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La retraite, une affaire de jeunes! Le gouvernement souhaite rouvrir le dossier des retraites au printemps, afin de présenter un texte de loi courant juin pour une adoption au Parlement pendant l'été. Comme souvent, le risque existe de voir le débat qui se profile se limiter à une acceptation pure et simple de choix politiques faussement présentés comme la seule solution possible pour l’avenir des retraites. Comme toujours, il entend réduire ce débat à une équation comptable ne concernant que les retraités ou les salariés proches de la retraite. Or trop de réformes ont été imposées au nom des jeunes et finalement contre eux, à commencé par le CPE en 2006. Les jeunes d’aujourd’hui auront à subir dans quelques années toute modification du système actuel et refusent d’être les grands oubliés d’un débat qui les concerne. Alors que la nature du système de retraite qui se met en place aujourd’hui contribue à façonner la société de demain, la jeunesse ne veut pas que le débat sur les chiffres confisque le débat sur l’avenir. Jeunes, nous sommes attachés à un système de retraite par répartition de haut niveau Jeunes en insertion, salariés ou étudiants, c'est sur nous que reposera le financement du système de retraite dans les années à venir. Attachés à la solidarité entre les générations, nous souhaitons financer aujourd’hui et demain un système de retraite par répartition de haut niveau qui garantisse un niveau de pension permettant de vivre pleinement le temps de la retraite. Nous refusons que la retraite par répartition devienne un « filet de sécurité » à minima, insuffisant pour vivre, qui oblige les retraités à travailler en complément ou à dépendre financièrement de leurs enfants comme c'était le cas avant la mise en place d'un système solidaire. Nous refusons la logique d'une retraite basée sur la capitalisation et l’épargne individuelle, inefficace économiquement et inégalitaire socialement. Nous finançons les pensions d'aujourd'hui, nous refusons d'avoir à épargner en plus pour nos vieux jours, surtout dans des fonds qui peuvent être ruinés du jour au lendemain ! Alors que la durée de vie s'allonge, nous affirmons que l'augmentation des besoins de financement du système de retraite n'est pas un coût mais une chance qu’il faut saisir. Parce que le statu quo n’assurera pas la pérennité du système, nous réclamons des réformes qui permettent son financement et garantissent nos droits sociaux. Nous n’acceptons pas que le catastrophisme ambiant serve d’argument pour imposer un allongement pur et simple de la durée de cotisation ou pour esquiver une nouvelle fois le débat sur la nécessaire augmentation des financements solidaires des retraites par répartition. Il n’est pas acceptable que l’allongement de l’espérance de vie soit synonyme de régression sociale. Alors que notre pays n’a jamais été aussi riche, nous n’acceptons pas que le message que la société adresse à sa jeunesse soit de travailler plus longtemps pour toucher une retraite moins importante conduisant ainsi notre génération à vivre des conditions de retraites moins bonnes que celles de nos parents. Le système de retraite doit prendre en compte l'évolution de la société Nous réclamons des réformes qui pérennisent notre système par répartition et garantissent nos droits sociaux, mais nous souhaitons également faire évoluer le système de retraites pour mieux prendre en compte l’évolution de la société. L’augmentation du niveau de qualification des jeunes a entraînée un allongement de la durée des études et un recul de l’âge moyen d’entrée dans un emploi stable (27 ans) qui conduisent les jeunes à commencer à cotiser plus tard que par le passé. A heure où l’objectif d’augmenter le nombre de diplômés de Licence à 50% d’une génération semble partagé, les périodes d’étude ne doivent pas devenir pénalisantes. Il est donc indispensable de permettre à chacun de valider les années d'études dans le calcul des annuités ouvrant droit à la retraite, afin de renforcer le droit à la retraite à taux plein à 60 ans pour les futurs actifs et d’offrir la garantie de pouvoir étudier sans être inquiété par son avenir, même lointain. Pour cela, les étudiants, sans revenus, pourraient contribuer au financement du système en s’acquittant d'une cotisation symbolique qui matérialiserait leur affiliation à une caisse de retraite. Il est également nécessaire de valider les périodes d’inactivité forcée, et de prendre en compte la situation des jeunes en situation d’insertion professionnelle pour qui l'enchaînement de stages, de CDD, de périodes d’intérim ou de chômage conduisent à accumuler des droits à retraites très incomplets, ou inexistant durant la recherche du premier emploi. En ignorant plus longtemps ces évolutions de la société qui caractérisent notre génération, le gouvernement adresse aux jeunes un message clair : la retraite, ce n'est pas pour vous! Les jeunes seront au rendez-vous du débat public En s’opposant au CPE en 2006, la jeunesse s’est également opposée à la précarité et à la remise en cause des droits qui menaçaient l'ensemble des salariés. Au printemps 2008 et dans les années à venir, les jeunes seront au rendez-vous du débat sur le système de retraite pour affirmer que la retraite est l'affaire de tous ! Nous voulons garantir à nos aînés des retraites de haut niveau financées par un système par répartition. Nous réclamons la prise en compte des années d'étude et la période d'insertion des jeunes dans le calcul des retraites afin de pouvoir à notre tour bénéficier d'un système de retraite solidaire. Le gouvernement ne peut aborder le débat sur les retraites sans l’avis des générations directement concernées par cet enjeu social majeur : les jeunes d’aujourd’hui.

Premiers signataires : UNEF, CGT Jeunes, UNSA Jeunes, FO jeunes, FSU, Solidaires, Léo Lagrange, SOS Racisme, UNL, FIDL, LMDE, Génération Précaire, JOC, Fac Verte


Appel "La retraite, une affaire de jeunes"