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QU'ALLONS NOUS FAIRE DU LYCEE DU XXI SIECLE ? ème

DOSSIER DE PROPOSITIONS DE L'UNION NATIONALE LYCEENNE POUR LA REFORME DU LYCEE

Union Nationale Lycéenne (UNL) – 13 bvd Rochechouart 75009 PARIS Téléphone : 01 40 82 94 00 – email : contact@unl-fr.org


SOMMAIRE 1. Le lycée : un instrument de l’émancipation de tous ! a. Favoriser l’autonomie de travail des lycéens pour les préparer à l’avenir b. Adapter les rythmes scolaires pour équilibrer les formations c. Favoriser l’interdisciplinarité en créant de vraies équipes pédagogiques d. Permettre à tous d’accéder à l’informatique pour préparer l’insertion professionnelle e. Poser la première pierre d’une refonte des programmes scolaires pour éliminer bachotage, cloisonnement des filières et inégalités sociales f. Revoir le système de notation pour construire une relation de confiance et inciter à la progression g. Mettre en place un véritable Service d’Aide Scolaire pour que chacun ait accès au soutien dont il a besoin h. Baccalauréat : ne plus jouer son avenir en une semaine, tout en gardant un examen national i. Favorise les voyages scolaires pour ouvrir le lycée sur l’extérieur j. Démocratiser l’accès à la presse quotidienne et favoriser la presse lycéenne pour inciter les débats et développer l’esprit critique k. Permettre un accès universel à la culture, un enjeu pour le système scolaire

2. La vie lycéenne, première pierre de l’insertion sociale a. Généraliser la polyvalence des lycées pour garantir la mixité sociale b. Généraliser les Maisons des Lycéens que nous gérions nous-mêmes c. Favoriser la participation des élèves aux élections pour créer les conditions d’un dialogue juste d. Valoriser les instances de vie lycéenne et leurs délégués pour donner une voix aux lycéens e. Rapproche les CVL des lycéens pour qu’ils répondent aux enjeux perçus


f. Apporter aux élus la formation qu’ils sont en droit d’attendre g. Garantir et diffuser les droits lycéens pour qu’ils soient enfin respectés h. Créer de nouveaux droits lycéens pour répondre au malaise des jeunes i. Créer un Statut Lycéen pour garantir les mêmes droits à tous

3. Rendre possible l’insertion professionnelle a. Créer un Service Public d’Orientation pour un suivi individualisé des parcours b. Décloisonner les filières pour mettre fin aux choix déterminants de fin de Troisième c. L’école Républicaine doit aussi former des citoyens européens d. Développer l’apprentissage des langues étrangères : un enjeu en soi e. Etre à l’origine d’un système de représentation démocratique lycéenne en Europe f. Impulser une harmonisation des systèmes éducatifs européens pour une meilleure reconnaissance des diplômes g. Développer la mobilité européenne pour un lycée européen

CONCLUSION ANNEXES

I) Combattre les inégalités au quotidien

a. Le lycée de l’égalité, un caractère incontournable de toute réforme ambitieuse b. Soutenir financièrement les élèves en difficulté scolaire et financière pour que la crise économique et sociale ne creuse pas les injustices au lycée c. Favoriser l’émancipation et la prise d’autonomie des lycéens pour les préparer à la vie adulte d. Combattre les discriminations pour garantir le droit à l’éducation e. Conserver la carte scolaire, seule garantie de la mixité sociale f. Rester inflexible sur le caractère gratuit et laïc du service public, pour une Ecole de la République


II) Prendre conscience des problèmes de santé chez les lycéens

a. Permettre un accès aux soins adapté aux besoins des lycéens b. Faire d’une politique de prévention un outil d’apprentissage de la citoyenneté


INTRODUCTION Notre choix d’une société où tous les citoyens vivent ensemble se traduit par la construction progressive du service public laïque d’Éducation. Cette école Républicaine que nous défendons rencontre aujourd’hui des difficultés. C’est pourquoi elle a besoin d’évoluer, de se transformer et de s’acquitter vraiment véritablement de sa mission démocratique initiale : la réussite de tous les jeunes. Ce débat et cet effort concerne l’intégralité de la société car, à travers l’avenir de la jeunesse, c’est l’avenir du pays qui se joue. De nombreuses analyses s’accordent sur le fait que le lycée ne répond plus aux attentes de la communauté éducative. Ces analyses sont d’autant plus pertinentes dans un contexte de crise financière, économique et sociale dans lequel évoluent les lycéens. Nous avons besoin d’un lycée qui permette à chaque lycéen de s’émanciper, d’un lycée qui continue à se massifier et à se démocratiser, d’un lycée qui devienne un véritable lieu de vie et ne se cantonne pas à être un simple lieu d’études. Le lycée, miroir d’une société en mouvement Notre réflexion se concentre sur le projet pédagogique global que nous voulons voir être appliqué au lycée. Notre lycée doit non seulement nous apporter les connaissances et outils nécessaires à notre réussite scolaire puis dans l’enseignement supérieur et/ou dans notre vie professionnelle ; mais il doit aussi nous apporter une certaine spécialisation via les filières et les voies (Professionnelle, Technologique et Générale). Nous attendons donc un lycée qui permette à tous de s’orienter librement. Depuis 2002, les milliers de suppressions de postes qui ont eu lieu dans l’éducation nationale et l’enseignement supérieur ont fait converger les critiques face aux attaques répétées des gouvernements contre le service public d’éducation. Ainsi, le recul de Xavier Darcos en 2008 et le rythme effréné des réformes qui se suivent sans jamais répondre aux besoins d’une société en crise nous incitent à continuer notre combat pour un lycée plus juste, pus ouvert et plus vivant. Le lycée doit continuer son processus de massification et démocratisation, accéléré par la mise en place des Sciences Économiques et Sociales notamment, encore en difficulté au vu des 150 000 jeunes, en moyenne, qui quittent le système scolaire chaque année. La démocratie lycéenne doit prendre une place importante dans ce processus en nous permettant de prendre notre « scolarité en main ». Donner une nouvelle impulsion à la démocratisation de l’école La crise que nous connaissons est grave et nous ne pouvons pas la laisser détruire notre éducation et creuser les inégalités et les injustices. Il faut donc lui apporter des réponses sur tous les fronts : économique, social et politique. Le constat est simple et dramatique : près d’un lycéen sur 5 affirmait, en 2007, avoir déjà travaillé pendant la période scolaire et parmi eux : 13% affirmaient travailler pour vivre ! La réforme doit donc nous apporter toutes les chances, à nos familles mais aussi aux lycées pour que tous les élèves réussissent leur scolarité sans être affectés par leur situation socioéconomique.


Augmenter les bourses qui nous sont accordées permettant à nos familles d’assurer dignement notre scolarité, nous permettre d’avoir un véritable statut pour être reconnu de l’ensemble de la société et des pouvoirs publics, nous donner le droit de nous fédérer dans des organisations qui ont pour but de nous défendre au quotidien… c’est aussi à cela qui doit répondre la future réforme du lycée. Remettre les lycéens au cœur du système éducatif et de sa réforme Malgré la régularité et les victoires des mouvements de jeunesse contre les politiques qui s’attaquent directement à l’éducation (mouvement contre la réforme Fillon en 2005, mouvement anti-CPE 2006, mouvement contre la LRU en 2007, mouvement contre les suppressions de postes dans l’éducation nationale au printemps 2008, le mouvement contre la réforme du lycée proposée par X. Darcos en décembre 2008 et plus récemment le mouvement dans les universités), aucune reconnaissance ne nous est donnée. Nous sommes pourtant de « jeunes travailleurs intellectuels » et de ce fait, outre le droit syndical, un statut doit être donné à tous au même titre que le statut étudiant. Ce statut doit garantir la gratuité du système éducatif, et passer par une augmentation des aides sociales pour que chacun ait accès à l’éducation quel que soit son niveau de revenus. Il doit également mettre en avant la responsabilité du système éducatif dans l’acquisition par les lycéens des outils nécessaires pour construire notre orientation en connaissance de cause. Il doit garantir le respect systématique de tous les droits réglementaires des lycéens et la valorisation des initiatives de ceux qui s’investissent dans la vie du lycée : élus, responsables associatifs… Ce statut doit aussi permettre la reconnaissance du droit syndical pour les lycéens, ce qui marquerait enfin une prise en compte de notre volonté de participer activement à la préparation des décisions qui nous concernent. Il est urgent de reconnaître aux lycéens le droit de nous organiser afin de défendre nos intérêts pour que progresse le cadre d’un syndicalisme progressiste et représentatif comme le porte l’Union Nationale Lycéenne.


1. Le lycée : un instrument de l’émancipation de tous ! La pédagogie doit être au centre des discussions autour de la réforme du lycée. Elle ne nous permet pas de construire un véritable esprit critique et de réussir à nous organiser par nousmêmes. La pratique des cours magistraux subsiste et a même tendance à s’amplifier, au détriment de notre nécessaire prise d’autonomie. Nous revendiquons une véritable révolution pédagogique qui mettra réellement l’élève au centre de sa formation pour qu’il soit acteur de sa propre émancipation.

a. Favoriser l’autonomie de travail des lycéens pour les préparer à l’avenir Actuellement nous n’avons pas la possibilité d’être acteur de nos enseignements alors que nous devons apprendre à travailler de façon autonome. Pour cela un apprentissage de la méthodologie et de l’organisation du travail au lycée doit se faire dès l’arrivée en seconde. Les lycées doivent être aussi plus adaptés afin de favoriser cette prise d’autonomie notamment en permettant au Centre de Documentation et d’Information (CDI) d’être ouverts du lundi au samedi et en fin de journée suite aux cours pour que nous puissions mener nos travaux de recherche. Nous demandons donc une instauration des Travaux Personnels Encadrés en classe de terminale et une refonte des TPE qui doivent répondre réellement à ce besoin de travail en autonomie, à sa valorisation et son encadrement pédagogique.

b. Adapter les rythmes scolaires pour équilibrer les formations Les rythmes scolaires actuels ne sont pas en adéquation avec nos rythmes biologiques, les journées scolaires étant trop chargées, allant parfois jusqu’à 9h de cours, augmentent notre fatigue et ne favorisent pas nos capacités de réflexions et de concentration en classe. Cette accumulation de fatigue se répercute sur nos capacités psychologiques et physiques. Ainsi, nous demandons que les journées n’excèdent pas 6 heures de cours, les cours magistraux ayant lieu le matin quand l’après midi serait consacrée aux options, à l’ECJS, aux travaux personnels, aux activités sportives ou toute autre activité extrascolaire. Cette réorganisation s’accompagnerait d’une réorganisation des vacances qui seraient alors plus courtes mais qui favoriserait un rythme plus équilibré sur toute l’année. La baisse relative du nombre d’heures de cours ne peut en aucun cas légitimer des suppressions de moyens alloués à l’éducation notamment en terme de postes d’enseignants qui devront assurer un encadrement dans les activités extrascolaires organisées par le lycée et dans les cours plus vivants comme les TD, les TPE, le sport…

c. Favoriser l’interdisciplinarité en créant de vraies équipes pédagogiques Aujourd’hui, nous constatons un manque de cohérence entre les enseignements au lycée ne favorisant pas une meilleure compréhension de certaines notions par les élèves. Il n’existe pas de projet interdisciplinaire concret afin de dynamiser une équipe pédagogique et de créer un lien entre les matières enseignées. C’est pour cela qu’il nous apparaît nécessaire qu’une coopération entre les enseignants s’installe par le biais de réunions régulières regroupant l’ensemble de l’équipe pédagogique (Enseignants, CPE, COPSY…) pour enfin mettre en pratique cette interdisciplinarité pourtant inscrite dans les programmes.


d. Permettre à tous d’accéder à l’informatique pour préparer l’insertion professionnelle Aujourd’hui nous disposons en France d’environ un ordinateur pour quatre lycéens. De plus, ces ressources numériques sont encore trop peu utilisées dans le cadre de cours mais surtout dans le cadre de recherches entreprises par les lycéens. La place qu’à pris l’informatique dans notre économie et dans notre société doit favoriser l’enseignement de l’usage informatique et donc améliorer la formation des enseignants au sein des IUFM à ces nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). L’ouverture sur le monde constituée par le développement des nouvelles technologies et particulièrement d’Internet permet une autonomisation croissante des élèves et la construction de leur esprit critique. Malheureusement l’inégal accès à l’informatique est une réalité non négligeable et il devient nécessaire d’y remédier dans la mesure où la maîtrise de ces outils est désormais indispensable à l’intégration dans la vie professionnelle. Ainsi, l’UNL demande à ce que le nombre d’ordinateurs accessibles dans les lycées soit multiplié par deux, ainsi que la formation des enseignants aux TICE (Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement). Mais la pédagogie ne tirera réellement parti d’Internet et de l’informatique uniquement le jour où chaque élève sera équipé personnellement d’un ordinateur pendant toute la durée de sa scolarité au lycée.

e. Poser la première pierre d’une refonte des programmes scolaires pour éliminer bachotage, cloisonnement des filières et inégalités sociales La refonte des programmes scolaires s’impose d’elle-même dans une réforme que l’on veut ambitieuse. Cette refonte doit se faire de façon pertinente et utile à l’ensemble de la communauté éducative. Trop souvent terminés en dépit de la compréhension des élèves, on remarque, aujourd’hui, que les programmes ne sont pas adaptés au calendrier scolaire favorisant ainsi l’effet de « bachotage », effet qui renforce les inégalités déjà importante devant l’enseignement. Cette situation nécessite de repenser les programmes en fonction de nos aspirations : autonomie, émancipation, réussite scolaire… et en permettant d’accroître la liberté pédagogique des enseignants (notamment dans la diversité des supports). Les objectifs de chaque enseignement devront donc être revus en approfondissant certains points notamment sur la question des travaux personnels tels que les TPE. De plus, le lycée qui doit former les futurs citoyens doit permettre une réelle prise en main des élèves des problèmes qui les concernent. La revalorisation et la mise en place d’une véritable programme d’ECJS (évalué au bac via la présentation d’un dossier préparé tout au long de l’année devant un jury) est nécessaire, car elle peut devenir l’enseignement moteur de la citoyenneté porteuse de débat, de recherches personnelles, d’ouverture d’esprit si nous y mettons les moyens.

f. Revoir le système de notation pour construire une relation de confiance et inciter à la progression Les défaillances du système de notation qui ne peut alors plus répondre à une véritable démarche pédagogique, créent un sentiment de sanctions notamment envers les élèves les plus en difficultés qui se voient amasser de nombreuse notes catastrophiques qui les découragent et précipitent l’échec scolaire. Le système de notation doit permettre à chaque lycéen de se fixer des objectifs pour progresser tout au long de l’année. Ce système doit s’inscrire dans une logique de confiance entre l’élève


et l’équipe pédagogique afin que ce dernier comprenne l’enjeu de sa formation scolaire. C’est pourquoi nous demandons qu’un nouveau système de notation s’applique suite à cette réforme, basé sur la confiance et la progression de l’élève tout au long de ses années scolaires. Ainsi, nous pensons que donner le sujet du contrôle posé par l’enseignant en avance aux élèves leur permet de connaître puis de comprendre les notions essentielles, permettant par après de créer un véritable « contrat de confiance » entre l’élève et l’enseignant. Enfin, nous pensons que suite au contrôle nous devons recommencer ce contrôle et c’est alors la progression de l’élève entre le premier test et le deuxième qui est appréciée, ce qui implique une formation pédagogique supplémentaire au cours de la formation des enseignants.

g. Mettre en place un véritable Service d’Aide Scolaire pour que chacun ait accès au soutien dont il a besoin A l’heure actuelle, nous sommes trop souvent des consommateurs d’un savoir que l’on veut bien nous transmettre, mais en aucun cas des acteurs de notre propre éducation. Le fossé se creuse alors entre les élèves en difficultés qui sont en capacité de prendre des cours de soutien à domicile par les « boîtes à bac » permettant de combler les lacunes accumulées et apportant un encadrement à l’élève dans son travail personnel, et ceux qui sont en difficultés mais qui n’ont aucun moyen, notamment financier, de résoudre leurs difficultés : on assiste donc à l’avènement d’un système éducatif à deux vitesses. C’est pourquoi nous demandons la création d’un Service d’Aide Scolaire (SAS) qui donne à chacun la possibilité d’accéder de manière gratuite à l’aide qui lui est nécessaire pour réussir pleinement sa scolarité. Le but étant de créer un cadre où les lycéens ont le « droit à l’erreur » et où nous avons la possibilité de se faire ré-expliquer les notions non assimilées ou les sujets non compris. Les enseignants du SAS devront être spécialisés, c'est-à-dire avoir une formation conséquente notamment en terme d’aide scolaire, dans leur propre matière afin que nous puissions bénéficier d’une aide conséquente. La finalité étant d’amener progressivement l’ensemble des élèves d’une classe d’âge à un taux de réussite au baccalauréat supérieur à 80%.

h. Baccalauréat : ne plus jouer son avenir en une semaine, tout en gardant un examen national L’examen du baccalauréat tel que nous le connaissons aujourd’hui est un examen qui montre ses limites. En effet, il ne prend pas en compte le travail mené par l’élève tout au long de l’année scolaire, et provoque lui-même l’effet de « bachotage » empêchant toute réflexion au profit de répétition d’exercices types… De plus, se rajoute à cela le problème du bouclage des programmes en fin d’année et pour certain le phénomène de « ça passe ou ça casse ». Toute la scolarité du primaire et du secondaire converge sur cette échéance unique qu’il ne faut pas rater. De ces faits, de graves inégalités apparaissent : ceux qui peuvent se rattraper par des cours particuliers, avec l’effervescence des organismes privés et les offres spéciales dédiées au baccalauréat que l’on pourrait considérer comme des « boîtes à bac », réussissent mieux leur examen que ceux qui n’en ont pas les moyens financiers et qui sont contraints de travailler seuls. La question du contrôle continu qui fut l’objet de débats et d’une vive contestation en 2005 ne nous apparaît pas judicieux car il remet en cause le caractère anonyme de l’examen et le caractère national du diplôme. C’est pourquoi l’UNL, dans le souci d’éviter ces deux extrêmes, propose que l’épreuve soit divisée en deux temps d’égal importance : la première moitié la note porterait sur des épreuves de types « partiels » en cours d’année de Première et de


Terminale. Deux épreuves auraient lieu au cours de l’année de première remplaçant les épreuves anticipées du baccalauréat que nous connaissons aujourd’hui et une autre épreuve au cours de l’année de Terminale. La seconde moitié correspond dans sa forme à se que nous connaissons actuellement mais serait largement repensée sur le fond via une réforme pédagogique qui accompagnerait la mise en place de ces nouvelles modalités d’examen. L’UNL revendique ainsi un profond renouvellement du baccalauréat qui nous permettrait de ne pas jouer notre avenir sur une semaine. Nous pourrions ainsi rattraper une épreuve que nous aurions ratée constituant la reconnaissance du droit à l’erreur des lycéens.

i. Favoriser les voyages scolaires pour ouvrir le lycée sur l’extérieur Pour agir concrètement en faveur de la vie lycéenne, le développement des voyages scolaires s’impose. A l’heure actuelle, encore trop peu d’entre nous ont la possibilité d’y accéder ne favorisant pas une meilleure ouverture, de la jeunesse, sur le monde et une confrontation directes aux différentes cultures notamment européennes. Outils de l’émancipation de la jeunesse, les voyages scolaires doivent être mis en avant dans la future réforme du lycée qui doit prendre en compte ces carences d’accès et doit établir en son sein une véritable politique de mobilité de la jeunesse. Aux jeunes dont la situation économique et sociale ne peut leur permettre de voyager, la réforme du lycée doit y apporter des réponses notamment en investissant massivement dans ces projets vecteurs de socialisation.

j. Démocratiser l’accès à la presse quotidienne et favoriser la presse lycéenne pour inciter les débats et développer l’esprit critique L’accès à la presse quotidienne, via l’ouverture continue des CDI dans la semaine et l’abonnement aux différents journaux quotidiens, et la possibilité pour chacun d’entre nous de participer à l’élaboration de projets littéraires conséquent, notamment des journaux lycéens, sont des outils concrets de l’émancipation intellectuelle. Malheureusement, le pourcentage d’échec de finalisation des projets menés est fort, ceci faute de moyens et de temps accordés à cette réalisation. L’UNL demande que les administrations créent un climat de confiance entre elles et les lycéens désirant s’exprimer. Le développement de la presse lycéenne entretient la démocratie au sein des lycées et participe à la construction de la citoyenneté. Ce débat doit bien entendu, pour être constructif, reposer sur des règles déontologiques qui s’imposent à tous journalistes permettant à chacun d’acquérir un esprit critique. A travers nos différentes rédactions, c’est une mise en responsabilité de chacun d’entre nous, un apprentissage du pluralisme politique. k. Permettre un accès universel à la culture, un enjeu pour le système scolaire La démocratisation de la société passe notamment par la possibilité pour ses citoyens d’accéder librement à toute forme de culture, pierre angulaire de l’émancipation. Malheureusement, les inégalités d’accès à celle-ci et notamment au sein de l’éducation nationale sont encore trop grandes. Les raisons en sont multiples : capacités financières, capacités techniques, volonté… L’éducation nationale et notamment le lycée dans sa forme future devront favoriser et permettre cet accès essentiel à l’émancipation intellectuelle de tous et à la formation citoyenne de l’ensemble des élèves. Les lycées doivent mettre en place différents projets accessible par tous notamment l’ouverture de clubs, la mise en place d’activités sportives, la mise en place de multiples sorties scolaires au théâtre, à l’opéra, au musée… la mise en avant


des instances de vie lycéenne pouvant elles-mêmes organiser des concerts, des expositions internes au lycée permettant à celui-ci d’être un lieu ouvert à tous afin de créer un véritable dialogue intra et intergénérationnel. Aussi, l’UNL demande, dans le cadre du statut lycéen, la création d’un « pass’culture » national offrant des tarifs préférentiels dans les spectacles, les cinémas, les librairies…


2. La vie lycéenne, première pierre de l’insertion sociale a. Généraliser la polyvalence des lycées pour garantir la mixité sociale Pour être en adéquation avec les exigences en matière d’orientation et de mobilité au sein des formations, l’institution scolaire doit se doter, en plus des moyens matériels, de nouvelles structures nécessaires à son renforcement. L’UNL propose ainsi le développement des lycées regroupant les trois voies : générale, technologique et professionnelle afin de tendre vers une meilleure mixité sociale mais aussi et surtout de modifier la finalité dans notre orientation. En effet, le Lycée Polyvalent prendrait enfin en compte la formation sur la durée afin de dégager des perspectives pour les élèves. Il doit, par exemple, permettre à un élève de qui a obtenu son Bac-pro de continuer ses études dans le même lycée en passant son BTS. De même, le lycée polyvalent faciliterait la mise en place de passerelles entre les filières. La réunion des voies permettra en effet de faciliter le changement d’orientation et ce dans le même établissement. Ce type de lycée doit rester à dimension humaine et ne peut dépasser le millier d’élève.

b. Généraliser les Maisons des Lycéens que nous gérions nous-mêmes Le lycée est, à l’heure actuelle, trop souvent considéré comme uniquement un simple lieu d’études. Or, trop souvent, la vie lycéenne est très peu mise en valeur alors qu’elle permet d’apprendre autrement et ensemble ainsi que de développer la responsabilité du lycéen. Il est, dans ce sens, primordial de mettre en avant la vie associative ainsi que l’engagement lycéen nous permettant de prendre du plaisir à venir étudier favorisant notre réussite scolaire. Ainsi, le processus de réforme du lycée doit permettre de remplacer les foyers Socio- Éducatifs par des Maisons des lycéens : structures gérées par et pour les lycéens. Ceci favoriserait la mise en dynamique des lycées et des lycéens et de permettre de responsabiliser les élèves. Pour amener les lycéens vers l’investissement associatif l’UNL revendique une généralisation et une évolution des MDL. c. Favoriser la participation des élèves aux élections pour créer les conditions d’un dialogue juste La démocratie lycéenne est encore trop souvent jugée comme désuète voire même inutile. La réforme en cours devra favoriser l’engagement de tous les lycéens dans la vie de leur lycée afin que celui-ci ne reste pas uniquement un lieu d’étude. Cette réforme devra donner du sens à la démocratie lycéenne en reconnaissant les élus par un statut particulier. Elle doit prendre toute sa place dans le futur lycée afin de porter quotidiennement la voix lycéenne. Aujourd’hui, force est de constater que les élèves ne s’impliquent que très peu dans les élections de la démocratie lycéenne, par manque d’informations. Cela s’explique souvent par la passivité des administrations face à ces élections. En effet, elles ne s’impliquent que très rarement et ne diffusent pas les informations concernant les lieux, dates, enjeux et candidats à ces instances. Pour que ce déficit d’informations soit corrigé, il faut que les premières séances d’Éducation Civique Juridique et Sociale (ECJS) soient consacrées à la découverte de ces instances et à l’apprentissage de leur fonctionnement. Il est aussi nécessaire que l’administration s’implique dans ces élections en distribuant de la documentation et en informant des modalités (heure, date et lieux) des élections.


d. Valoriser les instances de vie lycéenne et leurs délégués pour donner une voix aux lycéens Toutes les instances auxquelles sont amenés à siéger les lycéens n’ont qu’un rôle consultatif. Celui-ci est souvent confondu avec un rôle de spectateur. En effet, certains CVL et CAVL ne sont pas assez consultés, ni assez écoutés, ni même assez réunis au sein de leurs lycées ou de leurs académies. C’est pour éviter ce genre de situation qu’il faut que les instances de vie lycéenne soient revalorisées en leurs donnant un réel pouvoir décisionnel et non plus uniquement consultatif afin que la voie des lycéens ne puisse plus être ignorée. C’est pour cela que ces instances doivent avoir des échéances de réunion fixes d’au moins une fois tous les deux mois pour les CVL et d’une tous les trois mois pour les CAVL. De plus, les élus lycéens ne peuvent mener à bien leurs mandats sans certains outils tels que de la documentation, un accès facilité à internet, une aide relative de l’administration ou encore la création de fonds de vie lycéenne (FVL) gérés par le CVL. Aussi, une réforme du Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) est nécessaire ; la reconnaissance des organisations lycéennes au cours de l’élection est essentielle à la démocratisation du scrutin de cette instance. Les Élus au CSE ne doivent plus être élus indépendamment de leur organisation. Les électeurs voteront pour une organisation, ses convictions et son programme et non spécifiquement pour une unique personne. La distribution des sièges dévolus aux lycéens au CSE doit se faire à la proportionnelle des votes obtenus par chaque organisation. De plus, seuls trois lycéens sont présents au CSE avec la tâche de représenter au mieux plus de deux millions d’élèves. C’est pourquoi, l’UNL demande l’ajout de deux sièges dévolus aux lycéens au CSE permettant un débat plus large et une meilleure représentation lycéenne.

e. Rapproche les CVL des lycéens pour qu’ils répondent aux enjeux perçus Un CVL plus proche des lycéens doit être un CVL plus représentatif. Cela passe par le renouvellement de 5 sièges du CVL par tous les lycéens et tous les ans. Les candidats à ces postes doivent disposer d’une « journée élection » au cour de laquelle ils se présentent oralement devant l’électorat au grand complet. C’est à l’issu de cette journée que le vote doit être fait. Les élèves qui élisent leurs représentants doivent être pleinement conscients des enjeux de ces élections, c’est pourquoi l’administration doit distribuer des documents expliquant les enjeux de la démocratie lycéenne quelques jours avant les échéances électorales. f. Apporter aux élus la formation qu’ils sont en droit d’attendre Pour pouvoir exercer au mieux leur mandat, les élus lycéens doivent disposer d'une formation complète, tant sur le plan pratique, que théorique. Actuellement, les élus se forment "sur le tas" ou demandent conseil à d'anciens élus. Une véritable formation dispensée au début du mandat des élus permettrait d'assurer un meilleur fonctionnement des instances lycéennes. Cette formation doit se dérouler sur huit heures très peu de temps après l’élection des représentants et doit permettre de répondre à toutes les questions des lycéens ainsi que de les informer sur leurs droits. Cette formation doit expliquer le fonctionnement des différentes instances concernant le lycée, ainsi que des éléments plus pratiques ; comment prendre la parole, comment faire l’intervention la plus précise et la plus concise possible...


g. Garantir et diffuser les droits lycéens pour qu’ils soient enfin respectés Dans le système éducatif actuel nous remarquons que les droits lycéens sont trop souvent bafoués et peu connus que se soit des lycéens, des enseignants voire même des administrations. Cette méconnaissance est très clairement exposée au quotidien dans la vie d’un lycéen mais aussi lors des mouvements sociaux. LE respect des droits lycéens est fondamental dans l’apprentissage de la citoyenneté, le lycée doit être un lieu où les lycéens apprennent qu’ils possèdent des droits comme des devoirs notamment les droits fondamentaux de publication, d’affichage, de réunion et d’association. La future réforme du lycée doit mettre en avant les droits lycéens existants et permettre l’apprentissage de ceux-ci afin que les lycéens prennent conscience de l’intérêt d’avoir des droits et des devoirs surtout dans une société trop souvent fermée à la jeunesse. C’est pourquoi l’UNL demande à ce qu’il y ait une charte des droits lycéens qui soit distribuée en même temps que le règlement intérieur et que les heures d’ECJS permettent l’apprentissage de ces droits.

h. Créer de nouveaux droits lycéens pour répondre au malaise des jeunes Le manque de droits qu’on les lycéens ne leur permette pas de prendre réellement en main leur scolarité. Le droit d’accéder à la culture n’est pas inscrit dans le code de l’éducation alors que c’est un droit fondamental à tout individu. Ce droit doit se concrétiser notamment par le biais de la création d’une Carte Nationale Lycéenne (CNL) permettant l’accès gratuit aux musées, aux différentes expositions, des réductions d’accès au cinéma… Aussi, les droits à l’autonomie et à l’émancipation doivent être intégrés à ce code permettant à chaque lycéen d’affirmer son indépendance notamment en cas de rupture familiale ayant des conséquences importantes sur sa scolarité. Ces droits doivent être mis en place par le biais de la CNL qui devra permettre aussi des réductions dans différents centre de restauration, par le biais du FSL, par le biais du développement du SAS et du SPO et par la formation citoyenne particulièrement faite en cours d’ECJS… permettant à tous de réussir ses études, son passage dans l’enseignement supérieur et dans sa vie professionnelle. i. Créer un Statut Lycéen pour garantir les mêmes droits à tous Afin que la jeunesse et particulièrement les lycéens puissent pouvoir s’exprimer librement et peser dans les débats qui les concernent, mais aussi pour favoriser l’application des droits d’accès à la culture, à l’autonomie et à l’émancipation, la reconnaissance d’un véritable Statut Lycéen est nécessaire. En effet, nous sommes de « jeunes travailleurs intellectuels » et de ce fait, outre le droit syndical, un statut doit être donné à tous au même titre que le statut étudiant assurant une gratuité du système éducatif passant par une augmentation des aides sociales pour que chacun ait accès à l’éducation quel que soit son niveau de revenus, la gratuité des transports les jours de classe et un « pass’culture » devra être intégré à ce statut permettant des tarifs préférentiels dans les spectacles, les cinémas, les librairies… il doit également permettre la mise en avant de la responsabilité du système éducatif de nous offrir les outils nécessaire pour construire notre orientation en connaissance de cause, il doit garantir le respect systématique de tous les droits réglementaires des lycéens et la valorisation des initiatives de ceux qui s’investissent dans la vie du lycée : élus, responsables associatifs… Surtout ce statut doit permettre la reconnaissance du droit syndical des lycéens qui marquera enfin une prise en compte de notre souhait à participer activement à la préparation des décisions qui nous


concernent ; enfin la reconnaissance du Statut lycéen est une nécessité pour que, dans le cadre de notre droit syndical, nous puissions nous organiser afin de défendre nos intérêts dans le cadre d’un syndicalisme organisé et progressiste.


3. Rendre possible l’insertion professionnelle a. Créer un Service Public d’Orientation pour un suivi individualisé des parcours L’orientation est un sujet qui nécessite une très grande attention. L’ensemble de la communauté éducative s’accorde à dire qu’il y a un réel problème dans le système d’orientation actuel que ce soit du passage de la 3ème au lycée, de la terminale dans l’enseignement supérieur voir même des BTS ou classes prépa vers d’autres filières de l’enseignement supérieur. Aujourd’hui, l’information qui est dispensée aux collégiens ou aux lycéens est beaucoup trop disparate et provoque un effet « jungle de l’information » qui a des conséquences non négligeables sur le processus d’orientation. A cela se rajoute le problème que représente la domination des organismes privés dans le domaine de l’information sur les différentes voies d’orientation correspondant à une logique de marché incompatible avec les exigences d’objectivité nécessaires à la meilleure information possible sur l’orientation. Ainsi, nous regrettons le manque de suivi personnalisé des élèves dans leur parcours scolaire. En effet, un élève à qui il est possible d’avoir plusieurs rendez-vous avec un Conseiller d’Orientation Psychologue (COPSY) devient chanceux. Le constat est trop souvent fait d’un manque conjoncturel de COPSY dans les établissements scolaires (souvent 1 par établissement) remettant le plus souvent au professeur principal le devoir d’une gestion quasi complète de la plupart de ses élèves alors que ce dernier n’y est pas formé. C’est pourquoi l’UNL revendique la création d’un Service Public d’Orientation (SPO) doté de moyens suffisants à son fonctionnement permettant d’assurer à tous une orientation choisie et non subie. Il devra délivrer une meilleure formation des COPSY notamment en les spécialisant par voies (générale, technologique et professionnelle) tout en gardant une formation générale indispensable. Afin de répondre aux attentes des lycéens, il est nécessaire que le nombre de COPSY soit revu à la hausse dans le but d’améliorer la qualité de leurs interventions auprès des élèves, ainsi qu’une plus grande capacité de dialogue avec tous les lycéens. Ensuite, le SPO devra augmenter le nombre de CIO, mais aussi mieux les répartir sur le territoire, afin que tous les lycéens de France puissent y avoir accès. Aussi, il devra comprendre une plateforme internet, regroupant toutes les informations concernant les formations post-bac, un site de référence sur lequel les élèves pourront se renseigner et en savoir plus. Et enfin, le SPO devra offrir, en plus des stages, des journées d’immersion dans des classes de niveau supérieur, afin de s’imprégner pleinement de l’ambiance d’une série, de ce que l’on y apprend, de la quantité de travail à fournir, et pourrait même être décisive pour l’élève lui-même. b. Décloisonner les filières pour mettre fin aux choix déterminants de fin de Troisième Le passage de la troisième au lycée n’est pas toujours évident. Beaucoup de collégiens sont mal orientés, ce qui n’est évidemment pas vecteur de réussite scolaire. De plus, nous voulons que nos choix soient des choix réfléchis mais non irréversibles. A l’heure actuelle, le système éducatif ne permet pas de revenir sur des choix d’orientation qui ne nous conviennent finalement pas. Les seules solutions : le redoublement et la réorientation nécessitant la perte d’une année entière. C’est pourquoi l’UNL revendique la création d’un stage en 3ème de quelques jours en lycée général, technologique et/ou professionnel qui pourrait permettre au collégien de se faire sa propre idée sur chaque filière et ainsi s’orienter plus intelligemment. Aussi, nous demandons la mise en place de passerelles entre les filières et ce à tous les niveaux.


c. L’école Républicaine doit aussi former des citoyens européens Pour notre génération, l’Europe est aujourd’hui une évidence, mais ses institutions restent floues, éloignées de notre réalité quotidienne, à la fois par la réforme du lycée, mais aussi par un travail au niveau européen, il est essentiel de travailler à la réduction de cette distance. C’est pourquoi il est, notamment, essentiel d’augmenter le budget européen alloué à l’éducation. De plus, la construction européenne ce faisant, la réforme du lycée doit permettre une formation continue, progressive et réelle des futurs citoyens européens. Cette formation passe par un enrichissement des programmes scolaires notamment d’histoire géographie et d’ECJS. Ces derniers doivent comporter une dimension européenne supérieure à celle symbolique enseignée actuellement. L’histoire de la construction de l’Union Européenne, des entités nationales européennes ainsi que leur géographie doivent être apprises de manière étalée sur les trois années de lycée. De la même manière l’enseignement de la littérature et de l’art en général doit être internationalisé et ce dans toutes les voies : Générale, Technologique et Professionnelle. L’UNL demande donc que dans cette réforme soit donnée la définition d’un cadre commun de formations afin d’être à la base d’une politique éducative européenne d’acquisition d’une culture commune. d. Développer l’apprentissage des langues étrangères : un enjeu en soi Dans le souci de faire prendre conscience et d’intégrer les lycéens à la communauté européenne, nous devons revoir le système d’apprentissage des langues en France. L’UNL demande à ce qu’une initiation aux langues soit commencée plus tôt, dès l’école primaire, par des enseignants ayant eu une formation pour ceci au préalable. Au sein des lycées, les cours de langues doivent avoir systématiquement lieu en groupes réduits, en dessous de quinze élèves, ce qui favoriserait leur participation orale. Par ailleurs, les cours d’histoire en Langue Vivante numéro un (LV1) ont vocation à être généralisés à tous les élèves. Dans cette optique, la formation des professeurs de langue doit notamment être revue particulièrement sur l’utilisation des outils pédagogiques. e. Etre à l’origine d’un système de représentation démocratique lycéenne en Europe La démocratie européenne peut être un outil pertinent pour porter la voix lycéenne au niveau européen. Ainsi, les élus au Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) devraient siéger de droit au Parlement Européen de la Jeunesse (PEJ). A termes, une instance de la démocratie lycéenne travaillant à l’harmonisation des normes de scolarité et qui aurait un pouvoir décisionnel sur les questions pédagogique, sur les questions juridiques ainsi que sur les questions de vie lycéenne.

f. Impulser une harmonisation des systèmes éducatifs européens pour une meilleure reconnaissance des diplômes La réforme devra être en capacité de créer une impulsion européenne afin qu celle-ci s’engage dans le sens de l’harmonisation des droits et des conditions d’études des lycéens ainsi que des contenus. Ainsi, le programme d’histoire géographie devrait être commun à tous les élèves européens en conservant toutefois des spécificités nationales. Cela implique une reconnaissance


des diplômes et de fait un cadre européen de formation avec un socle commun européen de connaissances. g. Développer la mobilité européenne pour un lycée européen Dans la perspective d’une meilleure ouverture à la culture et aux langues étrangères, l’Europe doit également permettre aux lycéens une meilleure mobilité. En effet, les voyages scolaires doivent être généralisés, les professeurs accompagnateurs n’y étant pas considérés comme bénévoles mais bien comme des travailleurs et le voyage comme un outil d’apport culturel. Toutefois les conditions familiales et sociales des lycéens doivent en aucun cas être une barrière d’accès à ces voyages. De plus, les séjours de longues durées doivent être favorisés permettant un meilleur apprentissage des langues et des cultures. S’impose ainsi, dans le paysage éducatif, la création d’un Erasmus Lycéen avec hébergement en famille d’accueil. Ces séjours devraient être par ailleurs subventionnés par l’Union Européenne, proportionnellement au coût de la vie dans le pays. Ces séjours devraient contribuer au dépassement de la barrière de la langue via notamment l’harmonisation des programmes scolaires demandés (voir – 8.4). L’ouverture du lycée français sur l’international est une de ces carences et une des priorités à affirmer, de par l’importance de l’apprentissage des langues ou de la mobilité et d’un enrichissement culturel le plus large possible, tous ces éléments faisant partis de la construction intellectuelle et de l’émancipation de chaque lycéens.


CONCLUSION Nos propositions visent donc à remettre le lycée à jour de l’époque dans laquelle nous vivons. Fortement déçus par la dernière tentative de réforme, les lycéens attendent à présent du gouvernement de vraies réponses sur le projet éducatif qui leur est soumis. Cette mobilisation et cette inquiétude de la jeunesse montre bien l’importance de cette réforme pour l’avenir de notre société. S’il s’obstine à ignorer les nombreuses interpellations de la communauté éducative, le gouvernement prend lui-même le risque de voir une échouer nouvelle tentative de réforme. Dans l’élaboration et l’application de cette réforme, le contexte de crise dans lequel nous sommes aujourd’hui ne doit pas s’imposer ni comme prétexte pour une réforme idéologique basée sur des économies dans les services publics, ni comme obstacle à une réforme comblant les carences du lycée d’aujourd’hui. Au contraire, le gouvernement doit relancer la machine éducative française en investissant massivement dans l’espoir d’un avenir meilleur pour les générations à venir, et non s’entêter dans des logiques budgétaires à court terme. Ce n’est pas seulement le lycée, mais bien tout le système éducatif français qui montre aujourd’hui ses limites. De la maternelle à l’université, le gouvernement fait des réformes, mais ces réformes doivent être à la fois liés et cohérentes entre elles tout en garantissant la pérennité de l’éducation pour les générations à venir. Le malaise dans lequel est actuellement la jeunesse de notre pays, coincée entre précarité et inégalités, doit être soigné. Les générations à venir ne doivent pas être sacrifiées par la nécessité de faire des économies, mais au contraire, elles doivent être poussés vers l’avant pour garantir l’avenir d’une société dont tous les membres passent par le système éducatif. En conclusion, l’Union Nationale Lycéenne fait donc de la réforme du lycée non pas juste un enjeu pour le Ministre de l’Education Nationale, mais un enjeu pour l’avenir et la cohésion de notre modèle de société.


ANNEXES I) Combattre les inégalités au quotidien Le premier article de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen affirme que « tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Lutter au quotidien pour défendre ces valeurs est notre devoir. L’égalité républicaine représentée notamment par le principe d’école gratuite et laïque est aujourd’hui souvent remise en cause particulièrement au lycée qui n’arrive plus à faire fonctionner l’ascenseur social. Le lycée est trop souvent un lieu de reproduction sociale où les élèves issus des catégories sociales les plus défavorisées ont un taux de réussite inférieur aux autres. a. Le lycée de l’égalité, un caractère incontournable de toute réforme ambitieuse Devant ce constat, le gouvernement, qui met trop souvent en avant des « mesurettes », des gestes de charité, en faveur de « l’égalité », telle que la « discrimination positive », ne répond pas réellement aux besoins d’une société amputée par une crise sans précédent. L’égalité, audelà d’un principe, c’est un moyen d’établir une cohésion sociale qui doit favoriser le développement de l’individu au sien de la société. Dans ce contexte économique, social et politique où l’on observe de nombreuses suppressions de postes (plus de 45 000 depuis 2002), où certains lycées se « ghettoïsent », où certaines filières sont rejetées… il est temps de se préoccuper de l’égalité dont on parle tant mais pour laquelle on fait si peu. C’est pourquoi l’UNL demande au gouvernement de changer de cap et d’investir massivement dans l’éducation national et dans l’enseignement supérieur afin de résoudre la crise et de permettre à tous les lycéens de réussir pleinement leur scolarité.

b. Soutenir financièrement les élèves en difficulté scolaire et financière pour que la crise économique et sociale ne creuse pas les injustices au lycée Nous devons aujourd’hui donner les moyens au lycée d’apporter les aides nécessaires aux élèves. Aides scolaires, d’une part, aux élèves les plus en difficultés afin de créer une égalité par le haut et d’amener l’ensemble d’une classe d’âge à un taux de réussite au baccalauréat supérieur à 80%. Ainsi, de véritables moyens financiers et humains doivent être apportés dans le Cadre du Service d’Aide Scolaire (SAS) encadré par des enseignants détachés pour ce dernier et ayant une formation préalable à celui-ci. D’autre part, dans ce contexte de crise économique et sociale qui ne cesse de se renforcer particulièrement par la montée du chômage conjoncturel et des emplois précaires, les aides sociales qui sont encore inadaptées et mal conçues fonctionnant notamment via un plafond au dessus duquel les lycéens ne touchent rien doivent être de nouveau réfléchies et développées. C’est pourquoi l’UNL demande qu’il soit mis en place des aides sociales progressives sans plafond permettant qu’il n’y ait pas de lycéens dont le revenu de leurs parents dépasse de quelques euros ce plafond ne touchent rien. De plus, il est nécessaire d’augmenter le montant des bourses et d’abaisser le seuil d’attribution de ces dernières. Le montant des bourses doit être indexé sur les fluctuations du pouvoir d’achat des ménages, de même pour l’Allocation Rentrée Scolaire. Aussi, nous demandons la gratuité totale des transports les jours de classe et que des aides sociales soient accordées sur critères sociaux pour atteindre une gratuité des


transports pour les familles les plus en difficulté. Enfin, l’UNL demande à ce que une information soit apportée à tous les élèves sur le Fond Social Lycéen (FSL) qui peut apporter une aide exceptionnelle aux lycéens en difficultés sociales ou financières permettant à ces derniers de sortir de cette impasse et de pouvoir assurer sa scolarité dans de bonnes conditions.

c. Favoriser l’émancipation et la prise d’autonomie des lycéens pour les préparer à la vie adulte L’environnement social influe directement sur la scolarité et la réussite des élèves. Au-delà des conditions économiques des élèves et de leurs familles, c’est la reproduction sociale qu’il faut combattre. La culture offre un « bagage » indispensable pour entrer dans le monde du travail : c’est cette fonction de transmission d’une culture commune, via un socle commun de connaissance, qui doit permettre à l’école de se positionner comme un lieu de socialisation. Les ruptures familiales qui peuvent avoir lieu ne permettent pas aux lycéens une utilisation des bourses qui leur sont dédiées, c’est pourquoi il est essentiel de permettre à chaque lycéen d’avoir un accès facilité à la culture, à la restauration… en dehors du cercle familial. Il existe aujourd’hui une carte lycéenne qui semblerait vouloir permettre cet accès mais qui, dans la réalité, ne le permet pas. C’est pourquoi il faut aller plus loin, sur le modèle de la carte étudiante, en créant une véritable Carte Nationale Lycéenne qui soit en relation avec le Statut Lycéen permettant l’accès gratuit aux musées, à certaines expositions, des réductions au cinéma, des réductions dans certains centres de restauration… Favorisant l’émancipation et une prise d’autonomie de chaque lycéen. d. Combattre les discriminations pour garantir le droit à l’éducation Pour un lycée de l’égalité, il faut un lycée de la mixité sociale. C’est pourquoi il est essentiel de s’engager pour une meilleure intégration des élèves handicapés. Les élèves en situation d’handicap doivent pouvoir accéder à la même éducation que tous. Ainsi, une augmentation des moyens accordés aux lycéens handicapés et notamment à leur encadrement est nécessaire. Le Assistants de Vie Scolaires (AVS) doivent voir leur nombre augmenter par établissements, les moyens techniques (ascenseur, voie d’accès aux fauteuils roulants…) doivent se développer afin de donner aux élèves les mêmes chances de réussites qu’aux autres élèves. De plus, pour ce lycée de l’égalité un travail d’information et de renversement du stigmate social sur la question des LGBT-phobies (lesbo-gay-bi-transphobies) doit se développer afin que les lycéens homosexuels ne soient ni jugés, ni discriminés et qu’ils aient les mêmes conditions d’études permettant leur réussite scolaire. L’essor des Interventions en Milieu Scolaire (IMS) est nécessaire dans ce combat contre les discriminations.

e. Conserver la carte scolaire, seule garantie de la mixité sociale Le démantèlement de la carte scolaire mené par la politique éducative du gouvernement doit cesser afin de favoriser la mixité sociale dans l’ensemble des lycées. L’homogénéité sociale qui se créée actuellement dans les lycées est un obstacle à la réussite scolaire de beaucoup et à la diminution des discriminations au sein de la société. L’UNL demande à ce que la carte scolaire soit conservée dans un souci d’égalité entre les établissements en entre les élèves mais doit être réformée pour prendre en compte les changements sociaux sectoriels afin de promouvoir et de garantir de nouveau une véritable mixité sociale nécessaire à la démocratisation de la société. Aussi, dans le même sens, la forme du lycée actuel doit évoluer. Une généralisation de


la polyvalence des lycées semble fondamentale, ceci nécessitant d’investir massivement dans l’éducation nationale qui permettra ce changement structurel au niveau national.

f. Rester inflexible sur le caractère gratuit et laïc du service public, pour une Ecole de la République L’École Républicaine doit être l’école de tous, elle doit être l’école de la réussite, elle doit l’école de la société. Nous pouvons remarquer qu’il y a un renforcement de l’école privée et ce du fait que de plus en plus de parents, à la vue du manque de moyens financiers et humains accordés à l’école publique, préfèrent inscrirent leurs enfants dans les écoles privées. De plus, l’État, de part ses politiques de désengagement progressif des services publics et notamment du Service Public d’Éducation, diminue d’année en année les moyens accordés à l’éducation nationale et à l’enseignement supérieur. C’est pourquoi, dans le souci de faire vivre l’école républicaine et le service public d’Éducation, l’UNL demande à ce que l’état cesse d’apporter des moyens financiers aux écoles privées et de les apporter à l’école publique qui reste encore aujourd’hui le meilleur facteur d’intégration sociale, de socialisation et qui doit le rester.

II) Prendre conscience des problèmes de santé chez les lycéens La question de la santé chez les lycéens pose aujourd’hui bon nombre de problèmes. Cet âge est en effet celui du passage à l’âge adulte, c'est-à-dire celui de l’acquisition de l’autonomie. C’est à cet âge que de nombreuses questions viennent perturber le quotidien des lycéens et auxquelles les parents n’ont pas toujours de réponses et ne sont pas les mieux placés pour y répondre. L’éducation à la santé est souvent réduite à quelques heures de cours tout au long de la scolarité alors qu’en celle-ci résident bien souvent des réponses aux problèmes de la société.

a. Permettre un accès aux soins adapté aux besoins des lycéens Les jeunes voulant préserver leur intimité vis-à-vis de leurs parents n’ont pas toujours d’interlocuteurs nécessaire pour apporter les réponses à leurs questions. C’est pourquoi il faut augmenter le nombre de médecins et d’infirmières scolaires ainsi que le nombre de psychologues, et ce à plein temps, dans les établissements permettant de déceler certains problèmes qu’ils soient de nature psychologique ou de nature physique. Aussi, ces derniers doivent être formés continuellement afin de rester en adéquation avec le milieu lycéen et ne pas s’en écarter ne pouvant plus apporter de réponses pertinentes aux questions et problèmes des lycéens. L’État doit installer un véritable système de santé aux seins des lycées cela pouvant passer notamment par la possibilité pour les lycéens de s’inscrire à une sur complémentaire mutuelle lycéenne permettant à ceux-ci d’accéder à des ressources médicales non remboursées ni par la sécurité sociale ni par les mutuelles que peuvent détenir certaines familles. La question de l’égalité face aux soins est également à aborder. En effet, il existe en France, et notamment chez les jeunes, de nombreuses inégalités quant à l’accès aux soins, certains allant jusqu’à être contraint de refuser les soins. De plus la question de l’autonomie est aussi au cœur des problèmes de santé des lycéens. Il est en effet techniquement difficile pour un lycéen


d’avoir accès aux soins indépendamment de leurs parents. Problèmes de transports, problèmes financiers, médecin familial sont autant d’obstacles à l’émancipation pourtant nécessaire des lycéens, afin de préserver leur intimité.

b. Faire d’une politique de prévention un outil d’apprentissage de la citoyenneté Les années lycées sont une période durant laquelle les jeunes sont encore en doute sur de nombreux points, d’où l’importance de mener une prévention constante et continu concernant de nombreux sujets que ce soit la sexualité, les différentes addictions notamment aux drogues, la sécurité routière… afin d’empêcher de nombreux de risques. Face à tous ces problèmes, l’État doit aujourd’hui apporter des réponses afin de ne pas sombrer dans une phobie de la santé et qu’elle ne devienne pas, au final, un sujet tabou. Ces réponses doivent passer par un apprentissage de la santé, de dangers et des soins qui sont en corrélations avec celle-ci ; cet apprentissage devant ce faire dans le cadre du lycée permettant aux lycéens de trouver des réponses concrètes à ses questions et de ne pas le laisser dans le doute qui mène à fortiori en danger. Le lycée doit se développer largement dans cette optique de prévention continue, car les différentes préventions qui peuvent être menées actuellement sont d’une part trop peu fréquentes et d’autre part trop peu pédagogiques poussant les lycéens à se désintéresser de tout cela. L’UNL demande à ce qu’il y ait une fois par mois des actions de préventions qui soient mises en place sur différentes thématiques ainsi que sous différentes formes pour solliciter au mieux l’intérêt des lycéens. Le développement de réunions entre lycéens afin de discuter des différents problèmes liés à la santé peut être intéressant sans omettre que l’administration ne doit pas se substituer par des réunions entre lycéens.

Qu'allons nous faire du lycée du XXIème siècle?  

Dossier de proposition de l'Union Nationale Lycéenne pour la réforme du lycée (2009)

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