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CULTURE

L

’Amazonie présente un matériel fictionnel riche,

que ce soit par sa géographie, son histoire ou son exceptionnelle diversité culturelle. Pour autant, les films de fiction notables dont l’action se situe dans cette vaste région sont peu nombreux. Aguirre ou la colère de Dieu (Aguirre, der Zorn Gottes, Werner Herzog, 1972), Iracema (Iracema, uma transa amazônica, Jorge Bodansky et Orlando Senna, 1975), Fitzcarraldo (Werner Herzog, 1982) et La Forêt d’émeraude (The Emerald Forest, John Boorman, 1985) sont les plus connus. Plus récemment Xingu (Cão Hamburger, 2012) ou encore Serra pelada (Heitor Dhalia, 2013) obtiennent une certaine répercussion. Logiquement, le Brésil est le principal producteur de films dans une région qui occupe une vaste parcelle de son territoire. Bien que constituant un ensemble hétéroclite, les longs-métrages que nous évoquons ici, au-delà de l’originalité artistique de chacun d’eux, nous sensibilisent aux problématiques écologiques, sociales et culturelles qui sont propres à cette région. Chef d’œuvre du jeune cinéma allemand régulièrement cité dans toutes les anthologies du cinéma, Aguirre ou la colère de Dieu (1972) est une critique acerbe du colonialisme et un film épique et fascinant sur la mégalomanie d’un homme et sa confrontation avec un espace inconnu et hostile. Troisième film de Werner Herzog et première collaboration avec l’acteur Klaus Kinski, le long métrage s’inspire librement de faits historiques : l’expédition de l’Orénoque et de la Cannelle (Gonzalo Pizarro, Francisco de Orellana, 15411542) et celle de l’Omagua et de l’Eldorado (Pedro de Ursúa, Lope de Aguirre, 1560-1561). Les premiers plans nous montrent les conquistadors et les porteurs amérindiens descendre de la cordillère des Andes dans la brume et s’enfoncer dans la forêt amazonienne.

▲Œuvre à part, Symphonie amazonienne (Sinfonia amazônica, Anélio Latini, 1953) est non seulement le premier long métrage d’animation brésilien mais aussi l’un des rares films à s’inspirer du fond culturel amazonien. C’est aussi un tour de force. Entre 1947 et 1952, Anélio Latini réalise seul 500 000 dessins. Il est aidé pour les prises de vue par son frère Mário. Curupira, petit être roux aux pieds tournés à l’envers, ou Iara, sirène du fleuve Amazone, surgissent au gré d’une narration poétique dont l’esthétique rappelle Fantasia (Walt Disney, 1940).

▼Aguirre ou la colère de Dieu (1972)

Une saison en

Guyane 16

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Une saison en Guyane n°16  

Une saison en Guyane est un magazine sur la Guyane, et toutes les Guyanes depuis l'Amazone jusqu'à l'Orénoque. Biodiversité, conservation, c...

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Une saison en Guyane est un magazine sur la Guyane, et toutes les Guyanes depuis l'Amazone jusqu'à l'Orénoque. Biodiversité, conservation, c...

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