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Questions de Familles Revue documentaire

Mieux vivre à l’école : agir ensemble et prévenir la violence Collège Amédée Dunois, la Peep (Parents d'Elèves de l'Enseignement Public) et la Maison de l’Adolescent, le PAEJ ESPOIR (Point Accueil Ecoute Jeunes) de Champigny-sur-Marne, le service jeunesse de la ville de Boissy-Saint-Léger, les écoles primaires Amédée Dunois et Bois Clary


La violence scolaire

La violence scolaire …………………….2

SOMMaiRE

Les chiffres de la violence scolaire…3

Les conséquences psychologiques de la violence à l’école……………………..4

Les solutions aux plans national et local …………………….………………..5-6

Bibliographie/ Webographie ……….7

Adresses utiles……………………………8

Depuis deux décennies, la violence des jeunes dans les établissements scolaires est devenue une question de société. Les actes de violence scolaire sont désormais répertoriés, un observatoire les analyse et des plans antiviolence ont été mis en œuvre. Les sciences sociales s'interrogent sur le phénomène lui-même, mais aussi sur le regard que la société porte sur cette violence.

Est-ce un phénomène nouveau ? La violence, à l'intérieur ou à l'extérieur des institutions scolaires, est une donnée permanente de l'histoire de la jeunesse à travers les âges. Au XIIIe siècle, les étudiants de la Sorbonne se battent à plusieurs reprises, à mains armées, avec les bourgeois parisiens, la police du prévôt de Paris, ou même, en 1278, avec les moines de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Au XIXe siècle, le lycée Louis-le-Grand a connu huit révoltes d'élèves (on disait alors « mutineries ») entre 1815 et 1883, dont plusieurs nécessitèrent l'intervention de la police parisienne. Plus près de nous, Hervé Hamon et Patrick Rotman ont comptabilisé, dans leur ouvrage Tant qu'il y aura des profs, les violences scolaires recensées par la presse entre 1979 et 1984. La liste est impressionnante et comprend, outre rackets, affrontements entre bandes et viols, trois meurtres, dont deux d'adultes. Pour les historiens, la violence des jeunes au sein des établissements scolaires n'a donc rien de nouveau, comme d'ailleurs la violence des jeunes en général. Tout adulte qui garde un souvenir objectif des cours de récréation sait que la loi du plus fort s'y exerce souvent. La violence scolaire prend en revanche à chaque époque des formes nouvelles, et la société y réagit à chaque fois en fonction de valeurs et de critères qui eux-mêmes évoluent. (15/06/2011), Vincent Troger, Sciences Humaines http://www.scienceshumaines.com/la-violence-scolaire_fr_14590.html

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Les chiffres de la violence scolaire Les formes de violence

Plus de 7 collégiens sur 10 disent avoir fait l’objet d’insulte.

Il existe trois formes différentes de violence en milieu scolaire : - l’atteinte aux personnes (violences verbale, physique, sexuelle…) ; - l’atteinte aux biens (vols, dommages aux locaux, aux biens personnels…) ; - l’atteinte à la sécurité (consommation et/ou trafic de stupéfiants, port d’armes blanches…). Parmi les actes déclarés dans les établissements publics du second degré sur l’année scolaire 2008-2009 : - plus de 80 % des actes de violence sont des atteintes aux personnes ; - les violences physiques et verbales représentent plus de 70 % des incidents graves (le racket 2,3 %, les violences sexuelles 1,6 %...) ; - les atteintes aux biens (le plus souvent des vols) représentent 13 % des incidents graves ; - les 6,3 % restants relèvent de l’atteinte à la sécurité. Ils ne sont pas nécessairement violents (consommation et/ou trafic de stupéfiant…), mais peuvent, à l’inverse, être très menaçants (port d’armes blanches…).

6,3 % des élèves de collèges se déclarent victime de racket.

Le nombre d’incidents déclarés

Pour l’année scolaire 2008-2009, les établissements publics du second degré ont déclaré en moyenne 10,5 incidents graves pour 1 000 élèves. • Leur nombre varie cependant selon le type d’établissement : collèges, lycées professionnels (LP) ou lycées d’enseignement général et technique (LEGT). • De décembre 2008 à février 2009, seuls 7 % des LEGT ont connu au moins quatre incidents graves, contre 13 % pour les collèges et 15 % pour les LP. • La violence reste très concentrée sur certains établissements : 10 % des établissements les plus violents au cours de ce même trimestre déclaraient, à eux seuls, près de 50 % des incidents graves.

Près d’un quart des collégiens déclarent avoir été ou être victime de coups.

La nature des incidents graves

Les collèges, LP et LEGT déclarent en majorité des incidents qui font suite à des agressions physiques, mais la violence en milieu scolaire se concrétise différemment selon le type d’établissement. Par exemple, entre décembre 2008 et février 2009, plus de 37 % des actes graves recensés en collège résultaient de la violence verbale, contre 25 % dans les LEGT où l’on enregistrait une bien plus forte proportion des atteintes aux biens ou à la sécurité.

46,3 % des collégiens disent avoir été victime d’un vol.

Focus sur les collèges 16,7 % d’élèves au collège sont concernés par les violences liées au racisme.

L’OIVS s’est intéressé au phénomène de violence dans les collèges en menant une enquête auprès d’un échantillon de 3 871 collégiens. D’après les résultats obtenus, ces derniers font l’objet de cinq principaux types d’agression. La plupart des faits de violence subis par les élèves ne sont pas connus par les adultes. Les élèves restent les principales victimes de la violence (plus de 90 % des faits), dont les auteurs sont, dans leur immense majorité (plus de 90 %), d’autres élèves de l’établissement.

Éric Debarbieux, directeur de l’Observatoire international de la violence à l’école.

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Les conséquences psychologiques de la violence à l’école La relation entre la violence et les apprentissages a fait l’objet de nombreuses recherches et il s’avère qu’être exposé de façon régulière à des comportements violents altère les fonctions cognitives telles que la mémoire, la concentration et les capacités d’abstraction. Les enfants victimes d’ostracisme ont une opinion plus négative de l’école, mettent en place des stratégies d’évitement, sont plus souvent absents, et ont des résultats scolaires inférieurs à la moyenne. Les victimes ont fréquemment du mal à se concentrer sur leur travail scolaire et sont plus fréquemment absentéistes à cause la peut qu’ils ressentent. La violence a un impact sur la santé mentale et physique. Elle affecte le métabolisme et les défenses immunitaires et engendre chez les victimes une fatigue chronique. Hawker et Boulton (2000), en tentant une revue systématique d’un grand nombre d’études, ont montré que la victimation est très fortement reliée à la dépression. Le harcèlement et la maltraitance répétée à l’école induisent une érosion de l’estime de soi. La victimation répétée a été identifiée comme un des « stresseurs » les plus fortement associés avec les comportements suicidaires chez les adolescents. Une victime de harcèlement en milieu scolaire qui ne bénéficie pas du soutien des adultes présente quatre fois plus de risque d’attenter à sa vie qu’un autre enfant (Olweus, 1999). Les personnes qui ont été victimes de harcèlement et maltraitances pendant leur scolarité rencontrent, par la suite, plus de difficultés à entretenir des relations avec le sexe opposé. Il existe une transmission transgénérationnelle dans le rôle de victime, les enfants de victimes de harcèlement à l’école ayant tendance à être victimes eux-mêmes. Agresser les autres peut aussi être une stratégie adoptée afin d’éviter de devenir victime soi-même et être de l’ordre de la violence préventive. Les garçons victimes sont plus susceptibles que les autres d’utiliser une arme et d’adopter une conduite violente indépendamment des facteurs familiaux et sociaux. Les études rétrospectives avec les adultes suggèrent l’impact possible de la victimisation dans l’enfance et indiquent que certains effets peuvent être de long terme (Card, 2006). Le rôle de victimes reste plus fréquent car les adultes ayant été victimes de violence à l’école développent une faible estime de soi et présentent des tendances dépressives beaucoup plus élevées. Ces effets de long terme ne touchent pas que les victimes. Ils touchent aussi les agresseurs.

Extrait du rapport remis en mars 2010, Ministre de l’Education Nationale, « Mission sur les violences en milieu scolaire, les sanctions et la place de la famille ».

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Les solutions aux plans national et local Les solutions illusoires La clôture matérielle

La violence à l’école est très rarement le fait d’éléments extérieurs (2,3 % des faits). La clôture matérielle de l’établissement est certes nécessaire, mais ne traitera qu’une très faible partie du problème. La vidéosurveillance

Deux criminologues anglais, Welsh & Farrington, ont évalué l’impact de la vidéosurveillance et leurs conclusions sont sans appel : elle ne diminue que de manière très marginale la délinquance (moins de 6 % de faits en moins). Elle a des effets pervers dans le sens d’une démobilisation des personnels de surveillance, s’en remettant à la magie technologique. L’intégration de l’enseignant

Une recherche québécoise (Denis Jefrey et Fu Sun - 2006) a montré que, parmi les facteurs de protection les plus efficaces contre la violence, figure la manière d’être accueilli par les collègues enseignants et, surtout, par la direction. Les agressions subies par les enseignants diminuent considérablement avec la facilité d’entrée en relation avec les collègues. Une recherche de la MGEN (Horenstein, 1997) montre également que le soutien reçu en cas d’incident est primordial pour ne pas sombrer dans la culpabilité et la dépression. Les enseignants qui reçoivent ce soutien sont ceux qui interrompent le moins longtemps leurs activités pédagogiques. Les portiques de détection de métaux

Contrairement à la légende, les portiques de détection de métaux ne sont présents que dans moins de 1 % des écoles américaines. Les effets négatifs en sont bien connus : - ressentiment montant des élèves par sentiment de mépris, surtout quand cela se double d’opérations comme la fouille des cartables ; - augmentation de la violence antiécole.

L’impératif absolu : éviter la solitude L’intégration de l’enseignant Une recherche québécoise (Denis Jefrey et Fu Sun - 2006) a montré que, parmi les facteurs de protection les plus efficaces contre la violence, figure la manière d’être accueilli par les collègues enseignants et, surtout, par la direction. Les agressions subies par les enseignants diminuent considérablement avec la facilité d’entrée en relation avec les collègues. Une recherche de la MGEN (Horenstein, 1997) montre également que le soutien reçu en cas d’incident est primordial pour ne pas sombrer dans la culpabilité et la dépression. Les enseignants qui reçoivent ce soutien sont ceux qui interrompent le moins longtemps leurs activités pédagogiques. Éric Debarbieux, directeur de l’Observatoire international de la violence à l’école

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Suite …Les solutions aux plans national et local Le climat scolaire Il y a un lien direct entre qualité du climat scolaire et nombre d’agressions. Les élèves victimes sont très souvent isolés, désignés comme faibles et rejetés. Travailler sur l’amélioration globale du climat scolaire, c’est faire diminuer ce qui forme la masse de la violence scolaire: - les agressions les plus graves, - le harcèlement, - la répétition des microviolences… Les maîtres mots pour créer une forte identification à l’établissement sont : - coopération et travail d’équipe, - cohérence éducative, - mise en place d’activités communes…

Les solutions de long terme Les solutions les plus efficaces découlent de démarches qui s’inscrivent dans le temps. Il s’agit : - d’établir des normes claires, lisibles et justes ; - de favoriser les attitudes encourageantes et augmenter les récompenses pour un renforcement positif des comportements ; - de mettre en place une gestion coopérative en classe et hors de la classe ; - de réorganiser les classes dans le sens d’une plus grande flexibilité (pour éviter les classes ghettos) ; - d’assouplir les emplois du temps… Le renforcement de la cohésion de l’établissement est une norme absolue, condition d’une deuxième étape indispensable : l’établissement de liens avec le quartier et les familles. Une équipe éducative stable

La stabilité des équipes éducatives est une condition à toute prévention de la violence à l’école. Ceci implique une nouvelle manière de gérer les nominations des enseignants. La mise en oeuvre d’une politique publique ou d’un programme de prévention nécessite une véritable implication globale, à l’échelle d’un établissement et d’un secteur, impliquant travail en équipe, durée et aide administrative réelle. Une formation efficace des enseignants

Les études qui se sont penchées sur les conditions d’efficacité de la formation contre la violence à l’école ont démontré que la formation est efficace quand elle peut à la fois concerner l’enseignement lui-même et la manière de faire face aux difficultés de comportement. Le taux de violence chez les jeunes enseignants prenant leur poste est fortement corrélé aux lacunes de la formation aux situations difficiles et à la violence à l’école. Il en est de même pour leurs élèves. Deux des plus grands prédicteurs de la violence sont une formation lacunaire en gestion de classe et une méconnaissance de la réalité scolaire. Prévoir la gestion de crise

Un établissement efficace contre la violence prévoit ce qui peut être fait quand la violence est présente et quand un enseignant est en difficulté. Il ne s’agit pas de juger, mais d’aider et de déterminer qui intervient, et dans quelles mesures. La pratique d’entraide entre adultes est essentielle. Éric Debarbieux, directeur de l’Observatoire international de la violence à l’école.

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Bibliographie

> Les Dix commandements contre la violence à l’école Auteur : Éric Debarbieux - Éditions Odile Jacob - septembre 2008 > Violences et maltraitances en milieu scolaire Auteur : Catherine Blaya - Éditions Armand Colin - mars 2006 > Prévenir et gérer la violence en milieu scolaire Auteur : Edith Tartar-Goddet - Éditions Retz - septembre 2006 > L’école et la rue : fabriques de délinquance Auteur : Benjamin Moignard PUF - janvier 2008 >Histoires vraies des violences à l’école Auteurs : Francis Lec et Claude Lelièvre - Éditions Fayard -août 2007

Webographie

> Le site de la FAS & USU www.autonome-solidarite.fr La fédération des Autonomes de Solidarité Laïque rassemble, sur son site internet, un nombre important d’informations et de témoignages sur le monde de l’enseignement et son actualité. Sont également disponibles à tous, des dossiers en ligne traitant des différents aspects du problème qu’est la violence en milieu scolaire… > Le site de l’Observatoire international de la violence scolaire www.violencesetpreventiondesviolences.org Il rend accessible à tous des études internationales, ainsi que des articles articl scientifiques sur la violence scolaire, mais aussi sur la délinquance et les déviances juvéniles. Le Journal International école et violence est mis à disposition gratuitement. Il est également possible de se tenir informé de toutes les actualités sur le e sujet en s’inscrivant à une newsletter. > Le site Non-violence www.nonviolence-actualite.org Spécialisé dans la prévention des violences de proximité (famille, école, quartier, vie sociale et professionnelle…), onnelle…), NVA a pour objectif de répondre aux demandes des particuliers et des institutions en recherche de documentation, d’outils, de contacts ou de formations, sur les compétences relationnelles et sociales : la communication, l’écoute, la gestion des conflits, la médiation, l’action non violente, la coopération… > Internet sans crainte www.internetsanscrainte.fr Programme européen facilitant l’usage de l’internet pour les parents, les enfants et les équipes pédagogiques.

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Adresses et numéros utiles

Net Ecoute 0800 200 000 Gratuit anonyme et confidentiel http://www.netecoute.fr/ Jeunes Ecoutes Violence 0808 807 700 Appel anonyme et gratuit depuis téléphones et fixes http://www.jeunesviolencesecoute.fr Stop Harcèlement 0808 80 70 10 Des conseillers-psychologues, juristes, conseillers scolaires sont à votre écoute

P.A.E.J Espoir (Point Accueil Ecoute Jeunes) 2 rue de la Terrasse 94000 Créteil Tel : 01 41 78 94 10 Courriel : paej.creteil@espoir-cfdj.fr P.A.E.J 27 rue Albert Thomas 94500 Champigny Tel : 01 49 83 79 79 Courriel : point.ecoute.champigny@wanadoo.fr

Udaf du Val-de-Marne - 3, avenue Charles de Gaulle - 94475 Boissy-Saint-Léger cedex Tél : 01.45.10.32.32 - www.udaf94.fr - udaf94@udaf94.fr

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