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ores Eco Com Union des Chambres de commerce, de l’industrie et de l’agriculture (UCCIA),BP 945, Tel/Fax : (269)7739595 Site web : www.uccia-comores.com

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Photo: Ibrahim Youssouf

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Le premier Magazine économique des Comores

EMPLOIS

QUELLES ALTERNATIVES


Les services de

l’UCCIA l’UCCIA

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UCCIA BP 763 MORONI - UNION DES COMORES - Tél (269) 773 09 58 - Fax (269) 773 19 83 E-mail: secrétariat@uccia-comores.com Web site: www.uccia.comores.com - www.comores.relais-infocom.net


ComoresEco

Editorial

De l’Interface à ComoresEco

Le premier mag économique des Comores

UN MaGaZiNE DE L’UCCIA-COMORES DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Fahmy Thabit

DIRECTEUR ADJOINT DE LA PUBLICATION Said Ali Said Athoumane Conseiller à la Rédaction Said Mohamed Said Tourqui RESPONSABLE PROMOTION Mistoihi Abdillah REDACTEUR EN CHEF A.S.Kemba REDACTION Mistoihi Abdillah, A.S.Kemba, Yousra Said Ali Dainane, Itibar Aicham, Fakri Youssouf Abdoulhalik, Charkane Ali François (Zola), Abdillahi Bouthainata, Anlyane Anlym, Djamal ElDine Bacar, Ahamdali Naybe Collaborateur Cheha Ali Hamadi (pour les pages arabes) Graphiste Fahdi Mohamed Said ILLUSTRATION PHOTOS Mohamed Said Hassane (El-Padré) Responsable commerciale & Marketing Sitti Karima Mohamed INFORMATICIEN Said Omar Kombo Chargé du suivi et de la logistique Ibrahim Abdou Makadiri Vente et Distribution Hachim Charif Hamidi (Madjodjo) PRODUCTION UCCIA-Comores IMPRESSION Datacom ComoresEco Le premier Magazine économique des Comores Union des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture (UCCIA), Moroni, Union des Comores, Itsambouni, Boulevard de Strasbourg. BP 945, Tel/Fax : (269)7739595 Site web : www.uccia-comores.com

Un Fahmy Thabit

nouveau défi à l’Union des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture (UCCIA). Une évolution qui va révolutionner l’information économique nationale. De l’Interface à ComoresEco, c’est la réponse à vos remarques, à vos analyses et à votre souci d’avoir un outil qui réponde à vos interrogations et vous accompagne dans ce monde en pleine mutation. Aujourd’hui, l’information est partout à la radio, à la télévision, sur Internet, dans les journaux, il faut, pour répondre aux défis du monde moderne, que cette information soit analysée, étudiée, décortiquée et qu’elle soit ensuite une source pour créer et produire de la richesse économique. Nos missions et objectifs d’accompagnement d’informer et de former sont ceux-là même qui nous ont poussés à réfléchir, à concevoir et à publier ce magazine bimensuel dont la parution en ce mois de mars 2014 fait la fierté de l’Uccia et de ceux qui contribuent à son rayonnement, je veux parler des élus, du personnel de toutes les chambres et bien évidemment des operateurs économiques, des autorités et de nos différents partenaires. Je tiens à remercier mon prédécesseur, Ahmed Ali Bazi, pour toutes les reformes menées ces dernières années à l’UCCIA. J’ose espérer qu’hommes d’affaires, artisans, bijoutiers, commerçants, agriculteurs, pêcheurs et tous les operateurs économiques puissent trouver leur place dans ce nouvel outil d’information et de communication mis à leur disposition par l’Union des Chambres de commerce. ComoresEco n’est que le prolongement de l’Interface avec, cette fois, une vision nouvelle dictée par les impératifs du temps. ComoresEco est aussi un formidable outil de promotion du produit «COMORES» qui va servir à mobiliser les autorités, à sensibiliser les acteurs, à accompagner nos partenaires étrangers, à canaliser les informations économiques et à mettre en œuvre les stratégies nécessaires pour soutenir les secteurs vitaux de notre économie dans une perspective de réduction de la pauvreté. Tels sont, chers lecteurs, les objectifs que se fixe votre magazine ComoresEco : faire de l’information économique et sociale de véritables piliers pour le développement. L’Uccia s’est déployée ces dernières années à créer les conditions d’un environnement favorable aux affaires en mettant divers outils et programmes à la disposition des operateurs économiques. Je citerai le centre des formalités administratives des entreprises (Cfae), la Cour d’arbitrage des Comores (Cacom), l’Institut consulaire de formation (Icf), le centre de gestion agrée (Cga), le programme Oser entreprendre et, pour cette année 2014, l’identification des zones d’activités économiques (Zae). Des perspectives prometteuses se profilent à l’horizon. De nombreux partenaires sont prêts à soutenir la Chambre dans divers domaines et aspects. Nous vivons dans un monde en pleine transformation et dans un pays plein de perspectives. à nous de prouver que nous pouvons réussir en brisant les tabous, en mettant fin au comoro-pessimisme et en aidant à l’émergence d’une génération d’entrepreneurs et d’hommes d’affaires, en régulant le commerce au profit de tous, en trouvant de solutions au problème du chômage (lire page 10-16), en soutenant les politiques économiques, en attirant les investissements dont le pays a besoin et en faisant front contre tous les obstacles au développement. A vous de jouer, économistes, financiers, banquiers, universitaires pour enrichir ce magazine qui sera le vôtre pour toujours.

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l’iNFORMaTiON ÉcONOMiQuE ores Com Eco au SERVicE Du DÉVELOPPEMENT Le premier mag économique des Comores

Tous les deux mois, ComoresEco c’est : Des informations économiques complètes commentées par nos consultants Des enquêtes, reportages et dossiers sur la vie économique nationale Un point complet de l’état de l’économie comorienne Un regard sur le monde de l’entreprise, des entretiens avec ceux qui font l’économie d’aujourd’hui Une nouvelle forme d’information sur les alternatives qui font avancer les Comores Un trait d’union entre les Comores et les partenaires au développement ComoresEco, c’est aussi - Des publireportages dans les entreprises aux tarifs exceptionnels - Des publicités et publi-informations - Des numéros hors série traitant spécifiquement des sujets qui intéressent le monde de l’entreprise NOS TARIFS 1 page ½ page ¼ page 1/8 page

: 150.000kmf : 80.000kmf : 35.000kmf : 20.000kmf

N.B. L’Uccia subventionne à hauteur de 50% les publicités de ses membres à jour de leurs cotisations. Des tarifs exceptionnels et des offres promotionnelles peuvent être accordés aux opérateurs économiques. Contactez le service commercial de ComoresEco à l’adresse indiquée ci-dessous.

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Oui, je m’abonne à ComoresEco pour un ou deux ans avec (2 numéros hors série par an) Nom :_______________________________________/ Prénom_________________________________________/ Adresse______________________________________/ Ville___________________________________________/ E-mail_______________________________________/ Tel Mobile_______________________________________/ Profession___________________________________/ Administration/Societé/Entreprise___________________/ o Je m’abonne à deux ans à ComoresEco à 15.000kmf au lieu de 17.500 soit une réduction de 15% o Je m’abonne à un an à ComoresEco à 8000km au lieu de 12.000kmf soit une réduction de 25% Je règle ma facture en espèces ou par cheque à l’ordre de l’Uccia Ce bulletin d’abonnement est à retourner à ComoresEco, Service commercial ou à la comptabilité de l’Uccia, Moroni Itsambouni à côté des douanes comoriennes. Vous pouvez s’abonner en téléphonant au (+269) 7739595 ou en se présentant directement au siège de l’Union des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture, Service de la comptabilité. L’abonnement en ligne se fait pour l’instant, via secrétariat@uccia-comores.com ou à www.uccia-comores.com, Service communication et promotion de l’Uccia. Vous recevrez la version PDF du Magazine. Pour les abonnés d’Anjouan et de Mohéli, ils peuvent se présenter au siège des chambres de commerce insulaires. Offre valable jusqu’en mars 2015. Les abonnés en ligne bénéficieront d’un traitement particulier avec des offres exceptionnelles.

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Le sommaire 3

EDITORIAL De l’Interface à ComoresEco

6

PETROLE: Les explorations D’ABORD BAD-Comores : INTENSES programmes

7

Journée internationale de la femme : Ces femmes dont ON EN PARLE ADHESION A L’OMC LENTEMENT MAIS SUREMENT

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Actualité Ils DECOUVRENT les Comores

LES SUBVENTIONS à l’énergie COUTENT CHERES A L’ETAT, selon le FMI La BCC a son bulletin…

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FICTION Rentes Pétrolières : l’Etat ENREGISTRE 250 MILLIARDS en 2035

-

Notre dossier (Page 10-16)

10 12

Emplois, quelles alternatives

20/21

Comores BUSI NESS Awards LE GALA DE L’ENTRPRENEUR, une première édition réussie

22

L’UCCIA PRIME LE MÉRITE BIO EXPRESS PRESENTEE PAR KARIBU MAGAZINE

28/29

COOPERATION FINANCIERE: Comores-BAD, un nouveau DEPART

30/31

PRODUITS DE RENTE UNE LEGERE HAUSSE DES EXPORTATIONS DE LA VANILLE

32

Entretien Faharate Mahamoud MRADABI : ‘’L’Etat doit TENIR COMPTE DU SECTEUR PRIVE’’

33 34/35

La parole aux operateurs

Retour (EN FORCE) des Groupes et entreprises FRANÇAIS BOUYGUES ou SFR dans les Télécoms ?

La politique nationale de L’EMPLOI: Le grand PREALABLE

37

13 14

JAMES N. MUREU : ‘’Nous ne sommes pas ici PAR ACCIDENT mais PAR CHOIX’’

QUATRE AXES pour soutenir l’emploi

Mohamed Ahmed ‘’Maintenant, on sait ce qui doit être fait’’ Un OBSERVATOIRE pour orienter les demandeurs d’emplois

COMMERCE & AFFAIRES Tirer le MAXIMUM d’expérience des Kenyans

40/41

COMORES BUSINESS

AWARDS LE GALA EN IMAGES

15

Le programme ‘’OSER ENTREPRENDRE’’, une piste à encourager Des difficultés de création d’emplois au sein des PMA

16

UNE ETUDE EN COURS pour donner force et vitalité au secteur privé Le secteur privé, parent pauvre de l’Etat ?

18/19

ENQUETE de conjoncture/Secteur

industriel DES DIFFICULTES FACHEUSES handicapent les unités industrielles

5


Intenses PROGRaMMES

BAD-Comores

Les explorations D’abORD

Pétrole

Transformation: le patron de la BAD veut des infrastructures économiques fortes en Afrique

Prudence. Le ministre ne veut plus qu’on parle du pétrole avant la communication des données sismiques

Le

Le

ton était au rendez-vous ce jour là. Devant la presse nationale, le 4 décembre, le ministre de l’Energie a appelé à la prudence s’agissant des ressources en hydrocarbures présumés cachées quelque part dans les fonds marins comoriens. Pour lui, l’opinion ne devrait pas aller vite en besogne et qu’il faudra d’abord s’assurer que pétrole il y a avant d’engager ensuite les procédures d’attribution des contrats d’exploration. ‘’Qui vous a dit qu’il y a du pétrole, vous avez les preuves ? ’’, interroge Abdou Nassur Madi (photo) devant un parterre de journalistes convaincus plus que jamais de l’existence de l’or noir aux Comores. ‘’ On parle ici et là que nous avons du

pétrole, je ne dis pas oui ou non mais il faut savoir l’endroit, faire les prospections, il ne faut pas jouer avec les rumeurs, nous devons être vigilants et attendre les conclusions des recherches qui seront menées avant de dire que ce soit’’.

6

Des conclusions attendues probablement en 2018. Le ministre a reconnu l’existence de 40 blocs sans doute identifiés après les études sismiques menées en 2011 par le géant américain GTX Technologies mais a fait part d’un optimisme prudent, soulignant vouloir détenir ‘’d’abord’’ des éléments avant d’accepter les hypothèses défendues en l’air par nombreux de ses concitoyens. Le pétrole comorien, on en parle cela fait plusieurs décennies mais le sujet jugé ultrasensible, les plus hautes autorités n’auraient jamais pris le risque de s’aventurer dans un terrain glissant au risque de mettre à mal leur pouvoir face aux lobbies et aux réseaux occultes qui attendent le moment opportun pour tirer le premier baril à leur propre profit. Le pétrole pourrait être source de bonheur pour le pays mais créera une instabilité plus pire que les crises politicoinstitutionnelles (lire notre fiction en page 9).

Le Chiffre

364

Une nette augmentation de la population des millions pays les moins avancés (PMA). Selon le rapport 2013 de la CNUCED (Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement), il y a 364 millions d’âmes dans les PMA soit une augmentation de 86,9 millions d’individus entre 2000 et 2010. Le rapport indique que la population dans ces pays sera de 474 millions en 2020 (soit une hausse de 30% de la population active en 2010). La CNUCED fait la sonnette d’alarme en indiquant que la croissance économique n’arrive pas à absorber le chômage à cause de l’arrivée en masse de millions de demandeurs d’emplois et lie l’incapacité à lutter durablement contre le chômage à l’impossibilité de maîtriser la croissance démographique des PMA (lire notre dossier sur l’emploi page 10-16).

président de la Banque africaine de développement (BAD), Dr Donald Kaberuka (photo), est attendu en juillet aux Comores en 2014. Un hôte de marque qui vient à point nommé. L’institution a repris sa coopération avec l’Union des Comores en 2009 avec d’intenses programmes en cours d’exécution. Réformes des administrations financières du pays, eau et assainissement, pêche, la BAD fait son retour après 17 ans d’absence et finance un vaste chantier dans le secteur de l’énergie d’un montant de près de 8 milliards de francs comoriens, cofinancé par la Banque mondiale à hauteur de près de 2 milliards de francs comoriens. À l’occasion de cette visite, les Comores profiteront pour demander leur éligibilité des autres fonds de la BAD notamment l’African Gurantee Fund (AGF) basé à Nairobi d’un capital de 50 millions de dollars lancé en mai 2012 et destiné à aider les banques et les institutions financières africaines à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) du continent. La BAD compte soutenir le programme ‘’Oser entreprendre’’ de l’Uccia-Comores et des pistes de soutien aux établissements de microcrédits comoriens sont explorées. La BAD va se déployer activement en 2014 pour ‘’une meilleure transformation de l’Afrique’’ aux fins d’une croissance durable au profit des populations selon Donald Kaberuka. L’institution en plein déménagement pour Abidjan (Côte d’Ivoire) va plaider, sans doute, du 2 au 5 août prochain à Washington, en faveur de l’augmentation de son portefeuille pour faire face aux défis du continent au cours de la rencontre annoncée par Barack Obama, entre les Etats-Unis et les 47 pays du continent tirés au sort par la Maison Blanche.


Journée internationale de la femme

Ces femmes dont

on parle

F

emme d’affaires et de relationnel, Mme Soilha Said Mdahoma innove. En organisant, fin 2013, une cérémonie en hommage aux journalistes morts dans l’exercice de leur métier, cette femme aux multiples casquettes élargit son champ d’action et suscite admiration dans les rangs des hommes de la presse. Cette pionnière de l’entreprenariat féminin aux Comores compte, grâce au soutien des amis et amoureux de la presse, les démocrates en général, aider à la création d’un Fonds spécial en faveur des journalistes et des medias en difficultés. Grâce à elle, une association ‘’Les Amis de la Presse’’ devrait prochainement voir le jour à Moroni.

MME NAAMA IDRISS

E

lle a fait la fierté du pays en devenant la chef d’orchestre du forum EFOI (Entreprendre au féminin dans l’Océan indien) organisé, en 2013, pour la première fois en terre comorienne. Mme Naama Idriss, Gérante du ‘’Jardin de la paix’’ aime travailler dans la discrétion et elle a un idéal : l’intégration de la femme dans l’économie. Avec des idées pleines la tête. Pour elle, tout est possible, «il suffit, dit-elle, d’avoir confiance en soi et fédérer ses idées avec les autres».

MME SITI ECHAT ASSADI

L

a création d’entreprises pour résorber le chômage des jeunes, c’est son leitmotiv. ‘’Il ne faut pas compter sur la Fonction publique’’, répète Mme Siti Echat Assadi. Femmes active dans la société civile, elle veut faire du tourisme, une clé de réussite mais pas seulement ce secteur. ‘’Il y a de nombreux secteurs qui peuvent générer des emplois et de la richesse et qui peuvent aider le pays à se développer petit à petit, le secteur de la transformation, il y a un marché potentiel, les jus de fruits par exemple, on a des domaines à exploiter, il faut s’y mettre, encourager les jeunes à créer leurs propres entreprises et les unités de production’’.

ADHESION à L’OMC

LENTEMENT MAIS SUREMENT Said Ben Ousseine

Les

Comores, avec l’appui du PNUD et du centre du commerce international (CCI) ont mis les bouchées doubles pour accélérer le processus d’adhésion du pays à l’organisation mondiale du commerce (OMC). Les négociations démarrées en octobre 2007 ont connu une avancée ces trois dernières années avec la

remise du mémorandum d’adhésion, de l’aide-mémoire en 2013 qui fixe le régime commercial, la communication de la liste des questions que les Etats membres soumettent à tout pays souhaitant intégrer le commerce multilatéral. Ce dernier apporte les réponses. C’est le Pérou qui préside le Groupe de travail sur les négociations d’adhésion des Comores à l’OMC. ‘’Nous sommes en train d’élaborer notre plan d’action législatif

requis dès ce stade, comme gage de notre engagement à réformer notre cadre législatif et réglementaire pour l’adapter au système multilatéral ’’, souligne Said Ben Ousseine (photo), le Délégué à l’Economie. ‘’Nous nous attelons à préparer notre offre initiale d’accès au marché, autre étape importante dans ce processus. Pour mener à bien ce processus, nous avons requis toute l’assistance technique nécessaire et utile auprès des agences et programmes des Nations-Unies dédiés’’. Passée l’étape des questions-réponses, le pays franchira un pas de géant dans le processus d’adhésion définitive. Les Comores ont actuellement le statut d’observateur avec une dizaine de pays. C’est le projet Cadre intégré renforcé (CIR) qui est au cœur de tout ce processus.

MME HISSANE GUY

L

e tourisme et le développement des arts, voilà ses moteurs. Mme Hissane Guy y voit les domaines clés à toute initiative de développement dans l’archipel. présidente du Conseil d’administration de l’Office national du tourisme (ONT), elle a organisé une foire, début décembre 2013, en vue d’exposer la beauté et la richesse des îles et compte en faire autant, à l’avenir, pour plus de visibilité des merveilleux atouts du pays. Le but étant de faire du tourisme la pierre angulaire dans le processus et les initiatives qui aideront la croissance économique du pays.

LA PHRASE

MME SOILHA SAID MDAHOMA

Moussa Hamada, chef des Impôts

L’administration fiscale avait besoin de réformes. On a réussi nombreuses d’entre elles. Le code général des impôts est en vigueur, il y a une charte fiscale qui pose les droits et les devoirs des contribuables et bien de textes qui participent à l’assainissement de l’environnement fiscal. Notre but est de créer des relations de confiances avec les contribuables, les pousser à avoir une culture fiscale tout en les faisant comprendre qu’ils jouent un grand rôle dans ce pays.

7


Actualité

LES SubVENTiONS à l’énergie coûtent chères à l’Etat, selon le FMI

Les Une délégation omanaise à Moroni

Ils découvrent les Comores

L’

année 2013 bat le record. Plus de 150 hommes d’affaires étrangers ont visité les Comores. Ils ont noué des partenariats avec leurs homologues comoriens. Ces rencontres B&B organisées par l’Union des chambres de commerce visent à favoriser les échanges entre les operateurs économiques locaux et hommes d’affaires étrangers en vue de l’établissement des relations d’affaires dans de secteurs porteurs de croissance, selon Fahmy Thabit. Après les Réunionnais, les Brésiliens, les Omanais, le Medef (patronat français), c’est autour des voisins kenyans (lire page 37) d’ouvrir le bal en 2014. Les rencontres d’affaires qui vont se poursuivre cette année sont une occasion rare pour ces Comoriens qui ont soif de commercer avec l’extérieur, développer des partenariats, se ressources des nouvelles techniques du business d’aujourd’hui et d’élargir leurs champs d’affaires. D’autres occasions sont au programme cette année 2014 avec le mini-forum des pays du Golf en septembre à Moroni et le forum économique des Iles de l’Océan indien, le principal et grand rendez-vous des hommes d’affaires de la région prévu au mois de novembre dans la capitale comorienne.

Le Chiffre

4%

8

Le taux de pénétration de l’internet est de 4% aux Comores, d’après des études confirmées par l’Association comorienne des consommateurs des Tics (ACTIC) présentées au cours d’une ‘’Conférence sur la connectivité numérique, au moyen des technologies de l’information et de la communication (TIC) de l’Océan indien’’ organisée en octobre 2013 à l’Ile Maurice ayant regroupé décideurs et professionnels du secteur des Tics. Le taux de pénétration du Mobile aux Comores est de 45%. Des taux jugés très faibles comparativement à ceux des autres pays de l’Océan indien. A Maurice, par exemple, le taux de pénétration est de 110% alors que celui du Mobile est de +50%, selon Hamidou Mhoma, président de l’ACTIC. En plus, les Comores font partie des 10 pays ayant les communications les plus chères au monde, selon une étude de l’Union internationale des Télécommunications (UIT) confirmée par M.Mhoma.

subventions à l’énergie aux Comores coûtent chères à l’Etat. Le constat est du Fonds monétaire international (FMI). Son représentant à Moroni, René Fievet (photo), parle sans le dire d’un coup à la fois dur et insupportable, soulignant que les fonds mis par l’Etat pour subventionner l’énergie sont en hausse depuis 2009. ‘’Les

transferts budgétaires au profit de la MA-MWE et de la SCH sont devenus plus fréquents : 448 millions de FC (0,2 % du PIB) en 2009-10; 1.560 millions de FC (0,6 % du PIB) en 2011-12; 1.500 millions de FC (0,6 % du PIB) pendant les six premiers mois de 2013. Par ailleurs, les arriérés fiscaux de la MA-MWE et de la SCH atteignaient 7 % du PIB fin 2012’’. Face aux maigres ressources de l’Etat, le FMI aimerait, selon lui avec pédagogie et concertation, ‘’une réforme en profondeur ’’ du système de subvention à l’énergie avec en toile de fond, l’affectation de ces ressources dans ’’des dépenses publiques propices à la croissance et à l’équité’’. A l’entendre, ‘’ les subventions énergétiques sont coûteuses et mobilisent des ressources publiques qui seraient plus utiles, par exemple dans l’éducation ou les infrastructures ’’, se fondant sur une étude intitulée ‘’ Réforme des subventions

à l’énergie : enseignements et conséquences’’ du Département Afrique du FMI qui indique que ‘’ 45% des

subventions aux carburants profite à la tranche de 20 % la plus riche de la population, tandis que les catégories les plus pauvres de la population (40% des ménages les plus pauvres) ne bénéficient que d’environ 20%’’. René Fievet

La BCC a son bulletin…

La

Banque centrale des Comores (BCC) vient de publier la première édition de son ‘’ bulletin trimestriel ’’ le mois de février 2014. L’institution qui souhaite bien s’approcher de la population et des acteurs économiques rendra compte de l’évolution économique du pays à travers ce bulletin. ‘’Nous

espérons que cette nouvelle publication, qui sera par la suite enrichie des données sur les finances publiques et le commerce extérieur, apportera des informations complémentaires utiles aux operateurs économiques, aux décideurs, aux administrations, à la population et aux partenaires extérieurs’’, lit-on dans le bref message d’introduction du gouverneur Mzé Abdou Mohamed Chafiou. La situation monétaire, bancaire et financière du pays et l’inflation occupent une large place dans ce premier numéro. On y voit des enquêtes de conjoncture menées dans certains secteurs d’activités du pays.


FICTION

Rentes Pétrolières : l’Etat enregistre 250 milliards en 2035

Le ministre de l’Economie et des Finances a annoncé ce chiffre hier en conférence de presse organisée à la toute nouvelle grande salle de l’institut national de recherche, d’exploration et de commercialisation du pétrole (INRECP).

C’

est un bon cadeau de bonne année que vient d’annoncer le ministre de l’Economie et des Finances, I.S.B. Arrivé hier à Moroni après un long voyage qui l’avait conduit à Washington, Doha et aux Emirats arabes unis, l’argentier de l’Union annonce que les caisses de l’Etat ont enregistré 250 milliards de francs comoriens en 2035 venant essentiellement des rentes pétrolières. ‘’Oui, je vous confirme que nous avons réalisé des recettes de l’ordre de 250 milliards pendant l’année qui vient d’écouler’’, a souligné I.S.B ajoutant : ‘’ces recettes n’ont rien à voir avec celles des douanes et des impôts, c’est seulement notre pétrole’’. Depuis le démarrage de la campagne de commercialisation du brut comorien en 2032, le pays tente de renouer avec une dynamique économique. De nombreuses infrastructures sont en chantier, dix hôpitaux sont construits, des dizaines de kilomètre de route sont en pleine réfection, l’Etat compte procéder à une augmentation des salaires des fonctionnaires jusqu’à 40%, une société nationale de transport maritime vient de voir le jour avec une dizaine de bateaux acquis sur fonds propres grâce au pétrole. Il est question de lancer une commande de six appareils neufs auprès d’Airbus pour la création d’une compagnie aérienne nationale qui portera probablement le nom d’Air Comores. Le pays vient juste d’inaugurer son plus grand centre commercial d’une quinzaine d’étages construit à proximité de l’aéroport, à deux pas de la localité de Hahaya. Le pétrole comorien a réussi à réconcilier les enfants des quatre îles. Après d’interminables manifestations ‘’pour le retour’’ organisées ces derniers mois et violement réprimées, les Mahorais viennent de réintégrer leur giron naturel malgré l’orgueil de quelques départementalistes dont l’ancien député Mansour Kamardine, 69 ans, qui a juré de ne plus passer ‘’une seule journée à Moroni’’. Le ministre de l’Economie et des Finances a annoncé un projet de création d’un nouvel axe routier Badjanani-Petit marché pour désengorger la capitale malgré les réticences émises par une délégation de notables de Moroni reçue samedi à Beit Salam. L’autre chantier titanesque attendu est la construction d’une voie maritime Moroni-Mutsamudu-Fomboni-Dzaoudzi. Des chinois sont intéressés par le marché mais une grande entreprise des BTP australienne a elle aussi exprimé son intérêt, d’après le ministre des Transports, S.M.N. qui vient juste de rentrer d’un voyage à Sidney. A noter que dans les zones reculées, on demande de la transparence dans la gestion de la manne financière provenant du pétrole. De nombreuses voix s’élèvent pour demander l’instauration de primes mensuelles au profit des vieux de plus de 70 ans, des étudiants réclament des bourses, des chômeurs menacent de bloquer les rues si des allocations mensuelles ne leurs sont pas accordées, les députés veulent une revalorisation de leurs soldes alors que des politiques exigent la nomination d’un ministre du pétrole tout court. Des centaines de manifestants ont demandé jeudi à Mutsamudu la création d’un RMI (Revenu minimum d’insertion) et des aides sociales en faveur des handicapés. Le ministre de l’Economie dit reconnaitre ‘’la légitimité’’ des tous ces droits mais appelle au calme, expliquant qu’il est trop tôt pour satisfaire ‘’toute de suite’’ de telles demandes. Il a annoncé que les Comores viennent tout juste d’intégrer l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (OPEP) dont le siège est à Vienne en Autriche et que ‘’le moment viendra’’ pour faire valoir de telles revendications. Il faut noter également que les Comores présideront en 2037 le Club des pays africains exportateurs du pétrole composé, entre autres, du Gabon, du Tchad, du Nigeria, de la Guinée équatoriale… A.S.Kemba

Ils ont

dit Ahmed El-Harif Hamidi, président de la section des comptes à ComoresEco

‘’La section des comptes a besoin de ressources humaines pour réussir ses missions avec efficacité. Le bilan 2013 n’est pas mauvais et nous nous déployons chaque jour pour obtenir de bons résultats mais j’insiste encore que la mobilisation de ressources humaines est la première des choses à faire au sein de notre institution’’. ‘’Quand on me rase les cheveux, je pense au pétrole comorien. Et quand je regagne le lit pour dormir, je pense toujours au pétrole comorien’’. Idi Nadhoim, ancien vice-président de l’Union des Comore à qui on doit son rôle dans l’arrivée, en mai 2011 à Moroni, du géant américain GXT Technologies pour les premières explorations du pétrole suspecté dans les sous sols comoriens.

’Il faut imposer aux entreprises qui bénéficient des exonérations douanières des quotas de recrutements, on aurait pu absorber un peu le chômage mais pour réussir, il faut un service qui fera la police sinon les entreprises vont tricher’’. Faissoil Mohamed Toilibou, directeur des affaires économiques, Anjouan

Youssouf Al-Bassam, vice-président du Fonds saoudien pour le développement (FSD) à l’issue d’une visite début février à Moroni.

‘’L’Arabie saoudite est prête à aider les Comores dans presque tous les domaines mais il faut du suivi des dossiers et des choix stratégiques, le temps fera le reste, nous sommes des frères et nous le resterons pour toujours’’.

9


En couverture

Emplois, quelles

?

alternatives Jeunes, j’ai entendu votre cri

10

En s’adressant à des jeunes au stade de Moroni, début 2013, le chef de l’Etat (photo) a mesuré, ce jour-là, l’ampleur du phénomène du chômage dans le pays. ‘’Je sais qu’il est du devoir des pouvoirs

publics de trouver de solutions à cette problématique’’, avait-il déclaré en langue

nationale. Le chômage, disons-le, est devenu une menace, mobilise le plus clair du temps de tous les analystes du monde et reste la vraie et principale maladie qui ronge des milliers de jeunes comoriens au quotidien. Le président de la République passe à l’action et mobilise, quelques semaines après, 500 millions de francs comoriens annoncés à l’occasion de l’inauguration de la Maison de l’Emploi (MDE) et destinés à encourager l’emploi-jeunes dans le pays. Les fonds devraient soutenir ceux qui souhaitent entreprendre et créer leurs propres emplois. D’où le renforcement des activités de la structure AMIE suivi du programme ‘’Oser entreprendre’’ de l’Uccia lancé au palais du peuple par le vice-président Mohamed Ali Soilihi. Malgré l’absence de statistiques fiables et réactualisées, le chômage touche un jeune sur deux aux Comores (lire éclairage en haut) et continue à

s’intensifier surtout en milieu urbain car la population dans cette zone augmente à ‘’un rythme sans précédent’’, selon le Bureau international du Travail (BIT) qui avance des chiffres alarmants sur le phénomène tant la croissance économique ne parvient pas à satisfaire la demande toujours forte d’emplois dans de nombreux pays à faibles revenus comme les Comores. Les initiatives locales de développement de l’emploi (ILDE) engagées dans les îles, par l’Etat et de


ECLAIRAGE

Des jeunes au stade de Moroni en juin 2013

nombreux partenaires au développement, ont permis certes à des dizaines de jeunes et femmes de renouer avec des activités génératrices de revenus et d’obtenir des emplois durables mais sont-elles suffisantes ? La réponse est bien sur non. Mais l’adoption d’une politique nationale en 2013 sur l’emploi est une étape cruciale dans le processus de mise en œuvre des stratégies et des actions nécessaires de lutte contre le chômage dans le pays. Le taux d’inactivité aux Comores est des plus élevés en Afrique de l’Est soit 51%. Les compétences existantes sont sous exploitées ou mal exploitées. Ceux qui arrivent, désespérés pour la plupart, sont obligés de saisir souvent à contrecœur les premières chances quoique l’activité proposée ne colle pas avec la formation acquise ou à leurs rêves. Ce qui anéantit dangereusement leurs capacités d’innovations. De nombreux jeunes apportent peu en termes de valeur ajoutée car ils ne jouent pas avec leurs savoirs acquis dans les milieux d’enseignement et d’apprentissage. Il est connu de tous que la croissance économique est faible.

Le chômage touche 14,3% de la population active ayant un minimum de qualification estimée à 49,4%, soit un actif sur sept, selon des vieux chiffres fournis par la Direction nationale de l’Emploi et du Travail (Dnet). Le chômage frappe près de 45% des jeunes. Il est estimé à 24,5% en France, selon l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques). Le chômage se généralise aux Comores au sein de la tranche d’âge 25-64 ans. Selon les données officielles, le phénomène touche plus particulièrement les femmes (18,5%) alors que 11,9% des hommes sont concernés. Ce sont les îles de Mohéli et de la Grande-Comore qui sont les plus touchées par le fléau respectivement à 19,8% et 14,2% alors qu’Anjouan, il est de 13,5% sur une population active, là-bas, estimée à 45,1%. Des données officielles font état de 11.371 personnes employées dans l’administration publique alors qu’on estime environ à 5462, le nombre d’agents et employés du secteur privé, les sociétés d’Etat et autre établissements parapubliques compris. La société nationale Comores Télécoms est en tête du peloton parmi les entreprises qui emploient un nombre important d’agents, suivie de la Ma-Mwé, de la Société comoriennes des Ports (SCP) et de la SNPSF, selon des données compilées par la Confédération des travailleurs et travailleuses des Comores (CTC). Les entreprises privées emploient environ 3409 personnes, les banques, hôtels, commerces, entreprises de production et autres institutions compris.

Difficile donc, dans ces conditions, d’obtenir immédiatement des emplois de masse tant les défis sont immenses : faible taux d’investissement, inadéquation formation-emploi, secteur privé moribond, manque d’infrastructures… L’adoption d’une politique nationale en la matière pourrait être considérée comme le début de la fin d’un phénomène qui participe à une fuite permanente des cerveaux. Les conséquences du chômage, nombreuses et souvent irrémédiables, pourraient aussi menacer la cohésion sociale et pousser le pays à l’abîme. Il ne s’agit pas, dans ce dossier non exhaustif, de ‘’faire de la redondance’’ sur le chômage, d’établir ou se limiter à produire une photographie ‘’du chômage élevé dans le pays’’ mais d’en donner les pistes creusées pour répondre à la demande, les réflexions menées, les solutions que l’Etat souhaite apporter pour endiguer le phénomène et les conditions préalables en cours de mobilisation pour soutenir les secteurs pourvoyeurs d’emplois A.S.Kemba

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En couverture L’emploi, un combat de tous les acteurs

La politique nationale de l’emploi

Le grand PRÉaLabLE L’élaboration d’une politique nationale de l’emploi permet à l’Etat, aujourd’hui, de se fixer des objectifs clairs en la matière et d’arrêter une panoplie d’actions pour soutenir les secteurs pourvoyeurs d’emplois.

12

R

emis au chef de l’Etat l’an dernier, le document qui fixe et détermine la politique nationale de l’Emploi (PNE) aux Comores résume les actions à entreprendre pour faire face au chômage dans le pays autour de quatre axes (lire colonne ci-contre). Cette politique a été ‘’une condition’’ pour identifier ‘’de façon cohérente les stratégies de mise en œuvre’’, pour promouvoir l’emploi dans le pays, selon Mohamed Ahmed, le directeur national de l’Emploi et du Travail (lire entretien page 14). Ouverture de la maison de l’Emploi (MDE), mise en place du cadre juridique et réglementaire du travail, révision d’un nombre important de textes nationaux, ratification de nombreuses conventions internationales qui régissent la législation du travail, l’Etat a entrepris, ces dernières années, certaines réformes indispensables à la mise en œuvre de la politique nationale de l’Emploi. La politique ‘’vise

à améliorer la qualité de l’emploi aux Comores, en vue notamment d’absorber le chômage et le sous-emploi des jeunes et femmes, à stimuler les investissements dans la formation et les compétences, à diversifier les secteurs productifs, à moderniser les systèmes de protection sociale et à veiller à la redistribution équitable des fruits de la croissance pour la promotion de la justice sociale’’, d’après la ministre de l’Emploi,

Mme Siti Kassim. Cette politique tant attendue intervient quelques années après le lancement des initiatives visant à atténuer les effets du chômage dans le pays. Ces dernières années, l’Etat a mis en œuvre, avec l’appui des partenaires, de nombreuses actions ciblées autour de ce que les techniciens appellent ‘’les initiatives locales de développement de l’Emploi (ILDE)’’ en vue de ‘’pallier au dysfonctionnement du marché du travail, notamment l’augmentation alarmante du chômage’’. Il s’agit de mesures ou actions dont le but est, soit de répondre au ‘’déficit du système de formation professionnelle’’, soit d’aider au développement de l’entreprenariat tous secteurs d’activités confondus afin de faire face au manque d’emplois dans le pays. L’idée est de former des jeunes, des aviculteurs, des agriculteurs, paysans, éleveurs, artisans, les soutenir à bénéficier des microcrédits pour lancer leurs propres activités mais


surtout d’accompagner certains programmes qui aideront à faire naître de nouveaux services, des nouvelles structures et dont l’existence favorisera inéluctablement l’embauche. Le projet AMIE (Appui à la création et au développement des micros et petites entreprises) cible ‘’des

groupes les plus vulnérables, plus particulièrement les jeunes et les femmes ’’ en vue de la

création d’activités génératrices de revenus et des emplois. Le Projet d’appui à la pérennisation de la paix par la promotion de l’emploi des jeunes et des femmes aux Comores(APROJEC) avec ‘’ 200 projet financés ’’ entre 2010 et 2012 alors que 345 jeunes ont bénéficié une formation en pilotage de projets agricoles et autres. Il y a aussi le programme national de développement humain durable (PNDHD) dont l’action phare reste ‘’la productivité agricole’’ et l’amélioration ‘’ du système

communautaire de gestion et d’exploitation durale du capital humain’’. L’autre action

engagée est le programme ‘’ Oser entreprendre ’’ qui doit se concrétiser au courant de cette année 2014 et dont les concepteurs projettent mille emplois (lire page 15). Parmi ces initiatives, il y a celles portées dans le cadre du projet national ‘’ Chaines de valeurs ’’ financé par le Pnud dans le cadre du Fonds de consolidation de la paix (FCP) et qui consiste à soutenir des agriculteurs sur les techniques de production et de conservation de leurs produits, entre autres. Ce projet a permis de créer 182 emplois entre 2010 et 2012 dans l’île de Mohéli. Le programme d’appui à la finance inclusive (PAFIC) financé toujours par le Pnud a permis de renforcer les capacités des institutions financières de microcrédits, diversifier les produits favorisant une hausse de la clientèle et l’émergence de services nouveaux qui poussaient les établissements à recruter et donc à offrir des emplois aujourd’hui viables. Le réseau Amani, a lui aussi, promis de lancer le projet d’ouverture d’un centre de formation professionnelle en faveur des handicapés avec, à la clé, des formations aux métiers de couture notamment pour aider à cette catégorie d’améliorer ses

compétences et pouvoir renouer avec une vie professionnelle. D’autres initiatives visant à favoriser l’insertion professionnelle ont été engagées ces dernières années soit par l’Etat ou ses partenaires au développement comme ce projet Promotion de l’artisanat aux Comores financé par Pl@net Finance et qui a permis de former plus de 120 jeunes comoriennes ‘’ dans

la vannerie, tissage, teinture, gestion, microcrédit’’. Plus d’une

vingtaine de jeunes filles ont intégré le marché du travail en se regroupant autour d’un centre de couture et de commercialisation d’habits d’apparats à Moroni. Un autre projet porté par le Comité féminin de défense des droits et intérêts de Mutsamudu, financé par la coopération française et qui a permis d’ouvrir ‘’ sept locaux commerciaux ’’ et ‘’ un

local informatique accueillant une formation en informatique au profit des jeunes filles déscolarisées et femmes sans emplois’’ avec l’idée de pouvoir un jour intégrer le marché du travail. Le Projet FADC (Fonds d’appui au développement communautaire) est dans cette même lancée en s’orientant vers ‘’à

la création des petites et moyennes entreprises dans les secteurs des BTP (Bâtiment et Travaux Publics)’’.

Bien que précaires au départ, les emplois générés dans le cadre des initiatives locales de développement de l’emploi (ILDE) sont, pour la plupart, devenus viables. La formation professionnelle reste aujourd’hui l’un des leviers qui permettront à des milliers de jeunes d’intégrer le marché du travail. Ces initiatives pourraient rester des alternatives pour réduire graduellement le chômage des jeunes. ‘’Il appartient

à la partie nationale de s’approprier de ces programmes et d’engager des efforts [supplémentaires] pour les pérenniser et les multiplier davantage’’, disent les techniciens

de la Direction nationale de l’Emploi et du Travail. La mise en œuvre de cette politique nationale de l’emploi dépendra de la capacité d’attirer l’investissement public étranger (IDE), d’encourager et soutenir le secteur privé, d’intégrer l’emploi au cœur de toutes les politiques nationales, de renforcer le cadre institutionnel et d’évaluer, chaque année, l’impact des mesures et actions prises en faveur de l’emploi aux Comores

.

Quatre axes pour soutenir l’emploi

L

a politique nationale de l’Emploi (PNE) vise à soutenir, à terme, le plein emploi dans le pays en posant, parallèlement, le cadre ‘’pour

un travail décent’’ afin

de promouvoir la justice sociale. Elle dévoile quatre axes principaux : le développement des compétences et de l’employabilité du capital humain, la promotion sectorielle de la création d’emplois par la croissance rurale et durable, le soutien à l’emploi des jeunes et des femmes, le renforcement de la qualité de la gouvernance de l’emploi. Il s’agit, pour le premier axe, d’adapter les systèmes d’apprentissage aux besoins du marché du travail et à prendre des mesures pour favoriser l’insertion des jeunes, par exemple, en créant des relations permanentes entre ‘’les milieux

de formation et les établissements de formation’’. Pour le deuxième axe, il s’agit

d’aider à la création de micro-entreprises, soutenir le secteur privé et pousser l’Etat à engager une politique des Grands travaux dans les infrastructures pour soutenir le programme dit de ‘’Haute intensité de Main d’œuvre’’. ‘’La finalité recherchée’’ dans ce deuxième axe est ‘’d’augmenter

les demande et les opportunités d’emplois dans le pays’’. Le troisième axe de la PNE,

vise à promouvoir l’auto-emploi par la prise des mesures pour faciliter l’octroi des microcrédits aux jeunes et aux femmes et à les accompagner en formation dans les secteurs financés pour pérenniser leurs activités. Il est question de pousser ceux qui sont dans l’informel à se professionnaliser, à faire en sorte à ce que leurs activités soient intégrées dans les statistiques officielles. Le dernier axe consiste à assurer une meilleure coordination des actions citées mais aussi adapter, en permanence, le cadre législatif, réglementaire et institutionnel de la politique nationale de l’emploi. Ce dernier axe fixe le cadre de travail des structures censées soutenir la PNE. Reste maintenant à concrétiser les trois premiers axes, lesquels permettront de créer les entreprises et les activités censées absorber le chômage.

13


En couverture

mondial dont ‘’ des grands

pays ont mis du temps pour résoudre’’. Mais l’essentiel est

de prendre, chaque jour, les mesures pour l’endiguer. ‘’Le

plus important, c’est de fixer le cap, c’est déjà fait, il nous faut, je répète, les ressources, il faut des investissements dans les secteurs identifiés, soutenir la microentreprise, encourager l’auto-emploi ’’, soulignet-il. La politique nationale de l’emploi préconise ‘’ des

forums des partenaires, tables rondes avec les bailleurs ou des rencontres bilatérales ’’ afin de savoir

Mohamed Ahmed

‘’Maintenant, on sait ce qui doit être fait’’ Le directeur national de l’Emploi et du Travail, Mohamed Ahmed, sait que les défis sont nombreux mais dit que le pays a franchi ‘’des pas importants’’ et qu’il reste ‘’la traduction’’ de cette politique en faits concrets.

‘’I

l faut des investissements pour mettre en œuvre la politique nationale de l’Emploi, le pays a reformé son cadre institutionnel et juridique’’. Mohamed Ahmed estime que l’insuffisance de ressources financières pourrait compromettre les plans et programmes de mise en œuvre de la politique nationale de l’emploi. ‘’C’est

notre premier défi’’, dit-il.

Mais le haut fonctionnaire ne reste pas trop pessimiste car ‘’le gros du travail’’ a été fait, et que ‘’maintenant, on sait ce qui doit être fait’’. Pour lutter contre le chômage, il faut du temps et de la patience car il s’agit bien d’un phénomène

Un ObSERVaTOiRE pour orienter les demandeurs d’emplois

Le Chiffre

48,6

Les femmes occupent 48,6% des emplois informels d’après l’Enquête à indicateurs multiples (EIM) datant de 2004. En milieu urbain, la part de l’emploi informel est estimée à 24,4% contre 14,3% en zone rurale. Aux Comores, les emplois modernes publics et privés représentent 26,3%, les emplois ruraux, 57,4% et les emplois informels, 16,3%. Selon le Bureau international du Travail (BIT), ‘’l’économie informelle fournit 72% des emplois en Afrique subsaharienne’’ alors que ‘’l’économie formelle’’, elle, emploie ‘’près de 10% des actifs sur le continent’’.

%

les ressources disponibles dédiées au développement du pays et faire en sorte à ce qu’une bonne partie soit orientée dans des politiques de promotion de l’emploi et ‘’ établir des fiches d’informations ’’ à l’attention ‘’des partenaires

au développement ayant des sensibilités sur la promotion de l’emploi ’’. Le directeur

national de l’emploi a fait état de la mise en place ‘’des bases juridiques et institutionnelles’’ notamment l’adoption d’un nouveau code du travail qui fixe les nouvelles formes de relations entre employés et salariés mais aussi la création de nombreuses structures comme l’observatoire national de l’Emploi (lire ci-dessous). ‘’Il faut initier

un dialogue entre l’Etat, les salariés et les patrons pour réfléchir tous les jours les questions liées à l’emploi dans notre pays ’’, suggère-t-il. ‘’ Ce dialogue est nécessaire’’, a-t-il conclu

.

Dans la politique nationale de l’Emploi, il a été recommandé de créer ‘’un observatoire national de l’emploi’’ dont la mission est d’accueillir les demandeurs d’emplois, mesurer leurs compétences et les mettre en relation avec les milieux professionnels. Une structure qui permettra de savoir les besoins réels des entreprises ou autre structures publiques en terme d’emplois mais aussi le nombre de demandeurs et surtout leurs profils et leurs qualifications. Des listings pourraient être établis dans les différents secteurs d’activités. ‘’ La

plupart des jeunes qui terminent leurs études n’avaient pas un endroit où ils peuvent se renseigner sur l’emploi dans notre pays, cela a rendu difficile le travail des statisticiens, on ne sait pas, à ce jour, il y a combien de demandeurs d’emplois, les recenser, c’est pour nous, un chantier important’’, explique Mohamed Ahmed. La mise en place de cet observatoire permettra ‘’de communiquer aux entreprises les opportunités’’ en ressources humaines et les demandeurs auront aussi à ‘’un meilleur accès à l’information’’ auprès des structures d’embauche.

14

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L’observatoire national de l’emploi travaillera avec l’institut national des statistiques du Commissariat général au Plan (CGP) ‘’pour la production des données et informations quantitatives et qualitatives sur l’emploi et la formation professionnelle’’


Le programme ‘’Oser entreprendre’’, une piste à encourager

L’Etat prêt à soutenir l’autoentreprenariat

P

lus de 500 emplois pourraient être crées, chaque année, dans la petite et moyenne entreprise (PME), d’après les concepteurs du projet. Lancé officiellement au Palais du peuple en 2013 par le vice-président en charge des Finances en partenariat avec l’Union des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture (Uccia), le programme ‘’Oser entreprendre’’ est présenté comme l’une des alternatives qui pourraient constituer ‘’un début de solutions ’’ à la problématique de l’emploi aux Comores comme l’a dit Mohamed Ali Soilihi dans son discours. ‘’C’est à vous

jeunes d’oser entreprendre, l’Etat vous soutiendra, c’est la voie prêtée par de nombreux pays ’’, a-t-il

souligné. Les concepteurs parlent ‘’d’un projet ambitieux ’’ qui pourrait générer des emplois stables et booster parallèlement d’autres secteurs clés comme l’agroalimentaire, celui de la transformation et de la restauration, entre autres. ‘’Le but est d’aider

à la création d’unités de production dans tous les secteurs d’activités qui peuvent être sources d’au moins trois emplois pour chaque projet financé ’’, estime Fahmy Thabit,

le président de l’Uccia. Le programme vise à soutenir l’auto-entreprenariat, à susciter et à promouvoir l’esprit d’entreprise chez les jeunes en accompagnant ces derniers, grâce à des microcrédits, à créer leurs propres entreprises et donc leurs propres emplois. L’initiative a fait ses preuves dans certains pays et continue à servir de modèle dans d’autres pour contenir progressivement le phénomène du chômage. Devant les hypothétiques et aléatoires demandes de crédit auprès des établissements financiers, le programme, en raison de ses

Le Chiffre

74,8

C’est le nombre de jeunes de 15 à 24 ans millions frappés par le chômage dans le monde, selon le Bureau international du Travail (BIT). Au total en 2013, 200 millions d’individus à travers la planète étaient au chômage, soit une augmentation de 27 millions de personnes demandeuses d’emplois depuis la crise de 2008 à nos jours. Le taux de chômage dans le monde par rapport à la population active est estimé 12,7%, selon toujours le BIT qui précise que les tendances laissent croire à une possible création de 600 millions d’emplois dans les dix prochaines années à travers le monde.

L’UCCIA disposée à accompagner les jeunes porteurs des projets

assouplissements dans l’octroi des fonds, reste, pour certains, ‘’ une alternative sérieuse

à condition de prendre les mesures d’accompagnement nécessaires ’’, selon Itibar

Aicham, chargé de la mise en œuvre. ‘’Un ou deux projets

financés, c’est un ou deux emplois crées et, petit à petit, les jeunes pourraient devenir maîtres de leurs propres destins’’, dit-il. L’étude faite par le cabinet, SSE (Solution, Services, Expértises), chargé d’accompagner les porteurs des projets montre que le programme est en mesure de générer 451 emplois en Grande-Comore, 417 à Mohéli et 259 emplois à Anjouan sur un total de 205 unités de productions ou petites et moyennes entreprises prévues notamment dans les secteurs de l’agriculture, pêche, élevage, transformation et Nouvelles technologies. Des initiatives comme le programme ‘’Oser entreprendre’’ sont encouragées par la Conférence des NationsUnies sur le commerce et le développement (Cnuced). Celle-ci demande aux Etats et aux gouvernements de prendre toutes les mesures qui ‘’aideront à créer directement ou indirectement’’ des emplois et à apporter ‘’ un soutien technique et financier’’ permanent au profit des entreprises créées ‘’jusqu’à ce qu’elles deviennent viables’’, selon le rapport 2013 de la Cnuced

.

Des difficultés de création d’emplois au sein des PMA

Le rapport 2013 de la Cnuced fait état de difficultés pour les 46 Pays les Moins avancés (PMA) de créer des emplois pour faire face à la hausse du nombre de personnes souhaitant intégrer le marché du travail. Outre l’insuffisance de ressources allouées pour ‘’ transformer

structurellement l’économie des PMA’’, la baisse continue de l’aide publique au développement (APD), la Cnuced a fait part de la démographie galopante et difficile à maîtriser dans ces pays alors que la croissance économique moyenne, elle, se situe entre 2,5 et 3%. Insuffisant pour répondre aux besoins de nouveaux arrivants et à la pression du chômage de masse. Il a été constaté que la richesse produite au sein des PMA est insuffisante et n’est pas proportionnelle à la demande toujours en hausse d’emplois dans les Pays les Moins avancés. La Cnuced préconise le développement des nouvelles structures économiques, ‘’l’investissement dans des

activités à forte intensité de main d’œuvre‘’, les

travaux d’infrastructures, par exemple, mais aussi l’accès à de nouveaux types de crédits et la promotion du secteur privé. ‘’Les politiques nationales

devraient encourager la transformation structurelle de l’économie pour créer des secteurs d’activités nouveaux et plus modernes capables de procurer de meilleurs emplois’’, précise le rapport. ‘’Le développement du secteur privé est une condition préalable (à) la création d’emplois à grande échelle dans les PMA, étant donné qu’il crée la plus grande partie des emplois, tant ceux d’aujourd’hui que ceux de demain’’, selon

Mukhisa Kituyi, le patron de la Cnuced.

15


En couverture

Le

secteur privé pour générer des emplois ? L’Etat reste convaincu qu’il demeure ‘’le grand pourvoyeur d’emplois’’. Reste comment faire. Mais pour l’heure, ce sont les difficultés empêchant son envol qui préoccupent les décideurs nationaux comme en témoigne cette étude commandée par le gouvernement comorien ‘’ pour savoir l’état réel

du secteur privé, ses problèmes, ses handicaps’’,

et les solutions à préconiser ‘’pour le rendre compétitif et productif ’’ en terme de fourniture de services et d’emplois durables. Un appel à manifestation d’intérêt (AMI) a été lancé début 2014. Le cabinet qui doit faire le diagnostique sur le secteur privé comorien devrait être connu entre le 15 et 25 mars de cette année, à en croire Mohamed Djounaid, coordinateur du Projet de renforcement des capacités en gestion du développement (PRCGD). ‘’C’est une

Une étude en cours pour donner force et vitalité au secteur privé Pour pallier à l’insuffisance de l’offre d’emploi, l’Etat souhaite redynamiser le secteur privé. Le cabinet chargé de faire le diagnostique sur le secteur privé devrait être connu entre le 15 et 25 mars 2014.

Le Chiffre C’est le nombre d’emplois prévus en 2011 par 42 entreprises ayant obtenu des agréments auprès de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (Anpi). Les emplois prévus en 2010 étaient estimés à 742 sur un total de 52 entreprises qui ont bénéficié des agréments auprès de l’Anpi avec les exonérations et les facilités qui s’en étaient suivies. Ces entreprises interviennent dans les secteurs du bâtiment, de la manufacture, du tourisme et de l’agro-industrie.

742

principaux acteurs d’une croissance durable et créatrice d’emplois productifs et décents’’, note le rapport qui préconise ‘’la création d’entreprises innovantes’’ et la mise en place d’un dispositif ‘’pour encadrer et encourager la création et le développement d’entreprises ’’. Des projets et

programmes ont été conçus et financés, par le passé, pour soutenir et appuyer le secteur privé mais ils n’ont pas été, probablement, à la hauteur des défis à relever ou aux besoins nouveaux en termes de reformes et réorganisation des structures économiques et de l’environnement des affaires. On citera, entre autres, le projet Appui à la promotion du secteur privé (APSP) ou le Programme régional intégré pour le développement des entreprises (PRIDE). ‘’Ces projets ont fait leur temps, il y a

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eu des réformes importantes mais il y a des défis nouveaux’’, explique un technicien comorien

question de jours, les cahiers de charges sont déjà élaborés, d’ici fin mars, il sera sélectionné’’. Selon Mohamed Mbapandza, économiste au commissariat général au Plan (CGP), le but de l’étude est de faire un état de lieux du secteur privé comorien, ‘’ savoir les obstacles à son

dit-il. La politique nationale de l’emploi souligne qu’il ne peut pas y avoir d’emplois stables ‘’sans un secteur privé fort’’ capable de produire des activités potentiellement génératrices d’emplois. ‘’Les

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micro, petites et moyennes entreprises jouent un rôle central pour l’emploi. Elles sont le moteur même de l’économie nationale et les

Mme la Commissaire au Plan avec des techniciens de la BAD (photo d’archives)

Le secteur privé, parent pauvre de l’Etat ?

développement, les freins structurels et les solutions pour qu’il reste le centre de production de richesses et des emplois ’’ dans le pays. ‘’L’Etat ne peut pas se mêler des activités du secteur privé, son rôle est de créer les conditions, les textes, créer les facilités, améliorer l’environnement, mobiliser les infrastructures et il y a eu pas mal de choses faites’’,

Le secteur privé est confronté à de nombreuses difficultés qui empêchent son développement comme le souligne sa patronne (lire page 32). On notera, entre autres, ‘’l’insuffisance des offres diversifiées de financement des entreprises,

le manque d’infrastructures et d’énergie, la faiblesse de la diversification de l’économie’’ bien que des actions importantes ont été entreprises ces dernières

années pour lever certains obstacles. Outre le cadre réglementaire, les différents codes en vigueur comme celui des impôts et des investissements, l’Etat a amélioré sensiblement l’environnement des affaires. Les tracasseries administratives (pour créer son entreprise) ont été neutralisées grâce à la mise en place du centre de formalités administratives des entreprises (CFAE). Les Comores ont gagné des points dans le dernier rapport Doing Business. L’Etat a élargit le cercle des partenaires permettant à de nombreuses operateurs comoriens de nouer de nouveaux contacts d’affaires. Il a engagé une stratégie d’entretien des routes nationales et a mobilisé des milliards pour moderniser le secteur des Télécommunications avec la connexion de la fibre optique suivie de l’arrivée de la 3G. Les autorités ont obtenu une importante manne financière affectée au secteur énergétique avec le nouveau projet de redressement du secteur de l’électricité aux Comores (PRSEC) de la BAD. Reste maintenant à poursuivre les réformes et les chantiers pour mobiliser les infrastructures nécessaires à l’essor d’un secteur privé ‘’soucieux de prendre part au développement du pays’’. Un dialogue public-privé devrait être engagé prochainement, selon Daoud Said Ali Toihir, le directeur de l’Anpi

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Enquête de conjoncture/Secteur industriel

Des difficultés handicapent

les unités industrielles

Le

secteur industriel comorien fait face à des difficultés qui handicapent sa bonne marche. C’est le résultat de l’enquête de conjoncture du premier semestre 2013 réalisée auprès de 14 entreprises sur une quarantaine sollicitée par le service ‘’ Analyse économique et statistiques’’ de l’Union des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture (UCCIA). L’enquête avait comme objectif de fournir des informations précoces sur l’évolution de l’activité, la demande et les capacités de production dans l’industrie, à des fins de diagnostic conjoncturel et de prévision à court terme de la conjoncture industrielle. Il s’agit, en clair, de recueillir les difficultés qui tenaillent le secteur, écouter les acteurs et se faire une idée

sur leurs activités à court et à moyen terme. Détérioration des niveaux de trésorerie, hausse des coûts liés à l’énergie, réticences pour embaucher, les responsables interrogés, malgré la poursuite des dépenses d’investissement et une légère amélioration des carnets de commandes, demandent l’accompagnement de l’Etat pour régler l’épineuse question de l’accès au crédit qui pourrait résoudre une bonne partie de leurs difficultés actuelles. L’enquête s’est focalisée sur l’évolution de la production en volume (I), les ventes et la demande (II), la trésorerie des unités industrielles (III), l’accès au crédit (IV) et s’est efforcée de dégager des pistes sous forme de recommandations pouvant aider à l’amélioration du secteur industriel. évolution des ventes et de la demande

Au deuxième trimestre 2013, la baisse de la production en volume s’est poursuivie (lire graphique A). Les anticipations des industriels concernant l’évolution future à l’horizon du troisième trimestre 2013 s’améliore légèrement. Les industriels ont indiqué que les coûts de production durant les trois derniers mois ont augmenté notamment les coûts de l’énergie, coûts des matières premières et les coûts financiers. Quant aux salaires, ils sont restés stables au cours du deuxième trimestre 2013 et les dirigeants sont moins nombreux en juin à annoncer une hausse des effectifs tant sur les derniers mois que sur les prochains mois. Pour les chefs d’entreprises, les facteurs ayant limité le développement de la production durant les trois derniers

Graphique B

EVOLUTION DES VENTES GLOBALES EN VOLUME

18

Graphique A

S’agissant de l’évolution de la production, l’enquête révèle une baisse de la productivité

mois sont l’accroissement du secteur informel, le manque de personnel qualifié, les difficultés de financements et le coût élevé des intrants (surtout pour la farine concernant le secteur de la boulangerie).

Pour ce qui est de l’évolution des ventes et de la demande, on assiste toutefois à une stabilité de l’offre et de la demande comme nous le montre le graphique B

Au deuxième trimestre 2013, les commandes globales sont restées stables, et les industriels ont également rencontré une stagnation de leurs ventes par rapport au trimestre précédent. Au troisième trimestre 2013, 50 % des entreprises prévoient une hausse des ventes globales et des carnets de commandes.


Enquête de conjoncture/Secteur industriel

DEMANDE REÇUE EN VOLUME (3) Au deuxième trimestre 2013, la proportion d’entrepreneurs de l’industrie rencontrant des difficultés de trésorerie a nettement progressé par rapport au premier trimestre et au même trimestre de l’année passée. Selon les industriels, les facteurs ayant affecté leur trésorerie sont l’augmentation des charges et des impôts et des difficultés de recouvrement. Quant au prix de vente dans l’industrie, ils sont restés stables par rapport au trimestre passé et cette stabilité se poursuivra au trimestre prochain. Selon les industriels,

Graphique C

Les unités industrielles font face à des difficultés de trésorerie si bien qu’elles constatent une stagnation des prix de vente

l’évolution générale des prix (l’inflation) mesurée par l’indice des prix à la consommation devrait rester stable pour les trois mois à venir.

des Difficultés à l’accès au financement bancaire

Ce qu’il

Graphique D

faut faire Les enquêteurs ont noté des Difficultés à l’accès au financement bancaire et une dégradation du climat général des affaires

Selon les chefs d’entreprises, l’accès au financement bancaire demeure très difficile durant les trois derniers mois et les coûts du crédit sont restés stables par rapport au dernier trimestre, tandis que leurs dépenses d’investissement s’accroissent. Les modalités de financements les plus utilisés sont l’autofinancement et le crédit bancaire à hauteur de 50% chacun. Ainsi, les industriels déclarent qu’une facilité de l’accès au financement et une baisse des coûts du crédit leur permettront d’investir davantage et proposer des produits plus performants tout en limitant leurs coûts de production. Concernant le climat général des affaires, 62% des entreprises interrogées ont déclaré que durant les trois derniers mois le climat général des affaires ‘’est très mauvais’’ dans leur branche d’activités, et 50% anticipent encore une dégradation de ce même climat pour les trois mois à venir

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Mettre en place une politique nationale de soutien au développement des entreprises industrielles Faciliter l’accès à la formation professionnelle Faciliter les démarches administratives et juridiques Accompagner les entreprises dans leur recherche de financement L’appui à la conception et à la mise en place de mécanismes de financement adaptés Renforcer les mesures de lutte contre l’informel.

Abdillahi Bouthainata*

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Comores Busi Les lauréats

LE GaLa DE L’ENTRPRENEuR, une première édition réussie

L’

Union des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture (UCCIA) a organisé le 21 décembre 2014, sous le patronage du viceprésident en charge du ministère des Finances. Mohamed Ali Soilihi, la Première Edition de «Comores Business Awards », le Gala de l’entreprenariat. Sept prix ont été décernés à des hommes et des femmes qui ont marqué l’année 2013 à travers leurs entreprises, leurs projets ou l’ensemble d’une œuvre économique.

L’une des missions de l’UCCIA et des Chambres régionales est d’appuyer, accompagner et soutenir l’opérateur économique comorien. L’UCCIA fait la promotion de l’Entreprenariat aux Comores et valorise l’économie et l’esprit d’entreprise. A cet effet, la philosophie du « Comores Business Awards » est d’exprimer la reconnaissance du pays, des autorités, des Comoriens et surtout de l’UCCIA envers ces hommes et femmes qui se donnent pour des Comores meilleures par le biais du développement du secteur privé. Il s’agit pour l’UCCIA de valoriser les compétences locales et existantes, et faire en sorte que ceux qui ont réussi puissent constituer un modèle, des références, À travers le Comores Business Awards, les jeunes comoriens auront connaissances des nombreux succès stories. Et demain, ils seront peut-être les prochains. Le président de l’UCCIA lors de son discours

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L’UCCIA, a décidé pour cette première édition de décerner sept prix. Prix de l’Entrepreneur de l’Année : il s’agit du prix récompensant l’entrepreneur et ou l’entreprise ayant le plus marqué l’année Prix du meilleur Projet de l’Année : ce prix a ciblé beaucoup plus la pertinence des projets Prix Triomphe : il s’agit d’un projet, d’une œuvre ou d’une entreprise dont la réussite est le fruit d’un long parcours semé d’embuches et consacre l’esprit d’entreprise; Prix de l’innovation: prix récompensant l’innovation

économique de l’année, à celui ou celle qui a apporté du nouveau dans le marché économique comorien ; Prix de l’entrepreneur féminin de l’année : Prix décerné à la femme d’affaire qui a eu à se distinguer au cours de l’année; Prix de la meilleure reprise d’entreprises : le prix récompense ceux qui ont permis à une entreprise en crise de reprendre ses activités; Prix Pionnier pour l’ensemble d’une œuvre économique ; il s’agit d’une récompense dédiée à un opérateur économique ayant marqué le paysage économique comorien


ness Awards Le VP Mohamed A. Soilih recevant l’attestation d’honneur

L’animateur du Gala, Nadjloudine Abdelfatah

Pour un choix objectif, transparent et représentatif, l’UCCIA a mis en place un jury autonome et indépendant. Ce Jury était composé de neuf membres parmi le Ministère de l’Economie, l’Université des Comores, le Système des Nations-Unies, l’Organisation de la Presse, l’Association des Professionnels des Banques, la Fédération des Consommateurs Comoriens,(FCC) l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements, l’EFOI-COM et l’UCCIA. Le Jury a eu à travailler librement et dans l’indépendance totale. Les membres ont élu Mohamed Said Abdallah Mchangama, Président de la FCC comme Président du Jury. Plus de 300 invités ont participé à la cérémonie organisée au Rétaj Moroni Hôtel. A l’invitation de l’Uccia, la qualité du public était également représentative des partenaires de l’économie du pays. Et également des autorités et diplomates, le Vice-président en charge du ministère des Finances et de l’Economie, le ministre de la Production et de l’Energie, le Délégué à l’Economie, le directeur de Cabinet du ministre des Relations Extérieurs, l’Ambassadeur de Chine. Les discours prononcés par le Président du Jury, le Président de l’UCCIA et le Vice-Président Mohamed Ali Soilihi, qui ont tous montré l’importance de l’évènement et salué cette initiative de l’UCCIA, la fête était également au rendez vous avec un défilé-mode des meilleurs créateurs de mode du pays, donnant ainsi au public l’opportunité de découvrir le savoirfaire local en matière de confection d’habits d’apparat et autres mode d’habillements made in Comores. Les nominés ont eu chacun le droit et le privilège d’être présentés au public grâce à une projection vidéo. Mais comme dans toute épreuve il y a la nécessité de désigner un vainqueur. Parmi les sept gagnants, on a retrouvé des entreprises présentes dans le paysage comorien depuis plus d’une dizaine d’années et une nouvelle génération d’opérateurs qui émerge signe de. Parmi les acteurs installés,

on peut citer Mme Naama Idriss, qui a remporté le prix de la meilleure reprise. Elle doit ce prix à l’ouverture du Jardin de la paix lancée après la fermeture du Café de la Paix. Une reprise hautement saluée et qui prouve le dynamisme de cette femme d’affaires. On peut encore citer parmi les grandes figures du pays Feu Abdurassul Kalfane ou M. Amil Mahamoud qui ont remporté respectivement les prix d’honneur et du meilleur entrepreneur. Dans l’autre liste des heureux gagnants, on trouve Madame Yazida Youssouf Maddjouane, qui a remporté ce prix grâce à son projet « Poubelle de Fomboni » ou M. Akmal Lahadji bien que ses entreprises lui donnent une nouvelle impulsion ces dernières années pour sortir de l’ombre. Deux femmes complètent la liste des lauréats. Il s’agit de Madame Hassani Sandia, qui a remporté le prix de l’innovation et de Mme SAID Mdahoma Sitty Zoubeda, élue par le Jury ‘’femme entrepreneure de l’année 2013‘’. Avec 4 prix remportés par des femmes, les Comores Business Awards démontrent l’engagement de celles-ci dans la réussite économique du pays. Les trophées « made in Comores » ont été conçus spécialement pour l’occasion par l’artiste……….de nombreux cadeaux ont accompagné ces récompenses notamment des participations à des forums ou foires économiques à l’échelle internationale, d’autres ont bénéficié des formations et/ou des week-ends de vacance dans des hôtels de luxe. A l’occasion de cet évènement, l’UCCIA a exprimé sa reconnaissance, celle du secteur privé au gouvernement comorien, à travers le vice-président en charge du ministère des Finances et de l’Economie, pour son engagement dans les réformes visant à améliorer l’environnement des affaires. C’est ainsi que le vice-président Mohamed Ali Soilihi a eu l’honneur de recevoir‘’une Attestation d’Honneur’’ de l’Uccia

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Des membres du Jury

Mistoihi Abdillah

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Comores BUSINESS Awards

L’UCCIA PRIME

PRIX TRIOMPHE

LE MÉRITE

Les Entreprises AKMAL

Né le 08 avril 1965 à Mohéli, Monsieur Akmaleddine LAHADJI a débuté, dans le monde économique, comme représentant de Comores aviation. Il s’est lancé par la suite dans l’hôtellerie et restauration en 2000. Actuellement, M. Akmal opère dans le Bâtiment et répond à d’autres marchés publics. De fil en aiguille, sa volonté et son esprit d’entrepreneur ont fait de lui un modèle de détermination.

PRIX PIONNIER Abdourassul KALFANE

Homme d’affaire avisé, Abdourasoul Kalfane, d’origine indienne, fut l’un de nos pionniers économiques. Ancien Président de la Banque de Madagascar et Comores, il a compté parmi les plus gros exportateurs de produit de rente de notre pays. Il a ouvert la première boulangerie moderne aux Comores. Abdourasoul Kalfane fut un modèle d’intégration. Pour lui, les Comores n’ont pas été qu’un lieu d’investissement et de résidence. Ce fut son pays. Il l’a construit et marqué d’une empreinte personnelle.

FEMME ENTREPRENEURE Said Mdahoma Sitty Zoubeda

Présente dans le secteur de l’esthétique depuis bientôt 30 ans, Citizen’s offre un service de qualité qui en fait une référence. Elle a su assoir sa notoriété au fil des années en s’adaptant aux attentes d’une clientèle exigeante.

Amil Mahamoud

L

’Union des chambres de commerce d’industrie et d’agriculture(UCCIA) a organisé la première édition de Comores business awards, le 21 décembre 2013 à l’hotel Retaj, à Moroni, la capitale comorienne. L’objectif de l’événement, qui devrait se produire chaque année, est d’attribuer des prix de mérite à certains acteurs économiques qui se sont distingués par leurs efforts dans l’entreprenariat. sept prix ont été ainsi décernés au cours de la soirée qui avait réunis des politiques, des hommes d’affaires et des membres de la société civile.

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Codcom lutte contre la pauvreté p a r l a fo r m at i o n p ro fe s s i o n n e l l e et l’accompagnement des jeunes.

Entreprise implantée à Anjouan, Sopea a démarré dans la fabrication d’embarcations en résine avant d’étendre ses activités à la fabrication de réservoirs d’eau, de portes et fenêtres en PVC, etc. Ses produits sont vendus sur l’ensemble des quatre îles. Elle s’est distinguée par son esprit d’innovation et l’appui qu’elle apporte à des secteurs prioritaires tels que la pêche et l’approvisionnement en eau. En outre, elle a fait preuve d’une transparence administrative exemplaire.

MEILLEUR PROJET Yazida Youssouf MADJOUANE (TRAITEMENT DES DECHETS)

Mohéli ambitionne de promouvoir son statut de joyau écologique des Comores. Le projet de Mme Yazida Youssouf Madjouane, déjà lauréat du programme « Oser Entreprendre» a séduit le jury parce qu’il intègre la protection de l’environnement, la promotion du tourisme et le souci d’une bonne santé publique.

MEILLEURE REPRISE

Naama Idrisse

PRIX DE L’INNOVATION Hassani Saandia (CODCOM)

ENTRPRENEUR DE L’ANNEE

bio express présentée par

Après la fermeture du Café de la paix, le restaurant a rouvert ses portes sous l’appellation de Jardin de la Paix. En neuf ans d’existence, Jardin de la Paix s’est élargi à l’hôtellerie, salon de thé, pâtisserie. L’établissement offre d’autres services, tels salon de massage, une agence de voyage.La fidélisation et satisfaction de la clientèle, diversification et expansion de ses services ont fait une référence dans son domaine.

ComoresEco Edition I  

Le premier magazine économique des Comores

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