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Les pieds dans l’eau On annonce une montée des mers du globe de 60 cm à 1  m d’ici 2100. « Il faut absolument considérer cet élément dans les projets d’aménagement du littoral », s’alarme Anne Saunier, conseillère municipale à l’environnement de Kourou. Quelle pourrait être l’ampleur en Guyane  ? «  Il y a trop d’inconnues pour donner des chiffres précis  » informe Antoine Gardel, spécialiste du sujet au CNRS Guyane. « Un mètre d’augmentation, ce serait une catastrophe. L’essentiel de la plaine côtière serait sous l’eau. Avec l’élévation du niveau de la mer, les vagues vont pouvoir arriver beaucoup plus proches de la côte, car normalement elles sont amorties par le fond.» « Il existe tout un chapelet de solutions possibles en plus des classiques digues et “stabiplages” qui ne font pas forcément l’unanimité. Les scientifiques doivent continuer leurs travaux d’études et de compréhension de l’influence de l’Amazone sur le littoral guyanais », commente l’élue. « Ce genre de travaux sont menés sur des durées relativement longues » et « nécessitent de gros programmes de recherche  internationaux, de gros moyens commente le scientifique. Néanmoins on étudie comment évoluent les écosystèmes côtiers, les mangroves, les traits de côte ». Un rapprochement avec le Brésil, le Suriname et le Guyana sur ces questions est en cours.

Energiv’or L’exploitation de la Montagne d’or est annoncée pour « 2018 ». Situé à 80 km de Saint-Laurent, le gisement est convoité par la Canadienne Columbus Gold (actionnaire principal de la Guyanaise Auplata). Le site intéresse, car son gisement est énorme, « l’équivalent de la production guyanaise des trente dernières années » selon Les Échos. Mais la consommation énergétique du site sera elle aussi abyssale puisqu’on évoque un be-

C’est la mer à boire En 2012, l’association Conso Guyane et quatre citoyens dont fait partie Franck Dubos, l’ancien président de l’UDI Guyane, déposaient un recours au tribunal administratif de Cayenne à l’encontre du préfet et un recours hiérarchique auprès de la ministre de l’Écologie, Delphine Batho. Ils s’élevaient contre les arrêtés préfectoraux des 11 mai et 20 juin 2012, qui avaient autorisé Shell à effectuer des recherches pétrolières (sismique, forages) à 150 km en mer. « Absence d’enquête publique », «  étude environnementale extrêmement défaillante », et non-respect du principe de précaution par le préfet d’alors, De-

nis Labbé. Deux ans plus tard, le tribunal administratif de Cayenne avait rejeté la requête, car les statuts de l’association sont « centrés sur les problématiques de consommation », « la défense de l’environnement ne présente qu’un caractère nécessaire dans la définition de son objet social ». Pour les citoyens, les juges ont estimé « que l’argument de “consommateurs” qui ingèrent des “produits de la mer” ne leur confère pas un intérêt suffisant pour dénoncer un impact sur le monde marin » ! Tenaces, ils ont fait appel de la décision devant la cour de Bordeaux. L’audience et la décision sont attendues vers mars 2016.

soin annuel équivalent au cinquième de la consommation du littoral guyanais. Et à ce jour on ne sait pas comment le site sera alimenté. Éoliennes, bois-énergie, petite hydro ? Le modèle

choisi devra tourner à plein régime pour répondre à la consommation et pour coller au « modèle de la mine responsable du 20e siècle », concept sur mesure étiqueté Emmanuel Macron. Une saison en

Guyane 16

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Une saison en Guyane n°16  

Une saison en Guyane est un magazine sur la Guyane, et toutes les Guyanes depuis l'Amazone jusqu'à l'Orénoque. Biodiversité, conservation, c...

Une saison en Guyane n°16  

Une saison en Guyane est un magazine sur la Guyane, et toutes les Guyanes depuis l'Amazone jusqu'à l'Orénoque. Biodiversité, conservation, c...

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