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lacunes). Grâce à cette méthode, on peut formuler l’hypothèse que six citadins africains sur 10 vivent dans des bidonvilles, et que 27% d’entre eux vivent dans des établissements gravement déficients. Il s’agit là d’un taux extraordinairement élevé par rapport à la situation dans d’autres régions en développement du monde, comme le montre le tableau 3.

pauvre en termes de revenu (voir tableau 4) ne se modifiera probablement pas de sitôt.

Il n’est donc pas surprenant que les données disponibles mettent en évidence des retards énormes dans les services de base : seulement 20% de la population de l’Afrique subsaharienne ont accès à un réseau d’électricité; 40% à l’eau potable; 27% à l’assainissement; 4% à la téléphonie fixe ou mobile.13 Il s’agit là d’agrégats qui prennent en compte les zones rurales et urbaines. Toutefois, il est généralement admis que les pourcentages de la population urbaine en Afrique n’ayant pas accès à l’eau et à l’assainissement sont, respectivement de 35-50 % et 50-60 %.14 Ces faibles niveaux d’accès aux services de base témoignent d’une pauvreté généralisée. Si nous souscrivons en outre à l’argument d’ONU-Habitat selon lequel « les activités informelles représentent 93% des nouveaux emplois et 61% de l’emploi urbain en Afrique », force est aussi de reconnaître que « cette économie largement invisible n’est pas en mesure de propulser le continent hors de la pauvreté.» Ainsi, le chiffre de 68% de la population pouvant être considérée comme

Le Rapport sur l’état des villes dans le monde 2008/9 a évalué pour la première fois les inégalités intra-urbaines dans plusieurs agglomérations. En Afrique, ces inégalités, mesurées sur la base du coefficient de Gini, figurent désormais parmi les plus élevées du monde - bien supérieures (à 0,58) au seuil d’alerte international de 0,4.17 Dans les plus grandes

ENCADRÉ 1: QU’ENTEND-ON PAR BIDONVILLE? Un ménage habitant un bidonville a été défini comme un groupe de personnes vivant sous le même toit dépourvu d’un ou de plusieurs des éléments suivants : accès à un approvisionnement en eau amélioré; accès à un système d’assainissement amélioré; surface habitable suffisante (pas plus de trois personnes partageant la même pièce); qualité structurelle et durabilité des logements; et sécurité d’occupation. Quatre des cinq indicateurs utilisés pour la définition des bidonvilles concernent des aspects physiques […] Ces indicateurs se focalisent sur les conditions de vie dans les bidonvilles, décrivant les éléments manquants et faisant de la pauvreté un aspect de l’environnement dans lequel vivent les habitants de ces établissements. Le cinquième indicateur – la sécurité d’occupation – a trait à la légalité, qui n’est facile ni à mesurer ni à contrôler, car la sécurité d’occupation des habitants des bidonvilles dépend souvent de droits de facto ou de jure – ou de l’absence de ces droits.

TABLEAU 3: POURCENTAGE DE LA POPULATION HABITANT DES BIDONVILLES DANS TROIS RÉGIONS EN DÉVELOPPEMENT, 200512 Région

Pourcentage de la population vivant dans des taudis et bidonvilles

Pourcentage de la population vivant dans des établissements modérément déficients (1-2))

Pourcentage de la population vivant dans des taudis gravement déficients (3-4)

Afrique sub-saharienne

62

63

27

Amérique latine et Caraïbes

27

82

18

Asie du Sud

43

95

5

GUIDE PRATIQUE POUR LES DÉCIDEURS POLITIQUES 1 L’AFRIQUE URBAINE

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Guide pratique 1: L’Afrique urbaine , Construire en tirant parti du potentiel inexploité  

Ce Guide pratique n° 1 analyse le manque d’imagination dont ont fait preuve tous ceux impliqués dans le développement et la gestion des zone...

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