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en jeu une autre idée du sport la revue de l’UFOLEP

Juin 2018 - N° 32 - Prix 3,50 €

INVITÉ Arnaud Jean, nouveau président de l’Ufolep

GAY FRIENDLY, LE SPORT ?


édito

Savez-vous, M. Borloo…

Philippe Brenot

Par Henri Quatrefages, vice-président de l’Ufolep en charge du secteur « sport et société »

D

écidément, 2018 est bien l’année des comptes ronds : 100 ans pour la fin de la Grande Guerre, 50 pour Mai 68, 90 pour l’Ufolep… Entre analyse dynamique du passé et nostalgie, il y a sans doute à comparer le temps consacré à éclairer avec les bougies d’anniversaire le passé et celui dédié à pointer les projecteurs vers « l’à venir ». À ce titre, notre assemblée générale de Bar-le-Duc fut exemplaire dans sa capacité à faire évoluer ses statuts. Nous avons validé la place de nos partenaires des associations et structures non sportives dans nos instances dirigeantes, nous avons ouvert la possibilité de rémunération de dirigeants au niveau national, créé une conférence des régions, un club de partenaires. Ces (r)évolutions participent de notre conviction qu’il faut faire acter dans le Code du sport la création d’une délégation de mission de service public d’un nouveau genre. Nos savoir-faire sont avérés, mais nos actions ont-elles suffisamment de visibilité et notre parole politique suffisamment d’écho ? On peut nourrir à ce titre quelques regrets à la lecture du rapport Borloo sur les quartiers politique de la Ville (QPV), remis au 1er ministre le 26 avril 2018… soit 40 ans après les premiers pas de la politique de la Ville (encore un compte rond !). Oui, nous avons quelques regrets, M. Borloo, ceux de ne pas avoir été audités pour peser de notre expérience sur le contenu des 19 programmes. Quelques regrets de n’avoir pu vous informer sur le sixième programme de votre rapport dont le titre, « Développer et insérer nos quartiers par le sport », résonne comme un de nos objectifs ! Savez-vous M. Borloo, que l’Ufolep et le CGET (Commissariat Général à l’Égalité des Territoires) sont engagés depuis 2015 dans un accord-cadre qui vise l’insertion sociale et professionnelle des jeunes de quartiers prioritaires et la lutte contre les inégalités d’accès aux pratiques sportives et aux inégalités sociales ? Savezvous, M. Borloo, que nous agissons pour la structuration et l’animation du réseau des animateurs socio-sportifs travaillant dans les quartiers prioritaires ? Notre motivation reste intacte, notre implication totale, et notre présence dans les quartiers quotidienne. Il nous faut cependant, et ce à tous les échelons de notre fédération, améliorer la visibilité de notre mouvement et mieux communiquer sur l’impact social et éducatif de nos actions. ●

coup de crayon par Jean-Paul Thebault

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sommaire

Philippe Brenot

4 actualité Les paris truqués du tennis professionnel VuLuEntendu : Le temps des légendes, Olivier Margot (JC Lattès) ; Une histoire populaire du football, Mickaël Correia (La Découverte)

INVITÉ

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Arnaud Jean : « Mes ambitions pour l’Ufolep »

6 invité 8 pratique À la rentrée, jouez-là multisport !

9 dossier 16 fédéral

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Philippe Brenot

DR

Nouveau président de l’Ufolep, Arnaud Jean rappelle ce qui fonde son engagement auprès de la fédération et détaille ses ambitions pour celle-ci.

ZOOM

Tous champions !

Anne, Lou et Jonathan ont connu les podiums nationaux de cross, de gymnastique et de volley et s’impliquent dans leur association. Trois façons de vivre toutes les facettes du sport à l’Ufolep.

Spécial AG 2018 : Passage de témoin à la tête de l’Ufolep ; Les structures non sportives seront représentées ; Ufo Street s’invite à l’AG

21 initiative « Une route pour tous » en Charente, pour pédaler en sécurité

DOSSIER

22 zoom 24 réseau

Gay Games

Gay friendly, le sport ? 9

Le Playa Tour, vacances actives pour les bénévoles ; Partenaire : le Groupement des campeurs universitaires ; Portrait : La passion retrouvée du bouliste aveugle ; Instantanés : week-ends fitness pour les animateurs et animatrices Ufolep

28 histoires Morceaux choisis : « L’instant du bonheur », Carlos Drummond de Andrade (Chandeigne) Je me souviens : Olivier Guez L’image : « Surfeurs de Californie », par Steven Rifkin (Les Douches La Galerie)

30 repères Natation synchronisée, Gay Games 2014

Paris accueillera en août la 10e édition des Gay Games, événement sportif et culturel inspiré des Jeux olympiques. Certains y verront un signe de la régression de l’homophobie dans le sport hexagonal, d’autres un rappel de la difficulté pour les gays et lesbiennes à pratiquer sereinement au sein de clubs « ordinaires ». Et à l’Ufolep ?

Le pouvoir du sport, par Marie-Cécile Naves et Julian Jappert (FYP éditions) ; Des foulées pour renaître, par Jean-François Lajeunesse (éditions Coiffard) L’actualité de l’Ufolep et de ses partenaires sur Twitter

en jeu “une autre idée du sport” est la revue de l’Union française des œuvres laïques d’éducation physique (Ufolep), secteur sportif de la Ligue de l’enseignement Ufolep-Usep 3, rue Récamier, 75341 Paris Cedex 07 Téléphone 01 43 58 97 71 Fax 01 43 58 97 74 Site internet www.ufolep.org Directeur de la publication Arnaud Jean Rédacteur en chef Philippe Brenot Ont participé à ce numéro Isabelle Gravillon, Noémie Vincent Photo de couverture Presse Sports Maquette Agnès Rousseaux Impression et routage Centr’Imprim, rue Denis Papin 36 100 Issoudun Abonnement annuel 13,50 € Numéro de Commission paritaire 1020 K 79982 Numéro ISSN 1620-6282 Dépôt légal Juin 2018 Tirage de ce numéro 8200 exemplaires

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actualité

Fête du sport

ses élus considérant qu’il s’agit d’une « représentation d’une autre époque ». « Il n’y a rien de sexiste » a répondu début mai la ministre des Sports, Laura Flessel. Également interpelée, la direction de l’épreuve entend conserver ses « miss ». En revanche, la Formule 1 vient de renoncer aux « grid girls » indiquant l’emplacement des monoplaces sur la ligne de départ des grands prix.

Archives Ufolep

DR

Raidy to Go au Maroc

La 6e édition du Raidy to Go, raid écocitoyen organisé par l’Ufolep Île-de-France pour des jeunes de 13 à 17 ans, se déroulera du 9 au 19 juillet et visitera le Maroc. Venus d’horizons divers via des associations, des communes ou des structures sociales, les participants s’envoleront pour une itinérance entre Fez et Casablanca après quatre premières journées en France. Ce raid disputé en équipes de quatre met en avant le vivre-ensemble et la solidarité, et associe des activités sportives de pleine nature à des visites culturelles et à la participation à un chantier solidaire. www.event.ufolep.org/raidytogo

Des potiches, les hôtesses du Tour de France ? La Ville de Paris a interpelé le gouvernement pour demander la fin des hôtesses « potiches » sur les podiums du Tour de France,

Le sport sur ordonnance manque d’élan DR

La 1ère édition de la Fête du Sport se tiendra du 21 au 23 septembre avec l’objectif de fédérer les Français autour des bienfaits de la pratique sportive. Dans le sillage de l’obtention des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, cette initiative du ministère des Sports répond à l’ambition présidentielle de gagner 3 millions de pratiquants supplémentaires. Elle vise également à valoriser l’engagement de millions de bénévoles. L’Ufolep s’y associe pleinement, notamment à travers l’opération « sport en fête ». Son cahier des charges épouse en effet les orientations de la fédération puisqu’il cible les publics prioritaires (seniors, femmes, personnes handicapées, jeunes, personnes détenues), met l’accent sur la multi-activité et propose d’investir des espaces de pratique non traditionnels. Portés par les associations, les comités sportifs ou les collectivités, les projets étaient à remettre pour le 15 mai.

Dans un rapport intitulé « Pour lever les freins au développement de l’activité physique », l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale de la Jeunesse et des Sports (IGJS) regrettent le peu de vitalité du « sport sur ordonnance ». Elles pointent en particulier « un manque d’appropriation par les médecins traitants d’une initiative encore peu relayée auprès des professionnels

LES PARIS TRUQUÉS DU TENNIS PROFESSIONNEL d’un joueur. Même quand un joueur peut être

DR

Le tennis professionnel de deuxième division est gangrené par les paris truqués : c’est ce qui

soupçonné d’être délibérément mauvais, cela

ressort d’une enquête de deux ans menée par

peut être dû à une volonté de perdre non liée

l’Unité pour intégrité du tennis (TIU), mise

aux paris. » Pour s’économiser physiquement,

en place en 2009. Les niveaux Challenger et

par exemple, ou aller disputer un tournoi plus

Future sont principalement concernés, même

rémunérateur qui commence le lendemain…

si « des preuves de problèmes » ont été relevées sur le circuit

Au lieu de s’employer à résoudre le problème, les autorités du

principal de l’ATP, voire sur les tournois du Grand chelem.

tennis – fédération internationale (ITF) et circuits profession-

« La structure de rémunération des joueurs crée un terrain fer-

nels ATP et WTA – l’ont aggravé en vendant aux opérateurs

tile pour la fraude, constatent les rapporteurs. Seuls les 350

de paris les données de matchs en direct, qui facilitent les

hommes et 250 femmes les mieux classés gagnent suffisamment

mises « jeu par jeu », et donc le trucage des rencontres : 85 000

d’argent pour être à flot. Il y a pourtant quelque 15 000 joueurs

matchs étaient ouverts aux paris en 2017. Les rapporteurs

dits ”professionnels”. » Or il est plus simple pour eux de gagner

recommandent donc de mettre fin à ce contrat de 70 millions

de l’argent en perdant un jeu qu’en gagnant un match.

de dollars sur cinq ans, qui expire fin 2020.

Non seulement ces tournois sont peu médiatisés, mais « la sub-

En dépit de l’importance du phénomène, entre 2009 et 2017

tilité du tennis, dans lequel un petit effort ou l’absence d’effort

seuls 35 joueurs ont été sanctionnés. Quasiment tous étaient

peuvent décider d’un point, d’un jeu, d’un set ou d’un match, rend

classés au-delà de la 500e place mondiale. (Le Monde du 25

difficile à détecter une mauvaise performance délibérée de la part

avril 2018) ●

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de santé et non prise en charge financièrement par l’Assurance maladie ». (La Lettre de l’économie du sport du 27 avril)

DR

Foot européen : des compétitions déséquilibrées

Le nombre de scores à gros écart ne cesse d’augmenter, relèvent les chercheurs suisses du CIESObservatoire du football dans une étude qui pointe « le déclin général de l’équilibre compétitif dans le football européen ». De plus en plus de matchs se terminent par un écart de trois buts ou plus, tout particulièrement en Ligue des champions (29 %, + 8 % par rapport à la saison 2016-2017) et dans la Premier League britannique (22 %, +4 %). Proportionnellement, la Ligue 1 est plus équilibrée (18 %, et un écart moyen de 1,40 but correspondant à la moyenne européenne), en dépit des quelques « cartons » réalisés cette année par le Paris-Saint-Germain, Lyon ou Marseille.

Corruption dans le biathlon Le président de la Fédération internationale de biathlon (IBU), le Norvégien Anders Besseberg, 72 ans, a démissionné jeudi 12 avril de ses fonctions. Lui et sa secrétaire générale, l’Allemande Nicole Resch, sont soupçonnés d’avoir été soudoyés afin de protéger des biathlètes russes dans des cas de dopage lors des Jeux olympiques de Sotchi en 1994. Selon un rapport confidentiel établi avec le concours de Grigory Rodchenko, ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou devenu lanceur d’alerte depuis les États-Unis, Anders Besseberg aurait reçu en 2013 une valise diplomatique remplie de grosses coupures, pour un montant estimé de 400 000 dollars. (Le Monde du 12 avril 2018)

VuLuEntendu LES TEMPS DES LÉGENDES À quoi bon ? À quoi bon rajouter des pages à la légende de sportifs figurant déjà en bonne place dans « ce qu’il est convenu d’appeler le roman national » ? Plume de l’Équipe et baby-boomer de la classe 47, Olivier Margot n’a-t-il pas cédé à la nostalgie en réveillant les fantômes de sa jeunesse dans ce livre qui, explique-t-il, « parle d’un autre temps du sport » ? « Le professionnalisme est encore très amateur, les gains jugés alors démesurés sont raisonnables, la télévision n’impose rien et ne retransmet presque rien et il faut aller au stade ou sur le bord des routes pour admirer le champion que l’on aime. » De nostalgie, on n’en trouve pourtant guère de trace dans ces neuf portraits à l’écriture très soignée. Et tout en retraçant le parcours des héros de son enfance, Olivier Margot choisit d’en présenter des facettes méconnues pour donner à comprendre ce qui faisait battre leur cœur d’athlète. Pour Louison Bobet, triple vainqueur du Tour de France au mitan des années 1950, Olivier Margot part ainsi d’une confidence du Breton dans son autobiographie Champion cycliste, parue dans la Bibliothèque Verte : « Solingen en 1954 fut le sommet de ma carrière. » Tirant sur ce fil, le journaliste dévoile que Bobet fut un acteur discret de la Résistance, ce qui permet d’apprécier ce que signifiait pour lui de se parer du maillot de champion du monde sous la pluie froide de Solingen, dans la forêt rhénane. Seule femme du lot, Micheline Ostermeyer, pianiste de concert et triple médaillée olympique en 1948 à Londres – disque, poids et hauteur –, hérite de l’un des textes les plus émouvants. Il y a aussi un magistral portrait de Marcel Cerdan – seul champion qu’Olivier Margot, né l’année de la mort du boxeur, n’a pu rencontrer – et ces regards admiratifs mais toujours très justes portés sur Alain Mimoun et Michel Jazy (athlétisme), Raymond Kopa (football), Jacques Anquetil (cyclisme) et Jean-Claude Killy (ski). Pour le rugby, incapable de choisir, Olivier Margot réunit dans son panthéon personnel Lucien Mias, Pierre Albaladejo, André Herrero, André et Guy Boniface. Ces noms ne diront peut-être pas grand-chose aux plus jeunes. Mais ils auraient bien tort de passer à côté de si romanesques personnages. ● Ph.B. Les temps des légendes, Olivier Margot, éditions Jean-Claude Lattès, 472 pages, 23 €.

UNE HISTOIRE POPULAIRE DU FOOTBALL « Créé par le pauvre, volé par le riche » : cet aphorisme, relevé sur une banderole déployée par les supporters du Club Africain de Tunis lors d’un match contre le PSG, figure en exergue de l’impressionnante Histoire populaire du football de Mickaël Correia. Une façon de signifier que, sous la chape d’un sport mondialisé incarnant « les dérives du capitalisme le plus débridé », un « autre football » remue encore. « À rebours des critiques radicales du sport, qui décrivent sans nuance le football comme un nouvel “opium du peuple” et considèrent avec hauteur les millions de personnes qui se passionnent pour ce sport comme une masse indistincte d’aliénés », le journaliste met en valeur le côté « subversif » du ballon rond et rend hommage à ceux qui en ont fait « une arme d’émancipation ». En 450 pages foisonnantes, il dresse l’inventaire des résistances ouvrières contre « l’ordre bourgeois » et des luttes des peuples contre les dictatures et le colonialisme, comme le fit par exemple l’équipe du FLN pendant la guerre d’Algérie. L’auteur réévalue également les cultures populaires issues du supportérisme et salue l’esprit d’invention de ces filles qui « taclent le sexisme » et des adeptes d’un football des cités qui refuse les cadres trop contraignants. Et si Mickaël Correia ne le dit pas en ces termes, il le pense très fort : « Footballeurs de tous les pays, unissez-vous ! ». ● Ph.B. Une histoire populaire du football, Mickaël Correia, La Découverte, 450 pages, 21 €. À lire aussi : Peut-on encore aimer le football ?, Robert Redeker, Le Rocher, 250 pages, 18 €. En 28 chapitres qui sont autant de petites leçons de philosophie, l’auteur de L’emprise sportive analyse avec finesse et une réjouissante cruauté la société du spectacle du football mondialisé.

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invité

Élu président mi-avril à l’AG de Bar-Le-Duc

Arnaud Jean : « Mes ambitions pour l’Ufolep » Nouveau président de l’Ufolep (1), Arnaud Jean rappelle ce qui fonde son engagement auprès de la fédération et détaille ses ambitions pour celle-ci.

A

rnaud Jean, qu’est-ce qui a motivé votre candidature à la présidence de l’Ufolep ? C’est la perspective de contribuer plus activement encore à la mise en œuvre du projet de l’Ufolep, conjuguée à la décision de Philippe Machu, qui a présidé l’Ufolep durant 18 ans, de quitter sa fonction à mi-mandat. Cet engagement est le prolongement de mes prises de responsabilités d’élu bénévole, au sein du comité du Loiret depuis 2011 puis du comité directeur national depuis 2016. Comme président, j’aurai plus de légitimité à agir sur les grands dossiers fédéraux et à dialoguer avec les acteurs du monde sportif. Mais, comme je l’ai dit à l’assemblée générale après mon élection, j’entends situer mon action dans la continuité et la stabilité, en apportant mon dynamisme et ma capacité à innover.

Vous connaissez bien la fédération… L’Ufolep, je l’ai découverte par mes parents, qui étaient animateurs bénévoles d’activités d’entretien au Cercle Jules-Ferry de Fleury-les-Aubrais (Loiret). Mon père continue d’ailleurs d’y organiser chaque lundi des randonnées auxquelles participe ma mère. J’ai ensuite travaillé de 2001 à 2010 à la direction nationale, où j’ai appris à distinguer les rôles respectifs des cadres techniques fédéraux, qui expertisent et conseillent, et des élus, qui décident. J’y ai noué des liens étroits avec les forces vives de notre mouvement. Par mes contacts récents avec tous les présidents et présidentes départementaux, j’ai acquis le sentiment que les orientations du comité directeur sont largement partagées et qu’il existe un fort lien de confiance. J’entends garder ce lien étroit avec les élus départementaux et régionaux, afin de m’as-

UN PARCOURS QUI RÉUNIT ÉCOLE, SPORT, ÉCOLOGIE ET VIE LOCALE

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Né en juin 1971 à Saint-Maurice (Val-de-Marne), Arnaud

dans sa commune d’Ingré, actuellement 1er adjoint chargé

Jean est titulaire d’un bac D, d’une maîtrise de biologie

de l’éducation et de l’environnement et du développement

et géologie et d’une licence Staps (sciences et techniques

durable. Secrétaire départemental d’Europe Écologie-Les

des activités physiques et sportives). Durant ses années

Verts depuis 2012, Arnaud Jean a occupé durant sept ans

d’études, il s’investit également dans la création et la prési-

les fonctions de secrétaire national sport, loisir et tou-

dence de Radio-Campus Orléans, expérience déterminante

risme de ce parti. À ce titre, il a participé à la rédaction

pour lui dans le domaine de la communication.

de plusieurs programmes électoraux et cosigné l’ouvrage

En 1998, professeur des écoles frais émoulu de l’IUFM,

Sport et écologie : un esprit d’équipe (Le Passager clandes-

Arnaud Jean est recruté comme directeur départemental de

tin, 2014).

l’Usep Loiret puis devient en 2001 conseiller technique à la

Dans le Loiret, Arnaud Jean préside la Ligue de l’enseigne-

direction nationale de l’Ufolep. Nommé DTN adjoint en 2005,

ment (depuis 2016) et le comité Ufolep (depuis 2017).

il entame l’année suivante un master 2 de management

Élu au comité directeur national de l’Ufolep depuis 2016,

des organisations sportives à l’Insep. En 2010, il rejoint le

il y occupait jusqu’alors la fonction de secrétaire géné-

ministère des Sports comme chef de mission sport et déve-

ral. Son épouse Caroline, professeure d’EPS, est également

loppement durable avant d’être nommé en 2012 adjoint à

élue au comité départemental Ufolep et a été élue natio-

la cheffe du bureau de la communication. Il est maintenant

nale de 2012 à 2016. Parents de trois enfants, ils ont créé

conseiller technique et pédagogique supérieur.

en 2008 avec d’autres amis une association multisport aux

Parallèlement, Arnaud Jean est depuis 2008 élu municipal

pratiques intergénérationnelles. ●

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Philippe Brenot

surer de la capacité des comités à mettre en œuvre – et à inspirer – notre projet. On ne peut pas piloter un mouvement de 7 800 associations et 338 000 licenciés avec un seul rendez-vous annuel en assemblée générale. Vous travaillez au ministère des Sports. Comment concilier le devoir de réserve d’un fonctionnaire d’État avec la présidence d’une fédération qui revendique un engagement laïque et social ? L’essentiel est d’être en cohérence avec soi-même : si l’écart est trop grand entre les valeurs auxquelles on croit et les missions que l’on doit porter avec loyauté comme fonctionnaire d’État, il faut en tirer les conséquences. Mais le devoir de réserve est un repère. Je garde pour moi des informations du ministère, tout comme certaines stratégies de l’Ufolep ou de la Ligue de l’enseignement ne sont jamais évoquées dans mon cadre professionnel. La seule difficulté, c’est le temps disponible pour assumer tout correctement ! Vous avez également un engagement écologiste… Oui, depuis presque vingt ans. Dans ma carrière de fonctionnaire au ministère des Sports, c’est d’ailleurs comme chargé de mission sport et développement durable que j’ai sans doute le plus personnalisé le projet de société que je portais, avec une grande liberté d’action. Vous travaillez désormais au bureau de la communication du ministère : en tant que professionnel, quel regard portez-vous sur celle de l’Ufolep ? Ce qui est produit depuis deux ans renvoie une image de modernité et de dynamisme et l’Ufolep a bien pris le virage du digital, même s’il nous faut être plus visibles encore sur les réseaux sociaux. Si par le passé l’Ufolep a pu négliger la communication, peut-être y a-t-il au contraire aujourd’hui une trop grande profusion d’outils et de supports. Avec les membres du comité directeur, mon rôle d’élu sera de définir des priorités et de veiller à ne pas multiplier les messages, afin de mieux nous faire entendre et de renforcer notre notoriété, en particulier auprès du grand public. Quelles seront vos priorités de nouveau président ? Ce sont celles définies par le comité directeur, la première étant de stopper l’érosion des licenciés. Cela passe par des dispositifs qui favorisent la prise de licence. Mais fédérer doit être un réflexe : ne pas envisager un contact associatif sans proposer de nous rejoindre, ne pas imaginer un dispositif sans titres de participation. Ce réflexe est aussi le mien comme président de la Ligue de l’enseignement du Loiret : en un an, nous avons gagné 35 % d’associations affiliées. J’ajouterai que la convergence des pensées et des énergies entre la secrétaire générale de la Ligue de l’enseignement, Nadia Bellaoui, celle de l’Usep, Véronique Moreira, et le président de l’Ufolep que je suis est entière. Nous n’appartenons pas seulement à une même génération : nous partageons la volonté de travailler ensemble, dans une dynamique commune et transversale.

rations sportives focalisées sur l’obtention de médailles, elle a pris la mesure de l’enjeu du développement de la pratique physique et sportive des Français. Comme spectacle médiatique, les Jeux olympiques n’intéressent pas l’Ufolep. En revanche, si l’on veut enfin réussir cet « héritage » des JOP, l’Ufolep est l’une des fédérations les plus à même d’apporter à l’État non seulement son expertise, mais aussi son ambition et son enthousiasme, dès lors qu’il s’agit de contribuer à l’intérêt général. ● Propos recueillis par Philippe Brenot (1) Lire page 16 et suivantes le compte rendu de l’assemblée générale 2018.

Arnaud Jean : « Si l’on veut enfin réussir cet ”héritage” des JO, l’Ufolep est l’une des fédérations les plus à même d’apporter à l’État non seulement son expertise, mais aussi son ambition et son enthousiasme. »

HANDBALL, TENNIS ET COURSE À PIED « De la 6e à la Seconde, j’ai joué au handball en UNSS avec l’équipe du collège Condorcet de Fleury-les-Aubrais (Loiret). J’évoluais au poste de pivot et nous étions entraînés par un prof d’EPS passionné qui nous a menés au titre de champion départemental ! Puis j’ai basculé vers le tennis, à raison de 12 heures par semaine. J’ai même donné des cours, aux enfants le mercredi et à aux adultes le dimanche matin. Côté classement, j’ai très modestement culminé 15/4. J’ai ensuite eu ma période musculation, qui m’a vu passer un brevet d’État en candidat libre. Enfin, depuis vingt ans je pratique la course à pied sans autre ambition que le plaisir. J’ai à mon palmarès 13 marathons et un ultra trail de 80 km. Ma dernière course

Comment voyez-vous l’Ufolep dans dix ans, dans un paysage sportif que les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 vont forcément bouleverser ? Je la vois en pleine forme, parce qu’à la différence de fédé-

longue, ce fut les 100 km de Millau en septembre 2016. Selon mon emploi du temps je cours le midi, tôt le matin ou tard le soir. C’est ce qui me vide et me maintient en forme. » ●

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pratique

À la rentrée, jouez-là multisport ! Soyez les vecteurs de la campagne nationale lancée en septembre et attirez de nouveaux licenciés dans votre association.

L’

Ufolep est une fédération multisport, c’est sa carte de visite. Nombre de ses associations (comme les écoles de sport) affichent aussi cette vocation, et d’autres sont des associations multisport qui s’ignorent. C’est par exemple une association de gymnastique d’entretien qui propose de la marche nordique ou des randonnées pédestres. Ou un club de football qui organise l’hiver une sortie à la neige et invite aux beaux jours ses licenciés à s’engager dans un raid nature. Voire un club cyclo qui réunit toutes les familles du vélo et participe aux journées multisport de son comité départemental. Qu’elles s’affichent un peu, beaucoup ou complètement multisport, ou qu’elles soient unisport mais intéressées à développer de nouvelles pratiques, l’Ufolep propose à ses associations de s’emparer de la campagne de communication qu’elle lance en septembre. Concrètement, l’Ufolep met à leur disposition des outils pour la décliner à leur échelle. DES VISUELS PERSONNALISABLES

Les associations multisport pourront ainsi personnaliser des affiches ou des flyers au ton volontairement « décalé ». Elles disposeront aussi de « posts » avec des messages-clés, prêts à être diffusés sur les réseaux sociaux. De leur côté, les associations unisport bénéficieront de

visuels spécifiques, adaptés à leur activité. Pour cela, le site www.ufolep.org et le webaffiligue, votre outil d’affiliation par internet, proposeront un service en ligne pour éditer directement ces supports de communication en y insérant vos propres photos, logos et vos coordonnées. Il sera disponible à partir du 20 août. Si l’originalité de cette campagne est de privilégier la proximité en s’appuyant avant tout sur les associations, leurs initiatives de terrain seront relayées dès tout début septembre par une communication de portée nationale. OPÉRATION DÉCOUVERTE Parallèlement, l’opération découverte initiée la saison dernière est relancée en septembre 2018. Le principe reste le même : l’accueil gratuit de personnes non encore licenciées à l’Ufolep lors de journées portes-ouvertes, de séances d’essai ou d’autres actions permettant de faire connaitre vos activités sportives. Les associations éligibles sont celles qui proposent des activités référencées en «  risque 1 et 2  »  : pratiques douces et d’entretien, sports collectifs et individuels. N’hésitez pas à conjuguer cette opération de découverte de rentrée à la campagne multisport lancée conjointement. ● www.ufolep.org/decouverte

WEBAFFILIGUE : DE NOUVELLES FONCTIONNALITÉS

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Webaffiligue est l’espace de gestion en ligne accessible à

Dès septembre, vous pourrez aussi :

toute association affiliée à l’Ufolep. Celui-ci permet déjà

• Créer des listes personnalisées (par exemple celles des

de :

participants à votre « entrainement du lundi ») ;

• Réaffilier votre association en ligne ;

• Suivre en temps réel l’état de votre affiliation et des ré-

• Demander une licence ou son renouvellement en ligne ;

adhésions ;

• Communiquer auprès d’eux grâce aux outils intégrés de

• Importer des listes de nouveaux adhérents via un fichier

mailing ;

Excel sans avoir à intégrer ceux-ci un par un ;

• Télécharger et envoyer les licences aux adhérents (qui

• Suivre en temps vos factures (payée, non payée, en cours

peuvent eux-mêmes le faire en se connectant eux-mêmes

de traitement…) ;

via leur espace personnel) ;

• Accéder en un clic au site de l’Apac pour suivre vos

• Mettre directement à jour les coordonnées de l’associa-

contrats d’assurances ;

tion et celles de vos adhérents ;

• Retrouver tous les outils et ressources proposées par

• Garder un historique des modifications de données, etc.

l’Ufolep depuis votre espace. ● www.affiligue.org

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Gay Games

dossier Cérémonie d’ouverture des Gay Games 2014 à Akron, États-Unis.

Gay friendly, le sport ? Paris accueillera en août la 10e édition des Gay Games, événement sportif et culturel inspiré des Jeux olympiques. Certains y verront un signe de la régression de l’homophobie dans le sport hexagonal, d’autres un rappel de la difficulté pour les gays et lesbiennes à pratiquer sereinement au sein de clubs « ordinaires ». Et à l’Ufolep ? Juin 2018

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Insertion et inclusion des pratiquants LGBT

Le sport français est-il prêt à virer sa cuti* ? Du 4 au 12 août, 12 000 sportifs venus de 70 pays participeront aux Gay Games Paris 2018. Une étape supplémentaire sur la voie de l’acceptation en France des différences liées à l’orientation sexuelle ?

D

ix jours de festivités et plus de 150 compétitions sportives organisées dans 36 disciplines reprenant en partie le programme des Jeux olympiques  : cet été, l’accueil des Gay Games en France ne passera pas inaperçu. Porté par les associations sportives de la Fédération sportive gaie et lesbienne (FSGL), l’événement milite pour le respect de toutes les diversités : les Gay Games sont ainsi ouverts à tous, sans aucune distinction de sexe, de genre, d’orientation sexuelle, d’état de santé ou même de niveau sportif. Le sport, longtemps marqué par une culture très « virile », se mettrait-il à l’heure des évolutions d’une société française qui, de la

dépénalisation de l’homosexualité en 1982 à la légalisation du mariage pour tous en 2013, avance lentement mais sûrement vers une plus grande acceptation des différences liées à l’orientation sexuelle ? Et qu’en est-il dans la vie quotidienne des clubs ? Y compris à l’Ufolep, qui est partenaire de l’événement et organisera plusieurs épreuves. LES CLUBS GAYS COMME REFUGE L’existence des Gay Games, nés en 1982 à San Francisco, pose elle-même question. Pourquoi les gays et lesbiennes organisentils leurs propres événements sportifs ? Pourquoi ce besoin d’« entre soi » ? Il y a bien sûr une recherche de visibilité dans un monde

« PARFOIS, L’ÉGALITÉ EST UNE VICTOIRE » C’est le slogan retenu pour la campagne Ex Aequo, lancée en mars par la ministre des Sports pour lutter contre les discriminations. « Avec cette campagne, je veux affirmer que le sport est l’affaire de toutes et tous. Quelles que soient les singularités de chacun, nous avons tous le droit de pratiquer une activité physique ou sportive », a insisté Laura Flessel. Cette formule, « Parfois, l’égalité est une victoire », a été reprise dans l’intitulé du colloque sur la prévention de l’homophobie dans le sport organisé le 17 mai à l’Insep. Enfin, la lutte contre l’homophobie a fait l’objet d’épisodes de la minisérie Vestiaires, diffusée sur France 2 le vendredi et le samedi à 20 h 45, et de pastilles d’informations ludiques sur les réseaux sociaux via MinuteBuzz. ●

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où la norme hétérosexuelle fait loi, mais pas seulement. « C’est l’expérience de l’homophobie vécue au sein du milieu sportif ordinaire qui a conduit ces personnes à s’organiser pour pratiquer entre elles, dans des espaces bienveillants, sans subir d’insultes et de comportements homophobes », rappelle Philippe Liotard, anthropologue du sport et enseignant-chercheur à l’Université Lyon 1 (1). Autrement dit, sans les discriminations dont sont victimes les sportifs LGBT (2), il n’y aurait sans doute pas de sport gay et lesbien. La création en France en 1987 de la Fédération sportive gaie et lesbienne, qui regroupe aujourd’hui plus de 50 associations et près de 6 000 sportifs, s’inscrit dans cette logique de réaction à l’homophobie présente – même de manière latente – dans le monde sportif traditionnel. « En tant que lesbienne, pratiquer dans une association sportive LGBT m’assure une vraie tranquillité d’esprit. Je ne suis pas obligée de chercher des périphrases pour dire que j’ai passé le week-end avec ma petite amie ! Je n’ai pas non plus à supporter d’être regardée bizarrement par une majorité d’hétéros ayant d’autres codes que les miens. Et puis, au-delà d’un safe-space, le club sportif gay et lesbien constitue un lieu de sociabilité et d’émancipation pour un(e) sportif(ve) homosexuel(le) en phase de coming out qui se cherche des modèles à l’aise dans leur orientation sexuelle », confie Claire Lavalette,


Gay Games

Gay friendly, le sport ?

L’athlétisme est l’une des disciplines présentes aux Gay Games, fondés par un décathlonien américain ayant participé aux JO de Mexico. Ici à Akron (États-Unis) en 2014.

membre des Joggouines, un collectif lesbien et féministe de course à pied né en 2017. VIGILANCE COLLECTIVE « Notre club est ouvert à tous, homos et hétéros, et nous tenons à cette mixité. Mais nous assumons aussi totalement le rôle de club refuge pour des footballeurs gays qui ont eu des vécus difficiles dans des clubs classiques », avance quant à lui Bertrand Lambert, vice-président des Panamboyz United, club créé en 2013 et membre du Comité d’organisation des Gay Games (3). Avant les Panamboyz United (qui possède aussi une équipe féminine de foot à 7), c’est le Paris Foot Gay, créé en 2003 et dissout en 2015, qui le premier a tenté de sensibiliser le grand public à l’homophobie ordinaire gangrénant le milieu sportif, spécialement celui du foot. En 2009, le club a notamment médiatisé un cas d’école : le Créteil Bébel avait refusé de disputer un match contre lui en invoquant des « principes liés aux convictions religieuses de ses joueurs musulmans pratiquants ». L’écho donné à la polémique par les médias a permis une réelle avancée. « À partir de là, la dénonciation des faits homophobes a dépassé les seuls réseaux militants pour

devenir l’objet d’une vigilance collective concernant le plus grand nombre. Certains comportements et propos ont désormais été considérés comme inacceptables », insiste Philippe Liotard. En 2010, la Secrétaire d’État chargée des sports, Rama Yade, rédigeait une Charte contre l’homophobie dans le sport et proposait aux fédérations de la signer. « Depuis, les pouvoirs publics n’ont plus cessé de montrer qu’ils se sont approprié cette question de la lutte contre toutes les discriminations, dont celle envers les lesbiennes et homosexuels », conclut Philippe Liotard. LA PRESSION DU GROUPE Mais si les mentalités évoluent, elles le font à pas de tortue, et l’homosexualité est encore souvent considérée comme un « non-sujet » dans le monde sportif hexagonal. « D’après des études menées auprès de clubs sportifs masculins, il y aurait officiellement entre 0 et 1% de sportifs gays. Ce qui ne correspond évidemment pas à la réalité ! » s’exclame Anthony Mette, docteur en psychologie, formateur et chercheur associé à l’université de Bordeaux, auteur de plusieurs travaux sur les discriminations dans le sport (4). « Ce chiffre absurde témoigne Juin 2018

simplement du fait que les gays n’ont souvent d’autre choix que de se cacher au sein de leurs clubs, de dépenser une incroyable énergie pour mentir et s’inventer des vies d’hétéros. Ce qui les empêche de s’épanouir pleinement dans leur sport. » Manuel Picaud, co-président du comité directeur des Gay Games, formule d’autres hypothèses, guère plus réjouissantes. « Dans ces clubs, les gays ont pu être discriminés, mis sur le banc de touche, et ont alors fini par s’en aller d’eux-mêmes. D’autres ont pu être carrément exclus en raison de leur homosexualité, comme c’est arrivé au footballeur amateur Yoann Lemaire (5). Ou alors ils n’ont jamais rejoint ces clubs, découragés par leur réputation homophobe », se désole-t-il. Est-ce à dire que le sport est par essence homophobe ? «  Non, absolument pas, répond Antony Mette. Mais, dès son origine, il a été un sanctuaire de la tradition masculine de virilité. Ce qui, de fait, exclut toute référence, directe ou indirecte, à l’homosexualité. » Selon le chercheur, nombre de pratiquants et dirigeants sportifs seraient d’ailleurs moins homophobes qu’hétérosexistes, c’est-à-dire persuadés de la supériorité de l’hétérosexualité. Cela se traduit par des petites phrases aussi

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insidieuses que banales, prononcées par l’entraîneur ou des coéquipiers en guise de motivation. Du style : « Allez, on se bat, on n’est pas des pédés ! » Ou encore : « Montreleur que tu as des couilles, que tu es un vrai mec ! » « Ces paroles installent l’idée que l’homosexuel est un contre-modèle dont il faut à tout prix s’éloigner pour se construire en tant que garçon », explicite Philippe Liotard. « Pris par la pression du groupe, les sportifs ont tendance à sur-jouer l’attitude virile qu’on attend d’eux, à se sur-conformer aux normes de rejet et de disqualification de l’homosexualité qui ont cours dans ce milieu. Dans leur vie personnelle, hors de leur club sportif, ils se montrent en général beaucoup moins hostiles aux gays » note Anthony Mette. DES FILLES PLUS TOLÉRANTES ? Divers témoignages et études laissent à penser que les sportives montrent davantage de respect envers les lesbiennes que leurs homologues masculins envers les gays. « Dans tous les pays et toutes les cultures, les filles sont plus tolérantes que les garçons sur les questions de sexualité et d’orientation sexuelle, estime Antony Mette. Qui plus est, dans certains sports comme le football, les lesbiennes sont parfois, voire souvent, au moins aussi nombreuses que les hétérosexuelles.  » « Il n’est pas rare qu’une adolescente se découvrant lesbienne décide de faire du football en

club parce qu’elle sait qu’elle y rencontrera des filles comme elles, qu’elle y sera protégée et pourra éventuellement y faire un coming out dans de bonnes conditions » confirme Claire Lavalette, des Joggouines. Mais les sportives lesbiennes n’en sont pas moins implicitement invitées à rester discrètes. « Même si les lesbiennes sont très rarement victimes d’insultes homophobes au sein de leur club, il pèse sur elle une forme de contrôle. Par exemple, lors d’une fête après un match, on attend d’elles une certaine réserve, qu’elles n’embrassent pas leur copine devant tout le monde. Alors que les joueuses hétéros, elles, pourront embrasser leur copain », souligne Philippe Liotard. Par ailleurs, le fait que les lesbiennes soient parfois majoritaires dans une équipe peut aussi les desservir. « C’est une arme à double tranchant. D’un côté, cela s’avère protecteur. Mais de l’autre, cela entérine le stéréotype selon lequel les lesbiennes ne choisissent que des sports réputés masculins et que, forcément, toutes ressemblent à des hommes », déplore Claire Lavalette. COMING OUT MÉDIATIQUES Pour beaucoup, la médiatisation de figures sportives homosexuelles aiderait considérablement à faire évoluer plus rapidement les mentalités. « Quand en 2009, Gareth Thomas, capitaine de l’équipe de rugby du

Pays de Galles a fait son coming out et que le magazine l’Équipe lui a consacré un dossier entier, on a fait un pas immense. En s’exposant, cet arrière hyper-viril dans son jeu a contribué à déconstruire certains préjugés tenaces sur l’homosexuel. Des gamins et des adultes ont compris qu’un sportif homosexuel n’est pas forcément efféminé, que tout un chacun peut en côtoyer sans même le savoir et que cela ne pose finalement aucun problème », relate Philippe Liotard. Mais, jusque-là, les sportifs de renom ayant fait leur coming out sont essentiellement des Anglo-saxons. En France, il faut remonter à la tenniswoman Amélie Mauresmo, en 1999... « Pour toucher le grand public et provoquer des identifications, il faudrait qu’un sportif français connu et populaire se lance. Mais pour l’instant le tabou semble encore trop lourd », regrette Anthony Mette. Reste le levier essentiel de l’éducation. « Il faudrait commencer par éduquer les dirigeants et les coaches. Beaucoup ont trouvé une manière imparable d’éviter la question : pour eux, l’homosexualité relève de la vie privée et ne concerne en rien les clubs sportifs. Et puis, selon eux, il n’y a pas d’homos dans leurs rangs. Le déni, cette façon de se voiler la face, est d’une grande violence pour les homosexuels », insiste Manuel Picaud. L’âge mûr de nombreux dirigeants contribue peut-être à ce conservatisme. Mais les

FIERTÉ GAY AUX JEUX D’HIVER DE PYEONGCHANG 2018,

plusieurs

champions

cipline, le canadien Eric Rashford

DR

Lors des Jeux olympiques d’hiver ont

lui a aussitôt apporté son soutien,

assumé sans fard leur homosexua-

photo commune à l’appui.

lité. Le patineur artistique belge

Mais l’image qui restera est celle

Jorik Hendrickx a ainsi fait son

du baiser échangé par le champion

coming out en conférence de presse

olympique de ski acrobatique Gus

à la veille de son entrée en compétition. « Je le fais par honnêteté

Le baiser de la victoire pour le skieur acrobatique Gus Kenworthy.

et ouverture, et aussi pour être un

Kenworthy avec son compagnon à l’issue de sa prestation victorieuse. « Cette image était tellement natu-

exemple et aider les gens » a-t-il déclaré, en y ajoutant le

relle qu’elle a participé à installer une forme de normalité

souhait de pouvoir désormais se concentrer sur ses perfor-

autour de l’homosexualité », observe le chercheur Philippe

mances sans plus avoir à se préoccuper des rumeurs.

Liotard. « Je ne savais pas que ce moment était filmé, mais

Son homologue américain Adam Rippon, figure reconnue de

je suis content qu’il l’ait été. Mon moi enfant n’aurait même

la communauté homosexuelle, a annoncé de son côté qu’il

pas caressé l’espoir de voir un bisou gay à la télé aux JO »,

refuserait par avance toute invitation à la Maison-Blanche

a confié Gus Kenworthy au quotidien britannique The

pour célébrer sa médaille de bronze par équipe, ceci afin de

Guardian. Avant d’ajouter : « Je pense que la seule manière

protester contre l’intolérance du vice-président Mike Pence

de mettre l’homophobie à terre passe par le changement des

envers les personnes LGBT. Médaillé d’or dans la même dis-

représentations. » ●

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choses bougent, y compris dans les fédérations les plus traditionnelles. « Dans le cadre de l’organisation des Gay Games, nous avons eu des contacts rapprochés avec la Fédération française de football, et nous avons été agréablement surpris de leur écoute », témoigne Bertrand Lambert, des Panamboyz United.

Régis Dugué

Gay friendly, le sport ?

PÉDAGOGIE La FFF a aussi mis en place des outils pour répertorier les faits de haine et de discrimination. « Ces faits sont catégorisés et surtout nommés. Ceux concernant l’homophobie sont encore peu nombreux à remonter, mais ils ont été traités et sanctionnés, des mesures d’interdiction de stade et d’encadrement prononcées. C’est la fin de la cécité », veut croire Bertrand Lambert. Dans les manuels de formation des éducateurs et dirigeants de la FFF, plusieurs pages sont désormais consacrées aux discriminations, dont l’homophobie. La déconstruction des stéréotypes auprès des jeunes est aussi un passage obligé. « Lors de cessions de formation, nous avons rencontré de jeunes joueurs de l’Olympique de Marseille et de l’Olympique Lyonnais. Au début, beaucoup étaient totalement fermés sur le sujet de l’homosexualité et refusaient d’en parler. Mais au bout d’une heure d’échanges, les esprits semblaient s’ouvrir un peu », rapporte Bertrand Lambert. Le changement viendra enfin des gays et lesbiennes eux-mêmes. « Il faut que les sportifs homos soient fiers d’être homos, qu’ils le disent ! Plus ils l’affirmeront, plus leur

« Le club sportif gay et lesbien constitue un lieu de sociabilité et d’émancipation. » Ici, l’équipe féminine des Panamboyz United.

situation sera considérée comme banale », encourage Claire Lavalette des Joggouines. Selon elle, pratiquer dans une association gay et lesbienne aide à gagner cette force et cette confiance. En attendant qu’un jour les clubs estampillés LGBT n’aient plus de raison d’être. ● Isabelle Gravillon *L’expression « virer sa cuti » possède deux sens : « changer complètement de comportement ou d’opinion » et « basculer de l’hétérosexualité à l’homosexualité ou inversement » (Expressio.fr). (1) Philippe Liotard a coordonné la revue « Sports et discriminations », éditée chez L’Harmattan. (2) LGBT : Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transsexuels. Certains ajoutent à ce sigle les lettres Q et I (LGBTQI) pour

« Queer » (synonyme d’altersexualité) et « Intersexe ». (3) Les Panamboyz United ont organisé en 2014 et 2016 l’opération « Lacets arc en ciel », lacets qui ont été portés par tous les joueurs des clubs de ligue 1 et 2. (4) Anthony Mette est l’auteur de Les homos sortent du vestiaire ! La fin du tabou de l’homosexualité dans le sport ? (éditions Des ailes sur un tracteur, 2015). (5) Yoann Lemaire a révélé son homosexualité en 2003 à ses partenaires du club de Chooz (Ardennes) : voir son témoignage dans En Jeu 408, juin 2007 : « Homosexualité, l’exclusion silencieuse ». Il a tiré depuis de son expérience un documentaire. Intitulé « Footballeur et homo, l’un n’empêche pas l’autre », il sera diffusé sur France 2 et utilisé comme outil pédagogique dans les centres de formation. Pour rappel, le seul autre exemple de coming out dans le football masculin en France est celui de l’exinternational Olivier Rouyer, aujourd’hui consultant sur la chaîne L’Équipe. Et, chez les filles, celui de l’exbuteuse de l’équipe de France, Marinette Pichon.

DR

« Changer les mentalités en douceur » Manuel Picaud, vous êtes co-président du comité directeur des Gay Games. Quel impact attendez-vous de leur organisation en France ? Le simple fait que Manuel Picaud cette manifestation arbore le mot « gay » va forcément susciter des interrogations, des réflexions et des cheminements auprès de tous ceux qui en entendront parler. Et encore plus chez ceux qui y participeront, qu’ils soient homos ou hétéros. C’est

une manière relativement douce, presque inconsciente, de faire bouger les mentalités. Et en choisissant de sous-titrer cette dixième édition « les Mondiaux de la diversité », nous avons voulu insister sur le principe de l’inclusion : ce sont des jeux ouverts à tous et à toutes les diversités, pas seulement des jeux « pour » les gays. Nous voulons promouvoir un sport qui aide à mieux vivre tous ensemble et non pas un sport qui sélectionne les meilleurs. Les Gay Games sont aussi un laboratoire… En trente ans d’existence, les Gay Games ont toujours eu à cœur d’innover, dans Juin 2018

l’espoir d’être imités. C’est aux Gay Games qu’a été organisée pour la première fois une compétition internationale de lutte féminine, une innovation reprise depuis par la Fédération mondiale de lutte. Pour ces Gay Games 2018, la Fédération internationale de patinage a accepté d’autoriser des personnes de même sexe à concourir en couple. Qui sait si, demain, cette exception n’en sera plus une ? En football, nous permettons aussi aux femmes de jouer au sein des équipes hommes afin de promouvoir la mixité. Enfin, notre règlement donne aux personnes trans la liberté de choisir ellesmêmes le genre de la compétition à laquelle elles veulent participer. ● I.G.

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Jeux olympiques pour tous

L

es Gay Games ont été imaginés par le médecin et ex-décathlonien américain Tom Waddell, qui gardait un vibrant souvenir de sa participation aux Jeux olympiques de Mexico 1968. Et ce n’est pas un hasard si la première édition a vu le jour à San Francisco en 1982, avec 1350 participants et pour maître de cérémonie l’écrivain Armistead Maupin, fameux pour ses Chroniques de la ville emblématique de la « communauté arc-en-ciel ». Depuis, les Gay Games se déroulent tous les quatre ans (1) et demeurent fidèles au vœu de leur fondateur, décédé du sida en 1987 : permettre à tous les athlètes homosexuels, lesbiens, bisexuels et transgenres de vivre une grande compétition sportive qui soit aussi une fête, sans devoir cacher leur orientation sexuelle.

DR

Nés en 1982 à San Francisco, les Gay Games s’inspirent du modèle olympique autant qu’ils s’en distinguent.

COMPÉTITION ET PARTAGE « Ce qui est formidable aux Gay Games, c’est de se retrouver au départ d’un 5 000 m entre une dame très âgée, qui couvrira la distance en plus d’une heure, et une ex-athlète de haut niveau qui vous mettra plusieurs tours de piste dans la vue. Idem sur 100 m, où le béotien peut côtoyer un champion qui court en moins de 11’’, raconte une participante de l’édition 2010 à Cologne. Moi qui ai dé-

couvert l’athlétisme sur le tard, j’ai respiré aux Gay Games le parfum grisant de la compétition, avec un starter officiel et un public enthousiaste, dans une ambiance de fête et de partage. » Si les derniers de la course sont souvent les plus applaudis et encouragés, le niveau est relevé dans certains sports. En natation synchronisée, une discipline très investie

UN FESTIVAL DE DIX JOURS C’est la critique faite par certains aux Gay Games : si les compétitions sont ouvertes à tous sans devoir justifier d’un quelconque niveau sportif, l’inscription est payante. Ce à quoi Manuel Picaud répond que « plus qu’une compétition, c’est avant tout un festival de dix jours et un projet participatif. Et la participation aux frais ne représente qu’une partie du coût global de l’événement. » Ce « pack accréditation » englobe la participation aux cérémonies d’ouverture et de clôture et permet d’associer la prise en charge d’autres prestations : logement, restauration, etc. Il faut ensuite y ajouter l’inscription aux épreuves souhaitées et à divers moments festifs. Des bourses de solidarité permettront par ailleurs la participation gratuite des plus modestes, par exemple pour des réfugiés LGBT, discriminés dans leur pays d’origine. ●

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par les nageurs gays, l’équipe du Paris Aquatique est presque l’équipe de France. Et en volley-ball les transgenres thaïlandais sont réputés imbattables, plus proches du niveau international que de celui des équipes de copains qu’ils affrontent parfois lors des premiers matchs. JEUX DE LA DIVERSITÉ Tom Waddell voulait que les Gay Games contribuent à « casser les codes » et à « déconstruire une vision souvent viriliste du sport ». Un message que cette 10e édition décline en affichant pour devise « All Equal » (« Toutes et tous égaux ») et en se présentant à la fois comme des « jeux de la diversité » et « pour le respect ». « En 2017, il est toujours compliqué pour un athlète de faire son coming out et l’homosexualité demeure illégale dans plus de 70 pays, rappellent les organisateurs. Les Gay Games ont pour vocation de renforcer l’estime de soi des participants et le respect des spectateurs à l’égard de la diversité. Et cela va bien audelà de la question LGBT. » ● Ph.B. (1) Avant Paris et Hong-Kong en 2022, les éditions précédentes ont été accueillies à San Francisco en 1982 et 1986, Vancouver en 1990, New York en 1994, Amsterdam en 1998, Sydney en 2002, Chicago en 2006, Cologne en 2010, Cleveland et Akron en 2014.


Gay friendly, le sport ?

L’Ufolep est partenaire, et vous ? L’Ufolep apporte un soutien logistique à un événement qui promeut comme elle le sport pour tous. Ce qui n’exclut pas de s’interroger : nos associations sont-elles accueillantes pour les sportifs LGBT ?

A

vant même que le dossier d’organisation soit bouclé, l’Ufolep a été un partenaire de la première heure des Gay Games. « Nous avons contribué à convaincre certains décideurs encore hésitants  », souligne Adil El Ouadehe, directeur technique national adjoint en charge du secteur « sport société ». SOUTIEN LOGISTIQUE « L’Ufolep et les Gay Games partagent les mêmes valeurs de tolérance et la même approche d’un sport convivial, accessible et ouvert à tous les publics, insiste de son côté Manuel Picaud. Nous considérons également qu’une fête du sport pour tous ne peut s’appuyer uniquement sur les fédérations délégataires d’un sport unique, mais doit fédérer tous les acteurs, au premier rang desquels les fédérations affinitaires et multisport (1). » L’Ufolep a apporté son expertise en matière d’organisation d’un événement respectueux de l’environnement et du développement durable, ainsi qu’un appui logistique pour les épreuves de cyclisme et de pétanque. Celles de cyclisme se dérouleront dans les Yvelines, avec le concours du comité départemental : sur circuit à Trappes pour la route

(en ligne et contre la montre), et dans les bois qui bordent le château de Versailles et la «  pièce d’eau des Suisses  » pour le vélo tout terrain. Quant au tournoi de pétanque (discipline candidate aux JO de Tokyo 2020), il sera supervisé par la commission nationale Ufolep et se déroulera dans les arènes de Lutèce. SE QUESTIONNER « Seul bémol, il a été difficile de mobiliser notre réseau de bénévoles et d’associations pour un événement organisé durant la première quinzaine d’août. En outre, le coût d’inscription aux épreuves, qui inclut forcément la participation à diverses manifestations autour des compétitions, a pu dissuader certains de prendre part à l’événement », regrette Ludovic Trézières, délégué départemental des Yvelines et élu national de l’Ufolep. Au-delà, l’engagement de l’Ufolep est aussi une invitation adressée à ses 7 700

associations pour qu’elles se questionnent. Sont-elles vraiment accueillantes pour les personnes LGBT ? Leurs dirigeants et leurs licenciés se sont-ils jamais demandés si, parmi eux, certains ne cachaient pas leur orientation sexuelle de peur d’être ensuite regardés un peu différemment ? C’est aussi pour cela que l’Ufolep s’affiche comme partenaire d’un événement qui rejoint sa revendication d’un sport pour tous. Sans oublier que les Gay Games 2018 proposent un modèle dont Paris 2024 pourra peut-être s’inspirer pour faire des futurs Jeux olympiques la grande fête du sport que l’on attend. ● Ph.B. (1) Dont la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail) et la Fédération française sports pour tous.

DEMANDEZ LE PROGRAMME auxquelles participera l’Ufolep seront propo-

en passant par le bowling, la danse sportive, le

Gay Games

Conférences. Du 1er au 3 août, trois conférences

judo, le roller derby et le rugby à 7.

sées dans les salons de l’Hôtel de Ville de Paris,

Événements culturels. Sont prévus des ballets,

avec pour thèmes le sport comme « outil de

un festival de cinéma, des cafés philosophiques,

lutte contre les discriminations », « source de

des chorales, un grand bal, des randonnées…

bien-être et de santé » et « levier d’accessibi-

Festivités. La cérémonie d’ouverture se dérou-

lité et d’égalité ». Ces conférences valideront un

lera le 4 août au stade Jean-Bouin, arène des

« Appel de Paris 2018 pour le sport pour toutes et tous »

rugbymen du Stade Français, et se prolongera avec une soi-

dont les 18 propositions seront rendues publiques le 11 août

rée de gala au Grand Palais. Durant toute la durée de l’évé-

en clôture des Gay Games.

nement, un village des Gay Games animera l’esplanade de

Compétitions. Du 4 au 12 août, 150 compétitions seront or-

l’Hôtel de Ville. ●

ganisées dans 36 disciplines, de l’athlétisme au volley-ball

www.paris2018.com

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fédéral

AG 2018 : Arnaud Jean succède à Philippe Machu

Passage de témoin à la tête de l’Ufolep Si l’élection d’Arnaud Jean à la présidence de l’Ufolep en restera le fait majeur, l’assemblée générale des 14 et 15 avril à Bar-le-Duc (Meuse) a été également marquée par d’importantes modifications statutaires.

D

ans le droit fil du large renouvellement du comité directeur opéré il y a deux ans, Arnaud Jean, 47 ans, a été élu président de l’Ufolep samedi 14 avril, au premier jour de l’assemblée générale 2018 organisée à Bar-le-Duc (Meuse). Arnaud Jean succède à Philippe Machu, qui l’an passé avait laissé entendre que l’AG d’Agen serait sa dernière dans l’exercice d’une fonction qu’il occupait depuis avril 2000. En décembre, Philippe Machu a confirmé aux élus du comité directeur sa décision de transmettre le témoin à mi-mandat. Le comité directeur a alors décidé à l’unanimité de proposer en assemblée générale la candidature d’Arnaud Jean, qui assumait déjà les responsabilités de secrétaire général et que les élus départementaux et régionaux avaient identifié comme le successeur naturel de Philippe Machu. ÉMOTIONS MÊLÉES C’est pourquoi l’élection aura pu apparaître à des observateurs extérieurs comme une formalité. Elle n’a pas donné lieu à débat ni en tribune ni dans la salle, avant un très large vote d’adhésion : la candidature d’Arnaud Jean a recueilli 95,16 % des suffrages exprimés. Cette élection sans surprise ne fut toutefois pas sans émotion. Celle de Philippe Machu tout d’abord, compréhensible au moment de quitter la barre d’une fédération

dont il fixait le cap depuis 18 ans. « Philippe, tu es un visionnaire, inspiré et prospectif », a salué Arnaud Jean. Sous ses mandats successifs, l’Ufolep s’est dotée de plans de développement et a modernisé son fonctionnement, tout en réaffirmant sa mission éducative et sociale. Philippe Machu reste cependant élu au comité directeur national. À la demande de son successeur, il devient viceprésident aux côtés de Natacha Mouton-Levreay et Henri Quatrefages, et demeure en charge de plusieurs dossiers, dont l’animation de la plateforme ID-Orizon, porte-voix des fédérations du sport pour tous. L’émotion était aussi présente dans la salle, où beaucoup avaient eux aussi la larme à l’œil. Et si le président démissionnaire avait refusé par avance toute cérémonie des adieux, une fois descendu de tribune il fut bien obligé de prendre le micro pour répondre à une longue ovation debout. ENGAGEMENTS ASSOCIATIFS

parents pour leurs cours en tant qu’animateurs, les randonnées

L’émotion était enfin celle du nouveau président, exprimée dans un discours de prise de fonction où il fit de son élection l’aboutissement d’un patient cheminement. « Je savais, en quittant la direction technique nationale, que je reviendrais un jour à l’Ufolep. Un parcours professionnel se construit, un parcours d’engagement aussi », a insisté Arnaud Jean, avant d’expliquer pourquoi il avait privilégié, il y a huit ans, une mission de chef de projet au ministère des Sports aux responsabilités de DTN de l’Ufolep. « Il me fallait à cette époque m’endurcir, connaître le ministère, sa direction centrale, ses services, ses établissements, son fonctionnement, créer un réseau professionnel, connaître le monde sportif dans sa complexité et son originalité française », a-t-il expliqué. Arnaud Jean a également remis en perspective ses engagements associatifs, politiques et sportifs. D’un côté : secrétaire national d’un parti politique, adjoint d’une commune de 9 000 habitants et élu communautaire. De l’autre : membre-fondateur d’une association Ufolep, puis élu départemental et national. Et aussi, plus récemment, président de l’Ufolep et de la Ligue de l’enseignement du Loiret.

pédestres et cyclos, la découverte de la neige et des sports d’hiver

LE SENS DU COLLECTIF

« LA VIE D’UNE ASSOCIATION » « C’est certainement pour moi la plus belle des élections. La plus belle parce qu’elle touche à mes valeurs. La plus belle parce qu’elle touche à ce que je suis, parce qu’elle émane de vous, acteurs infatigables du projet humaniste, sportif et éthique qui m’anime également. (…) Nous avons tous des parcours différents et des responsabilités à l’Ufolep qui justifient notre présence aujourd’hui (…). Pour moi, l’Ufolep irriguait la maison. Mon enfance a été rythmée par les discussions associatives, les absences de mes

grâce à l’Ufolep, les assemblées générales, les réunions de bureau et tout ce qui constitue la vie d’une association locale. » ●

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Le nouveau président a pris soin de fondre cet engagement personnel dans une ambition collective, interpe-


Philippe Brenot

lant chaque élu du comité directeur par son prénom. « Je veux partager avec vous cette responsabilité ; c’est une envie en accord avec ma vision collective de la délégation, de la coconstruction et de la gouvernance. » Arnaud Jean associa également la direction technique nationale dans cette ambition partagée. Ce sens du collectif vaut aussi pour l’Usep et la Ligue de l’enseignement ; un sens du collectif auquel Véronique Moreira et Nadia Bellaoui, respectivement présidente et secrétaire générale et toutes deux présentes à Bar-le-Duc, firent écho en tribune. « Nous savons quand il faut travailler chacun dans son secteur avec nos spécificités et nos projets ou travailler ensemble quand c’est plus efficace », a souligné Arnaud Jean, qui sera candidat au poste d’administrateur national de la Ligue de l’enseignement lors de l’assemblée générale qui se tiendra fin juin à Perpignan. MODIFICATIONS STATUAIRES

Revenant le lendemain comme maître de cérémonie de l’assemblée générale, Arnaud Jean dût faire preuve du même talent d’improvisateur que les présentateurs de journal télévisé quand s’accumulent les problèmes techniques. Il s’agissait en l’occurrence des défaillances des « zapettes » utilisées pour les votes électroniques. Or le programme était copieux, avec des propositions de réécriture concernant une dizaine d’articles des statuts nationaux, départementaux et régionaux. Ces modifications visaient à traduire dans les textes qui régissent l’Ufolep la modernisation de la fédération et son ouverture à de nouveaux publics. L’une d’elle portait ainsi sur la représentation, au sein de comités, des structures à objet non sportif : Ehpad, centres sociaux, MJC, etc. Les autres concernaient la création d’une conférence des régions, la mise en place de clubs de partenaires et la rémunération des dirigeants (lire page 18). VOLONTARISME La veille, dans sa première intervention, Arnaud Jean avait promis « une présidence qui s’inscrit dans la continuité et la stabilité », façon d’affirmer qu’il n’allait pas tout changer. Le lendemain, au moment de clôturer l’assemblée générale, il a insisté sur la priorité affichée depuis deux ans : « stopper l’érosion de nos effectifs ». Puis il a détaillé les moyens mis en œuvre pour atteindre cet objectif : amélioration des dispositifs d’affiliation, opérations de découverte dans les clubs pour attirer de nouveaux licenciés, travail sur le renouvellement du contrat fédéral d’assurance… « J’attends pour ma part beaucoup du projet expérimental vie fédérative qui regroupe cinq doublettes de comités départementaux dans autant de régions différentes », a insisté Arnaud Jean en évoquant l’élargissement progressif du dispositif en 2019 puis en 2020. Ce sera alors la

fin de la mandature en cours et l’heure du bilan pour l’équipe conduite par le nouveau président. Entre temps, l’Ufolep aura lancé une grande campagne de communication sur le multisport, « vieille idée, mais terriblement moderne ». Cette campagne doit permettre de « séduire de nouveaux pratiquants et de proposer à nos licenciés actuels, souvent unisport, de découvrir notre palette sportive », tant en compétition qu’en pur loisir. Le samedi, après avoir dressé la liste des atouts dont dispose l’Ufolep, Arnaud Jean avait lancé : « Comment ne pourrions-nous pas réussir ? » Le dimanche, sa conclusion sonna à la fois une promesse et une affirmation : « Visionnaire et innovante, notre fédération va conserver cette capacité à évoluer et à adapter la mise en œuvre de son projet, mais en y restant chevillé : laïcité, éducation populaire, multisports, tous les sports autrement. » Au lyrisme dont usait volontiers Philippe Machu, Arnaud Jean préfère semble-t-il un ton plus volontaire. À nouveau président, nouveau style. ● Philippe Brenot

Arnaud Jean et Philippe Machu : le changement dans la continuité.

ÉLECTION, RAPPORTS, TARIFS : LES VOTES Élection du président : Arnaud Jean élu avec 95,16 % des voix. Rapport moral présenté par Philippe Machu : adopté par 95,95 % des voix. Rapport financier 2017 : adopté par 96,73% des voix. Budget 2018 : adopté par 91,75 % des voix. Tarifs statutaires 2018-2019 : adoptés par 72,33 % des voix. Vœu de l’Indre proposant de pourvoir aux sièges vacants d’un comité départemental par des représentants issus d’autres comités : repoussé après n’avoir obtenu que 8,88 % des voix. ● Juin 2018

en jeu une autre idée du sport ufolep n°32

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Revue de détail des innovations votées en assemblée générale : représentation des structures à objet non sportif, création d’une conférence des régions et de clubs des partenaires, et possible rémunération des dirigeants nationaux. STRUCTURES NON SPORTIVES. La modification de l’article 10 des statuts nationaux approuvée en assemblée générale vise à rendre effective, par le droit de vote, la représentativité des structures à objet non sportif affiliées à l’Ufolep, telles que les Ehpad ou les centres sociaux. Ainsi toiletté, l’article 10 précise désormais que  : « Peuvent avoir mandat les associations et structures affiliées à l’Ufolep, à l’exclusion des collectivités territoriales et des organisations à but lucratif. Ces représentants sont mandatés par les assemblées générales des comités départementaux au scrutin uninominal à deux tours et disposent d’un nombre de voix égal au nombre d’adhérents qu’ils représentent, adhésions régulièrement enregistrées entre le 1er septembre et le 31 août de l’année sportive précédant l’assemblée générale (barème : 1 adhérent = 1 voix). » « C’est une mise en conformité avec les principes démocratiques. C’est aussi une façon de rappeler que l’Ufolep n’est pas un prestataire de services mais une fédération qui s’adresse à des adhérents, y compris dans des structures n’ayant pas la pratique sportive pour mission première », souligne le directeur technique national, Pierre Chevalier. Le nouvel article a été approuvé avec 87,65 % des voix. Dans la foulée, le nouvel article 12 élargissant le nombre de représentants au comité directeur de 30 à 35 membres (« dont 20 % représentent les associations et structures à objet non sportif ») a été voté dans les mêmes proportions (86,78 %). L’assemblée générale a également entériné la possible représentation des associations et structures à objet non

« LA BATAILLE » DES FÉDÉRATIONS MULTISPORTS Après avoir rappelé que l’Ufolep était « prête à répondre au défi de la sédentarité et à la feuille de route de la ministre des Sports, qui vise trois millions de pratiquants supplémentaires d’ici 2024 », Arnaud Jean a mis en avant la proposition de loi initiée par la fédération pour renforcer la légitimité des fédérations du sport pour tous. « L’Officiel juridique du sport d’avril 2018 titrait : “Fédérations multisports, la bataille commence”. Cette proposition de loi, enregistrée le 7 mars par la présidence de l’Assemblée nationale, est une étape essentielle dans la reconnaissance d’une délégation d’un nouveau genre pour les fédérations sportives multisports d’exercer une mission de service public. Elle est aussi le résultat du travail relationnel de terrain – de lobbying – que vous, élus de l’Ufolep, avez effectué », a souligné le nouveau président. ●

18

Juin 2018

en jeu une autre idée du sport ufolep n°32

Philippe Brenot

Les structures non sportives seront représentées

Le vote portant sur la rémunération des dirigeants s’est effectué par émargement.

sportif dans les comités directeurs départementaux, dont on rappellera qu’ils comptent neuf membres ou plus. Ce peut être là l’occasion d’élargir l’instance départementale à de nouvelles compétences et de mieux faire rayonner le secteur « sport société ». CONFÉRENCE DES RÉGIONS. Le principe d’une conférence des régions a été entériné, en réponse à des demandes formulées de longue date, mais qui jusqu’alors n’avaient pu aboutir. Il reste à présent à préciser les contours de cette nouvelle instance, qui doit permettre d’associer davantage l’échelon régional à la vie de la fédération. Il est notamment envisagé que des représentants de cette conférence des régions aient voix consultative au sein du comité directeur national. CLUBS DES PARTENAIRES. La création d’un club des partenaires au niveau national, mais aussi départemental, a été elle aussi largement approuvée. Le nouvel article 12 des statuts départementaux précise ainsi : « Le comité directeur peut instituer un club des partenaires dont les représentants sont réunis afin d’évoquer les projets dont ils sont partie prenante. Des représentants peuvent être invités au comité directeur à titre consultatif. » Cela permettra d’offrir une place et de renforcer les liens avec ces partenaires qui contribuent aujourd’hui à l’action de l’Ufolep, tant au niveau national que départemental. RÉMUNÉRATION DES DIRIGEANTS. La modification qui a le plus fait débat concernait l’article 15 des statuts nationaux de l’Ufolep, pour lequel il était proposé cette nouvelle formulation : « Les membres du comité directeur ne perçoivent aucune rémunération en raison des fonctions qui leur sont confiées. Toutefois dans les conditions prévues par les articles 261-7-1 et 242C du code général des impôts l’assemblée générale peut sur proposition du comité directeur décider de la rémunération de certains dirigeants. » La rémunération des dirigeants nationaux a été approuvée avec 74,02 % des voix, la majorité des deux tiers (66,66 %) étant requise. En revanche, l’assemblée générale n’a pas souhaité permettre la rémunération des dirigeants départementaux ou régionaux. ● Ph.B.


En bref

Véronique Moreira

La Ligue incisive

Officiellement créée en 1928, l’Ufolep a fêté ses 90 ans à Bar-le-Duc avec une exposition de montages photos associant images d’hier et d’aujourd’hui. Un anniversaire auquel plusieurs intervenants n’ont pas manqué de faire référence en saluant une « vénérable et dynamique nonagénaire ».

Solde de tout compte pour Daniel Guérin Daniel Guérin a présenté à Bar-le-Duc son dernier rapport financier, salué par les applaudissements de la salle. Militant de la Loire-Atlantique et trésorier de l’Ufolep depuis fin 2010, il avait annoncé son intention de remettre sa charge et de renoncer à son mandat d’élu national. Danièle Roux, jusqu’alors secrétaire générale adjointe, et qui a présenté le budget 2018, lui succède. « La première femme trésorière de l’Ufolep ! », a souligné celle qui est également présidente de l’Ufolep du Rhône.

Collaborations en vue avec l’Usep La présidente de l’Usep Véronique Moreira a insisté sur la place que sa fédération et l’Ufolep doivent conjointement occuper dans le cadre de l’héritage des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Véronique Moreira a également souhaité que les deux fédérations collaborent plus étroitement, notamment sur des

Ils étaient présents

Photos Philippe Brenot

DR

L’Ufolep, dynamique nonagénaire

événementiels (l’Ufolep Playa Tour et le P’tit Tour Usep) ou en matière de formation au secourisme et de formation des cadres fédéraux.

La secrétaire générale et le président de la Ligue de l’enseignement sont tous deux intervenus en tribune sur un registre parfois très politique. Nadia Bellaoui a notamment regretté des décisions gouvernementales peu propices au développement de la vie associative et rappelé que « les associations ne sont pas des sous-traitants de l’impuissance publique ». Éric Favey a lui aussi fait référence à la suppression des emplois aidés et mis en parallèle le coût du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), dont bénéficient les entreprises, et celui, bien moindre, de l’emploi associatif.

Médailles d’honneur Francis Ardouin

Trois médailles d’honneur, numérotées 164, 166 et 167, ont été remises à Francis Ardouin (Dordogne), JeanClaude Dauphant (Puy-de-Dôme) et Hervé Pelletier (Eure-et-Loir). Honoré l’an passé, Francis Ardouin, élu de la Dordogne et ancien trésorier national de 2001 à 2009, n’avait pu se déplacer. L’AG 2018 y a gagné l’un des plus beaux discours jamais prononcés par un récipiendaire. Malgré leur émotion, JeanClaude Dauphant, élu national depuis 1996, et Hervé Pelletier, ancien délégué investi dans plusieurs commissions nationales, surent également trouver des mots justes et vibrants pour évoquer le sens de leur engagement à l’Ufolep.

Juin 2018

Les interventions de nombreux élus et de représentants des collectivités locales a témoigné de la place importante occupée par l’Ufolep dans la Meuse. Parmi les personnalités qui ont pris la parole en tribune, on citera : Martine Joly, maire de Bar-le-Duc ; Jean-Noël Collin, adjoint aux sports ; Diana André, conseillère régionale Grand Est ; Arnaud Merveille, vice-président du conseil départemental ; Franck Menonville, sénateur de la Meuse .

Merci à la Meuse

Merci à toute l’équipe de l’Ufolep Meuse, emmenée par son président Gilles Taguel et son délégué Christophe Chaomleffel, pour son accueil chaleureux et l’organisation sans faille de cette 71e assemblée générale de l’Ufolep, qui s’est déroulée dans les locaux du lycée agricole Philippe-de-Vilmorin de Barle-Duc. Cela représentait un beau défi pour un « petit » comité comptant 1 600 licenciés. Il a été parfaitement relevé, avec l’appui de la région Grand Est.

Séminaire sport et société Le rendez-vous « sport et société » se déroulera du 5 au 7 novembre à Paris. Il aura pour thème « Développer son offre fédérale » et prendra la forme d’un séminaire de formation, à la différence du premier rassemblement de février 2017. Parallèlement à un tronc commun, trois parcours distincts seront proposés aux directeurs et directrices départementaux, aux agents de développement et chefs de projets et aux élus des comités départementaux et régionaux.

en jeu une autre idée du sport ufolep n°32

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Philippe Brenot

Instantanés

AVEC UFO STREET, LE « SPORT SOCIÉTÉ » S’INVITE À L’AG

20

Juin 2018

L’assemblée générale 2018 a donné un coup de pro-

Âgés de 11 à 17 ans et réunis en 16 équipes, les

jecteur au dispositif Ufo Street que l’Ufolep promeut

jeunes présents à Bar-le-Duc appartenaient à

depuis un an. Samedi 14 avril, tandis que l’amphi-

des associations Ufolep locales ou des structures

théâtre du lycée agricole de Bar-le-Duc applaudissait

sociales auprès desquelles le comité de la Meuse

le nouveau président de l’Ufolep, dans le gymnase

intervient durant l’année.

voisin une centaine de jeunes relevaient le défi qui

Deux autres étapes d’Ufo Street sont prévues les

leur était lancé : « Fais vivre le ballon ! ». Puis, en fin

16 et 17 juin à Vaulx-en-Velin (Rhône) et les 23

de journée, les deux publics se sont mêlés lors d’un

et 24 juin à Amiens (Somme). Ce seront là deux

moment convivial.

nouvelles occasions de découvrir un événement

Ufo Street se présente comme un tournoi de foot à 5

qui dépasse le cadre sportif et offre l’occasion aux

et peut être accueilli sur un city-stade. À ces matchs,

comités départementaux et régionaux de rencon-

le dispositif associe des jeux sportifs autour du bal-

trer les collectivités locales autour des enjeux d’in-

lon rond inspirés des cultures urbaines, ainsi que

sertion et d’emploi. Ufo Street est soutenu par le

des ateliers de sensibilisation. D’une étape à l’autre,

ministère des Sports et le Commissariat général à

ces ateliers mis en place en collaboration avec les

l’égalité des territoires et a pour partenaires Play

collectivités et les associations locales peuvent por-

Sports, Decathlon Pro et la radio Le Mouv’. ● Ph.B.

ter sur la santé, la diététique, l’environnement, le

Contact :

handicap ou la lutte contre les addictions.

jpveronique.laligue@ufolep-usep.fr

en jeu une autre idée du sport ufolep n°32

aelouahede.laligue@ufolep-usep.fr

ou


initiative

« Une route pour tous » en Charente

Une campagne pour pédaler en sécurité

C’

était un 24 décembre. Michel Coudret rentrait d’une sortie à vélo avec un ami quand une auto a entrepris de le doubler. Apercevant au tout dernier moment celle qui arrivait en face, elle s’est brusquement rabattue et l’a envoyé au fossé. « Ce fut le déclic » explique ce pompier à la retraite, licencié au club de Nersac, et qui quelques mois plus tôt avait « perdu un collègue », écrasé par un automobiliste aveuglé. De ce déclic est née une campagne prônant le dialogue entre tous les usagers de la route. Une campagne que le désormais référent sécurité des cyclistes Ufolep de Charente a conçue avec Jean-Claude Nebout, autre cycliste élu au comité départemental. Lancée début 2017 après une première initiative en faveur du port du casque, elle a reçu le soutien de la Prévention Maïf, du conseil départemental, du préfet et de la Prévention routière. PLUS DE 5 O00 PERSONNES TOUCHÉES

« Nous autres cyclistes sommes les plus fragiles », rappelle Michel Coudret en pointant ces automobilistes trop pressés qui ne prêtent aucune attention aux vélos qu’ils frôlent dangereusement. Mais il critique tout autant le comportement de certains cyclistes, qui se sentent propriétaires de la route lorsqu’ils roulent en peloton le dimanche. « Les torts sont partagés », souligne celui qui apprécie particulièrement les gestes de courtoisie et les coups de klaxon de remerciement quand un groupe de cyclos se met en file indienne pour laisser la voie libre. C’est ce message de bonne cohabitation que porte le logo de la campagne et que relaient flyers, affiches, roll up et autres banderoles. Un message qui a reçu un large écho dans la presse locale : en février 2017, La Charente Libre a même fait de l’initiative son « fait du jour ».

DES KILOMÈTRES POUR LA PLANÈTE Les cyclistes Ufolep concernés par les enjeux climatiques sont invités à relayer l’initiative d’un adhérent du Vélo Sprint Biotois (AlpesMaritimes). Lionel Parle propose aux cyclos qui « roulent utile » de comptabiliser leurs kilomètres quotidiens dans un tableau Excel préconfiguré. Chaque mois, l’animateur « vélo citoyen » du club n’a plus qu’à faire le cumul et l’adresser à : parle.lionel@gmail.com. Les résultats en épargne de CO2 sont ensuite publiés sous le logo du club sur le site : http://cycloclimat.blogspot.fr/ Pour tout renseignement, consulter ce site ou contacter Lionel Parle par e-mail. ●

Juin 2018

Une route pour tous

Deux élus Ufolep de Charente ont entrepris de sensibiliser cyclistes et automobilistes au partage de la route. Une initiative qui souhaiterait faire école.

Les promoteurs d’Une route pour tous, au départ de la Paul-Poux, le 28 avril. À gauche, Michel Coudret.

Parallèlement, avec son binôme et le délégué départemental, Michel Coudret a entamé une sensibilisation au sein des clubs Ufolep qui passe par une formation annuelle de référents sécurité. Il communique aussi sur les cyclosportives et les randonnées cyclotouristes et va à la rencontre des plus jeunes : de jeunes écoliers Usep de Chasseneuil, des adolescents de la MJC de Fléac préparant un séjour itinérant, etc. « En 2017, nous avons comptabilisé 5 329 personnes touchées pour 33 interventions », précise-t-il. Et si le message est porté au nom de l’Ufolep, la campagne est fédératrice et associe volontiers la Fédération française de cyclisme et celle de cyclotourisme. DANS LES AUTO-ÉCOLES Depuis cette année, afin de toucher les jeunes conducteurs l’équipe intervient aussi auprès des auto-écoles. Parallèlement, les vendeurs de cycles distribuent le flyer. Quant à la communication par l’image, elle s’appuie désormais aussi sur un lot de 40 maillots qui reprennent le logo de l’opération et plusieurs règles de sécurité. Fin avril, les promoteurs d’une route partagée se sont ainsi retrouvés dans un dégradé jaune-orangé au départ de la Paul-Poux, une cyclosportive Ufolep baptisée en l’honneur d’un ancien coureur pro, parrain officiel de la campagne. Michel Coudret et Jean-Claude Nebout souhaiteraient à présent que leur démarche fasse école : d’abord chez leurs voisins de Dordogne, puis à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, et qui sait demain ailleurs en France. En attendant, si le message porte si bien en Charente, c’est qu’il est incarné. « Ce qui semblait au départ un projet anodin est presque devenu une occupation à plein temps », sourit Michel Coudret, qui dressera le bilan de l’action à la fin de son mandat d’élu. En espérant que, d’ici 2020, « Une route pour tous » soit devenu l’affaire de chacun. ● Philippe Brenot

en jeu une autre idée du sport ufolep n°32

21


zoom

Entre compétition et engagement associatif

Tous champions avec l’Ufolep ! Anne, Lou et Jonathan ont connu les podiums nationaux de cross, de gymnastique et de volley et s’impliquent dans leur association. Trois façons de vivre toutes les facettes du sport à l’Ufolep.

L

Le 25 mars, Anne Delaloy, 17 ans, est devenue championne Ufolep junior de cross-country. De son propre aveu, ce ne fut pas sa course la plus difficile : « Nous étions seulement deux filles en catégorie junior. Alors, même si avec les cadets garçons et les vétérans femmes nous étions trente au départ, ce fut une course tactique. Mais j’ai su accélérer au bon moment. » Anne possédait aussi l’avantage du terrain, pour avoir déjà disputé une compétition sur ce même site de l’île Charlemagne, près d’Orléans (Loiret). Sa participation était une marque de fidélité envers son ancien instituteur, animateur Usep de l’école de Fayaux-Loges et fondateur d’une association Ufolep qui propose aux enfants des activités multisports pendant les vacances. Cette association Prim’Sports, Anne en fut à l’origine. « Je jouais au basket à l’US Fay, toujours avec M. Charreire comme entraîneur. C’est à partir d’un stage de notre équipe que se sont mis en place les stages multisports » explique-t-elle. Devenue trop âgée pour y participer, elle est revenue y apporter son aide comme bénévole. Anne s’est ensuite tournée vers le demi-fond, une passion qu’elle vit au Cercle Jules-Ferry de Fleury-les-Aubrais, affilié à la Fédération française d’athlétisme. Mais quand son instituteur lui a demandé de défendre les couleurs de Prim’Sports pour ce national Ufolep organisé dans le département, elle n’a pas hésité. « Remporter une course fait toujours plaisir, sourit la jeune fille. Et cela m’a ramené à mon année de CM2, quand j’ai remporté le cross départemental Usep, connu sous le nom de challenge Jean-Joudiou. Toute la course, mon grandpère m’avait encouragé, avant de m’apprendre qu’il l’avait lui-même gagnée en 1949, 62 ans plus tôt. Aujourd’hui il n’est plus là, mais je pense à lui. » Désormais, Anne se concentre sur les épreuves du bac en vue d’intégrer en septembre l’UFR Staps pour devenir professeure d’EPS. Et pas la peine de demander d’où vient sa vocation. PASSION GYM Avec son mètre soixante-seize, Lou Devadoux, 18 ans, licenciée au club de Cournon-d’Auvergne Gym, est plutôt grande pour une gymnaste. « La barre, il faut que je la monte de deux crans, sinon mes pieds touchent par terre », confirme-t-elle. Pourtant, elle n’aurait pas imaginé pratiquer un autre sport. « Mes premières figures, je les ai réalisées sitôt que j’ai su marcher, en observant les entraînements que conduisait ma mère. Pour moi ça a toujours

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Juin 2018

en jeu une autre idée du sport ufolep n°32

été un plaisir, pas une contrainte. » Cela devait être dit, venant de la fille d’une responsable nationale Ufolep, à l’origine d’un club fédérant 350 adhérents. Ses premières compétitions Ufolep, Lou les a vécues à 7 ans. Aujourd’hui, classée au meilleur niveau Ufolep, elle s’entraîne quatre soirs par semaine. S’y ajoutent le suivi de deux équipes d’une douzaine de fillettes et les week-ends de compétition, en Ufolep et en Fédération française de gymnastique. Est-ce conciliable avec la préparation d’un bac S ? « Oui, mais il n’y a pas beaucoup de place pour autre chose. » Et la vie de famille se confond avec la vie sportive puisque c’est sa mère, Florence, qui l’entraîne. « J’ai essayé avec d’autres, mais on est proches et on se comprend. » L’an passé, Lou et ses camarades ont terminé 3es de la finale Ufolep par équipe. Si elles se qualifient, l’objectif est de faire au moins aussi bien, début juin à Agen. « En Ufolep, il y a moins de stress et c’est plus convivial qu’en FFG. Mais c’est intéressant de faire les deux », commente Lou, qui une fois entamées les études de droit auxquelles elle se destine devra peut-être choisir entre les deux, voire tout arrêter. « Mais je continuerai d’entraîner. J’aime enseigner ce qu’on m’a moi-même appris. Et même si les filles n’ont que 10 ou 12 ans, on partage plein de choses. » DU VOLLEY ET DES VOYAGES Jonathan Mizeret, 32 ans, est à la fois le pilier et l’homme-orchestre du volley Ufolep dans le Cher. Première licence Ufolep à 12 ans dans le sillage de sa grande sœur, premier match avec l’équipe de Saint-Doulchard à 15 ans, président du club à 20 ans… Menuisier de son métier, Jonathan est surtout l’inamovible entraîneurjoueur de son équipe et de celle formée avec les voisins de Bourges pour disputer la coupe nationale. Cette entente plus que cordiale a terminé l’an passé 3e, catégorie honneur, d’une phase finale disputée à Valence (Drôme) et pour laquelle l’équipe fille s’était aussi qualifiée. « Atteindre le dernier carré, c’était également un accomplissement. Surtout vu du Cher, où la coupe nationale est un aiguillon pour élever notre niveau de jeu et sortir du département », explique Jonathan. Le reste de l’année, à Saint-Doul’ le volley est plutôt un sport de pères et de mères de famille. Renforcées par quelques jeunes, ces trentenaires se retrouvent le mercredi soir, pour un entrainement ou un match dans un championnat à l’esprit loisir qui réunit dix formations, dont l’équipe 1 et 2 du club. « Hormis les derbies avec Bourges, il y a peu de suspense »,


DR

Jonathan Mizeret

Anne Delaloy

regrette toutefois Jonathan, qui autrefois a évolué au niveau régional de la Fédération française de volley-ball. On comprend alors l’impatience du joueur-managerentraîneur à l’idée de passer le week-end de la Pentecôte à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) pour disputer

Lou Devadoux

de nouveau la finale nationale Ufolep. « Et en catégorie excellence, cette fois-ci », souligne Jonathan Mizeret. Comme quoi, en Ufolep, même à 32 ans révolus on peut encore s’améliorer. ● Philippe Brenot

NILS, LE SERVICE CIVIQUE COMME TREMPLIN management du sport. Il s’agissait d’un

Xxx

Nils Aïna, 24 ans, est chargé de développement à l’Ufolep Auvergne-Rhône-Alpes après

projet santé pour les seniors dans l’Ain.

avoir fait ses preuves en service civique. Un

L’année suivante, en Master 2, j’ai accompa-

autre genre de « champion ».

gné l’élargissement de ce projet aux autres comités rhônalpins. Et une fois diplômé, en

« En 2014, j’ai effectué une mission de ser-

juillet 2017 j’ai signé un CDI de chargé de

vice civique de six mois auprès du comité

développement.

régional Ufolep Rhône-Alpes. Je ne connais-

Ce que j’apprécie, c’est la variété des projets :

sais pas la fédération : je me souvenais seu-

écoresponsabilité, santé, sport en prison,

lement avoir disputé des cross Usep avec

parcours coordonné d’insertion, animation,

mon école d’Annemasse (Haute-Savoie),

formation, etc. Et j’ai été à la fois très bien

et être parti en séjour linguistique avec la

accompagné et mis très vite en situation de

Ligue de l’enseignement ! J’avais pour mission de coordonner l’Éco-

Nils Aïna

responsabilité. En étant focalisé sur des projets régionaux

Tour, un label accordé à des événements sport nature respec-

bien identifiés, le danger est d’oublier le terrain. Au quotidien,

tant des normes d’éco-conception. Cela rejoignait ce que je

j’ai peu de contacts avec les associations locales et leurs licen-

faisais au bureau des étudiants de ma fac de sport en évitant

ciés. Mais je compte y remédier : je pense affilier à l’Ufolep mon

les consommables à usage unique. Puis tout s’est enchaîné.

association de football loisir, et proposer aux autres équipes que

Mon tuteur et directeur régional, Cédric Godderidge, m’a pro-

nous rencontrons de nous rejoindre. Comme ça, il ne sera pas dit

posé un stage rémunéré dans le cadre de mon Master 1 de

que je ne contribue pas à la vie fédérative ! » ● Ph.B. Juin 2018

en jeu une autre idée du sport ufolep n°32

23


réseau

Vacances actives pour les bénévoles Ufolep

Pas de bras, pas de Playa La 12e édition du Playa Tour, la tournée estivale de l’Ufolep, attend 25 000 personnes sur ses 28 étapes, grâce aux bénévoles mobilisés. Comme à Bray-Dunes (Nord).

C

Ufolep Nord

haque année depuis 2007, Maurice Vanmarcke et plusieurs joueurs de son club de foot du FABS Tourcoing prennent le chemin de la plage. Celle de Bray-Dunes plus précisément, lieu désormais bien établi de l’étape nordiste de la tournée multisports et citoyenne de l’Ufolep. Ils y prendront leurs quartiers du 24 au 26 juillet. « Avec mes cinq ou six gars, nous sommes sur place dès 9 heures avec le reste de l’équipe afin que tout soit prêt pour accueillir le public en milieu de matinée », explique Maurice, qui à 71 ans laisse à ses À Bray-Dunes, le Playa Tour mobilise une trentaine de bénévoles. complices encore dans leur vingtaine ou leur trentaine le soin d’animer les ateliers sportifs. Lui vaque d’un endroit à l’autre en veillant à volley. « Il faut avoir de l’autorité. Posséder un diplôme ce que tout se passe bien : « Je suis toujours en mouve- d’éducateur et l’expérience de l’animation d’une équipe est ment », résume-t-il. un plus », souligne Maurice. Et puis il y a le village des enfants. « Trente ou quarante gosses qui piaillent parce UN MOMENT À PART qu’ils veulent jouer, cela fait du bruit ! » Lorsqu’il fait beau, l’étape de Bray-Dunes peut accueillir Le soir, une fois tout rangé, la trentaine de bénévoles 2 600 personnes sur deux jours et demi, entre les esti- se retrouve à l’Escale, une auberge de jeunesse située à vants et les groupes des centres de loisirs et des struc- Dunkerque, à 5 km. « On discute entre nous. On parle de nos tures sociales. Un public pas toujours facile, surtout clubs, des difficultés que l’on peut rencontrer comme dirigeant, quand certains brûlent d’envie d’entrer à leur tour sur les on échange des idées et des façons de faire. C’est un moment à terrains de beachsoccer, de sandball, de rugby-flag ou de part dans l’année. Fatigant et dépaysant à la fois. » ● Ph.B.

MIXITÉ DES PUBLICS ET DROIT AUX VACANCES Derrière les tentes et les structures gon-

24 juillet, il accueillera 200 femmes venues

flables du Playa Tour, on trouve deux

des dix centres d’hébergement et de réin-

espaces sportifs. Selon son profil, chacun

sertion sociale (CHRS) où l’Ufolep inter-

choisit de participer à des tournois adap-

vient durant l’année.

tés à la pratique sur le sable, ou à des jeux

«  C’est une façon de clôturer la saison,

autour de la motricité dans l’espace dédié

explique le délégué départemental Thi-

aux enfants, aux jeunes adolescents et à

baut Dourlen. Parfois victimes de violences

leurs parents. Et, entre deux parties, les uns et les autres

conjugales, ces femmes ne vont jamais à la mer, parce qu’elles

peuvent découvrir l’espace éducatif et ses expositions et ate-

n’en ont pas les moyens, ni même l’idée. Elles peuvent venir

liers sur le bien-être, la santé et le respect de l’environne-

avec leurs enfants, ou leur compagnon. » À Bray-Dunes sont

ment naturel. C’est ce qui autorise le Playa Tour Ufolep à se

aussi accueillis les centres sociaux de Lille-Roubaix-Tourcoing,

présenter comme la grande tournée multisport et citoyenne

des centres de loisirs, des CADA (demandeurs d’asile) et des

de l’été.

structures pour personnes handicapées. Un partenariat avec

Le Playa Tour s’inscrit aussi dans l’affirmation d’un droit aux

la fédération handisport permet d’ailleurs de proposer un par-

vacances pour tous. À Bray-Dunes par exemple, l’après-midi du

cours fauteuil et du vélo couché, à côté d’un atelier kid bike. ●

24

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en jeu une autre idée du sport ufolep n°32


Avec le GCU, nouveau partenaire de l’Ufolep

Tentez le camping associatif !

F

ondé en 1937 dans l’élan du Front populaire, le Groupement des campeurs universitaires aurait alors pu rejoindre l’Ufolep. À défaut, les deux mouvements viennent de signer une convention par laquelle le GCU s’engage à accueillir les groupes et les associations Ufolep sur ses terrains. Au nombre d’une centaine, ceux-ci sont situés en bord de mer et à la campagne. Seules exigences : signer au préalable une convention et respecter le principe d’une gestion participative qui permet de réduire les coûts de fonctionnement et de rendre accessible au plus grand nombre des sites touristiques très recherchés. « Un jour ou l’autre, la personne chargée de l’accueil ou du nettoyage des sanitaires, ce peut être vous », explique Michel Tendron, secrétaire général d’une association « laïque » qui fut fondée par des instituteurs avant d’ouvrir ses portes à tout campeur que l’idée d’accueillir, d’animer et de mettre la main à la balayette ne rebute pas. Le GCU compte 48 000 adhérents pour 600 000 nuitées par an et est propriétaire de la quasi-totalité des terrains qu’il administre. En s’affiliant à l’Ufolep, le GCU – qui vient également de conventionner avec l’Usep, fédération sportive scolaire de la Ligue de l’enseignement – va bénéficier de l’agrément Jeunesse et Sports de l’Ufolep permettant d’accueillir des groupes scolaires. Le GCU est également intéressé par les formations aux premiers secours dispensées par

GCU

Le Groupement des campeurs universitaires accueille les groupes Ufolep sur une centaine de sites pratiquant la gestion participative. Au camping de Châtillon-en-Diois (Drôme). Le GCU en gère une centaine partout en France.

l’Ufolep, que pourront suivre les responsables bénévoles de ses terrains. De son côté, outre l’accueil de groupes Ufolep, le GCU s’engage à proposer des activités encadrées par l’Ufolep : par exemple des randonnées pédestres ou des sorties VTT permettant d’allier pratique sportive et découverte touristique. Alors, dès cet été, avec votre association ou un groupe de jeunes ou d’adultes de l’Ufolep, ou tout simplement en famille ou avec des amis, consultez sur la liste des sites gérés par le GCU et essayez le camping associatif ! ● Ph.B.

LE NATIONAL DE CROSS, PIONNIER DE L’UFO NATURE country un exemple de la façon dont

« L’Ufo Nature est ouvert à tous et pro-

En Jeu Ufolep

Faire du championnat national de cross-

pose trois environnements différents, les

l’Ufolep conçoit le sport nature : c’était

participants étaient invités à aller de

toute l’ambition du premier événe-

l’un à l’autre  », résume Benoît Gallet,

ment « Ufo Nature » organisé dimanche

directeur technique adjoint de l’Ufolep.

25 mars sur l’île Charlemagne, à Saint-

Le concept se décline ainsi : Ufo Challenge,

Jean-Le-Blanc, près d’Orléans (Loiret).

qui englobe le championnat national de

Tandis que le national de cross-country réunissait 291 enga-

cross-country et un Éductour constitué de défis éducatifs et

gés dans différentes catégories, les autres animations ont

sportifs ; Ufo S’reposer, avec son espace détente, ses séances

attiré plus de 400 personnes. Parmi celles-ci, on trouvait

d’échauffement collectif et sa pasta party ; et enfin Ufo

un atelier kid bike pour les enfants, de la marche nordique

Games, entre marche nordique, biathlon et relais solidaire.

pour les adultes et la possibilité de s’initier aux gestes de

Cette première fut une réussite. « Mais, souligne Benoît

premier secours. S’y ajoutaient un biathlon associant VTT

Gallet, celle-ci ne sera complète que si l’Ufo Nature fait flo-

et course à pied et une course de relais solidaire, en sou-

rès, en étant décliné par nos comités à l’occasion d’autres

tien aux actions caritatives de l’association Tom Pouce et de

événements sportifs, qu’il s’agisse de course à pied ou de

l’association des médecin de Giens.

toute autre activité de plein air. » ● Ph.B.

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Discret héros du National de pétanque 2017

La passion retrouvée du bouliste aveugle

«J

’avais cinq ans quand mon père m’a mis une boule dans les mains. J’ai ensuite joué avec lui dans notre club Ufolep de Vélines. Jusqu’à son accident de chasse, en 2001 », raconte

Charles Veuille. Son père Jean-Jacques, champion de Dordogne Ufolep 1995 et chauffeur routier de son métier, reste douze jours entre la vie et la mort. À son réveil, il ne voit plus. La greffe qu’il subit lui permet temporairement de distinguer à nouveau quelques formes et couleurs, avant qu’il ne soit replongé dans l’obscurité. Pourtant, chaque année, son fils lui reprend une licence, « façon de lui dire qu’il faisait toujours partie du club », puis le convainc d’essayer de rejouer. « Je lui ai dit : “Tu es fou, on va se moquer de moi” », se souvient Jean-Jacques. Mais avec son fils pour le seconder, il retrouve vite goût au jeu. LES COPAINS D’ABORD Un beau soir de 2015, le fils a ensuite cette idée folle : faire reprendre la compétition au père. Il serait ses yeux, et deux amis feraient équipe avec lui. Charles relance alors le club de son village de Saint-Antoine-de-Breuilh, près de Bergerac, qu’il rebaptise Les Copains d’abord.

Un millier de participants sont attendus samedi 30 juin

Ufolep 63

PÉTANQUE POUR TOUS EN PUY-DE-DÔME et dimanche 1er juillet à Gerzat (Puy-de-Dôme) au National de pétanque. Soit plus d’un licencié sur six puisque la discipline réunit à l’Ufolep 5 723 pratiquants, dans 478 associations. Le département hôte du National en réunit pour sa part 250, et parmi eux 24 adultes handicapés du foyer-résidence Richelieu de Clermont-Ferrand. Grâce à l’implication des éducateurs, la pétanque y est avec le tennis de table et la gymnastique d’entretien l’une des trois activités pratiquées. Des adhérents du foyer participent à la dizaine de concours organisés dans l’année par le comité et ont pris part au National à plusieurs reprises. Ce sera encore le cas pour plusieurs d’entre eux à Gerzat, tandis que d’autres aideront à l’organisation. ● Ph.B.

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DR

Depuis l’an passé, la légende du bouliste aveugle grandit dans le petit monde de la pétanque Ufolep. Une histoire d’amour filial.

Jean-Jacques Veuille, interviewé à côté de son fils l’an passé à Objat (Corrèze).

Mais comment peut-on jouer sans voir ? « On imagine le jeu, répond Jean-Jacques. Sinon, je joue comme j’ai l’habitude. Quand on a la volonté, on y arrive. » Étonnant spectacle que celui d’un fils de 35 ans qui, placé à l’endroit du cochonnet, indique à son père de 67 ans la distance, lui décrit l’inclinaison et la nature du terrain, et corrige l’axe de son bras : un peu plus à droite, un peu plus à gauche... Le père effectue ensuite quelques mouvements de balancier avant de lancer sa boule. « Dès la première année, ça a très bien marché, souligne le fils : 11 finales jouées en 14 concours disputés, en comptant les consolantes et les complémentaires. » La deuxième saison fut meilleure encore, avec pour point d’orgue le National Ufolep 2017 à Objat (Corrèze), où se distingua une triplette qui, comme les trois Mousquetaires, était en fait un quatuor. « Malgré la chaleur de plomb, mon père fut exceptionnel, se souvient Charles Veuille. Ils sont allés en 8es de finale, parmi les 16 meilleures équipes du plateau ! Certains avaient du mal à croire que mon père était aveugle. » Pourtant le terrain était piégeux et la communication difficile : « Avec les annonces dans les hauts parleurs, mon père ne m’entendait pas bien. L’un de ses coéquipiers devait lui répéter mes consignes à l’oreille. » Et puis JeanJacques était malade : dix jours plus tard, le bouliste aveugle se faisait opérer d’un cancer de la vessie. Mais, deux jours avant de passer sur le billard, il s’est offert le plaisir d’un dernier concours de village, à Beaupouyet, près de chez lui. « Mon père est un pointeur, mais il tire aussi quand il le faut. Et ce jour-là, il a réussi un “carreau” magistral. Les gens se sont mis à crier, à applaudir. » Deux mois après son opération, Jean-Jacques reprenait ses boules. Plus question toutefois de participer au National Ufolep. En revanche Charles y sera, qui y entendra probablement parler des exploits de son père. Des exploits qui sont aussi un peu les siens.● Philippe Brenot


Instantanés

Ufolep

WEEK-ENDS FITNESS POUR LES ANIMATEURS ET ANIMATRICES UFOLEP Les activités physiques d’entretien (APE) sont l’un

s’ajouteront à l’automne trois week-ends « outdoor

des piliers de l’Ufolep. Mais les animateurs et les

urbain  » (type crossfit), «  outdoor nature  » et

animatrices qui interviennent au quotidien dans

« boost » (cardio et renforcement musculaire).

les associations ont rarement l’occasion de se for-

Lors de ces mini-stages, la mise en pratique indivi-

mer aux nouvelles pratiques ou d’échanger entre

duelle et collective est complétée par une réflexion

eux. Ils pourront désormais le faire lors de cinq

sur la façon de développer ces activités, avec le cas

week-ends annuels dédiés aux activités de la forme

échéant la mise en place de formations plus poussées.

et du bien-être.

Les deux premières dates ont rassemblé chacune

En 2018, les deux premiers se sont déroulés les 7

une quarantaine de participants. Sachant qu’il est

et 8 avril à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher) et les

possible de participer à plusieurs rendez-vous,

28 et 29 avril à Liévin (Pas-de-Calais). L’un a fait

l’ambition est de toucher entre 100 et 150 ani-

découvrir les nouvelles pratiques douces quand

mateurs et animatrices, et d’insuffler un esprit

l’autre était tourné vers la reprise d’une activité

d’équipe également symbolisé par la distribution

physique. À ces rendez-vous « zen » et « move »

de tenues siglées Ufolep. ● Ph.B.

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)

histoires

Morceaux choisis Carlos D. de Andrade

A

La poésie du football brésilien, anthologie composée par Max de Carvalho, Chandeigne, 2014, 128 pages, 12 S.

vec l’impétuosité des fauves et des combinaisons de fourmis la Seleção attaque feinte recule se déploie. Si loin d’ici et en moi. Je suis le stade de Jalisco, mâché par les crampons, la pelouse meurtrie, la balle mouchetée, capricieuse. Suivre le match, moi ? Non. Je le joue. Dans la mêlée, la confusion des gestes, dans la blessure à la cuisse, la déception de l’occasion manquée, dans l’heure qui tourne et l’ombre qui gagne et ce but qui ne vient pas puis vient, mais contre nous... avant de repasser dans cette lenteur-limace du ralenti. Je ne méritais pas d’être transpercé par cette frappe molle, cette balle perdue. Mes onze athlètes sont onze gamins corrigés par un dieu frivole qui commande au sort. Il faut se battre contre ce dieu frivole, tout est à refaire : fourmi minuscule frayant sa voie dans l’épaisseur de ciment du mur. Alors les gars prennent une autre dimension. Chacun d’eux incarne la lutte et le sérieux tout entiers. Tout l’art, aussi, d’une astucieuse géométrie ; aérienne, musicale, de corps qui s’accordent à merveille, membres polyphoniques d’un seul corps ruisselant et beau. Je ris, je ris d’une douloureuse joie récompensée par Tostão qui crée et Jair qui achève l’action féconde. C’est le gooooooooool qui fleurit dans la gorge rauque, épuisée, le buuuuuut dans mon cœur grand ouvert buuuuuut dans ma rue sur les terrasses buuuuuut dans les bars les drapeaux les pétarades buuuuuuuuuut dans la rugirandolexplosion des girandoles dans la pluie de papelitos célébrant, chacun pour soi, dans les airs : chaque paperolle est un rire dansé offert au pays en liesse où l’on s’embrasse s’enlace et chante. Buuuuuuuuuut, génial, natal, ô but de miel et de soleil ! Plus rien ne m’arrête, je suis légion, je joue Pelé le toujours roi républicain, le peuple fait athlète dans la poésie du jeu magique. Je suis Rivelino, lame du nom frappant, finement, le coup franc. Je suis Clodoaldo rime d’Eve-

DR

L’instant du bonheur

Tostão, créateur de bonheur pour le Brésil 1970.

raldo. Je suis Brito qui jaillit de la tête, avec Gerson et Piazza je renouvelle mes forces. Avec une légitime fierté je deviens le capitaine, Carlos Alberto. Je me détends avec Félix, me saisis du ballon et défends mes cages. Comment le jeu a-t-il pu s’enflammer comme ça ? Quels déploiements d’énergies neuves ont affleuré comme d’un banc de remplaçants intérieur ? Un fleuve me traverse-t-il ou bien suis-je l’Océan en train de déferler sur le terrain pour inonder tous les miens, réunis par un même écran infini, en un être unique ? Soudain, un Brésil uni, heureux d’exister, échangeait mort et haine, misère, maladie, arriération funeste contre ce pur moment de grandeur et d’affirmation par le sport. Vaincre en beauté, avec honneur et grâce, sans arrogance, c’est être mûr et mériter la vie, acte créateur, acte d’amour. Au sagace Zagalo, berger avisé, à ses hommes de terrain et de coulisses mon peuple est redevable de cet instant de bonheur. ● © Carlos Drummond de Andrade / éditions Chandeigne

Pour apprécier pleinement ce texte de

DR

POÉSIE DU FOOTBALL BRÉSILIEN l’occasion : un désastre immortalisé sous

Carlos Drummond de Andrade (1902-

le nom de « Maracanazo ». Mais, cette

1987) tiré de l’anthologie La poésie du

fois, les joueurs auriverde conjurent le

football brésilien, il faut le lire à voix

mauvais sort et l’emportent finalement

haute et le replacer dans son contexte : en

3-1, s’ouvrant les portes d’une finale vic-

demi-finale du Mondial 1970 au Mexique,

torieuse face à l’Italie. Ces vers de bon

le Brésil retrouve l’Uruguay dans le stade

augure parurent dans la presse à la veille

de Guadalajara. Or, vingt ans plus tôt, la « Céleste » a infligé

de ce triomphe (1). ● Ph.B.

au onze brésilien une cruelle défaite en finale de « sa »

(1) Le traducteur Max de Carvalho ayant fait primer la fidélité au texte sur la recherche de la rime, nous nous sommes autorisés à présenter ce vibrant poème sous la forme d’une prose.

Coupe du monde, dans un stade Maracana de Rio bâti pour

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je me souviens... Olivier Guez

) DR

J Né en 1974 à Strasbourg, Olivier Guez est journaliste, spécialiste d’économie et de géopolitique. Il a signé deux romans, dont La Disparition de Josef Menguele (Grasset, prix Renaudot 2017), et est l’auteur de plusieurs essais dont l’un, Éloge de l’esquive (Grasset, 2014), est consacré au football brésilien.

e me souviens d’une sensation, d’un indéfinissable bonheur, l’année où je jouais sous les couleurs rouge et bleu de l’équipe de football de l’université du Sussex, à Brighton. Je me souviens des pelouses anglaises et de cet environnement très british. C’était en 1994, j’avais vingt ans, je jouais libéro et c’était une époque merveilleuse. Je me souviens de parties de foot dans la cour de mon école, à Strasbourg, et de cours d’éducation physique qui ressemblaient à ceux vécus par le petit Spirou, sous la férule de profs de sport bedonnants, moulés dans leur jogging, ou sous celle de femmes très strictes, toujours le sifflet à la bouche. Je me souviens des années 80 et de la vogue des sports de glisse, du windsurf, des deltaplanes et des ULM. Et aussi du tennis : c’était la décennie des Borg, McEnroe, Noah, Lendl… Je me souviens de mon premier match comme spectateur au stade de la Meinau, en 1982. Je suis resté supporter du Racing Club de Strasbourg. Et quand je suis de passage en ville, j’essaie d’aller au match.

Je me souviens, la même année, de la Coupe du monde en Espagne. Quand on a huit ans et qu’on découvre le football, avec tous ces matchs, tous ces pays, les meilleurs joueurs réunis, la première Coupe du monde est forcément un repère. À l’époque, je passais mon temps à taper dans un ballon ou une balle de tennis, jusque dans le salon de mes parents. Ces années-là, j’ai aussi porté le maillot de l’AS Menora, à Strasbourg, avant de déménager. Adolescent, j’ai pratiqué ensuite d’autres sports collectifs : le volley au collège, le handball... Aujourd’hui je voyage beaucoup et j’ai les articulations fragiles, alors je nage : même en déplacement, on trouve toujours une piscine. Je fais aussi du ski. J’aime beaucoup l’eau et la glisse. Je me souviens que si, il y a quatre ans, j’ai consacré un livre au football brésilien, c’est parce qu’une Coupe du monde au pays de Garrincha est plus inspirante qu’un Mondial au Qatar. Le football est aussi un moyen extraordinaire pour comprendre une culture, une société, et l’occasion de faire de la littérature. ●

l’image

SURFEURS DE CALIFORNIE, PAR STEVEN RIFKIN Steven Rifkin / Courtesy Les Douches la Galerie, Paris

Steven Rifkin, 64 ans, était jusqu’à présent connu comme le « tireur » de grands photographes. Mais la galeriste Françoise Morin a découvert qu’il était lui-même l’auteur de photos qui racontaient de façon très personnelle l’Amérique des années 1970 à nos jours. Des photos à l’infinie douceur, comme ce portrait de deux jeunes surfeurs, saisis dans l’innocence de leur éclatante jeunesse, sur une plage de San Diego, Californie. Des photos d’«  une Amérique pacifiée, où Kennedy et Luther King n’auraient jamais été assassinés, une Amérique qui n’aurait pas connu le Vietnam, une Amérique dont Donald Trump ne serait pas le président », pouvait-on lire dans le dossier de presse de l’exposition présentée en début d’année à la galerie Les Douches, à Paris. Catalogue Steven Rifkin, 68 photographies noir et blanc, 73 pages, 15 €. www.lesdoucheslagalerie.com

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repères

LE POUVOIR DU SPORT

« Tantôt paré de toutes les vertus, tantôt accusé de tous les mots, le sport serait un facteur d’intégration et de vivreensemble, mais signifierait aussi le règne de l’argentroi, de la corruption, du dopage, quand il n’est pas considéré comme un simple outil d’influence pour les pays souhaitant redorer leur blason. » C’est ce balancement entre deux visages « antagonistes et incompatibles » que s’emploient à dépasser Marie-Cécile Naves, chercheuse associée à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), et Julian Jappert, directeur du cercle de réflexion Sport et citoyenneté. Quelles sont les valeurs d’un sport où les femmes

DES FOULÉES POUR RENAÎTRE C’est l’histoire d’un homme seul, rongé par l’alcoolisme, qu’une phrase lâchée au détour de la conversation par son fils venu lui rendre visite – « je viens de faire un footing avec mon oncle » – renvoie brutalement à sa déchéance, lui qui dans sa jeunesse d’athlète amateur à Lille avait croisé Jacky Boxberger, Michel Bernard ou Guy Drut. Michel Lajeunesse entame alors une lente renaissance, baskets aux pieds. « La course à pied, c’est l’alpha et l’oméga de ma vie. Grâce à elle, j’ai commencé à exister à l’adolescence et je suis survivant aujourd’hui », résume cet ancien président d’une amicale laïque en Loire-Atlantique. À 63 ans, il court désormais chaque jour sur les bords de l’Erdre, à Nantes, et ne boude pas son plaisir lorsqu’il monte sur le podium des courses auxquelles il participe, catégorie Master 3. Sa préférence va pour le semi-marathon, lui qui aurait rêvé d’en courir un entier en moins de trois heures. La course à pied invite aussi à l’introspection : celle des ratages d’une vie qui fut trop égoïste où l’alcoolisme allait de pair avec le mensonge. Et demain ? « Le jour où je ne pourrai plus courir, je marcherai, pour aller à la rencontre des autres. J’ai autant de plaisir à regarder une course, qu’à y participer. » ● Des foulées pour renaître, Jean-François Lajeunesse, éditions Coiffard, 124 pages, 15 €.

restent au second plan ? Où la domination raciale fait encore débat ? Où le dopage se porte bien, où l’entrée au stade est de plus en plus chère et où les footballeurs sont devenus une marchandise ? Telles sont les questions abordées.

Puis, après une seconde partie sur le soft power du sport dans les relations internationales, ils s’intéressent au « sport au service de la société » : la santé par l’activité physique et sportive, l’enjeu écologique, les bénéfices du sport au travail et

L’ACTUALITÉ DE L’UFOLEP ET DE SES PARTENAIRES SUR TWITTER

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la cohésion sociale. En conclusion, le sport est « un modèle économique et sociétal » qui reste « à créer ». On saluera la vision d’ensemble et la justesse de l’analyse. Il ne manque que les fiches pratiques. Le pouvoir du sport, FYP éditions, 166 pages, 18 €.


PROGRAMMATION ÉTÉ 2018 20-24.06 – SILLERY (51) – 30.06 – BRÉTIGNY S/ORGE (91) – 29-30.06 – SAINTNAZAIRE (44) – Fin juin – CREPS D’AIX-EN-PROVENCE (13) – 01.07 – LA COURNEUVE (93) – 06.07 – LA-CHAPELLE-SAINT-LUC (10) – 07-09.07 – SOUPPESSUR-LOING (77) – 10-13.07 – PORT-LEUCATE (11) – 11-13.07 – SAINT-MALO (35) 16-17.07 – WOIPPY (57) – 16-18.07 – BERCK-SUR-MER (62) – 18.07– BAR-LE-DUC (55) – 18-19.07 – DAMAZAN (47) - 19-20.07 – LAC-DU-DER (55) – 19-21.07 – VOVES (28) – 23-25.07 – LA-SEYNE-SUR-MER (83) – 23-25.07 – LARMOR PLAGE (56) – 24-26.07 – BRAY-DUNES (59) – 25.07 – CHARLEVILLE-MÉZIÈRES (08) – 2627.07 – POIX TERRON (28) – 27-29.07 – MARVILLE (93) – 30.07-10.08 – EVRY (91) – 29.08-02.09 – REIMS (51) – - SEPTEMBRE – CREPS DE BOULOURIS (83) - 23.09 – GAVAUDUN (47)

CIRCUIT OUTRE-MER 11-12.09 – MARIE-GALANTE (971) - Septembre – MAYOTTE (976) Fin août – SAINT-LEU (974) - Octobre – MARTINIQUE (972) Fédération sportive de


ESSAYEZ LE

YOGA-ROLLER LE YOGA, LE ROLLER, ET AUSSI 128 AUTRES SPORTS…

Faites-vous plaisir sans choisir et révélez-vous sur tous les terrains. Du partage au respect, de l’ouverture aux autres au dépassement de soi, en vous inscrivant à une association multisports UFOLEP, vous êtes sûrs de tout gagner.

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En Jeu Ufolep n°32 juin 2018  

DOSSIER : Gay friendly, le sport ? ; INVITÉ : Arnaud Jean, nouveau président de l'Ufolep; ZOOM : Tous champions avec l'Ufolep !; FÉDÉRAL : A...

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