’image de Jésus Christ. Bien sûr, cela ne veut pas dire que Dieu ne demande pas à ce que l’on prie aussi pour des sujets bien particuliers. Cependant, la chose la plus essentielle qui doit être accomplie au travers de la prière est l’intercession pour la sanctification. Cette sanctification se fait aussi au travers de l’expression des dons et des ministères de chacun, d’où l’importance de prier pour ceux qui sont impliqués dans ces choses. Paul demandait sans cesse aux gens de prier pour son ministère : « Priez pour moi, afin qu'il me soit donné, quand j'ouvre la bouche, de faire connaître hardiment et librement le mystère de PAGE 202 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


l'Évangile » (Éphésiens 6:19). Un ministère qui n’est pas soutenu par la prière est un ministère inutile et même nuisible, comme il est évident de constater dans bien des églises. Ce ne sont pas les programmes qui fonctionnent en termes d’éternité, mais bien les œuvres de Dieu. Un homme qui cherche à exercer un ministère sans être dépendant de la prière ne produira que des œuvres humaines dépourvues de gloire. Pour les choses moins concrètes, comme la guérison de quelqu’un ou la recherche d’un conjoint, Dieu nous donne aussi des indications : être proche de lui. À grande échelle, ce que Dieu veut c’est notre sanctification. Cependant, ceci se fait au travers de nombreuses circonstances variées dans lesquels certains choix peuvent être peu évidents. La solution reste celle-ci : « Fais de l’Eternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire » (Psaume 37:4). Face aux situations variées et diverses de la vie, le croyant ne peut pas toujours trouver noir sur blanc dans la Bible les réponses à ses questions. En restant proche de Dieu, près du cœur de Dieu, l’enfant de Dieu apprend à désirer les mêmes choses que son Père, et ainsi à prier selon sa volonté. Face à certaines situations, la prière du croyant est utile, mais elle reste un test de sa foi. La prière n’est pas une baguette magique. Elle ne sert pas à donner des ordres à Dieu. Son but est de mettre le croyant dans la bonne condition face à son Créateur, celle d’un être dépendant et humble. C’est aussi pour cela que Dieu ne répond pas toujours

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favorablement à certaines prières. Il nous demande de prier dans chaque circonstance, pas pour que notre volonté s’accomplisse mais la sienne. Je me souviendrais toujours d’une illustration donnée par un pasteur dont la femme était atteinte d’une grave maladie. Il priait : « Père céleste, je remets ma femme entre tes mains. Je sais que tu l’aimes plus que je ne l’aimerais jamais. C’est pour cela que je sais que quoi qu’il arrive, ta volonté reste la meilleure chose pour elle. J’aimerai qu’elle soit guérie, mais je ne prie pas pour sa guérison. Je prie pour que ta volonté s’accomplisse. Amen. » Quel exemple de foi ! Dieu veut que l’on remette nos plans entre ses mains. Il ne nous demande pas les instructions qui vont avec. Prier avec précision peut être utile, mais le plus important, c’est de vouloir se conformer aux désirs de Dieu. La femme de ce pasteur fut guérie de sa maladie par la suite. Cependant, même si Dieu avait voulu la reprendre, il savait que sa prière aurait quand même été exaucée. La prière reste un test de la foi. Elle fait partie du domaine de l’invisible ; mais aussi de l’éternel. C’est pour cela que la sanctification de l’Église doit rester une priorité dans la vie de prière. Prier pour que quelqu’un retrouve la bonne santé est une bonne chose, mais c’est une chose qui reste temporelle. La perspective que Dieu veut qu’on ait est aussi une perspective d’éternité. Ainsi, nous devons dans nos prières intercéder pour des choses aux conséquences éternelles, comme le salut des âmes et la sanctification. PAGE 204 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Une communion avec Dieu L’apôtre Paul écrivait aussi : « Priez sans cesse » (1 Thessaloniciens 5:17). Comment cela est-il possible ? En remettant tous nos plans à l’Eternel. Avez-vous prié Dieu avant de lire ce livre ? Aujourd’hui même, avant de l’ouvrir   ? Priez-vous avant d’envoyer des emails   ? En lavant la vaisselle ? Une fois de plus, la gloire de Dieu provient des œuvres de Dieu. Pas de celles des hommes. Ainsi, même une activité comme la vaisselle peut être source de gloire. Une personne qui fait la vaisselle en louant Dieu est une personne qui rend gloire à Dieu et qui porte du fruit pour la vie éternelle. Dieu ne veut pas que l’on vive une vie sans intensité. Chaque moment compte. Chaque moment est un don de l’Eternel. Chaque moment est une opportunité de partage de gloire. Mais lorsque Paul écrivait   «   priez sans cesse   », il ne pensait pas seulement à l’intercession. Non, la prière est une constante communion avec Dieu. C’est de penser à Dieu à chaque instant, de ne jamais l’oublier ou le mettre de côté. C’est de tout partager avec lui. La prière comprend aussi la louange, la repentance et la méditation de la parole. Elle possède tous les atouts pour un dialogue complet, pour une communion intense et continuelle. La gloire de Dieu est tout simplement Dieu. Pour vivre de la gloire de Dieu, il faut vivre avec Dieu. Il faut marcher avec lui. Et une marche, ça comprend tous les pas.

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La prière, ce n’est pas simplement la supplication. C’est aussi de regarder la nature et non de dire : « Que Dieu est grand ! » mais de dire : « Dieu, tu es grand. » C’est de regarder un papillon s’envoler dans toute sa beauté et de dire : « Merci papa » ; de faire la vaisselle en chantant ses louanges, de ranger les étagères en méditant sur sa parole. Dieu ne nous tourne jamais le dos : « si nous sommes infidèles, il demeure fidèle » (2 Timothée 2:13). Chaque instant est un don au travers duquel il veut nous partager sa présence. Chaque instant est une offre dans lequel le Créateur de l’univers, le Dieu Tout-Puissant, l’Amour, nous tend la main afin que nous puissions la saisir en criant   : «   Abba ! Père ! » (Romains 8 :15).

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17. L’Assemblée des Saints « Voici, oh ! qu'il est agréable, qu'il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! …Car c'est là que l'Éternel envoie la bénédiction, la vie, pour l'éternité. » Psaume 133:1,3

Obligés de Faire la Fête Moïse avait demandé à Dieu de lui faire voir sa gloire, et Dieu s’était révélé à lui par ses paroles, ses œuvres et une présence ressentie. Et lorsque Dieu décide de partager sa gloire, il continue de le faire au travers de ces trois méthodes. C’est pour cela, alors qu’il s’entretenait avec Moïse, qu’il ordonna : « Tu célébreras la fête des semaines, des prémices de la moisson du froment, et la fête de la récolte, à la fin de l'année. Trois fois par an, tous les mâles se présenteront devant le Seigneur, l'Éternel, Dieu d'Israël. » (Exode 34:22-23) Trois fois par an, Dieu voulait que le peuple se réunisse ensemble pour célébrer des fêtes en sa présence, qu’il « se présente devant le Seigneur. » Dieu voulait que le peuple continue de jouir de sa divine présence ressentie, et il allait le faire au travers de deux procédés   : le regroupement et la fête.

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Dieu avait obligé Israël à avoir des fêtes. Il voulait leur communiquer à quel point il était un Dieu joyeux, un Dieu que l’on célèbre, avec qui on se réjouit. La présence de Dieu ressentie restait cependant connue en Israël comme une source de réjouissance partagée. Les gens venaient de tout le pays dans l’attente de vivre quelque chose d’intense, de rafraîchissant, et de glorieux. Lorsque l’assemblée était réunie, Dieu était au milieu d’eux. Après que le voile ait été déchiré et que Dieu ait donné son Saint-Esprit à ses enfants, l’accès à sa présence ressentie devint continuel. Cependant, le rassemblement des saints donne toujours à cette présence une intensité unique   : là où joie et zèle éclatent sous leurs plus belles couleurs. L’œuvre de Dieu se fait sur un ensemble. Bien que cet ensemble soit constitué d’individus, la beauté   la plus complète reste présente

lorsque

ces

individus

partagent

ensemble

toutes

les

bénédictions de Dieu. Ainsi, l’assemblée des saints devrait être caractérisée par de la joie, par beaucoup de joie, et par le partage des bénédictions au travers des dons individuels. Nous pouvons être brisé de voir Dieu agir dans notre cœur, le transformant petit à petit malgré ses endurcissements. Mais combien grande est la joie, de voir la même chose s’effectuer dans nos frères et sœurs en Christ ! La gloire de Dieu est infinie. Mais si on en enlève le facteur de l’assemblée, alors on y perd énormément : « Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l'Éternel ! » (Psaume 122:1). PAGE 208 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


La communion fraternelle Dans les églises de culture occidentale, les cultes sont souvent très structurés. Le service commence par un ou deux chants pour réveiller l’assemblée, ensuite le culte est introduit, peut-être avec la lecture d’un passage, avant de faire place à d’autres chants entrecoupés par les annonces et les offrandes menant progressivement vers la prédication qui clôturera le service. En réalité, dans bien des assemblées cet ordre des choses est ancré avec une telle profondeur dans les mœurs qu’il serait difficile de changer quoi que ce soit. Et si le prédicateur s’avisait à dépasser de quelques minutes le temps de son message…attention ! Mais de son côté, la Bible ne nous donne pas beaucoup de renseignements sur la manière dont les choses étaient accomplies dans l’Église primitive et apostolique. La raison est simple : la forme et l’ordre dans lequel les réunions se passaient n’avaient que peu d’importance. Ce qui était important était d’être ensemble, de vivre la vie chrétienne ensemble et de grandir ensemble. Leur manière de voir les choses était bien différente de la nôtre. La spontanéité et le naturel étaient beaucoup plus importants que l’ordre dans lequel pouvait se dérouler leurs réunions. Les gens se réunissaient pour partager, non pas seulement pour recevoir. C’était pour eux une priorité, non pas un devoir pour apaiser leur conscience. En réalité, les premiers chrétiens de Jérusalem : « vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus PAGE 209 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur, louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Église ceux qui étaient sauvés. » (Actes 2 :45-47) La vraie chrétienté n’est pas forcément de tout vendre pour tout mettre en commun ; ceci n’était qu’une des nombreuses expressions du désir de ces croyants de partager la vie chrétienne au maximum les uns avec les autres ; ces gens étaient tellement zélés qu’ils se rendaient au temple tous les jours ! Cependant, la vraie vie chrétienne ne peut s’épanouir qu’au travers d’une communion fraternelle qui est riche et qui dépasse les simples réunions du dimanche. La spontanéité n’empêche par l’ordre. En parlant de l’expression des différents dons spirituels lors du rassemblement des saints, Paul disait : « Que tout se fasse avec bienséance et avec ordre » (1 Corinthiens 14:40). Ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir un culte structuré. Cependant cette structure doit pouvoir rester flexible. Personnellement, j’aime bien de temps en temps surprendre l’assemblée en commençant le culte par le message, avant de continuer par la louange. Pourquoi pas ? On veut finir par la prédication parce qu’on pense que c’est le plus important…mais au ciel, allons-nous entendre des messages, ou allons-nous louer Dieu ? La louange est importante et la prédication est importante. Mais la structure doit rester flexible. Ce qui est le plus important, c’est ce qui comptait pour les premiers chrétiens dans leurs réunions   : «   Ils PAGE 210 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières » (Actes 2 :42).

« L’enseignement des apôtres » L’une des raisons principale pour laquelle les croyants se rassemblaient était l’enseignement de la parole de Dieu. En effet, dans l’ordre des dons communiqués

de

Dieu

venait

premièrement

celui

d’apôtre,

deuxièmement celui de prophète et troisièmement celui d’enseignant (1 Corinthiens 12 :28). L’enseignement était ainsi primordial ; et l’est d’autant plus aujourd’hui. De bonnes prédications ont souvent été la source des plus grandes bénédictions que j’ai connues. L’effet de la parole de Dieu communiquée avec autorité par un homme rempli de l’Esprit est de grande ampleur. Un prédicateur qui prêche humblement la parole de Dieu en étant dépendant de l’Esprit portera beaucoup de fruit. Cependant, ce don demande aussi beaucoup de responsabilités ; car celui qui faillit à sa tâche devient la source de l’endurcissement et de l’aveuglement de beaucoup. C’est pourquoi Jacques disait : « Mes frères, qu'il n'y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement » (Jacques 3 :1). Un enseignant de la parole est comme un colonel qui donne des instructions à des soldats en première ligne. Si ses paroles sont bonnes, les soldats survivront, mais si elles sont mauvaises, alors il les mènera PAGE 211 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


droit vers leur ruine. De plus, l’important n’est pas simplement de communiquer la parole, mais de le faire par la puissance du Saint-Esprit. Même un message ne possédant aucune erreur doctrinale peut être nuisible s’il n’est pas prêché au travers de la puissance du Saint-Esprit. En effet, la Bible est une parole vivante. Pour pouvoir la communiquer, il faut d’abord la vivre.

« La Fraction du Pain » Comme nous l’avons vu dans la deuxième partie, le sacrifice de Jésus sur la croix définit la vie du croyant. C’est au travers de ce sacrifice qu’il est sauvé et qu’il peut connaître Dieu dans tout son amour. La vie du chrétien commence et continue au pied de la croix. Cette croix n’est pas simplement ce qui nous permet d’être en communion avec Dieu ; c’est aussi ce qui permet de le rester. C’est à la croix que pour la première fois Dieu nous apprenait à nous abandonner nous-mêmes pour lui demander d’agir ; c’est à cet endroit que dans l’humilité il nous apprenait à renoncer à nos vies pour les lui donner. C’est là que pour la première fois nous avouions que nous ne pouvions rien faire sans lui. Dieu ne veut pas que nous cessions de faire ces choses. La vie chrétienne continue de la même manière avec laquelle elle a commencé. Sans un retour constant à la croix, la vie chrétienne n’existe pas.

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Le sacrifice de Jésus à la croix est la source de notre gloire et notre espoir. Et cela, Jésus ne voulait pas que nous l’oubliions. C’est pour cela qu’il instaura la Sainte Cène la nuit avant sa mort. Il voulait que ses disciples puissent se rappeler le sacrifice qu’il s’apprêtait à faire afin d’y trouver la richesse de la vie. Sans méditer sur la croix et sur ce que Jésus accomplit pour nous, on ne peut pas connaître Dieu pleinement. La croix est une source

infinie

de

méditations,

une

fontaine

continuelle

de

rafraîchissement, le plus bel endroit où contempler les merveilles de Dieu. En prenant part à la table du Seigneur, à la Sainte Cène, Dieu nous permet de revivre avec nos frères et sœurs le moment où notre cœur fut brisé pour la première fois par la grâce de Dieu. Il nous permet de nous rappeler à quel point nous avons besoin de lui et à quel point son amour est grand. C’est un moment unique pour goûter encore à la douce grâce de Dieu et pour relier notre identité chrétienne dans l’assemblée des saints.

La louange Finalement, le rassemblement des saints est aussi un moment de prière. Et comme nous l’avons vu dans le dernier chapitre, cette prière comprend aussi la louange ; cette pratique où les croyants disent tout simplement merci à Dieu pour qui il est et ce qu’il fait.

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La louange est avant tout une réponse à Dieu. Lorsque Dieu agit et que l’homme croit, le résultat est la bénédiction. En effet, tout ce que Dieu fait est bon, agréable et parfait. Et donc, lorsque l’homme trouve satisfaction et bonheur en Dieu, il ne peut pas garder tout ça à l’intérieur. Il doit exprimer sa joie, il doit chanter, louer, remercier son Dieu et l’adorer. Dieu nous a créés de manière à ce que nous ne méritions rien. Ce n’est pas une mauvaise chose. Cela nous donne la capacité d’aimer ; et aussi de louer. Tout ce que nous méritons par nos propres œuvres est un ticket direct pour l’enfer. Tout le reste, c’est la grâce de Dieu. Chaque instant est un don de Dieu immérité. Et parce que nous ne méritons rien, tout ce que nous recevons trouve sa source en Dieu. C’est pour cela qu’il est digne de gloire et de louange. Puisque l’homme ne mérite rien, chaque instant est une nouvelle raison pour louer Dieu. Chaque circonstance de la vie est un don de Dieu. Ainsi, la louange de Dieu devrait être la réponse la plus naturelle et la plus normale que les croyants devraient avoir. D’ailleurs, le terme hébreu « alléluia » dans la Bible est un impératif, c’est un ordre de l’Eternel. Le mot signifie   : «   louez l’Eternel !   » La louange envers l’Eternel n’est pas facultative. C’est un commandement. Un pasteur prêchait dans un de ses messages sur les Psaumes : « Si tu es heureux, loue l’Eternel ! Et si tu n’es pas heureux, loue l’Eternel jusqu’à ce que tu le sois ! » PAGE 214 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Le résultat d’une vie consacrée à la gloire de Dieu est la joie. C’est celle qui est bénie des bénédictions divines, qui trouve satisfaction. La joie est une partie fondamentale de la vie chrétienne. Quelle perte d’échanger la joie du Seigneur contre nos plaintes inutiles ! Paul écrivait : « j'ai appris à être content de l'état où je me trouve » (Philippiens 4:11). Ce même Paul qui fut lapidé, battu, fouetté, méprisé et rejeté, affirmait pouvoir être satisfait peu importe la situation. Pourquoi ? Parce qu’il savait que tout ce qu’il méritait était l’enfer et que chaque moment était un don de Dieu. La louange, ce n’est pas de chanter une demi-douzaine de chants le dimanche matin. C’est un mode de vie. C’est quelque chose qui se fait «   sans cesse.   » Et ce n’est pas facultatif. Dieu veut que nous soyons joyeux. Et cela n’est possible qu’en étant en communion avec lui. Ceci n’est possible qu’en acceptant les différentes circonstances de la vie, quelles qu’elles soient, en y voyant un don de Dieu et en ayant un cœur reconnaissant. La louange, ce n’est qu’une manière de penser qui est différente. Nous n’avons pas beaucoup d’influence sur les circonstances de la vie. Mais nous pouvons les accepter avec joie, ou en nous plaindre. Quel choix semble le meilleur ? Quant à la louange dans l’assemblée de Dieu, elle reste une expérience unique dans lequel tout un corps se met en accord pour rendre honneur et gloire à Dieu. C’est un moment où toutes les louanges personnelles des gens cumulent leur intensité pour former un écho puissant à la gloire de Dieu. C’est un moment où toutes ces vies qui ont été bénies se PAGE 215 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


mettent en harmonie pour célébrer Dieu avec toute leur âme, toute leur force et tout leur cœur. Ce n’est pas simplement une pratique religieuse. C’est un passage dans la nuée. C’est l’expérience de l’unité du corps de Christ par l’œuvre du Saint-Esprit. C’est la joie des anges. C’est la présence ressentie du Dieu Tout-Puissant.

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18. L’Adoration « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. » Romains 12 : 1

Une Adoration Raisonnable Paul décrivait une adoration raisonnable comme l’offrande d’un être entier ; non pas l’offrande de belles paroles agréables à Dieu, mais le don de soi dans sa totalité. L’adoration pour Paul était un sacrifice vivant. C’était de mettre Dieu en premier dans chaque circonstance. L’homme a été créé pour être un adorateur. Il possède une âme, et le libre choix. Chaque décision qu’il prend est le reflet de ses priorités et de ses désirs. Chaque décision reflète qui est en premier dans son cœur. Peu importe ce qu’il fait, face à chaque circonstance l’homme doit décider de mettre Dieu en premier ou quelque chose d’autre. Pour Paul le choix était simple : aucun compromis, on se donne en entier à Dieu. Pourquoi existe-t-on ? Pour rendre gloire à Dieu. Comment rendre gloire à Dieu ? En vivant par sa puissance. Comment vivre de sa puissance ? En le mettant en premier. Il n’y a pas de secret. Si quelqu’un veut avoir une vie qui a un sens et qui porte du fruit, si quelqu’un veut vivre une

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vie intense et joyeuse, il faut que Dieu soit en premier. Il faut faire les choses pour lui et par sa puissance, et sans compromis. Cela n’est cependant pas facile. Comme nous le disions plus tôt dans ce livre, l’idée de sacrifice n’a jamais été populaire. C’est difficile de lâcher prise. C’est difficile d’abandonner les chemins que l’on trace pour notre vie lorsque ceux-ci semblent être les plus sûrs et les plus agréables. C’est difficile de dire : « Toi Seigneur ! » au lieu de « moi ! » En réalité, livrer nos corps comme sacrifices vivants pour Dieu est humainement impossible. C’est surnaturel. La seule manière de le faire est au travers de la grâce de Dieu et de la foi. Et c’est que toute la beauté de la vie se trouve dans son abondance. Je me souviens avoir lu ce verset lorsque j’étais plus jeune en pensant : « Je ne ferai jamais cela. Je veux bien suivre certains principes de la Bible, mais celui-là, non. C’est trop pour moi. » Je ne voulais pas me donner entièrement à Dieu. Je voulais vivre une vie de compromis. Mais par la grâce de Dieu, j’ai appris à penser différemment. « Le chrétien est celui qui parie sa vie que Christ a raison », disait un jour un prédicateur. Et si au lieu de faire des compromis, notre cri était : « Pourquoi pas ! » On n’a qu’une seule vie. Un seul pari. Il ne faut pas le rater. Jésus disait : « Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera » (Matthieu 10:39).

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Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour Christ ? Combien de nousmêmes sommes-nous prêts à donner pour sa cause ? Sommes-nous de vrais adorateurs ? La vraie beauté est en Dieu. La vraie joie est en Dieu. La vraie puissance est en Dieu. Le vrai amour, c’est Dieu. Le vrai bonheur, c’est en Dieu. Avec quoi sommes-nous prêts à faire des compromis ? Un fruit, comme Adam ? Il ne faut pas se leurrer. « Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l'Esprit moissonnera de l'Esprit la vie éternelle. Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. » (Galates 6:7-9)

L’idolâtrie Osée fut un prophète comme aucun autre. Il commença son ministère vers la moitié du VIIIe siècle avant JC, à l’époque où Jéroboam était roi du royaume d’Israël et Ozias roi de Juda. A l’époque, les deux royaumes avaient déjà été séparés depuis près de 200 ans. Et alors que le royaume du sud, celui de Juda, avait eu quelques bons rois, celui du nord, d’Israël, n’en eut aucun et s’était avancé progressivement dans de nombreuses pratiques idolâtres. Pour montrer à quel point le péché d’Israël peinait Dieu, celui-ci choisit Osée pour être différent. Dès les

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débuts de son ministère, il demanda à Osée d’épouser une femme qui deviendrait une prostituée. Dieu avait choisi Israël pour l’aimer comme une épouse. Il l’avait choisie pour qu’elle reçoive son amour comme aucune autre. Il l’avait choisie pour la rendre parfaite, pour la couvrir de beauté, pour la bénir de toutes sortes de bénédiction. Mais elle s’était rebellée. Elle s’était détournée de son Dieu. Elle s’était prostituée à d’autres dieux. Elle avait mis l’Eternel de côté. Elle avait été idolâtre. L’idolâtrie est beaucoup plus que de se prosterner devant des faux dieux. Comme Osée nous le fait comprendre, l’idolâtrie c’est de l’infidélité. C’est de mettre quelque chose avant Dieu. C’est de briser l’alliance établie avec Dieu pour commettre l’adultère contre lui. Et à chaque fois que l’on pèche, à chaque fois que l’on néglige de mettre Dieu en premier, c’est la douleur d’un homme dont la femme est adultère qui brûle le cœur de Dieu. Nos

sociétés

sont

remplies

d’idoles.

Paul

nous

disait

en

1 Corinthiens 10:7 : « Ne devenez point idolâtres, comme quelques-uns d'eux, selon qu'il est écrit : Le peuple s'assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour se divertir. » Dans le contexte de l’épître, Paul faisait allusion à l’incident du veau d’or. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’au lieu de mentionner le veau d’or, Paul mentionne les idoles d’Israël comme étant de manger, de boire, et de se divertir. Une idole, c’est tout ce qui passe avant Dieu, peu importe ce que ça peut être. Manger, boire et se divertir PAGE 220 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


sont de très bonnes choses. Cependant, si Dieu n’est pas en premier dans l’accomplissement de ces choses, elles deviennent des idoles. Notre but devrait être de vouloir plaire à Dieu en toute chose, de lui rendre gloire quoique nous fassions, même si c’est de manger ou de boire. Manger est une bonne chose, trop manger peut être une forme d’idolâtrie. Parler est une bonne chose, trop parler peut être une idole. Dormir est une bonne chose, trop dormir peut être une idole. Dieu nous appelle à être fidèle en toute chose, petite ou grande. Il nous appelle à ne plus vivre pour nous-mêmes mais pour lui. Il nous demande de mourir à nous-mêmes pour le laisser vivre en nous. Et de faire cela en tout temps. Sans compromis. Chaque péché n’est rien de moins qu’un adultère qui brise le cœur d’un Dieu qui ne cherche qu’à nous aimer. Mais Dieu reste fidèle malgré tout : « si nous le renions, lui aussi nous reniera ; si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier luimême  » (2 Timothée 2:12-13). C’est difficile d’être parfait. C’est même impossible. Et Dieu sait bien que malgré notre bonne volonté nous péchons quand même. Mais même si Dieu veut qu’on haïsse le péché, il ne veut pas qu’on se décourage. C’est pour cela que ce qui compte pour lui

pour

l’instant

n’est

pas

notre

perfection,

mais

notre

perfectionnement. Les erreurs vont toujours être sur notre chemin. À nous de les utiliser pour notre croissance.

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Victoire et Tentations Mettre Dieu en premier n’est pas toujours facile. En réalité, nous sommes constamment attaqués sur trois fronts par les tentations de la chair, du monde, et de Satan. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il existe une personne qui a traversé le même chemin que le nôtre et qui est en sorti victorieux. Son nom est Jésus. Non seulement la mort de Jésus nous donne la victoire sur la mort, mais sa vie est aussi l’exemple parfait de la victoire. « En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu'il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l'expiation des péchés du peuple ; car, ayant été tenté lui-même dans

ce

qu'il

a

souffert,

il

peut

secourir

ceux

qui

sont

tentés. » (Hébreux 2:17-18) Jésus fut tenté des mêmes manières que nous. On sait qu’il avait quatre frères et au moins deux sœurs. Il dut travailler. Il vécut une vie dont les circonstances se rapprochent beaucoup des nôtres. Les occasions pour pécher, faillir et ne pas mettre Dieu en premier n’ont pas manquées. Et pourtant, il a été victorieux. Même dans les pires moments. Les trois tentations Suite à son baptême par Jean Baptiste, Jésus se rendit dans le désert pendant quarante jours afin de jeûner. Jésus ne s’était pas fait baptiser pour se repentir de ses péchés comme les autres gens, mais pour une PAGE 222 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


raison bien différente. Il voulait s’identifier à la race humaine ; une race sous la colère de Dieu. Il voulait s’identifier à Adam et à Israël, qui tous deux avaient failli. Suite à cela, il lui restait encore une étape à accomplir avant de pouvoir commencer son ministère : passer le test auquel Adam et Israël avaient échoué. Adam avait été tenté dans le jardin et avait succombé. Israël avait été tenté dans le désert et avait péché. Maintenant, c’était au tour de Jésus de passer le test. Et s’il réussissait, il deviendrait non seulement le nouvel Adam, mais aussi le nouvel Israël. Et lorsque Jésus fut tenté, il était dans les pires conditions que l’on puisse imaginer. Il était faible, il venait de jeûner pendant quarante jours sans manger ni boire. On devine qu’il n’avait certainement pas beaucoup dormi non plus, étant dans un désert. Pour Satan, c’était le moment idéal, celui de passer à l’action. Cet homme qui n’avait encore jamais péché allait bientôt connaître les tentations les plus difficiles jamais imaginées. 1ère tentation « Le tentateur, s'étant approché, lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit : Il est écrit : L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4:3)

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Pour bien comprendre l’amplitude des tentations auxquelles Jésus fit face dans ce désert, il faut les mettre en contexte et saisir comment elles l’affectèrent personnellement. Venant sur terre, Jésus était à la fois parfaitement humain et parfaitement Dieu. Deux natures dans la même personne. D’un côté il avait tous les attributs de Dieu, sa sainteté, son omnipotence, son omniscience, son omniprésence ; et de l’autre il devait surmonter les mêmes limites que n’importe quel autre humain, telle que la fatigue, la faim, la soif et même l’ignorance. Deux passages illustrent particulièrement bien ceci. En Jean 11, juste avant de ressusciter Lazare, Jésus fait cette grande déclaration : «   Je suis   la résurrection et la vie   » (11:40), mais peu avant, il posait cette question : « Où est la tombe ? » (11:34). Au chapitre 4 du même évangile il déclare à la femme samaritaine : « celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle » (4:14) ; mais juste avant, c’était lui qui demandait à boire. En effet, Jésus était réellement parfaitement Dieu et parfaitement homme. Maintenant, il est vrai que la plupart d’entre nous ne sommes pas souvent tentés à changer des pierres en pain. En réalité, cela ne semble pas très tentant. Mais pas pour Jésus. Jésus avait tous les pouvoirs de Dieu. Il aurait pu les utiliser n’importe quand. Mais jamais il n’agit sans se soumettre au Père. Il n’utilisa jamais ses propres pouvoirs pour son propre bénéfice. Et c’est là que Satan fut rusé. Imaginez avoir tous les PAGE 224 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


pouvoirs de Dieu. À chaque fois que vous avez faim, vous créez de la nourriture. Lorsque vous vous fatiguez, vous vous rechargez. Vous pouvez arrêter toutes les guerres sur la terre, pourvoir aux besoins de tous les orphelins, détruire toutes les maladies. Jésus avait ces pouvoirs là. Mais il ne les utilisa pas. « existant en forme de Dieu, n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix. » (Philippiens 2:6-8) Jésus se dépouilla. Il décida de ne rien faire sans être dépendant de Dieu et de son Esprit. Il était complètement soumis à la volonté de Dieu. Jésus avait totalement abandonné son ciel pour venir sur terre, et rien ne pourrait le faire changer d’avis. En utilisant la parole de Dieu, Jésus reprit Satan, et surmonta la première tentation. 2ème tentation « Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple, et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; et ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Jésus lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. » (Matthieu 4:5-7)

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Satan apprend vite. Jésus s’était défendu en utilisant la parole. Alors Satan allait l’attaquer en utilisant lui aussi la parole pour le manipuler. Et alors il le mène en haut du temple et lui demande de sauter. Encore, une fois, il faut comprendre le contexte pour saisir l’amplitude de la tentation. Premièrement, le temple était en haut d’une colline. De son toit, c’était toute la ville de Jérusalem qui pouvait être observée. Et Jérusalem n’était pas n’importe quelle ville. C’était la citée choisie. Pour Jésus, le Messie, cela avait d’autant plus de signification. Jérusalem, c’est la ville du Roi. C’est la ville dans laquelle les plus grands événements de l’histoire d’Israël ont eu lieu. Imaginez Jésus contemplant cette ville. Sa ville. À ce moment, il devait probablement ressentir de fortes émotions. Jésus avait accompli son ministère principalement en Galilée et autour de Capernaüm. Et lorsque les villes des environs le rejetèrent, il prononça de violentes malédictions contre elles. Mais en ce qui concerne Jérusalem, Jésus avait pleuré plusieurs fois pour elle. Maintenant, imaginez Jésus en haut du temple ; d’un temple rempli de gens adorant Dieu, priant, et se rappelant les promesses de Dieu concernant un messie. Imaginez que tout d’un coup Jésus saute, et que des anges descendent du ciel et le posent paisiblement sur la terre. Imaginez la réaction des gens. Ils sont en train de prier, et tout d’un coup, un homme tombe du ciel étant porté par des anges. Ils se rappellent le Psaume 91, dont Satan cita un verset, et sans tarder PAGE 226 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


proclament Jésus comme messie ! Sans le moindre effort, en obéissant à Satan, Jésus pouvait obtenir la couronne et le trône qu’il méritait. Jésus savait que son ministère sur terre allait être difficile. Il savait qu’il allait être rejeté par son peuple et crucifié dans sa propre ville. L’implication de la tentation de Satan était simple : il pouvait commencer un ministère qui le mènerait à la croix du calvaire, ou devenir roi tout de suite sans jamais avoir à souffrir. Jésus connaissait très bien les souffrances qui l’attendaient. Il savait quelle était l’intensité des douleurs qui allaient venir. Il savait qu’il allait être rejeté. Il devait faire un choix : gloire immédiate, ou souffrances à attendre. Il choisit la souffrance. Il choisit d’abandonner son corps complètement. Et en citant à nouveau le livre de Deutéronome, il reprit Satan et vainquit la seconde tentation. 3ème tentation « Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit : Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores. Jésus lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » (Matthieu 4:8-10) Maintenant la dernière tentation, et certainement la plus difficile. Cette fois-ci Satan ne promet pas seulement Israël à Jésus, mais la terre entière. L’Egypte, l’Empire Romain, la Chine ; toute la richesse de la terre et ses plaisirs. Ce monde, Jésus le mérite. Il fut créé pour lui. Il lui appartient PAGE 227 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


de droit. En le lui proposant, Satan lui offre un raccourci. Celui de pouvoir être maître du monde sans pour autant monter sur la croix. Jésus avait vécu près de trente ans sachant que chaque jour le menait de plus en plus près du supplice. Il allait devoir prendre sur lui le poids du péché. Le poids horrible et infini de millions de péché. Il allait être maudit sur le bois. On voit dans le jardin de Gethsémani son agonie face à ses souffrances. Mais encore une fois, face à la tentation, Jésus cite la Bible et repousse Satan. Conclusion La nuit avant sa mort, Jésus dit à ses disciples : «   Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde » (Jean 16:33). Jésus dut faire face aux pires tentations. Satan ne voulait pas le laisser mettre Dieu en premier dans sa vie. De même, il ne veut pas que nous connaissions une vie de victoire face à la tentation et que nous profitions d’une relation pleine et bénie en Dieu. Mais Jésus a vaincu le monde. Aucune tentation de fut trop difficile pour lui. Et il nous a laissé son Esprit. En son nom, nous avons la même puissance qui lui donna la victoire. Paul écrivait : « Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter   » (1   Corinthiens 10:13). Avec Christ, nous pouvons vivre une vie de victoire. Nous pouvons surmonter les PAGE 228 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


tentations, peu importe ce qu’elles sont, et être de vrais adorateurs de Dieu. Jésus disait à la femme Samaritaine : « Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande » (Jean 4:23). Jésus nous a laissé un exemple de quelqu’un qui vivait en étant complètement dépendant du Saint-Esprit et n’utilisant comme seule arme que la parole de Dieu, qui est la vérité. Pour être un vrai adorateur de Dieu, il faut imiter l’exemple que Christ nous a donné. Vivre par l’Esprit, en se nourrissant de la parole de Dieu et en la brandissant avec efficacité peu importe les situations. C’est le seul moyen de pouvoir adorer Dieu en esprit et en vérité et ainsi vivre une vie qui donne gloire à son nom.

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SEPTIÈME PARTIE : UN MONDE POUR CHRIST « Vais-je changer le monde ? Probablement pas. Mais je vais sûrement mourir en essayant. » Francis Chan

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19. Passion pour Christ « Connaissons, cherchons à connaître l'Éternel ; sa venue est aussi certaine que celle de l'aurore. Il viendra pour nous comme la pluie, comme la pluie du printemps qui arrose la terre. » Osée 6:3

La Passion du Père La passion de Dieu le Père, c’est Dieu le Fils. C’est ce qu’il chérit, ce en quoi il trouve satisfaction. Le Père est passionné du Fils. Il vit pour son Fils, agit pour son Fils, parle pour son Fils, aime pour son Fils. Le monde qu’il a créé, il l’a créé pour son Fils ; un monde entier, parce qu’il aimait son Fils. L’histoire de l’humanité, c’est avant tout une histoire d’amour entre un père et un fils. Et lorsqu’on apprend à connaître Dieu et ses plans, que l’on plonge dans cette histoire, ce qui en résulte est une harmonie avec son cœur divin. Et lorsque le cœur de Dieu est partagé, ce qui en émane est un amour infini pour la personne de Jésus-Christ. Ce monde a été créé pour Christ, il est sanctifié pour Christ et à la fin sera offert à Christ. Tout est centré sur Christ. C’est comme cela que le Père voulait les choses lorsqu’il les a faites apparaître ; parce qu’il aimait son Fils. Ce monde n’est qu’un épisode reflétant l’amour existant au sein de la trinité. Mais quel épisode ! Celui où le Père écrit la plus belle histoire jamais conçue, où du

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néant puis de poussière naît un monde puis une « épouse » à l’image même de la divinité. Et cette «   épouse   » que Dieu prépare fait partie de l’Histoire dans laquelle l’attention est portée sur Christ. Dieu a créé l’humanité pour Christ. Et partageant sa gloire avec l’homme, il lui partage un cœur qui est passionné pour Christ, qui aime Christ et qui vit pour lui. La motivation du chrétien n’est pas une religion. Ce ne sont pas des obligations ou des fardeaux, ni des traditions humaines. C’est une personne. C’est Jésus-Christ. La vie chrétienne épanouie est celle où la motivation est Christ. C’est celle où on n’accomplit pas les choses par obligation ou en réponse à une conscience qui condamne, mais tout simplement par amour pour Christ et naturellement. La passion du Père est aussi un désir d’unité. C’est pour cela que lorsqu’il crée le monde, il le fait au travers du Fils et pour le Fils, cherchant à agir en Christ. Et c’est là où la richesse de Dieu se trouve. En Christ. En demeurant en Christ, la gloire de Dieu est manifestée, révélée, et imitée par des œuvres d’amour. Ainsi Jésus disait : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. Si vous portez beaucoup de fruit, c'est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. Comme le Père

m'a

aimé,

je

vous

ai

aussi

aimés.

Demeurez

dans

amour. » (Jean 15:7-9) PAGE 232 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR

mon


En Christ on trouve gloire, joie et amour. Tout ce qui est nécessaire au bonheur et à l’épanouissement. Mais cela ne peut être accompli sans être dépendant de Christ au travers d’une relation personnelle active. Être en Christ, c’est dépendre de Christ, obéir à ses commandements. Dieu a conçu l’homme pour refléter au maximum son image. La dépendance fait aussi partie de cette image. Il n’y a qu’à regarder la trinité, où tout est accompli par interdépendance. Le Saint-Esprit n’agit jamais sans être dépendant du Père et du Fils. Le Fils n’agit jamais sans être dépendant du Père. Le Père n’agit jamais seul non plus. Au contraire, tout est partagé. Et c’est ça l’amour. C’est le partage créant une unité profonde. Et c’est ce qu’est la gloire de Dieu. C’est lorsqu’on s’oublie soi-même pour vivre dans l’unité de Dieu au travers de la dépendance. C’est de tout faire en étant dépendant de la puissance du Saint-Esprit, de la Parole de Christ et de la volonté du Père. C’est de s’abandonner pour entrer dans le cœur de Dieu. C’est de partager ce que Dieu est. Le message de l’évangile est simple : on obtient Dieu. Ni plus ni moins. Le message de la Bible, c’est une relation personnelle avec Dieu. C’est apprendre à connaître un Dieu trinitaire dans toute sa gloire ; être soumis au Père et passionné pour Christ. Le chrétien obtient bien plus que des dons lorsque Dieu le bénit. Il obtient une personne : Jésus. La vraie richesse de la vie du chrétien, c’est une relation personnelle avec la source de tous les dons spirituels. C’est de connaître Christ. PAGE 233 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


La raison pour laquelle Dieu envoya son Fils ne fut pas simplement pour nous délivrer de l’enfer. Ce n’était pas non plus pour nous donner une vie bénie spirituellement sur cette terre. Ce n’était pas simplement pour nous donner l’accès au paradis. Le cadeau de la croix, c’était Jésus Christ. Une personne. Dieu lui-même. C’était avant tout pour sa propre gloire. C’était pour nous faire participer à cette relation d’amour entre Père et Fils. Pour nous révéler sa personne. Pour nous rendre participants à sa gloire. Bien sûr, la délivrance, la bénédiction et la vie éternelle sont des aspects de ce que l’on obtient en Jésus. Mais le vrai cadeau, c’est tout simplement Jésus, comme il le dit lui-même « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jean 17:3). Pourquoi désirons-nous aller au ciel   ? Est-ce pour être délivrés de la souffrance ? Est-ce pour vivre une vie sans soucis ? Pour avoir des corps parfaits   ? Pour pouvoir chanter juste ou avoir un sens de l’humour décent ? « Voudriez-vous aller au ciel si Christ n’y était pas ? » questionnait John Piper. Si toutes les bénédictions de Dieu étaient au ciel mais que Christ n’y était pas, voudriez-vous quand même y aller ? Le cadeau de Dieu pour l’humanité, c’était Christ. Et c’est le cadeau de l’éternité. La vie abondante du croyant, c’est d’être passionné de Christ. D’être motivé non pas par des lois ou des commandements, mais par de l’amour pour Jésus. C’est de suivre Jésus par amour. De vouloir obéir à PAGE 234 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


ses enseignements non pas parce que c’est la chose à faire, mais parce qu’on l’aime. Aimez-vous Christ ? Est-ce que Christ est votre motivation ? Vivre pour la gloire de Dieu, c’est partager le cœur de Dieu. Et le cœur du Père, c’est un cœur passionné pour son Fils. Sans être passionné pour la personne de Jésus-Christ, il n’y a pas de part à la gloire de Dieu.

Son Retour La passion des chrétiens pour Christ est aussi la raison pour laquelle ils désirent son retour. C’est difficile d’être séparé de quelqu’un qu’on aime. Il est vrai que Jésus est avec nous. Cependant le péché reste présent et nous empêche de connaître la plénitude de Dieu. Jusqu’à ce que Jésus revienne ou à notre mort, il nous est impossible de pouvoir connaître son amour pleinement. C’est pour cela que la promesse du retour de Christ est l’une des plus grandes motivations que nous puissions avoir : « Connaissons, cherchons à connaître l'Éternel ; sa venue est aussi certaine que celle de l'aurore. Il viendra pour nous comme la pluie, comme la pluie du printemps qui arrose la terre. » (Osée 6:3). La gloire de Dieu, c’est sa présence. Notre espérance, c’est de pouvoir être pleinement dans cette présence au retour de Christ. Être enfin avec Dieu sans que rien ne puisse nous empêcher de lui exprimer notre amour.

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Cependant, avant que Christ ne revienne, « il faut premièrement que la bonne nouvelle soit prêchée à toutes les nations. » (Marc 13:10). Dieu a des plans pour l’ère de l’Église. C’est de propager l’évangile dans le monde entier, afin d’offrir à son Fils une « épouse » formée d’hommes « de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue » (Apocalypse 7:9). Un cadeau sans pareil. L’année dernière j’ai eu la joie d’assister les étudiants internationaux de mon école. De temps en temps nous avions des moments de louange. Et lorsque nos chants s’élevaient ensemble, et que Dieu entendait l’écho du cœur de gens de tous les continents, nous savions que nous partagions déjà les bénédictions de l’éternité. Notre louange avait un goût spécial. Une intensité unique. On pouvait voir comment la diversité apportait de la richesse. Elle offrait un parfum de bonne odeur à Dieu. Le genre de parfum qu’il offrira un jour à son Fils. Ceci fait aussi partie du plan du Père pour son Fils. Une « épouse » marquée par l’unité dans la diversité. Imaginez un orchestre avec uniquement des triangles. Maintenant imaginez un orchestre de millions d’instruments différents jouant ensemble dans une harmonie parfaite. C’est ce dernier effet que le Père voulait produire pour son Fils. Un orchestre majestueux de millions et de millions d’âmes aux sons différents se joignant pour interpréter ensemble un même cantique. Ainsi, notre passion pour Christ, lorsqu’elle reflète le cœur du Père, devrait être alimentée par un désir d’aller vers les nations pour PAGE 236 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


proclamer son nom. Par amour pour Christ, nous devrions être motivés de sorte à nous investir pour que l’évangile avance et soit proclamé à ceux qui ne le connaissent pas. Et ainsi, Christ reviendra, et nous serons avec lui pour l’éternité. Dieu nous partage sa gloire. Il nous utilise. Il utilise nos œuvres. A tel point que le retour de son Fils ne pourra pas s’effectuer avant que le monde entier n’entende la proclamation de sa parole par ses enfants. Dieu veut que nous aimions son Fils. Et l’amour est un choix. Ceux qui aiment réellement Dieu sont ceux qui choisissent de le faire. Ce sont ceux qui acceptent de le suivre et qui montrent leur amour en remplissant la mission qu’il nous a donnée.

Vivre avec Passion Plus on aime Christ, plus on vit avec passion. Que ce soit louer Dieu, lire la parole, travailler, proclamer l’évangile, parler, servir, écouter ; par amour pour Christ, tout ce que l’on fait, même les choses les plus simples de la vie, peut être accompli de manière passionnée. La gloire de Dieu peut être expérimentée à chaque instant. Et pour cela la motivation reste Christ. Aimons-nous Jésus dans notre travail ? Aimons-nous Jésus dans notre famille ? Aimons-nous Jésus dans notre église ? Le Père a créé le monde pour que Jésus soit premier en tout, qu’il soit le centre et l’accomplissement de toute chose : PAGE 237 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


« Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. Il est la tête du corps de l'Église ; il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, afin d'être en tout le premier. Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui. » (Colossiens 1:16-19) Christ doit être en premier dans notre vie, car c’est là que le Père l’a placé. Chaque instant de la vie est une occasion de voir la main de Dieu et de goûter à sa gloire en croyant et en aimant Christ en retour. Dieu désire que nous aimions son Fils. C’est là sa volonté. C’est son plan pour l’humanité. Il existe aussi une pratique biblique exprimant la passion du croyant, et celle-ci s’appelle le jeûne. Jésus disait à propos de ses disciples : « les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, alors ils jeûneront en ces jourslà. » (Luc 5:35). Jésus a quitté la terre, et jusqu’à son retour, ses disciples jeûneront. Lorsqu’un chrétien est passionné de Christ, il désire voir son nom honoré. Il désire le voir élevé et glorifié. Il désire son retour. Même aux dépends du sommeil et de la nourriture. Le jeûne, c’est l’affirmation que Christ est supérieur à tout le reste. C’est d’être prêt à échanger une soirée avec des amis pour se consacrer à la prière, de se lever tôt pour méditer sur la parole. C’est d’être passionné pour Christ au-dessus de toute autre chose. PAGE 238 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Quelle est la dernière fois où nous avons jeûné pour que Christ revienne ? Quelle est la dernière fois où nous avons jeûné pour que notre église soit sanctifiée ? Pour que notre famille reste unie ? Pour que notre ministère porte du fruit ? Pour le salut des âmes ? Quelles sont nos priorités ? Christ est la raison de ce monde. Il peut exister de nombreuses questions, pour la plupart il n’existe qu’Une seule réponse : Jésus-Christ.

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20. La Mission « Jésus, s'étant approché, leur parla ainsi   : Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » Matthieu 28 :18-20

Toutes les Nations Avant de quitter cette terre, Jésus donna une mission à ses disciples. Celle d’aller par toute la terre faire des disciples. Jésus avait fait connaître au monde la gloire de Dieu. Il avait fait des miracles, il était la Parole incarnée, et la présence ressentie de Dieu demeurait en lui. Sa mission pour ses disciples, c’était qu’ils fassent la même chose. Qu’ils révèlent à leur tour la gloire de Dieu aux nations. Il n’y a rien de plus grand que la gloire de Dieu, et il n’existe pas de plus grand appel que de faire connaître cette gloire. Et c’est ça la mission donnée aux croyants. De glorifier Dieu en le faisant connaître à ceux qui ne le connaissent pas et en le faisant connaître davantage à ses disciples ; de faire de nouveaux disciples et de les former à l’image du modèle parfait qui est Jésus.

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La gloire de Dieu est quelque chose qui englobe chaque instant, chaque circonstance et toute la terre. C’est cette histoire qui ne néglige aucun des détails existant depuis la fondation du monde. C’est pour cela que la vision de Dieu concernant sa gloire a toujours été de la répandre vers toutes les nations. C’est aussi cette vision que Dieu avait en choisissant Abraham et Israël. On se rappelle de la promesse faite à Abraham : « Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité » (Genèse 22:18). Si Dieu s’était choisi un peuple, ce n’était pas pour mettre les autres à l’écart, mais au contraire pour les attirer vers sa gloire au travers de celui-ci. Ce n’est pas pour rien que Dieu a placé Israël au centre du monde, entre trois continents. Pendant l’antiquité, les plus grands royaumes se trouvaient du côté de l’Egypte et de la Mésopotamie. Soit au sud d’Israël ou soit au nord. Et le seul moyen de pouvoir aller d’un royaume à l’autre était de passer par le pays d’Israël. Tous les trafiquants, marchands et toutes les armées devaient y faire route. A l’ouest était la mer, à l’est les déserts, et au centre Israël. Ils n’avaient aucun autre choix que de passer au milieu du peuple que Dieu avait choisi. Dieu avait fait les choses ainsi afin de pouvoir révéler sa gloire sur toute la terre. Ceci était dans ses plans depuis le début : « Il dit : C'est peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et pour ramener les restes d'Israël : Je t'établis pour être la lumière des nations, pour porter mon salut jusqu'aux extrémités de la terre. » (Esaïe 49:6) PAGE 241 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


« Je connais leurs œuvres et leurs pensées. Le temps est venu de rassembler toutes les nations et toutes les langues ; elles viendront et verront ma gloire. » (Esaïe 66:18) « Que Dieu ait pitié de nous et qu'il nous bénisse, qu'il fasse luire sur nous sa face. Afin que l'on connaisse sur la terre ta voie, et parmi toutes les nations ton salut ! » (Psaume 47:2) «   Racontez parmi les nations sa gloire, parmi tous les peuples ses merveilles ! » (Psaume 96:3) Le message de l’Ancien Testament était : « Venez ! » Celui du Nouveau est : « Allez ! » Cependant le but de Dieu reste le même : faire de toutes les nations des adorateurs qui prennent part à sa gloire.

Le Salut des Ames Dieu veut sauver des gens de toute nation et de toute langue, de toute tribu et de tout peuple. Et il va le faire. Jésus disait à ses disciples : « La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers » (Matthieu 9:37). Ceci est plus qu’un fait, c’est une promesse. Le salut vient de Dieu, c’est un don de sa part. Et ce don, il souhaite le donner à beaucoup. À des millions et des millions de gens. C’est ce que nous lisons dans l’Apocalypse. Dieu n’a pas donné à son Fils le nom de « Jésus », « salut de Dieu », pour rien. Le nom de Jésus est un nom puissant qui sauve des vies. C’est le nom sous lequel «   tout pouvoir a été donné dans le ciel et sur la PAGE 242 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


terre » (Matthieu 28:18). C’est un nom qui a sauvé, qui sauve, et qui sauvera encore. Et c’est un nom qui est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Les âmes que Dieu veut sauver sont nombreuses. La moisson est grande. Elle n’est pas petite. Et il veut nous utiliser pour cela. Autour de nous, dans notre voisinage, dans notre travail, dans nos activités, existent des personnes choisies d’avance par Dieu pour le salut éternel. Et Dieu n’attend qu’une chose, c’est que l’évangile leur soit annoncé pour pouvoir les sauver. La moisson est grande. Le croyons-nous ? Croyonsnous que Dieu sauve encore, et qu’il a le pouvoir de le faire abondamment ? Croyons-nous que Dieu veut nous utiliser pour cette œuvre ? Jésus disait   : «   Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main  » (Jean 10:27-28). Jésus a des brebis égarées qui attendent d’entendre sa voix pour le suivre. Elles existent autour de nous. Dieu les a placées autour de nous, et partout dans le monde. A nous de les trouver et de les lui ramener. « Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler   ? Et comment en entendront-ils parler, s'il n'y a personne qui prêche ? » (Romains 10:14)

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Le salut n’est accessible que par la parole de Dieu, par la voix du bon berger. C’est cette parole qui donne la vie, qui transforme, crée, fait croître et embellit. La parole de Dieu est bien plus qu’un ensemble de concepts et d’histoires. C’est une puissance. On peut passer des heures à argumenter avec les gens pour prouver un point de vue. Cependant, ce n’est pas cela qui transforme. La puissance pour la conversion, c’est tout simplement la parole de Dieu. Bien sûr il est nécessaire de pouvoir défendre notre foi en toute circonstance (1 Pierre 3:15). Cependant, le pouvoir de transformation ne peut être effectué que par l’Esprit Saint qui agit au travers de la parole de Dieu. Et dans tout cela, notre arme est l’amour, la compassion, comme celle que Jésus éprouvait : « Voyant la foule, il fut ému de compassion pour elle, parce qu'elle était languissante et abattue, comme des brebis qui n'ont point de berger » (Matthieu 9:36). Le cœur de Dieu est un cœur qui désire sauver un monde perdu, et à tel point qu’il a donné à son Fils le nom de « salut de Dieu. » Dieu a une passion pour les âmes perdues. Il les aime. Il veut les ramener. Ainsi, de vivre en communion avec Dieu et pour sa gloire il résulte une passion pour les âmes égarées. On ne peut pas aimer Dieu et ne pas se soucier des gens qui sont en route pour l’enfer et la perdition éternelle. On ne peut pas aimer Dieu et ne pas désirer que ceux qui ne le connaissent pas se repentent pour entrer en communion avec lui. Dieu possède une compassion pour les âmes, et il souhaite nous la faire partager.

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Les bonnes œuvres Jacques écrivait : « La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde » (Jacques 1:27). La parole de Dieu est une parole vivante. Et lorsque les enfants de Dieu en sont imprégnés, ils deviennent à leur tour porteur de cette parole vivante. Connaître la Bible par cœur ne fait pas de quelqu’un un homme de Dieu. Pour que la parole de Dieu soit efficace, il faut qu’elle soit vivante, active, agissante. Il existe de nombreuses sectes et religions qui utilisent la Bible ou une grande partie de celle-ci. Mais ceci ne suffit pas. Sans la vie de l’Esprit de Dieu, cette parole reste morte. Et l’Esprit de Dieu, c’est celui qui pousse les chrétiens à aimer et à servir ceux qui sont dans le besoin. Jésus n’a pas dit   : «   Ils connaîtront que vous êtes mes disciples par l’efficacité de vos méthodes de persuasion. » Au contraire, il a dit : « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jean 13:35). Dieu veut que l’on cherche sa gloire. Pas la nôtre. Et cette gloire c’est d’aimer tout le monde, peu importe les circonstances et les situations. Glorifier Dieu, c’est aimer. Évangéliser n’est pas simplement prêcher. C’est aussi marcher. La parole de Dieu est efficace lorsque les gens peuvent constater de leurs yeux qu’elle est véritable, lorsqu’ils peuvent voir que les chrétiens sont différents parce qu’ils témoignent de l’amour aux autres et parce qu’ils marchent d’une manière digne en s’éloignant du péché.

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On n’a pas besoin d’être intelligent pour glorifier Dieu. On pas besoin d’être riche ou reconnu. Paul écrivait : « Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles   » (1 Corinthiens 1:26). Dieu utilise les choses faibles de ce monde. Peu importe qui nous sommes, nous pouvons aimer. Nous pouvons servir. Nous pouvons faire la différence autour de nous et gagner des âmes à Christ. Nous pouvons être des paroles vivantes et vivre des vies exemplaires glorifiant le Seigneur. Et en faisant ainsi, les gens nous reconnaîtront comme étant de vrais disciples de Jésus-Christ.

« Enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » Faire un disciple ne s’arrête pas à le baptiser. Il faut aussi le former, pour qu’il puisse observer tout ce que Jésus a prescrit. Un disciple efficace est un disciple qui connaît son maître. C’est un disciple qui est capable de former encore d’autres disciples. Une église qui mûrit est une église qui s’instruit. Trop d’églises restent sur une mentalité pionnière sans apprendre à grandir. Cependant, la mission que Christ nous a donnée est aussi d’enseigner les disciples. Le but des dons de chacun est l’édification du corps de Christ. Pour construire un bâtiment il faut premièrement des matériaux de base, puis ensuite il faut une transformation pour que ceux-ci puissent être utilisables. Ainsi la mission du croyant n’est pas seulement d’aller PAGE 246 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


chercher de nouvelles âmes, mais aussi de travailler à leur instruction et à leur sanctification. Et plus une église mûrit, plus elle est efficace pour amener des gens à se convertir. Jésus a commencé avec douze disciples seulement. Il les a formés puis les a envoyés. Leur ministère a produit par la suite des milliers de vies transformées, comme on le voit dans le livre des Actes. Sans formation les résultats restent limités. Bien sûr, Dieu peut utiliser n’importe qui à n’importe quel moment, car il est un Dieu de grâce. Cependant, tout au long de la marche, ce sont surtout ceux qui sont consacrés qui sont bénis de Dieu : «   Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera » (Jean 12:26). Plus on s’instruit dans la parole de Dieu, plus on connaît Dieu, et plus on peut le glorifier. Dieu ne donnera pas beaucoup d’âmes à sauver à une assemblée qui reste immature. La Sentinelle Ezéchiel avait été choisi par Dieu pour être une sentinelle. Dieu lui avait donné comme mission de communiquer son message à Israël afin de leur permettre d’être sauvés. Cependant, avec ce rôle venait aussi des responsabilités : « Quand je dirai au méchant : Tu mourras ! si tu ne l'avertis pas, si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa mauvaise voie et pour lui sauver la vie, ce méchant

mourra

dans

son

iniquité,

et

je

te

redemanderai

sang » (Ezéchiel 3:18) PAGE 247 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR

son


Dieu nous a aussi donné une mission avec des responsabilités. Bien sûr, notre appel est différent de celui d’Ezéchiel. Nous ne sommes pas responsables comme lui de prêcher à tout un peuple. Mais nous sommes responsables d’être lumière et sel là où Dieu nous a placés. Si nous ne communiquons pas l’évangile à ceux qui nous entourent, qui le fera ? Nous sommes responsables. Nous nous devons de vivre des vies différentes, imprégnées de la gloire de Dieu. Ceci ne veut pas dire que nous devons asséner à tous les gens que nous rencontrons le plan du salut ; cela signifie de vivre chaque instant pour sa gloire en manifestant sa présence le plus possible. Bien entendu, il faut savoir discerner toutes les occasions possibles pour annoncer pleinement les voies de Dieu, car elles sont nombreuses. Mais ce qui compte avant tout, c’est de rendre gloire à Dieu. Et ainsi de briller au milieu d’une génération qui ne le connaît pas. Sans les chrétiens, ce monde n’aurait ni goût ni lumière. Les croyants sont les sentinelles de Dieu appelle pour montrer au monde sa gloire, pour refléter la beauté de son cœur. C’est une grande responsabilité. De plus, il y a urgence. Des gens meurent sans connaître Dieu à chaque instant. Chaque instant doit être racheté, chaque occasion utilisée. Dieu ne nous a pas sauvés pour nous donner un passe pour le paradis, mais pour faire de nous des porteurs de sa gloire et des miroirs de sa lumière :

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« Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 Pierre 2:9) Ce qui compte avant tout c’est la gloire de Dieu. Cette gloire, c’est ce qui donne un sens à toute chose. C’est cette lumière qui vient illuminer l’obscurité, donnant couleur et vie à chaque regard. Cependant des gens en sont séparés. Et Dieu veut nous utiliser pour les ramener à lui. Que leur sang ne retombe pas sur nos mains !

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21. Une Vision Grande Comme le Monde « Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. » Actes 1 :8

La Vision de Dieu Dieu a une vision pour son église, et celle-ci englobe toute la terre. Dieu ne veut pas que nous nous limitions à une vision pour une église locale, une ville ou même un pays. La vision qu’il nous donne en est une à la mesure de sa gloire. Une vision sans limite. Chaque chose accomplie pour la gloire de Dieu a des répercussions. L’expression des dons du croyant édifie l’église. Premièrement à un niveau local, puis régional, national, et international. Une personne fidèle à Dieu verra vite ses dons encourager des gens du monde entier. Et les dons, c’est le ministère. Dieu ne veut pas que nous limitions la portée de notre ministère. Au contraire, plus on est fidèle, plus Dieu bénit, et plus les répercussions se font grandes. Jésus voulait que ses témoins aillent jusqu’aux extrémités de la terre. Il voulait qu’aux endroits où existent des réveils, les gens puissent

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partager leur zèle. Premièrement dans leur ville, puis leur région, leur pays, et le monde entier. L’église a besoin de s’encourager et de s’édifier. Francis Chan questionnait : « Vais-je changer le monde ? Probablement pas. Mais je vais certainement mourir en essayant. » La vision que Dieu confère au croyant n’est rien de moins qu’un désir de changer le monde. Il n’existe pas de vision plus petite qui puisse convenir à la gloire de Dieu. Mais le monde peut-il vraiment changer ? Oui et non. D’un côté, ce monde est déjà condamné, et Jésus affirmait même que les choses ne feraient qu’empirer. Il disait à propos de la fin des temps : « Et, parce que l'iniquité

se

sera

accrue,

la

charité

du

plus

grand

nombre

se

refroidira » (Matthieu 24   :12). Mais d’un autre côté, Dieu utilise des réveils capables de changer la manière de penser de peuples entiers. Des pays continuent de nos jours à être transformés par la parole de Dieu. Même si le monde dans lequel nous vivons est en perdition et destiné à la destruction, Dieu n’en est pas moins à l’œuvre. Sa gloire, il continue à nous la faire partager par des miracles, des vies transformées et de grands réveils. Le monde va-t-il changer ? A grande échelle, probablement pas. Mais une chose est sûre, Dieu utilise ceux qui sont dépendants de lui pour vivre de grands réveils dans leurs églises, leurs villes et même leurs pays.

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Verge de Fer David avait bien compris cela : « Pourquoi ce tumulte parmi les nations, ces vaines pensées parmi les peuples ? Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils et les princes se liguent-ils avec eux contre l'Éternel et contre son oint ? Brisons leurs liens, délivrons-nous de leurs chaînes ! Celui qui siège dans les cieux rit, le Seigneur se moque d'eux. Puis il leur parle dans sa colère, il les épouvante dans sa fureur : C’est moi qui ait oint mon roi sur Sion, ma montagne sainte ! Je publierai le décret   ; l'Éternel m'a dit   : tu es mon fils ! Je t'ai engendré aujourd'hui. Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, les extrémités de la terre pour possession ; Tu les briseras avec une verge de fer, tu les briseras comme le vase d'un potier. » (Psaume 2:1-9) Les nations appartiennent à Christ. Elles lui reviennent de droit. Toute autorité lui a été remise les concernant. Il peut les briser. Même les nations les plus corrompues et les plus difficiles. Il peut les briser comme on brise le vase d’un potier. C’est ça la puissance de Dieu. Le monde appartient à Dieu et il en fait ce qu’il veut. Et par le combat de la prière, nous pouvons briser ces chaînes qui lient les royaumes aux puissances du mal. Ces dominations qui agissent contre Dieu, il peut les PAGE 252 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


briser aussi facilement qu’un vase en argile. Il l’a déjà fait, et il va continuer à le faire pour ceux qui le craignent et qui mettent leur foi et leur vie en lui. Paul Burgess Mon arrière-arrière-grand-père, Charles Burgess, voulait changer le monde pour Christ. A l’âge de sept ans il avait quitté sa terre natale anglaise avec ses parents pour les Etats-Unis, puis était parti très jeune comme missionnaire en Turquie. Peu de temps après, pour raison de santé, il avait du retourner dans son pays. Il se maria, eut plusieurs enfants, travailla comme pasteur, et fut emporté par la tuberculose à 33 ans. Mon aïeul fut loin d’atteindre son rêve. Cependant, sa vision, il avait réussi à la communiquer à sa famille, surtout à son épouse et à son fils aîné, Paul Burgess. Il avait nommé son fils du nom de l’apôtre, en espérant que celui-ci se consacrerait un jour au ministère de missionnaire et d’évangéliste. En grandissant, Paul ressentit l’appel du ministère. Il voulait lui aussi remplir la mission de Christ. Il faisait parti de ce Mouvement Etudiant Volontaire qui avait envoyé des milliers de missionnaires. La vision du mouvement était simple   : l’évangélisation du monde entier en une génération. Il connaissait l’urgence pour le salut des âmes, et souhaitait

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le retour de Christ. Lui aussi, comme son père, voulait prendre part au changement du monde. Après ses études, il se rendit au Guatemala avec son épouse Dora et sa fille aînée, Carrie (ma grand-mère). Et il se donna entièrement à l’œuvre du Seigneur. Il allait de village en village, partageant la parole de Dieu, marchant souvent plus de 50 kilomètres par jour et dormant sur les bancs de bois des églises. Plusieurs fois emprisonné et souvent malade, il continuait sans jamais broncher. Petit à petit, Dieu bénit sa fidélité. Il créait des églises, et celles-ci fleurissaient. Il avait acheté une presse, avec laquelle il imprimait des articles et des livres. Mais il avait un fardeau qui lui pesait lourd. Le peuple Indien Quiché, comprenant plus d’un demi-million de personnes, n’avait pas la parole de Dieu dans leur langue. Les missions américaines en Amérique Latine favorisaient surtout le contact avec les hispaniques. Elles s’attendaient à ce que tôt ou tard, ces peuples apprennent l’espagnol et changent leurs coutumes. Mais d’ici-là, Paul savait que des gens mourraient sans connaître la puissance de l’évangile. En Janvier 1921, présidant un comité de 12 personnes, il partageait sa vision quant à rendre disponible des traductions de la Bible pour tous les peuples en ayant besoin. L’un des membres de ce comité, un jeune homme du nom de Cameron Townsend, partageait aussi ces convictions. 21 années plus tard, Townsend fondait lui-même les camps de traduction de la Bible Wycliffe. De nos jours, cette société missionnaire est l’une de celles PAGE 254 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


connaissant la plus forte croissance. Des centaines de serviteurs continuent à rejoindre le mouvement chaque année. Plus de 600 traductions ont déjà été effectuées. A la fin de sa vie, Paul Burgess avait fondé plus d’une centaine d’églises, avait commencé un institut biblique en Quiché, avait participé avec son épouse à la traduction du Nouveau Testament dans leur langue, avait écrit plus d’une vingtaine de livres et de nombreux articles. Lorsqu’il mourut après environ 45 années de service sans relâche, le pays avait été transformé. Il n’avait pas changé le monde, mais il y avait certainement participé. Il avait vécu un réveil. Christ en Nous, l’Espérance de la Gloire En physique, on mesure la puissance avec une très simple formule : la puissance (P) est égale à l’énergie (E) divisée par la durée (t). P=E/t. En bref, plus l’énergie fournie est grande, plus la puissance est grande. Moins la durée est grande, plus la puissance est grande. Une grande puissance est observée lorsqu’une grande quantité d’énergie est relâchée en peu de temps. Quelle quantité d’énergie, pensez-vous, fut nécessaire pour la création du monde   ? Les scientifiques ont fourni des décennies de temps et d’énergie sans même pouvoir recréer une simple cellule.

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Lorsque la bombe de Hiroshima, « Little Boy », explosa, la puissance relâchée fut suffisante pour détruire toute une ville. Pourtant, des 64 kg d’uranium présents, seulement 600 mg se convertirent en énergie, soit près du quart de poids de la page que vous lisez. Réalisez-vous l’énergie existante dans chaque atome ? Une bombe à hydrogène, jusqu’à 10 fois plus puissante qu’une bombe atomique comme celle de Hiroshima, produit son énergie suite à la fusion de deux particules d’hydrogène, le plus petit atome existant. Quelle sorte de puissance, pensez-vous, a pu créer le monde ? La terre pèse environ 5900 000 000 000 000 000 000 000 kilogrammes, et elle ne représente pas grand-chose comparée à l’univers. La puissance nécessaire pour créer le monde n’est pas calculable. Vous vous souvenez de la formule ? Une grande puissance est observée lorsqu’une grande quantité d’énergie est relâchée en peu de temps. Ce monde a vu le jour suite à la prononciation de seulement quelques mots. En fait, 168 mots dans le langage Hébreux. Le tiers d’une page. C’est tout ce dont Dieu a eu besoin pour faire paraître un univers. Quelles devraient être nos attentes vis-à-vis d’un Dieu si puissant vivant en nous ?

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Pourquoi Pas ? J’aimerai vivre un réveil en France. J’aimerai croire en un réveil en France et dans la francophonie. Est-ce possible   ? Posez la question à Dieu. Je sais que Dieu n’a pas besoin de moi. Mais je veux vivre pour me rendre utile. Je veux croire en un réveil comme je crois que je vais me réveiller demain matin. Peu importe si cela arrive ou non, je veux vivre dans l’attente que cela pourrait se passer. Dieu a le pouvoir de transformer des nations. Il l’a déjà fait, et le fera encore. Il a le pouvoir de briser des cultures. Il a le pouvoir de changer le cours de l’histoire, elle lui appartient. Dieu est à l’œuvre, et aucune œuvre n’est vaine en son nom (1Corinthiens 15:58). Il est un grand Dieu. Un Dieu glorieux. Ses œuvres sont grandes et sa parole puissante. Mais y croyons-nous   ? Croyonsnous que Dieu puisse lever une nouvelle génération d’hommes et de femmes de Dieu prêts à brandir sa bannière de gloire ? Sommes-nous prêts à vivre une vie consacrée, en nous attendant à de grandes choses de la part d’un grand Dieu ? Et si pour une fois, son église rêvait ensemble, dans l’unité, abandonnant ses propres intérêts pour le servir à lui seul, dans l’amour et l’humilité ? Un réveil serait possible. Une nation pourrait changer. Et si cette

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génération était vraiment la dernière ? Et si c’était vous la personne apportant l’évangile à la dernière tribu ne l’ayant entendu ? Dieu seul peut répondre à ces questions. En attendant, de notre côté, nous devons croire que cela est possible. Et cela devrait être notre vision. Peu importe si nous sommes la dernière génération ou pas, nous devrions vivre comme si nous l’étions. La vision que Christ a donnée appartient à chaque génération. Nous pouvons soit la vivre, soit l’ignorer. Mais quel genre de vie voulez-vous connaître   ? Une vie remplie de la gloire de Dieu, ou une vie banale où les bonheurs n’ont point de part dans l’éternité ? Tout ce dont notre génération a besoin pour se lever est de croire et de crier à haute voix : « pourquoi pas ! » « Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l'Église et en Jésus Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! » (Éphésiens 3:20-21) Conclusion Finale Parfois il m’arrive de sortir le soir et de regarder les étoiles. Et je me rappelle de la promesse faite à Abraham. Alors j’essaie de compter les étoiles, mais plus je regarde, plus mes yeux s’habituent à l’obscurité et plus elles semblent nombreuses. Trop nombreuses pour être comptées. Chacune d’entre elle est comme une âme que Dieu va sauver. PAGE 258 - À DEMAIN, PHILIPPE VIGUIER - PUBLIÉ PAR « UN POISSON DANS LE NET » À HTTP://UNPOISSONDANSLE.NET, LICENCE CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 2.0 FR


Et alors je pense à la gloire de Dieu. Je pense à tous ces trésors que Dieu a en réserve pour ceux qui le cherchent d’un cœur pur, à toutes ces œuvres préparées d’avance. Je pense à toutes ces montagnes qui vont être surmontées par la foi de ses enfants. Je pense aux villes qui vont être transformées, aux églises qui vont être renouvelées et rafraîchies. Je pense à toutes ces vies que Dieu va embellir à l’image de Christ. Je pense à la grandeur de l’amour de Dieu. Je sais qu’elle sera à mes côtés chaque instant jusque dans l’éternité. Je pense à cette nouvelle génération prête à se lever pour Dieu, à vivre pour sa gloire. Et j’imagine ce que le futur a en réserve pour tous ceux qui aiment Dieu. Ces plans parfaits, beaux au-delà de toute imagination. J’imagine Dieu à l’œuvre, et dans l’attente de voir encore un peu plus sa gloire, je dis avec espérance : À DEMAIN ! «   Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. » Romains 16:20

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A demain - l'homme face à la gloire de Dieu  

ouvrage en texte intégral de Philippe Viguier

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