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ges précis. Si le travail dans l’habitat peut déboucher facilement à une « gadgetisation » du complément (évoquée plus haut), celui qui prend pied dans l’urbain se doit d’être efficace et réaliste. La ville est un support de réflexion très concret. C’est le lieu d’une vie ardente, parfois violente qui est génératrice de contraintes intéressantes à prendre en compte en design. Mais c’est aussi le lieu d’une poétique particulière, faite d’attentions minimes dans un univers gigantesque, d’habitudes de quartier et de civilités. Par ces qualités, l’urbain guide le projet et le nourrit à la fois en poétique et en fonctionnalité. b- Rapport au détail et au global dans l’urbain. Cette poétique urbaine peut être vue sous l’angle du détail. La notion de détail est tout à fait intéressante dans le milieu urbain. Quel est le plaisir de la rue, de la place ? Voir un détail dans une ville, c’est habiter la ville, c’est être attentif à tout ce qui fait la ville : un magasin, un passant, une dispute, un banc délaissé, une gourmandise dans une vitrine, l’ombre d’un arbre… On a plaisir à voir, plaisir à habiter une ville, à donner un sens aux formes du lieu, à la vie urbaine, au mouvement humain. Se promener dans la ville, c’est épouser un lieu, consentir à l’abandon de soi-même, en stimulant notre imaginaire. Le détail urbain, c’est donc ce qui motive la découverte, l’expérience de la ville. L’espace public n’est pas un simple lieu de passage auquel on ne ferait pas attention. C’est cette idée vers laquelle tend le projet : le design devient créateur de détail urbain. Le rapport au détail et au global dans l’urbain se retrouve également dans les masses. Les foules urbaines, immenses et, à première vue, impersonnelles sont composées d’unités. L’espace public doit donc être pensé comme un espace social dans lequel il existe un réel plaisir de la foule. Celle-ci apparaît comme un spectacle et nous rappelle que nous vivons avec d’autres. On éprouve alors le plaisir d’une relation qui n’est pas fusionnelle avec les autres mais qui est de l’ordre de l’urbanité. Comment le design peut-il cultiver le plaisir de la foule et des détails urbains ? c- Quel sens pour le complément urbain ? Le complément urbain, c’est ainsi que le projet définit le moyen de créer du détail dans la ville. Le design intervient donc ici sur le mobilier urbain et les éléments architecturaux existants de certains quartiers. Sur le principe du greffon, du complément, on vient redéfinir des îlots urbains en contradiction avec les phénomènes de flux et de réseaux qui se développent de plus en plus. Des centralités urbaines, mettant en scène une vie mêlant l’attention au détail et la poétique urbaine. Le complément urbain doit répondre aux attentes du passant, du promeneur, du rêveur ou du gourmand… Prenant place sur un mobilier urbain normalisé, qui est le même dans toute la ville, il vient donner un

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Complètements urbains !  

Mémoire de Diplôme Supérieur en Arts Appliqués - Complètements urbains ! - Tristan Albert

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