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ETUDIANTS DE FRANCE le magazine engagé des étudiants

www.congres2013.unef.fr - numéro 311 - hors série - mars et avril 2013

résumés

PARTICIPE ET VOTE ! LE PROGRAMME

LE BILAN

LES RESUMES

du 83ème congrès de l’UNEF

d’activité de 2011 à 2013 présenté par la majorité nationale

des textes des tendances de l’UNEF


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PARTICIPE AU 83ème CONGRÈS DE L’UNEF Programme et inscriptions Pour participer au congrès de l’UNEF, remplissez le formulaire d’inscription ci-dessous. Nom : Prénom : Adresse : CP : Ville : Téléphone : E-mail : Je souhaite participer au congrès de l’UNEF du 18 au 21 avril 2013 à Toulouse (joindre un chèque de 50 euros) Bulletin à renvoyer accompagné du règlement à : UNEF Vincent bordenave, Délégué général 112 Boulevard de la Villette 75019 Paris Téléphone : 01.42.02.80.88 congres2013@unef.fr

Etudiants de France n°311 • Hors-Série • Mars-Avril 2013


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Congrès de l’UNEF

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Rapport d’activité

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mode d’emploi

retour sur 2 ans avec l’UNEF

Bilan électoral conseils centraux, CROUS : tous les résultats

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résumé du texte présenté par la

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résumé du texte présenté par la

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résumé du texte présenté par la

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résumé du texte présenté par la

Tendance « Majorité Nationale »

Tendance « Refondation Syndicale » Tendance « pour une Majorité d’Action Syndicale » Tendance « pour un Syndicalisme Combatif »

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Edito Cher adhérent, chère adhérente, Depuis deux ans, les étudiants voient la crise et l’augmentation du chômage dégrader leurs conditions de vie et menacer leur insertion professionnelle. Confrontés à la panne de l’ascenseur social, inquiets pour la valeur de leur diplôme sur le marché de l’emploi, les jeunes ont de plus en plus de mal à accéder à leur autonomie et aspirent à de nouvelles perspectives. L’alternance politique et la présidence d’un candidat qui disait faire de la jeunesse sa priorité ont suscité de réels espoirs. Mais la rigueur budgétaire et les réticences à réellement fait confiance aux jeunes remettent aujourd’hui en cause cette promesse. Un an après l’élection présidentielle, trop peu de choses ont changé. C’est l’enjeu du 83ème congrès de l’UNEF : alors que le gouvernement présente une nouvelle loi pour les universités et en pleines négociations pour réformer les aides sociales, notre syndicat doit déterminer son orientation pour les deux prochaines années, afin de forcer le gouvernement à transformer les belles paroles en droits concrets pour les étudiants. Tous les adhérents de l’UNEF sont donc invités à se saisir de ce temps de débat et de réflexion collective pour échanger, débattre et construire l’orientation la plus à même d’améliorer les conditions de vie, de formation et d’insertion des jeunes. Notre intervention sera déterminante : il appartient aux étudiants eux-mêmes de forcer un changement qui tarde à venir. Les dernières élections dans les CROUS l’ont montré, les étudiants comptent l’UNEF, première organisation étudiante, pour imposer des ruptures avec les injustices qu’ils subissent et conquérir leur autonomie. La responsabilité de notre syndicat est donc à la hauteur des attentes et des besoins de notre génération. Cette année, quatre textes sont soumis aux votes des adhérents. Pour vous aider dans votre réflexion, ce numéro d’Etudiants de France revient sur l’essentiel des points de vue des tendances de l’UNEF et un aperçu des débats qui animeront notre 83ème congrès national. Les textes complets sont à votre disposition dans les locaux syndicaux de votre université. Le congrès national se tiendra à Toulouse, du 18 au 21 avril 2013. Chacun d’entre vous est convié à y participer. Le syndicat appartient à ses adhérents, c’est donc à vous de le faire vivre. Alors inscrivez-vous sans attendre à ce rendez-vous de débats et de vote, déterminant pour l’avenir de l’organisation et pour l’ensemble des étudiants. Bonne lecture ! Emmanuel ZEMMOUR Président de l’UNEF

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Congrès de l’UNEF : mode d’emploi

Congrès de l’UNEF : mode d’emploi Faire vivre la démocratie Tous les deux ans, l’UNEF tient son Congrès et appelle tous ses adhérents à y participer. Le Congrès de l’UNEF constitue un moment de respiration démocratique où les adhérents de l’UNEF sont appelés à se prononcer pour choisir l’orientation du syndicat pour les deux ans à venir. Cette orientation est présentée sous formes de différents textes sur lesquels les adhérents doivent se prononcer. Ces projets permettent de revenir à la fois sur le projet général que devra porter l’UNEF mais également sur les outils mis en œuvre pour défendre les étudiants. Tous les adhérents, quand bien même ils ne sont pas au quotidien des militants de l’UNEF, doivent prendre part à ce moment important de la vie du syndicat. En donnant son avis, chaque adhérent permet que le projet du

syndicat soit le plus représentatif possible des aspirations des étudiants. L’objectif est de doter le syndicat étudiant d’un projet ambitieux pour qu’il continue à défendre les intérêts matériels et moraux des étudiants. Plus de 100 ans après sa création, l’UNEF a vocation à progresser encore : il est donc fondamental que chaque adhérent se saisisse des questions qui lui sont posées se pronoçant sur les textes des tendances : • La Tendance Majorité Nationale • La Tendance Refondation Syndicale • La Tendance pour une Majorité d’Action Syndicale • La Tendance pour un Syndicalisme Combatif C’est sur la base du vote des adhérents que seront élues les instances locales et nationale du syndicat.

Le congrès local Avant le Congrès national, les congrès locaux se tiennent sur toutes les universités. Les adhérents sont alors appelés à y participer et à voter pour un des textes présentés.

Phase 1 : Réception de la convocation du congrès Tu vas recevoir, une semaine avant le congrès local, une convocation qui annonce la date et le lieu où se déroulera le congrès. Le plus souvent, le vote a lieu dans le local de l’UNEF, sur ton lieu d’étude. Si tu n’as pas reçu de convocation, n’hésite pas à contacter le bureau national de l’UNEF au 01 42 02 25 55 ou par mail à contact@unef.fr

Phase 2 : Le vote Après avoir lu les textes (contenus dans ce numéro spécial d’Etudiants de France), tu votes. Pour voter, il suffit de te déplacer au bureau de vote indiqué sur le courrier de convocation en te munissant de la carte d’étudiant (ou un justificatif). Le vote se fait alors en deux temps : • le vote sur l’activité : chaque adhérent se prononce sur le rapport d’activité, c’est-à-dire l’activité portée par la majorité nationale sur les deux dernières années (voir page 5) • le vote sur l’orientation : les adhérents choisissent l’orientation du syndicat.

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Phase 3 : Élection de la nouvelle direction locale A la fin des votes sur l’activité et l’orientation nationales, les adhérents de chaque section locale de l’UNEF se réunissent lors d’une Assemblée Générale pour décider de l’orientation locale et élire les responsables locaux de l’UNEF en fonction des résultats du congrès local. Sont également désignés les délégués qui voteront au Congrès National de Montpellier les 7, 8, 9 et 10 avril prochain.


2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013

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2 ANS AVEC L’UNEF AVRIL 2011- FEVRIER 2013 Le 82ème congrès de l’UNEF à Montpellier en avril 2011 a été l’occasion pour le syndicat de se mettre en ordre de bataille afin d’affronter les échéances déterminantes qui attendaient le mouvement social. Rassemblés autour d’un projet offensif et ambitieux ayant réuni près de 80% des votes, l’ensemble des AGE (sections locales) et des militants de l’UNEF ont mené pendant ces deux années une activité acharnée afin de faire avancer les intérêts matériels et moraux des étudiants. La période qui vient de se terminer, marquée par un contexte de crise, la fin de l’ère Sarkozy et l’alternance politique au pouvoir, fut très riche pour le syndicat. Ne se fixant pour unique boussole que l’intérêt des étudiants, l’UNEF est restée à l’initiative et a refusé d’attendre que le gouvernement change pour agir. En construisant notre démarche syndicale autour d’un seul objectif, faire avancer les droits étudiants, nous avons su être à l’offensive sur tous les fronts. Ainsi ces deux dernières années ont été marquées par des conquêtes importantes pour l’UNEF

avec notamment l’obtention d’un dixième mois de bourse et le cadrage des modalités d’examen pour les étudiants en licence. Les élections au CROUS ont été au cœur de notre activité. En imposant un report de ce scrutin, initialement prévu pour avril 2012 mais décalé au mois de novembre 2012, nous avons fait de ce rendez-vous militant un véritable point d’appui dans la construction de notre rapport de force. L’UNEF a su créer les conditions nécessaires à une forte mobilisation étudiante, faire de ce scrutin un moment victorieux et progresser en nombre de voix et nombre d’élus pour imposer des négociations autour d’une réforme des aides sociales. Ce scrutin, révélateur du bon état de forme de l’organisation a permis d’exprimer largement la volonté majoritaire des étudiants. C’est donc fier de notre bilan que nous retraçons ici l’activité qui fut celle du syndicat depuis Avril 2011. Cette chronologie n’a pas vocation à être exhaustive tant l’activité a été dense, mais elle s’efforce de revenir sur les temps forts qui ont été ceux du syndicat.

Cortège de l’UNEF lors de la manifestation en faveur du mariage pour tous le 27 janvier 2013

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2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013

Avril 2011

Mai 2011

82ème congrès de l’UNEF • Du 7 au 10 Avril, l’UNEF organise son 82ème congrès à Montpellier. L’UNEF utilise cette tribune pour interpeller les pouvoirs publics sur la situation de la jeunesse, première victime de la crise économique, et exiger la mise en place d’une protection sociale des jeunes et des étudiants. Ce congrès est aussi l’occasion lors d’une table ronde internationale, de rassembler des jeunes s’étant battus dans le monde entier et de voter la charte de Montpellier sur l’engagement internationaliste de la jeunesse. Lors de ce congrès, Jean-Baptiste Prévost quitte la présidence de l’UNEF, et Emmanuel Zemmour est élu président du syndicat.

Manifestation du 1er Mai • L’UNEF appelle les étudiants à manifester aux côtés des salariés, et demande des mesures d’urgence pour répondre à la crise qui frappe durement les jeunes et la population. FECR • L’UNEF organise sur les universités de toute la France son traditionnel Festival Etudiant Contre le Racisme, avec en point d’orgue le festival national sur l’esplanade de l’Université Paris 7. 31 mai • Parution de la circulaire Guéant durcissant la possibilité pour les étudiants étrangers de travailler en France et les critères d’attribution de

L’UNEF obtient un cadrage national des modalités d’examens pour les étudiants en licence Face aux inégalités que rencontrent les étudiants dans l’obtention de leur diplôme, l’UNEF s’est donnée pour objectif dans les deux dernières années de lutter contre la sélection par l’échec et d’obtenir de nouveaux droits pour les étudiants. Dans un contexte de dérégulation et de mise en concurrence, il était nécessaire d’obtenir un cadrage des modalités de contrôle de connaissance, pour avancer vers l’égalité de tous face à la réussite. C’est grâce à la pression de l’UNEF sur le gouvernement que celui-ci décide de réouvrir l’arrêté licence de 2002. En s’appuyant sur les campagnes locales menées dans les universités, sur les victoires obtenues, le syndicat a mené la bataille contre l’échec artificiel organisé par l’ancienne réglementation. A rebours des politiques d’enseignement supérieur, élitistes, l’arrêté licence est un véritable point d’appui pour les étudiants, permettant enfin d’obtenir une réglementation nationale des modalités d’examens plus favorables à la réussite de tous. Celle-ci garantit désormais aux étudiants : • La compensation annuelle des notes, dispositif qui permet de prendre en compte la progression de l’étudiant sur l’ensemble de l’année. • La mise en place de deux sessions d’exa-

mens, alors qu’un flou juridique subsistait et permettait aux universités de ne pas organiser de rattrapages. • L’interdiction des notes éliminatoires, permettant de lutter contre l’échec artificiel transformant l’examen en une sanction. Cet arrêté vient également renforcer l’égalité entre les filières en fixant un nombre minimum d’heures d’enseignement quel que soit la discipline. Celui-ci est fixé à 1500 heures, permettant un meilleur encadrement, et plus de suivi afin de favoriser la progression de l’étudiant. Obtenir une nouvelle réglementation ne suffisait pourtant pas à garantir une véritable amélioration des règles d’examen. L’UNEF s’est battue université par université, en menant des campagnes locales, et nationales, en s’appuyant également sur un rapport de force renouvelé suite aux élections universitaires de 2012 pour imposer l’application de l’arrêté licence dans l’ensemble des universités. En une année, ce sont 93% des universités qui ont mis en place la compensation annuelle contre 60% avant l’arrêté Licence, et 22 universités ont supprimé leurs notes éliminatoires. L’UNEF s’est également lancée dans une bataille juridique, en déposant de recours contre les universités récalcitrantes comme Paris 11, Paris 2, Lyon 3 ou Grenoble 1.

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titres de séjour. L’UNEF se fixe immédiatement comme objectif le retrait de cette circulaire.

Juin 2011 Sos Examens • A travers ses tracts d’information et ses permanences syndicales, l’UNEF défend les droits étudiants lors de la période des examens. Marche des Fiertés • L’UNEF participe activement à la marche des fiertés avec le collectif Démocratie et Courage. 6 juin • L’UNEF organise un rassemblement devant l’ambassade grec en soutien au peuple et à la jeunesse Grecque.

Juillet 2011 Collectif National • L’UNEF rassemble début Juillet 550 militants lors de son collectif national pour préparer les chaines d’inscription et la prochaine rentrée. Chaînes d’inscription • Comme chaque année, l’UNEF accueille les étudiants lors de leur inscription pour les orienter et leur proposer d’adhérer au syndicat. Le bilan de la syndicalisation est en hausse malgré le choix de beaucoup d’établissements de dématérialiser leurs inscriptions. Frais d’inscription illégaux • L’UNEF rend public son 7ème palmarès des universités hors la loi. Le nombre d’établissements concernés est en baisse. L’UNEF réalise de nombreux recours gracieux et obtient même plusieurs suppressions des frais visés dans certaines universités. 17 juillet • Publication du nouvel Arrêté licence. L’UNEF obtient, après plusieurs mois de mobilisation et de négociation une importante victoire syndicale avec le cadrage des modalités de contrôle de connaissance, la suppression des notes éliminatoires et la généralisation de la compensation annuelle dans toutes les universités.

Septembre 2011 Panier de l’étudiant • Pour la septième année consécutive, l’UNEF sort son enquête sur le pouvoir d’achat des étudiants à la rentrée. Cette enquête met en exergue l’accentuation de la précarité étudiante suite à la crise économique, avec des dépenses obligatoires en constante augmentation depuis 2006 (+33,2% en 5 ans). L’UNEF lance une campagne militante sur les


2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013 universités avec une pétition pour exiger des mesures sociales d’urgence. Rentrée universitaire • L’UNEF organise dans tous les établissements des réunions de rentrée pour accueillir ses adhérents et les nouveaux étudiants. Fête de l’humanité • L’UNEF participe à la Fête de l’Humanité où elle tient un stand militant, et participe à de nombreux débats. Retour de Bruno Gollnisch • L’UNEF mobilise les étudiants de Lyon 3 contre le retour de l’ex dirigeant du Front National suspendu pendant cinq ans pour propos révisionnistes. Application de l’arrêté licence • À la suite de la publication de l’arrêté licence l’UNEF obtient la compensation annuelle des notes dans 93% des universités, et la fin des notes éliminatoires dans 22 établissements.

Octobre 2011 Collectif National • L’UNEF rassemble 650 militants à l’occasion de son collectif national et lance une campagne « Face à la crise priorité à l’éducation » pour prémunir les étudiants des conséquences de la rigueur et organiser la conquête de nouveaux droits. Pendant cette campagne l’UNEF fait remplir plus de 11 000 questionnaires aux étudiants partout en France qui ont ensuite été la base de nombreuses batailles locales ou des campagnes électorales. Lors de ce CN, Anna Mélin secrétaire générale de l’UNEF quitte ses fonctions, Julie Mandelbaum est élue nouvelle secrétaire générale de l’organisation. 11 octobre • L’UNEF participe à la manifestation contre les politiques d’austérité, et revendique notamment le retrait de la taxe sur la santé. 18 octobre • L’UNEF organise à Paris un meeting de soutien à la jeunesse chilienne en lutte pour défendre un droit à l’éducation gratuite et laïque. Les principaux leaders du mouvement sont présents à cette occasion. 27 octobre • L’UNEF lance une campagne pour sauver le RESS et contre la taxe sur les complémentaires. L’UNEF crée les conditions de l’unité du mouvement étudiant en invitant la FAGE à organiser une conférence de presse en commun. Bourses aux livres • L’UNEF organise la solidarité en animant les bourses aux livres dans la majorité des universités.

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Deux ans de bataille pour sauver le régime étudiant de sécurité sociale Les conditions de santé des étudiants se sont fortement dégradées ces cinq dernières années. L’enquête nationale sur la santé des étudiants, publiée en 2011 par la LMDE, dresse un tableau alarmant de l’accès aux soins. 34% des étudiants ne consultent pas de médecin, faute de moyens financiers. 19% des étudiants ne sont pas couverts par une mutuelle. Cette situation est essentiellement due à un double phénomène. D’une part le contexte économique difficile et l’absence de statut social protecteur amènent les jeunes à arbitrer entre les différents postes de dépenses de leur budget. Les dépenses telles que le loyer ou l’alimentation passent inévitablement devant les dépenses liées aux soins. Mais la précarité sociale ne peut expliquer à elle seule la dégradation de la situation sanitaire des étudiants. En effet, depuis plusieurs années, ils ont subi de plein fouet la hausse du coût de la santé (hausse du forfait hospitalier, franchises médicales …) et le recul de la solidarité nationale. Le niveau de prise en charge des soins ambulatoires, les plus utilisés par les étudiants, est tombé à seulement 50% du coût total des soins. Mais si ce contexte s’avérait déjà très difficile, ces deux dernières années ont marqué un tournant dans la dégradation de la santé des étudiants notamment par la remise en cause de notre régime délégué.

La bataille contre la taxe santé En juillet 2011, le gouvernement annonçait le doublement des taxes sur les mutuelles étudiantes. Déjà asphyxiées financièrement par un désengagement structurel de l’Etat, les mutuelles étudiantes se sont retrouvées menacées dans leur existence même. A travers l’affaiblissement des mutuelles étudiantes, c’est la santé des étudiants, mais également leur autonomie qui était en danger. En ... OU VOTRE BUDGET DU MOIS VA Y effet, les mutuelles étudiantes, administrées par des PASSER étudiants, gèrent le Régime Etudiant de Sécurité Sociale (RESS), première pierre de la reconnaissance des jeunes à gérer leurs propres affaires. L’UNEF a alors fait le choix de mobiliser les étudiants par une campagne militante. Pour renforcer le poids de notre intervention nous avons fait le choix d’associer la FAGE lors d’une conférence et d’un dossier de presse. L’objectif de montrer l’attachement et l’unité des étudiants pour la défense de leur régime. En décembre 2011, le gouvernement annonce une unef.fr/sante augmentation de la remise de gestion et l’octroi de 2 millions d’euros supplémentaires aux mutuelles gestionnaires du RESS, une victoire importante pour sortir de l’urgence mais pas suffisante. Affiche de la campagne contre la taxe sur la santé. 10/11.

La défense du RESS et de la gouvernance étudiante Devant l’inaction des pouvoirs publics pour sauver durablement le RESS, dans un contexte ou la fiscalité force toutes les mutuelles à se transformer, à fusionner ou à disparaitre, la direction étudiante de la LMDE engage une réorganisation nécessaire pour sauver la mutuelle, clef de voute du régime. Profitant de cette réorganisation c’est une véritable campagne de presse que les détracteurs du régime ont déclenché. Nous avons assisté à un tir nourri de critiques souvent fausses et toujours de mauvaise foi sur le régime étudiant. Dans la ligne de mire de ces « enquêtes », la gestion étudiante et donc la seule mutuelle gérée démocratiquement par et pour les étudiants. L’UNEF, consciente de la réalité budgétaire de la LMDE, et de la responsabilité des pouvoirs publics dans son asphyxie budgétaire, a fermement dénoncé le mutisme du gouvernement et a multiplié ses interventions auprès de celui-ci. Nous avons refusé les arguments paternalistes qui voudraient que les difficultés financières seraient dues à l’âge des administrateurs étudiants, et réaffirmer que notre autonomie n’est pas négociable. Ce n’est donc que sur eux-mêmes que les administrateurs étudiants ont dû compter pour trouver un adossement mutualiste permettant de sauver le régime tout gardant une direction étudiante.

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2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013

L’UNEF se bat pour l’égalité entre étudiants français et étrangers Les dernières années du mandat de Nicolas Sarkozy ont été placées sous le signe des discriminations et d’une xénophobie d’Etat tant dans les mots que dans les politiques mises en œuvre. Au lieu d’une réponse politique adéquate à la crise sociale, c’est la peur de l’autre et le soi-disant danger d’une immigration massive qui ont été pointés du doigt, installant un climat délétère dans le pays avec une véritable course aux expulsions. Le durcissement des politiques à l’encontre des étrangers, symbolisé notamment pour les étudiants par les circulaires Guéant du 31 mai et du 6 septembre 2011, a rendu quasi impossible l’accès à un titre de séjour « salarié » et prohibitives les conditions de ressources pour obtenir un titre de séjour (il faut désormais justifier de 7680 euros sur son compte en banque pour être éligible à un titre de séjour). Parce que l’UNEF porte la responsabilité de défendre les 10% d’étudiants discriminés, elle a fait le choix de ne pas rester passive. En lien avec le collectif du 31 mai, l’UNEF est à la pointe de la bataille contre la circulaire Guéant. Mais ne voulant restreindre son activité à la seule circulaire, l’UNEF est à l’initiative d’un travail unitaire, rassemblant plus de 40 organisations, en organisant le 3 février 2012 à Paris, les assisses des étudiants étrangers. A la suite de ces assisses l’UNEF lance un appel à destination des candidats à la présidentielle, afin de les interpeller sur les conditions d’accueil et de séjour, des étudiants étrangers.

Novembre 2011 Retard sur le versement des bourses • Par soucis d’économies, le gouvernement avait décidé de ne pas financer la totalité des bourses. L’UNEF mobilise les étudiants, et après un mois de bataille le gouvernement a fini par céder en accordant une rallonge budgétaire pour verser l’ensemble des bourses. Régime étudiant de sécurité sociale • Accord sur la remise de gestion : l’UNEF obtient une augmentation de la remise de gestion délivrée aux mutuelles étudiantes. Si cette mesure apporte des solutions à court terme, elle n’est pas suffisante pour sauver durablement le régime. Election en cité U • Les listes FERUF/UNEF remportent plus de 250 élus lors des élections en conseil de résidence. Board meeting de l’ESU • L’UNEF participe au 60éme Board Meeting de l’ESU à Sofia en Bulgarie.

Décembre 2011 1er décembre • L’UNEF participe à la journée mondiale de lutte contre le SIDA en tenant des stands avec la LMDE dans les universités.

De plus l’UNEF organise la défense des étudiants étrangers en difficultés, avec la tenue régulière permanences pour les défendre. L’UNEF mène campagne pour faire connaître leur droits aux étudiants étrangers et pour obtenir que ceux qui font les mêmes études aient, tout simplement les mêmes droits. L’UNEF a ainsi permis de régulariser plus de 250 étudiants et a permi à plus de 300 autres de ne pas perdre leur titre de séjour sur les deux dernières années. Ce travail syndical, fait en grande partie dans une démarche unitaire, débouche au lendemain de l’élection présidentielle sur le retrait de la circulaire Guéant. Des lors commence un nouveau cycle syndical afin d’ouvrir les brèches pour une refonte de la loi CESEDA, une réforme de Campus France et une amélioration des conditions d’accueil et de séjour des étudiants étrangers. Nous nous appuyons sur tous les leviers pour faire changer la loi, notamment la proposition de loi de la sénatrice Gillot qui reprend une grande partie des revendications de l’UNEF comme le titre de séjour pluri annuel. L’UNEF doit relever maintenant deux défis : faire adopter cette loi et permettre la refonte du cadre juridique existant.

SOS Inscriptions • A travers ses tracts d’information et ses permanences syndicales, l’UNEF défend les droits étudiants lors de la période des examens.

17 janvier • A la veille du sommet social l’UNEF publie ses propositions pour l’emploi des jeunes.

Budget 2012 • L’UNEF intervient pour dénoncer le budget 2012 alloué à l’enseignement supérieur et aux CROUS. Beaucoup d’établissements ont été contraints de supprimer des postes et fermer des filières, 21 CROUS sur 28 ont vu leurs dotations générales de fonctionnement diminuer. L’UNEF a fait rejeter plusieurs budgets lors des CA budgétaires. Elle a organisé des rassemblements avec les étudiants, ce qui a permis à certains établissements d’obtenir une rallonge budgétaire.

3 février • L’UNEF organise les Assises des étudiants étrangers avec près de 40 associations pour demander le retrait de la circulaire Guéant et l’égalité des droits.

Février 2012

15 décembre • L’UNEF organise un rassemblement le jour de l’audience du conseil d’Etat consacré au décret de l’Université de Lorraine pour dénoncer le passage au statut de grand établissement.

Janvier 2012 Election au CROUS • L’UNEF obtient un report des élections aux CROUS au 1er semestre de l’année 2012/2013. Ce choix se fait dans l’objectif de favoriser une plus grande participation

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Affiche de la campagne pour l’égalité entre tous les étudiants 02/12.


2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013

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L’UNEF fait entendre sa voix pendant la campagne présidentielle Parce que nous portons un projet de transformation sociale qui vise à assurer à tous les jeunes l’accès à la formation de leur choix et leur mise en sécurité sociale, c’est autour du projet d’allocation d’autonomie que nous avons bâti notre interpellation. Alors que les différents candidats parlaient beaucoup des jeunes, le rôle du syndicat était crucial pendant la période. En mettant en avant deux chantiers prioritaires pour l’enseignement supérieur, la protection des jeunes avec la mise en place d’une allocation d’autonomie, et changer les études de licence pour permettre la réussite de tous, l’UNEF a posé ses priorités. Parce que l’interpellation n’est pas un travail de lobby coupé des réalités, alliant à l’interpellation une campagne mobilisatrice sur les campus pour l’Allocation d’Autonomie, nous avons fait le choix de la montée en charge de notre projet par des revendications intermédiaires. L’UNEF a ainsi publié 10 propositions pour relancer l’ascenseur social. 10 propositions qui sont 10 mesures d’urgence à prendre très rapidement par le nouveau gouvernement. Ces mesures ont été choisies parce qu’elles ciblent des injustices et des difficultés auxquelles les jeunes en formation sont quotidiennement confrontés :

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Revalorisation des bourses de 65% pour atteindre une bourse maximale de 760 euros

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Revalorisation des aides au logement de 20% pour rattraper l’explosion des loyers.

Création immédiate de 100 000 aides aux étudiants indépendants financièrement dans la perspective de la création d’une allocation d’autonomie à l’horizon 2017

Création d’un titre de séjour couvrant la durée de l’ensemble d’un diplôme pour sécuriser le parcours des étudiants étrangers

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Donner la priorité aux étudiants de bac techno dans l’inscription en IUT pour limiter les voies de contournement à l’université.

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Recruter 2500 enseignants et 2500 personnels pour les premiers cycles universitaires pour garantir les 1500h légales d’enseignement

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Référencer les licences en une liste de 30 intitulés pour une meilleure reconnaissance des formations Garantir aux étudiants de master 1 une inscription en master 2 dans leur établissement d’origine.

Pénaliser l’abus de stage par son inscription dans le code du travail pour protéger les stagiaires et libérer 100 000 emplois déguisés

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Donner un accès de droit au RSA pour les moins de 25 ans.

Cette interpellation a permis de faire ressortir les propositions des jeunes pendant la campagne présidentielle. Ainsi alors que les jeunes sont les premiers à voir leurs droits sociaux reculer dans des pays d’Europe, face à une UNEF vigilante et malgré le contexte de crise aucun candidat n’a franchi les lignes jaunes posées par le syndicat sur les aides sociales, la sélection ou les frais d’inscriptions. L’interpellation nous a aussi offert des points d’appui que ce soit sur la réussite en premier cycle, l’encadrement des loyers ou l’état des aides sociales et la précarité étudiante. Plus généralement l’intervention de l’UNEF a permis de protéger notre milieu de toute velléité de s’attaquer à nos droits. L’UNEF réunie près de 15 000 jeunes place de la bastille lors du Festival Etudiant Contre le Racisme le 17 avril 2012.

Collectif National • L’UNEF organise son CN début février avec un nombre record de participants (700), et lance sa campagne électorale dans la perspective des élections aux conseils centraux. Lors de ce CN Sébastien Maurice, trésorier de l’UNEF quitte ses fonctions, Sébastien Chaillou est élu trésorier.

les mesures discriminantes financièrement et replacer l’égalité au cœur de l’accueil des étudiants étrangers en France Une allocation d’autonomie pour tous les jeunes • L’UNEF lance une campagne sur les universités pour revendiquer l’allocation d’au-

Mars 2012

tonomie et interpeller les candidats à l’élection présidentielle. Big Bang des politiques de jeunesse • L’UNEF participe au Big Bang des politiques de jeunesse qui regroupe près d’une quarantaine d’organisations pour faire entendre les revendications des jeunes dans le cadre de l’élection présidentielle.

Avril 2012

8 mars • L’UNEF participe à la journée internationale pour le droit des femmes en organisant des actions sur les campus, et des cortèges lors des manifestations.

3 avril • L’UNEF lance sa campagne d’interpellation lors d’une conférence de presse et dévoile les 10 exigences des étudiants pour la rentrée 2012.

Etudiant étrangers • L’UNEF lance un appel avec plus de 60 organisations d’étudiants étrangers pour retirer la circulaire du 31 mai, revenir sur

17 avril • Un mois après les tueries de Montauban et Toulouse, l’UNEF organise un grand concert place de la Bastille lors du Festival Etu-

Affiche de la campagne pour une allocation d’autonomie. 03/12.

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2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013

diant Contre le Racisme 2012. Près de 15 000 personnes se réunissent contre le racisme et les discriminations. Présidentielles • Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, l’UNEF s’alarme du score de l’extrême droite, et appelle à battre Nicolas Sarkozy le 1er mai dans la rue et le 6 mai dans les urnes. Board meeting de l’ESU • L’UNEF participe au 61éme Board Meeting de l’ESU à Bucarest en Roumanie

Mai 2012 Manifestation du 1er mai • L’UNEF appelle les étudiants à manifester pour porter nos revendications aux côtés des salariés et pousser le prochain gouvernement à nous apporter des réponses dès le début de son mandat.

président élu que les attentes sont fortes et que c’est sur ses actes que les jeunes le jugeront. Rencontre Nationale des Elus Etudiants • Les 12 et 13 mai, l’UNEF rassemble à Evry près de 400 élus étudiants lors de la 6ème rencontre nationale des élus étudiants, qui permet de tracer les objectifs pour le mandat à venir. Législatives • L’UNEF lance une campagne d’interpellation des candidats aux législatives. Retrait de la circulaire Guéant • Une des toutes premières mesures du nouveau gouvernement est le retrait de la circulaire du 31 mai. L’UNEF salue l’annonce d’une mesure indispensable pour des milliers de jeunes diplômés, mais rappelle que depuis un an, de nombreuses mesures prises à l’encontre des étudiants étrangers, doivent elles aussi être retirées. Du 28 mai au 5 juin • L’UNEF participe à participer à la conférence internationale du travail à l’OIT pour représenter les jeunes européens. Mobilisation au Québec • En solidarité avec les jeunes québécois, mobilisés contre l’augmentation de des frais de scolarité, l’UNEF organise plusieurs rassemblements et manifestations partout en France.

Juin 2012 Affiche de la campagne d’interpellation pour les présidentielles.

6 mai 2012 • François Hollande est élu président de la République. L’UNEF salue la victoire d’un candidat ayant choisi de faire de la jeunesse une priorité nationale mais avertit le nouveau

Emploi des jeunes • En association avec l’UGICT-CGT, l’UNEF organise le mardi 26 juin un rassemblement qui a réuni 200 étudiants et jeunes diplômés devant l’Assemblée nationale à l’occasion de l’entrée en fonction des nouveaux

députés, nous les interpellons sur l’emploi des jeunes. Un CV de jeune diplômé sans emploi et une lettre présentant une proposition de loi « clé en main » pour la protection des jeunes diplômés et la reconnaissance des qualifications ont été remis à chaque député. 29 juin • A l’issu du séminaire gouvernemental consacré au budget 2013, une diminution des dépenses de l’Etat est annoncée, l’UNEF alerte le gouvernement sur la nécessité de prendre des mesures pour les étudiants dès l’été. Marche des Fiertés • L’UNEF participe activement à la marche des fiertés avec le collectif Démocratie et Courage. SOS examens • A travers ses tracts d’information et ses permanences syndicales, l’UNEF défend les droits étudiants lors de la période des examens 20 juin 2012 • L’UNEF participe à la création du Forum Français de la Jeunesse, rassemblant 19 organisations de jeunesse dirigée par des jeunes, ce forum a pour but de construire une expression autonome de la jeunesse.

Juillet 2012 5 juillet • La ministre de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso annonce une sanctuarisation du 10éme mois de bourse comme la mesure phare de la rentrée 2012. Mais l’UNEF ne se contente pas de cette annonce, et obtient une revalorisation des bourses de 2,1 %. En quelques semaines l’UNEF a réussi à obtenir 175 millions d’euros supplémentaires dans le budget des CROUS.

L’UNEF fait entendre ses revendications sur l’emploi des jeunes Dans un contexte de chômage de masse pour les jeunes, où près de 23% des jeunes n’ont pas d’emploi, et où tous souffrent de manque de reconnaissance, le travail de l’UNEF a été important au cours de ces deux dernières années. Un travail a été effectué entre l’UNEF et l’UGICT-CGT afin de préparer l’interpellation aux élections présidentielles, soumettant aux différents candidats 10 mesures pour «garantir l’accès à un emploi stable» pour les jeunes diplômés, parmi lesquelles la reconnaissance des diplômés dans les conventions collectives, la prise en compte des années d’études dans le calcul des retraites ou encore l’aide à la recherche au premier emploi.

Dès son entrée en fonction le gouvernement annonce la mise en place de deux mesures d’emplois aidés : les emplois d’avenirs et les contrats de génération. Malgré l’absence de concertation avec les partenaires sociaux sur les emplois d’avenirs, l’UNEF intervient à l’occasion des débats parlementaires et dépose des amendements sur le projet de loi. Parmi les amendements retenus visant à infléchir le projet de loi, la question des compétences acquises, l’accès à une qualification et la limite des effets de substitution, afin que les entreprises embauchant des jeunes en emplois d’avenir ne puissent pas percevoir d’aides si cette embauche s’effectue en remplacement de salariés licenciés.

Etudiants de France n°311 • Hors-Série • Mars-Avril 2013


2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013

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Deux ans de solidarité internationale Lors de notre 82ème congrès nous nous étions dotés d’une orientation ambitieuse sur l’engagement internationaliste de l’UNEF ; pendant deux ans ce cap a été maintenu. Cet engagement s’est tout d’abord concrétisé par le soutien aux révolutions arabes. C’est notamment dans cette perspective que l’UNEF s’est engagée pour soutenir les étudiants syriens qui combattent depuis plus de deux ans le régime de Bachar El-Assad. Ce soutien s’est concrétisé par la mise en place d’un comité universitaire de soutien à la population syrienne et par l’établissement de liens entre l’UNEF et les étudiants syriens exilés en France. Plus que jamais ce soutien doit être réaffirmé et amplifié pour mettre fin à ce conflit sanglant. Notre activité internationale a été aussi marquée par les mobilisations étudiantes au Chili et au Québec. Au Chili, les étudiants ont débuté au printemps 2011 un mouvement de contestation du fonctionnement du système d’enseignement supérieur hérité de l’ère Pinochet. Ce fonctionnement qui repose sur un système inégalitaire ou l’enseignement supérieur privé a une part prépondérante a amené les étudiants chiliens à défiler pendant plusieurs mois dans les rues du pays. Pour manifester notre solidarité à leur égard nous avons organisé un meeting à Paris en présence des principaux leaders du mouvement. A cette occasion Camilla Vallejo et Georgio Jackson ont pris la parole pour nous faire part des motivations qui les ont conduits à se mobiliser. C’est dans le

même état d’esprit que nous avons organisé au printemps dernier des actions de soutien au « printemps érable » de la jeunesse québécoise. Pendant plusieurs semaines l’ensemble des universités québécoises se sont mobilisées contre l’augmentation des frais d’inscription voulue par le gouvernement libéral de Jean Charest. Cette mobilisation qui a bousculé en profondeur la société québécoise a conduit le gouvernement à sa chute à l’occasion des élections de septembre dernier. Si dans un premier temps la lutte des étudiants a conduit au retrait du projet d’augmentation des frais d’inscriptions, ces dernières semaines ont vu le sujet revenir sur le devant de la scène. Enfin nous avons fait de notre intervention sur les questions européennes notre priorité dans l’action internationaliste de l’UNEF. Cela est passé par la montée en puissance du pôle syndical au sein de l’ESU. Par le renforcement de nos liens avec les organisations étudiantes syndicales (Grande-Bretagne, Italie, Autriche, Belgique, Norvège, Danemark…) nous avons su impulser des dynamiques syndicales dans l’ESU (European Student’s Union). Nous avons ainsi obtenu l’adoption de motions de fond ou d’amendements, partageant notre analyse sur la nécessité de se battre contre l’augmentation des frais d’inscriptions, ou encore pour d’exiger une augmentation du financement public de l’enseignement supérieur. C’est dans le même état d’esprit que l’UNEF a entamé un véritable travail au niveau européen à travers la bataille pour le financement d’ERASMUS, affichant clairement son opposition à la commission européenne.

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2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013

Elections au CNESER : un scrutin victorieux mais entaché de graves fautes de la part du ministère En juillet dernier, la liste « UNEF et associations étudiantes » a remporté les élections étudiantes au CNESER, en obtenant 36,3% des voix et 4 élus sur 11, loin devant la seconde organisation étudiante. Si cette victoire confirme la place de l’UNEF comme première organisation représentative, le scrutin a été entaché par de grosses irrégularités, de nature à déséquilibrer son résultat. En effet, la suppression des suppléants CA du corps électoral en cours de scrutin a engendré une surreprésentation des élus des écoles au détriment des universités, et le gel arbitraire de certains votes a empêché plus d’une centaine d’élus de pouvoir s’exprimer. Face à cette situation, l’UNEF a déposé un recours victorieux au tribunal pour faire annuler les élections au CNESER de juillet. Plus qu’une bataille juridique réussie, cette décision est un véritable point d’appui pour exiger davantage de démocratie dans cet organe. Suite à l’action de l’UNEF, le Ministère est dans l’obligation de garantir un meilleur équilibre entre le poids des élus des écoles et des universités, et de proposer un nouveau mode de scrutin. L’UNEF a entamé une bataille afin de peser pleinement dans la future réforme du CNESER et que le prochain scrutin permette la meilleure expression possible des élus.

Septembre 2012 Rentrée universitaire • L’UNEF organise dans tous les établissements des réunions de rentrée pour accueillir ses adhérents et les nouveaux étudiants. Campagne de rentrée • L’UNEF lance sur tous les campus sa campagne « il faut que ça change » sur la précarité étudiante, et recueille plus de 50 000 pétitions. Fête de l’humanité • L’UNEF participe à la Fête de l’Humanité où elle tient un stand militant, organise des débats sur son stand, et participe à de nombreux autres débats. 14 septembre • La ministre de la jeunesse Valérie Fourneyron annonce le lancement du Comité interministériel de la jeunesse. Réforme des aides sociales • Le 18 septembre, la ministre de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso annonce l’ouverture de négociations sur le système d’aides sociales après les prochaines élections aux CROUS, sous la pression de l’UNEF. 25 septembre • l’UNEF participe au vote du rapport sur la réussite étudiante au Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), sur lequel l’UNEF compte s’appuyer en vue de la nouvelle loi.

Elections au CNESER • L’UNEF remporte les élections au CNESER, et confirme les bons résultats électoraux de l’année, et par la même occasion sa place de première organisation étudiante. Elle dénonce cependant un scrutin entaché de fautes graves de la part du ministère, qui a retiré plus de 300 électeurs à 3 semaines du scrutin, et a gelé près de 200 voix le jour du dépouillement. Un recours devant la justice administrative est déposé. Collectif National • L’UNEF réunit son CN début juillet, l’occasion de faire le bilan d’un semestre électoral victorieux, et de lancer une campagne de syndicalisation en vue d’affronter les échéances qui se présenteront à elle à la rentrée universitaire. Ce CN est aussi l’occasion pour l’UNEF d’organiser une table ronde sur l’Emploi des jeunes avec nos partenaires syndicaux. Chaînes d’inscription • Comme tous les ans,

l’UNEF accueille les étudiants dans toutes les universités lors de leur inscription pour les orienter et leur proposer d’adhérer au syndicat. Le bilan de la syndicalisation est stable malgré le choix de beaucoup d’établissements de dématérialiser leurs inscriptions Frais d’inscription illégaux • L’UNEF rend public son 8ème palmarès des universités hors la loi. Le nombre d’établissements concernés est à nouveau en baisse.

Aout 2012 Panier de l’étudiant • Pour la huitième année consécutive, l’UNEF présente son panier de rentrée. Lors d’une conférence de presse tenue le lundi 20 août 2012, l’UNEF appelle à la mise en œuvre immédiate d’un Plan d’action sociale étudiant, premier pas vers l’allocation autonomie

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Emploi des jeunes • L’UNEF participe au vote du CESE sur l’emploi des jeunes, qui reprend de nombreuses revendications du syndicat. Bizutage • Face à la recrudescence des actes de bizutage dans certains établissements, l’UNEF intervient dans plusieurs universités pour forcer les établissements à prendre les mesures nécessaires pour lutter contre ces dérives. 26 septembre • L’UNEF apporte tout son soutien à Sevil Sevimli qui comparaît devant la cour d’assises de Bursa. Sevil Sevimli étudiante en Turquie dans le cadre du programme ERASMUS, est accusée par les autorités locales de proximité avec des organisations terroristes. Les seules « preuves » apportées par l’accusation se résument à sa participation aux manifestations du 1er mai et à sa possession de livres interdits comme le sont les ouvrages de Karl Marx. Sevil adhérente à l’UNEF reçoit tout le soutien de son syndicat dans cette épreuve.


2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013 Octobre 2012 Bourses aux livres • L’UNEF organise la solidarité en animant les bourses aux livres dans la majorité des universités

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Assises de l’Enseignement Supérieur : l’UNEF impose ses revendications dans le débat

Week-End de Formation Régionaux • L’UNEF réuni plus de 500 étudiants partout en France pour se former avant les échéances électorales

En s’engageant sur la mise en place d’une nouvelle loi pour l’enseignement supérieur sous la pression étudiante, le gouvernement a ouvert la possibilité de mettre fin au mouvement de dérégulation que nous avons connu ces dernières années.

Collectif National • L’UNEF organise à Nanterre son CN de rentrée avec 650 militants, et se donne pour objectif de lancer une véritable mobilisation étudiante en vue des élections au CROUS.

Pour construire la nouvelle loi, le gouvernement a lancé un processus de concertations avec les Assises de l’Enseignement Supérieur. Elles ont été pour l’UNEF le premier outil de construction de notre rapport de force. En intervenant localement et nationalement, à travers des interventions, des contributions et la mobilisation des étudiants, l’UNEF a fait des Assises un débat ouvert sur la société. C’est pour ces raisons que la réussite des étudiants a été au cœur des Assises. Le rapport de conclusion porté par Vincent Berger et le discours du Premier ministre Jean-Marc Ayrault lors des Assises ont été sans équivoque sur ce sujet. De la réforme des premiers cycles jusqu’à celle du système d’aides sociales, l’ensemble des thématiques mises en avant par l’UNEF ont été reprises. Cette direction a été confirmée par le rapport du député Le Déaut qui a réaffirmé l’ensemble des positions.

9 octobre • L’UNEF participe à la journée de mobilisation sur l’emploi. Assise régionales • L’UNEF participe activement aux Assises régionales de l’enseignement supérieur et de la recherche, et fait entendre sur tout le territoire la voix des étudiants. 24 octobre • Alors que les CROUS annonce la suppression de la subvention du ministère de l’Education Nationale, l’UNEF demande le rétablissement des bourses « métiers de l’enseignement » et lance une campagne de pétition.

C’est forte de ces points d’appui que l’UNEF s’est engagée dans les concertations autour du projet de loi. Dès le mois de janvier le gouvernement a présenté une première mouture largement insuffisante que nous avons considérablement fait évoluer. Si le projet de loi ne fait pas encore l’objet d’une présentation devant le Parlement, nous avons d’ores et déjà obtenu que figure dans celui-ci le retour du cadre national des diplômes et la réaffirmation de la démocratie étudiante avec un rôle renforcé du CEVU sur les formations et règles d’examen. Tout ce travail est à poursuivre pour faire en sorte que ces principes soit confirmés par le Parlement. Si ces directions sont les bonnes, elles doivent être concrétisées dans les universités et complétées par des réponses politiques sur le financement du supérieur et sur la réforme du système d’aides sociales.

L’UNEF obtient des garanties pour la formation des enseignants L’UNEF a mobilisé les étudiants contre la réforme de la formation des enseignants imposée par Nicolas Sarkozy en 2008. Des manifestations qui ont eu lieu la première année jusqu’aux interventions publiques du syndicat pour faire le bilan des premières années d’application de la réforme, le syndicat a utilisé tous les outils à sa disposition pour imposer un constat : la formation des enseignants a été saccagée par le précédent gouvernement. Précarisation des étudiants préparant le concours, surcharge de travail pendant le master, absence de véritable formation professionnelle… Nous avons imposé notre analyse au candidat François Hollande, qui s’est engagé pendant sa campagne électorael à réformer à nouveau la formation des enseignants. Au lendemain de l’élection présidentielle, les engagements de François Hollande ont été repris par son Ministre de l’Education Nationale, avec l’ouverture de concertations sur la Refondation de l’Ecole.

L’UNEF s’est pleinement investie dans ces concertations, avec comme objectif d’imposer nos revendications pour que la nouvelle réforme soit au service des étudiants. Nous avons posé trois exigences pour répondre aux besoins des étudiants : faire reculer la précarité, réorganiser la formation en master et rétablir une véritable formation professionnelle. Les premiers arbitrages sur la réforme ont répondu aux exigences de l’UNEF. Le retour du concours à la fin du M1, qui donne accès au statut de fonctionnaire stagiaire en M2, et la création d’Ecoles Supérieur du Professorat et de l’Education (ESPE) pour organiser la formation sur chaque académie sont des avancées pour les étudiants. Mais l’UNEF ne s’est pas contentée de peser sur les grandes lignes de la réforme. Au plus près des étudiants, nous avons mené des batailles syndicales pour qu’aucun étudiant en master enseignement ne soit pénalisé par l’année de transition. Après plusieurs milliers de signatures à notre pétition, nous avons ainsi obtenu le rétablissement des bourses « métiers de l’enseignement », prématurément supprimées par le gouvernement. L’UNEF continue à maintenir la pression jusqu’à la mise en place définitive de la réforme. L’UNEF est restée vigilante pour que le cadrage des nouveaux masters enseignement, le contenu du concours et la mise en place des ESPE, se fassent à chaque fois dans l’intérêt des étudiants et pour assurer l’égalité entre tous les candidats au concours.

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2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013

Elections au CROUS : un scrutin mobilisateur et une victoire de l’UNEF Les élections étudiantes au sein du réseau des œuvres universitaires et scolaires ont eu lieu au 1er semestre, 6 mois après la prise de fonction de François Hollande. Normalement les élections étaient prévues au printemps 2012 mais l’UNEF a revendiqué le déplacement de ces élections pour augmenter la participation et utiliser ces échéances comme un outil central du rapport de force face au nouveau gouvernement. L’enjeu de ces élections était d’ailleurs d’autant plus fort que la Ministre de l’Enseignement supérieur avait annoncé en amont de ces élections la tenue de négociations visant à réformer les aides sociales à la suite du scrutin. C’est consciente de ce contexte que l’UNEF a construit sa campagne auprès des étudiants. Ainsi nous avons fait le choix d’axer notre campagne autour de l’allocation d’autonomie mais également autour de la démarche que l’UNEF allait mettre en œuvre au cours des négociations pour l’obtenir. Les militants de l’UNEF ont convaincu pendant des semaines sur tous les campus de France des milliers d’étudiants que le système de bourses actuel était à bout de souffle, qu’il était nécessaire de reconnaitre socialement le temps de la formation et que c’est seulement tous ensemble qu’on arriverait à faire bouger les choses. Nous avons proposé aux Affiche pour les élections aux CROUS. étudiants de faire le choix d’un projet qui propose de réformer les aides sociales autour de trois ruptures pour aller vers l’allocation d’autonomie :

Le doublement du nombre de boursier dès la rentrée 2013

Une augmentation du montant des bourses

Un changement des critères d’attribution des aides aux étudiants.

En participant plus à ce scrutin que d’habitude et en faisant très majoritairement le choix de l’UNEF, les étudiants sont rentrés à la table des négociations pour exiger une réforme ambitieuse des aides sociales. Notre progression électorale ainsi que le nombre d’étudiants convaincus qu’il faut changer les choses, constituent désormais le socle d’un rapport de force sur lequel nous nous appuierons pour imposer que le gouvernement ne passe pas à la trappe une promesse présidentielle. Les dernières hésitations du gouvernement montrent qu’il faudra continuer à s’appuyer sur tous les étudiants convaincus pendant les élections pour aller arracher une réforme qui marque une rupture avec le système actuel.

Novembre 2012 FERUF • L’UNEF présente des listes aux élections des conseils de résidence, et obtient de nombreux élus dans la quasi-totalité des académies pour améliorer les conditions de vie des étudiants en résidence.

positions de l’UNEF figure dans le rapport Berger qui clos la phase des assisses.

Décembre 2012

SOS examens • A travers ses tracts d’information et ses permanences syndicales, l’UNEF défend les droits étudiants lors de la période des examens

14 novembre • l’UNEF participe à la manifestation, aux cotés des salariés, pour réclamer de vraies mesures de lutte contre le chômage

6 décembre • Le tribunal administratif de Paris donne raison à l’UNEF et décide d’annuler les élections au CNESER.

Election au CROUS • Du 20 au 29 novembre, l’UNEF remporte les élections aux Crous et conforte son rang de première organisation étudiante. Le projet de statut social et la stratégie du syndicat sont soutenus par les étudiants. L’UNEF progresse de 12 élus et gagne 27 000 voix par rapport aux scrutins de 2010. Au final, l’UNEF recueille 73 000 voix et 79 élus.

10 décembre • L’UNEF interpelle Vincent Peillon, au sujet des bourses pour les étudiants inscris en Master métier de l’enseignement et obtient qu’elles soient rétablies. Mariage pour tous • L’UNEF participe à la mobilisation pour le mariage pour tous en appelant les étudiants à descendre dans la rue le 10 décembre, et en organisant des cortèges rassemblant plusieurs milliers de jeunes.

Board meeting de l’ESU • L’UNEF participe au 62ème Board meeting de l’ESU à Chypre Assisse de l’enseignement supérieur • L’UNEF participe activement aux assisses nationales de l’enseignement supérieur. Les principales pro-

Journée de lutte contre le sida • L’UNEF participe à la journée mondiale de lutte contre le SIDA en tenant des stands avec la LMDE dans les universités.

Affiche d’appel au vote pour les élections aux CROUS.

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Budget • L’UNEF dénonce la situation des universités qui payent les pots cassés de l’autonomie


2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013 financière. Dans toutes les universités l’UNEF est à l’initiative d’intersyndicales et des AG sont organisées comme à Angers et Nantes pour dénoncer le manque de moyen de ces établissements.

Janvier 2013 24 janvier • L’UNEF remporte les élections au CNOUS en atteignant les 80 voix. L’UNEF est la seule organisation à rassembler plus de voix qu’elle n’a d’élus. 27 janvier • L’UNEF participe à la deuxième manifestation parisienne en faveur du mariage pour tous rassemble plusieurs milliers de jeunes, et est présente dans l’ensemble des cortèges de province

Février 2013 Collectif National • L’UNEF organise début février son collectif national, qui est l’occasion de faire le bilan de la mobilisation électorale pour les CROUS, et de lancer sa campagne et faire monter la pression sur la nouvelle loi. A l’occasion de ce CN, le 84éme congrès de l’UNEF est convoqué, il aura lieu à Toulouse du 18 au 21 avril. L’UNEF choisi de se doter d’un nouveau poste pour accompagner le développement de l’organisation. Vincent Bordenave est élu délégué général du syndicat Solidarité étudiante • L’UNEF se dote d’un nouvel outil pour faire fonctionner la solidarité en créant la première coopérative étudiante nationale.

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20 février • L’UNEF est reçue par la ministre Geneviève Fioraso. Cette rencontre a été l’occasion pour l’UNEF d’obtenir des engagements sur une réforme pluriannuelle des aides sociales étudiantes et sur un cadrage national des diplômes. Retour de Sevil • L’UNEF est présente à Lyon pour accueillir le retour de Sevil Sevimli qui a été condamné à 5 années de prison pour « propagande terroriste » en Turquie mais a tout de même autorisé par les autorités turques à revenir en France en attendant son procès en appel. Comité interministériel de la Jeunesse • le 21 février en amont du comité interministériel de la jeunesse, l’UNEF est reçu avec le Forum Français de la Jeunesse par Jean-Marc Ayrault, l’UNEF retient de ce comité de bonnes intentions mais qui doivent être enrichies et précisées.

Un nouvel outil pour organiser la solidarité De la création des premières bibliothèques étudiantes du quartier latin au début du XXe siècle à la gestion par les étudiants de l’Espace Vie Etudiante à Grenoble en 2003, la coopération entre les étudiants a démontré sa pertinence et son efficacité. Depuis sa réunification, l’UNEF a perpétué cet héritage pour construire et renforcer la coopération chez les étudiants. La coopération étudiante en France n’avait pas réussi jusqu’à présent à développer une stratégie cohérente à l’échelle nationale pour se développer suffisamment. Alors que les universités subissent aujourd’hui une pénurie budgétaire qui ne leur permet pas de faire face à ces nouvelles problématiques, se développe une implantation d’acteurs privés dans les universités. Loin de porter un objectif social, ces entreprises tirent profit de la réduction du

périmètre des services publics pour s’enrichir sur le dos des étudiants. Notre objectif est de rendre aux étudiants la gestion de leurs propres affaires, de lutter contre cette implantation aux buts lucratifs, en développant sur les campus une économie sociale et solidaire, gérée par les étudiants. Dès le CN de juillet 2012, l’UNEF s’est donné les moyens de créer la première coopérative nationale étudiante, qui a débouché en février 2013 sur la constitution de Solidarité Etudiante. Partageant une vision commune de la situation des étudiants et s’appuyant sur les valeurs de Charte de Grenoble, cette nouvelle structure, dirigée par des étudiants sous mandat syndical de l’UNEF, permettra d’apporter une réponse à la hauteur de l’exigence de la situation sociale des étudiants.

Etudiants de France n°311 • Hors-Série • Mars-Avril 2013


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2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013

Bilan électoral CNESER e Les résultats des centraux

60 150

voix Académie Aix Marseille Amiens Angers Artois

Voix

2969 443 685 503

d’étudiants convaincus de notre projet et de UNEF notre démarche %

32% 12% 26% 33%

Avignon Besançon Bordeaux 1 Bordeaux 2 Bordeaux 3 Bordeaux 4

510 359 381 800 1153

20% 32% 16% 42% 38%

Brest Caen Cergy Chambéry

1006 24% 1202 64% 306 22%

Clermont 1 Clermont 2 Dijon Evry Grenoble 1 Grenoble 2 Grenoble 3 La Réunion La Rochelle Le Havre Le Mans Lille 1 Lille 2 Lille 3 Limoges Littoral Lorraine Lorient Vannes Lyon 1 Lyon 2 Lyon 3 MLV Montpellier 1 Montpellier 2 Montpellier 3

606 684 670 395 360 314 524 335 481 658 520 646 960 339 361 1729 444 412 874 706 717 434 736 608

45% 18% 51% 17% 10% 53% 29% 29% 37% 59% 18% 21% 57% 15% 38% 35% 29% 8% 33% 26% 61% 14% 39% 38%

ELUS UNEF Gain

8 4 7 14 7 5 6 6 13 10 8 7 15 7 4 12 4 12 6 2 15 7 5 9 17 5 5 13 6 6 9 7 4 9 6 10 3 9 9

Académie Mulhouse

-5 +1 +5 -3 0 -1 0 +3 +6 -1 -5 +2 +2 -1 +2 -3 -1 -1 -2 +1 +2 -3 +4 +5 -5 0 +1 -1 -3

Nantes Nice Nimes

%

169 1 382 517 195

26% 19% 15% 35%

1271 1053 1307 1008 904 595 1199 1369 179 1439 493

35% 52% 67% 52% 17% 15% 43% 56% 12% 45% 16%

Orléans Paris 1 Paris 2 Paris 3 Paris 4 Paris 5 Paris 6 Paris 7 Paris 8 Paris 9 Paris 10 Paris 11 Paris 12 Paris 13 Pau Perpignan

1827 47% 129 12% 322 29%

Poitiers Reims Rennes 1 Rennes 2

1000 24% 711 33%

Rouen Saint Etienne Strasbourg

718 28% 1688 22%

Toulon Toulouse 1 Toulouse 2 Toulouse 3

+1 -2 0 -5 +2 -2 -1 +1

Voix

Tours Valenciennes VSQ UTBM UTC IEP Paris

507 857 2552 915 344 617 136 180 1287

28% 45% 38% 25% 15% 25% 31% 32% 58%

Ecoles autres

TOTAL

60150 33%

ELUS UNEF Gain

8 8 4 1 11 9 8 14 9 6 4 9 12 6 10 3 10 10 3 7 6 6 9 8 6 8 5 6 5 13 13 6 5 10 4 6 15 28 622

Etudiants de France n°311 • Hors-Série • Mars-Avril 2013

+4 -1 -1 -1 0 -4 +1 +5 +5 +2 0 +1 -5 +2 -1 -5 0 -1 -1 +4 -1 +2 +3 0 0 +5 +1 -2 -6 +3 +6 +2 +4 -2 0 +2 0 +10 +24

100% des universités où l’UNEF à des élus

33% des voix en moyenne

4 élus

CNESER


2 ans avec l’UNEF • Avril 2011 - Février 2013

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et CNOUS 2012 Union Nationale des Etudiants

SEULE organisation présente dans tous les CROUS !

des voix

Des résultats historiques

représenter 80 élus pour et défendre les

+12 élus

étudiants

étudiants par rapport à 2010

ont voté 73 000 étudiants pour une allocation

+26 000

d’autonomie

étudiants par rapport à 2010

Les résultats des CROUS Académie Aix-Marseille Amiens Antilles Besançon Bordeaux Caen Clermont Créteil Dijon Grenoble Lille Limoges Lyon Montpellier

Voix

%

3 666 1 697 1 469 1 278 3 280 1 700 1 943 4 988 684 2 769 4 308 919 2 775 3 142

40% 29% 61% 38% 38% 37% 43% 60% 20% 30% 30% 27% 20% 47%

ELUS UNEF Gain

3/7 2/7 6/7 3/7 4/7 3/7 3/7 5/7 1/7 2/7 2/7 2/7 1/7 4/7

-1 -1 +4 = +2 = = +1 -1 = = = -1 +1

Académie Nancy-Metz Nantes Nice-Toulon Orléans-Tours Paris Poitiers La Réunion Reims Rennes Rouen Strasbourg Toulouse Versailles

Voix

%

3 963 2 660 1 686 1 878 6 129 1 602 3 604 1 091 2 312 2 652 2 006 3 826 4 783

46% 29% 30% 36% 41% 38% 88% 20% 28% 43% 28% 37% 50%

ELUS UNEF Gain

4/7 2/7 2/7 2/7 3/7 3/7 7/7 1/7 2/7 4/7 2/7 3/7 4/7

+2 = = = = +1 +3 = -1 +1 +1 +1 =

4 élus

CNOUS

Etudiants de France n°311 • Hors-Série • Mars-Avril 2013


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Résumés des textes des tendances de l’UNEF

TEXTE PRÉSENTÉ PAR LA TENDANCE « MAJORITE NATIONALE »

Engagés collectivement pour changer l’université et transformer la société ! Les deux années qui viennent de s’écouler ont vu la crise économique, accentuée par les politiques de rigueur, transformer le quotidien des populations d’Europe. En France, comme dans la plupart des pays européens, l’absence de protection sociale et le chômage de masse enferment les jeunes dans la dépendance sociale jusqu’à leur accès, incertain, à un emploi stable. Alors que toute la société a intérêt à voir ses jeunes participer à l’activité économique du pays, la charge de qualifier toute une génération repose sur les seules ressources familiales, par nature vectrices d’inégalités. Par son action revendicative et militante, l’UNEF est parvenue à faire de cette injustice un problème public et de l’accès à l’autonomie un axe incontournable de toute politique de jeunesse. Mais l’engagement du Président de la République à en faire sa priorité du quinquennat se heurte à la contrainte budgétaire et aux hésitations à remettre en cause le modèle familialiste. Notre rapport de force sera donc déterminant pour passer des déclarations de bonnes intentions à des actes concrets. Notre but est clair : forcer le gouvernement à rompre avec le mépris social qui frappe les jeunes pour conquérir un droit aux études et à l’insertion pour tous. Pour y parvenir, nous prendrons appui sur les ouvertures obtenues par l’action syndicale, de la loi d’enseignement supérieur à la réforme des aides sociales, pour faire monter la pression autour de trois objectifs : protéger les jeunes en formation et en insertion, changer l’université pour garantir l’égalité de tous face au diplôme et mettre fin aux discriminations qui frappent les moins de 25 ans.

Un droit aux études pour tous les jeunes, garanti par un statut social L’accès d’un plus grand nombre de jeunes à des études a créé un nouvel âge de la vie : le temps de la formation et de l’insertion. Mais cette période ne fait pas l’objet de la reconnaissance qu’elle mérite.

Les jeunes restent privés de leur autonomie, coincés entre dépendance familiale et salariat étudiant. Parce que l’accès au diplôme ne relève pas seulement d’une nécessité individuelle mais bénéficie à toute la société, la Majorité Nationale défend un modèle de protection des jeunes en formation fondé sur la solidarité collective. La Majorité Nationale revendique la mise en place d’un statut social, garantissant à chacun un droit aux études, avec comme pierre angulaire l’allocation d’autonomie. Cette aide universelle est d’un montant suffisant pour répondre au besoin de notre génération d’étudier dans de bonnes conditions sans renoncer à son autonomie. Après avoir forcé l’ouverture de négociation pour une réforme des aides, nous défendrons un investissement pluri annuel dans le système, articulé autour de trois ruptures : l’augmentation du montant des bourses (à hauteur de 5% par an), l’augmentation du nombre de boursiers (intégration des étudiants aux portes du système et des étudiants indépendants) et la création de critères propres aux étudiants.

Un service public garant de l’égalité Pour assurer à tous l’accès à un diplôme de qualité nous défendons une université transformée pour s’adapter aux besoins de tous les jeunes.

Remettre des règles dans le service public d’enseignement supérieur En nous engageant pour peser sur la nouvelle loi d’enseignement supérieur, notre objectif a été de gagner des ruptures avec le mouvement de dérégulation des universités. Nous avons ainsi obtenu l’établissement d’un cadrage national des diplômes, condition nécessaire pour mettre fin à la mise en concurrence des formations. C’est en nous appuyant sur cette nouvelle législation que nous imposerons des règles pour garantir un contenu national à nos diplômes, un taux d’encadrement renforcé et plus homogène ainsi que de nouveaux moyens budgétaires. Parce qu’elles déterminent notre avenir, les universités ne peuvent plus

Etudiants de France n°311 • Hors-Série • Mars-Avril 2013

agir comme bon leur semble avec nos formations.

Changer les enseignements pour la réussite et la qualification de tous. L’échec universitaire est d’abord celui d’un système qui ne parvient pas à faire progresser tous les jeunes. La Majorité Nationale défend une révolution pédagogique passant par des cursus pluridisciplinaires, une spécialisation progressive, une préparation à l’insertion professionnelle ainsi qu’une diversification des modes d’enseignements, comme les travaux en groupe.

Assurer un refinancement du service public En obtenant la stabilité du budget et la création de 1 000 postes par an, nous avons fait de l’enseignement supérieur une épine dans le pied de la rigueur. Mais la situation financière de nos universités réclame de poursuivre ces efforts pour un plan de financement pluriannuel des formations, trop souvent délaissées au profit de projets d’excellence. Nous réclamons également un plan d’investissement dans les CROUS pour garantir le maintien de tarifs sociaux, la construction de logements et le versement des bourses à date fixe.

Etudiants étrangers, même études même droits ! Le service public doit garantir l’égalité entre les étudiants français et étrangers. Alors que les étudiants étrangers sont soumis à une triple précarité (sociale, administrative et pédagogique), nous nous donnerons les moyens d’obtenir un changement législatif rapide qui rompe avec cette situation et permette qu’une carte d’étudiant soit égale à une titre de séjour.

Faire accéder une génération au droit commun sur le marché du travail Un jeune, même mieux qualifié que ses ainés, doit toujours « faire ses preuves » ou accepter n’importe quel emploi pour « mettre le pied à l’étrier ». Derrière ces arguments se cache le refus de faire accéder les jeunes au droit commun. La transition études-emploi


Résumés des textes des tendances de l’UNEF ne doit plus être un espace de non-droit. Cela passe par une protection de la période d’insertion à travers une aide à la recherche du premier emploi ainsi que la fin des abus de stages. En lien avec les syndicats de salariés nous mènerons la bataille pour que nos diplômes soient reconnus dans les conventions collectives et donnent accès au CDI dès la première embauche. Enfin, la Majorité Nationale revendique l’accès de tous les jeunes au droit commun, comme le RSA.

L’UNEF, un syndicat mobilisé et efficace La Majorité Nationale porte un syndicalisme de conquêtes, qui construit en permanence un rapport de force autour de revendications ambitieuses, tout en étant capable de lui trouver des débouchés concrets par la négociation. Dans cette perspective, la Majorité Nationale ne privilégie aucun moyen d’action et n’en exclut aucun : de la pétition à la grève, seule compte notre efficacité à obtenir des résultats dans un contexte donné. La force de l’UNEF repose sur sa capacité à rassembler tous les étudiants, indépendamment de leurs opinions politiques ou religieuses. La clé de ce rassemblement est une union nationale qui repose sur des sections locales réactives et solidaires, capables de mener les mêmes actions et de répondre aux besoins de chaque étudiant. Pour que chacun puisse trouver sa place et s’exprimer nous défendons le fonctionnement en tendance de l’UNEF. Comme l’ensemble des organisations syndicales, l’UNEF a la responsabilité de permettre à chacun de passer d’un engagement individuel à l’engagement collectif. La Majorité Nationale défend l’idée que l’UNEF doit ouvrir les universités sur les grands débats de société. Notre syndicalisme est féministe, internationaliste et en lutte contre le racisme et toutes les discriminations.

Voter pour la tendance Majorité Nationale c’est voter pour : • La création d’une allocation d’autonomie universelle et individualisée selon la situation de chacun • Le renforcement du service public pour assurer à tous un égal accès à une formation de qualité sur tous le territoire • L’accès de tous les jeunes au RSA et la création d’une aide à la recherche du premier emploi • Une démarche syndicale efficace qui marche sur ses deux jambes : la mobilisation et la négociation

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Les signataires Zemmour Emmanuel, Président, Paris 10 Djebara Azwaw, Vice-Président, Paris 1 Mandelbaum Julie, Secrétaire Générale, représentante au CNESER, Paris 1 CHAILLOU Sébastien, Trésorier, Paris 1 Bordenave Vincent, Délégué Général, Paris 1 Abomey Tony, Elu CROUS Antilles-Guyanne Albagnac Guilhem, Secrétaire général d’AGE, Paris 8 Allard Audrey, Vice Présidente d’AGE, Paris 7 Amico Bourgeois Lorédana, Trésorière d’AGE, Reims Assal Awatef,Secrétaire Générale d’AGE, Grenoble Bacher Katia, Présidente d’AGE, Grenoble Bakech Lara, Paris 3 Ballaire Julien, Bureau National de la LMDE, IEP Bancourt Guillaume, Secrétaire général d’AGE, Paris 13 Basaran Sibel, Présidente d’AGE, Strasbourg Belaid Sana,Secrétaire Génétale d’AGE, Paris 1, VPE Ben Amor Selim, Trésorier d’AGE, Paris 10 Benchaïb Karim, Président d’AGE, Paris 11 Bernard Jordan, Président d’AGE, Brest Beuscher Mathilde, Trésorière d’AGE, Lyon, VPE CA Lyon 3 Biard Tina, Bureau National de la LMDE, Paris 13 Bilot Cassandre, Présidente d’AGE, Lille Boix Justine, Trésorière d’AGE, Toulouse, VPE Toulouse 2 Boix Romain, Bureau National, Toulouse Bonnardel Théo, Président d’AGE, Toulon Bontemps Martin, Bureau National, Strasbourg Boudin Florent, Trésorier d’AGE, Rouen Bouissonière Arnaud, Trésorier d’AGE, Paris 7 Boulaire Marie, Secrétaire Générale d’AGE, Nantes Breuillard Mélanie, Secrétaire Générale d’AGE, Strasbourg VPE CROUS Bronner Nils, Trésorier d’AGE, Strasbourg Buckle Jennifer, Bureau National de la LMDE, Paris 1 Burgat Yannis, Commission de contrôle, Lyon Cambon Charlie,Toulouse, VPE CROUS Campa Magali, Présidente d’AGE, Paris 13 Cardineau Boris, Paris 2 Carvalho Sandra, Bureau National, Représentante au CNESER, Bordeaux Casadot Vincent, Président d’AGE, Paris 6 Charles Steeve, Vice Président d’AGE, Toulouse Charrier Claire, Présidente d’AGE, Lyon, VPE CA Lyon 2 Charton Juliane, Bureau National, Paris 1 Chaurin Céleste, Secrétaire Générale d’AGE, Paris 4 Chemali Céline, Secrétaire générale d’AGE,Evry Chéron Jocelyn,Vice Président d’AGE, Rouen Collet Pauline, Poitiers Colombat Sultan Judith,Paris 2 Comak Diyar, Vice Président d’AGE, Paris 12 Corpet Marthe,Bureau National, Paris 2, Représentante au CNESER Cousin Louis, Secrétaire Général de Solidarité Etudiante, Paris 1 Couvert Thomas, Président d’AGE, Rennes , VPE Rennes 2 Creput Ronan, Secrétaire Général d’AGE, Lyon Cumendur Déniz, Trésorier d’AGE, Paris 13 Cunin Clément, Trésorier d’AGE, Bordeaux Dattner Clément, Bureau National, Paris 8 Declercq Thomas, Président d’AGE, Montpellier Deffit Anne-Laure, Paris 5 Delair Laure, Commission de contôle, Paris 10 Denfert Elsa, Clermont-Ferrand Denis Claire, Secrétaire Générala d’AGE, Reims Dewatine Lucile, Présidente d’AGE, Orléans Dia Milèna, Trésorière d’AGE, Paris 8 Diarra Abdoulaye, Président d’AGE, Paris 2 Dibling Clément, Président d’AGE, Metz, VPE CROUS Dobbels David, Bureau National de la LMDE, Paris 10 Duchêne Marie, Trésoière d’AGE,Paris 1 Duret Sylvain, Trésorier d’AGE, Nantes Durif Olivier, Président d’AGE, Nice El Mokrani Tomassone Julie, Présidente d’AGE, Aix-Marseille Escherich Amandine,Bureau National, Rennes Esteve Fabien, Président d’AGE, Valenciennes Etcheverria Arnaud, Secrétaire Général d’AGE, Montpellier Eyriey Elno, Secrétaire d’AGE, La Réunion Fall Yoro, Bureau National, Paris 12 Faure Albin, Bureau National de la LMDE, Paris 1 Favaro Vanessa, Président de la LMDE, Paris 13 Feieraband Sacha, Bureau National, Paris 13 Feurtey Ronan,Trésorier d’AGE, Besançon Forest Pauline, Secrétaire Générale d’AGE, Versailles Saint Quentin Fortassin Claire, Bureau National de la LMDE, Paris 4 François Benjamin, Président d’AGE, Reims Fraquet Anne, Bureau National, Paris 10 Galiay François, Bureau National de la LMDE, Paris 1 Gallois Naomi, Secrétaire générale d’AGE, Metz

Garrido Sarah, Présidente d’AGE, Paris 8 Gaubert Elise, Secrétaire Générale d’AGE, Bordeaux Gavard Alexandre, Bureau National, Paris 7 Gharbi Mohamed Amine, Président d’AGE, Marne la Vallée Gil Lina, Présidente d’AGE, Paris 3 Giraudet Brice, Président d’AGE,Nantes Gniengue Habib, Bureau National, Paris 8 Gueraud Pinet Benjamin, Bureau National de SE, Paris 2 Guinet Cyril, Président d’AGE, La Rochelle Haribo Guillaume, La Réunion, VPE Hiron Hugues, Président d’AGE,Versailles Saint Quentin Hubert Lolita, Paris 3 Jacqueline Maxime, Président d’AGE,ENS Jagu David Pauline, Bureau National, Paris 10 Jaouel Inès, Secrétaire Générale d’AGE,Nice Jourdain Lucas, Vice Président de la LMDE, Paris 8 Jousserand Maxime, Chambéry Juste Louis, Secrétaire Général d’AGE, Aix-Marseille Kirane Salah, Vice Président d’AGE, Paris 8 Labruyère Paul, Président d’age, Artois Landau Mathieu, Bureau National, Lyon Laporte Leila,Secrétaire Générale d’AGE, Toulouse Laurent Manon, Vice Présidente d’AGE, Bordeaux Le Berder Agathe, Vice Présidente d’AGE, IEP Le Brech Fanny, Secrétaire Générale d’AGE, Rennes Le Guen Emma, Montpellier, VPE Montpellier 3 Le Guilly Ambre, Bureau National, Lorient Vannes Lebas Lilà, Secrétaire Générale d’AGE, Lille Leblanc Thibault, Vice Président d’AGE, Versailles Saint Quentin Lecarrié Odessa, Secrétaire Générale d’AGE, Brest Lejeune Etienne, Limoges Lester Thomas, Trésorier d’AGE, Perpignan Mahmoudi Ahmed,Littoral Maillard Benjamin, Président d’AGE, Besançon Maillot Stéphane, Président d’AGE, La Réunion, VPE CROUS Martin Emilien, Président d’AGE, Paris 1 Martinet William, Bureau National, Paris 10, Représentant au CNESER Mérigot Nicolas, Président de SE, CNAM Merlet Guillaume, Trésorier d’AGE, Cergy Méry Pierre, Bureau National, Paris 1 Meza Camille,Secrétaire Générale d’AGE, Paris 12 Million Julien, Bureau National, Paris 13, Elu CNOUS Mohdeb Said, Président de l’UEAF, Paris 8 Moussaouer Abderahim, UEAF, Paris 13 Moussard Emilien, Secrétaire Général d’AGE, Besançon Neuhauser Jean-Christophe, Président d’AGE, Mulhouse Newman Clément,Président d’AGE, Cergy, VPE Noë Matthieu, Secrétaire Général d’AGE, Paris 10 Nuttin Kévin,Président d’AGE, Paris 4 Ourvois Solène,Rennes Mérigot Nicolas, Président de SE, CNAM, CC de l’UNEF Palmier Nathalie, Vice Présidente d’AGE, Strasbourg Partouche Pauline,Présidente d’AGE,Lorient Vannes Péréon Cécile, Le Havre, élu CROUS Perl Laurent, Président d’AGE, Paris 10, VPE CROUS Petit Hugo, Vice Président d’AGE, Lyon Pfeiffer Stéphane, Délégué au BN, Paris 10 Pinaud Yoan, Commision de contrôle, Paris 8 Popravka Lenka, Trésorière d’AGE, Montpellier, VPE CROUS Pount Biset Antoine, Président d’AGE, Toulouse Raffini Mathieu, Secrétaire Général d’AGE, Aix Marseille Raufaste Pauline, Présidente d’AGE, Bordeaux Rémy Leleu Raphaëlle, Secrétaire Générale d’AGE, IEP Ribeaud Lisa, Présidente d’AGE, Caen Robin Nicolas, Président d’AGE, IEP Santiago Daniel, Trésorier d’AGE, Paris 4 Shahryari Sayna, Bureau National, Paris 7 Si Serir Tahar, Vice Président d’AGE, Paris 6 Sirot Matthieu, Président d’AGE, Evry Stoeckel Karl, Secrétaire Général de la LMDE, Paris 12 Soulier Benoit, président de la commission de contrôle, Lyon 2 Sur Matthieu, Président d’AGE, Tours Thyrard Antonin, Trésorier d’AGE, IEP Tichani Maêl, Trésorier d’AGE, Lille Touré Mamadou, Président d’AGE, Nîmes Touzet Hugo, Paris 4, VPE Tredez Antoine, Président d’AGE, Rouen Truttmann Grégoire,Bureau National, Paris 1 Valle-Robert Lucienne, Présidente d’AGE, Saint Etienne Vasselin Mélanie, Présidente d’AGE, Paris 12 Vieira Gauthier,Trésorier d’AGE,Brest Voisin Léo, Vice Président d’AGE, VPE CROUS Yehya Rim, Secrétaire Générale d’AGE, Caen Zaroukian Anouch, Trésorière de la LMDE, Paris 8 Zeghbib Yannis,Bureau National, Lille Zikel Hervé, Président d’AGE, Avignon

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Résumés des textes des tendances de l’UNEF

TEXTE PRÉSENTÉ PAR LA TENDANCE « REFONDATION SYNDICALE »

« Réformer pour rassembler : Un syndicat pour l’égalité réelle et la réussite de tous » L’arrivée au pouvoir de François Hollande a marqué une étape pour notre syndicat ; elle a permis un tournant vers la démocratie sociale et renforcé notre responsabilité vis à vis de la transformation sociale. Pour autant, tout reste encore à conquérir ! Dans ce contexte, comprendre les rapports de force qui régissent notre vie en société est un impératif pour se donner les moyens d’élaborer des réponses syndicales à la hauteur de la situation d’urgence sociale. Parce que nous sommes persuadés que seule l’action collective permet de peser dans le débat public pour porter les valeurs du progrès social sur la scène nationale comme internationale, améliorer le sort d’une génération et faire progresser les droits des étudiants, nous faisons le choix de l’UNEF. Nous faisons ce choix car nous ne supportons plus que 100.000 indépendants fiscaux soient délaissés des pouvoirs publics, que 73% des étudiants soient exclus du système d’aides sociales, que la part d’étudiants issus des milieux modestes ait diminué de 9 points depuis 2006. Nous faisons ce choix car nous portons l’exigence d’une société de la connaissance, offrant des formations de qualité qui permettent l’émancipation individuelle et collective, et une insertion professionnelle durable. Cette prochaine mandature syndicale sera déterminante. Elle sera celle de grands défis syndicaux :

Une nouvelle loi cadre pour les universités Anticiper les besoins de demain, agir pour la croissance par l’innovation, donner les moyens à l’autonomie des universités pour qu’elles remplissent leurs rôles : voilà le rôle d’un Etat-stratège. Pour atteindre cet objectif, nous revendiquons un plan pluriannuel d’investissement de l’Etat en faveur des universités, et une régulation du principe d’autonomie des établissements : la

collégialité et la démocratie dans toutes les décisions, des financements nationaux équitables entre les filières et entre les territoires, une gestion de la masse salariale par l’État. La nouvelle Loi Cadre est l’opportunité d’obtenir de réelles avancées pour les étudiants : un cadrage national des diplômes, une première année pluridisciplinaire et une spécialisation progressive à l’université, le renforcement du pouvoir démocratique des élus dans les Conseils, dotés de pouvoir décisionnel en matière pédagogique et un encadrement des pouvoirs des présidents et de la place des personnalités extérieures. L’UNEF doit investir les futurs échelons de la décision, comme les « communautés d’universités » qui représentent le véritable enjeu de demain. Elles rassemblent l’ensemble des établissements d’un territoire, coordonnent la politique de formation et de recherche, encouragent les relations avec le monde socioéconomique, agissent au niveau de l’attractivité internationale. Les élus étudiants devront se faire entendre ! Enfin, la participation des collectivités territoriales dans la définition de la politique universitaire territoriale doit être encouragée. Au delà du logement étudiant ou de chèques santé qu’elles financent déjà, l’UNEF doit agir pour que les régions s’impliquent dans la mise en place d’un service public de l’orientation ou dans la création de carte régionale deformation. Reconnaître ce rôle ne signifie pas amoindrir le rôle régulateur de l’Etat. Au contraire, il s’agit de prendre conscience des réalités locales et de bénéficier de tous les leviers favorisant la qualité des diplômes.

La création d’une allocation d’études et de formation Pour réformer notre système d’aides sociales, insuffisant, injuste et illisible, la création d’une al-

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location d’études et de formation devra prendre en compte les nouvelles situations étudiantes : le salariat étudiant a explosé, il doit être réduit ; les transferts familiaux doivent être déclarés et pris en compte ; la décohabitation doit être accompagnée pour que l’autonomie soit favorisée. L’allocation d’études et de formation devra permettre à tous d’accéder à l’université, mais elle sera aussi un soutien à la reprise d’études et s’érige comme une clé contre le chômage et un outil de formation tout au long de la vie. Basée sur le statut d’étudiant et non sur le critère de l’âge, cette allocation rompt avec le système antérieur. Parce que nous souhaitons rendre plus lisible le système actuel, nous souhaitons réunir l’ensemble des aides : demi-part fiscal, aides aux logements, bourses. Enfin, l’allocation d’études devra prendre en compte les apports ou l’indépendance vis-à-vis du foyer familial et être calculée en fonction de la situation géographique de l’étudiant. En parallèle, la santé étudiante devra devenir une priorité gouvernementale (création d’un chèque santé national, suppression de la TSCA), tout comme le logement étudiant (suppression de la taxe d’habitation, construction de Cité U, encouragement de la création par les régions de logements étudiants).

Affirmer le rôle central de l’Université pour l’insertion professionnelle Refaire du diplôme un bagage opérationnel pour l’emploi s’impose plus que jamais à l’heure où l’emploi des jeunes est marqué par une crise profonde. Parce que l’accès au premier emploi est la concrétisation d’un parcours universitaire que l’on sait marqué par les inégalités de capital social, économique, et culturel mais aussi de disparités selon les diplômes et les établissements, il cristallise la reproduction des sorts.


Résumés des textes des tendances de l’UNEF Le défi est donc triple: en amont, l’UNEF devra combattre « l’orientation subie » pour permettre aux étudiants de choisir leur filière sur la base d’armes informationnelles égales. Pour cela, nous souhaitons agir sur la formation des conseillers pédagogiques, créer un véritable service public de l’orientation tout au long de la vie, et réhabiliter l’image des filières courtes et professionnalisantes. Les formations universitaires devront être un gage de professionnalisation, en s’inscrivant dans une stratégie nationale cohérente visant à favoriser les secteurs à fort potentiel d’innovation. Pour lutter contre la concurrence déloyale, les passerelles devront être encouragées entre l’université et les grandes écoles. Enfin, parce qu’il est nécessaire de donner à tous une seconde chance d’acquérir un emploi par la formation, l’université doit encourager la formation tout au long de la vie.

Réformer l’UNEF Réaffirmer le droit de tendance Le fonctionnement en tendances représente une des plus grandes forces de l’UNEF. Il permet à chacun, en fonction de ses idées, de trouver sa place dans l’organisation et de pouvoir s’y exprimer. Attaché au renforcement de ce droit de tendance, la TRS revendique l’obligation du vote à bulletin secret dans notre organisation et l’implication des tendances à tous les stades des discussions et décisions.

versité seront des lieux de débat et de décisions qui nécessitent des référents syndicaux. Rejoignez-nous, pour construire ensemble ces nouvelles perspectives syndicales et dresser enfin une orientation réformiste et radicale pour notre syndicat.

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Les signataires ARDAKANI Chirinne, Bureau National délégué CAMPOS ORIOLA Alexandre, Bureau National GAILLARD Amaury, Bureau National délégué GODET Violaine, Commission de Contrôle HAOUZI Julie, Bureau National ABDERRHAIM GOULON Jossua, Président d’AGE de Poitiers BUGEAUD Julien, Président d’AGE de Limoges TORRES Diego, Président d’AGE de Pau SAINTEMARIE Guillaume, Trésorier, Paris Dauphine PERROUAULT Marie-Laure, Secrétaire GénéraleAdjointe, IEP de Paris. BAYLET Samuel, Paris 1, BERCAULT Florian, HEC BERTRAND Colin Lyon BOULADOUX Barthélémy, élu au CROUS, de Poitiers CACHIA Simon, Lille CAMBUS Alexandre, Toulouse CASTEL Guillaume, Brest, De CAZENOVE Pascal, Paris II CHAMBRAUD Jeremy, Paris IV CONZELMANN Hugo, Paris P12 DESILLE Sébastien, Aix-Marseille DUCOURNEAU Aurore, Avignon FAURE LANOE Elora, Paris 8 GAILLARD Raphaël, Bordeaux GAURON Alexandre, élu CROUS, Limoges HELLOCO Lori, Rennes LAGARRIGUE Robin, Nantes MATHURIN-SIVRY Arni, Paris 5 MAZOUE Damien, Clermont-Ferrand MESMIN Arthur, ENS Cachan MORALES Martin, Montpellier NAVARRO Mélissa, Nîmes NEURIS MOUFOUNA Carld, Grenoble PRIGENT Guillaume, ENS Ulm QUILLARD Pierre, élu CROUS, limoges QUILLERE Jérémy, élu au CEVU, Angers ROUAULT Etienne, élu au CROUS de Paris ROUX Laurine, Strasbourg VIARD Armand, élu au CROUS de Limoges VINAYAGAMOOORTHY Meenuka, Nanterre.

Encourager l’autonomie des AGE - Faire de l’UNEF un acteur incontournable Nous vivons la fin d’un cycle qui appelle à un renouvellement des ambitions de notre syndicat: massifier l’organisation, investir des terrains où nous sommes encore minoritaires (IFSI, IUT, BTS, STAPS ou médecine) et faire de l’UNEF, le lieu de rassemblement naturel des étudiants. Au delà de ses campagnes nationales, l’UNEF doit donc également pouvoir devenir « LE » référent du quotidien des étudiants, un syndicat de services qui encourage la solidarité sur les campus et anime la vie étudiante.

Adapter l’UNEF au nouveau visage de l’enseignement supérieur La création d’un échelon intermédiaire entre le Bureau National et les AGE est indispensable, pour délimiter clairement les rôles des uns et des autres en ne faisant pas reposer la plupart de l’activité syndicale sur les membres du BN, mais aussi pour être en phase avec la réforme de l’Enseignement Supérieur: les Communautés d’Uni-

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Résumés des textes des tendances de l’UNEF

TEXTE PRÉSENTÉ PAR LA TENDANCE « POUR UNE MAJORITE D’ACTION SYNDICALE »

Face à la crise, sortir de l’austérité pour construire l’université du XXIe siècle Notre congrès s’ouvre dans un contexte inédit. Nous vivons une crise économique, sociale et écologique sans précédent. En France, dans l’opposition depuis plus de 10 ans, et après un quinquennat de sarkozysme, la gauche est revenue au pouvoir. Elle dispose, pour la première fois dans la Ve République, de l’ensemble des pouvoirs institutionnels. L’élection de François Hollande a suscité un important espoir de changement, notamment chez les jeunes. Elle a été le fruit d’une volonté de rupture avec une droite de plus en plus autoritaire, xénophobe et réactionnaire et ses politiques libérales et austéritaires qui ont mené la France et l’Europe dans l’impasse. C’est l’espoir d’une autre répartition des richesses, d’un renouveau démocratique et de politiques au service du plus grand nombre qui s’est exprimé. Cet espoir ne trouve que peu d’écho dans les actes du gouvernement. Or, 2013 s’annonce comme une année charnière. La France et l’Europe sont menacées de récession économique. Les politiques de rigueur coordonnées compriment la consommation et l’investissement public. Les destructions d’emploi et la précarité explosent, les inégalités ne cessent d’augmenter. Alors que la crise fait exploser le chômage des jeunes, et singulièrement des jeunes sans diplômes, la démocratisation de l’enseignement supérieur doit être un chantier prioritaire.

plômes a accentué leur mise en concurrence et les inégalités pour les étudiants; l’augmentation des frais d’inscription, le recul du tutorat, du nombre d’heures... ont aggravé la sélection sociale à l’université. Face à ces politiques et à l’austérité, la situation d’un grand nombre d’universités est aujourd’hui critique: situations de quasi-faillite, non-paiement des vacataires, suppressions de filières, dégradation des locaux... Les difficultés croissantes à se loger, le développement du salariat étudiant et l’appauvrissement des familles ont des conséquences lourdes sur la réussite dans l’enseignement supérieur, et donc demain sur l’emploi et la création de richesse. Il est grand temps d’inverser la logique et de remettre au cœur les besoins sociaux, sans quoi le pays risque de s’enfoncer durablement dans la crise. Organisation syndicale, l’UNEF entend porter un véritable projet pour la société et pour l’enseignement supérieur. Le cœur de ce projet est pour nous l’appropriation démocratique des savoirs et l’élévation générale du niveau de qualification. La démocratisation de l’enseignement supérieur est donc notre objectif premier.

Pourtant, l’enseignement supérieur et sa démocratisation sont aujourd’hui très affaiblis.

Cela passe par la fin de toute sélection, par une révolution pédagogique et de l’orientation qui mette la réussite de tous au centre, par le développement d’une université de proximité et d’un véritable maillage territorial.

Cette situation est le fruit des politiques libérales menées dans l’enseignement supérieur depuis des dizaines d’années. La LRU a entravé la capacité de l’université à remplir ses missions et renforcé les inégalités entre établissements ; la fin du cadrage national des di-

Cela passe également par la mise en sécurité sociale des jeunes. Nous défendons l’autonomie des jeunes : l’allocation d’autonomie est pour nous une première pierre vers un statut social pour les jeunes, qui nécessitent l’ouverture de nouveaux droits pour tous, garantis par

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des services publics étendus (logement, santé, culture...). Ce n’est pourtant pas le chemin que prend le gouvernement. Prétendant se poser en arbitre « neutre » à rebours du camp social qui a permis son élection, le gouvernement pèse dans le sens des libéraux : en témoigne l’accord minoritaire sur la « sécurisation de l’emploi », qui touchera particulièrement l’emploi des jeunes. La proposition de loi-cadre pour l’enseignement supérieur s’inscrit dans la continuité de la LRU et ne répond pas à l’enjeu de la démocratisation. Le gouvernement entre dans les négociations sur le système d’aides sociales en refusant toute nouvelle dépense, condition pour nous inacceptable. La responsabilité du mouvement social et de l’UNEF est primordiale. Les forces conservatrices et libérales sont à l’offensive pour installer un rapport de force défavorable au progrès social. L’enjeu pour le mouvement social, après le changement de majorité, est de créer une nouvelle dynamique de mobilisation pour obtenir un changement réel pour les populations. Pas d’un retour en arrière sur l’indépendance chèrement acquise face à la gauche de gouvernement. Il nous faut donc assumer un désaccord grandissant avec le gouvernement, parce que ses politiques économiques et sociales vont à l’encontre de notre projet et de nos revendications. La mobilisation sur le mariage pour tous, revendication historique de notre organisation, a montré que lorsque les progressistes maintiennent la mobilisation, ils peuvent arracher des victoires, malgré les tergiversations et les reculs du gouvernement. Des mobilisations existent, notamment sur


Résumés des textes des tendances de l’UNEF les questions budgétaires, ou autour de la loi-cadre dans le cadre de l’intersyndicale de l’ESR. L’UNEF développera et relayera ses mobilisations. Notre responsabilité est de leur donner une visibilité nationale, un cadre cohérent et imposer, au- delà de problèmes locaux, un changement de cap économique du pays. Être syndicaliste à l’UNEF en 2013, c’est mener conjointement bataille culturelle et bataille syndicale, pour inverser durablement le rapport de force social dans nos universités. C’est mener des mobilisations pour gagner immédiatement de nouveaux droits pour les étudiants et l’ensemble de la jeunesse et les mettre en perspective dans un projet global qui les crédibilise et prépare les combats de demain. Sauvegarder les acquis, gagner de nouveaux droits, préparer les victoires de demain, voilà la porte d’entrée du syndicat dans la période. Cela implique des changements dans l’organisation et les modes de militantisme de notre syndicat. Le renforcement militant et électoral de l’organisation montre qu’elle peut être un outil essentiel au service des étudiants. La nouvelle phase que représente le changement de majorité doit s’accompagner d’un nouveau souffle dans l’UNEF. Notre mode de fonctionnement est pour l’essentiel hérité d’une séquence politique (la droite au pouvoir), syndicale (des forces corporatistes moins importantes et moins structurées) et sociale (avant la crise de 2007) qui n’est plus celle d’aujourd’hui. L’UNEF, pour être l’organisation de tous les étudiants, doit évoluer en lien avec son milieu. Pour cela un débat doit être engagé dans l’UNEF sur ses objectifs et sur les moyens qu’elle se donne. Cette discussion doit construire des accords plutôt que chercher des démarcations artificielles nuisibles au fonctionnement de l’UNEF. Nous sommes convaincus qu’il est temps et possible d’avancer ensemble pour faire gagner toujours plus de droits aux étudiants.

• Un syndicalisme qui compte d’abord sur le rapport de force pour faire avancer ses revendications, et donc sur le niveau de conscience et la capacité de mobilisation des étudiants. • Un syndicat indépendant des institutions, du gouvernement et des partis, qui dans le cadre d’une majorité de gauche ne se pose ni en ennemi, ni en partenaire mais en représentant d’étudiants d’autant plus exigeants. • Un syndicalisme qui s’appuie sur des revendications d’urgence pour les étudiants et les jeunes, qui les porte lors des élections universitaires et aux CROUS et dans les mobilisations, et les articule avec un projet global pour l’enseignement supérieur et la société.

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Les signataires BOURDELLON Jean-Baptsite, Commission de Contrôle, Nancy Delaux Estelle, Bureau Nationa,l élue CA Université Bourgogne WITT Lauranne, Bureau National, élue CA Université De Lorraine NOUR Sonia, Bureau National, élue CEVU Angers MERBAH Lucile, Bureau National, élue CEVU Angers MOQUET Grégoire, Président d’AGE, Amiens TUTIN Baptiste, Secrétaire général, Amiens DEVRAIGNE Geoffrey, Trésorier, Amiens CORDIER Florian Président d’AGE, élu CA CROUS, Angers DUCHÊNE Chloé, Secrétaire générale, Angers COUSSEAU Vincent, trésorier, élu CEVU, Angers BOUDET François, élu CEVU Bordeaux 3 BERNY Jean-Baptiste, IEP Bordeaux FERRET Florian, élu CEVU Bordeaux 4 MARTINEZ Laura VPE CEVU Bordeaux 3 BERTHAULT Emma élue CA Bordeaux 3 élue CROUS BOUVARD Sarah, Présidente d’AGE, Chambéry GOUGEON Romane, Secrétaire Générale, Chambery TRUCHET Mathieu, Chambery COUCHARD Aliaume, Président d’AGE, VPE, ClermontFerrand MAYET Alexis, Secrétaire Général, Clermont-Ferrand GALISSOT Lucie, Trésorière BAH Alpha, Président d’AGE, élu CEVU, Dijion VANDAMNE Julie, Secrétaire Générale, élue CEVU, Dijon GENIN Florent, Trésorier HEUZE Alban, EHESS SONTBONNE Gaspard, EHESS SENEGATS Nicolas, ENS Cachan AUBERT Valentine, IEP MATTKE Jan, IEP BÜRBAUMER Benjamin, IEP BA Mamadou, Secrétaire Général, élu CA, Le Havre LEHOUX Erwan, Commission de Contrôle, VPE, Le Havre DIAMPHY Jérémy, étudiant VPE, Lille 3 MARION Pierre, Président d’AGE, Nancy GALLET Ariane, Secrétaire Générale, Nancy ASPERTTI Lucas, Trésorier, Nancy ALLEK Syphax, élus CROUS, Nice CRIVELLI Remi, Trésorier, Nice POIREL Alexandre, élu CROUS, Metz ANTZERBERGER Bruno, Paris 1 PEZIN Clément, Paris 1 GEORGIN Alexis, Président d’AGE, Paris 5 SALOMON Pauline, élu CA, Paris 5 HEURTIER Lucie, Paris 6 HERBAULT Florian, Paris 7 VESCOSI Thomas, Paris 8 BARON Thomas, Paris 10 CHAVALIER Thomas, Paris 10 BARREAU Elliot, Paris 10 VINARNICK Nicolas, Paris 11 MAURE Hugo, Rennes REMOND-HELLO Anne-Zoé, Rennes GOUTT Kaido, Rennes FOURNY Maud, Rennes DOUCET Germain, Rennes HANNEZO Florian, Rennes LAVALOU Jules, élu CEVU, Rennes TABOURET Marion, élu CEVU, Rennes TRICOIRE Florence, Strasbourg

C’est pourquoi il faut revoir les rythmes de l’organisation, la façon dont elle structure et intervient dans son milieu pour renforcer sa présence auprès des étudiants, la façon dont les camarades peuvent se saisir des débats. La démarche syndicale de l’UNEF, c’est : • Un syndicalisme de transformation sociale, qui assume de vouloir changer la société actuelle.

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Résumés des textes des tendances de l’UNEF

TEXTE PRÉSENTÉ PAR LA TENDANCE « POUR UN SYNDICALISME COMBATIF »

Mobiliser face à l’austérité, construire un syndicat combatif Le 83ème congrès de l’UNEF se déroule dans un contexte de crise budgétaire dans les universités. Derrière les déficits, ce sont les suppressions d’options et de filières, la sélection directe à l’entrée de la L1, les suppressions de rattrapages... Les plans de rigueur s’abattent dans les universités. Voilà la conséquence des contre-réformes que, depuis des années, nous avons dénoncées et combattues. La première responsabilité de l’UNEF aujourd’hui est de combattre pied à pied l’austérité à l’université. Le gouvernement Hollande-Ayrault s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur. Même sous un gouvernement de gauche nous ne pouvons compter que sur nos propres forces pour améliorer nos conditions d’existence. Pourtant, le syndicat n’est pas à la hauteur. Ce congrès doit permettre de changer d’orientation en prenant des initiatives pour contrer l’austérité dans les universités et en nous opposant à la loi Fioraso.

La réforme des universités de G. Fioraso : de graves dangers pour les étudiants et l’Enseignement supérieur Avec la loi Fioraso, l’autonomie pédagogique des établissements sera accentuée. Une licence obtenue par un étudiant sera encore plus marquée par l’établissement dans lequel elle aura été obtenue. Les diplômes seront encore plus individualisés. L’évolution des matières est conçue en lien avec les besoins des entreprises locales. Il s’agit d’une régionalisation importante de l’Enseignement supérieur par le biais de l’offre de formation. Avec la création de trente pôles universitaires en France, il s’agit de regrouper les universités à coups de fusions ou de regroupements universitaires. Cela accentuera la concurrence avec d’un

côté les facs compétitives et de l’autre les facs de seconde zone qui connaîtront l’austérité. Alors que toute la communauté universitaire attendait une rupture avec la LRU, la nouvelle loi amplifie l’autonomie des universités. Il est nécessaire que notre syndicat prenne position contre elle.

disciplinaires, un esprit critique réel. Il faut remettre en place un cadrage national des diplômes donnant accès à des qualifications reconnues sur le marché du travail. Elles doivent garantir un niveau de rémunération et des droits précis en termes de conditions de travail.

S’opposer sans concession aux réformes libérales pour imposer nos revendications

3) Contre la précarité et le salariat étudiant : un pré-salaire d’autonomie, mettre en sécurité sociale la jeunesse

Face à l’austérité de « gauche », la simple interpellation ou la négociation avec le pouvoir ne peuvent suffire. La construction d’un rapport de forces suffisant pour imposer nos revendications passe nécessairement par une mobilisation majoritaire des étudiants, une grève nationale pour nous affronter à l’austérité dans les universités et pour obtenir le retrait du projet de loi Fioraso.

1) Contre l’austérité sur les université, défendons le service public S’opposer à l’austérité sur les universités ne peut se faire sans remettre en cause l’autonomie budgétaire. Nous revendiquons donc l’abrogation des contre-réformes de l’ère Sarkozy, à commencer par la LRU. Nos revendications contre les fusions d’universités, contre les financements privés gardent toute leur actualité sous ce gouvernement, qui poursuit la même politique. L’Enseignement supérieur doit être ouvert à tous, sans aucune forme de sélection. Les étudiants étrangers doivent pouvoir effectuer normalement leurs études. Une carte d’étudiant doit valoir un titre de séjour. Nous revendiquons un financement 100 % public de l’Enseignement supérieur et un réengagement budgétaire de l’État.

Face à la précarité, nous portons la création d’une allocation d’autonomie conçue comme un pré- salaire universel, à hauteur du SMIC. Pour la financer, nous voulons la création d’une nouvelle branche de la Sécurité sociale, financée intégralement par des cotisations sociales. Cela suppose d’imposer au patronat une hausse des salaires. Notre combat est donc immédiatement lié à celui des salariés.

Une stratégie syndicale pour gagner : mobiliser les étudiants et construire le rapport de forces

2) Pour des diplômes nationaux, de qualité, reconnus sur le marché du travail

Nous devons construire pas à pas un rapport de forces suffisant pour obtenir enfin des victoires. C’est ce que nous essayons de faire actuellement en impulsant des mobilisations contre les conséquences de la crise budgétaire et contre la nouvelle loi. Nous devons œuvrer à la convergence des luttes. Nous lier avec les autres secteurs qui se battent contre l’austérité est nécessaire. Seule l’implication du plus grand nombre dans un mouvement d’ensemble, quand les grèves se généralisent à plusieurs secteurs, peut être à même d’inverser le rapport de forces en notre faveur. Nous défendons cette perspective de la grève générale pour résister et gagner de nouveaux droits.

À l’opposée des logiques de déqualification, il faut défendre des diplômes de qualité, accessibles à tous, qui donnent des connaissances

Mettre le syndicat en ordre du bataille contre la loi Fioraso et l’austérité dans les

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Résumés des textes des tendances de l’UNEF universités L’enjeu du congrès est de positionner le syndicat pour préparer une riposte à la hauteur. L’UNEF doit mener des batailles autour de revendications précises pour améliorer la situation des étudiants : réouverture des TD et des filières fermés, refus de la sélection, maintien des rattrapages... Ce serait un premier pas vers un mouvement capable de contrer l’austérité dans les universités. L’UNEF doit impulser une campagne nationale : « Pas d’austérité à l’université ! ». Elle doit exiger le retrait de la nouvelle réforme qui décuple l’autonomie et aggrave l’austérité. Pour unifier les luttes locales, l’UNEF doit proposer des perspectives autour de dates nationales de mobilisation en lien avec les personnels de l’Enseignement supérieur et de l’Éducation nationale afin de poser les jalons d’un mouvement étudiant d’ampleur.

Une UNEF qui combat toutes les formes d’oppression Notre engagement syndical ne se limite pas à l’université. L’UNEF doit mobiliser contre le racisme, le sexisme et l’homophobie. Notre engagement internationaliste commence en refusant les guerres que mène notre propre gouvernement pour des intérêts économiques, comme actuellement au Mali.

d’options et de filières, au développement de la sélection, aux suppressions et gels de postes... • une UNEF qui se donne les moyens d’obtenir le retrait du projet de loi Fioraso par un mouvement de grève majoritaire dans les universités, permettant d’imposer le cadrage national des diplômes, un financement 100 % public en fonction des besoins, la fin des regroupements universitaires vecteurs de concurrence • une UNEF qui développe une stratégie syndicale combative, qui ne se contente pas d’interpeller ou de négocier avec les pouvoirs publics mais qui construit le rapport de forces par l’action collective des étudiants, face aux problèmes du quotidien comme pour repousser les attaques libérales • une UNEF unitaire et démocratique, qui agit avec les étudiants et pas à leur place, dans l’unité la plus large possible et qui range son combat aux côtés de celui des salariés, qui donne les moyens à chacun de militer quelles que soient ses opinions et ses disponibilités

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Les signataires Khalil Mina, Nanterre, Bureau National Scali Damien, Lille, Bureau National Monforte Dimitri, Nanterre, Bureau National Lefebvre François, Aix-Marseille, Commission Administrative Gubert Thomas, Aix-Marseille Covolan Bénédicte, Aix-Marseille Beauvisage Julien, Artois Lallier Benjamin, Caen Laloyer camille, Le Mans, Président d’AGE Sainty benjamin, Le Mans, Vice-président d’AGE May Orianne, Le Mans, Trésorière d’AGE Denoueix Quentin, Le Mans, Trésorier d’AGE Foucault Chloé, Le Mans, Secrétaire Générale d’AGE Lecomte Adèle, Le Mans, Secrétaire Générale d’AGE Dhelin Mathias, Lille Kergomard Violaine, Lille Ghesquiere Benoit, Lille Thébaud Adèle, Nantes Burdo Tess, Reims, Secrétaire Générale d’AGE Poix Romain, Reims Laveaux Mimosa, Rennes Soulard Léa, Rennes Steiner Pierre, Strasbourg Gharzouli Samuel, Strasbourg Berche Narymane, Toulouse Cantaloube Robin, Toulouse Parrachaud Kévin, Toulouse Molina Anne-Laure, Rouen Gaquerel Chloé, Rouen Aupied Raphaël, Paris 1 Beaud Arthur, Paris 1, Commission Administrative Dageville Emma, Paris 1 Braibant Gael, Paris 1 Docekal Irène, Secrétaire Générale d’AGE, Paris 3, Sauterey Elena, Bureau d’AGE, Paris 3 Djemai Hichem, Paris 4 Dien Matthieu, Paris 6 Bouttier Léonard, Paris 7 Thérond Lucien, Paris 7 Bekhtari Néva, Paris 8 Bachiri Aurélie, Paris 8 Monforte Léa, Paris 10 Poiaghi jean-Baptiste, Bureau d’AGE, Paris 10 Ramamonjisoa François, Paris 10 Rahault Typhaine, Paris 10

Signatures de parrainage en soutien de la création de la tendance: M’Zaïdi Abdelkarim, Président d’AGE, Littoral Dupuy Mélanie, Président d’AGE, Perpignan

Construire un syndicat unitaire et démocratique Il faut rechercher systématiquement l’unité d’action. Il faut chercher à construire des cadres réguliers avec les autres organisations pour discuter des batailles nécessaires à mener ensemble. Pour regrouper l’ensemble des courants du milieu étudiant, l’UNEF ne pourra faire l’économie d’une profonde rupture démocratique. Tout militant de l’UNEF doit pouvoir s’exprimer et peser sur l’orientation du syndicat.

Voter pour la Tendance pour un syndicalisme combatif (TSC), c’est voter pour : • une UNEF qui se bat pied à pied contre l’austérité dans les universités : c’est par la mobilisation étudiante qu’il faut faire face aux suppressions

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Nos partenaires

Retrouvez tous les partenaires du 83ème congrès de l’UNEF sur www.congres2013.unef.fr Etudiants de France n°311 • Hors-Série • Mars-Avril 2013


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