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1ère Edition

Collector

Le magazine pour une planète éthique mai - juillet 2011

FEMMES ET ÉTHIQUE FETHIA BENNIS WANGARI MAATHAI PAROLES ÉTHIQUES ANGÉLIQUE KIDJO ZEINAB SALBI SOCIÉTÉ & ÉTHIQUE K D’URGENCE: LE COMBAT DE CHRISTINE KELLY ECO DÉCO ATELIERS DES MÉTIERS D’ART

ETHICAL FASHION TARA EMAD UNE TOP MODEL ENGAGÉE NAGADA OSHY BY SALAH BARKA TOUBAB PARIS PRIX ÉTHIQUES YVES ROCHER HARUBUNTU ECO ÉVASION DAR ITRANE MAROC LE NIL DES ÉGYPTIENS


Equipe DIRECTRICE DE LA RÉDACTION ET ÉDITRICE Fériel Berraies Guigny

DIRECTION ARTISTIQUE ET GRAPHISME Moez Ben Ismail

Retrouvez-nous sur le net!

COORDINATION Gilles Guigny

DIRECTION PHOTO Ludovic Parfaite Romain Nicolas

DIRECTRICE DE LA COMMUNICATION ET MARKETING FRANCE Lise Marie Ranner Luxin www.unitedfashionforpeace.com

DIRECTRICES DE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL Amani Fekih Suna Ahmed

RÉDACTION Fériel Berraies Guigny Diane Cazelles Lise Marie Runner Luxin Lynda Ammar Yasmina Lahlou Gilles Guigny Aicha Bounaies Maya G Elyssa Souissi Fatou Benta Gueye Claudia Bertrand Bilkis

www.unitedfashionforpeace.com/blog1


«La Danse», en mouvement expressionniste, sombre et libre...

Peinture à l’huile et mine de plomb sur photographie et sur papier, 42/30 cm, Diane Cazelles.


Sommaire Bienvenue à United Fashion for Peace Planète Ethique Éco villages en Egypte, le rêve de Rawya Mansour Congo, campagne de vaccinations pour les enfants Planète Urgence, une ONG engagée

Le Rendez-vous des Entrepreneurs Nohèm: une marque bio dans l’éthique

Ethical Conso Beauté bio

p.16

Shopping Coups de coeur Bio Saaf, les cosmétiques Halal Karité, les Best of Argan, produits nec plus ultra

Manger Ethique Thé vert au Litchi NAPOLIS, les pâtes Bio en Tunisie

p.38

p.23


p.80

Ethical Fashion Accessoires Voyage du panier autour du monde Minna Parikka Balitz, les paréos de l’été Maillots customisables SpicyJune Toubab Paris Nadia Dafri, wax bijoux Aboubakar Fofana Bracelets Jokko

Mode Spécial Egypte Tara Emad, Une Top Model engagée Nagada H&M Conscious collection H&M contre le Sida Jeremy Bueno Oshy by Salah Barka Coco Sucré

Puériculture Kik & Boo Doudous les Récupettes

p.46

p.98


p.129

Eco Déco Ateliers des métiers d’art de France Fondation Blachère Textiles du Monde

Culture Ethique Les marionnettes du Mali Recyclart, les peintures de Diane Cazelles

Eco Evasion Le Nil des Egyptiens Dar Itrane, Ecolodge au Maroc Badalodge au Mali

Historia Voyage dans le Maghreb d’Antan

Femmes d’Ethique Fethia Bennis Wangari Maathai Aminata Traoré Graca Machel

p.104

p.147


p.167

Paroles Ethiques Angélique Kidjo Zeinab Salbi Sylvie Brunel

Prix Ethiques La Fondation Chirac Prix Harubuntu 2010 Terre de Femmes Yves Rocher La Fondation Poweo et la croissance éthique en Afrique

Société & Ethique La question noire en France Islamisme politique européen, décryptage K D’urgence, le combat de Christine Kelly

Buzz, News & Petites Annonces Intermarché et Netto font de l’éco-développement durable! FEED de Clarins

p.194


EDITO

Le mot de la Présidente de l’Association

Bienvenue à United Fashion for Peace

U

n rêve, une idée, un espoir devenu un projet, une caravane pour la mode l’Art et la Culture Ethiques, qui est aussi une Association loi 1901. Un tout jeune bébé né ce mois de février passé et qui tente de faire ses premiers pas dans un monde en ébullition. Un nouveau magazine en ligne aussi, venu célébrer une planète éthique. Un idéal de vie, un premier numéro collector qui explique aussi sa longueur exceptionnelle. Car notre cœur est rempli d’espoir, mais aussi de cette fougue constructive qui nous poussera à faire face aux dérives humanitaires de notre siècle.

Le printemps arabe a sonné tous les printemps du Monde; Né dans un élan de liberté, il a embrasé toute la planète. Mais les dérives de tous bords n’ont cessé depuis ces derniers mois de tâcher le drapeau de la liberté si durement conquis. La révolution des peuples serait-elle remise en question? Qui sont ces forces occultes qui tentent, dans le Crédits photo: ©Ludovic Parfaite


Monde arabe, en mêlant politique et religion, de dévoyer cet idéal que nous voulions tant construire, et risquent de nous ramener vers l’obscurantisme via une interprétation inique de textes sacrés. Pourquoi en Afrique Subsaharienne les guerres fratricides pour la seule conquête du pouvoir égoïste et de ses privilèges pécuniaires déciment elles les peuples? Pourquoi le Nord se replie t-il sur lui même et avance des arguments discriminatoires et indignes, pourquoi reste t-il sourd parfois à la douleur des peuples, pourquoi recycle t-il ces systèmes politiques du Sud qui n’ont plus raison d’être si ce n’est les petits arrangements entre amis qui accommodent la mondialisation mais pas les peuples du monde? A l’aube de cette nouvelle humanité qui a tant de mal à naitre, que nous devons construire, face aux crises endémiques qui secouent notre Région, le Nord et le Sud s’affrontant, la planète et dame nature reprenant ses droits, il nous est venu comme une évidence qu’il fallait passer à l’acte. Créer des initiatives, faire des passerelles entre les peuples, montrer que la culture éthique pouvait trouver des solutions à ce qui est rendu irrémédiable par l’homme. Alors que le sang a rompu le dialogue, l’intolérance a marqué les divisions, alors que la violence et la peur sont devenus les seuls recours, nous devons dire avec force, vigueur et conviction: Stop. Nous ne voulons pas de ce Monde pour nous et nos enfants, la terre a trop été abreuvée de sang et les extrémismes de tous bords sont en train de reprendre le dessus. Du Nord au Sud, la différence est pointée du doigt et stigmatisée. Nous United Fashion for Peace, nous les artistes du Monde, nous croyons en la culture durable car elle est

l’avenir. Elle a du coeur, là où l’industrie et nos sociétés de consommation et les politiques marketing agressives ont fini par tout broyer.

«Notre planète est en train d’agoniser lentement et nous sommes des objecteurs de bonne conscience...»

Oui nous voulons une culture de le paix et pour la paix, une culture qui n’obéit pas uniquement à des considérations marketing ou du bling bling dévoyé. Notre planète est en train d’agoniser lentement et nous sommes des objecteurs de bonne conscience par l’Art, la culture, la mode, l’artisanat au service de l’autre! Le bio et l’ éthique en nourriture, en cosmétique, en politique mais aussi en couture ou culture c’est véritablement notre futur. Soutenir des actions sociales et écologiques, c’est possible tout en restant dans l’esthétique, tout en achetant des vêtements dont le design conjugue à la fois l’histoire et la modernité, et en optant plus pour une matière première naturelle et le plus souvent locale. Faire des événements pour soutenir un pays, ses tradi-


tions, son éthique, son tourisme, son peuple, voilà notre idéal à construire!

Plus que l’intention, il nous faut arriver à cultiver ce nouvel état d’esprit. Nile Forever en Egypte et les Artistes du Monde pour la paix au Maroc nos deux éditions qui devaient défiler ce mois de mai ont été déprogrammées à cause de la violence et de l’insécurité dans la région. Pour nous cela a été très douloureux mais ces épreuves vont nous rendre plus forts. Notre message est si fort, si universel et si planétaire il ne peut mourir, on ne pourra jamais tuer une initiative qui a au coeur de ses préoccupations l’amour, la tolérance, la fraternité et la paix. Car la mode et le développement, le progrès et la démocratie commencent aussi par le coeur et la justice entre les hommes. Justice dans le travail, loyauté vis à vis de la nature, équité vis à vis des cultures et du partage de la rentabilité. Le profit à tout prix n’est plus de mise et même les grandes enseignes doivent s’y résoudre. Les “corporates” qui ont parfois porté atteinte à l’humain pour sauver leurs intérêts immédiats également. Nous voudrions que le Nord et que la France en l’occurrence, puisque nous sommes une Association française, puisse comprendre notre combat, que les politiques et les institutionnels de tous bords nous soutiennent, nous encouragent, nous entourent, nous sponsorisent dans notre initiative.

Aujourd’hui, la planète juge l’homme et nous devons nous engager à la respecter. Nous sommes fatigués des discours creux et des fausses promesses et des soutiens de convenance. Les créateurs présents dans notre Association, ceux qui vont également communiquer au travers de nous devront s’engager à respecter une “Charte de bonne conduite” qui met au premier plan le respect des hommes et de leurs conditions de travail, le respect de l’environnement (choix de matières qui ont un impact minimum sur l’environnement), et respect des différences culturelles. United Fashion for Peace est une Association qui veut grandir de ses membres dont l’éthique dans un esprit de partage et de solidarité est un signe distinctif. C’est aussi une caravane de la mode éthique à l’international qui par sa programmation à l’initiative des pays hôtes ou des manifestations qu’ils soutiennent ou organisent, donnera la meilleure image du tourisme et de l’artisanat du pays en question. Alors dans l’attente de vous rencontrer, nous vous invitons dans ce Monde idéal que nous rêvons de créer pour notre terre et pour nos enfants. Et nous rendons hommage et nous nous recueillons sur la tombe de tous ces êtres chers qui nous ont quitté. L’espoir et la foi seront dorénavant notre seul moteur et seul bouclier ! Alors suivez-nous, aidez-nous, programmeznous... ce sont les vraies valeurs du monde que nous défendons.

Fériel Berraies Guigny Présidente de UFFP


Planète

Ethique


Eco villages en Egypte

Le rêve de Rawya Mansour

C

e projet elle l’avait bien avant la révolution dans son pays, mais comme elle nous l’avait confié, elle n’avait pas eu l’écoute qu’elle espérait «jugée trop visionnaire, quelque peu avant gardiste» pas trop au gout de certains politiques et pourtant le projet de Rawya Mansour se tient et serait s’il venait à être concrétisé, un formidable élan d’espoir pour l’environnement et la pauvreté dans son pays. Récit d’un entretien et d’une vision, Par Fériel Berraies Guigny. De la décoration au développement durable «Après avoir décoré les plus beaux palais et les plus grands hôtels dans mon pays, j’ai ressenti le besoin de faire autre chose. J’ai senti que j’étais destinée à partager tout ce que le bon dieu m’avait donné. Je suis intimement convaincue qu’il m’a donné une mission: celle d’améliorer les conditions de vie des populations les plus défavorisées” L’ambition de Rawya Mansour à terme est aussi de faire baisser le prix des denrées alimentaires dans son pays. Il est possible d’être un acteur du changement “ la femme arabe est un acteur dans sa communauté» explique la femme d’affaires. C’est en 2008 que Ramsco a décidé de prendre un nouveau tournant. La crise de 2008 ayant touché de 14

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Crédits photo: ©Droits réservés plein fouet le pays et le prix du pétrole ayant augmenté cela a eu des répercussions sur les denrées alimentaires qui sont devenues plus chères. Le bas des pyramides a été très en souffrance, la nourriture était devenue inaccessible et les premières grèves de protestation se sont fait entendre «J’étais d’autant plus motivée que je travaillais également à l’époque au sein d’une organisation au premier Ministère en Egypte qui collabore avec le PNUD» explique la femme d’affaires.

Le recyclage des déchets, cheval de bataille dans la croisade contre la vie chère A travers certaines études effectuées sur les déchets d’agriculture, on laisse chaque année pourrir des


déchets ce qui contribue au réchauffement de la terre, près de 22 millions de tonnes sont jetés chaque année! Si on les transforme en composte et on les transfère en énergie renouvelable on pourrait mettre sur place des éco villages «Toute l’Afrique du Nord et là c’est quelque chose que peu de gens savent, dispose de superficie agraire très fertile. Ce sont d’ailleurs, les seules terres au Monde où l’on peut planter organique” explique Rawya. La plupart des études adoptées par Rawya sont basées sur des recherches de près de 30 ans d’expérience dans la lutte contre la pauvreté, le développement rural et la protection de l’environnement. Sa méthode? les trois R: Recycler, Réutiliser, Réduire pour passer du linéaire à une économie circulaire.

Objectifs • Transformer les déchets orga-

cycle, on réutilise et on réduit c’est la loi des trois R. Je voudrais pouvoir adresser mes résultats un jour tant pour les populations rurales d’Afrique du Nord que le golfe.

En représentant en France Pronatura, elle espère aussi sensibiliser à l’international «C’est une ONG qui lutte contre la pauvreté par le biais du développement durable dans le milieu rural. En fait ce sont les populations les plus touchées, surtout après la révolution industrielle qui a contribué à un exode rural massif. Mais Rawya Mansour veut marquer le coup pour le monde arabe en apportant une nouvelle perspective à des problèmes qui ont frappé la région depuis des décennies. Il y a quelques années, elle avait reçu une lettre l’invitant à une conférence sur l’environnement à Vienne et c’est de là que date son engagement de toujours pour le nettoyage, l’environnement local. «Les ordures dans les rues du Caire est un problème qui m’afflige considérablement», dit-elle. Elle décide alors de faire équipe avec Ghada Sawiris pour nettoyer la ville à travers une joint-venture chargée de l’objectif du 21e siècle d’un zéro-déchets scénario où rien ne remonte à la décharge. «Notre rêve est de construire des éco villages à travers l’Egypte pour recycler les déchets agricoles et permettre l’utilisation des énergies renouvelables cela contribuerait à réduire le coût de cultures y compris pour les aliments biologiques qui peuvent être exportés en dehors de l’Egypte. Dans l’état actuel de crise économique, ces produits peu coûteux, pourraient être la clé pour aider le monde entier», explique Rawya Mansour.

«Je veux le faire pour les pauvres et avant les riches»

niques en composte et fertilisants

• Mettre en place des projets d’énergie renouvelable • Construire des éco-villages pour les fermes orga-

niques et les espaces de stockage alimentaire dans les zones rurales et dans les régions désertiques afin de garantir des denrées alimentaire accessibles et low-cost. • Convertir les déchets solides en électricité.

Planter organique pour les pauvres: c’est possible! C’est en tout cas le but de la démarche de Rawya Mansour «Je veux le faire pour les pauvres et avant les riches” Nos populations se nourrissent avec des produits chimiques et ce qu’il faut savoir aussi, c’est que les engrais chimiques ça utilise beaucoup d’eau. J’ai effectué une série d’études pour comprendre comment créer ces éco-villages. Au lieu en fait d’avoir une économie linéaire on met plutôt en place une économie circulaire: on re-

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Congo

Campagne de vaccins pour les enfants

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fin d’améliorer drastiquement les chances des enfants d’atteindre leur cinquième anniversaire, la République Démocratique du Congo a intensifié son programme de vaccination de routine aujourd’hui en y incluant un vaccin s’attaquant à la pneumonie. Dans un premier temps, le programme aura lieu dans deux des 11 provinces. La pneumonie est l’une des principales causes de mortalité infantile dans le monde, et est responsable d’un quart de tous les décès d’enfants en RDC. Par Elyssa Souissi

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La première dame Olive Lembe Kabila et le Ministre de la Santé Victor Makwenge Kaput, se sont joints aux parents et aux professionnels de la santé à Kinshasa afin de voir les enfants se faire vacciner dans le cadre de l’introduction officielle du vaccin antipneumococcique dans le programme de vaccination systématique. Le même jour à Paris, Bill Gates, un des partenaires fondateurs de GAVI, a lancé une campagne de communication à travers l’Europe, qui mettra en valeur l’opportunité extraordinaire que représentent les vaccins pour des pays donateurs. Globalement, la maladie pneumococcique, qui est la forme la plus courante d’infection respiratoire grave, coûte actuellement la vie à plus d’un million de personnes chaque année – et notamment à plus d’un demi-million d’enfants avant leur cinquième anniversaire. La pneumonie constitue la forme la plus courante d’infection à pneumocoque grave et représente 18% de la mortalité infantile dans les pays en développement. C’est la principale cause de mortalité chez les jeunes enfants dans les pays en développement. «Ce lancement est un moment très important pour mon pays, où trop d’enfants meurent de cette maladie effroyable», a dit le Ministre de la Santé Victor Makwenge Kaput. «La pneumonie cause trop de souffrance et de décès, mais aujourd’hui nous célébrons un moment joyeux», a-t-il rajouté. «L’introduction croissante des vaccins antipneumococciques constitue une étape historique dans l’amélioration de la santé des enfants, et la réduction de la mortalité infantile”. «L’introduction du vaccin antipneumococcique et la vaccination systématique des enfants pourrait sauver la vie d’un enfant sur cinq qui meurt de maladies infectieuses respiratoires», a déclaré le Dr Léodégal Bazira, représentant par intérim de l’OMS en République Démocratique du Congo.

Avec des taux de mortalité infantile les deuxièmes plus élevés au monde, la RDC fait face à des défis majeurs en terme de santé. Une étude menée en 2004 par le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) a révélé que la pneumonie tuait au moins 132,000 enfants de moins de cinq ans dans le pays, en faisant la deuxième cause de mortalité infantile après la malaria. Seulement 42% des enfants diagnostiqués avec la pneumonie sont amenés à un centre de santé adéquat. «Avec peu de ressources en matière d’électricité, de routes, de réfrigérateurs, acheminer des vaccins dans les régions les plus reculées de la RDC est un défi immense», a déclaré Pierrette Vu Thi, représentante de l’UNICEF en RDC. «Avec ses partenaires, l’UNICEF s’engage à ce que tous les enfants dans ce pays aient le même accès à ces vaccins qui sauvent des vies». En tant que principal fournisseur mondial de vaccins pour les pays en développement, l’UNICEF soutient les efforts de vaccination en RDC depuis 1963, en approvisionnement, et à travers un appui technique et financier. Ces trois derniers mois, le Nicaragua, la Guyane, le Yémen, le Kenya, la Sierra Leone, et le Mali ont introduit le vaccin grâce au soutien de l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), qui réunit des gouvernements, l’UNICEF, l’OMS et les acteurs clés de la santé mondiale. GAVI s’est engagée à soutenir l’introduction des vaccins contre le pneumocoque dans 19 pays en développement en moins d’un an, et prévoit de les généraliser dans plus de 40 pays d’ici 2015, si elle parvient à obtenir des fonds suffisants de la part de ses donateurs. «La vaccination est l’un des investissements les plus rentables qu’un gouvernement puisse réaliser, et nous comptons sur nos donateurs pour continuer à soutenir fermement notre mission visant à sauver des vies, a déclaré Helen Evans, PDG par intérim de GAVI Alliance. United Fashion for Peace Magazine

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Crédit photos: ©GAVI ALLIANCE GAVI a besoin de 3,7 milliards US$ supplémentaires ces cinq prochaines années pour continuer à soutenir la vaccination dans les pays les plus pauvres du monde et à introduire des vaccins nouveaux ou sous-utilisés, notamment les vaccins contre le pneumocoque et le rotavirus. Ce dernier combat la diarrhée, deuxième cause de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans. Le déploiement des vaccins antipneumococciques dans le monde en développement a été rendu possible grâce à un dispositif de financement innovant, appelé Garantie de marché (AMC), dont GAVI a été le pionnier. 18

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Grâce au montant de 1,5 milliard US$ apporté par l’Italie, le Royaume-Uni, le Canada, la Fédération de Russie, la Norvège et la Fondation Bill & Melinda Gates, et à l’engagement à hauteur de 1,3 milliard US$ de GAVI, l’AMC a permis d’accélérer la capacité de production des deux fabricants recrutés jusqu’ici. Cela a contribué à assurer que ces vaccins antipneumococciques de nouvelle génération soient abordables dans les pays en développement, puisqu’ils sont maintenant disponibles à une fraction du prix établi dans les pays développés.


GAVI Alliance en bref

UNICEF en bref

GAVI Alliance est un partenariat public-privé dans le domaine de la santé dont l’objectif est de sauver la vie des enfants et de protéger la santé de la population en élargissant l’accès à la la vaccination dans les pays pauvres. L’Alliance regroupe les gouvernements de pays donateurs et en développement, l’Organisation mondiale de la Santé, l’UNICEF, la Banque mondiale, l’industrie des vaccins dans les pays industrialisés et les pays en développement, des instituts techniques et de recherche, des organisations de la société civile, la Fondation Bill & Melinda Gates ainsi que d’autres philanthropes issus du secteur privé. Depuis sa création lors du Forum économique mondial en 2000, GAVI a permis d’éviter plus de cinq millions de décès futurs et a contribué à protéger 288 millions d’enfants au moyen de vaccins nouveaux ou sous-utilisés.

L’UNICEF est à pied d’œuvre dans plus de 150 pays et territoires du monde entier pour aider les enfants à survivre et à s’épanouir, de leur plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence.

Pour obtenir plus d’informations, veuillez consulter le site: www.gavialliance.org

Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays en développement, l’UNICEF soutient la santé et la nutrition des enfants, l’accès à de l’eau potable et à des moyens d’assainissement, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses formes et le SIDA. L’UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de particuliers, d’entreprises, de fondations et de gouvernements. Pour plus d’informations: www.unicef.org

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Planète Urgence

Une ONG engagée

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lanète Urgence, fondée en 2000 autour du modèle original d’engagement, est une association de Solidarité Internationale reconnue d’utilité publique en 2009. Cette Association offre l’opportunité d’agir et de réagir au travers de gestes citoyens, d’activités provenant d’entreprise locales ou de collectivités. Par Aicha Bounaies

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Elle oeuvre principalement dans le renforcement des capacités, l’appui à l’éducation, la protection et la restauration de la biodiversité. Parmi ses programmes concernant l’Afrique on retrouve “ Environnement et Développement” qui consiste, suite à l’initiative de la lauréate du prix Nobel la Kenyane Wangari Maathai, a prolonger et prendre une part active au sein de la campagne “planter un milliard d’arbres”. S’agissant de ce programme précis, le Mali et Madagascar sont plus particulièrement concernés. Avec l’aide des communautés locales, l’Association tente d’éduquer afin de permettre aux citoyens de s’adapter aux effets du réchauffement climatique. Planter des arbres pour lutter contre la désertification. Une tâche rendue possible grâce au développement des capacités qui reste un des objectifs de l’Association. C’est aussi sur la base d’une recherche action que l’on tente de trouver des réponses et de mettre en place des techniques de veille à titre de prévention des risques. La préservation des forêts, l’accès à l’énergie, la prévention des risques de migrations liés à la dégradation des ressources et des espaces de vie en Afrique (Bénin, Cameroun, Mali, Madagascar...), font partie des missions de Planète Urgence qui s’engage auprès de ces pays en développant 3 types de programmes : le Congé Solidaire®, Comprendre la Planète et Environnement et Développement.

Crédit photos: ©Planète Urgence

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Le Rendez-vous

des Entrepreneurs


Nohèm

Une marque Bio dans l’éthique

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a Fondation Amisse a été créée en 2009 par Noémie de Goÿs Goÿs. Sa vocation : aider les femmes des pays du Sud à acquérir autonomie et indépendance à travers l’apprentissage de la lecture, du calcul, de techniques de base de gestion élémentaire quand on sait que les femmes du Sud fournissent plus des 2/3 des heures de travail mais ne perçoivent que 10% des revenus! Pour aider ces femmes à développer une activité pérenne, Noémie de Goÿs a alors eu l’idée de devenir la cliente de ces femmes qui produisent plusieurs biens dont, notamment, le beurre de karité. Le tout dans le respect de l’environnement. Est née de ce partage une ligne de cosmétiques haut de gamme, basée sur les secrets des femmes d’Afrique et d’Asie : Nohèm. Par Fériel Berraies Guigny United Fashion for Peace Magazine

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Votre premier contact avec l’Afrique?

J’avais à peine 20 ans et j’étais étudiante en Ecole de Commerce. Dans le cadre d’une mission étudiante, nous devions réaliser une étude de marché pour la commercialisation de savons à base de beurre de karité pour une coopérative de femmes du Burkina Faso. Je ne savais pas encore que nos destins étaient liés et que 10 ans après, j’utiliserai à nouveau du karité dans les soins cométiques Nohèm !

Le Burkina et ses femmes racontez nous?

Je suis très admirative des femmes au Burkina: leur courage, leur force, leur beauté, leur joie de vivre, leur instinct maternel elles doivent gérer énormément de choses aussi bien dans leur vie personnelle et leur activité professionnelle et ce dans des conditions de vie très difficiles. J’ai été très touchée par leur courage et leur dignité de femme.

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Aujourd’hui quelle est la place de l’ethnique en France et dans le domaine entrepreunarial?

J’ai l’impression qu’il y a une réelle prise de conscience de la part des entreprises sur la nécessité et la possibilité d’intégrer plus d’éthique tout en faisant fonctionner une entreprise. De plus en plus de groupes de travail et de réflexion voient le jour afin de permettre l’échange de bonnes pratiques. C’est très encourageant et j’espère que le phénomène va encore s’amplifier.

Créer de l’espoir c’est créer des projets de développement ?

Cela en fait partie. On sait que lorsque l’on rencontre des difficultés dans sa vie, avoir une activité, retrouver un but, aide à avoir la force nécessaire pour croire à nouveau en la vie. Il suffit parfois juste d’un petit coup de pouce pour redonner de l’espoir.Dans le cas de l’action menée par Nohèm et la Fondation Amisse, aider les


femmes à s’émanciper économiquement par le travail, a des répercussions sur leur vie (meilleures conditions de vie, autonomie, possibilité de scolariser les enfants, etc.) et je l’espère, leur donne confiance en elles et en leur avenir.

Quelle est la place du karité filière bio au coeur de Nohém?

Nohèm utilise différents ingrédients issus du commerce équitable pour l’élaboration des soins cosmétiques (beurre de karité, huile de sésame, huile d’argan), pour la plupart produits par des femmes. Le beurre de karité est essentiellement utilisé pour notre crème corps pour ses exceptionnelles vertus protectrices et nourrissantes.

Je dirais aux femmes qui souhaitent se lancer dans un projet éthique que mettre en place ce genre d’initiative est parfois long et plus compliqué, mais c’est surtout une question de conviction et vraiment cela en vaut la peine tant par les enjeux que ça implique que par la richesse personnelle que ça apporte.

Un dernier mot pour United Fashion for Peace que pensez vous de l’association et du concept d’une plateforme pour la mode éthique et la paix?

C’est une excellente initiative! C’est un très beau moyen de promouvoir les échanges et de faire éclore les richesses dans la différence. Je vous souhaite du succès dans ce projet et pourquoi pas un partenariat avec Nohèm!

Crédits photos: ©Nohèm United Fashion for Peace Magazine

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Ethical

Conso


Beauté Bio

Shopping

Coups de coeur Bio Le pot de Beurre Maribao Beurre nourrissant certifié bio et commerce équitable ESR à base de karité associé au complexe baobab-marula. Un Beurre soyeux, parfait pour chouchouter peau et cheveux, pour masser les cuticules des ongles, adoucir les lèvres. On ne peut plus s’en passer! Le Beurre Maribao satine, apaise la peau été comme hiver et nourrit les cheveux lorsqu’ils sont particulièrement déshydratés, ou les protège du soleil. A utiliser sans modération et à emmener partout avec soi! Ce soin naturel laisse une agréable senteur d’une composition naturelle «African», enrichie aux huiles essentielles de néroli et d’ylang-ylang. Soin bio certifié bio et commerce équitable ESR par ECOCERT. Soin hautement concentré en actifs bio: 99.2% du total des ingrédients sont issus de l’agriculture bio.

Gamme à l’avocat et olive d’Activilong Idéale pour les cheveux secs et/ou abîmés, sans Paraben. Elle est composée des soins suivants : • Crème coiffante : sans paraben, sans vaseline. • Masque soin réparateur : sans paraben, sans huile minérale. • Shampooing réparateur : sans paraben, sans silicone et 2 en 1 (no need après-shampooing). • Spray Thermo Protecteur : sans paraben, sans formaldhéyde / isole de la chaleur, préserve l’éclat du cheveu – idéal avant le brushing ou le lisseur.

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Gommage blanc corps de Happy Cosmetics La gamme Happy Cosmetics est non testée sur les animaux, ne contient pas de matière première animale, ni de paraben, de phénoxyéthanol, d’huile de de paraffine et ni de silicone. Le Gommage Blanc Corps est un gommage fondant et précieux pour un corps éclatant de beauté et de douceur. Composition et action: Les actifs du Gommage Blanc Corps, tels que le riz, le sucre fin, le bambou exfolient en douceur les cellules mortes et les impuretés. L’association des huiles végétales à la molécule du bonheur assure l’hydratation de l’épiderme. La combinaison des sept huiles essentielles stimule les sens tout au long du gommage. Résultats : Procure sur tout type de peau une sensation de bien-être, de douceur.

Absolution Body Range Absolution est une gamme de soins bio, unisexes et surmesure. Elaborée à partir d’extraits végétaux bio ou sauvages, de minéraux et de vitamines, Absolution allie sensorialité des textures et des senteurs, simplicité d’utilisation et bien sûr une totale efficacité des formules.

Sacred Nature de Comfort Zone La toute nouvelle gamme de Comfort Zone , Sacred nature est une gamme dont les principes actifs tirent toutes leurs forces dans la nature, les ingrédients sont issus de l’agriculture biologique. Sacred Nature est composée entre autre d’huile de Buriti, riche en caroténoïdes (anti-oxydant efficace contre le vieillissement cutané). Pour renforcer l’effet anti-oxydant, la gamme est également composée d’extraits d’’arbuste des papillons «protège l’information cellulaire contenue dans l’ADN en réduisant les phénomènes d’apoptose (mort cellulaire), principalement provoquée par les rayons UVB».

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Lotion antichute capillaire K pour Karité La chute fait partie intégrante du cycle de vie du cheveu. Or, à certain moment de la vie (stress post-traumatiques, fatigue excessive, pathologie...) ou à cause d’un patrimoine génétique prédisposant à la calvitie, la chute du cheveu peu être plus importante et le bulbe du cheveu, épuisé, asphyxié, ne parvient plus à retenir les cheveux qui repoussent. La lotion capillaire K pour Karité, combinée avec le Scrub, constitue un véritable programme anti-chute. Le cuir chevelu est ré oxygéné par l’activation de la microcirculation, mécaniquement avec le Scrub ( exfoliant capillaire), mais aussi grâce aux propriétés de l’extrait de lie de vin présente dans la lotion ( excellent antioxydant, vasoconstricteur et au pouvoir régénérant). Les cheveux sont fortifiés, les bulbes capillaires stimulés, et le cuir chevelu est plus sain. La perte des cheveux diminue de manière significative.

Lovea Bio Baume au Karité

Baume nutritif certifié Bio au Karité du Burkina. Le Baume nutritif LOVEA BIO, nourrit, apaise les peaux très sèches. Riche en Karité du Burkina aux vertus adoucissantes et protectrices, ce baume prend soin de votre peau et vous procure une sensation de douceur dès l’application. Sa texture crémeuse et onctueuse pénètre immédiatement et permet une utilisation multi-usage: corps, mains, visage. Votre peau est souple, nourrie et soulagée des tiraillements.

Crédits photos: Droits réservés aux propriétaires respectifs 30

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Saaf

Les cosmétiques

Halal

S

aaf en perse signifie «pure» voici ce que signifie la ligne de Mah Hussein Gambles. Il s’agit d’une ligne de soins et de beauté organique halal qui respecte la peau et l’environnement dans son packaging. Garantie végétale et certifiée de ne pas utiliser des testings sur les animaux. comme l’explique la créatrice «la beauté est un «la beauté est un luxe qui peut luxe qui peut respecter la peau mais égalerespecter la peau mais ment les êtres vivants et la planète»..

également les êtres vivants et la planète...»

Crédits photos: ©Saaf Cosmetics 32

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Une perspective écolo qui tient vraiment à cœur à Mah Hussein Gambles anglaise d’origine iranienne qui nous a confié qu’une partie de ces revenus étaient également reversés à des œuvres charitables en Grande Bretagne «je crois vraiment au partage des richesses c’est véritablement la philosophie de la maison».

Packaging Recyclable et bienfait naturel Les matériaux de packaging ,de marketing tout est recyclable comme nous l’a expliqué Mah. La ligne utilise aussi une encre végétale s’agissant des inscriptions sur les produits ou sur les brochures. Les bouteilles ont une présentation très luxueuse mais sont issues de produits organiques «c’est véritablement ma fierté explique la créatrice, concilier le beau et l’éthique en même temps». Les femmes qui consomment Saaf ont entre 30 à 60 ans, elles sont éduquées, modernes elles ont aussi une conscience par rapport à l’environnement et l’éthique.

«je crois vraiment au partage des richesses c’est véritablement la philosophie de la maison» Nos grands marchés sont dans le monde musulman, mais ces produits sont compatibles à toutes les peaux quelque que soit la couleur. Nos huiles et nos crèmes utilisent des huiles bénéfiques pour travailler en profondeur la peau. Les produits Saaf sont vendus au Moyen Orient et l’Extrême Orient comme la Malaisie par ex. 50 % des ventes se partagent entre le Moyen Orient et l’Europe « Ce n’est pas juste un produit que je vends mais véritablement un message et nous voulons travailler avec ceux qui ont compris nos valeurs» explique le Dr Mah Hussein Gambles. Nous avons également des demandes venant de centres de Thalasso du Maroc, d’Algérie, d’Afrique du Sud «... je pense que notre approche de soins s’inscrit dans la durée car nous suivons directement la mouvance du développement durable». United Fashion for Peace Magazine

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Karité

Les

BEST OF

L

e karité est un produit biologique qui provient d’un arbre le Butyrospermum Parkii qui pousse uniquement à l’état sauvage dans les savanes des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Il est utilisé en Afrique depuis des millénaires et on raconte même que la reine Néfertiti lui devait sa grande beauté car ce beurre renfermerait d’extraordinaires vertus réparatrices de la peau.

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Ce trésor cosmétique au naturel se trouve au Nigeria, premier producteur mondial, au Burkina Faso et au Sénégal. Les fruits de l’arbre à karité ont la forme de noix ovoïdes, de couleur vert sombre et de taille moyenne. A l’intérieur de la noix se trouve une amande blanchâtre très grasse qui donnera après transformation le fameux «beurre de karité».

Secret de fabrication Selon la méthode traditionnelle, les amandes sont pilées, réduites en une pâte qui est ensuite plongée dans une marmite d’eau bouillante. Une fois refroidie, la graisse surnage et la pâte huileuse recueillie est malaxée pour donner le beurre de karité. Jamais blanc, il a souvent une couleur jaunâtre et une odeur plus ou moins rance selon sa provenance.

Dans l’industrie cosmétique, on utilise deux procédés d’extraction plus rapides qui sont la pression mécanique et l’extraction par solvant.

Le karité en cosmétologie Le karité possède de réelles vertus pour la peau: il hydrate, adoucit, protège et embellit grâce à sa composition exceptionnellement riche en insaponifiables, en vitamines (A, D, E, F) et en latex. Pour bien l’utiliser il faut bien faire fondre le beurre dans le creux de la main avant application. Le beurre de karité doit être parfaitement liquide.Masser une dizaine de minutes et vous obtiendrez tous ses bienfaits. Hydratation et Protection de la peau du visage: Bien insister sur les zones fragiles (bases du nez, commissures des lèvres). L’usage quotidien du beurre de karité vous permettra de bénéficier de ces trois vertus :Une meilleure élasticité de la peau, l’hydratation des couches supérieures de l’épiderme, la protection contre le vent, le froid et le soleil. L’utilisation du karité est particulièrement recommandée en hiver pour lutter contre le dessèchement et le vieillissement accéléré de la peau. Il est également très efficace pour lutter contre les lèvres gercées. Les lèvres l’absorbent plus rapidement et en période de grand froid, vous devrez régulièrement les enduire de karité qui constitue un merveilleux brillant à lèvres.

Bien-être et Relaxation Ajouter une cuillère dans votre bain chaud et une fine couche invisible se déposera sur tout le corps. Bien se masser les bras et les cuisses. La sensation de bienêtre musculaire est immédiate. Le massage des muscles avant et après l’effort leur apportent souplesse et permet United Fashion for Peace Magazine

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une meilleure récupération. Le karité est très utilisé par les Pour les protéger de ces agressions extérieures, Lovea Bio préconise plusieurs soins capillaires qui sauront resportifs africains. United Fashion for Peace vous fait une sélection donner éclat et souplesse à vos cheveux grâce aux bienfaits du Karité!

de ses produits chouchous

• Beurre de Karité fondant Bio Com

• Shampoing nature douceur Karité So Bio Etic

Soin ultra-nourrissant et réparateur particulièrement recommandé pour le soin de la peau et des cheveux secs. Utilisation: Visage, Corps, cheveux.

• Lovea Bio Baume nutritif de Karité

LOVEA Bio, marque des Laboratoires Biocos,

s’inspire des bienfaits du Karité certifié Bio pour prendre soin de votre corps. Après un été passé au soleil, votre peau et vos cheveux sont asséchés, il est temps de les chouchouter pour être au top à la rentrée ! Soins capillaires, soins corporels nourrissants, LOVEA Bio a sélectionné pour vous le Karité du Burkina pour débuter l’année en beauté. • la gamme capillaire qui nourrit et répare vos cheveux Riche en acides gras, le Karité se révèle un véritable allié pour vos cheveux ! Le soleil, l’eau de la mer, les lavages trop fréquents les abîment et les dessèchent. 36

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SO’BiO étic est une marque de cosmétiques qui offre une alternative biologique, éthique et séduisante aux produits conventionnels. Les produits SO’BiO étic sont tous certifiés par Ecocert et labellisés Cosmébio. Ce shampooing certifié bio au beurre de karité, à des vertus réparatrices et protectrices. • Charme d’Orient


Beurre de karité parfumée à la fleur d’Oranger, Figues et dattes, jasmin, fleurs... Prix: 24€ - Pot terrine PET 200 g Liste des points de vente sur le site web www.charmedorient.com Egalement à l’institut 86 boulevard de Reuilly 75012 Paris. K pour Karité avec sa gamme femme, qui vient de sortir le gel spray coiffant. Prix : 12€ 150 ml Disponibles aux Galeries Lafayette, chez Nopeg, Mademoiselle bio et sur www.kpourkarite.com

• Terre d’Oc: L’elixir anti-âge - secret de beauté africaine

Un nectar anti-âge mêlant les extraits de dattes et de baobab pour régénérer l’épiderme et lisser les traits. Geste Beauté: Quelques gouttes chauffées entre les mains à appliquer matin et soir sur le visage et le cou en lissant délicatement vers l’extérieur. Ingrédients: Beurre de karité, extrait de dattes er de baobab. Disponible chez Terre d’Oc - 38 Rue des Abbesses 75018 Paris.

Le Laboratoire M.A.I.,, Fournisseur officiel des Reines de Beauté, propose des recettes traditionnelles transmises par nos anciens pour les réhabiliter dans des formules authentiques. Son savoir-faire unique lui confère une expertise pointue du cheveu frisé. De sa sensibilité unique, elle oriente l’élaboration des gammes professionnelles (Maitrise Professional) et grand public (Activilong et Miss Antilles). Nos ur version karité sont le masque après shampoing soin crème et le Shamcoups de cœur poing Haute nutrition. Crédits photos: Droits réservés aux propriétaires respectifs United Fashion for Peace Magazine

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Argan

Produits nec

plus ultra

L

’arganier pousse dans les zones arides du sud-ouest marocain et de son fruit est extrait une huile aux mille vertus, connues depuis toujours par les berbères de l’Atlas.

Cette huile, riche en vitamine E, est reconnue pour son action anti-vieillissement. Nourrissante et hydratante, l’huile d’argan peut être utilisée comme un soin anti-âge naturel car elle redynamise naturellement la peau et restaure la barrière cutanée. Son pouvoir raffermissant fait des merveilles en cas de perte d’élasticité de la peau. En soin quotidien de nuit, elle vient en aide aux peaux sèches et déshydratées.

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United Fashion for Peace a fait sa sélection coup • de coeur

Lift Argan: l’Argan bio et efficace

• Laurence Dumont BIO: C’ est la première gamme bio à l’huile d’argan vendue en grandes surfaces

Le spécialiste de l’huile d’Argan certifié biologique propose 3 réponses bio pour trois actions anti-âge ciblées. Pour compléter ses deux gammes classiques, Bio-éclat et Antirides profondes. Sélection: Les produits Laurence Dumont BIO vous offrent un rituel de soins tous certifiés par Ecocert et labellisés Cosmébio. Leur formule est enrichie en huile d’argan bio reconnue pour son fort pouvoir hydratant, qui apporte confort et douceur à votre peau. Sélection: Cire orientale pour l’épilation, gommage .Le gommage de Laurence Dumont BIO est à appliquer la veille de votre épilation et à renouveler une à deux fois par semaine. A base de noyaux de fruits broyés, il procure une douce exfoliation à votre peau. Enrichi en beurre de karité et en huile d’argan bio, il apporte hydratation et confort.

Bio-Eclat 30ans et plus dont l’action est un anti-âges liftant + action hydratante. Antirides 40 ans et plus qui propose une action anti-âge 2D c’est à dire liftante et redensifiante en plus de nourrir la peau. Antirides profondes 50 ans et plus qui propose une action anti-âge 3D liftante et redensifiante et anti relâchement + action réparatrice.

Nous coups de coeurs sont la crème hydratation intense antirides, le soin réparateurs main et le sérum concentré réparateur.

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• Charme d’Orient avec sa gamme Aores à base

• Terre d’Oc

Le beurre d’arganier, la crème visage, le sérum contour des yeux et l’huile visage et corps, l’huile d’Argan brut non torréfié.

Lait hydratant corps - 200 ml - Secret de Beauté marocaine. Enrichi en huiles d’argan et de figue de barbarie concentrées en actifs régénérant et assouplissants, ce lait soyeux hydrate et nourrit l’épiderme.

d’argan

Liste des points de vente sur www.charmedorient.com Egalement à l’institut 86 boulevard de Reuilly 75012 Paris.

Conseils d’utilisations En soin du visage: appliquez tous les soirs sur le visage et le cou parfaitement nettoyés. Il n’est pas recommandé de l’utiliser en soin de jour. En soin du corps: pour prévenir le dessèchement cutané, enduisez-vous le corps 45 mn avant le bain ou la douche. Pour stimuler et raffermir les zones dévitalisées et en perte d’élasticité étalez et massez doucement pour faire pénétrer. 40

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Ingrédients: Huile d’argan, macérât de figue de barbarie, aloé vera. Disponible chez Terre d’Oc - 38 Rue des Abbesses 75018 Paris. En soin des cheveux: pour redonner vigueur et santé aux cheveux fragilisés, appliquez 30 mn avant le shampooing, sur toute la longueur du cheveu, lavez et rincez. Pour hydrater et protéger vos cheveux, vous pouvez l’utiliser en huile coiffante en effleurant la chevelure. En soin des ongles: pour fortifier les ongles mous et cassants, lavez-vous les mains et trempez les ongles dans un mélange de jus de citron et d’huile de soin à parts égales, environ 15 mn, au moins une fois par semaine. Crédits photos: Droits réservés aux propriétaires respectifs


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Manger Ethique

Thé Vert

au Litchi

A

Héritier de la longue tradition du thé en Chine, le lliant toutes les vertus du thé vert et du litchi, thé Yunnan Tuocha témoigne de la philosophie de vie à cette nouvelle variété de thé Yunnan Tuocha est l’image de la pharmacopée du peuple chinois. Pionnier idéale pour drainer et régénérer l’organisme dans le rayon diététique, le Thé Yunnan Tuocha a été intout au long de la journée. Avec ses arômes doux et troduit il y a plus de trente ans sur le marché français. Aujourd’hui il est le leader incontesté des thés de santé. fruités, le thé vert au au litchi Yunnan sait aussi allier Les bienfaits du thé vert bienfaits et plaisir !

• Aide au maintien de la ligne grâce à ses propriétés

Proposé en format vrac tradrainantes • Sources naturelle d’antioxydants ditionnel, il invite les ama• Assure une bonne hydratation de l’organisme teurs à découvrir un rituel • Riche en théine, poly phénols, huiles essentielles, sels minéraux et vitamines de la région, à savoir la cé• Délasse le corps et éveille l’esprit rémonie du thé et à renouer ainsi avec l’authentique sa- Le Litchi un fruit aux grandes vertus voir - faire chinois.

La cerise de Chine, appelé communément le Litchi est un fruit cultivé par les chinois depuis plus de 4000 ans, celui que les Empereurs considéraient comme le fruit le plus raffiné. Apprécié pour sa chair juteuse, rafraichissante et sucrée, le litchi est aussi largement utilisé dans la pharmacopée chinoise pour ses propriétés stimulantes et digestives.

Crédits photos: ©Yunnan Tuocha 42

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Napolis

Les pâtes bio

N

APOLIS est une entreprise familiale fondée en Tunisie depuis 1988. Débarquée de Suisse avec dans ses bagages une expérience de l’alimentation saine et à sa base un environnement équilibré, c’est-à-dire BIO.

Ce mot n’était pas encore connu en Tunisie. À l’époque, beaucoup de familles préparaient leur réserve alimentaire annuelle dénommée ‘Aoula Arbi’ voulant dire que les aliments ainsi préparés, étaient le résultat d’une culture traditionnelle sans adjuvants chimiques. Comme dans la tradition ‘Arbi’ la marque a voulu proposer un produit dont la traçabilité serait évidente. Proposer des céréales non traitées avec engrais chimiques, herbicides et pesticides. Parallèlement à la production de pâtes congelées l’atelier NAPOLIS gourmet propose aussi du bourghol et couscous déjà connus par la tradition tunisienne, mais aussi diverses pâtes complètes au blé.

NAPOLIS a obtenu son blé certifié BIO par ECOCER et en 2005 son atelier a obtenu la certification BIO par LACON à son tour. A ce jour l marque alimentaire a réussi à transformer le blé dur, le blé tendre, l’ orge, l’ avoine et les dattes issus de l’agriculture tunisienne certifiée BIO et à proposer une large et diverse gamme de produits BIO, confère la gamme atelier NAPOLIS nature. Crédits photos: ©Napolis United Fashion for Peace Magazine

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Ethical

Fashion


Accessoires Le voyage du panier

autour du monde

L

e Voyage en Panier c’est une marque devenue le spécialiste du panier en France. 30 ans d’existence aujourd’hui, un tour d’horizon qui propose des accessoires ludiques et sympathiques alliant modernité et authenticité.

Par Maya G

Le Voyage en panier nous propose pour l’été 2011 une collection exceptionnelle avec une ligne de couleurs, de formes pour tous les goûts. 200 sacs imaginés et dessinés par des stylistes de renom, fabriqués grâce au savoir faire artisan du monde entier. Voici nos coups de coeurs. Principaux points de vente: le Printemps, les Galeries Lafayette. Contact de réseau de distribution: contact@vpsv.fr/049062

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CrÊdits photos: ŠLe voyage du panier depuis 1981 United Fashion for Peace Magazine

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Minna Parikka

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urlesque et super ludique les foulards de la finlandaise Minna Parrika ont tout pour plaire. Panoplie de haute séduction cet accessoire incontournable pour les belles élègantes aux envies quelque peu «burlesques» !

Par Maya G

Jouant sans cesse sur des registres girly, Minna ne se contente pas, en fait, de dessiner des souliers insolents depuis l’âge de 15 ans, Elle développe depuis peu une ligne maille, tout en lainages doux et protecteurs, aux volumes révélés dans le corps à corps du porter. Mais ces foulards restent ses incontournables best sellers à consommer sans aucune modération!

Crédits photos: ©Minna Parikka 48

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BALITZ Les paréos de l’été

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vec l’arrivée imminente de l’été, les afficionados des paréos ne seront pas en reste. Notre trouvaille de la saison, la gamme de paréos/draps de plage Balitz! Imaginée sur les plages de la côte basque à Biarritz et réalisée à Bali, Balitz c’est l’été, le soleil et la plage!

Par Fériel Berraies Guigny

Fluide et léger, sur le sable, les hanches ou sur les épaules... Balitz est l’accessoire indispensable pour cet été. Existe en 9 couleurs unies. Du rose fluo au bleu nuit en passant par le rouge ou le vert anis, il y en a pour tous les goûts! Les paréos Balitz sont en rayonne pour un séchage rapide et sont réalisés dans le pur respect de la tradition balinaise par des artisans chevronnés avec ses franges faites main. Disponible au prix léger de 25€ dans des magasins comme le Printemps, le Bon Marché, boutiques Club Med ou encore Selfridges au Royaume Uni et une sélection de magasins en France... Crédits photos: ©Balitz 54

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S SPICYJUNE Maillots customisables

PICYJUNE la marque de maillots ludiques qui vous permet de créer votre pièce sur mesure, revient cet été avec des couleurs d’enfer. 18 coloris très tendances à combiner selon votre goût pour créer le maillot de vos rêves. Osez les mix de couleurs avec la gamme de fluo et les imprimés originaux !

Par Fatou Benta Gueye United Fashion for Peace Magazine

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Un modèle unique de bikini triangle personnalisable à l’infini Le maillot de bain SPICYJUNE se compose et se décompose en 4 éléments distincts : • le haut triangle • le bas taille basse • les bretelles du haut • les liens du bas Des pièces personnalisables, interchangeables et disponibles dans les 18 coloris existants ! Avec son design tendance et moderne pour un deux-pièces qui allie le confort d’un bikini taille basse et le maintien d’un triangle sexy.

Osez le décalé Des séparables hauts et bas, dépareillés couleurs et tailles. 4 tailles disponibles : du 36 au 42. Un deux pièces complètement ajustable grâce au noué en haut et en bas qui vous garantit une qualité et un confort irréprochables. Des tissus 100% italiens de composition lycra qui permettent un séchage rapide. Votre maillot est entièrement doublé agrémenté de jolis anneaux en zamak, trempés dans du vieil or qui ne chauffent pas au soleil.

Choix de coloris à l’infini ! Un choix de 18 coloris : • 8 imprimés uniques • 4 fluo intenses • 6 unis tendances Découvrez la gamme de Fluo : jaune, orange, rose et vert. La grande nouveauté de cette saison! En vente en ligne sur www.spicyjune.com, livraison en Europe. Points de vente à Paris, Dubaï et Beyrouth Crédits photos: ©Nahoko Spiess 58

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Toubab Paris

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moureuse de l’Afrique et de tous ces voyages qui l’ont marquée, la créatrice Maud Villaret a conçu une ligne de bijoux accessoires éthiques ethniques. Mélangeant du wax qu’elle récupère chez les tailleurs, Toubab Paris est un petit clin d’oeil ludique et créatif mais aussi une entreprise humaine solidaire puisque la créatrice participe à des ateliers de formation auprès des femmes issues de l’immigration qui sont en insertion en France.

Par Fériel Berraies Guigny 60

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Toubab Paris collabore en effet avec des associations de femmes des banlieues en insertion professionnelle et des artisans en Afrique, notamment au Burkina Faso.

actuelle, il faudra vraiment s’accrocher pour pouvoir faire des choses correctement ... » explique Maud. Les Accessoires bijoux Toubab Paris comptent aussi la bagagerie, les colliers plastrons, les sautoirs miroirs mais nos coups de coeurs sont les broches Triboubou Maxi en boulettes de wax et bazin cousues et rebrodées, les breloques Mossibou et les sautoirs touplissés à trois rangs en bazin.

Crédits photos: ©Toubab Paris

Un magnifique projet éthique et humaniste, que la jeune designer porte à bout de bras depuis des années « je sais qu’il y a tant de choses à faire en Afrique et pour moi c’est naturel que de se tourner vers ce Continent là, ce Continent que j ‘ai respiré alors même que j’étais encore dans le ventre de ma mère». Un déterminisme affectif qui la pousse encore aujourd’hui à vouloir se battre malgré les vicissitudes des bureaucraties, les lenteurs dues aux livraisons et toutes ces petites tracasseries qui rendent parfois la production compliquée à l’international. «Ce qui est frustrant c’est qu’il n’y a pas toujours une continuité dans le travail que nous faisons en Afrique, d’autant qu’ avec la conjoncture United Fashion for Peace Magazine

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Nadia

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Dafri wax bijoux

adia Dafri, c’est une griffe pas comme les autres. C’est du bijou tissu qui privilégie essentiellement le wax. Son inspiration, elle la trouve aux quatre coins du monde. Elle affectionne les compositions asymétriques à la délicate caresse du textile.

Par Aicha Bounaies 62

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Toutes les créations de Nadia Dafri sont cousues à la main, au sein d’ateliers qui sont aussi des lieux de reconstruction de l’estime de soi. A l’origine rien ne prédestinait Nadia à faire cette carrière mais c’est l’Afrique qui la mettra face à son destin: durant un voyage, devant un étal de marché, elle s’émerveille de la générosité de couleurs et de motifs du wax. C’est dans ce tissu qu’elle s’essaye, bientôt, à reproduire un collier. Très vite, elle dérive du discret modèle original pour créer un plastron ample, au caractère bien affirmé. Depuis, la créatrice propose des pièces inédites. Nadia Dafri est présente, entre autres, au Marché des modes à Roubaix et collabore régulièrement avec la marque Moloko. En septembre 2010, elle a participé pour la première fois au salon professionnel Bijorhca.

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Crédits photos: ©JP Lacube

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Aboubakar

Fofana P

lasticien, calligraphe, designer textile, Aboubakar Fofana cultive depuis plus de 20 ans, la passion pour le colorant végétal Indigo. Expression d’une tradition séculaire africaine et d’un design contemporain, ces oeuvres associent la teinture à l’indigo naturel à des supports textiles biologiques et précieux.

Par Diane Cazelles

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Né à Bamako, il vit en France pendant de nombreuses années avant de revenir au Mali. Porteur d’une double culture, il lui faut quelques années, dans l’incertitude et la souffrance, dans l’apprentissage et la recherche, pour assimiler toute la richesse de cette dualité. Il acquiert en Europe un sens du raffinement et un savoir littéral, à travers en autres, l’étude de la calligraphie. En Afrique, il redécouvre ses racines, ses traditions et leurs expressions graphiques. Lié aux deux univers, son champ d’exploration alimente sa création. Aboubakar va et vient entre ces deux continent, sa maison est ici et là bas, pour cet infatigable voyageur curieux du monde. Lauréat du prix «Villa Médicis Hors les Murs» et «Villa Kujoyama» AFAA (Association Française d’Action Artistique), il effectue plusieurs séjours au Japon. Pays de tous les contrastes, où la tradition cohabite avec les technologies de pointe, Aboubakar prend conscience de la souveraineté de cet art. Il approfondit ses connaissances auprès de maîtres teinturiers réputés qui partagent avec lui cette même passion. Comme la calligraphie, l’école japonaise lui enseigne la rigueur et la discipline dans le domaine de la teinture qu’il transmet aux artisans travaillant avec lui. En 2003, Aboubakar installe à Bamako son atelier de teinture, éditant une première collection d’accessoires. Lieu de travail, il assure la formation d’artisans et reçoit des stagiaires.

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La teinture

Depuis des siècles, de l’Asie à l’Amérique, le bleu est obtenu à partir de plantes à indigotine. Sur huit cents espèces répertoriées dans le monde, plus de six cents se trouvent sur le continent africain. Culture devenue rare, l’indigofera arrecta que récolte Aboubakar, est un arbuste poussant dans la zone sahélienne. D’une excellente qualité tinctoriale, il ne suffit cependant pas à la production de l’atelier. Il faudra faire des milliers de kilomètre et partir en Guinée pour collecter le lonchocarpus cyanescens sauvage. Les jeunes feuilles sont recueillies, pilées, mises en boule puis séchées. Ces boules de compost sont conservées jusqu’à l’emploi. Avant l’invention de l’indigo de synthèse au XIXe siècle, les plantes indigofères étaient les seules sources de bleu avec le pastel qu’elles détrônèrent pour leur meilleur rendement. Emerveillé par la magnificence des nuances de bleus générées par cette plante verte.

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La préparation des cuves nécessite une longue semaine. Le compost d’indigo est mélangé à une solution d’eau et de cendres de mil et, jour après jour, le mélange est délicatement brassé. L’eau utilisée est pure et rien ne doit altérer la fermentation qui s’opère. Fragile gestation naturelle, c’est un élevage de bactéries dont il faut prendre soin. Bouillies, miel, dattes séchées viendront alimenter ces micro-organismes. Aboubakar soulève les couvercles de bois qui couvrent les cuves et inspecte avec bonheur l’onctueuse fleurée écumante qui recouvre la surface. Il est temps de les faire travailler ! Un roulement est organisé entre plusieurs cuves car, à chaque teinture, il faut doser la sollicitation pour ne pas trop épuiser les bactéries, les laisser se reposer et se renouveler. Les cuves âgées de huit à neuf mois sont réservées à des nuances délicates, tandis que les jeunes bactéries délivrent les bleus les plus intenses. Les textiles sont préalablement lavés, rincés plusieurs fois. Puis, d’un geste sûr, Aboubakar fait glisser dans le liquide la pièce de tissu. Du bout des doigts, il manipule avec douceur, dans un sens puis un autre, les fibres dociles. De grands écheveaux de coton sont plongés dans la cuve avec la même légèreté. Posés sur un bambou, ils retournent au bain maintes fois. Le liquide fermenté dégage une odeur un peu acre et colore sous les remous légers les fibres d’un ton verdâtre. Le temps est mesuré, les gestes presque comptés. Le dernier, fascinant, tend, tord et essore. C’est l’instant magique, l’aveu ultime se glissant au milieu des fibres au moment où l’air pénètre et prend contact avec la teinture absorbée, le bleu révélé apparaît comme une nouvelle lueur. Etendus, les cotons et les lins vont danser, s’ébrouer encore pour laisser pénétrer l’oxygène de l’air. Ensuite, dans un bain d’eau claire, le bleu prendra son véritable éclat.


«Pour moi, chaque nuance évoque une émotion particulière», confie le plasticien recherchant sans répit celle qu’il voudrait atteindre. Du néant au plus saturé, les bleus de l’indigo naturel sont d’une infinie richesse. Histoire de molécules! Au contact de l’air, l’indoxile soluble et incolore dans le liquide devient l’indigotine insoluble et bleue, cette alchimie délivre un teint qui ne déteint pas, ni ne laisse de traces...

Eco Design Pour Aboubakar Fofana, l’application au design textile est née d’une volonté partisane, celle de sauver le patrimoine culturel africain lié à la filière textile. Avec ses produits industriels et chimiques, le monde moderne a pris de vitesse la tradition, provoquant des désordres écologiques et stoppant la transmission des savoir-faire. Teinture végétale, culture de l’indigotier, du coton biologique, filage et tissage manuels tendent à disparaître. Face à ce constat dramatique, Aboubakar adapte les techniques anciennes aux expressions contemporaines. Il réédite et crée des pièces textiles pour la mode, la décoration, et prolonge ses recherches à travers des oeuvres expérimentales et plastiques. Aboubakar utilise différents matériaux textiles comme support de création. En camaïeux, les fils de coton bleutés se tissent en rayures avec les écrus pour les accessoires de la ligne Sawura créée par Aboubakar. Il teint et façonne le finimugu ou bande de cotonnade filé et tissé à la main, le lin, le chanvre, la soie, le pina (fibre d’ananas)... De par leur caractère écologique et la préciosité de leurs fibres, ces matières conviennent à la teinture naturelle, unie, en plusieurs nuances. Shibori ou tye and dye, le travail de réserves pratiqué sur toutes sortes de supports avant teinture, permet de réaliser des motifs uniques. Du voile aux textures plus lourdes, le textile prend les formes de couvre-lit, portière, coussin, moustiquaire, de quoi habiller la maison toute entière.

Art de vivre qui se conjugue avec des vertus apaisantes, favorisant la rêverie, le bleu se porte aussi avec élégance en étole, chèche, ou chemise... Sa production conjugue les accessoires de mode et de décoration en pièces uniques et en série limitée. United Fashion for Peace Magazine

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Ce créateur propose un travail extrêmement original où l’esthétique et l’éthique « durable » se rejoignent avec talent. A l’heure de la plus grande préoccupation planétaire qui est de protéger l’environnement et de lutter contre toutes les formes de pollution, son positionnement en Afrique s’applique à créer, à partir des matières premières de proximité, des produits finis avec une valeur forte valeur ajoutée. S’identifiant pour tout à chacun, ces créations « hors mode » portent une notion d’universalité. Soutenant avec ténacité cette activité au Mali, Aboubakar travaille à la relance de la filière indigo végétal mettant en place la culture de champs de coton biologique et d’indigo. Il diffuse ses produits sur la scène internationale, assurant la promotion de l’excellence de la filière textile malienne. De la France au Japon depuis 1996, en passant par le Canada, ses interventions et ses expositions démontrent ses compétences et font de lui un chercheur réfèrent dans cette matière. Il partage ses activités avec Paris et organise des stages dans son atelier show room d’Aubervilliers. Garance, gaude, cochenille, font aussi partie de la palette de ce merveilleux coloriste.

Esthétique et symbolique Son inspiration prend sa source dans la nature. Médiums et supports sont des matières vivantes, issues de la terre et du ciel. Du minéral au végétal, Aboubakar travaille avec les âmes. Son expression, nourrit d’une pensée animiste, révèle la vie et le sens profond de chaque chose. Elle se dévoile en traces, signes et empreintes, et invente une écriture libre et plastique, témoignant de l’intense émotion de l’artiste. Combinaisons multiples d’évocations, ses oeuvres relatent avec poésie et respect la mémoire de l’humanité. Il développe ce travail avec une autre technique de teinture naturelle emblématique du Mali, le bogolan - résultat d’une réaction d’oxydation à partir d’une plante tinctoriale tanifére, le n’galama et d’argile ferrugineuse, colorant un support textile de l’ocre jusqu’au noir. 70

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Entre calligraphie, design textile et oeuvres plastiques, la cohérence de ce travail reflète le même élan de création. Le souffle de l’écriture rejoint l’exécution enlevée et rythmée de l’oeuvre graphique. L’émotion guide le geste. Du bogolan à l’indigo, pour aller au plus profond de la couleur et de ses nuances, le temps agit et mesure ses effets. Sorte de magie maîtrisée, le textile répond à la manipulation du chercheur passionné en livrant une invraisemblable intensité. Traces et empreintes se combinent ensemble et composent une sorte de partition musicale faite de pleins et de vides. Cette expression graphique porte en elle l’héritage de la discipline calligraphique longuement apprise et perpétue la symbolique d’une pensée animiste, l’oeuvre transmet son appartenance au monde contemporain, un monde sans frontière soumis à l’émotion pure.

Crédits photos: ©François Goudier

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Bracelets

JOKKO

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es couleurs, des bracelets aux poignets ou aux chevilles, à porter… Plastiques bigarrés, ils habillent vos bras, s’assortissent à tout. Et pour finir, racontent une jolie histoire de développement durable!

Par Diane Cazelles Sur le mur de la remise, des bracelets, de toutes les couleurs, retenus par un lien sont accrochés ou jonchent le sol près de grands sacs déjà remplis. Sadio nous reçoit chez elle, près de sa maison, dans l’étonnante et magnifique ville de Djenné au Mali. A la tête d’une nombreuse famille et mère de 15 enfants, Fatimata Kontao dite Sadio est une maîtresse femme. Souriante aux éclats, sa bonne humeur est réputée et son courage aussi. Elle est à l’origine d’un regroupement de femmes pour la fabrication de bracelets, et depuis deux ans à la tête d’une association de 80 femmes travaillant à la production de ces bijoux en plastique recyclé. 72

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Remarqués par Valérie Schlumberger, créatrice de la CSAO, les bracelets « Jokko » sont distribués à Paris dans sa boutique et pour la bonne cause… car ils sont vendus au bénéfice des enfants des rues de Dakar et de l’Empire, centre d’accueil soutenu par l’Association du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest, l’ASAO. « 6 bracelets pour la prise en charge d’un enfant une journée » Sadio mesure l’ampleur de ce challenge à la fois pour les femmes de Djenné et pour ces enfants en difficultés. Son parcours, c’est une histoire de femme africaine. Sadio a toujours travaillé et a du trouver de nouvelles solutions pour subvenir aux besoins de toute sa famille. Elle vend sur le marché les poissons pêchés par son mari bozo et les légumes qu’elle cultive. Puis un jour...«Ma grande sœur Hadia Maïssa Kossinta qui vivait à Mopti, me montra comment réaliser des petits bracelets à partir des morceaux de plastique récupérés. J’ai commencé à en produire à la maison et à les vendre sur les marchés, de Djenné à Bamako… » nous

raconte-elle. Vendus jusqu’à Dakar, au marché malien près de la gare, Valérie Schlumberger en achète en 2003 pour la première fois. Créatrice de la C.S.A.O, celle ci ne cesse de créer des liens entre l’Afrique et l’Europe.

Mettant en place un circuit de distribution dans sa boutique à Paris, elle met en avant l’artisanat, l’art et l’ingéniosité de toute l’Afrique de l’Ouest. Soucieuse des problèmes environnementaux, Valérie est sensible au thème de la récupération et voit dans la production de Djenné une belle idée et une vraie solution aux déchets plastiques. Le contact est pris, et de cette rencontre va naître une collaboration et une association qui depuis trois ans ne cessent d’évoluer. En nombre car aujourd’hui plus de 80 femmes travaillent avec Sadio et en créativité car le projet met au point de nouveaux modèles.

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«Aidé par Monsieur Tiecoura Bocoum, qui nous épaule dans nos démarches administratives et nos contacts, l’association est créée le 21 Novembre 2005 et régit le travail et les gains. Il y a aujourd’hui 80 femmes qui sont pour la plupart ‘bozottes’. Vivant toutes à Djenné, elles ont entre quinze et quarante ans. Les bracelets leur permettent de payer l’alimentation et l’école de leurs enfants. Par mois, elles produisent 15 à 20 000 bracelets, ce qui fait 250 à 300 bracelets par personne», nous raconte Sadio les mains sur les hanches, arborant son plus beau sourire.

besoin d’une bonne qualité de plastique et d’une plus grande quantité».

Tôt le matin, plusieurs femmes se retrouvent non loin de la maison de Sadio. Les petits fourneaux de terre sont allumés, les charbons attisés, les nattes déroulées. Réunies dans un petit atelier sous un toit de paille, il leur faut peu de temps pour commencer la fabrication.

Bracelets attractifs, colorés, ils habillent les poignets et les chevilles aussi. Des petites aux grandes, il n›y a pas d›âge pour les porter. Au delà de la coquetterie, ils participent à une bonne cause...Pour les enfants perdus, ceux qui sont envoyés vers la grande ville africaine, maltraités dans les « daras » ou écoles coraniques. Abandonnés ou fugueurs, ils mendient, mangent dans les poubelles, dorment dans la rue et subissent tous les outrages, de la drogue aux violences sexuelles. Valérie Schlumberger a créé « L’ASAO », association loi 1901 reconnue d’utilité publique, qui a pour but l’accompagnement, la réa-

La matière première se compose de déchets de chaussures plastiques fabriquées à Bamako, soit des rebuts, soit des formes mal démoulées ou coupées avec des défauts. «Il nous arrive aujourd’hui de nous procurer sur les marchés les chaussures neuves car nous avons 74

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Munies de masques pour se protéger, certaines fondent sur les réchauds le plastique qu›elles étirent en filament. Ensuite les fils de couleurs sont enroulés sur une tige très fine, légèrement réchauffée et lissée. Plus tard la baguette est retirée et le plastique est collé par la chaleur pour former le bracelet. Bague, collier, la collection de bijoux s’enrichit de nouveaux modèles.


lisation et la coordination des projets de développement Nord-Sud. Pour ce faire, celle ci a ouvert le 17 Mai 2002 « l’Empire des enfants » à Dakar, un centre d’accueil et de formation pour ces enfants sans domicile, laissés pour compte. Elle travaille en relais avec l’O.I.M, Organisation Internationalle de Migration qui finance le retour dans les familles. L’Empire est un espace convivial où les enfants réapprennent à vivre au-delà de la survie. De 150 à 200 sont déjà passés par ce centre. Actuellement, on en compte 60. C’est aussi un outil au service des associations de lutte en faveur des enfants en difficultés. A Djenné, une journée de travail d’une femme permet de prendre en charge 10 enfants pour une journée. Des bracelets produits et achetés en Afrique, vendus en Europe et aux États-Unis, et dont l’intégralité revient aux enfants d’Afrique….La boucle est bouclée.

Crédits photos: ©Diane Cazelles United Fashion for Peace Magazine

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Mode Spécial Egypte

Tara

Emad une Top Model engagée

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lle a la beauté insolente de la jeunesse, la générosité d’une jeune femme arabe fière de ses racines et de l’histoire de son pays, l’Egypte. C’est la top modèle Tara Emad que l’on a pu admirer dans le Elle Oriental cette année. Tête bien faite et bien pleine, elle a décidé de se consacrer à ses études tout en menant de front une carrière de mannequin.

Elle a renoncé à une carrière dans les plus grandes capitales de la mode dans des agences prestigieuses car elle avait du cœur et de l’éthique. Elle et sa maman Ljubinka avaient eu l’espoir de programmer United Fashion for Peace, ce mois de mai mais l’insécurité et les troubles croissants de son pays ont du reporter cette échéance. Rencontre coup de cœur avec une jeune femme engagée.

Par Fériel Berraies Guigny 80

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Tara, parles-nous de ta nouvelle Egypte...

Ethique et Culture de la paix cela te fait quoi?

Je suis fière d’être égyptienne et surtout de la nouvelle Egypte! Aujourd’hui nous sommes en reconstruction nous renaissons de nos cendres et il est crucial de ne jamais oublier ce qu’il a fallu sacrifier pour arriver à la liberté. Il est important de préparer la nouvelle Egypte pour les nouvelles générations. Cela prendra du temps mais j’ai bon espoir.

C’est un langage universel qui doit toucher l’humanité entière, sans aucune distinction de race, religion ou de sexe. La plateforme United Fashion for Peace, son Association et sa Caravane sont un mouvement qui reflètent un idéal de vie et de dialogue entre les civilisations. Je suis heureuse de faire partie de ce mouvement et je me battrais jusqu’au bout pour que cette caravane vienne en Egypte et qu’elle soit reconnue dans mon pays. C’est une communauté d’artistes pour la paix, des gens de bien des gens de cœur qui se battent pour construire une nouvelle humanité pour les générations à venir. En utilisant la culture, ils passent des messages très importants en même temps que de procurer un rêve, une évasion. Nous avons besoin d’espoir ,de voir de belles choses.

Ton rêve pour les jeunes de ton pays? J’aspire à la paix et à la stabilité. Et pour cela les fondements essentiels c’est aussi l’éducation, pour les jeunes et ceux qui n’ont pas pu y avoir recours, il est important d’aller à l ‘école et de s’instruire. C’est la base de tout développement. Il faut que les personnes défavorisées aient accès à l’instruction, qu’elles soient conscientes de leurs droits, qu’elles comprennent le fond de la révolution. La révolution est encore en marche elle doit se faire au niveau des mentalités aussi.

Pour les femmes égyptiennes comment faut-il se positionner? Encore une fois la liberté des femmes viendra par l’éducation, par l’instruction. Notamment dans les régions rurales où les femmes et les petites filles sont victimes de pauvreté. L’égalité, la parité, l’évolution des femmes c’est déjà leur donner l’éducation. Je suis très active dans le caritatif à ce niveau et la lecture des écrits de la féministe Hoda Sharawy qui est une précurseur en la matière me permet de m’investir beaucoup dans ce sens.

Le jasmin puis le Nil, bilan des courses? L’heure est à la reconstruction, non aux critiques, aux craintes et au scepticisme, la liberté a un prix et il faut savoir l’assumer qu’importe les dérives. Nous devons nous accrocher nous battre, ne pas perdre une minute. Rien n’est acquis tout est à faire!

Les attentats terroristes de Marrakech Ces attaques sont vaines et absurdes pourquoi faire couler du sang, quand la terre en a été assez abreuvée? Le terrorisme est aveugle et n’a pas de cœur, il n’y a pas de raisonnement possible de toute façon, ils sont dans une logique de non-construction.

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Crédits photos: ©Abdallah Sabry Styling : Zazi Model : Tara United Fashion for Peace Magazine

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Spécial Egypte

NAGADA

Textile et teinture millénaire

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A-GA-DA, trois syllabes pour évoquer ce qui était là déjà du temps de l’ére pharaonique. C’est aussi le nom d’un village antique qui se trouve sur les bordures du fleuve mythique du Nil. Rien ne semble avoir altéré ce petit coin de paradis, même les teinturiers et les artisans du village on su capturer les rites et les traditions d’un temps révolu

Par Maya G 84

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Mêmes rituels, mêmes techniques, même savoir faire qu’il y a mille ans. La période contemporaine s’est ré appropriée ce procédé textile que l’on appelle dans la région la Ferka. La Ferka c’est un foulard fait de coton et de rayonne teint et tissé par les artisans du village. Tout un commerce se faisait par les marchands égyptiens qui commandaient les foulards aux artisans soudanais pour ensuite les vendre sur les marchés . Une production qui faisait vivre prés de 2000 familles nécessiteuses mais qui du fait d’un manque de financement adéquat ne présentait pas la meilleure des qualités. La crise politique et économique en 1988 au Soudan va mettre un terme à la production et en 1991 un projet de développement canadien va remettre à l’ordre du jour cette tradition. Sous l’égide d’un pasteur, le père Michel, 30 teinturiers, les plus pauvres des teinturiers soudanais vont être remis dans la production. C’est la designer libanaise Sylva Nasrallah, une créatrice vivant au Caire qui donnera forme à ce nouveau projet de développement qui gardera le nom de la marque NA-GA-DA. Aujourdhui cette marque propose de l ‘innovation et du moderne mais en reprenant les techniques ancestrales. Les textiles utilisés sont naturels, coton, soie, rayonnne. La ligne s’étend également aux accessoires décoratifs et de maison. Toute la fabriquation textile se fait en Egypte et utilise le meilleur textile du pays. Une griffe contemporaine qui est à l’épreuve du temps.

Crédits Photos: ©Noor Elsayed The Runway Modeling Agency Egypt United Fashion for Peace Magazine

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Recyclent!

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a première collection Eco-responsable de H&M avec Waste la «Conscious Collection» a vu le jour ce printemps et propose des vêtements en matériaux durables tels que le coton bio ou le tencel.

Par Maya G

Depuis 2007, H&M s’efforce de fabriquer de plus en plus «durable» et il est fréquent de lire à l’intérieur d’un produit H&M une étiquette verte notée 100% coton bio. Autre belle nouvelle, la Conscious Collection restera par ailleurs très abordable. Une belle initiative du suédois dont le but est de mettre en vente toutes ses collections en 100% eco-responsable d’ici 2020!

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Engagement pour le bio, mode d’emploi Chez H&M de grandes quantités de coton ont été utilisées dans la qui vient de faire l’ouverture de la saison printanière. Le coton est mis en avant, ce matériau noble est recyclé à partir de déchets textiles issus de la production précédente. Le coton est broyé jusqu’à obtention de fibres, filé, puis tissé pour créer de nouveaux textiles. Une méthode hyper écolo qui permet de réduire la production chimique, l’utilisation de l’eau et de la terre. Même principe utilisé aussi pour la laine recyclée issue de déchets textiles en provenance de la production. Idem comme le coton, afin de garantir sa résistance, le tout est mélangé à de la laine ordinaire ou à d’autres matières. Le procédé est identique pour le polyester, le polyamide et le plastique. Mis au point en laboratoire dans les années 40, le polyester est aujourd’hui l’une des fibres les plus utilisées au monde. Les laboratoires H&M depuis plusieurs années, utilisent du polyester recyclé qui provient principalement de bouteilles en PET et de déchets de matières premières issus de la production. Chez H&M, le plastique recyclé est fabriqué à partir de matériaux tels que bouteilles en plastique PET, sacs en plastique et flacons de shampooing.

Zoom sur la Conscious Collection de H&M 39 pièces femmes, 17 pour hommes et 13 pour les enfants. Coloris allant des tons blanc et crème, idéals pour l’été. Un recyclage en bonne et due forme qui ajoute une étiquette d’éco-responsabilité tout en restant la référence du prêt-à-porter à petits prix dans une démarche éco-responsable.

Crédits photos : Courtesy H&M

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Contre Le Sida

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ncore de l’engagement chez le géant du prêt à porter suédois, après l’Ecolo responsabilité avec la collection Waste et Conscious de cet été, voici la collection Against Aids de H& M. La quatrième du genre pour soutenir la cause et récolter des fonds pour lutter contre le Sida.

Par Maya G Pour la petite histoire, 25% des bénéfices seront reversés à des Associations à travers le Monde. Belle initiative et une collection très urban style avec des Teeshirts sportifs, blousons et parkas qui peuvent être personnalisés. Les manches peuvent être pliées, les ceintures peuvent être ajustées, et les vêtements peuvent être totalement adaptés différemment d’une personne à une autre. La ligne est déclinée sur des tons pastels et neutres ce qui favorise l’uniformisation des modèles masculins et féminins. La collection est très sport joggings, débardeurs, parkas en nylon et sweats molleton. Du confort sans aucune modération, un style unisexe portable par tous. Bref une belle leçon de simplicité et une belle philosophie humaniste surtout. Crédits photos : Courtesy H&M 90

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Jeremy

BUENO

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our la belle saison, le jeune créateur anglocorse nous propose une thématique printemps été 2011 «Douce Amère» histoire de mêler les contrastes couture. La ligne toujours empreinte de féminité et de modernité propose des tons mauves acidulés, blancs percutants et beiges-rosés. Les lignes sont fluides et délicates. Jeremy rompt pour cette fois avec le style structuré, colorés et ultra glamour que l’on connaît si bien de la griffe! Nouvelle collection, nouvelle histoire, nouvelle vision.

Par Fériel Berraies Guigny

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Initialement autodidacte, son besoin d’aller plus loin et de nourrir sa passion dans le domaine pointu de la mode, le poussent à 18 ans à partir poursuivre des études de Stylisme Modélisme au London Collège of Fashion. Durant ces années d’études il apprend aussi le métier chez Thierry Mugler en Prêt à Porter puis en Haute Couture. C’est à la suite de ces expériences qu’il crée sa griffe, ciblant une clientèle à la recherche de pièces raffinées et inspirées.Nanti de toutes ces expériences, il a réussi à élaborer une collection où le raffinement et le luxe sont les thèmes récurrents.

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Une passion qui lui a permis de réunir plusieurs collaborations de prestige avec les fabricants de Rubans Shindo, les dentelles Solstiss et les soies Belinac, mais aussi la maison Michel Paris créateurs de chapeaux.


Collection Jeremy Bueno Printemps Eté 2011 «Douce Amère» Crédits Photos: Hervé Dunoyer Direction Artistique: Jeremy Bueno Modèles: Emily Bueno et Cécile Rosset Hair&make-Up: Frédérique Barousse Bijoux: SunaMoya www.jeremybueno.com info@jeremybueno.com tel : 06.20.09.26.27

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Oshy by Salah barka

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alah Barka est un pionnier de la mode en Tunisie, on le connait d’abord comme le chorégraphe des défilés de mode qui ont pignon sur rue dans la capitale.

Par Elyssa Souissi

Crédit photos: ©Romain Nicolas 94

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Il a débuté sa carrière comme mannequin puis est devenu costumier pour le cinéma et le théâtre. Le stylisme c’est une passion et dès le départ, il a souhaité créer des vêtements pour les tunisiens « modernes » Son premier défilé a lieu en 1998, dans le cadre d’un concours organisé par Greenpeace autour de vêtements recyclables. Depuis, il a participé à plusieurs défilés, notamment les Tunisian Fashion Week (de 2005 à 2009) et le 6ème Printemps des Arts Plastiques de la Marsa et a obtenu le deuxième prix «fil d’argent « au concours L’Afrique est à la mode de l’Institution Cultures France au Niger en 2009. Il a par la suite défilé deux fois à Paris au Labo Ethnik et l’Ethical Fashion Show Paris 2010.

Salah Barka nous proposera une ligne contemporaine dans l’épurée mais avec beaucoup de rappels de sa Tunisie natale qui vient de connaitre tout un bouleversement historique qu’il va retransposer dans sa dernières collection. Au programme on retrouvera aussi ses best sellers qui sont les lainages, les sarouels, les petit tops, les chemises en coton teintées, et les magnifiques chéches qu’il aime customiser. A noter que sa ligne est une habile superposition des matières - notamment le lin, la maille, la mousseline et le satin. « Je me retrouve aujourd’hui complètement dans la mode éthique» nous explique le designer tunisien. United Fashion for Peace Magazine

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CocoSucré P etites tuniques, sorties de bain, paniers en raphia brodés à la main. CocoSucré cette marque franco tunisienne a décidemment tout pour plaire. Ludique, esthétique et éthique puisque tout se fait à la main et est travaillé par des ouvrières du Sud de la Tunisie.

Par Aicha Bounaies

Un engagement éthique pris par la jeune designer Kawther qui nous explique qu’elle avait envie de proposer à des prix défiant toutes les concurrences, le meilleur de la Tunisie artisanale avec ce soupçon de modernité qu’aiment arborer les jeunes filles de son âge «j’avais envie de lancer une collection estivale qui respire l’air et le soleil de la Tunisie et en même temps intéresser une clientèle internationale,mais aujourd’hui, nous confie-t-elle, le chiffre d’affaire n’est pas au zénith à cause des derniers événements dans la région, mais la jeune créatrice ne désespére par de remporter son pari «celui de pouvoir vendre sa marque dans des enseignes françaises» déjà une célèbre chaîne hôtelière l’a approchée pour ses collections... Une marque mimi qui reste dans l’air du temps et de l’éthique. A suivre... 96

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Crédit photos: ©CocoSucré

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Puériculture

Kik&Boo

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ik&boo c’est d’abord une griffe pour enfants hyper ludique, un petit clin d’oeil à un univers créatif pour enfant résolument orienté bio et développement durable.

Par Maya G

Pour la designer Coty Jeronimus, il s’agissait avant tout de créer une gamme de produits (vêtements, jouets,etc...) qui respectent l’environnement et la planète. Un engagement pour elle dans la durée «pour l’avenir de nos enfants» explique-t-elle.

Fabriquer dans des usines sélectionnées Des produits qui seraient confectionnés dans le respect de l’homme et des travailleurs qui se doivent également de respecter l’environnement.

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Conjuguer ludique et esthétique Doudous, couvertures, hochets, sont proposés aux tout petits, des items qui sont dans l’air du temps, amusants, colorés et attirants, dans des matières douces, fluides, agréables à toucher et à porter. Kik&boo vient de l’expression hollandaise «kiekeboo» , ou de l’anglais «peek a boo» ce qui signifie : coucou je suis là !

Le coton bio à l’honneur Pour Coty Jéronimus, tout est question de cultures: Culture contemporaine du coton respectant l’environnement, culture hollandaise marquée par la tradition des manufactures de textile. Elle réunit ces courants dans une collection exclusivement réservée aux enfants de 0 à 4 ans.

Flashback aux Pays Bas «Tout a commencé en Hollande, dans mon pays natal. Berceau du bio, le mode de vie écologique influence le quotidien sous toutes ses formes: alimentation naturelle et produits de terroir, coton bio, chauffage solaire et au bois. Aujourd’hui, mon objectif est de transmettre ces valeurs héritées de mes parents à mes enfants, mais aussi à toutes les générations à suivre! ». A travers la marque Kik&boo chacun contribue au respect de la planète en choisissant des articles éthiques. Matières (coton bio), packaging, transport répondent aux critères très écologiques de Coty Jéronimus. Crédit photos: ©Coty Jeronimus United Fashion for Peace Magazine

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Doudous

Les Récupettes

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ntièrement faits mains, avec beaucoup d’amour et de détail, les doudous récupettes sont les meilleurs amis des tous petits. Créés avec des tissus et matériaux récupérés, ils sont recyclés pour donner vie à d’adorables petits compagnons de jour comme de nuit.

Par Fatou Benta Gueye 100

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Sandrine Léon la créatrice nous explique qu’elle les conçoit selon un procédé bien particulier intitulé le « home and slow» way, un mode de création respectueux de l’environnement. Des petits joujous qui ont la particularité d’être tous « Made in France» uniques et faits à la main. Les récupettes conviennent aux tous petits quelque soit l’âge car ils ne représentent aucun danger, ils sont faits avec du coton et de l’éponge. Ces réalisations qui font 20 cm de taille en moyenne sont en série limitée, ils peuvent se faire à la demande, selon la couleur et l’envie.

Focus sur Sandrine Léon la créatrice Photographe, Sandrine Leon scrute et s’interroge... sur la nature, l’homme, le rapport de l’homme à la nature, à la consommation dans toutes ses outrances, notamment. Elle tend son objectif, cherchant à comprendre comme l’être humain trouve sa place dans la société. Le sentiment de bonheur est un autre sujet, impalpable, qu’elle tente de montrer dans ses images. C’est en 2000, qu’elle entame une réflexion sur l’individu et la consommation , les récupettes c’est sa dernière trouvaille, une façon de démontrer que le mieux consommé est toujours possible pour le bonheur des tous petits.

Crédit photos: ©Sandrine Léon

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Eco

DĂŠco


Ateliers des métiers d’art de France

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teliers d’Art de France! C’est une histoire qui débute en 1868 avec la fondation d’une chambre syndicale par les artisans d’art pour défendre leur intérêt. Cette chambre organise des Salons et se structure jusqu’à nos jours. Copropriétaire du Salon Maison &Objets, elle est présidée aujourd’hui par Serge Nicole et fédère 5400 adhérents. Elle accompagne et stimule le développement de créateurs.

Par Bilkis Ateliers d’Art de France poursuit sa vocation de premier acteur du développement de l’artisanat d’Art en créant la marque produit « Talents de France », destinée à promouvoir l’origine et l’authenticité d’objets métiers d’art provenant directement d’ateliers à travers l’Hexagone. Face à une réelle attente du consommateur autour de l’objet métiers d’art, la qualité de ses matières, le savoir-faire mis en oeuvre et son origine véritable, la marque Talents de France met à l’honneur la compétence de l’artisan d’art et la provenance des créations. Elle informe les acheteurs sur le savoir-faire, les séries limitées, les exemplaires uniques, les talents personnels, le sur-mesure. 104

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Acrobate en papier carton brun, par Junior Fritz, 240€

Cette année, Talents est partenaire de la grande semaine du design parisien, Les Designer’s Days. La boutique Talents, situé à deux pas d’Opéra, présente une créativité pointue et une diversité d’objets, de formes, de matériaux, issus d’une sélection de créateurs artisans d’Ateliers d’Art de France. Sur le thème de «la Conversation», fil rouge du parcours, les exposants invitent designers, créateurs, artisans, au dialogue et au partage. Crédits Phots: ©Talents Talents Opéra, 1 bis, rue Scribe, 75009 Paris, Tél. : 01 40 17 98 38 talents@ateliersdart.com - www.ateliersdart.com (ouvert du lundi au samedi de 11h à 19h)


Assiette Margot Fleur en verre, Fluid, de 42,50 à 50€

Sculpture végétale vivante, verre et lichen de Fernando Agostinho, 2400€

Carafe et gobelets Funky en verre, différents coloris, Fluid, 138 et 32€ Petits pois en céramique, Sandrine Brioude, 10€ la pièce

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Tasse et soucoupe en porcelaine, Simone Pierotte, 65€

Bol coloré en porcelaine émaillée, Ulrike Weiss, de 26 à 48€ Taureau avec cornes en porcelaine émaillée, Corine Ché, 690€

Bol Coquelicot en céramique émaillée, Micha Amyuni, de 42 à 58€

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Plante carnivore en fil de fer, Anna Golicz Cottet, 240€

Chaise Dia en acier époxy, Pierrick Brocart, 690€ Sculptures dentelles en porcelaine émaillée brillant, Nathalie Dérouet, de 480 à 550€

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Fondation

Blachère

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Apt, dans le joli Sud de la France, la Fondation Blachère dévoile pour la première fois une partie de ses collections. Vouée à l’art contemporain, elle met en scène avec magnificence ses oeuvres textiles acquises en Afrique depuis plusieurs années ré-éclairées par les incroyables pièces de la nigériane Nnenna Okore.

Par Diane Cazelles 108

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La Fondation Blachère La Fondation d’entreprise créée par Jean Paul Blachère repose sur un système de valeurs esthétiques et éthiques. Sa vocation est d’aider le développement de l’Afrique par la promotion de ses artistes. Reflétant ses passions et ses engagements, elle travaille avec toute son équipe depuis 2004 à épauler une politique culturelle à travers des événements, des achats, des résidences... La reconnaissance de l’art africain est un des atouts primordiaux du développement. La Fondation témoigne en aidant la création contemporaine et leurs acteurs, leur permettant de se confronter aux autres cultures et d’exister sur les marchés internationaux.

Une collection... La collection est le fruit de dix années de voyages, de rencontres, de projets avec les artistes. Elle est composée par une partie, d’œuvres réalisées en textile ou associant des matériaux en fibres synthétiques, organiques, métalliques ou ayant utilisé le textile dans un cadre photographique. Merveilleusement mise en scène par Pierre Jaccaud, commissaire et scénographe, elle reprend un second souffle grâce à l’énergie créatrice des pièces de Nnenna Okore.

Une artiste... D’origine nigériane résidente aux États-Unis, Nnenna tisse des matériaux de la vie courante comme le papier journal, la corde, le bois, inclut dans les fibres des argiles colorés, recompose l’espace et projette des vidéos. Le langage propre de chacune de ses oeuvres reflète à travers la fabrication et la matière son identité de femme nigériane et de son rapport avec le tissu (vêtements, fêtes..). Ses installations s’alimentent de souvenirs d’enfance et de critiques sur les sociétés de consommations et leur gaspillage. Lyrique, son expression est délicate et

s’affirme dans un discours émotionnel. Plusieurs fois récompensée par des prix internationaux, Nnenna expose dans de nombreux pays. Elle vit et enseigne aujourd’hui à la Faculté d’Arts de Chicago. Invitée en résidence à Apt, elle dévoile ici pour la première fois en France une part importante de son travail.

"Textile", exposition 2010 Flottements, accrochages en suspension, la voix tracée dans cette exposition savamment éclairée s’identifie a un mouvement rituel. Offrandes à la beauté et aux gestes, le fil thématique nous entraîne d’une sculpture à une installation, d’une peinture à une photographie, sur un mode de lecture associative, inscrite dans l’idée «qu’une oeuvre n’a de valeur que si elle renvoie à une autre» (Daniel Buren). Pour chacun des 8 artistes issus de la collection, la matière est à la fois point de départ, outil ou vecteur. Certains la retrouvent, l’écoutent et la transforment, tel que Moustapha Dimé, El Anatsui ou Ndary Lo. D’autres manipulent le sens inscrit dans la matière, son histoire et sa poésie, comme Bill Kouélany, Safaa Erruas et AbdouUnited Fashion for Peace Magazine

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laye Konaté. D’autres encore la capturent sur pellicule, comme Mohamed Camara et Malick Sidibé. Côté jardin, invité lui aussi, Aboubakar Fofana la teint indigo et plante une forêt. Tissage de belles rencontres, cette exposition crée encore des liens et renforce la justesse de ses choix...

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Cette année 2011, deux expositions à venir:

Crédit photos: ©Diane Cazelles

• VILLE ET IMAGINAIRES (exposition d’utopies urbaines où se mêlent dessins, sculptures, vidéos, photographies,

installations pour une vision de la ville tout en couleurs) du 17 mai au 8 octobre. • AFRICA RHYTHMS (histoire et évolution du jazz à travers 21 portraits, projet du photographe et journaliste camerounais Samuel Nja Kwa) du 30 mai au 8 octobre. Fondation Blachère, ZI Les Bourguignons 384 Av des Argiles 84400 APT - 04 32 52 06 15 www.fondationblachere.org United Fashion for Peace Magazine

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Textiles du Monde

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es tissus et textiles leurs motifs ont de tout temps été considérés comme des marques identitaires dans plusieurs sociétés. Du champ rituel au profane, ils expriment l’évolution des coutumes, mais également leur expression artistique. Une exposition au Quai Branly il y a quelques temps avait justement mis en perspective tout cet héritage que l’on retrouve tant dans la perception des textures que dans le choix des couleurs ou des motifs. Pour ceux qui essayent de comprendre l’évolution d’une société, le voyage à travers le tissu est des plus parlant. Les conditions de fabrication fournissent également des informations et les changements, car comprendre un tissu signifie aussi prendre en compte tout un ensemble de faits culturels.

Par Maya G 112

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La teinture et les tissus malgré les facteurs de dégradation, nous apprennent beaucoup sur les cultures du Monde, ils font partie de ces productions humaines qui voyagent à travers les espaces et le temps. Ils sont aussi synonymes d’échange, de nouvelles routes commerciales dessinées ou encore les «transferts de technologie», les cadeaux de prestige, les taxes, les décors. Les procédés de fabrication sont alors échangés, pour se métisser. Aujourd’hui, les multiples influences et origines et les contributions nous confrontent sur cette difficulté, de déterminer une origine précise à leur apparition dans une région donnée. La comparaison amène à voir qu’un même procédé entraîne parfois un même type de motifs dans des régions très distantes. Ce qui est très fécond, en revanche, c’est d’observer comment les différentes cultures ont, au cours des siècles, tiré parti des procédés pour développer des styles propres, identifiables ou, à l’inverse, ont poursuivi ce métissage stylistique. L’histoire récente et contemporaine voit de nouvelles évolutions. La nature du tissu de base et surtout l’arrivée des teintures de synthèse ont entraîné des modifications importantes. Aujourd’hui, beaucoup de ces tissus sont en train de disparaître, du fait du changement de vie, de l’urbanisation croissante et de la concurrence des tissus industriels. Mais on observe aussi le brassage, là où cet artisanat est vivace, des procédés et des décors. Les conditions de réalisation des tissus ne peuvent évidemment pas faire l’objet de généralisations. Dans certains contextes, réserves et teinture sont l’oeuvre des mêmes mains et sont pratiquées dans un cadre domestique, c’était le cas au Maghreb par exemple. Ailleurs,

elles sont affaire de spécialistes, non professionnels, comme chez les Dida de Côte d’Ivoire. Le plus souvent, il s’agit d’un travail artisanal, au sens propre, où les deux étapes sont réalisées par des acteurs différents. Les femmes participent largement à la production. La première exposition textile du musée du quai Branly avait donné l’occasion de voir la place des tissus dans les différentes sociétés qui les produisent ou les ont produits. Un patrimoine un héritage de l’humanité qu’il s’agit de sauvegarder à tout prix.

Crédits photos: Campagne photographique Chemins de couleurs © Musée du Quai Branly par Françoise Huguier, Cyril Zannettacci United Fashion for Peace Magazine

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Culture

Ethique


Les marionnettes

du Mali

A

u Mali, le théâtre de Marionnettes Sogobo est l’héritier d’une très ancienne coutume, il exprime la permanence des valeurs traditionnelles tout en gardant un regard ouvert sur les réalités du monde contemporain. Art populaire dans sa plus pure noblesse il se manifeste par le conte, la musique, le chant, le mime, les arts plastiques, la chorégraphie. Mais c’est surtout la dextérité du maniement des marionnettes qui capte notre attention. Le catalogue Marionnettes du Mali, aux éditions au Fil du Fleuve, regroupe cent soixante dix masques et marionnettes et nous informe 116

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sur leur rôle et leur utilisation. Traditions communes aux peuples Banama et Bozo, les Masques et de marionnettes sont le reflet de toute une culture qui a su s’imposer à travers les âges favorisant la transmission du savoir et de la préservation de l’imaginaire de ces peuples. C’est à l’occasion de l’inauguration de l’exposition sur les Marionnettes du Mali, à la galerie parisienne Noire D’Afrique, que nous avons rencontré l’Expert en art Africain, Réginald Groux.

Par Fériel Berraies Guigny


Vous exposez des Marionnettes du Mali, parleznous de cet Art ancestral?

Quelle est la vision des «africains» par rapport à cet art populaire? C’est l’Art le plus ancien ou la coutume la plus ancienne mais qui n’a jamais été répertorié. Un voyageur arabe du nom de Ibn Batouta qui était à la cour du Mali en 1352 très exactement, avait décrit très précisément le spectacle de marionnettes en précisant qu’il s’agissait d’une tradition qui datait de bien avant l’islamisation. Cette tradition a plus de mille ans.

Qu’est ce qui est à retenir et quel message à travers cette exposition?

Ce sont des objets qui ont longtemps été méprisés et négligés par les collectionneurs d’art africain. On pensait que c’était des objets un peu décadents, car ils étaient peints. Or ce sont des objets en réalité, d’une tradition très ancienne. Le rôle de ces marionnettes est très important car elles assurent le lien social, elles transmettent la coutume, font le lien entre les générations. Ces objets pourraient être de vrais modèles pour l’Occident. Les africains et notamment dans les villages du Mali, on utilise ces marionnettes à de nombreuses occasions: Fêtes, baptêmes, célébration de l’indépendance, etc... En dehors des frontières du Mali, c’est vrai qu’il arrive qu’on les perçoive comme des objets un peu curieux, et il arrive qu’on les ignore. On a toujours pensé que ces marionnettes étaient des «guignols» des objets de diversion et cela donne un côté dévalorisant à quelque chose qui au contraire, avait une fonction sociale bien distincte. C’est aussi les stéréotypes renvoyés par les occidentaux sur les Africains, qui font que certains africains ont quelque peu «honte» par rapport à cet art. Etre gêné par rapport à leur art traditionnel, est souvent le cas et c’est dommage. L’illusion de revivre l’époque des «zoos humains» où les Africains étaient perçus comme des indigènes.

Autant l’Occident a joué un rôle négatif pour l’Afrique, autant aujourd’hui l’Occident devrait essayer de corriger les erreurs et les errements passés ! La promotion de la culture africaine, serait un pas vers cela. Il y a un grand déficit moral à réparer.

Parlez nous de votre petite exposition?

Actuellement dans ma galerie, j’ai une petite collection de marionnettes Bambara. Mon souci est de faire découvrir aux personnes qui viennent visiter la galerie, la richesse de ces objets. Artistiquement c’est plein d’invention et j’irai plus loin encore en disant que c’est une véritable culture ! Les messages sont très présents dans ces marionnettes et au Mali, les marionnettes ont un rôle très important. Bien que ma démarche soit aussi marchande, je reste avant tout un amoureux et un fervent défenseur de la culture africaine.

Parlez-nous de votre amour pour l’Afrique et l’Art africain en particulier?

Cet amour date de plus de quarante ans. Mon premier job à 19 ans cela a été de voyager pour un collectionneur d’Art africain qui était américain. La maison Vilnus à New York m’a pris immédiatement. Je suis rentrée et immédiatement mon contact avec les objets africains m’ont conforté dans ma voie : Je savais alors que j’allais en faire mon métier ! Et j’en ai fait mon métier. J’ai contracté le virus africain immédiatement. A travers l’art africain, j’ai voyagé, découvert des pays, des peuples, des coutumes.

Est ce facile de se séparer de ses objets d’Arts?

Quand on achète ou on possède un objet d’art africain, c’est beaucoup plus qu’une possession, c’est une ouverture formidable sur le Monde, sur la tolérance, le regard sur les autres et la culture en générale.

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Il est vrai que je ne suis pas un collectionneur et quand je vends je n’ai pas une démarche de thésaurisation à tout prix. Et il est vrai qu’on s’attache à ces objets et je suis un peu peiné quand je dois m’en séparer. Car je n’achète que les objets que j’aime. Tous ces objets qui sont dans ma galerie, je vis avec.

De marchand d’Art à enseignant quelle est la transition?

Ça a démarré il y a une huitaine d’années, en devenant professeur à l’institut supérieur des carrières artistiques. En préparant mes cours, j’ai rassemblé un tas de connaissance. L’enseignement suppose un peu de rigueur et suppose aussi que les autres comprennent. Je suis tombé de plus en plus amoureux de toutes ces cultures africaines. Cela m’a donné envie de partager, car le commerce c’est assez ingrat, l’intérêt des clients n’est pas toujours le mien. Moi je suis de plus en plus dans une

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démarche de partage.

Parlez-nous de l’association culturelle Au Fil du Fleuve. Ses objectifs, ses réalisations? Elle a été crée en 2003 à Montreuil, elle est destinée aux africains issus de l’immigration. Mon objectif est de dynamiser la culture africaine en tout cas sa perception dans ses populations. Aujourd’hui quand vous allez dans les grands musées comme le Quai Branly, je trouve la que la culture africaine est mal représentée, cela manque d’information de cartel, d’explication et finalement c’est destiné à ceux qui vivent dans les beaux quartiers parisiens. Cela reste inaccessible et élitiste. En faisant une enquête dans les écoles montreloises à l’époque, j’ai constaté le gap. Je pense qu’il faut ramener l’Art africain dans les banlieues; là où les communautés africaines sont importantes. C’est tout un travail pédagogique à faire, pour faire en sorte que le petit africain en France, soit fier de sa


culture d’origine! Il faut créer une image positive de leur passé, pour se projeter dans le futur. L’association a une mission pédagogique avant tout.

Quel est ce projet de musée au Sénégal?

J’avais envie à l’âge de ma retraite de faire un recul sur ma vie. L’Afrique m’a beaucoup apporté, et enrichi intellectuellement. J’ai eu quarante ans de bonheur en tant que marchand d’Art africain. C’est par pur hasard que je me suis trouvé dans le village natal de Sédar Senghor. Par ailleurs, là-bas on ne va pas m’accuser de pillage car il y a belle lurette, qu’il n’y a plus rien à piller. Le Sénégal est un pays ouvert et neutre, il a fait partie de l’ancien royaume mandingue et donc cela m’a semblé logique. J’ai décidé de créer le Musée des Arts et des cultures d’Afrique de l’Ouest. C’est un Musée où les objets vont servir l’Histoire de l’Afrique en respect de la culture et des traditions africaines! Les Musées créés dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest ont été sous l’empire colonial dans le but uniquement de mieux connaître les tribus pour mieux les dominer. La dynastie Almoravide est partie de Saint Louis du Sénégal! Qui sait aujourd’hui que l’Empire du Mali au 14es était le premier partenaire de l’Europe du Sud? C’est à dire que la fameuse route de la soie qui devait partir de Venise et de Gênes, démarrait en fait du Sénégal, ancien pays faisant partie de l’Empire du Mali! C’est l’or du Mali qui assurait tout le financement des marchandises de la route de la soie! La Chine n’avait pas d’or elle a uniquement instauré la monnaie en papier.

Ressentez-vous une culpabilité par rapport aux objets qui ont quitté l’Afrique? A vrai dire non ! Car la problématique du pillage est un faux débat (et je vais faire dresser les cheveux de certaines personnes) mais le mal était fait depuis plus longtemps! Ça a commencé par les missionnaires qui ont

brûlé les fétiches, ensuite le pouvoir colonial qui s’est opposé ces sociétés secrètes, ensuite le pouvoir national et les indépendances qui a renforcé l’interdiction des sociétés secrètes qui représentaient un contre pouvoir important. Par dessus tout cela, il y a eu la montée de l’islam qui a convaincu de se débarrasser des fétiches. Aujourd’hui, il n’y a plus grand chose à piller ! Mais les collectionneurs en vérité font plus oeuvre de sauvegarde que de pillage, on a sauvé les oeuvres des termites, des pillages et des incendies. Le vrai problème de l’Afrique c’est de rendre à l’Afrique! C’est sur cela qu’il faut se concentrer. Des Musées comme le mien peuvent servir à changer la donne. C’est un projet tout neuf, le Ministre de la Culture du Sénégal recevra bientôt le dossier durant mon prochain séjour. En France et en Afrique et en Europe, les réactions sont très encourageantes, d’ailleurs le Musée d’Art Muller United Fashion for Peace Magazine

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en Suisse nous a fait don de 16 objets pour le Futur Musée et alors ça, c’est formidable! Au Sénégal, les gens sont très enthousiastes et j’ai la chance d’être beaucoup soutenu par la famille Senghor, les petits neveux et les petites nièces notamment. Dans les projets du Musée, on parlera de plusieurs thématiques: il faut gommer tous les arguments qui parlent de l’époque coloniale. Des sujets comme la route de la Soie, des liens culturels de l’Afrique moyenâgeuse à l’époque des Abassides, la ville de Djenne était reliée à Bagdad par des caravanes qui n’arrêtaient pas. On va parler de l’Empire du Mali premier partenaire économique de l’Europe du Sud: des conséquences calamiteuses de la chasse aux esclaves sur le développement économique et social du continent africain. Il faut parler de la traite négrière et on oublie qu’il faut en parler, car cela a été présent pendant 350 ans!!! de la même sorte qu’il faut rappeler que ce phénomène a enrichi considérablement l’Occident! Il faut parler de la participation des africains durant les deux conflits mondiaux et il y a un volet historique que je vais évoquer dans mon musée: l’histoire du sergent Malamine tirailleur sénégalais qui montait les couleurs sur le fort de Franceville. Le massacre de Thiaroye au Sénégal etc...Il y a des pans entiers de l’Histoire qu’il faut rétablir car l’Occident a la mémoire courte!

Réginald Groux: Biographie Express Reginald GROUX est membre de la Compagnie Nationale des Experts. Il a réalisé des ventes aux enchères avec l’étude Piasa et l’étude Cornette de Saint-Cyr à Paris. Auteur de catalogue et de nombreux articles, il enseigne l’art africain à l’Institut Supérieur des Carrières Artistiques. Reginald GROUX a crée en 2005 l’association culturelle Au Fil du Fleuve, qui à pour objet d’aider les enfants nés de l’immigration africaine à renouer avec les valeurs culturelles de l’Afrique Noire. L’association organise des expositions d’art africain à caractère pédagogique, en 120

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privilégiant les villes ou les banlieues où l’art est difficilement accessible. En 2008, Reginald GROUX a décidé de créer un musée d’art et d’histoire au Sénégal, (MAHICAO pour Musée d’Art et d’Histoire des Cultures d’Afrique de l’Ouest) Il sera implanté à Djilor Djidiak au Sénégal, dans la région du Sine Saloum. C’est le village natal du poète Président L. S. Senghor.

Crédits photos : ®Reginald Groux


Recyclart Les peintures de Diane Cazelles United Fashion for Peace Magazine

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T

ravail de peinture, de photo, de dessin, d’écriture…Le support n’est que papier pour sa fragilité, pour sa faculté momentanée, pour le rare comme pour le consommé.

Par Aicha Bounaies Ce qui fait sa préciosité à nos yeux noyés dans les multiples images de notre société, c’est un regard particulier. Un de ceux qui s’attachent à révéler autre chose que ce qui nous est montré...Les prétextes sont variés. Une histoire, des souvenirs, un voyage, une rencontre, un portrait...L’image photographique fixe l’instant sans égard pour affirmer ou raconter. Qu’écrire, que dessiner ou peindre de plus...C’est sans doute l’intérieur, l’indicible, le souffle sur la vision figée. Prolongeant l’intention, la couleur et le trait explorent les photos ainsi recyclées. Ancienne élève des Beaux Arts et de l’Ecole du Louvre, menant parallèlement une carrière de journaliste, Diane Cazelles retravaille l’image photographique avec différents médiums. Peinture à l’huile, mine de plomb, pastel, les techniques mixtes employées révèlent le mouvement à partir de l’expression graphique. En détournant la lumière, au-delà de l’image, elles dévoilent l’émotion, la poésie ou l’étrangeté. Crédits photos et réalisations: ®Diane Cazelles diane.cazelles@gmail.com Tél: 06 83 63 91 55 122

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Eco

Evasion


Le Nil des Egyptiens

«L

’Egypte, c’est un fleuve qui traverse le désert et en fait un jardin. Le Nil ne lui a pas seulement donné naissance: il a façonné aussi le caractère de ses habitant» . Dans la préface de ce magnifique ouvrage paru aux Editions Ouest France, En automne 2008, Robert Solé nous signe l’entrée en matière. Mais bien avant lui, Hérodote disait déjà que «L’Egypte est un don du Nil » béni par ce limon fertile déposé au fil du rivage qui lui a permis le développement d’une agriculture riche et variée. Bénie par l’Histoire, bénie par la nature, «Le Nil des Egyptiens», c’est aussi l’occasion de découvrir ou de redécouvrir une face plus intime, voire moins touristique du Nil et de ses habitants. Car l’homme et la nature se sont affrontés depuis des millénaires, domptant la rage et la puissance de ce fleuve qui a véritablement forgé la personnalité de ses riverains.

Par Fériel Berraies Guigny United Fashion for Peace Magazine

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Au fil des 144 pages, l’auteur nous emmène dans un véritable voyage au fil du fleuve. Des clichés d’Hervé Champollion, accompagnés par les textes de Mahmoud Ismail, pour mieux approcher les hauts lieux de l’Antiquité à nos jours. Une façon assez originale de raconter l’histoire de ce pays et de son peuple. Pendant des siècles, les visiteurs prenaient le chemin à l’envers: débarquant sur Alexandrie, puis rejoignant le Nil, ils remontaient par petites étapes à Assouan. Hervé Champollion et Mahmoud Ismail ont pris le chemin inverse, le Nil est leur fil conducteur. A travers les vagues, comme s’ils se laissaient emporter par le courant, les auteurs nous plongent dans la vie des Egyptiens d’aujourd’hui, nous offrant des images à couper le souffle, des images de vie loin des clichés touristiques figés par le temps. Un égyptien épris de son pays, un français qui en a cerné l’âme, deux regards, deux langages qui se posent à travers l’histoire et ces questionnements: Qui est l’Egypte moderne? Comment assume t-elle son passé? Quel regard poser pour l’avenir? Comment assumer la dualité entre modernité et identité? Cette fresque humaniste nous conte aussi l’âpreté, la dure réalité de la vie de tous les jours. Mais merveilleux paradoxe, malgré les aléas, l’Egyptien a su conserver cette touche de fatalisme optimiste qui lui donne le sourire. Le Nil des Egyptiens est un hymne d’amour et d’espoir, un hommage rendu à un peuple, digne, et fier, un peuple riche d’une Histoire à l’épreuve de l’oubli. En suivant le Nil, de la traversée du lac Nasser à la Méditerranée, nous avons une nouvelle occasion de découvrir Abou Simbel, Assouan, Louxor, la Vallée des Rois, le Caire, Gizeh, Alexandrie et tant d’autres sites impressionnants. Cet ouvrage offre également, la possibilité de visualiser des régions moins connues comme la Moyenne Egypte et le Delta Nil, des espaces qu’on a encore au128

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jourd’hui, en tant que touriste, du mal à appréhender pour des raisons de sécurité.

Bio Express des auteurs Mahmoud Ismail est égyptien, il dirige le Centre Culturel d’Egypte à Paris. Hervé Champollion est l’auteur de nombreux reportages aux Editions Ouest France. Il est un lointain parent de Jean-François Champollion, le déchiffreur des hiéroglyphes, dont il a suivi les traces en photographiant les sites décrits dans ses journaux de voyages. Depuis, Hervé Champollion a fait plus d’une dizaine de voyages en Egypte.

Fiche technique : Le Nil des Egyptiens Editions Ouest France Collection Tourisme 144 pages, 220 photos 30 euros

Crédits photos : ©Editions Ouest France


Dar Itrane

Ecolodge au Maroc United Fashion for Peace Magazine

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C

’est un temps particulier, choisi pour rêver mar- grands vents, leurs maisons accolées comme des soeurs émergent de la terre et s’animent aux premières lueurs de cher et découvrir, un voyage dans l’esprit des multiples couleurs argiles. Maisons à étages, élégantes lieux qui vous entraîne à la rencontre de la culture casbahs, greniers posés sur le sommet des collines, les construisent en pisé et conservent leur maîtrise et de l’art de vivre du peuple et du pays berbère. Un berbères depuis la nuit des temps. coin de paradis, au coeur de l’Atlas marocain, révèle aux chercheurs d’air pur et d’authenticité un havre de paix Dar Itrane, écolodge à la découverte de la culture berbère d’une intense beauté.

Par Claudia Bertrand Enchâssé comme un trésor aux pieds de ses géantes minérales aux pentes abruptes et ocres, la vallée des Aït Bougmez déroule un tapis de verdure. Un patchwork de cultures, de vergers, dessiné par des canaux et des bosquets de peupliers occupe l’oued dans toute sa longueur. Parsemés et solidement installés sur les premiers contreforts, les villages surplombent ce gracieux paysage. Stratégiquement construit à l’abri des

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Grande maison de village traditionnelle, l’écolodge s’organise autour de patios, de terrasses et de coursives protégées un large toit de branches et de terre. Le doux soleil projette à l’intérieur, sur les murs blanchis à la chaux les arabesques en fer forgé des fenêtres et éclaire doucement les enfilades de salons et salles à manger. L’atmosphère est sobre et conviviale. Au dessus des banquettes et coussins, Titouan Lamazou qui séjourna ici, a tracé d’élégantes frises peintes. Pour les amateurs d’histoire et de contes, de nombreux livres sont à disposition dans la bibliothèque. L’hôtel abrite 17 chambres, agrémentées de


charmantes salles de bain, et meublées simplement, avec de jolis objets d’artisanat local. En fin de journée, dans le hammam traditionnel, les vapeurs chaudes et parfumées participent à la détente et remettent sur pied les acharnés marcheurs. C’est au coin d’un bon feu de cheminée, entre amis et parents, que se partage la savoureuse cuisine marocaine préparée avec les produits locaux. Tajines et pâtisseries à base de miel, de noix, de délicieuses pommes, les saveurs harmonieusement orchestrées comblent généreusement les ventres affamés par les grandes balades du jour. La sympathique équipe du Dar Itrane veille sur tout et propose des itinéraires de randonnées pour tous et de tous les niveaux, ainsi que des circuits culturels pour découvrir et comprendre les coutumes et les traditions berbères. A pied ou à dos de mule, un guide, issu de la vallée, vous accompagne avec gaité et ouvre les portes de maisons pleines de sourires... Sur les chemins, quelques visites de coopératives, de marchés de villages, ou d’artisans recèlent toutes sortes de produits. Tapis, couverture en laine et en coton, objets du quotidien, ces merveilles plus que des souvenirs sont des témoignages de véritables savoir faire. Devant ce paysage immense, les âmes d’artistes s’éveilleront pour croquer les émotions intenses et la diversité des lumières. Tout un programme! La mise en oeuvre de toutes ces activités contribue à Dar Itrane à un engagement pour «un tourisme durable». Impliquant la population locale dans son fonctionnement, l’écolodge crée des sources de travail. Sa gestion des déchets, l’économie de l’eau et l’utilisation de l’énergie solaire est l’objectif d’un concept environnemental, réel à ce jour. En instaurant une contribution supplémentaire de 3 Euros par nuit, Origins finance des projets de préservation du patrimoine. United Fashion for Peace Magazine

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CARNET PRATIQUE L’Ecolodge de Dar Itrane est une réalisation d’Origins (www.origins-lodge.com) filiale du tour opérateur Atalante. Différents forfaits de voyage sont proposés dont 8 jours-7 nuits comprenant deux nuits à Marrakech et 5 à l’écolodge Dar Itrane en pension complète à partir de 660€, hors aérien, avec un supplément tourisme durable de 15. Quatre autres forfaits sur mesure sont proposés dont un spécialement prévu pour les excursions en famille. Atalante a reçu le trophée du tourisme équitable et solidaire à l’occasion des Trophées du Tourisme responsable organisés en 2007 par Voyage-sncf. com , partenaire du secrétariat d’État au Tourisme, Renseignement sur: www.voyage-sncf.com - rubrique «Plus responsable» Atalante à Paris, Tél.: 01 55 42 81 00 et à Lyon, Tél.: 04 72 53 24 80 www.atalante.fr Signataire de la Charte marocaine du tourisme responsable, Atalante entre dans le nouveau réseau touristique du Maroc. Office National Marocain du Tourisme, Tél.: 01 42 60 63 50, www.tourismerural.ma Crédits photos: ©Claudia Bertrand et Origins/M. Turin United Fashion for Peace Magazine

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Badalodge

au Mali

S

ur le route de la Guinée, à la sortie de Bamako, le Badalodge a ouvert ses portes depuis plus d’un an. Ce lieu, conçu par Christian et Sabine Tremsal, accueille ses hôtes dans un cadre d’exception. Privilégié, loin des humeurs de la capitale, l’ensemble des bâ134

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timents offre un nouveau concept de réception étudié pour la clientèle citadine. Ce lodge idyllique sur le bord du Niger a des allures de bout du monde, mixant l’artisanat d’Afrique aux inspirations océaniennes.

Par Claudia Bertrand


Sur la rive droite du fleuve, le parc naturel déroule un tapis de verdure jouxtant l’eau paisible et fraiche. Les arbres centenaires et leurs ombres accueillantes rythment un paysage aménagé sans heurts. Entre fleurs et massifs, de petits ponts de bois enjambent le terrain capricieux. Comme des cabanes d’enfants, des paillotes sont posées, ça et là, orientées avec soin. Sous leurs toits d’herbes sèches, canapés et fauteuils composent des salons et sur leurs mezzanines, nattes et moustiquaires, des chambres pour la sieste. L’architecture de ce complexe est étudiée avec goût et les éléments naturels jusque dans les moindre détails, contribuent à l’harmonie. La brique, le bois, la paille, constituent les éléments de construction. Le mobilier réalisé par les artisans locaux est plein d’inventivités et s’adapte au confort des nouveaux invités. Bois et cordes nouées pour les chaises longues, troncs d’arbres creusés pour de rustiques tabourets, fer forgé à la main pour les luminaires et les balustrades, les savoirs faire sont déclinés aussi sur bon nombre d’objets.

dans un décor sobre. Elle se prolonge sur une terrasse arrondie et couverte donnant sur le jardin. En contrebas, tout le monde peut s’asseoir pour déguster la cuisine inventive et raffinée. Concoctée par le chef, elle est européenne et africaine. Le mélange est réussi et rassemble d’authentiques saveurs préparées avec soin.

Pour les réunions sérieuses ou escapades d’entreprises, une salle de séminaire contenant 80 places, offre toute la technologie moderne pour bien travailler. Intérieur ou extérieur, l’espace restaurant est modulable. La grande salle, attenante à la cuisine, aligne ses tables United Fashion for Peace Magazine

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Les buffets s’improvisent dehors pour les pauses café, déjeuners, diners et cocktails, rejoignant en un pas un immense bar sous des poutres de bois. Avec une vue à 180° sur le parc et le fleuve, les soirées y sont conviviales à souhait. Pendant la semaine et les weekends, grandes et petites familles viennent se retrouver au calme d’une campagne organisée. Sous l’attention d’une équipe professionnelle, des jeux et des loisirs sont proposés autour d’une immense piscine. Pour les uns, beach volley, pétanque, pour les autres «marins d’eau douce», pinasses, canoë, jet ski, ...l’éventail est complet. A la tombée de la nuit, le lieu disperse ses lumières sur le sombre miroir du grand fleuve et devient féérique. Sous les paillotes règne une douce fraicheur. Atmosphère propice au repos et à la détente, venez découvrir ce nouveau lodge bamakois! Badalodge Lodge et Resort contact@badalodge.com Tél.: 00 223 76 40 85 24

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CrÊdits photos: ŠClaudia Bertrand United Fashion for Peace Magazine

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Historia

Voyage

dans le Maghreb d’Antan

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oyage à travers la carte postale ancienne, en Tunisie, Algérie et le Maroc, tout un périple du souvenir que l’historien Philippe Lamarque nous propose au travers de trois magnifiques albums parus aux éditions HC. Un retour dans le passé colonial de ces trois pays du Maghreb qui continuent de faire rêver certains: anciens pieds noirs, aux enfants des générations de de l’immigration qui n’ont pas connus «l’Afrique du Nord» de leurs aïeux. Une Afrique du Nord en cartes 138

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postales, figée dans le temps, qui a gardé son cachet authentique si chère aux amoureux de l’Orientalisme. Nous avons rencontré l’historien pour parler de sa démarche, lui- même natif d’Alger, il nous a confié que ce formidable voyage à travers le temps a été pour lui un véritable pèlerinage de l’affect. Entretien avec Philippe Lamarque...

Par Fériel Berraies Guigny


Parlez-nous de vos trois ouvrage, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc d’antan?

C’était un vieux rêve, je voulais voyager dans l’ensemble de l’Afrique du Nord. Chacun de ces pays qui la composent, a une identité très cloisonnée. Mais il y a également, quand on les parcoure, une identité d’ensemble. L’unité de cet ensemble existait déjà dans l’histoire, notamment à l’époque romaine et punique. Il y a une âme commune malgré des nuances considérables. Cette âme transcende de très loin, l’image que l’on pourrait lui donner aujourd’hui d’une sorte de revendication arabo-islamiste et qui n’est que contingente, par rapport à une identité qui est beaucoup plus ancienne.

Votre perspective est historique et les cartes postales sont votre référence, sur fond d’orientalisme? Quels étaient les mythes récurrents de l’époque s’agissant du Maghreb?

Oui, elle est en effet historique, mais en même temps, c’est aussi le voyage simple de Candide. Avec une dimension ethnographique pour s’intéresser à tout ce qui passe, à toutes les communautés. L’idée est de faire revivre cette époque des cartes postales qui ont permis d’immortaliser une magnifique période multiraciale et multiculturelle. Et d’une certaine façon, ce flash back est un rappel de ce qui n’est plus. D’une certaine façon, nous ne pouvons que regretter cette époque. Même, si ces sociétés étaient aussi porteuses d’une dimension qui fait peur «l’ordre colonial» cela a néanmoins fait partie de l’Histoire.

Parlez-nous de cette collection de cartes postales, à l’origine de ces trois albums?

Je suis moi même, un collectionneur. Mais l’éditeur a aussi proposé ses proches choix, pour une cohérence éditoriale, une sorte d’homogénéité du produit, si je peux m’exprimer ainsi. Mon rôle a été de mettre en valeur ces visuels au travers d’un texte qui puisse réussir une gageure quasi impossible, consistant à s’incliner devant les

«vedettes» visuelles et en même temps, proposer au public un texte d’une qualité syntaxique le plus soigné possible.

Cet art de vivre sublimé en un Eden oriental, marquait-il un réel intérêt pour les populations dites indigènes ou était-il juste accessoire?

L’orientalisme reste le thème majeur et en même temps, cela reste aussi une contradiction. L’Orientalisme a plusieurs définitions mais je vous en fais grâce, d’autant qu’il y a l’orientalisme du «Nord» et celui du «Sud» Mettons nous toutefois, dans la «peau» du photographe, celui du début du 20es. Une époque qui ne connaissait pas les technologies photos d’aujourd’hui, caractérisée donc par de grands artistes photographes habitués à de longs temps de pose et des techniques bien à eux, des lumières en noir et blanc, utilisant des appareils d’un temps révolu. Qu’est ce que l’on retient de tout cela? Et bien que c’étaient des photographes qui avaient une réelle culture par rapport aux peintres orientalistes. Ils connaissaient aussi bien Delacroix que Fromentin. Dans leurs images, ils transposaient tout cet univers pour leur clientèle qui en était férue. C’était aussi une époque à laquelle, les peintres orientalistes restaient accessibles financièrement United Fashion for Peace Magazine

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pour une certaine élite. Les amateurs de cartes postales de l’époque, sont à la recherche de pittoresque mais qui n’est pas toujours l’expression de la réalité environnante. En ce qui concerne l’Algérie, la Tunisie et le Maroc font appel à des investisseurs, qui mettent rapidement «aux normes» et aux besoins, le pays par rapport à leur clientèle. Le paysage change du coup, on a des villes d’Afrique du Nord qui ressemblent à s’y méprendre à de villes européennes. On avait une sorte d’Orientalisme préfabriqué.

Des clichés récurrents?

Faire plaisir à des gens, pour quelques sous, à l’époque cela ne va pas plus loin. On vendait un rêve, le petit européen pouvait dire en montrant sa carte postale «je suis allé me promener dans ce coin».

Vous êtes né en Algérie, retrouvez vous le pays de votre souvenir? Aujourd’hui êtes vous revenu à ces trois destinations? Restet-il des vestiges de l’ancien ou le nouveau a-t-il tout englouti?

Crédits photos: ©Hc éditions Collection : Olivier Bouze 140

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J’ai voulu à travers les trois ouvrages, faire une machine à remonter le temps. Revisiter la belle époque et les années folles, avant l’avènement des conflits qui vont embraser la région. Nous voulions rendre hommage à cette époque et nous adresser à ces aficionados de l’Afrique du Nord. Car le propre de ces pays, c’est de ne laisser personne indifférent et beaucoup de gens en sont amoureux. Cela concerne autant la nouvelle génération qui n’a pas vécu la période du début du 20e siècle, ceux qui l’on vécu et se sont affrontés car ils étaient tous amoureux de la même terre, des


mêmes paysages. Et nous n’avons pas non plus oublié, ceux qui sont obligés de vivre en exil, loin de ces pays. Juifs d’Afrique du Nord, pieds noirs, les nouvelles générations issues de l’immigration maghrébine en Europe. Tous ces gens là, qui se sentent profondément africains et qui sont pourtant, déracinés. Cela reste éternellement chez eux à travers ces livres. Car ces pays, sont devenus terra incognita depuis l962. C’est un Atlantide, une sorte de continent englouti où ils se reconnaissent. Cela ne fait de tort à personne, de voyager à travers les pages d’un livre.

Biographie Expresse Philippe Lamarque Philippe Lamarque, 50 ans, publie des livres, anime des causeries et cultive des liens avec la communauté scientifique internationale. Les sujets qu’il aborde sont l’histoire, la métaphysique, la théologie, la mathématique, le droit, la géopolitique, la science héraldique, l’art et l’archéologie, l’ethnographie. De nombreuses médiathèques dans le monde ont acquis ses publications, dont dix-sept universités en France, vingt-quatre bibliothèques publiques de la ville de Paris et la Mazarine, quatre-vingt dix-huit bibliothèques publiques et universitaires dans le monde: États-Unis, Canada, Allemagne, Pays-Bas, Chili, Afrique du Sud, Sénégal, Belgique, Hongkong, Japon, Égypte, Burkina Faso, Tunisie, Algérie. Il cultive quelques jardins secrets, dont son Afrique natale, apportant un soutien actif à la francophonie.

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Femmes

&Ethique


Fethia

Bennis

Prodige de la Haute Finance

R

ien ne la prédestinat au monde très masculin de l’entrepreneuriat et de la Haute Finance et pourtant Fethia Bennis va y pénétrer et par la grande porte. A la tête de Maroclear, Fathia Bennis siège dans plusieurs conseils d’administration de grandes entreprises, notamment Royal Air Maroc et la Compagnie marocaine de navigation. Elle est également membre fondateur de l’Association des femmes chefs d’entreprise, membre du Board international du Forum des femmes de Deauville et fondatrice du Women’s Tribune d’Essaouira. Crédits photos: : ©Droits réservés

Portrait d’une femme battante dont les termes défi et challenge riment avec excellence, une femme éthique qui avait programmé la première édition de United Fashion for Peace à Essaouira. Edition qui a malheureusement du être annulée suite à l’attentat de Marrakech. UFFP malgré son deuil et sa déprogrammation a voulu la remercier et en même temps, vous faire découvrir son parcours exceptionnel.

Par Elyssa Souissi

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Parlez-nous de vous...

Le Tourisme aussi, vous êtes une femme de tous les défis?!

Je suis marocaine et j’ai grandi auprès d’une famille qui m’a toujours encouragée et qui ne m’a jamais mis les Oui j’adore les challenges je n’aime pas le ronron bâtons dans les roues. du quotidien ce n’est pas pour moi. Et j’ai eu cette chance à chaque fois. Sa Majesté m’a en effet appelée pour diPourtant vous avez un parcours atypique riger l’Office National marocain du tourisme. Il fallait traOui en effet, je me suis mariée assez jeune, l’année vailler la vision 2010 du Maroc. Notre pays voulait faire du Bac et j’ai fait mes enfants ensuite. Après, j’ai décidé du Tourisme un des secteurs porteur du pays. Concrètede reprendre mes études. Depuis toute petite je voulais ment, le Maroc a toujours misé sur le tourisme d’élite et du challenge, je rêvais de faire des métiers d’hommes du même en temps de crise, le consommateur continue de genre piloter un avion! voyager. Durant ma mission j’ai ouvert de nouvelles déJ’ai commencé par faire du Droit, j’ai soutenu ensuite un légations une à Vienne et l’autre à Dubaï, sans oublier à doctorat et à l’époque j’avais envie d’enseigner à la Fac. Barcelone. Les catalans voulaient leur propre délégation du Maroc. Quand on communiquait sur le tourisme, il falMais le destin a aussi choisi pour moi. lait trouver la cible et orienter la communication vers ce Votre carrière dans la Banque, un choix ou un ha- qu’elle veut. Il ne faut pas communiquer vers la masse. La France reste notre premier marché ceci dit.

sard?

En fait je me suis présentée par hasard au concours de la Bank El Maghreb, on était 140 postulants dont trois Vous avez été décorée par la France? Oui de par l’histoire, nous avons des liens préfemmes. On était 9 reçus dont une femme moi! Ce n’était cieux et spécifique avec la France, cela nous rapproche pas mon rêve au début, ceci étant avec le temps cela s’est avéré être véritablement un challenge pour moi. Travailler à beaucoup. la Banque Centrale est une chance car c’est véritablement Maroclear, parlez-nous de cette aventure. le poumon de l’économie. Il s’agit de la Banque Centrale des titres. C’est à dire que tous les titres qui sont négociés à la Bourse aussi La Bourse, une continuité de votre parcours? Oui et là encore j’ai eu la chance d’y être au bon mo- bien que sur le marché des bons du trésor que sur le gré ment car cela correspondait à la période où l’on commençait à gré sont dénoués à Maroclear sous forme de compte. à changer la politique monétaire en créant les marchés de C’est à dire que tout ce qui circule au Maroc est suivi au capitaux. J’ai travaillé sur cette réforme de fond en comble travers de comptes tenus au nom des bénéficiaires, c’estavec les gens du Ministère des Finances et de la Banque à-dire les propriétaires des titres. El Maghreb. On a fait des placements on a vu comment cela se passait en France et aux Etats Unis. La réforme du Etre femme dans un monde d’hommes ça fait marché monétaire a été véritablement ma chance. On m’a quoi? alors appelée et on m’a dit viens à la Bourse. Moi je rigole Je n’ai pas eu beaucoup de problèmes, sauf au toujours de cette période en me disant que je ne faisais que début. Quand j’assistais aux réunions les premiers temps changer de compartiment de train. on disait à mon patron direct « alors c’est ta nouvelle as-

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sistante»? sourires. C’était macho au début. Paradoxalement, quand j’ai été nommée à la bourse les marocains n’étaient pas très étonnés, ce sont par contre les femmes qui l’étaient bien plus (rires) !

Un contre exemple pour les médias occidentaux?

Les français et les américains ont été interpellés par ma nomination, ils sont venus me voir. Figurez vous qu’il y avait en fait eu un article au Washington Post sur moi, j’étais un peu le contre exemple pour eux ils pensaient que les femmes de la région étaient toutes battues, violées et soumises! Je les ai regardé en face en leur disant j’ai tous les handicaps possibles « je suis femme, africaine, arabe, musulmane, j’ai toutes les tares et selon vous ai je l’air d’une femme frustrée» !

beaucoup plus facile. Mais cela reste encore peu ancré dans la mentalité de certaines femmes, notamment dans les zones rurales. Je pense qu’on doit communiquer davantage sur ces nouveaux droits. Et ce qu’il faut savoir aussi c’est que tant que cela sera encore les hommes qui appliqueront ces droits ou lois. Quelque part, on favorise encore l’homme. La femme marocaine doit connaitre pleinement ses droits et les hommes leurs limites. Je pense que le modèle tunisien restera une référence dans la région. La femme tunisienne a parfaitement évolué, au niveau de l’éducation elles sont en avance et au niveau des classements internationaux elles devancent les marocaines. Ceci dit la marocaine a fait énormément de progrès. Pour nous cela commence maintenant!

Vous êtes à la tête de l’Association des femmes Qu’en est-il de l’Afrique subsaharienne? Les africaines font énormément de choses, chef d’entreprise du Maroc? Oui cela a été crée depuis huit ans sous l’initiative des femmes car nous n’arrivions pas à nous mettre dans la confédération générale du patronat marocain. Cela a beaucoup encouragé les femmes entrepreneurs à prendre les devants et à créer leur outil de travail. Je pense que maintenant avec le temps on doit s’acheminer vers la suppression de cette association. Les femmes sont maintenant présentes dans la CGEM.

Les quotas vous en pensez quoi?

Ils sont pour l’heure nécessaire dans la sphère politique et au sein de l’entreprise.

La Moudawana vous a ouvert les portes?

Pour être honnête oui il y a une différence mais elle n’est pas si grande que ça! Mais sur le plan du statut personnel de la femme il le fallait afin qu’elle puisse acquérir une certaine liberté d’action sur le plan économique et politique. Maintenant nantie de certains droits, c’est

on ne le sait pas et elles ne sont pas médiatisées et au sein de notre Association, le Women’s Tribune, on en invite certaines pour qu’elles nous parlent de leur expérience. Leurs témoignages sont poignants et forts.

Vous êtes Membre du Board international du Forum des Femmes de Deauville?

Oui et ce depuis sa création. Cela m’a apporté beaucoup et m’a poussée à créer une expérience similaire dans mon pays le Women’s Tribune. Je voulais donner plus de place aux femmes des pays en voie de Développement. Du Maghreb à l’Afrique Subsaharienne, mais également pour le Monde arabe c’est à dire le Moyen Orient et la Méditerranée du Nord et du Sud. Ce n’est pas un évènementiel lucratif, c’est une association de mixité on a des hommes et des femmes. On s’écoute mutuellement car c’est souvent la source pour la résolution de toutes les problématiques. Les femmes entrepreneurs ne sont pas plus favorisées. United Fashion for Peace Magazine

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La femme battante et non victime en somme fait partie de vos panels?

Absolument il n’ y a pas de victimes sauf si on le veut bien! Là on a tous les moyens pour y arriver. En libérant la femme on libère aussi l’homme! Il faut partager les responsabilités.

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Wangari

Maathai Prix Nobel de la Paix 2004

L

a kenyane Wangari Maathai a réussi le pari fou, d’ouvrir la voie à une prise de conscience sur les dangers qu’encourrait la planète et en l’occurrence, l’Afrique. Elle en obtint un prix Nobel de la paix, en 2004. Le développement durable devenait dès lors, un instrument idéal pour promouvoir la paix entre les peuples. Le Green Belt Movement qui n’est ni Greenpeace ni le World Wildlife Fund (WWF), qui n’a pas la puissance financière et médiatique de la fondation Al Gore, offrait une vision afro-africaine du problème. L’ONG se bat depuis des années pour que l’Afrique conjugue protection de l’environnement et développement communautaire.

Par Fériel Berraies Guigny Crédits photo: ©Brigitte Lacombe pour Echo éditions United Fashion for Peace Magazine

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Pour Wangari Maathai, l’Afrique doit désormais réagir en adulte et en toute indépendance. Une belle leçon pour les communautés africaines qui n’avaient jamais commercialisé leur relation à la nature. Aujourd’hui, elles sont pourtant menacées par la mondialisation, la privatisation et le bio-piratage. Wangari Maathai n’a pas reçu le prix Nobel pour son seul engagement écologiste, elle a aussi été récompensée pour son patriotisme en faveur de la démocratie et du droit des femmes. Entre 1978 et 2002, le Kenya a vécu sous la férule de Daniel Arap Moi, qui n’a accepté l’ouverture au multipartisme qu’en 1991. S’il n’est pas de comparaison possible avec l’Ouganda d’Idi Amin ou l’Éthiopie de Mengistu Haïlé Mariam, le régime Arap Moi reposait néanmoins sur la violence, la corruption et le népotisme; Les droits de l’homme étaient bafoués chaque jour. De nombreux intellectuels furent contraints de s’exiler et,en 1997, lors de l’élection présidentielle, plusieurs centaines de manifestants succombèrent sous les balles de la police. Les Nobel de Wangari Maathai ou de Al Gore récompensent donc toute une génération de militants qui, à défaut de pouvoir s’exprimer sur la seule scène politique, ont travaillé au corps les sociétés, pour combattre le problème de l’intérieur. Mme Wangari Maathai s’est entretenue avec nous, pour parler de son combat pour l’écologie et le développement durable en Afrique.

Bio Express Wangari Maathai est née à Nyeri (Kenya) en 1940. Depuis son enfance elle a montré un tempérament fort. Études primaires et secondaires dans des écoles catholiques; diplôme en biologie à l’université d’Arkansas et master de Sciences à l’Université de Pittsburgh (Etats Unis). A partir de 1971 elle enseigne zoologie et anatomie vétérinaire à l’université de Nairobi. A ce curriculum elle aimerait ajouter un engagement politique. Mais le parti au pouvoir, la KANU (Union Nationale Africaine du Kenya), n’accepte pas sa candidature, étant donné son caractère critique et indépendant. Elle travaille comme volontaire dans le Conseil National des Femmes du Kenya et organise des campagnes pour que les femmes plantent des arbres. Le mouvement Green Belt (Ceinture Verte) a débuté en 1977: jusqu’à présent il a planté 20 millions d’arbres et s’est battu contre la déforestation, oeuvre de lobbies économiques et politiques. Aujourd’hui, des femmes et des handicapés physiques ou mentaux gèrent plus de 5.000 pépinières.

«Le bien de mon peuple, de ma terre, de l’Afrique sont les moteurs de ce combat. C’est le combat de toute une vie!»

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Parlez-nous de votre vision du Continent africain et des dangers qui le guettent? Quelles sont les autres parties d’Afrique menacées par la déforestation ?

Je pense en fait aux pays en bordure du Sud de l’Afrique, ceux qui sont notamment confrontés au désert du Sahara comme le Tchad et le Soudan. Mais la menace se retrouve aussi dans les pays plus au Nord, comme pour le Ghana. C’est un grand combat qui se livre dans ces régions avec l’avancée inexorable du désert qui est en train de réduire considérablement les terres. Le Sud Ouest avec des pays comme la Namibie, la Botswana, l’Angola, ne sont pas à l’écart des dangers, puisqu’ils sont confrontés à l’avancée d’un autre désert, celui du Kalahari.

Qu’en est-il pour l’ Afrique du Nord ?

Les pays de cette région ont très tôt compris les enjeux et les défis par rapport à l’avancée du désert, aujourd’hui ils se sont dotés d’une technologie qui leur permet de faire face aux aléas climatiques. Pour toutes les autres régions, ils sont un modèle de réussite. Mais s’agissant des pays du Sud, de notre Continent, à majorité des fermiers, il leur est difficile d’apprendre à faire usage de ces nouvelles technologies. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, ils restent complètement démunis face aux aléas climatiques, c’est aussi bien une question de moyens que d’éducation et ils n’ont pas encore réussi à apprivoiser la cohabitation dans le désert, ni à y faire face.

gouvernance, et à la protection des droits de l’Homme. Cela est crucial si nous voulons cohabiter en paix. A mes yeux trois variables sont indissociables: bonne gouvernance, développement durable et paix. Ils sont inter reliés et participent à mon combat global pour la biodiversité.

Le Sommet de Rio et le protocole de Kyoto n’ont pas apporté la prise de conscience escomptée? Que pensez-vous de l’action de certains écologistes comme Al Gore ou le français Nicolas Hulot?

Je suis toujours heureuse de découvrir ces initiatives individuelles ou issues de groupements régionaux ou d’initiatives internationales en faveur de la préservation de l’environnement. Il reste que, dans tous les cas de figure, c’est un combat de longue haleine, pour Al Gore comme pour moi, c’est l’engagement de toute une vie. Lui a commencé ce combat bien avant d’être nommé Sénateur, alors que moi, j’ai entamé mes campagnes de sensibilisation vers les années 70. S’agissant des rencontres comme le Sommet sur la Terre, ce qu’il faut se dire, c’est que ce sont avant tout des réunions de courtes durées, on a donc tendance à les oublier et forcément à oublier les résolutions qui vont avec. S’agissant du Protocole de Kyoto, tout ce que je peux avancer, c’est que les Nations Unies auraient pu un faire un meilleur boulot, si les Etats-Unis ne s’étaient pas carrément désengagés. Car les pays du Nord ont plus focalisé sur son absentéisme que sur la nécessité de la mise en pratique du protocole!

Vos combats cumulent la préservation de la biodiversité et la promotion des droits de l’homme Vous êtes une femme très engagée même politiquement, comment faites vous face aux presau Kenya ? Mon approche est avant tout une approche globale, sions et aux menaces qui vous entourent ? la biodiversité est donc indissociable des droits humains. Il nous faut aujourd’hui parvenir en Afrique à la bonne

Oui mon travail, mes combats me mettent souvent face à des situations difficiles, simplement parce que United Fashion for Peace Magazine

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j’aborde les problèmes selon une perspective globale. Au Kenya par exemple, je suis souvent confrontée à des problématiques en rapport avec la démocratie, l’Etat de Droit, la justice sociale et il est vrai que je croise par conséquent le chemin de certains politiques. Des politiques qui ne partagent pas toujours mes vues car plus investis dans des cheminements individualistes au détriment du peuple kenyan qui souffre. Je n’hésite pas à aborder les problèmes au risque de m’attirer des non sympathisants, mais je me dis que c’est mon devoir, c’est mon combat et je ne peux y déroger. Le bien de mon peuple, de ma terre, de l’Afrique sont les moteurs de ce combat. C’est le combat de toute une vie.

tion de nos ressources que nous ne cessons de brader au Nord alors que nos populations restent privées. Il nous faudrait davantage s’investir dans le développement durable, plutôt que dans les guerres ethnocides et fratricides!

Que penser des réfugiés climatiques? Ne risquent-ils pas d’embraser la région ?

C’est en effet un phénomène à venir qui va avoir des conséquences terribles pour l’Afrique qui est menacée par deux déserts à la fois. Mais il y a une issue, et c’est le bassin du Congo qui est si riche en biodiversité, il pourra donner des espaces d’accueil aux populations du Sud, même du Nord ! C’est la raison pour laquelle, le Nord doit nous aider dans notre bataille pour garder nos arbres debout plantés au sol et non coupés !

Vous restez très sceptique quant aux initiatives des organisations internationales, que préconi- Parlez nous de votre campagne “planter un milsez-vous ? lion d’ arbres” ?

Le plus grand danger qui attend l’Afrique c’est la dépendance vis à vis du Nord et des autres. Les leaders africains doivent réagir, réviser leur politique et apprendre à moins attendre des autres. Nous devons nous battre par nous même, trouver les moyens et les instruments de cette lutte par nous même. Valoriser nos compétences et nos ressources humaines, apprendre à mieux tirer profit de nos ressources naturelles. Apprendre à ne plus nous laisser exploiter par les pays riches. Et pour cela, seule la bonne gouvernance, la justice sociale pourra paver la voie d’une émancipation et d’une autosuffisance.

Nous avons lancé cette campagne en 2006 à Nairobi conjointement avec l’UNEP programme des Nations Unies pour l’Environnement et le Centre International Agro-forestier. Par ailleurs, comme vous le savez, je suis investie aux côtés du Prince Albert de Monaco par rapport à sa fondation sur la préservation de l’environnement. Je suis membre de son comité de Direction, bien que ne pouvant toujours assister aux réunions. Nous partageons donc un même combat pour la préservation des écosystèmes en danger. Aujourd’hui, je suis heureuse de dire que nous sommes parvenus à planter un million d’arbres.

Pensez-vous que les problèmes africains doivent L’Africa progress Report selon Koffi Annan, déêtre résolus par des africains ? nonce le fait que le G8 a failli à sa promesse vis à Absolument! et nous en avons les capacités! Mais vis de l’augmentation de l’aide à l’Afrique, qu’en tout se fera selon les décisions politiques des leaders. pensez-vous? Notre Continent est riche, il est temps que nous sachions en tirer un meilleur parti, il faut mettre fin à la dilapida150

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Comme je l’ai dit antérieurement, il est temps que


l’on se prenne en charge, nous sommes confrontés à plusieurs défis; déforestations, changement climatique, désertification, crise alimentaire etc...il nous faut faire face en toute indépendance. Le Nord s’adaptera aux aléas climatiques mais pas nous si nous ne réagissons pas à temps!

Vous êtes la première femme africaine à obtenir le prix Nobel de la paix, que voudriez vous dire à ces femmes africaines qui ploient encore sous les traditions et le conservatisme de leurs sociétés? Qu’il faut qu’elles se battent pour leurs droits jusqu’au bout. Mais je lance aussi un appel aux leaders africains car c’est leurs politiques qui décident de nos destinées; il est temps de donner à la femme un droit à l’éducation, la liberté et l’émancipation.

Le savoir sera son émancipation, ,elle pourra alors contribuer favorablement à l’évolution de sa société. La pauvreté est la pire des prisons mais l’ignorance est le pire des donjons? Il est temps de briser les tabous et les carcans des traditions, pour laisser la femme africaine évoluer, et faire évoluer les mentalités. Si on lui donne les moyens, elle forgera de façon durable sa société.

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Aminata

Traoré La mère de l’altermondialisme africain

A

minata Dramane Traoré est une femme politique et écrivain malienne, née en 1947 à Bamako (Mali). Intellectuelle engagée, elle a été ministre de la culture et du tourisme au Mali sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré. Connue comme étant l’une des principales figures de l’alter mondialisme africain, la Malienne se bat sur tous les fronts: OGM, coton, privatisations, préservation du patrimoine culturel, actions de proximité.

Par Fatou Benta Gueye 152

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Crédits photo: ©OPALE


Même après la décolonisation, l’Afrique continue de subir le Nord?

L’essai que j’avais intitulé « Le viol de l’imaginaire», vise à démontrer jusqu’à quel point nous, Africain(e)s, sommes leurrés et nous nous leurrons nous-mêmes en nous regardant dans le miroir qui nous est tendu par les puissances occidentales et en nous gargarisant de mots. Double langage et double standard président à la gestion des affaires du monde et leur permettent souvent d’imposer leurs vues et leurs normes. En intériorisant les images qu’ils nous renvoient de nos réalités et les interpellations qu’ils en font, nous leur prêtons main forte dans la mise à sac du continent, la transformation de nos sociétés dans le sens de leurs intérêts. La quadruple crise qui secoue le monde le prouve bien, elle est financière, énergétique, alimentaire et écologique. Devrons-nous continuer à obéir au Nord? N’avonsnous pas intérêt à mettre cette crise à profit pour renouer avec la pensée critique et nous émanciper? Cette perspective est non seulement réalisable mais, à mon avis, indispensable. Il ne nous manque que le courage politique, une vision stratégique et la volonté de changer radicalement la situation de subordination qui est celle de notre continent. Chaque aspect de notre existence –alimentation, éducation, santé, habitat, habillement, urbanisme...- devient un lieu de questionnement mais aussi de créativité, de reconstruction.

Vous dites que d’un côté il y a une Europe des valeurs et de l’autre une Afrique des ténèbres?

Je suis persuadée que la plupart des valeurs auxquelles nous avons été amenés à tourner le dos, notamment l’humilité et la sobriété (au lieu de l’ostension, le

consumérisme et le gaspillage) ainsi que la solidarité et le partage, nous seront d’une grande utilité le long de ce XXIème siècle, siècle de tous les dangers. Je ne prétends pas que ces valeurs nous sont spécifiques mais je sais par expérience que la survie n’est possible dans la plupart de nos contrées que parce que ces valeurs prévalent en dépit des difficultés. C’est pour cette raison que je pense que nous ne devons pas désespérer de notre continent. En plus de ses immenses richesses naturelles, ses populations revendiquent des valeurs de culture et de sociétés qui sont autant de remèdes aux maux infligés au lien social et aux écosystèmes. Il va falloir les explorer et rendre compte de leurs fonctions dans le vivre ensemble et le mieux-vivre.

Comment l’Afrique peut elle se réapproprier son destin? Le Panafricanisme est-ce la solution? Qu’en est il de la coopération Sud-Sud?

Le bilan des 50 dernières années d’essais de développement est suffisamment édifiant quant à l’impérieuse nécessité d’explorer une autre voie. Il faut, en effet, être dogmatique pour croire, au regard de l’état actuel de la planète, qu’il n’y a pas d’alternatives à la pensée unique qui vaut tant d’intolérance, de violences et de souffrances à l’humanité. Alors la première étape de cette quête d’alternative est, à mon avis un bilan honnête et rigoureux des politiques économiques que le continent a subies au nom d’un développement que nous attendons toujours. Ce bilan devra porter également sur les «transitions démocratiques». Car en économie comme en politique, nous nous sommes comportés en consommateurs d’idées venues des pays et des institutions qui financent. Autant dire comme Joseph Ki Zerbo que «nous dormons sur la natte des autres». United Fashion for Peace Magazine

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Ce mimétisme continue d’enrichir les riches auprès desquels, nous nous endettons en nous appauvrissant matériellement et spirituellement. Notre «développement économique» aura consisté jusqu’ici à produire en fonction des besoins des riches. La crise alimentaire n’est que la conséquence logique de cette extraversion dans le domaine de l’agriculture. L’issue au marasme et à l’enlisement du continent n’est nullement dans davantage d’hémorragie (service de la dette, matières premières) mais dans la re-localisation de nos économies, leur recentrage sur les biens et les services dont nous avons besoin; la production créera nécessairement des emplois. Il ne s’agit pas pour autant d’enfermement sur nous-mêmes mais de redéfinir les priorités. Le panafricanisme relève de ce souci d’être nous-mêmes, solidaires face à l’adversité et aux défis mondiaux. En tant que tel, il devra nous inspirer dans la quête d’alternatives qui se posent à nous. Quant à la coopération Sud-Sud, nous regardons, pour l’heure, dans la direction des pôles de concentration des richesses matérielles, c’est-à-dire, le Nord. Nous ne savons pas nous regarder et nous soutenir mutuellement, à plus forte raison désirer et acheter les uns avec les autres, faute de confiance en nous-mêmes. Le sursaut politique et intellectuel qui s’impose, devra nous amener à rééduquer notre regard sur nous-mêmes et à trouver des réponses sui generis à nos problèmes.

L’idéologie sécuritaire française actuelle, des limites ?

Il est difficile de cerner les contours de la politique actuelle de la France. Plus on avance, plus on renforce les barrières. On est dans une situation qui consiste pour la France et les autres nations riches et industrialisées à prendre au Sud dont l’Afrique ce dont elles ont besoin sans peur ni crainte d’aggraver la situation dans les pays d’origine. 154

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Nous avons du souci à nous faire dans la mesure où le Président des Français met l’Europe à contribution en exhortant les autres pays membres de l’UE à davantage de durcissement à travers la Directive retour et le pacte européen sur l’immigration et l’asile. C’est une manière pour les plus puissants de se serrer les coudes en vue de barrer la route aux ressortissants de pays dont ils continuent de piller les richesses. Mais les élites qui parviennent à se frayer un chemin dans le monde cruel du capitalisme mondialisé ont du mal à réaliser que les gagnants de ce système n’ont pas d’amis mais des intérêts.

Certains médias abondent dans l’Afro-pessimisme et certains dirigeants d’Afrique ne font rien pour changer cette donne, que faudrait-il faire ?

Les médias occidentaux sont aux ordres des pays les plus puissants mais aussi des multinationales qui ont fait main basse sur la plupart d’entre eux. Il nous est cependant loisible de constater qu’audelà de l’Afrique, la désinformation et l’assoupissement des consciences fait partie du jeu à tous les niveaux, dans tous les domaines. Le prisme déformant qu’ils utilisent souvent n’a rien d’étonnant quand il s’agit de l’Afrique. Il s’agit de justifier des relations de domination en présentant le continent comme constamment victime d’elle-même. Le rouleau compresseur qui est à l’œuvre nous permet de pouvoir nous faire notre propre opinion et de créer à l’intérieur de nos frontières, les moyens de contrôler nos dirigeants, de les sanctionner. Nous ne devons pas laisser cette prérogative aux nations riches plus particulièrement les anciennes puissances coloniales et les USA.


Quand on considère les démocraties occidentales, force est de reconnaître que les médias ne font pas non plus de cadeaux aux dirigeants des pays riches avec, bien entendu, des partis pris et des nuances selon leur appartenance idéologique. Mais les terrains sur lesquels les médias occidentaux acculent les dirigeants du Nord, ont, la plupart du temps, un lien avec des enjeux majeurs: guerre en Irak et en Afghanistan ont valu à G.W. Bush et Tony Blair une condamnation ferme sur de très nombreux médias tandis qu’en France, par exemple, les délocalisations, les privatisations, le pouvoir d’achat, les retraités, les banlieues entre autres sont au cœur du débat politique. La vie privée et les questions personnelles sont secondaires par rapport à ces enjeux quand elles sont évoquées, elles influent sur les opinions sans prendre le pas sur les questions nationales et les enjeux mondiaux.

La balle est dans le camp des professionnels africains des médias ainsi que des non africains qui réalisent que le meilleur service qui puisse être rendu aux Africains aujourd’hui, est de les aider à mieux comprendre l’état réel de leur pays et du continent dans le monde afin de ne pas se fourvoyer dans des combats d’arrière-garde.

Les dirigeants de l’hémisphère Sud et plus particulièrement de l’Afrique et du Moyen Orient sont souvent l’objet d’une personnalisation à outrance qui tourne parfois à la diabolisation sans débat de fond de nature à éclairer l’opinion internationale sur les enjeux tels que la question foncière au Zimbabwe ou le pétrole en Irak, au Soudan et au Tchad par exemple. Des médias indépendants et soucieux de l’émergence d’une opinion publique avisée quant aux grands défis du XXIème siècle, focaliseraient moins sur le déroulement des élections que sur la volonté et l’aptitude des acteurs politiques à opérer des choix économiques conformes aux intérêts de leurs peuples. Au Zimbabwe, comme au Darfour, au Tchad, en RDC et ailleurs, il est question de leurs droits sans référence à la dette extérieure et aux termes des échanges mondiaux qui les condamnent à la pauvreté. Quant aux médias africains, ils se comportent souvent en caisse de résonance, relayant le discours dominant.

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Graca

Machel Une role model pour tout le Continent africain

G

raca Machel est aujourd’hui l’une des personnalités les plus emblématiques du continent Africain. Veuve du Président mozambicain Samora Machel, épouse de Nelson Mandela, sa voix a servi de porte drapeau en faveur des victimes de la guerre, femmes ou enfants réunis. Son engagement sans faille pour la cause des plus démunis lui a valu de nombreuses récompenses internationales. Elle est Fondatrice de la Fondation du Développement de la Communauté, Réseau New Faces New Voices.

Par Aicha Bounaies Crédits photo: Droits réservés 156

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Une militante pour la cause des femmes Selon un proverbe chinois, «les femmes soutiennent la moitié du ciel», pourtant leurs visages ne sont ni vus ni leurs voix entendues dans la détermination du destin du continent africain. Selon Graca Machel, les femmes contribuent à 100% dans le développement durable de leurs sociétés et leur exploitation économique serait synonyme de progrès.La Reconnaissance de leur poids économique dans le tissu social est donc cruciale. Mais pour l’heure un gros travail reste à faire car les femmes africaines subissent encore et toujours le poids de politiques discriminatoires. Aujourd’hui, le défi est d’autant plus grand qu’il est important qu’elles puissent se faire entendre dans le cadre du processus de restructuration des systèmes financiers en Afrique et dans le monde.

Réseau New Faces New Voices (NFNV) New Faces New Voices (NFNV) est une association de professionnelles africaines des secteurs des finances et des affaires à travers le continent qui a vu le jour grâce à l’initiative de Graca Machel. Sous les auspices du réseau African Women’s Foresight Network, le groupe a à coeur de voir les femmes en Afrique jouer les premiers rôles dans le secteur financier et participer à la prise de décisions déterminant l’avenir du continent africain. Selon l’expression de sa fondatrice, Graca Machel, « Plus rien de ce qui nous concerne sans nous ». NFNV milite en faveur de l’autonomisation des femmes en raison de leur impact socio-économique positif considérable sur tous les secteurs en Afrique. La crise financière a offert au groupe une occasion pour pousser à la prise de mesures de nature à per-

mettre d’exploiter le potentiel des femmes et de leur ouvrir la voie pour devenir des acteurs clés dans la mise en place d’un système financier mondial robuste «Le manque d’efficacité créant des opportunités, nous devons saisir l’opportunité offerte par la crise financière mondiale pour reconstruire le système financier et investir différemment dans les femmes» affirme-t-‘elle. La Banque africaine de développement (BAD) et le réseau New Faces New Voices (NFNV) ont accueillis en 2010 un sommet économique des femmes africaines dans le dessein de constituer un service de plate-forme à partir duquel des engagements seront pris avec les parties prenantes clés pour assurer que les femmes contribuent à la prise des décisions à la base de la restructuration profonde du système financier mondial.

Changer les paradigmes économiques: le futur est femme Face à la crise financière mondiale, les mentalités sont en mutation. Les réflexions relatives à la place attribuée aux femmes doivent s’intensifier et aboutir à des actes concrets. Les femmes sont capables d’occuper une place centrale dans la définition de politiques du secteur financier. Une étude récente étude réalisée par le « Boston Consulting Group » a démontré qu’ une grande partie de la croissance des revenus dans le monde après la récession économique proviendra des femmes. Cela représente environ 5 billions de dollars en terme de nouveau pouvoir économique généré par des femmes pour les années à venir, soit deux fois la taille combinée des marchés émergents que sont la Chine et l’Inde. Les femmes ont tendance à épargner plus que les hommes et à consacrer davantage leurs ressources aux dépenses d’éducation, de santé, et de bien-être de leurs familles. Une récente étude a démontré que si l’occasion était offerte aux femmes pauvres de faire des économies, United Fashion for Peace Magazine

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elles seraient en mesure d’améliorer leurs moyens de subsistance et le bien-être de leurs familles. L’exploitation du pouvoir économique des femmes aurait un impact sur le développement, des plus bénéfiques pour les économies émergentes. Pour Graca Machel, l’heure est venue pour les femmes africaines de relever ce défi. Une transition démographique est déjà en cours en Afrique qui se traduit par la baisse des taux de natalité, la hausse des taux d’espérance de vie et l’amélioration des niveaux de scolarité et d’alphabétisation des femmes. On compte maintenant de plus en plus de femmes qui font leur entrée sur le marché du travail, et la part des dépenses des ménages contrôlée par les femmes en Afrique s’inscrit à la hausse, en conformité avec les tendances mondiales. En conséquence, les femmes africaines veulent de plus en plus avoir leur mot à dire quant à la façon dont on utilise leurs ressources, ce qui, à son tour, les motive à vouloir occuper des postes de responsabilité dans les sphères politique et économique afin de mieux décider de leur propre destinée. Le paradigme du paysage financier mondial a subi une mutation, et il est opportun que de nouveaux visages et de nouvelles voix fassent prendre conscience au monde que les femmes constituent des actrices à part entière de la reprise de l’économie mondiale. Aujourd’hui, l’effort vise à mieux porter les voix des femmes et de voir davantage de nouveaux visages dans la restructuration du système financier mondial. Les pays africains doivent poursuivre des politiques sectorielles financières inclusives, qui sont accessibles et permettent par conséquent la participation du plus grand nombres de femmes. Pour se faire, il est impératif de promouvoir les femmes aux postes de décision dans les structures qui régissent le fonctionnement des institutions financières aux niveaux local, national, régional et international. Graca Machel précise qu’il faut plus que jamais 158

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exploiter le potentiel économique des femmes en leur assurant un accès aux services financiers appropriés, abordables et durables, à tous les niveaux de revenu.

Le Sommet économique des femmes Le Sommet de Nairobi qui avait réuni l’an passé les leaders africains du secteur financier, les responsables des politiques, les autorités de réglementation et les principaux décideurs voulait mettre en avant les causes de la non visibilité des femmes dans le système financier de l’Afrique afin de faire des femmes une partie intégrante de son architecture. Les femmes ont en été identifiées comme étant un nouveau marché émergent et l’on a appelé à la mise en place de nouveaux mécanismes pour exploiter leur potentiel. De ce Sommet s’est dégagé l’idée qu’il faut dorénavant dégager un consensus sur les voies et moyens d’investir différemment dans les femmes, notamment en les faisant passer de la périphérie au centre, à la fois en tant que décideurs au sein des institutions financières mais également en tant que consommatrices des produits financiers. Mais bien des obstacles subsisteront encore limitant leur participation. Le changement sera progressif et à long terme et pour les principaux acteurs du secteur financier, il s’agira de définir une série d’objectifs à atteindre, et des mesures à prendre pour considérablement accroître la participation des femmes. L’élaboration de ces objectifs et mesures se fera de façon concertée, afin que tous les acteurs puissent s’en approprier et appuyer les résultats attendus.Le réseau New Faces New Voices et la Banque africaine de développement assureront la coordination du suivi du Sommet et veilleront à ce que tous ces «acteurs de changement» rendent compte de leurs réalisations au prochain sommet prévu pour 2012. Il sera élaboré des mesures concrètes visant à faire front sur les réseaux de femmes existants pour permettre aux femmes de peser de tout leur poids dans la détermination du programme


d’action et participer à la prise de décisions dans les sphères économiques. Graca Machel explique sans détour «nous avons besoin d’identifier les voies et moyens de faire plus porter la voix des femmes dans les discussions menées au sein des organismes internationaux sur la question de la mise en place d’un système financier mondial plus durable. Au nombre des principaux résultats attendus du Sommet figurent l’extension du rayonnement et l’augmentation du nombre de membres du réseau ‘NFNV’, ainsi que l’affinement de sa mission et de ses activités».

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Paroles

Ethiques


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Angélique

Kidjo «l’Afrique a tant donné, il est temps de recevoir»

A

ngélique Kidjo est une chanteuse béninoise, une star internationale aujourd’hui établie aux Etats Unis. Auteur et compositeur, elle est lauréate de plusieurs Grammy Awards.

Femme de coeur et d’engagement, fidèle à son Afrique natale, elle a associé son nom à la Fondation Batonga qui donne aux filles une éducation secondaire et supérieure afin qu’elles puissent prendre les devants et changer l’Afrique.

Par Maya G Crédits photo: ©Jed Root United Fashion for Peace Magazine

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Parlez nous de Batonga

L’Appel de vos racines?

Cela a été efficace selon vous?

Opportunity Fund a donné naissance à la Fondation Batonga?

C’est une Association qui a vu le jour il y a quatre ans. Je suis Ambassadrice de l’Unicef et la raison de mon engagement est très simple: je voulais combattre la précarité des études secondaires chez les filles. C’est ma façon à moi de mettre un petit pied dans l’édifice des objectifs du millénaire d’ici 2015. Depuis mon engagement par rapport à cette cause je n’ai cessé de sillonner le Monde en demandant aux parents de mettre leur fille à l’école.

Et bien tout ce que je peux dire c’est qu’en Afrique de l’Ouest où je parle certains des dialectes, on a commencé à mettre un nom sur mon visage et on a commencé à réfléchir. Il y a trois ans de cela, je suis retournée dans certains des pays où j’ai fait campagne et certaines mères sont venues à moi pour me dire qu’elles comprenaient l’importance du problème, qu’elles avaient envie que leurs filles aient un meilleur avenir qu’elles. En Afrique dès qu’on a les premières règles on cherche à marier les filles; elles m’ont demandé «aideznous à faire en sorte qu’elles aient un autre destin» pour les sauver du mariage précoce. J’ai grandi en Afrique dans une famille pauvre, je ne sais que trop la chance de pouvoir s’en sortir malgré un destin qui est contre soi.

Oui je suis africaine, je viens du Bénin et je ne l’oublie pas! Je voulais influer sur le cours des choses, j’ai rencontré deux personnes qui ont un cabinet d’avocats à Washington. Ils disposaient d’un Fonds et faisaient quelques actions humanitaires en Ethiopie notamment. Ils étaient fan de ma musique et cela a rendu le contact encore plus facile.

Oui. Batonga c’est d’abord un mot que j’ai inventé au collège. Au Bénin quand on dépasse le brevet, les garçons font tout pour vous harceler, le but c’est soit de vous mettre enceinte ou faire en sorte en tout cas pour que vous n’arriviez pas au BAC. Je me rappelle de mon adolescence et de mes copines, nous étions trois filles de taille différente. Nous venions à l’école en vélo, on dérangeait! Mon père disait toujours «se bagarrer ne sert à rien il faut utiliser sa cervelle» et il avait raison! En pensant à ses conseils quand il me disait «invente quelque chose, un mot, une action, fais quelque chose» et c’est de là qu’est née Batonga: c’est à dire «casses toi, lâches moi les baskets, je peux faire ce que je veux et devenir ce que je veux!».

La nomination de la Kenyane Wangari Maathai cela vous a motivé? Quels sont les pays qui bénéficient du proOui, je me suis intéressée à sa vie quand elle gramme Batonga? était jeune fille. J’ai compris que parce qu’elle avait été boursière, qu’elle avait bénéficié d’une bonne éducation quand elle était jeune, elle avait tout simplement voulu rendre cela à la société. Cela m’a vraiment encouragée, j’ai compris alors le poids de ce message. Je connaissais quelqu’un aux Nations Unies et je me sentais prête à m’engager mais je ne voulais pas faire n’importe quoi.

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Cinq pays au total: Mali, Bénin, Cameroun, Sierra Leone et Ethiopie. Je récupérai en fait des filles qui étaient au primaire pour les réinsérer dans le secondaire. L’USAID est venu ensuite à moi en m’expliquant qu’ils avaient des programmes pour des Ambassadeurs auprès de ces catégories d’enfants.


Je leur ai expliqué que je voulais aller plus en avant dans mon engagement, donner des bourses mais aussi donner des formations aux professeurs. J’ai également expliqué que je voulais adhérer au programme des parrains pour être le lien entre l’école et la famille. J’ai insisté aussi pour que les petites filles aient au moins deux repas par jour. Je ne travaille qu’avec des fondations qui répondent à ces critères. Je fais en sorte que tout l’argent que je récupère serve également à construire des écoles et des latrines comme ce fut le cas en Sierra Leone.

Les catégories ciblées?

Je m’intéressais particulièrement aux enfants très pauvres, les handicapées et les filles orphelines du Sida.

Aux filles que dites-vous ?

Je leur dis «Moi je ne suis que l’artiste, le reste est dans vos mains, choisissez votre destin et le juste chemin pour y parvenir». Je délivre toujours aux jeunes ce message «quand vous avez de vous même l’image d’un mendiant alors vous resterez mendiants, si par contre vous avez la volonté de vous en sortir, alors une fois que l’aide est là vous en profiterez pleinement! Arrêtez la politique de la main tendue pour autant, ne restez pas dépendants, battez vous. Acceptez avec humilité et sans humiliations ce que l’on vous donnera car l’Afrique a tant donné et n’a jamais rien reçu en retour! » Il faut se réapproprier tout ce qui nous a été enlevé. La prise du pouvoir de la femme africaine vous en dites quoi? Je pense qu’il faut arrêter un courant de pensée qui consiste à dire ou faire croire que les africaines sont des victimes. Elles n’ont pas envie d’être perçues comme cela! Elles veulent simplement qu’on leur mette le pied à l’étrier. A l’époque, quand le Secrétariat d’Etat américain sous Bush m’avait sollicitée pour savoir comment il s’agissait de faire les choses différemment concernant l’Unicef, je leur ai répondu que la chose la plus fondamentale quand vous envoyez de l’argent en Afrique, c’est de le faire Angélique Kidjo avec Fériel Berraies Guigny Crédits photo: ©Droits réservés

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sans donner l’impression que vous vous débarrassez de quelque chose. Suivez chaque centime que vous envoyez à chaque femme ou enfant. Visualisez-les, faites en sorte que ces dons ne soient pas anonymes. Il faut arrêter les clichés sur nous et les fantasmes sur notre Continent. Moi je ne travaille et ne m’associe qu’avec des individus sur le long terme. Le cynisme du monde actuel m’insupporte car c’est de la lâcheté!

De l’Afrique à l’Europe aux Etats Unis aujourd’hui, Angélique votre musique fait le lien?

J’ai vécu quatorze ans en France, mon mari est français. Si je suis aujourd’hui aux Etats Unis c’est parce que je voulais aussi faire le lien. J’ai commencé en fait une trilogie d’albums qui m’a conduite aux US. Mais j’ai aussi séjourné et fais des concerts au Brésil et dans la Caraïbe. Si on y réfléchit bien notre musique celle qui vient d’Afrique elle est écoutée partout.

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Zeinab

Salbi

Z

einab Salbi est une écrivain américaine d’origine irakienne. Activiste dans le domaine du social elle est la cofondatrice et la présidente de Women for Women International. Née en Irak, elle a quitté son pays d’origine pour s’installer aux Etats Unis à l’âge de 19 ans, son expérience avec la guerre entre l’Irak et l’Iran l’a sensibilisée à la situation des femmes dans la guerre à travers le monde. Elle est très engagée par rapport aux femmes victimes des conflits armés et combat toutes les formes de violence auxquelles elles sont soumises. Grâce à une petite équipe Women for Women International essaye de sensibiliser l’opinion publique et sur-

Crédits photo: ©Droits réservés

Présidente de Women for Women International

vole le Monde là où les femmes sont en détresse pour prêter assistance aux femmes survivantes des conflits les plus ravageurs:, Bosnie, Ruanda, Kosovo, Nigeria, Colombie, Afghanistan, RDC, Irak, Soudan etc L’ONG a aidé près de 243,000 femmes à travers le Monde en sensibilisant sur leurs droits et leur a fourni des prêts de microcrédit, a formé des milliers de femmes dans la sensibilisation aux droits, et a aidé des milliers d’autres à démarrer leur propre petite entreprise.

Par Elyssa Souissi United Fashion for Peace Magazine

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Zeinab Salbi qui êtes-vous?

Je suis irakienne j’ai vécu une bonne partie de mon enfance dans ce pays. Je suis une femme qui a grandi dans la guerre et cela a véritablement forgé la femme que je suis aujourd’hui. Egalement ma vision du monde et de la vie. En étant au premier plan quand on est témoin d’un conflit mais également en second plan puisque je la subissais sans y prendre part. J’ai eu la chance d’avoir eu une mère qui nous a protégés, je suis allée à l’école normalement, et j’étais très équilibrée même au milieu des sirènes et des bombes.

Et votre père comment se positionnait-il?

Avec lui, c’était un entre deux les coulisses du pouvoir et le face à face. Il travaillait pour Saddam, il était pilote. Les Weekends ou en soirée on les passait avec la Famille de Saddam Hussein. Nous vivions avec l’élite irakienne de l’époque. Au petit matin, je redevenais cette petite fille qui allait à l’école.

Mais la guerre vous a rattrapé comment?

J’entendais en fait mes camarades de classe parler de l’exécution d’un père ou d’un oncle; ou qu’un parent qui aurait péri durant un affrontement ou en prison. C’est là que je réalisais la dichotomie du fait de grandir dans un contexte d’injustice. Cette pensée allait de plus en plus m’obséder à mesure de que je grandissais.

Le grand saut en Amérique, c’est à vingt ans?

Oui et quelque part je suis devenue le lien et aussi l’emblème de l’affrontement entre le Nord et le Sud. Le Monde arabe et les Etats Unis ce n’est pas toujours un long fleuve tranquille. J’ai cependant décidé de dépasser cela car je m’intéresse à toutes les femmes du Monde impliquées dans les conflits armés. Ces deux perspectives sont en constant mouvement et il faut arriver à les faire cohabiter sereinement.

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Le changement c’est la thématique de cette édition du Forum, vous y croyez?

Oui c’est l’ère de la femme le 21e siècle, il nous faut aujourd’hui être unies et solidaires. Il nous faut faire le lien, construire des ponts pour pouvoir s’écouter, s’entraider quand on est dans le besoin. Il nous faut cette solidarité qui nous manque tant pour faire face. Et c’est la définition même de Women for Women International.

Women for Women International est votre bébé?

J’ai décidé de le créer j’avais en fait une vingtaine d’années. L’élément catalyseur? le génocide en Bosnie. Bizarrement et naïvement, je n’avais jamais pensé un jour entendre parler d’un conflit qui aurait eu la même ampleur que la guerre en Irak. A l’international, je n’étais pas très consciente politiquement des choses. Je pense même que ma culture me demandait de ne pas trop m’intéresser à ce qui pouvait se passer en dehors de mes frontières d’origine. Ce sont les médias qui vont m’y initier, ils ont fait une sorte d’éducation. Les camps en Bosnie où les femmes étaient numérotées pour ensuite être livrées à des viols de masse. Cette terrible histoire date d’il y a dix sept ans. Mais en vérité, elle ne fait que se répéter dans beaucoup de pays et notamment en Afrique. A l’heure où nous parlons des centaines de milliers de femmes congolaises sont en train de se faire violer. C’est un échec terrible pour l’humanité.

Que faire pour sensibiliser sur ce fléau?

Je pense sincèrement qu’il faut nous réveiller et rappeler les consciences sur ces tragédies qui restent endémiques dans la région. Il faut en parler et utiliser tous les moyens possibles pour nous faire entendre.


L’Afrique est un Continent de diversité et de dis- Comment dédramatiser les clichés de l’Occident? C’est la burqa de l’Occident elle rend aveugle on parité la même chose pour le Monde arabe, ne ne voit pas sur les côtés. Il faut aller au delà. L’Occident craignez vous pas également que l’Occident ait voit à travers ses yeux, c’est assez réducteur, pour eux il une vision faussée de nos réalités et qu’il récu- n’y a qu’une vision du monde. Un type de femme, un type de liberté. Il faut plus de père politiquement?

Je suis tout à fait d’accord avec vous. Il faut combattre les clichés. Regardez moi je suis irakienne et non voilée! mais si je veux qu’une femme me respecte je dois également respecter son désir de se voiler. Cela est la source du respect de l’autre et cela est au centre de nos croyances en islam. Il faut accepter les diversités de la religion. Si aujourd’hui nous avons le fondamentalisme, ce que je considère être un retour a l’âge des ténèbres, c’est bien parce que l’on ne respecte pas ces valeurs de tolérance. Ma mère me disait toujours tout ce qu’il te faut faire c’est sourire et remercier le bon dieu. Cela est mon islam !

Il ne faut pas laisser les individus manipuler la religion. Il y a tant de complexité et nous avons tendance à prêter l’oreille à l’extrémisme alors qu’il faut plutôt se fier sur l’opinion des populations concernées. Ma mère était croyante et pratiquante et elle m’a dit un jour « tu ne dois pas nécessairement savoir cuisiner ou faire le ménage juste parce que tu es une femme»! Ma mère est allée à l’Université, elle travaillait, en même temps qu’elle pratiquait sa religion. Il faut arrêter la confusion qui consiste à faire croire que ceux qui pratiquent la religion sont des victimes ou des gens opprimés. Nous avons le choix. La religion musulmane n’est pas en train de passer par l’obscurantisme que l’on dit! La culture et la religion sont en passe de s’adapter au temps et à l’espace. En Irak, les femmes qui portent le tchador sont actives, beaucoup d’entre elles sont des activistes politiques, elles se battent pour le droit des femmes.

nuance, plus de mesure, plus d’ouverture de la part de l’Occident. Il y a tant de beauté dans l’Islam et comme l’a dit Bill Clinton «Si Khadija était vivante de nos jours, elle serait la plus fortunée et la plus talentueuse des femmes d’affaires du Moyen Orient, nous devons ramener Khadija»! Nous sommes toutes des Khadija si on le veut bien.

Etre irakienne aux Etats Unis cela fait quoi?

Je n’ai pas eu de problèmes à ce sujet, j’ai toujours été privilégiée. Par contre je sais que beaucoup d’autres ont souffert après le 11 septembre, on a mis des gens en prison injustement, on a mis des foyers sous surveillance. Mais la beauté ce pays c’est son melting pot.

En Afrique qu’est-ce qui vous a touché ?

Si on me disait que j’ai un an encore à vivre, j’irais sans hésitations au Congo. Je vivrai au Bukavu. La vie là bas est si entière. J’ai rencontré des femmes qui ont vu l’horreur et pourtant elles se sont relevées. Les femmes africaines sont les meilleures leçons que j’ai eu de la vie. Je me rappelle de cette femme jeannette, les miliciens sont venus à elle, ils ont coupé sa jambe en quatre morceaux, ils ont tué son mari, ils ont forcé ses enfants à manger la jambe de leur mère. Parce qu’un des enfants a refusé ils l’ont tué, il avait neuf ans! Je la revois aujourd’hui, souriante me parlant de sa petite entreprise, de ses enfants qui vont à l’école «je ne renoncerai jamais, ils ont voulu anéantir mon âme mais je ne succomberai pas» m’avait-elle dit.

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Women For Women International fait beaucoup pour les femmes du Combat, nous avons lancé un marathon et nous avons courru pour toutes ces femmes pour leur dire que l’on pense à elles. Ce marathon pour le Congo s’est fait dans le monde entier et aussi au Congo où Jeannette y a aussi pris part «je me dis toujours si Jeannette peut courir, qui sommes-nous pour ne pas le faire» ?

Comment faire face aux viols de guerre?

Il faut sensibiliser, parler à l’humain, faire pression à tous les niveaux. Il faut créer des mouvements publics comme ce marathon, c’est ainsi que l’on crée une prise de conscience publique: les médias puis les individus finissent ensuite par s’en emparer.

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Sylvie

Brunel «Le développement durable... une grosse arnaque pour l’Afrique!»

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éographe française, militante, écrivain, Sylvie Brunel, ex épouse du très médiatique et controversé Ministre français Eric Besson, a un parcours bien à elle. Femme engagée à la parole libérée, elle est de celle qui n’ont pas froid aux yeux ni au verbe. Amoureuse de l’Afrique depuis des années, elle mène un combat pour notre Continent et ne cesse de décrier les torts et travers du développement durable en Afrique. Le développement durable selon elle, serait une nouvelle forme de colonialisme et de résurgence capitaliste. Là où la planète bio est supposée apportée ses nombreuses vertus, elle dénonce certaines pratiques du Nord qui continuent d’enchainer l’Afrique.

Crédits photo: ©Droits réservés

La tendance écolo de plus en plus inégale face aux citoyens montre un visage peu humain. A la tête d’ACF, Action Contre la Faim. Sylvie Brunel en est partie avec fracas en dénonçant les dérives de l’organisation et des ONG en général en Afrique. Publié chez Larousse son livre «A qui profite le développement durable?» met en lumière l’exploitation par les entreprises et les gouvernants du concept de développement durable. Récit d’une encontre avec une femme de coeur.

Par Fériel Berraies Guigny

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Développement durable, une fausse solution Le «Vert» un nouveau Business pour le Nord pour l’Afrique Même les concepts ou les théories les plus formidables ont des failles et sont utilisés et détournés pour des profits marketing. Et pour preuve, le livre de Sylvie Brunel est sans complaisance, il nous ouvre les yeux par rapport à un phénomène qui contribue à générer un véritable apartheid économique dans notre région. «Au nom de la préservation de la biodiversité caricaturée dans l’apologie des Big Five, l’Afrique voit se multiplier les parcs et réserves, alors que les populations paysannes manquent encore de tout » Pour les hommes il n’y aurait alors que l’alternative des bidonvilles alors que pour les animaux sauvages qui seraient mieux lotis, il y aurait des balises argos et des corridors de la biodiversité. Constat d’autant plus affligeant, que si l’un de ces hommes s’avérait vouloir sortir de son bidonville dans l’espoir d’une vie meilleure dans le Nord, la seule alternative serait le centre de rétention ! Difficile donc de croire que le développement durable concept à la mode, se fasse dans l’intérêt de la planète et en tout cas des africains. Tout le langage est faussé car il se fait au dépend des pauvres du monde entier, puisqu’il est une valeur imposée par les pays riches. Les barrières entre le monde développé et le monde en développement sont géographiques certes mais elles continuent surtout à opposer les inclus et les exclus, ceux qui ont accès au savoir, à la mobilité et aux richesses, et ceux qui sont encore soumis à la pauvreté, l’oppression et les distances. Les pauvres sont devenus des ennemis de classe, on leur interdit l’accès aux villes à cause de leur vieilles voitures polluantes, on les parque dans des territoires répulsifs.

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Ce concept sert en réalité à trouver de nouveaux marchés en culpabilisant les citoyens et en les incitant à remplacer leurs produits (voitures, chauffage, ampoules) Il stigmatise aussi les produits en provenance du Sud pour légitimer le maintien d’un protectionnisme revêtu désormais d’arguments environnementaux. Même si les alertes à la pollution sont réelles dans le Monde, il faudrait être nuancé. Entretemps, une nouvelle Guerre Froide Nord-Sud s’est installée entre les deux blocs, focalisée sur le carbone.

Développement durable rachat de culpabilité du Nord ? Il n’y a pas de «nature» idéale, même dans le Nord car c’est avant tout une construction sociale. Dans le Sud, il y a encore les savanes africaines devenues des « parcs » en ce sens que les arbres ont été préservés ou éliminés par les populations paysannes qui y vivent. Même les parcs naturels d’Amérique du Nord ne sont pas naturels. Parti de ce constat, il faut cesser de culpabiliser les sociétés du Sud. Avec le changement climatique, le Nord accuse toujours les pays du Sud de saccager la planète, pour autant ils ne sont pas prêts à leur fournir les technologies qui leur permettraient de s’en sortir. Il faut arrêter le catastrophisme climatique et le matraquage systématique qui mobilise les crédits sur de mauvaises voies.


L’Afrique est le laboratoire du développement durable occidental Depuis toujours l’Afrique est précurseur du développement durable. Contraints et forcés car il a fallu recycler, récupérer, réutiliser. Ils ont fait du développement durable à leur manière, face à la pénurie et à la frugalité. L’Occident a beaucoup à apprendre de la relation de l’Afrique à la terre, de cette économie du lien plus que du bien où les réseaux sociaux comptent plus que la richesse matérielle. Faire beaucoup avec peu voilà une des plus grandes vertus de l’Afrique, et l’Occident doit apprendre à faire de même. Mettre en place des sociétés équitables doit être le projet à venir pour nos sociétés dans le Nord et le Sud. Cela supposera des Etats qu’il y ait une vraie politique de redistribution et de réaménagement des territoires. Il faut arrêter les initiatives compassionnelles au coup par coup, suivies ensuite d’une indifférence abyssale!

Solution pour demain Elle pourrait résider dans une coopération accrue autour de technologies propres et d’un progrès durable au service de tous. Il faudrait parvenir aujourd’hui à donner à l’Afrique les moyens d’une gestion durable des territoires. Généraliser l’éducation, aider les paysans à produire et à vendre mieux, équiper les villes de transports de service public, rendre les équipements sanitaires accessibles à tous. La redistribution des richesses est une nécessité vitale cependant pour tous. Les émissions de carbone ne sont en réalité qu’une des causalités parmi d’autres, il faut apprendre à polluer moins, produire moins, adopter une économie légère en somme.

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Prix

Ethiques


FONDATION JACQUES CHIRAC «... se mobiliser pour que prévale la paix sur les facteurs de guerre.» Jacques Chirac

L

a Fondation Chirac poursuit l’œuvre de Jacques Chirac au service de la paix et soutient des actions contre les inégalités les plus flagrantes. La Fondation milite pour la dignité des peuples, la protection de leur environnement et de leur langue. Parmi les objectifs inscritS dans son agenda il y a quatre axes privilégiés: - l’accès à l’eau et à l’assainissement - l’accès à la santé et aux médicaments de qualité - la lutte contre la déforestation et la désertification - la préservation de la diversité culturelle Tous ces efforts convergeant vers un même but, à savoir la prévention des conflits. Flashback sur un engagement éthique...

Par Fériel Berraies Guigny Crédits photo: ©Didier Plowy United Fashion for Peace Magazine

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Chirac et l’Afrique On le surnomme à dessein Chirac d’Arabie ou encore Chirac l’Africain. Il est rentré dans la postérité comme étant le seul président à avoir dit non à la guerre en Irak, le seul Président à être resté très proche du Continent Africain qui d’ailleurs le lui rend bien. Au Sommet France-Afrique le dernier qu’il ait connu en tant que Président de France, à Cannes, le président français, Jacques Chirac, avait clamé haut et fort son engagement et son amour pour l’Afrique. Avec la présidente de l’Union européenne, Angela Merkel, il affirmait la nécessité d’entretenir désormais avec le continent africain des relations basées sur le partenariat et le respect mutuel. « Nous sommes réunis parce que la France aime l’Afrique et se sent liée à elle par les engagements de la fraternité, de l’histoire et du cœur»;« J’ai tissé de longue date des liens personnels avec beaucoup d’entre vous et, vous le savez, j’aime et je respecte l’Afrique ». Dans tous ses discours il n’a eu de cesse de rappeler la nécessité de parvenir à une intégration africaine au concert des Nations; pour lui l’Avenir du Monde ne peut se dissocier de l’Afrique et c’est encore le même discours qu’il tient aujourd’hui au travers de sa fondation. L’heure est venue pour l’Afrique de se relever car elle qui a tant donné a « toute sa place dans la mondialisation pour devenir un pôle de paix et de prospérité » a-t-il ajouté.

Un partenariat gagnant - gagnant mettant fin à la Françafrique Un souhait qui rejoint celui de l’Union Européenne: «l’humanité du continent européen sera jugée à l’aune des relations avec l’Afrique». Citant les défis que l’Afrique aurait à relever -le réchauffement de la planète, la pauvreté, les guerres, la fracture numérique-, l’UE a expliqué qu’ils ne le seraient qu’en pratiquant un «partenariat» étroit entre les pays européens, les Etats africains et, plus largement, l’ensemble de la communauté internationale: «Nous ne 176

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venons pas vous soumettre des solutions, a-t-elle déclaré, nous vous proposons un dialogue pour qu’ensemble nous trouvions des solutions». Elle a, par ailleurs, précisé que 60% des ressources de développement de l’UE étaient attribuées à l’Afrique et que cet effort serait poursuivi.

Prix 2010 de la Fondation Jacques Chirac L’Aide au développement est notoirement insuffisante

L’aide au développement doit avoir plus de moyens et il est urgent de lui trouver de nouveaux financements, car à l’heure d’aujourd’hui elle est insuffisante et injustement répartie. Les droits fondamentaux tels que l’accès à l’eau et la sécurité alimentaire ne sont toujours pas respectés parmi les pays pauvres ceci contribuant à une espérance de vie des plus faibles. Pour l’ancien Chef d’Etat français on peut y remédier « Avec mon ami le Président Lula du Brésil à l’époque on avait imposé la création d’une contribution de solidarité sur les billets d’avion afin de faciliter l’acquisition à de meilleurs prix des médicaments de bases aux pays en difficultés» explique Jacques Chirac. Aujourd’hui, cette idée devenue un véritable programme est gérée par United.

Imaginer d’autres financements innovants

Il faut trouver de nouveaux fonds d’aide innovants pour les secteurs de développement qui impliquent de gros efforts financiers comme l’accès à l’eau, l’éducation, le développement agricole, la conservation de la biodiversité. «Je soutiens la déclaration de fonds innovants telle que proposée le 21 septembre dernier par le Japon, soutenue par la Belgique et la France appuyée par l’Espagne et la Norvège, l’Union Africaine et l’Union Européenne et bientôt par plusieurs autres pays d’Afrique...Je suis prêt avec ma fondation à apporter ma contribution pour convaincre les décideurs politiques et mobiliser la société civile sur la nécessité de mettre en place un financement cohérent avec les caractéristiques propres de la mondialisation qui sont la rapidité et la masse de mouvement de personnes


de biens et de valeurs», affirme M. Jacques Chirac. Toutes ces initiatives sont plus que jamais cruciales en vue d’aider les pays les plus fragiles à améliorer leur gouvernance à mieux travailler ensemble pour assurer une meilleure coopération régionale et à sortir durablement de la pauvreté Le G20 qui est sous Présidence française depuis peu doit s’investir plus que jamais en ce sens. Parmi les membres du jury: M. Rajaundra Pachaury, Prix Nobel de la Paix 2007, Président du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC) Directeur Général de l’Institut indien de l’énergie et des ressources (TERI) ainsi que Directeur du Yale Climate and Energy Institute (YCEI) reconnu pour son expertise dans les domaines industriels, économiques et environnementaux. M. Rajaundra Pachaury «Les dérèglements climatiques sont facteurs de conflits dans le Monde» «Pour moi prévenir les conflits est autant cruciaux que prévenir la destruction de notre environnement, les conséquences sont tout autant dévastatrices» En prévenant une crise au sein de notre foyer nous protégeons par la même occasion toutes les parties du Monde et à cet effet les efforts de la Fondation Chirac sont à souligner car ils permettent de mettre en lumière l’importance du développement durable pour espérer un jour mettre fin aux conflits «en réalité ce qu’il faudra retenir c’est que les écarts vont se creuser de plus en plus entre les pays pauvres et riches et le fossé sera d’autant plus grand qu’il sera exacerbé par les changements climatiques»! Nous devons nous préparer à des interférences anthropogéniques dangereuses à venir dans le Monde.

Changements climatiques et crises larvées : les liens

Des études ont démontré que le réchauffement climatique global qui a commencé au début du XX e siècle est du aux émanations de gaz à effets de serre. Ce sont

les sociétés humaines qui sont responsables des changements climatiques et il faut faire face à ce défi. L’écosystème planétaire est perturbé et il y a une augmentation des inondations, sécheresses, incendies de forêts, invasion d’insectes, extinctions d ‘espèces animales. Dans les régions tropicales, la sécurité et la production alimentaire est en danger, même si les températures augmentent à 1 ou 2 degrés Celsius. L’Afrique subsaharienne est menacée et c’est d’autant plus grave que presque la majorité des populations vivent de l’agriculture. Certaines régions du Monde subissent des inondations démesurées, notamment en Asie et en Afrique. Les villes en danger: Shanghai, Dhaka, Calcutta qui sont des capitales où la population et les biens sont très denses. A chaque désastre naturel, les vies et l’intégrité matérielle des populations sont en jeu. Certaines iles états sont en péril: les Maldives et près d’une centaine d’ile de la région sont menacées, et certaines iles sont déjà évacuées à l’heure qu’il est «la plupart de ces iles sont à 1 ou 2 mètres du niveau de la mer». Le problème de l’eau va se poser en Afrique subsaharienne, mais également dans les régions méditerranéennes et le Sud de l’Europe, des régions qui vont être prochainement touchées par la pénurie d’eau. «Si l’on veut résoudre la problématique des conflits générés par les changements climatiques il faut d’abord gérer la problématique globale du changement climatique»! conclut le Prix Nobel. Si nous voulons trouver des solutions à ces problèmes endémiques qui touchent l’humain il faut aussi investir davantage en lui et lui donner plus grand accès à l’emploi, l’éducation, une meilleure couverture sanitaire, une meilleure sécurité alimentaire, etc. En conclusion deux stratégies possibles: 1/ la dénégation, la négligence, l’utilisation abusive des ressources 2/ prendre conscience de la situation, commencer à penUnited Fashion for Peace Magazine

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ser à des solutions pour gérer les problèmes que nous avons causés et essayer de trouver des solutions pour faire face! Vaira Vike-Freiberga Présidente de Lettonie en 1999, puis à nouveau en 2003, particulièrement active dans les affaires européennes et étrangères. Elle fit adhérer son pays à l’OTAN et l’UE en 2004. Depuis la fin de sa présidence, elle est restée active à l’échelle internationale. Récipiendaire de nombreux prix dont le prix Hannah Arendt de la pensée politique en 2005 et a reçu 37 ordres de mérite (première classe) 16 doctorats honorifiques. «Il n’y a pas de meilleur investissement dans la planète que de souligner et de récompenser les grandes personnalités qui œuvrent souvent dans l’ombre ou sous les feux de la rampe mais avec grand engagement et passion au rétablissement de la paix dans le Monde, une étape essentielle pour la sécurité de la planète pour créer un Monde plus juste et sûr pour les générations actuelles et à venir » affirme l’ancienne Chef d’Etat de la Lettonie. Une initiative des plus nobles qui vient mettre en lumière des parcours et des grands hommes dont Lakhdhar Brahimi. Michel Camdessus Membre de l’Africa Progress Panel présidé par Koffi Annan, il a été Directeur Général du FMI de 1987-2000, après avoir été Directeur du Trésor (1982-84) et gouverneur de la Banque de France (1984-1987). A travers de nombreuses missions il a mis son expertise au service des «biens publics mondiaux» et fut le Représentant personnel de Jacques Chirac pour le NEPAD. «Sant’Egidio est une organisation de la société civile qui échappe à toute tentation de faire valoir depuis toujours» Mais l’ activité humanitaire et l’engagement exemplaire auprès des déshérités des plus grandes villes du Monde et le travail de pionnier sur des maladies comme le sida ont marqué les esprits. Mario Giro spécialiste des relations internationales a fait l’essentiel de ses missions en Afrique comme au Burkina Faso où il avait réussi à insti178

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tuer un état civil pour les enfants». Camdessus décrit son action comme étant une «diplomatie singulière fondée sur le choix de moyens les plus simples relatifs à la modestie, le souci de n’être qu’au service des autres, partisan de le paix et avant tout respectueux des autres» tant de qualités qui lui valent le prix aujourd’hui de la Fondation Chirac» Il faut combattre la logique de la violence et l’éradiquer de ce monde; ceci sera rendu possible grâce à l’action d’hommes comme Mario Giro, que nous remercions pour cette chance pour la fraternité dans le Monde». Les lauréats du prix de la Fondation Chirac en 2009 s’expriment, il s’agit de deux africains à l’honneur : l’Imam Muhammad Ashafa et le Pasteur James Wuye pour leur action en faveur du dialogue entre chrétiens et musulmans du Nigéria; Imam Muhamad Ashafa «Nous avons eu il y a un an cette distinction et c’est une grande reconnaissance pour notre travail et notre intégrité sur le terrain. Depuis notre expérience a été reconnue au travers de nombreux autres prix comme celui que nous venons de recevoir à New York «... mais le plus important pour nous c’est de faire naitre une prise de conscience à savoir que notre Monde est de plus en plus alimenté par la haine au lieu de l’amour par la rancœur au lieu du pardon, par l’avarice au lieu de la compassion» cela conduit à l’intolérance et au rejet de l’autre. Armes de destruction massive versus la satisfaction des besoins des populations Un constat affligeant et alarmant surtout quand des gouvernants encouragent le terrorisme et utilise des humains comme arme au lieu de trouver une table de négociation. Des leaders qui dépensent des sommes astronomiques pour les armes de destruction massive au lieu d’investir dans les besoins de base des populations. Le


Monde se nourrit d’une perte d’identité et de valeurs morales « nos leaders mondiaux cultivent la différence au lieu de prôner le rapprochement entre les peuples, il y a un océan de confusion d’autant plus aisé que la pauvreté et le manque d’éducation rendent les populations encore plus hermétiques et manipulables».

conflits dans nos pays»! il faut également renforcer nos institutions politiques pour avoir le courage de confronter les incohérences de nos pays. La diplomatie préventive est le début de l’espoir, le dialogue viendra ensuite. Il faut cesser de criminaliser la religion! «La religion ne saurait en aucun cas être une arme ou un instrument de persuasion ou de négociation politique, «ceux qui utilisent la religion à cette fin sont des criminels!!» ajoute l’Imam Ashafa. Pasteur James Wuye: «Il faut une solution africaine à une crise africaine!» La Fondation Chirac est une plateforme d’engagement local et international « après notre nomination l’année dernière, nous nous sommes d’ailleurs envolés en Irak. A l’heure actuelle, nous sommes aussi convaincus que la région du Soudan est sérieusement menacée, ce sont des pronostics qui je pense vont s’avérer et il est important de trouver les outils nécessaire pour prévenir la crise qui va embraser la région. S’agissant de l’Afrique même si les efforts de la Communauté internationale sont importants, il faut se dire qu’il est important de trouver une solution africaine à une problématique africaine». Bien que disposés à traduire toutes les bonnes volontés en vue de prévenir un conflit il est important de donner aux populations du Continent un role model qui soit de chez nous.

Imam Muhammad Ashafa et Pasteur James Wuye Crédits Photo : ©Fondation Chirac Avec la Fondation Chirac le message est clair : la solution pourrait venir rien qu’en identifiant des role models capables de fournir les discours nécessaires à une meilleure compréhension des besoins de l’autre. Identifier des stratégies de rapprochement et de dialogue « nous devons apprendre à planter les graines de la prévention des

Ceci dit, l’aide de la Fondation Chirac à acquérir des terres au Nigéria pour construire notre Institut international de prévention et de résolution des conflits fut cruciale. Nous avons la terre il ne faut plus que le construire. Depuis que le travail a commencé il y a dix ans dans la région de Kaduna, la paix est revenue explique le Pasteur « grâce à Dieu au soutien de la Fondation Chirac, le Nigéria deviendra un role model et le Sud Soudan connaitra bientôt un répit et un référendum, à l’heure actuelle nous sommes en train d’éduquer les gens du Sud Soudan à ce titre». United Fashion for Peace Magazine

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Un Institut pour inculquer la culture du dialogue à Kaduna Nous œuvrons actuellement auprès des populations en vue d’éviter que tout conflit ne soit corrélé à la religion « cette récupération est très fréquente dans notre région» ajoute le Pasteur. Nous comptons en décembre, date des élections, lancer notre programme de prévention des conflits et inviter trois personnalités des trois religions émanant d’un Etat en conflit, un musulman d’Afghanistan, un juif d’Israël et un prêtre Bosniaque pour venir au Nigéria et partager une table du dialogue. Nous restons ouverts à tout échange avec des Universités ou Institutions qui désireraient partager notre expérience mais également nous soutenir conclut le Pasteur James Wuye. Le Lauréat du prix de la Fondation Chirac 2010 Mario Giro de la Communauté Sant»Egidio «... la paix ne s’impose pas elle se compose» !

La force tranquille d’un homme de paix

Subtilité de la force tranquille basée sur l’écoute, la patience, le respect et l’amitié, voici le secret de cette Communauté pour la paix. Mario Giro chargé des relations internationales de la Communauté Sant’Egido est un négociateur qui réussit à désencombrer des négociations sans espoir, à réduire des inimitiés et à ramener le dialogue entre ceux qui avaient juré de s’ignorer. Son courage n’a d’égal que son empathie et sa discrétion, savoir affronter les dangers la tête froide mais aussi pouvoir s’effacer pour laisser les gouvernants et les institutions internationales reprendre leurs cours. Un travail au service de l’autre dans le plus grand désintérêt total, vingt ans au service de la paix et des hommes, notamment en Afrique. En 94 il participe à l’organisation de la rencontre sur l’Algérie et est coauteur d’un livre sur ce sujet (Algeria in Ostaggio - Impagliazzo, M., et M. Giro, Milano, 1997). En 1996, Mario Giro participe à Rome aux rencontres préliminaires pour la résolution de la crise au 180

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Burundi. Au Kosovo, il participe à la mise en œuvre de l’Accord du 1er septembre 1996 entre le président serbe Milosevic et le kosovar Jugovar permettant l’accès des albanais kosovars aux écoles en 1997-98 Au Libéria Mario Giro organise et participe aux réunions Sant’Egidio avec les rebelles du Libéria ( LURD) son intervention mène en 2004 à la signature d’un pacte d’engagement qui permet après 14 ans de guerre, la préparation d’élections libres. Il participe à diverses tentatives de négociation pour la résolution de la crise au Darfour, Mario Giro organise à Rome une visite des chefs rebelles et une rencontre en mai 2005 à laquelle participent tous les mouvements du Darfour. En 2006, Mario Giro participe à des missions dans la forêt du Sud Soudan et en République Démocratique du Congo où, avec les autorités du Sud Soudan il rencontre Kony et les autres chefs rebelles. Plus récemment, au Niger après la crise, une transition démocratique est en cours; la Communauté Sant’Egidio vient de réunir à Rome les forces vives et politiques et sociales du pays qui acceptent de lancer un appel à une transition démocratique qui comporte des étapes bien définies et la conclusion de ce processus se fera début 2011.

Focus sur la Communauté Sant’Egidio

Créée en 1968 à Rome, au lendemain du Concile du Vatican II, à l’initiative de quelques lycéens, dont Andrea Riccardi, elle doit son nom à la petite église de Sant’Egidio ( Saint Gilles) du quartier romain de Trastevere. C’est là que se situe cette communauté catholique à laquelle participent plus de 50 000 personnes, actives dans plus de 70 pays des cinq Continents. Cette Communauté a le statut d’Association laïque. La prière et la solidarité avec les plus défavorisés, font partie des tâches qui sont vécues comme un service volontaire et gratuit. Au niveau local comme au niveau international, la communauté s’engage en faveur de la solidarité, l’œcuménisme, le dialogue entre les religions, et a également développé


des initiatives en faveur de la paix et de la réconciliation. Elle est très active dans la résolution et la prévention de conflits en Afrique et en Amérique Latine. La Communauté Sant’Egidio a accompli de grandes choses pour l’humanité et la préservation de la paix dans ces régions et a toujours œuvré dans le silence à l’écart de toute médiatisation excessive. Cette Communauté se fera remarquer à travers le Monde pour le travail remarquable effectué sur l’effroyable guerre civile qui avait ravagé le Mozambique pendant cinquante ans. Une organisation qui en recevant le prix de la Fondation Chirac, verra sûrement tous ces efforts confortés. Lakhdhar Brahimi lauréat du Prix Spécial du Jury Portrait et parcours exemplaire d’un diplomate algérien «C’est avec une grande humilité que je reçois cette récompense et mon premier devoir est d’exrimer ma reconnaissance à M le Président Chirac ainsi qu’aux membres du jury et à tous ceux qui ont pu me considérer comme étant digne de cette récompense» ! Un vibrant hommage aux grands qui ont marqué «Je me dois aussi de rendre hommage à de grands hommes comme l’ancien Secrétaire Général de la Ligue Arabe Chedli Klibi, l’Ancien Président d’Algérie Chedly Benjdid, Koffi Annan ancien Secrétaire Général des Nations Unies et tant d’autres camarades qui ont partagé avec moi mes victoires comme mes frustrations» a ajouté le diplomate algérien. Sans oublier de remercier le Président Jacques Chirac qui lui fit l’illustre honneur de lui demander de lire son fameux rapport aux Nations Unies à New York en septembre 2000 à l’occasion du Sommet du Millénaire. Une grande reconnaissance pour M. Brahimi. Prévention des conflits: les menaces ont un nouveau visage «Il n’y a pas de recettes magiques, mais la Com-

munauté internationale a tiré de ses succès et de ses échecs une riche expérience, car dans le monde qui est le notre aujourd’hui, les menaces les plus sérieuses pèsent sur l’humanité toute entière « elle ne viennent plus des affrontements entre les Blocs, la fin de la guerre froide y a mis fin. Aujourd’hui, les conflits sont très localisés dans des pays généralement très pauvres qui de proche en proche s’étendent et finissent par menacer des régions entières. Par exemple, l’effondrement du petit Etat du Libéria qui a ensuite fini par toucher le Sierra Léone et qui a fourni les tensions que connaissent aujourd’hui la Guinée et la Côte d’Ivoire ! Autre exemple, l’Afghanistan qui fournit encore aujourd’hui pas loin de 90% de la production d’opium et plus de 81% de l’héroïne qui se trafiquent dans les pays européens. Qui ignore que l’occupation du territoire palestinien, les discriminations, les injustices les humiliations les punitions collectives alimentent les tensions qui périodiquement embrasent le Moyen Orient, menacent le reste du Monde «... j’étais à Gaza il y a deux semaines à peine et j’y ai vu beaucoup de souffrance mais ceux qui s’imaginent que les palestiniens d’ici et d’ailleurs vont renoncer à leur lutte et à retrouver leur dignité, se trompent dangereusement»! Pauvreté, mal gouvernance et corruption se conjuguent et provoquent les conflits «... Ce sont les conflits qui viennent se greffer sur ces variables comme la pauvreté, la mal gouvernance et la corruption qui créent ainsi un cercle vicieux et qui finissent par déborder des frontières pour contaminer de mille façons différentes d’autres communautés» et pour illustrer ces nouvelles problématiques la piraterie qui s’est développée en pleine Somalie en plein milieu d’un chaos politique! Itinéraire sans faute d’un grand diplomate United Fashion for Peace Magazine

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Lakhdhar Brahimi commence très jeune à représenter son pays, l’Algérie, en tant que diplomate alors que sa patrie natale combat pour son indépendance. Il avait 22 ans et lutte au sein du FLN en Asie du Sud Est. C’est à Djakarta qu’il fait ses premières armes diplomatiques et poursuit ensuite sa carrière au sein de son propre gouvernement dans un pays devenu indépendant. Il entame ensuite une carrière régionale au sein de la Ligue Arabe ( 1963/70) et se distingue déjà dans des efforts de pacification ( Sous Secrétaire général de la Ligue Arabe de 1984-91) et d’intégration régionale en 1989. Après 17 ans de guerre civile en Algérie, c’est grâce à Lakhdhar Brahimi que le paix est enfin installée en Algérie. Des succès qui se font remarquer au plus haut niveau international dont celui des Nations Unies. Il poursuivra dés lors un chemin tout tracé en tant que conciliateur, négociateur et représentant personnel de trois Secrétaires Généraux des Nations Unies: Boutros Boutros Ghali, Koffi Annan et Banki Moon. La liste de ces prouesses internationales sont autant diverses que nombreuses. Mais on retiendra surtout ses efforts dans une Afrique du Sud Post Apartheid où au nom des Nations Unis il aura la charge de surveiller les élections qui vont amener Nelson Mandela à la présidence de ce pays en 1994. Il ira ensuite à Haïti de 1994-1996 où il mènera des missions ONU, pour des conflits ouverts ou latents au Nigéria, au Cameroun, au Burundi et au Soudan. Enfin en Afghanistan à partir de 1997-1999. Puis de nouveau en 2001, il conduira le groupe d’experts qui rédige le rapport sur les opérations de paix de l’ONU, dit «Rapport Brahimi». Il est aujourd’hui, membre des «Elders» un groupe de leaders internationaux établi pour promouvoir la résolution pacifique des conflits dans le monde. Lakhdhar Brahimi poursuivra un long chemin de négociation avant d’accéder au poste de Sous Secrétaire Général des Nations Unies chargé particulièrement des missions de prévention et de réconciliation des conflits. C’est à travers toutes ces 182

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missions que le Monde découvre les facettes d’une personnalité diplomatique érudite et fine négociatrice: écoute, patience, persévérance mais surtout capacité à calmer les situations générant les plus grandes tensions. Une force de persuasion, un sens de l’humain et de son approche lui ont valu la carrière qu’il a eu en tant que conciliateur. Le Rapport Brahimi le fait entrer dans la postérité onusienne Mandaté par le Secrétaire Général de l’époque Koffi Annan qui le charge de la rédaction d’un rapport pour évaluer à l’échelle internationale les missions d’intervention pour la paix des Nations Unie, il rédige un rapport qui deviendra historique et qui fera par la même état des carences internationales. Il souligne les déficiences d’une méthodologie utilisée, met en lumière des délais inacceptables dans des situations d’urgence comme par exemple les situations de génocide où chaque heure qui passe coute des vies. Un rapport qui va souligner au sein des Nations Unies la nécessité d’œuvrer non seulement sur la résolution des conflits mais aussi à leur prévention.

Fériel Berraies Guigny interviewant le lauréat 2010 Mario Giro Crédits photo: ©Diane Cazelles


Prix Harubuntu 2010

Deux femmes à l’honneur

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omme chaque année, l’ONG belge Echoes Communication récompense les candidats qui ont fait preuve de créativité, d’adaptabilité à des contextes parfois difficiles dans le Continent. Harubuntu signifie en langue Kirundi « à cet endroit, il y a de la valeur» et met en lumière femmes et hommes pour qui fatalité n’est pas un langage ordinaire. Des talents avec des valeurs inébranlables qui contribuent à la construction ou à la reconstruction de leur société.

Par Aicha Bounaies

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Ini Inkouraba Youl/Damien : Burkina Faso Femme de courage et militante elle se bat pour que les femmes de Gaoua soient des femmes leaders, des roles models. Pour elle, le Continent a plus que jamais besoin de leaders féminines, des exemples qui permettraient de générer de l’espoir et faire prendre conscience aux femmes qu’elles ont la force de décider de leur destin. Avec le slogan: Une femme, un crédit, un arbre, une fille scolarisée, elle met en place différentes activités au sein de ses associations (APFG et Aliniha). Des Associations qui initient plusieurs activités allant dans le sens de la promotion de l’estime de soi. Ini Inkouraba Youl, assiste aussi aux formations pour inculquer des valeurs comme le leadership, la connaissance de soi, l’utilisation du crédit, l’alphabétisation et la connaissance de soi. Elle crée des projets qui génèrent des revenus comme les Unités de production: savonnerie (beurre karité), N’dolo (bar), magasin. Elle essaye également d’inculquer une conscience quant à la nécessité de préserver l’environnement, avec un programme d’arbres à planter dans le village. S’agissant du douloureux problème de l’excision, Ini travaille également beaucoup avec les exciseuses tout en reconnaissant l’importance de ne pas juger . Avec la loi contre l’excision adoptée en 96, des femmes ont été mises en prison. Ini reste cependant contre la répression car les gens ne comprennent pas, il faut d’abord changer les mentalités. « Tant qu’ils n’ont pas été à l’école, les gens n’ont pas la capacité d’analyse. Ce n’est pas leur faute. Il faut démontrer le contraire, éveiller leur esprit» explique-t-elle.

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Sœur Marie Claire Mwenya Manda: Zambie Soeur Marie Claire, s’occupe des femmes seules et démunies de Lusaka au travers de son projet Changamuka.

Une soeur charitable Sa mère aimait donner de la nourriture et des habits aux plus pauvres et la jeune Marie Claire a vite pris les habitudes de sa mère. A son tour, elle a décidé de donner et de se soucier des moins nantis qu’elle. A 15a ns elle entre dans la Congrégation des Sœurs Salésiennes à Mbujimayi où elle crée le premier orphelinat de la région; ce qui lui vaut le surnom/titre de Notre Dame des cas impossibles que lui donne la Sœur Supérieure et Générale des Sœurs Salésiennes à Rome qui lui rend visite à la Congrégation au Congo.

Une sœur très courageuse

Crédits photos: ©Echoes Communication

Lorsque le génocide commence le 06 Avril 1994, elle est la Supérieure des Sœurs Salésiennes du Couvent de Nyamirambo. Elle est alors responsable de tout le monde en commençant par ses Consoeurs et une centaine de jeunes handicapés. Les sœurs demandent de partir; mais Sœur Marie Claire est la seule qui peut conduire une voiture. Elle donne la permission à tout le monde et organise leur départ, quand c’est possible. Elle est la seule à rester auprès de ses handicapés. «J’étais responsable d’une centaine de jeunes orphelins et handicapés et j’étais la seule personne à les protéger. Je ne pouvais donc pas les laisser seuls. En Mai 1994, une jeune française qui travaillait à l’Ambassade de France au Rwanda recevait la permission de circuler pour chercher des sœurs françaises. Et comme notre CongréUnited Fashion for Peace Magazine

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gation était à côté de la Croix Rouge, elle est passée par là et on lui a parlé de nous. C’est comme ça que j’ai pu faire évacuer la dernière sœur Congolaise qui voulait aussi partir. La Sœur Générale m’a alors téléphoné et me demandait comment je me sentais. Je lui ai dit que j’étais mieux plus que jamais avant, raconte Sœur Marie Claire.

Une sœur pleine de créativité Au nord de la Zambie, l’unique moyen pour créer des revenus est l’agriculture. Or celle-ci ne rapporte pas beaucoup parce qu’au village personne n’achète les produits agricoles; tout le monde en a. En période de semis les femmes cachent les semences pour que leurs maris ne les échangent pas contre de la bière, raconte sœur Marie Claire. Dès son arrivée en Zambie, cette sœur crée un projet pour une formation à l’entreprenariat. «Je ne pouvais pas continuer à donner la nourriture et les habits seulement; il fallait aussi apprendre aux gens comment générer leurs propres revenus», dit-elle.

Une sœur qui donne de l’espoir à ses nouvelles communautés En 2005, Sœur Marie Claire quitte le nord du pays et est transférée à l’Auxilium qui est un centre des métiers de sa Congrégation à Lusaka. Là à Lusaka elle trouve des femmes exploitées et qui ne sont pas bien payées quand elles ont du travail. Celles qui sont séropositives sont les plus vulnérables parce qu’elles se font facilement chasser de leur travail de peur qu’elles ne contaminent les autres. Ces femmes devenues des intouchables sont en marge de la société et doivent se prostituer la nuit pour survivre. . Mais, Sœur Marie Claire adapte bien son projet de jeunesse au nouveau contexte : elle ne peut pas donner seulement la formation à des gens qui n’auront pas de travail après. Elle démarre alors le projet Changamuka pour éveiller d’abord les consciences en vue de mettre à 186

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l’œuvre le potentiel existant dans les bidonvilles de Lusaka. On la connaît au Couvent et on lui laisse la liberté de rendre service comme elle veut. Ainsi dans Changamuka elle crée un entreprenariat basé sur des métiers de base: elle donne d’abord des cours de commerce, de couture, de cuisine, des cours sur la pisciculture et sur l’élevage de poules. Aujourd’hui, ses élèves produisent et vendent un peu de tout y compris des tissus qui sont travaillés dans l’atelier de l’Auxilum. Avec un petit capital qu’elle a injecté dans Changamuka certains élèves achètent du poisson qu’ils revendent ensuite. Le profit est alors divisé en deux: une partie revient au couvent et permettra à Sœur Marie Claire de relancer d’autres activités et l’autre partie fait vivre l’élève. C’est de cette façon que des dizaines de femmes autrefois désespérées gagnent leur vie et envoient leurs enfants à l’école.


Yves Rocher

récompense les entrepreneuses éco citoyennes du continent africain

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Terre de Femmes 2010 a récompensé pour cette a Fondation Yves Rocher Institut de France contriédition trois femmes originaires du Maroc et une femme bue à la conduite d’actions locales et globales de du Sénégal. Nous les avons rencontrées... conservation de la nature, de solidarité et d’éducation à l’environnement dans plus de 50 pays du Focus sur les lauréates 2010 du Maroc Monde. Créé en 1991 et placée sous l’égide de l’Institut Prix Terre de Femmes Maroc de France en 2001, la Fondation Yves Rocher, fidèle à Des actions singulières au profit de l’ environnel ‘esprit de la marque qui est orientée vers la cosmé- ment ont réuni trois femmes marocaines méritantes et engagées pour notre planète. Des femmes éco-citoyennes tique végétale, œuvre pour un Monde plus «vert» au souvent anonymes qui agissent pour un avenir meilleur. travers de deux actions phares: le Prix Terre de Femme Pour la deuxième année consécutive au Maroc et à l’occasion de sa 10è édition, le Prix Terre de Femmes de la et l’Opération Plantons pour la planète. Fondation Yves Rocher a été décerné ses prix à trois Ma-

Par Elyssa Souissi

rocaines œuvrant pour la protection de l’environnement.

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1er Prix Mme Saadia AMARSAL Coopérative féminine TUDERT de production des plantes aromatiques et médicinales - Douar Aït Slib Imintlit Essaouira. Un projet qui met à l’honneur les vertus des plantes aromatiques médicinales (PAM). La gagnante de cette édition travaille dans le cadre d’une coopérative de femmes nommée coopérative Tudert dans la production de plantes aromatiques et médicinales dans la Province d’Essaouira. Cette coopérative réunit 18 femmes et contribue au reboisement de la province en cultivant des plants de PAM. tout en faisant des produits dérivés pour la commercialisation dont des savons bio.

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2e Prix Lalla Meriem RAFIKO LKHIR Association SOS VILLAGE D’ENFANTS MAROC d’Aït Ourir - Marrakech Pour la constitution d’une Eco-école La deuxième lauréate, Lella Meriem Rafiko Lkhir, a mis sur pied une Eco-école dans un village à 30 kilomètres de Marrakech. Sensibiliser les enfants à la fragilité de l’environnement est l’un des objectifs de cette école pédagogique éco-citoyenne. C’est par le biais d’ateliers ludiques, avec l’appui de l’association SOS Village Marrakech, que l’enseignante tente d’intéresser tous les enfants de son école à la préservation de la planète. Recyclage de déchets et gestion de l’eau sont ses principaux centres d’intérêts, et ont abouti à la fabrication de briques à base de déchets papiers de l’école pour les besoins en chauffage du village, en remplacement du bois de chauffage. L’école recycle également d’autres types de déchets: conserves, cannettes qui sont ensuite utilisés pour la décoration des locaux de l’école. L’Eco-école dispose de plusieurs espaces verts, lesquels sont arrosés au goutte à goutte, pour réduire la consommation d’eau de l’établissement. Un arrosage qu’alimente également la cuve d’eau destinée à la rétention d’eau de pluie.


3e Prix Mme Souhad AZENNOUD Coopérative Agricole Ariaf Kissane Douar LAEZEF – CR KISSANE – Province de Taounat Oléiculture et apiculture bio Troisième lauréate du Prix Terre de Femmes Maroc, Souhad Azennoud et sa coopérative Ariaf Kissane pour l’agro-écologie, s’activent dans l’oléiculture et l’apiculture biologiques. Créée en 2006 la coopérative qui rassemble 17 agricultrices et agriculteurs, produit de l’huile d’olive bio. Une huile que l’agricultrice espère un jour commercialiser, une fois le produit certifié.

Prix Terre des femmes Afrique Mme SECK VORE GANA l’ONG GREEN SENEGAL, 37 Zone B DAKAR SENEGAL Cette année, l’Afrique est honorée à l’occasion de la 10ème édition de son prix. La fondation Yves Rocherinstitut de France a lancé le prix terre de femmes Afrique, doté d’un montant de 5000 Euros. L’ONG Green Sénégal a raflé la mise pour cette édition pour le projet de désalinisation de terres de la région de Fatick. Voré Gana Seck, directrice de l’ONG est engagée depuis des années dans ce projet mais elle est a assuré également la Présidence du conseil des organisations non gouvernementales d’appui au développement du Sénégal qui constitue la plate forme où se retrouvent toutes les ONG du pays. Grande militante du vert, on la connait dans le pays pour son action en faveur de la gestion des ressources naturelles et pour la restauration des écosystèmes dégradés (zones arides et zones salées). Elle fut par ailleurs à ce titre membre du comité exécutif de TERRAFRICA (initiative Banque Mondiale/new partnership for the development in Africa(Nepad), fond pour l’environnement mondial (FEM) 2005-2007 avant d’être cooptée par le conseil économique et social en qualité de présidente de la commission du développement durable. La mission principale de GREEN SENEGAL est de contribuer à une sécurité alimentaire par la promotion d’une agriculture durable, à la protection et à la préservation de l’environnement. Crédits photos: ©Yves Rocher Maroc United Fashion for Peace Magazine

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La Fondation Poweo et la croissance éthique en Afrique

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e rôle des entrepreneurs est primordial dans le processus de développement économique et social des zones défavorisées. En effet, en rendant possible un accès de tous à l’énergie, les fondamentaux nécessaires sont apportés à la création d’un tissu économique et industriel local, permettant par la suite, croissance et création d’emplois, puis amélioration des

infrastructures sanitaires et scolaires. Par ailleurs, cet engagement privilégie le recours aux énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique, pour que développement aille de pair avec respect de l’environnement.

Par Maya G

Pour soutenir ce réseau d’entrepreneurs, la Fondation d’entreprise Poweo privilégie une approche transversale, couvrant des domaines aussi variés que l’investissement, la formation, l’innovation ou la promotion de nouveaux équipements. Fondée en 2008 avec un capital de 1 500 000 € sur 5 ans par les dirigeants de POWEO et collaborateurs d’EED, filiale de POWEO, la Fondation d’entreprise POWEO a apporté son soutien à plus de 40 entrepreneurs africains depuis sa création. Cette année, la Fondation POWEO a décerné 3 distinctions : Le Grand Prix de la Fondation d’entreprise: il distingue un projet innovant et ayant fait ses preuves, porté par

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tout type de petit opérateur local privé (petite entreprise, coopérative, association ou GIE, etc.) Lauréat 2010: Mohamed Idrissou, originaire du Cameroun. Il a fondé la SARL IBCC au début des années 2000. Cette entreprise de Maroua réalise l’étude, la conception, la commercialisation et la réalisation d’installations solaires dans des zones défavorisées. Il travaille souvent à la demande d’ONG. Mohamed a récemment créé IBCC Bénin à Cotonou, pays dont il est originaire.

Le Prix Femmes: il récompense une initiative portée par des femmes ou qui leur est destinée

Focus sur la fondation POWEO La Fondation POWEO a été fondée en 2008 avec un capital de 1 500 000€ pour une période de 5 ans. Elle a pour vocation de contribuer à la lutte contre la pauvreté en favorisant, en Afrique, l’accès des plus démunis à l’énergie par le développement des énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique. Pour ce faire elle apporte son aide financière à des projets d’intérêt général portés par des organismes de droit français agissant sur le terrain et des petits opérateurs privés d’Afrique sub-saharienne à travers un Prix récompensant des actions déjà réalisées.

Lauréate 2010: Solange Kasiba, Présidente de l’association IFRADE (Initiative des Femmes pour la Redynamisation des Atouts de Développement) à Bukavu, République Démocratique du Congo. Cette association du Sud-Kivu a pour objectif d’encourager l’autopromotion des femmes et la lutte contre la pauvreté grâce à la production de briquettes à partir de déchets verts. Ces dernières sont utilisables par les ménages comme combustible en remplacement du charbon ou du bois et créent des emplois pour les femmes de la région.

Le Prix Co-Développement: il est remis pour une initiative portée par un migrant installé en France ou réinstallé en Afrique sub-saharienne Lauréat 2010: Becaye Blondin Diop, originaire du Sénégal, créateur de l’entreprise Sahel Energie à Dakar. Après une trentaine d’années en France où Becaye Blondin Diop a été directeur financier et entrepreneur dans les services informatiques, il est rentré au Sénégal en 2007. Il crée alors Sahel-Energie spécialisée dans l’éclairage et le pompage solaire pour aider les plus démunis en zones rurales ou urbaines.

Crédits Photos : ©Fondation Poweo Pour plus d’informations www.fondationpoweo.org United Fashion for Peace Magazine

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www.laflammemarieclaire.org


Société

&

Ethique


La question

NOIRE en France

Crédits photo: ©Anissa Thompson

L

es Noirs de France, ensemble minoré, continuent de subir des clichés, des discriminations sous couvert de fausses représentations sociales. De l’esclavage à la décolonisation, les mentalités sont restées prisonnières de préjugés élitistes qui décident que le niveau social et la francité sont aussi une question de mélanine. La France a peur de son «histoire» et s’est de tout temps gardé «L’essentialiser» les peuples qu’elle a dominé.

Par Fériel Berraies Guigny 194

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Si l’histoire continue de ne pas nous enseigner les bonnes leçons, les consciences les plus éclairées comme Pap Ndiaye mettent le doigt sur des problématiques endémiques que même l’idéologie «black is beautiful» n’a pu surmonter. En bon historien, Ndiaye, retrace les différentes étapes qui ont marqué la question noire aux Etats Unis et en Europe, particulièrement en France. De tout temps, la construction de catégories sociales a été nécessaire en vue de comprendre les structures d’une société d’hier à aujourd’hui. Jusqu’au milieu du XXe s cependant, les structures de la société étaient caractérisées par des distinctions raciales en vue notamment, de justifier des rapports de domination avant tout matériels. Des hiérarchies sociales voyaient le jour, sur fond de racisme biologique. Le nazisme et son idéologie meurtrière en ont été profondément sevrés amenant le génocide des juifs et des tziganes. Les décombres du IIIe Reich ont aussi eu pour effet de bannir la notion de race des Sciences Sociales mais cela n’allait pas signifier pour autant, la fin du racisme en soi. L’imaginaire collectif continuera de véhiculer des vieux clichés coloniaux car ils ont la peau dure et la mémoire tenace. Même si scientifiquement non valable, le concept de race va subsister. Ne faisant plus référence à la nature et en se cachant sous une prétendue lutte antiraciste, la disparition du concept de race va encore plus desservir la communauté noire; occultant de facto les questions liées à la discrimination raciale que l’on va soit sous-estimer, soit cacher sous des rapports de domination. Pour Pap Ndiaye, la notion de race est une alliée et non une ennemi car elle permet de réfléchir sur le processus de constitution des groupes raciaux et sur ce qu’il faudrait faire pour empêcher les actes anti raciaux.

Qu’est ce qu’être Noir et quelle couleur c’est ? «...Etre noir, n’est ni une essence ni une culture mais le produit d’un rapport social...» ( p.71) pour Pap

Ndiaye il est question avant tout d’une dynamique de corps au sein d’une société. Toutefois la question des nuances de couleur de peau reste importante. Ces nuances sont ce qu’on appelle le colorisme. Nous naissons tous dans un Monde à double échelle de valeurs et où la couleur revêt une grande importance. Au sein de la condition Noire, il existe une hiérarchie des couleurs, comme chez les Blancs. Il ya les Noirs à peau sombre et les Noirs à peau claire. Les derniers se pensent « supérieurs » à leurs frères plus sombres. Les observateurs des sociétés afro-américaines ont en effet noté cette attitude. Plus la peau est claire plus on se hisse dans l’échelle sociale, c’est comme si la moindre goutte de sang bleue pouvait faire grimper le Noir dans l’échelle de l’Humanité. La corrélation entre classe sociale et couleur de peau, clarté de peau et classe sociale est bien présente autant dans le Monde Caribéen, qu’Afro-Américain. Ceci est le résultat de l’esclavage, un legs historique qui a traversé le temps et l’espace. C’est à travers cela, que la notion moderne de race va être inventée en vue de mieux dominer les populations. La notion de race a fait l’objet de plusieurs débats tant philosophiques, scientifiques, religieux qu’anthropologiques, médicaux ou encore artistiques. C’est véritablement dans le cadre de l’expansion coloniale que les européens ont inventé ce que c’est qu’être Noir. La taxinomie raciale allait également naturaliser les aptitudes professionnelles des Noirs! les teints clairs étaient destinés à la maison et à l artisanat les teints foncés au travail des champs. La Colonisation de l’Afrique avec son cortège de malheurs allait aussi contribuer à une hiérarchisation mélanique. Si l’histoire a son lot de Mea Culpa, ce qui reste consternant c’est qu’aujourd’hui à bien des égards cette hiérarchisation sociale continue d’exister. La fin de l’esclavage et de la colonie n’a pas mis un terme à ce phénomène, même si la société d’aujourd’hui est moins indexée sur les nuances de couleurs que jadis. Les mouvements récents de valorisation de la peau noire n’ont pas beauUnited Fashion for Peace Magazine

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coup de succès car l’on continue de voir dans le Blanc, une référence esthétique et sociale! Les groupes minorés ont fait de la norme « somatique » une norme qui continue d’influer sur le regard et la perception. Les Noirs sont en recherche constante de l’être idéalisé. Ils sont aussi aidés par une République indifférente aux couleurs de peau mais dont les préoccupations ethno raciales procèdent essentiellement de leur centrage prioritaire sur les rapports de classe et sur des agents investis dans une mission historique.

Autopsie des émeutes de 2005 Si l’idéologie républicaine a de tout temps eu une vision dé-racialisée, il n’en reste pas moins que l’Empire colonial français s’est enrichi de toutes ses populations noires et blanches qu’on a assujetti alors qu’on leur refusait la citoyenneté. La peur du métissage en tant que facteur de brouillage civilisationnel aurait été une des explications de l’époque mais aujourd’hui qu’en est-il de ces français issus de la race indigène? L’attitude des politiques et des médias face aux émeutes de 2005 nous donne un début de réponse. Le principal reproche que l’on pourrait faire aux autorités de l’époque, c’est d’avoir camouflé le désespoir social d’une communauté par des propos raciaux. Les discours ont beaucoup abondé et à tort, sur le fait que cela concernait des noirs et des arabes et on en avait oublié qu’ils étaient français! En stigmatisant la violence des jeunes au travers de la race, on avait même fini par créer un nouveau concept celui de « racisme anti-blanc » une belle pirouette politico-médiatique où la race devient une explication culturaliste alors que les violences ont été avant tout générées par le ras le bol d’une génération désenchantée, lasse des inégalités sociales. Le danger est d’autant plus grand quand on finit par amalgamer question raciale et 196

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question sociale. Face aux inégalités socioéconomiques, la République a de tout temps utilisé le jargon du racisme différentialiste.

Les Noirs une catégorie imaginée ? Quelle est l’image et l’idée que l’on se fait de l’être «Noir»? Pap Ndiaye explique que le fait d’être Noir fait plus référence à une catégorie imaginée. C’est une catégorie pensée avant tout. Il n’existe pas de catégorie Noire mais plutôt une condition Noire. On fait plus référence en fait à une représentation hétéro identificatrice qui s’appuie essentiellement sur la perception de saillances phénoménales : pigmentation de la peau, apparence corporelle et vestimentaire, langue, accent etc. Mais alors, qui sont les Noirs exactement? S’agissant de ceux qui habitent la France, la plupart des interrogés dans les différentes enquêtes estiment qu’ils sont avant tout «français» à part entière avant d’être d’une origine quelconque. Mais les sondages révèlent aussi le ressenti d’une profonde contradiction auprès des populations ciblées. La part française combinée à une autre identité, est mal digérée par les « français de souche » mais aussi mal vécue par les sujets concernés. Les français noirs d’hier à aujourd’hui, sont l’objet d’une identité française contestée. Le Noir de France, revendique son appartenance identitaire avec force véhémence, une attitude défensive et un moyen de convaincre face aux réticences qui l’entourent. Aujourd’hui, le souhait pour le Noir est de pouvoir revendiquer une identité à géométrie variable, adaptée aux circonstances sociales multiculturelles. Mais concrètement qu’en est-il? Etre Noir tout comme être Blanc serait essentiellement le fruit d’un accord social tacite. On est donc loin de cette quête initiatique pour une authenticité originelle. La Modernité, l’histoire et ses omissions auraient donc eu raison de l’ontologie africaine? La seule arme pour se défendre, et préserver l’identité viendra du combat inces-


sant de nos frères pour «l’identité choisie» seule façon de contrer l’identité prescrite par les autres.

La Diaspora Noire et l’identité La diaspora est essentielle car elle offre de multiples formes d’identification qui dépassent de loin et transcendent les limites naturelles et offrent aussi à réfléchir sur les nouvelles formes de domination globalisée. La musique noire par exemple, présente des implications culturelles, politiques ce qui a permis dans un sens de fabriquer une identité noire transnationale qui a réuni les peuples. Il existe bien sur d’autres espaces de sociabilité et de pratiques culturelles noirs, mais nul ne peut ignorer tout de même l’impact réunificateur du reggae qui est devenu le langage de contestation politique de bien des générations colorées ou pas. Il n’y a pas véritablement de « peuple Noir » au sens épais du terme en France car l’expérience discriminatoire n’est pas équivalente à toutes les classes sociales. On a en effet constaté que « plus un Noir est célèbre plus il verra son appartenance noire effacée » L’élite Noire ne subit pas les mêmes discriminations que le Noir des banlieues. C’est plus une question sociologique qu’une pratique racialiste. Aujourd’hui, il est plus juste de se référer au concept de minorité noire, d’autant que la référence aux minorités visibles est de plus en plus en vogue dans les discours publics. Et il est aussi crucial d’enrayer cette trop grande tendance à vouloir effacer toute référence à la couleur de peau. C’est un faux discours que celui de la déracialisation. La couleur reste avant tout un marqueur social. S’il faut cesser les nouvelles figures de l’autre il faut aussi veiller à ne pas continuer l’invisibilisation sociale de toute une catégorie voire d’une communauté. Un Monde déracialisé serait un Monde utopique. Le seul objectif réaliste serait de parvenir par contre à éliminer le racisme anti noir tout comme l’antisémitisme ou l’islamophobie qui sont les fléaux endémiques de nos sociétés.

A contre courant: tradition assimilationniste et le Cas des Antillais Antithèse des discours courants sur la Condition Noire, les Antillais se présenteraient comme des « cas à part », très réticents par rapport à l’identification raciale notamment pour des raisons liées aux hiérarchies coloniales de la région Caraïbe. Gaston Kelman dans «Je suis Noir mais je n’aime pas le Manioc» s’identifie volontiers comme un Noir Bourguignon. Il s’inscrit dans la tradition assimilationniste se fondant dans la culture dominante tout en fustigeant toute référence à la victimisation. Une tendance négationniste que l’on rencontre auprès de beaucoup de gens de cette communauté. Frantz Fanon écrivait à cet effet «l’Antillais ne se pense pas comme noir; il se pense antillais. Le nègre vit en Afrique. Subjectivement, intellectuellement, l’antillais se comporte comme un blanc. Or c’est un nègre. Cela, il s’en apercevra une fois en Europe et quand on lui parlera de nègres, il saura qu’il s’agit de lui aussi bien que du sénégalais».

Historien, Pap Ndiaye est maitre de conférences à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales Paris. Crédits photo : ©OPALE Fiche Technique: La Condition Noire : Essai sur une minorité en France. Editions Calman Levy, 2008

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Islamisme politique européen

décryptage

L

’Islam Politique en terre d’Occident, entre mythe et réalités se cherche encore et toujours. Pour beaucoup de penseurs modernes, l’Islam est resté figé incapable de s’adapter à son époque, resté enfoui dans son idéologie de l’état, son inflexibilité aux réformes le rendant justement un paria social. En France, en Europe, il est seul, décrié face au reste du Monde. Pourtant ceux qui le connaissent en saisissent toutes les nuances et déclarent même possible sa cohabitation avec la francité. Car l’Islam évolue il est en pleine 198

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mutation, loin de tous les stigmates réducteurs qu’on veut lui attribuer. A l’abri des discours caricaturaux à son égard, Amel Boubakeur nous offre une lecture plus nuancée. Comment se manifeste l’islamisme politique en Europe, comment il est perçu et surtout comment il évolue aujourd’hui auprès d’une certaine jeunesse? autant de questions pour comprendre cet islam longtemps controversé le rendant imperméable à toute rationalité occidentale.

Par Aicha Bounaies Crédits photo: ©D.Cubillas


Le lien entre islam et politique quand on est musulman d’Europe Quand on parle du lien entre islam et politique pour les musulmans européens il y a au moins trois catégories à ne pas confondre. Premièrement, les mobilisations politiques des musulmans dits pratiquants sur différentes causes comme la Palestine ou l’humanitaire. Deuxièmement, les mobilisations islamistes dirigées par des partis politiques ou mouvances originaires du monde musulman comme les Frères musulmans originaires d’Egypte, le Tabligh originaire d’Inde ou encore le salafisme wahabbi qui nous vient d’Arabie saoudite. Concernant cette deuxième catégorie, seul un nombre ultra minoritaire de musulmans pratiquants s’y reconnaissent. Enfin, le troisième type de mobilisation se trouve dans ce qu’on pourrait appeler un islam engagé européen qui serait par exemple illustré par des gens comme Tareq Ramadan. Même si l’on retrouve chez eux des éléments de la pensée des mouvements islamistes issus du monde musulman, leurs priorités correspondent à leur vie quotidienne en Europe et il ne s’agit pas pour eux par exemple d’islamiser leur pays ou d’imposer la charria. Leurs buts premiers sont beaucoup plus d’amener les jeunes de culture musulmane à une pratique plus engagée et plus suivie de l’islam. Plutôt que de les qualifier d’islamistes, une catégorie qui appartient plutôt à des systèmes politiques du sud, il serait plus opportun de parler de mouvements de re-islamisation, à l’image des groupes de born again chrétiens ou juifs que l’on a vu émerger en Europe ces 20 dernières années.

certains jeunes musulmans européens sont aujourd’hui en déclin» explique Amel Boubakeur. D’abord ils sont en complet décalage. Lorsque les jeunes musulmans engagés manifestent en signe de soutien à la Palestine ou contre la loi visant a exclure de l’école les filles voilées, ils parlent d’application du droit international et de droit au savoir pour l’émancipation de ces jeunes filles, des valeurs qu’ils ont appris et expérimenté en Europe. Lorsque certains mouvements islamistes en parlent c’est dans une logique révolutionnaire de rétablissement du califat et du règne de l’islam sur le monde face à des régimes du sud dictatoriaux. On voit bien ici le fossé culturel qui sépare les deux groupes. Cependant il est vrai que lorsque ces demandes d’un islam engagé qui se définit comme citoyen ne sont pas relayées par le monde politique, la déception pousse parfois certains à se tourner vers d’autres mouvements. Il est très intéressant de voir qu’un nombre croissant de jeunes musulmans européens pour qui l’islam doit jouer un rôle dans leur engagement citoyen se tourne de plus en plus vers les mouvements soufis. L’image paisible dont jouit cette tendance de l’islam leur permet de se débarrasser des clichés faisant d’eux des terroristes potentiels si jamais ils osent parler ouvertement de leur foi dans la sphère publique. Cependant la vraie question n’est pas de savoir dans quel islam les jeunes musulmans européens se reconnaissent mais plutôt de réfléchir à la place que l’on peut donner à ces mouvements. Ce qui est sur c’est que la stigmatisation d’une mouvance mène souvent à sa marginalisation et le risque de clandestinité est alors présent

Changer le regard de l’Occident Contrairement au mythe populaire: les mouvements islamises radicaux sont en déIl serait plus intéressant que les pouvoirs publics aient un vrai discours avec ces acteurs leur disant voila ce clin

«Je dirais que les mouvements islamistes, s’ils que nous attendons de vous, ce que nous pouvons et ne ont pu certes connaître un succès théorique auprès de pouvons pas accepter. United Fashion for Peace Magazine

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Il faut accepter que les musulmans européens puissent jouer un rôle et être visibles lors des débats qui traversent notre société. A charge ensuite aux décideurs publics de faire de cet islam engagé un élément positif. Les religions ont toujours joué un rôle dans notre patrimoine philosophique, artistique, politique etc. Le problème avec l’islam européen c’est que l’on continue de le percevoir comme venu d’ailleurs et on accuse souvent les musulmans de duplicité comme si en réalité ils ne voulaient pas vraiment contribuer positivement à leur pays. «C’était très frappant lors des manifestations contre la loi sur les signes religieux en France de voir des gens crier à des jeunes filles qui n’avaient jamais quitter leur banlieue parisienne: «Si t’es pas contente tu n’as qu’a rentrer en Iran»; Des initiatives récentes sur le rôle de l’Andalousie musulmane en Europe ou celui des soldats musulmans durant la deuxième guerre mondiale ont eu un effet très positif sur le sentiment d’appartenance à la culture européenne auprès des jeunes musulmans. Il faut aussi que certains musulmans européens cessent de considérer que personne ne veut vivre avec eux, que de toute façon tous les non musulmans haïssent l’islam et que par conséquent la meilleure option est de rester entre eux, d’habiter des quartiers musulmans, de ne fréquenter que des écoles musulmanes etc. Il faut aussi leur permettre de travailler sur des projets d’intérêt commun avec des gens qui ne leur ressemblent pas forcément. Aujourd’hui laïcs et religieux se regardent en chien de faïence alors qu’ils font souvent face aux mêmes challenges concernant l’éducation, le droit des femmes, etc... Il faut dire que ce comportement de retrait touche souvent ceux qui sont exclus du système. Les musulmans qui ont pu connaître une ascension sociale par le travail et les études ont compris cette responsabilité qu’ils ont de mieux faire connaître leur religion en Europe. C’est encore la meilleure façon de gérer les conflits et malentendus qui peuvent jaillir. Cela a été le cas lors de l’épisode des caricatures du prophète Mohamed. Au lieu de brûler des dra200

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peaux danois comme si le problème était que l’occident est incompatible avec l’islam, certaines associations de jeunes musulmans ont publié des ouvrages invitant les non musulmans à connaître qui était vraiment le prophète Mahomet et ce qu’il a apporté de positif à l’humanité. L’islam européen existe. Il est pluriel et évolue. Mais il est certain que d’en faire une ressource positive est une décision politique qui appartient en premier lieu aux décideurs publics européens.

Casser les stéréotypes L’islamisme aujourd’hui abonde en stéréotypes négatifs dans l’imaginaire collectif occidental. En France il a donné place à des discours extrémistes qui pointent du doigt la communauté immigrante d’origine musulmane. Cette tendance constitue un danger car elle contribue à désinformer sur l’Islam et a un fort impact sur l’idéologie sécuritaire d’une terre républicaine et laïque comme la France. À travers l’étude des Frères musulmans en Europe, et en particulier de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui joue un rôle pivot au Conseil français du culte musulman (CFCM) créé en 2003, Samir Amghar, jeune chercheur européen met en lumière les « trois âges du discours » islamiste et nous parle également du salafisme en Europe. L’islamisme dans le contexte européen est problématique. Utiliser ce concept pour désigner la réalité de l’islam militant européen peut s’avérer un non sens historique et géographique. En effet, l’idée qui structure l’idéologie de l’islam politique est la nécessité de conférer une dimension sociale et politique à sa foi religieuse. La conquête de l’Etat pour créer un Etat islamique est le pilier de l’islam politique. Or, aucune organisation musulmane même la plus militante ne défend l’idée de créer une dawla islamiyya en lieu et place de régime français. Ce-


pendant, de nombreux islamiques se réclament d’une méthodologie islamiste. Ce sont des associations héritières de l’islam politique. On peut citer l’exemple de l’Union des organisations islamiques de France, branche française de l’organisation islamiste des Frères musulmans qui s’investit pour défendre et représenter les musulmans français.

L’Islam politique mue L’islam politique tel qu’il existe aujourd’hui est en train de changer. Une grande partie des islamistes a abandonné l’idée de créer un Etat islamique une fois au pouvoir. En Palestine avec le Hamas et l’AKP en Turquie, aucune de ces deux structures partisanes actuellement au pouvoir n’a créé un Etat de type islamique. De plus, force est de constater qu’ils intègrent de plus en plus les principes de la modernité occidentale. Ils se positionnent en faveur de la démocratie, des droits de l’Homme, de la femme. En Turquie, l’AKP a mis en place une politique pour se mettre à niveau au regard des critères européens en matière démocratique. Cependant, malgré les dynamiques politiques modernisantes des islamistes, ils restent d’un point de vue religieux très orthodoxes. Ceux qui se réclament de l’héritage de l’islam politique tentent de s’adapter aux réalités occidentales. Les Frères musulmans européens essaient de définir un islam tenant compte du contexte minoritaire des musulmans vivant en Europe. Ils mettent en place ce qu’ils nomment une Sharîa de la minorité. En France, ils ont appelé les musulmanes voilées au respect de la loi interdisant les signes religieux ostentatoires à l’école. En terme de valeurs, on retrouve également des dynamiques d’occidentalisation. Mais le rapport à la religion est de plus en plus individualiste. Trois acteurs extérieurs pèsent sur l’organisation de l’islam français: Les Etats du Sud en premier lieu desquels on trouve la Turquie, le Maroc et l’Algérie qui s’efforcent de prolonger en France leur politique interne d’organisation du reli-

gieux. Cela en raison d’une population immigrée originaire de ces trois pays. Notons que malgré une importante population tunisienne vivant en France, le régime ne s’est jamais investi dans ce type de politique. Il y a ensuite l’Arabie Saoudite qui voit depuis plusieurs décennies sa projection religieuse comme une ressource politique capitale notamment à travers la Ligue islamique mondiale et ses universités de théologie. Enfin les mouvements transnationaux islamiques tels que le Tabligh, les confréries soufies, les Frères musulmans.

Amel Boubakeur est chercheur au Carnegie Middle East Center à Beyrouth, spécialiste des transformations contemporaines de l’islam politique. Crédits Photo: ©Droits réservés

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K d’urgence

Le combat de Christine Kelly

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n quarante ans le nombre de familles monoparentales a plus que doublé en France, avec une famille sur cinq qui serait concernée. Ce sont les femmes dans la plupart des cas qui sont chef du foyer. Sur 10 cas, 8 seraient des femmes. Les familles monoparentales sont concernées entre autre par le manque d’aide financière de la part de l’Etat. Parmi les autres difficultés rencontrées: le manque de solution de garde d’enfants, la difficulté à concilier vie professionnelle et personnelle, la difficulté à toucher la pension alimentaire fixée par le tribunal.

Par Fériel Berraies Guigny 202

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La France championne d’Europe C’est un des pays où le pourcentage de famille monoparentale est le plus élevé. Les familles nécessiteuses de surcroit on du mal à tirer bénéfice des aides qu’on leur octroi en principe. Quelques chiffres (Institut de sondage du CSA France): • 1 famille sur 5 est concernée en France, à Paris on compte 27% de familles monoparentales, par endroit jusqu’à 45%. • En Outremer les chiffres sont deux fois plus élevés qu’en métropole. En 40 ans le nombre de familles monoparentales a doublé. • 85% des familles monoparentales sont des femmes et 1 sur 5 en France est concerné. • 64% des parents isolés ayant la garde d’enfants sont au chômage ou inactifs.12% des enfants de moins de 3 ans vivent avec un seul de leur parent. En 2007


on estimait prés de 75000 de divorces impliquant au moins un enfant mineur et on estime à 70000 le nombre de séparations de concubins avec enfants.

aider les enfants à partir en vacances pour éviter la détresse psychique. K d’urgences intervient également au niveau de l’éducation en finançant des soutiens scolaires.

L’enfant: victime numéro un

Comment aider les personnes concernées?

Prés d’un enfant sur cinq est concerné, pourtant il faut arriver à trouver une solution à des générations qui risquent d’être sacrifiées, les générations qui feront la France de demain.

Premièrement, les identifier. K d’urgences travaille avec la Fondation de France pour repérer les bénéficiaires, mais il s’agit surtout de construire un lien fort avec les associations qui travaillent sur le terrain et sont en contact direct avec les personnes ciblées. K d’urgences travaille avec des associations qui deviennent des partenaires, afin de travailler ensemble et de leur donner de la visibilité. Dans un deuxième temps, la fondation verse les fonds nécessaires directement aux bénéficiaires, c’est à dire plus précisément à l’organisme créancier; L’association par exemple. Une fois venue en aide, la fondation réoriente les bénéficiaires vers les associations qui peuvent poursuivre leur aide dans des situations moins urgentes mais tout aussi difficiles. La devise de K d’urgences est d’être au plus près des bénéficiaires et uniquement dans l’action.

Précarité pour la mère Seule sans ressources, ayant des difficultés à faire garder les enfants pour trouver ensuite un emploi. Les femmes sont handicapées, encore plus si elles ont des maladies graves qui leur demandent un suivi médical. L’accès aux soins mais à l’emploi difficiles, la mère est en situation d’impasse. Que faire?

Constats alarmants Les familles monoparentales sont les premières à se diriger vers les associations d’aide, sont les premières victimes de la pauvreté, ont du mal à trouver un logement, ont des enfants qui s’adaptent mal à l’école, et sont les premières victimes de détresse psychologique.

Pour plus de renseignements sur K d’urgences: www.kdurgences.org contact@kdurgences.org

K d’urgence le combat de Christine Kelly Créée sous l’égide de la Fondation de France, K d’urgences a pour but de venir en aide aux personnes en situation difficiles, notamment les familles monoparentales. Il s’agit de trouver un logement, payer la caution, éviter les expulsions, de prendre en charge la garde d’enfants pour permettre aux parents de chercher un emploi ou de se faire soigner lors de maladies graves, faire face au décès, à l’handicap, financer un permis de conduire pour trouver un emploi, mais aussi dans certains cas,

Crédits photos: ©Ludovic Parfaite United Fashion for Peace Magazine

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Buzz, annonces

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Derniers Potins


Crédits photos: ©Droits réservés

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Intermarché et Netto font de l’éco-développement durable!

ans le contexte de la semaine du Développement Durable, qui s’est tenue du 1er au 7 avril 2011, ITM alimentaire s’est engagé dans des actions de développement durable écologiques, économiques et solidaires. Proposant des plans malins qui permettent aux clients de faire leurs courses autrement et de

repenser la mobilité. Intermarché et Netto ont ainsi proposé un nouveau service en ligne pour faciliter la vie de ses clients au quotidien : des solutions futées de co-voiturage solidaire, simples et rapides.

Par Elyssa Souissi United Fashion for Peace Magazine

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Le co-voiturage solidaire: Une solution économique à portée de clic

ITM alimentaire avec ce nouveau service en ligne, à permis de limiter les dégagements de CO2 dus aux déplacements vers les points de vente, à réduire ou à partager les frais, à proposer des services d’aide aux courses qui ont pour but de faciliter l’accès aux points de vente à toute personne sans véhicule et/ou à mobilité réduite. Le 29 mars 2011, les enseignes Intermarché et Netto avaient lancé deux sites permettant la mise en contact, sur Internet, de personnes qui souhaitent faire leurs courses dans le même magasin. Le principe est simple: tout client qui ne peut se déplacer trouvera une solution sur les adresses Internet d’Intermarché et de Netto, développées à cet effet: www.solidarite-intermarche.fr www.covoiturage-netto.fr

Mode d’emploi

L’inscription en ligne se fait en trois clics: l’internaute donne son lieu de départ et choisit le point de vente dans lequel il souhaite faire ses courses, et le site lui indique les personnes qui se rendent dans le même point de vente que lui. L’internaute prend alors contact avec les covoitureurs et il est prévenu dès qu’un nouvel inscrit peut co-voiturer avec lui. En plus de ce service de co-voiturage, les deux sites permettent de mettre en relation des personnes qui ne peuvent se déplacer avec celles qui se proposent de faire leurs courses à leur place. C’est donc dans ce nouvel élan de solidarité et d’entraide que les consommateurs pourront faire leurs achats tout en étant «conso malins», économes et écologiques. L’inscription se fait également par téléphone: N° AZUR : 0810 00 45 51, aussi bien pour faire ses courses et partager sa voiture que pour rendre service ou demander de l’aide. 206

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Le lancement officiel des deux sites a été annoncé aux clients sur les points de vente dans chacune des enseignes: Intermarché dès le 29 mars et Netto, le 4 avril. L’information est maintenant relayée dans tous les magasins sous forme d’affiches et prospectus, ainsi que par la distribution d’un petit livret d’accompagnement, dédié aux clients. Par ailleurs, site de co-voiturage, réservé aux salariés d’Intermarché et de Netto, existe depuis 2008. Le succès de ce site tend à prouver que le co-voiturage commence à se développer dans nos habitudes de mobilité.

A propos des Mousquetaires

Avec près de 4 000 points de vente en Europe et un chiffre d’affaires de 34 milliards d’euros en 2009, les Mousquetaires sont des acteurs majeurs de la grande distribution. Créé en France en 1969, ce Groupement d’indépendants, fondé sur l’initiative privée, recense aujourd’hui plus de 3100 chefs d’entreprise indépendants et 130 000 collaborateurs. Les Mousquetaires sont également présents au Portugal, en Belgique, en Pologne et dans les Balkans. Ses enseignes sont: Intermarché, Netto, Bricomarché, Roady et Restaumarché. Les Mousquetaires placent le consommateur au cœur de leurs préoccupations en lui assurant le meilleur rapport qualité/prix.


FEED de Clarins

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FFP faisait partie des privilégiées de la presse à découvrir en avant première les surprises de l’été au féminin. Nous avons pu découvrir le nec plus ultra du glossiness et de la beauté pour la saison! Cet été Clarins a puisé son inspiration dans l’univers riche de formes et de coloris de la mosaïque. Les lèvres s’animent de couleurs vives et chatoyantes, le teint, rehaussé de tons chauds et lumineux, met en valeur un regard surligné d’une nuance électrique. Une collection maquillage vibrante de soleil et de gaieté. Mais aussi une ligne soin soleils que vous découvrirez dans nos pages shopping.

Crédits photo: ©Clarins Paris Au printemps la femme Clarins a le teint clair et lumineux, subtilement sculpté, ses lèvres sont naturellement sublimées, son regard est habillé de camaïeux tendres. Ce qui frappe tout de suite dans ce look ce sont les yeux avec un halo pastel faussement sage car accentué par du liner noir en haut et sur le muqueuse. Le reste du maquillage est très léger et les couleurs sont douces et pastelles donc on reste quand même dans un esprit printanier. Mais comment obtient-t-on ce joli maquillage? Voici le dernier kit FEED qui vous propose un teint éclatant de beauté! En achetant une trousse, vous permettez, dans le cadre de l’initiative “Achats au service du progrès”, de nourrir des enfants et des familles entières souffrant de la faim. Le World Food Programme achète des produits alimentaires aux agriculteurs et exploitants locaux, contribuant ainsi au développement du pays. La troisième trousse FEED & Clarins sera proposée à partir du mois de juin sur le thème “Un été en beauté”. En exclusivité chez colette et sur www.colette.fr C’est véritablement le coup de coeur Clarins de la saison. En attendant le prochain reportage de UFFP sur l’engagement éthique de la Maison Clarins dans un prochain numéro.. United Fashion for Peace Magazine

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United Fashion for Peace Magazine  

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