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SOMMAIRE EN ACTU P.3 Les infos économiques en région Centre

GREEN BUSINESS P.4 Le BTP entre évolution et révolution verte DIRIG EANTS

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BUS I NES S

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REG I O N

Lundi 5 juillet 2010 En partenariat avec www.twideco.com

CENTR E

N°9

news

RENCONTRE AVEC RH - MANAGEMENT P.5 Quand l'entreprise gomme le handicap

Jean-Luc ANSEL

Directeur général du pôle de compétitivité Cosmetic Valley

LES PRIMO P. 7 Gécis, entreprise familiale et destin international

RENCONTRE À LA UNE P. 8 & 9

Jean-Luc AnseL Directeur Général de la Cosmetic Valley

COUP DE COEUR / COUP DE GUEULE P. 10 Jacques BoRIS Christian MoREL DEVCOM45 eurl

CULTURE & VOUS... P. 11

Littérature, cinéma, arts... Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander ! TWIDECO news DIrECTrICE DE la PublICaTIOn Lucie BRASSEUR réDaCTIOn Lucie BRASSEUR - Sébastien BRANGÉ ParTEnarIaT & annOnCEurs : Lucie BRASSEUR, Kathryne MARTINET MaquETTE : AM coNSULTANT édité par : Twideco sarl au capital de 5000 € RcS orléans 503 309 718. 18 rue bernard Palissy - 45 800 saint Jean de braye standard : 02.38.55.82.44 www.twideco.tv

Imprimerie : Roto centre / SARAN (45) routage : Dautry Tromas / oRLÉANS (45) INfoRMATIoNS LÉGALES : Cet hebdomadaire est imprimé à 10 000 ex (dont 5000 envoyés nominativement aux dirigeants d’entreprise de la région Centre.). n° Issn 2107-3392 Dépôt légal à parution

Inauguration de la Maison des Entrepreneurs BNP Paribas

Jean-Luc ANSEL est Directeur général du pôle de compétitivité Cosmetic Valley depuis janvier 2006. Auparavant il a été directeur général du Comité de Développement Economique d’Eureet-Loir/CODEL de 1989 à fin 2005. Il préside depuis 2001 la Société des Experts Bois (S.E.B.) et intervient depuis la même période comme vice-président de la CNIEFEB (Compagnie Nationale des Ingénieurs et Experts Forestiers et des Experts Bois).

Issu de l’Ecole supérieure du bois (E.S.B.), Jean-Luc Ansel est un homme de challenges et de défis. Homme pressé, multiple, un rien hyper actif qui, à force de travail et d’énergie, a su remporter de nombreuses victoires. Enrichir la planète et permettre à ses habitants de mieux y vivre sont les premières ambitions de cet homme pour qui la contemplation des beautés du monde doit se conjuguer avec l’action. Rencontre.

Mardi 29 juin 2010, Michel Pébereau, Président de BNP Paribas, inaugurait la maison des Entrepreneurs à Saran. Après avoir mis en place de nombreux dispositifs tentant de répondre au mieux aux problématiques du monde économique depuis le début de la crise financière mondiale, à l’automne 2009, la première banque de la zone euro en termes de dépôts (BNP Paribas est présente dans 85 pays et compte plus de 200.000 collaborateurs), a travaillé à faciliter encore la vie de l’entrepreneur en région en créant ses maisons de l’entrepreneur. BNP Paribas offre désormais, au travers de ses maisons de l’entrepreneur, un lieu d’échange et d’accompagnement des dirigeants d’entreprise. A la fin de l’année 2010, 60 lieux comme celui inauguré à Saran devraient fleurir sur le territoire et 80 d’ici fin 2011. Réunir les services d’une banque privée et d’un centre d’affaires en un même lieu est, comme l’a rappelé à cette occasion Pierre Marol, PDG d’Alstef « pas une mauvais idée ». Michel Pébereau, en préambule à son discours d’inauguration, rappelait à la presse que la banque doit être « une centrale de risque au service de ses clients ». Il explique l’implantation dans l’orléanais par la présence d’un tissu économique régional riche, « Orléans est une ville qui bénéficie à la fois de la proximité et de l’éloignement de Paris » en complétant, lors de son intervention, par la possibilité d’ouverture d’une homologue tourangelle. Enfin, M. Pébereau a insisté sur le rôle sociétale des entrepreneurs « Créer une entreprise est un acte extrêmement important. Les entrepreneurs sont des personnes exceptionnelles. Il faut respecter leur indépendance. »


n ÉDITO PAR LUCIE BRASSEUR

Vive les vacances : enfin ! Aves les premières grosses chaleurs, l’envie de voguer vers d’autres cieux devient plus pressante. On rêve déjà aux plages bondées, aux apéros prolongés, aux terrasses, au temps qui passe, aux heures qui s’envolent, à la lecture du journal au bord du port en matinée... Les vacances...

de fuite de l’horizon. Croître ou ne pas croître ? Penser ses phases de développement, recruter, agrandir ses espaces de travail, développer une nouvelle gamme de produit, changer de fournisseur, repenser sa stratégie commerciale... Voilà bien des points qui nous obsèdent toute l’année mais, une fois la tête sortie du guidon, trouvent enfin des réponses. C’est pendant l’été, au calme sous un parasol, que les solutions souvent apparaissent. D’où l’absolue nécessité de prendre des vacances ! Difficile à dire aux créateurs, et pourtant, après deux ans d’activité, la vancances doivent prendre la place des urgences sur notre TO DO list. C’est une question de vie ou de mort pour nos business. Alors, ça tombe bien, car comme obligation, il y a pire.

PAUSE

Avec les premières grosses chaleurs, l’envie de voguer vers d’autres cieux devient plus pressante. On rêve déjà aux plages bondées, aux apéros prolongés, aux terrasses, au temps qui passe, aux heures qui s’envolent, à la lecture du journal au bord du port en matinée... Les vacances... Cette trêve des baigneurs est aussi l’occasion pour nombre de dirigeants de réfléchir à l’avenir, faire un point sur l’année écoulée, penser le futur. Avec la crise qui noircit les colonnes de mes confrères depuis près de deux ans, nous avons subi les baisse de commandes, les problématiques de trésorerie, vu des amis déposer le bilan. Et, quand on a la chance d’avoir un business qui tient le choc, évidemment on se pose la question. Que doit-on préparer pour l’avenir ? Nos gestions se font

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moins sur du long terme, la nécessité de gérer le quotidien, tels d’adroits funambules sur la ligne raide de la trésorerie, a modifié certains de nos comportements de manière proAlors, fonde. doit-on toujours faire des plans à 3/5 ans ? Quand on dirige, tout comme en voiture, il faut prêter attention aux obstacles immédiats en gardant de vue le point

n Quand on dirige, tout comme en voiture, il faut prêter attention aux obstacles immédiats en gardant de vue le point de fuite de l’horizon n

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Je vous l’ai dit, j’ai souffert d’un accident de voiture assez grave en avril, aujourd’hui j’ai retrouvé toute mes capacités fonctionnelles, réglé une grande part de mes problèmes, bien que certains persistent – dirigeant, c’est la loi des emm... maximums – mais si ce n’était pas le cas, ca ne serait pas drôle et je pense évidemment à l’avenir. Alors, si les vacances vont me permettre de faire le point, la pause obligatoire liée à mon accident m’a déjà poussée à penser l’existant et l’avenir. C’est ainsi, que vous devriez découvrir une belle surprise à la rentrée de septembre et encore de nombreuses autres dans le courant de l’année à venir. Je ne vous en dit pas plus, le n° de rentrée sortira le 30 août, je vous y dévoilerai mes secrets. Et vous, avez-vous réfléchi aux points que vous voulez analyser à l’occasion de la trêve des baigneurs ? Avez-vous choisi la couleur de votre nouveau maillot ? Quelle destination avez-vous choisi ? Laurence Parisot, réélue à la présidence du Medef la semaine dernière disait que le maître mot cette année serait « Compétitivité ». Il est temps de faire grandir (ou mûrir) nos entreprises sans attendre, sous le soleil exactement...

LE GRAIN DE SéB PAR SÉBASTIEN BRANGÉ

Dans le dernier numéro de Twideco News, j'abordais la matraquage médiatique auquel nous commencions à avoir droit pour cette Coupe du Monde de Football en Afrique. Je ne croyais pas si bien dire en ce qui concerne la matraque. Parce que point de football ! Des histoires de « j'insulte ta maman », « non c'est pas moi c'est l'autre », « mais euh ! On est pas content ! Je boude! ». Vous avez deviné de quoi je parle ? Mais si ! Cette équipe sans la France qui s'échappe vite fait du mondial pendant qu'en France justement, mon voisin, mon collègue, mon journal, mon maire, mon ministre et même mon président ne se préoccupent que de cette comédie tragique. En plus, à ce qu'il paraît, il y aurait une taupe... Chut ! On la cherche. Naturellement, au bout de dix jours de scandale, on s'ennuie un peu. Et puis, en cette fin juin, on commence à penser à nos vacances. Notre attention est détournée. Heureusement qu'en matière de média il y a un truc très pratique et efficace pour ne pas endormir l'informé : trouver une autre affaire croustillante. Il s'agit toujours de milliardaires et de ministres, de mon voisin et de mon collègue qui en discutent et même de la France. Mais cette fois-ci, la bataille entre médias et institutions est plus coriace. L'institution à beau tenter de noyer le poisson, il y a une leçon que les journalistes ont retenue : si on insiste bien, qu'on sort une info qui ne devrait pas « sortir du vestiaire » et qu'on fait monter la mayonnaise, on obtient un bon scandale. En plus, à ce qu'il paraît, il y aurait une taupe... Chut ! J'ai la drôle impression que cette bête se reproduit vite. Vous voulez mon avis sur tout ça ? On a droit à un ethnocentrisme indécent et puéril en Afrique du Sud à deux pas des township. On a une pauvre femme sénile entourée de vautours, eux-mêmes entourés de pies qui se regardent en chiens de faïence. Moi, j'ai mieux à faire bientôt : vacances, découverte de l'autre, ouverture sur le monde, rencontres fortuites, famille, amis et une salade tomate mozzarella avec son basilic frais. Bonnes vacances ! Signé : la Taupe.


EN BREF...

n EN ACTU... PAR LUCIE BRASSEUR

6èmes Trophées F d’Or de la Formation Professionnelle en région Centre

Philippe Gobinet dirigeant de ParTnaIrE (45) récompensé dans la catégorie Diversité lors des 6ème F D’Or de la Formation Professionnelle.

Les 6èmes Trophées F d’Or de la Formation Professionnelle en région Centre ont été décernés vendredi 25 juin à Blois. Organisés par OPCALIA Centre, ces Trophées ont mis en avant les entreprises ayant réalisé des actions particulièrement innovantes pour développer les compétences de leurs salariés. Les Trophées F d’Or 2010 de la Formation Professionnelle ont récompensé huit entreprises de la région sans distinction de taille et d’activité pour leurs actions en faveur de la formation et le développement des compétences de leurs salariés. Le jury 2010 a décerné huit prix à des entreprises ayant conduit des actions en matière de diversité, de sécurisation des parcours ou bien d'anticipation des évolutions et des compétences.

Les Trophées F d’Or 2010 de la Formation Professionnelle ont récompensé huit entreprises de la région sans distinction de taille et d’activité pour leurs actions en faveur de la formation et le développement des compétences de leurs salariés. Le jury 2010 a décerné huit prix à des entreprises ayant conduit des actions en matière de diversité, de sécurisation des parcours ou bien d'anticipation des évolutions et des compétences. F D’OR 2010 : LES ENTREPRISES LAURÉATES DE LA RÉGION CENTRE

• Catégorie DIVErsITE Groupe ParTnaIrE - OrlEans (45) Effectif : 3641 MaIsOns Du bOn sECOurs VEnDOME (41) - Effectif : 78 • Catégorie sECurIsaTIOn DEs ParCOurs ClaI 37 - TOurs (37) - Effectif : 49 EnVIrOnnEMEnT 41 - blOIs (41) - Effectif : 12

CEnTrE DE rECHErCHEs bIOlOGIquEs (CErb) bauGY (18) - Effectif : 102 • TOuTEs CaTEGOrIEs CaIssE rEGIOnalE DE CrEDIT aGrICOlE Val de France - CHarTrEs (28) - Effectif : 1184 • TrOPHEE sPECIal JurY C10 CEnTralE EurOPEEnnE DE DIsTrIbuTIOn siège à ClICHY (92) - Effectif : 3533

• Catégorie anTICIPaTIOn DEs EVOluTIOns ET DEs COMPETEnCEs MOnTuPET – F2r - DIOrs (36) - Effectif : 787

Le CNRI récompense les entreprises responsables & durables …

Rebond Gagnant pour le Medef 41

Après son premier colloque sur la croissance externe organisé le 10 juin 2010 (cf Twideco News N°8), le Medef 41 montait au filet le 16 juin en invitant ses partenaires et adhérents à l’A.A.J. Tennis de Blois, dans le cadre du tournoi international de tennis « Future ». Un déjeuner sous le signe des premiers soleils de l’année pour donner du sens aux relations entre le monde de l’entreprise et du sport. Le président, Patrice Veneault, de rappeler « Quand on est chef d’entreprise, on est d’abord sportif dans l’âme, car on relève des challenges. » En soutenant un événement sportif de ce niveau, le Medef 41 réaffirme ses engagements envers les entreprises adhérentes « les valeurs du sports sont des valeurs que je souhaite transmettre au Medef, la cité a besoin que l’on s’implique ». Le dirigeant de l’entreprise Sidamo et président du Medef du Loir-et-Cher, en tant qu’ancien sportif de haut niveau explique « j’ai moi-même été champion de France d’athlétisme » et, c’est au travers de leurs engagements dans les sports, que les entreprises adhérentes « montrent que l’on a de l’énergie à revendre ».

Le CNRI a organisé le mercredi 23 juin, en fin d’après midi, un événement destiné à marquer la fin de l’action collective PerformancePME® en Région Centre. Cette réunion publique a réuni une quarantaine de participants (patrons ou représentants de PME, institutionnels, collectivités territoriales et consulaires) et s’est tenue au Conseil Général du Cher. Deux entreprises ont saisi l’opportunité pour exposer dans la salle leurs produits et services (Bodin Joyeux et SA BOUTARD). Aujourd’hui 69 entreprises se sont engagées dans l’action collective PerformancePME®, 18 d’entre elles ont bénéficié d’un accompagnement personnalisé pour les aider à mettre en place des plans d’actions visant à réduire leurs principales vulnérabilités et 8 ont été labellisées « Entreprises Responsables & Durables ». Enfin le CNRI a présenté un plan d’action qui vise à pérenniser d’une part le réseau PPME en région Centre et d’autre part à faire reconnaitre le label ER&D au niveau national via le pôle de compétitivité risque et vulnérabilités des territoires de la Région PACA –Languedoc Roussillon. La soirée s’est clôturée par un cocktail convivial et la visite des stands des PME représentées.

La première édition du tournoi s’est tenue en 2002. Depuis, près de 80 bénévoles, s’engagent pour faire de l’événement un moment de détente au service du sport. Le tournoi s’impose chaque année un peu plus comme une référence dans le paysage du tennis français. Bravo aux organisateurs de l’événement, Claude Roger qui est à l’origine du projet, aux bénévoles et au Medef 41 qui soutiennent l’événement.

PUBLI-REPORTAGE

La JEI seule c’est bien… la JEI et le CIR à deux c’est mieux DES AVANTAGES LIÉS AU STATUT DE JEI… Le statut de JEI est ouvert à toutes les entreprises, quel que soit leur régime d’imposition, qui répondent simultanément aux conditions suivantes à la clôture de chaque exercice1 :

La loi de finances pour 2004 a créé le statut de «Jeune Entreprise Innovante», communément appelée JEI, pour les entreprises réalisant des projets de recherche et de développement. Ce dispositif a pour vocation d’octroyer aux entreprises qui répondent aux conditions de la JEI des avantages fiscaux et sociaux importants.

• être une PME2 de moins de 8 ans ; • engager au cours de chaque exercice des dépenses de recherche et de développement représentant au moins 15% des charges fiscalement déductibles ; • le capital doit être détenu de manière continue à hauteur de 50% par des personnes physiques directement ou indirectement (une seule société interposée) ou par des entreprises du secteur capital-risque, des associations ou fondations d’utilité publique à caractère scientifique ou des établissements publics de recherche et d’enseignement ; • l’entreprise doit être réellement nouvelle3.

nales de sécurité sociale, pour certains de ses salariés et mandataires affectés aux projets de recherche et de développement. Sur le cumul avec d’autres dispositifs, une analyse est nécessaire. …AUX AVANTAGES DE LA JEI COUPLÉE AU CIR (CRÉDIT D’IMPÔT RECHERCHE) Les dépenses de recherche prises en compte pour le statut de JEI étant de même nature que celles qui ouvrent droit au CIR, il peut être intéressant pour les entreprises de combiner les deux dispositifs.

L’entreprise qui satisfait à ces conditions peut bénéficier d’allégements d’impôts sur les bénéfices (IR ou IS) consistant en une exonération totale pendant 36 mois et un abattement de 50% pendant 24 mois. 1 Article

Parallèlement, le crédit d’impôt recherche permet d’imputer sur l’impôt dû par l’entreprise un volume de dépenses de recherche et développement engagées au cours d’une année considérée. Qu’en est-il de la combinaison des deux dispositifs ?

Ces avantages s’appliquent à des exercices bénéficiaires qui ne sont pas forcément consécutifs mais qui en tout état de cause ne peuvent excéder les 8 années d’application du régime.

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tion du statut de JEI à la définition communautaire des PME, à savoir employer moins de 250 salariés, réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 50 M€ ou un total du bilan inférieur à 43 M€. 3 Au

Les JEI créées jusqu’au 31 décembre 2013 bénéficieront, par ailleurs, d’une exonération de contribution économique territoriale et/ou de taxe foncière pendant 7 ans. Parallèlement, la JEI est exonérée pour 7 ans de cotisations patro-

44 sexies–0 A du CGI

Les entreprises doivent répondre au cours de chaque exercice d’applica-

sens des dispositions de l’article 44 sexies du CGI relatif à l’exonération

des entreprises nouvelles créées dans certaines zones du territoire

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n GREEN BUSINESS PAR SÉBASTIEN BRANGÉ

Le BTP entre évolution et révolution verte treprises du BTP ont un rôle majeur à jouer. Un combat qui n'engendrerait pourtant aucun perdant puisqu'il s'agit d'initier un cercle vertueux pour les entreprises du BTP, leurs clients et l'environnement. Une fois de plus c'est l'innovation qui vient à rescousse d'un secteur un peu trop ankylosé dans ses habitudes. Que ce soit les maisons en bois, l'isolation en chanvre, les pompes à chaleurs, les panneaux photovoltaïques, etcétéra, il y a une combinaison de produits et de compétences à mettre en œuvre dans tout un secteur et à l'échelle d'un pays ! Thierry Hulot nous rappelle qu' « avec ces innovations, il y a toujours une partie des entreprises qui sont pionnières en la matière. Ce sont elles qui sont déjà sur des chantiers de bâtiments HQE. Une autre frange est celle des suiveurs. Ils regardent faire, évaluent la rentabilité et s'y mettent graduellement. Une bonne partie des entrepreneurs en bâtiment sont dans cette phase-là. Quoi qu'il en soit cette évolution du métier est obligatoire. Ce n'est pas une révolution, c'est une évolution. La révolution se trouve plutôt dans la manière de penser la construction puisqu'elle devient globale, c'est-àdire que ce n'est pas juste un élément performant qui importe mais le bâtiment en lui-même. ». Pour les bâtiments neufs il s'agit d'utiliser l'ensemble des nouvelles techniques de construction écologiques. Pour les logements anciens, il s'agit de trouver des solutions adaptables et qui réduisent significativement les pertes d'énergies. Autant dire que le défi est de taille, puisque le sacrosaint critère du prix est celui qui prédomine tant pour l'acquéreur que pour l'entrepreneur.

Entreprise ou particulier, nous avons besoin d'un toit pour abriter nos activités. Premier critère dans le choix du bâtiment : le prix. Or, à y regarder de plus près, il serait plus pertinent de mettre le critère environnemental au premier plan pour la construction ou la rénovation d'un bâtiment. A vrai dire, on gagne efficacement à investir un peu plus de fonds avec cette option. Le choix appartient tant aux entrepreneurs du BTP qu'à leurs clients. Comment s'y prendre? Pour quelles raisons? La réponse se trouve derrière ces trois lettres: HQE, la démarche Haute Qualité Environnementale. Premier constat : les bâtiments participent pour 43 % à l'énergie consommée en France et contribue de manière significative à l'émission de gaz à effet de serre avec 22 % des émissions globales. Il y a donc ici tout un secteur à rendre vertueux vis-à-vis de notre environnement écologique et social. Pour cela, il a une démarche à entreprendre : la démarche HQE. Ce n'est pas vraiment une norme, ni une réglementation, c'est un management environnemental, un plan méthodologique à suivre. A elle seule, elle ne peut pas résoudre tous les maux d'un bâtiment mal conçu. Pour cela, en 2005, une nouvelle réglementation a été mise en place concernant la performance énergétique des bâtiments. Issu du label de Haute Performance énergétique elle s'inscrit depuis 2005 dans une Réglementation Thermique qui se divise en cinq niveaux d'exigence,

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selon que le bâtiment soit neuf ou rénové. Comme nous l'explique Thierry Hulot Ingénieur bâtiment, à la Fédération Française du Bâtiment (FFB) région Centre, « le point clef pour qu'un bâtiment soit performant c'est l'isolation, l'enveloppe du bâtiment. Il faut jouer en fonction du matériau, laine de bois, laine de chanvre ou autre et son épaisseur. L'étanchéité est aussi très importante. C'est ce qui préserve les efforts faits en production de chaleur ou de froid. Évidemment tout ceci a un coût. Plus le matériau est performant plus il est cher. Pour ce qui est de l'étanchéité, le coût est moindre car il suffit de faire attention à la mise en œuvre. » L'INNOVATION AU SERVICE DES ENTREPRISES C'est ainsi que depuis 2007 ont commencé à apparaître plusieurs labels s'inscrivant dans la basse et

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très basse énergie. Le plus connu étant le label maison passive (passivhaus) qui compte en Europe près de 18.000 réalisations terminées (mi 2009). Jusqu'en 2007, la France était assez hermétique à la performance énergétique : la possibilité de construire des maisons réduisant le chauffage, ou mieux sans chauffage, étant inconnue de la plupart des professionnels du bâtiment français. Or, les nouvelles techniques de construction permettent de réduire sensiblement les niveaux de consommation et d’émission de gaz à effet de serre, sans porter atteinte à la qualité architecturale ou au confort. Il s’agit donc d’inciter à la construction de bâtiments performants énergétiquement, mais également d’encourager les travaux de rénovation à haute performance énergétique pour le parc existant. Ainsi, dans la lutte contre le réchauffement climatique les en-

TOUTE UNE FILIÈRE À DÉVELOPPER Néanmoins, petit à petit les mentalités changent, les matériaux se vendent plus, leurs coûts diminuent. Ainsi, faire le choix d'un bâtiment qui respecterait le cahier des charges de la Haute Performance énergétique augmentera effectivement son coût de 20 à 30 %, mais à moyen terme, ce sont des économies d'énergies très importantes, qui peuvent même devenir des bâtiments à énergie positive, c'est-à-dire qu'il produisent leur propre énergie. On ne parle plus d'économie mais de bénéfice ! Cependant, il est nécessaire de développer l'ensemble de la filière d'éco-construction et d'inciter les entreprises à suivre cette voie. Pour cela, il existe des dispositifs d'aides, d'information et de formation qui vantent, à bon escient, la valeur ajoutée du choix « vert » pour les entreprises. Un exemple qui fait justement figure d'exemple régional : la société Wirecom implantée à Olivet dans le Loiret. Un an après sa mise en service, elle a atteint un niveau record de consommation de 37 kWh/an/m2, nettement inférieur aux 50 kWh requis pour les constructions neuves à partir de 2012. Elle a également bénéficié d'une aide qui peut aller jusqu'à 30 % du surcoût pour ce type de bâtiment. Une aide, baptisée Prébat, mise en place par l'ADEME et la région et qui fonctionne sur le principe des appels à projets avec deux sessions chaque année, ce qui correspond à 18 dossiers en moyenne. Mais, au delà des aides, il y a une prise de conscience globale de la problématique environnementale. Pour Gilles Clerget, animateur secteur entreprise à l'ADEME, « il y a une préoccupation véritable des entreprises. Il y a vingt ans, un entrepreneur me demandait juste un panneau photovoltaïque, complètement inutile seul, mais bien visible! C'était de la communication, pour faire « vert ». Désormais la HQE est une option souvent prise en compte. Il faut dire que la réglementation se durcit! ». Le plus difficile semble de croiser les différentes sources d'information, les savoirs et les techniques, les aides et la réglementation. Pour cela la Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiments a créé en octobre dernier un lieu d'échange, Envirobat où, justement, les professionnels du bâtiment pourront échanger et s'informer. Il faut dire que si la réglementation concernant la performance énergétique est suivie à la lettre, cela nécessiterait la création de 20 000 à 25 000 emplois en Région Centre !


n RH - MANAGEMENT PAR SÉBASTIEN BRANGÉ

Quand l'entreprise gomme le handicap Favoriser l’accès des personnes handicapées au monde du travail est une condition essentielle à leur insertion sociale et à leur autonomie financière. Pour l'entreprise c'est la quasi certitude d'avoir un employé très motivé. Une solution de recrutement pas forcément naturelle mais qui devient quasi systématique grâce à une réglementation bien adaptée.

de leur qualification. Depuis la création de ce fond d'aide, les contributions n'ont cessées d'augmenter jusqu'en 2009 où l'AGEFIPH a reçu 574 millions d'euro contre 605 millions en 2007. Pour une fois cette baisse de budget est un signe encourageant puisque cela traduit qu'il y a moins de cotisations donc moins d'entreprises qui n'emploient pas de handicapés. Mieux encore, les demandes d'aides à l'embauche ont progressé de 27 % à 35 % sur la même période et la prime de contrat de professionnalisation de 111 %. Pour ce qui est du taux de chômage l'écart avec le personnes valides est encore important avec un ratio de 9,5 % à 18,2% mais l'augmentation est moins forte chez les personnes handicapées. Ces difficultés s'expliquent notamment par le vieillissement, leur faible niveau de formation et des difficultés d’accessibilité. Néanmoins, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé permet de bénéficier de mesures spécifiques pour compenser le handicap, que ce soit en matière de formation professionnelle, de placement en milieu de travail protégé ou d’emploi en milieu ordinaire de travail. Cette stratégie contributive semble payante mais elle ne concerne pas les entreprises de moins de 20 salariés.

150 ENTREPRISES POURRAIENT EMBAUCHER

L'embauche de personnes en situation de handicap n'est pas une démarche évidente pour une entreprise pense-t-on. Or ce n'est pas le cas, bien au contraire. Le nombre d'entreprise de plus de 20 salarié qui doivent versées des pénalités est en forte baisse. Sur les 23 000 entreprises qui n'employaient pas une seule personne en situation de handicap en 2008, elle ne sont plus que 8050 en 2009. Une diminution impressionnante qui s'explique en partie par une réglementation contraignante : la loi de février 2005 sur l'égalité des droits et des chances. Elle propose des orientations pour l'insertion ou la réinsertion professionnelle des handicapés, leur maintien au travail, la lutte contre la discrimination et indique que les employeurs doivent aménager les lieux de travail pour permettre aux employés atteints d'un quelconque déficit de continuer leur travail et d'évoluer, à condition toutefois que ces aménagements ne constituent pas une charge dis-

proportionnée. Deux acteurs entrent en scène : l'employeur et le travailleur handicapé, la loi ayant pour but de trouver le meilleur consensus entre ces deux intérêts. Tout d'abord, plusieurs textes législatifs organisent et rappellent l’importance de cette insertion. La loi du 23 novembre 1957 introduit la notion de travailleur handicapé, tandis que la loi d’orientation du 30 juin 1975 confie à la COTOREP (Commission technique d’orientation et de reclassement professionnel) la reconnaissance du handicap et l’aide au reclassement professionnel. Enfin la loi du 10 juillet 1987 impose à l’ensemble des employeurs, parmi lesquels les administrations de l'état ainsi que les établissements publics à caractère scientifique, technologique ou culturel, une obligation d’emploi égale à 6% de l’effectif salarié au bénéfice des travailleurs handicapés. Ces pénalités deviennent des contributions à

un fond d'aide à l'insertion professionnelle des personnes en situation de handicap dont la gérance est confié à l'AGEFIPH, l'Association de Gestion de Fonds pour l'Insertion Professionnelle des Personnes handicapées, mais qui s'occupe également de l'amélioration de l'accès au travail des personnes handicapées ainsi que

Pour combler ce vide, le département du Loiret et le Fond Social Européen ont missionnés, depuis le mois d'avril un cabinet de conseil d'Orléans, Prest'Handi, spécialisé pour contacter ces entreprises et les accompagner dans leur démarche lorsqu'elles souhaitent embaucher une personne handicapée. Stéphane Goudou, chargé de mission à Prest'Handi explique que « le Conseil Général a fait le constat de cette carence et il savait qu'en favorisant l'embauche de personnes en situation de handicap c'est aussi les entreprises qu'il allait favoriser car ces personnes sont souvent très motivés ». C'est aussi avec l'argument d'une aide à l'embauche que Prest'Handi peut frapper à la porte des entreprises de moins de 20 salariés. En effet, une prime de 3000 euro plus une subvention de 1600 euro sont accordées au recruteur en plus d'un accompagnement dans la formation de la personnes handicapée. « Mais ce n'est pas ce qui motive réellement les recruteurs, il s'agit plus d'une démarche humaniste avec laquelle les entreprises composent de plus en plus. Embauchée une personnes en situation de handicap est passée dans les mœurs », précise Stéphane Goudou. Néanmoins il reste encore un grand travail d'information et de sensibilisation à entreprendre. Environ 1.500 sociétés de moins de 20 salariés sur un total de 19.000 dans le département seront sollicitées, environ 150 d'entre elles devraient être aidées pour aboutir à une cinquantaine d'embauches. Ce programme est prévu sur un an et pourra être reconduit en fonction des résultats.

Vers qui se tourner? les organismes s'occupant des personnes handicapées au travail sont nombreux et répandus sur tout le territoire. les MDFH ou Maisons départementales des personnes handicapées orientent les personnes handicapées vers les services qui peuvent leur venir en aide et les appuie dans la formation et la recherche d'emploi. le réseau CaP Emploi, lui, résulte d'une convention passée entre l'état et l'aGEFIPH, et aide aussi bien les travailleurs que les employeurs à gérer le handicap. les saMETH ou services d'appui au maintien en emploi des travailleurs handicapés orientent leurs actions vers les travailleurs handicapés indépendants et les entreprises pour les conseiller dans la mise en place de solutions pour le maintien dans l'emploi. les personnes handicapées peuvent également se diriger vers les araCT qui sont les agences régionales pour l'amélioration des Conditions de Travail.

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N° 9 - 5 JUILLET 2010

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n LES PRIMO PAR SÉBASTIEN BRANGÉ

Gécis, entreprise familiale et destin international Gecis est une entreprise de Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher) qui conçoit et enregistre des dispositifs médicaux, des compléments alimentaires et des produits pharmaceutiques. Patricia Gouchet en est la gérante. Son ouverture d'esprit et d'entreprendre amène son entreprise à doucement mais sûrement se tourner vers l'export. Rencontre avec une femme de courage et ambitieuse. Twideco : Expliquez-nous la naissance de votre entreprise? Nous avons d'abord créé une entreprise individuelle en 1989, basée sur les connaissances scientifiques de mon mari, ingénieur des Mines, qui travaillait depuis longtemps dans le domaine médical. Je parle au passé car il est décédé en mars dernier. Sa vocation était de faire de la recherche et du développement pour le compte de laboratoires pharmaceutiques ou de sociétés désirant se développer dans le secteur médical. On a ensuite évolué en fonction des différentes affaires. Il y a eu pendant longtemps une activité de développement de dispositifs médicaux, notamment des produits de comblement de rides. Dernièrement nous avons mis au point un produit de traitement des brûlures, qu'elles soient bénignes ou graves, testé cliniquement, avec succès, au CHU de Tours. Nous rentrons bientôt dans la phase de commercialisation. Vous n'êtes pas nombreux à faire tourner votre entreprise, vous voulez bien nous présenter votre équipe ? Actuellement nous sommes trois. Nous sommes une entreprise familiale. Nous sommes tous complémentaires. Il y a tout d'abord mon fils qui s'occupe de la partie comptabilité gestion. Il a repris ça au vol, suite au décès de son papa. Il s'occupe également de la partie technique, de l'électronique, de la maintenance et est aussi le tuteur de la stagiaire qui est en cinquième année d'école d'Ingénieur. Il est très rigoureux et très minutieux dans ce qu'il fait. Il y a enfin ma belle fille qui est en charge de l'accueil, de la facturation et de la logistique. Elle a un peu plus de fantaisie tout en étant rigoureuse elle aussi. Quant à moi, je suis la gérante de l'entreprise, je m'occupe du marketing et de l'international. J'apporte la maturité et l'expérience. J'ai aussi une très bonne connaissance de l'anglais. Ça me permet d'être en confiance avec des clients étrangers.

PARTIR A L’EXPORT AVEC LE PROGRAMME LES « PRIMO » Les Primo-exportateurs en pôle position

Travailler en famille a ses avantages et ses inconvénients, vous pouvez nous en dire plus? L'avantage c'est que nous nous connaissons bien et que nous sommes tous impliqués autant affectivement que professionnellement dans l'aventure. On est plus dédiés au succès de l'entreprise que si on était simples salariés. Ça n'a rien de péjoratif. Pour vous dire, mon fils est dedans depuis qu'il est tout petit. On parle de notre métier en dehors de nos heures de travail. On ne compte pas les heures de travail d'ailleurs. Par exemple, nous participons bientôt au Comice Agricole de Romorantin, c'est en week-end et c'est aussi l'anniversaire de mon fils, on va donc fêter son anniversaire un autre jour (rire). C'est des choses qu'on ne peut pas demander à un employé lambda.

PUBLI-REPORTAGE

Il semble que la recherche soit un élément clef de réussite dans votre secteur? Oui c'est essentiel. Cet aspect, recherche et développement, nous a amené à identifier des besoins dans le domaine de la fabrication. Donc, nous sommes en train de développer une machine de remplissage des gélules qui vient combler un vide entre les machines manuelles, utilisées dans les officines, et les machines automatiques, très encombrantes et très chères. On cible un créneau intermédiaire qui concerne les sociétés qui fabriquent des compléments alimentaires, les pharmacies hospitalières, ça peut être aussi des petits laboratoires pharmaceutiques.

L’inventivité au service de la tradition, en bords de Loire

Restaurant Les Terrasses du Bord de Loire 1 Chemin du halage, 45000 Orléans

Face au fleuve royal, les Terrasses du bord de loire offrent un cadre reposant où les saveurs se conjuguent au rythme des saisons. On y déguste une cuisine traditionnelle, haut de gamme, que Patrice beaudoin, le chef, élabore à partir des produits de saison. une analyse linguistique de la carte donne tout de suite le ton, en révélant à demi mot les secrets du chef «inspiration», « plaisir », « bonheur », « artiste », « imaginé », ou encore « amis ». amoureux transi de son métier, l’écouter raconter l’histoire de la crème brûlée est un bonheur auditif qui complète à merveille le plaisir des papilles. une nouveauté chaque jour au menu pour une formule entrée plat dessert à 20,10 €, ça ne gâche en rien notre plaisir.

Tel: 02 38 53 45 98 Fax: 02 38 53 45 54 Depuis le 19° siècle, le lieu recèle un écrin de saveurs. les anciens connaissent encore l’établissement sous son nom d’origine le Cabibeaudoinvalerie@wanadoo.fr net Vert. a ce sujet, Valérie beaudoin, l’hôte, explique « qu’il n’est pas impossible, qu’un jour, les Terrasses reprennent leur nom d’origine...» Ouvert midi et soir excepté en soirée En attendant, dès le début juillet, l’été lève le voile sur la nouvelle mardi et dimanche terrasse. a l’ombre des parasols, on profite du calme du fleuve et le mercredi toute la journée. royal. un espace de détente et de gourmandise au fil de l’eau.

L'investissement est donc nécessaire pour vous développer. Comment vous vous y êtes pris? Nous avons eu l'opportunité de racheter, en 2009, le savoir faire d'une petite entreprise des Hautes-Alpes qui avait développé une machine de comptage de gélules qui vient compléter cette machine de remplissage qu'on aura fini de développer fin 2010. Grâce à la chambre de commerce et d'industrie de Loir-et-Cher qui nous a financé une mission industrielle avec l'école Nationale d'Ingénieur du Val de Loire pour mettre au point l'aspect mécanique, électronique et informatique de la machine. On espère beaucoup de cette machine et nos contacts sont déjà très intéressés. Maintenant que vous êtes bien armés pour le marché national, vous comptez vous inscrire dans une démarche d'exportation? Effectivement c'est désormais notre objectif. Après le rachat de la machine de comptage, nous nous sommes rendus compte que l'entreprise qui détenait la machine, n'avait pas du tout prospecté à l'étranger. Elle était centrée sur la France, via deux distributeurs. Donc nous comptons beaucoup sur ce marché export pour nous développer parce que le marché français est arrivé quasiment à saturation.

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L'export est le meilleur moyen pour une entreprise de se développer. C'est aussi une voie qui rebute beaucoup d'entrepreneurs. Des perspectives lointaines, mystérieuses, mais enthousiasmantes. Une entreprise qui pense avoir fait ses preuves dans son tissu économique local peut légitimement concevoir une stratégie tournée vers l'export. L'entrepreneur devient alors un Primo-exportateur. Un nouvel espace économique et de nouvelles règles s'ouvrent à lui. Les premières difficultés concernent l'élaboration même de la stratégie à suivre pour opérer une entrée maitrisée sur un marché nouveau aux pratiques souvent méconnues. Pour aborder sereinement l'international le Primo-exportateur doit se plier à une discipline en plusieurs étapes: Faire le diagnostic de son entreprise afin de révéler ses atouts et ses faiblesses. Suivre des formations adaptées. Élargir son portefeuille clients. Échanger vos expériences avec d'autres entrepreneurs et enfin obtenir un accompagnement durant le processus d'ouverture à l'international. Plus d'information sur le sujet : www.centre.cci.fr Vous rentrez donc dans le dispositif des primo exportateurs. Qu'est ce qu'il vous apporte? Rentrer dans le dispositif des Primo, ça nous a permis de rencontrer d'autres acteurs qui ont fait des expériences, bonnes ou mauvaises, d'échanger avec eux et d'obtenir des informations. C'est vrai que nous avons un peu tendance à rester dans notre petit monde. Avant, nous étions pour ainsi dire, individualistes. On n'était pas à la recherche d'informations et nous ne regardions pas à côté. C'était un petit peu sclérosant. Désormais, on est ouvert à toutes les informations parce qu'on s'est aperçu qu'on peut avoir des aides. Je trouve bénéfique de pouvoir échanger avec d'autres entreprises et de s'apercevoir qu'on partage des problématiques communes. C'est aussi rassurant de connaître des solutions auxquelles on n’aurait pas pensé. Je trouve ça très enrichissant. Et puis, on a auprès de la CCI une écoute qui est très positive. Moi, je me suis retrouvée très brutalement dans une situation que je n'avais pas imaginé. Effectivement, bien qu'étant gérante de l'entreprise, mon mari était le pilier scientifique et administratif. On s'est retrouvé très secoués après sa disparition. J'avais besoin de m'appuyer sur des gens de l'extérieur qui pouvait me rassurer sur nos compétences et nos possibilités de survie et d'extension. Aujourd'hui nous envisageons d'exporter au Royaume-Uni et en Allemagne en premier. Nous avançons étape par étape. Nous choisissons ce qui est plus évident : la proximité géographique. Une fois nos voisins immédiats écumés, nous partirons sur des marchés plus lointains : la Scandinavie, les pays de l'est, etc. N° 9 - 5 JUILLET 2010

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n RENCONTRE À LA UNE PAR LUCIE BRASSEUR

Jean-Luc Ansel Directeur Général de la Cosmetic Valley Twideco : Lorsque l’on regarde votre parcours, on constate qu’il est très impressionnant. Pouvez-vous nous le résumer en quelques mots ? Jean-Luc ANSEL: J’ai exercé, en premier lieu, dans l’industrie privée. Mon travail était de piloter des entreprises dans le but de les remettre sur pieds, ce que j’accomplissais plutôt avec succès. Par la suite, j’ai eu la possibilité de m’occuper du développement économique d’un département avec pour mission de fédérer les entreprises qui s’y trouvaient. A l’époque, c’était une nouveauté et cela m’a permis d’évoluer rapidement. J’ai alors créé diverses associations comme Cosmetic Valley, Pôle Pharma ou Perchebois. Enfin, la Cosmetic Valley, devenue un centre de ressources mondial reconnu, a été labellisée pôle de compétitivité en 2005 et j’en ai pris la direction en janvier 2006. Parallèlement à cela, de part mes affinités profondes pour ce domaine, j’essaie d’être reconnu dans l’industrie du bois. Je suis d’ailleurs président de la Société des Experts de Bois de France et ai également écrit quatre livres à ce sujet, ainsi que sur les arbres et les meubles du Perche.

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On ne doit pas garder pour soi la connaissance acquise lors de ses recherches. Je trouve la transmission fondamentale. n

Vous nous parlez de vos succès, aussi, je me permets de vous demander : quel est votre pire échec ? Mon pire échec est certainement le moment où j’ai eu la charge de remettre sur pieds une entreprise qui avait déposé le bilan dans la Meuse. Je n’avais pas le niveau pour diriger cette société et cela s’est soldé par un échec. Je le regrette un peu car je réalise maintenant que j’aurais pu mieux faire pour aider cette société mais j’étais encore jeune, j’avais trente ans et pas encore assez d’expérience. Quelles sont les leçons que vous avez tiré de cette expérience ? De manière générale, j’ai beaucoup appris de cette expérience. J’ai compris de quelle manière il fallait diriger une entreprise ainsi que ses hommes. J’ai aussi appris à pondérer mes élans pour être plus raisonnable. Enfin, j’ai découvert l’art de piloter une entreprise. Cet échec m’a beaucoup servi. Lorsque vous étiez petit, que rêviez-vous de faire dans la vie ? Je rêvais de travailler dans les forêts. Je voulais être ingénieur des eaux et forêts. Je n’en suis finalement pas loin et aime beaucoup ce que je fais. Vous considérez-vous comme un entrepreneur ? Tout à fait. J’ai entrepris énormément de choses, que ce soit au niveau des réseaux ou des pôles. Dans mon travail je me sens moteur et créateur. Quelle définition donneriez-vous au mot : entrepreneur ? L’entrepreneur, c’est celui qui entreprend. Tout simplement. Mais c’est aussi celui qui fédère. Celui qui réussit à faire travailler des personnes ensemble dans le but de construire quelque chose en commun. Pour moi, être entrepreneur, c’est créer une dynamique avec des humains, et ce, afin d’enrichir la planète et ses habitants. Quand je dis enrichir, je parle surtout de permettre à tous de mieux vivre. Vous disiez qu’étant petit vous vouliez devenir ingénieur des eaux et forêts. L’entreprenariat représentait-il un avenir logique dans votre parcours ? Pas du tout. Mon élan pour les forêts n’est pas du tout le même que celui que je porte à une entreprise. Je voulais contempler la nature, mais j’ai vite vu que cela ne me suffisait pas. Au fond de moi, je suis un entrepreneur, un homme d’action et non pas de contemplation. Si au fond de vous, vous êtes un entrepreneur, pensez-vous que dans l’absolu on naît entrepreneur ou plutôt qu’on le devient ? Je pense que l’on apprend à être entrepreneur, puis que l’on y prend goût. Nous avons pu constater que vous êtes un passionné de la nature et plus particulièrement des forêts et des bois, comment vous est venue cette passion ? Tout d’abord, il faut savoir que mon père était un passionné de botanique et de biologie et qu’il m’en donnait très souvent des « cours ». J’ai baigné dedans et cela a certainement favorisé et motivé mon goût pour ce domaine. Et puis, à la maison, nous avions beaucoup d’animaux qui sortaient du commun. Mon père était un original. Lorsque je me suis lancé dans l’industrie du bois, je suis ingénieur de l’Ecole Supérieure du Bois, j’ai trouvé réducteur le fait de découper des arbres pour en faire des panneaux. C’est d’ailleurs pourquoi, j’ai planté un ar-

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Date de naissance : 31 Janvier 1947 Lieu de naissance : Paris Situation familiale : Marié, trois filles boretum autour de la dernière usine que j’ai piloté. Il s’est avéré par la suite que les clients étaient plus intéressés par l’arbre et ce que je pouvais leur en apprendre que par la méthode utilisée pour découper des planches. Enfin, trouvant l’histoire des arbres et le lien que l’homme entretient avec eux très intéressants, j’ai décidé d’écrire à ce sujet. Parlons de ces ouvrages. Que vous apporte l’écriture ? Tout d’abord, la connaissance. Lorsque j’écris, j’apprends énormément de choses. Je me pose certaines questions auxquelles je me dois de répondre pour le sérieux de mon ouvrage. Derrière l’écriture se cache aussi, pour ma part, un projet particulier. Pour que je me lance dans l’écriture d’un ouvrage, il faut qu’il existe une autre utilité que celle uniquement de produire un livre. Par exemple, avec Les Meubles du Perche, mon premier ouvrage, mon désir était de fédérer les artisans autour d’une dynamique particulière. J’ai été le premier à écrire sur ce sujet-là et j’ai ainsi réussi à réaliser mon souhait. J’ai effectivement fédéré les artisans autour

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des meubles du Perche et du style Percherons. Lorsque j’ai écrit les Arbres à Parfums et les Arbres Parfumeurs, de la même façon, je suis parti d’une réflexion que je m’étais faite sur la probable capacité de certains arbres à servir la parfumerie. J’ai donc interrogé Jean-Paul Guerlain qui m’a confié qu’il n’y avait rien de très intéressant ni de très pointu dans le domaine. En parlant avec lui, j’ai réalisé qu’il y existait d’insoupçonnables richesses, tels que des gommes qui servent à faire de l’encens ou encore des fleurs qui servent à faire du parfum. Ce qui m’intéresse, c’est d’aller au fond des choses. C’est la raison pour laquelle j’écris des livres. Ce que j’aime avec l’écriture, c’est l’idée de transmettre quelque chose. On ne doit pas garder pour soi la connaissance acquise lors de ses recherches. Je trouve la transmission fondamentale. Avez-vous un ouvrage en cours d’écriture actuellement ? Non car je ne me trouve pas actuellement dans le bon domaine pour penser à l’écriture. Mais j’espère écrire à nouveau très bientôt.

Revenons sur un parcours beaucoup plus actuel avec votre arrivée en Eure-et-Loir en 1989. Vous êtes appelé par le Conseil Général d’Eure-et-Loir pour prendre la direction du comité du développement économique du département. Peut-on dire que le pôle de compétitivité Cosmetic Valley était déjà présent dans votre carton à idées ? Ce qui était présent dans mon carton à idées, c’était de fédérer les industriels pour qu’ils deviennent des partenaires essentiels dans le développement économique. Je voulais regrouper les chefs d’entreprise entre eux, car j’avais trouvé, en tant que chef d’entreprise, que les liens de proximité entre les entreprises en France n’existaient quasiment pas. Par ailleurs, j’ai pu constater qu’il manquait une synergie, à mettre en place, pour être plus efficace. C’est comme cela que nous avons commencé à créer des associations. Qu’est ce qui compte le plus pour vous : le but à atteindre ou la façon d’y parvenir ? C’est le but à atteindre.


Quelles sont les valeurs fortes qui vous meuvent ? J’aime être utile et avoir un but. La notion de reconnaissance est aussi très importante pour moi. Enfin, la pérennité de ce qui a été construit m’importe beaucoup également. Par exemple, lorsque l’usine dans laquelle je travaillais a fermé, j’ai été très peiné. Revenons à la genèse de la filière cosmétique devenue, aujourd’hui, Pôle de Compétitivité. Comment en êtes-vous arrivé là ? Cela a commencé, en 1994, par la création d’une association de chefs d’entreprises. L’idée était de créer des synergies entre ces derniers, et ce, dans un secteur donné. Nous avons pris exemple sur ce que l’on appelle les districts italiens, ces concentrations géographiques de petites entreprises d’un même domaine d’activité ayant pour résultat de réduire les coûts de transactions, entre autres. J’ai appliqué, dès 1994, ce concept dans des actions diverses, d’exportations comme de création d’une image de marque. Au-delà de fédérer les gens entre eux, il fallait aussi penser à un rapport qui permettait d’apporter du chiffre d’affaires et de donner une visibilité aux chefs d’entreprises. Entre 1994 et 2005, nous avons travaillé particulièrement la synergie, l’exportation et la création d’un groupement d’employeurs. Puis, en 2005, nous avons été retenus pour le projet de pôle de compétitivité. Lancé en 2006, le pôle a impliqué de changer de dimension, en intégrant le monde politique et le monde universitaire à notre monde industriel. Cela a représenté un énorme travail de fédérer tous ces mondes si différents pour en faire au final une réussite qui n’était pas gagnée d’avance. Mais le jeu en valait la chandelle. Faire comprendre à l’Etat que la cosmétique n’est pas seulement « accessoire » mais, au contraire, un secteur qui compte, était un beau challenge. En effet, il faut savoir que la filière cosmétique est le deuxième secteur exportateur de l’industrie française après l’aviation. Parlons de ce temps fort qu’a été la labellisation pôle de compétitivité. Cela a-t-il marqué un tournant majeur pour l’association de départ ? Absolument. Avant cela, l’association était uniquement départementale. La labellisation a apporté une caution qui a rassuré l’ensemble des nouveaux partenaires, départements et universités. Si nous n’avions pas eu ce label, nous n’aurions pas pu réaliser tous nos projets.

Aujourd’hui, intervenez-vous en tant que conseiller dans le cadre d’associations et de clusters qui voudraient devenir pôle de compétitivité ? En effet, je suis consultant pour l’ONU dans le domaine des clusters. Pourquoi avoir pris la direction du pôle Cosmetic Valley ? J’ai pris la direction du pôle tout simplement car c’est moi qui l’ai créé. En outre, c’était typiquement une entreprise à lancer et j’ai donc pris le poste de directeur général. En tant que directeur général de Cosmetic Valley, à quoi se résument vos journées et quelles sont vos missions ? Dernièrement, j’ai participé à un groupe de réflexion avec de grands noms de la parfumerie cosmétique, avec les douanes ainsi que la gendarmerie, pour lutter contre les contrefaçons. Nous travaillons de telle façon que, lorsque les douaniers, la gendarmerie ou la police ouvrent un camion et se trouvent face à de la marchandise, ils aient les outils pour savoir si oui ou non les produits ont été volés ou contrefaits. Mes journées consistent aussi à rencontrer les politiques. En effet, fondamentalement, nous travaillons pour les territoires. J’ai en charge également le développement de la Cosmetic Valley au travers de nouvelles entreprises avec lesquelles nous pourrions travailler ou de la gestion interne. Et puis, quand tout se passe bien, je suis régulièrement en partance pour les forêts vierges du monde entier car j’essaie de lancer un événement mondial sur la biodiversité. J’ai bien sûr tout un tas d’autres projets en cours, comme le « made in France » par exemple. Que s’est-il passé le 16 Octobre 2009 ? Nous avons lancé notre charte pour une Cosmetic Valley éco-responsable. Etape très importante pour le pôle, cette charte démontre que le monde cosmétique, monde très petit et donc fortement attaqué, se préoccupe de sa responsabilité environnementale. La prise en compte des impacts environnementaux, sociaux et sociétaux de l'ensemble des activités de notre territoire s’inscrit donc aujourd’hui comme l’une de nos valeurs essentielles. Nous avons donc enclenché une démarche partagée par l’ensemble des entreprises de la Cosmetic Valley et maintenant le plus dur reste à faire, il faut agir. Nous voulons, entre autres, mettre en lumière le fait que le problème ne

réside pas dans l’origine naturelle ou non-naturelle des produits, mais plutôt dans l’impact négatif, ou positif, de ces mêmes produits et process sur la planète et sur l’homme. Il existe des produits naturels autant dangereux et nuisibles à la planète que de produits non-naturels et inversement concernant leur qualité. Notre démarche se doit de sensibiliser les chefs d’entreprises à ces notions d’impact et de respect de l’homme et de la planète. Cette signature s’est réalisée en présence du Président du Sénat, Gérard Larcher. Est-ce pour vous une façon d’accroître votre crédibilité au niveau international et notamment autour de ce label « made in France » sur lequel vous travaillez ? Cela s’est passé en présence de Mme Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’écologie, et de, en effet, M. Larcher, président du Sénat ainsi que membre du pôle. Cela nous a permis de montrer l’importance du sujet. Concernant le « made in France », je le répète, c’est un atout essentiel qu’il ne faut pas négliger. C’est grâce à lui que nous pouvons vendre à l’étranger. Si nous ne donnons pas de valeur au « made in France », si l’on ne partage pas tous ensemble la défense de ces valeurs, alors, nous risquons de nous retrouver dans la même situation que celle de la mode, qui est désormais associée à l’Italie alors qu’elle l’était anciennement à la France. Pour éviter cela, nous devons veiller à le renouveler sans cesse et le maintenir « in », à la mode justement. Travailler notre éco-responsabilité, notre innovation et notre recherche sur le bien-être, entre autres, sont des moyens qu’il ne faut pas négliger. J’avoue que la prise de conscience semble en route et je m’en félicite. Au printemps, a eu lieu un autre évènement majeur pour le pôle de la Cosmetic Valley ; COSM’Innov. Vous savez, dans le cadre des rencontres de la Cosmetic Valley, sont mis en place divers congrès que l’ont fait supporter par les collectivités du territoire. Je pense au congrès Beauté&Packaging qui se tient chaque année à Chartres, mais aussi à Cosmetic&Sensory à Tours, Espace&Luxe à Blois, et COSM’Innov à Orléans. Notre volonté est de spécialiser, d’identifier clairement, en terme de compétences et de performances, chaque département. Dans cette démarche-là, nous avons créé des domaines d’actions stratégiques. Celui du Loiret étant la formulation, ce congrès 2010 a eu pour vo-

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cation la formulation et le savoir faire du département du Loiret dans ce domaine précis. COSM’Innov, comme les autres congrès, c’est la possibilité de valoriser, dans une dynamique toute particulière, le territoire comme lieu d’action. Il faut savoir que derrière tout cela, il y a des laboratoires de recherche et un groupe de réflexion qui travaille sur les stratégies à mettre en œuvre et quels doivent être les territoires de référence dans un domaine particulier chaque année et ce, dans le monde. Je suis très heureux de cet événement qui, je l’espère, deviendra d’ici quelques années un événement sans concurrent sérieux au monde, et ce, au même titre que la Cosmetic Valley. Globalement, vous vous sentez en accord avec votre époque ? Tout à fait. Vous sentez-vous appartenir au troisième millénaire ? Oui, je pense même, en toute modestie bien sûr, être un peu en avance. Un jour, quelqu’un m’a demandé quelles étaient mes qualités et j’ai répondu que j’étais intelligent. Puis, il m’a demandé mes défauts, j’ai alors répondu que j’étais modeste (rires). Du temps à l’argent, quel lien établissez-vous ? Je ne fais pas de réel lien entre le temps et l’argent. Fondamentalement, l’argent n’est pas un problème. Il en deviendrait un s’il m’empêchait de réaliser mes projets. Par contre, perdre du temps dans les files d’attentes m’insupporte au plus au point alors que j’ai justement des tas de choses à faire. Dans ce cas-là, le temps me manque. Pour vous, qu’est-ce que l’équilibre d’une vie réussie aujourd’hui ? C’est tout ce que j’ai construit : une famille dont je suis fier et d’avoir pu construire également, professionnellement parlant, un avenir. Que peut-on vous souhaiter aujourd’hui ? J’espère réussir encore longtemps dans tout ce que j’entreprends. Je souhaite particulièrement réussir à faire changer les services fiscaux sur leurs positions que je trouve particulièrement stupides, que le « made in France » se maintienne, que mon projet, la Cosmetic Valley, prenne une position mondialement incontournable, que ma famille se porte bien et que mes enfants progressent comme il faut.

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COUP DE GUEULE / COUP DE CŒUR L’ESPACE DE PAROLE LIBRE ENTIÈREMENT DÉDIÉ AUX DIRIGEANTS Cette rubrique vous est dédiée, à vous, chefs d’entreprises. Chaque semaine, retrouvez dans cet espace un fait marquant, une notion que vous affectionnez tout particulièrement, un événement passé, qu’il relève du domaine économique, politique, philosophique ou encore tout autre domaine de votre choix. C’est votre espace, sollicitez-le !

Où sont passées les cotisations pour l’accompagnement des cadres à la recherche d’un emploi en région Centre ? Dirigeants, salariés, promis, vous continuez de payer ! JACQUES BORIS 55 ans, licencié économique avec 31 ans d’ancienneté dans l’industrie. J’ai 6 mois de préavis à effectuer, mon ex-employeur me demande de continuer à chercher des clients, à finir ce qui est commencé, à facturer dans un cycle beaucoup plus court étant donné le délai fatal. Je me demande sur quelle planète je suis. On me licencie pour raisons économiques et en même temps je dois alimenter le chiffre d’affaire d’une entreprise qui m’exclut. Cruel paradoxe. 6 mois, ces 180 jours me paraissent impossibles à vivre ici. C’est décidé, j’ai cotisé à l’aPEC, mon entreprise aussi, le représentant de Pole Emploi qui revenait d’une formation sur la CrP me fait bien l’article, j’achète son produit. Je signe cette convention. Je suis dégradé certes mais dehors tout de suite.

CHRISTIAN MOREL DEVCOM45 eurl Réseau PROSPACTIVE www.prospactive.com

au même titre qu’un compositeur doit tendre vers l’excellence pour l’œuvre qu’il écrit, un dirigeant de PME, seul maitre à bord, doit, de la même façon, réaliser le même travail lorsqu’il écrit sa stratégie d’entreprise. Pour autant, une fois la partition écrite, rien n’est gagné. la plus belle œuvre musicale peut faire un grand flop par une interprétation

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quitte à m’exclure, je me suis exclu tout seul en fixant moi-même la date. une CrP ? Dans les entreprises non soumises à l’obligation de proposer le congé de reclassement c’est-à-dire principalement les entreprises de moins de 1000 salariés, l’employeur qui envisage de licencier pour motif économique doit, sous peine de sanctions, proposer aux salariés concernés une Convention de reclassement Personnalisée, d’une durée maximale de 12 mois. le salarié a le choix de refuser ou d’accepter cette convention. s’il l’accepte, son contrat de travail est rompu et il bénéficie d’actions de soutien psychologique, d’orientation, d’accompagnement, d’évaluation des compétences professionnelles et de formation destinées à favoriser

non dédiée au service de l’œuvre, voir négligée. ainsi, si l’on peut dire que la PME dispose d’un véritable privilège par rapport aux grands groupes, celui de pouvoir construire une croissance forte, indépendamment des tendances lourdes de son marché, et sans susciter de réaction forte de la concurrence, quelque soit l’état du marché, une mise en musique approximative de la stratégie, aussi belle et innovante soit elle, ne peut que vouer l’entreprise à l’échec en un temps plus ou moins long. le chef d’entreprise doit impérativement s’entourer de compétences qui vont lui permettre de développer son projet, son produit ou son service, son entreprise… .Tout étant question d’équilibre entre les différents instruments qu’il a sa disposition. Or, le développement commercial est souvent, par manque de ressource, de temps, de compétences, délaissé, voire occulté par le dirigeant de PME : une enquête nationale en 2009 (réalisée par PrOsPaCTIVE et POrTaIl DEs PME) a montré que 85% des dirigeants de PME ont pour objectif principal le développement de leur chiffre d’affaire, près de 70% de ces mêmes dirigeants gèrent eux-mêmes leur développement commercial, 60% disent ne pas avoir le temps de s’en occuper et seulement 23% planifient leurs actions sur 12

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son reclassement. Il bénéficie également, sous réserve d’avoir deux ans d’ancienneté, d’une allocation spécifique de reclassement et peut avoir droit, s’il reprend un travail moins bien rémunéré que le précédent, à une indemnité différentielle de reclassement. En signant cette CrP, j’ai accepté de donner deux mois de salaires pour financer un suivi personnalisé. 8000 euros, je me dis qu’avec cette somme çà doit être du cousu main, du personnalisé de chez personnalisé….En fait de personnalisation j’ai droit pendant 8 mois à 8 rendez-vous de 30 minutes où mon correspondant ne me dit pas grand-chose sinon qu’on lui a volé des tickets restaurant dans son bureau, que la fusion en cours se passe mal et qu’il ne voit pas ce qu’il pourrait m’apporter. avec plus

mois… C’est important… c’est moi qui m’en occupe… mais je n’ai pas le temps… et je ne planifie que très rarement… Cette même enquête a été réalisée deux ans auparavant : les résultats sont similaires… rassurant ? non. la crise est passée par là depuis et n’a fait que mettre en exergue des difficultés structurelle pour certaines d’entres elles et accélérer leur disparition. un animateur de pôle de compétitivité, il y a peu de temps, me faisait la remarque suivante : « les entreprises que j’accompagne fabriquent des produits innovants… mais ne sont pas structurées pour les vendre ». qui suis-je ? quelles sont mes valeurs ? quelle est mon offre ? quels sont mes atouts ? quelles sont les preuves ? Comment est structuré mon portefeuille clients ? quels sont mes marchés, mes clients les plus rentables ? Mes outils commerciaux sont ils en phase avec ma stratégie et tournés clients ? Mes actions commerciales sont elles planifiées ? quel est mon objectif en termes de nouveaux clients ? Etc. Voilà quelques exemples de questions que le dirigeant de PME doit se poser… et auxquelles il doit trouver des réponses. la durée de vie de nos services, comme de nos produits, est de

mais cette information le pole emploi l’ignorait… 56 ans, je ne vois plus personne du Pôle Emploi depuis un an. Oublié sans doute !

de 200 dossiers à suivre, que pourrait-il personnaliser ? Donc ces rendez-vous me reviennent à 2000 euros de l’heure !!!! Pour rien !! nada !! Je bascule ensuite dans le régime normal de l’arE je change donc de conseiller. lors de ce premier entretien avec mon nouveau conseiller gratuit cette fois-ci, ce ne sont pas un mais deux personnes qui s’occupent de moi, enfin qui s’occupent, c’est vite dit. une découvre mon dossier et l’autre est un assedic, venu en immersion à l’anPE pour voir comment travaillent ceux avec lesquels ils ne veulent pas se mélanger. « Vous étiez cadre, ne vous inquiétez pas, vous allez être suivi par l’aPEC région Centre, c’est très efficace, vous verrez, ils assurent un suivi ad hoc etc etc » Ma demi-heure est passée (heureusement celle-là ne m’est pas facturée sinon c’était 4000 euros de l’heure et je ne pouvais pas suivre financièrement). Ce tandem va s’occuper de conseiller d’autres chômeurs en demande d’informations. En fait je découvrirai par la suite que l’aPEC région Centre ne suit pas les cadres au chômage ayant choisi une CrP,

Cadre au chômage, je m’interroge et je commence à comprendre un peu mieux ce chaos d’accompagnement. Petit rappel nécessaire pour comprendre le néant de ma, de votre éventuelle future situation. Chaque moi je cotisais 0.024 % sur la tranche b et mon employeur 0.036 plus un forfait annuel de 8,34 euros pour le salarié et 12,46 euros pour l’employeur. Cette somme est donc versée à l’aPEC qui est en charge de l’emploi des cadres. Juin 2010, Faute de convention avec Pole emploi, l’apec ne peut plus suivre, les cadres au chômage même ceux n’ayant pas opté pour la CrP. le quota de déclenchement d’appel d’offre pour un accompagnement ayant été fixé nationalement à 5% de cadres inscrits à Pole Emploi et les cadres de la région Centre ne représentant que 4.2 %, ce fameux quota n’est pas atteint, donc l’appel d’offre n’est pas lancé. Plus de suivi personnalisé cadre alors que l’aPEC continue de toucher les cotisations. J’avais annoncé du paradoxe, celui-là est de taille. Ce qui veut dire que pour le moment l’aPEC en

plus en plus courte. nos clients sont comme des êtres vivants, ils naissent, ils se développent et ils meurent. la PME, comme ses clients, est amenée à évoluer en termes d’offres et/ou d’attentes. ainsi, le développement commercial doit être structuré et organisé de façon quasi industrielle : pour foisonner auprès des clients (fidélisation), afin de développer un chiffre d’affaire de la manière la plus optimale possible et prospecter, investissements coûteux mais indispensables, pour aller chercher les prospects qui feront les clients de demain : le développement de ces deux sources de chiffre d’affaire devra être équilibré et cela en fonction de l’offre produit.

demande et inversement, comment rentabiliser des machines, des moyens techniques si la demande client et la prospection sont insuffisantes ?

la plupart de nos PME fonctionnent uniquement en mode "réaction": elles cherchent de nouveaux clients, et donc des prospects... quand les creux se font sentir… et souvent trop tard en période de crise. une entreprise qui ne se développe pas est une entreprise qui meurt : le développement commercial est un des instruments qui va permettre au dirigeant d’assurer la croissance harmonieuse de son entreprise : la bonne action sur la bonne cible et au bon moment. rien de pire que de prospecter sans compter, si l’outil industriel ne peut permettre de répondre à la

le dirigeant de PME doit rêver et travailler à être le plus visible possible, le plus longtemps possible par ses clients, ses prospects… la finalité d’une entreprise est de vendre… et non pas seulement de produire le meilleur. le créateur d’entreprise, dans le cadre de son business plan, intègre beaucoup d’éléments nécessaires à la réussite de son projet : les moyens humains, les moyens r&D, les machines, l’immobilier, les matières premières, etc. la ligne développement commercial est, la plupart du temps, absente. le dirigeant de PME, parce que de formation technique à l’origine de son projet, a souvent du mal à intégrer le développement commercial comme un des ses outils de développement. Il se doit pourtant d’être capable de le mettre en œuvre, de le contrôler, d’en mesurer la rentabilité au même titre que n’importe quel autre investissement. le dirigeant de PME, contrairement aux grands groupes, a du mal à attirer les bonnes compétences pour cela et à les conserver : alors que faire ? l’externalisation de certaines fonctions dans une PME n’est plus re-

région Centre est condamnée à suivre les cadres qui ont du travail et qui veulent en changer mais ne peut plus s’occuper de ceux qui en cherchent et qui ont cotisé pendant de longues années. On marche sur la tête. On m’annonce pourtant fin juin qu’une convention pour accompagner les cadres (dont les séniors) vient d’être signée avec l’aFIJ, je vérifie auprès de l’aFIJ… .ils ne sont pas au courant et de toutes façons l’aFIJ n’accompagne que les jeunes diplômés…pas les anciens ! Je suis « vieux » mais avec l’œil encore bien vif, la preuve je vous décris un système que vous ignoriez peut-être. Je compte sur vous lecteurs. Je veux travailler car entre cotiser et être indemnisé je préfère cotiser pour les autres. si tout le monde était altruiste à ce point, les séniors ne seraient pas dans l’actualité mais au travail entrain de développer, d’inventer, d’échanger, de s’investir au lieu de compter les points de retraites qu’ils n’auront jamais. Ce qui me rassure c’est que pendant ce temps-là en hauts lieus « on réfléchit par ce qu’on n’est pas mur ». En attendant d’être blette, embauchez-moi, merci ! En plus il y a des aides.

mise en cause aujourd’hui, voire naturelle : la nécessité, la complexité, la technicité, le coût la rendent indispensable (comptabilité gestion, IT, maintenance industrielle, etc.) : « j’ai besoin de cette fonction mais ma structure ne peut se l’offrir ». le dirigeant d’entreprise doit se concentrer sur sa vision, sur sa stratégie et sur son cœur de métier qui fait sa valeur ajoutée. au même titre que la comptabilité gestion, le développement commercial est un outil indispensable, mais pas cœur de métier. une PME peut avoir le meilleur produit, le meilleur outil industriel, le meilleur service comptabilité gestion, etc… mais tout cela, sans client, n’a aucun sens. Je prends toujours plaisir à expliquer aux personnes que je côtoie dans les entreprises que, finalement, celui qui les paie, ce n’est pas le dirigeant, mais le client… ainsi, au même titre que l'expert comptable externalisé apporte les outils nécessaires et la compétence pour contrôler et optimiser la partie financière dans l'entreprise, l’externalisation de l'organisation et de la structuration du développement commercial, devient une nécessité pour contrôler, baliser la route de l'entreprise qui veut aller chercher le bon prospect qui fera le client de demain... et donc le chiffre d'affaire prévu.


n CULTURE & VOUS

CÔTÉ LECTURE Les banquises intérieures (L'antarctique) «Je vais jusqu’au bout des crises que vivent mes personnages, pour voir comment ils s’en sortent.». C'est exactement cela, L'antarctique, un recueil de 15 nouvelles qui décrivent "les banquises intérieures de ses protagonistes", selon les termes d'un critique. Autant dire que ce livre nécessite un maximum de concentration tant il est dense et d'une minutie psychologique affolante. Et ce, sur des thèmes récurrents au fil des nouvelles : dysfonctionnements de la famille, quête amoureuse des femmes. Il est facile de lâcher prise devant ces histoires qui composent une véritable tapisserie des relations humaines : le luxe de descriptions tant extérieures (la météo, la nature) qu'intérieures (dans la tête et les pensées mêmes des personnages) est épuisant. Au lecteur d'avoir du talent, et l'empathie indispensable pour ne pas rester à quai. Franchement, ce n'est pas gagné, il est recommandé de se préparer physiquement et psychologiquement avant d'entamer L'antarctique. Ce premier recueil de nouvelles de l'irlandaise Claire Keegan a mis 11 ans avant d'être traduit en français. Elle en a écrit un deuxième depuis et même si on passe quelque peu à côté du premier, on demande à lire, malgré tout, parce que les qualités d'écriture de Claire Keegan sont indéniables. Alain Souché Plus d’articles sur alainsouche.blog4ever.com

CÔTÉ EXPO FOUJITA et ses amis du Montparnasse

la rêverie aux colombes, 1917 Crédit : adagp, Paris 2010

a la galerie raymond Creuze, Foujita et ses amis Zadkine et Picasso, 1960 Crédit photo: archives artistiques, Paris

Une exposition originale et inédite qui retrace la vie du célèbre peintre japonais au cœur des années folles. L’exposition « FOUJITA et ses amis du Montparnasse », présentée dans la Grande Halle du Château de Chamerolles (Loiret), du 30 juin au 19 septembre 2010, raconte pour la première fois en France, à travers 145 œuvres (90 œuvres » de Foujita et 55 œuvres des amis), l'extraordinaire vie artistique de Foujita et de son quartier mythique : Montparnasse. Son diplôme des Beaux-arts en poche, Foujita devient officiellement peintre en 1910. Cent ans après, le Conseil général du Loiret lui consacre une première exposition et en confie le commissariat à Sylvie Buisson expert mondial et biographe de Foujita. Personnalité fédératrice de l'école de Paris, Foujita est entouré de ses amis du Montparnasse : Léger, Pascin, Utrillo, Picasso, Kisling, Van Dongen, Soutine, Derain, Modigliani…. Au total 36 artistes, sans oublier ses deux maîtres : Renoir et le Douanier Rousseau. Figure charismatique et premier artiste japonais moderne du XXème siècle, membre de tous les salons de peinture et star des années folles, Foujita a réalisé une œuvre complexe et inimitable à mi-chemin entre l'Orient et l'Occident. L’exposition permet de faire revivre, dans le cadre bucolique de la grande Halle du château de Chamerolles, l’atmosphère à la fois mondaine, amicale et intime que partageaient Foujita avec ses amis de l’Ecole de Paris à Montparnasse. Une expo magnifique et rare.

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N° 9 - 5 JUILLET 2010

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