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AVENIR 1040 - Septembre 2008

Edito ’Avenir Calédonien est resté trop longtemps absent du paysage politique et médiatique de notre Pays. 2008 sera donc l’année de la relance de votre journal, car à chacune de nos rencontres, en Congrès ou en Comité Directeur, les militants n’ont de cesse de réclamer la parution régulière de notre journal, c’est ce à quoi le bureau du Mouvement va s’attacher. Pour cette publication, l’Avenir Calédonien se doit de revenir sur deux étapes importantes et fondamentales de l’histoire politique et institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie. Il s’agit d’une part de l’élection du Conseil de gouvernement Lenormand, le premier exécutif calédonien et d’autre part du gouvernement Tjibaou ; c’était il y a respectivement 50 et 25 ans ! L’année 2007 aura été, à plus d’un titre, une année exceptionnelle. — Sur le plan politique d’abord, dès le mois de février, le Parlement français réuni en Congrès à Versailles a définitivement rétabli la conception figée du corps électoral citoyen de la NouvelleCalédonie, donnant par la même occasion totalement raison à la position défendue par le FLNKS. Par ailleurs, au mois de juin, dans la foulée des élections présidentielles, le FLNKS, groupé aux législatives, a obtenu des résultats électoraux remarquables, prouvant une fois de plus que sur l’échiquier politique local, il faut encore et toujours compter sur le Front de Libération Nationale Kanak Socialiste. Sur cette lancée le FLNKS s’est enfin retrouvé en Congrès à Nakéty-Canala le 8 décembre sur le thème des municipales, pour évoquer son organisation et pour préparer le Comité des signataires du 20 décembre 2007 à Paris. Une forte délégation du FLNKS a ainsi participé à cette rencontre à Matignon sous l’égide du Premier ministre. — Sur le plan économique, 2007 a été l’année de lancement décisif de la construction de l’usine du Nord, le nouveau partenaire de la SMSP, le Suisse XSTRATA a en effet fermement indiqué sa volonté de s’engager dans ce projet industriel. S’agissant de l’économie de notre Pays, l’année 2007 peut être qualifiée d’extraordinaire, car des secteurs essentiels comme la mine, la métallurgie et le BTP

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sont en plein développement portant la croissance économique de la Nouvelle-Calédonie aux alentours de 7% . Le rendement fiscal global de la Nouvelle-Calédonie a de ce fait atteint des niveaux records, rarement connus auparavant, à l’exemple des principaux impôts qui affichent des fortes augmentations par rapport à 2007 (impôt sur les sociétés minières et métallurgiques +14,4 milliards, impôt sur les sociétés +3,5 milliards, impôt sur les revenus des personnes +2,4 milliards). Le budget de la Nouvelle-Calédonie adopté en décembre par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie explose carrément ! Son montant est de plus de 159 milliards, soit une augmentation de +23% par rapport à 2007. Cette richesse économique va bien évidemment profiter aux provinces et aux communes dont les dotations vont évoluer de +28% en 2008 ! De grands chantiers nous attendent cette année. Nous serons à mi parcours de l’Accord de Nouméa, soit 10 ans d’application de ce cadre institutionnel. Des étapes essentielles de cet accord vont être abordées, ce sont entre autres, pour ne citer que les plus importants, le schéma de mise en valeur des richesses minières, le schéma d’aménagement et de développement de la Nouvelle-Calédonie, les transferts des compétences et des parts détenues par l’État dans Enercal… L’Union Calédonienne sera également présente en mars 2008 pour participer aux élections municipales : à ce titre, la feuille de route du Mouvement est celle qui a été définie par nos derniers congrès et en particulier les congrès de Nouméa - KO WE KARA - de Boulouparis et de Wakoné à Maré. L’Union Calédonienne en 2008, avec ses élus au gouvernement, au congrès de la Nouvelle-Calédonie, dans les provinces et les mairies, poursuivra le travail pour le bien-être des populations de notre Pays et une meilleure prise en compte de leurs préoccupations. C’est à cet effet que le Mouvement

Les voeux du bureau En ce début d’année 2008, le bureau du Mouvement d’Union Calédonienne adresse à l’ensemble des citoyens de ce Pays et à nos militants, ses meilleurs vœux de santé, de bonheur et de prospérité. Nous formons le vœu que cette année nouvelle voit la concrétisation de tous vos projets personnels et professionnels. En ce début d’année, les responsables du parti, que vous avez désigné à Maré, vous encouragent à continuer à travailler pour le bien du Pays, à œuvrer chacun là où il se trouve, pour l’intérêt général conformément au projet politique que l’Union Calédonienne a toujours défendu.

soutiendra encore et toujours des sujets majeurs tels que la politique de rééquilibrage du Pays, le projet de réforme de la fiscalité du Pays, de la création de la couverture sociale généralisée, de la mise en place d’un code de l’environnement, de la création de dispositifs qui préservent les intérêts des générations futures. C’est pour cela que le parti s’organise aussi pour être présent dans les dossiers de l’Accord de Nouméa évoqués plus haut. Beaucoup de projets, d’échéances et de chantiers nous attendent ! A chacun donc de faire sa part de travail… à chacun aussi d’assurer et d’assumer sereinement et pleinement les missions et les responsabilités dont il a la charge au nom de l’Union Calédonienne.

Sommaire • Les institutions 2-3 • Le Mouvement 4-9 • Histoire 10-13 • Le F.L.N.K.S 14 • Le comité des signataires, lettre du Président de la république 15-16

L’AVENIR CALÉDONIEN

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Les institutions

Congrès de la Nouvelle-Calédonie

e projet de loi du pays qui est soumis à notre décision appelle quelques remarques sur la politique de l’Union Calédonienne en matière de mine et de métallurgie. C’est Jean-Marie Tjibaou qui fait procéder à l’achat, intervenu en 1990, de la SMSP, une société qui, alors, n'était propriétaire d'aucun titre minier. Beaucoup ont applaudi la bonne affaire effectuée par le vendeur et se sont moqué de la province Nord, acheteur au nom des Kanak. En 1997, l’Union Calédonienne, à l’instigation de Raphaël Pidjot, met en œuvre le préalable minier pour l'obtention de la ressource minière indispensable à la bonne marche de l'usine du Nord. On n’y voit qu’agitation insolente. L'accord de Bercy est pourtant signé et aujourd’hui le projet d'usine du Nord, tant décrié et décrit comme utopique, est une réalité. Depuis, et suivant la logique économique qui a sous-tendu l'achat de la SMSP, pour que la richesse minière issue de l'exploitation du patrimoine minier calédonien serve exclusivement au développement économique de la Nouvelle-Calédonie et à l'évolution sociale de ses populations, les équipes dirigeantes de cette société se sont attachées à structurer la SMSP pour en faire l'outil que l'on connaît aujourd'hui, performant, au service du développement de la province Nord et de l'ensemble du Pays. Aujourd’hui, la SMSP projette de regrouper ses titres miniers, hors Koniambo, réévalués

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Déclaration de l’Union Calédonienne sur la fiscalité minière et métallurqique à près de 35 milliards CFP, et de les apporter en actif au capital d’une société métallurgique localisée en Corée, ce qui lui vaudra d'en être le partenaire majoritaire à 51%, avec la perspective de plus-values intéressantes pour notre Pays. La Nouvelle-Calédonie ne peut plus se contenter de rentes minières. Notre Pays prétend à son autonomie financière. Dans cet objectif, le développement de la métallurgie est une nécessité avec la perspective de plus-values profitant majoritairement à notre Pays. C’est bien dans cet esprit que nous avons fait inscrire, dans l’accord de Nouméa, le schéma de mise en valeur des richesses minières. Onze ans plus tard, aucun projet le concernant n' a encore été soumis à la décision de nos assemblées. Différentes moutures ont pourtant été travaillées par le Gouvernement. Aucune n'était, à notre sens, assez ambitieuse pour notre Pays. Aucune ne faisait état d'une quelconque politique du Pays en matière de développement métallurgique, ni en terme de fiscalité minière pourtant essentielle à la mise en œuvre d'un développement durable au profit des générations à venir. En un mot, ces projets nous maintenaient dans l’immobilisme et dans une politique minière passéiste relevant de l'économie de comptoir. Nous demandons la reprise des discussions

Manifestation pour l’Usine du Nord en 1997

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sur l'élaboration d'un schéma plus novateur. Nous regrettons par ailleurs que le projet de loi qui nous est proposé aujourd’hui manque autant d'ambition, puisqu'il n’offre aux sociétés calédoniennes apporteuses de titres, qu’une participation minoritaire de 35% dans la constitution de sociétés métallurgiques. La réalité de la SMSP aujourd'hui, sous-tendue par une volonté politique claire et affichée, démontre pourtant, que dans les partenariats contractés avec des industriels mondiaux, Posco, Falconbridge à son époque, Xstrata aujourd’hui, le Pays est en mesure d'imposer sa position majoritaire à 51 % sur la base d'un patrimoine minier convoité. Sur ces bases, nous nous permettons d'inviter Monsieur le président de la province Sud dont nous déplorons l'absence, à tirer les enseignements de ces expériences pour une valorisation maximale de la ressource de Prony dans l'intérêt du Pays et afin d'éviter de réitérer les erreurs du passé. Hormis le point concernant les participations calédoniennes minimales à 35 %, l'Union Calédonienne considère que ce projet de loi du pays marque l'aboutissement d'un nouveau projet SMSP, un de plus dans la mise en œuvre des orientations politiques minières qui lui ont été assignées par le Peuple Kanak dans le cadre de son projet d'indépendance. Ce nouveau projet fait, encore une fois, la preuve que ces Kanak trop souvent et largement considérés comme des freins économiques et des provocateurs de désordre social, sont pourtant ceux qui ont su promouvoir une politique minière et métallurgique clairvoyante et moderne pour assurer la décolonisation et l’émancipation de l'ensemble de la population calédonienne. Une population qui va subir des mutations sociales bénéfiques, mais cependant brutales, consécutives à une montée en puissance subite de l'industrialisation de notre Pays. Aujourd'hui, il nous appartient de contrôler et d'organiser ces changements afin qu'ils soient vécus sans heurts. C'est donc en invitant les Calédoniens à tisser la toile de notre avenir dans la confiance en ces nouvelles perspectives que nous voterons pour ce projet.


Les institutions

Congrès de la Nouvelle-Calédonie

Déclaration de l’Union Calédonienne sur le budget primitif 2008 Le budget que nous allons examiner est le quatrième de cette mandature et le premier de l’accord cadre. En ce qui concerne son montant de 158 milliards, il est en augmentation de 23 %, par rapport à l’an dernier, ce qui est considérable. Mais lorsque le budget à répartir entre les provinces et les communes est retiré, il ne reste que 41,6 milliards. Ce qui reste très modeste par rapport à d’autres institutions. Le préambule du budget proposé par le gouvernement collégial présente cinq axes clairs et convaincants. On y perçoit l’implication volontaire du nouveau titulaire du budget au sein du gouvernement. Avec la direction du budget, il a réussi un pari difficile : préparer un budget cohérent en moins de quatre mois, tout en faisant avancer la réforme en cours par le développement des programmes qui en améliorent la transparence et l’efficience. Nous sommes d’accord sur les axes que sont la construction du devenir commun, la prise en compte du handicap et de la dépendance mais nous aurions préféré pour 2008, un financement sur subvention ; nous sommes d’accord sur le développement des compétences, sur la mise en place du schéma des transports routiers, sur l’effort pour un meilleur dialogue social et celui qui est fait pour préparer les jeux du Pacifique. Par contre, nous constatons avec consternation qu’il n’y a aucun crédit pour promouvoir une politique d’animation socioculturelle des jeunes. Certes, nous développons les structures judiciaires de réinsertion, mais il faudrait avoir les moyens d’apporter des réponses aux attentes des jeunes, au moins de celles qui vont ressortir de l’étude lancée

l’an dernier en réponse à la demande du conseiller Naisseline, mais dont on ne parle plus. Lors du dernier exercice, nous avions déclaré publiquement notre accord pour une forte participation du Pays aux jeux de 2011, et nous avions insisté sur l’importance de développer une politique du sport « pour tous ». Nous regrettons que ce souci ne soit pas vraiment partagé. En ce qui concerne les conditions de vie sociale de nos concitoyens, nous déplorons l’absence de mesures nouvelles fortes pour lutter contre la cherté de vie. Tous nos concitoyens qui ont de modestes revenus se plaignent de l’augmentation du coût de la vie car les prix montent en raison de la croissance, mais les salaires ne suivent pas le rythme de la croissance. Il y a encore trop de salariés qui doivent faire vivre leur famille avec un SMG à 120 864 F quand ce n’est pas avec moins du SMIG, parce qu’ils n’ont pas un temps complet. Enfin, et c’est bien là, la marque de l’accord cadre, le préambule n’a pas pu être lu en commission. Il a été purement et simplement passé sous silence, comme pour éviter toute discussion sur la politique budgétaire du Pays. Autre marque de la nouvelle gouvernance du Congrès, c’est la rapidité avec laquelle il a fallu étudier ce budget en deux semaines : comme si on voulait nous empêcher de débattre sur les problèmes de fond comme les recettes fiscales, le statut des élèves infirmiers ou les critères de subventionnement des radios renvoyé de budget en budget et jamais discuté. Nous rappelons à ce sujet la demande que nous avons faite l’an dernier : avoir un véritable débat d’orientation budgétaire avant la mise en route de sa préparation. Nous constatons que nous n’avons pas été écoutés. Or, si le budget est un acte politique majeur, ce n’est pas seulement en raison de son contenu et des ratios de ses dépenses, mais c’est autant par la structure de ses recettes. Nous nous félicitons que ce budget soit équilibré essentiellement avec nos recettes locales principalement fiscales. La Nouvelle-Calédonie peut être fière de cette capa-

cité budgétaire ainsi que de sa balance commerciale qui va être équilibrée à 86,9%. Même la France pourrait nous envier cette situation. Mais nous ne devons pas nous réjouir trop vite : tout ceci n’est possible que parce que le cours du Nickel, malgré sa baisse, est encore exceptionnellement élevé et produit de forts bénéfices générateurs d’impôt direct. Nous ne devons pas oublier que notre prospérité est très conjoncturelle. Rien ne nous garantit qu’il en sera de même dans cinq ans. Grâce à cette situation, la part d’impôts directs représente 55% des recettes du budget de « répartition », mais que 46% du budget « propre », cela signifie que le poids des impôts et taxes indirects, et particulièrement de la TSS, est encore trop lourd. Chacun sait que les impôts indirects frappent aveuglément tous les citoyens, quelque soit le niveau de leurs revenus. Il en résulte que la collectivité encourage une mauvaise répartition des richesses. C’est la raison pour laquelle nous sommes opposés à la TSS qui ne touche pas tous les revenus, mais ponctionne injustement les familles nombreuses qui ont souvent de faibles revenus et ont besoin de services, comme tout le monde. Depuis 2001, nous avons fait plusieurs propositions pour modifier cette situation mais les majorités successives ont refusé d’en discuter. Parce que vous avez maintenu la TSS, parce que vous n’avez pas conduit la réforme fiscale globale promise, parce que nous sommes favorables à une politique fiscale moderne et plus équitable, basée sur la faculté contributive de chaque concitoyen, parce que nous voulons de réelles mesures contre la vie chère, nous voterons contre ce budget.

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Le mouvement

Le Congrès Union de Calédonienne

ème

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Uanelo - Imaginer

Congrès de l’Union Calédonienne Therelo - Inventer

Ruaconelo - Créer

Les membres du Bureau

Président : Charles Pidjot Vice-président : Alphonse Dayé Commissaire général : Daniel Goa Commissaire général adjoint : Joseph Meindu-Poveu Secrétaire général : Gérard Reignier 1er secrétaire général adjoint : Gilbert Tuyenon e 2 secrétaire général adjoint : Didier Poiroi

Bélep (1) : ThaleJean-Marie (Teayouen Tobie) — Boulouparis (1) : Koimpy Fernand — Bourail (1) — Canala (5) : Nedenon Gaston, Jorédié Georges, Takamatsu Kaïd, Dianimoin Baptiste, Tonchane Xavier, (Souenon Joseph, Kenon Stanley, Oujanou Baptiste, Kenon Mibuka, Nohieux Daniel) — Dumbéa (1) : Theain Boanouma Eddy (Devath Marius) — Hienghène (1) — Houaïlou (1) — Iles des Pins (1) — Kaala-Gomen (1) — Koné (1) — Kouaoua (1) : Nomai Lucien (Thavovianon Luneau) — Koumac (1) — La Foa (1) — Lifou (5) : Wadriako Robert, Uregei Georges, Ajapuhnya Léonard, Elia Lizié, Hoane Nassalo (Xozame Tokié, Forest Joseph, Sio Philippe, Ihage Wadria, Kaqea Charles ) — Maré (4) : Wahéo Jean, Yeiwene Modeste, Guyette Edmond, Wiako Noë, (Wadrobert Gaston, Welepa André, Washoima Jean-Marie, Cawidrone Robert) — Moindou (1) — Mont-Dore (4) : Boano Jean, Moreo Jules, Lecren Anthony, Caillard Françoise (Cambo Ludivine, Boano Jessica, Tein Christian, Nonaro Roger) — Nouméa (2) : Katrawa Louis, Hmeun Gaston (Pidjot Nadine, Tavergeux Guy) — Ouégoa (6) : Tchoéaoua Jean-Claude, Pebou Yanhi Gustave, Danguigny Ghislain, Kana Marie-Claude, Thoé Odile, Pébou Polae Jean-Baptiste (Paibou oueone Clément, Poinioue Poigalou Odette, Malouma Julie, Pébou Hamen Mario, Tein Diong Hyppolite, Moueaou Louis) — Ouvéa (2) : Alosio Cyriaque, Deteix Jacqueline — Païta (1) — Poindimié (2) : Poidyaliwane Noël, Poapi Atewe Elna (Naud Paul, Lepeu Poapie) — Ponérihouen (1) — Pouébo (1) — Pouembout (2) : Tournabien Luc, Poadague Rosalie (Naouna Jean-Marie, Poarapoe-Sague Rosina — Poum (2) : Dahote Dick, Boaouva Claude (Dahote François, Boaouva Louis) — Poya (2) : Goro-Atu Jean Eddy, Goromoto Pascal (Winemou Catherine, Nekliai Dydime) — Sarraméa (1) — Thio (1) : Gnahou Jaïro (Toura Ghislain) — Touho (2) : Boano Antoine, Pabouty Raymond (Palaou Aline, Tyeou Marie-Thérèse) — Voh (1) : Maccam Douglas (Baraontant Jean-François) — Yaté (1).

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L’AVENIR CALÉDONIEN

Commissaires politiques désignés par régions Région Djubéa-Kapome : Christian TEIN et Joseph STRETTER Région Xaracuu : Patrick Toura et Fernand Koimpi Région Paici : Pierre Tutugoro et Richard Gohoup Région Ajie : Pierre Tutugoro et Richard Gohoup Région Îles : Alphonse Cawidrone, Marcel Kecine et Channel Kapoeri Région Hoot-Ma-Whaap : Cezelin Tchoéaoua et Christian Dahote

Délégués au comité directeur 2007-2008

Les membres de la commission exécutive Caroline Machoro, Roger Norraro, Jean-Pierre Deteix, Gaston Nedenon, Gabriel Boano, Théodore Moheamat, Athanase Teimboene, Emile Tahmumu, Jacques Xozame, Narcisse Boaouva.


- 1, 2 ,3 et 4 novembre 2007 - Wakone-Nengoné Le Congrès Union de Calédonienne

Le Mouvement

Délégués au congrès Bélep (2) : Thale Jean-Marie et Lifou (24) : Kokone Charles, Kokone Teyouen Tobie. Haïta, Hnaune Wauna, Ajapuhnya Ouégoa (28) : Pebou Yanhi Gustave, Philippe, Ajapuhnya Léonard, Sio Pebou Yanhi Edgard, Pebou Yanhi Gaël, Wamo, Hnepeune Néko, Forest Pebou Yanhi Doriane, Bokola Gilda, Joseph, Trupit William, Qazin Pebou Hamen Mario, Pebou Polaé Dramesuo, Hutini Stéphane, Kotra Jean, Pebou Polaé Elie, Dounara Jean, Uregei Kaetche, Wadriako Prisca, Daouilo Gilbert, Dianou Hnoija, Kecine Marcel, Guane Autrë, Stanislas, Dianou Irène, Dianou Lina, Hacema Tregölë, Kaloi Kanake, Bouavaia Nicolas,Bouavaia Salomon, Magulu Tino, Hoane Nassalo, Hnada Paama Evan, Paama Paulin, Danguigny Yvonne, Hnada Yohann, Bako Egöm, Ghislain, Kana Marie-Claude, Moueaou Forest Mickael. Louis, Moueaou Jean-Claude, Poum (10) : Boaouva Claude, Boaouva Pouemoin Ludovic, Tchoéaoua MadeLouis, Dahote Aldo, Tidjine Margareth, leine, Tchoéaoua Steeve, Daouili GwaTidjine Santana, Porou Dorothé, Boula naël, Bokola Aimé, Tein Poidjilima Elie, Boaouva Annie, Padome Yoan, Fabrice, Tein Boueonne Anathase. Dahote Roland. Boulouparis (2) : Poiroi Patricia et Maré (19) : Foute Justin, Wadrawane Koimpy Paulette. Whijue, Waziarima Lucien, Kaloi Poya (1) : Meandu Poveu Joseph. Gilbert, Ngadae Eusbé, Wacal Wadrobert Gaston, Ouvéa (7) : Atale Agathe, Souolou Joe, Wagada, Hwellia François, Bolo Victori, Itasseu Watheane Céline, Washetine Joseph, Philippe, Saiwaga Eliette, Kapoeri Washoima Jean-Marie, Guyette Meiné, Cinedrawa Jean, Pime Chanel. Hyppolite, Ngaihony Rose, Wiako Dumbéa (1) : Theain Boanouma Eddy. Charles, Guyette Thea, Wowene Tuan, Poindimié (7) : Poidyaliwane Noël, Yeiwene Steeve, Siwene Hélène. Poadyoo Moïse, Poaga Macario, Lepeu Poapie, Chiron Anna, Poadyoo Pouembout (8) : Waru Fabiola, Meindu Anna, My Marie-Jeanne, Poadague Albertine, Rosalie, Gorohouna Evelyne, Naboume Mickaël. Goromoto Angèle, Naouna Vanessa, Poarapu-Sague Rosina. Païta (1) : At-Chee Enzo. Kouaoua (4) : Nomai Lucien, Thavo- Canala (22) : Tonchane Xavier, Nonaro vianon Luneau, Homboe Albert, Nomai Jacques, Danimoin Jean-Baptiste, Chouron Jacqueline, Chouron Estelle, Maguy.

Chouan Adrienne, Cagou François, Oujanou Stanislas, Kenon Stanley, Cagou Pwakoé, Oujanou JeanBaptiste, Nonhieux Marie-Laure, Maramin Karmen, Natere Raymond, Taramoin Angie, Takamatsu Kaïd, Nondo Sylvie, Péthigou Gilda, Burupie Véronique, Burupie Karine, Moughe Yoanita, Souenon Joseph. Nouméa (9) : Poaniewa Milo, Hnepeune Xupa, Togolei Francky, Kausuo Makalué, Hmeun Gaston, Cortot Gérald, Tavergeux Guy, Hmeun Monique, Deteix Jean-Pierre. Voh (4) : Maccam Douglas, Poy-Yethy Paula, Baraontant Jean-François, Kedo Willy (Chevalier Simone). Hienghène (5/manque 2 noms) : Ouillatte Edouard, Thovet Zakarie, Goa Daniel. Mont-Dore (17) : Kameremoin Thierry, Lecren Anthony, Wamytan Théodore, Tein Désiré, Wamytan Nicole, Nemoadjou Jean-Charles, Norraro Roger, Palaou Laura, Moereo Jules, Norraro Alphonse, Kapetha JeanCharles, Kapetha Fatima, Cambo Ludivine, Tein Nicoletta, Boano Jessica, Boano Jean, Genet Noella. Touho (8) : Boano Aline, Bolo René, Palaou Hilarion, Tyeou Agnès, Torese Denis, Daoulo Joachim, Kothy Louis, Gohoup Richard. Thio (1) : Gnahou Jaïro.

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Le Mouvement

Le Congrès de l’Union Calédonienne

Motion de politique générale Considérant que l’Accord de Nouméa est l’outil conduisant à l’émergence de notre Pays souverain. Considérant la confirmation du Corps Electoral figé qui consacre la Citoyenneté du Pays, appelée à évoluer vers la nationalité. Considérant l’état d’avancement actuel de l’application de l’Accord de Nouméa mettant en œuvre la contribution et la responsabilité des partenaires de l’Accord de Nouméa ainsi que des institutions locales impliquées dans ce processus. Le 38ème Congrès Uanélo-Thérélo-Ruaconélo de Wakoné Nengone Confirme l’Accord de Nouméa dans ses dimensions politiques, économique, sociale et culturelle. Réaffirme que la construction du Pays exige l’application pleine et entière de l’Accord de Nouméa constitutionalisé. Rappelle les engagements de l’Etat pour la décolonisation du Pays, et à ce titre, lui demande : — d’activer la mise à jour des listes électorales spéciales pour les élections provinciales et d’organiser la constitution des listes électorales de sortie — d’élaborer, au plus vite, une organisation permettant le retour, dans les meilleurs conditions, des compétences ordinaires, — de procéder au transfert des outils économique et culturels nécessaires au développement du Pays, notamment ENERCAL dont la rétrocession constitue un élément essentiel de l’émancipation économique du Pays. Confirme l’implication des institutions de la NouvelleCalédonie dans le processus de l’Accord de Nouméa et leur demande, dans ce cadre, — d’instaurer rapidement les règles constitutives de l’Emploi Local — de créer la Carte Citoyenne en faveur des citoyens nouvellement consacrés par le Corps Electoral Gelé et pour permettre un meilleur contrôle des flux migratoires — d’activer la mise en place des signes identitaires de notre Pays reflétant « l’identité Kanak et le futur partagé entre tous ». Affirme que le FLNKS est le dépositaire de l’esprit ayant participé de la conclusion de l’Accord de Nouméa et à ce titre, — l’engage à s’investir volontairement auprès de ses partenaires pour le respect des engagements de chacun dans l’œuvre de construction du Pays nouveau.

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RESOLUTION RELATIVE A LA VIE DU MOUVEMENT Considérant la nécessité de faire un point sur la vie de notre Mouvement, Rappelant, dans ce sens, la position du Comité Directeur de Thio du 29 Septembre 2007, L’Union Calédonienne, réunie en Congrès annuel à Wakoné-Nengoné le 1, 2, 3 et 4 novembre 2007 : S’engage à ouvrir le chantier de refonte des statuts dès le mois de Janvier 2008.


Le Mouvement

Le Congrès de l’Union Calédonienne

MOTION CONCERNANT L’USINE DU NORD Considérant la politique de l’Union Calédonienne en matière de mines et de métallurgie, Considérant l’engagement de l’Union Calédonienne dans la construction d’un Pays viable économiquement Rappelant l’engagement de l’Union Calédonienne et les acquis du préalable minier pour l’accès à la ressource minière L’Union Calédonienne réunie en Congrès annuel à Wakoné-Nengoné les 1, 2, 3 et 4 novembre 2007 : - Réaffirme ses orientations et ses objectifs relatifs à la maîtrise des ressources naturelles du Pays et de ses outils de valorisation dans le cadre d’un développement durable au profit des générations futures. - Accueille avec une grande satisfaction l’annonce, par SMSP/XSTRATA de la construction de l’Usine du Nord et la nouvelle de la concrétisation du partenariat industriel innovant entre SMSP et POSCO. - Salue le travail, la constance et l’intelligence des dirigeants successifs de la SMSP dans ses choix industriels pour l’émancipation du Pays - Invite les calédoniens et les populations de la Province Nord en particulier, à s’investir dans ces outils afin de les faire vivre dans l’objectif d’un Pays économiquement viable.

RESOLUTION DE POLITIQUE INTERNE Considérant l’évolution politique et institutionnel tant en France que dans le Pays, Considérant les échéances politiques à venir et au regard du processus politique de l’Accord de Nouméa, Considérant les difficultés d’application de cet Accord et la nécessité de le mener à terme dans son esprit et dans sa lettre. Considérant l’implication de l’Union Calédonienne durant toute la période de négociation de l’Accord de Nouméa. L’Union Calédonienne réunie en Congrès annuel à Wakoné-Nengoné les 1, 2, 3 et 4 novembre 2007 : Invite ses militants à s’impliquer dans tous les chantiers politiques et citoyens, propre à clarifier notre projet de société : • Rénovation du projet de constitution, • Mise à jour du livre vert sur le foncier. Demande aux responsables politiques locaux de s’impliquer dans les travaux de révisions des listes électorales spéciales et à veiller à l’inscription des jeunes sur les listes. Demande aux militants et aux sympathisants de l’Union Calédonienne de faire preuve de vigilance face aux fléaux sociaux qui destructurent notre société. Engage l’Union Calédonienne à sauvegarder et à faire partager les valeurs fondamentales traditionnelles pour le bien de notre Pays en construction. Invite ses militants, jeunes en particulier à une plus grande mobilisation pour s’insérer dans les dispositifs de formation professionnelle existants, à créer dans nos tribus des relais favorisant l’accès aux formations offertes pour acquérir les moyens d’insertion économique et social. Demande aux militants de se mobiliser sur les thèmes forts de sa motion de politique générale notamment l’emploi local, les transferts de compétences. Engage dans le cadre des échéances à venir, ses structures à se mobiliser unitairement sur l’ensemble du Pays afin d’être une force de propositions et d’actions au sein des Institutions.

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Le Mouvement

Le Congrès de l’Union Calédonienne

MOTION DE CHERTE DE VIE

RESOLUTION SUR LA QUALITE DE LA VIE Constatant les bouleversements économiques et culturels que subit la société de notre Pays. L’Union Calédonienne, réunie en Congrès annuel à Wakoné-Nengoné le 1, 2, 3 et 4 novembre 2007 : Affirme que la société kanak est porteuse des valeurs universelles de respect, de solidarité, de partage et d’équité, ce qui a permis à son peuple de survivre malgré la colonisation et les tentatives d’aliénation de sa culture. Invite les citoyens du Pays au partage et au dialogue sur la base de ces valeurs identitaires du peuple kanak, afin d’imaginer, d’inventer et de créer une société plus juste, plus solidaire, plus responsable destinée à être léguer aux générations à venir dans un Pays où il fait bon vivre.

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L’AVENIR CALÉDONIEN

Constatant la très forte croissance économique du Pays Constatant que des citoyens du Pays subissent fortement les effets de la cherté de vie et peinent à satisfaire leurs besoins élémentaires et à assumer leurs responsabilités dans le Pays en construction. L’Union Calédonienne réunie en Congrès annuel à Wakoné : Demande que la structure des prix soit rendue transparente, que la structure de l’indice de cherté de vie soit révisée et que le contrôle des prix soit plus efficace afin de maîtriser l’inflation. Affirme que la richesse produite par cette croissance doit être mieux partagée et demande en conséquence une réévaluation significative du SMG et du SMAG pour redistribuer un meilleur pouvoir d’achat. Rappelle les positions de l’UC quant à une révision globale de la fiscalité du Pays dans l’objectif d’une plus grande solidarité et de justice sociale, et la mise en place de la CSG avec la suppression de la TSS.


Le Congrès de l’Union Calédonienne

MAINTIEN DES VALEURS ET MUTATIONS SOCIALES En donnant une priorité au développement économique par l’industrialisation, la Nouvelle-Calédonie connaît actuellement une période où les changements dans la manière de vivre entraînent des bouleversements et des déstructurations sociales très rapides et qui affectent toutes les populations. Les mères et les pères de famille constatent que la violence s’introduit partout au sein des foyers et que les fléaux sociaux tels que l’alcool, le cannabis et la prise de risques au volant, deviennent si courants que personne ne sait plus comment s’y prendre pour les enrayer. La société kanak ne veut pas perdre son âme et souhaite transmettre aux nouvelles générations les valeurs de solidarité et de respect qui ont guidé la vie des ancêtres. C’est pourquoi le congrès de l’UC réuni ce jour à Wakone, invite toutes les familles à appliquer son mot d’ordre pour « imaginer, inventer et créer » dans le dialogue et le partage avec leurs jeunes, de nouvelles voies d’éducation adaptées.

Le Mouvement ECONOMIE ET QUALITE DE VIE La Nouvelle-Calédonie connaît actuellement une croissance économique sans précédent. L’euphorie qui en résulte ne doit pas faire illusion. Cette forte croissance provient du cours particulièrement élevé du nickel et de la construction des nouveaux projets métallurgiques. Conjoncturelle, elle peut durer quelques années mais aussi générer de grandes disparités économiques et sociales si la puissance publique ne la régule pas. Dans ce contexte, l’UC constate que bien que les produits de première nécessité aient été détaxés et les loyers bloqués et que le SMG ait connu une forte progression au cours des trois dernières années, de nombreux ménages ressentent cruellement la cherté de la vie et n’arrivent que difficilement à joindre les fins de mois. L’UC estime que la richesse produite par cette croissance doit être mieux partagée, pour des raisons sociales, mais aussi économiques parce que, pour être durable, la croissance a besoin d’être relancée par une bonne redistribution du pouvoir d’achat. La progression du SMG ne peut pas être alignée seulement sur un indice des prix désuet et inadaptée. Elle doit également suivre la courbe de la croissance. En conséquence, la puissance publique doit se donner comme objectif de porter à 170 000 F le SMG sur les 5 années qui viennent. Simultanément il faut agir la structure et le contrôle des prix pour maîtriser l’inflation. Dès la fin de l’enquête sur la consommation des ménages, l’indice de cherté de vie doit être recomposé. Dès aujourd’hui une étude sur la structure des prix doit être mise en chantier pour plus de transparence et le contrôle des prix doit être doté de moyens supplémentaires pour être plus efficace. La spéculation foncière qui bloque l’accès à la propriété du logement doit être enrayée et l’ensemble de la fiscalité du Pays doit être réformée profondément et globalement, pour plus de clarté et de justice. Dès l’an prochain la TSS doit faire place à un impôt plus juste parce que l’assiette sera établie sur tous les revenus, et le taux fonction de la capacité contributive de chacun

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Histoire

Il y a 50 ans

Le gouvernement Lenormand

L’élection du Conseil de Gouvernement Lenormand, premier exécutif calédonien

La génèse de la Loi-cadre Au cours de la décennie précédant le vote de la Loi-cadre, entre 1945 et 1956, le bouillonnement de la « marmite » africaine ne cesse de soulever son couvercle colonial. La guerre d’Indochine, la révolte malgache, la chute de Dien-Bien-Phu, la « Toussaint rouge » puis le début “des opérations de l’ordre” en Algérie sont autant de signaux envoyés vers les gouvernements successifs de la IVème République finissante. Pierre Mendès-France, président du Conseil (1954-1955) engage un premier changement avec l’affirmation de l’autonomie interne de la Tunisie et du Maroc. Paradoxalement, ce sont les pressions de l’ONU sur le réglement rapide de la situation du Togo, territoire sous tutelle, qui vont débloquer une situation figée et accélérer l’évolution politique des colonies françaises. A plusieurs reprises, au cours de l’année 1955, des projets de réformes administrative et politique sont présentés par le ministère de la France d’outre-mer

mais ils ne trouvent pas de résonnance suffisante. A la suite des élections législatives du 2 janvier 1956, Guy Mollet, le leader de la SFIO (les Socialistes) est appelé au poste de président du Conseil par René Coty, le président de la République. Ce gouvernement fait naître de nombreux espoirs et en particulier outremer: il a promis la paix en Algérie, et l’engagement d’une politique libérale en matière de décolonisation et d’importantes réformes sociales en France. Guy Mollet, dans son discours de politique générale, énonce pour les territoires d’outre-mer un programme ambitieux. Ecoutons-le : « (...) Le monde attend beaucoup de la France, de sa générosité traditionnelle, de son audace à montrer le chemin des grands changements salutaires. Ce rôle ne sera assumé pleinement que si nous nous montrons également audacieux et généreux envers l’ensemble des peuples d’outre-mer. Les responsabilités qu’a acceptées la France dans ces territoires donnent à ceux-ci le droit de compter sur notre aide. Le gouvernement ne faillira pas à cette obligation (...). En même temps, il s’attaquera à une tâche plus lourde qui peut être la grande œuvre de cette législature. La France s’est engagée, dans le préambule de la Constitution, à conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer euxmêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires. Elle doit tenir parole. Ce que prescrit la Constitution, l’évolution historique l’impose d’ailleurs. Amener les territoires d’outre-mer à gérer démocratiquement leurs propres affaires, c’est-à-dire à assurer le fonctionnement démocratique de leurs institutions, voilà notre programme. » Le ton est donné. Gaston Defferre, nommé Ministre de la France d’Outre-mer se met à la tâche.

La Loi-cadre et ses décrets d’application La Loi-cadre est approuvée par le Parlement à une majorité confortable. Lenormand et Pouvana A Oopa, le député tahitien, s’abstiennent volontairement : ils n’ont pas obtenu l’assurance de son extension dans le Pacifique. Sa rapidité d’exécution est exemplaire : 20 décrets d’application dans les domaines les plus significatifs sont signés dans le mois qui suit son vote. La loi-cadre instaure de manière définitive deux dispositions capitales pour l’évolution politique de l’outre-mer et en particulier pour celle de la Nouvelle-Calédonie : le suffrage universel et le collège électoral unique. En Nouvelle-Calédonie, entre les mois de février 1956 et juillet 1957, les positions à l’égard des termes et des ambitions de la loicadre ne font pas l’unanimité et provoquent de nombreuses inquiétudes. Dans sa rédaction, dans ses motivations et dans ses dispositions, la loi-cadre est pensée pour les territoires africains. Les élus calédoniens et par eux la société civile craignent que la généralisation de la loi-cadre ne leur enlève les prérogatives du statut de 1946 qui octroie à la Nouvelle-Calédonie dans l’empire colonial français, une dimension unique puisqu’elle jouit d’une autonomie de gestion

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L’AVENIR CALÉDONIEN

Maurice avec son compagnon de route roch Pidjot

et de décision très avancée. En tous les cas de figure, plus aboutie que nulle part ailleurs. Les élus du Conseil général, à peine consultés et les parlementaires calédoniens juste informés a minima, s’inquiètent à juste titre de la nouvelle loi qui leur ait imposée. Pour rappeler leur attachement à leur statut, un Comité de Défense des Libertés Calédoniennes est créé en mars 1956. Une délégation conduite conjointement par Louis Eschenbrenner pour la majorité et


Il y a 50 ans

Le gouvernement Lenormand Roger Laroque pour la minorité part rencontrer le ministre à Paris. Il accepte une trentaine d’amendement au décret d’application. Par défiance, Lenormand dépose une proposition de loi, le jour même de l’ouverture du débat parlementaire sur la Loi-cadre qui est un véritable contre-projet gouvernemental. Au cours des travaux législatifs suivants, le député calédonien soutenu par le groupe des Indépendants d’Outre-Mer se bat point par point pour obtenir le suffrage universel, le statut quo sur le mode d’élection au scrutin majoritaire, la suppression du double collège, l’augmentation du nombre de conseillers, un redécoupage des circonscriptions, la lutte contre la prolifération des services d’Etat et la définition précise des compétences dévolues au Territoire et celle restant aux mains exclusives du représentant de l’Etat. En relation régulière avec Gaston Defferre puis André Jaquet, les ministres de la France d’Outre-mer de l’époque, Lenormand obtient l’application honnête et sincère de

Histoire

la Loi-cadre sans reniement du statut antérieur. Les réformes envisagées ne sont pas contenues dans la loi-cadre. Elles sont inscrites dans des décrets d’extension et d’application promulgués ultérieurement. Pour la Nouvelle-Calédonie, le plus important des 16 décrets est celui du 22 juillet 1957 « portant institution d’un conseil de gouvernement et extension des attributions de l’assemblée territoriale. » L’architecture des nouvelles institutions repose sur un pouvoir exécutif local : le conseil de gouvernement et sur une Assemblée territoriale, véritable organe législatif qui reçoit des pouvoirs délibérant dans des domaines plus nombreux et étendus que précédemment. Historiquement, on assiste à une première série de transferts de compétence remis à l’échelon le plus proche possible des administrés : 41 domaines réglementaires et 16 dispositions relatives aux intérêts patrimoniaux et aux travaux publics deviennent territoriaux. L’Etat ne se réserve que les compétences nécessaires pour conserver son unité et l’expression de la solidarité nationale.

Résultats et commentaires de l’élection du 6 octobre 1957

Octobre 1957 : Les élus de l'Union Calédonienne devant l'ancien siège du Conseil Général peu après l'entrée en vigueur de la Loi Cadre. De gauche à droite : au premier rang, MM. Paul Katrei, Gabriel Païta, Theophile Wakolo-Pouyé, Lucien Allard, Armand Ohlen, Maurice Lenormand, Emile Netchero, Antoine Griscelli, Néa Gallet, Jonas Pagoubealo, Roch Pidjot et Michel Kauma. Au second rang : Evesnor de Greslan, Marc Tivollier, Doui Matayo Wetta, Jacques Clavier, Gabriel Mussot, Jean Le Borgne, Gope Laguisse, quatre supporters anonymes, et Dick Ukeiwe.

Le travail du législateur et du gouvernement terminé, reste à le parachever par une élection démocratique. Le territoire est découpé en 4 circonscriptions (Sud, Ouest, Est et Îles) et 30 conseillers sont à élire pour un mandat de 5 ans. Une révision exceptionnelle des listes électorales est lancée à partir du 12 août. Sa clôture le 16 septembre annonce le début de la campagne électorale pour une durée de 3 semaines. A l’expiration du délai légal, un total de 15 listes est déposé mais deux grandes tendances s’opposent: l’Union Calédonienne, créée 18 mois plus tôt avec à sa tête le député Lenormand et les Républicains sociaux dirigés par l’avocat Georges Chatenay. Au soir du dépouillement, l’UC totalise près de 12.970 suffrages

et obtient 18 sièges ; les Républicains Sociaux créés un mois plus tôt réalise un score honorable avec 5327 voix et 7 sièges ; les autres listes totalisent : 4498 voix et obtiennent un total de 6 sièges. Dans un télégramme rendant compte au Ministre, du déroulement de l’élection, le gouverneur Grimald constate au niveau des partis en place et des listes occasionnelles, la stabilité de l’UC qui conserve la faveur des éléments autochtones, l’échec à Nouméa du Rassemblement Ouvrier Calédonien d’une part et dans l’Intérieur, du parti paysan qui n’enlève chacun qu’un seul siège et la représentation des Républicains Sociaux dans 4 des 5 circonscriptions ce qui entame les positions de l’UC aux Loyauté.

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Histoire La mise en place des nouvelles institutions A la suite de l’expression du suffrage universel, l’installation des nouvelles institutions s’effectue en 4 étapes : • Le lundi 21 octobre 1957 : les 30 nouveaux conseillers territoriaux se réunissent en session plénière et procède à l’élection du bureau de l’Assemblée territoriale. Grâce à l’addition de ses 18 voix et de celle de Gabriel Mussot, l’Union Calédonienne s’empare de tous les postes. Armand Ohlen est élu président, Michel Kauma, vice-président, Emile Nechero et Evenor de Greslan, secrétaires. Le visage de l’hémicycle est profondément modifié puisque 80% des 30 conseillers, sont de nouveaux entrants (24), élus pour la première fois. 6 seulement sont des conseillers sortants réélus. Parmi eux 3 sont autochtones et 3 sont européens. La répartition ethnique des autochtones passe de 9, dans la précédente assemblée, à 12 dans la nouvelle pour18 européens au lieu de 16 antérieurement. • Le lendemain, 22 octobre, trois mois après l’entrée en vigueur du décret de juillet 1957, les conseillers territoriaux élisent en leur sein au scrutin de liste, les 8 ministres du futur Conseil de gouvernement. Le chiffre maximum semble avoir fait l’objet d’un commun accord entre le gouverneur et le leader de l’UC sans consultation de la minorité qui proteste. Le député Lenormand en devient, logique majoritaire oblige, le vice-président. Politiquement et idéologiquement, tous les ministres sont affiliés à l’Union Calédonienne. Parmi eux, on compte 5 calédoniens d’origine métropolitaine: Laborde, Leborgne, Tivollier, Lenormand et Lambert, 1 natif calédonien: Hénin et 2 mélanésiens: Pidjot et Wetta. En ce qui concerne les catégories socio-professionnelles: on note 4 fonctionnaires, un pharmacien, un médecin, un photographe et un agriculteur. 4 ont une expérience politique d’au moins cinq années (Lenormand, Tivollier, Wetta et Pidjot). 2 autres étaient candidats mais n’ont pas été élus (Tivollier, Hénin); 2 sont issus de la société civile (Laborde et Lambert). La moyenne d’âge est de 42 ans. Le doyen est Tivollier, 59 ans et le benjamin, Hénin, 33 ans seulement. Les catholiques sont majoritaires mais certains d’entre eux sont mariées à des protestantes (Lenormand et Lambert). • Le jeudi 24 octobre, un mois après le 104ème anniversaire de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France, le premier exécutif calédonien prend possession des locaux du secrétariat général du Haussariat qui deviennent le siège du conseil de gouvernement. A cette occasion, Maurice Lenormand fait part, devant une assistance attentive de l’état d’esprit qui prévaut alors « (...) nous avons voulu manifester tous unis, (...) notre fidélité et notre reconnaissance envers la France, son gouvernement et son parlement pour cette marque de confiance dans notre commun destin. » En conclusion de son intervention, il invite son auditoire à prendre toute la mesure de la tâche à accomplir : « Nous sommes en train de construire quelque chose qui n’a pas de précédent dans l’histoire des peuples: une communauté basée sur une vraie fraternité: œuvrons donc tous ensemble (...) pour cette grande cause dont nous sommes les pionniers.” Notons que le mot “confiance” est prononcé 6 fois en 5 minutes : (...) l’expression de la confiance de la France dans ses territoires d’outre-mer ; « dans l’union et la confiance tout est possible » ; « nous avons

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L’AVENIR CALÉDONIEN

Il y a 50 ans

Le gouvernement Lenormand confiance dans cette vocation de la mère patrie » ; « La loi-cadre présuppose un climat de confiance ». Enfin, dernière étape de cette semaine historique, la présentation solennelle du Conseil de gouvernement devant les élus de l’Assemblée territoriale, le mardi 29 octobre 1957. Cette séance est rythmée par l’allocution du vice-président du Conseil de gouvernement de près d’1 heure 45 au cours de laquelle, il expose les grandes lignes de la politique générale que le conseil de gouvernement entend suivre dans les prochaines années. Ce discours est divisée en 3 parties. La première rappelle les conditions historiques, géographiques, démographiques et politiques qui conditionnent l’action gouvernementale. La deuxième partie est entièrement consacrée à la présentation des grandes lignes du plan d’industrialisation et de développement du territoire. Enfin, la troisième et dernière partie concerne l’action des services publics territoriaux, véritable feuille de route et de mission à destination des ministres. Dans un passage des plus significatifs, voici, ce que Maurice Lenormand écrit et prononce ce jour là: « (...) Aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie inaugure, dans la fierté et la confiance, avec la naissance de son premier Conseil de gouvernement, la mise en place des nouvelles institutions territoriales, prévues à la Constitution, octroyées par la loi-cadre, et qui marquent la volonté de la France de réaliser pleinement cette communauté de destin décidée dans la guerre et promise en témoignage de la victoire commune. » La première réunion du nouveau Conseil se déroule le 8 novembre suivant. L’enchaînement des faits et leur lecture linéaire ne doivent pas occulter la densité de la période et les enjeux du contrôle des pouvoirs et de la bonne marche des institutions. Lenormand se révèle très vite comme un redoutable meneur d’hommes qui n’hésite pas à éliminer radicalement toute vélléité, constatée ou suspectée, de trahison ou de collaboration avec « l’ennemi ». Si l’on ajoute à cela, un relatif amateurisme du personnel politique, de multiples défaillances dans « la chaîne de commandement », un clientélisme avéré, la crise sociale puis politique motivée par le résultat de la délégation calédonienne à Hanoï chargée du réglement de la question vietnamienne et la peur engendrée par le projet d’institution d’une police rurale autochtone provoquent au mois de juin 1958, un mouvement insurrectionnel dont les coulisses restent encore à explorer et qui entraîne la suspension du Conseil de Gouvernement et la dissolution de l’Assemblée territoriale. Invité par le gouvernement central devenu gaullien à solutionner la crise politique qui secoue le territoire, l’Union Calédonienne accepte la représentation proportionnelle de la minorité dans le Conseil de gouvernement. Les dispositions de la loi-cadre ne vécurent dans leur forme originale, moins de neuf mois. A peine le temps d’une gestation... mais elles peuvent être considérées comme le premier berceau de l’Accord de Nouméa. Olivier Houdan


Histoire

Il y a 25 ans

Le gouvernement Tjibaou

Un gouvernement de progrès et de réformes Le 18 juin 1982 était élue au Conseil de gouvernement, par l’Assemblée territoriale, la liste « pour un gouvernement de réformes et de développement », conduite par Jean-Marie Tjibaou. Le 23 juin suivant, à la une des Nouvelles calédoniennes, on pouvait voir la photo ci-contre du gouvernement nouvellement élu. On y retrouve représentées les principales composantes du Front Indépendantiste : L’Union Calédonienne avec Jean-Marie Tjibaou, Viceprésident, — l’U P M : André Gopea — le LKS : Henry Bailly, et le PSK : Yvonne Hnada — La FNSC (Fédération pour une Nouvelle Société Calédonienne) était représentée par Gaston Morlet et Stanley Camerlynck. Enfin, Henri Wetta (RPCR) y siégeait à titre personnel mais avec l’accord de ses « Vieux », ses attachés de cabinet étant Maurice Nenou et Gaby Briault deux futures grandes figures du RPCR. Ce gouvernement devait être en fonction jusqu’au 18 novembre 1984.

Quelques remarques : Pour la première fois une femme accédait à l'exécutif local. Yvonne Hnada chargée en particulier du secteur social a été la première « femme ministre » de Nouvelle-Calédonie. Aujourd'hui elle est conseillère municipale Union Calédonienne de Lifou. Pour la première fois, et à l'inverse du gouvernement Lenormand de 1957, les Kanaks sont au nombre de 5 sur 7 postes de conseillers de gouvernement. Hélas, il est impossible d'attribuer ce constat à une évolution générale des esprits. Quelques jours plus tard, cette photo était distribuée en tract dans toute la Nouvelle-Calédonie avec la mention : « La planète des singes ». Parmi les principaux objectifs de ce gouvernement, la réforme de la fiscalité a occupé une place de premier plan. Il s'agissait de mettre en œuvre l'impôt sur le revenu qui venait d'être voté en janvier 1982 par les élus du FI et de la FNSC. C'est la première fois qu'un impôt sur le revenu était créé en Nouvelle-Calédonie et personne ne savait exactement quelles seraient les recettes à attendre ou les difficultés d'application qui se révèleraient. Depuis, l'impôt sur le revenu créé par le FI et la FNSC n'a jamais été supprimé. En 1982, le gouvernement de Jean-Marie Tjibaou avait hérité d'un budget en déficit. En 1984, il léguait au pays un budget largement excédentaire. L'effort fiscal était mieux réparti grâce à l'impôt sur le revenu et à une révision complète de l'assiette de l'impôt foncier qui avait dans le même temps était entreprise. Aujourd'hui certaines réformes accomplies apparaissent à la jeunesse de ce pays comme faisant partie des évidences. Pourtant entre 1982 et 1984, elles sont apparues à beaucoup comme de véritables excès. La nomination de Yeiwene Yeiwene à la présidence d'Aircal et l'adoption d'un flêche faîtière comme symbole de la compagnie peint sur les avions de la flotte locale a donné lieu à une violente polémique. De nos jours, on s'étonnerait de ne pas voir de flèche faîtière sur les mêmes avions.

Nainvilles les Roches C'est également le gouvernement Tjibaou qui à la demande de Jean-Marie relance l'idée de la transversale Koné-Tiwaka. De même la création d'Aircalin et le soutien au tourisme calédonien ont permis d'atteindre un flux touristique de plus de 90000 touristes par an, un chiffre que l'on atteint difficilement aujourd'hui malgré des investissement financiers sans commune mesure avec ceux de l'époque. Qui sait encore aujourd'hui que notre compagnie aérienne internationale, Aircalin, n'aurait pas pu voir le jour sans la volonté politique et l'engagement de deux hommes de ce gouvernement, Stanley Camerlynck et Jean Marie Tjibaou ? La réforme de la Chambre d'agriculture entreprise dans les derniers mois du gouvernement a également permis de faire siéger dans cette institution professionnelle des agriculteurs et des éleveurs kanaks en nombre, reconnaissant ainsi l'importance du monde rural kanak. Depuis, les statuts de la Chambre ont été modifiés et l'on a reculé dans ce domaine. En revanche l'un des plus grands regrets de ce gouvernement est de ne pas avoir pu disposer de quelques mois de plus pour mettre en place la couverture sociale généralisée. Il faudra attendre plus de 20 ans pour l'obtenir et encore avec un système mal financé par le RUAMM. Enfin, car il est impossible de rappeler ici en quelques lignes l'ensemble de ses réalisations, précisons que ce gouvernement a préparé et participé en 1983, à la rencontre historique de Nainville-lesRoches que tous les gens honnêtes reconnaissent comme étant le prélude à l'Accord de Nouméa. Louis-José Barbançon

L’AVENIR CALÉDONIEN

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Le Front

Congrès du FLNKS

Congrès de Pènyî mê nèkètè (Nakéty Canala Motion de politique générale Réuni en congrès le samedi 8 décembre 2007 à Pènyî mê nèkètè (Nakéty) commune de Canala, le FLNKS constate : • Que bien que l’Accord de Nouméa — accord de décolonisation — inscrivant la Nouvelle-Calédonie dans un processus tendant à l’émancipation du Pays, l’état continue à œuvrer comme une puissance coloniale ; • Que l’Accord de Nouméa doit être appliqué selon l’esprit et la lettre au-delà des clivages politiciens de la droite locale ; • Que le FLNKS doit se doter d’une organisation lui permettant d’assurer son rôle de signataire et de garant du processus de décolonisation prévu par l’Accord de Nouméa ; • Que l’usine du Nord et le corps électoral — éléments fondamentaux de l’Accord de Nouméa — sont résolus. Le congrés de Nakéty-Canala réaffirme le rôle du FLNKS dans le portage de l’Accord de Nouméa. Le congrès charge la délégation du FLNKS au comité des signataires d’obtenir auprès des deux autres signataires leur engagement à la poursuite du processus d’émancipation du Pays et notamment la préparation des transferts de compétences. Le congrès de Nakéty engage les structures et les militants à tout mettre en œuvre par la concertation, condition nécessaire à une véritable démarche unitaire pour aborder dès maintenant les échéances municipales, tout en tenant compte des réalités locales. Des critères objectifs devront être pris en compte pour la constitutions des listes.

Crédit photo Sabine Jobert - magazine Le Pays

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L’AVENIR CALÉDONIEN


L’Accord de Nouméa

Lettre du Président de la République Française

Le Comité des Signataires LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE Paris, le 20 décembre 2007 Mesdames et Messieurs les membres du comité des signataires de l’Accord de Nouméa, Vous avez participé, ce jeudi 20 décembre 2007, au sixième Comité des signataires de l’Accord de Nouméa ; le premier de mon mandat présidentiel. Le fait que vous ayez été reçu, pour la première fois, à Matignon par le Premier ministre, François FILLON, est une marque de respect envers les représentants de la Nouvelle-Calédonie. C’est aussi une façon d’affirmer que les questions en jeu concernent l’ensemble du Gouvernement. Je souhaitais vous rencontrer à cette occasion. Malheureusement, des obligations internationales m’en ont empêché. J’aurai, l’année prochaine, l’occasion de venir à la rencontre de chacun d’entre vous en Nouvelle-Calédonie. Sans attendre ce voyage, je veux, par ce message personnel, vous renouveler, en tant que Président de la République, les engagements que j’avais pris envers vous, en tant que candidat. Ma ligne de conduite n’a pas varié : je respecterai loyalement la lettre et l’esprit de l’Accord de Nouméa et je ferai en sorte que l'État les respecte. Cet accord, conclu il y a bientôt dix ans entre l’État et les forces politiques de Nouvelle-Calédonie, approuvé par une large majorité des Calédoniens, à été inscrit dans notre Constitution. Il s’impose aujourd’hui à tous. Dans l’application de l’Accord de Nouméa, l’État jouera un rôle actif et pas seulement un rôle d’arbitre. Dans l’exercice de ses responsabilités, il fera preuve de rigueur et de volontarisme. Avec les autres signataires de l’Accord, il aura un comportement impartial et contribuera à la recherche du consensus qui doit présider à l’Accord comme il a été présidé à sa conclusion. Telles sont les orientations que j’ai fixées au Premier Ministre. C’est aussi la feuille de route de Christian Estrosi, Secrétaire d’État à l’outre-mer auprès de la Ministre de l’Intérieur, de l’outremer et des collectivités territoriales, Madame Michelle ALLIOTMARIE. Ils ont toute ma confiance pour les mettre en œuvre. Je me réjouis que ce Comité des signataires, qui s’est tenu prés de deux ans après celui de février 2006, ait été l’occasion de réaliser des avancées concrètes. Votre ordre du jour a été particulièrement riche et n’a occulté aucun sujet, même ceux qualifiés de « sensibles ». Le rééquilibrage économique, la cohésion sociale, la coopération avec les pays du Pacifique sud sont des questions essentielles pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Vous les avez

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L’Accord de Nouméa

Lettre du Président de la République Française

abordées, sous la présidence de Christian ESTROSI, avec un grand sens des responsabilités et un souci constant d’efficacité. S’agissant de l’importante question de transferts des compétences, je suis heureux que des avancées concrètes aient été réalisées, notamment au travers de la mise en place d’une mission d’appui et de groupes de travail. Il faut être clair : le principe des transferts est prévu par l’Accord de Nouméa. Il n’est donc plus en débat. Il nous reste à arrêter un calendrier et des modalités, acceptables par tous, qui permettent de préserver la qualité des services publics pour tous les Calédoniens. L’État s’engage résolument à vos côtés pour vous aider à identifier les problèmes qui se posent et à les résoudre. S’agissant de la question du rééquilibrage économique du territoire, l’État interviendra financièrement, via la défiscalisation, au soutien du projet de l’usine du Nord, comme je m’y étais engagé durant la campagne. Mesdames et Messieurs les membres du comité des signataires, l’Accord de Nouméa sera bientôt à mi-parcours. Il a été, pendant dix ans, le cadre du développement dans la paix civile. Les dix prochaines années sont riches en promesses ; elles seront notamment marquées par la mise en œuvre des projets miniers. Vous avez, nous avons beaucoup de travail pour donner à tous les habitants de la Nouvelle-Calédonie, et notamment aux jeunes Calédoniens, un logement et un emploi, tout en préservant l’environnement exceptionnel de cette terre. Au terme de l’Accord de Nouméa, les électeurs de la NouvelleCalédonie feront leur choix. J’ai dix ma préférence pour que la Nouvelle-Calédonie poursuive sa route avec la France, dans une relation nouvelle à définir. L’expression personnelle et transparente de cette préférence n’est naturellement en rien contradictoire avec le respect de l’Accord et des ses échéances en toute impartialité. Je m’y engage personnellement. Je souhaite, enfin, féliciter chacun d’entre vous pour le travail que vous avez effectué aujourd’hui dans un esprit constructif et fraternel. La dignité et la hauteur des débats honorent la NouvelleCalédonie. Ne perdons jamais de vue que l’enjeu de notre dialogue n’est pas la victoire d’un camp contre l’autre mais bien la construction de votre destin commun. La vie a parfois été rude en Nouvelle-Calédonie. Nous avons, aujourd’hui une belle page de l’histoire à écrire ensemble.

AVENIR 1040 - Septembre 2008

Directeur de publication : Gilbert Tuyenon Composition : Union Calédonienne Impression : Graphoprint

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