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Par politique d’urbanisation, on entend les mesures prises expressément par les pouvoirs publics pour définir, comprendre et façonner l’espace national, notamment le maillage des villes, grandes et plus petites, et agglomérations rurales. En général, les analyses sousjacentes servent de base aux décisions sur les sites spécifiques du territoire national où les investissements doivent être concentrés et ciblés. Les cadres géographiques nationaux, qui sont des sous-ensembles de la politique urbaine, donnent aussi des indications sur la façon dont les dynamiques migratoires sont comprises et gérées. La politique urbaine, en revanche, reflète la façon dont les gouvernements nationaux envisagent le rôle de certaines agglomérations urbaines dans la réalisation des objectifs nationaux de développement. En règle générale, la politique urbaine définit les actions à engager dans différentes agglomérations pour atteindre divers objectifs sectoriels ayant trait à la mobilité, au logement, à l’éducation, à la santé, entre autres. Autrement dit, elle permet d’avoir une vue d’ensemble des problèmes essentiels devant être réglés au sein des villes, et de soutenir les efforts faits par les administrations infranationales pour élaborer des politiques et des stratégies plus détaillées à leur niveau. Ce type de politique revêt un caractère informatif et vient compléter les instruments plus spécifiques de la politique de développement à l’échelle locale.32 Il est pratiquement impossible de concevoir une politique urbaine ayant un contenu stratégique en l’absence d’une politique nationale pour les infrastructures. Cette forme de cadre d’action met en évidence les distinctions à opérer entre les infrastructures destinées à répondre aux besoins de base des ménages en matière de services, et les infrastructures de connectivité destinées à accroître la productivité et la compétitivité de l’activité économique. Une bonne politique consiste aussi à assurer des infrastructures qui contribuent à un environnement plus résistant et plus régénérable. Elle définit les parts respectives de ces différentes catégories de développement infrastructurel. Cet équilibre est,

bien sûr, particulièrement difficile à respecter dans les pays africains à faible revenu, qui sont confrontés à un dilemme réel tenant au fait que la plupart des bénéficiaires potentiels des services de base n’ont pas les moyens de payer ces services car ils n’ont tout simplement ni les revenus ni les titres nécessaires. Faute de mesures pour faire face à ces tensions, la situation de facto favorisera des investissements biaisés destinés à répondre aux besoins de services des classes moyennes qui peuvent se permettre de payer, renforçant ainsi les inégalités et les exclusions en zones urbaines. Cette tendance est celle qui a été encouragée au cours des décennies d’ajustement structurel (années 80-années 2000), mais il est particulièrement important aujourd’hui de définir comment une approche plus équilibrée et plus solidaire pourra être mise en œuvre. Les politiques nationales de décentralisation définissent la façon dont les autorités infranationales seront structurées et financées ainsi que les moyens qui leur seront donnés pour devenir les chefs de file des processus de développement au niveau local. Les données internationales disponibles montrent clairement que si les fonctions clés en matière de développement ne sont pas transférées au niveau de ces autorités locales en vertu du principe de subsidiarité (selon lequel la responsabilité d’une action publique doit être allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d’elle-même), il est impossible de renforcer de façon efficace les capacités de gestion urbaine nécessaires pour résoudre les problèmes complexes liés au foncier , au logement, aux services, aux investissements de l’étranger, à la durabilité et à la pauvreté chronique. Les politiques de décentralisation favorisent aussi la dynamique concurrentielle entre les ministères sectoriels et les échelons de l’administration, grâce à une répartition rationnelle des compétences - déterminée par les diverses politiques et le programme infrastructurel - et un système budgétaire durable qui ne soumette pas les administrations nationales à un régime de famine, mais les rende viables et responsables. (Les différents éléments d’une autorité administration locale efficace

GUIDE PRATIQUE POUR LES DÉCIDEURS POLITIQUES 1 L’AFRIQUE URBAINE

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Guide pratique 1: L’Afrique urbaine , Construire en tirant parti du potentiel inexploité  

Ce Guide pratique n° 1 analyse le manque d’imagination dont ont fait preuve tous ceux impliqués dans le développement et la gestion des zone...

Guide pratique 1: L’Afrique urbaine , Construire en tirant parti du potentiel inexploité  

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